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Gabon : La levée de l’immunité parlementaire d’André Mba Obame

Sur « dénonciation » du ministre de la Justice, l’assemblée nationale gabonaise va se réunir en séance plénière et publique, le 4 mai 2011 à 14 heures, pour entendre André Mba Obame suite à sa prestation de serment du 25 janvier dernier. Non seulement, la manœuvre est grossière, car tout le monde sait que l’objectif de cette mascarade est la « neutralisation » d’un adversaire politique, mais en plus, on assiste à une capitulation du Législatif face à l’Exécutif.

En clair, le gouvernement, via le ministre de la Justice, a obtenu des députés qu’ils « livrent » un des leurs, et que par la même occasion, ils assassinent le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, indissociable de tout régime démocratique qui se respecte.

Mais le Gabon, comme on le sait, est tout, sauf une démocratie. 43 ans avec la même famille au pouvoir, avec les mêmes prédateurs aux affaires, avec des institutions aux ordres, 43 ans d’assassinats, de vols, de viols, de terrorisme d’Etat : le Gabon des Bongo, Mborantsuo, Nzouba, Biyoghé-Mba est la caricature même de la république bananière. Une république sans vertu où l’arrogance et le courage du petit clan au pouvoir se nourrit de la lâcheté et de la faiblesse de ceux-là mêmes qui prétendent représenter le peuple au parlement.

Le 4 mai, les députés signeront l’acte de décès de la loi qui dispose qu’aucun parlementaire ne saurait être poursuivi pour ses opinions ou actions politiques. En l’occurrence, André Mba Obame est visé par une procédure judiciaire pour avoir osé dire non à l’imposture, au déni de démocratie et à la kleptomanie électorale. Il l’a fait sans sortir du champ politique. Il l’a fait en usant des moyens légaux que lui offre la Constitution de son pays.

Mais c’était vite oublier qu’au Gabon, la Constitution est comme une fille de joie que violent allègrement et depuis toujours, à tour de rôle ou en groupe, les Bongo, Mborantsuo, Nzouba-Ndama, Biyoghé-Mba, Boukoubi et leurs semblables. Pendant combien de temps encore, et au nom de quoi, les (vrais) Gabonais vont-ils continuer à cautionner par leur silence de telles humiliations ?

Le 4 mai, les députés vont enterrer un peu plus la démocratie gabonaise, mais qu’ils sachent qu’au moment de la libération du pays, chacun rendra compte de ses actes. Et les traîtres seront traités comme tels !

Le 4 mai à 14h, rendons-nous tous à l’assemblée nationale pour faire échec à la trahison des députés ! Nous le devons bien à notre pays.

 La Voix du Peuple Gabonais

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Gabon : Déclaration de l’Union Nationale (UN)

Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN), est sorti du mutisme qu’il observe depuis la sortie des membres de son parti du PNUD où ils s’étaient réfugiés après que Mba Obame se fut autoproclamé président élu du Gabon. Dans sa déclaration, le 27 avril, le député de la Lebombi-Leyou (Mounana) laisse entendre que sa formation politique «n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment». Il dénonce «une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise».

Ci-après, l’intégralité de cette déclaration.

Alors que l’Union Nationale observe la réserve qu’elle s’est imposée après les premières discussions avec la délégation de haut niveau envoyée par le Secrétaire Général des Nations Unies dans un souci d’apaisement du climat politique rendu difficile par les exactions du pouvoir établi, celui-ci entreprend depuis quelque temps des manœuvres de diversion qui ne trompent personne : Hier, c’était le prétexte de l’Île Mbanié dont aucun Gabonais ne conteste l’appartenance au territoire national, aujourd’hui c’est la biométrie dont plus personne ne conteste désormais l’intégration dans la liste électorale avant les prochaines échéances électorales.
L’Union Nationale fait d’emblée remarquer qu’une telle fuite en avant, outre qu’elle n’est qu’une opération de communication politicienne, ne saurait prospérer car elle ne répond pas et ne correspond pas à la solution suggérée par l’ampleur de la grave crise politique que connaît notre pays.

L’Union Nationale rappelle que c’est l’opposition gabonaise tout ensemble réunie au sein de l’ACR (Alliance pour le Changement et la Restauration) et de la CPPA (Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance) qui a présenté au Président de la République Française Monsieur Nicolas Sarkozy le 24 février 2010, puis au Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur BAN KI MOON, le 1er juillet de la même année, un mémorandum énonçant les questions impliquées par cette crise qui relève de la bonne gouvernance et de la transparence électorale.
L’Union Nationale affirme qu’aucun règlement de la crise gabonaise n’est possible sans que les problèmes posés depuis longtemps par l’ensemble de l’opposition gabonaise ne soient examinés dans leur ensemble et non de manière parcellaire et tendancieuse.

L’Union Nationale rappelle que la crise politique gabonaise implique désormais l’organisation des Nations Unies dont la neutralité est un gage de crédibilité du processus et des solutions qui en sortiront ; que ce qui est entrepris par le pouvoir établi ressemble à une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise.

L’Union Nationale rappelle aussi qu’elle demeure la première force politique de l’opposition avec ses dix parlementaires et ses 154 élus locaux sur l’ensemble du territoire national. Qu’elle dirige des conseils municipaux, des conseils départementaux et des mairies d’arrondissement. Elle est implantée dans l’ensemble du territoire national où elle compte de nombreux militants et sympathisants. L’Union Nationale entend donc continuer à jouer pleinement son rôle dans l’intérêt du peuple gabonais et de notre cher pays. Elle n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment.

En effet, elle porte depuis sa création l’option la plus crédible d’une alternance démocratique dans notre pays. Cette position particulière lui vaut depuis ses débuts, l’acharnement du pouvoir établi. La dissolution d’un parti politique est un acte d’une exceptionnelle gravité que l’on ne retrouve que dans les sombres périodes de l’histoire des nations, car elle préfigure ou consacre la fin de la démocratie et la mise entre parenthèses des libertés publiques.

