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La Libye sous le pouvoir des milices islamistes. Point de situation

Les nouvelles images du lynchage du colonel Kadhafi qui commencent à être diffusées sur le net annoncent un « hiver libyen » plein de douceurs et de mièvreries… Mais au-delà de la mort atroce de l’ancien chef de l’Etat libyen, quelle est la situation sur le terrain au moment où ces lignes sont écrites ?

Plus que jamais, le CNT ne représente que lui-même et c’est d’ailleurs pourquoi il  demanda avec une grande insistance, mais en vain, que l’Otan maintienne sa présence. Ce pseudo gouvernement sait en effet qu’il porte un péché originel : celui d’avoir été mis en place par l’Otan, donc par les « impérialistes » et les « mécréants ». Ses lendemains vont donc être difficiles. D’autant que ses principaux dirigeants, tous d’anciens très hauts responsables de l’ancien régime et donc des « résistants de la dernière heure », commencent à être mis en accusation par certains de ces chefs de guerre qui détiennent désormais les vrais pouvoirs.

Le président du CNT, Mustapha Abd el Jalil, a déclaré que la charia serait désormais la base de la Constitution ainsi que du droit, que la polygamie, interdite sous Kadhafi, serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais illégal. Enfermé dans leur européocentrisme, les Occidentaux ont considéré que ces déclarations étaient « maladroites ». Leur erreur d’analyse était une fois de plus totale car ces propos à but interne étaient destinés à amadouer les milices islamistes auxquelles le pouvoir du CNT est suspendu. Pour mémoire, Mustapha Abd el Jalil, l’ami de BHL, était le président de la Cour d’appel de Tripoli qui, par deux fois, confirma la condamnation à mort des infirmières bulgares et en 2007, le colonel Kadhafi le nomma ministre de la Justice. En dépit de son passé kadhafiste, Abd el Jalid est pourtant respecté par certains islamistes car il est proche des Frères musulmans, mais son pouvoir ne dépasse pas son tapis de prière.

La Libye est en effet éclatée entre plusieurs zones contrôlées par des chefs de guerre jaloux de leur autonomie et prêts à s’entre-déchirer, comme en Somalie. Ces territoires ont tous une ouverture sur la mer et une profondeur vers l’intérieur pétrolier ou gazier, ce qui fait que, comme je le disais il y a déjà plusieurs semaines déjà, le pays est aujourd’hui découpé en « touches de piano ».

Benghazi est sous le contrôle de plusieurs milices islamistes, elles-mêmes éclatées en un grand nombre de petits groupes plus ou moins autonomes, mais c’est à Tripoli que se joue l’unité de la Libye.

Dans la capitale, le chef du CNT, Mustapha Abd el Jalid s’appuie sur le TMC (Tripoli Military Council) qui engerbe plusieurs milices islamistes pouvant mobiliser entre 8000 et 10 000 combattants. Le chef du TMC, originaire de Tripoli, est Abd el-Hakim Belhaj dit Abu Abdullah Assadaq. Ayant combattu en Afghanistan, ce partisan du califat supra frontalier fonda le Libyan Islamic Fighting Group dans les années 1990. Ayant fui la répression anti islamique du régime Kadhafi, il retourna en Afghanistan où il fut arrêté en 2004 puis remis à la police libyenne avant d’être libéré au mois de mars 2010, à la veille de l’insurrection de Benghazi.

Durant la guerre civile, le TMC fut armé et encadré par les services spéciaux du Qatar et il reçut une aide « substantielle » de la part de certaines unités « spécialisées » de l’Otan. Ce fut lui qui prit d’assaut  le réduit de Bab al-Aziya à Tripoli. Plusieurs autres milices islamistes se partagent la ville et n’acceptent pas le leadership reconnu au TMC par Mustapha Abd el Jalil. Pour encore compliquer l’embrouille locale, le 2 octobre, fut fondé le Tripoli Revolutionists Council ou TRC, par Addallah  Ahmed Naker al-Zentani, originaire de Zentan mais indépendant des milices berbères de cette dernière ville.

A Misrata, les milices se considèrent comme l’élite des révolutionnaires et leur prestige est immense depuis qu’elles ont capturé le colonel Kadhafi. Ce furent certains de leurs hommes, gentils démocrates si chers aux médias français, qui lynchèrent et sodomisèrent vivant l’ancien guide et qui, comme « trophée », emportèrent son corps dans leur ville.

Misrata est sous le contrôle du Misurata Military Council (MSR), qui engerbe plusieurs milices dont la principale est la Misurata Brigade. La situation est cependant confuse car les combattants sont divisés en plusieurs dizaines de groupes commandés par des chefs indépendants rassemblant au total plusieurs milliers d’hommes. A la différence du TMC, le MSR n’a pas besoin d’aide étrangère car il dispose d’énormes quantités d’armes pillées dans les arsenaux de l’ancienne armée.

Les miliciens de Misrata ont une forte tendance à l’autonomie et ils ne semblent pas vouloir accepter de se soumettre au CNT. De plus, ils se méfient des originaires de Benghazi. Pour pouvoir espérer prendre le contrôle de la ville, le CNT devra donc, comme à Tripoli, s’appuyer sur certaines milices contre les autres, ce qui promet bien des « incidents ». Des tentatives de rapprochement ont été faites en direction de Salim Joha, chef de l’Union on Libya’s Revolutionary Brigades, mais rien de concret ne s’est produit pour le moment. Le CNT pourrait également tenter d’amadouer Misrata en nommant Abdul Rahman Swehli Premier ministre, ce qui lui permettrait du même coup d’échapper à la main-mise des clans de Benghazi.

Autre zone ayant échappé au contrôle du CNT, le pays berbère de Zentan avec sa puissante milice ancrée sur djebel Nefuza. Ce furent les Berbères qui permirent l’assaut sur Tripoli en prenant à revers les forces de Kadhafi, opération préparée par les forces spéciales de l’Otan.

Zentan  est contrôlée par le Zentan Military Council (ZMC), dont les milices arborent le drapeau amazigh. Militairement, les milices berbères sont les mieux formées de toute la Libye, leurs cadres étant d’anciens officiers libyens. Les deux principales unités berbères sont la Zentan Brigade commandée par Muktar al-Akdhar et la Kekaa Brigade, chacune forte d’environ 1000 combattants. Ces milices ont refusé de quitter Tripoli en dépit des ordres du CNT, ce qui provoqua de graves tensions. Le 3 octobre, après un ultimatum du CNT, la Brigade Kekaa se livra même à une véritable tentative d’intimidation, paradant dans Tripoli et attirant la réplique des islamistes. La guerre civile fut alors évitée de justesse, mais ce n’est que partie remise…

Ceux qui, poussés par BHL, décidèrent d’intervenir en Libye et de s’immiscer dans une guerre civile qui ne concernait en rien la France, vont désormais porter la très lourde responsabilité des évènements dramatiques qui s’annoncent et qui vont se dérouler à quelques heures de navigation de nos côtes.

