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Bernard B Dadié : «Penser la France»

« Le Siècle des Lumières n’avait pas brillé deux ans. Le Siècle des Ténèbres, en enfantent de nouveaux et aussi sombres, celles de la Colonisation» A. Anselin, le Refus de l’esclavitude

«L’assassinat du chef de l’Etat libyen, grâce à l’intervention de l’armée française, est une honte pour la France. Les bombardements sur les populations civiles en Libye comme l’intervention scandaleuse des troupes françaises en Côte d’Ivoire… marquent la participation à une véritable entreprise criminelle d’Etat», déclarent les clubs . Salut des Nègres, des bois d’ébène, à ces Clubs qui sortent la France de l’Histoire de celle des affaires qui, depuis la fin de la guerre des libérations, n’a laissé personne dormir. Du temps du «Vieux», les bêtes domestiques votaient à 99,99% comme l’exigeait Paris, et bientôt, avec la participation des bêtes sauvages, sur ordre de Paris, le résultat des votes sera 200%. Tel que cela se murmure en ville militarisée.

Bernard B. Dadié

Du temps du «Vieux», peu de portes s’ouvraient à partir de 20 heures, de nos jours aucune porte ne s’ouvre parce que les habitants se «planquent» sous les lits. Et les médias de Paris ne cessent de parler du bonheur des sujets français, qui, travaillèrent à  Saint-Domingue, devenaient travailleurs et chair à canon en Afrique. Pour s’être opposé à un recrutement excessif, le Blanc français gouverneur général des colonies rejoignit le front et fut tué. Le conflit commençait et ils furent nombreux, les Français, les Blancs, qui défendirent le frère Noir et perdirent la vie. Albert Londres, Van Vollenhoven, John Brown…

La République votée à une voix de majorité ne saurait être exportée et encore moins chez des bois d’ébène colonisés, soumis, exploités. Penser la France dont on parle toujours. L’esclave enchainé a une arme, sa bouche pour parler, hurler, dénoncer et le vrai esclave n’est-ce pas le propriétaire qui a toujours peur d’une évasion, d’une révolte ? Situation qu’ont vécue des négriers lors des traversées. Révolte qui donna naissance à Haïti et à d’autres villes ou à des quartiers dans les villes des Blancs. Mac Gee, le Noir est mort exécuté. Ceux du Sud saluent la nouvelle par des «Hourras joyeux» (J. Howlelt). Nul ne saurait arracher la Liberté à un peuple, et dans un peuple, nous aurons toujours des Andrée Viollis, des Victor Augagneur, des Schoelcher et leurs compagnons de lutte pour le respect de l’autre. Et il arrive toujours que des bandits s’entretuent.

Combien sont-ils ces héros qui incendient des pays ? Et dorment en paix ? Un pays comprend les villages et les cimetières, les vivants et les morts ; qui, à jamais  maitrisera les morts dans une révolte ? Le styx. Les anciens faisaient passer le styx, et chez nous, le fleuve et nous donnons encore de nos jours ce qu’il faut au partant pour passer le fleuve. N’est-ce pas la preuve que nous sommes tous des voyageurs ? Etre-vous sûrs d’avoir raison de nous tuer toujours pour votre grand festin ? De tout incendier sur votre passage ? Le peuple vous écoute et vous regarde et le sang innocent versé ne cessera de vous parler, qui que vous soyez, où que vous êtes. Des vérités de chez nous, des peuples de la forêt aux multiples langages.

Un chant, un certain vol d’oiseau n’empêche-t-il pas un voyage ? «Carnages, les guerres secrètes des grandes Puissances en Afrique» de Pierre Péan. En Afrique, chez les peuples de race inférieure où les femmes accouchent à neuf mois au lieu des 30 mois habituels chez les races supérieures. «Il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un Droit vis-à-vis des races inférieures… je soutiens que les Nations européennes s’acquittent avec largesse, avec grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de civilisation» à dit Jules Ferry en 1884. «C’est très douteux», lui répond Georges Clemenceau, «Penser la France !». «Pour connaître toute la vérité sur les nombreux sujets que j’aborde dans ce livre, il faudra attendre l’ouverture, dans de très nombreuses années, des archives de la CIA, du M16, du Mossad et de la DGSE», dit Pean.

«Et nous voilà pris dans les Rets, livrés à la barbarie des Civilisés. Dans la nuit nous avons crié notre détresse, pas une voix n’a répondu » L. S. Senghor

Notre horizon reste fermé parce que Président et Gérants des colonies se trouvent tous à l’Elysée où l’on peut parler de scandale de Panama, de piastres, mais jamais des Nègres. «Pour porter les barils de ciment de cent trois kilos», «les Batignolles» n’avaient pour tout matériel qu’un bâton et la tête de deux Nègres». «Les règles sont posées, il faut les respecter, un monde de maîtres gaulois et de mercenaires ayant pris d’assaut le navire Afrique et des officiers voyant leur rêve colonial brisé ont failli renverser la République qui sert de paravent dans la grande conquête. «La présence des troupes françaises en Afrique est anormale» (J. P. Cot).

Les créateurs du Syndicat agricole africain qui donna naissance au PDCI et plus tard au RDA, parlaient de Liberté et non de soumission servile, de dialogue entre Blancs et Noirs et non de perpétuation de l’esclavage. Aucun de ces acteurs n’était sorti d’une école en Occident, et ils disaient à leurs enfants, en les mettant à l’école, « partez et revenez nous sauver… et non partez et revenez nous revendre». Qui sont-ils ceux qui nous vendent ?

Et combien sont-ils ces enfants qui peuvent revendre père et mère ? En 1939-1945, la guerre était pour nous une guerre de libération. On parla de scandales des salaires des militaires, mais jamais des salaires des fonctionnaires, ces mendiants qui la fin du mois prennent d’assaut les banques pour pouvoir tenir. C’est St Domingue en Afrique avec des descendants des corsaires de l’histoire. Ivoiriens, c’est encore et toujours Thiaroye que nous vivons. Après la guerre 1914-1918, nous eûmes des communes au Sénégal et après la guerre de 1939-1945, pour avoir parlé d’argent, de paiement, la guerre contre nous a commencé à Thiaroye au Sénégal et les ravages s’étendent. Des maîtres assoiffés de sang ne sont-ils pas plus barbares que nous ? Race supérieure ? Prestige et affaires.

Est-il étonnant que le sort d’un Président élu par des indigènes soit réglé à Linas-Marcoussis, dans une Banlieue, pour mieux souligner le mépris qu’on peut avoir pour des Nègres raisonneurs parlant de Dignité à des conquérants entourés de forbans. Aux armes : affamées. Williams, Damet, Samba, Ebony, Adam Camille, Boka, Foté Memel, Ladji le fidèle compagnon et d’autres. D’autres, des centaines d’anonymes et des Blancs, eux, furent chassés. Regardez, Messieurs, il y a du sang sur ces décorations, et chaque coup de fusil ou de canon, chaque explosion de bombes ont fait trembler des Nègres dans leur tombe de Paris et Département. Certes, vous n’étiez pas nés et les tombes de ces tirailleurs ne sont pas des monuments à visiter à des heures perdues.

Des avions égyptiens sont cloués au sol par des chasseurs anglais et français. Des avions sont détournés pour récupérer des passagers invités à un congrès, des actes de prouesse que Paris ne cessera de méditer en nous parlant de nos dettes. Naitre dans les dettes, croupir dans des dettes et crever dans des dettes. N’est-ce pas une honte que de transmettre des dettes en héritage à des descendants ? Et leurs pleurs ne sont-ils pas des pleurs de réprobation ?

