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Le Cfa, plus fort que l’Euro ???

Rien de mieux qu’une bouffonnerie des Africains (une de plus) autour du Cfa, pour amuser la galerie, en pleine tempête, là-bas, chez le parrain présumé en zone Euro. Des « nés avant la honte » comme dirait l’autre ; démentant tous azimuts l’imminence d’une dévaluation du Cfa. Gouverneurs de banque régionale (Beac et Bceao), ministres, diplomates et autres officiels de la zone franc devraient savoir que, moins que la rumeur de dévaluation, c’est l’absence d’initiative africaine face à la crise des marchés qui inquiètent leurs concitoyens. Et surtout du poids de ce qui leur tient lieu de monnaie sur le marché international. L’exercice attendu des dirigeants africains n’a donc rien à voir avec des allégeances renouvelées à la monnaie empruntée à l’ancien colon. Un démenti d’un ministre ouest africain ou de l’Afrique central vis-à-vis de questions monétaires dont eux-mêmes ne comprennent pas grand-chose ? Je préfère encore la parole d’un simple ambassadeur français puisqu’il est le représentant du parrain. En la matière, la chansonnette n’a perdu le moindre refrain depuis plus d’un demi-siècle : « le Cfa se porte très bien ».

Il y a un point sur lequel on peut qu’être d’accord avec les 14 Etats sous tutelle monétaire (unique au monde) : il n’y a pas de crise de marché chez eux parce que leurs pays respectifs ne représentent presque rien (ou plutôt ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils représentent) sur le marché international. Pour agir sur le Bénin, le Cameroun, le Gabon, la Côte d’Ivoire et compagnie, les traders ne peuvent que s’adresser directement au tuteur à Paris. Ce qui donne un aperçu sur l’approximation des informations distillées par la Bceao ou la Beac sur la santé financière et monétaire de leur propre zone. On voit d’ailleurs pourquoi leurs responsables respectifs préfèrent s’arcbouter à une rumeur (plus ou moins fondée) qu’à un discours responsable sur la crise. Car, ce dont il s’agit c’est le devenir de la monnaie unique européenne, l’Euro. Pendant que les experts se posent la question de savoir si l’Euro dispose des capacités de survivre au-delà de l’horizon 25 décembre 2011 et après, les fanfaronnades se multiplient dans la zone franc au sud du Sahara. Plutôt que de s’égosiller sur la prétendue bonne santé du Cfa, nos grands banquiers tropicaux feraient mieux de nous parler des futures conditions d’arrimage monétaire en cas d’implosion de l’Euro.

Les pathétiques rengaines des limiers du Cfa font presque penser que c’est l’Euro qui est arrimée à leur monnaie et non le contraire. On parle des menaces sur leur protecteur, l’Euro pendant qu’eux-mêmes ne pensent qu’à chanter : « tout va bien ». Comme si la décision de dévaluation pouvait venir de Dakar, Bamako, Bangui ou N’djamena. De quoi devenir dingue. L’évidence montre très clairement que la solution à la crise des marchés se trouve à Bruxelles via l’axe Berlin-Paris. A ce jeu, l’Allemagne que l’on dit être la locomotive de l’Euro-groupe se refuse à tout sacrifice en solidarité à la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou tout autre Etat frère de l’Europe. Jusque là, personne n’a encore entendu la Chancelière allemande ou aucun autre protagoniste de la crise actuelle prononcée une seule fois le mot : « Cfa ». Le dévaluer, le surévaluer ou le dissoudre ne semblent donc n’avoir aucune espèce d’importance aux yeux des marchés mondiaux. L’évidence que cette monnaie n’existe pas par elle-même. Sa trajectoire dépend exclusivement de son véritable propriétaire, la France. S’il devrait exister une problématique pour les Africains sur le sujet, cela porterait sur les conséquences d’un retour d’arrimage sur une monnaie française et non sur des rumeurs de dévaluation d’une monnaie insignifiante à tout point de vue. Ce n’est donc pas de l’avenir du Cfa qu’il s’agit mais de celui de l’Euro, son tuteur.

