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Les « États Arabes», otages de leur « Ligue »

Les « États Arabes», otages de leur « Ligue » : Entre l’immobilisme, la subordination et l’attrape-nigaud, par DJERRAD Amar

Depuis sa création en 1945 par sept pays arabes, dont la Syrie, la «Ligue des États arabes» a pour objectif d’unifier la «nation arabe», de défendre les intérêts des États membres, de faire face à toute ingérence des puissances dans la région. Elle se voulait aussi une force de proposition et d’impulsion. Mais les divergences sont telles que ses actions et initiatives, même de paix, restent au mieux à effets modestes. Les 22 États membres connaissent des divisions liées aux vicissitudes des relations dues à la nature de leurs systèmes politiques souvent antinomiques.

Deux visions politiques s’affrontent à ce jour. L’une ‘pro-occidentale’ que mène l’axe monarchique, l’autre plus indépendantiste que mène l’axe républicain. Sur la trentaine de sommets organisés entre 1946 et 2011, dont 12 sommets en urgence – où les  résolutions les plus importantes concernent la Palestine – on ne relève aucun qui eut un impact signification. Le semblant d’unité apparait plutôt dans l’hostilité à Israël; quoi que… car, le dossier palestinien n’a pas vraiment unis les membres même lors de l’agression israélienne contre Gaza, le Qatar, pays hôte du sommet de 2009, avait tenté de mener un camp favorable au Hamas contre l’Autorité palestinienne, ou contre le Liban. Il y a aussi ce «lâchage» de la Syrie qui avait refusé, avec le Liban, d’adhérer à la convention sur le «terrorisme» qui ne distingue pas ceux qui  luttent pour la liberté et l’indépendance ; allusion au Hezbollah. Ajoutons la partition du Soudan, le chaos de la Somalie, l’invasion de l’Irak, l’agression du Liban et de la Libye et maintenant les provocations et menaces sur la Syrie. La ligue arabe a été non seulement d’aucune utilité, mais a joué un rôle négatif contre certains de ses propres membres.

La géniale maxime anonyme, (elle n’est pas d’Ibn Khaldoun) qui dit que  «les arabes se sont entendus pour ne pas s’entendre» est d’une réalité affligeante qui va plus loin puisque c’est la première fois qu’ils «s’entendent», dans la même année, mais pour…autoriser l’agression par l’Otan de la Libye ; suspendre, sanctionner et  menacer la Syrie. Une première dans l’art de se faire châtier par l’organisation censée protéger ses membres. Un grand progrès dans le…ridicule et l’abaissement!

Les peuples arabes savent que cette organisation a perdu son sens pour s’être laissée pervertir en un instrument au service du Grand Capital comme le sont toutes les organisations internationales, y compris droits de l’homme, l’AIEA. La plupart dépendantes des multinationales, leurs donatrices. L’ONU et ses institutions ne servent plus qu’à produire des alibis contre les pays ciblés ; que les ONG et les ‘journalistes’ font dans l’espionnage ; que la CPI s’utilise pour criminaliser les dirigeants indociles ; que le FMI sert à ruiner et gager les pays ; que la presse dite «mainstream» se consacre à la manipulation, la tromperie et le contrôle de l’opinion ; que l’OTAN se réserve pour l’agression et dévastation.

La Ligue arabe ne peut échapper aux plans des lobbies militaro-financiers, de quadrillage du monde pour mieux se servir. Ce sont ces lobbies qui commanditent les guerres, déstabilisent et assassinent et qui, après l’Irak, l’Afghanistan, le Liban et la Libye, bousculent à une confrontation avec l’Iran via la déstabilisation de la Syrie. L’Afrique en paie le prix le plus cher avec l’assassinat de 21 présidents depuis 1960 : de Sylvanus Olympio en 1963 président du Togo à Kadhafi.

Quel autre moyen le plus sûr pour  déstabiliser les États arabes – qui présentent un danger pour leurs intérêts et Israël ou seraient un mauvais exemple pour les monarchies vassales – que celui de le faire par les arabes eux-mêmes en leur faisant la guerre avec leurs propres citoyens! La Syrie reste le dernier «verrou» tenace pour sa résistance, dans la région.

L’État le mieux indiqué pour mener la tâche de manipuler et de piéger, tel un cheval de Troie, la Ligue Arabe – après l’éviction par leur peuple des deux renégats Moubarak et Ben Ali – est bien le Qatar en la personne de son Émir –  ce vague mestre des américano-sionistes, celui qui a renversé son père, – et ce, pour sa forte dépendance de l’Occident et ses prédispositions à la félonie. Ce Qatar qui offre aussi des possibilités d’actions militaires proches des zones convoitées. Il est assisté par la Turquie de Erdogan, un nouveau ottoman, chargée de servir de base pour les actions armées et subversives.

Le choix de la Libye, en priorité, est stratégique – car un carrefour entre le Moyen Orient (MO), l’Afrique et l’Occident et constituant de plus, une porte moins risquée pour l’Afrique -puis tactique car, pays riche, moins peuplé et moins puissante militairement, dont la chute donnerait d’une part, selon leur vision, un exemple aux autres africains et d’autre part plus d’ardeur pour faire abdiquer la Syrie ; le point d’achoppement des velléités occidentales et sionistes. Cette indomptable Syrie qui fait le poids dans l’équilibre des forces entre l’Occident et l’Asie que représente en particulier la Russie et la Chine, dans ce que l’on appelle  l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée à Shanghai en 2001 dont l’Iran est membre.

Ce complot de l’Occident que pilote les EU pour le contrôle des richesses du MO  – qui vise à neutraliser ces puissances adverses traditionnelles afin de les rendre plus dépendante et donc plus vulnérables –  semble trouver en la Ligue un allié de taille au moment où des États Arabes traversent une période d’incertitudes politiques que l’Occident n’arrive pas à décrypter. D’où ses ingérences pour récupérer ces «révoltes» incontrôlées – qui remettent en cause les fondements et structures politiques archaïques – dans le sens de leurs intérêts sinon en susciter d’autres ‘contrôlées’ pour ensuite intervenir et recomposer dans le sens souhaité en usant des fallacieux prétextes humanistes et nouvellement du grotesque «protection des populations civiles».