Tapis rouges, musique, rires, joie d’accueillir un hôte de marque venant des lointaines terres africaines. Accouru pour faire allégeance à Paris. Et poursuivre la vieille politique de fermiers généraux, de quotataires, de l’empire des 2è bureaux et toujours parler de Nantes la ville aux milliers d’embarcations pour Nègres. «La lutte pour le pouvoir, c’est la lutte pour la richesse, la lutte pour la richesse, c’est la lutte pour le pouvoir». Mais doit-on donner le pouvoir à des Nègres ?

Ayant fait la grève de la faim qui provoqua la grève des achats, nos épouses marchèrent pour nous sauver. Elles paient encore cette audace, soumises à des violations de domiciles et à des pillages. Ces femmes qui ont subi des insultes des autorités et méprisées soignent leurs plaies depuis des années n’en ont même plus les moyens aujourd’hui. Paris, dans sa fraternité avec les colonies sorties des ténèbres, joua le grand jeu en honneur de ses amis ; il nous donna trois jours et trois nuits de folie, de sang et larmes. Démonstration cruelle de forces piaffant d’impatience pour fondre sur des Nègres qui parlent d’Egalité. Avions et troupes prirent la ville en otage. Le palais assiégé, le Président Gbagbo et les compagnons furent faits prisonniers et emportés en toute Liberté.

« Dieu aime les Noirs », Serge Bilé. En quoi divergeraient-ils des autres créatures humaines ? Ne sont-ils pas seulement complices de leurs assassins par une méconnaissance de l’histoire ? Le pays ? Le mât de cocagne où l’on se bat pour atteindre le sommet et y rester pour plaire au maître et amasser des milliards à déposer dans des banques en garantie de loyautés. 2011 Paris, que penses-tu de ces nouvelles terreurs contre des Nègres ? «Un Blanc lui tira dans le dos», Vieille habitude du temps du racolage.

Le regretté Désiré Tagro

Tagro, « on a tiré sur moi ». En toute Liberté. Des Nègres en service aux ordres de Paris. Tagro attend assassins et instigateurs. N’a-t-il pas été dit : «Tu ne tueras point» ? Ils sont des milliers qui sont morts, des morts anonymes dans le sang desquels viendront des milliards d’euros pour l’asservissement des Noirs qui parlent d’égalité des hommes. Esope, Pouchkine, Toussaint Louverture, Lumumba, Ben Bella, Sekou Touré, Gbagbo et ses compagnons que Paris vient de faire entrer dans l’histoire glorieuse des martyrs. 1914-1918, «Bouna, des hommes, des vieillards, des enfants, des femmes, se laissent griller et enfumer dans des cases pour refus d’enrôlement». «La France n’est pas seule». Il y a l’Empire. Paris et ses légionnaires pressés de remporter la victoire ; colonne Leclerc. Eboué, Jean Moulin. Pour la réconciliation, on avait fermé les portes des archives, et les Noirs avaient tout mis dans un coin de mémoire.

2002, Gbagbo, Président, affronte le pouvoir de Paris et fait ce que jamais ne fit un Président noir : refuser que notre pays soit un cimetière où danseraient des hommes et des femmes qui enverraient les enfants mendier quelques rires de vie. «Frères et amis», unissez-vous et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez l’arbre de l’esclavage. Je suis Toussaint, «m’arrêter arbitrairement, sans m’écouter et sans me dire pourquoi, s’emparer de tous mes biens, piller toute ma famille, saisir mes papiers, les garder, m’embarquer sur un navire, m’envoyer nu comme un verre de terre, répandre les mensonges les plus calomnieux à mon égard, et après tout cela, me précipiter dans les profondeurs d’un cachot : n’est-ce pas comme couper la jambe de quelqu’un et lui dire «Marche» ? N’est-ce pas comme couper sa langue et lui dire « Parle », n’est-ce pas enterrer un homme vivant» ? Je suis Toussaint Louverture d’Haïti. J’ai entendu parler du Président Gbagbo et de ses compagnons. Club «Penser la France», merci pour votre présence dans l’enfer créé et veillé par Paris et les siens. Qu’ils sachent une vieille sentence ordonne : Travail pour être utile.

Sois utile pour être aimé, Sois aimé pour être heureux…

Les fantassins et les bruits des bombes font fuir le bonheur qui a horreur du sang. Le bateau se nomma Le Héros et la prison Fort de Joux. Toujours à la recherche de trésor. 1802, Toussaint et Bonaparte ! Il laisse mourir Toussaint.

2011, Gbagbo et tous ceux qui ne veulent pas voir sa tête. Louverture, de ton cachot du Jura, ordonne à tous les Bonaparte de retirer de nos rives de rêves, leurs vaisseaux et leurs avions de morts, et que soient ouverts les yeux et les oreilles de tous les Nègres armés, venus d’ici ou d’ailleurs qui dansent de joie dès qu’un de leur frère tombe.

Qu’ils écoutent le doux murmure de l’onde, la douce musique des oiseaux dans les arbres, et le zéphyr qui les caresse, c’est la vie qui passe et nous parle.

Bernard B. Dadié

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LIBYE : Ah, la belle époque des colonies !

Le président du CNT, Moustafa Abdel Jalil, a récemment vanté les bienfaits de l’occupation italienne en Libye. Une relecture scandaleuse de l’Histoire. Le quotidien italien Il Manifesto s’en indigne.

Moustafa Abdel Jalil saluant le ministre de la Défense italien, Ignazio La Russa

La période du colonialisme italien fut une « ère de développement » pour la Libye, a déclaré Moustafa Abdel Jalil, le président du Conseil national de transition (CNT), le 8 octobre dernier, à l’occasion de la venue en Libye du ministre de la Défense italien, Ignazio La Russa [Peuple de la liberté, ancien sénateur du Mouvement social italien, parti néofasciste].

« Le colonialisme italien a construit des routes et des bâtiment magnifiques, à Tripoli, Derna et Benghazi. Il a introduit le développement agricole, des lois justes et des procès justes : cela, les Libyens le savent bien. » Une « relecture historique » très appréciée par le ministre La Russa : « L’histoire coloniale européenne, nous la connaissons bien, y compris avec ses zones d’ombre ; mais l’Italie a laissé un signe d’amitié. »

Réécrivons nos livres d’histoire, tant qu’on y est ! Si, en 1911, l’Italie a occupé la Libye avec un corps expéditionnaire de 100 000 hommes, elle l’a fait non pas par volonté d’expansionnisme, mais parce qu’en tant que nation civilisée elle voulait inaugurer dans ce pays africain une « ère de développement ». Si, juste après le débarquement, l’armée italienne a fusillé et pendu 5 000 Libyens et en a déporté des milliers d’autres, en réprimant dans le sang la première révolte populaire, elle l’a fait uniquement pour appliquer des « lois justes ». C’était pour imposer la légalité – et non pour écraser la résistance libyenne – que la moitié de la population de la Cyrénaïque (soit environ 100 000 personnes) a été déportée en 1930 dans une dizaine de camps de concentration, tandis que l’aviation italienne bombardait le reste des villages avec des armes chimiques et que la région était fermée par des fils barbelés sur une longueur de 270 km. Et, quand le chef de la résistance, Omar Al-Mokhtar, a été capturé, en 1931, il a été soumis à un « procès juste » : sa condamnation à être pendu était donc légitime.

