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Côte d’Ivoire: Des partisans de Gbagbo torturés et exécutés par les Frci

Human Rights Watch a rendu public le 02 juin 2011 un rapport dont une partie a pour l’instant été traduite en français.

Dakar – Les forces armées fidèles au président Alassane Ouattara ont tué au moins 149 partisans réels ou perçus comme tel de l’ancien Président Laurent Gbagbo depuis sa prise de contrôle de la capitale commerciale, à la mi-avril 2011, déclare Human Rights Watch aujourd’hui. Les miliciens Pro-Gbagbo ont tué au moins 220 hommes dans les jours précédant et suivant immédiatement l’arrestation de M. Gbagbo, le 11 avril, lorsque le conflit de près de quatre mois touchait à sa fin.

Entre le 13 mai et 25, Human Rights Watch a interrogé 132 victimes et des témoins des violences perpétrées par les deux camps lors de la bataille d’Abidjan et les semaines après l’arrestation de M. Gbagbo. Homicides, torture et traitement inhumain par les forces armées Ouattara a continué, pendant qu’un chercheur de Human Rights Watch se trouvait à Abidjan, avec une visée beaucoup plus ethnique au cours de nombreux actes de représailles et d’intimidation.
“L’espoir d’une ère nouvelle après l’investiture du président Ouattara va s’estomper rapidement à moins que ces exactions horribles contre les militants pro-Gbagbo ne cesse immédiatement », a indiqué Corinne Dufka, chercheur à Human Rights Watch pour l’Afrique de l’Ouest. “Le président a promis plusieurs fois des enquêtes crédibles, impartiales et des poursuites contre les personnes inculpées; il est maintenant temps de tenir ces promesses”

Les Forces de Ouattara appelée: Forces Républicaines de la Côte d’Ivoire, FRCI) ont tué au moins 95 personnes non armés à Abidjan au cours des opérations à la fin avril et en mai, quand elles ont bouclé et fouillé les zones auparavant sous contrôle des milices pro-Gbagbo , constate Human Rights Watch. La majorité des violations documentées ont eu lieu dans le bastion pro-Gbagbo de Yopougon durant une longue période, l’épicentre de la bataille finale à Abidjan. La plupart des meurtres ont été des exécutions à bout portant de jeunes issus de groupes ethniques généralement favorable à Gbagbo, dans ce qui semblait être une punition collective pour la participation de ces groupes au renforcement des milices de Gbagbo.

Un homme a décrit comment les soldats des Forces républicaines ont exécuté son frère de 21 ans: «Deux d’entre eux ont attrapé ses jambes, deux autres lui tenaient les bras derrière lui, et un cinquième tenait sa tête, dit-il. “Puis un mec a sorti un couteau et a tranché la gorge de mon frère. Il criait. J’ai vu ses jambes s’agiter après l’égorgé, le sang ruisselait. Pendant qu’ils posaient cet acte, ils ont lancé qu’ils avaient pour objectif d’éliminer toutes les jeunes patriotes qui avaient causé tous les problèmes dans le pays. “

Une autre femme qui a assisté le 8 mai au meurtre de 18 jeunes caché dans Yopougon a été brutalement violée par un soldat des Forces républicain après avoir été contraints de charger leurs véhicules avec des biens pillés. Le 23 mai, un autre homme âgé vivant dans le même quartier a vu Forces républicaines exécuter son fils, qu’ils accusaient d’être un membre de la milice pro-Gbagbo.

Human Rights Watch a aussi documenté des exécutions extrajudiciaires dans 54 lieux de détention officiels et officieux, y compris dans les commissariats du 16e et du 37e arrondissement de Yopougon et aussi de l’utilisation d’un entrepôt d’huile et de gaz situé à GESCO comme une base des forces républicaines. Le 15 mai, Human Rights Watch a observé un corps brûlant vif à moins de 30 mètres du commissariat du 16e arrondissement. Plusieurs témoins ont raconté à Human Rights Watch le lendemain que c’était le corps d’un milicien capturés qui avaient été exécutés dans l’enceinte de ce poste de police.