Ce masochisme de la Ligue arrange bien certains. Nietzsche disait bien que  «si la souffrance, si même la douleur a un sens, il faut bien qu’elle fasse plaisir à quelqu’un…». Ce sont bien les États-liges du Golfe – organisés dans le «Conseil de Coopération des États arabes du Golfe», qu’appui la Turquie de Erdogan- qui sont chargés d’engager le bellicisme diplomatique en dictant à la Ligue ce qui doit et ne doit pas se faire. Ces monarchies ont le même rôle dans les institutions et organisations arabes que les sionistes dans les organisations et gouvernements Occidentaux; celui de déstabiliser tous ceux qui présentent un danger «idéologique» pour les monarchies ou «d’intérêts» pour le Grand Capital. D’où ce  ‘Conseil’ des «six pétromonarchies»  – qui se voulait un « bloc commercial » – mais qui travaille en fait pour des objectifs sournois ceux de servir les intérêts stratégiques de domination américaine et sioniste. Son influence est telle que ce CCG est surnommé le «bureau politique» de la Ligue puisque les résolutions sont décidées avant même que cette Ligue se réunisse. Avec le CCG, les valeurs sont inversées dans le sens où ce sont les monarchies qui gouvernent leurs contrées sans légitimité, que celle que leur fournit leurs protecteurs occidentaux, qui prennent le bâton de pèlerin pour imposer la démocratie et la liberté aux ‘ républiques’. Et la Turquie ? Les analyses soutiennent qu’Obama aurait répondu favorablement aux dirigeants d’Ankara pour  un« sous-impérialisme néo-ottoman » contrôlé par Washington après les inquiétudes de la Turquie de la domination exercée au M.O par Israël et les USA.

Par la Ligue, on se permet désormais d’exclure, de sanctionner et de menacer d’une intervention militaire étrangère, les Etats membres dont les politiques ne concordent pas avec les vues et objectifs de l’Occident sur la région, dont la prédominance d’Israël, conformément au projet du «Grand Moyen-Orient». Ce projet, devant dissoudre le monde musulman dans les fondements euro-atlantistes, consiste à agiter les peuples – en mettant en conflit les arabes musulmans et les chrétiens, les musulmans sunnites et chiites, les ethnies  – ensuite, recomposer dans le sens désiré. Le grand capital n’ayant pas de limite géographique ou morale considère le MO, d’un intérêt vital, région qu’il faut dominer par tous les moyens.

Il a été déployé un monstrueux dispositif d’endoctrinement et d’actions psychologiques que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies à savoir Al jazeera et Al arabia. Leur matraquage médiatique, a  dérouté les plus éveillés.  Beaucoup ont épousé leur cabale médiatique qu’a légitimé la Ligue du méprisant Amr Moussa et que semble aussi accepter l’autre nouveau égyptien Nabil Al-Arabi puisqu’il ne fait que lire ce qu’on lui présente sous l’œil du ministre Qatari des AE. Pour avoir encore plus de légitimité, on instrumentalise même la religion en obtenant la caution de Cheikhs réputés qui décrètent des ‘fatwas’ scélérates rendant licites ou illicites les mêmes choses et comportements en fonction des objectifs attendus du pays concerné, en s’appuyant sur des interprétations orientées et calculées de certains préceptes de l’Islam, allant jusqu’à rendre licite l’agression de la Libye par l’Otan ou bien appelant carrément à un bain de sang en Syrie comme le fait l’imam sunnite syrien al-Aroor, réfugié en Arabie Saoudite. Voilà encore le sinistre Cheikh Al-Qardawi, le protégé de l’Émir du Qatar, l’auteur de la ‘fatwa’ autorisant l’invasion de la Libye et l’assassinat de Kadhafi, qui appelle maintenant les libyens à se… «Réconcilier» en même temps qu’il autorise les «opposants syriens» à faire appel à l’Otan. Cet «Islam» là, modulable au gré des intérêts des puissants du moment et de leurs chimères, est bien étrange !

Dans cette offensive, on remarque bien que ce sont les régimes «républicains» réfractaire et pas les monarchies, que l’on vise pour les rendre au moins obéissants en installant des gouvernements  composés souvent d’opposants, félons et renégats. Sinon des États dit «Islamiques» sous forme d’«Émirat» en soutenant les tendances rétrogrades, obscurantistes et violentes désignées par «terroristes islamistes», que l’occident dit combattre, mais qu’il instrumentalise, comme en Libye, selon ses désidératas.

Que constate-t-on en Libye ? Un CNT – installé par l’Otan «représentant légitime du peuple libyen» pour réinstaurer un État-lige – dans la panique et aux abois qui n’arrive pas à mettre en place un gouvernement représentatif et qui fait appel, à nouveau, à la «communauté internationale» pour l’aider à se débarrasser des mêmes rebelles qu’il a employés pour installer le chaos. Un CNT qui cherche à récupérer les cadres de l’ancien régime pour reconstituer un état et redémarrer car, impossible de le faire avec l’armée de miliciens ignorants que l’on a utilisé comme chair à canon pour détruire leur pays et qui sombrent dans le désœuvrement. Un CNT qui constate des Benghazi se retourner contre lui par des manifestants réclamant une “nouvelle révolution”. Des libyens, ayant vécu dans la Jamahiriya mieux que beaucoup d’européens par les facilités et les biens gratuits que permet le système, qui se retrouvent maintenant par leur perfidie et prétention, en abattant l’ «nourricier», avec rien; obligés de quémander la nourriture ou de s’adonner au pillage, au racket et au trafic d’armes. Un pays déstructuré et insécurisé aux mains de brigands et d’aventuriers qui ont tué des dizaines de milliers (entre 50 et 70 000 morts) de leurs compatriotes civils que l’Otan a aidés par les bombardements aux missiles. Un pays où le peuple, de tempérament vengeur et tribal, n’oubliera jamais le sang innocent versé et les viols commis. Un pays réduit à la mendicité et aux pénuries y compris d’argent après des dizaines d’années de vie dans l’aisance. Des milices au début ‘unies’ mais qui maintenant, divisées, se font la guerre. Des «révolutionnaires» -composés de prisonniers libérés, de frustrés, d’ignares, de paumés –  floués et livrés au pillage et à la rapine, qui deviennent une armée de chômeurs…en arme défiant la nouvelle autorité. Une autorité – composée en grande majorité d’opposants opportunistes et cupides, de tendances contradictoires sous tutelle de la NED/CIA et le MI6 ou de renégats-  qui n’arrive pas à s’installer sur le territoire libyen à cause de l’insécurité et des attentats. Un pays ou les libyens, habitués au bien-être et au confort, ne sauront jamais faire le travail réservé à la main-d’œuvre immigrée qui représentait plus de 50 % de la population active; oui comment demander à 2 millions de libyens de remplacer les 02 millions d’immigrés qui sont partis. Même les candidats à l’émigration ne s’y aventureront plus à cause de l’insécurité et des caisses vides. Un pays où l’on a cédé la place au désordre et où l’on a éveillé l’esprit de résistance avec la naissance d’un «Front de libération». L’État libyen, avec ses institutions, est bien cassé et pour longtemps ! «Mais que croyaient ces zozos du CNT ?»disait Allain Jules. Citons aussi Félix Houphouët-Boigny «on n’apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a perdu».

