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Tunisie : L’ancien président Ben Ali écope par contumace de 16 années de prison lors d’un troisième procès

L’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné jeudi par contumace à 16 ans de prison pour corruption et fraude immobilière, dans deux affaires d’achat et cession de terrains immobiliers au début des années 2000 et 97 millions de dinars d’amende.

L’ancien président tunisien Zine Ben Ali et son gendre l’homme d’affaires Sakher al-Materi ont été condamnés jeudi par contumace à 16 années de prison pour corruption.

Le tribunal a également ordonné aux deux hommes de verser chacun une amende de 97 millions de dinars (49 millions d’euros).

Nisrine Ben Ali, fille de l’ex-président et épouse de Sakher al-Materi, a été condamnée à huit ans de prison et une amende de 50 millions de dinars.

Après plusieurs semaines de manifestations, Zine Ben Ali a pris la fuite le 14 janvier avec ses proches en Arabie saoudite, où il vit en exil.

Ben Ali et son épouse Leila Trabelsi ont été condamnés le mois dernier à une peine de 35 ans d’emprisonnement, chacun pour vol et possession illégale de bijoux et d’importantes liquidités.

L’ancien chef de l’État a également été reconnu coupable de possession d’armes et de drogue dans une procédure distincte.

Il s’agissait du troisième procès à l’encontre du président déchu réfugié en Arabie Saoudite, qui a déjà été condamné à plus de 50 ans de prison dans deux autres affaires jugées fin juin et début juillet.

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Les islamistes à l’heure des « révolutions »

Académiquement bien estampillée, la thèse post-islamiste semble se confirmer dans les révoltes qui continuent de secouer le monde arabe. Ces mouvements de contestation non contrôlés, nous dit- on, est l’œuvre d’une génération face-book, sans lien organique avec les tendances islamistes.

L’idée fait sans doute écho à la thèse d’Olivier Roy, corroborée par Gilles Kepel, selon laquelle l’islamisme est bel et bien mort de sa confrontation avec les régimes autoritaires et des tensions qu’il éprouve face à la modernité. Selon le chantre de l’échec de l’islam politique, « L’islamisme est fini, comme solution politique et comme idéologie. Mais les islamistes sont là, et c’est donc la grande inconnue.» A l’en croire Penda Mbow, ces « mutations » doivent beaucoup au combat mené par des intellectuels, notamment des féministes, qui ont su convaincre de la nécessité de reconnaitre la neutralité de l’Etat par rapport à la religion. Refusant de faire feu de tout bois, elle pronostique en faveur des femmes qu’elles jugent mieux à mêmes de chaperonner cette grande œuvre révolutionnaire.
Pourtant rien n’est moins évident que l’absence des mouvements islamistes dans les manifestations qui ont provoqué la chute des régimes autoritaires arabes. Les témoignages de Gilbert Achar et de Patrick Haenni pour le cas de l’Egypte, révèle suffisamment le rôle « significatif » que fut celui des Frères musulmans. Tous les deux ont respectivement retracé dans le Monde diplomatique du mois de mars et sur oumma.com les étapes qui ont marqué l’intervention des islamistes et leur option pour « une transition dans l’ordre », telle que prônée par les Etats-Unis et conformément à leur orientation idéologique. On semble par ailleurs ignorer les interventions télévisées de l’un des plus grands savants égyptiens, Youssouf Qaradawi, l’intervention d’une partie des savants de l’institut AL Azhar et le symbole du vendredi dans l’imaginaire des citoyens qui, bien que sécularisés, n’en demeurent pas moins attachés à leur religion.

Les pays arabes donnent l’impression d’avoir basculé tous et d’un seul trait dans le camp de la modernité politique. Ce nouveau tournant va rompre, aux yeux des tenants du post-islamisme, avec le face à face entre autoritarisme et islamisme pour devenir un combat démocratique. Le discours et la nouvelle posture des leaders islamistes confortent cette attente à l’instar de Rached Ghanouchi qui déclare ne pas être candidat aux prochaines élections présidentielles. L’islamisme turc est présenté comme le modèle toléré dont les figures de l’islam politique devront s’accommoder pour être en phase avec les principes démocratiques. On se soucie moins de savoir ce que ces derniers pensent ou comptent faire après que ce vent de liberté aura fini de dévoiler toutes les options envisageables. Cette tendance visant à disqualifier les islamistes est sujette à de sérieuses réserves et emprunte, à bien des égards, les contours de la simplification et des raccourcis.

Estimée à 20% par Olivier Roy et à 30% par Tariq Ramadan, la force des islamistes dans les pays en ébullition ne saurait échapper à la vigilance des spécialistes dignes de ce nom. Le militantisme l’emportant sur l’analyse, l’on fait fi de ce paramètre oh combien déterminant. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’ironie que le leader de la section féminine de l’islamisme marocain, Nadia Yassine aborde la faible représentativité des partis politiques de son pays. Silencieuse sur le nombre de militants que compte le mouvement Justice et Spiritualité, pour des raisons de sécurité, elle envisage une réforme en douceur plutôt que des « césariennes historiques ». Ce raisonnement a guidé l’intervention des mouvements islamistes qui s’inscrit en droite ligne de la théologie d’un classique comme le Cheikh ibn Tayimiyya.