Un soldat des Forces républicaines a aussi décrit l’exécution de 29 détenus au début du mois de Mai mais cela s’est passé à l’extérieur de leur entrepôt de GESCO. Le soldat a signalé que l’ordre d’execution est venu de Chérif Ousmane, proche allié du Premier ministre Guillaume Soro et commandant de zone de longue date de Bouaké. Deux autres témoins interrogés par Human Rights Watch ont déclaré qu’ils ont vu Ousmane dans un véhicule qui a exposé le corps torturé et exécuté d’un chef de milice d’un sous-quartier de Yopougon connu sur le nom de Koweit vers le 5 mai. Ousmane supervise les opérations des forces républicaines à Yopougon.
Human Rights Watch a non seulement recueilli des informations sur des meurtres, mais aussi interrogé des jeunes hommes qui avaient été arrêtés par les Forces républicaines et ensuite libérés, et documenté la détention arbitraire et le traitement inhumain de bon nombre d’autres jeunes hommes – souvent arrêtés pour aucune autre raison apparente que leur âge et leur groupe ethnique. Presque tous les ex-détenus ont indiqué avoir été frappés à plusieurs reprises avec des crosses de fusils, des ceintures, des cordes et à coups de poing pour leur arracher des informations sur l’endroit où des armes étaient cachées ou pour les punir pour leur appartenance présumée aux Jeunes Patriotes, un groupe de miliciens pro-Gbagbo. Plusieurs ex-détenus ont fait état d’actes de torture, notamment l’arrachage de dents d’une victime et le placement d’un couteau brûlant sur une autre victime, la coupant ensuite.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement Ouattara à assurer immédiatement un traitement humain de toutes les personnes détenues et de fournir sans entrave l’accès aux sites de détention aux observateurs internationaux et membres de la division des droits de l’homme de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Opération des Nations VI Côte en d’Ivoire, ONUCI).

Les témoins ont souvent identifié les assassins ou les agresseurs en détention comme étant les Forces républicaines qui sont descendues sur Abidjan en provenance de leurs bases du nord, vêtus d’uniformes et de bottes militaires et arrivant souvent dans des véhicules marqués FRCI. Ces forces sont supervisées par Soro et le président Ouattara. De nombreux témoins et deux soldats qui avaient participé aux massacres ont déclaré que des commandants de rang moyen et supérieur avaient été présents à l’endroit même où certains meurtres ont eu lieu, ou à proximité.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement de Ouattara à mettre en congé administratif immédiat, dans l’attente d’une enquête, les commandants contre lesquels il existe des preuves crédibles d’implication, soit directement, soit par la responsabilité de commandement, de meurtres, de tortures ou d’autres exactions graves. Au minimum, cela devrait inclure Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly pour d’éventuelles exactions commises à Yopougon et le capitaine Eddy Médy pour son rôle dans la supervision de l’offensive de l’ouest qui a fait des centaines de morts parmi les civils.

Le retrait des milices pro-Gbagbo a également laissé une trace sanglante au cours de la bataille finale pour Abidjan, a déclaré Human Rights Watch. Human Rights Watch a identifié et documenté l’assassinat de plus de 220 personnes par des groupes de miliciens pro-Gbagbo dans les jours et heures avant d’être contraints d’abandonner Abidjan. Le jour après que les Forces républicaines ont capturé Gbagbo, ses milices se sont déchaînées dans plusieurs zones de Yopougon, tuant plus de 80 personnes originaires du nord de la Côte d’Ivoire et des pays voisins d’Afrique occidentale en raison de leur soutien présumé à Ouattara.

Un homme de 65 ans qui se trouvait là a raconté comment des miliciens avaient tué cinq de ses fils après avoir fait irruption dans sa résidence le 12 avril, le lendemain de l’arrestation de Gbagbo. Les corps ont été enterrés dans une petite fosse commune, faisant partie de 14 sites identifiés par Human Rights Watch rien qu’à Yopougon. Human Rights Watch a documenté sept cas de violences sexuelles perpétrées par des miliciens, en particulier à Yopougon, accompagnés souvent par l’exécution de l’époux de la victime.

Au moins 3 000 civils ont été tués lors de la crise postélectorale du fait de graves violations du droit international de la part des forces armées des deux bords, a indiqué Human Rights Watch.

