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Wabi FAGBEMI à propos de la gouvernance de Boni Yayi : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

BENIN – Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD), invité de « Sous l’arbre à palabre », organisé par « l’événement précis » : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD)

Statutairement propulsé au Secrétariat général du Parti du Renouveau démocratique (PRD) après la démission de Moukaram Badarou, Wabi Fagbémi, très peu médiatisé a accepté se soumettre aux préoccupations de la conférence de rédaction de L’Evénement Précis dans sa rubrique atypique « Sous l’Arbre à palabre ». L’exercice a permis d’explorer la vie de ce parti politique à la lumière des dernières actualités politiques et socioéconomiques mais aussi les supposées crises de fonctionnement et d’existence. Le Prd au sein de l’Union fait la Nation… Mais au cœur des débats, il y a une bonne place pour la personne-même du Secrétaire Général Fagbémi. Depuis le primaire à la dernière année de sa carrière d’enseignant passant par ses amours de syndicaliste, on se rend compte que l’ascension à la tête du secrétariat du Prd n’est pas un hasard.

Et si on en parlait

Comment se porte le PRD ?

Le PRD se porte très bien. Au lendemain des élections présidentielles de 2011 et même des législatives, beaucoup de langues ont fait croire que c’est fini pour ce parti, parce que, évidemment, depuis fort longtemps, c’est la bête à abattre. Mais il se relève chaque fois. Vous avez constaté avec l’université de vacances, que malgré tout, le parti a su se reprendre et se relever très tôt, si bien qu’aujourd’hui, je pense que vous le constatez, le parti vit bien.

Le silence de HOUNGBEDJI à l’université de vacances

Est-ce qu’il est dit tout le temps que le président Adrien Houngbédji doit parler ? Le secrétaire général a parlé, le président de l’université de vacances aussi. Je pense quand même que c’est suffisant. Le moment viendra où il va parler. Et vous le connaissez bien. Il ne parle que lorsque c’est vraiment utile, lorsque c’est vraiment urgent.

Adrien Houngbédji et le K.O de la présidentielle

Je pense qu’aujourd’hui, les hommes politiques de notre pays doivent dire la vérité. De 1990 à ce jour, je pense que le leader politique qui a marqué la vie de notre nation, c’est bel et bien Adrien Houngbédji. Vous l’avez vu à l’université de vacances, tout rayonnant. D’aucuns ont même dit qu’il est devenu encore plus jeune. Souriant.

C’est la preuve que le président est déjà habitué à ces épreuves. Ce n’est pas pour la première fois. Le K.O en question était annoncé avant même les élections ! 53%, c’était déjà annoncé avant les élections ! Et c’est ce que nous contestons ! Ce K.O forcé, c’est un hold-up. Et tout le monde le sait. Même les auteurs en sont conscients. Ils en sont tellement conscients qu’à tout moment, ils se réclament être l’élu du peuple.

La reconnaissance du K.O par la communauté internationale

Selon vous, la communauté internationale a reconnu. Evidemment, lorsque tous les observateurs qui arrivent dans le pays sont chambrés, nourris, correctement entretenus, ils ne peuvent dire que ce qu’ils ont dit.Mais en vérité, sur le plan international, il n’y a pas à se cacher la figure, notre pays à des problèmes. Notre démocratie n’est plus crédible. Lorsqu’on cite les pays qui ont conduit les élections de façon transparente, on ne cite plus le Bénin.

Le mutisme de l’opposition

Vous avez parlé de l’opposition. Est-ce qu’il y a une loi dans ce pays qui permet à la classe politique de jouer un rôle de l’opposition ? Prenez la loi sur le statut de l’opposition et son décret d’application. Il y a trop de choses qui clochent. Partout où il y a opposition et que c’est réglementé, non seulement il y a la loi sur le statut de l’opposition, mais il y a également la loi sur le financement de l’opposition. Est-ce qu’on a réglé cette question dans notre pays ?

 Est-ce qu’on permet aux partis politiques de jouer le rôle de l’opposition ? C’est ça la question. D’abord la loi elle-même donne des limites. C’est seulement l’opposition parlementaire qui est concernée par cette loi. En dehors du Parlement, n’ y a-t –il pas d’autres partis qui peuvent être de l’opposition ? Ceux qui vont se déclarer opposants, ils seront quoi ? Leur sécurité est-elle garantie ? Ont-ils accès à l’information sur l’administration, sur la gouvernance du pays ? Et les médias, y-ont-ils équitablement accès ?

Ce n’est pas comme dans les autres pays où il ya vraiment un statut de l’opposition et que ceux-là ont tous les moyens pour jouer ce rôle. Or, en démocratie cela est nécessaire, sinon vous allez tendre vers la dérive. Je pense que nous sommes sur cette pente actuellement, lorsque toutes les institutions de la république sont caporalisées, celles qui doivent jouer le rôle de contre-pouvoir ne l’exercent plus, et bien, le chemin est balisé pour la dictature. Le peuple est pris en otage à partir de ce moment. Vous voulez que dans ces conditions-là, qu’on aille plus loin que ce que nous avions fait.

Qui a gagné les dernières élections ?

Vous savez très bien que, nous n’avons pas perdu les élections. Mais nous, nous n’en sommes plus là ; nous sommes plus que jamais dans la logique de notre slogan ‘’avançons maintenant’’

Les démissions après les élections

Nous avons déjà fait plusieurs présidentielles dans notre pays et nous savons comment les gens observent la direction du vent pour se loger auprès des candidats et après les résultats chacun rejoint sa maison. C’est évident qu’il faudra faire une évaluation de la participation du PRD aux dernières élections. On est entrain de faire une analyse critique de ces élections et le moment venu vous aurez donc les résultats.

Le slogan« Réagissons maintenant »adopté par l’UN pour les législatives a bien porté ses fruits mais on lui a tordu le cou. Pour les législatives, vous avez estimé que c’est la débâcle. Non ce n’est pas vrai. C’est le même système. C’est la Lepi contestée qui a toujours jouée. Quand le Secrétaire général part, selon ce que les textes disent, en attendant le congrès c’est l’adjoint qui le remplace et c’est ce qui a été fait. Le congrès c’est pour bientôt en décembre. Ça nous fera cinq ans donc on va au congrès en décembre, nous n’avons pas encore pris une date. La date d’anniversaire c’est le 18 décembre.

Je pense que la suite va éclairer tout le monde. Vous voyez lors de notre conseil national à Calavi, nous avons pris des résolutions entre autres : l’ouverture et le dialogue. C’est grâce à cela que beaucoup de jeunes sont rentrés au PRD et aujourd’hui si nous faisons le point, c’est que cet engagement qu’on a pris à Calavi est très avantageux pour le parti ;lorsque dix (10) jeunes entrent au parti et que deux (02) quittent, le rendement est bon.

Le rendement est bon en matière de mobilisation politique. Est-ce que aujourd’hui vous pensez ou constatez que le PRD est affecté ? Au plan moral, je ne pense pas. Jusque-là encore, vous n’avez pas vu l’enthousiasme qui a entouré les dernières manifestations de notre université de vacances ? Comment les militants se sont déplacés massivement ?

La RB et la main tendue de Yayi

Permettez que je ne me prononce pas sur cet aspect de comportement de la RB. Chacun fait son choix, il paraitrait que le Président Yayi Boni a tendu ses mains. A qui veut de choisir la main où ne pas la prendre. Nous, nous sommes dans une alliance, l’union fait la nation, qui est ouverte à tout le monde ; on n’a pas vu la main ; certainement qu’il a voulu tendre la main à l’UN et il l’a tendu à d’autres personnes.

Il a confondu peut être les personnes. Pensez-vous que la meilleure manière de tendre la main est de saisir au sein d’un ensemble n’importe quel membre surtout lorsqu’on veut réellement former un gouvernement d’union nationale ? Vous pensez que c’est la meilleure manière ? La bonne manière c’est le dialogue sincère avec les chefs de parti. C’est le dialogue qui a été l’un des piliers même des recommandations de la conférence nationale de notre pays.

L’université de vacances

Nous avons les résultats qui encouragent à continuer. Nous avons pris trois résolutions : une résolution qui concerne le parti et qui donnera au parti plus de visibilité et permettra donc au parti de s’enraciner plus et de se maintenir sur l’échiquier politique national, nous avons pris une résolution par rapport à l’UN pour dire que c’est un creuset idéal qu’il faut fortifier parce que vous constatez aujourd’hui que c’est ici que les partis que vous appelez partis opposants se sont retrouvés ensemble et encore ils sont allés plus loin pour choisir un seul candidat.

Dans la sous région et même dans toute l’Afrique aujourd’hui l’exemple est suivi un peu partout. Et la troisième résolution, c’est par rapport à la gouvernance dans notre pays. Ainsi avons-nous analysé l’actualité nationale dominée par des tensions. En ce qui concerne le programme de vérification des importations, nous avons déploré la non prise en compte des acteurs concernés et l’absence de mesures d’accompagnement en vue d’amoindrir les effets induits.

Quant à la proposition de loi relative au droit de grève, nous avons dénoncé le caractère liberticide de cette loi. Aussi, avons-nous recommandé la revue de ce programme et le retrait définitif de cette proposition de loi, afin d’apaiser la tension politique, économique et sociale dans le pays

Houngbédji toujours Président du PRD ?

Jusqu’à l’heure actuelle vous avez constaté que quelque part on a dit qu’il n’est plus le président ? Il demeure et reste le président du parti. Certes un parti politique n’est pas lié à un homme. Non, un parti politique c’est pour toujours. Le leader charismatique du PRD est peut-être au soir de pouvoir participer à une échéance électorale présidentielle aujourd’hui , mais il n’est pas au soir de sa vie politique. Vous parlez de guerre de succession. Non parce qu’avec le fonctionnement du PRD, la structuration même du PRD, je ne pense pas que ça puisse laisser place à une guerre comme vous le pensez.

Gaston Zossou présumé dauphin de Houngbédji !

Je n’en sais rien mais ce que je puis dire est qu’Il est au PRD. Moi je vous confirme qu’il travaille avec le PRD. Et puis,ce n’est pas n’importe qui, qui peut être dans la cellule de communication du Président Adrien Houngbédji !

La Lépi, instrument de vol des élections

Nous l’avons réaffirmé encore à l’Université vacances (UV) que la Lépi c’est l’instrument par lequel on a opéré le hold-up électoral. C’est ça et s’il faut insister encore sur l’audit de cet instrument. On l’a dit et on continue de le dire. Nous, nous n’attendons jamais la veille des élections pour soulever les grands problèmes mais jamais le gouvernement n’a pensé les régler au plus tôt. Le peuple Béninois n’est pas ce qu’on pense et il semble qu’on tend vers une situation critique.

La refondation emaillée par la précipitation

Comme le changement, la refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations. La preuve, quelle consultation il y a eu au préalable pour savoir si le peuple adhère aux lois que l’on sort la nuit et fait voter à 04h du matin ? C’est vrai que les députés sont les représentants du peuple et c’est eux qui votent les lois.

 Mais comment ils les votent ? Les députés de la mouvance se retirent et concoctent des choses qu’ils cachent a leurs collègues et c’est la nuit qu’on les sort sur la table et demande de voter avant le matin. Bien sûr qu’une plénière est convoquée avec l’annonce de l’ordre du jour, mais quand cela est fait et vous n’avez pas le support des lois et c’est arrivé a l’Assemblée nationale qu’on prend connaissance d’une loi qu’on doit voter.

Je pense que la démocratie prend des coups. Il faut investiguer et aller constater si le processus normal pour convoquer les plénières est respecté. Vous pouvez attendre pour comparer le contenu de la loi portant révision de la constitution qui a été publiée à ce qui sera sortir à l’assemblée. Je pense qu’aujourd’hui il est nécessaire pour tout béninois de prendre conscience du contexte que nous sommes en train de vivre.

 C’est un contexte marqué par une dérive totale. La démocratie est sérieusement menacée, sinon on ne peut pas agir de la manière qu’on est entrain de constater où on ne veut pas de dialogue. On fait ce qu’on veut et ça doit se faire. Si la démocratie est la dictature de la majorité sur la minorité qui ne doit pas parler c’est bon.

 Le dialogue est très important pour se comprendre, pour éviter les frustrations or c’est des frustrations que naissent la guerre.Le peuple béninois est frustré aujourd’hui, ne soyez pas étonné qu’un jour les medias annoncent que vous êtes dans une autre république, puisque c’est à 04h du matin qu’on vote les lois. C’est vers cela que nous évoluons.

Et alors les réalisations sous Yayi

Il y a bien sûr des réalisations. Je ne connais pas un gouvernement qui est arrivé dans notre pays et qui n’a pas réalisé quelque chose. Il y a beaucoup de reformes, mais tout ce que nous constatons est marqué par la précipitation. Quel résultat positif peut-on obtenir dans une telle précipitation ?

Il y a un conseiller du président de la République qui a dit quelque chose, il y a longtemps. Il demande d’enclencher d’abord avant de penser à réparer. Après on va colmater les brèches. Voilà comment on gouverne le pays. Si vous retourner sur vos bandes, vous allez retrouver ce que je viens de dire, peut être que ce n’est pas avec les mêmes termes. C’est ce qui se passe au port actuellement.

PVI, mauvais instrument ?

C’est un bon instrument pour renflouer la caisse de l’Etat normalement. Mais il aurait fallu qu’à l’avance qu’on discute avec les acteurs et qu’on trouve un terrain d’entente et prévenir. Aujourd’hui on a effectué un rentrée scolaire, voyez ce qu’on a installé au bord des voix pour vendre des fournitures, c’est-à-dire les « RAL ». Combien de personnes vont vers ces installations pour acheter. Comprenez que l’économie se porte mal.

