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Vérité sur la mort de Thomas Sankara

Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique

Le président Thomas Sankara aurait eu 62 ans le 21 décembre s’il n’avait pas été assassiné par les hommes de Blaise Compaoré, l’actuel président du Burkina Faso et de Gilbert Diendéré, son actuel chef d’Etat Major particulier. Ce dernier a été élevé au rang de chevalier dans l’Ordre national de la légion d’honneur française lors d’un séjour en France en mai 2008. Pour élucider la mort de ce grand homme, modèle du dirigeant, résolu, intègre, courageux et créatif, le collectif Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique a lancé une campagne de signatures.

De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS), au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser la famille pour le traumatisme subi et de divulguer publiquement la décision du comité.

Le 21 avril 2008, le Comité des droits de l’homme de l’ONU, en contradiction totale avec la décision précédente, a clos le dossier sans qu’une enquête n’ait été diligentée. Cette décision ne fait pas honneur à cette institution.

Au sein de la communauté internationale certains font mine de voir en Blaise Compaoré un homme de paix, lui qui, pourtant, est notoirement impliqué dans les conflits au Libéria, en Sierra Léone et dans des trafics d’armes et de diamants pour l’UNITA de Jonas Sawimbi alors sous embargo onusien, et plus récemment dans le conflit qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

Cette même communauté internationale nous propose de nous apitoyer sur ce continent pourtant si riche qu’est l’Afrique, tout en travaillant à perpétuer son assistance et sa soumission. En réalité, les vraies raisons des difficultés du continent sont à chercher dans les réseaux internationaux qui fomentent les guerres et les assassinats pour conserver leur mainmise sur les richesses du continent, avec la complicité des pays occidentaux et de certains dirigeants africains.

Plus de 22 ans après son assassinat, Sankara, personnage historique, leader africain de premier plan, représente de plus en plus une référence, comme leader intègre, déterminé, créatif et courageux, précurseur de la lutte pour la défense de l’environnement et la révolution burkinabé est devenu un modèle de développement. Sankara a été assassiné parce qu’il dénonçait la dette odieuse et le diktat des puissances occidentales, mais aussi parce qu’il engageait une politique décidée dans son pays, orientée vers les besoins de son pays, pour la satisfaction des populations de son pays, tout en œuvrant pour le panafricanisme.

C’est pourquoi nous soutenons et appelons à soutenir les initiatives du collectif juridique du la CIJS qui, inlassablement, depuis plus de 12 ans, intente, des actions juridiques aux côtés de la famille Sankara.

Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages désignent comme impliqués, à savoir principalement la France, les Etats Unis, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder une enquête indépendante sur l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des épisodes majeurs de la fin du 20eme siècle. Nous appelons la jeunesse, les partis démocratiques, le mouvement social en Afrique et au-delà dans les pays du monde à continuer à se mobiliser pour que cette enquête fasse toute la lumière sur cet assassinat et pour que justice soit faite, ce qui serait un grand pas pour mettre fin à l’impunité en Afrique.

Pour signer l’appel,

Vous devez remplir le formulaire qui se trouve sur le lien ci-dessous. Votre adresse mail ne sera pas rendue publique. Mais un mail y sera envoyé automatiquement par notre serveur à l’adresse mail que vous aurez donnée. Dans ce mail, vous trouverez un lien sur lequel vous devrez cliquer pour que votre signature soit confirmée.