Juste un changement de dénomination du tuteur…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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7, 8 ou 9 millions de Béninois parmi 7 milliards d’hommes ???

Comment se fait-il que l’évolution démographique ne fait presque pas partie du débat public au Bénin ? Impossible d’avoir une idée assez claire de combien sommes-nous directement vivant sur le territoire national ou à l’extérieur. Mépris quasi-pathologique pour tout ce qui est statistique, prévision, simulation ou anticipation. A l’Institut national des statistiques et de l’analyse économique (Insae) d’en faire les frais. Sa splendeur en prend un sérieux coup avec la multiplication des structures ad-hoc inexpérimentées voire incompétentes lors de la réalisation des études prévisionnelles et statistiques sur le pays. L’exemple en est la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) sensée être un instrument de prévision démographique révolutionnaire. Mais à l’arrivée, le pays hérite d’une base de données objet de toutes les controverses aussi bien auprès des acteurs sociaux que des partenaires techniques et financiers en passant par la classe politique et les populations. Ce fut un retentissant méli-mélo à l’occasion des différentes étapes du processus après la mise en rade des spécialistes de l’Insae.

Impensable qu’on puisse donc sortir d’élections majeures comme les législatives et la présidentielle sans que les campagnes électorales ne fassent échos des prévisions sur le Bénin du futur. Même pas sur des questions basiques de tout développement autour du nombre de fonctionnaire, d’étudiant, de paysan, de routes bitumées, d’aéroport, de port ou d’université, à l’orée des 20 prochaines années. Des données qui devraient normalement inspirées tous les projets soumis à l’électorat. Impossible de mettre tout le monde d’accord sur le chiffre exact de la population béninoise à la date d’aujourd’hui même après la réalisation de la Lépi. Qui détient la vérité des chiffres et la crédibilité des procédés entre les spécialistes de l’Insae d’une part et les agents de la Lépi cooptés, manipulés, mal payés et traumatisés ?

De toute évidence, alors que toutes les études redoutent une explosion démographique dans toute l’Afrique et donc au Bénin dans les années à venir, l’heure n’est toujours pas à la moindre mobilisation sur le sujet. Le label chinois ou indien aurait dû pourtant inspirer nos princes au sud du Sahara. Surtout la Chine qui a su transformer un péril en un atout indispensable. Alors que tout le monde se demandait comme allait-elle gérer son milliard et plus de citoyen, elle a très bien réagi, tout d’abord, en adoptant une politique stricte de maitrise des naissances puis en essayant de transformer sa population en une redoutable machine de consommation des produits locaux ; son industrie pouvait ainsi compter sur un marché interne considéré comme le plus grand du monde. Le fameux miracle chinois tient à cette maitrise bien pensée de son propre destin.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de croire que le Bénin ne dispose par d’experts capables de proposer des solutions sur le devenir de 7,8 ou 9 millions d’âmes en fonction des mutations endogènes à venir. Sauf qu’on ne peut éluder la conception personnifiée du développement au détriment de celle liée à toute une communauté. En Chine, la hantise du parti communiste c’est d’éviter une implosion interne à l’échelle du milliard et demie d’individus. En total déphasage avec la norme admise sous les tropiques à propos de l’ancien colon qui aurait pensé à tout ; il ne reste aux dirigeants qu’à jouir du pouvoir. La monnaie, la politique agricole, les choix économiques, la diplomatie, la défense, l’éducation sont du domaine de la coopération internationale ou plutôt de la compétence des partenaires étrangers. Et puis, il ne faut jamais négliger la propension des princes qui nous ont gouverné à la magouille, à la triche, aux tripatouillages ; toute chose incompatible avec l’existence de statistiques précises, fiables et scientifiques. Avoir des fichiers électoraux tronqués, des estimations de population biaisées et des statistiques falsifiées permet de mieux voler des suffrages ; tripatouiller les scrutins ; détourner des subventions et des financements de projets sociocommunautaires sans laisser des traces.