C’est un indice. Or tout cela transite par le port. Cela veut dire que les opérateurs économiques ont des problèmes, il ne faut pas faire des reformes pour gêner la nation. Si on veut construire et développer, c’est ensemble que c’est possible. Ce n’est pas tout seul, tout le monde doit jouer sa partition avant, pendant et après.

Le PRD exclu de la prise de décisions ?

Moi, je ne dirai pas qu’est ce que le gouvernement ne permet pas au PRD de faire. Mais est ce qu’il tient compte des réactions du PRD, c’est tout le problème.

On a déjà trop parlé du problème de gratuité. Et pour ce qui concerne le paludisme, C’est heureux et nous remercions au passage tous ces partenaires ; mais est-ce que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que la population soit vraiment satisfaite? Regarder l’exemple des moustiquaires distribuées ! Avant de lancer un processus, il faut l’essayer et voir tous les contours. C’est tout ce que nous reprochons.

Il est vrai que nous sommes des hommes et personne n’est parfait même moi qui suis ici. Mais l’éducation que nous avons reçue devrait nous permettre de dire je veux faire telle chose, est-ce-que c’est possible et quelles sont les dispositions que je dois prendre. Je veux qu’on voie ensemble les réformes et réalisations, c’est emmailler d’erreurs parce que c’est dans la précipitation.

La loi sur la grève !

Par exemple celle sur la réglementation des grèves et vous le savez, si nous sommes en démocratie aujourd’hui, c’est grâce à la grève. Souvenez-vous des souffrances des années 1980 et ce n’est qu’en 1989 que la craie est tombée de la main des enseignants par inanition, au CEG Davié. J’étais acteur et c’était des risques énormes, le gouvernement de Mathieu Kérékou avait dépêché une forte délégation sur les lieux, mais une fois qu’ils nous ont écoutés, ils ont coulé des larmes et la rencontre prit fin.

Et c’était le tournant décisif ; mais aussi avec d’autres actions de l’intérieur comme de l’extérieur nous sommes parvenus à la conférence nationale. Est-ce qu’aujourd’hui, les conclusions de cette conférence ne sont pas menacées ? Il faut se demander pourquoi il y a beaucoup de grèves.

Comparaison des régimes Soglo-Kérékou-Yayi

Je veux faire une comparaison des grèves sous le régime de Soglo, de Kérékou et de Yayi, c’est le régime de Yayi qui bat le recors. Et c’est dans tous les domaines. C’est Yayi qui a fait la pléthore dans la fonction publique et il doit le régler ? C’est plutôt un problème de gouvernance au Bénin. Sous Kérékou, il y a moins de grèves et quand il y en a, il y a négociation. Vous avez les archives, je veux prendre l’exemple de la période de 1996 à 1998 avec le premier ministre Adrien Houngbédji.

 Son arme dans ce domaine est la négociation et dès qu’il s’engage, les problèmes sont réglés à telle point que certains partis politiques de la mouvance de Kérékou pensent que c’est lui qui les crée et apaise, c’est qu’il a de la méthode. Est-ce que c’est par la loi qu’on limite les grèves ? La loi réglemente les activités syndicales. Mais la loi n’interdit pas la grève, on ne doit pas aller jusqu’à ce niveau-là, c’est la dérive. Moi je ne suis plus responsable syndicale aujourd’hui, mais je dis à mes responsables syndicaux, qu’ils ne doivent pas faillir.Concernant la refondation des valeurs morales je pense que nos coutumes et traditions sont déjà très riches en la matière, est-ce que les parents ne sensibilisent pas les enfants sur un certain nombre de choses ?

 Le limogeage du Haut-commissaire au pèlerinage

Le Haut commissaire au pèlerinage, Rafiou Toukourou qui est sanctionné et suivez moi. J’ai suivi à la télévision le secrétaire de Rafiou Toukourou. Il a situé les responsables ; pour dire que c’est la Direction du transport du ministère qui est chargée de choisir l’aviateur. C’est déjà là le problème. Pour engendrer la situation, la responsabilité est déjà située; alors pourquoi on n’a pas agi dans ce sens là.

C’est ce que je constate et cela a été toujours comme cela. Vous l’avez suivi, « on laisse le serpent pour taper dans la brousse » bien sûr est-ce que c’est même dans la brousse parce que si on tape dans la brousse on va réveiller d’autres choses. On a tapé sur le sol nu.

Une vision critique du processus de la révision de la constitution enclenché

Les sages de la Cour Constitutionnelle sont entrain d’endormir le peuple en relevant l’article 6 de la loi référendaire de ce qui leur a été envoyé pour montrer qu’ils ont réagi contrairement à ce qu’ils ont l’habitude de faire. Et effectivement, certains ont acclamé comme ils le souhaitent et c’est pourquoi je dis « ne soyez pas surpris quand un beau matin vous vous réveillez pour entendre que vous êtes dans une autre République ».

 Puisque l’Assemblée Nationale peut le faire et ils ont la majorité qu’il faut pour le faire. C’est parce qu’ils ont la majorité qu’il faut pour le faire qu’ils ont déplacé le débat là en retirant les prérogatives du peuple en la matière. Et que c’est la majorité de l’Assemblée qui peut statuer là-dessus. C’est ce que la constitution dit ? C’est ce que la Cour a dit. Il y a deux voies pour réviser la constitution.

Il y a la voie du peuple ou voie référendaire et il y a la voie des députés de l’Assemblée Nationale. Lorsqu’on exclut l’une des voies il reste quoi ? Il reste la deuxième voie. Nous sommes des intellectuels, et il ne faut pas qu’on triche avec le peuple. Je suis d’accord avec la révision de la constitution mais je ne suis pas d’accord avec une révision opportuniste. Même aujourd’hui est-ce que c’est si urgent que ça de réviser cette constitution ?

Est-ce que sans réviser la constitution; la Nation ne vit pas ? Moi, je pense que ce qui est urgent ? C’est l’outil qu’est la LEPI, l’instrument fondamental pour la survie de notre démocratie ; c’est plutôt ça. Il faut d’abord régler ce problème là avant toute consultation électorale.

Des affectations politiques qui frustrent.

J’ai suivi tout récemment le front des enseignants qui rejette les affectations qui ont été faites à l’enseignement secondaire et ils disent que c’est des affectations politiques. Si tu n’es pas avec moi, je vais te déranger, je vais te gêner. C’est ce qui se dit au quotidien maintenant. Si toi opérateur économique tu n’es pas eux, tes affaires ne vont pas prospérer, tu ne gagneras pas de marchés.

 Est-ce que les affectations à l’enseignement tiennent compte des listes d’aptitude ? Il faut écrire je veux ; on examine et on mène l’enquête pour savoir est-ce qu’il est avec nous ou non, c’est tout. Moi ça ne me dit plus rien car je suis dedans il y a longtemps. D’ici quelques mois je vais à la retraite. Je ne parle pas seulement de mes militants, mais de tout le monde; parce que même dans leur rang il y a de frustrations.

L’avis de l’opposant sur la loi sur la corruption

Très bien ! La marche contre la corruption depuis 2007 et nous sommes en 2011 aujourd’hui. Dites-moi franchement avec tous les chapelets de mauvaise gestion qu’on a révélée après cette marche si quelque chose a changé. La loi sur la corruption vient d’être votée et les spécialistes en ont déjà parlé suffisamment.

Mais le seul point que je relève est-ce que c’est le Chef de l’Etat qui va délibérer, puisque c’est lui qui est à la tête de la commission qui va décider. Si réellement on est conscient qu’on veut lutter contre la corruption ; revoyez bien votre justice, c’est la justice qui règle ces cas-là. Revoyez la justice pour qu’elle réponde correctement aux besoins de la Nation.

Enseignement et dévotion

Moi, j’enseigne les SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, au CEG Djassin. Allez voir mon Directeur pour savoir si je ne suis pas au cours. Mes élèves sont très chers pour moi et chaque fois que j’en rencontre, je me sens très heureux pare ce que de ces anciens élèves que je n’arrive plus à reconnaitre et qui me rendent d’énormes services, qui m’honorent.

Elu communal à Pobè

Je pense que la population de Pobè peut témoigner, je suis président de la commission éducation ; aujourd’hui à Pobè le système éducatif a reculé ? Mais, on est parti de deux ou trois collèges à Pobè, pendant que les autres communes d’à côté sont à neuf, dix collèges. Aujourd’hui chaque arrondissement de Pobè à son CEG et l’arrondissement de Pobè même a déjà trois CEG. Un quatrième CEG est prévu. Quand les fruits seront murs, vous saurez qu’il y avait des travaux en cours.

La caractéristique de Pobè c’est son sol. Pobè a un sol hydro morphe. Je vous ai dit quelques chose tout à l’heure, on ne peut pas mettre des engins sur ce sol maintenant, il faut attendre. Et le conseil qui est là est en train de bousculer beaucoup de choses. Si vous connaissez Pobè, et que vous connaissez la place mythique de Pobè, un véritable dépotoir, aujourd’hui le conseil a négocié avec les sages et nous voulons en faire une place touristique.

La crise du football vue par l’opposant

Je souhaite que tout le monde ramène la balle à terre. Il faut repenser autrement le football. Il faut que tous les acteurs se retrouvent et que chacun oublie ces querelles et laisse un peu de soi.

Conclusion

Je vous remercie une fois de plus, je souhaite que vous continuiez, car je trouve l’ambiance aussi magnifique que je ne l’aurais imaginé. Je vous félicite sincèrement et vous encourage à continuer ainsi, parce que vous constituez un maillon très important dans l’arène médiatique du Bénin.

Carte d’identité

Enseignant par vocation

Plutôt costaud, 1,72 mètre environ sur une silhouette de lutteur, le Secrétaire Général du PRD a le profil du poste. Originaire de Pobè dans le Plateau, c’est là qu’il débute le cours primaire en 1959 à l’école de la mission catholique de la localité. « Mon père est charpentier, rappelle-t-il. Il fendait des madriers. Les prêtres venaient s’approvisionner chez lui, et c’est comme ça qu’un matin la sœur Berth venue prendre quelques planches dit à mon père : « Mais Karim, l’enfant ne va pas à l’école ? » Mon père a dit : « Non, son grand frère va déjà à l’école, lui, il est avec moi. » Finalement, la religieuse finit par amener Wabi à l’école catholique, lui qui était issu d’une famille musulmane fervente.

 « Je voyais mes maîtres très élégants et quand ils viennent en classe on leur voue du respect, » se souvient-il encore. De là, est née chez lui la vocation de l’enseignement qui s’est accentuée au collège. « J’ai été marqué par un directeur, M. SOGLOBOSSOU Jules, au collège en 1967. Là c’était la rigueur, la discipline. Tu dois te mettre à jour. C’était bon, c’était beau. Et je suis rentré au lycée BEHANZIN en 1973 et là, j’étais dans un monde où les professeurs qui venaient avaient du talent ». Il cite alors un certain Jérôme Carlos, aujourd’hui directeur de la radio CAPP FM et chroniqueur reconnu qui a créé en lui cette envie d’être du corps enseignant.

« Quand il rentre dans la classe, mais vous avez envie d’être comme lui. Vous avez envie de parler comme lui. » Sur insistance de son grand-frère alors à l’extérieur, Wabi choisit une branche scientifique. Après son Bac obtenu en 1976, il entame des études scientifiques à l’Université nationale du Bénin. La Faculté des sciences et techniques (FAST) où il s’est inscrit, lui impose encore de passer par l’école normale, après le premier cycle universitaire. Devenu professeur certifié de Biologie (aujourd’hui nommée Sciences de la Vie et de la Terre, SVT), il est définitivement enseignant et fier de l’être. Le premier poste d’affectation a été le CEG Savalou.

Wabi Fagbémi y fait cinq ans de travail acharné avant d’être affecté en 1987 au CEG Davié, à Porto-novo. Le CEG Djassin, toujours à Porto-Novo, l’accueille en 1997. « Je ne suis pas fatigué de la craie malgré mes trente ans de service que je vais boucler l’année prochaine. C’est avec plaisir que j’exerce ce métier. On m’a proposé d’être directeur et j’ai décliné l’offre », dit-il. Pour cet enseignant, le contact avec la classe est primordial. « J’aime être en contact avec les élèves. Et je suis heureux lorsque mes élèves réussissent. »

 Sa vocation politique, il la doit à la crise qui a secoué le régime révolutionnaire en 1989. Au fond de la crise marquée par des mois d’impayés, il mène une action dans son collège, le CEG Davié. Il refuse de continuer les cours, aussitôt suivi par d’autres collègues. La nouvelle se répand très vite dans la ville et paralyse les activités scolaires à Porto-Novo. Au soir, ce sont les établissements de Cotonou qui sont touchés à leur tour. C’est le début d’une grande action de résistance dont l’aboutissement est la conférence des forces vives de la nation de février 1990.

De cette expérience, Wabi Fagbémi et ses collègues vont tirer des leçons qui vont leur permettre de créer leur propre mouvement politique, le MDR. Et plus tard, il entre au Parti du Renouveau Démocratique (PRD) où son admiration pour Maître Houngbédji a fini par faire de lui le secrétaire général du Parti suite à la démission de l’ancien titulaire du poste. Mais avant d’accéder à ce niveau de responsabilité, Wabi a su d’abord démontrer son dévouement pour le parti.

En sa qualité d’enseignant, il a pris le gouvernail du Prd, section des enseignants en 2000. Pour avoir assumé avec rigueur et ténacité ce poste de responsabilité, il gagnera l’estime des militants du parti qui ont fini par le propulser au poste du secrétariat général adjoint du PRD à la faveur de leur congrès tenu en 2006. Il doit surtout ce militantisme politique à son militantisme syndical.