Le 19 mai, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a fait connaître son intention d’ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire. Une enquête de la CPI pourrait apporter une contribution importante à la lutte contre l’impunité, mais Human Rights Watch a aussi exhorté l’administration Ouattara à tenir des procès nationaux équitables afin de garantir la justice pour les victimes et d’encourager le respect pour l’État de droit dans le pays dévasté par le conflit.

Human Rights Watch a présenté ses conclusions au ministre de l’Intérieur Bakayoko Hamed, qui a promis de convoquer une réunion d’urgence avec Soro et les principaux commandants des forces républicaines. Il a également assuré que le gouvernement Ouattara ne saurait protéger les forces militaires et de sécurité contre des poursuites pour les crimes qu’elles avaient commis ou qu’ils commettent. Les engagements du ministre ont été un signe positif et devraient être tenus rapidement, a ajouté Human Rights Watch.

«Si le président Ouattara envisage sérieusement de mettre cette décennie de violence à sa fin, il doit immédiatement suspendre et d’enquêter sur les commandants responsables de ces abus horribles”, a déclaré Mme Dufka. «Ceux qui seront inculpés pour crimes graves des deux côtés doivent être traduits en justice.”

Lire l’intégralité du communiqué en anglais en cliquant ici

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Silence on continue de massacrer des civils à Yopougon

Voici plus de trois semaines que le Président légitime de la Côte d’Ivoire a été enlevé par les soldats français après 11 jours de bombardement intensif de sa résidence. Ces bombardement par hélicoptères qui ont tué des milliers de civils ivoiriens n’ont ému ni l’ONU ni la pseudo communauté internationale encore moins les organisations des droits de l’homme prompt à s’égosiller sur des vidéos truquées de femmes qu’auraient tués les forces de défenses et de sécurité de Côte d’Ivoire.

En effet TF1 et France 24 toute honte bue se sont permis de diffuser ces images truquées, trafiquées afin de justifier ce qui s’avérera quelques jours plus tard être le plus grand massacre de civils innocents par la force coloniale française en 2011. Oui les français ont massacré des patriotes aux mains nues en leur tirant dessus avec des roquettes d’hélicoptères et des tirs d’obus de chars entre le 1er et le 11 Avril lors de l’assaut final sur Abidjan. Personne n’a levé le petit doigt pour condamner cette sauvagerie des hommes de Sarkozy. Au contraire la presse occidentale a été aux abonnés absents comme si les supporters de Gbagbo n’étaient pas des êtres humains.

Silence aussi des pseudo défenseurs des droits de l’homme comme Arielle
Domsballe, émanuelle Béard, Josiane Balasco, B.H.Lévy le nouveau « ministre de la guerre » etc… etc …

Et Robert Ménard qui durant tout les jeux olympiques de Chine était omniprésent sur toutes les télévisons et radios pour dénoncer la colonisation du Tibet ici son silence est assourdissant…
Silence l’armée française continue de massacrer des civils à l’arme lourde à Yopougon

Depuis le coup d’état de Sarkozy en Côte d’Ivoire, force est de constater que ce sont les soldats français qui assurent la garde des bâtiments officiels en Côte d’Ivoire, ce sont encore eux qui font la police à la place des dozos du sieur dramane ouattara. Il y a cependant une commune qui résiste à l’assaut des forces françaises de sarkozy. Cette cité c’est Yopougon l’imprenable. Depuis 3 semaines les populations des quartiers koweit, nouveau quartier, toits rouges, base maritime, yopougon kouté sont soumis à des pillonnages intensifs par armes lourdes sans que les dizaines de reporters occidentaux présents dans les hôtels du sud de la ville d’Abidjan n’en fasse cas.

Alors qu’ils ont injustement accusé Gbagbo d’utiliser les armes lourdes contre les civils, ils s’en sont servis pendant onze jours contre les civils pro Gbagbo pendant les attaques de leur coup d’état. Plusieurs semaines après le coup d’état français contre Gbagbo, ce sont les populations civiles de Yopougon qui sont maintenant victimes des armes lourdes de la France.
Le seul tort de cette population ayant été de s’être organisée pour se défendre contre les massacres à grande échelle qui y étaient perpétrés par les rebelles dès le lendemain du coup d’état de sarkozy.

