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Jean-Paul Pougala à propos du Président Diouf : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident »

En Réponse à Aly D. Diop non content de mon commentaire sur l’ancien Président Diouf du Sénégal. En parlant du Président Diouf, J’avais dit sur mon mur facebook ceci : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident« 

Jean-Paul Pougala

Mon cher Diop, bonjour et bon dimanche. Pour moi, la fonction de Chef d’Etat est sacrée.

C’est pour cela que je prétends qu’on respecte nos chefs d’Etat (quoi qu’ils aient fait) exactement comme on le fait ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine etc… Mais en revanche, ce sont nos chefs d’Etats qui doivent arrêter de nous humilier en acceptant de présider des associations et institutions bidon.

De la même manière que je dis que la place d’un chef d’Etat Africain n’est pas à la Haye et me bats même contre les Africains qui acceptent d’y siéger comme procureurs ou juges, de la même manière je dis que la place d’un chef d’Etat africain n’est pas à défendre les intérêts de la France à travers une institution à saveur coloniale qu’est la Francophonie dont j’ai demandé l’abolition en 2010, à travers ma lettre ouverte au chef d’Etat Français et au peuple français (voir la copie sur mon blog : www.pougala.org).

A propos de la langue, c’est depuis 1975 que le Swahili a été reconnu à l’ONU est inscrit à l’UNICEF comme la langue officielle Africaine et c’est à ce titre qu’un autre ex-Président : Konaré alors président de la Commission de l’UA (présidant l’institution juste à mes yeux) s’est battu afin que ce Swahili soit très vite adopté comme la langue commune Africaine. Je me serais attendu que le Président Diouf lui donne un coup de main pour la continuité de sa bataille et non aller défendre une langue qui empêche l’émergence de la culture africaine.

S’il contestait le Swahili, il aurait pu défendre le Wolof, pas le français.

Par ailleurs, l’Afrique est un si grand chantier pour réécrire notre histoire, même en formant nos jeunes, en leur faisant partager son expérience, que je me demande si le Président Diouf n’a pas trouvé l’utilité de donner lui aussi ce précieux coup de main à nos jeunes.

C’est ce que beaucoup font déjà, car pour le faire, on n’a pas besoin d’être en poste ou d’être Ministre ou Président.

Il a déjà un salaire d’ancien Chef d’Etat qui le protège du besoin, et lui laisse suffisamment d’espace pour qu’il fasse plein de choses au Sénégal, en Afrique. Au lieu de cela, il a préféré comme son prédécesseur de s’exiler en France.

Au fond, à quoi sert cette francophonie ? Si les étudiants africains, les chanteurs africains ne peuvent pas voyager librement vers la France, la Suisse, le canada ou la Belgique alors que les pays de l’Amérique du Sud qui ne sont pas dans la francophonie peuvent le faire ?

Les Africains doivent copier l’exemple des pays Scandinaves où tous les jeunes doivent bien parler au moins 3 langues internationales et non s’engouffrer dans une seule langue qui limite leur vision du monde.

Le Président Diouf en présidant la Francophonie, n’a-t-il pas compris que S’exprimer uniquement dans la langue de l’autre est symbole de soumission ? Tous les dirigeants Nord-africains parlent français, mais aux Nations-Unies, ils ne prononcent jamais un discours en français, mais plutôt en Arabe. C’est aussi le cas des dirigeants Chinois qui même si c’est eux qui impriment tous les dictionnaires anglais, dès lors qu’ils sont aux Nations-Unies, font semblant de ne connaitre aucun mot d’anglais et se font traduire de leur chinois. Le Président Diouf peut-il nous aider à faire que très bientôt, aux Nations-Unies, un Président Africain se fasse traduire du Wollof, du Lingala ou du Malgache, en attendant que le Swahili remplace toutes ces langues ?

PS : S’opposer au PAS est juste la fumée aux yeux, à mon avis ; car ne pas mettre en cause le Franc CFA est la preuve d’un certain alignement récompensé justement par cette présidence de la Francophonie.

« L’Europe, en proie à la crise de la dette, n’est plus un modèle à suivre pour le reste du monde et refuse de l’admettre » l’a déclaré le 9/12/2011 le président tchèque Vaclav Klaus. Les Présidents Africains et les anciens ont-ils compris que la page de la gloire européenne est en train d’être tournée ? voudront-ils faire partie du nouveau monde qui se redessine ou de l’ancien déjà obsolète ?

Jean-Paul Pougala

www.pougala.org

pougala@gmail.com

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Jean-Paul POUGALA

Les 12 derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d’importantes élections qui ont suscité beaucoup d’intérêts même hors d’Afrique, parce que l’issu de chacune d’elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d’influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l’Occident et le nouveau, la Chine.

En paraphrasant un classement qu’on a vu en Ukraine, ont peut dire qu’en Côte d’Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.

Depuis les indépendances africaines il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l’une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l’Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de toute ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains.

Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n’existe à ce jour, aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BANQUE MONDIALE qui a une particularité et c’est que lorsqu’il échoue, le chapeau n’est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en « dictateur africain » afin de détourner l’attention de la vraie paternité de l’échec : l’ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu’on prescrit aujourd’hui à la Grèce, au Portugal et à l’Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.

Ces dissidents Africains ont regardé ailleurs vers l’Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu’il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d’état bien pilotés par l’entremise des rebelles qui n’ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu’on connait depuis 50 ans au service de l’Occident ou alors s’il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.

Aujourd’hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait 2 choix opposés, l’un la Cote d’ivoire a choisi de rester comme avant, sous l’Occident et l’autre, le Cameroun qui a choisi de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des 2 pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l’histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.

Le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c’est que les deux géants mondiaux, la Chine et l’Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d’Ivoire, on peut être d’accord ou pas d’accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l’intronisation par la France et les Etats-Unis d’une administration africaine.  Il n’est donc pas erroné d’affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.

Au Cameroun, Monsieur Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années la seule destination officielle hors des frontières camerounaises de Monsieur Paul Biya ; Lors du dernier congrès du parti de Monsieur Biya, le RDPC, le parti de monsieur Sarkozy l’UMP n’était pas invité comme d’habitude. A sa place, c’est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le « meilleur parti ami » du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire sans nous tromper que le positionnement du Cameroun est pro-Chine ?

Etait-ce un simple hasard la décision conjointe de Pékin et Yaoundé de choisir la date du 8/10/2011, un seul jour avant les élections, la cérémonie présidée par Monsieur Biya et le représentant Chinois pour  poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N’étaIt-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l’électorat Camerounais  a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain dans les urnes, en élisant Monsieur Biya avec 78%. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation Ivoirienne quelques mois auparavant.