http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

Contacts : contactjusticepoursankara@gmail.com ; Solidaires/ CADTM Pointe-Noire, Congo Brazaville, jlemvo@yahoo.fr et solasso@yahoo.fr ; Comité Sankara, España, alozano956@hotmail.com ; Collectif Sankara Ile de France, France, collectifthomsank@gmail.com ; Comité Sankara de Montpellier, France, comitesankara@yahoo.fr ; Comitato Italiano SankaraXX, Italie, sankara.italia@gmail.com ; Sankara Tribute (Washington), USA, Sankaratribute@yahoo.com ;Groupe Thomas Sankara de Liège, Belgique, pauline@cadtm.org ; GRILA, Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de l’Afrique, Canada, admin@grila.org ;ATTAC Togo, Togo, attactogo@yahoo.fr ; Arbeitskreis Panafrikanismus München (AKPM), Allemagne, sekretariat@panafrikanismusforum.net ; RAID ATTAC Tunisie, Tunisie, fatcham@yahoo.fr ; FNDP (forum national sur la dette et la pauvreté), Côte d’Ivoire, fndp11@yahoo.fr ; RNDD ( Réseau National Dette et Développement), Niger, rnddniger@gmail.com ; Club Sankara du Sud-Ouest, Burkina, sanksudouest@yahoo.fr , CETIM (Centre Europe Tiers Monde), Suisse, cetim@bluewin.ch

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Dans les coulisses du Conseil de l’Entente

A un journaliste qui lui demandait à quoi sert encore le Conseil de l’entente, un ministre des affaires étrangères venu au sommet de Cotonou lundi dernier, a eu une réponse curieuse : « Sans vous mentir, c’est la question que moi-même je me pose », a-t-il confié. Dans un environnement ouest-africain déjà jonché d’institutions à visée intégrationniste, l’embarras du ministre est loin d’être un épiphénomène.

Les assises de Cotonou ont été en apparence une grand-mess pour rien, sentiment largement corroboré par le communiqué final désespérément pompeux et désespérément vide. Au total, on aura simplement retenu que Boni Yayi a été reconduit pour un autre mandat d’un an et qu’il bénéficie du soutien de ses pairs franchement ravis de voir son enthousiasme communicatif sur une institution donnée pour morte depuis plus de dix ans. Et c’est tout.

La douce mélodie écrite à la résurrection a été composée en sol majeur, éclatante de visée diplomatique, riche de lendemains qui chantent. « Much ado about nothing » (beaucoup de bruit pour rien) disait la fameuse pièce de Shakespeare. Comme toutes les assises panafricaines qui réunissent nos chefs d’Etats et de gouvernement, celles de Cotonou auront été marquées par un déploiement médiatique préfigurant de grandes résolutions sans lendemain.

Pas d’actions fortes en vue sur l’agriculture, la pêche ou l’élevage, rien sur l’industrie et l’artisanat, et rien encore sur le commerce, le transport ou le tourisme. On se dit tout au moins que les pauvres deniers de l’Etat béninois n’ont pas servi à financer du vent, et que, certainement, le Chef de l’Etat a des raisons suffisantes pour ressusciter la plus vieille institution de l’Afrique de l’Ouest enterrée depuis longtemps sous les scories du temps.

Pratiquement à l’abandon depuis une décennie, c’est dans la morosité qu’elle a célébré ses cinquante ans d’existence en 2009. Son siège situé à Cotonou a été évacué, malgré les contorsions rhétoriques employées pour montrer qu’il a été transféré ailleurs. Réellement, il y a un malaise Conseil de l’Entente. L’institution a été conçue au départ par Félix Houphouët-Boigny pour servir de creuset aux Etats en marche vers la souveraineté internationale.

 A n’en point douter, c’était le premier outil d’intégration sous-régionale, même s’il a pu être utilisé à des fins diplomatiques par le vieux sage de l’Afrique (comme on appelait Houphouët à l’époque). Dans la réalité, le seul instrument de coopération qui appelle encore son nom reste l’Organisation des loteries nationales du Conseil de l’Entente qui tient des réunions régulières. Tous les programmes de développement qui maintenaient la flamme (hydraulique villageoise, l’assistance aux entreprises, électrification rurale, etc.) sont au ralenti depuis pratiquement 1990.

Ce long sommeil provient, on s’en doute, du regain d’activité au sein des autres institutions ayant pratiquement le même objet. Que ce soit l’Union africaine, la CEDEAO ou encore et surtout l’UEMOA, elles ont réussi à éclipser le Conseil de l’Entente qui n’avait plus de rôle à jouer. Mais cela ne voudrait nullement dire que l’éveil actuel correspond à une quelconque léthargie de ces institutions. Et c’est là où la curiosité perce vers la clarté.