Hier pour les besoins de la cause ils ont dit que les rebelles de dramane ouattara qui tuaient les forces de l’ordre à Abobo étaient des civils, aujourd’hui à Yopougon alors que cette fois ci ce sont de jeunes civils ivoiriens qui se battent pour sauver la vie de leurs parents, la presse occidentale les traite de miliciens et ferment les yeux sur le massacre de civils innocents de la plus grande commune de Côte d’Ivoire à l’arme lourde par l’armée française et les chasseurs traditionnels analphabètes qui servent de soldats au gouverneur français de la Côte d’Ivoire, j’ai nommé le sieur dramane ouattara.

Oui pour maintenir son gouverneur sur place sarkozy autorise l’utilisation d’armes de destruction massives contre les civils de Yopougon.

Ils veulent construire la réconciliation forcée à coups de tirs d’obus français et autres roquettes d’hélicoptères gazelles et personne n’en parle.

Jusqu’à quand le cynisme français sera-t-il couvert ? Jusqu’où sarkozy est il prêt à aller pour imposer son ami de la (GLNF) Grande Loge Nationale de France aux ivoiriens? Jusqu’à quand les ivoiriens vont-ils se laisser piétiner par sarkozy sans réagir ?
Après Chirac en 2002 qui a fomenté la rébellion et en 2004 où il a massacré des ivoiriens sans raison, voilà sarkozy en 2011, ne laissons pas la France exterminer les civils de Yopougon en les désignant sous le fallacieux terme de miliciens. Non à Yopougon il n’y a pas de miliciens, oui à Yopougon il y a des civils qui refusent de se laisser égorger par les soldats d’alassane ouattara. Ce qui aux yeux de sarkozy constitue un crime de lèse majesté qui mérite qu’ils soient brulés sous les bombes des hélicoptères français et de l’onu.

Chers frères le temps de la bataille de l’immortalité a sonné. Que chacun fasse son introspection afin de trouver les voies et moyens pour se rendre utile à la lutte que nous devons nécessairement mener contre le colonisateur sur la terre de nos ancêtres. Elle sera peut être difficile et longue, mais rien ne vaut l’honneur de lutter pour défendre la terre de ses ancêtres.

par Ishman Grhenberg

VIA

Côte d’Ivoire : Voici les crimes et exactions que l’ONUCI ne voit pas

Trop occupés à rechercher des charniers virtuels,  naturellement à attribuer au “camp Gbagbo”, les agents “impartiaux” de l’ONUCI n’ont visiblement pas le temps d’investiguer sur les exactions listées ci-dessous.