D’après Jalil, ces « magnifiques routes et bâtiments » ont été construits par l’Italie fasciste pour le bien-être des Libyens. Et, si les autorités coloniales ont confisqué les terres les plus fertiles (environ 900 000 hectares) en reléguant la population vers des terres arides, cela a été fait non pas pour donner ces terres aux colons italiens, mais pour favoriser le développement agricole de la Libye. Le message politique est clair : le gouvernement qu’il préside assurera à la Libye une nouvelle « ère de développement ». Comme celle qu’annonça Mussolini en 1937, quand, sur un cheval blanc, au sommet d’une colline, il leva au ciel son épée en se proclamant le « protecteur de l’islam ».

Manlio Dinucci

http://www.ilmanifesto.it/

L’Afrique ne se mettra jamais à genoux

Comme à une cérémonie macabre d’ogres, Ces répugnants hommes au visage sombre massacrent nos populations d’Afrique pour le vol de nos richesses et leur trafic.

Derrière leur masque de l’Otan, Tous d’un mensonge plat puants, Ils débarquent en faux libérateurs là où tout leur semble dictateur.

L’Afrique en a assez des prédateurs !

Ils sont la bande à « Franco » Nicolas, Ce nostalgique du temps de Caligula.

Ça joue aux majordomes dans nos cocottes

Abandonnant leurs femmelettes à leurs popotes.

Nicolas mange ainsi à toutes les sauces moisies mais se sert de ses propres plats fumants nazis.

Depuis la Hongrie à l’île de Gorée via Paris, Le connard tient à son cynique pari : Dévaster tout, au nom de la démocratie.

En évitant de bon gré nos pires dynasties : C’est cela la physionomie de la francafrique ; Celle du partage éhonté d’huile et de fric.

Ils ont des laquais africains. Des bénis oui-oui

Les inamovibles prégos ; de méchants ouistitis ; On s’accommode mal d’une lugubre monotonie et ce, malheureusement, depuis tant de décennies.

Rien ne surprend guère avec Paulo de Billard Ou au Tchad avec le Débile du désert d’Idrissa Et là au Gabon où pestifère l’insipide Gombo !

Que dire de l’héritier foiré, le sumo du Togo Ou encore, l’homme à la face fardée du Congo ?

La liste est longue de ces nuisibles échantillons Qui tournent hélas en rond comme du tourbillon.

Ils sont tous la honte de l’Afrique des Samory, eux qui vendent leurs peuples aux Chiens à vil prix.

Le rocher ne cède jamais, non jamais aux torrents.

Et les braves triomphent toujours des impénitents.

L’Afrique notre mère ne se mettra jamais à genoux.

Tant que ses dignes fils pour elles, se battront debout.

Allemagne, le 29 Octobre 2011.

Le Coordinateur d´AfroManif Allemagne,

Ali Akondoh

Le Colonel a été assassiné, et alors ?

Il était en guerre contre la haine raciale, l’arrogance fasciste, le négationnisme occidental. Il est tombé au Champ d’honneur. Dans la pure dignité qui caractérise un guerrier moudjahiddine. Que Allah l’accueille auprès de lui ! Et fortifie les guerriers qui lui succèdent pour mener la lutte jusqu’à la victoire finale ! Amin !

Après les honneurs que nous venons de rendre au Guide de la Révolution libyenne, que nous reste-t-il à faire ?

Pleurer et nous rouler dans le sable comme des frères et sœurs affectés par le meurtre gratuit, méchant et raciste d’un des leurs ou juste jouer les veuves et les veufs en portant le deuil, cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la visite des amis et parents qui nous soutiennent dans la douleur ?

J’ai jusqu’ici pensé que tous ceux qui menaient le combat, qui par leur plume qui par leur voix ou encore par leur engament politique, étaient sur la même longueur d’onde. Parce que moi, je me considère en guerre et au front.

Et lorsqu’au front, un guerrier tombe, on lui rend hommage et on reprend le combat fût-il un guerrier de premier rang.

Alors quel est ce spectacle de pleurnichards qui se roulent dans la boue à travers tout le Continent africain pendant que l’ennemi prépare un nouvel assaut plus sanglant et plus destructeur ?

Qui sont ces guerriers qui n’ont pas compris que dans une guerre, ce sont des hommes qu’on tue et non des personnages de jeu vidéo ?

Qui sont ces guerriers qui veulent porter le deuil en restant cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la compassion du monde ?

Qui sont ces guerriers qui veulent pleurer sur les toits du monde pour dénoncer une bataille gagnée par l’ennemi comme s’il avait faussé les règles du jeu ?

La guerre qu’ils ont déclarée à l’Afrique n’est pas un jeu ! C’est une guerre de destruction, de meurtres, d’assassinats, d’appauvrissement, de pillage où aucune règle, aucune loi de la guerre n’est respectée !

Alors que dénoncez-vous ? Et à l’attention de qui ? Comme si vous attendiez qu’un législateur multinational, qu’un censeur suprême viendrait pour sanctionner ceux qui ont tué le Colonel en leur appliquant les sanctions prévues dans un certain Code de la guerre !

Vous m’avez attristé par votre abattement car je m’attendais à autre chose que des pleurs.
Je m’attendais à vous voir prendre l’engagement de poursuivre la lutte et redoubler d’ardeur au combat, jusqu’à la victoire finale ou jusqu’à ce que l’ennemi abdique après avoir été contraint de prendre conscience qu’on ne transforme pas des peuples avec des bombes et le massacre de civils.

Mieux, jusqu’à ce que l’ennemi comprenne que les peuples d’Afrique n’ont point besoin et ne rêvent pas de vivre comme ses enfants : déshumanisés, faisant le culte de l’argent roi, n’accordant aucune valeur à l’être humain et résolument, follement, stupidement tournés vers le gain matériel au mépris de la Morale qui devrait sous-tendre les relations humaines.

C’est cela qui devrait être notre posture, notre engagement, notre conviction après l’assassinat du Colonel. Non le contraire. Encore moins des pleurs de défaitistes.

Alors la lutte se poursuit en Libye et bien d’autres fronts s’ouvriront bientôt.

Cameroun, je t’ai prévenu ! C’est pourquoi j’ai dit à l’aîné de ne pas leur donner le prétexte de ton agression. Mais il ne m’a pas compris parce qu’il n’a plus d’oreille pour écouter.

Guinée Equatoriale, Angola, Soudan du « Nord », ils vous ont dans leur viseur avec le doigt sur la gâchette.

Dans une telle ambiance, dans un tel décor, en attendant qu’ils lancent leur « Machin » appelé Conseil de sécurité de l’ONU contre vous, contre vos frères, contre nos peuples, je ne veux plus entendre quelqu’un d’autre pleurer !

C’est pourquoi, âmes sensibles, je vous prie de vous abstenir de vous rendre au front. Car lorsque vous y serez, lorsque vous y êtes, c’est pour tenir tête, pour gagner à chaque épreuve, en rage de vaincre. Toute autre posture ne fera que saper le moral des troupes. Alors soyez forts, car ils nous ont imposé une guerre que nous sommes obligés de gagner au risque de périr et laisser la postérité sans héritage !

A très bientôt.

Hassane Magued

Se faire coloniser… avec son propre argent!

In Le Nouveau Courrier N°308 du 05 Septembre 2011 par Théophile Kouamouo

Quelques lecteurs pourraient s’agacer de ce qui peut apparaître chez l’auteur de ces lignes comme une obsession tournant autour du thème de la recolonisation de l’Afrique, désormais évoqué de manière quasi-hebdomadaire dans le cadre de cette rubrique éditoriale. Pour ma défense, j’aimerais dire qu’il y a toujours, pour les analystes de l’actualité, d’une part des thématiques centrales, incontournables, structurantes. Et d’autre part, des faits et phénomènes qui en découlent ou se nouent de manière plus ou moins autonome autour du «tronc fondamental».