Par rapport au succès relatif du modèle turc qui semble emporter l’enthousiasme de tant d’observateurs, les leaders islamistes rappellent les spécificités qui caractérisent leur contexte sans cacher leur admiration à l’égard de leurs frères. Ni Nadia Yassine, ni Rachid Ghanouchi, encore moins Jamil Mansour ne se figurent le cas turc comme « un modèle clé en main », pour reprendre la figure de proue des sœurs marocaines.

A la différence de beaucoup d’autres spécialistes, François Burgat et Vincent Geisser considèrent que le prisme déformant du discours a depuis très longtemps trahi la vérité des faits. En témoigne l’interminable débat et les nombreuses publications consacrées à Tariq Ramadan. Règle de méthode, Burgat invite ses collèges à se rapprocher davantage des islamistes, de consulter leur bibliothèque au lieu de se limiter à leurs déclarations. Jean François Bayart n’hésite pas dans son ouvrage intitulé l’islam républicain, de traiter le Premier ministre turc de « redoutable animal politique » pour son habilité à surfer aussi bien sur le registre nationaliste que celui de l’islam.

L’on se tromperait nous mêmes sur les raisons de ces travers en les imputant à un défaut de rigueur scientifique. Leur persistance est révélatrice d’un engagement pour une vision autrement plus idéologique que l’idéologie qu’il s’agit de saper.

On est davantage persuadé du poids des rapports de force politico-économiques sur les recherches scientifiques largement tributaires des paradigmes forgés à partir de l’occident. Les média ne pouvant pas, pour des raisons objectives, nous aider à sortir de ce carcan, l’heure de vérité semble encore trop éloignée pour qu’on puisse escompter de ce vent de liberté un meilleur traitement des questions liées à l’islam et à l’islamisme. Le passif intellectuel est suffisamment lourd pour que les chercheurs et autres spécialistes prennent conscience du déni de justice qu’ils pratiquent à l’égard de leur objet d’étude.

Ousmane Abdoulaye BARRO

Titulaire d’un DEA en Science Politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis – SENEGAL

Ousmaneabdoulayebarro@yahoo.fr

De Tunis à Mexico : La Diplomatie Française en Chute Libre

Par quelque bout qu’on prenne la diplomatie française depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir, elle n’apparaît pas en tout cas comme le domaine qui inscrira le président français au Panthéon des grands hommes d’Etat français. Il a eu pourtant sur ce plan, beaucoup d’initiatives importantes pour se tailler une enveloppe d’homme d’Etat international.

COMPLICITES DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE


Ben Ali et Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Felipé Calderon

Avec les USA, ça n’a pas vraiment marché, la lune de miel. On a tôt fait de lui rappeler que la grandeur d’un homme d’Etat se mesure à la grandeur de son pays et que l’amour platonique n’existe pas entre Etats.

Avec l’Europe, on a fait mine, par politesse, d’accepter son activisme mais finalement, il est vite apparu agaçant, même pour les plus accommodants comme Angela Merkel et il a dû quelque peu rentrer dans ses petits souliers.

Avec les pays émergents, on ne peut pas dire qu’il ait trouvé un créneau pour panser ses déceptions et mieux faire valoir ses ambitions. La plupart de ces pays ont l’œil rivé sur un futur où ils voient la France derrière eux, et lorsque dans ce lot, on s’appelle la Chine, on peut même se permettre des vexations sans s’attirer ni colère ni remontrance. La Guerre de l’opium, c’est bien loin !

L’Afrique apparaissait par contre le territoire où la diplomatie française espérait, même en recourant à la politique de la canonnière, préserver ses zones d’influence. Mais la Coloniale n’est plus ce qu’elle était ! Et cette mutation s’exprime de mille manières.

Dans les pays arabes,  la révolution qui gronde n’est rien moins qu’une forme de désaveu de la communauté internationale et particulièrement de la France et des USA. Si ces pays arabes sont devenus ce qu’ils sont (des zones de dictature où l’arbitraire aidant, le sang a fini par couler) c’est bien parce qu’on a développé en ce qui les concerne, des théories les plus bizarres, les encourageant à évoluer dans la marginalité démocratique. Ces pays, disait-on, n’ont pas vocation naturelle à vivre en démocratie : il y a comme incompatibilité structurelle entre Islam et démocratie.  D’ailleurs, ils réussissent finalement bien, affirmait-on, dans leur type de gouvernance car finalement, de quoi ont besoin les peuples d’Afrique (du Maghreb ou de l’Afrique au sud du Sahara) sinon que de nourriture, d’éducation, de soins de santé ? Les  libertés formelles ne nourrissent pas tant que ça son homme ! Et on faisait les louanges à n’en plus finir d’un Ben Ali, d’un Moubarak…  joignant même la parole à l’acte, on aidait ces pays « exemplaires » à maintenir le rythme de croissance et la stabilité grâce à des livraisons d’armes, de matériel de surveillance et de maîtrise des faits d’émeute.

Les Tunisiens, les Egyptiens et les autres peuples arabes qui sont en train de suivre leur exemple, disent aujourd’hui à la communauté internationale, ceci : « Vous êtes les auteurs moraux, les commanditaires de ce qui nous arrive. Vous nous avez encouragés à ne pas pratiquer la démocratie, vous nous avez armé pour réprimer ceux qui la revendiquaient, vous avez recélé les fonds détournés par les dictateurs et planqués dans vos banques ; tout ça pour les besoins de vos propres croissances. Vous êtes donc aujourd’hui comptables de ce qui arrive à nos pays comme le sont les dictateurs que vous avez longtemps maintenu au pouvoir ». C’est ça la vérité.