  • 26/04/2011 : Enlèvement de MahanGahé basile, secrétaire général de la centrale syndicale “Dignité” par les forces pro-Ouattara pour une destination inconnue
  • 25/04/2011 : Thérèse Blabo, une militante en vue du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, âgée d’une cinquantaine d’années et mère de deux enfants émigrés aux Etats-Unis, a été brûlée vive près de chez elle, aux 220 Logements, un quartier d’Adjamé. (lien)
  • Exécutions sommaires dans les localités de Pinhou, Binao & Bahé par les hommes d’Alassane Ouattara (lien)
  • Les dozos, milice traditionnelle acquise à la cause de Ouattara responsable de la mort de 330 personnes à Duékoué (lien)
  • 02/04/2011 : Suite aux exactions massives des hommes de Ouattara à l’ouest de la Côte d’Ivoire (environ 1000 morts), l’ONG Human Rights Watch invite Ouattara à “controler ses troupes” (lien)
  • 01/04/2011 : L’armée d’Alassane Ouattara exécute deux cadres FPI à Bahé B (lien)
  • 01/04/2011 : Le chef du village d’Abrévé est égorgé par les FRCI de Ouattara & Soro Guillaume, le duo de terroristes ivoiriens activement soutenu par Nicolas Sarkozy (lien)
  • 02/04/2011 : Les forces pro-Ouattara assassinent 6 jeunes à Dahoua (lien)
  • 01/04/2011 : Les hommes de Guillaume Soro abattent P. Raymond, un ressortissant français proche de Gbagbo à Yamoussokro (lien)
  • 31/03/2011 : Exécution d’une quinzaine de civils par les forces acquises à la cause de Ouattara à Yopougon (lien)
  • 29/03/2011 : L’escadron de la mort pro-Ouattara – “Le commando invisible” – revendique l’assassinat du ressortissant libanais Ali Khali Fawaz (lien)
  • Mars 2011 : Toulépleu, ville de l’ouest tombée aux mains de la rébellion pro-Ouattara passe de 50 000 à 3000 habitants (lien)
  • 25/03/2011 – Une attaque terroriste des partisans d’Alassane Ouattara contre un bus à Adjamé cause la mort de 3 civils (lien)
  • 24/03/2011 – Exécution de 5 personnes dont un policier à Proniani (s/p Sinfra)  par les rebelles pro-Ouattara
  • 17/03/2011 – Selon l’UNicef, 800 000 enfants privés d’école zones Centre Nord Ouest (CNO) sous contrôle d’Alassane Ouattara (lien)
  • 16/03/2011 – Les hommes de Guillaume Soro assassinent le Vice-président du Conseil général de Sinfra (lien)
  • Mars 2011 – Suite à l’occupation de Doké par les troupes de Soro Guillaume 65 habitants seront exécutés (lien 1lien 2)
  • Mars 2011 – La nouvelle armée d’Alassane Ouattara exécute 11 civils à Dénan dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire (lien)
  • Mars 2011 – Le chef du village de Péhé est égorgé par des terroristes se réclamant d’Alassane Ouattara (lien)
  • 15/03/2011 – “le commando invisible”, un escadron de la mort pro-Ouattara abat en plein jour 4 civils à Cocody-les 2 Plateaux (lien)
  • 14/03/2011 – Une position des FDS à Yopougon est attaqué par les rebelles pro-Ouattara, bilan 7 blessés. (lien)
  • 14/03/2011 – Les rebelles d’Alassane Ouattara, soutenus par Nicolas Sarkozy et la communauté internationale, abattent froidement 2 gendarmes à Guézon (lien)
  • 11/03/2011 – Attaque de la société Filtisac à Abobo par les rebelles, un gendarme tué (lien)
  • 07/03/2011 – Le ministère de la santé révèle que l’embargo sur les médicaments imposés à la Côte d’Ivoire par le mari de Carla Bruni et l’UE a déjà causé la mort de 24 malades. (lien)
  • 07/03/2011 – La centrale électrique d’Azito et le groupe Fraternité Matin attaqués par des individus armés (lien)
  • 06/03/2011 – Le commando invisible, l’escadron de la mort acquis à la cause de ouattara attaque de nuit le village d’Anokoi Kouté à Abobo, bilan une vingtaine de mort dont une femme brûlée. (lien 1lien 2lien 3)
  • 27/02/2011 – Les chiens de guerre dirigés par Guillaume Soro attaquent à l’arme lourde le centre émetteur de la RTI sis à Abobo. 3 techniciens de la RTI égorgé ou brûlés vifs (lien 1lien 2)
  • 27/02/2011 – Les militans du RDR, le parti d’Alassane Ouattara incendient un dépôt de la SOTRA à Abobo (lien)
  • 24/02/2011 – L’ONUCI abat un sous officier de l’armée ivoirienne à Daloa (lien1lien 2)
  • 22/02/2011 – Le “commando invisible” l’escadron de la mort pro-Ouattara abat 3 éléments du CECOS dans une embuscade à Abobo (lien)
  • 14/02/2011 – Fermeture abusive des filiales des banques françaises en Côte d’Ivoire…des millions d’ivoiriens se retrouvent privés d’accès à leurs avoirs (lien)
  • 27/01/2011 – Le préfet d’Abengourou agressé, son domicile saccagé par les militants du RDR d’Alassane Ouattara (lien – lien 2)
  • 20/01/2011 – Les domiciles de responsables LMP sont incendiés par des militants du RHDP à Daoukro (lien)
  • 14/01/2011 – Enlèvement et assassinat de 2 militants LMP à Abobo (lien)
  • 12/01/2011 – 5 policiers tués suite à une attaque à l’arme lourde à Abobo (lien)
  • 11/01/2011 – 2 civils & 2 FDS tués au cours d’affrontements à Abobo (lien)
  • 29/12/2010 – L’ONUCI tire sur des manifestants aux mains nues à Marcory (lien)
  • 25/12/2010 – Les militants du RDR, le parti d’Alassane Ouattara essentiellement soutenu par la France, attaquent à la machette la Cité Universitaire de cocody Mermoz (lien)
  • 17/12/2010 – Un policier brûlé vif à Aobobo à l’issue d’une marche dite pacifique du RDR, la formation politique d’Alassane Ouattara (lien)

Côte d’Ivoire : Qui de Gbagbo, Ouattara ou Soro sera traduit devant le CPI ?