Bernard Lugan

Bernard Lugan est l’auteur du Livre « Décolonisez l’Afrique ! » qui paraîtra début novembre 2011 aux éditions Ellipses. Commandez-le dès maintenant à l’Afrique Réelle pour obtenir une dédicace.

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Syrte dans la légende

Une légende est en train de naître qui va hanter les gens qui ont été propulsés au pouvoir à Tripoli. Dans Syrte, face à d’insurmontables défis, une poignée d’hommes a donné un exemple de bravoure qui finira par trouver sa place dans l’histoire arabe.

Lourdement bombardée pendant plusieurs semaines par l’OTAN et attaqué à l’arme lourde par ses supplétifs libyens, la ville de Syrte a farouchement résisté

Des semaines d’attaques de missiles et de bombes ont réduit le centre de la ville en ruines et tué un nombre inconnu de civils. Les photos qui ressemblent à celles du genre de Beyrouth montrent les dévastations. Les combattants défendant la ville semblent être condamnés. Ils ont le dos à la mer et sont entourés de trois côtés.

Nous ne savons pas qui ils sont ni combien. Certains pourraient être des restes de l’armée libyenne et d’autres des civils qui ont pris les armes pour défendre leur ville. Nous ne savons pas pourquoi ils se battent. On nous dit qu’ils ne font que lutter pour leurs vies. On nous dit que ce sont des mercenaires… mais des mercenaires déposent les armes quand l’argent vient à manquer. On nous dit que ce sont des « loyalistes de Kadhafi ». Cela les discrédite immédiatement. Personne ne sait vraiment ce pour quoi ils se battent, mais que ce soit pour leur pays doit être une possibilité pour au moins certains d’entre eux.

Pourquoi cette guerre a-t-elle été lancée ? Le Kadhafi qui a maintenant été délogé est le même Kadhafi âgé qui est arrivé à Rome quelques années auparavant avec une photos de Omar al Mukhtar épinglée à sa tunique à sa descente d’avion. C’est le même Kadhafi qui a été accueilli chaleureusement à Paris par Sarkozy et, selon Saïf al-Islam, a généreusement financé sa campagne électorale. C’est le même Kadhafi qui a été congratulé par le toujours souriant Blair Tony à Tripoli. C’était avec le même Kadhafi que la compagnie Shell a été très heureuse de faire des affaires.

Entre toutes ces occasions et maintenant, il n’a pas changé. Il y a des années c’étaient les « chiens errants » – les dissidents libyens – qu’il disait vouloir chasser. Cette année, c’étaient « les rats » qu’il avait juré de poursuivre rue après rue – le fameux Zenga Zenga – et de maison en maison. C’est ce qui a donné aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France leur prétexte pour entreprendre une action militaire. Ce n’était pas censé être pour un changement de régime, mais c’est comme cela que ça a fini, et si ce n’était pas prévu dès le départ c’était inévitable une fois que ces trois puissances avaient décidé d’intervenir.

Quoi que pensent les Libyens de Mouammar Kadhafi, il n’y avait aucun signe d’une majorité appuyant le soulèvement contre lui. Comme Kadhafi l’a demandé le 6 octobre : « Le NTC, qui leur a donné une légitimité ? Comment ont-ils obtenu une quelconque légitimité ? Le peuple libyen les a-t-il élus ? Le peuple libyen les a-t-il nommés ? Si la légitimité, c’est seulement le pouvoir des bombes de l’OTAN et les flots de subventions, alors que tous les dirigeants du Tiers-Monde se méfient, le même sort les attend. Pour ceux qui reconnaissent comme légitime le conseil, méfiez-vous. Il y aura des conseils de transition créés un peu partout, qui vous seront imposés et vous feront tomber et un par un ».

Ce n’était ni une révolution populaire ni une guerre de libération. Ce n’était pas l’Egypte ou la Tunisie, où c’est le peuple qui a renversé le gouvernement. Ce fut une guerre de conquête par la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis, en coordonnation avec les groupes armés sur le terrain. Ces trois puissances ont transformé un soulèvement en une guerre civile, puis assuré la victoire d’un côté par l’utilisation massive de leur puissance de feu aérienne. Les soldats sur le terrain – les « loyalistes de Kadhafi » – étaient autant sans défense face aux missiles qui pleuvaient que les civils. S’ils avaient dû se débrouiller tous seuls, les « rebelles » aurait été rapidement dispersés.

Avec l’attaque déployée et le résultat quasi certain, les hauts ministres du gouvernement libyen ont commencé à faire défection. La métaphore habituelle, c’est les rats sautant d’un navire en perdition. Musa Kusa s’est envolé pour Londres et a raconté aux ervices de renseignements britanniques tout ce qu’il savait, ce qui ne devait pas être rien, vu que Musa Kusa est trempé jusqu’à son cou dans tous les crimes commis par Kadhafi au cours des quatre dernières décennies.

Mustafa Abdul Jalil était ministre de la Justice dans l’ancien régime. Il en est aussi sorti juste à temps. Désertant Kadhafi, il a ensuite accepté de diriger un conseil d’administration provisoire mis en place en collaboration avec les pouvoirs attaquants étrangers. Les gens qui font ce genre de choses sont généralement appelés des traîtres. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain a collaboré avec les nazis et aurait été exécuté à la libération, si ce n’était son âge avancé et ses faits de guerre en 1914-18.

William Joyce (« Lord Haw Haw ») a été exécuté juste pour cause de diffusion de propagande nazie contre son propre pays, la Grande-Bretagne. Quisling a agi en régent des nazis dans les territoires occupés en Norvège et il a été exécuté après la guerre pour trahison. Les puissances étrangères avec lesquelles Mustafa Abdul Jalil a collaboré ont attaqué son pays et tué des milliers de ses compatriotes, femmes et enfants. Sauf si le mot a perdu son sens, cela fait de lui un traître, lui également.