DIFFICILE RECONVERSION DEMOCRATIQUE

Si très vite, les USA en ont tiré les leçons, mettant fin aux célèbres impairs du vice-président Joe Biden et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton (qui tentaient encore de venir en aide à l’Ami Moubarak pour changer de cap en se convertissant à la vitesse de la mouche du coche en défenseur de la démocratie voire même en instigateur), en France, la reconversion a été lente et difficile. Les impairs se sont multipliés et les découvertes de connexion jusqu’aux derniers jours de dictature,  ne pouvaient que compliquer les choses.

C’est alors qu’en interne, l’Affaire Laetitia  est arrivée. En prenant à bras le corps ce dossier, en montrant le souci du pouvoir vis-à-vis de ce secteur sensible de la Justice, on pouvait détourner les regards de l’extérieur en touchant la corde émotive des Français. Mais le gouvernement français a manqué de manière. Les mots forts prononcés contre la Justice, emportant non seulement immixtion mais aussi condamnation sans procès des magistrats, ont entraîné une révolte peu connue dans ce monde plutôt astreint à la réserve.

Le gouvernement, alors, dont le crédit chutait en proportion des gaffes de son ministre des Affaires étrangères, a cru voir dans le dossier Florence Cassez, ce secours qui pourrait tout effacer pour lui permettre de tout recommencer.


Florence Cassez, en 2008, dans sa prison
(Photo AFP/RONALDO SCHEMIDT)

Une jeune Française, belle, condamnée (dans une prison où l’on n’est pas tendre avec les détenus) à la peine démesurée de 60 ans pour enlèvements, ça vaut en cette période pré-électorale, de battre le ban et l’arrière-ban pour aller sauver ce morceau de France à l’étranger. Si on a pu le faire au Tchad, pourquoi ne le pourrait-on pas au Mexique ? Alors, « allons-zy, allons-zon » !

Mais finalement, c’est le grand flop ! On a oublié que le souci de la défense des ressortissants français à l’étranger ne pouvait pas s’accommoder d’une diplomatie intrusive, marchant par le commandement, le comminatoire comme au plus fort de la période coloniale. Cette époque-là est terminée en Afrique en 1960 comme elle est terminée depuis 1867 après  la chute de  Maximilien que Napoléon III avait envoyé au Mexique en 1864 pour tenter d’implanter un Empire bis.

La réaction actuelle du Mexique, Etat souverain, jaloux de son indépendance, est en tout point pareil à celle de la Côte d’Ivoire : ce n’est pas à la France de venir décider à la place des organes suprêmes de nos pays, ce que doit être le Droit. En  Côte d’Ivoire, un Conseil constitutionnel a tranché en matière électorale en dernier recours ; nulle autre instance, nulle autre puissance étrangère, ne peut venir la contraindre de réformer son jugement ni même tenter d’évoquer le contentieux pour trancher directement en faveur du candidat de son choix ! Au Mexique, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à 60 ans de prison de Florence Cassez. Elle est peut-être injuste, surtout que la demoiselle clame son innocence, mais c’est ainsi. Nulle autre juridiction en cette matière pénale ne peut plus dire quoi que ce soit dans cet arrêt définitif. Dans un cas comme dans l’autre (Côte d’Ivoire, Mexique), nous avons des affaires passées en force de chose jugée. Ca, c’est le Droit qui est appliqué dans tous les pays de Droit, qui obéissent aux standards internationaux en la matière.

Voilà que des pays moins développés économiquement et démocratiquement que la France font des leçons de droits de l’Homme et de démocratie au pays qui s’en réclame être la patrie universelle !

Mais le comble, dans tout cela, c’est qu’on se coupe toujours les cheveux en quatre pour savoir pourquoi, alors que ses prestations sont si affligeantes pour l’image de la France et la sienne propre, Nicolas Sarkozy persiste à garder sa MAM (Michèle Alliot-Marie). En Afrique, certains ont trouvé l’explication depuis bien longtemps à travers ce proverbe : «Quand un âne veut vous terrasser, vous ne voyez plus en lui aucune partie où vous approcher, même pas les oreilles ». Peut-être bien qu’à force,  la Côte d’Ivoire, les pays arabes et le Mexique, risquent bien de confirmer ce dicton pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle !

La Rédaction

San Finna N°604 du 21 au 27 Février 2011

La France serait-elle rétive aux changements en Afrique noire ?

Après la chute inattendue de Ben Ali et de Moubarak sous la pression de la rue, la France ne semble toujours pas prendre la mesure de cette histoire qui s’écrit chaque jour en directe sous nos yeux. Elle est sans doute persuadée que ce qui se passe dans le monde arabo-musulman, en Afrique du Nord, ne se produira jamais en Afrique Noire.

En effet, alors que l’Amérique de Barack Obama a vite compris que les temps ont changé et s’emploie résolument à accompagner très activement les mouvements populaires de lutte pour la liberté et l’instauration d’une véritable démocratie partout dans le monde (tous les observateurs avisés savent que Washington a été un acteur essentiel dans les dossiers tunisien et égyptien ; comme ils l’ont fait pour Ben Ali, les Américains ont poussé Moubarak à partir même s’ils ne le disaient pas ouvertement), la France de Nicolas Sarkozy elle, continue de ne pas prendre en compte les aspirations à liberté et la démocratie des peuples noirs africains.