Pouvait-on reprocher à un éditorialiste français du début des années 40 de parler encore et toujours du nazisme et de la guerre ? Peut-on reprocher à un analyste irakien d’aujourd’hui d’évoquer quotidiennement l’occupation américaine ? A un chroniqueur de Tel-Aviv ou de Ramallah de gloser à l’infini sur le «processus de paix» israélo-arabe ? La réalité géopolitique centrale de notre temps, pour les Africains, c’est la recolonisation de leur continent. Il faut pouvoir imposer cette vérité, face aux adeptes de la théorie de la diversion, dont les numéros de prestidigitation continueront à faire de l’effet tant que personne n’en dévoilera les misérables ficelles.

L’Afrique est en cours de recolonisation.

Pour s’en convaincre, il faut analyser avec froideur la chorégraphie des sangsues exécutée lors de la «Conférence de soutien à la Libye nouvelle» tenue à l’Elysée jeudi dernier.

Il faut lire, par exemple, entre les lignes des doctes articles de l’édition du quotidien français Le Monde datée de samedi. En particulier à propos du «dégel» des avoirs libyens se trouvant principalement dans les pays occidentaux.

Rappelons-nous que pour empêcher Kadhafi de «massacrer son propre peuple», le Conseil de sécurité de l’ONU avait ordonné aux pays où les fonds de la Jamahiriya sont investis ou gardés d’interdire à leur propriétaire – l’Etat libyen – d’en faire usage d’une manière ou d’une autre. Kadhafi désormais «benladinisé», Tripoli étant entre les mains des «démocrates» du Conseil national de transition (CNT), reconnus par quasiment toutes les chancelleries, que devient donc ce pactole ? «Les dizaines de milliards de dollars libyens gelés dans des banques étrangères en vertu des sanctions internationales contre le régime Kadhafi devraient être prochainement débloqués : c’est un atout considérable pour les nouveaux dirigeants libyens. Ils n’auront pas à aller mendier auprès de laborieuses conférences de donateurs. La nouvelle Libye financera elle-même sa reconstruction», nous apprend le prestigieux quotidien parisien du soir. On respire… Mais pas pour longtemps. «La communauté internationale n’en a pas moins un rôle important à jouer. D’abord, en subordonnant le déblocage de ces fonds au bon déroulement de la transition démocratique. (…) Il est de la responsabilité des pays qui ont très concrètement appuyé l’insurrection libyenne d’être vigilants sur ce point.

C’est sans doute Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, qui a formulé cette exigence le plus clairement en mentionnant notamment les droits des femmes», écrit Le Monde. Cela s’appelle se faire coloniser avec son propre argent… La Libye est tombée ! Tombée comme «cacao de Côte d’Ivoire».

Hier nation liquide, dont le fonds souverain allait sauver Unicredit, première banque italienne, de la banqueroute, le pays de Simon de Cyrène, qui a aidé le Christ à porter sa croix sur le chemin du Calvaire, est aujourd’hui un Etat mendiant paradoxal, qui supplie des Etats quasiment en faillite de lui rétrocéder un peu de son argent. La Libye est sous curatelle occidentale. Et ses tuteurs sont sadiques : ayant créé eux-mêmes les conditions de son «irresponsabilité », ils comptent désormais bien la lui reprocher pour conserver entre leurs mains son fabuleux trésor, et le soumettre à tous types de chantages. L’Occident a armé des combattants islamistes et se scandalisera demain, avec des arrière-pensées bassement lucratives, qu’ils fassent avancer la cause de la charia. Un long reportage du Monde s’émeut désormais du «calvaire des Africains noirs de Tripoli, brutalisés par les révolutionnaires libyens».

Répétez après moi un principe très simple présidant à l’encodage du logiciel du nouveau colonialisme : avoir, en toute occasion, le beau rôle, et s’ériger en arbitre vertueux ! Il y aura sans doute un peu d’eau dans le gaz – c’est le cas de le dire, au vu des fabuleuses richesses énergétiques du pays. La Russie, la Chine et l’Afrique du Sud, plus ou moins pro-Kadhafi lors des hostilités, feront un petit «chantage dans le chantage» pour ne pas être trop marginalisées.

Leurs diplomates chipoteront un peu sur la question du dégel avant de rentrer dans le rang, avec des (petits) paquets-cadeaux sous le coude.

Le cas libyen est caricatural, mais la Côte d’Ivoire n’est-elle pas aujourd’hui colonisée avec son propre argent elle aussi ? De nombreux économistes sérieux ont démontré qu’en 2000, l’Afrique avait déjà payé trois à quatre fois le montant de sa dette, mais se retrouvait piégée dans l’engrenage des intérêts exorbitants, les pays occidentaux et les organisations multilatérales campant ici le rôle immoral de l’usurier ou – on le dira en français d’Abidjan – du «margouillat ». C’est au moment où la dénonciation de cette escroquerie internationale devenait la plus argumentée que les programmes Pays pauvres très endettés (PPTE) ont vu le jour. Les bailleurs de fonds, affectant la magnanimité, ont dit en substance : «Puisque vous pleurez, continuez à nous payer ce que nous disons que vous nous devez, et nous vous redonnerons cet argent si vous investissez… à nos conditions !»

Curieusement, alors que la Côte d’Ivoire devait boucler son dossier le 23 septembre 2002, elle a été attaquée par une rébellion qui a été considérée comme tellement légitime que la «transformation» de sa dette a été ajournée. Cela fait neuf ans que ça dure… et que le pays d’Houphouët-Boigny transfère des centaines de milliards de FCFA en Occident au nom de la dette et du service de la dette, ce que quasiment plus aucun Etat africain ne fait.

Détruite par une guerre soutenue par l’ancien bloc «capitaliste», au bout de laquelle leur favori a pris le pouvoir, la Côte d’Ivoire va elle aussi financer une reconstruction profitant quasi uniquement aux entreprises occidentales, par le biais de programmes comme le Contrat désendettement développement (C2D), au nom duquel les entreprises ivoiriennes paieront leurs impôts… pour que le fruit de leur collecte se retrouvent dans la poche des multinationales françaises qui leur font la concurrence, et qui seront désormais prioritaires dans les attributions de marchés publics. Au nom de la transformation de la dette en investissements.

Toujours avoir le beau rôle, on vous dit !

Pour en finir avec le « printemps arabe » : commençons par nous décoloniser mentalement

« Si un événement arrive par hasard, vous pouvez être sûr qu’il a été programmé pour se dérouler ainsi. » Franklin Delanoë Roosevelt (ancien président des Etats-Unis d’Amérique)

Cette boutade d’un ancien président des Etats-Unis est d’une brûlante actualité. Elle peut à elle seule expliquer la boulimie de mimétisme qui nous prend d’organiser des colloques, congrès, conférences sur ce que la doxa occidentale appelle le « Printemps arabe ». On le voit, une révolution, une révolte, une jacquerie qui appartient aux Arabes reçoit son nom de baptême d’un Occident qui, plus que jamais, dicte la norme comme l’a pointé du doigt Sophie Bessis dans un ouvrage remarquable et prémonitoire : « L’Occident et les autres : histoire d’une suprématie » parue aux éditions La Découverte. Nous allons donner notre sentiment sur ces colloques en prenant l’exemple de celui organisé par le journal El Watan avec d’éminents spécialistes.