Qui du Cameroun et de la Côte d’Ivoire a eu raison de son choix ?

S’il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d’ivoire et constater que la situation aujourd’hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Monsieur Laurent Gbagbo. Le FMI vient d’avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l’année 2011 faisant ainsi de la Côte d’Ivoire, le seul pays en récession de tout le continent africain, c’est-à-dire,  pire que la Somalie, où même sans gouvernement stable il y’aura eu 1% de croissance pour 2011, c’est-à-dire une croissance somme toute positive.

Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l’économie ivoirienne où l’état doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l’étranger.

Prenons au hasard une date commune dans les 2 pays, la date d’hier 23/11/2011. Quelle est l’actualité principale en Côte d’Ivoire : C’est le porte parole du  président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce que Monsieur Alassane Drame Ouattara se trouve à Bruxelles où il va rencontrer dans la journée Monsieur Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l’Union européenne.

Au même moment, au Cameroun, c’est Monsieur Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui nous annonce la signature d’un accord pour la création d’une usine, la SITRACO, d’une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les  compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.

Dans le premier cas, il s’agit de l’énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 Mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l’ami Sarkozy, président de la France l’a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d’informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques  qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande.

Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l’argent.

Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes;  et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d’école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l’amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.

Comment lire ces deux évènements ?

1. En Côte d’Ivoire

La démarche ivoirienne est erronée. à mon avis, le Cacao et le Café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C’est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l’année 2011 comme « produits coloniaux ». Plus de 50 ans après l’indépendance, ce n’est pas normal qu’un dirigeant Africain se rende en Europe pour négocier en faveur d’un produit colonial, c’est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale.

C’est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s’est jamais enrichi en continuant la production d’un produit colonial, même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier production mondial du café pour passer à la production de la viande qu’elle exporte désormais vers Europe parce qu’elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.

En d’autres termes, la Côte d’Ivoire doit se spécialiser en « Intelligence » pour compter et pour commander en Afrique et voilà non plus retourner en arrière aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre comme le veut le maître Européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.

2. Au Cameroun

La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente 2 avantages :  d’abord parce que la vraie plus-value d’un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains 10 ans le Cameroun passera du pays exportateur de coton, à pays importateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.

Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c’est la leçon même de Laurent Gbagbo c’est-à-dire que désormais c’est en Afrique même qu’il faut aller chercher l’argent.  La Sitraco est l’arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif  pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d’Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique.

Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur Bedouma Alain Yoda, ministre Burkinabé de la Santé, le gouvernement d’un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la facture pour évacuer une cinquantaine de patients par an, la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d’Euros) chaque année. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé, LE PAYS dans son édition du 19/09/2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L’histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l’activisme de ce nouveau concurrent inattendu.

Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Monsieur Sarkozy est celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l’intérieur du Palais d’Etoudi (demeure du Président Camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l’Europe encaisse chaque année des étudiants Africains qui y affluent. Un vrai magot ! se sera-t-il exprimé. et toutes les réflexions successives ont dû être sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme.

Les Universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les oeuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d’éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu’ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d’être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain. Alors que l’hôte de l’Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de Mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.

Que faire lorsqu’on s’est trompé dans le choix des alliances ?

Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert.

Le Guide Libyen Kadhafi est l’exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l’alliance avec l’Occident, en snobant soit la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu’il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s’accoupler et assurer la descendance, garantir l’avenir. Parce que les males vieux sont trop faibles et souvent aigris et génèrent d’autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, et qui ne présagent aucun futur.

En ce moment, l’Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera lorsqu’ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n’était qu’une pure illusion et qu’ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d’Ivoire et donc que qu’ils n’auront plus besoin de Monsieur Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en « Dictateur Africain » et on n’a pas besoin d’être un magicien pour prédire que ce jour là, des ONG prétendument expertes de l’Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s’enrichit sur le dos du peuple.

On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l’avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l’avons fait pour le Guide Libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n’abandonnions jamais les nôtres, quoi qu’ils aient fait dès lors qu’ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours. Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que « Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats » ?

Combien serons-nous pour répondre « présent » au soutient de Monsieur Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ?  Qu’est-ce que l’histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu’il a écrite avec sa fameuse « Communauté Internationale » ?  lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu’ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n’est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l’erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d’avoir le courage et la force d’aller contre ceux qui l’ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de « l’Afrique de la traitrise et des sous-préfets » pour entrer dans l’Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.

Nous sommes différents des Européens. Pour construire l’Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d’entrer dans l’Union et des pays comme la Turquie depuis 1963, n’ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d’autres valeurs que l’argent. C’est pour cela qu’il n’ya jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l’OUA hier ou à l’UA aujourd’hui et demain dans les Etats-Unis d’Afrique en construction.

Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l’Africain à l’esclavage européen, à travers la lutte contre l’humiliation que l’Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n’est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ? Comment expliquer sinon qu’avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les ‘Khmers rouge’, le tribunal spécial se passe en terre Cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits alors que pour l’Afrique, le TPI devient l’énième instrument de domination et de la xénophobie contre l’Afrique ?

Le dénominateur commun du peuple africain est l’anticolonialisme. C’était même le fondement de l’OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d’Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu’à chasser nos chefs d’Etat du pouvoir, jusqu’à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n’ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.

Conclusion

Le déclin de l’Occident est paradoxalement une chance pour l’Afrique, à condition que nous soyons conscients de l’importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L’Occident ne peut pas nous aider parce qu’il ne peut pas s’aider lui-même. Monsieur Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d’un allié de l’Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère et c’est que ce pays pour sa croissance s’est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars américains, montant qu’aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l’histoire, hier 23/11/2011, pour la première fois, même l’Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n’a pas pu emprunter l’argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.

Au 21ème siècle c’est la fin des Etats-Nations et le triomphe des ETATS-CONTINENT. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun tant que l’économie d’un autre pays africain, comme la Côte d’Ivoire est en berne, parce que la Côte d’Ivoire comme la Somalie, c’est aussi mon pays et le comprendre c’est  avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d’une prospérité stable, continentale.

Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l’instant, le meilleur ami de l’Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l’Europe va à Pékin parler de l’Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l’adolescence ?