Sans couverture aérienne et sans défense au sol contre les attaques aériennes, l’armée libyenne – les « loyalistes de Kadhafi » – n’avait aucune chance. Il y a de nombreux parallèles dans la longue histoire des agressions occidentales sur les pays musulmans. En 1882, une flotte britannique a bombardé Alexandrie puis accusé des incendiaires et des brigands pour la destruction massive qu’elle avait causée. Les troupes débarquèrent pour rétablir l’ordre qui venait d’être détruit. Les Egyptiens ont essayé de défendre leur pays, mais contre la puissance de feu et l’organisation d’une armée européenne moderne, ils n’avaient aucune chance.

En 1898, environ 60 000 adeptes du Khalifa soudanais, le successeur du Mahdi, ont fait irruption dans une plaine en dehors de la ville de Omdurman en direction des lignes de combat britanniques. C’était leur pays et ils se sont battus pour lui avec énorme courage, mais contre des fusils Maxim alignés en rangées sur le champ de bataille, ils n’ont également eu aucune chance. Il y avait des exceptions à la règle. Dans le début des années 1880 le gouvernement soudanais a détruit le corps expéditionnaires de Hicks, mais c’était avant l’invention du fusil Maxim.

En 1896, une armée éthiopienne a anéanti toute une armée italienne à la bataille d’Adoua. Près de quatre décennies plus tard, une armée italienne a envahi l’Ethiopie à nouveau, devant endurer de sévères défaites avant qu’un armement supérieur et l’utilisation du gaz moutarde leur donnent la victoire. Poussé à l’exil, l’empereur Hailé Sélassié a déclaré à la Société des Nations : « C’était nous aujourd’hui. Ce sera vous demain ». En effet, c’est ce qui s’est produit.

En 1911, les Italiens ont envahi la Libye mais se sont abstenus de pénétrer à l’intérieur en raison de la résistance des tribus Sanusi et de la petite armée ottomane envoyée pour faire ce qu’elle pouvait – la Libye étant alors partie intégrante de l’Empire ottoman.

Dans les années 1920, l’Italie a lancé un programme à grande échelle pour vaincre les Libyens. Des milliers ont été déplacés de Jabal al Akhdar en Cyrénaïque et parqués dans des camps de concentration. La résistance était dirigée par un enseignant du Coran, Umar al Mukhtar qui a été capturé en 1931 et pendu au camp de concentration de Suluq. Maintenant, un siècle plus tard, les Libyens eux-mêmes ont ouvert la porte à une autre attaque étrangère contre leur pays.

Sans les interventions « humanitaires » des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, Kadhafi serait toujours à Tripoli, mais des milliers de personnes à présent mortes seraient encore en vie. Les bâtiments et l’infrastructure qui ont été détruits seraient encore debout. La Libye serait encore le pays le plus avancé en Afrique au lieu d’un pays qui a été ravagé par la guerre et qui doit maintenant se rétablir en conformité avec les prescriptions du « capitalisme du désastre ».

En tant qu’investissement, cette guerre n’était même pas risquée. La Libye est un grand pays avec une population relativement faible et presque pas de capacité de se défendre contre une attaque extérieure lancée par des États puissants. Ce pays est riche en pétrole, en réserves de change et en lingots d’or. L’attaque aurait-elle été envisagée si ce pays était pauvre ? Sa situation financière était beaucoup plus saine que celle des pays qui l’ont agressé.

L’idée que cela a été fait pour des raisons altruistes doit être rejetée immédiatement. Quelle que soit l’emballage humanitaire, des arrière-pensées se cachent derrière chaque guerre lancée par les puissances occidentales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au cours des deux derniers siècles. La guerre contre la Libye ne fait pas exception. À une époque de crise financière extrême, ces pays ne dépensent pas des milliards de dollars dans une guerre sans attendre un généreux retour sur investissement stratégique et commerciale.

Toutes ces semaines où Syrte était dévastée depuis les airs, où était le Conseil de sécurité, qui a ouvert la porte à l’attaque sur la Libye avec sa résolution de zone « no fly », mais n’a pris aucune responsabilité pour les conséquences ? Où était l’Union européenne, où était l’OCI, où était la Ligue arabe ? Où était l’indignation dans les médias, où étaient tous les gouvernements qui se sont donnés une « responsabilité de protéger » qui s’est transformée en un permis de tuer ? Ils étaient tous muets. Pas un mot d’inquiétude ou même de condamnation n’est sorti de leurs bouches. Ils ne voulaient parler que de la Syrie.

Les images de destruction maintenant sorties de Syrte donnent quelques indications sur ce que la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont fait. Combien de civils ont été tués, nous ne le savons pas, mais les estimations faites pour le pays dans son ensemble suggèrent un nombre de morts avoisinant des dizaines de milliers. Tel est le coût de « l’intervention humanitaire ». Tel est le prix que les Libyens ont dû payer pour leur propre « libération ».

Ils ne voulaient pas de cette guerre. C’étaient les gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France qui la voulait, pour des raisons qui leur sont propres et ils ont utilisé le soulèvement de Benghazi comme levier.

Un pays qui avait une certaine stabilité est maintenant dans la tourmente. Les agences de nouvelles consultent le gouvernement à Tripoli, mais il n’y a pas de gouvernement à Tripoli. Le « Conseil national de transition » ne s’est toujours pas réuni au complet. L’incertitude, les remous et, éventuellement le déploiement d’une guerre de résistance sont déjà inscrites. L’histoire est écrite par les vainqueurs, nous dit-on, mais si ce triomphe occidental sur un autre fou du Moyen-Orient ne réussit pas à s’affermir, le jour peut encore venir où les Libyens construiront des statues pour commémorer la bravoure du petit groupe d’hommes qui a combattu jusqu’à la mort pour Syrte.

Jeremy Salt

* Jeremy Salt est professeur agrégé et spécialiste d’histoire et politique du Moyen-Orient à l’Université Bilkent à Ankara en Turquie.

17 octobre 2011 – Palestine Chronicle – Vous pouvez consulter cet article à :

http://palestinechronicle.com/view_…

Traduction : al-Mukhtar

Adame Ba Konaré sur RFI : “Kadhafi, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère”

L’historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, répond aux questions de RFI.

Rfi : La mort de Kadhafi a été vécue comme une libération par les libyens. Elle a été saluée à quelques rares exceptions près par de nombreux Etats de la planète. Est-ce que vous vous en félicitez ou vous déplorez cette mort ?