Il y a une semaine, à la question de savoir qui de Gbagbo, Ouattara ou Soro devait être traduit devant le CPI, la réponse était sans équivoque Gbagbo. Mais, cette semaine justement, le grand « Boulanger » a astucieusement renversé la situation. De la position d’attaque qui l’obligeait à endosser les morts, il est passé à la position de « légitime » défense qui transpose la responsabilité des « boucheries » sur Ouattara et Soro qui attaquent. En début de semaine, ces derniers avaient fait preuve de triomphalisme en laissant un ultimatum sans savoir qu’il est difficile de « laver un boulanger habitué à tourner la farine depuis 30 ans».

Quelle lecture géostratégique pourrons-nous faire de la situation qui prévalait en Côte d’Ivoire il y a une semaine ? Le scénario de la marche sur Abidjan de Soro sans répliques des forces pro-Gbagbo était très beau pour être stratégiquement « simple ». Dans les faits, on comprend que le contrôle du pays ne servait plus à rien à quelqu’un comme Gbagbo qui mène un combat idéologique.
L’isolation de la Côte d’Ivoire pour des raisons politiques était très désastreuse tant sur le plan humain, économique que financier. S’il obtient à la fin de cet épisode un blocus de son palais et de sa résidence sans alourdir le bilan humain, alors il aurait une position qui lui permet de continuer à mener son combat idéologique tout en libérant la Côte d’Ivoire. En effet, la prise de pouvoir par le candidat Ouattara permettra la levée des embargos et la réouverture du pays sur le monde sans mettre fin à la bataille contre la Françafrique.

En gros, il est clair que Gbagbo a perdu la guerre sans perdre la bataille. De plus, il a noyé officiellement tous les belligérants. Le CICR parle « d’au moins 800 morts » à l’Ouest du pays et l’ONU précise que « 100 personnes [ont été] tuées par des mercenaires pro-Gbagbo à Duékoué et 330 “la plupart“ par les forces pro-Ouattara ». En clair, on ne pourrait pas raisonnablement poursuivre Gbagbo sans interpeller aussi Ouattara et Soro pour des crimes contre l’humanité.

Le compteur est donc à égalité et la situation actuelle appelle à des négociations si le candidat Ouattara ne veut pas alourdir le bilan. Il est clair que les forces de ce dernier ne pourront pas « capturer » Gbagbo comme il le souhaite sans tuer des milliers de personnes. Il n’est pas suffisant de jouer sur la carte de la pénurie des munitions côté Gbagbo d’autant plus qu’il est clair que le « Boulanger » est dans la logique de la mort en « martyr». Par conséquent, comme on le pense dans l’imaginaire africain, le candidat Ouattara se trouve devant la situation d’un homme qui est allé se baigner au marigot et le fou a ramassé ses habits au passage. En l’Etat, s’il se met à poursuivre le « fou » tout nu en courant le risque d’être qualifié de «double-fou ».
Maintenant qu’il contrôle « presque » la totalité du pays, il convient d’assigner Gbagbo en résidence surveillée et remplacer la « fusicratie » par la « démocratie » sans vengeance que rêve le peuple ivoirien. Pour réussir, il doit composer avec toutes les parties car, le pays est ingouvernable en l’état pour une seule partie à cause des problèmes identitaires qui minent ce pays. Ouattara est celui qui s’expose aux violations des droits de l’homme maintenant dans un contexte où les « jeunes patriotes » pro-Gbagbo vont revendiquer légitimement leur droit de manifester comme c’est le cas dans toute démocratie.

