Le Blog de Aymard

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Côte d’Ivoire : FRCI, rien que du pipeau !

On leur avait promis 2 à 3 millions de francs CFA chacun. Ils n’ont empoché que la mort. On leur a promis une formation militaire, ils n’ont reçu qu’un abrutissement militaire. On leur a finalement promis un statut de militaire. Et patatras ! Ils ne comprennent plus ce qu’il leur arrive.

Chaque matin, dans les rues de Yopougon, Abobo, Adjamé, Anyama et peut-être bien ailleurs, ils sont des centaines à courir et à chanter comme les militaires de le font. Les uns arborant des Tee-shirts et culottes bleues flottantes car n’étant pas à leur taille, d’autres, en tenues militaires déchirées, un hélicoptères de l’ONUCI faisant un gros bruit dans le ciel au-dessus de leurs têtes, ceux que certains observateurs sans scrupules appellent les sauveurs, font la joie de plus d’un ou rallument la flamme de la colère chez beaucoup d’autres.

Eux, ce sont les nouvelles recrues FRCI. Je suis FRCI maintenant. Ah non. “Ça c’est avant avant! Anchien temps quoi. Maintenant j’ai dévéni FRCI”. Oui. Les nouvelles recrues FRCI. Ils ont tous une histoire. Anciens mécaniciens, anciens et nouveaux brigands, ancien éboueur, ancien apprenti de mini car urbain, ancien cultivateur, ancien voleur, ancien tôlier, ancien taulards. Bref. Tout y passe ; mais ça, ce n’est que le curriculum vitae. Le profil au moment du recrutement.

Mais ce que vous ne savez pas, c’est qu’avec les FRCI, il n’y a pas de recrutement à proprement parler. On devient FRCI. On adhère à l’armée des FRCI. On est toujours un volontaire. On devient d’abord FRCI et ensuite on gravit des échelons pour finir soit abattu par un autre FRCI soit affecté dans une unité de braqueurs FRCI. Du coup, la plupart des chômeurs, désœuvrés, indigents sociaux qui se réclament du RHDP sont des FRCI. Ils ont tous une carte FRCI. Ils se cachent pour aller participer aux footings des FRCI. Puis après, ils regagnent leurs domiciles. Leur rêve: devenir Policiers, Gendarmes ou Militaires.

L’arnaque que certains sont finalement en train de découvrir, c’est que tout ce traquenard dans lequel ils ont été attirés ne vise qu’à les exploiter et à se servir d’eux.

D’abord, l’adhésion à l’armée des FRCI n’est pas gratuite. Les gros tee-shirts et culottes bleues qu’ils portent sont vendus à 5 000 francs CFA. Pour obtenir une carte FRCI, il faut débourser la somme de 2 000 francs CFA. Pour manger, il faut se débrouiller. Pour être affecté dans une Unité FRCI, les enchères sont ouvertes. Les mieux-disants ont toujours la chance. Si un droit de cuissage aussi peut en rajouter à l’atout physique et au paiement des frais d’adhésion, alors la question du genre est réglée.

Ensuite, l’acceptation des nouvelles adhésions vise à créer un effet de nombre. Quand vous les voyez courir le matin, selon nos sources, avec des grands bruits sur terre et dans le ciel, vous avez l’impression qu’il y a une armée de plusieurs dizaines de combattants aguerris qui se met en place. Mais tout ça n’est que du vent. C’est le petit blanchisseur du quartier ou le gérant de cabine téléphonique ou un désœuvré parti tenter sa chance, qui crie dans vos oreilles comme s’il faisait quelque chose de sérieux.

Par ailleurs, la plupart des tenues autres que les tee-shirts qui sont vendues aux nouveaux adhérents, sont des tenues qui ont été confectionnées pour le service civique sur demande du Président GBAGBO. Ces tenues ont été mises à disposition gratuitement. Mais les Commandants FRCI en ont fait un business rentable.

Enfin, et c’est sur ce point, que je voudrais insister, les adhésions ouvertes au sein des FRCI visent un seul vrai objectif: mobiliser la chair à canon en cas d’attaque. Ces jeunes naïfs, croyant être devenus des militaires parce que participant à quelques exercices sportifs, seront armés, poussés devant les lignes ennemies pour se faire arroser comme des mannequins de champs de tirs. Pendant ce temps, ceux qui savent ce qui se joue, les FRCI-FAFN rescapés des combats d’Abidjan, auront le temps de prendre la poudre d’escampette en cherchant à rejoindre la base arrière de Bouaké, puis de Korhogo, et ensuite du Burkina Faso.