En réalité, le sommet de Cotonou a tout l’air d’une manœuvre diplomatique du Bénin. L’agenda de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peut expliquer le curieux enthousiasme du gouvernement. Désireux de placer son candidat à la tête de la CEDEAO, Boni Yayi ne compte pas rester les bras croisés face au Burkina-Faso qui ne ménage pas non plus ses efforts.

Toutes les occasions sont bonnes pour rehausser l’image de marque du pays et le présenter ainsi aux yeux des autres membres de la CEDEAO comme un pays panafricaniste, rassembleur et soucieux d’intégration. D’autant d’ailleurs que le sommet devant décider (enfin !) en dernier ressort se tient samedi prochain.

Rendez-vous crucial pour le Bénin qui attend impatiemment que la CEDEAO lui fasse justice, puisque notre pays n’a jamais occupé un poste de décision au sein de la Commission depuis 36 ans. Et le Conseil pourrait apparaître comme un espace permettant aux challengers de la CEDEAO de se retrouver pour négocier avec l’intermédiation de leurs pairs.

Inutile en réalité mais utile en fin de compte, le Conseil de l’Entente est donc une ressource diplomatique dont Boni Yayi s’est habilement servi, sans y paraître. Samedi nous dira s’il a réussi son jeu ou si au contraire Blaise Compaoré était plus futé que lui.

Olivier ALLOCHEME

En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Les malheurs continuent sous Ouattara : Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien Notre voie dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara

C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA. Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy.

«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.

Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone.

Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.

Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes.

Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !

Abdoulaye Villard Sanogo

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Côte d’Ivoire : Monsieur Sarkozy, ne riez plus !

Nous sommes Africains et notre éducation nous enseigne qu’on ne rie pas des malheurs des autres. Je ne suis pas Européen. Et je n’ai aucunement la prétention de connaître la culture européenne. Mais je sais qu’en Europe comme en Afrique, il y a des règles minimales de respect des autres qu’il faut observer. C’est pourquoi je tente l’aventure de vous raisonner. Afin que vous arrêtiez de rire des malheurs des Ivoiriens. Pour le bien de tous.

Hier, c’était les députés de l’UMP votre parti, qui réunis le mardi 11 octobre 2011 au Parlement français, riaient sur une satire sans qualificatif de Monsieur Alain Juppé, Ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes de votre Gouvernement, qui s’exprima alors en ces termes : « S’agissant de la politique de la France en Afrique, vous avez d’ores et déjà, monsieur le député, la réponse à votre question. Le Gouvernement français, sous l’impulsion de François Fillon et sous la direction du Président de la République, a tout lieu d’être fier de ce que nous avons fait, par exemple, en Côte d’Ivoire. »

Et qu’avez-vous fait en Côte d’Ivoire ? Monsieur Juppé a répondu : «… nous avons tout fait pour que le président légitimement élu, M. Ouattara, accède au pouvoir, et nous voyons aujourd’hui qu’un processus de véritable démocratisation se déroule en Côte d’Ivoire. »

Un processus de véritable démocratisation se déroule où, en Côte d’Ivoire ?

Pourquoi permettez-vous qu’en votre nom, des hautes personnalités de l’Etat français offensent si gravement un peuple qui pourtant ne vous a fait aucun mal ? Même si vous haïssez une partie de ce peuple parce qu’elle soutient un homme que vous haïssez personnellement ?

Aujourd’hui, c’est si récent que je préfère dire aujourd’hui car c’était le samedi 22 octobre dernier, c’est au tour de Monsieur Jean-François Copé, Président de l’UMP votre parti, qui vient enfoncer le poignard dans la plaie en saluant « le vent d’optimisme » qui souffle désormais en Côte d’Ivoire.