Membre fondateur du Syndicat national des enseignements secondaires, techniques et professionnels (Synestp), du fait de son engagement pour la justice, il en a été fait Secrétaire général en 1996. Démocrate, Wabi refuse de s’éterniser à ce poste. Après 5 années accomplies donc, il quitte le poste alors qu’il était toujours aimé par les siens.

Désormais déchargé, Wabi se consacre à fonds aux activités politiques de son parti, le PRD qu’il sert aujourd’hui avec abnégation, mais sans jamais négliger pour autant, son activité professionnelle originelle qu’est l’enseignement. Il est actuellement professeur de Sciences de la vie et de la terre au Ceg Pobè.

Intimité

Wabi, un sportif endurci

Marié et père de cinq enfants (trois filles et deux garçons), wabi Fagbémi est un grand sportif. Il est passionné de football. Il a créé son propre club avant de participer à la mise en place de l’équipe phare de Pobè, la Jeunesse sportive de Pobè (JSP) en 1992. Lorsqu’on lui demande ce qu’il aime le plus chez l’homme, il répond sans détour : « Moi, j’aime la franchise ». Au plan de l’alimentation, les préférences du secrétaire général du PRD sont vraiment sélectives.

« Mon plat préféré, c’est le Lafou (pâte de cossettes de manioc, NDLR) mais je ne peux plus en prendre aujourd’hui comme ça, parce que j’ai un début de diabète et je dois veiller à cela, donc éviter certains aliments, » dit-il.

7, 8 ou 9 millions de Béninois parmi 7 milliards d’hommes ???

Comment se fait-il que l’évolution démographique ne fait presque pas partie du débat public au Bénin ? Impossible d’avoir une idée assez claire de combien sommes-nous directement vivant sur le territoire national ou à l’extérieur. Mépris quasi-pathologique pour tout ce qui est statistique, prévision, simulation ou anticipation. A l’Institut national des statistiques et de l’analyse économique (Insae) d’en faire les frais. Sa splendeur en prend un sérieux coup avec la multiplication des structures ad-hoc inexpérimentées voire incompétentes lors de la réalisation des études prévisionnelles et statistiques sur le pays. L’exemple en est la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) sensée être un instrument de prévision démographique révolutionnaire. Mais à l’arrivée, le pays hérite d’une base de données objet de toutes les controverses aussi bien auprès des acteurs sociaux que des partenaires techniques et financiers en passant par la classe politique et les populations. Ce fut un retentissant méli-mélo à l’occasion des différentes étapes du processus après la mise en rade des spécialistes de l’Insae.

Impensable qu’on puisse donc sortir d’élections majeures comme les législatives et la présidentielle sans que les campagnes électorales ne fassent échos des prévisions sur le Bénin du futur. Même pas sur des questions basiques de tout développement autour du nombre de fonctionnaire, d’étudiant, de paysan, de routes bitumées, d’aéroport, de port ou d’université, à l’orée des 20 prochaines années. Des données qui devraient normalement inspirées tous les projets soumis à l’électorat. Impossible de mettre tout le monde d’accord sur le chiffre exact de la population béninoise à la date d’aujourd’hui même après la réalisation de la Lépi. Qui détient la vérité des chiffres et la crédibilité des procédés entre les spécialistes de l’Insae d’une part et les agents de la Lépi cooptés, manipulés, mal payés et traumatisés ?

De toute évidence, alors que toutes les études redoutent une explosion démographique dans toute l’Afrique et donc au Bénin dans les années à venir, l’heure n’est toujours pas à la moindre mobilisation sur le sujet. Le label chinois ou indien aurait dû pourtant inspirer nos princes au sud du Sahara. Surtout la Chine qui a su transformer un péril en un atout indispensable. Alors que tout le monde se demandait comme allait-elle gérer son milliard et plus de citoyen, elle a très bien réagi, tout d’abord, en adoptant une politique stricte de maitrise des naissances puis en essayant de transformer sa population en une redoutable machine de consommation des produits locaux ; son industrie pouvait ainsi compter sur un marché interne considéré comme le plus grand du monde. Le fameux miracle chinois tient à cette maitrise bien pensée de son propre destin.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de croire que le Bénin ne dispose par d’experts capables de proposer des solutions sur le devenir de 7,8 ou 9 millions d’âmes en fonction des mutations endogènes à venir. Sauf qu’on ne peut éluder la conception personnifiée du développement au détriment de celle liée à toute une communauté. En Chine, la hantise du parti communiste c’est d’éviter une implosion interne à l’échelle du milliard et demie d’individus. En total déphasage avec la norme admise sous les tropiques à propos de l’ancien colon qui aurait pensé à tout ; il ne reste aux dirigeants qu’à jouir du pouvoir. La monnaie, la politique agricole, les choix économiques, la diplomatie, la défense, l’éducation sont du domaine de la coopération internationale ou plutôt de la compétence des partenaires étrangers. Et puis, il ne faut jamais négliger la propension des princes qui nous ont gouverné à la magouille, à la triche, aux tripatouillages ; toute chose incompatible avec l’existence de statistiques précises, fiables et scientifiques. Avoir des fichiers électoraux tronqués, des estimations de population biaisées et des statistiques falsifiées permet de mieux voler des suffrages ; tripatouiller les scrutins ; détourner des subventions et des financements de projets sociocommunautaires sans laisser des traces.

En attendant : « chacun s’assoit ; Dieu le pousse » !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Nième emprunt obligataire sous Boni Yayi : Les conséquences de la mauvaise gestion des Finances Publiques au Bénin

Pour la troisième fois depuis Avril 2006, les Béninois et les citoyens des autres pays de l’UEMOA sont invités par le gouvernement du Bénin, par le biais des structures d’intermédiation financière, à souscrire à un emprunt obligataire au profit du Bénin.

Officiellement, les ressources collectées serviront à financer des projets d’infrastructures communautaires au profit des populations.  Une telle démarche, du reste normale répondrait à la nécessité de recourir à l’épargne de la sous-région au détriment des ressources purement externes.  C’est aussi un test pour les économies de l’espace UEMOA dont la capacité des populations à générer et mobiliser les ressources financières de l’intérieur serait un gage de la vitalité des économies nationales.

Seulement voilà, cet exercice serait passé inaperçu comme un simple appel à l’épargne publique si on l’isole du contexte économique et socio-politique actuel du Bénin.  Qu’il vous souvienne que depuis son accession à la magistrature suprême du Bénin, le Président de la République, Docteur es Sciences Economiques de son Etat et présenté aux béninois par ses parrains comme le Banquier du développement et celui par qui le Bénin va renouer avec une croissance économique soutenable (à 2 chiffres), s’est lancé dans une manipulation surprenante des finances publiques. Le premier acte de la descente aux enfers de l’économie béninoise a été le limogeage du Ministre des Finances d’alors, Pascal Irénée Koupaki.  A l’étonnement de tous, y compris des partenaires techniques et financiers du Bénin, le Ministre des Finances dont l’action d’assainissement des finances publiques commençait à peine à produire ses fruits, a été débarqué, au profit de Soulé Mana Lawani.  De l’avis des observateurs proches du pouvoir, ce geste répondait à la volonté du Patron de la Marina d’avoir sa main mise sur les caisses du trésor public pour faire des dépenses qu’il voulait et quand il voulait, Monsieur Koupaki étant précédé de la réputation de gestionnaire rigoureux qui souffrirait de manque de flexibilité.

La suite de l’histoire, on la connaît et le Bénin la vit jusqu’à présent. Quelle est la logique qui veut que Pascal Irenée Koupaki quitte les Finances après seize mois malgré sa compétence et ses résultats palpables à ce poste?  Et quelle est la logique qui veut que le Chef de l’Etat garde Mr Kogui N’Douro à la défense depuis 2006 pour faire la cosmétique de l’armée? Est-ce de cela que notre économie a besoin?  Question à qui de droit.  Le Chef de l’Etat s’est lancé dans des dépenses ostentatoires faites de dons, de libéralités à certaines catégories professionnelles, exonération massive notamment dans le cadre des travaux préparatoires du Sommet de la CEN-SAD, pour ne citer que celles-là, qui ont porté un coup fatal à la santé financière de notre pays qui cherchait encore ses marques.  On se souvient de la fameuse expression de “délinquance budgétaire” utilisée par un Député d’alors qui appartenait au G-13. Il ne saurait mieux dire.

Depuis, les choses ne se sont guère améliorées pour les finances publiques de notre pays.  Malgré l’hostilité des Députés de la majorité parlementaire d’alors, opposés aux frasques budgétaires et à la démesure dans les dépenses publiques, le gouvernement et son Chef, ont toujours procédé par la force, en prenant des ordonnances au lieu d’écouter les Députés dits de l’opposition et de dialoguer. Même des Députés FCBE ont participé à la fronde et ont produit des déclarations hostiles à leur partenaire politique.  Mais rien n’y fit.  Le Président de la République voulait un budget astronomique, au dessus de 1000 milliards, répondant plus ainsi à ses besoins de propagande et à sa mégalomanie qu’à la nécessité de doter notre pays d’un budget réaliste, bien élaboré au service d’un programme économique et social lui-même clair,   bien pensé et bien élaboré.  Si le Président n’a pas un programme de développement avec des objectifs clairs, précis et mesurables, comment voulez-vous qu’il fasse adopter un budget réaliste? Malgré les injonctions des institutions de Bretton Woods qui, qu’on le veuille ou non encadrent le budget des pays ancrés dans le déficit budgétaire comme le nôtre, le chiffre astronomique de 1000 milliards et au delà devrait être maintenu.

Ceci n’est pas anecdotique ! Car, en regardant au-dessus de notre tête, juste le toit de notre pays, le Niger avec ses quinze millions d’habitants traînait un budget de 500 et quelques milliards en 2008, puis 700 et quelques milliards en 2009 et affiche une prévision 2012, à plus 1.400 milliards, soit le double de celui de 2009 !

Force est de rappeler que, en dehors des parlementaires de l’opposition d’alors accusés de vouloir bloquer les actions de développement du Chef de l’Etat au profit des populations, de nombreux cadres béninois, Experts dans le domaine économique et financier  ont tiré la sonnette d’alarme pour montrer le danger à confectionner de faux budgets pour faire sensation.  Ils ne seront jamais écoutés; surtout pas par les grands Docteurs en Economie et Finances qui peuplent les couloirs du régime dit du changement.  Le Chef de l’Etat a poursuivi sa course effrénée vers l’illusion, en route disait-il vers l’émergence pour aller finalement vers un budget en decrescendo, rattrapé par l’état de santé réel de notre économie.  Dans la foulée de cette obstination et de cette boulimie des grands chiffres induits plus par le populisme que par ces réalités économiques et sociales de notre pays, l’argent du contribuable a été distrait pour financer des marches de soutien aux actions du Président-Docteur qui délivrera des ordonnances pour la survie des plus pauvres.  Des conférences de presse et des tournées ministérielles ont été aussi financées pour aller expliquer aux béninois du pays profond comment les Députés qui n’aimaient pas leur pays, avaient tenté de bloquer le Chef de l’Etat et les remèdes utilisés par lui pour satisfaire aux besoins des populations.

Comme les réalités économiques sont têtues tout comme les réalités sociales ont la vie dure, ces budgets n’ont jamais été bouclés, ni exécutés à plus de 70% de leur prévision. On se souvient encore de la décision de nos Princes de réduire considérablement le budget du programme d’investissement  public  (PIP) au cours de l’année 2010.  Pour l’année 2012, les informations rapportées par la presse et non démenties par le gouvernement indiquent une réduction de 25% sur les dépenses de chaque Ministère.  Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit, si les prévisions budgétaires épousent le même esprit de réalisme et de pragmatisme.  L’autre volet qui a plombé les finances publiques, c’est le recrutement massif d’agents dans la fonction publique.  Ces recrutements dont une partie importante ont été faits pour satisfaire des besoins d’ordre régionaliste constituent un poids lourd pour le budget et des bois morts pour l’administration, parce que réalisés sans aucune rationalité et contre les normes prudentielles en matière de finances publiques.  Passons sur les primes instituées et consenties aux agents de l’Etat sous la pression des syndicats, suite à des mouvements de grèves intempestifs, face à l’incapacité du gouvernement à réfléchir pour concevoir une politique salariale conséquente,  en adéquation avec les réalités économiques du pays.  Cela nécessite un dialogue permanent et surtout un dialogue de qualité dont l’absence constitue malheureusement notre péché mignon!

Le financement à pas forcés de la LEPI, malgré l’apport non négligeable des partenaires techniques et financiers dont certains sont complices de la mascarade du 13 Mars 2011, a également contribué à la déstabilisation des finances publiques étant donné que le niveau de prévision des recettes budgétaires n’a jamais été atteint et qu’on a tenu à faire des dépenses pour faire aboutir la LEPI pour s’en servir à des fins que tout le monde sait désormais.

De 2005 à 2010, le taux de croissance économique du Bénin n’a cessé de dégringoler passant de 5% à 3%, une contre performance dans un pays côtier qui n’a pas connu la guerre; bref une contre-performance largement en dessous des taux auxquels les régimes  successifs des Présidents Soglo et Kérékou ont conduit l’économie de notre pays.  Il est à noter que, même un pays confronté aux convulsions politiques et économiques avait un taux de croissance de 3,8 contre 2,7 % pour le Bénin en 2009, et 2,6 contre 2,5 en 2010 (http://www.statistiques-mondiales.com/taux_de_croissance.htm). Malgré le nombre impressionnant de banquiers anciens ou actuels fonctionnaires de la BECEAO présents à des postes stratégiques du régime, l’émergence tant prônée tarde à montrer le nez.  Pire, l’économie béninoise est entrée dans la tourmente avec l’exacerbation de la pauvreté.