Visiblement rétive aux changements en Afrique noire, la France s’évertue au contraire à perpétuer à travers sa diplomatie des pratiques d’un autre âge basées sur le soutien aux régimes dictatoriaux et corrompus, et donc sur l’humiliation et l’assujettissement des peuples de ses anciennes colonies africaines. Et pour cause ! Alors que le monde entier a les yeux rivés sur ce qui se passe dans le monde arabo-musulman, l’ambassadeur de France au Congo Brazzaville, Jean-François Valette qui n’ignore pourtant rien de la misère et des difficultés quotidiennes des Congolais (cf. photos ci-dessous à titre d’illustration) a choisi de rassurer le pouvoir de Brazzaville sur le soutien de son pays en ces temps difficiles où le doute et la peur gagnent toutes les dictatures du monde entier. Cette marque de soutien de la France au régime dictatorial et corrompu de Brazzaville s’est matérialisée par une distinction honorifique décernée à M. Jean Dominique Okemba, neveu et conseiller spécial du cynique dictateur sanguinaire congolais Denis Sassou Nguesso, qui a ainsi été élevé par Jean-François Valette au grade d’officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur française.

Dans le contexte actuel, il est difficile en effet de ne pas interpréter cette distinction honorifique décernée à Jean Dominique Okemba par l’ambassadeur de France au Congo comme une marque de soutien de la France à un régime de fer honteusement justifié par la nécessité de la stabilité et de la sécurité de ce pays. La France continue donc de soutenir un régime autoritaire qui tue, musèle et paupérise son peuple depuis vingt-sept ans.

Et d’ailleurs Jean-François Valette ne s’est embarrassé d’aucune précaution pour le faire savoir puisqu’il a expliqué que cette distinction honorifique est une reconnaissance par la France des qualités et de l’action de Jean Dominique Okemba dans le domaine militaire, sécuritaire et diplomatique et qu’elle traduit l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre la France et le Congo.

Et il l’a fait au nom de la France et de son Président Nicolas Sarkozy comme il l’a clairement indiqué de son allocution : «… C’est dans cette dernière donc, l’administration de l’Etat, que notre Président de la République a souhaité mettre en avant aujourd’hui à travers les trois dimensions qu’incarne M. Jean Dominique Okemba. Tout d’abord son rôle en tant que militaire qui permet de rappeler que l’armée est un élément central dans la stabilité des pays. Vous avez amiral commencé votre carrière comme homme du rang et vous avez gravi les échelons de cette institution, vous la connaissez donc bien et vous savez comme tous qu’elle est la clé de l’unité nationale.

Ensuite la sécurité, tous ceux qui ont œuvré dans ce domaine particulier savent combien il est délicat. A l’heure où les menaces deviennent plus nombreuses, plus immédiates et en même temps plus insaisissables (…). Enfin, la reconnaissance d’aujourd’hui s’adresse également au diplomate qui a travaillé au sein des ambassades du Congo, notamment en République démocratique du Congo (RDC). Ce domaine est celui de la négociation permanente, des compromis souvent difficiles mais qui permettent de garantir la bonne entente…», a déclaré Jean François Valette.

Donc après M. Jean-Paul Pigasse, ce mercenaire économique crapuleux qui, on se souvient, avait été décoré par l’ancien Président français Jacques Chirac de la même légion d’honneur pour sa participation active aux massacres des populations du Sud-Congo, c’est au tour de Jean Dominique Okemba d’être honoré de cette haute distinction française pour ses soi-disant qualités de bon militaire, de bon sécurocrate du régime sanguine de l’ami Denis Sassou Nguesso et de bon diplomate (selon la France).

Or chacun sait que le malaise qu’éprouvent les Congolais face au régime de Denis Sassou Nguesso est tellement profond qu’il n’est plus tenable. C’est une réalité indéniable que M. Jean François Valette ne peut ignorer comme tous les diplomates en poste à Brazzaville. Donc en agissant ainsi, la France ferme délibérément les yeux sur le décalage fragrant qui existe entre ce que dit le pouvoir dictatorial de Brazzaville et la réalité sur le terrain. C’est pourquoi nous disons qu’en refusant de suivre le cours de l’histoire et en continuant de soutenir les régimes autoritaires et ultra-répressifs comme celui de Denis Sassou Nguesso, la France risque de se disqualifier elle-même en Afrique et sur la scène internationale.

Cliquer sur le lien suivant pour voir les images de cette cérémonie de décoration avec du champagne qui coule à flots, contrastant fortement avec les images ci-après de ces malheureux Congolais qui sont abandonnés à leur triste sort, sans abris et les pieds dans l’eau: http://www.congo-siteportail.info/slideshow/61706/

Alors la question est : pendant combien de temps encore les Congolais supporteront-ils cette situation devenue intenable ? Autrement dit, le Congo ne se dirigerait-il pas inéluctablement vers une révolution à la tunisienne et à l’égyptienne ?
Une dernière question pour déterminer : Cette belle image du dictateur sanguinaire congolais Denis Sassou Nguesso embrassant chaleureusement le désormais ex-dictateur déchu égyptien Hosni Moubarak sous le regard bienveillant de Kadhafi ne serait-elle pas tout simplement une image prémonitoire ? Notre réponse à cette question est : Wait and see.