Dans le cas de la Libye, le sinistre Bernard-Henri Lévy «philosophe» du mal a été l’entremetteur chargé de faire sous-traiter par la France de Sarkozy cette «opération Libye» et la Ligue arabe servir de caution. Avant même que la Libye ne tombe, ce manipulateur sioniste franco-israélien avait déclaré, à l’Université de Tel Aviv, en compagnie deTzipi Livni, «si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad». Par affront, il a déclaré aussi lors d’une réunion du CRIF« c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques». Malgré les déclarations de Rasmussen, qui avait affirmé le mois d’octobre que l’alliance n’avait «… aucunement l’intention d’intervenir en Syrie…la seule façon d’avancer en Syrie … est de tenir compte des aspirations légitimes du peuple syrien…  nous avons pris la responsabilité de l’opération en Libye parce qu’il y avait un mandat clair des Nations unies, car nous avons eu un soutien fort et actif des pays de la région…aucune de ces conditions n’est remplie en Syrie », les choses ont évolué autrement.

Nous revoilà en Syrie avec les mêmes tactiques, mensonges et diversions avec l’usage des mêmes méthodes et procédés ! C’est-à-dire:

1/ Faire infiltrer les manifestations pacifiques et légitimes par des groupes chargés de détourner les revendications en révoltes contre le régime tout en chargeant d’autres embusqués de tirer sur les manifestants ; en même temps on active les cellules dormantes de passer à l’action armée

2/ Imputer les  exactions et crimes au «régime» en l’accusant de «tuer des civils qui manifestent pacifiquement».

3/ Tromper les opinions en leur faisant croire à un régime «dictatorial, répressif» pour le faire condamner par la «communauté internationale».

4/ Introduite auprès du CS des résolutions pour des sanctions économiques afin d’exacerber les choses et pousser le peuple à se révolter contre ses dirigeants.

5/ Faire admettre des «enquêteurs» et autres «journalistes» qui sont en fait des espions de guerre.

6/ Intervenir militairement sous des prétextes «humanitaire» en particulier «protéger les civils».

7/ Instaurer le chaos.

8/ Créer une entité, en lieu et place du gouvernement composée d’éléments à leur solde

9/ Traduire les responsables comme des criminels de guerre devant un Tribunal Spécial.

DJERRAD Amar

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Libye : Moustapha Abdel Jalil devenu persona non grata

Les choses ont complètement changé en Libye. Le conseil national de transition est décrié par  ceux là même qui lui ont donné l’occasion d’exister, les benghazistes.

Depuis cette la deuxième quinzaine de Décembre, une dizaine d’organes révolutionnaires, parmi lesquels, « les Chababs de la révolution », « l’Union de la révolution libyenne  », « le Mouvement des indépendants de Libye », « le rassemblement des Chababs libyens  », manifestent ouvertement des sautes d’humeur sur la place Al-Chajara, dans le centre de Benghazi, le berceau de la prétendue « révolution » contre Mouammar Kadhafi.

Ils estiment que Benghazi est marginalisée et oubliée. Ils relèvent le manque de liquidité dans les distributeurs bancaires, le ralentissement des activités dans le secteur des services et la paralysie dans tous les établissements de l’Etat. « Les gens veulent des salaires et des conditions de vie décentes. On va à la banque et il n’y a pas d’argent. Que fait ce gouvernement ? » s’est demandé l’un des manifestants. On pourrait être tenté de lui demander où es-ce qu’il avait mis sa tête quand ils applaudissaient la création du CNT et tous les mouvements fantoches qui gravitent autour de lui.

Les manifestants ne se sont pas fait prier pour brûler des posters de Abdel Jalil. « A bas le nouveau gouvernement« , scandaient ces manifestants. Il n’a même pas eu le temps de digérer complètement l’euphorie de la prise du pouvoir qu’il doit faire face à la dure et amère réalité. La théorie est facile mais la pratique est difficile.

La Libye sous le pouvoir des milices islamistes. Point de situation

Les nouvelles images du lynchage du colonel Kadhafi qui commencent à être diffusées sur le net annoncent un « hiver libyen » plein de douceurs et de mièvreries… Mais au-delà de la mort atroce de l’ancien chef de l’Etat libyen, quelle est la situation sur le terrain au moment où ces lignes sont écrites ?

Plus que jamais, le CNT ne représente que lui-même et c’est d’ailleurs pourquoi il  demanda avec une grande insistance, mais en vain, que l’Otan maintienne sa présence. Ce pseudo gouvernement sait en effet qu’il porte un péché originel : celui d’avoir été mis en place par l’Otan, donc par les « impérialistes » et les « mécréants ». Ses lendemains vont donc être difficiles. D’autant que ses principaux dirigeants, tous d’anciens très hauts responsables de l’ancien régime et donc des « résistants de la dernière heure », commencent à être mis en accusation par certains de ces chefs de guerre qui détiennent désormais les vrais pouvoirs.