Nous lisons sous la plume de Mustapha Benfodil : « Un colloque sur les révolutions arabes se tient du 23 au 25 septembre et se propose de disséquer cette formidable lame de fond qui soulève comme un seul homme le Monde arabe, de Casa à Damas et de Tunis à Sanaa. Une lame de fond qui a pour étincelle l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi, un diplômé au chômage improvisé camelot, un certain 17 décembre 2010 dans la province de Sidi Bouzid, en Tunisie(1).

Ce qui est en cause, c’est d’abord le choix du thème : le Printemps arabe de l’Atlantique au Golfe. Le thème sur le Printemps arabe est, dès le départ, une allégeance et une soumission intellectuelle à la doxa occidentale qui, la première, a décidé d’appeler ainsi ces mouvements. Pour Mohammed Hachemaoui, enseignant à l’université d’Alger et qui a soutenu une thèse le 17 décembre 2004 à l’Institut d’études politiques sur la corruption en Algérie, l’histoire commence, pourrait-on dire à « Sumer » (Sidi Bouzid) quelque part dans une petite ville de Tunisie. « Depuis l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, une nouvelle page de l’histoire est en train de s’écrire dans le Monde arabe », constate-t-il. « Une vague irrépressible de soulèvements populaires emportant tour à tour Ben Ali et Moubarak, (…) deux amis et alliés protégés par l’Empire. Il s’agit bel et bien d’un événement. »(1)

Le début des révoltes

Monsieur Hachemaoui va jusqu’à épouser la thèse occidentale comme celle de Gilles Kepel, et tant d’autres qui n’ont pas vu semble-t-il « venir » les événements- qu’ils ont commandités- mais qui se félicitent que ces révoltes ne soient pas connotés par l’Islam. Pour eux, le soubassement de ces révoltes parfumées n’a pas les fondements classiques imputables à un hypothétique choc des civilisations. Tout ceci est bien beau, mais il est quand même étonnant pour l’auteur de fixer le début des révoltes du Printemps arabe à une immolation qui aurait pu passer inaperçue n’étaient les médias occidentaux qui en ont décidé autrement. Cela me rappelle ce que nous écrivions pour répondre aux mêmes propos d’une universitaire tunisienne qui voyait dans la révolte des jeunes en Tunisie une analogie totale avec la prise de la Bastille, la fuite du roi (Ben Ali), l’arrestation à Varennes (à l’aéroport) avec Marie-Antoinette (Leïla Trabelsi). Mimétisme quand tu nous tiens ! Comme si 1789 était un horizon indépassable !(2)

La réalité est malheureusement tout autre. Si nous n’inscrivons pas toutes ces indignations de la jeunesse arabe dans un « agenda occidental » nous n’avons rien compris au mouvement du monde. Nous aurions souhaité que lors de ce colloque, au lieu d’asséner des lapalissades de salon qui n’ont aucune portée, ces augustes personnes rétablissent l’Histoire, des révoltes récentes. Pour l’histoire. Le ras-le-bol arabe n’a pas commencé en décembre 2010 mais en octobre 1988 en Algérie. Le tribut fut très lourd. La jeunesse algérienne a été la première -triste privilège- à mourir pour s’être battue pour la démocratie, la liberté. Sauf que ça n’intéressait personne. L’Algérie a payé le prix de la démocratie avec une décennie rouge et dit-on 200.000 morts, 10.000 disparus et 30 milliards de dollars de dégâts sans compter les traumatismes que nous allons encore trainer pendant longtemps. Il a fallu attendre l’après-11 septembre 2001 pour que la voix de l’Algérie soit audible concernant le terrorisme. N’est-ce pas là un sujet concernant la révolte arabe ?

Nous aurions espéré aussi que cet aéropage de compétences nous dise leur sentiment de ce qui se passe en Palestine, en Syrie et en Libye où, comme le relève Djamel Labidi, il y a maldonne, l’Otan bombarde des personnes qu’il était censé protéger. Ecoutons-le : « Conformément à la résolution 1973, ou du moins l’interprétation qu’ils en ont faite, l’Otan ne devrait-elle pas à présent bombarder… les positions du CNT ? En effet, c’est celui-ci qui est désormais le pouvoir et ce sont les autres, les « gueddafistes » qui sont à présent « les rebelles ». C’est donc le nouveau pouvoir, le CNT, qui, aujourd’hui, « bombarde son propre peuple », à Syrte et ailleurs, et qui tombe sous le coup de la résolution 1973 de l’ONU. Je plaisante ? A peine. Car on voit ainsi à quoi a été réduit le droit international. C’est le cas aussi de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Le gouvernement français s’était empressé de reconnaître le CNT libyen alors que rien ne prouvait sa légitimité. C’est de l’étranger que le CNT a tiré d’abord sa légitimité. Mais le gouvernement français ne veut pas reconnaître l’Etat palestinien qui, lui, est légitime depuis 60 ans… Depuis toujours. (…). Les révolutions arabes continuent de charrier le meilleur et le pire. Je lisais dans un journal français (le Nouvel Observateur. 13 septembre 2011) un reportage sur une jeune Libyenne de 24 ans qui s’enorgueillait d’avoir fourni des renseignements à l’Otan, par le relais d’Al Jazeera, sur les cibles libyennes à attaquer, quand l’intervention militaire se préparait ».(3)

Ahmed Halfaoui abonde dans le même sens : « On parle toujours de « rebelle s » en Libye, pourtant il y a un Etat, avec un drapeau tout neuf, qui y a été installé par l’Otan. La remarque vient du fait que ce n’est pas pour désigner la résistance populaire qui, depuis sept mois, fait toujours front dans le pays, mais les troupes du pouvoir « élu » d’abord dans les salons des grandes puissances et confirmé par l’ONU. (…). Les rebelles ne peuvent être que les Libyens qui défendent leur terre et leurs maisons à Syrte, Beni Walid, Ras Lanouf, Zaouiah, Tarhouna, Sebha, Brega et là où ils tiennent des positions, et qui font le coup de feu à Tripoli et dans tous le pays. Rien ne justifie le vocabulaire qui règne dans les médias.(4)

La réalité du « Printemps arabe »

Comme par hasard, les monarchies arabes dociles aux Etats-Unis et à Israël ont survécu à la « « tempête du Printemps arabe » ». Cependant, à Bahreïn au Yémen, silence on tue, mais là l’Empire ne bouge pas donc, les vassaux européens regardent ailleurs. Nous aurions voulu que lors de cette réunion savante on démonte la mécanique de ces révoltes pour y voir une manipulation de grande ampleur et la « spontanéité » des révoltes est un paramètre qui a été mis en équation pour susciter le chaos pour le plus grand bien de l’Empire et de ses vassaux. Tout le monde se souvient des bloggeurs qui ont catalysé les révoltes en Egypte, en Syrie…On le voit, ce qui a perdu les potentats arabes, c’est le lâchage de l’Occident mis en musique par l’Internet et un projet mûrement réfléchi qui a travaillé sur un terreau favorable, une masse arabe toujours prête à l’émeute constamment en posture pré-insurrectionnelle au vu de la hogra, le déni de justice, les passe-droits la corruption institutionnalisée, bref ce que décrit admirablement justement Mohammed Hachemaoui dans sa thèse soutenue en 2004 sur la corruption. Le chaos en Irak, en Afghanistan, ne gêne pas la curée sur les matières premières et le pétrole. Les Afghans, les Irakiens et de plus en plus les Libyens peuvent se démolir à qui mieux mieux au besoin aidés par les bavures des drones, cela ne gênera pas l’écoulement du pétrole qui, aux dernières nouvelles, commence à être exploité par Total..

