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Côte d’Ivoire : Interview Blé Goudé : « Je ne suis pas un partisan de coups d’Etat »

Charles Blé Goudé donne encore de la voix. Dans une interview accordée à L’INTER, la première à un quotidien ivoirien depuis qu`il est allé en exil, le leader des jeunes patriotes pro-Gbagbo, joint au téléphone, a assèné ses vérités et a décidé de se positionner comme l’opposant au président Ouattara.

M. Blé Goudé Charles, qu’est-ce-que ça fait d’être en exil, coupé des réalités de son pays comme vous l’êtes depuis quatre mois?

Blé Goudé: Mais, écoutez, on n’est jamais content d’être en exil. Cependant par devoir, je l’assume. Il y a des Ivoiriens qui sont morts, il y en a qui sont en prison. Par devoir pour tous ceux-là, nous devons tenir, et j’ai décidé de tenir.

Tenir jusqu`à quand?

Jusqu`à ce que mon pays renoue avec la liberté, avec la démocratie et avec la paix. Ça a toujours été le sens de mon combat. Et aujourd`hui plus que hier, je suis déterminé dans ce combat-là pour les Ivoiriens et pour l`Afrique.

Il semble que vous attendez un ultime coup d’Etat pour réapparaître sur la scène politique en Côte d’Ivoire ?

Je ne suis pas un partisan de coups d’Etat. C’est contre les coups d’Etat que nous sommes descendus dans la rue pendant plusieurs années. Nous sommes pour un changement par des moyens démocratiques. Les Ivoiriens ont été tellement traumatisés que je ne crois pas qu’ils aient besoin d’un autre coup de force pour un changement de régime. Ils ont besoin aujourd’hui d’emplois, de structures sanitaires, scolaires et universitaires. Mais la question est de savoir si le régime en place est disposé à se prêter au jeu démocratique.

De là où vous êtes, qu’est-ce qui vous manque le plus?

Oh! Je ne crois pas que ce soit important, ce qui me manque. C’est ce qui manque aux Ivoiriens qui est plus important. Il manque aux Ivoiriens la sécurité, il leur manque la liberté de s’exprimer et de circuler, il leur manque une justice équitable car il suffit aujourd’hui de posséder un fusil en Côte d’Ivoire et on fait la loi. Les Ivoiriens ne veulent plus que leur pays soit une terre de règlement de comptes. Il leur manque la paix, il leur manque le développement. Tout cela est plus important que ce qui me manque là où je suis.

Vous sentez-vous comptable de la mort de milliers de jeunes que vous aviez appelés dans l’armée pour combattre aux côtés des ex-FDS ?

De quoi parlez-vous là? Il est bon, pour la bonne compréhension de chacun, de savoir que j’ai demandé aux jeunes qui le souhaitaient d’aller s’inscrire à l’Etat- major des Armées pour se faire recruter dans l’armée régulière. Pour la simple raison que l’Armée régulière est le seul cadre légal pour le maniement des armes et pour ceux qui veulent défendre leur pays par les armes. D’ailleurs, ce recrutement n’a jamais eu lieu vu que les évènements se sont précipités. Je suis donc fort surpris que l’on s’acharne contre ma personne en laissant en liberté ceux qui ont créé des bandes armées pour renverser le régime de Gbagbo, et qui ne sont nullement inquiétés.

Vous n’avez donc aucune responsabilité dans la récente crise postélectorale?

Ce n’est pas ce que je dis. Moi j’attends que vienne le jour où chacun des acteurs politiques reconnaitra sa part de responsabilité dans la crise que vit notre pays depuis des années. Il faut éviter de désigner d’un côté des méchants et de l’autre des gentils, des blancs comme neige, qui se présentent comme des innocents et jugent les autres. Quant à moi, en tant qu’acteur politique, je ne suis pas innocent dans ce qui est arrivé à mon pays. Mais, bien plus que moi, nombre de tenants du nouveau pouvoir ont été épinglés par des organisations internationales de défense des droits de l’Homme pour des meurtres et des exécutions extrajudiciaires. Qu`attend-on pour les inculper, eux?

Le porte-parole du gouvernement, Koné Bruno, a dit que les pro-Ouattara n`ont jamais été formellement accusés…

Dites à M. Koné Bruno d`arrêter de tenir des propos qu`il pourrait regretter plus tard. Sinon, je le ramène aux différents rapports publiés récemment par les organisations internationales de Défense des Droits de l`Homme que sont Human Rigth Watch (HRW) et Amnesty International; des rapports qui ont clairement mis en cause le camp Ouattara dans des tueries en Côte d`Ivoire. Même la représentation onusienne en Côte d`Ivoire, je veux parler de l`ONUCI qui a aidé Ouattara à s`installer au pouvoir, a dénoncé les meurtres perpétrés par les Dozos et autres dans notre pays. Alors de quoi parle Koné Bruno?

Avez-vous des nouvelles de votre mentor Laurent Gbagbo?

Non ! Comment puis-je avoir des nouvelles d’une autorité coupée du reste du monde, isolée et à qui ses avocats n’arrivent pas à avoir accès? Le président Laurent Gbagbo est un prisonnier politique à qui ses geôliers dénient tout droit. D’ailleurs, je profite de cet entretien pour demander sa libération. Et je demande à tous les Ivoiriens, à tous les Africains et à tous ceux qui sont épris de justice de s’apprêter afin que nous demandions la libération de ce grand homme.

Croyez-vous, comme certains, à un retour de Gbagbo au pouvoir ?

En politique, ce qui est vrai aujourd’hui n’est pas forcément vrai demain. Nous nous battons pour la libération de Gbagbo car pour qu’un homme fasse de la politique, il faut qu’il soit libre. Ce qui importe pour moi, c’est que l’on comprenne que M. Gbagbo qui avait fait venir M. Ouattara de l’exil, qui avait mis fin à l’exil de M. Bédié, ne peut pas être en prison pendant que ceux-là sont en liberté. Alors je demande d’abord et avant tout qu’on libère le président Gbagbo.

Mamadou Koulibaly pense que c’en est fini pour Gbagbo…

Je ne peux pas l’empêcher de penser ainsi. C’est l’avenir qui nous situera.

Pour qui roulez-vous dans la bataille des clans autour de Gbagbo ?