Comme dans la plupart des régimes qui perdent les pédales, le Chef de l’Etat durcit le ton et s’en prend aux libertés fondamentales garanties par la constitution du 11 Décembre 1990.  Boni Yayi et ses thuriféraires cherchent des boucs émissaires pour justifier leur forfait et leur échec cuisants au plan économique.  Il s’en prend aux douaniers qu’il rend responsables de sa contre-performance et de l’incurie de son gouvernement.

Depuis Washington, le Fonds Monétaire International observe  Boni Yayi et son équipe se débattre dans leur incapacité à contenir les déséquilibres qu’ils ont créés dans les finances publiques.  Dans l’histoire du FMI, Boni Yayi est certainement l’un des Chefs d’Etat qui a le plus arpenté les murs du FMI.  Les nombreux rappels au respect des normes prudentielles en matière de gestion des finances publiques n’ayant jamais été respectées par nos dirigeants, le Fonds aurait fermé le robinet.  D’un autre coté, comme l’a dit le Ministre des finances dans son allocution à la cérémonie de lancement de l’emprunt obligataire, les ressources extérieures se raréfient. Elle ne peut pas mieux dire. Surtout lorsque les partenaires techniques et financiers observant la légèreté avec laquelle les finances publiques de notre pays sont gérées, ils ont mal pour les Béninois et pour les contribuables de leur pays.

Dès sa prise de fonction en Avril 2006, le Chef de l’Etat avait entrepris une vaste tournée en Europe, en Asie et en Amérique pour mobiliser, a-t-on dit, les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique d’émergence.  Quelques années après et en dehors des investissements de la Chine (Echangeur de Godomey), on a de la peine à appréhender les retombées de ce long périple de plus d’une année sur l’économie et sur la vie quotidienne des béninois.  C’est comme des centaines de millions dépensés et qui n’ont pas produit l’impact attendu.  Le Président et son équipe peuvent –ils avoir le courage de faire le point aux Béninois des sommes englouties dans ses voyages et des retombées engrangées par l’économie de notre pays?  C’est aussi cela l’obligation de rendre compte chantée comme incantation à longueur de discours.

Comment s’étonner que les concours extérieurs en direction du Bénin tarissent?  Aujourd’hui, les pays donateurs ont aussi leurs problèmes intérieurs auxquels ils doivent faire face.  La crise financière internationale qui s’est emparée du monde depuis Juin 2008 a contribué à un changement de paradigmes  quant à l’accès à l’aide publique au développement.  Aujourd’hui l’accès aussi bien aux concours financiers qu’à l’aide publique au développement dépend largement des pratiques de bonne gouvernance.

En réalité, le nième emprunt obligataire qui vient d’être lance à un taux de 6,5% alors que le Fonds Monétaire International et d’autres mécanismes du marché financier international offrent de meilleures conditions, est la preuve de la perte de crédibilité du régime en place dont la gestion des finances publiques est catastrophique. En cinq ans de gestion des affaires publiques, le gouvernement vient de recourir trois fois à ce mode de financement dont le produit va en réalité servir à payer les salaires et des dépenses de souveraineté.  Des sources proches des milieux financiers, des informations persistantes indiquent que depuis l’avènement du régime en place, la dette du Bénin a plus que doublé.  Sent-on l’impact sur la vie quotidienne des populations?

Au lieu de se consacrer à une gestion responsable, ordonnée et saine de l’économie, Boni Yayi, ses proches collaborateurs et des parrains abonnés à émarger aux frais des contribuables béninois, préfèrent distraire le peuple en parlant de refondation.  Un concept flou, jamais expliqué, qui cache mal l’incapacité du Prince à concevoir un programme cohérent de développement qui met au centre de sa mise en œuvre, des hommes et des femmes compétents qui savent comment faire bouger un pays vers la performance économique et le mieux être. En lieu et place, c’est des cadres médiocres qui sont nommés parce que partisans politiques, coreligionnaires et surtout des corégionnaires.  Peut-on dans ces conditions,  s’étonner de la contre-performance de notre économie et de l’amenuisement des finances publiques?

Pendant ce temps, les pays comme le Danemark réduisent leur aide publique au développement du Bénin.  D’autres pays, pas des moindres, ferment les programmes d’éducation pendant que règne dans le secteur de l’éducation, toute une confusion, ce qui n’augure rien de bon pour un pays qui aspire à la modernité et un avenir radieux pour ses filles et ses fils.

Silence!!!! On refonde!

Pierre Dagbédji Zinsou (Coll.)

Enseignant-Chercheur en Economie Appliquée

Nice, FRANCE

BENIN : Sous « l’arbre à palabres » avec Me Jacques Migan

Me Jacques Migan ‘’Sous l’arbre à palabres ‘’:« L’audit de la Lepi doit être la priorité de Yayi Boni et non la révision de la Constitution »

Avocat au Barreau, Ancien Bâtonnier, Ancien Conseiller technique Juridique du Chef de l’Etat Mathieu Kérékou, Maître Jacques Migan est le 51ème invité de la rubrique « Sous l’Abre à Palabres ». Nageant entre technocratie et politique, ses sorties sont souvent trop vite étiquetées. Même quand il aborde des dossiers purement techniques comme la révision de la Constitution, il est perçu d’un regard politique. « Sous l’Arbre à palabres », Me Migan passe en revue l’actualité politique, économique, sociale, juridique et même judiciaire. Beaucoup de préconçus sur l’homme tombent après la lecture de cet entretien à bâton rompu avec les journalistes de la rédaction de l’Evénement Précis au siège du Journal. Dans ces échanges, il réaffirme le sens de son combat contre une révision opportuniste de la Constitution béninoise, se démarque de certaines décisions de cette cour Constitutionnelle et la cloue au pilori…

Et si on en parlait

Me Migan, technocrate ou politicien

Est-ce que je peux dire que je suis politicien ? Non, je préfère dire que je suis un citoyen qui s’occupe des affaires de son pays, puisque nous sommes tous regardant sur l’évolution de ce qui se passe. Et c’est ce qui amène certains à dire que tel est politicien, tel ne l’est pas. Je n’appartiens à aucun bord politique. Je ne suis ni de la mouvance, ni de l’Union fait la Nation. Je suis un citoyen critique, mais mes critiques sont objectives, constructives, responsables.

Boni Yayi, notre actuel Chef de l’Etat, je l’ai accompagné dans les années 2006, jusqu’à 2008. Pour des raisons précises,en quittant mes responsabilités de Conseiller technique juridique du président Kérékou, il m’a plu de voir continuer, se réaliser ce que le Général avait laissé. Mais rapidement, j’ai commencé par constater que le Président Boni Yayi n’est pas celui en qui je croyais. C’est-à-dire, sa préoccupation, son ambition, sa volonté, n’étaient pas ce que je pensais voir en l’homme,pour le développement de mon pays en quoi je crois, le développement de la jeunesse, ce n’était pas la préoccupation du Chef de l’Etat.

 Sa préoccupation, c’est l’homme qui fonce, l’homme qui joue, l’homme qui jongle, l’homme qui jouit. Jouisseur, jongleur, joueur. Mais comme j’ai eu à le dire et comme je continue de le dire, quand on ne s’arrête pas pour faire le point, on ne se rend pas compte de ce qu’on fait. C’est l’homme qui trompe, comme vous le savez.

Yayi II et la révision de la loi fondamentale

Est-ce que j’ai eu à dire que le Chef de l’Etat a la volonté de modifier la Loi fondamentale ? Le juriste vous dira ceci : lorsque vous continuez à vous justifier, ça veut dire que vous vous reprochez quelque chose. Lorsque vous répétez tout le temps la même chose, ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, nous essayons de creuser. A chaque sortie du Chef de l’Etat, il nous dit qu’il ne va pas toucher à l’article 42 qui limite le mandat à un mandat de cinq ans renouvelable une fois. A la fin de son deuxième quinquennat, il partira.

Il a aussi parlé de l’article 44 qui évoque l’âge au-delà duquel vous ne pourrez plus être candidat aux élections présidentielles, 70 ans. Il aura moins de 70 ans en 2016. Est-ce qu’il va le toucher, est-ce qu’il ne va pas le toucher, ce n’est pas là notre préoccupation. Il dit à qui veut l’entendre qu’il ne toucherait pas à ces deux articles, qu’il partirait à la fin de son mandat. Boni Yayi, ce n’est pas en le disant qu’il rassure. Il n’est pas le seul à le dire, Il y a également ses collaborateurs. Vous avez vu les sorties de M. Amos Elègbè, de M. Hountondji, et puis d’autres après mon intervention sur Golfe TV.

 Et quand lui-même se déplace, systématiquement il revient sur ces points et à force d’insister, de vouloir rassurer, ça commence par inquiéter, ça commence à amener les uns et les autres à se poser des questions alors que nos préoccupations ne sont pas à ce niveau. Nous, nous disons ceci : la révision de la Constitution n’est pas interdite. Rappelons que la Constitution a déjà prévu elle-même les conditions de sa révision. Et les articles pour aller à révision sont prévus dans la Constitution. Mais nous disons ceci qui est important : est-ce que cette révision est opportune aujourd’hui, avant la révision de la Lépi ?

 Si on révise aujourd’hui la Lépi et qu’on révise demain la Constitution, nous sommes partants. Nous disons et nous continuons à dire que la priorité ne doit pas d’abord être la révision de la constitution, c’est-à-dire qu’il faut qu’on audite d’abord la Lépi. Il faut qu’on la revoie, il faut qu’on la corrige, il faut qu’on l’améliore pas seulement pour les besoins électoraux. Si nous prenons aujourd’hui ce qu’on appelle la Lépi, ce n’est pas une Lépi que nous avons, nous avons plutôt une Liste électorale informatisée. C’est-à-dire pour les besoins électoraux.

Et si tel doit être le cas, faudrait-il encore que cette Lepi prenne en compte tous les citoyens à même de voter. Et nous, nous aurions souhaité qu’on ait une liste électorale informatisée permanente, qui ne serait pas seulement pour les besoins électoraux, mais qui aille au-delà. C’est-à-dire que cette Lépi serve pour la paix, qu’elle serve pour le développement, et qu’elle serve tout simplement pour la démocratie. Imaginez ce qu’on peut obtenir pour un pays comme le nôtre, à partir de cet instrument, de cet outil. Mais pourquoi aujourd’hui, ne veut-on pas faire cette révision de la Lépi ? Qu’est-ce que ça cache ?

Les soupçons de Me Migan sur la Lépi

Ce que nous soupçonnons, nous l’avions dit et nous continuons de le dire, on nous avait annoncé, avant même les résultats des dernières élections présidentielles, que c’était le K.O. Alors, si quelqu’un a pu le dire, c’est parce que la personne a compté sur un instrument. L’outil informatique lui-même n’est pas un humain, C’est un individu qui introduit les éléments. C’est un individu qui a un moment donné a permis à l’outil d’être efficace.

Et si on a pu obtenir le K.O à partir de cette LEI, imaginez ce qu’il en serait lorsqu’on ira à révision de la Constitution avec la loi référendaire qui a été votée. Ce d’autant qu’on nous dit aujourd’hui que c’est 90 jours avant le référendum que les gens s’inscriraient. Vous savez chez nous on attend la dernière minute pour faire les choses, résultat on ne fait rien ou on fait mal. Or, ce que nous vivons aujourd’hui, c’est que de manière précipitée, de manière fugitive on vote différentes lois.

Le pouvoir pressé de voir sa majorité’effilocher, peut décider que le référendum pour permettre la révision de la constitution se réalise l’année prochaine : pensez-vous que nous aurions eu le temps de revoir la Lépi ? Une proposition concrète sur la révision de la Lépi: nous demandons qu’on fasse appel aux experts internationaux et nationaux pour auditer la Lepi.Auditer pour essayer de voir les forces et les faiblesses de la Lepi et pour la corriger.

Appels de l’Avocat

A commencer par vous-mêmes. Le simple fait de prendre la parole et de s’exprimer, c’est que vous parlez à tout le monde, y compris qui de droit. Et comme j’ai eu à le dire, le Chef de l’Etat est entouré de monde. Peut-être que vous ne le savez pas. Ce que nous sommes entrain de dire à l’heure où je vous parle, s’il est un chef d’Etat bien informé, il doit le savoir. Le Chef de l’Etat est au courant de tout. Et ce que nous disons, il le sait, il l’écoute.

 Par exemple, nous étions à la Radio Bénin-Culture, nous étions à la Radio Gerdes, on a parlé au peuple, et plus précisément de l’Ouémé, de Porto-Novo, de Missérété. Mais parmi tous ceux-là, il y a aussi les services de renseignement du pouvoir pour écouter ce que nous étions entrain de dire, pour rendre compte. C’est la première mission d’un chef d’Etat. Lorsqu’il arrive à son bureau, le premier document qu’il lit : c’est le rapport des renseignements, qu’est-ce qui a été dit par rapport à la politique ? Même les mendiants aussi, si vous ne le saviez pas, sont aussi des gens qui renseignent le Chef de l’Etat.

En tout cas, du temps où j’étais aux responsabilités, les mendiants aussi renseignaient. Lorsque vous passez à un carrefour, ils rendent compte. Bref pour revenir à la Lépi, une proposition concrète, c’est faire appel à des experts indépendants pour auditer. A la différence de ce que les uns et les autres proposent, c’est-à-dire diagnostiquer, nous, nous disons qu’il faut auditer la Lepi.

Yayi bien élu avec la Lépi

Il l’a dit, mais ça n’a pas empêché, le 13 mars, au moment où il votait, une bizarrerie que je n’ai jamais comprise. Qu’il ait demandé pardon. Le seul fait même qu’il ait demandé pardon devait amener la CENA à le disqualifier. Parce que c’est tout comme s’il était encore en campagne. Or le fait de prendre la parole pour dire « pardon, je sais que tout n’est pas parfait », c’est pour émouvoir.