Toujours plus de Chefs d’Etats Africains seront encore humiliés, d’autres seront encore assassinés. Mais le pire qu’un Africain puisse faire c’est qu’il soit de près ou de loin, complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque Président Africain qu’on humilie, c’est nous tous qu’on humilie, chaque Chef d’Etat Africain qu’on tue, c’est nous tous qu’on tue. Défendre les nôtres, c’est défendre nous-mêmes aujourd’hui, c’est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n’est mort tombé sous les balles de l’armée chinoise.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Versatilité d’une presse française manicheenne…

L’actualité africaine n’a jamais été l’exutoire des médias français que lorsque celle-ci est faite de guerres, de crises institutionnelles, de maladies, de famine, de sous-développement, bref de tous les maux dont souffre le continent africain. Cette presse hexagonale, manichéenne à souhait, et dont l’inclination congénitale à la versatilité et la manipulation sont connues, reste malgré tout, celle dont l’audimat est le plus grand, notamment dans l’espace francophone. Sacré paradoxe pour tous ces Africains qui ont toujours maudit « les méfaits de la colonisation française et les crimes de la France en Afrique». Le Cameroun, bien qu’à proprement parler, n’ait jamais été une colonie, fut sans doute le pays qui paya le plus lourd tribut de l’impérialisme français, avec non seulement la décapitation de la crème des principaux leaders nationalistes, mais aussi et surtout, des massacres perpétrés par l’armée française avant et après l’indépendance du Cameroun.

Des médias qui sont davantage des instruments de propagande et d’espionnage au service du gouvernement et des lobbies économiques français que des organes classiques d’information, de véritables cache-sexes au service d’une politique néocolonialiste en vigueur dans les ex-colonies françaises. Conséquence, cinquante ans après une indépendance politique octroyée par l’ancienne métropole à ses colonies d’Afrique, les médias français sont justes après les gouvernants et les milieux d’affaires, le principal instrument d’aliénation et d’assujettissement de l’Afrique. La situation est déplorable, surtout dans le pré-carré, lorsque sous le couvert d’une couverture médiatique ou d’enquête journalistique, et nonobstant l’image du professionnalisme qu’ils laissent transparaitre, les médias français se positionnent davantage comme le porte-parole de leurs dirigeants. Des exemples sont légions : que ce soit en Côte d’Ivoire avec l’éviction du président Laurent Gbagbo au profit d’Alassane Dramane Ouattara en avril dernier, ou encore en Libye, où les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), avec comme chefs de file la France et les Etats-Unis, ont renversé du pouvoir, puis tué la semaine dernière, le « Guide » de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi.

L’art de la manipulation et de la désinformation

S’agissant de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun, la presse française, comme c’est le cas pour tous les pays du pré-carré qui vit cet événement politique majeur, s’est fortement mobilisée pour couvrir cette importante actualité politique. Ce qui est frappant dans les rendus des confrères hexagonaux, c’est parfois la distance entre les suppositions, les supputations, les procès d’intention et la réalité, basée en principe sur les faits.

Du coup, les reportages, commentaires, analyses et chroniques se situent généralement dans le sens du vent, c’est-à-dire, là où se trouvent les intérêts de la France. Sinon, comment comprendre que ce sont ces mêmes médias français, qui, pour peu qu’ils passent à la caisse, disent tout le grand bien du Cameroun et de ses dirigeants. Le président Paul Biya est alors présenté comme un « sphinx », qui a su préserver la paix au Cameroun dans « une Afrique centrale minée par les guerres fratricides et une instabilité institutionnelle chronique». Le Cameroun est alors présenté comme un pays où « la presse est libre plus qu’en France », un pays où « on n’est pas inquiété pour ses opinions politiques », Paul Biya étant présenté comme un « sage Africain »…

Comme on peut le constater, cette peinture blanche des gouvernants est généralement assujettie à la mobilisation de fortes sommes d’argent, la plupart de ces publi-informations étant prises en charge par le contribuable camerounais, sauf dans le cas du marché des dupes, où des magnats de l’économie française acceptent de payer la note. L’un des exemples en date remonte à juillet 2009 lors de la toute première visite officielle de Paul Biya en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy, où Vincent Bolloré dont l’étendue de l’empire au Cameroun se passe de tout commentaire, avait pris en charge, la « promotion de l’image de marque du Cameroun et de son président dans les médias français », d’où de « bons articles » sur le pays de Paul Biya, aussi bien dans la presse audiovisuelle, écrite que cybernétique.

A contrario, quand cette presse française ne passe pas à la caisse, ce sont des articles au vitriol qu’on lit sur le Cameroun. Aussi, Paul Biya est présenté comme un « sanguinaire », un « tyran », un « roi fainéant », un « absentéiste notoire qui gouverne par procuration », et son régime présenté comme très corrompu, sinon le plus corrompu au monde, un pays où le chômage est endémique, où les gens meurent de famine, où la justice n’existe pas, où la démocratie va plutôt à reculons, où la presse est bâillonnée. Dans leur volonté de tout noircir, des médias français ne manquent pas de tenter d’opposer les Camerounais entre eux, dénigrent la campagne d’assainissement des mœurs dans la haute administration connue sous le vocable de « l’opération Epervier », décrivent une économie exsangue malgré d’incommensurables potentialités, avant de conclure sur un pays dans l’impasse. En début de ce mois d’octobre, alors que le pays était en plaine campagne électorale, le célèbre journal Le Monde dont les lecteurs n’ignorent pas les gros plans sur le Cameroun, « un pays dans la voie de l’émergence » quand cela participe à renflouer les caisses de la boite, ont découvert « un reportage » d’un autre style, où tout ou presque, est peint en noir.

Le Cameroun n’est ni un paradis, ni un enfer

Dans sa volonté d’en découdre avec le régime en place, le journal ne manqua pas d’écrire noir sur blanc que depuis vingt ans, Paul Biya n’avait plus mis les pieds à Douala. Mensonge. Certes, si on ne connaît pas particulièrement au locataire d’Etoudi des qualités de grand voyageur dans son pays, même ses pourfendeurs les plus acerbes qui connaissent les réalités du pays ne pourraient être d’accord avec ce mensonge du journal Le Monde. Oui chers confrères de la presse française, sans être un paradis, le Cameroun n’est pas non plus un enfer. C’est un pays qui a ses tares : corruption, clanisme, sectarisme, favoritisme, inertie, détournements de deniers publics, roublardise des dirigeants, laxisme de l’administration, mauvaise répartition du patrimoine national, insuffisance des écoles et des hôpitaux, adduction d’eau et électrification insuffisantes, mauvais réseau routier, chômage…, mais c’est un pays qui bouge, et poursuit sa voie vers le développement et ses millions de citoyens croient en son avenir, et mettent toutes leurs forces, toutes leurs énergies et tout leur savoir-faire pour son essor et pour le bien-être de ses populations.