Le président du CNT, Mustapha Abd el Jalil, a déclaré que la charia serait désormais la base de la Constitution ainsi que du droit, que la polygamie, interdite sous Kadhafi, serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais illégal. Enfermé dans leur européocentrisme, les Occidentaux ont considéré que ces déclarations étaient « maladroites ». Leur erreur d’analyse était une fois de plus totale car ces propos à but interne étaient destinés à amadouer les milices islamistes auxquelles le pouvoir du CNT est suspendu. Pour mémoire, Mustapha Abd el Jalil, l’ami de BHL, était le président de la Cour d’appel de Tripoli qui, par deux fois, confirma la condamnation à mort des infirmières bulgares et en 2007, le colonel Kadhafi le nomma ministre de la Justice. En dépit de son passé kadhafiste, Abd el Jalid est pourtant respecté par certains islamistes car il est proche des Frères musulmans, mais son pouvoir ne dépasse pas son tapis de prière.

La Libye est en effet éclatée entre plusieurs zones contrôlées par des chefs de guerre jaloux de leur autonomie et prêts à s’entre-déchirer, comme en Somalie. Ces territoires ont tous une ouverture sur la mer et une profondeur vers l’intérieur pétrolier ou gazier, ce qui fait que, comme je le disais il y a déjà plusieurs semaines déjà, le pays est aujourd’hui découpé en « touches de piano ».

Benghazi est sous le contrôle de plusieurs milices islamistes, elles-mêmes éclatées en un grand nombre de petits groupes plus ou moins autonomes, mais c’est à Tripoli que se joue l’unité de la Libye.

Dans la capitale, le chef du CNT, Mustapha Abd el Jalid s’appuie sur le TMC (Tripoli Military Council) qui engerbe plusieurs milices islamistes pouvant mobiliser entre 8000 et 10 000 combattants. Le chef du TMC, originaire de Tripoli, est Abd el-Hakim Belhaj dit Abu Abdullah Assadaq. Ayant combattu en Afghanistan, ce partisan du califat supra frontalier fonda le Libyan Islamic Fighting Group dans les années 1990. Ayant fui la répression anti islamique du régime Kadhafi, il retourna en Afghanistan où il fut arrêté en 2004 puis remis à la police libyenne avant d’être libéré au mois de mars 2010, à la veille de l’insurrection de Benghazi.

Durant la guerre civile, le TMC fut armé et encadré par les services spéciaux du Qatar et il reçut une aide « substantielle » de la part de certaines unités « spécialisées » de l’Otan. Ce fut lui qui prit d’assaut  le réduit de Bab al-Aziya à Tripoli. Plusieurs autres milices islamistes se partagent la ville et n’acceptent pas le leadership reconnu au TMC par Mustapha Abd el Jalil. Pour encore compliquer l’embrouille locale, le 2 octobre, fut fondé le Tripoli Revolutionists Council ou TRC, par Addallah  Ahmed Naker al-Zentani, originaire de Zentan mais indépendant des milices berbères de cette dernière ville.

A Misrata, les milices se considèrent comme l’élite des révolutionnaires et leur prestige est immense depuis qu’elles ont capturé le colonel Kadhafi. Ce furent certains de leurs hommes, gentils démocrates si chers aux médias français, qui lynchèrent et sodomisèrent vivant l’ancien guide et qui, comme « trophée », emportèrent son corps dans leur ville.

Misrata est sous le contrôle du Misurata Military Council (MSR), qui engerbe plusieurs milices dont la principale est la Misurata Brigade. La situation est cependant confuse car les combattants sont divisés en plusieurs dizaines de groupes commandés par des chefs indépendants rassemblant au total plusieurs milliers d’hommes. A la différence du TMC, le MSR n’a pas besoin d’aide étrangère car il dispose d’énormes quantités d’armes pillées dans les arsenaux de l’ancienne armée.

Les miliciens de Misrata ont une forte tendance à l’autonomie et ils ne semblent pas vouloir accepter de se soumettre au CNT. De plus, ils se méfient des originaires de Benghazi. Pour pouvoir espérer prendre le contrôle de la ville, le CNT devra donc, comme à Tripoli, s’appuyer sur certaines milices contre les autres, ce qui promet bien des « incidents ». Des tentatives de rapprochement ont été faites en direction de Salim Joha, chef de l’Union on Libya’s Revolutionary Brigades, mais rien de concret ne s’est produit pour le moment. Le CNT pourrait également tenter d’amadouer Misrata en nommant Abdul Rahman Swehli Premier ministre, ce qui lui permettrait du même coup d’échapper à la main-mise des clans de Benghazi.

Autre zone ayant échappé au contrôle du CNT, le pays berbère de Zentan avec sa puissante milice ancrée sur djebel Nefuza. Ce furent les Berbères qui permirent l’assaut sur Tripoli en prenant à revers les forces de Kadhafi, opération préparée par les forces spéciales de l’Otan.

Zentan  est contrôlée par le Zentan Military Council (ZMC), dont les milices arborent le drapeau amazigh. Militairement, les milices berbères sont les mieux formées de toute la Libye, leurs cadres étant d’anciens officiers libyens. Les deux principales unités berbères sont la Zentan Brigade commandée par Muktar al-Akdhar et la Kekaa Brigade, chacune forte d’environ 1000 combattants. Ces milices ont refusé de quitter Tripoli en dépit des ordres du CNT, ce qui provoqua de graves tensions. Le 3 octobre, après un ultimatum du CNT, la Brigade Kekaa se livra même à une véritable tentative d’intimidation, paradant dans Tripoli et attirant la réplique des islamistes. La guerre civile fut alors évitée de justesse, mais ce n’est que partie remise…

Ceux qui, poussés par BHL, décidèrent d’intervenir en Libye et de s’immiscer dans une guerre civile qui ne concernait en rien la France, vont désormais porter la très lourde responsabilité des évènements dramatiques qui s’annoncent et qui vont se dérouler à quelques heures de navigation de nos côtes.

Bernard Lugan

Bernard Lugan est l’auteur du Livre « Décolonisez l’Afrique ! » qui paraîtra début novembre 2011 aux éditions Ellipses. Commandez-le dès maintenant à l’Afrique Réelle pour obtenir une dédicace.

Du printemps arabe à l’été des islamistes

Le traître Moustapha Abdeljalil, Président du Conseil National de Transition libyen, ce conglomérat composé d’anciens tortionnaires, d’opposants politiques et d’islamistes d’Al-Qaeda a annoncé dimanche dernier l’instauration de la charia en Libye. Moustapha Abdeljalil : « En tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue« .