Adame Ba Konaré : Permettez-moi avant de répondre à votre question de formuler des vœux en tant que croyante pour le repos de l’âme du colonel Kadhafi et d’avoir une pensée pour sa veuve éprouvée. De la même façon, je présente mes condoléances à toutes les familles endeuillées par la tragédie libyenne. L’assassinat d’un chef d’Etat en exercice, de surcroît par le biais de puissances étrangères, n’est pas une affaire banale. On ne peut pas se réjouir de la mort d’une personne même s’il s’agit de son ennemi. Toute vie est sacrée. Moi, mon jugement d’historienne est qu’à cet égard, les évènements qui se sont succédé rappellent la pénétration coloniale européenne de la fin du 19ème siècle. En ce qui concerne la France que je connais particulièrement, c’est le même scénario. Au nom de la civilisation, de convoitise des richesses, des interventions militaires se sont toujours soldées par l’assassinat soit des grands résistants à la pénétration coloniale, soit des rois régnants. C’est la façon dont se sont passé les évènements qui nous laissent augurer que partout où il y aura des contestations, c’est le sentiment qu’on a ici, les vertus de généreuses nations entre guillemets voleront au secours comme par le passé, au nom de la démocratie cette fois-ci, pour sauver les pauvres africains de leurs méchants dirigeants. Dans les évènements qui viennent de se passer en Libye, je vois les prémices de la partition de la Libye, la désintégration de l’Afrique et de sa division en Afrique blanche et noire avec le risque de nouveaux tracés de frontières africaines. Mais aussi de la liquidation de l’Union africaine.

Rfi : Mais est-ce vous ne voyez pas dans l’intervention des puissances étrangère à travers l’Otan, le fait d’avoir prévenu probablement des massacres de civiles. C’est ce que Kadhafi avait annoncé sur Benghazi…

Adame Ba Konaré : C’est facile à dire. Malheureusement, cette intervention des forces de l’Otan n’était pas faite non plus de façon ordonnée. Ça été vraiment un acharnement contre des villes qui ont été pilonnées à longueur de journée. Je pense que les responsabilités sont absolument partagées.

Rfi : Si par exemple, l’Union africaine avait les mêmes moyens et intervenait, est-ce que ça vous choquerait de la même façon ?

Adame Ba Konaré : L’intervention des puissances étrangères et puis la façon dont le Colonel kadhafi est mort a choqué l’opinion africaine dans sa très grande majorité…

Rfi : Mais lorsque l’Union africaine et donc des pays africains interviennent de façon unilatérale, en Somalie par exemple, est-ce que cela vous choque ?

Adame Ba Konaré : Ce n’est pas le même cas de figure. On a déploré dans cette affaire, l’instrumentalisation des institutions internationales notamment par les anciennes puissances coloniales avec la complicité des Etats-Unis d’Amérique comme si ces puissances coloniales voulaient régler des comptes à Kadhafi. Donc, l’opinion africaine et moi avons, bien entendu, déploré également le dépassement du mandat de l’Otan. L’Otan est allé bien au-delà de la protection des civiles.

Rfi : Est-ce qu’il n’est pas finalement étrange pour certains de pleurer les conditions dans lesquelles est mort Kadhafi, quand on pense que pendant plusieurs décennies, il a lui-même exécuté tout ce qui pouvait s’opposer à lui. Il y a eu le massacre de plus de 1200 personnes dans la prison d’Abou Slim en 1996. Des gens pendus publiquement…

Adame Ba Konaré : Vous avez tout à fait raison de dénoncer tout ce que vous venez de dire. Ce visage du personnage qui a perpétré des actes répréhensibles, tel que le soutien aux mouvements terroristes, le manque d’ouverture démocratique, la personnalisation outrancière du régime. Mais, il y a l’autre visage de Kadhafi qui est quand même le nationaliste. C’est lui qui a mis à l’ordre du jour avec d’autres, bien sûr, le projet panafricaniste conduit par beaucoup de moyens même si ses méthodes étaient discutables. Mais avec la façon dont il a été fauché sous les balles des occidentaux, je crains qu’il ne soit devenu plus qu’une victime, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère jusqu’au bout comme il l’avait annoncé en martyr. Je ne crois pas du tout que l’Afrique va l’oublier.

Le gangstérisme international d’Etat en Libye

L’humanité a connu des guerres, celles de 1915 et 1945, les guerres indigènes, les guerres eugénistes. Depuis quelques décennies, elle s’acclimate avec un nouveau genre de guerre : les guerres de gangsters : deuxième guerre du Golfe, Guerre de Yougoslavie, Guerre du Kosovo, Guerre en Afghanistan, Guerre des Etats-Unis en Philippines en 2001, Guerre en Irak, Attaque de la Côte d’Ivoire par la France via ses suppôts régionaux en 2002, Conflit alimenté en Haïti en 2004, ainsi de suite puis, en 2011 fin du coup d’Etat contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire et actuellement sous nos yeux la Guerre en Libye. Les Etats en faillite sont obligés de faire du gangstérisme d’Etat, s’attaquer aux pays faibles et de taille moyenne qui refusent de laisser mourir leurs peuples pour faire vivre l’Occident.

La désinformation, arme de guerre

Que se passe t-il en Libye ? difficile au citoyen lambda de répondre convenablement à cette question puisque la presse a décidé d’aller à l’encontre de la liberté qui est censée la caractériser et qu’elle est censée exprimer en intoxiquant les citoyens avec l’uniformatisation des articles de presse déformés. Nous assistons à la falsification de l’histoire, à l’embrigadement et au formatage des esprits des citoyens du monde, un travail savamment réalisé par les grands médias qui pratiquent depuis du journalisme de caniveaux.

La première dans cette catégorie de minable chaîne d’information est bel et bien France 24 qui, coiffe les autres minables telles que France 2, BFM TV, i-TV,… Sur le dossier ivoirien, cette chaîne française s’est démerdée pour faire plaisir à ses bailleurs et actionnaires en désinformant largement les Français qui ne voyaient qu’en Gbagbo un immonde dictateur et en Ouattara un gentil démocrate. La presse française sous Sarkozy, c’est la nullité qui est célébrée, le degré zéro du journalisme quoi et ceci, donne raison à l’écrivain et penseur Russe Léon Tolstoï qui écrivît que : « l’activité journalistique est un bordel intellectuel ». La presse écrite se fait elle aussi l’écho de ce type galeux de journalisme. Un exemple de ce genre nauséabond de journalisme est bien Jeune Afrique ou pour certains Jeune à fric, un hebdomadaire d’inféodés et de corrompus qui, le 05 septembre 2011 titrait après la prise de Tripoli par les pseudo rebelles, « l’Afrique humiliée mais l’Afrique libérée » après avoir selon ses propres termes titré en Février 2009, « Au secours, Kadhafi arrive » après l’accession du Guide à la tête de l’Union Africaine. Cette presse propagandiste nous annonce tous les jours sinon toutes les minutes que les rebelles libyens ont pris telle ville ou qu’ils sont aux portes de telle autre. Depuis qu’ils nous annoncent cela, ces rebelles armés par l’Occident et les pétromonarchies du Golfe devraient déjà être à Paris puisque depuis sept (07) mois, ils ne font qu’avancer mais hélas, la réalité est toute autre. Ces « rats » et autres drogués ne finissent pas de compter leurs morts. L’euphorie des premiers jours étant tombée, place au désenchantement. Toutes leurs forces ou ce qu’il leur reste de combattants sont dispersées sur tous les fronts où ils tombent comme des rats. Drôle de révolution ! les révolutionnaires sont vus comme les occupants et les populations pour lesquelles ils auraient pris les armes les accueillent avec les armes, des attentats suicides, des manifestations comme celle de Samedi dernier à Tripoli où le vaillant peuple libyen a montré sa solidarité envers son guide et demandé son retour dans la capitale.