En attendant : « chacun s’assoit ; Dieu le pousse » !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Quelqu’un pour nous dire où en est le Cfa !!!

Parait-il qu’il est arrimé à la zone Euro. Logiquement donc, nous, dignes descendants de nos ancêtres les Gaulois, devrions être en première ligne de toute la chienlit autour des marchés boursiers européens, de la recapitalisation des banques, des dégradations tous azimuts des annotations économiques, du secours à la Grèce ou des plans de sauvetage accordés à plusieurs autres pays. A peine quelques vagues échos de toutes ces agitations du côté de Dakar, Lomé, Yaoundé, Bamako, Libreville, Cotonou et ailleurs en zone dite Cfa. Bien loin de la révolte à Bratislava contre la menace d’une « esclavage économique » selon des leaders politiques de la Slovaquie. Ils ne sont que 5 millions d’individus, membres à part entière de l’Union Européenne et de l’Euro-groupe, blancs, de tradition judéo-chrétienne mais très peu emballés par la perspective de laisser les autres décider à leur place, ou pire, de payer pour les autres. Bien que privilégiés et n’émargeant pas à Bruxelles par procuration ou par parrain ancien colon interposé comme leurs lointains partenaires africains tiraillés entre listes électorales, l’âge des présidentiables, les contestations de résultats des urnes, le chômage, la misère atroce, la famine et la maladie.

Quelle que soit la couture sous laquelle se présente l’affaire, on revient presque toujours aux motivations de ce mépris de l’opinion africaine de la zone Cfa au sujet des chamboulements monétaires mondiaux. Ou bien l’arrimage du Cfa à l’Euro est si factice qu’il ne suscite aucune poussée d’urticaire chez slovaques, allemands, polonais ou autres européens de souche opposés à toute idée de solidarité trop contraignante. A moins que ce ne soit ceux qui font office d’économistes francophones d’Afrique qui préfèrent adopter le profile bas, de peur de faire remonter en surface leur ignorance rédhibitoire en matière de gestion d’une monnaie. Dans la réalité, en effet, toute l’expertise autour du Cfa se concentre à la banque de France et non dans les banques centrales d’Afrique francophone (Bceao, Bceac), encore moins à la Boad et autres machins du genre, 51 ans après les indépendances nominales.

Ce n’est pas tant le renoncement de souveraineté à propos d’un élément aussi souverain que la monnaie qui pose problème. C’est le retrait tacite du sujet de tous les débats nationaux en zone Cfa qui interpelle les intelligences. Passe encore que les leaders et dirigeants soient en phase avec cette hérésie optionnelle considérée comme unique au monde (13 à 14 pays utilisant une monnaie dont-ils n’ont pas directement la gestion). Mais imposer le silence autour parait encore plus hérétique surtout à l’ère du pluralisme démocratique. Nos princes ne cherchent même pas un soutien quelconque de leurs peuples respectifs, même de façade, comme cela se fait chez les partenaires européens. Ne serait-ce qu’un début de réflexion autour des prévisions apocalyptiques de la part de nombreux experts dont fait l’objet le socle monétaire (l’Euro) sur lequel nous sommes sensés être adossés.

Il convient néanmoins de reconnaitre un certain stoïcisme de la part des gouvernants de la zone Cfa. Rien ne semble les dévier des mêmes recettes que jadis malgré les tempêtes sur le marché international. Les économies nationales continuent de tabler leurs feuilles de route sur la base de la portion congrue du secteur formel en choisissant d’ignorer l’informel, détenteur de l’économie véritable. A cette échelle microscopique, irréelle et théorique, il est plus facile d’entretenir des semblants d’indicateurs liés à la croissance économique, les équilibres macroéconomiques, des repères de performance. Quand bien même tout le monde est conscient que tout cela ne se traduirait pas en réduction de pauvreté, autosuffisance alimentaire, réduction de la fracture sociale, lutte contre la corruption etc…

La frime, la bouffe, la soumission…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com