Je roule pour la Côte d’Ivoire et pour tous les Ivoiriens. L’exil est un moment de formation et de transformation, de bilan, de remise en cause et d’analyse, mais aussi et surtout de perspectives. Dans cette logique, je ne saurai me retrouver dans un combat de clans, si tel est qu’il en existe autour de Gbagbo. J’appelle, si c’est le cas, les différents protagonistes à unir leurs forces pour demander la libération de Gbagbo, fondateur du FPI.

Koulibaly Mamadou, lui, est définitivement parti du FPI pour créer son parti. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Cela ne me fait rien. Vous savez, chacun assume son destin politique, il en choisit l’opportunité et les moyens pour y parvenir. Je n’en dis pas plus.

Alassane Ouattara a appelé les exilés à rentrer dans le cadre de la réconciliation, à quand votre retour en Côte d`Ivoire?

Qui vous a dit que je suis hors de la Côte d`Ivoire ? Je peux être quelque part dans mon pays. Cela dit, je fais la différence entre les récitations, les dictées préparées et les actes politiques de M. Ouattara. Il doit être jugé sur ses actes et non sur ses discours. M. Ouattara aurait libéré le président Gbagbo et tous les autres prisonniers politiques et militaires illégalement détenus dans le nord du pays, qu’il aurait ainsi facilité le retour des exilés en Côte d`Ivoire. La réconciliation est donc une conséquence des actes du gouvernement et non un programme de gouvernement.

Soyez plus explicite…

Je veux dire que c’est au regard du traitement que le pouvoir en place réserve à ceux qui sont en prison, mais aussi aux autres partisans de Gbagbo et en général à tous les Ivoiriens, que la réconciliation suivra. Tout le reste n’est que de la communication pour plaire à la communauté internationale, car la réalité est tout autre sur le terrain. Alassane Ouattara parle de paix et il a la malice dans le cœur. On n’appelle pas des exilés à rentrer pour les inculper.

Avez-vous des contacts avec votre ami, Guillaume Soro, le Premier ministre?

Non!

Il se murmure à Abidjan qu’il aurait envoyé le commandant Wattao vers vous ?

Comment peut-on envoyer un émissaire à quelqu’un dont on ignore le lieu de résidence ?

Où êtes-vous alors ?

Je suis là où je dois être.

Et c`est où vous devez être?

Monsieur, je suis là où je dois être, prenez ça comme ça.

Les élections législatives ont été annoncées pour décembre prochain. Seriez-vous candidat à ces consultations ?

Je ne sais pas ce qui peut se passer d’ici à décembre. Les conditions d’élections transparentes, équitables et ouvertes à tous seront-elles garanties au moment opportun? Le pouvoir en place est-il prêt à se livrer au jeu démocratique et à une véritable compétition électorale? Autant de préoccupations et d’interrogations qui restent à élucider. En tout état de cause, je demande à nouveau à l’opposition de rester vigilante sur toutes ces questions.

Le nouveau pouvoir marque sa présence par la destruction des maquis anarchiques, et la « Rue princesse«  de Yopougon en a fait les frais ?

D’abord ce n’est pas la « Rue princesse«  de Yopougon seulement qui en a fait les frais. Je voudrais que vous rectifiiez cela. Les parcs autos qui sont sur le Boulevard Valery Giscard d’Estaing en ont fait les frais, tous les petits commerces de Cocody, de Gobelet, de la Riviera et de bien d’autres quartiers d’Abidjan en ont fait les frais. Bien plus, des habitations de pauvres citoyens ont été détruits sans sommation. C’est scandaleux ! Il est vrai, toute décision tendant à offrir un cadre de vie sain et propre aux Ivoiriens est salutaire. Seulement, il faut y mettre la manière. Dans ce qui est donné de voir en ce moment à Abidjan, a-t-on prévu un lieu pour relocaliser ces commerces détruits? A-t-on envisagé de les dédommager ? Visiblement, non ! Pour un pays comme la Côte d’Ivoire qui sort à peine d’une grave crise, un pays où la pauvreté a gagné du terrain, le secteur informel doit soutenir le formel; toute chose qui contribue à conserver de petits emplois et à réduire la pauvreté, l’oisiveté et ses corolaires. Un bar détruit entraine la destruction d’emplois directs et indirects. C’est vous dire que ces déguerpissements tout aussi anarchiques organisés par le gouvernement de Ouattara auront des conséquences, par exemple sur les chiffres d’affaires de la société Coquivoire qui fournit des maquis en poulets, de Solibra et de bien d’autres qui fabriquent des boissons. Il y a aussi le fait que les entreprises de téléphonie mobile peuvent prendre un coup à travers leurs démembrements de revendeurs qui gagnent généralement plus aux abords des maquis. On est alors tenté de se demander quel était l’opportunité et l’urgence d’une telle action du gouvernement d’Alassane Ouattara. In fine, le paiement de la main à la main des salaires aux militaires, policiers et gendarmes ainsi que les dernières actions relatives au déguerpissent achèvent de convaincre que M. Ouattara fait perdre de l’argent aux Ivoiriens au lieu de leur en faire gagner. N’étant pas à même de réaliser ses promesses électorales, il tente de poser quelques actions d’éclat pour donner l’impression qu’il travaille. Je souhaite que tous ceux qui ont été déguerpis soient relocalisés et dédommagés, comme cela se fait dans des régimes modernes et démocratiques.

Le footballeur Didier Drogba, originaire de votre région, a été nommé vice-président de la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Que vous dit ce choix ?

Je sais que Didier aime son pays et il aimerait voir les Ivoiriens qui l’aiment s’unir et être traités de manière équitable, sans référence à l’ethnie à la religion et au parti politique. Seulement les intentions de Didier en acceptant ce poste sont-elles celles de ceux qui ont bien voulu qu’il soit membre de la commission réconciliation? On sait que des mauvais coups sont portés au président de la commission lui-même, le Premier ministre Banny. J’ai donc peur pour Didier Drogba. Je crains qu’on ne lui laisse pas les mains libres pour travailler. Cela dit, je pense que Didier Drogba n’a pas été nommé dans la commission de réconciliation parce qu’il est de ma région. Il a été nommé parce que ceux qui l’ont choisi pensent certainement qu’il peut avoir l’autorité et l’influence nécessaires pour aider à réconcilier les Ivoiriens. Donc il appartient au pouvoir en place de laisser les mains libres à ceux qui ont été nommés dans la commission de réconciliation, au risque de saboter leur travail.