Malheureusement, cette presse française, à la fois versatile, manipulatrice, manichéenne, mieux, en mission commandée, est reconnue pour son inclination à donner les leçons de déontologie et de professionnalisme aux autres. Cette catégorie de la presse française, où tout « bon article de presse » se joue par l’épaisseur du chèque ou du virement, est encore la première, sous une forme déformée, à s’ériger en modèle lorsqu’il faut perpétuer la Françafrique. Dommage que les dirigeants africains en général et ceux de l’espace francophone en particulier, par complexe du Blanc ou par souci d’obtenir l’adoubement de Paris, essaient toujours de faire des médias français, leur principal vecteur de communication. Est-ce parce qu’ils sont mal élus ? En tout état de cause, il y a lieu d’espérer pour un affranchissement dans les prochaines années. Les pays comme le Rwanda avec le président Paul Kagamé essaient de montrer la voie, convaincus que « la liberté ne se donne pas, elle s’arrache ». Aux autres de piger la leçon.

Une chronique de A. Mbog Pibasso

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Le Colonel a été assassiné, et alors ?

Il était en guerre contre la haine raciale, l’arrogance fasciste, le négationnisme occidental. Il est tombé au Champ d’honneur. Dans la pure dignité qui caractérise un guerrier moudjahiddine. Que Allah l’accueille auprès de lui ! Et fortifie les guerriers qui lui succèdent pour mener la lutte jusqu’à la victoire finale ! Amin !

Après les honneurs que nous venons de rendre au Guide de la Révolution libyenne, que nous reste-t-il à faire ?

Pleurer et nous rouler dans le sable comme des frères et sœurs affectés par le meurtre gratuit, méchant et raciste d’un des leurs ou juste jouer les veuves et les veufs en portant le deuil, cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la visite des amis et parents qui nous soutiennent dans la douleur ?

J’ai jusqu’ici pensé que tous ceux qui menaient le combat, qui par leur plume qui par leur voix ou encore par leur engament politique, étaient sur la même longueur d’onde. Parce que moi, je me considère en guerre et au front.

Et lorsqu’au front, un guerrier tombe, on lui rend hommage et on reprend le combat fût-il un guerrier de premier rang.

Alors quel est ce spectacle de pleurnichards qui se roulent dans la boue à travers tout le Continent africain pendant que l’ennemi prépare un nouvel assaut plus sanglant et plus destructeur ?

Qui sont ces guerriers qui n’ont pas compris que dans une guerre, ce sont des hommes qu’on tue et non des personnages de jeu vidéo ?

Qui sont ces guerriers qui veulent porter le deuil en restant cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la compassion du monde ?

Qui sont ces guerriers qui veulent pleurer sur les toits du monde pour dénoncer une bataille gagnée par l’ennemi comme s’il avait faussé les règles du jeu ?

La guerre qu’ils ont déclarée à l’Afrique n’est pas un jeu ! C’est une guerre de destruction, de meurtres, d’assassinats, d’appauvrissement, de pillage où aucune règle, aucune loi de la guerre n’est respectée !

Alors que dénoncez-vous ? Et à l’attention de qui ? Comme si vous attendiez qu’un législateur multinational, qu’un censeur suprême viendrait pour sanctionner ceux qui ont tué le Colonel en leur appliquant les sanctions prévues dans un certain Code de la guerre !

Vous m’avez attristé par votre abattement car je m’attendais à autre chose que des pleurs.
Je m’attendais à vous voir prendre l’engagement de poursuivre la lutte et redoubler d’ardeur au combat, jusqu’à la victoire finale ou jusqu’à ce que l’ennemi abdique après avoir été contraint de prendre conscience qu’on ne transforme pas des peuples avec des bombes et le massacre de civils.

Mieux, jusqu’à ce que l’ennemi comprenne que les peuples d’Afrique n’ont point besoin et ne rêvent pas de vivre comme ses enfants : déshumanisés, faisant le culte de l’argent roi, n’accordant aucune valeur à l’être humain et résolument, follement, stupidement tournés vers le gain matériel au mépris de la Morale qui devrait sous-tendre les relations humaines.

C’est cela qui devrait être notre posture, notre engagement, notre conviction après l’assassinat du Colonel. Non le contraire. Encore moins des pleurs de défaitistes.

Alors la lutte se poursuit en Libye et bien d’autres fronts s’ouvriront bientôt.

Cameroun, je t’ai prévenu ! C’est pourquoi j’ai dit à l’aîné de ne pas leur donner le prétexte de ton agression. Mais il ne m’a pas compris parce qu’il n’a plus d’oreille pour écouter.

Guinée Equatoriale, Angola, Soudan du « Nord », ils vous ont dans leur viseur avec le doigt sur la gâchette.

Dans une telle ambiance, dans un tel décor, en attendant qu’ils lancent leur « Machin » appelé Conseil de sécurité de l’ONU contre vous, contre vos frères, contre nos peuples, je ne veux plus entendre quelqu’un d’autre pleurer !

C’est pourquoi, âmes sensibles, je vous prie de vous abstenir de vous rendre au front. Car lorsque vous y serez, lorsque vous y êtes, c’est pour tenir tête, pour gagner à chaque épreuve, en rage de vaincre. Toute autre posture ne fera que saper le moral des troupes. Alors soyez forts, car ils nous ont imposé une guerre que nous sommes obligés de gagner au risque de périr et laisser la postérité sans héritage !

A très bientôt.

Hassane Magued

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Afrique : la saga des imbéciles heureux !

Ils ont le vent en poupe. Ils sont même dans la poupe du vent. Ils sont tous des frères dits de lumière. Ils sont les plus écoutés, les seuls à être écoutés, et ils se donnent en spectacle dans la presse nationale et internationale ou lors des sommets organisés par les puissances colonialistes. Ils connaissent l’ataraxie, bien rarissime, bonheur inépuisable, bonheur parfait, à l’état brut.

Voyage de plaisance par-ci voyages inutiles par-là, la collaboration avec l’agresseur est leur credo. Et pourquoi pas ? La collaboration reste le business le plus rentable de nos jours. Juste quelques investissements sous la forme d’applaudissements accompagnant les coups de canon et alors la récompense tombe : Président de Conseil National de Transition, Chef de l’Etat reconnu par la Communauté Internationale, la Seule Autorité légitime du pays, Chef de la Révolution, et j’en passe.

Mais ne pleurez pas devant ce triste spectacle. Ces spécimens éhontés qui font la pluie, le beau temps et les malheurs de l’Afrique, ce ne sont que des imbéciles heureux !

Ce n’est pas une injure. L’imbécile heureux, est un concept philosophique qui désigne une personne qui est heureuse par ignorance, heureuse parce qu’elle croit qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, heureuse parce qu’elle n’est pas consciente qu’elle est malheureuse ou qu’elle le sera si elle demeure dans la situation qui la rend heureuse. C’est donc un imbécile candide, naïf, superficiel, aux allures égoïstes, au triomphe saisonnier, à l’avenir précaire.