Tout en restant fidèle à la démarche du Secrétaire Général des Nations Unies dont une mission de haut niveau est attendue à Libreville dans les prochains jours, l’Union Nationale, par la plume de son Président, a déposé ce jour, un recours devant le Conseil d’Etat lequel en disant le droit, confirmera que la dissolution de l’Union Nationale est nulle et de nul effet.

Fait à Libreville, le 27 avril 2011

Gabon : le Président André Mba Obame s’adresse à la Nation

Entré en fonction le 25 janvier 2011 comme président de la république Gabonaise, André Mba Obame s’adresse pour la première fois à la nation depuis la sortie de son gouvernement des locaux du Pnud.

République Gabonaise

Union-Travail-Justice

Adresse de M. André Mba Obame, Président de la République, à la Nation

Citoyens,

Depuis qu’un pouvoir illégitime s’est imposé, par la force, dans notre pays, l’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes.

Le trouble des esprits n’a pas sa seule origine dans le coup d’état électoral du 3 septembre 2009 et des vicissitudes de la Société internationale. Il provient surtout de l’arrogance des hommes qui se sont installés au pouvoir par la force et leur ignorance de l’énorme attente sociale.

La révolution nationale, dont j’ai dessiné les contours, lors de ma prestation de serment en qualité de président de la république le 25 janvier 2011, n’est pas encore entrée dans les faits.

Elle n’y a pas pénétré, parce qu’entre le peuple et moi, qui nous comprenons si bien, s’est dressé le double écran des partisans du divisionnisme et les serviteurs d’un régime moribond.

Les serviteurs du pouvoir actuel sont nombreux ; j’y range sans exceptions tous ceux qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant les intérêts permanents de l’Etat : partis politiques dépourvus de clientèle mais assoiffés de revanche, fonctionnaires attachés à un ordre dont ils étaient les bénéficiaires et les maîtres, ou ceux qui ont subordonné les intérêts de la patrie à ceux de l’étranger.

Un long délai sera nécessaire pour vaincre la résistance de tous ces adversaires de la nouvelle espérance, mais il nous faut dès à présent, briser leurs entreprises. Si le Gabon ne comprenait pas qu’il est condamné, par la force des choses, à changer de régime, il verrait s’ouvrir devant lui des mouvements d’ampleur comme on a pu l’observer hier en Tunisie et en Egypte et aujourd’hui en Libye. Notre pays doit se sauver de la dérive monarchique en cours par la foi et le sacrifice.

Le problème du Gabon dépasse donc en ampleur la propagande actuellement orchestrée par les ennemis de la patrie qui tend à présenter une communauté comme représentant un danger pour la nation ou encore une lutte de leadership.

Notre pays réclame avant tout la restauration des principes démocratiques et républicains.

J’ai recueilli l’héritage d’un Gabon blessé, d’un peuple habité par la désespérance. Mon devoir est de défendre vos aspirations et vos droits.

En 1990, j’ai convaincu le président Omar Bongo de la nécessité d’une ouverture démocratique dans notre pays par le retour au multipartisme.

En 2009 j’ai proposé une nouvelle espérance en me présentant comme le candidat de l’interposition dans mon appel de Barcelone.

Aujourd’hui, c’est de vous-mêmes que je veux vous sauver.

A mon âge, lorsqu’on a fait à son pays le don de sa personne, il n’est plus de sacrifice auquel l’on veuille se dérober ; il n’est plus d’autre règle que celle du salut public.

Rappelez-vous ceci : notre peuple, s’il sait s’unir et soutenir un combat juste, est un peuple qui renaît.

Vive le Gabon !

Gabon : Le Président André Mba Obame s’explique

Dans une interview «exclusive» publiée le 21 février par le bimensuel gabonais “Nku’u le messager”, André Mba Obame l’autre Président élu , le secrétaire exécutif de l’Union nationale (UN, opposition) qui s’est autoproclamé président du Gabon et réfugié depuis le 25 janvier au siège du PNUD à Libreville, explique les motivations de son esclandre, justifie sa participation aux législatives partielles de juin dernier et laisse entrevoir sa position quant au dialogue de sortie de crise invoqué par différents acteurs politiques Gabonais.

Quinze mois après l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, qu’est-ce qui justifie l’acte que vous avez posé le 25 janvier 2011, quelle en était, surtout, l’opportunité ?

Je n’ai jamais reconnu la victoire de Monsieur Ali Bongo Ondimba. J’ai toujours affirmé, avec d’autres candidats, que les résultats publiés n’étaient pas sincères, et n’ai eu de cesse, comme principale revendication, de réclamer le recomptage des voix sur la base de la confrontation des procès verbaux. Ce à quoi, se sont toujours opposés, le candidat du PDG, la CENAP et la Cour constitutionnelle. J’ai promis au peuple gabonais que je ferai tout ce qui est de mon pouvoir pour que son vote soit respecté. C’est le combat que je mène, en tant que président élu, avec l’appui massif des Gabonaises et Gabonais.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Dès le 3 septembre 2009, les ingrédients du coup d’Etat électoral étaient réunis. Alors que la CENAP était en plénière, aux fins d’approuver définitivement les résultats, et ce, conformément aux dispositions du Code électoral, le ministre de l’Intérieur, précédé par des «bérets rouges», a fait irruption dans la salle des délibérations pour lire des résultats concoctés par ses services et qui donnaient la victoire à Monsieur Ali Bongo Ondimba.