La Côte d’Ivoire a connu, à la veille de la célébration de l`indépendance, deux graves accidents qui ont causé de nombreux morts? A qui et à quoi l’attribuez-vous ?

Je voudrais simplement m’incliner devant la mémoire de toutes les victimes de ces deux graves accidents d’autobus et de car qui ont fait plusieurs morts il y a quelques jours. Pour moi, ce sont des accidents qu’il faut éviter de politiser. Ce n’est pas parce que Ouattara est au pouvoir que nous qui sommes dans l’opposition devons nous réjouir de ce drame. Non! Ceux qui sont morts sont des Ivoiriens qui partaient simplement au travail et qui ne s’intéressent peut-être pas tous à la politique. Je voudrais donc présenter mes condoléances aux différentes familles des disparus et souhaiter un prompt rétablissement à tous ceux qui sont encore à l’hôpital. Je demande à Dieu de faire en sorte de conjurer ce sort, de faire en sorte que la Côte d’Ivoire puisse s’éloigner de ces accidents parce que le pays est en train de gérer une situation post-crise qui a laissé de graves séquelles. Mon grand souhait, c’est qu’un jour, la Côte d’Ivoire sorte des difficultés pour avoir la paix et amorcer le développement. Malheureusement, c’est au moment où la Côte d’Ivoire est déchirée par ces différents drames que M. Ouattara s’offre des vacances en France, pays dont le président, Nicolas Sarkozy, vient lui-même d’écourter ses vacances pour résoudre la crise financière qui secoue son pays. Quel paradoxe ! Il y a également le Premier ministre anglais, David Cameron, qui a dû cesser ses congés suite aux dernières violences qu’a connues son pays l’Angleterre. Mais ce à quoi on assiste en Côte d`Ivoire est plutôt révoltant. Comment M. Ouattara peut-il aussi mépriser les Ivoiriens à ce point, lui qui a décrété trois jours de deuil national et qui s`est rendu dans la foulée au Tchad? En un mot, M. Ouattara voulait juste être président de la Côte d’Ivoire. C`est fait, la vie des Ivoiriens lui importe certainement peu. Sinon, comment comprendre que le gouvernement d’un pays comme la Côte d’Ivoire, un pays qui vit une crise sans précédent, peut aller en vacances au moment où les populations font face aux questions cruciales? Pour tout dire, les tenants du pouvoir donnent l’impression de naviguer à vue.

Réalisée par TRA BI Charles Lambert

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Blé Goudé toi aussi… tais toi!

Agrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre : telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, paraitil, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…

Deux jours plus tard, devant la tour d’Ivoire, des snipers survoltés fusillaient des Ivoiriens aux mains nues, légitimant à chacune de leur rafale la résistance contre l’impérialisme qui tue. Et Zadi Gbapè, le Général, le Ministre de la Rue, le Ministre tout court, donnait des insomnies profondes, d’abord à tout ce qu’il y avait d’Onucieurs, puis de Golfeurs, à l’Hôtel électoral ivoirien. Avril 2011, le décor a bien changé. Encore que. Licorne est toujours là. Avec trois cents légionnaires décidés à faire du rêve de Sarkozy une réalité.

Le Woody est capturé, traqué comme un rat enragé, refusant de courir loin, bien loin, se  réfugier. Ou d’aller enseigner l’histoire de la recolonisation ivoirienne aux étudiants américains. Le choc est trop immense sur le coup pour y penser.

Mais maintenant que la douleur s’amenuise, peu à peu, par la faute du temps, lucidité me revient : où était Blé Goudé ? Blé Goudé était loin, bien loin de son mentor. Par respect du mythe, on dira, avec ses disciples, qu’il a bien fait de se planquer. Bien fait de laisser à Pickass les plateaux de télé. Bien fait de se cacher même à l’insu de ses plus proches lieutenants. Bien fait de jouer le mort. Puis le vivant. Puis le blessé. Puis le capturé. Puis le traumatisé. Puis le torturé.

Puis le ressuscité. Bien fait, en effet, de nous remuer les méninges, de nous faire colporter des rumeurs. De contraindre Alain le Conseiller à atténuer la peur. Du pire. D’obliger Calixte à confirmer la peur. Du pire.

Contre son gré. Bien fait, oui, bien fait. Blé Goudé a tout bien fait, en bon patriote, en bon leader, tout à son honneur.

Sauf que…

Depuis deux semaines, l’exilé, recherché, BenLadenifié, a retrouvé sa maitrise de l’art oratoire qui nous avait tant manqué. Ah, ça c’est du Charles Blé Goudé ! Authentique ! Il est partout, web, radio, journaux, il s’invite dans le débat, revient, exige, suggère, souhaite, encourage. Puis exige encore, explique, analyse, corrige, souligne, précise. Blé Goudé parle et parle et parle encore.

Mais que dit Blé Goudé ? Réponse de Jeannot le Juriste : Blé Goudé sera poursuivi. Mandat d’arrêt international. Infligé par ceux même qui  devraient être arrêtés, jugés et jetés dans la fosse aux lions. Comme Daniel. Mais sans le Dieu d’Israël. Dommage. Inique. Inacceptable injustice. Alors Blé Goudé s’époumone en considérations juridicoanalytiques. Là où aucun de ses interlocuteurs n’en a cure de la valeur de sa logique. Blé Goudé parle à Jeune Afrique. Sur une ligne sécurisée ! Blé Goudé parle à RFI. F pour France. I pour International. Et il explore et développe sa rhétorique.

Blé Goudé, sais-tu seulement que nous sommes à l’heure des TIC ? Blé Goudé as-tu idée du nombre de leurs satellites ? Blé Goudé, as-tu conscience de la haine que le Quai d’Orsay te voue ? Et Sebroko ? Et Ouattara ? Et chaque Frère Cissé affamé et sans solde qui assure son combat ?

Blé Goudé toi aussi… tais toi!