Oui, un vent d’optimisme souffle désormais sur les intérêts français en Côte d’Ivoire mais pas sur l’avenir du peuple de Côte d’Ivoire. Un vent d’optimisme souffle votre victoire avariée mais pas sur le droit légitime du peuple meurtri de mettre fin à votre coup de poker ivoirien.

Je sais qu’après être allé si loin dans un pays souverain, votre vœu est de vous faire applaudir pour mériter de la confiance du peuple français. Après avoir satisfait votre ego sur l’autel de la justice, de la vérité et de la loi, l’on comprendrait mal que vous exprimiez des regrets et que vous confessiez que vous vous êtes trompé à jamais pour l’histoire. Alors vous croyez bien faire d’ironiser ou d’user de cynisme ou d’user de manœuvres trompeuses pour cacher la vérité à l’électorat français qui ne vous ferait aucun cadeau de savoir que vous avez l’avez trompé sur toute la ligne en Côte d’Ivoire.

Je vous comprends. Chacun de nous doit se battre pour mériter de son pain surtout quand c’est le contribuable qui paie ce pain. Mais de grâce, ne le faites pas au mépris sans cesse révoltant du malheur des autres. Car tôt ou tard, nos actes finissent par nous rattraper soit au niveau de notre conscience soit au niveau de notre image dans l’opinion populaire. Et quand cela arrive, il n’y a plus rien qui puisse être fait pour nous aider.

Alors arrêtez de vous moquer des Ivoiriens. Car ils vivent les effets secondaires de votre printemps de bombes. Et ils restent meurtris. Ils ne savent toujours pas où se trouvent les corps de leurs enfants massacrés avec vos missiles autour de la Résidence de GBAGBO Laurent lorsque vous posiez vos actes dont vous êtes si fier aujourd’hui. Dans quelle fausse commune les avez-vous abandonnés pour aller sabler le champagne ?

Ils n’ont plus de lisibilité sur l’avenir de leur pays car les retraités français remplacent leurs jeunes enfants dans les administrations dont ils sont licenciés pour faire de la place à vos hommes et aux frères de Monsieur Ouattra venus des pays voisins de la Côte d’Ivoire.

Ils ne savent pas ce qui adviendra de la Côte d’Ivoire car les terres rurales sont occupées depuis le 11 avril 2011 par une vague effroyable de nouveaux migrants venus du Burkina Faso qui de façon inimaginable, sont déployés et installés de façon très coordonnées dans les forêts classées ivoiriennes.

Ils ne savent plus s’ils verront grandir leurs enfants, parce qu’une dictature tribale et xénophile est mise en œuvre avec une exécution extrajudiciaire par jour, l’interdiction de toute activité politique du FPI/CNRD, la chasse à l’homme, le gèle injustifié des avoirs des cadres dits pro-GBAGBO et un tapis rouge pour tous les rebelles et criminels de tous acabits qui ont transformé la Côte d’Ivoire en un gigantesque festin de vautours.

Les Ivoiriens s’interrogent. Une élection démocratique est un processus légal. Mais vous avez décidé en dehors de toute règle de droit, de décréter Président de Côte d’Ivoire, votre ami Monsieur Ouattara pour qui vous vous êtes battu pour qu’il soit un candidat exceptionnel, c’est-à-dire, un candidat ne remplissant pas les conditions d’être candidat.

Aujourd’hui regardez vous dans un miroir et ayez le courage de vous dire que vous avez fait aboutir « un processus démocratique » en Côte d’Ivoire. Juriste comme vous l’êtes probablement, vous devriez alors vous convaincre de la base légale de votre processus démocratique conduit en Côte d’Ivoire.

Soyons sérieux ! Et arrêtez de vous moquer du malheur des Ivoiriens. Je le dis pour notre bien à tous. Car une injustice reconnue et confessée désarme les cœurs. Mais une injustice niée avec arrogance conduit à une situation de révolte indomptable. Ce genre de révolté considère qu’il n’a plus rien à perdre puisqu’il n’attend plus rien de la vie.