C’est le lieu de rappeler ici que la compilation des résultats par l’assemblée plénière de la CENAP, seule instance de décision en période électorale, n’était pas encore terminée au moment de cette intervention du ministre de l’Intérieur. Malgré cette forfaiture annoncée, le vainqueur de l’élection que je suis privilégia néanmoins la voie de la légalité républicaine, quoique convaincu de la partialité de toutes les institutions chargées de gérer la transition, et particulièrement la Cour constitutionnelle. Cette dernière ayant validé le coup d’Etat électoral, j’ai, avec d’autres candidats, pris la ferme position de ne jamais trahir le peuple gabonais en reconnaissant Ali Bongo Ondimba comme président de la République.

Nous insistons, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

La position que je viens d’exprimer est restée constante. Elle est depuis renforcée par la survenance des faits nouveaux. Il s’agit de la diffusion par la chaîne publique de télévision France 2, d’un documentaire financé par les institutions publiques françaises dans lequel des personnalités introduites dans le secret des princes ont clairement indiqué que c’est moi, André Mba Obame, qui ai gagné l’élection présidentielle du 30 août 2009.

A cela s’ajoutent les révélations du site WikiLeaks, notamment la dépêche n°1473 dans laquelle, l’Ambassadeur des Etats-Unis en France recommande à Mme la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, de conseiller le président Barak Obama de ne pas reconnaître Monsieur Ali Bongo Ondimba comme vainqueur de l’élection présidentielle; les résultats ayant été inversés au détriment de monsieur André Mba Obame, le président réellement élu par le peuple gabonais.

Au demeurant, du point de vue juridique, il s’agit là de deux faits nouveaux qui permettent de rouvrir le débat sur le contentieux électoral de 2009. Faut-il rappeler qu’en la matière, il n’y a aucune prescription. De ce fait, rien ne m’interdit de saisir d’autres juridictions compétentes, à l’étranger notamment, aux fins de constater la pertinence de ces faits nouveaux, et de contester alors la décision de la Cour constitutionnelle gabonaise. C’est d’ailleurs le sens donné à la saisine, par des avocats commis par moi. C’est aussi le sens des consultations des responsables politiques africains et occidentaux que j’ai rencontrés durant mon récent séjour hors du Gabon.

Si tel est alors le cas, pourquoi vous vous êtes présenté aux élections législatives partielles du 8 juin 2010 ?

Je me suis présenté à ces élections législatives partielles par respect pour mes électeurs et pour confirmer mon mandat. Il faut savoir que cette élection était la conséquence de mon exclusion du Parti démocratique gabonais (PDG) sous les couleurs duquel j’avais été élu député en 2006. Il s’agissait de démontrer à ce parti que mon charisme et ma personne étaient le socle de mon mandat, et non mon appartenance au PDG.

Que signifie pour vous la main tendue, et comment entrevoyez-vous l’issue de la crise politique qui s’est installée au Gabon depuis lors, même si d’aucuns estiment qu’il n’y a pas de crise. Autrement dit, si jamais des négociations s’engageaient entre vous et le pouvoir en place, quelles formes pourront prendre ces négociations, quelles sont vos préalables, et sur quels points entendez-vous les engager ?

Lors de ma prestation de serment, j’ai pris l’engagement solennel de faire respecter le choix massif effectué par le peuple gabonais le 30 août 2009 en faveur du changement. Nous avons tous l’obligation de prendre en compte la soif de liberté croissante des Gabonais et leur désir d’avoir un gouvernement représentatif.

Car, on ne peut exercer indéfiniment le pouvoir par la force. Tout cela passe, incontestablement, par le rétablissement de la vérité des urnes de l’élection présidentielle du 30 août 2009. Toute autre démarche ne fait pas partie de notre agenda. Persuadés de ce que nous sommes, nous viendrons à bout du pouvoir illégitime. Car des changements véritables comme celui pour lequel nous luttons se produiront parce que des citoyens se rassembleront et exerceront leur force morale sur une situation donnée. Nous y sommes !

Pourquoi avoir demandé la protection des Nations-Unies ?

Suite à l’acte historique posé à travers la prestation de serment et la mise en place du gouvernement légitime, il était indispensable de tout mettre en œuvre pour éviter que le problème politique posé soit étouffé dans l’œuf par le pouvoir illégitime en portant atteinte à l’intégrité physique et morale des acteurs principaux de la restauration de ma victoire. Il s’agissait aussi d’impliquer la communauté internationale dans le règlement de la crise politique gabonaise, les arbitres intérieurs s’étant disqualifiés.

Interview réalisée par F. Bounda du bimensuel “Nku’u le messager”

Source : Nku’u Le Messager

Gabon : La police disperse une manifestation à Libreville

La police a dispersé ce lundi, une manifestation des partisans de l’ancien Secrétaire Exécutif de l’Union Nationale (UN opposition gabonaise) Mba Obame, engagés dans une opération dénommée « Gabon mort » conformément à un appel lancé le week-end dernier par ces derniers visant « à déloger dès ce lundi 21 février » le président Ali Bongo Ondimba, a constaté à Libreville le correspondant d’Afriscoop.

Après l’opération des tracs et des sms téléphoniques du week-end dernier dans lesquels ils invitaient le peuple gabonais et l’armée à entrer en grève générale dès ce 21 février et ce jusqu’à la démission d’Ali Bongo Ondimba, les partisans d’André Mba Obame, qui s’est autoproclamé président de la république le 25 janvier dernier, ont été dispersé par la police dans les quartiers de la capitale gabonaise.

Cette action des forces de l’ordre, tournée beaucoup plus vers l’intimidation a tout de même fait quelques dégâts au sein des manifestants. En effet, on note quelques blessés légers dû à la panique ou aux coups de matraque.

On pouvait lire sur les tracs distribués à Libreville la semaine dernière par les supporters de Mba Obame, « le 21 février 2011, comme un seul homme, le peuple doit se mobiliser pour chasser l’imposteur 21 février 2011, Ali doit quitter le pouvoir, de gré ou de force. 21 février pour briser les chaînes de la dictature héréditaire »

« Armez-vous de courage et de patience car la lutte sera longue et difficile », pouvait conclure le trac.