Le droit d’ingérence puis le devoir d’ingérence

Ce colloque me donne la pénible impression, outre le fait qu’il n’apporte rien de nouveau, de s’apparenter au discours main stream occidentale. Nous lisons dans ce cadre un morceau d’anthologie sous la plume de Jean Daniel : « …Il était inévitable, avec la progression des ondes de choc venues de Tunis et du Caire,que l’émergence du Printemps arabe suscite des polémiques et des affrontements. (…) Nous n’avions qu’à applaudir, qu’à nous solidariser et à décider de faire l’impossible pour que personne ne confisque aux peuples qui s’étaient libérés, leur révolution. (…) C’est alors que s’est posé le problème du devoir d’assistance et du droit d’ingérence. (…) En Libye, le Conseil de sécurité, la Ligue arabe et l’Otan représentée par la France et la Grande-Bretagne ont décidé de faire un choix qui impliquait un viol de souveraineté.Kadhafi menaçait d’écraser une partie de son pays et de son peuple, et menaçait d’ailleurs le monde entier. La communauté internationale s’est octroyée un « droit d’ingérence exceptionnel ». (…) A quoi sert de dire que l’on ne s’est pas opposé à l’intervention israélienne à Ghaza, si les membres du Conseil de sécurité ne sont pas d’accord entre eux pour le faire ? La justice, en géopolitique,n’est pas abstraite. Elle dépend des circonstances et de ceux qui ont en charge de la définir et de l’appliquer. Il y a toujours eu « deux poids, deux mesures ». (….) A la réflexion, et tout compte fait, j’ai décidé de préférer le comportement ostentatoire d’un BHL à l’indifférence dédaigneuse et frileuse de ses rivaux. BHL (…) d’autre part, à force de vouloir être Malraux, il va peut-être finir un jour par lui ressembler ». (5)

Tout est dit, le devoir d’ingérence, Kadhafi qui assassine et sous entendu qui doit être pourchassé, « le deux poids, deux mesures » s’agissant d’Israël et la préférence pour BHL, le Malraux qui s’ignore ! On attribue à Machiavel la sentence suivante : « Le meilleur moyen de contrer une révolution c’est de la faire soi-même » Ceci s’applique le croyons nous comme un gant, à ce qui se déroule sous nos yeux. En un mot comme en mille tout est programmé pour se déroulé ainsi. Il « suffit de lire » -mais le veut-on ?- l’ouvrage de Gene Sharp qui décrit par le menu comment faire une révolution non violente et la réussir… Nous y trouverons tous les symptômes constatées dans les révoltes légitimes tunisiennes et égyptiennes, libyennes et qui, rapidement, ont été « prises en charge ».

Ahmed Bensaâda nous présente l’ouvrage : « De la dictature à la démocratie », livre de chevet depuis près de deux décennies de tous les activistes du monde non occidental rêvant de renverser des régimes jugés autocratiques. (…) Dans cet ouvrage, Gene Sharp décrit les 198 méthodes d’actions non violentes susceptibles d’être utilisées dans les conflits en vue de renverser les régimes en place. Parmi elles, notons la fraternisation avec les forces de l’ordre, les défilés, les funérailles massives en signe de protestation, les messages électroniques de masse, les supports audiovisuels, les actes de prière et les cérémonies religieuses, l’implication dans le nettoyage des places publiques et des endroits qui ont été la scène de manifestations, l’utilisation de slogans forts (comme le « Dégage » ou « Irhal »), des logos (comme le poing fermé), des posters avec les photographies des personnes décédées lors des manifestations et une certaine maîtrise de l’organisation logistique » »(6)

« (…) Cette brillante application des théories de Gene Sharp fut suivie par d’autres succès retentissants : Géorgie (2003), Ukraine (2004) et Kirghizistan (2005). Voici ce que dit, en 2010, Pierre Piccinin, professeur d’histoire et de sciences politiques : « Les « révolutions colorées » […] ont toutes mis en oeuvre la même recette : un groupuscule organisateur est financé par l’étranger et soutenu logistiquement (ordinateurs, abonnements à Internet, téléphones portables…). Formé par des professionnels de la révolution, sous le couvert d’ONG censées promouvoir la démocratie, telle la célèbre Freedom House, il arbore une couleur et un slogan simple. Le but : se débarrasser d’un gouvernement hostile et le remplacer par des leaders amis ».(6) Ahmed Bensaâda met dans le même paquet la manipulation concernant l’Iran où l’on se souvient de la jeune dame « tuée » dont l’image a fait le tour du monde. Les évènements qui ont secoué la rue iranienne pendant l’été 2009 ont été riches en enseignements. (…) L’éclatant succès des révoltes populaires en Tunisie et en Égypte est certainement dû à une application pragmatique des méthodes d’actions non violentes de Gene Sharp. Les jeunes activistes de ces deux pays (ainsi que ceux de plusieurs autres pays arabes) ont été formés aux nouvelles technologies par les organismes américains d’« exportation de la démocratie ». Ils ont participé à de nombreuses rencontres dont celles organisées par l’ « Alliance of Youth Movements » (AYM) en 2008, 2009 et 2010. (…) Il va sans dire que les révoltes populaires dans ces deux pays se sont largement inspirées des expériences des révolutions colorées et de la révolte de la rue iranienne. (….) ».(6)

Ce colloque, qui aurait pu proposer quelques pistes de réflexion quant à une sortie de crise, se termine comme les autres, tous les autres, selon un scénario lisse qui ne perturbe pas « l’ordre établi » par une prise de position claire, nette, précise. Adoube-t-il l’ignominie qui se déroule sous nos yeux ? Après le carnage à huis clos de la Libye voici venir le tour de la Syrie. Certes Al Assad doit partir mais au bout d’un processus que l’Occident ne veut pas. Je ne peux m’empêcher de donner la parole à soeur Agnès -Mariam de Chrétiens d’Orient mère supérieure d’une instutution religieuse à Damas qui , lucidement, s’explique longuement sur les enjeux de la déstabilisation de la Syrie. Nous reproduisons quelques extraits : « (…) Aussi, c’est avec soulagement et gratitude que les chrétiens non gagnés aux thèses fallacieuses des maîtres du monde, accueillent les courageuses et franches assertions du Patriarche concernant la situation dramatique liée au « Printemps arabe ». « Que se passera-t-il en Syrie ? Y aura-t-il une guerre sunnito-alaouite dans ce pays ? Ce serait, non pas une démocratie, mais un génocide (…) Présentées comme étant des quêtes démocratiques populaires, les manifestations sont le trompe-l’oeil tout trouvé pour faire exploser la situation en Syrie et justifier, au cas où le besoin se présente, une intervention militaire comme en Libye ».(7)

Le monde est en pleine mutation. Allons-nous vers la « Bellum omnium contra omnes », « la guerre de tous contre tous » prévue par Thomas Hobbes ? Le monde ancien est en train de s’écrouler. Le drame des peuples arabes est que l’alternance à la pointe des canons de l’Otan est suspecte, il est hors de doute que les futurs dirigeants adoubés par l’Empire vont continuer comme leurs prédécesseurs à tétaniser leur peuple. Pendant ce temps-là l’Occident regardera ailleurs pourvu que les sources de rapines de matières premières et d’énergie soient garanties. Ainsi va le monde. Seule une révolution endogène de la taille de l’immense révolution algérienne, véritable lame de fond, permettra aux peuples de prendre en main leur destin.