Alors pour notre bien à toi, changez de sujet et laissez les Ivoiriens s’approprier votre printemps du 11 avril 2011. Bien entendu, ce sera une appropriation à la manière ivoirienne. Et amateur des sensations fortes, vous serez gâté quand le processus démocratique d’appropriation verra le jour. C’est pourquoi je vous en prie. Ne riez plus !

A très bientôt.

Hassane Magued

L’Afrique, ses leaders et l’Occident…

Beaucoup d’Africains ont le sentiment de ne pas avoir de raison de vivre en voyant comment les Africains sont traités, mais surtout ce qui arrive aux leaders africains qui tiennent tête aux blancs. On l’a vu avec Patrice Lumumba, on l’a vu avec Nelson Mandela, on l’a vu avec Kwuame N’kruma, on l’a vu avec Thomas Sankara, on l’a vu avec Patrice Lissouba, on l’a vu avec Laurent Gbagbo, et on vient de le voir avec Kadhafi… Le seul point commun que tous ces hommes ont, c’est d’avoir tenu tête à des degrés divers aux occidentaux… Et c’est le « crime » officiel qui les emporte ou qui les maintient longtemps en prison. Mais de là à les placer sur le même podium, je ne le ferai pas car certains d’entre eux ont eu la possibilité de gouverner… Et pour la croyante que je suis, je sais que Dieu ne les juge pas sur la base de leur «entêtement» vis-à-vis des Occidentaux. Chacun d’eux est jugé selon le traitement qu’il a affligé à son peuple et je pense qu’on ne doit pas faire d’amalgame entre « dire non » aux blancs et « bien traiter » son peuple.

Est-ce que les blancs doivent parler et agir pour autant à la place des peuples africains? Non !

Est-ce que les peuples Africains savent faire la différence entre bon et mauvais gouvernant? Pas vraiment, à mon avis!

Nos écrits et nos cris de cœur par contre pour moi, s’avèrent plus un soulagement de LIBRES-INDIGNÉS plutôt qu’une solution magique à réveiller la conscience des nombreux Africains non scolarisés, des nombreux Africains intellectuels mais alimentaires, des nombreux intellectuels dont l’intellectualisme ne voit le bien que dans leurs tribus respectives, des nombreux politiciens instrumentalisés à souhait pour ne jurer qu’au non d’un individu fut-il leader de parti…

NB 1 : Je confesse que SEUL DIEU EST FORT ou alors, c’est Dieu qui est fort… Que les petits dieux de la terre, toutes races confondues le sachent…  ONLY GOD IS POWERFULL… ONLY GOD KNOWS WHAT IS TRUTH AND WHAT IS LIES… ONLY GOD KNOWS WHAT IS WRONG AND WHAT IS RIGHT…

NB 2 : Satan dans son règne sur terre, maltraite, pille, tue et amasse au détriment des plus faibles. Que chacun fasse l’effort pour avoir le soutien de Dieu dans toute épreuve… Car la différence se situe entre le soutien et l’abandon de Dieu, face aux forces sataniques terrestres…

Je m’incline devant lui pour dire: « que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel… »

Dieu bénisse et restaure la Côte d’Ivoire!

Dieu bénisse et restaure l’Afrique!

Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

Côte d’Ivoire : FRCI, rien que du pipeau !

On leur avait promis 2 à 3 millions de francs CFA chacun. Ils n’ont empoché que la mort. On leur a promis une formation militaire, ils n’ont reçu qu’un abrutissement militaire. On leur a finalement promis un statut de militaire. Et patatras ! Ils ne comprennent plus ce qu’il leur arrive.

Chaque matin, dans les rues de Yopougon, Abobo, Adjamé, Anyama et peut-être bien ailleurs, ils sont des centaines à courir et à chanter comme les militaires de le font. Les uns arborant des Tee-shirts et culottes bleues flottantes car n’étant pas à leur taille, d’autres, en tenues militaires déchirées, un hélicoptères de l’ONUCI faisant un gros bruit dans le ciel au-dessus de leurs têtes, ceux que certains observateurs sans scrupules appellent les sauveurs, font la joie de plus d’un ou rallument la flamme de la colère chez beaucoup d’autres.