 Et lorsque vous parlez en ces termes, vous pouvez changer les donnes, vous pouvez amener un citoyen qui ne voulait pas voter, qui était parti pour rester chez lui et voter abstention à sortir. Vous pouvez amener quelqu’un qui était parti pour voter pour X à voter pour vous. Celui qui doit comprendre et apprécier, c’est d’une part la CENA, ensuite la Cour constitutionnelle.

Or, ce n’est pas moi qui le dis, la Cour avait aux ordres, la Cour des « miracles ». La Cour aurait dû le disqualifié. Est-ce que vous savez ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ? Pourvu qu’on ne rencontre jamais cela au Bénin. On a fini les élections en Côte d’Ivoire et ils ont basculé dans la violence.

Me Migan face au K.o de Yayi

Le Droit dit ceci : lorsqu’il y a une petite erreur, l’erreur corrompt tout. Lorsqu’il ya une petite faute, le faux corrompt tout, ça vicie tout. Il a suffi tout simplement, je ne parle même pas de sa déclaration du 13, le fait de laisser en rade des milliers de citoyens constitue déjà une malfaçon de l’outil. Et que ce soit mal fait, entraîne déjà le vice.

La communauté internationale cautionne la Lepi

Que recherche la communauté internationale? Ce n’est pas la communauté qui doit diriger le Bénin ; nous sommes quand même un pays souverain. Il faudrait d’abord que nous croyions en nous-mêmes. Ce n’est pas parce que la communauté nous assiste que nous devons, comme des moutons, demeurer à dire « la communauté, la communauté ». Regardez ce qui se passe aujourd’hui en République démocratique du Congo. Ils organisent les élections sur fonds propres, sur leur propre budget sans l’aide de la communauté. Qu’est-ce que vous allez attendre de quelqu’un qui vous finance ?

Quand la communauté vous finance, mais c’est normal que les instructions émanent d’elle. Quand ils votent en France, est-ce qu’ils font appel à la communauté ?Lorsqu’il y avait eu cette élection entre AL Gore et Bush Junior, où il fallait reprendre les élections, pourquoi on n’a pas fait appel à la communauté ? Avec ce qui se passe en Russie, que le premier ministre devienne président, et le président premier ministre, pourquoi on ne parle pas de la communauté ?

Et c’est là où je vous demande, en tant que journalistes, de dénoncer ce genre de choses. Ou bien vous êtes souverain, ou bien vous n’êtes pas souverain. Il ne revient pas à la communauté Internationale de certifier si nos élections sont bonnes ou non. C’est fort de tout ceci que nous disons: nous pouvons réaliser une Lépi sans l’aide de la communauté pour des élections crédibles. Nous avons la logistique, nous avons le savoir-faire.

Si c’est l’argent qui nous manque, commençons par payer chacun 25 francs. Pour le séjour du Pape, il est demandé de payer 500 francs, moi je vous demande de payer 25 francs pour le Bénin. Si vous voulez même payez dix francs pourquoi pas ? Parce qu’on n’a plus besoin de grandes choses pour aller à une Lépi crédible, une Lépi porteuse dans l’intérêt du pays. Je vous dis et je vous le répète, il suffirait, à l’heure où nous sommes aujourd’hui, de mettre dans chaque commune, les 77 communes, des ordinateurs, pour recenser les uns et les autres.

 Et vous aurez les résultats escomptés. Est-ce que vous savez que ce que nous avions eu comme LEI pour aller aux élections de mars et avril derniers était moins performant que l’outil manuel qui était utilisé. Le combat que nous menons aujourd’hui, c’est un devoir, Yayi, et nous-mêmes, qu’on le veuille ou non, nous partirons en 2016. C’est notre dernière carte. Et nous ne devons pas vous laisser le pays dans cet état.

 Voulez-vous demeurer aux responsabilités et mourir avec les honneurs ? Pourquoi faire ? Il y a 9 millions de Béninois, il y a 50% de jeunes qui cherchent du travail. Faites le calcul. On sait que les jeunes sont 60 % de la population. Ça veut dire que nous avons 2,7 millions de jeunes qui sont au chômage. C’est ça qui nous inquiète. C’est pour eux que je me bats pour que les jeunes accèdent rapidement aux responsabilités et aient un emploi. Est-ce qu’on le peut ?

La jeunesse aux commandes

Je vous donne mon exemple. Je vous ai dit que je suis professeur-assistant à l’université. Après mon départ ils m’ont rappelé. J’ai accepté parce qu’il faut que je forme rapidement des jeunes qui prendront la relève, pour que je quitte complètement. Parce qu’il n’est pas normal que nous continuions à dire qu’ils ne sont pas préparés, les jeunes. Pourquoi ne pas créer les conditions pour que ces jeunes émergent.

Pourquoi ne pas les laisser faire ? Vous n’allez pas laisser ces jeunes partir à la retraite sans avoir travaillé ! Il y a quelque chose qui ne va pas. Est-ce que le pouvoir aujourd’hui s’occupe de ça ? Donc notre préoccupation c’est d’une part la Lépi crédible, mais également que le pouvoir cherche à faire face à la crise alimentaire ou si vous préférez, socioéconomique.

Parlons de la réforme

Nous sommes tous pour les réformes, mais il faut que les réformes soient bien pensées. Il faut que les réformes soient bien réfléchies. Il faut que les réformes soient consensuelles. Or, les réformes que nous avons aujourd’hui ne le sont pas, quand vous avez une épée de Damoclès le FMI, la Banque Mondiale qui vous demandent de faire ceci ou cela. Je vous donne l’exemple d’une réforme : réformer l’agriculture.

 Pour réformer l’agriculture, on avait commencé au temps du Général Mathieu Kérékou mais on a constaté qu’une seule personne voulait contrôler l’agriculture, voulait contrôler la production du coton – on a dû tout arrêter. Quand Yayi est arrivé aux affaires, il a dit « Je porterais la production à 600 000 tonnes ». On était tout heureux, ça faisait partie des raisons pour lesquelles on l’avait accompagné. Mais au finish, qu’est-ce qui s’est passé ?

 Après avoir investi plus de 90 milliards dans le coton, à la fin de son premier quinquennat, la production n’a jamais dépassé 200 000 tonnes. Alors qu’entre 2004-2005, nous savons comment nous avions fait pour porter la production sur le plan agricole à 427 000 tonnes ! Mais, qui a tué ce coton aujourd’hui? Quid de cette réforme aujourd’hui ?

L’Etat vit sur la fraude

Je prends un exemple. Qu’est-ce qui a permis au Chef de l’Etat de financer pendant un moment les microcrédits ? C’est les véhicules d’occasion. Mais, les véhicules d’occasion lui ont permis de financer les microcrédits alors que les recettes des véhicules d’occasion n’étaient pas budgétisées au début de son quinquennat. Il a fallu les journalistes et les députés qui ont insisté pour qu’il le budgétise. Mais, la fraude, c’est ahurissant.

 Je veux dire que nous prenons de l’argent pour financer l’Etat à partir d’un trafic frauduleux. C’est-à-dire quoi ? Le Nigéria dit ceci : je ne veux pas sur mon territoire des véhicules qui ont plus de cinq ans d’âge. Mais, nous, nous faisons entrer de manière frauduleuse sur le territoire nigérian des véhicules qui ont plus de cinq ans d’âge. Or, lorsque vous faites entrer de manière frauduleuse ces véhicules, on exige sur chaque véhicule une taxe qu’on appelle la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). On nous dit que lorsque vous aurez accompli les formalités à la frontière, vous revenez et on vous rembourse la TVA.

Mais, comme le propriétaire du véhicule ne peut plus revenir pour justifier de l’entrée régulière par les frontières ; toute chose qui devait lui permettre de récupérer son argent il se voit obligé d’abandonner cet argent qui reste dans les caisses de l’Etat. Cet argent qui sert, qui a servi et qui continue de servir à financer les microcrédits. Et c’est là où nous disons qu’un Etat ne peut pas faire ça. Un Etat crée les conditions pour produire puisque l’économie, c’est produire, c’est vendre…

La Cour Constitutionnelle au banc des accusés

J’ai lu la dernière décision. Déjà, parlons du droit de grève. Ce droit est prévu par la constitution qui, en son article 31, garantit le droit de grève et renvoie à la loi pour sa réglementation. Du moment où la constitution dit que je vous garantis cela, vous ne pouvez pas, à partir d’une loi, maintenant remettre en cause ce que la loi fondamentale a dit.

C’est l’aberration totale ! Et c’est ce qui avait emmené les hauts magistrats de 2003 du temps de, paix à son âme, Mme Ouinsou à dire que les travailleurs y compris les militaires ont le droit de faire grève. Et on ne sait par quel miracle, alors qu’on s’attendait que cette jurisprudence se confirme, Dossou Robert, comme il sait le faire et en a la magie, a tout simplement dit que le texte qui a été voté et interdisant désormais en son article 9 le droit de grève aux douaniers est conforme à la Constitution. Mais allons plus loin. On nous parle de la convention de 1996 du BIT.

Soit ! Mais que dit cette convention ? Cette convention dit qu’ils ont droit. Mais les initiateurs de cette loi nous disent que pour des raisons de fait c’est-à-dire dans les mouvements sociaux, ceux-là peuvent être amenés à utiliser les armes en cas de…et pour ce faire, il faut les empêcher de faire grève. Il faut être député de la mouvance associé à la cour constitutionnelle pour aller à de tels raisonnements. Vous savez, c’est une décision abracadabrante. Je ne sais pas ce que c’est. C’est-à-dire que ça ne nous fait pas évoluer.

Des conditions pour parler de revirement jurisprudentiel

Un revirement jurisprudentiel. Soit. Mais, faudrait-il encore qu’il y ait des éléments nouveaux. Or, reprenez ce qui a été dit dans la décision de la Cour. Il n’y a pas d’éléments nouveaux. Lorsqu’il y a un élément nouveau, il remet en cause la première jurisprudence. Le juge fait le bilan des deux et on essaie de voir ce qui a changé entre temps. Mais les éléments qu’on a aujourd’hui devraient amener à confirmer la jurisprudence de Madame Ouinsou.

Kérékou et la révision de la Constitution

Fouillez et refouillez encore alors que nous étions aux responsabilités, vous ne verrez jamais de décision cassée par la Cour. Pourquoi ? On allait fouiller, on allait chercher dans l’intérêt supérieur et on demandait au Chef de l’Etat « voilà ce que nous avions trouvé, à vous maintenant de l’habiller politiquement ». Nous étions techniciens, nous suggérions. Je vous donne un exemple très simple.

Quand on disait que Kérékou voulait réviser la constitution et que c’était tel qui le conseillait. Vous savez ce qu’on avait fait ? Les documents sont là. On lui a dit ceci « monsieur le Président de la République, si vous voulez aller à la révision de la constitution, voilà les avantages et voilà les inconvénients. Vous ne pouvez pas. Mais, vous avez un élément qui vous permet de demeurer aux responsabilités. Il y avait le recensement national approfondi. Or les textes disent ceci, tant que ça n’a pas été fait six mois avant les élections, celle-ci ne peut pas avoir lieu.

 On lui a dit Monsieur le président, vous avez cette possibilité de demeurer aux responsabilités parce que tant que le recensement national approfondi ne serait pas fait, vous serez là aux responsabilités. Mais pour éviter cela, il faut faire suspendre le RENA. Kérékou qui est un homme qui aime toujours chercher, qui aime toujours comprendre, avant de faire, il a cherché à savoir. Il a demandé à certains de lui dire ce qu’ils en pensent. Au finish, qu’est-ce qui a été fait ? Le RENA a été suspendu le 20 décembre 2005. Reprenez les archives. C’est ce qui a permis d’aller aux élections.

Il fallait suspendre le RENA. Laissez-moi vous dire que quand nous étions aux responsabilités, notre préoccupation première, c’était de tout faire dans l’intérêt supérieur de la nation pas pour Kérékou. Or aujourd’hui, on conseille dans son intérêt à soi pour rester avec le Chef de l’Etat.

Pas contre la révision de la Constitution, mais…

Je vous ai dit tout à l’heure que la révision a prévu les articles pour sa révision. Donc, on ne peut pas d’entrée être contre une révision de constitution. Ça dépend des éléments qui vont vous emmener à la révision. Ce n’est pas une question de oui ou non ; la question ne se pose pas à ce niveau. Quand vous prenez le projet de révision, il contient des choses intéressantes que j’apprécie. Mais, c’est une question d’opportunité. Est-ce que le moment est propice pour qu’on aille à la révision ? Et nous réitérons qu’il y a deux éléments fondamentaux qui écartent la révision en ce moment.

D’une part, nous disons et nous crions haut et fort qu’il faut d’abord nettoyer, toiletter la LEPI. La deuxième chose, et ça vous concerne tous, quand vous avez le tiers de la population qui n’arrive plus à satisfaire ses besoins fondamentaux, se nourrir, s’habiller, boire, aller et venir tout simplement, c’est qu’il y a un problème. Ça veut dire que nous avons des gens qui ne savent plus comment gérer. Et quand vous ne savez pas gérer, vous n’avez plus votre place là. Or, ces deux points nécessitent d’être résolus avant d’aller à la révision de la constitution…

Et le projet de septennat de Me Migan

Attention, attention ! Le contexte n’est pas le même. Ce que nous disons est le suivant. Quand nous avons constaté comment les Chefs d’Etat arrivent aux responsabilités et surtout lors du premier mandat sans programme et ne font rien si non des actions électoralistes pour se faire réélire, nous avons pensé à un mandat de 7 ans non renouvelable. Avec un mandat de 5 ans renouvelable on pense tout le temps à rempiler, on évolue sans boussole, on pose des actes à des fins électoralistes.