Pourquoi ce retour en trombe ? Maintenant ? Bruyant ? Outrecuidant ? Pour mobiliser ? Plus aucun mot de ta bouche ne pourrait mobiliser une meute de fourmis magnans contre un cancrelat prédateur. A plus forte raison une jeunesse défigurée, martyrisée, traquée, assassinée, bombardée par un essaim d’hélicos envahisseurs. Place aux survivants. Place à la peur. Comme dirait le Penseur Noir, place au règne de la terreur. Quant aux autres, ils sont morts, Blé Goudé. Trois mille, quatre mille, dix mille d’entre eux. Morts !

Pour le pays. Pour la patrie. Sans toi. Sans tes amis. Ils ont péri dans l’hécatombe Ouattariste et la géhenne Sarkoziste. Ils sont morts. Valeureux. Soldés. Courageux. Châtiés. Ils sont partis et leur souvenir urge notre sympathie. Mais de grâce, puisque tu ne les a pas suivis, toi, sauve ta vie !

Épargne-nous « refaire ton capital politique ». Épargne-toi « jouer ta partition ». Il n’y a pas de paix. En tout cas pas demain matin. Tu as vu Michel le Fils ? Et Affi ? Tu les as vus ? Humiliés ? Rapetissés ? Tu y crois vraiment, à se réconcilier ? Comment ? Tu irais en tournée ?

Pour Ouattara ? Une nouvelle Caravane de la Paix, celle-là pour Ouattara ? Demandant une seconde fois aux Ivoiriens d’oublier ? De cirer les pompes ensanglantées du Premier ministre Soro ? Et de boire une «Gui-Gui» avec ton ami Wattao ? Blé Goudé, laisse tomber… Please.

Je conserverai le souvenir de toi, le meilleur d’entre eux. C’était en 2004. Novembre 2004. Tu sais l’histoire. Ce jour-là, tu étais roi. Tu parlais où Gbagbo souriait. Tu criais où Gbagbo priait. Tu arguais où Gbagbo feignait. Tu n’avais lâché personne, tu n’avais pas disparu, tu étais au front, tu y croyais. Tu étais roi et tout t’était permis. Blé Goudé, mon ami. C’était hier. Mais plus aujourd’hui.

Fabien d’Ameilda, Le nouveau courrier

Interview Blé Goudé : « Je suis prêt… » « Je serai le dernier à lâcher Gbagbo »

Un intermédiaire à Paris faisant office de simple contact, un numéro de téléphone masqué pour un premier entretien, un autre mis immédiatement hors service après l’interview …

Charles Blé Goudé voulait parler, mais a pris toutes les précautions pour que nous ne puissions pas le localiser. La voix authentifiée, quelques questions préalables pour s’assurer de l’identité de notre interlocuteur… Les précautions ont été réciproques.

Jeune Afrique : Pourquoi sortir aujourd’hui de ce long silence?

Charles Blé Goudé : Dans mon village, un adage dit que l’on ne parle pas dans le bruit. Vu le méli-mélo en Côte d’Ivoire, j’ai d’abord essayé de me mettre en sécurité. C’est alors que de folles rumeurs ont commencé à courir annonçant ma mort. Elles ont été diffusées pour décourager nos militants et les dissuader de continuer à se battre. Voilà pourquoi je donne de la voix: pour montrer que je suis vivant et faire savoir ce que vivent chaque jour les Ivoiriens. Ils sont pillés, violés, pris en otages, tués …

Revenons sur la Journée du 11 avril et la chute de Laurent Gbagbo. Où étiez vous?

Je n’étais pas dans sa résidence de Cocody. Je n’ai pas été, non plus, arrêté, puis relâché, par les FRCI [Forces répu blicaines de Côte d’Ivoire, pro-Ouattara, NDLR]. J’avais pris mes dispositions. En tant qu’ancien secrétaire général de la Fesci [Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, NDLR], je suis habitué à la clandestinité. Vous imaginez bien que pour des raisons de sécurité je ne peux pas vous dire où je me trouve. Mais dès que les conditions seront réunies, je réapparaîtrai.

Quel a été votre sentiment en voyant les images de Laurent Gbagbo arrêté?

Cela m’a rappelé Patrice Lumumba livré aux hommes de Mobutu et de Tshombe. Laurent Gbagbo a été livré aux forces de Ouattara, et la France a prétendu qu’elle n’y était pour rien.

Je demande aux Africains de retenir cette date du 1l avril: l’Histoire s’est répétée.

Vous aviez lancé une campagne d’enrôlement au sein de l’armée. Cela n’aura pas suffi …

Nos adversaires distribuaient des kalachnikovs à des civils, à Abobo et dans toutes leurs zones. J’ai donc demandé au chef d’état-major de l’armée de permettre aux jeunes de rentrer dans l’armée de façon régulière. Malheureusement, les événements se sont précipités et ils n’ont pas eu le temps d’être enrôlés.

Les nouvelles autorités vous accusent d’avoir distribué des armes …

C’est faux.

En tout cas, les Jeunes patriotes ne sont pas descendus dans la rue pour défendre Gbagbo, contrairement à novembre 2004 ?

Les deux situations ne sont pas comparables. En 2004, l’armée française avait tiré sur l’aviation de Gbagbo et les rebelles étaient contenus dans le nord du pays. Cette fois, on ne savait plus qui tirait sur qui à Abidjan, où les rebelles étaient embusqués. Dans ces condi­tions, j’ai refusé d’appeler les Jeunes patriotes à descendre dans la rue pour éviter des tueries massives. Ç’aurait été du suicide.

Cette attitude ne revenait-elle pas à lâcher Gbagbo?

Je serai le dernier à lâcher Gbagbo.

Avez-vous eu des contacts avec lui jusqu’au 11 avril ?

Oui, mais les choses sont allées tellement vite ! Et les communications étaient devenues difficiles …

Vous a-t-il demandé de faire descendre les Jeunes patriotes dans la rue ?

Laurent Gbagbo a toujours tenu à la vie des Jeunes patriotes.

Reconnaître le verdict des urnes aurait évité toutes ces violences …

Ce débat est derrière nous par la volonté de la France.

Mais, selon vous, qui est le président élu?

Ce n’est pas à moi de désigner le président élu.

Reconnaissez-vous les résultats de l’élection présidentielle?

Les armes ont parlé. La France a fait décoller ses hélicoptères et a déployé ses blindés. Elle a détruit le palais présidentiel et livré Laurent Gbagbo aux forces de M. Ouattara, investi président. A présent, la seule question valable est : « comment fait-on pour rebondir ? »

Souhaitez-vous participer à la réconciliation entre les Ivoiriens?