Réfugiés depuis le 25 janvier 2011, dans les locaux du PNUD à Libreville, André Mba Obame et les membres de son gouvernement parallèle devront être jugés, selon les autorités du pays.

Le procès de leurs supporters, accusés d’actes de vandalisme dans certains quartiers de Libreville (Nkembo dans le 2ème arrondissement et Rio dans le 3ème arrondissement de la capitale gabonaise), qui devaient avoir lieu la semaine dernière a été renvoyé au 24 février prochain sous la demande de la partie défenderesse qui voudrait réunir un peu plus d’éléments pour son dossier.

AfriSCOOP Libreville

Gabon : L’ONU tente de déloger Le Président Mba Obame et les siens, les livrés à Ali Bongo

Comment comprendre que dans la situation actuelle, le Secrétariat Général des Nations-Unies puisse songer un seul instant livrer Zacharie Myboto, Jean Éyeghe Ndong, André Mba Obame, ainsi que tous les responsables de l’Union Nationale et les membres du Gouvernement de Raphaël Bandega à la folie furieuse d’Ali Bongo Ondimba et de Jean-François Ndongou ?

En 1960, l’attitude du Secrétaire Général de l’ONU, le Suédois Dag Hammarskjöld, a conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba.

Les membres de l’Union Nationale (UN) d’André Mba Obame auraient reçu ce mercredi soir ce message en provenance du siège des nations-Unies à Libreville. C’est ce que nous apprenons d’un source proche du leader de l’UN.

« La tension avec les responsables du système des nations unies est montée d’un cran aujourd’hui. le représentant algérien était extrêmement gêné de nous faire passer un message verbal de ses supérieurs à NY nous demandant si nous voulions quitter les lieux car ne pouvant nous forcer à le faire. Par ailleurs ils nous ont demandé de nous séparer de tous nos moyens de communication et de n’utiliser que le téléphone fixe du seul bureau auquel nous pouvons accéder.

De même nous n’avons plus droit qu’à la nourriture exclusivement comme ravitaillement, même pas de vêtements et autres. Ils veulent nous rendre la vie difficile pour nous pousser à la sortie, mais ils ont peur de nous signifier tout cela par écrit et tu devines pourquoi. »
André Mba Obame, Zacharie Myboto et nombreux autres cadres du part d’opposition avaient trouvé refuge dans les locaux du PNUD au Gabon depuis la proclamation d’André Mba Obame à la présidence de la République Gabonaise.

Par ailleurs nous vous proposons quelques éléments de clarification de la positon de l’Union Nationale vis à vis de la crise politique gabonaise (source UN).

– L’Union Nationale, Premier parti politique de l’opposition, a été dissout. Par cette vaine tentative de dissolution du Premier parti politique de l’opposition gabonaise par sa représentation au Parlement et dans les assemblées locales, le pouvoir illégitime porte atteinte à la liberté politique au Gabon.

– Le pouvoir « illégitime », en violation de la loi et de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et réglementaire, a prononcé la levée de l’immunité parlementaire d’André Mba Obame. Aucune procédure judiciaire à l’encontre de ce dernier n’est en cours et en définitive, la levée de l’immunité parlementaire est une compétence du parlement à la suite d’une demande du juge. Mais Ali Bongo Ondimba n’en a cure, il faut se débarrasser d’André Mba Obame par tout les moyens.

-Les fonctionnaires qui ont été nommés au Gouvernement sont révoqués, en violation flagrante des lois qui régissent la fonction publique gabonaise et ses agents. Dans le cas d’espèce il y a non seulement atteinte à la liberté d’opinion, mais aussi violation de la loi. Ce qu’Ali Bongo feint d’ignorer c’est que Le Premier Ministre de ce gouvernement est Docteur en droit et enseignant à la faculté de droit de Libreville et que le Ministre de l’Intérieur John Nambo est agrégé de droit.

-La chaîne de télévision privée TV+ a été suspendue pour trois (3) mois au motif qu’elle a diffusé la cérémonie de prestation de serment. Il y a dans le cas d’espèce atteinte à la liberté d’information. Cet évènement a été relaté par tous les médias du pays (Télévision, Radio et presse écrite), il y a manifestement volonté de bâillonner ce média en particulier au motif qu’il serait la propriété d’André Mba Obame.

-Le 27 janvier 2011, à 5h du matin, les militaires du bataillon des parachutistes ont brutalement dispersé les populations qui soutiennent la démarche d’André Mba Obame et se trouvaient pacifiquement devant le siège du PNUD. Une cinquantaine de blessés a été dénombré à l’issue de cette opération. Il convient de signaler que cet acte, qui porte atteinte aux dispositions de la Convention de Vienne, a été posé alors que des engagements avaient été pris auprès de la représentation des Nations Unies afin qu’il n’y ait aucune intervention des forces de sécurité ou de défense.

-Depuis le 25 janvier 2011, les forces de sécurité et de défenses sont entièrement mobilisées pour réprimer et arrêter les citoyens gabonais qui manifestent leur adhésion au pouvoir légitime. Les arrestations arbitraires, les violences sur personne et les atteintes aux droits de l’homme se comptent par dizaines chaque jour. Elles sont le fait de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police aux ordres du pouvoir illégitime.

En 1960, l’attitude du Secrétaire Général de l’ONU, le Suédois Dag Hammarskjöld, a conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba.

En 1994, l’attitude des Nations-Unies au Rwanda a aboutit au résultat que l’on connait.

Comment comprendre que dans la situation actuelle, le Secrétariat Général des Nations-Unies puisse songer un seul instant livrer Zacharie Myboto, Jean Éyeghe Ndong, André Mba Obame, ainsi que tous les responsables de l’Union Nationale et les membres du Gouvernement de Raphaël Bandega à la folie furieuse d’Ali Bongo Ondimba et de Jean-François Ndongou ?