Aujourd’hui des grèves sur des grèves, on accorde des primes à tout le monde. Pour des besoins électoralistes, on fait ce qu’il ne faut pas faire. On embauche alors qu’il ne faut pas embaucher. Alors que si vous avez un mandat de sept ans non renouvelable avec un programme, avec les moyens pour financer ce programme, avec les hommes qu’il faut pour conduire ce programme, lorsque vous faites ce mandat, vous avez des résultats qui assurent le développement.

Le combat contre les dérapages du régime entamé

Mais la bataille a commencé. Qu’est-ce que nous faisons en vous parlant aujourd’hui et je voudrais aussi que vous jouiez votre partition dans le combat ; que chacun de nous, à partir de ce qu’il entend relaie encore plus en profondeur dans les soixante-dix-sept communes. Nous avons des mouvements, des associations qui se créent de manière spontanée.

 Nous avons des gens qui nous appellent, qui nous disent avoir appris telle chose et veulent aussi contribuer…Il faut croire en la vertu de la parole. Il ne faut jamais adopter une attitude d’attendre pour voir. Ce n’est pas qu’on rejette l’homme Yayi mais c’est les actes posés que nous condamnons, les dérapages que nous condamnons.

Absence de dialogue

Déjà, il faut que Boni Yayi écoute, il faut qu’il dialogue. Vous avez un exemple vivant. Lorsqu’il a reçu les douaniers à la retraite, comment est-ce que ça s’est passé ? C’est comme vous et moi, nous dialoguons. Vous essayez d’en savoir et j’essaie de répondre. Mais, Yayi a fini de parler, Yayi s’est levé et Yayi est parti. Qui a osé parler ? «Enregistrez-vous sinon partez », a-t-il conclu. Non, il faut que nous finissions avec cela, il faut un dialogue.

Et ce dialogue peut emmener à la paix. C’est parce qu’il n’y a pas de dialogue que nous nous retrouvons dans cette situation où nous sommes. Si Yayi avait accepté, si Yayi accepte un tout petit peu le dialogue, beaucoup de choses se seraient réglées dans notre pays. Yayi endort et il faudrait que nous cessions de nous laisser endormir.

Des grèves perlées face aux caisses de l’Etat qui se vident

Les grèves perlées ont commencé quand ? En 2008. Les caisses ont commencé à se vider pourquoi ? Tout simplement parce que le président Boni Yayi, et les douaniers sont témoins et le disent. Le Chef de l’Etat Boni Yayi exonère tout. Pour un pauvre pays comme le nôtre, vous importez et on exonère les marchandises qui vont être écoulées, non pas au Bénin pour le consommateur béninois, mais dans un pays de l’hinterland, ou au nigérian.

 Et ce qu’ils ne paient pas dans les caisses de l’Etat restent dans leurs poches. Et c’est un manque à gagner pour l’Etat. Ça vient de qui ? Du Chef de l’Etat. Sur le riz, sur le sucre, vous avez connu cela. Et les affaires, machines agricoles, on exonérait tout. Et puis, parlons-en. Un pays pauvre où on dit on fête le 1er août un lundi par exemple, et où le lendemain est chômé et férié. Qui va payer cela ? Vous avez vu un 14 juillet en France où les gens viennent de partout où on dira pour qu’ils rentrent chez eux, il faut leur accorder un deuxième jour de repos.

Combien de fois n’a-t-on pas fait cela avant les élections ? Comptez ces jours que le Chef de l’Etat donnait à des fins électoralistes et ça ne dit rien à personne. Les caisses ne peuvent que se vider et une journée qui n’est pas travaillée, c’est un manque à gagner pour l’Etat. Or pour que la croissance augmente, il nous faut 370 milliards par an d’investissement. Et lorsque vous avez écouté le Chef de l’Etat le mercredi, il nous dit : maintenant, j’ai compris que les douaniers ne sont mêmes pas les seuls et c’est tout l’Etat. C’est là où je me demande « est-ce que Yayi écoute Yayi ? ».

Mais pourquoi, il s’en prend aux douaniers ? Il y a quelque chose qui ne va pas. Au contraire, demandez aux douaniers de nous faire rentrer de l’argent dans les caisses, ils savent le faire. Et c’est fort de ça que nous disons au Chef de l’Etat de mettre de l’eau dans son vin, de dialoguer avec eux.

Yayi, la cause des grèves perlées

Mais qui a institué cela ? C’est Boni Yayi. Quand vous donnez aujourd’hui à X alors que X et Y remplissent les mêmes conditions, sous le même statut, c’est normal que Y aussi demande. « Ah, vous, vous avez fait grève et vous avez obtenu, je vais aussi demander à papa bonbon de me donner aussi ». Ainsi de suite et c’est ça qu’on appelle les grèves perlées. Qui en est responsable ? C’est Boni Yayi.

Regard sur la rentrée scolaire 2011-2012

Pour cette rentrée scolaire, vous ne verrez aucun parent dire qu’il n’est pas content. Tous sont contents de même que les élèves. Tout le monde était impatient, et même l’administration qui a pris des dispositions pour que la rentrée soit effectuée. Je n’ai pas encore eu de mauvaises nouvelles. Mais il y a une préoccupation, avec quel argent va-t-on démarrer la rentrée scolaire ? Je le dis parce qu’aujourd’hui les produits coûtent chers.

 Le cahier de 125f est passé à 150f avec bien d’autres produits qui ont doublé de prix. Ensuite j’ai des dossiers à mon niveau dans mon cabinet où beaucoup de parents crient l’affaire ICC-Services où leur argent a été placé. Aujourd’hui ceux- là n’ont pas d’argent pour faire face aux difficultés de la rentrée. ICC-Services a tout pris, et c’est dommage pour la République.

Dysfonctionnement de l’année universitaire au Bénin

C’est une affaire de gestion. Quant au lieu de s’occuper des affaires académiques les gens se lancent dans les affaires politiques, on arrive à des situations du genre. Il faut des hommes qu’il faut aux places qu’il faut. Nous demandons aux étudiants de prendre leur responsabilité en mais pour se défendre car cela compromet leur avenir. D’ailleurs, quelle formation dans ces conditions ? Ce ne sera qu’une formation bâclée.

Et enfin quand la fin arrive comme vous le dites, ils vont continuer à composer. La rentrée est prévue pour novembre et ceux qui sortent ? Quel sera leur sort ? Comment se passera leur insertion ? Comme le dit le Chef de l’Etat à travers le calcul que nous avions fait, 9.000.000.000 telle est la population du Bénin, 50% de jeunes sont à la recherche d’un emploi. Est-ce que vous savez combien d’étudiants quittent les bancs chaque année et où ils vont ? Interroger un conducteurs de taxi moto, il vous parlera un français correct et n’allez pas chercher loin, c’est un étudiant ; Ils sont 2 700 000 jeunes au chômage.

Le poids de l’opposition face aux réformes

Vous savez l’opposition est sortie désarmée. Je crois qu’ils sont demeurés encore traumatisés. Mais je crois que c’est maintenant qu’ils vont essayer de revenir. J’ai apprécié récemment l’intervention de Idji Kolawolé sur la Loi référendaire. Que dit Idji Kolawolé : « pourquoi la précipitation et pourquoi cette article 10 relativement à l’inscription qui doit se faire 90 jours avant ? Il ne faut pas que l’opposition se décourage. Elle n’a pas intérêt à se décourager.

Ils peuvent être minoritaire et faire de propositions concrètes. Il faut aussi le respect de l’autre et c’est ce que je demande à la mouvance. Le respect dans l’intérêt même du pays parce que du moment où vous êtes désormais devenu député, vous n’êtes plus député de votre région. Vous l’êtes pour tout le peuple. Donc l’opposition minoritaire peut dire des choses intéressantes qui peuvent être acceptées et exploitée par la mouvance et vice-versa.

Quelques bonnes actions de Yayi Boni depuis sa prise de fonction

Je vais vous donner un exemple récent de loi votée. Il s’agit de la loi sur les violences faites aux femmes. Quand cela a été fait, j’ai applaudi et je continuerai d’applaudir. J’en suis heureux. Quand vous avez confiance en votre femme quand vous l’aimez, vous ne devez pas la violenter physiquement ou moralement.

 En dehors de cette loi, je peux parler de la loi sur la corruption. Mais il y a des choses que je n’ai pas applaudies dans cette loi. Le côté où la structure qui doit la réguler serait sous la tutelle du Chef de l’Etat. La loi sur le référendum est intéressante mais ce sont les conditions dans lesquelles cela a été fait qui ne m’ont pas plus. La précipitation ? Qui peut être contre une loi, une réforme ?

Le monde des affaires au Bénin et le sort de votre ami Rodriguez

Rodriguez lorsque Soglo était aux responsabilités, était en exil, alors que Kérékou était aux responsabilités, il était en exil, alors que Yayi est aux responsabilités, il est en exil. Il a toujours été en exil et au même endroit. Vrai il est un opérateur économique, mais quel opérateur économique est Rodriguez ?

Remettez à Rodriguez ce pays et en six jours, il vous en fera un bijou. J’y crois parce qu’il a le savoir-faire. Je vous donne un exemple très simple. Souvenez-vous dans ce pays lorsque le Présidente Boni Yayi a accédé aux responsabilités, il nous dit que nous avons une Vallée qui est la deuxième richesse dans son domaine après l’Egypte. Il parlait de la Vallée de l’Ouémé. Il dit qu’il peut faire du palmier à huile la richesse qui permettra à notre pays de sortir de cette situation difficile.

 Il a fait venir les Malais qui ont sillonné le pays. Mais les Malais se sont baladés avec des véhicules officiels avec des gardes corps, logés nourris pour être enfin décorés. Et avant de repartir, ils ont dit qu’ils ne peuvent rien faire. Les malais ont dit au Chef de l’Etat que pour qu’ils puissent réussir il faut qu’il pleuve abondamment de façon régulière sur le pays. Ceci pour leur permettre d’avoir la pluviométrie qu’il faut. Mais qu’est-ce que fait Rodriguez en Côte-d’Ivoire ?

Il exploitait le système de goutte à goutte pour mettre en valeur la culture du palmier à huile avec les Israéliens. Il est d’Agoué, partagé de père Agoué et de mère Aboméenne. Donc il est béninois et on aurait dû lui faire appel pour réussir ce que les Malais n’ont pas pu faire. Il a réussi ceci en Côte-d’Ivoire, ce qui profite à ce pays dans le problème de l’emploi. Mais comme nous le savons, la «béninoiserie» veut qu’on tue les projets comme les initiateurs.

Je laisse tombé ce côté pour parler du dragage de sable. Du jour au lendemain on a dit, plus de sable marin, mais est ce qu’on a pris les dispositions idoines pour accompagner cela pour que nous ayions du sable extrait du fleuve ? Mais Rodriguez le fait et est devenu le premier producteur de dragage de sable en Côte d’Ivoire. Et puis l’usine de Rodriguez est la deuxième après celle de l’Egypte en matière production d’égrenage de coton avec une capacité de 60.000 tonnes par jour. Il faudrait que Yayi comprenne qu’on a besoin de tous les fils pour le développement du pays.

La différence entre Kérékou et Yayi

La sagesse. Car lorsque vous devenez un Chef d’Etat, apprenez à être sage. Il faut écouter, dialoguer, accepter les propositions des autres, il faut prendre de la hauteur, il ne faut pas se précipiter. Kérékou est un homme de dialogue, il sait dialoguer avec ses compatriotes. Est-ce qu’il y a un jour où vous avez vu Kérékou s’emporter?

L’Emergence avait-elle vraiment échoué ?

Ce qui permet de dire qu’un pays est émergent, c’est l’accès aux soins à l’instruction pour la grande majorité de la population. C’est lorsque les gens vont à l’école. La gratuité de la césarienne ne détermine pas à elle seule l’émergence. L’émergence n’est pas sur trois ou cinq ans, c’est plutôt un long processus.

 C’est quelque chose qui peut se préparer sur trente ans. Cela peut déjà démarrer et c’est après 10 ans, 15 ans, 20 ans que vous commencez par voir le bout du tunnel. Plus loin il faut dépasser le point 5 pour commencer à parler de l’émergence. Yayi a compris qu’il se trompait quand il parlait d’émergence. C’est pour quoi il parle maintenant de refondation.

La justice béninoise

La justice se porte bien. Pour qu’on puisse parler d’une justice qui se porte bien, il faut qu’on ait accès à la justice entre autre. Nous remercions le MCA qui fait de grands efforts aujourd’hui en dotant des régions d’infrastructures dignes. C’est une très bonne chose et il faut l’avouer. En ce qui concerne les tribunaux, il faut faciliter son accès à chaque citoyen de faire des milliers de kilomètres pour saisir la justice.

Et la jeunesse !

Je voudrais dire que ce que je trouve de grave, c’est la condition dans laquelle se trouve la jeunesse. Je voudrais que la jeunesse se ressaisisse, et que cette jeunesse comprenne que les temps sont durs et elle ne peut rien obtenir à travers ce comportement qu’elle adopte aujourd’hui, comportement de facilité. Il faudrait que la jeunesse comprenne que son avenir lui appartient et qu’elle cesse enfin de croire tout le temps que les ainés vont lui laisser la place ou céder le chemin pour qu’elle parvienne à ce qui lui revient. Ou bien elle est prête, ou bien elle n’est pas prête.