L’avenir d’un pays doit dépasser les considérations personnelles. En 2006, je me suis rapproché de la jeunesse de l’opposition. En 2007, au moment des accords de Ouagadougou, j’ai initié la Caravane de la paix et j’ai parcouru tout le pays … Je ne peux avoir fait tout cela et me renier parce que Laurent Gbagbo n’est plus au pouvoir. En clair, je suis prêt à jouer ma partition. Les Ivoiriens doivent se parler, et les acteurs politiques – au pouvoir ou dans l’opposition – doivent reconnaître leur part de responsabilité.

Pouvez-vous jouer cette partition alors que vous êtes sous sanctions de l’ONU et éventuellement sous la menace de poursuites de la Cour pénale Internationale (CPI) ?

Premièrement, je ne suis pas sous la menace de la Cour pénale internationale. Quant à la liste des Nations unies, je l’ai toujours dénoncée. Si quelqu’un doit être récompensé et félicité pour ses activités en faveur de la paix, c’est Blé Goudé Charles. Il faut le reconnaître humblement. J’ai permis à la Côte d’Ivoire d’éviter la catastrophe à plusieurs reprises.

Malheureusement, ce n’est pas reconnu.

Êtes-vous prêt à rentrer au pays?

Qui ne souhaite pas rentrer dans son pays …

Exigez-vous la libération du couple Gbagbo?

Bien entendu. Leur place n’est pas en prison, il faut qu’ils puissent participer à la vie politique.

Avec Laurent Gbagbo en prison et ses compagnons traqués, peut-on appeler à la réconciliation ? Peut-on également parler de justice sans police, sans gendarmerie, sans prisons ? La Côte d’Ivoire a seulement deux prisons actuellement: le Golf Hôtel et l’hôtel de la Pergola.

Vous estimez avoir un destin présidentiel et avez donné rendez-vous à Guillaume Soro pour l’élection présidentielle de 2015 (voir J.A. n° 2616). En attendant, où vous situez-vous sur l’échiquier politique?

Je veux mener ma vie d’opposant, mais en dehors du FPI (Front populaire ivoirien, le parti de Gbagbo, NDLR). Dès que les conditions sécuritaires seront là, je réunirai en congrès extraordinaire les Jeunes patriotes et tous les Ivoiriens avec qui l’on peut travailler.

En vous considérant comme un opposant, vous reconnaissez la victoire de Ouattara et vous tournez la page Gbagbo …

[Rires.] Gbagbo est en prison et doit être libéré. C’est important.

Dans votre lettre rendue publique le 31 mai, vous parlez de bourreaux et de tortionnaires à propos des forces pro -Ouattara. Pas un mot sur les crimes du camp Gbagbo …

Chacun doit reconnaître sa part de responsabilité dans ce qui s’est passé.

Regrettez-vous certains de vos propos ultranationalistes ?

Quand le général de Gaulle a appelé depuis Londres les Français à libérer la France, était-il un leader ultranationaliste ?

Vous n’avez jamais appelé à la violence ?

J’ai appelé à la résistance aux mains nues lors de mes meetings. C’est cela que vous appelez de la violence! Quand certains utilisent des kalachnikovs, vous ne parlez pas de violence … Les Jeunes patriotes ont organisé des sit-in comme les jeunes espagnols en ce moment à Madrid. Mais puisqu’ils sont Africains, on considère qu’ils sont violents. C’est du racisme.

Que pensez-vous des premiers actes du président Ouattara?

Il est trop tôt pour juger un gouvernement après quelques semaines d’exercice. Mais je l’appelle à régler la question sécuritaire et celle des libertés : que les partis politiques puissent reprendre leurs activités et que les Ivoiriens puissent se rassembler. Les survivants de cette guerre ont un devoir, faire la réconciliation. Pour cela, il faut calmer les extrémistes des deux camps.

Dans votre lettre, vous parlez également de « postophilie » pour dénoncer ceux qui courent après les postes. A qui pensez-vous ?

Il y a une expression en Côte d’Ivoire qui dit: « On sèche ses habits là où le soleil brille. » Il y a des caméléons politiques dans notre pays. Ils sont toujours prêts à servir les nouveaux présidents. Il faut arrêter la politique du ventre.

Pensez-vous à Guillaume Soro?

Non, pas du tout. Je ne veux pas parler du Premier ministre. Nous avons eu des relations privilégiées à la Fesci. Je n’ai pas de rancune.

Est-ce toujours votre frère?

Joker.

En cas de retour au pays, envisagez-vous d’être candidat aux élections législatives?

Mes ambitions politiques demeurent intactes et sont plus que jamais justifiées.

Si Chartes Konan Banny vous appelle à témoigner devant la Commission Vérité, Dialogue et Réconciliation, irez-vous?

Je suis prêt à aller partout où l’on parlera de réconciliation.

Êtes-vous prêt à discuter avec les nouvelles autorités?

Bien sûr. Je suis prêt à les aider et à remettre sur pied une caravane de la paix.

En attendant, une cavale, c’est long et difficile. Combien de temps pouvez-vous tenir?

Je ne suis pas dans la clandestinité pour la première fois. Je suis né au campement. J’ai l’habitude de manger les fruits de la forêt. Je peux tenir comme cela des années. En revanche, je suis inquiet pour ma famille et mes proches. Mon village a été incendié.

On vous dit très riche, cela peut aider lorsqu’on est dans la clandestinité …

Je ne suis pas riche. On m’a collé cette étiquette. Je suis riche de mes idées, de mes relations et de ma valeur morale.

Avez-vous peur?

Non, pas pour moi, mais pour la Côte d’Ivoire.

Priez-vous souvent?

Je crois fermement en l’éternel des armées et au Dieu de justice. Je prie quotidiennement au lever et avant de me coucher

Source : Jeune Afrique

Donné pour mort Blé Goudé parle enfin / Sa lettre aux Ivoiriens

Il n’est pas mort comme l’avait laissé croire la rumeur. Il est vivant, terré dans un endroit qu’il tient secret. Pour couper court à toutes les rumeurs sur son compte, Charles Blé Goudé, leader de la jeunesse patriotique ivoirienne et ancien ministre sous Laurent Gbagbo, rompt le silence à travers ce courrier adressé aux Ivoiriens.