Pour le citoyen lambda, les protégés de l’Otan sont donc en train de déraper. Mais, cela n’était-il pas prévisible ? Le pouvoir que les Occidentaux ont mis en place était depuis miné par les islamistes. Sur  les ruines de la ville martyre de Syrte, un Etat islamique s’installera au grand dam des Occidentaux comme le prouve si bien ce communiqué laconique de l’Elysée.

« La disparition de Mouammar Kadhafi est une étape majeure dans la lutte menée depuis plus de huit mois par le peuple libyen pour se libérer du régime dictatorial et violent qui lui a été imposé pendant plus de quarante ans.

La libération de Syrte doit marquer, conformément aux engagements pris par le Conseil national de Transition, le début du processus agréé par le CNT pour établir en Libye un système démocratique dans lequel toutes les composantes du pays auront leur place et où les libertés fondamentales seront garanties.

Comme depuis les premiers jours du soulèvement du peuple libyen contre l’oppression, la France est à ses côtés pour le soutenir dans cette démarche.

Une nouvelle page s’ouvre pour le peuple libyen, celle de la réconciliation dans l’unité et la liberté. »

Des mois qu’on nous gave de fausses nouvelles, de mensonges médiatiques et de manipulations. Toutes ces populations manipulées et conditionnées pour contribuer au renversement de dirigeants soudainement devenus dictateurs pour l’Occident mais qui, s’étaient toujours efforcés de contenir les islamistes et de réduire leur champ d’action. Le « printemps arabe » vendu au monde entier serait-il donc pour faire sortir les islamistes du désert et les installer au pouvoir afin d’instaurer l’anarchie dans ces Etats ?

Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ne pouvaient pas ignorer ce risque d’islamisation. Ce «printemps arabe » aura profité aux islamistes qui ont profité pour élargir leur champ d’action. L’Occident pour nous apaiser nous parle déjà d’islamisme modéré. Dans quelques années, quand de réelles dictatures seront installées dans ces pays, ils viendront faire les étonnés.

Obama qui, lors de sa campagne avait promis la création d’un Etat palestinien est aujourd’hui celui là même qui aujourd’hui s’oppose au peuple palestinien en menaçant de bloquer ce projet de son droit de véto et de prévenir l’UNESCO de lui couper les vivres si cette dernière votait en faveur d’une adhésion de l’Autorité palestinienne, comme État membre, à part entière. Pour info, les États-Unis fournissent 22% du budget de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) qui a ouvert mardi à Paris sa conférence générale et a mis à son agenda l’adhésion de la Palestine comme État membre à part entière à l’ONU.

En se référant aux nouvelles de ces derniers mois dans le proche et le moyen orient, les Palestiniens à qui on refuse le droit d’avoir un Etat ne se sentiraient t-ils pas frustrés par cette politique de deux poids deux mesures ? Frustrés, ils se tourneront vers le Hamas qui de facto consolidera son assise idéologique.

Pendant que Abdeljalil annonçait l’instauration de la charia en Libye, les tunisiens eux votaient. Résultat de ces élections tombé jeudi soir, le parti islamiste Ennahda, sort vainqueur avec 41,7% des voix contre 13% pour Moncef Marzouki, l’opposant historique de Ben Ali. L’Egypte quant à elle, n’attend que les élections pour qu’on voit défiler les frères musulmans.

Grâce à cette guerre idiote qui a coûté trois cents millions d’euros à la France et deux milliards de dollars aux Etats-Unis, nous pouvons nous féliciter d’avoir à présent sur le continent un régime de plus réclamant ouvertement la charia comme loi fondamentale. Quand on quitte zero (00) pour moins un (-1), n’est-ce pas une régression ?

aymard

Kadhafi annoncé mort par le CNT, dernier Boulet de Sauvetage d’une situation désespérée

Le Conseil de transition libyen comme à son habitude a annoncé ce jour la mort du Guide de la révolution Libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi.

Que reste-t-il à faire après avoir épuisé tous les moyens – moyens politiques, militaires, juridiques – pour faire tomber le régime de Kadhafi ? rien sinon que la propagande médiatique.

Les « illustres » agences de presse du gouvernement qatari Al Jazeera épaulées par BBC, Reuters, AP, AFP, …sont mises à contribution pour perpétrer une campagne de propagande de guerre  afin de vaincre la résistance psychologique du grand peuple libyen.

La manipulation des faits et des réalités en Libye a toujours été une arme utilisée depuis huit (08) mois pour déstabiliser et démoraliser les résistants libyens, ardents défenseurs de la souveraineté de leur pays. Ainsi donc, selon le CNT, « Kadhafi a été tué alors qu’il était aux mains des révolutionnaires ».

Le CNT a perdu toute crédibilité en nous gavant de ce genre d’infos-intox abondamment et honteusement relayées par les grandes chaînes de télévision arabes et occidentales ; des informations qui se sont avérées mensongères.

Le CNT ne sait plus où donner la tête puisque même à Tripoli, ses forces sont mises en difficulté chaque jour et en danger permanent. Face à son illégitimité et son incompétence notoire, le CNT recherche désespérément une porte de sortie à cette guerre que ses concepteurs avaient pensée très courte, une guerre éclair…

Regardez correctement l’image, visualisez la vidéo et vous pourrez remarquer oh ! combien les falsificateurs d’images ont étalé eux aussi leurs incompétences. Diffuser avec brio et élégance ce genre d’images mal élaborées revient à dire clairement que le CNT et son bras armé des basses besognes l’OTAN, ont perdu le nord.

Pauvres traîtres revenez sur terre.

Halte à l’intoxication !

Le meilleur et le pire par Djamel Labidi

Le meilleur et le pire

Conformément à la résolution 1973, ou du moins l’interprétation qu’ils en ont faite, l’OTAN ne devrait-il pas à présent bombarder… les positions du CNT ? En effet, c’est celui-ci qui est désormais le pouvoir et ce sont les autres, les «gueddafistes», qui sont à présent «les rebelles».

C’est donc le nouveau pouvoir, le CNT, qui aujourd’hui «bombarde son propre peuple», à Syrte et ailleurs, et qui tombe sous le coup de la résolution 1973 de l’ONU.