Si elle est prête, il faut qu’elle se lève pour prendre ce qui lui revient et nous sommes partants pour l’aider. Ma préoccupation aujourd’hui, c’est certes le développement, mais le développement de la jeunesse et je ne sais comment vous le dire. Vraiment ça me préoccupe. Je vous en supplie jeunes, le monde vous appartient, le Bénin en a besoin.

Si vous ne faites rien aujourd’hui, vous allez avoir une situation difficile demain, un Bénin difficile demain, un environnement difficile demain donc, c’est aujourd’hui et ce n’est pas demain ou après-demain, c’est là, là maintenant. Malheureusement, ce n’est pas ce que nous vivons, mais nous, nous sommes prêts à vous accompagner.

BENIN : Lettre ouverte au chef de l’Etat, le père de Dangnivo répond à Boni Yayi

Dans une lettre ouverte rendue publique hier, mercredi 05 octobre 2011, le père Dangnivo, s’est adressé au chef de l’Etat suite aux déclarations qu’il a tenues sur la gestion de la disparition de son fils, l’ancien fonctionnaire Pierre Urbain Dangnivo. Il a demandé au président Yayi Boni d’arrêter de « traumatiser sa famille » en l’accusant d’avoir reçu de l’argent des politiciens pour refuser le test d’Adn réalisé sur le macchabée découvert à Whomey en septembre 2010. Lire la teneur de la lettre.

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.

Au cours de votre adresse aux agents retraités de la Douane le Mercredi 28 septembre 2011, parlant de la disparition non encore élucidée de mon fils Pierre Urbain DANGNIVO, vous avez pour la enième fois traumatisé ma famille et mes proches en déclarant comme au cours de votre campagne électorale que les politiciens (sans les nommer) m’auraient donné de l’argent pour refuser le test d’ADN sur le maccabée de Whomey.

 «………..les politiciens ont refusé. Ils sont allés donner de l’argent à la famille pour dire de refuser parce qu’ils voulaient confronter l’ADN pour voir à qui appartient le corps qui a été exhumé à Whomey ».

Monsieur le Président de la République, faut- il vous le rappeler ?

J’ai été fonctionnaire des Nations Unies au Bureau International du Travail où j’ai servi dignement et loyalement pendant plus de 30 ans.

Depuis près de 21 ans je jouis d’une pension de retraite confortable qui me met à l’abri des prébendes des Présidents et hommes politiques.

Votre collaborateur, Son Excellence, Monsieur Albert TEVOEDJRE, Médiateur de la République pourra vous confirmer ma moralité.

J’ai consacré toute ma vie à éduquer et instruire mes enfants, petits-enfants, arrières- enfants et à éviter le gain facile. Je me plais dans ma modeste maison de Cotonou et celle de mon village Sè.

A 88 ans, je ne pense pas être si démuni au point de monnayer la vie de mon enfant.

Vos déclarations jettent l’opprobre sur ma famille qui est devenue la cible de toutes les attaques infamantes du genre :

• dans ma famille, on a l’habitude de disparaître

• des opposants auraient caché mon fils à des fins électoralistes

• dans mon village, certains membres de ma famille auraient reçu de l’argent de vous pour se taire sur la disparition de mon fils Pierre Urbain DANGNIVO etc.

Nous n’avions pas réagi en son temps, à cause de la période sensible.

J’avais pensé que cette déclaration était une réponse électoraliste à vos challengers.

Mais je constate qu’en réitérant ces propos contre toute attente à la face du monde que la famille DANGNIVO a reçu de l’argent de l’opposition pour refuser le test ADN, je me suis dit que trop c’est trop et que ne pas réagir aujourd’hui donnerait du crédit à ces diffamations de ma famille déjà trop affectée et traumatisée.

J’ai l’intime conviction que l’affaire Pierre Urbain DANGNIVO rattrapera tous ses auteurs, co-auteurs et commanditaires.

Monsieur le Président, ma famille et moi sommes enfin impatients de savoir qui a réellement reçu de l’argent, combien et de qui ?

Oui, nous avions refusé le test ADN et continuerons de le refuser.

Le scénario de Whomey, pour nous, n’était qu’un montage maladroit qui n’avait convaincu ni la population, ni les journalistes présents sur les lieux. Tout le monde sait que même des mois après, on peut identifier le cadavre en décomposition d’un membre de sa famille.

Mes enfants présents sur les lieux de Whomey ne pouvaient-ils pas reconnaître le cadavre de leur frère disparu, juste un mois avant ? ne serait-ce que par des signes distinctifs comme la taille, les doigts, les orteils et autres ?

Monsieur le Président, je vous supplie de bien vouloir arrêter de traumatiser davantage la famille DANGNIVO.

COTONOU, le 5 octobre 2011

DANGNIVO Togbé Urbain

BENIN : Appel aux travailleurs et aux peuples à approfondir la réflexion et le mouvement pour vaincre la nouvelle autocratie

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site :www.la-flamme.org

La semaine qui vient de s’écouler aura été dominée par les évènements à la douane et émaillée d’agressions contre les droits, les hommes et les biens. Après les longues diatribes de Boni YAYI contre les douaniers, ont suivi les hordes armées et vandales qui sont allées défoncer les portes des bureaux de douane, la déclaration de conformité de la Cour Constitutionnelle et le discours de Boni YAYI.

La décision de la Cour constitutionnelle était attendue; sans surprise puisque Boni YAYI l’avait annoncée et avait prévu pour ce lundi les radiations des grévistes.

Résumons le scénario : fabrication d’une LEPI truquée et imposée à tout le peuple malgré les irrégularités manifestes, holdups électoraux (présidentiel et législatif) annoncés et réalisés grâce à cette LEPI et aux fraudes imposés par la force, achat des responsables de la RB pour une majorité confortable à l’assemblée. Puis la suite: introduction tous azimuts de projets et propositions de lois qui passent comme lettres à la poste et qui contiennent tous des atteintes aux libertés. C’était annoncé dès la réalisation du holdup: on se souvient de la déclaration péremptoire tombée comme un cheveu sur la soupe de GNONLONFOUN donnant les résultats non encore validés par la Cour constitutionnelle : «la récréation est terminée; mettez vous au travail».

Les douaniers ont pensé qu’il était possible de faire retirer la proposition les concernant afin de discuter. Impossible répondent Boni YAYI et ses conseillers. Ils n’ont même pas attendu le simulacre de validation de la loi par leur Cour Constitutionnelle; dès le jeudi (29 septembre) des escouades étaient envoyées dans les postes de douane pour défoncer les portes et remplacer les clés. Dans leur furia de tout raser sur leur passage et de faire taire définitivement les travailleurs, Boni YAYI et son ministre des finances se sont même attaqués au siège du Syndicat de l’Administration Centrale des Finances et seule la résistance et les Olé Olé des travailleurs ont pu pour l’instant préserver le siège de leur syndicat du vandalisme de Boni YAYI. Le tableau est clair et rappelle des époques bien sombres de notre histoire. Faut-il le rappeler ?

Avril 1974, KEREKOU et son GMR dissolvent les organisations de jeunes. Juin 1975, il assassine AIKPE, pourchasse et emprisonne tous les responsables syndicaux grévistes, décapitant ainsi l’UNSTD et condamnant la centrale à un rôle de caisse de résonnance. 1977: il impose sa Loi Fondamentale qui supprime le droit de grève. Hormis le PRPB et ses organisations, les libertés d’association, de réunion, de manifestation étaient supprimées. Pendant cette époque (de 1977 à 1989) il n’y avait pas de grève des travailleurs. Et pourtant ! L’économie était ruinée. Ce n’est donc pas à cause de la grève ! C’est le pillage des ressources et la ruine du pays que cela a entraîné qui ont conduit les travailleurs, les jeunes à déclencher les grèves et manifestations qui finirent par emporter le régime de KEREKOU.

Boni YAYI vient donc de poser son premier acte d’autocrate et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les douaniers ne sont que la première étape; les travailleurs dans leur ensemble doivent être pratiquement privés du droit de grève par une loi qui est déjà dans la file au parlement. Puis suivra la révision de la Constitution pour se donner encore plus de pouvoir. Et de toute évidence, ses ambitions sont aux antipodes des souhaits des travailleurs et de la volonté populaire; si l’on sait écouter le bourdonnement populaire.

En résumé, vous voulez des députés qui soient réellement vos porte-parole et qui initient des lois qui résolvent vos problèmes et fassent progresser le Bénin; vous voulez un gouvernement qui soit à l’écoute du peuple et des travailleurs et non aux ordres des puissances extérieures: cela, c’est le pouvoir des travailleurs et des peuples que vous n’avez pas encore. Si vous voulez un tel pouvoir il faudra encore travailler dur, vous battre pour le mériter. C’est la première leçon que boni YAYI vous donne.

Et il n’entend pas discuter. Vous l’avez écouté, lui-même et ses conseillers, ELEGBE (un émule de KEREKOU qui se décrit lui-même comme tel), HOUNTONDJI et autre TAMEGNON, il ne reculera devant rien proclame-t-il. Même si tous les ministères se coalisaient et partaient en grève. Il ne tolèrera même pas, rugit-il, que le peuple prenne la rue; voilà le crédo hystérique de l’homme. Il a besoin d’instaurer la terreur pour appliquer le quatrième PAS et faire payer aux travailleurs et à la jeunesse les conséquences de sa gestion désastreuse du bien public. Tout ce qu’il veut est légal et quiconque le contredit est dans l’illégalité. Toute critique à sa divine autorité est de l’anarchie.

Nous sommes donc en présence de deux droits:

– Le droit d’un peuple qui pense que les dirigeants qu’il se donne sont ses serviteurs et qu’ils doivent exécuter ses instructions, son programme, pour le développement du pays et la satisfaction des besoins de ses citoyens;

– Le droit d’un dictateur qui pense qu’il a acquis le pouvoir par un droit divin et qu’il peut disposer des choses et des hommes comme il le désire et qu’il a le monopole de la violence contre tous les autres.

Quand deux droits sont en présence, seule la force tranche. Et YAYI Boni met en marche la force. C’est la deuxième leçon que vous donne Boni YAYI.

Travailleurs du Bénin, il n’existe plus donc d’autre solution que d’approfondir les réflexions et le mouvement global pour vous donner les moyens de battre par la force la nouvelle autocratie, celle de Boni YAYI.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui et voilà le défi. Le défi à relever par tous les travailleurs et les peuples. Vous en êtes capables. Le peuple béninois en est capable.

En 1975, KEREKOU, général de son état et de son armée a fini d’installer la terreur. En 1976, des dizaines de travailleurs et d’étudiants étaient dans les prisons et les camps de tortures, et pourtant le Parti communiste du Dahomey s’est créé en 1977 et a fortement contribué au renversement du système du PRPB. Et pourtant, en 1979, 1982, 1985, etc. les étudiants de l’UNB organisèrent de mémorables grèves qui ébranlèrent les assises du système. Et pourtant, en 1988 et 1989 les travailleurs, à travers divers comités organisèrent les mouvements qui culmineront en décembre 1989 à la chute de l’autocratie.

Vous avez donc l’expérience ou par vous-mêmes ou par vos aînés. Le Parti Communiste du Bénin, ce ne sont pas seulement des hommes; c’est le refus de la soumission, c’est l’amour de la liberté et de la patrie, c’est l’esprit de sacrifice et la détermination. C’est pourquoi vous l’avez arrosé et nourri au long des décennies. C’est un patrimoine national et il n’est plus à créer. Les luttes pour les libertés, vous les connaissez, avec vos succès et vos échecs, vos élans de bravoure et de générosité, avec vos naïvetés et vos désillusions. Le chemin peut donc être raccourci; énormément raccourci. Votre détermination réduira les sacrifices. Nous ne préjugeons de rien mais la détermination à vaincre vous fera trouver tous les moyens de luttes, toutes les formes d’organisation, toutes les initiatives qui viendront rapidement à bout de l’autocratie et instaurer cette fois-ci le pouvoir des travailleurs. Au bout de ces sacrifices, le bonheur et certainement un service rendu aux générations futures. Le Parti Communiste du Bénin est toujours là pour vous servir de conseil et de guide pour la réalisation de cette tâche historique.

En avant donc !

Cotonou, le 03 Octobre 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Qui peut refonder le Benin et comment ?

J’ai lu l’article intitulé “Réforme à l’ère de la Refondation : Ce qui motive Yayi à aller jusqu’au bout” publié sur la page Internet du quotidien “Le Matinal” en date du 20 Septembre 2011. J’ai voulu par la présente remercier et féliciter FN, l’auteur de l’article pour l’effort  d’objectivité investi dans sa conception.  Mais je voudrais surtout exercer mon devoir de citoyen en émettant des réserves quant à la pertinence de l’analyse ainsi livrée aux internautes.

Il serait d’ailleurs plus intéressant si l’auteur pouvait publier son article dans le format papier du journal afin de permettre à nos compatriotes qui n’ont pas un accès aisé à l’outil Internet, de le lire, de l’analyser, de l’apprécier et de tirer chacun ses conclusions.

Pour ma part, je trouve que cet article s’inscrit parfaitement dans la série des articles commandités par le régime en place pour présenter aux béninois l’image d’un Président soucieux de l’avenir du peuple et justifier les prochains feuilletons de l’imposture qui est en cours dans notre pays depuis quelques années maintenant. De tels articles sont fréquents depuis 2006 que le régime autocratique a décidé de confisquer les organes de presse publics (ORTB notamment) et de stipendier la presse privée, devenue une des bénéficiaires de la largesse anachronique et contre nature du système en place.

Je ne suis pas moins indigné par certains aspects de cet article qui confirment le constat fait par de nombreux observateurs de la vie politique du Bénin que la complicité de certains journalistes dans le drame qui se joue actuellement au Bénin est à déplorer.