Mes chers compatriotes,

Je suis vivant !

Si certains ont souhaité ma disparition physique, d`autres, plus nombreux certainement, aimeraient me voir en vie afin que je puisse participer au débat politique dans notre pays, la Côte d`Ivoire.

Dans tous les cas, cette situation m`aura permis d`expérimenter la symbolique des funérailles du vivant dont me parlait souvent mon grand-père.

En effet, vivant, j’ai assisté à mes funérailles à plusieurs reprises. Je sais que toutes les tentatives des uns et des autres pour me tuer sinon physiquement, à tout le moins médiatiquement, sont la preuve de l’intérêt qu’ils portent à ma personne et à notre combat.

A ceux qui ont jubilé à l’annonce de ma prétendue mort, je souhaite longue vie. La vie humaine est sacrée. Toutes nos croyances ne nous enseignent- elles pas que nul ne doit ni souhaiter ni fêter la mort de son prochain, fût-il son pire ennemi ? Et dire que parmi ceux qui ont jubilé à l’annonce de ma « mort«  se trouvent certains individus se targuant d’avoir été mes collaborateurs(?)

Je voudrais inviter ces papillons politiques toujours à la recherche du nectar à méditer les paroles suivantes :  » ce sont les abeilles qui produisent le miel ».

A vous qui, jusqu’ à cette adresse, portiez dans la tristesse et le silence le ‘’deuil’’, soyez rassurés, je suis bel et bien vivant !

Mes chers compatriotes,

Je sais tout ce que nous subissons dans nos quartiers, nos villages, nos campements, nos différents lieux de travail…

Je sais que des villages entiers ont été incendiés, obligeant de nombreuses populations paysannes à trouver refuge en brousse.

Je sais que, invitées à reprendre le service, les forces de l’ordre formées par l’Etat de Côte d’Ivoire sont traquées, humiliées voire assassinées. La dernière trouvaille serait de payer leurs salaires désormais de la main à la main. Du jamais vu !

Je sais que pour échapper à la furie des tortionnaires, de nombreux Ivoiriens sont aujourd’hui refugiés dans des pays voisins sans le moindre sou.

Le fait d’avoir battu campagne pour La Majorité Présidentielle (LMP) étant désormais considéré comme un crime dans notre pays, nous continuons de subir des exactions de tout genre.

Chaque jour, d’honnêtes citoyens sont pris en otage. Les plus chanceux sont libérés moyennant une rançon dont le montant varie selon les humeurs de leurs bourreaux.

Il ne se passe un seul jour sans que nous ne soyons dépossédés de nos biens. Les véhicules, les appareils électroménagers, les fauteuils sont emportés au nom de la démocratie. Même les casseroles, les verres, les cuillères n`échappent pas à leur appétit.

Je sais aussi que certains Ivoiriens, malgré leur appartenance au RHDP, ont vu leurs biens, fruits de plusieurs années de durs labeurs, emportés ; d`autres ont même été tués.

Sous le fallacieux prétexte de recherche de caches d’armes, ils tuent, violent et traumatisent impunément.

Mes chers compatriotes,

Voici autant d’actes qui sont en total déphasage avec l’esprit de réconciliation dont notre pays a plus que jamais besoin ; réconciliation dont j`avais déjà ouvert les chantiers à travers plusieurs actions pour tenter de réduire la fracture sociale déjà trop profonde. Souvenons-nous de la Caravane de la Paix. En clair, au-delà des slogans, la réconciliation doit se traduire en actes concrets surtout quand l’on sait que le président Gbagbo et plusieurs de ses compagnons sont illégalement incarcérés et isolés dans le nord de la Côte d’Ivoire.

En outre, notre pays, atteint du syndrome de l’allégeance et de la ‘’postophilie’’, enregistre le retour de caméléons politiques qui se vantent d’avoir prédit ce que nous vivons aujourd’hui.

Ces nomades politiques sans conviction accusent aujourd’hui le président Gbagbo de tous les maux d’Israël.

Comme vous le savez, chers concitoyens, quelle que soit la virulence d`une épidémie elle ne contamine jamais tout le monde. C’est pourquoi, je voudrais rassurer mes frères Ivoiriens et Africains que dans ce capharnaüm, je demeure lucide.

Mes chers compatriotes,

Dans cette douloureuse épreuve, sachons rester dignes et solidaires. A ce stade de mon propos, je voudrais remercier tous ces Africains et Africaines pour leur soutien à cet autre virage dans l’histoire de notre continent. Point n`est besoin de douter car dans cette montagne de désespoir doit nécessairement se creuser un véritable tunnel d`espérance pour le bonheur des générations futures.

En ce qui concerne les sujets qui engagent la vie et l’avenir de notre pays, la COTE D`IVOIRE, je me prononcerai prochainement.

Je suis vivant !

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Charles Blé GOUDE.

Interview de Toure Moussa Zeguen : « Blé Goudé est bel et bien vivant »

Toure Moussa Zeguen, Porte parole de Charles Blé Goudé

Blé Goudé est bien vivant et prépare la poursuite de la lutte contre les envahisseurs et les occupants de la Côte d’ivoire, dit-il.

Cliquez pour écouter:

Christian Musampa-Sans detour 22  Mai 2011(Toure Zeguen)-rcv.mp3

Côte d’Ivoire : Bro Grébé, la présidente des patriotes tuée hier, Blé Goudé en cachette…

Togosite : Selon notre source que nous appellerons Ange, actuellement, en cachette quelque part en Côte d’Ivoire : « Les patriotes sont persécutés. D’ailleurs, leur présidente Mme Bro Grébé Généviève a été tuée. Quant à Charles Blé Goudé, il vit encore en cachette, comme ses autres camarades, ne mangeant que du Attiéké ». Dur, dur !

Toujours selon Ange : « Les démarches de Mamadou Koulibaly et de Paul Yao Ndré sont des initiatives individuelles et n’engagent pas les pro-Gbagbo ou patriotes ».

A en croire Ange : « Le Président Fpi, Pascal Affi Nguessan a été arrêté vendredi lors d’une conférence de presse où il s’apprêtait à dénoncer l’épuration ethnique, les assassinats des cadres du Fpi et le musellement de la presse ».