Mais en tout cas ce que nous savons et dont nous sommes sûrs c’est que Sassou Nguesso et son entourage souhaitaient que Hosni Moubarak ne cède pas à la pression de la rue ; ce qui pourrait leur servir d’exemple à suivre et à brondir face à une éventuelle pression internationale au cas où. Mais malheureusement pour eux c’est peine perdue, après le Tunisien Ben Ali, le raïs égyptien Hosni Moubarak n’a pas résisté très longtemps ; poussé par les Américains, il a fini par démissionner au 18è jour de la contestation. A chacun donc de tirer son enseignement.

Bienvenu MABILEMONO

S.G. du Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo (M.U.D.C.)

Les leçons de la révolution tunisienne

Grâce à leurs sacrifices, leur courage et leur abnégation, les tunisiens ont réussi à renverser une dictature répressive et humiliante. Quels enseignements pourraient tirer les autres pays arabes et africains de cet événement historique ?

Le 14 janvier 2011 restera un jour historique non seulement pour les tunisiens, mais également pour les arabes et les africains, puisque c’est la première fois depuis les indépendances qu’un peuple arabe et africain renverse pacifiquement un dictateur qui s’accroche au pouvoir depuis 23 ans. Un exploit, mais surtout un cas d’école plein d’enseignements pour tous les peuples aspirant à plus de liberté et de démocratie.

Des révolutions de velours sont possibles dans les pays arabes

L’éviction de M. Ben Ali vient réfuter la thèse de l’exception afro-arabo-musulmane selon laquelle la démocratie est un vœu pieu au regard de l’extrême concentration du pouvoir, la kleptocratie, le maillage policier, et l’étouffement systématique de toute forme d’opposition. La révolution tunisienne est la preuve que dans les pays arabes il existe des démocrates sans démocraties car les citoyens arabes et africains sont non seulement étouffés par leurs propres dirigeants, mais également enfoncés par les calculs géostratégiques des pouvoirs occidentaux. En effet, en soutenant des dictateurs au nom de la lutte contre l’islamisme politique, les régimes occidentaux sont responsables d’étouffer la démocratie dans les pays arabes au profit de leurs intérêts politiques et économiques du moment. En dépit de cela, à l’image de l’effondrement des dictatures d’Europe centrale ou d’Amérique du sud, des révolutions de velours sont désormais possibles dans les pays arabes.

Nécessité d’un nouveau contrat social

Lors de son arrivée au pouvoir, le contrat conclu entre l’ex-Président Ben Ali et le peuple tunisien était : prospérité économique contre libertés civiles. Toutefois, et malgré des rangs plus qu’honorables dans les différents classements internationaux, force est de constater que seule le clan de l’ancien président profitait des fruits de la croissance tunisienne. La « Famille » comme l’appelle les tunisiens s’est accaparée la part du Lion. Dans le contexte de cette concentration de la richesse, la récente flambée des prix des denrées de base a été la goute qui a fait déborder le vase. Morale de l’histoire : le modèle conjuguant ouverture économique et verrouillage politique n’est pas aussi viable qu’on le croit. Si à court terme, il peut constituer un certain compromis ; à long terme par contre, handicapé par sa rigidité, il ne peut garantir la paix sociale, surtout en période de crise ou de choc exogène.

Malheureusement, cette leçon ne semble pas être comprise, en témoigne la précipitation des autorités algériennes ou jordaniennes à répondre par des mesures budgétaires aux tensions conjoncturelles créées par la nouvelle hausse mondiale des produits alimentaires de base. Ne pouvant apporter des réponses aux lacunes structurelles de ces économies, les subventions et le contrôle des prix n’apporteront pas une paix sociale durable. Serrer les boulons sécuritaires, fera retarder peut-être l’échéance, mais amplifiera la chute du pouvoir plus tard. L’Egypte, la Jordanie, la Syrie et les voisins maghrébins sont susceptibles de subir l’effet de contagion, à moins que leurs dirigeants comprennent qu’il est impératif de redéfinir un nouveau contrat social où toutes les libertés seront respectées.

Jeunesse, réseaux sociaux et les nouvelles formes d’expression politique

Baptisée « révolution du jasmin » par les jeunes tunisiens, ces derniers ont joué un rôle déterminant en enclenchant et en développant le mouvement de soulèvement populaire. La jeunesse qu’on disait souvent insouciante et peu intéressée par le fait politique, vient par un mouvement spontané, sans leader, ni encadrement de parti politique, en 27 jours de mettre un terme à 23 ans de dictature policière. C’est à la fois la force et la faiblesse de cette révolte. Mais une chose est sûre, en l’absence d’une opposition réduite au silence ou à l’exil, de verrouillage politique, de complaisance étrangère, c’est la rue, plus particulièrement la jeunesse qui vient de renverser la dictature. Cette jeunesse ne serait-elle pas une force politique en émergence ? La question est légitime et l’exemple des jeunes tunisiens pourrait inspirer la jeunesse arabe et africaine pour croire davantage en elle-même, au lieu de se victimiser, et assumer son rôle dans le changement car elle représente l’avenir. La jeunesse a été particulièrement active, notamment pour mobiliser et organiser la révolte via les réseaux sociaux (facebook, twitter), des canaux d’information plus difficiles à contrôler pour les dictateurs que les médias conventionnels. La possibilité de s’exprimer, de diffuser de l’information a été décisive dans la réussite de la révolte tunisienne. Les nouvelles technologies de l’information seraient-elles le bourreau des totalitarismes ?