L’ONU veut-elle assumer une nouvelle fois, en toute impunité, un drame dans un pays africain ?

Cette question se pose aujourd’hui à Ban Ki-Moon et à toute la communauté Internationale.

Delaeu, correspondant de Koaci.com à Libreville

Le Gabonais André Mba OBAME contre-exemple de l’Ivoirien Alassane OUATTARA ?

La situation que connaît le Gabon inspire forcément des comparaisons avec celle que vit la Côte d’Ivoire. Dans l’un comme dans l’autre pays, il y a querelle de légalité, de légitimité, au plus haut niveau de l’Etat. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara  revendique un score de plus de  54 % à la présidentielle au détriment de Laurent Gbagbo : c’est sur la base de la proclamation provisoire des résultats (illégale dans la forme comme dans le fond) par le  président de la CENI  à l’Hôtel du Golfe. Au Gabon, André Mba Obame réclame la victoire contre Ali Bongo, estimant avoir gagné avec 52 % de voix.  C’est ce qu’a confirmé un film documentaire qui a estimé que les chiffres avaient été inversés en faveur du fils de feu Omar Bongo, avec la complicité des services secrets français. Dans un pays comme dans l’autre, on assiste à une duplication d’organes gouvernementaux avec en toile de fond, l’imputation de la France dans toute cette panade.


André Mba Obame

Manifestations à Libréville

Mais comment réagit cette dernière par rapport à ces deux pays ?  De façon totalement opposée, il faut le dire.

Pour le Gabon, on retiendra que la France, patrie des droits de l’homme, respectueuse des principes universels qui fondent la démocratie, ne saurait substituer sa propre volonté à celle d’un peuple pour lui imposer un président. Le pays de Sieyès, de Lamartine, de Victor Hugo, respecte les institutions, les lois, les constitutions des autres pays comme elle respecte les siennes. Et évidemment, comme il s’agit d’un pays d’expression française, les  Etats-Unis comme la Chine et les USA ont embrayé sur le même registre : le seul président est Ali Bongo. Et les zones d’influence sont ainsi respectées. Les USA ont beau jeu de demander «le respect de la loi gabonaise et de la Constitution».

Cette position partagée est ainsi relevée par le journal « La Voix du Peuple Gabonais » du 03 février 2011, en ces termes : « Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro, a invité le 2 février les acteurs politiques gabonais au respect de la Constitution. Pour son pays, la victoire d’Ali Bongo au scrutin du 30 août 2009 ne souffre d’aucune contestation. A la faveur d’une conférence de presse tenue le 2 février à Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro, s’est exprimé sur la situation politique actuelle du Gabon, consécutive à la prestation de serment d’André Mba Obame, secrétaire exécutif de l’Union nationale (UN, opposition), le 25 janvier à Libreville. ‘Les résultats du scrutin présidentiel qui s’est tenu le 30 août 2009 ont été validés par la Cour constitutionnelle du Gabon’ ». Voilà qui est bien dit, qui du reste est tout à fait dans le ton de ce qui se dit en ce moment par rapport à la Tunisie et l’Egypte. Là-bas aussi, la France ne saurait commettre la grave faute de soutenir qu’un président doit quitter le pouvoir, d’en appeler à un autre pour assumer les charges présidentielles ou de s’immiscer de quelque manière que ce soit dans les affaires intérieures de ces pays.

La belle affaire ! Si tel était le cas, pourquoi avoir adopté une attitude tout à fait opposée par rapport à la Côte d’Ivoire ?

A ce qu’on sache, là-bas aussi, il y a une loi fondamentale, des organes mis en place en fonction de cette constitution, des institutions fonctionnant dans le respect de la hiérarchie des normes juridiques. Qu’est-ce qui explique alors que les dirigeants français, s’agissant de ce pays, se permettent de harceler des présidents d’institutions par des coups de téléphone, des notes, pour leur donner des instructions contraires à celles de leurs dirigeants ? D’où vient qu’à partir de capitales étrangères, le président français puisse, sur un ton autoritaire, définitif, ordonner au président Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir dans les 48 heures sous peine de sanctions ? Surtout, qu’est-ce qui justifie que les dirigeants français, américains…dans la négation des institutions ivoiriennes, de la constitution de Côte d’Ivoire, puissent reconnaître sur la base d’une fausse proclamation provisoire des résultats, l’élection d’un président en lieu et place de celui issu d’une proclamation du Conseil constitutionnel, seul organe habilité en la matière ? A la vérité, tout cela n’est que roueries, mépris et politique à deux vitesses, qui témoignent de la pérennité de l’esprit de Berlin !

En définitive, les jurements de non immixtion convainquent ni dans le cas des pays arabes en révolution ni dans celui du Gabon et a fortiori celui de la Côte d’Ivoire. Ce qui est constant, c’est la permanence du diktat des grandes puissances.

Le seul point de différence à souligner ici entre les deux pays francophones de référence, c’est qu’au Gabon, André Mba Obame, qui a formé son gouvernement et qui n’a pas l’appui de la France, est le président effectivement élu par le peuple gabonais. Il s’y bat tout seul, sans le soutien des médias de France et de Navarre, sans ceux de la communauté internationale car le mot d’ordre, en ce qui le concerne, c’est « Circulez, y a rien à voir ! ». Ban Ki Moon, peu diplomate, a même demandé au représentant du PNUD où Mba Obame et ses ministres sont retranchés, de les faire virer manu militari ! Ce n’est pas qu’au Gabon, il n’y ait pas de protestations, de marches suivies de répressions par le gouvernement mais on ne veut pas permettre que la relation en soit faite pour créer un « buzz » autour de l’homme qu’on a électoralement éliminé. Par contre, Alassane Ouattara, non élu sinon par la communauté internationale, qui se trouve à l’Hôtel du Golfe de son plein gré, est l’objet de toutes les attentions : les médias sont à ses ordres et Ban Ki-moon n’a de cesse d’exiger qu’il soit mis fin au blocus contre l’Hôtel du Golfe où il est retranché.