Je plaisante ? A peine. Car on voit ainsi à quoi a été réduit le droit international. C’est le cas aussi de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Le Gouvernement français s’était empressé de reconnaître le CNT libyen alors que rien ne prouvait sa légitimité. C’est de l’étranger que le CNT a tiré d’abord sa légitimité. Mais le gouvernement français ne veut pas reconnaître l’Etat Palestinien qui lui, est légitime depuis 60 ans… depuis toujours. Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères français, cherche actuellement, sous mille prétextes, à décourager les palestiniens de présenter leur candidature à l’ONU.

On se souvient par contre de la vitalité et de l’énergie dont il avait fait preuve pour convaincre de l’intervention étrangère en Libye puis pour que le CNT occupe, sans attendre, le siège de la Libye à l’ONU.

Ce renversement de situation en Libye où c’est désormais le nouveau pouvoir en place qui bombarde des populations civiles n’a semble-t-il pas été prévu. Il explique la gêne actuelle de l’alliance OTAN-CNT libyen, son hésitation à installer le CNT dans la capitale, et son insistance à annoncer que «la lutte n’est pas finie tant que Gueddafi n’est pas mis hors d’état de nuire».

Ces contradictions dévoilent chaque jour les buts réels de l’intervention militaire étrangère aux yeux de l’opinion arabe et mondiale.

Comme par un heureux hasard, l’actualité vient elle-même dénoncer cette situation et ceux qui cherchent à la justifier. Au même moment où le CNT s’installait précautionneusement à Tripoli sous la protection de l’OTAN, les Talibans attaquaient le quartier général de l’OTAN à Kaboul. Où sont les « révolutionnaires », à Kaboul ou à Benghazi ? L’OTAN et les insurgés libyens avaient justifié l’intervention militaire par le rapport de force disproportionné entre les forces du régime de Gueddafi et les insurgés, et afin d’éviter qu’ils soient écrasés. Les résistants afghans eux affrontent une armada de l’OTAN infiniment plus puissante et meurtrière. Un 1er novembre 1954 quelques dizaines d’hommes s’étaient levés contre la France et toute la puissance de l’OTAN derrière elle. Ces hommes là ne demandaient pas qu’on fasse la révolution à leur place.

Les révolutions arabes continuent de charrier le meilleur et le pire. Je lisais dans un journal français (« le Nouvel Observateur » 13 septembre 2011) un reportage sur une jeune Libyenne de 24 ans qui s’enorgueillait d’avoir fourni des renseignements à l’OTAN, par le relais d’Eldjazeera, sur les cibles libyennes à attaquer, quand l’intervention militaire se préparait. Elle décrit tout cela avec force détails. Elle rodait, le jour, la nuit, autour des sites, prenait des notes, utilisait plusieurs portables. Vrai ou faux ? On finit par se méfier de tout tant l’intoxication médiatique a pris des proportions nouvelles.

Mais c’est significatif d’un état d’esprit où on ne sait même plus ce qu’est la trahison, où elle est banalisée, voire valorisée. Ici 50 ans après l’indépendance, en Algérie, une famille se vantera d’avoir été proche de la France pendant la colonisation, comme d’un label de distinction sociale. Un autre algérien, résident pourtant en Algérie, et même parfois haut fonctionnaire, se vantera lui d’avoir la double nationalité algérienne et française. Il vous expliquera que «c’est uniquement pour des raisons pratiques, pour ne pas avoir à demander de visa», sans se rendre compte qu’il exprime ainsi son peu de considération pour 2 nationalités, aussi bien la Française que l’Algérienne en réduisant un acte majeur à une raison si triviale. Et on les verra souvent, est-ce un hasard, justifier l’intervention étrangère.

LES NOUVEAUX INTELLECTUELS ORGANIQUES

Dans les CNT qui fleurissent actuellement, ici des intellectuels syriens connus appellent à l’intervention étrangère; certains d’entre eux ont la double nationalité : française et syrienne. Là ce sont des cadres intellectuels libyens de nationalité anglaise ou américaine qui avaient appelé l’OTAN à l’aide. On assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie d’intellectuels organiques. Ils ne sont pas comme l’émigration politique intellectuelle du siècle passé qui vivait difficilement et clandestinement dans les pays occidentaux.

Ils s’en distinguent par le fait qu’ils bénéficient en général d’une situation confortable, dans des universités occidentales, ou dans les médias chargés d’émettre en direction des pays arabes comme la BBC, France 24 etc.

Grâce à la lutte des peuples arabes et après avoir été longtemps ignorés, ils bénéficient désormais de la sollicitude des plateaux de télévision des grands medias occidentaux. Le message, bien que feutré, est clair : «nous vous avons accueilli longtemps, il est temps de nous rendre nos bienfaits ». Ces nouveaux intellectuels organiques semblent être libres et indépendants de pensée. Ne dénoncent-ils pas les pouvoirs dans leur pays. Mais les apparences peuvent être trompeuses.

Qu’on y prête attention et on s’apercevra qu’il n’y a jamais, chez eux, la moindre critique du pouvoir du pays où ils vivent où dont ils ont pris la nationalité, le Royaume Uni, La France ou les Etats-Unis. Gueddafi ou Bachir El Assad seront dénoncés mais pas l’action de la France au Sénégal ou en Afghanistan. Pas celle des Etats Unis en Irak ou vis à vis de la Palestine. Comment dénoncer en effet ceux qui vous rémunèrent, dans les universités desquels vous enseignez. Ces nouveaux intellectuels organiques ressemblent comme une goutte d’eau aux mêmes de leur pays natal. A la différence que leur complaisance à l’égard du pouvoir concerne celui du pays occidental où ils vivent.

La mondialisation devient chez eux alors une idéologie de justification leur permettant de masquer toutes ces contradictions ou d’essayer de les concilier, de vivre avec. Elle se transforme en la théorie d’un monde où la nationalité, l’indépendance n’ont plus de réalité et d’utilité si ce n’est dans la vision nostalgique d’une génération qui, comme ils la critiquent, « s’accroche aux idéaux des années 70 et à l’épopée de la lutte anticoloniale et du mouvement de libération ».C’est ainsi que ce sont multipliées, ces derniers temps, sous la plume des nouveaux intellectuels organiques, des analyses qui convergent étrangement toutes vers la justification du droit d’ingérence et des interventions militaires actuelles. Elles puisent d’une manière ou d’une autre leur inspiration dans les théories qui proclament «la fin de l’Histoire», l’universalité du capitalisme occidental, la généralisation de la communication grâce aux nouvelles technologies et donc la fin des antagonismes du 20éme siècle entre l’Occident impérial et le reste du monde, entre pays dominants et pays dominés. Ainsi nous est proposée sous le couvert d’un modernisme de pacotille une réédition de la vieille idéologie colonialiste et de quoi justifier la remise en cause de l’acquis essentiel des révolutions du 20éme siècle : la libération de la domination étrangère et la souveraineté nationale. Ce qu’on nous propose, en fait, c’est un Alzheimer historique.