Certes, l’immolation par le feu du jeune tunisien est triste et extrême comme moyen d’expression politique. Au lieu de fuir dans les barques de la mort en direction de l’éldorado européen, les jeunes tunisiens et algériens se suicident désormais dans l’espace public en face des symboles de pouvoir (préfecture, direction de sécurité…) pour protester contre l’oppression et la mal vie. D’ailleurs, cela est en train de faire des émules puisqu’on a enregistré en Algérie cinq immolations de citoyens algériens depuis vendredi dernier en protestation contre la dégradation de la situation sociale. Malheureusement, le suicide est en train de devenir la réponse de citoyens opprimés qui semblent dire : vous pouvez m’enlever toutes les libertés que vous voulez, mais nous disposons encore de la liberté de nos corps pour échapper à votre répression.

Plusieurs pays arabes et africains présentent une situation sociale explosive similaire à celle qui a donné lieu à la révolte tunisienne avec des facteurs encore plus aggravants, mais assistera-t-on pour autant à un effet domino dans ces pays ? Certes, en dépit des ressemblances, chaque pays présente des spécificités, mais le risque d’avoir un effet boule de neige est plus grand dans les pays riches en ressources et dont la majorité des citoyens croupit dans la misère. Mais, cela dépendra de la position de l’armée. Si en Tunisie, l’armée s’est montrée républicaine en lâchant Ben Ali, il faudrait une armée au moins neutre dans les autres pays pour espérer qu’un soulèvement populaire aille jusqu’au bout…

Hicham El Moussaoui est analyste sur www.UnMondeLibre.org.

Tunisie : le virage de la France, contrainte par les évènements

La diplomatie française a opéré un virage majeur sur le dossier tunisien, contrainte de s’adapter à un enchaînement d’événements qui l’a dépassée et mise en porte-à-faux. Au lendemain de la fuite du président Ben Ali, la France a employé pour la première fois le mot « démocratie » en décrivant les aspirations des manifestants tunisiens ces dernières semaines.

Dans un communiqué diffusé samedi 15 janvier vers 14 heures, l’Elysée s’est pour la première fois rangé du côté de ceux qui réclament une libéralisation politique : « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d’amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé. » La veille, la présidence française n’avait fait que « prendre acte de la transition constitutionnelle ». Samedi, avec un jour de retard sur les Etats-Unis, la France a demandé « l’organisation d’élections libres dans les meilleurs délais ».

LE GLAS DE « L’INGÉRENCE »

Fait notable, le communiqué de l’Elysée énonce une doctrine : « La politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, et le soutien à la démocratie et la liberté. » Cette notion de « non-ingérence » – mentionnée à quatre reprises, dimanche, par la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, dans un entretien au Journal du dimanche – fait son apparition dans le vocabulaire officiel français.

Un signal pour d’autres dirigeants du monde arabe ? Les responsables français semblent chercher, à travers ce concept aux contours flous, à justifier leur attentisme pendant les journées d’une répression policière sanglante en Tunisie. L’expression sonne le glas de l’« ingérence » chère à Bernard Kouchner, deux mois à peine après son départ du Quai d’Orsay.

L’Elysée a voulu, par ailleurs, donner des gages aux nouvelles autorités tunisiennes, en annonçant que des « dispositions » avaient été prises « pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement ». Cette volonté de se montrer à l’écoute du nouveau pouvoir qui se dessine à Tunis avait déjà transpiré dans le refus – préventif – d’accorder l’asile au président Ben Ali.

DOUBLE REFUS DE L’ARMÉE

Dimanche 16 janvier, les responsables français continuaient d’analyser les ressorts d’une crise qui les a pris de court. Une certitude était avancée par une source proche du dossier : l’armée tunisienne a joué un rôle décisif le vendredi 14 janvier, le jour où tout a basculé.

Une délégation d’officiers de haut rang, selon cette version, est allée voir le président Ben Ali dans la matinée, alors que des manifestants se massaient sur l’avenue Bourguiba, pour lui signifier un double refus : le refus de l’armée d’être utilisée dans le maintien de l’ordre et son rejet d’une politique jusqu’au-boutiste marquée par la violence.

De source autorisée à Paris, on s’interrogeait aussi, dimanche, sur le rôle joué par les Etats-Unis dans le départ du président Ben Ali. Washington aurait fait passer le message au dirigeant tunisien – via l’Arabie saoudite, pays où il a trouvé refuge – que le moment était venu de quitter le pouvoir.

QUELLE CONCERTATION ENTRE PARIS ET WASHINGTON ?

Pareil scénario, s’il se confirme, soulève la question du degré de concertation entre Paris et Washington. Car la fuite du président tunisien a pris les responsables français par surprise. Paris faisait, au contraire, l’analyse que les promesses de réformes annoncées par Ben Ali le 13 janvier l’avaient remis en selle politiquement – au moins, pour un temps.

En hâtant le départ du chef de l’Etat, les Etats-Unis ont pu chercher à éviter un chaos susceptible de profiter à terme au courant islamiste, avance-t-on à Paris. Mieux valait ainsi, du point de vue américain, favoriser une transition ordonnée. La France était sur une autre ligne : elle ne jugeait pas la menace islamiste d’une ampleur telle qu’il faille précipiter un changement de régime.