Eux, ce sont les nouvelles recrues FRCI. Je suis FRCI maintenant. Ah non. “Ça c’est avant avant! Anchien temps quoi. Maintenant j’ai dévéni FRCI”. Oui. Les nouvelles recrues FRCI. Ils ont tous une histoire. Anciens mécaniciens, anciens et nouveaux brigands, ancien éboueur, ancien apprenti de mini car urbain, ancien cultivateur, ancien voleur, ancien tôlier, ancien taulards. Bref. Tout y passe ; mais ça, ce n’est que le curriculum vitae. Le profil au moment du recrutement.

Mais ce que vous ne savez pas, c’est qu’avec les FRCI, il n’y a pas de recrutement à proprement parler. On devient FRCI. On adhère à l’armée des FRCI. On est toujours un volontaire. On devient d’abord FRCI et ensuite on gravit des échelons pour finir soit abattu par un autre FRCI soit affecté dans une unité de braqueurs FRCI. Du coup, la plupart des chômeurs, désœuvrés, indigents sociaux qui se réclament du RHDP sont des FRCI. Ils ont tous une carte FRCI. Ils se cachent pour aller participer aux footings des FRCI. Puis après, ils regagnent leurs domiciles. Leur rêve: devenir Policiers, Gendarmes ou Militaires.

L’arnaque que certains sont finalement en train de découvrir, c’est que tout ce traquenard dans lequel ils ont été attirés ne vise qu’à les exploiter et à se servir d’eux.

D’abord, l’adhésion à l’armée des FRCI n’est pas gratuite. Les gros tee-shirts et culottes bleues qu’ils portent sont vendus à 5 000 francs CFA. Pour obtenir une carte FRCI, il faut débourser la somme de 2 000 francs CFA. Pour manger, il faut se débrouiller. Pour être affecté dans une Unité FRCI, les enchères sont ouvertes. Les mieux-disants ont toujours la chance. Si un droit de cuissage aussi peut en rajouter à l’atout physique et au paiement des frais d’adhésion, alors la question du genre est réglée.

Ensuite, l’acceptation des nouvelles adhésions vise à créer un effet de nombre. Quand vous les voyez courir le matin, selon nos sources, avec des grands bruits sur terre et dans le ciel, vous avez l’impression qu’il y a une armée de plusieurs dizaines de combattants aguerris qui se met en place. Mais tout ça n’est que du vent. C’est le petit blanchisseur du quartier ou le gérant de cabine téléphonique ou un désœuvré parti tenter sa chance, qui crie dans vos oreilles comme s’il faisait quelque chose de sérieux.

Par ailleurs, la plupart des tenues autres que les tee-shirts qui sont vendues aux nouveaux adhérents, sont des tenues qui ont été confectionnées pour le service civique sur demande du Président GBAGBO. Ces tenues ont été mises à disposition gratuitement. Mais les Commandants FRCI en ont fait un business rentable.

Enfin, et c’est sur ce point, que je voudrais insister, les adhésions ouvertes au sein des FRCI visent un seul vrai objectif: mobiliser la chair à canon en cas d’attaque. Ces jeunes naïfs, croyant être devenus des militaires parce que participant à quelques exercices sportifs, seront armés, poussés devant les lignes ennemies pour se faire arroser comme des mannequins de champs de tirs. Pendant ce temps, ceux qui savent ce qui se joue, les FRCI-FAFN rescapés des combats d’Abidjan, auront le temps de prendre la poudre d’escampette en cherchant à rejoindre la base arrière de Bouaké, puis de Korhogo, et ensuite du Burkina Faso.