LA BRIGADE DE TRIPOLI

Sur la chaîne France 24, les 8, 10 et 11 septembre, un reportage passe en boucle, au sujet de la «brigade de Tripoli», une brigade de «rebelles» libyens composés d’émigrés arabes binationaux, d’Angleterre, des USA, d’Irlande… Le reportage vise, d’évidence, à convaincre du rôle joué par les «rebelles libyens» dans la prise de Tripoli. Toujours les mêmes images : armes flambant neuf fournis par l’OTAN, rien à voir avec la Kalach’ traditionnelle du « rebelle », débauche de tirs nourris en l’air ou à l’aveuglette, V de la victoire devant les caméras, un ennemi «gueddafiste» invisible, des insurgés qui font retraite pour laisser l’OTAN nettoyer la place. Le héros du reportage, Sam, un homme jeune, la trentaine, de père libyen et de mère irlandaise. Propre, net, rasé de frais, barbe claire effilée, soignée, des gants noirs, une tenue de camouflage élégante, un vrai héros de cinéma. Il ajuste posément, devant la caméra, comme au stand de tir, au loin, un «gueddafiste» juché sur un pickup. Celui-ci ne bouge pas, comme pour la pose, avant d’être abattu et de s’écrouler. Il ne restait plus à notre héros qu’à souffler sur le canon de son arme, comme dans les westerns. Puis il part à l’assaut avec sa brigade. Le commentateur français, soudain islamophile, nous dit que la brigade n’a rien bu ni mangé depuis le matin, vu le Ramadhan. Mais celui qui a monté le reportage a laissé trainer un plan qui surprend notre héros Sam la cigarette aux lèvres en plein jeûne. A la fin du reportage (du film j’allais dire) Sam confie tristement mais virilement qu’un de ses amis est mort et qu’il va devoir annoncer la nouvelle à ses parents à son retour en Grande Bretagne. Puis il s’éloigne lentement du champ de la camera. Coupez !

Tout cela peut prêter à sourire. Mais on ne peut s’empêcher d’en être peiné et de se demander laquelle de leurs deux nationalités ces binationaux servent. Mais aussitôt posée, la question parait injuste. Injuste envers l’immense majorité des émigrés arabes en Europe qui accueillent comme nous, avec réserve et méfiance les appels à l’intervention étrangère, et dont le sentiment national est d’autant plus fort, qu’il est renforcé par leur éloignement du pays et les atteintes à leur identité et leur dignité. C’est notamment le cas des centaines de milliers d’intellectuels et de chercheurs arabes qui se trouvent à l’étranger faute des conditions du travail scientifique dans leur pays. Ceux-là sont bien placés pour connaitre la réalité des pays où ils vivent et les mécanismes de domination.

Ils en témoignent souvent d’autant plus lucidement. Ils font partie de ce que le monde arabe a de meilleur. Mais on ne les verra eux, jamais, sur les plateaux de télévision. Le piège est en effet énorme et nouveau: Créer la suspicion envers ceux des nôtres qui ont émigré et qui sont partis pour des raisons économiques ou autres, et qui ne ressemblent en rien à une certaine émigration de confort. Empêcher la jonction de l’intelligentsia arabe, aussi bien celle vivant au pays qu’à l’étranger, dans l’immense élan qui se dessine de réveil du monde arabe, et de volonté de démocratisation et de modernisation. La crise libyenne est décidément pleine d’enseignements.

Djamel LABIDI, Le Quotidien d’Oran

Al Qaeda obtient un siège à l’ONU !

En décidant d’attribuer le siège de la Libye au CNT/Al Qaeda, l’ONU de Ban Ki Moon accepte dans son enceinte des supplétifs terroristes de CIA & C° après avoir bafoué la souveraineté nationale d’un état nation membre de l’Organisation provoqué une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de victimes civiles au nom de l’abjecte R2P et pris parti pour ces terroristes. Il lui reste à refuser la reconnaissance de la Palestine comme état pour peaufiner sa destitution politique et morale.

L’assemblée Générale des Nations Unies a approuvé vendredi ( 114 pour 17 contre dont 15 abstentions) une résolution donnant le siège de la Libye à l’ONU au CNT c’est-à-dire reconnaissant le CNT comme représentant de tous les Libyens ce qui sur le terrain est loin d’être le cas les combats continuent dans et autour des villes pro Kadhafi et les civils libyens continuent d’en payer le prix massacrés par l’OTAN.

Contrevenant à ses règles internes puisqu’habituellement la demande d’acceptation de la représentation est faite par le chef de l’état, du gouvernement ou le ministre des affaires étrangères du pays membre, l’Assemblée Générale de l’ONU vient d’ouvrir la boîte de Pandore des renversements de régimes par la force selon qu’ils sont ou non dociles aux US/OTAN, par conséquent la possibilité pour tous les personnels de l’ONU d’être considérés comme partie prenante dans les conflits et donc pris pour cibles.

Ces terroristes d’Al Qaeda supplétifs de CIA & C° en Libye vont désormais siéger à l’Assemblée Générale notamment lors de sa prochaine cession la semaine prochaine.

Ce n’est un secret pour personne que le CNT inclus des membres d’Al Qaeda dont le groupe LIFG (Libyan Islamic Fighting Group) et son chef, Abdel Hakim Beljad désormais militairement en charge de Tripoli, directement lié à la CIA. Autre pion de la CIA/Al Qaeda, Khalifa Haftar, qui a été nommé chef du commandement rebelle le 17 Mars certains pays comme la Russie et la Chine ayant mis en garde contre les risques d’extension d’une déstabilisation régionale.