Natalie Nougayrède

Source : lemonde.fr

Eh oui!! Ben Ali rejeté par la France

Alors que la France a toujours été prompte à dérouler le tapis rouge aux dictateurs africains, elle refuse d’accueillir le président Ben Ali (qui jusqu’à peu était encore son fidèle allié dans la région) déchu par la jeunesse tunisienne. Par ce geste très habile, subtile et éhonté, la France de Nicolas Sarkozy montre clairement qu’elle ne veut pas assumer les deux décennies de complicités, de compromissions et de trahison du peuple tunisien. Elle veut faire oublier qu’elle était le principal soutien de Ben Ali et qu’elle l’a soigneusement et laborieusement aidé à rester au pouvoir près d’un quart de siècle, sans opposition, sans presse libre ni liberté d’expression. La dernière élection présidentielle, il s’était fait réélire avec 90% des voix. Michelle Alliot Marie qui pourtant n’a cessé de lui vendre les armes a opposé une fin de non recevoir catégorique à sa demande d’exil, paradoxal!! Eh oui! la leçon est très claire : La France préfère les dictateurs en service que les anciens dictateurs.

dessin de Lindingre

aymard

Le Parti Communiste du Bénin (P.C.B.) félicite le Peuple Tunisien !!!

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin) Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site : http://www.la-flamme.info

TUNISIE : LE GENERAL ZINE EL ABIDINE BEN ALI DESTITUE PAR LE PEUPLE S’EST ENFUI

Depuis décembre 2010, la jeunesse tunisienne, les travailleurs et les intellectuels progressistes tunisiens sont dans la rue pour protester contre la faim, le chômage et le bâillonnement des libertés démocratiques. Cela fait vingt-trois ans que cela dure. Vingt-trois  ans qu’avec l’appui des américains, le Général Ben Ali a renversé Bourguiba et instauré une dictature des plus féroces appuyée par les gouvernements français successifs ; vingt trois ans que le peuple tunisien produit pour enrichir ses dirigeants et leurs commanditaires étrangers, lesquels utilisent les médias dont ils ont les commandes pour couvrir les cris et les gémissements de la jeunesse et du peuple tunisien qui n’en peuvent plus de ployer sous le poids de la misère croissante, des tortures et des emprisonnements, de la censure, de l’interdiction des journaux et des agressions contre la presse. Mais depuis un mois, cela a explosé ; à Sidi Bouzi, un jeune diplômé chômeur à qui on venait d’arracher son étalage de fruits dont la vente lui permettait de vivre s’est immolé par le feu. Les manifestations qui ont suivi n’ont eu de cesse de croître et de gagner en ampleur, embrasant tout le pays jusqu’à la capitale Tunis et Souss. Malgré la féroce répression policière qui s’est abattue sur les manifestants et leurs soutiens. Malgré la chape mise sur les médias, malgré le blocage des sites internet, la révolte des tunisiens et leurs cris ont traversé l’espace et se sont répercutés dans le monde entier et l’opinion démocratique mondiale a commencé à protester, obligeant même les autorités françaises, les complices de toujours de Ben Ali à avouer qu’une répression excessive avait cours en Tunisie.

Trois fois, Ben Ali en personne est intervenu à la télé sur la crise. Deux fois il a dénoncé des groupes terroristes et extrémistes et encouragé sa police à réprimer pour restaurer l’ordre. Une soixantaine de morts a déjà été dénombrée. Plusieurs arrestations ont eu lieu, dont celle du porte-parole du Parti communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT), Hama HAMAMI. Et hier soir, pour la troisième fois, Ben Ali intervient pour dire, en substance : Qu’il a « compris » les manifestants, qu’il promet le renforcement de la démocratie et du pluralisme, la liberté de la presse et la fin des mesures de blocage des sites Internet. Il a également ordonné une baisse des prix du pain, du lait et du sucre et promis se retirer du pouvoir en 2014.

Trop tard, répondent en chœur les Tunisiens. Ils sont des milliers dans la rue de Tunis la capitale aujourd’hui 14 janvier 2011 manifestant notamment devant le Ministère de l’Intérieur rebaptisé Ministère de la Terreur. Nous voulons du pain, pas de Ben Ali. Mouvement continu, Non à Ben Ali ! scande la foule où on a pu même voir des manifestants et des soldats s’embrasser. En clair, BEN ALI DOIT PARTIR ET TOUT DE SUITE, PAS EN 2014, TOUT DE SUITE.

Alors BEN ALI joue sa dernière carte ; il dissout le gouvernement et promet des législatives dans six mois. Insuffisant, répond le peuple ; BEN ALI démission ! La police attaque encore une fois le peuple au gaz et à balles réelles. De nouveaux morts mais le peuple continue de protester. Plus rien ne peut arrêter le soulèvement populaire. ALORS BEN ALI S’ENFUIT ET TROUVE REFUGE SUR CONSEILS ET SOUTIENS DE SES AMIS FRANÇAIS ET AMERICAINS A DJEDDAH EN ARABIE SAOUDITE.

Tous les prisonniers politiques sont libérés dont HAMA HAMAMI.

Au peuple tunisien, le Parti Communiste du Bénin et le peuple béninois disent : BRAVO ! COURAGE ! POURSUIVEZ ! VOUS AVEZ CHASSE BEN ALI, RENVERSEZ SON POUVOIR ET METTEZ EN PLACE LE VOTRE.

Au peuple du Bénin, le Parti Communiste du Bénin dit : le peuple tunisien montre la voie ; Boni YAYI qui avoue avoir comme modèle à imiter le dictateur aux mains couvertes de sang BEN ALI doit être poursuivi comme son modèle et chassé comme lui.