Par contre selon l’Afp : « Le chef du parti du président déchu Laurent Gbagbo a affirmé qu’une « ambiance de dictature » s’installait sous le nouveau dirigeant de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara et demandé une loi d`amnistie et la libération de M. Gbagbo, dans une déclaration rendue publique samedi ».

Toujours selon l’Afp : »Pascal Affi NGuessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), qui se trouvait en résidence surveillée dans un autre hôtel d`Abidjan, a été transféré vendredi soir au QG du président Ouattara, le Golf Hôtel, après avoir accordé une interview à des médias. Dans ses propositions de « sortie de crise » datées de jeudi et rendues publiques samedi, il dénonce la « persistance de l’insécurité et des atteintes aux libertés et aux droits de la personne humaine », depuis l’arrestation le 11 avril à Abidjan de Laurent Gbagbo.

« Pour échapper aux exactions, voire à la mort, les cadres et sympathisants du FPI vivent (…) dans la clandestinité, la peur et la précarité », assure-t-il. « Dans ce contexte de violence, l’Etat de droit et les libertés sont étouffés. L’arbitraire règne en maître (…). L’opposition est réduite au silence. C’est le règne de la pensée unique dans l’audiovisuel comme dans la presse écrite et une ambiance de dictature s’installe progressivement sur le pays« , accuse le président du FPI.
»Seule une solution politique issue de négociations et d’un consensus de la classe politique peut permettre à notre pays (…) de sortir dignement de cette crise », avance M. Affi. L’ancien Premier ministre suggère « l’adoption d’une loi d’amnistie pour fermer la grande parenthèse et la crise socio-politique en Côte d’Ivoire et pour poser les jalons de la réconciliation nationale« , et »la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques ».
via ferloo

Source : Togosite

Le Probable Meurtre du Ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé

Alassane Ouattara a vendu la Côte d’Ivoire au parti de l’étranger et fait venir en Afrique de l’ouest une race de jeunes loups qui sont en train de faire reculer notre Afrique de près d’un siècle. Et c’est pourquoi, nous sommes obligés de les dénoncer avant que le cancer qui ronge la RCI ne déborde sur toute l’Afrique francophone d’une manière ou d’une autre. Nicolas Sarkozy sera concerné par la plainte contre X pour crimes contre l’humanité déposée par les avocats de Laurent Gbagbo. Quel progrès !

Et si les informations qui sont à notre disposition au sujet du Ministre Blé Goudé se confirment dans les prochains jours, j’ai bien peur que le cordon ombilical entre la France et l’Afrique se rompe définitivement dans les cœurs et dans les esprits. Les Français qui sont un peuple que nous aimons au fond de nous, ne seront plus acceptés en Afrique. Est-ce le but des massacres ivoiriens ? Nous avons du mal à le croire mais les actes posés sont d’une extrême gravité.

Depuis plusieurs jours, je mets en doute le fait que le Ministre Blé Goudé soit encore vivant. Dieu fasse que je me trompe et je ne souhaite pas désespérer les Ivoiriens mais mon devoir est de dire la Vérité. Il me semble que l’information que je détiens doit être publique, charge aux parties en cause dans le problème ivoirien de démentir et de prouver le contraire de mes affirmations. Ce qui m’a été rapporté par deux à trois sources concordantes est la chose suivante : M. Blé Goudé a trouvé refuge à l’ambassade de la République d’Angola. Il a été géolocalisé à cet endroit par satellite suite à l’un de ses appels. Pour une raison que nous ignorons le Ministre Blé Goudé a quitté l’ambassade d’Angola et il a été aussitôt capturé par les éléments de Guillaume Soro.

Après avoir subi les pires sévices que l’on puisse imaginer le Ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo a été égorgé et il a été décidé d’une part de faire disparaitre son corps et d’autre part de taire cet événement tragique qui jetterait une stupeur indescriptible non seulement sur les Ivoiriens mais bien au-delà. Si je me trompe, je suis prêt à présenter mes excuses publiques à Blé Goudé qui serait en lieu sur mais j’ai peur d’attendre longtemps.

Laissons monter notre colère sans désespérer de nous-mêmes et nous y trouverons la force de sauver l’Afrique francophone de cet état infernal dans lequel Nicolas Sarkozy a choisi de précipiter les Africains francophones.

Bruno Ben MOUBAMBA. bruno@moubamba.com

Côte d’Ivoire : Le Conseil Constitutionnel Constate la vacance du pouvoir donc Ouattara ne peut pas légalement diriger la Cote d’Ivoire

L’information est passée sous silence mais elle est pourtant de taille. Le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a constaté la vacance du pouvoir il y a quelques jours à Abidjan. Logiquement, c’est donc comme le veut la Constitution Ivoirienne, le Président de l’Assemblée Nationale qui doit assurer une nouvelle transition politique devant aboutir sur de nouvelles élections. Alassane Ouattara et ses soutiens internationaux le savent c’est pourquoi ils ont exigé dès lundi 11 avril 2011 du Président légal de la RCI, M. Laurent Gbagbo, la signature d’un acte de démission, autant dire, d’une capitulation.

L’Histoire reconnaîtra la grandeur de cet homme qui, assiégé par des tanks français et des rebelles sans foi ni loi, bombardé par des missiles onusiens, disons-le sans détour, de « l’opération Licorne », a fait fi de sa vie en refusant d’apposer sa signature au bas d’un document inique. Certaines indiscrétions font même état de sommes, en millions d’euros, qui ont été proposées à Laurent Gbagbo, à vie, s’il démissionnait. On croit rêver.

La loi de la jungle, c’est-à-dire celle du plus fort, veut s’appliquer dans toute sa rigueur aux Ivoiriens. Nous leur disons aujourd’hui, faites appel à votre loi fondamentale, montrons leur qu’au XXIe siècle, les africains sont conscients désormais d’être devenus, au bout de cinq siècles d’exploitation, la civilisation qui connaît «la plus longue servitude de tous les temps ».

Un coup d’état international des fascistes libéraux

Un monstre, le libéral-fascisme, menace l’Afrique en général et l’Afrique francophone plus que jamais. Son objectif est de faire payer sa crise financière internationale à ceux qui ont été considérés depuis toujours comme des esclaves. Cet « Homme Africain qui n’est pas assez entré dans l’Histoire » comme le disait le Président Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Dakar en 2007. Il est urgent pour les Ivoiriens qu’ils utilisent les armes du droit et de la raison face au déploiement de la force brutale.