La situation est tellement complexe que nous ne cesserons de proposer notre idée de la démocratisation en Afrique qui s’inspire du modèle de la Suisse stable et prospère depuis 12 siècles au milieu d’un monde hostile. Il faudrait :

1. Instaurer la « démocratie directe » qui est une institutionnalisation de la « démocratie de la rue » pratiquée par excellence en France et qui contamine dangereusement le reste du monde francophone. La politique de la rue n’est rien d’autre qu’une résultante de la « dictature de l’urgence qui se caractérise par le culte de l’immédiat « ici et maintenant ». Sur le plan de l’administration publique, il est préférable de gérer la collecte de 50 000 signatures pour faire avancer une cause que de faire face à autant de manifestants. Dans le dernier cas, on n’échappe pas à une violation des droits d’homme au nom du « maintien de l’ordre » alors que dans le premier cas (pétition, initiative populaire), on obtient presque essentiellement l’amélioration de la situation dans la dignité.

2. Remplacer le « super-président » (centralisation du présidentialisme) par le « Parlement fort » (décentralisation du parlementarisme ou du fédéralisme). Une telle décentralisation fonctionnerait mieux avec le principe de « concordance » qui assigne les « politiciens » à l’obligation d’entente pour le bien-être du peuple. En l’état, le présidentialisme fait beaucoup de mal aux peuples souverains à cause des guerres de pouvoir (pouvoirisme). Le but politique est moins le bien-être du peuple que celui d’un individu ou d’une caste (oligarchie). Les gens meurent non pas pour l’amélioration de leurs conditions de vie mais, pour l’arrivée d’un « traître » au pouvoir.

Nous sommes aussi pour la création, comme en Suisse, d’un collège à la tête du pays. Ainsi, ce n’est pas un seul individu qui règne avec son unique sensibilité politique, mais un collège représentatif de toutes les sensibilités présentes. Cette solution est inévitable en Côte d’Ivoire si l’objectif est de promouvoir la paix et le développement.

La mort ou le départ de Gbagbo ne résoudra aucun problème de cohabitation sociale. Il ne faudrait pas oublier que le noyau central du conflit cognitif ivoirien est l’injustice. Il faudrait conjuguer avec les Pro-françafriques et les panafricanistes. Le problème ethnique n’est rien d’autre qu’une résultante directe de l’injustice favorisée par la politique du « diviser pour mieux régner » de la Françafrique. Ce problème ne sera pas résolu à travers un simple gouvernement d’union nationale.

L’idéologie nationaliste est grandissante dans notre société (occidentale, africaine ou orientale). La montée de l’extrême-droite est spectaculaire et on ne peut pas ignorer la présence de ce phénomène en Afrique. Le traitement infâme que les Africains subissent chez eux en Afrique ou en Occident favorise la montée d’un sentiment « anti-blancs » ou « anti-français » ou encore « anti-occident ».

L’archi-trait qui justifie tous les replis identitaires est simplement l’injustice à tous les niveaux.
Le Président Ouattara devra changer son image publique de « candidat de l’étranger ». Il devrait tout simplement se montrer comme l’apôtre de la justice entre toutes les composantes de la société ivoirienne (sexe, race, ethnie, classe sociale, religion, etc.). Il ne devrait pas méconnaître la puissance du lobby du nationalisme africain qui se consolide au jour le jour suite à l’injustice du monde. Jusqu’à présent, il s’est considérablement moqué de la position des panafricanistes.

A ce sujet, nous avons une insolite intéressante qui montre la situation humiliante d’un jeune intello « black » qui n’a pas supporté d’être le seul à être contrôlé dans son wagon (train) à la frontière germano-suisse. Remontée suite à cette expérience révoltante, l’inconsolable « black » nous a juré qu’il se révoltera toujours contre la politique de « deux poids deux mesures de l’Occident ».

En effet, l’individu qui venait de se faire humilier devant sa compagne « blanche » s’était rendu à l’évidence que « tout le monde n’est pas libre en droits et en devoirs » en Occident. Et pendant que le nationalisme occidental vise à conserver cette injustice « confortable », on observe bien que les ressortissants du Sud ne supportent plus ce déséquilibre qui ne se base plus sur la « race » mais, sur « l’origine ».

La Côte d’Ivoire pourrait être une locomotive pour le reste des pays de l’Afrique Noire Francophone. La classe politique est obligée de s’entendre pour gouverner. Toutes les sensibilités devront être justement représentées dans la prise de décision pour que le système fonctionne convenablement. Ouattara aura-t-il suffisamment la clairvoyance à ce sujet ? L’histoire nous dira.

Louis-Marie Kakdeu