Ah philosophie de la misère, misère de la philosophie ! Quand donc en finira-t-on avec cette gouvernance dictatoriale, hypocrite, pratiquée à la tête des Nations Unies par cinq Permanents qui s’y sont impatronisés ?

La Rédaction

San Finna N°602 du 07 au 13 Février 2011

GABON : Lettre du Président André Mba Obame à Ban-Ki Moon

Réfugié depuis le 25 janvier dans les bureaux du Programme de développement des Nations unies (PNUD) à Libreville, André Mba Obame a adressé une lettre à Ban-Ki Moon, le Secrétaire général des Nations Unies. Dans celle-ci, l’autoproclamé président du Gabon invoque les raisons de son acte et appelle la communauté internationale à reconnaitre sa légitimité en tant que président élu.
Monsieur le Secrétaire Général,

Lors de votre passage à Libreville, vous nous aviez fait l’honneur de recevoir l’opposition Gabonaise qui à cette occasion vous avait longuement exposé ses préoccupations à propos de la situation politique dans laquelle se trouvait le pays depuis l’élection présidentielle du 30 aout 2009 dont elle n’a cessé de contester le résultat.

L’opposition Gabonaise vous avait alors remis un Mémorandum dans lequel, au-delà de la dénonciation du déficit démocratique, elle faisait des propositions pour améliorer la gouvernance politique du Gabon, seule garantie de la stabilité du pays. Nous avions noté avec satisfaction que Votre Excellence avait préconisé que les prochaines consultations électorales soient plus transparentes, justes et crédibles.

Nous avions pleinement partagé cette position pour laquelle nous espérions que l’Organisation que vous dirigez allait apporter son concours préventif pour l’amélioration du système électoral gabonais, comme vous l’avez fait dernièrement aux Comores à l’issue de la contestation de la dernière élection présidentielle. Nous n’avons malheureusement pas eu jusqu’ici un retour de votre part.

Monsieur le Secrétaire Général, depuis votre dernier passage, la situation politique dans notre pays se dégrade ostensiblement. En effet, le pouvoir illégitime en place s’évertue à faire une révision des listes électorales sans tenir compte de la nécessité de la transparence que peuvent nous offrir des listes sécurisées par le système de la biométrie pourtant largement répandu au Gabon pour le recensement des agents de l’Etat, la confection des passeports, l’inscription de plusieurs centaines de milliers de gabonais dans le système de l’assurance maladie. A l’évidence ce pouvoir illégitime fait preuve d’une évidente mauvaise foi.

Par ailleurs, tout récemment, le pouvoir illégitime a organisé une révision constitutionnelle par voie parlementaire qui, dans son processus, a gravement ignoré les dispositions de l’article 10 de la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance que le Gabon a signée sans réserve et qui impose aux Etats parties de procéder de manière consensuelle à toute révision de la loi fondamentale.

Plus grave encore est le contenu de cette révision qui remet sérieusement en cause les fondements de la démocratie au Gabon en donnant à l’Exécutif la possibilité de modifier la durée des mandats électifs au gré de ses intérêts. Mieux, au terme de cette révision constitutionnelle, le Chef de l’Etat dispose désormais de pouvoirs exceptionnels renforcés et sans contrôles.

C’est dans ce contexte vicié que le pouvoir illégitime entend organiser les prochaines élections législatives, restant irrémédiablement sourd aux interpellations des acteurs politiques de l’opposition et de la société civile.

L’environnement international nouveau qui voit les peuples africains de plus en plus déterminés à faire respecter leurs droits inaliénables nous interpelle pour qu’au Gabon comme ailleurs cette nécessité universelle prenne corps. C’est la raison pour laquelle notre action aujourd’hui vise à faire respecter la volonté souveraine du peuple gabonais qui s’est largement exprimé en ma faveur lors de l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009.

Aussi demandons-nous à la communauté internationale de ne reconnaitre à l’instar de la Côte d’ Ivoire comme seul Président de la République Gabonaise élu que celui qui a gagné dans les urnes et non celui proclamé par une Cour Constitutionnelle aux ordres comme ce fut le cas en 2009.

C’est fort de cette légitimité que je viens de mettre en place un gouvernement devant traduire dans les faits la volonté de changement fortement exprimée par la majorité des gabonais le 30 août 2009.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance renouvelée de notre très haute considération.

Fait à Libreville, le 26 janvier 2011

Le Président de la République

André MBA OBAME

http://www.lvdpg.org/Gabon-La-lettre-du-President-Mba-Obame-a-Ban-Ki-Moon_a8061.html

GABON : Il n’y a rien à attendre d’Ali Bongo, dixit André Mba Obame

Un Gabon, deux présidents. André Mba Obame Mba, qui s’est proclamé président de la République mardi et a nommé son propre gouvernement, continue de défier Ali Bongo Ondimba. Retranché au siège du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Libreville, il déclare vouloir, au nom du peuple gabonais, chasser Ali Bongo reconnu après l’élection présidentielle 2009 par le Conseil constitutionnel. Samedi après-midi, son service de presse rapportait que des affrontements avaient eu lieu entre des étudiants de l’Université Omar Bongo, des lycéens et la police, à Rio, un quartier populaire de Libreville.
Officiellement classé 3ème à la présidentielle anticipée du 30 août 2009 remportée par Ali Bongo Ondimba par un coup d’Etat électoral, André Mba Obame n’a cessé de revendiquer la victoire à ce scrutin à tour unique. L’ancien ministre de l’Intérieur estime avoir gagné l’élection avec 42% des suffrages, contre 37% au fils d’Omar Bongo Ondimba.
Ce dernier a dénoncé l’instauration d’un gouvernement parallèle mardi, à Libreville. Mercredi, son ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou, a annoncé la dissolution du principal parti d’opposition gabonais, l’Union nationale, dont André Mba Obame était le secrétaire général. Jeudi, les partisans de l’opposant et de son gouvernement, rassemblés devant les locaux du PNUD ont été dispersés par la police. André Mba Obame a craint, vendredi soir, d’être délogé par l’armée. Mais il déclare rester déterminé renverser le pouvoir d’Ali Bongo.