Alors, la vérité c’est que ces jeunes dont on abuse de la confiance ont pour seul avenir réel que de servir de chair à canon. Donc, comme ils ne servent à rien de bon pour l’instant, ceux qui les font rêver les laissent dans la faim la plus horrible. Finalement, les Gendarmes ou les Policiers ivoiriens épris de pitié pour eux leur offrent à manger matin et soir, pendant les “patrouilles” à main nue qui leurs ont imposées avec une présence de quelques FRCI affamés mais armés. Ce qui est d’ailleurs raisonnable. Sinon, ils courent le risque de se faire tirer dessus par ces individus sans formation qui tiennent des armes d’assaut alors qu’ils ont très faim.

Dans tous les cas, ces hommes armés ou utilisés comme des militaires sont attirés dans une grosse arnaque qui va leur coûter la vie. Pour l’heure, cette escroquerie ne leur coûte que de l’argent qu’ils n’ont pas, mais aussi et surtout, leur avenir pour avoir abandonné les petits métiers qui les faisaient vivre.

Il est donc urgent que chaque parent prenne conscience et insiste auprès de son fils pour lui éviter le destin tragique qui sera le sien dans cette aventure de “militaires” FRCI affamés, infâmes et voleurs.

A très bientôt.

Hassane Magued

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Bouaké : Le Maire dénonce l’ingérence des Forces Nouvelles dans la gestion de sa Commune

Le maire de Bouaké, Fanny  Ibrahima,  estime  que la commune qu’il dirige  ne  fonctionne  pas   comme elle devrait.  Cela, par la faute  des Forces nouvelles qui y interviennent de façon  intempestive. «Nous avons affaire à une rébellion qui a tout détracté ici.  A telle enseigne que nous  ne savons pas qui est le vrai chef»,  a dit  Fanny Ibrahima. Qui portant pensait  qu’après que les Forces nouvelles ont accepté en 2008 de lui rétrocéder la gestion de sa commune, il aurait les mains libres pour la diriger.   C’est pourquoi, aujourd’hui, il  a  affirmé être impuissant face à cette situation qui n’est pas de nature à faire  évoluer  les choses. Toutefois, il espère  qu’avec l’installation  à Bouaké de la police et de la gendarmerie nationale, les choses vont changer.  Par ailleurs, le premier  magistrat de la commune, a indiqué que la crise post-électorale que traverse la Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, date du second tour  de l’élection présidentielle, est venue  compliquer davantage la situation de sa  cité. Il a souligné qu’aujourd’hui, la collecte des  taxes  municipales sur les différents  marchés de  Bouaké est au plus bas. «Nous ne faisons pas autre chose  qu’encaisser les taxes pour payer les salaires  de nos agents  et faire  face  à d’autres  charges. Vous voyez vous-mêmes  que les bennes sont garées. c’est le carburant qui nous  manque  pour ramasser les ordures ménagères », a-t-il indiqué. Cependant, Fanny  Ibrahima  dit ne pas désespérer parce qu’il  cherche sans cesse les voies et moyens pour permettre à sa commune  d’améliorer  sensiblement les recettes des taxes  municipales  et pouvoir la faire vivre. Concernant le mot d’ordre de désobéissance civile  lancé par le Rhdp (Rassemblement des  houphouetistes pour la démocratie et la paix), il  a fait remarquer  qu’il serait difficile pour les  commerçants et autres opérateurs économiques de sa  commune  de le respecter. Parce qu’ils n’ont pas  d’autres sources de revenus  que les petites activités  qu’ils  mènent  au quotidien pour vivre. En outre, il  a  mentionné que les autobus de la  Société des  transports  urbains  de  Bouaké (Stub), la société de transport qu’il a créée, ne roulent plus  pour la simple raison  que les élèves et  étudiants ne vont plus à l’école. Or,  a-t-il dit, c’est essentiellement pour les transporter qu’il a mis ces  bus en circulation. Il  a fait savoir que ceux-ci  seront  à nouveau  visibles dans les rues de la ville quand l’école  reprendra  ses  droits  dans la capitale de la région de la  Vallée du Bandama.

Adjé jean – Alexis

correspondant  régional de Fraternité Matin d’Abidjan