Kadhafi a été accusé dès le départ de « massacres » de la population civile à Benghazi. Et pourtant, depuis lors, aucune télévision n’a diffusé la moindre image de ces massacres qui auraient fait 6.000 morts en quelques semaines. Aucun de ces grands canaux d’information qui s’amusait à qualifier Kadhafi de « fou tyran » n’avait pris la peine de mentionner la résolution de l’Union Africaine (UA) qui s’est prononcée contre toute intervention militaire en Libye, condamné les premiers bombardements et appeler à des négociations et pourtant, la feuille de route de l’UA avait été acceptée par Kadhafi qui ne voulait pas voir détruire son pays.

La résolution 1973 du Conseil de Sécurité n’a jamais mentionné des bombardements de villes ou un Coup d’Etat contre un régime disent-ils dictatorial mais qui a fait ses preuves plus que ceux très très « démocratique » de l’Occident. Elle visait plutôt une interdiction de vol, la No-Flight Zone parcequ’il avait été abondamment relayé par les médias menteurs que Kadhafi pilonnait la ville de Benghazi. Alors même que la résolution stipule explicitement qu’elle vise à instaurer une zone d’exclusion aérienne en vue de protéger les populations civiles, la France a été la première à ouvrir le bal en décidant unilatéralement de lancer des frappes aériennes contre les forces gouvernementales libyennes dans la région de Benghazi. Ça doit se savoir, s’écrire et se dire afin que les falsificateurs de l’histoire n’écrivent pas autre chose dans les livres d’histoire. Il paraîtrait selon le nain de l’Elysée que l’homme noir ne serait même pas suffisamment rentré dans l’histoire.

Détrousser la Libye pour enrichir les multinationales

La crise économique pousse l’Occident vers les pays riches en pétrole, en minerais et en richesses de toute nature. J’avais déjà dans un article précédent (ici ou ) abordé cette question. Nous aurons entre le Conseil National de Transition – Conseil National des Traitres libyens – et les pays affamés de l’Occident des accords secrets (s’ils n’existent pas déjà) qui consacreront la disparition des fonds souverains libyens ; ces fonds seront injectés dans le circuit financier pour soulager le Trésor de ces pays y compris le Trésor américain ; la FED étant devenue par une gymnastique subtile le plus gros détenteur d’emprunt de l’Etat américain devant la Chine et le Japon. L’Occident est donc en quasi faillite. La dette anglaise  fait par exemple 270% du PIB. Pour résoudre cette crise et palier cette situation, l’Occident préfère la fuite en avant. La course aux armements est donc devenue pour elle, le seul moyen de créer des emplois via les entreprises telles que Dassault, créer une menace constante pour les pays concurrents en déstabilisant les faibles et moyens Etats pour maintenir les équilibres géostratégiques. Les armements disponibles, il faudra bien les utiliser et pour justifier les guerres, tous les alibis sont bons surtout face à un public occidental qui a l’air de ne guère se soucier des autres peuples, ils vont gober la préparation. De l’alibi d’épuration ethnique (utilisé contre Slobodan Milosevic) à la protection des civils (utilisé contre Kadhafi) en passant par les armes de destruction massive (utilisé contre Saddam Hussein), le chemin est vite trouvé. En pleine crise, les budgets militaires des pays tels que les Etats-Unis, la France ou la Grande Bretagne ont connu une hausse alors que ceux affectés au volet social et autre subissent des coupes régulières comme quoi la précarité et la décadence sont aux portes de l’Occident.

Avant même la disparition des fonds souverains libyens dans les banques européennes et américaines, un vaste chantier après guerre s’ouvre ; celui de la reconstruction puisque toutes les infrastructures de ce beau pays sont sciemment détruites parce qu’ils savent que leurs entreprises reviendront pour les construire. « Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars…. Les entreprises, dont certaines sont déjà à l’œuvre, savent pouvoir compter sur l’aide du gouvernement français ». Cela ne vient pas de moi mais de Thierry Courtaigne, directeur général de Medef International, au lendemain d’une réunion sur la Libye tenue mardi au siège du Medef à Paris en présence de nombreux directeurs de groupes du Cac 40 comme Alcatel, Bouygues ou encore Total. Quatre vingt (80) d’entre elles se sont par ailleurs rendues en Libye ce mercredi.

Sacrée guerre humanitaire !!!

aymard

Lire aussi La Libye, les gendarmes du monde et les traîtres africains

Libye : Les surprises promises par Kadhafi se multiplient

Etats-Unis d’Afrique (LVO) : Les quartiers de Benghazi sont sous contrôle des milices qui soutiennent Mouammar Al-Kadhafi. Plusieurs région voisines de Benghazi ont brandi des drapeaux verts. Deux villes, Tobrouk ainsi qu’une autre ont également développer des drapeaux verts. Ras Lanuf et Brega sont sous contrôle des volontaires.

Ben-Jawad est actuellement occupée par les rebelles. Les habitants de Ben-Jawad se sont depuis longtemps déplacé à Syrte ou une atmosphère tendue demeure. Au cours des deux derniers jours, les rebelles ont subit des défaites majeures. Trois commandants rebelles ont été tués et plus de 2.000 mercenaires blessées. Certaines équipes sont retournées à Misurata, ou la situation qui s’y développe  pour les insurgés est également critique.