Cotonou, le 15 janvier 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Le Peuple Tunisien chasse ZINE EL-ABIDINE BEN ALI – Qui l’eut dit, qui l’eut cru?

Zine el-Abidine Ben Ali, hissé à la tête de la Tunisie il y a 23 ans (après le coup d’Etat médical qui lui a permis d’évincer le grabataire Habib Bourguiba),  avait tout pour exercer le pouvoir ad vitam aeternam, et même le léguer à ses ayant-droits ou partisans. Il avait parfaitement trusté l’Etat, capté aussi bien le pouvoir politique, économique, militaire que médiatique. A force de monopolisations, il a créé un système de gouvernance tout à fait verrouillé. Bien vrai que, par cynisme ou pour donner le change, il faisait mine de créer des vannes d’aération avec la création de partis, d’associations, censés jouer la différence… mais  bien entendu ils étaient tous des structures-liges inféodées au pouvoir.


(Le 25 Octobre 2009 pour sa cinquième élection)

Cette démocratie cosmétique avait beau être dénoncée par des voix en interne, celles-ci  étaient étouffées par la répression, les intimidations, lesemprisonnements, les tueries et par le démontage systématique des vrais partis politiques d’opposition. L’opération de domestication du champ politique et social était facilitée par les grandes puissances, disons la communauté internationale, qui ne marchandaient pas  éloges et soutiens à Ben Ali qui, parce qu’il avait réussi à ses yeux à contenir à un stade résiduel l’extrémisme islamique et mis en place un système économique favorable aux échanges avec l’Occident,méritait tous les égards. Alors, on lui passait tout, renvoyant la faute comme c’est toujours le cas pour l’Afrique, à ces opposants désespérément inorganisés, sans programmes et bêtement incapables de s’unir.

Les mêmes qui n’ont pas assez de mots durs pour vouer Laurent Gbagbo aux enfers sont ceux-là qui se montraient les plus accommodants, les plus coulants, avec le régime tunisien.

De quoi a besoin un peuple sinon de nourriture, d’écoles, d’hôpitaux, de routes… ?
Tout cela, disait Jacques Chirac, Ben Ali le prodigue abondamment aux Tunisiens. Alors, le reste, bof !

Nicolas Sarkozy n’a pas fait que reconnaître ces mêmes acquis au premier des Tunisiens : il est allé plus loin pour dire que dans ce pays, « l’espace de liberté progresse », qualifiant Ben Ali d’ami et se refusant, s’agissant de la pratique démocratique dans ce pays, à « s’ériger en donneur de leçons ».

Mais toutes ces protections n’ont pas suffi à protéger l’autocrate lorsque le peuple tunisien s’est dressé contre lui ; l’imprenable citadelle, comme un château de cartes, s’est écroulé au premier coup de butoir d’une jeunesse en furie. Enchantement mais stupeur aussi.


Mohamed BOUAZIZI, diplômé au chômage, vendeur de fruits et légumes par nécessité,
Et qui s’est immolé par le feu

Mohamed BOUAZIZI, celui par qui la Tunisie a été libérée, celui qui est mort à l’Hôpital des suites de ses brûlures

Comment, Sacrebleu, cela a-t-il pu arriver aussi facilement, comme à la parade ?

On n’avait pas prévu que même les partis politiques désorganisés, les syndicats, les médias et les organisations de la société civile muselés, le peuple spontanément, pouvaient enclencher la Révolution et lui donner une conduite intelligente. On n’avait pas compté avec ça ! Et voilà le travail ! Dans le monde arabe, en Afrique subsaharienne et dans le monde entier,  les peuples et surtout les jeunes qui ont suivi les émeutes grâce à Internet, les chaînes de télévision satellitaires, s’émerveillent de tant d’audace de la part des jeunes Tunisiens pendant que les dirigeants broient du noir.

Le mal-vivre tunisien, le chômage des jeunes diplômés, la vie chère, la démocratie factice, la fracture sociale…, ça se vit au quotidien dans ces contrées du monde ; alors, l’effet domino y est dans bien des pensées et sur bien des lèvres.

Le déclencheur, maintenant on le sait, peut venir de n’importe où, de n’importe quoi. Un évènement le plus banal et la marmite saute !

L’enseignement sera-t-il perçu à sa juste mesure ? Il faut le souhaiter car au spectacle qu’offre cette bataille historique, on note quand même la centaine sinon plus de morts, des blessés en nombre incalculables, des dégâts matériels lourds. On se dit qu’on pourrait en faire l’économie et ne pas être obligé, comme le dictateur tunisien, de s’enfuir la nuit tombante ou au petit matin comme un vulgaire détrousseur. Tout cela sans le secours des puissants de ce monde qui l’ont porté aux nues tout au long de ces années et qui refusant de faire comme l’hôtesse de l’Auvergnat de Brassens, vous claquent au nez la porte alors que vous fondiez en eux une confiance totale. Ira-t-on jusqu’à  geler les avoirs  de l’ancien président, de ceux de sa femme Leila Trabelsi et de ses proches,  en Europe, aux USA et ailleurs ? Ira-t-on jusqu’à lancer à leurs trousses la Cour pénale internationale ? En tout cas, le passif est là, fait de meurtres, de corruption, de pillages, de violences en tout genre qui y appellent !

San Finna N°599 du 17 au 23 Janvier 2011