Comment Alassane Ouattara peut-il être Président de la Côte d’Ivoire alors même qu’il n’a pas prêté serment devant le Conseil Constitutionnel et que cette même institution ne l’a pas reconnu comme Président de la République ? C’était pourtant l’exigence minimale de l’Union Africaine. Le silence de la plupart des Chefs d’Etat du continent africain, qui n’ont pas noyé M. Ouattara sous les félicitations est éloquent. Certes quelques uns (le Président de la Guinée Equatoriale par exemple) auraient félicité M. Ouattara mais il est clair que le fait que ce dernier s’avise à marcher sur les institutions d’un pays qu’il est supposé diriger n’est pas rassurant.
A vrai dire, le Président de la Communauté internationale, l’ami du Président français, n’a pas d’autre solution s’il veut favoriser des institutions fortes selon le discours du Président Obama à Accra, que d’assumer son coup d’Etat international devant le monde, mais les coups d’Etat sont mal vus par l’Union Africaine, ou alors de retourner aux urnes. Il a prêté serment par écrit dit-il, mais nous lui répondons que le Conseil Constitutionnel ne l’a pas déclaré Chef de l’Etat.

Un imbroglio politico-militaro-juridique

La puissance ne suffit pas si elle ne se greffe pas sur le droit et avant tout sur celui des Etats. Si le « coup d’Etat international » de M. Ouattara est accepté alors n’importe qui pourra se déclarer Président de la République n’importe où à l’avenir. Si l’option armée est privilégiée sur la légalité alors tous les peuples africains doivent savoir qu’ils sont perdus pour plus d’un siècle sans doute.

Les élections dans nos pays ne seront toujours qu’une plaisanterie. La rapacité des ultra-libéraux qui tiennent les médias et les pouvoirs politiques occidentaux risquent de nous entraîner dans un nouvel esclavage qui ne dit pas son nom. Voilà pourquoi toute l’Afrique doit protester derrière les Ivoiriens.

Aucun africain digne de ce nom ne peut accepter ce que M. Ouattara a fait à la Côte d’Ivoire : financer un premier coup d’Etat contre M. Konan Bédié fin 1999 ; sponsoriser une rébellion armée en 2002, oublier qu’il doit son retour dans le jeu politique ivoirien à M. Gbagbo ; privilégier la brutalité en marchant sur des milliers de cadavres pour réaliser son rêve de Chef d’Etat ; cacher au monde entier le fait qu’il ne peut pas prêter serment par écrit et se considérer comme Chef d’Etat.

Où a-t-on vu cela ? Le Conseil Constitutionnel Ivoirien ne peut pas se dédire. Ou alors, il faut que le Parlement dissolve le Conseil Constitutionnel. D’autres veulent nous réduire au rang de « primates à peine évolués » et M. Ouattara est en train de leur donner des arguments en écrasant sous un tapis de bombes le droit de son pays. Des dictateurs comme Omar Bongo faisaient au moins semblant de respecter la Constitution du Gabon ! Pourquoi pensez-vous que le clan Bongo bichonne autant la Cour Constitutionnelle de la République Gabonaise ? Mais c’est bien parce qu’il sait qu’une fois les recours des autres candidats aux présidentielles déposés, et après que la Cour Constitutionnelle ait validé une élection contestable, le tricheur qui prête serment devant la Cour et les institutions du pays devient légalement le Président.
Que devons nous faire ? La guerre ? Il faut croire que les acteurs politiques gabonais soient plus légalistes qu’Alassane Ouattara, c’est pourtant sur la décision de la Cour Constitutionnelle Gabonaise, malgré les preuves de la tricherie, que le Président Nicolas Sarkozy a été le premier à féliciter Ali Bongo Ondimba en 2009. Les ultra-libéraux qui en veulent coûte que coûte aux richesses du Golfe de Guinée ne parviennent même plus à cacher leurs mensonges.

Si Laurent Gbagbo, le Président légal de la Côte d’Ivoire, doit partir, alors pourquoi Ali Bongo reste-t-il au pouvoir ? Pourquoi n’est-ce pas André Mba Obame, officieusement vainqueur du scrutin présidentiel de 2009, n’est-il pas installé sur le fauteuil présidentiel au Gabon ?

Alors, cher Peuple Ivoirien, courage. Battez-vous au nom de la loi car Monsieur Ouattara et ses soutiens internationaux ont déjà perdu la bataille du droit.

Bruno BEN MOUBAMBA

bruno@moubamba.com / http://www.moubamba.com

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo, Blé Goudé demande au peuple de rester mobilisé

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo

Blé Goudé: « Je demande au peuple de rester mobilisé… »

Annoncé comme arrêté aux cotés de Laurent Gbagbo et bastonné par les rebelles d’Alassane Ouattara, Charles Blé Goudé, le leader du Congrès Panafricain des Jeunes Patriotes (COJEP) et aussi leader de la Jeunesse ivoirienne, sort de sa réserve. C’était ce lundi 11 avril 2011 à 20H15 GMT, sur le direct de la chaîne française iTélé. C’est un Charles Blé Goudé, détendu et convaincu du combat de souveraineté de la Côte d’Ivoire, que nous avons entendu sur les ondes de la cette télévision internationale. Il met ainsi fin à plusieurs heures de rumeurs sur son arrestation et sa détention au Golf Hotel, le QG d’Alassane Ouattara.

« Le lieu où je me trouve n’a pas d’importance en ce moment», c’est en ces termes que le général des Jeunes Patriotes esquisse la première question du journaliste, avant de renchérir : » si vous voulez m’interroger, je préfère que ce soit sur la situation que vit mon pays en ce moment. »

Il a fini son entretien en lançant un appel aux africains en général et aux ivoiriens en particulier : « Je demande au peuple de rester mobilisé et digne dans la douleur. La France a honte d’assumer son kidnapping ( … ) sachez tout simplement que l’histoire se répète ( … ) Je demande à tous les Africains de se rappeler cette date historique du 11 avril 2011, qui marque une autre humiliation d’un leader africain par l’occident .»

http://www.afrikdignite.com/une.php?id=615