A Syrte les forces du CNT se regroupent faiblement. Malgré cela, avec le soutien des forces aériennes de l’OTAN, les rebelles ont regroupés dans l’Est toute leurs forces et ont réussi à prendre quelques districts à l’ouest de Syrte. Mais la guérilla verte garde l’avantage.Une forte explosion à eut lieu dans un hôtel lors d’une réunion entre les dirigeants des représentants des rebelles et les français et les britanniques. Selon un bilan provisoire, environ 90 personnes ont été tuées. Cette attaque réalisée par les milices de la résistance a contraint les rebelles à prendre la fuite.  À l’heure actuelle, des combats se déroulent à la périphérie de Syrte. Les rebelles sont constamment attaqués, mais les défenseurs ont mené une foudroyante contre-attaque et repoussé les rebelles, les forçant à se retirer. Le  problème majeur pour la ville est les bombardements des avions de l’OTAN qui, selon certaines sources, « utilise du phosphore blanc contre les habitants de la ville ». Les bombes de l’OTAN sont larguées sans arrêt depuis 48 heures, mais un tapis de bombes ne peut pars briser la résistance. En attendant, les défenseurs de Syrte ont réussi aujourd’hui à abattre un hélicoptère des forces de l’OTAN.

La situation à Tripoli est à l’avantage de la résistance

En ce moment même, la périphérie de Tripoli est entre les mains des milices et de l’armée. Le matin du 29 Septembre tous les postes rebelles à Tripoli ont été attaqués par l’armée libyenne. Un certain nombre de lieux ont été reconquis. En particulier, le siège de la CIA et de l’OTAN ou des documents ont été saisit.  Un message très intéressant vient de nous parvenir selon lequel de nombreuses zones de la ville ont soulevé les drapeaux verts. Nous entendons des explosions, notamment dans le quartier de Bab al-Azizia. Le port de la ville a été attaqué, poussant les rebelles à quitter certaines zones du port. Il a également été signalé la capture de mercenaires de “Grande Bretagne, de la France et du Qatar à Tripoli. »

A Bani Walid, la situation s’est soudainement retournée. 

Après que la résistance ait tué le commandant des rebelles à Beni Walid, les rebelles, épuisés et démoralisés, ont fuit la ville. Mouammar Kadhafi avait déclaré l’autre jour que les rebelles doivent s’attendre à une grosse surprise. Et ces derniers jours sont riches en surprises.

Autres évènements

La ville de Ghadamès, situé à la frontière avec l’Algérie, est libre de tous rebelle, mais l’OTAN continue d’envoyer des forces spéciales, ainsi que quelques rebelles venus du Nafusy.

L’armée libyenne a lancé une attaque surprise sur le poste de police de Nafusa. 24 rebelles ont été tués, un camion brulé avec du carburant. La résistance libyenne a fait sauter le siège des insurgés dans la ville de Agelat

Hassan Alliby pour stcom.net

Voir la vidéo Frappe chirurgicale du Sniper de Syrte qui d’un obus a mis hors d’état de nuire Noureddine El Gene, le commandant des rebelles de Misrata.

Libye : Le drapeau vert flotte sur Benghazi

Kadhafi : “Le gouvernement populaire ne peut être vaincu !”

International (LVO) : Ce soir, la télévision NSNBC a diffusé des rapports confirmant ce que nous vous disions il y a quelques jours au sujet des drapeaux verts qui ont été hissés dans les quartiers de Benghazi. Ces mêmes drapeaux verts ont à nouveau également été hissé dans de nombreuses régions de la Cyrénaïque.

Les rapports confirment aussi que les affrontements à Tripoli sont incessants. Cela signifie que la résistance à l’agression de l’OTAN est bien entrée dans une nouvelle phase.

L’information de notre source selon laquelles tous les commandants des rats mercenaires ont été tués à benghazi, Syrte et Bani Walid a aussi été confirmée.

 La campagne contre Bani Walid est réduite à des raids aériens et des bombardements, mais l’entrée de mercenaires dans la ville pose problème. La même chose est vraie à Syrte et Sabha, qui sont deux villes d’une grande importance stratégique.

Le fait que le drapeau vert ait été élevé au dessus des bâtiments dans les quartiers de Benghazi et en Cyrénaïque confirme les propos de Kadhafi disant que la population de Libye est elle-mêmes le dirigeant du pays et qu’elle ne sera jamais d’accord avec un autre conseil.

Hier, l’Agence France-Presse a rapporté une progression de l’armée libyennequi utilise des missiles « Grad » à 15 km de Beni Walid forçant les mercenaires à fuir dans la panique. Selon les propres estimations des rats, ils ont perdu 1000 terroristes et mercenaires seulement à Beni Walid.

Le conseil des femmes libyennes de Sabha, Syrte, Bani Walid et d’autres villes a déclaré que les femmes prennent à présent les armes pour chasser les envahisseurs.

La Chaine de télévision Al Rai a rapporté que 151 civils ont été tués à la suite de bombardements aériens et maritimes de l’alliance des pays des Emirats Arabes et occidentaux  sur la ville de Syrte.

A l’étranger :

La Chine a refusé de débloquer au CNT les avoirs libyens dans les banques chinoises.

En Irak, le parti Baas, Interdit en Irak, sous la direction de Izzat Al-Douri, a annoncé se joindre au combat, contre les envahisseurs occidentaux, sous la direction de Mouammar Al-Kadhafi.

Hassan Alliby pour stcom.net

Lybie : l’aveu de la guerre

La choquante parade prématurée des matamores franco-britanniques

George Bush avait célébré, en d’autres temps,  tour à tour sa victoire sur les talibans en Afghanistan puis en Irak. A ce jour, les talibans sont en passe de revenir à Kaboul  et l’Irak est un pays fantoche,  en guerre civile et religieuse. On a beaucoup reproché au président américain ces triomphes à la romaine largement injustifiés et démentis par la suite dans les faits.

Dans un monde où il n’y a plus de vraies victoires ni de vraies guerres, il est imprudent de se comporter en vainqueurs et la visite éclair en Libye de Sarkozy et Cameron si elle n’était pas scandaleuse, serait pitoyable et parfois divertissante.

On s’est moqué de la résolution de l’Onu

Le scandale majeur réside dans l’aveu arrogant d’une hypocrisie totale. S’il y a des vainqueurs, c’est qu’il y a un vaincu. Si le vaincu est Kadhafi, c’est donc bien que le but  recherché était sa chute et non la protection  de populations civiles. On s’est moqué de la résolution de l’Onu. On a menti et, de plus, on en est fier.

Le comportement de matamore – à l’origine quelqu’un qui se vante de tuer des maures puis par extension  des arabes et des musulmans – est prématuré. Rien ne dit que la Libye ne connaitra pas un avenir irakien ou afghan. On peut  même assurer que ce sera l’un ou l’autre, peut-être les deux à la fois.

Reste qu’il y a aussi de quoi sourire…

Quand le président français affirme qu’il n’est pas intéressé par les ressources libyennes et que sa guerre est morale, mais qu’il rajoute que « si les entreprises françaises étaient récompensées, ce serait  rendre justice au rôle de la France ». C’est de l’humour ?