En réalité, de quelle refondation parle-t-on? Qu’appelle-t-on refondation et qui veut faire la refondation? Ces questions méritent réponses et clarifications de la part des journalistes qui claironnent depuis quelques mois sur la refondation.  Lorsqu’on a eu la chance d’aller à l’école et d’atteindre un niveau intellectuel qui vous permet d’écrire d’une plume aussi alerte, il faut saisir cette chance pour éclairer la population plutôt que de tomber dans l’escarcelle des vendeurs de concepts et d’illusions qui peuplent aujourd’hui les couloirs de notre appareil de gouvernance.

Parlant de concept, ou en sommes-nous avec le changement?  A-t-on rendu compte au peuple de son bilan?  Si oui, qu’a-t-on changé pendant les cinq années si ce n’est la mise en place d’un environnement propice à l’affairisme politique, au débauchage des opposants prétendus qui vont et viennent comme des navettes, au piétinement des principes démocratiques et des libertés que de 1988 à 1990, le peuple Béninois a souffert et sué sang et eau pour mettre en place à la faveur des luttes clandestines et ouvertes dont le couronnement a été la conférence des forces vives de la Nation de Février 1990?

Qu’a apporté le changement au Béninois si ce n’est une série de scandales économiques et financiers dont la liste continue de s’allonger tous les jours? Point n’est besoin de s’étaler sur ces faits qui ont pris la dimension d’un record et qui ont pris place définitivement dans l’histoire de notre pays.  On en parlera longtemps et c’est le sens de ma réaction.

De quelle refondation parle-t-on alors que ces faits sont pendants sous nos nez et  nos yeux parce qu’ils n’ont jamais été clarifiés et jugés pour le bien des béninois, du pays et de la postérité. Tôt ou tard, justice sera rendue au peuple.  Soyez-en certains et rassurés. Ne serait-ce que pour l’éducation de la jeunesse, ces scandales (CEN-SAD, machines agricoles, ICC-Services, Dangnivo, Avion présidentiel, PVI, etc.) méritent d’être portées devant le juge un jour pour que notre pays ne se construise sur du sable mouvant, mais sur de solides valeurs éthiques et morales qu’une refondation imaginaire ne peut générer ni porter.

Celui qui parle de refondation, c’est celui qui a la charge d’induire ces clarifications. S’il ne le fait pas, je doute qu’il soit qualifié pour nous parler de refondation.  L’histoire le rattrapera à coup sûr.  Il peut passer trente ans au pouvoir. Et pour permettre aux lecteurs de l’article de comprendre ma démarche, je voudrais choisir trois exemples qui sont des indices de ce que ceux qui nous dirigent n’ont guère le ressort moral pour entreprendre des réformes durables pour l’avenir du Bénin et de ses filles et fils.  Toute réforme conduite au forceps avec une majorité mécanique aux ordres à l’Assemblée Nationale ne serait que forfaiture parce qu’elles seront rejetées par le peuple souverain et son destin le moment venu, même si cela passe par un referendum truqué.

1)     La réforme de la constitution: une parodie au sommet de l’Etat

Comme FN l’indique dans son article, je cite: “le successeur du général Mathieu Kérékou, Yayi Boni estimant qu’il faut que la révision de la constitution soit amorcée un jour, s’y est pris à l’aube. Déjà sous son premier quinquennat, il a mis en place une commission dirigée par le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè chargée d’élaborer le projet de relecture de la constitution. Celle-ci ayant fini son travail depuis, a déjà déposé son rapport. Le débat devrait être suscité à ce niveau afin de permettre au peuple d’y prendre part. Mais ce qui est étonnant, c’est que personne ne parle ou presque pas du rapport de la Commission Ahanhanzo-Glèlè. Si on pouvait y penser, cela contribuera à l’enrichissement des idées. Ce qu’il faut déjà souligner, c’est qu’en parcourant le document, on relève que la Commission a fait des propositions pour améliorer la pratique du jeu démocratique” Fin de citation.

FN que je remercie pour ce passage a posé un problème de fond : je cite: “ce qui est étonnant, c’est que personne ne parle ou presque pas du rapport de la Commission Ahanhanzo-Glèlè”. Fin de citation. Pourquoi, n’en parle-t-on pas?  Est-il normal qu’on regroupe des personnalités de ce rang autour d’une question aussi sensible que celle de la relecture de notre Constitution depuis 2008 et que le rapport ne soit ni disséminé ne serait-ce qu’au Président lui même, ni à l’Assemblée Nationale, ainsi qu’aux partis politiques dont la Constitution reconnaît qu’ils sont  les animateurs de vie politique?  La Constitution est-elle une propriété privée du Chef de l’Etat?  Les réformes constitutionnelles constituent-elles une entreprise confidentielle ou des secrets de couvent?

C’est ici que FN comprendra que personne ne prête d’intention au Chef de l’Etat, mais plutôt que le vers est vraiment dans le fruit. La méthode peu crédible de gouvernance que nous avons découverte depuis Avril 2006, faite de tricheries et de volonté perpétuelle de tricher avec les exigences et principes d’une démocratie moderne ont fini par dresser les Béninois contre toutes ses déclarations ou ses promesses de partir ou de ne pas partir.  Notre pays n’est pas une propriété privée du Chef de l’Etat et les Béninois savent bien qu’il est loin d’être le meilleur d’entre nous.  Même les gouvernants les plus célèbres du monde savent que des réformes qui touchent à la Loi Fondamentale de leur pays ont ceci de sacré que chaque citoyen doit y être associé pour en discuter et les comprendre dans les moindres détails.  Ce n’est pas dans une entreprise pareille que le peuple béninois, épris de démocratie, de progrès économique et social, fera confiance à ses dirigeants quels qu’ils soient, surtout que le processus électoral est pipé au Bénin dans son état actuel.

2)     La LEPI ou l’”Anaconda” de la démocratie Béninoise

FN indique, je cite: “En 2010, le projet sur la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) a été conduit dans la douleur, juste parce que les mêmes qui appelaient de tout leur vœu à son avènement ne faisaient plus confiance à celui qui doit le mettre en œuvre. Inutile de revenir sur les atermoiements, les accrochages et les luttes auxquels les acteurs politiques se sont livrés, faisant planer sur le pays d’énormes risques de troubles. Au finish, la Lépi a été réalisée. C’était le grand objectif. Espérons qu’au fil des années, cet instrument sera amélioré” Fin de citation

Ainsi, la LEPI réalisée de façon unilatérale dans l’opacité est un objectif atteint.  Pour moi, la LEPI elle-même ne sautait être un objectif, en démocratie; mais plutôt ce à quoi la LEPI est destinée, à savoir en tant que fichier électoral, servir d’outil de promotion de la transparence dans les élections, ce qui garantira la paix.  Peut-on en dire autant de notre LEPI?  Si l’objectif était d’en user pour reconduire le Président en place et recaser ses thuriféraires y compris celui qui a conduit le processus et qui sans scrupule s’est retrouvé dans le gouvernement, alors cet objectif a été  bel et bien été atteint.  On pourra améliorer la LEPI au fil des années indique l’article de FN.  Ceci bien sûr au gré du référendum qui se susurre de façon insidieuse et qui pourrait se faire de façon unilatérale; au gré aussi des élections municipales de 2013; mais sans l’audit recommandé par de hautes personnalités y compris ce qu’on pourrait appeler l’opposition au pouvoir actuel et toujours avec l’exclusion  des centaines de milliers de Béninois qui attendront de recevoir les excuses du Président de la République le jour du scrutin pour avoir été exclus du vote.

Peut-on parler de refondation dans un tel contexte de violation flagrante des droits inaliénables des citoyens? Si tant est que le Président de la République et ses soutiens n’ont pas fait l’option de tromper le peuple béninois avec la LEPI, pourquoi n’en commanditent-ils pas l’audit par des Experts internationaux.  Le Ghana a conçu son fichier électoral dans la plus grande transparence et le consensus total et cela n’a suscité aucune contestation.  Et pourtant ce pays n’est pas loin du Bénin et de nombreuses délégations se sont rendues dans ce pays pour apprendre du processus électoral. Qu’ont-elles retenu?  La mise en œuvre de la LEPI est l’illustration parfaite de la volonté de nos dirigeants actuels de tricher et de toujours tricher pour garder le pouvoir.  Ils n’en feront rien pourtant.  Nous verrons cela dans quelques années.  Ils peuvent courir, aller de pays en pays, faire promesse sur promesse, parcourir monts et vallées, faire réforme sur réforme, le vers est dans le fruit.

3)     La disparition de Mr Dangnivo : Un autre indice de la vacuité de la gouvernance au Bénin

Un citoyen a disparu depuis plus d’un an maintenant et tout le monde a vu comment le gouvernement a géré ce dossier.  Encore dans la tricherie, le montage grossier comme il en a l’habitude.  Et pourtant la vérité est ailleurs. Dans d’autres pays où les dirigeants sont soucieux de la protection des citoyens, le gouvernement n’a pas de répit tant qu’on n’a pas retrouvé les traces du disparu et informé les parents et l’opinion publique.  Dans le cas du Bénin, on a vu comment la disparition d’un individu peut laisser indifférent et même donner cours au cynisme des uns et à la comédie des autres.  Dans un tel contexte, quelle réforme veut-on faire et pour qui?  Les réformes sont conçues par les Hommes et pour servir les Hommes. Aucune réforme ne se suffit à elle et quand on parle de réforme comme des incantations, cela fait sourire et démontre le degré de régression auquel nous sommes parvenus, alors que la plupart des pays du monde travaillent et avancent et que nous en avons les ressources.

Retrouver Dangnivo ou ses traces et informer objectivement les béninois est plus important que toutes les réformes réunies, en tout cas dans le contexte actuel.  Car, il s’agit de la vie des citoyens et personne ne sait celui qui sera la prochaine victime.

Enfin, quelle réforme peut aboutir dans un contexte de confiscation des libertés?  Quelle réforme peut aboutir dans un contexte anti-démocratique avec la volonté d’imposer le fait du Prince au peuple et d’écraser ceux qui ne partagent pas les mêmes points de vue que ceux qui gouvernent le pays, fussent-ils des opérateurs économiques, des cadres de l’administration ou des formations politiques ? Croient-ils être les meilleurs d’entre nous?  Loin de là.  On voit les résultats auxquels ils sont parvenus après cinq années de gestion des affaires de notre pays.  Aucune réforme ne réussira dans le contexte de division actuelle de notre pays où les cœurs ont reçu le choc du 13 Mars 2011 et où les bouches sont interdites de parole.  La réforme doit commencer par la réconciliation des cœurs et renouer avec les pratiques de bonne gouvernance démocratique qui est un impératif non négociable. Sans cela, nous perdons notre temps et c’est mon intime conviction !

Alain Anagonou (Coll. Ext.)

Spécialiste des Sciences Politiques

Karlsruhe, Allemagne

BENIN : Reckyath Madougou déboutée par la justice

Suite à la publication de l’article « TOUCHE PAS MADAME LA MINISTRE ! » (ci-dessous) de Rochereau AVIDOUTE, Réckiath Madougou avait saisi la justice. Mais, elle a été déboutée.

TOUCHE PAS MADAME LA MINISTRE

Nommée à la faveur d’un remaniement ministériel, madame la ministre passe aujourd’hui pour être la ministre la plus brillante. Récemment épinglée dans une affaire qui n’a ni tête ni queue, elle est ‘’balcklistée’’ c’est-à-dire inscrite sur la liste noire de la DEA, le département anti-drogue de l’Amérique. Peut-être qu’elle ne le sait pas mais ses faits et gestes sont scannés et passés au peignes fins. Connue pour ses ambitions démesurées, ceux qui la connaissent ou ont ‘’flirté’’ avec elles, s’étonnent des airs de grande dame qu’elle se donne.

Disparue entre temps au plus fort de cette situation où elle a failli perdre sa liberté, madame la ministre fait une réapparition timide. Histoire de faire douter la rumeur. Rien ne se cache sous nos cieux. Tu as beau caché tes manies, tes activités sordides, un jour, ça va se savoir. Voyant que son cul est dehors, madame la ministre monte sur ses grands chevaux pour faire dire et écrire qu’elle est victime de complot de la part de ses détracteurs. Qu’à cela ne tienne.

Ses discours de donneurs de leçons contrastent mal avec des activités qui ne sont pas dignes d’une personnalité comme elle. Mieux elle feint d’avoir réussi alors que tout le monde sait comment elle a accédé à ses fonctions de ministre de la République. En tout cas, tout sauf la compétence et le mérite ont milité en sa faveur. Les diplômes étalés faisant toujours l’objet de discussion au sein de l’opinion publique et auprès de ses anciens camarades jusqu’aujourd’hui.

Madame la ministre ne se doutait pas un seul instant que ses activités extra ministérielles seraient sur la place publique. Aujourd’hui, elle trouve qu’elle est l’objet de lynchage. Madame la ministre ne peut que s’en prendre à ses ambitions démesurées qui veulent qu’elle ait tout et en même temps.

Rochereau AVIDOUTE

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Les débiteurs du FNPEEJ

BENIN – La directrice générale du Fonds National de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (Fnpeej) a rendu publique la liste des débiteurs dans  « ses  » journaux, dans le dessein de pouvoir atteindre les acteurs, sinon, les complices de ce scandale dont on ne saurait pardonner ni les acteurs ni les promoteurs en charge de ce dossier sulfureux.

Ce sont les mêmes débiteurs d’hier qui se retrouvent encore sur la liste du déshonneur. Et pour tordre le cou à l’exemplarité républicaine, un des débiteurs a été promu très récemment en conseil des ministres…suivez mon regard. Piteuse République, pour reprendre une expression de Christophe Barbier.

Voir la Liste des débiteurs insolvables du FNPEEJ en cliquant ici