Alors, la vérité c’est que ces jeunes dont on abuse de la confiance ont pour seul avenir réel que de servir de chair à canon. Donc, comme ils ne servent à rien de bon pour l’instant, ceux qui les font rêver les laissent dans la faim la plus horrible. Finalement, les Gendarmes ou les Policiers ivoiriens épris de pitié pour eux leur offrent à manger matin et soir, pendant les “patrouilles” à main nue qui leurs ont imposées avec une présence de quelques FRCI affamés mais armés. Ce qui est d’ailleurs raisonnable. Sinon, ils courent le risque de se faire tirer dessus par ces individus sans formation qui tiennent des armes d’assaut alors qu’ils ont très faim.

Dans tous les cas, ces hommes armés ou utilisés comme des militaires sont attirés dans une grosse arnaque qui va leur coûter la vie. Pour l’heure, cette escroquerie ne leur coûte que de l’argent qu’ils n’ont pas, mais aussi et surtout, leur avenir pour avoir abandonné les petits métiers qui les faisaient vivre.

Il est donc urgent que chaque parent prenne conscience et insiste auprès de son fils pour lui éviter le destin tragique qui sera le sien dans cette aventure de “militaires” FRCI affamés, infâmes et voleurs.

A très bientôt.

Hassane Magued

Biens mal acquis des patrons de la rebellion ivoirienne des Forces Nouvelles, l’enquête de La Lettre du Continent qui dérange

Biens mal acquis des patrons des FN l’enquête de La Lettre du Continent qui dérange

Ah ! que la guerre en Côte d’Ivoire a été jolie pour certains ! C’est la conclusion à laquelle on arrive lorsqu’on lit l’enquête que la feuille confidentielle La Lettre du Continent a consacrée aux biens accumulés au cours de la guerre – qui a commencé il y a presque exactement neuf ans – par Guillaume Soro et ses lieutenants de l’exrébellion des Forces nouvelles.

On y apprend qu’avec la disparition annoncée de la Centrale, les anciennes figures du MPCI investissent à fond dans l’immobilier les sommes issues de « l’économie de rente » installée dans les zones Centre Nord et Ouest. Ainsi, en un temps trois mouvements, Guillaume Soro a racheté, nous apprend la publication, et la résidence de l’ancien procureur de la République Raymond Tchimou (Beverly Hills) et un immeuble appartenant à l’ancienne Première Dame Thérèse Houphouët-Boigny, à la rue des Jardins (Deux-Plateaux).

Wattao possèderait de son côté des dizaines de grosses cylindrées (Ferrari, Compressor, BMW X5. En comparaison, explique le titre édité à Paris, Teodorin Obiang Nguema Mangue, le fils du président équato-guinéen, internationalement connu pour son côté flambeur impénitent, serait un « petit joueur ».

Hervé Touré dit « Vétcho » s’enrichit de son côté dans la contrebande des produits pétroliers venus du Burkina Faso et du Mali. Chérif Ousmane quant à lui fait fortune dans le « gardiennage » des banques du Plateau. Il aurait aussi réquisitionné pour son plus grand profit l’hôtel Harmattan de Bouaké, si l’on en croit La Lettre du Continent. Il possède plusieurs résidences, explique le titre, au Burkina Faso, pays de sa femme, petite fille de l’ancien président Sangoulé Lamizana. On se rappellera opportunément qu’Alassane et Dominique Ouattara étaient les témoins de leur mariage…

Morou Ouattara, plus entreprenant, a une ferme agro-pastorale à Bouna. Fofana Losséni dit « Loss » a de son côté gagné beaucoup d’argent dans la contrebande du café de la région des Montagnes. L’on comprend, à la lecture de cet article, la sourde colère qui habite la base des soldats FRCI d’origine MPCI… qui n’ont jamais été payés en neuf ans de combats. Et ont décidé de se rémunérer en se transformant en coupeurs de route et en braqueurs. Bien entendu, la « rigueur » du chef de l’Etat Alassane Ouattara ne touchera pas les milliardaires de la guerre…

Par Benjamin Silué du Nouveau Courrier

Lire l’article Les châteaux des rebelles ivoiriens à Ouagadougou

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com