Chems Eddine Chitour

1. Mostefa Benfodil monde-arabe-une-nouvelle-page qui s’écrit El Watan 24-09-2011

2. C.E.Chitour http://www.mondialisation.ca/index….

3. DjamelLabidi http://www.legrandsoir.info/guerre-…

4. Ahmed Halfaoui http://www.lesdebats.com/editions/2…

5. Jean Daniel : Deux poids, deux mesures Blog NouvelObs. 26.04.2011

6. Ahmed Bensaada – Les limites de la théorie de la non-violence Le Grand soir 21.09.2011

7. Agnès-Mariam : http://www.mondialisation.ca/index….

P.-S. Article en ligne sur : Mondialisation

Le blocus de Gaza continue ! La raison du plus fort…

«Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier»  Martin Luther King

Une information passée globalement sous silence nous apprend qu’un Rapport de l’ONU- ce «grand machin» dont parlait, avec mépris» déjà à l’époque, De Gaulle – absout globalement Israël de l’assaut du navire amiral le Mavi Marmara de la flottille qui avait l’outrecuidance d’accoster à Gaza pour y apporter des vivres et des médicaments à une population de plus de 1,5 million de personnes emprisonnées de toute part et maintenue en apnée par un blocus inhumain. Curieusement, aucune agence de presse mainstream, et pour cause, ne s’est permis de porter un jugement ou à commenter cette information, tétanisées par la peur de se tromper en dérangeant l’ordre établi quant à la sanctuarisation de certains et la diabolisation des autres.

Que dit le Rapport Palmer?

Dans son rapport, l’Onu estime que la marine de guerre israélienne a eu recours à une force «excessive et déraisonnable», mais il reconnaît la légalité du blocus maritime de Gaza au regard du droit international L’organisation internationale note toutefois que le blocus naval par la marine israélienne est légal. «La décision d’Israël de prendre le contrôle des bateaux avec une telle force, à grande distance de la zone du blocus et sans mise en garde préalable, était excessive et déraisonnable», conclut l’enquête onusienne, menée par l’ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Geoffrey Palmer.

Ce document ajoute néanmoins que la flottille, composée de six bateaux, «a agi de façon imprudente en essayant de forcer le blocus naval» mis en place autour de Gaza, un territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. L’enquête invite Israël à exprimer «une déclaration appropriée de regret» pour ce raid et de verser des dédommagements aux familles des huit Turcs et un Américain d’origine turque tués lors de l’intervention, ainsi qu’aux blessés. Le blocus naval a été imposé en tant que mesure de sécurité légitime de façon à empêcher l’entrée d’armes dans Gaza par la mer et sa mise en œuvre respecte les exigences du droit international», estime le rapport. Il qualifie cependant «d’inacceptables» les pertes en vies humaines et les blessures qui ont résulté de l’usage de la force par l’armée israélienne. Les réserves qu’Israël porterait sur la critique explicite dans le rapport d’un usage de la force «excessif et déraisonnable» par l’armée israélienne qui avait tué neuf passagers turcs dans son assaut du bateau Mavi Marmara en mai 2010 (1)

Le blocus israélien de Gaza est-il légal?

Nous avons voulu savoir sans être juriste quels étaient les arguments juridiques légitimant ce blocus, car le choix des mots est très important. Non seulement la commission présidée par le Premier ministre australien adoube le blocus et le trouve normal, de plus elle va plus loin, elle pense qu’Israël, fort de son bon droit, aurait dû arrêter le navire sans être excessif; qu’en termes mesurés et respectueux pour Israël ces choses-là sont dites. 9 morts, un verdict, c’est excessif sans plus! Il est vrai que pour l’ambassadeur d’Israël en France intervenant à la télévision française, il faut arrêter d’utiliser le terme «bain de sang» car c’est exagéré du fait qu’il n’y a que 9 morts! Et nous lui aurons suggéré d’ajouter: de plus ce ne sont ni des Européens ni des Américains»!

Pour Brian Palmer, réagissant au lendemain de l’attaque: «Les deux camps se rejettent la responsabilité de l’ouverture des hostilités, mais il ne fait aucun doute que le navire tentait de forcer le blocus qu’Israël impose depuis trois ans aux territoires occupés. Dans quelles conditions légales un Etat peut-il imposer un blocus? La réponse est simple: en temps de guerre ou avec l’aval des Nations unies.(…) Certains spécialistes estiment cependant que les lois anciennes et restrictives régissant les blocus sont aujourd’hui obsolètes, tant la nature des conflits a changé. Ils font valoir que selon l’article 51 de la Charte des Nations unies, les nations disposent du droit absolu d’interdire l’accès à leur territoire ou d’inspecter des navires susceptibles d’y transporter des armes et que de tels actes ne sauraient en aucun cas être considérés comme des actes de guerre. (…) Nombreux sont ceux qui considèrent que les fondements juridiques du blocus israélien sont pour le moins contestables. La bande de Ghaza et la Cisjordanie sont généralement considérées comme des territoires occupés militairement, malgré le désengagement de 2005. L’occupation militaire diffère de l’état de guerre véritable et le droit découlant d’établir un blocus de ces régions est contestable techniquement. De plus, l’incident de dimanche s’est produit à 40 milles de la côte de Gaza (74 km), soit bien au-delà de la limite traditionnellement fixée pour un blocus »(2).

« (…) L’incident de dimanche [attaque de la flottille Ndlr] pose d’autres questions de droit. Une convention des Nations unies de 1988, dont la Turquie et Israël sont signataires, interdit formellement l’arraisonnage de navires en haute mer ainsi que les actes de violence à l’encontre des passagers. Ironie de l’histoire, ce traité avait été adopté en réponse au détournement de l’Achille Lauro par des terroristes palestiniens, en 1985. Le blocus naval de la bande de Gaza par Israël est largement justifié dans le rapport face au risque d’importations d’armes à destination du Hamas palestinien. Autre point sensible et polémique: quelle a été l’attitude des passagers turcs du Mavi Marmara, le bateau sur lequel on a relevé neuf victimes? Les commandos israéliens ont fait face à une «résistance organisée et violente de la part d’un groupe de passagers», nous dit le rapport. Cela signifie-t-il que l’usage de la force a été justifié? Pas du tout, le recours à la force a été «excessif et déraisonnable» selon la commission d’enquête de l’ONU.(2)

Dans l’ensemble, ce rapport reprend les termes du rapport fait par une commission israélienne en janvier dernier et qui avait soulevé l’ire de la Turquie. Nous lisons: «Dès le mois de janvier et dans le sillage de la débâcle du Rapport Goldstone qui a eu un enterrement de première classe notamment après la volte-face personnelle du juge Goldstone qui invoque des éléments nouveaux qui lui font changer d’avis quant à la responsabilité d’Israël dans la mort de 1400 Palestiniens dont 400 enfants, le gouvernement israélien donne sa version des faits concernant les meurtres lors de l’assaut du Mavi Marmara. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a rejeté le rapport de la commission d’enquête israélienne, publié dimanche 23 janvier et qui blanchit Israël dans le raid meurtrier sur un navire humanitaire turc, en mai au large de Gaza. «Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays? (…), s’est interrogé M. Erdogan face à des journalistes à Ankara. Ce rapport n’a aucune crédibilité.»