Quand à l’hôpital de Tripoli il est accueilli par des «  Allah Akbar » cela  reflète bien les convictions profondes de ces « démocrates »

Quand il prononce en français un discours, parait-il gaullien, devant une foule qui ne comprend que l’arabe dialectal avec quelques mots parfois d’italiens.

Quand cette foule acclame les représentants des deux pays colonisateurs historiques du continent, faisant se retourner dans leurs tombes les libérateurs autochtones. La colonisation, la vraie a été elle aussi souvent une libération  de tyrans sanguinaires. Cela devrait faire réfléchir certains.

 N’est ni Scipion l’africain, ni Gordon le défenseur des populations civiles de Khartoum, qui veut… mais notre Lawrence des sables de la tripolitaine  peut se réjouir. Il a occulté le débat ennuyeux des candidats du Ps à la primaire.

Si par malheur pour lui la présidence française lui échappait, il pourrait toujours devenir grand mamamouchi du Fezzan et de la cyrénaïque si bien sur……. le nouveau grand turc le lui permet.

Jean Bonnevey

Extrait de « Chronique du choc des civilisations » : “La Libye de Kadhafi sous les bombes de l’Otan”

Realpolitik.tv propose en exclusivité le téléchargement du chapitre consacré à la Libye de Chronique du choc des civilisations (pages 52 à 55), “La Libye de Kadhafi sous les bombes de l’Otan”.

Chronique du choc des civilisations, pages 52 à 55

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Extrait

Le régime du colonel Kadhafi avait réussi à maintenir une certaine unité dans un pays en fait profondément fragmenté. Le soulèvement de l’est, au printemps 2011, a d’abord un caractère tribal. L’intervention armée de l’Otan, quant à elle, n’est pas sans rapport avec les richesses en pétrole et en gaz du sous-sol et des fonds sous-marins libyens.

Le 1er septembre 2009, le régime du colonel Mouammar Kadhafi fête en grande pompe son 40ème anniversaire. Réhabilité depuis 2007 par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, le régime a officiellement tourné le dos au terrorisme (explosion de deux avions commerciaux occidentaux au-dessus de Lockerbie et du désert du Ténéré, mais aussi soutien à l’IRA et à l’ETA basque dans les années 1970-1980) et aux armes de destruction massives. Ce jour-là à Tripoli, parmi les très nombreux invités d’honneur venus du monde entier, se retrouvent les présidents zimbabwéen Mugabe et soudanais Omar Hassan Al-Bashir, le chef le plus connu de la piraterie somalienne, Mohammad Abdi Hasan Hayr, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi…

À la mi-février 2011, l’onde de choc consécutive à l’effondrement des régimes de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte provoque un nouveau soulèvement des provinces rebelles au gouvernement de Tripoli. (…)

30.000 Bombes Sur la Libye, Une Mission Humanitaire du Diable

Après environ 8.000 raids aériens, et une estimation de 4 bombes lancées par attaque, l’OTAN a déjà largué plus de 30.000 bombes sur la Libye. Ca fait pratiquement 200 bombes par jour pendant 6 mois, soit des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs puissants. Avec une estimation de 2 Libyens tués par bombe et aucune victime du côté de l’OTAN, les régimes occidentaux ont massacré environ 60.000 Libyens au cours des six derniers mois alors que les rebelles eux-mêmes annoncent 50.000 morts. Une sacrée mission humanitaire, n’est-ce pas ?

Le déroulement de la « guerre civile » en Libye peut être mieux décrit par les événements du 21 août. Ce dimanche après-midi, une équipe de télévision de la BBC a montré une colonne rebelle en train de s’enfuir de Zawiya, dans les environs de Tripoli. Battant pitoyablement en retraite, jetant des regards effrayés par dessus l’épaule et fuyant à toutes jambes sur la route par laquelle ils étaient arrivés – même la « presstituée » de la BBC qui était sur place n’a pas pu se retenir d’exprimer son dégoût devant la scène. Une fois de plus, confrontés à une résistance déterminée, les rebelles ont fui et montré leur véritable nature.

Le lendemain matin, une journaliste de France24 a raconté comment, plus tard dans la nuit de ce même dimanche, elle avait accompagné ces mêmes rebelles lorsqu’ils ont traversé Zawiya sans rencontrer la moindre résistance jusqu’à la Place Verte au centre de Tripoli, en croisant cette fois-ci une enfilade de ruines d’immeubles bombardés qui brûlaient encore.

Voilà ce qu’aura été la guerre de l’OTAN et si le monde ne le comprend pas, les rebelles, eux, ne le comprennent que trop bien.

Un problème majeur pour l’OTAN et sa Ligue de Traîtres Libyens, connue aussi sous le nom de Conseil National de Transition, est que la majorité des militaires rebelles sont sous les ordres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), un groupe qui se présente comme affilié au groupe Al-Qaeda du Maghreb.

Tandis que d’anciens terroristes de GICL devenus « combattants de la liberté » vont de maison en maison pour arrêter et exécuter des « supporters de Kadhafi » et des « mercenaires africains » à Tripoli, la vie quotidienne pour les habitants de la ville s’est transformée en une opération de survie. Sans eau depuis près de deux semaines, sans gaz pour cuisiner ou de combustible pour les véhicules et avec la nourriture qui commence à manquer, l’avenir pour la population de Tripoli paraît incertain.

Certains médias internationaux ont affirmé que la Grande Rivière Artificielle (GRA), le système d’irrigation qui fournit presque la totalité de l’eau du nord de la Libye, a été bombardée par l’OTAN. D’autres prétendent que les « loyalistes de Kadhafi » contrôlent toujours les puits du sud et qu’ils ont coupé l’eau – si c’est le cas, alors même Benghazi manquera d’eau. Tripoli devra donc importer son eau pendant un certain temps et le fait de savoir comment une ville de près de 2 millions d’habitants pourra vivre avec de l’eau importé par camions-citernes est un sujet que les médias n’abordent plus.

Le « Conseil National de Transition » désormais reconnu comme le « gouvernement légitime de la Libye » par les gouvernements de l’OTAN et leurs alliés est composé de nombreux anciens hauts officiels du gouvernement Libyen et se trouve de plus en plus dans une position délicate. Avec l’Union Africaine qui tente d’empêcher le déblocage des fonds du gouvernement Libyen détenus dans les banques occidentales il n’y a plus beaucoup de temps à perdre si ce CNT veut pouvoir continuer d’exister.