Afrik.com : Après avoir prêté serment et nommé un gouvernement, mardi, quelle sera votre prochaine action ?

André Mba Obame : L’action, c’est de faire partir le pouvoir illégitime conformément à la volonté des Gabonais qui n’ont pas dans leur majorité voté pour Ali Bongo.
Afrik.com : Vous dites vouloir évincer Ali Bongo, mais il a l’armée et l’appareil d’Etat avec lui…
André Mba Obame : Ali Bongo ne serait pas le premier pouvoir illégitime, ayant l’armée avec lui, qui serait contraint de quitter le pouvoir…

La situation est plus complexe que ça. Ali Bongo n’a pas la majorité des Gabonais avec lui. Alors qu’il a dépensé 43 milliards pour la campagne présidentielle, il n’a pas été élu. Il a fait un coup de force électoral en s’appuyant sur les bérets rouges, le ministère de l’Intérieur qui a proclamé de faux résultats, et le Conseil constitutionnel qui les a validés. Face à tout ça, la population voulait sa victoire par tous les moyens. Et j’ai dit non, j’ai refusé d’appeler les Gabonais à faire usage de la force. La seule violence liée aux résultats des élections est venue du pouvoir illégitime, à Port-Gentil où il y a eu une répression inimaginable pour le Gabon.
Une soixantaine de morts. Les partis d’opposition et moi-même avons alors appelé au calme. Mais un peuple, quand on veut le calmer et qu’autour de lui d’autres peuples – les Tunisiens, les Egyptiens – se soulèvent, il ne faut pas s’étonner que 15 mois après, il revienne à la charge. Comme en Tunisie, comme en Egypte, les Gabonais se battent pour que leurs droits fondamentaux soient respectés. Le droit à la liberté, le droit à l’éducation, le droit à la santé… sont piétinés par le pouvoir illégitime. Je fais confiance au peuple gabonais qui a soif de liberté et de justice et est déterminé à prendre ce qui lui appartient.

Afrik.com : Pourquoi avez-vous décidé de mener votre action plus d’un an après la présidentielle ?

André Mba Obame : Il n’y a pas prescription en ce qui concerne les droits fondamentaux d’un peuple. Il faut plutôt louer la sagesse des dirigeants dont je suis, qui ont décidé qu’il fallait user de moyens pacifiques pour obtenir gain de cause. Mais 15 mois après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, tout le monde a constaté que la situation était pire qu’avant. Il n’y a plus que de l’autoritarisme, de l’arrogance, des dépenses somptuaires…

En un an, Ali Bongo a effectué plus de 80 voyages, à raison de cinq millions d’euros le voyage, soit 400 millions d’euros ! Il a acheté un hôtel particulier à Paris à 100 millions d’euros. Même les Emirats avaient refusé de l’acquérir parce qu’ils le trouvaient trop cher… Donc, c’est le peuple lui-même qui à un moment a dit : non, il n’y a rien à attendre d’Ali Bongo. C’est la régression à tous les plans, même politique.

Il a une conception monarchique du pouvoir où la liberté de la presse, les droits fondamentaux sont bafoués. Maintenant il peut proroger les mandats des députés et son propre mandat. Les choses se sont dégradées depuis son arrivée.

Et le peuple m’en a même voulu, me demandant pourquoi je l’avais laissé exercé ce mandat. Dès les élections, il m’avait demandé de garantir que je ne laisserais pas voler sa victoire. Certains ont cru, après le coup d’Etat, quand j’ai appelé à ne pas faire usage de la violence, que j’avais reculé. Ce n’était pas le cas… Maintenant, après avoir vu l’homme au pouvoir pendant 15 mois, ils ne peuvent continuer de laisser s’exercer une gouvernance aussi sectaire, aussi monarchique, un amateurisme aussi flagrant.

Afrik.com : Ali Bongo vous a qualifié jeudi de « professionnel du ridicule ». Manifestement, votre action l’a énervé, mais pas déstabilisé…

André Mba Obame : Mon but n’est pas de l’énerver ni de le déstabiliser. Mon but est de faire respecter le choix fait par les Gabonais le 30 août. Ali, c’est mon frère, je ne veux pas l’énerver, je veux qu’il respecte le choix des citoyens gabonais et la constitution. Je pensais qu’il avait changé et qu’il avait une plus grande considération pour les droits de l’homme qu’autrefois. En 1984, quand je l’ai rencontré, ce n’était pas le cas.

Et je constate aujourd’hui qu’il a même reculé. Il considère que ces droits et leurs défenseurs sont ridicules. Moi, je lui dis que se battre pour la liberté et la démocratie, c’est ce qu’il y a de plus valorisant. Je le renvoie à l’article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793. Elle enjoint le citoyen d’aller jusqu’à la rébellion lorsqu’il considère qu’un gouvernement viole ses droits. Sa conception à lui, c’est que les citoyens n’ont aucun droit.
Il a une conception monarchique du pouvoir. Les Gabonais ne sont pas ses sujets, mais des citoyens qui ont des droits. Le respect de la constitution est valable pour tous. Ali Bongo est astreint au respect de cette loi aussi.

Afrik.com : La France, les Etats-Unis, l’Union africaine, ont donné leur soutien à Ali Bongo. Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait les faire changer d’avis ?