Et ils pilules partout. Imbéciles heureux, téméraires et nombreux au Sénégal. Imbéciles heureux, patriarches et conservateurs, au Cameroun. Imbéciles heureux, naïfs et sous lettrés en RD Congo. Imbéciles heureux, terroristes et renégats en Libye. Imbéciles heureux, voyous, voleurs et apatrides en Côte d’Ivoire. Imbéciles heureux, tout simplement imbéciles et heureux au Togo, etc. etc. Il y en a partout et tous sont nuisibles à l’Afrique.

Ce qu’ils savent sans savoir qu’ils ne le savent pas, c’est qu’ils ne savent pas que le Colon n’a pas d’ami mais des intérêts. Et qu’avant eux, des ancêtres imbéciles heureux ont connu des jours, voire des décennies de gloire pour récompenser leur soumise et arriviste collaboration, lorsqu’il s’est agit d’éteindre la Lumière Patrice Lumumba ou Sékou Touré ou encore Thomas Sankara.

Ils ne savent pas, croyant savoir, que c’est la magouille que l’homme blanc te propose aujourd’hui pour te permettre d’amasser sans avoir semé ou d’amasser ce que le peuple a semé, qu’il va brandir demain pour justifier leur livraison à la potence.

Ce qu’ils ne savent pas en croyant dur comme fer que ça n’arrive qu’aux autres, c’est que le collabo du Colon finit toujours au pilori, sauf s’il a la chance de crever d’une opération de la prostate qui a mal tourné.

Dans tous les cas, aucun imbécile heureux ne finit heureux. Cela est une vérité cartésienne.

Alors vivre comme un imbécile heureux, c’est être un imbécile qui trahit la Mère Afrique par arrivisme politique. Etre un imbécile heureux, c’est rechercher le bonheur de soi, de ses proches parents et amis, en détruisant celui de la multitude. Etre imbécile heureux, c’est applaudir quand les bombes sont larguées sur la tête d’un pays autrefois ami mais trahi pour s’offrir un court instant de corruption morale et de reconnaissance internationale.

Etre imbécile heureux, c’est s’appeler fratricide, puis livrer le son pays, à la françafrique. Etre imbécile heureux, c’est se faire passer pour un Universitaire, bardé de diplômes et être comme on est devenu, un juriste ou économiste ou ingénieur qui fait la honte de la jeunesse africaine qui a cru en cette noble discipline qui est la sienne. Et les autres, vous vous reconnaîtrez, êtes tous les mêmes. Incompétents, sans aucune vision, incapables de penser un développement réel et réalisable, mais heureux d’être ce que vous êtes, là où vous êtes.

Je ne vous insulte pas. Je ne fais que philosopher. Dans tous les cas, être un imbécile et heureux, n’est-ce pas le but de notre existence ? Sinon, pourquoi faites vous ce que vous faites à l’Afrique ?

Alors imbéciles et heureux, vous l’êtes, et permettez que j’en parle. Et ce ne sont pas vos yeux rouges de rage et de colère qui m’en dissuaderont. Car un lion, est lion. Et un chien, reste un chien. Alors un imbécile heureux, ne reste qu’un imbécile heureux.

Et ne venez pas vous plaindre chez moi. Je n’ai pas inventé la Philosophie. Regardez du côté de la Grèce.

Je vous vois. Et nous vous connaissons étant comme tels. Tous heureux comme des verres de terre, pour avoir trouvé un peu de poussière et d’eau, du côté de l’envahisseur, ennemi de la Dignité de Mon Afrique !

Et pourtant vous n’êtes point heureux, pour ce que je sais. Obligés comme vous êtes d’user de dictature, de mensonge, de simulacres, de prestidigitations, pour abuser de la naïveté de cette multitude dont la bonne foi en a fait une proie électorale à la merci de ces imbéciles heureux sans vergogne.

C’est pourquoi la Lumière de la Révolution Permanente ne s’éteindra plus jamais. Et tous parviendront à la lumière afin que vos beaux jours deviennent des cauchemars et des totems de famille ou de clans. Ce n’est pas une menace. Je ne fais que vous prédire un destin à court terme. Car l’Afrique en a besoin.

A très bientôt.

Hassane Magued

Libération de l’Afrique : j’ai besoin d’une armée révolutionnaire !

Il faut apprendre de nos erreurs. Et nous en apprenons beaucoup. C’est pourquoi la Révolution Permanente a conclu qu’elle n’a pas besoin d’une armée républicaine, mais d’une armée révolutionnaire. Suivons ensemble cet Article hautement important.

Une Armée Républicaine, c’est quoi ?

Dans une République, une Armée Républicaine reste l’Armée nationale, chargée de défendre la Nation. Cela s’entend de l’ensemble des forces détenant de façon régulières les armes pour défendre les institutions, les autorités qui les incarnent, l’honneur de la Nation, la souveraineté nationale, les personnes et leurs biens.

L’Armée Républicaine est donc une armée de carrière, une armée professionnelle, formée pour faire la guerre conventionnelle, en cas d’agression extérieure. C’est aussi une armée composite, qui regroupe toutes les sensibilités sociales, politiques, religieuses. Elle est dans ce sens, une armée neutre politiquement, idéologiquement et spirituellement mais engagée aux ordres de celui qui en est le Chef suprême, c’est-à-dire, celui qui assure la fonction de Chef de l’Etat en toute légitimité.

Une telle armée est utile pour conduire les missions régaliennes de sécurité et de défense nationale, sans parti pris, mais selon les lois qui gouvernent la République.

Mais une telle armée ne peut pas conduire un combat révolutionnaire. C’est pourquoi la Révolution Permanente pense qu’elle est utile seulement en situation de paix et de rapports civilisés entre le pays et les autres Etats. Mais dans une posture d’agression asymétrique qui impose de conduire un combat révolutionnaire asymétrique, il faut une Armée Révolutionnaire aux côtés de l’Armée Républicaine.

Je m’explique

L’agression que subit actuellement l’Afrique ne trouve pas une réponse appropriée au plan militaire car les agresseurs ont conçu la stratégie en prenant en compte la pudeur républicaine qui caractérise les armées républicaines.

En effet, les agresseurs ne déclarent jamais la guerre directement. Car si tel est le cas, on serait en situation d’agression extérieure, ce qui libérera l’Armée Républicaine de cette pudeur.
Pour lier psychologiquement les mains de nos armées, ils mettent au devant de leurs projets d’agression, des fils du pays, généralement des renégats, armés, instrumentalisés, à qui ils promettent une impunité globale pour tous leurs crimes et le pouvoir d’Etat, une fois la conquête du pays parachevée.