Le rapport de la commission israélienne conclut que le blocus maritime du territoire palestinien et l’assaut du commando israélien étaient «conformes au droit international». La commission établie par la Turquie en réponse à cette commission d’enquête israélienne a, elle aussi, dénoncé le rapport israélien, se déclarant «stupéfaite et consternée» de ses conclusions qui disculpent l’armée israélienne, rapporte l’agence de presse Anatolie. «L’attaque menée par Israël en violation du droit, en temps de paix comme en temps de guerre, est aussi en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales», a affirmé la commission, qui s’est réunie à Ankara.(3)

On le voit, pour l’Achille Lauro on condamne, pour le Mavi Marmara on absout. Ceci étant dit, le Rapport Palmer  a repris les mêmes termes que les conclusions de la commission israélienne. Il s’est contenté strictement à l’aspect «du droit international» mais pas à l’aspect autrement plus important, à savoir l’aspect humanitaire. Le rapport ne s’est pas interrogé sur les causes de cette flottille humanitaire à braver la foudre pour ramener un peu de vie à ces épaves palestiniennes. Personne en Occident ne veut faire bouger les choses et demander à Israël la cessation du blocus. Toutes les flottilles humanitaires qui ont par la suite tenté de pénétrer dans les eaux ont été empêchées. Mieux encore, les autorités européennes des aéroports ont empêché un rassemblement en Israël à telle enseigne que les compagnies européennes avaient reçu instruction de ne pas embarquer les passagers pour Israël, et ceci à partir des aéroports européens.

Les conséquences

A notre connaissance, aucun pays occidental ne s’est permis de commenter le Rapport Palmer. Le silence des Arabes-englués dans une débâcle profonde- est une fois de plus assourdissant. La Ligue arabe est aux abonnés absents. Mieux, l’Autorité palestinienne n’a pas encore réagi. Seul le Hamas a, quant à lui, jugé le rapport «injuste» et «déséquilibré». «Il permettra à l’occupant (israélien) de se soustraire à ses responsabilités», a déclaré un des porte-parole, Sami Abou Zouhri.

Seule la Turquie concernée au premier chef a réagi. S’entêtant à demander à Israêl à présenter des excuses, elle s’est trouvée isolée. Israël ne s’excuse pas. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé mi-août au Premier ministre Benjamin Netanyahu de s’excuser auprès de la Turquie, demande qui a été repoussée par M. Netanyahu. Selon le quotidien   israélien Yediot Aharonot, l’administration Obama est embarrassée et irritée par la querelle israélo-turque -deux pays alliés de Washington- qui gêne les efforts américains pour gérer la crise syrienne. Aux yeux des Américains, des excuses pourraient contribuer à apaiser les frictions entre Israéliens et Turcs.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré qu’il est «impossible» pour la Turquie de normaliser ses relations avec Israël: «Nous sommes très décidés (…) Pas question de faire marche arrière. Tant qu’Israël ne présentera pas des excuses à la Turquie, ne versera pas des compensations aux familles des victimes, et ne lèvera pas le blocus de la bande de Ghaza, une normalisation des relations est impossible», a-t-il dit à des journalistes à Istanbul.

Pis encore, même les Etats-Unis, dans l’impossibilité de convaincre Israël, ont démenti. Le département d’Etat américain a qualifié mercredi 31 août «d’inexactes» les informations de médias israéliens affirmant que les Etats-Unis ont demandé à Israël de s’excuser auprès de la Turquie pour son raid de 2010 contre une flottille à destination de Ghaza remplie de militants turcs. Les informations en question, qui ne précisent aucune source, ont été diffusées par deux grandes stations de radio israéliennes. Elles indiquent que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, mardi, pour lui demander de présenter des excuses à la Turquie, mais que ce dernier a refusé. Réagissant à cette information des médias israéliens, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait jugé «impossible» que la Turquie normalise ses relations avec Israël en l’absence d’excuses.(4)

La Turquie ne voulant pas se déjuger a réagi au Rapport Palmer. Ankara a expulsé l’ambassadeur israélien, en réaction au raid qui avait coûté la vie à neuf Turcs en 2010. L’Etat hébreu refuse de s’excuser. La tension est montée d’un cran vendredi 2 septembre entre l’Etat hébreu et la Turquie. Israël a réaffirmé son refus de présenter des excuses à la Turquie après la présentation du rapport de l’ONU, selon des sources diplomatiques à Jérusalem. «Israël exprime à nouveau ses regrets pour les pertes en vies humaines mais ne s’excuse pas pour cette opération. La Turquie a pris vendredi des mesures de rétorsion contre l’Etat hébreu à la suite de son refus de présenter des excuses, en annonçant l’expulsion de l’ambassadeur israélien, une suspension des accords militaires entre les deux pays et une saisine de la Cour internationale de Justice.(5)

Conclusion

Hécatombe de  Gaza : Décembre 2008  janvier 2009 : 13 morts pour le Hamas pour 1400 morts dont 400 enfants pour Israël! Combien le rapport est sans appel. Le Rapport Goldstone a renvoyé dos à dos le Hamas et Israël. D’un côté, des roquettes artisanales proches de la technologie des arbalètes, de l’autre, la terreur des enfants que sont les bruits et les roquettes des hélicoptères Apache. Tout le problème est là: parlons-nous de la même humanité quand nous parlons des Palestiniens qui sont comme dans une «prison à ciel ouvert» selon les mots de M. Sarkozy ou encore comme des cafards dans un bocal selon les mots de Ehud Barack? Que veut dire un blocus qui tient en apnée des centaines de milliers de Palestiniens, femmes vieillards et enfants qui n’ont connu de leur enfance que l’odeur de la mort et le désespoir? Il y a bien longtemps qu’en Israël, des milliards et des milliards ont été dépensés depuis 10 ans pour construire en masse des abris, des pièces blindées, des systèmes de détection de roquettes, des alarmes. La ville de Sderot-proche de Gaza-, a même dû être complètement blindée, des chapes de béton posées sur les écoles pour les protéger, des constructions aux frais de l’Etat, d’un abri pour chaque appartement… De plus, il faut compter le nouveau système du Dôme de Fer, qui offre une protection aux plus grandes villes qui ne sont pas trop proches de Gaza.

A quoi servira un Etat palestinien si l’injustice continue? Les Palestiniens de Abbas croient naïvement qu’un pays reconnu par l’ONU -sur des frontières dont aucun pays européen et américain ne veut voir revenir aux frontières de juin 1967- sera viable et à l’abri! La Turquie, avec sa «nostalgie de l’Empire ottoman», avec sa force, sa puissance, se trouve seule en face d’Israël à la fois aussi dans l’Otan et dans l’Union Européenne. Non, les pays occidentaux ont choisi leur camp: celui de l’injustice, de la force du plus fort contre le droit du plus faible. Ainsi va le Monde du Nouvel ordre.

 1. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110902.OBS9652/l-onu-juge-l-operation-israelienne-contre-la-flottille-de-gaza-excessive.html

2. Brian Palmer http://www.slate.fr/story/22411/le-blocus-israelien-de-gaza-est-il-illegal

3. La Turquie dénonce le rapport israélien sur l’assaut contre la flottille de Gaza LeMonde.fr  avec AFP et Reuters 23.01.11

4. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/17/flottille-pour-gaza-israel-refuse-de-presenter-des-excuses-a-la-turquie_1560619_3218.html#ens_id=1566966

5. Flottille de Gaza: le ton monte entre la Turquie et Israël Le Nouvel Observateur avec AFP 02-09-11

Par Professeur Chems Eddine Chitour. Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Lu sur Mondialisation.ca

(Photo: mondeactu.com)