André Mba Obame : La France a été la première à reconnaître Ali Bongo, avant même que le processus électoral n’arrive à son terme. Et c’est un euphémisme, elle a fait plus que ça… L’UA a demandé, dans le cadre de la diplomatie préventive, l’envoi d’une mission d’observation, car elle était soucieuse du fait qu’un coup d’Etat électoral était porteur d’instabilité au Gabon et dans la région. Mais le pouvoir illégitime d’Ali Bongo a refusé l’envoi de cette mission. Pour ce qui est des Etats-Unis, vous me l’apprenez…

Afrik.com : Ce vendredi, l’ambassade américaine à Libreville a publié un communiqué de presse qui stipule que les Etats-Unis « reconnaissent Ali Bongo Ondimba comme étant le président du Gabon ».

André Mba Obame : Avant le 28 janvier 2011, les Américains n’avaient pas fait de déclarations officielles reconnaissant Ali Bongo… Wikileaks a rendu public un message de l’ambassade des Etats-Unis à Paris recommandant à Hillary Clinton de ne pas reconnaître les résultats de la présidentielle car ils avaient été inversés.

Mais quand les Etats-Unis ont eu à présider le Conseil de sécurité, ils se sont trouvés dans l’embarras face au dossier nucléaire iranien. Et c’est la mort dans l’âme qu’ils ont dû accepter Ali Bongo, en échange de sa promesse de ne pas vendre d’uranium à l’Iran. Des calculs géostratégiques ont été placés au dessus de la volonté du peuple gabonais. Mais vous savez, hier les Etats-Unis reconnaissaient Ben Ali, aujourd’hui ils parlent de bloquer ses comptes, de l’interdire de séjour !

Les Gabonais n’ont pas à attendre l’autorisation des Américains pour agir, même s’il est vrai que leur soutien aurait été le bienvenu. Les grandes puissances appliquent la politique du deux poids, deux mesures. Quand c’est dans leur intérêt elles soutiennent les populations africaines, quand ça ne l’est pas, elles ne les soutiennent pas.

Afrik.com : Le ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou, a déclaré que, pour vous être proclamé président du Gabon et avoir nommé votre propre gouvernement, vous étiez coupable d’un « crime de haute trahison puni par la loi ». Ne craignez-vous pas de finir en prison ?

André Mba Obame : L’histoire vous dira, dans les prochains mois ou années, qui finira en prison. M. Ndongou, qui a proclamé de faux résultats, peut être poursuivi pour haute trahison. Il a trahi son peuple. Que M. Ndongou et ses amis qui ont trahi les Gabonais, en ne respectant pas leur volonté, s’attendent à subir leur colère.

Que M. Ndongou et ceux qui exerçaient le pouvoir, lorsqu’il y a eu les émeutes à Port-Gentil, s’apprêtent à payer pour leurs crimes. Qu’ils s’attendent à se retrouver un jour ou l’autre devant un tribunal. Aujourd’hui on parle de traduire Ben Ali devant la justice pour ces crimes. Il y a un mois, qui aurait cru cela possible ?

Afrik.com : Les scénarios tunisiens et ivoiriens ont-ils influencé votre action ?

André Mba Obame : Il aurait été difficile de ne pas en tenir compte. L’objectif est le même : la liberté. Liberté politique, sociale, religieuse… Ces actes m’inspirent, comme ils inspirent tous les peuples du monde.

Source : Afrik.com

GABON : Pierre MAMBOUNDOU se prononce la Crise

Mesdames, Messieurs, 

Chers Compatriotes,

La Conférence des Présidents de l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR) vient d’examiner la situation politique  du Pays née des déclarations successives de l’Union Nationale, du Parti Démocratique Gabonais et  du Gouvernement.

De ces déclarations, il ressort :

1)    La mise en place par l’Union Nationale d’un deuxième pouvoir exécutif ;

2)    L’énoncé par le Gouvernement d’une liste de sanctions parmi lesquelles :

–    la dissolution de l’Union Nationale,

–    la proposition de levée de l’immunité parlementaire du député du Haut Komo,

–    et la proposition de radiation des fonctionnaires prenant part au Gouvernement parallèle.

Mesdames, Messieurs,

La quête de l’Opposition gabonaise a été régulièrement orientée vers la transparence électorale et l’Etat de droit.

Depuis 1990 jusqu’à nos jours, le problème de la transparence électorale s’est toujours posé avec acuité.

L’élection présidentielle de 2009 n’a pas failli à cette triste tradition.

Le peuple Gabonais a assisté à une élection controversée dans son résultat, qui a conduit aux évènements du 3 septembre 2009 au Rond-Point de la Démocratie, aux émeutes de Port-Gentil et à l’acte posé ce 25 janvier 2011 par l’Union Nationale.
L’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR), tout en étant attaché aux principes de l’Etat de droit et à ses valeurs, prend acte de la gravité de la situation qui prévaut actuellement dans notre pays et qui mérite l’attention de tous les responsables à tous les niveaux pour l’analyser avec calme, discernement et clairvoyance.

L’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR) estime que ce serait une erreur que de traiter cette situation en ne privilégiant que l’aspect répressif sans examiner les causes qui ont conduit certains compatriotes à poser des actes, peut-être contraires à l’esprit et à la lettre de la Constitution, mais que la situation du pays peut expliquer.

Au regard de ce qui précède, l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR)  se réserve le droit d’appeler les siens à une prise de position, allant dans le sens de la préservation des intérêts supérieurs de la Nation.

En conséquence, pour prévenir ce genre d’événements qui mettent en cause la cohésion sociale et l’unité nationale, l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR) demande au Gouvernement de mettre en place, ici et maintenant, les outils de la transparence électorale, notamment la biométrie dont les conditions de mise en place sont déjà réunies.

Je vous remercie

Fait à Libreville, le 26 janvier 2011

Pour l’Alliance pour le Changement et la Restauration

Le Président

Pierre MAMBOUNDOU