Quand ces fils du pays, organisés sous la forme d’une rébellion, lancent leurs premières attaques contre l’Armée Républicaine, après avoir recruté des enfants soldats, le militaire de l’Armée Républicaine, formé pour protéger la vie de ses compatriotes se trouve devant un cas de conscience quand il tire et voit s’écrouler un enfant qui a l’âge d’un de ses fils. Alors son ardeur au combat s’en trouve ramollie. Et il est obligé de faire désertion, d’abdiquer, de laisser l’ennemi avancer.

Pendant ce temps, le vrai agresseur, dont les objectifs sont la reconquête du pays, son pillage et sa déconstruction, apporte le soutien militaire, logistique, médiatique qu’il faut aux enfants drogués, aux mercenaires armés, aux fils du pays instrumentalisés, pour s’offrir une victoire qu’il ne revendiquera qu’une fois l’imposture consommée dans un champ de ruine.

Alors il te faut une Armée Révolutionnaire

Elle n’est point une milice, une bande armée comme celle des renégats. L’Armée Révolutionnaire doit être conçue sous la forme d’une force d’élite au sein de l’Armée régulière, formée et équipée uniquement pour faire la guerre en situation d’agression asymétrique intérieure ou extérieure.

Elle doit être formée pour épouser une vision révolutionnaire et idéologique. Elle doit être formée pour conduire la guerre contre l’envahisseur, l’agresseur, d’où qu’il vienne et quelle que soit l’apparence qu’il emprunte. Cette Armée Révolutionnaire doit donc être une armée de guerre, non une armée de dissuasion classique.

Evidemment, sa grande force et sa très haute capacité opérationnelle restent des indicateurs pertinents de dissuasion. Mais sa vocation reste de faire aboutir une Révolution contre l’agresseur et de combattre en toutes situations de guerre.

Quand elle a fait aboutir la Révolution par un triomphe militaire et idéologique, elle retourne en caserne pour un recyclage afin d’entrer dans la peau de gardien des acquis de la Révolution, c’est-à-dire, de gardien en avant-poste de la Souveraineté nationale.
C’est pourquoi elle doit garder en tout temps, sa capacité militaire et la renforcer continuellement. Le renforcement et le rajeunissement de ses effectifs doivent rester également une priorité.

Alors, Cameroun, RD Congo, Guinée Equatoriale, Angola, et vous autres en phase d’étude pour trouver le mobile de votre agression, cet Article 92ème de la Révolution Permanente s’adresse à vous, après l’Article 90ème.

Sans des Armées Révolutionnaires, vous ne pourrez jamais mener de révolution contre la énième occupation coloniale qui a commencé avec la Côte d’Ivoire, la Libye et bientôt deux autres pays.

N’oubliez jamais le cas d’école de la Côte d’Ivoire ou de la Libye. Je vous ai prévenu.

A très bientôt.

Hassane Magued

Cameroun : Biya gagnera les élections mais perdra la tête !

Vox populi, vox Dei. Que la voix du peuple fut la Voix de Dieu ! Mais vox populi, vox erratum. Puis la voix du peuple devint la voix de l’erreur. Erreur commise par un peuple instrumentalisé. Erreur commise parce que ce pauvre peuple a peur du changement. Erreur aussi parce qu’il a été éduqué dans le mensonge, le faux paternalisme, la corruption morale. Le Cameroun, c’est ce peuple là qui n’échappe pas à cette réalité implacablement africaine.

Biya est le père de la stabilité avec un « peu » d’injustice commise contre l’opposition, faisant quelques centaines de morts. Mieux vaut sacrifier quelques uns et sauver la multitude. Cela s’appelle forcer le respect et consolider le pouvoir.

Alors Biya gagnera les élections de 2011. Parce qu’en territoire affamé, lorsqu’un bulletin de vote de l’adversaire peut rapporter 1000 francs CFA, je ne connais pas beaucoup d’électeurs qui refuseront de le commercialiser. D’ailleurs qu’est-ce que l’autre fera pour moi, s’il venait à gagner ? Ne sont-ils pas les mêmes ?

Oui, ils sont les mêmes. Un Bantu reste un Bantu. Chez le Bantu, le pouvoir est conquis pour régner et non pour enrichir les sujets. Le citoyen est un sujet politique sur qui Biya règne. Il est craint pour sa capacité à donner la mort sans être inquiété. Mais il n’est pas aimé. Il le sait. Cependant, il s’en fout. Dès lors qu’il n’a aucune raison d’avoir peur de subir le même sort que celui qu’il inflige aux autres, à ses opposants.

Dans l’Europe féodale, la même arrogance a habité tous les rois et toutes cours royales. Ils ont conquis le pouvoir d’Etat. Ils ont régné, conduit des guerres de conquête et dominé leurs peuples et des peuples conquis. Puis vint le siècle des lumières avec plusieurs courants de pensée révolutionnaire.

La plupart des monarchies se sont effondrées. Plusieurs rois ont été décapités. Et ceux qui leur ont succédé dans un environnement où la République remplaçait ou cohabitait avec une monarchie honorifique, ont compris qu’il faut gagner les élections avec le peuple et non gagner des élections et contre le peuple. Parce que la colère du peuple fait perdre au roi, sa tête, au sens propre comme au sens figuré.

Alors Biya ne devra pas fêter d’apprendre qu’il gagnera les prochaines élections qu’il organise pour gagner. Il doit être inquiet. Parce que j’ai vu Douala. Et j’ai compris que l’homme a perdu le peuple depuis fort longtemps. C’est pourquoi j’ai peur pour lui. Parce qu’il est assis sur un volcan en ébullition ascendante.

Si Biya avait encore des oreilles utiles pour entendre, je lui aurais recommandé de tirer sa révérence en proposant l’organisation d’élections anticipées dans les deux années qui vont suivre sa victoire certaine de 2011. En le faisant, il gagnera deux choses : le respect du peuple, cet indispensable respect qui doit se substituer à la crainte de Biya, mais aussi et surtout, le pardon de tous ceux qui sont frustrés depuis au moins trois décennies.

Si Biya ne m’écoute pas, il perdra sa tête, au sens propre comme au sens figuré, avant la fin de son septennat de trop. Parce qu’un peuple qui a fini par vaincre sa crainte, est irrésistiblement habité par le désir de vengeance et reste ouvert à tout marchandage pour étancher sa soif de Justice. Or les marchands ont déjà posé pied à Yaoundé.

A très bientôt.

Hassane Magued

Cameroun, Paul Biya ne sera pas candidat : Partira t-il comme Moubarak ou comme Mandela?