Le président Sud-Africain, Jacob Zuma, a condamné les dirigeants du CNT qualifiés d’escrocs et exigé la restitution des dizaines de millions de dollars que les hauts dirigeants ont volé lorsqu’ils étaient en fonction dans le gouvernement Libyen avant que l’Union Africaine ne lève son opposition au déblocage des fonds du gouvernement de Kadhafi.

Les dirigeants de l’OTAN doivent se démener pour maintenir le CNT à flots. Les images de palettes chargées sur deux mètres de haut de 200 millions de dinars Libyens acheminés par avion depuis Londres montre la fragilité de l’influence du CNT. Alors que le cirque des « amis de la Libye » organisé par l’OTAN et qui se tient à Paris promet de libérer les milliards de dollars Libyens détenus en otage par l’Occident, la mise en application de ces promesses est une toute autre affaire. La corruption et l’incompétence sont la marque des dirigeants du CNT et il ne sera pas surprenant d’entendre parler plus tard de détournements massifs de fonds.

La grande question est de savoir combien de temps les dirigeants du GICL/AQM laisseront-ils le pouvoir à leurs anciens ennemis jurés au sein du CNT. Déjà le « gouvernement » rebelle dans la ville portuaire de Misrata a annoncé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du CNT et on y signale la tenue de manifestations quasi quotidiennes pour exiger l’expulsion du CNT des anciens fonctionnaires du gouvernement Libyen.

Pendant ce temps, de vastes étendues du désert Libyen dans le sud n’ont pas été conquises par l’OTAN et pratiquement toute l’eau et une partie du pétrole échappe au contrôle du CNT.

Avec de centaines de villages et de petites villes éparpillées à travers un territoire immense, le Colonel Kadhafi et ses supporters ont encore une vaste zone à leur disposition. Avec l’Algérie qui combat Al Qaeda du Maghreb, sa frontière avec la Libye reste ouverte et offre un terrain de repli aux opposants aux rebelles de l’OTAN. Le CNT a déjà sonné l’alarme quant à une insurrection à long terme qui pourrait s’implanter dans le sud de la Libye et qui utiliserait l’Algérie comme base arrière.

Jusqu’à présent les dirigeants Al-Qaeda et les gros bras de l’occident au sein du CNT n’ont pas encore commencé à s’entredéchirer mais une guerre interne paraît inévitable. Il se pourrait que nous assistions à des bombardements par l’OTAN de ses anciens alliés.

Une chose qui est claire est que la tragédie Libyenne ne fait que commencer et la capture de pratiquement tout le nord de la Libye par les rebelles de l’OTAN n’est que le début. 30.000 bombes sur le pays et la mort de quelques 60.000 Libyens marquent plutôt le début que la fin de cette catastrophe.

Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain était un membre de la 1e Délégation de Paix américaine en Libye en 1987 et est le seul journaliste occidental indépendant dans la Corne de l’Afrique, vivant et annonçant de l’Erythrée depuis 2006. Il peut être contacté à thomascmountain@yahoo.com.

http://www.counterpunch.org/2011/09/02/30000-bombs-over-liby…

Traduit de l’Anglais par Aymard

Les Vrais Chefs d’Al Qaïda se trouvent dans l’Empire

Il me semble que pour bien comprendre la « tragédie » qui se joue en Libye, il faut partir de l’objectif initial de cette intervention qui bien entendu n’a rien à voir avec la « démocratie ». Il y a la volonté d ‘accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

Le président américain Barack Obama en visite dans la communauté juive

L’objectif était la dislocation d’une Nation et d’un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région. Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l’intrusion des bandes armées n’a pu se faire qu’avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des « puissances occidentales » et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d’Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d’« Al Qaïda » se trouvent à la « Maison Blanche » et au « Pentagone »; c’est toute une longue période de l’histoire de cette « organisation criminelle » qui s’achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu’en Syrie la même stratégie d’infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d’exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses. Si les sbires « salafistes » constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l’enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d’influence au service des plans de l’« impérialisme », dont cette organisation est l’une des plus anciennes créations. Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l’« OTAN » planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples. Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des profitos comme BHL et des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur « CNT » est aujourd’hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter. Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l’onde de choc va se répandre jusqu’à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l’envoi de milliers de soldats pour des combats au sol. Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre. Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C’est une mauvaise nouvelle pour les « maîtres du monde », mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d’altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites. Quoi de plus ridicule et dérisoire que d’entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la « Maison Blanche » ne sait au juste de quoi il est ministre. Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu’elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

« Standard and Poor’s » l’a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l’abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l’« Administration Obama » a imposé la politique de réduction des déficits publics. Les pires canailles n’en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous. Le « Congrès américain » vient d’adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les « Républicains » qui n’en sont plus et les « Démocrates » qui ne l’ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d’existence, toutes les garanties d’une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d’américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné. Tous, « Républicains » ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d’Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la « révolte sociale » de millions et de millions, d’hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l’avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l’on appelle le « Tea Party », une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l’affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l’un des 2 grands partis institutionnels, l’embryon d’un parti de type « fasciste ».

La complexité et la difficulté de la position d’Obama tiennent à la nature même du « Parti Démocrate » et de ses liens avec l’« AFL CIO », la grande centrale syndicale américaine. Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son « Parti » n’auraient aucune hésitation à plonger des millions d’hommes dans la déchéance, ce qu’il ont largement commencé à faire.

L’opposition à Obama ne se trouve pas au sein du « Parti Démocrate », l’opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le « Parti Démocrate », ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical. Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c’est avec ceux-là qu’a commencé un choc frontal avec la politique d’Obama.

Tout ce qui fondait le « conservatisme » politique du peuple américain, son attachement à l’« American way of life », sa croyance au rêve américain, son attachement à ses « institutions démocratiques », tout ce fatras confus d’illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l’Amérique. Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd’hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n’hésiteront pas à employer, des millions d’hommes s’éveillent à la conscience politique, c’est cela la grande nouvelle de notre temps. Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le « 11 Septembre » n’a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n’a sans doute jamais connue d’une ampleur telle qu’elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d’exception. Il suffira d’attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J’ignore si comme le dit la « Bible », les israélites sont le peuple élu et Jérusalem est au centre du monde, mais c’est ici et dans cette région d’Israël, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde et les exécutants sont les occidentaux. Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup, une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce petit pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables.

Comme partout dans le monde, un groupe de « capitalistes » s’est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (…) Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la « puissance sociale » des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette « puissance sociale » qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu’ils en disent et l’« arrogance » et la « morgue » qu’ils affichent aux autres.

Auteur :Rakosky