Le président Camerounais ne sera pas candidat à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle qui, en principe, doit se tenir au mois d’octobre prochain. En effet, selon de source bien introduite, à moins d’un revirement, comme lui seul en a le secret, Paul Biya, au pouvoir depuis 29 ans, ne se représentera pas comme candidat du RDPC pour la prochaine présidentielle. S’il faut en croire des informations venant de son entourage, «il va se retirer pour laisser la place à un autre candidat du RDPC et assurer ainsi le maintient au pouvoir de son parti, comme l’avait fait en 1982 avec l’UNC, son prédécesseur le président Ahmadou Ahidjo». C’est en fait ce que rapporte cette source qui insiste pour dire qu’en renonçant à briguer un autre mandant présidentiel, «Monsieur Biya, non seulement montrera qu’il est un vrai démocrate, mais voudra prendre le monde entier à témoin qu’après lui, ce ne sera pas le chaos dans son pays le Cameroun». Il entant donc, par ce geste historique à la Mandela, préserver la paix et l’unité nationale dans ce pays qui compte plus de 200 tribus et donc les séquelles d’une lutte brutale pour l’indépendance ne sont pas tout à fait disparues.

Bien que cette source pourrait  jurer sur la tête de sa mère, une certaine prudence s’impose. D’autant plus que le concerné n’a pas encore dit mot de son avenir politique. Un silence qui laisse la place à plusieurs hypothèses.

Pour certains, Paul Biya va se représenter, gagner les élections coûte que coûtera et cédera par la suite le pourvoir à un dauphin qu’il aura eu le temps de présenter au Camerounais comme ce fut son cas avec son parrain Ahidjo. Cette période, qu’on qualifie de transition, pourra durer deux ans. Dans ce scénario, il annoncera son départ en 2013, lors de son traditionnel discours de fin d’année au cours duquel il fera le bilan de ses 31 ans de règne, annoncera son retrait définitif de la scène politique, souhaitera bonne chance pour l’avenir du pays qu’il laisse dans la paix, souhaitera bonne année 2014 aux compatriotes, et en fin, dira que Dieu soit toujours avec tous les Camerounais. On pense également que cette période permettra de visser le système contre toutes poursuites judiciaires envers lui et autres membres de son entourage.

Un autre schéma voudrait  qu’il déclare la présidentielle d’octobre prochain reportée pour le premier trimestre de 2012. Le temps pour son parti le RDPC d’organiser un congrès d’ici la fin de l’année 2011 ou au plus tard début de la prochaine année. Rencontre au cours de laquelle il annoncera son départ et laissera le soin aux membres de désigner démocratiquement un successeur légitime qui sera candidat à la présidentielle. Si tel est le cas, alors cas de force majeure s’imposant, l’élection pourrait se tenir avant le mois de mai 2012 ou bien en octobre 2012, si ELECAM n’est pas tout à fait prête.

Le dernier scénario est celui du «advienne que pourra». C’est-à-dire celui d’aller en élection en octobre prochain et vivre avec les résultats et les conséquences d’une réélection. Ce schéma, qu’on redoute, peut mène à cinq façons de quitter le pouvoir comme nous enseignent les derniers changements de régimes en Afrique.

1- Partir par des élections transparentes

Élections transparentes, dites-vous? Personne n’y croit au Cameroun. ELECAM est tellement contestée qu’on n’envisage pas un seul instant qu’elle puisse, dans sa forme actuelle,  organiser des élections transparentes au Cameroun. Surtout que,  même si c’est à elle que revient le rôle de préparer et de tenir des élections. Elle n’a aucun contrôle sur la campagne des candidats et les résultats.  La loi lui interdit de donner les résultats partiels, même pas les estimations. La composition d’Élection Cameroun ne laisse personne penser que Biya et le RDPC organiseraient les élections en envisageant une possible défaite. Raison pour laquelle une bonne majorité de Camerounais pense qu’ELECAM a encore beaucoup de chemin à faire pour envisager la tenue d’élections crédibles et surtout une campagne équilibrée pour les candidats.

2- Quitter suite à un coup d’État

Partir suite à un coup d’État est le pire des scénarios que redoute tout chef d’état. Ils ont beau faire du chef de la sécurité, du chef d’État major, du chef de leur garde rapprochée des proches ou des étrangers, ils ne sont pas à l’abri d’un renversement brutal. Les images en provenance de la Tunisie ou de l’Égypte sont d’ailleurs parlantes. Mamadou Tandja du Niger, un autre Héro devenu Zéro, qui a modifié la constitution pour se maintenir au pouvoir après deux mandats en sait quelque chose. Au fort du Coup d’État qui l’a renversé, il était surpris d’apprendre que c’est un général proche qui le renversait au moment où il l’appelait au secours.

Il se dit même que les dictateurs sont ceux qui dorment le plus d’un seul œil avec l’oreille bien à l’écoute. Ils ont confiance en plusieurs personnes mais s’en méfient en même temps qu’ils les soupçonnent. On ne surprendra personne en disant que, même si le président pense que ses collaborateurs proches sont des hommes intègres sur qui il peut compter, il ne doute pas que si l’occasion se présentait, ils hésiteront à le renverser. Raison pour laquelle, dans ce milieu, on ne fait pas confiance même à son propre fils.

3- Partir comme le président Gbagbo

Même si le Cameroun n’a pas encore ses forces nouvelles comme en Côte d’Ivoire, les lendemains d’une réélection de Paul Biya pourraient rendre le terrain fertile pour une rébellion. Certes les conditions actuelles sont différentes de celle de la Côte d’Ivoire, mais il reste que le Cameroun présente tout de même des éléments susceptibles de faciliter l’allumage d’une mèche difficile à éteindre.

En fait, si la prochaine élection présidentielle se tenait et que Biya la remportait encore, la frustration des uns et des autres pourrait mener à la formation d’une rébellion qui se dirait légitime avec pour mission de contester la légalité du pouvoir jusqu’à ce qu’il tombe. Une bonne franche de la diaspora mais également des camerounais qui en ont marre du président Biya pourrait financer cette rébellion si elle est bien organisée et ayant à sa tête un leader charismatique, connu, accepté et respecté. Ce mouvement aura pour mission soit de renverser le pouvoir soit de parvenir à obtenir des négociations qui aboutiraient à un changement bien visible des mêmes gens qui sont aux commandent depuis 30 ans. Le but étant l’alternance par l’introduction de nouvelles personnes. Très souvent on pense que cela n’arrive qu’aux autres.

4- Partir comme Moubarak

C’est le scénario le plus craint actuellement par le pensionnaire d’Étoudi. Il se dit même que l’homme fort d’Etoudi suit attentivement les procès de ces anciens pairs Moubarak et Ben Ali. Advenait qu’il se représente et gagne la prochaine élection, il pourrait se créer un mouvement social sans précédent qui finirait par l’emporter. Les scènes où on voit l’ex dictateur sur une civière au tribunal au Caire traumatisent autant Paul Biya que les autres dictateurs africains. Ils comprennent que le monde a changé et que cela peut leur arriver aussi.

Souvent mal informé ou pris dans un désir de se maintenir coûte que coûtera, ces dictateurs encore en poste, refusent souvent de prendre en compte les signes avant-coureurs d’une fin annoncée. Ils s’obstinent  et continuent à s’accrocher jusqu’à ce qu’à la suite de plusieurs morts de citoyens, le « assez c’est assez » les rattrapes. Heureusement, cette mauvaise lecture de la nouvelle dynamique du monde, les oblige désormais à répondre de leurs actes devant la justice. Hélas souvent c’est aussi trop tard aussi pour leur entourage, certains de leurs ministres et marabouts partisans du «il est en poste pour rester».

Voir Moubarak sur une civière au tribunal, qui demande pardon à son peuple, se dit prêt à rembourser des milliards de dollars accumulés pendant des années est plutôt surprenant. Par ce procès, on voudrait servir une leçon à ces présidents, bien qu’étant des êtres humains, briment leur peuple, modifient la Loi fondamentale de leur pays pour garder le pouvoir à vie. Monsieur le Président Biya fait bien de demander à ses conseillés de le briefé quotidiennement sur le déroulement des procès Ali et Moubarak. Pour un rappel historique, Hosni Moubarak arrive au pouvoir en 1981 et Paul Biya en 1982.

5-Partir comme Mandela ou Ahidjo

C’est le schéma idéal et souhaité par plus de 95% des camerounais et la quasi totalité de la communauté internationale. Il s’agit surtout de prévenir maintenant et d’anticiper la crise qui pourrait naître suite à la chute des dicteurs qui se maintiennent au pouvoir. Ainsi donc tous souhaitent que Paul Biya se retirer pour privilégier une transition pacifique.

Il y a quelque mois, circulait une lettre attribuée à Franck Biya, fils aîné de Paul Biya, dans laquelle il demandait à sont père de se retirer pour le bien non seulement du Cameroun, mais également pour sa propre famille. S’il faut se référer à la maxime « Il n’y a pas de fumée sans feu », est ce que Franck a vraiment demandé à son père de prendre une retraite bien méritée? Personne ne sait. Tout de même on sait que ni lui, ni l’entourage de Paul Biya n’ont contesté la véracité de cette lettre qui a circulé sur Internet.

Si le fils a peut être bel et bien écrit à papa pour lui demander de céder le pourvoir, on peut dire que par ce geste, il voudrait s’aligner du côté de la majorité des camerounais qui pensent que, comme Ahidjo en 1982 ou Senghor au Sénégal en 1981, le président camerounais doit se retirer après 29 ans de bons et loyaux services afin céder pacifiquement le pouvoir à un autre digne fils Camerounais. D’autant plus que ceux qui soutiennent ce scénario pensent que c’est la seule façon d’assurer aujourd’hui une transition pacifique au Cameroun. Ce serait aussi la manière idéale de montrer qu’après lui, son parti ne se déchera pas à cause du choix d’un successeur légitime. Car en politique, il n’y a pas de testament. La transition se fait qu’en on est encore vivant, ou plutôt qu’en on a encore le pourvoir d’arbitrer différentes ambitions.

C’est pourquoi on ose penser que comme Mandela, Senghor, Ahidjo, Alpha Oumar Konaré, Olusegun Obasanjo, pour ne citer que ceux là, Paul Biya aura à cœur l’avenir de son pays le Cameroun et qu’il cédera le pouvoir maintenant. En lieu et place d’un entêtement qui pourrait l’amener à finir comme Mobutu, Ben Ali ou même le cas le plus médiatisé actuellement que personne n’aimerait ici au pays, le procès de l’ex demi Dieu du Caire, Hosni Moubarak et certains de ses collaborateurs. À cela on ne peut que dire  simplement: «Quelle tragique fin!».
Désormais, il revient au Président Paul Biya de choisir comment il veut quitter la politique et comment il veut rester dans l’histoire de notre pays. Chaque chose ayant une fin qui peut être joyeuse ou dramatique. On peut croire que de sa retraite actuelle et le silence qu’il observe depuis quelques semaines lui donnent l’occasion de faire une bonne lecture de la situation sociopolitique camerounaise et de la nouvelle dynamique mondiale. On ne dira jamais assez, elle est explosive et n’attend que l’étincelle.

Comme le Cardinal Tumi, la Communauté Internationale et bons nombres de camerounais, épris de paix comme vous aussi, je l’exhorte à écouter son cœur et à chosir de partir maintenant à la Mandela. Et on pense que c’est ce qu’il va annoncer dans les prochains jours. Comme en 1982, de retour d’un long séjour en Europe, feu le Président Ahmadou Ahidjo dans une déclaration historique au poste nationale de la Radio Camerounais :

«Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de Président de la République du Cameroun. Cette décision prendra effet le samedi 6 novembre à 10 h. En cette circonstance capitale, je voudrais du fond du cœur remercier toutes celles et tous ceux qui, depuis bientôt 25 ans, m’ont accordé leur confiance et apporté leur aide dans l’accomplissement de mes lourdes tâches à la tête de l’État. Je voudrais tout particulièrement remercier les militantes et les militants de notre grand Parti national, l’U.N.C. de leur soutien total, constant et inébranlable. « S’il reste beaucoup à faire dans la grande et longue œuvre de construction de notre cher et beau pays, nous avons ensemble accompli après l’indépendance, la Réunification et l’Unification, des progrès considérables dans tous les domaines. Notre pays dispose d’atouts importants. L’unité nationale consolidée, des ressources nombreuses, variées et complémentaires, une économie en expansion continue, des finances saines, une justice sociale en amélioration, une population laborieuse et une jeunesse dynamique, de solides et fructueuses relations d’amitié et de coopération en Afrique et dans le monde. « J’invite toutes les Camerounaises et tous les Camerounais à accorder, sans réserve, leur confiance et à apporter leur concours à mon successeur constitutionnel M. Paul Biya. Il mérite la confiance de tous, à l’intérieur et à l’extérieur ».

« Je vous exhorte à demeurer un peuple uni, patriote, travailleur, digne et respecté. « Je prie Dieu Tout-Puissant afin qu’il continue à assurer au peuple camerounais la protection et l’aide nécessaires à son développement dans la paix, l’unité et la Justice. « Vive le Cameroun ».

Voici que 30 ans après cette démission mémorable du 4 novembre 1982 annoncée au journal de 20 heures, aujourd’hui, la balle est plus que jamais dans le camp de Paul Biya.

Partir comme Mandela ou comme Moubarak? Paul Biya a son destin entre ses mains.

© icicemac.com : Martin Stéphane Fongang