L’impérialisme américano britannique (et leur petit empereur : SarkoNapoléon) est à ce point moribond que désormais il n’hésite pas à afficher publiquement ses liens avec les terroristes d’Al Qaeda/Libye les utilisant comme supplétifs pour harasser et détruire des états nations pour qu’ils se désintègrent réduits à des groupuscules tribaux, sectaires, criminels, entre les mains de chefs de guerre vivant dans le chaos. Al Qaeda a donc repris son rôle prépondérant de « guérilla » de CIA &C° comme ce fut déjà le cas en Afghanistan et en Irak.

Non seulement Al Qaeda dispose désormais d’un siège à l’ONU mais cette organisation terroriste à la solde de CIA&C° va bientôt avoir à sa disposition -puisque l’embargo sur le pétrole libyen vient d’être levé à l’ONU alors que la zone d’exclusion aérienne reste en place pour permettre à l’OTAN de continuer à massacrer des civils libyens – tous les avoirs libyens gelés et bénéficier des ventes du pétrole libyen de quoi s’armer jusqu’aux dents pour aller déstabiliser d’autres pays dont l’Algérie voisine pour le compte de ses maîtres de Washington Londres et Paris.

A l’ONU le 23 Septembre l’Autorité Palestinienne doit présenter formellement sa demande de reconnaissance de l’état palestinien auprès du Conseil de Sécurité suivant la procédure habituelle : d’abord les 15 membres du CS siègent et lors de cette cession aucun membre n’a de droit de veto. Puis leur recommandation doit ensuite être acceptée par une réunion habituelle du CSONU où les 5 membres permanents ont un droit de veto. Les Etats Unis ont promis d’exercer leur droit de veto risquant par là même de mécontenter leur fidèle alliée dans le Golfe la Maison des Saoud. De plus le vote risque de ne pas avoir lieu immédiatement et s’enliser dans des procédures sur lesquelles Ban Ki Moon – grand serviteur des américano sionistes à la tête de l’ONU – pourrait s’appuyer et retarder la discussion du CSONU sur cette demande de reconnaissance de l’état palestinien voire la bloquer.

Après avoir admis Al Qaeda pour siéger au nom de la Libye dans l’enceinte de l’ONU, L’ONU de Ban Ki Moon pourrait parachever la destitution politique et morale de cette organisation en s’opposant par des manœuvres diverses à la création d’un état palestinien.

Le voyage du ministre de la défense israélien, Ehud Barak , à Washington est-il le signe qu’Israël est entrain de préparer un sale coup type opération sous faux pavillon pour sortir de l’impasse où le régime sioniste se trouve acculé et provoquer une guerre?

Ehud Barak est parti ce samedi soir pour Washington pour officiellement y rencontrer le ministre de la défense US Leon Panetta( ex directeur de la CIA), le directeur de la CIA David Petraeus ( ex commandant en chef de CENTCOM incluant l’Afghanistan et le Moyen Orient), et d’autres membres d’organisations sécuritaires et de services secrets US. Barak doit selon la version officielle discuter de la question palestinienne de la situation en Egypte – où l’ambassade d’Israël a été prise d’assaut récemment obligeant le gouvernement sioniste à faire appel à l’administration Obama pour pouvoir rapatrier son personnel d’ambassade y compris l’ambassadeur – ainsi que le programme nucléaire iranien, Israël n’ayant pas renoncé à une attaque « préventive » contre les installations nucléaires de l’Iran, une folie selon bien des experts militaires. Une rencontre à huit clos est également prévue pour Barak avec le Comité du Senat au cours de laquelle sera justement présenté un rapport secret sur les capacités nucléaires de l’Iran et ses soit disant actions contre les forces américaines en Irak.

A l’œuvre en coulisses dans la campagne de déstabilisation de la Syrie, Israël, de plus en plus isolé dans la région – ses ambassadeurs en Turquie en Egypte et en Jordanie rapatriés- risque de chercher à provoquer une guerre régionale via une opération sous faux pavillon impliquant les US/OTAN pour sortir de l’impasse dans lequel il s’est volontairement placé en espérant rebondir une nième fois, mais peut être à tort cette fois ci.

En attendant de plus en plus de Juifs israéliens dont un grand nombre d’artistes quittent le navire destination Berlin retour au pays d’origine.

Mireille Delamarre, Planetenonviolence

L’opposition tchadienne appelle à la cessation immédiate du massacre des Tchadiens et des populations noires en Libye

Le CNCD exprime son indignation devant le massacre et les traitements inhumains et dégradants perpétrés actuellement à l’encontre des tchadiens et des populations noires en général vivant en Libye. Les témoignages et rapports de différentes associations des droits humains dont Human Rights Watch et Amnesty International, font état de centaines de civils tués ou torturés en raison de leur couleur de peau.

Dans ce drame qui se déroule sous nos yeux, dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale, les citoyens tchadiens se retrouvent hélas doublement victimes. D’une part, de l’incurie du régime d’Idriss Déby Itno, qui faisant du mercenariat son fond de commerce, a livré comme chair à canon en Libye (comme en RCA, au Togo, en RDC…) de centaines de jeunes Tchadiens désœuvrés par une absence de perspectives sérieuses dans leur pays, et d’autre part, victimes de la vindicte et du lynchage  des insurgés du Conseil National de Transition (CNT) au mépris de toutes les règles de droit international en matière de protection des prisonniers de guerre. Le CNCD  condamne avec force ces crimes racistes et exige leur arrêt immédiat et inconditionnel.

Le CNCD lance un appel pressant :

    • Aux nouvelles autorités libyennes pour qu’elles prennent toutes les mesures garantissant  la sécurité des prisonniers parmi lesquels se retrouvent sans distinction beaucoup de paisibles citoyens dont certains vivent en Libye depuis des décennies ;

    •  Aux responsables de l’OTAN et notamment à la France, chef de file des opérations en Libye, pour qu’ils protègent toutes ces populations civiles au nom desquelles,  faut il le rappeler, une résolution fut votée aux Nations Unies et pour lesquelles, ils se targuent d’intervenir en Libye ;

    •  Au  Conseil de Sécurité des Nations Unies de voter une résolution condamnant clairement ces exactions et exigeant la poursuite des responsables devant les juridictions internationales ;
•  A l’Union Africaine pour organiser le rapatriement de ces citoyens dans leurs pays respectifs ;

    • Au gouvernement Tchadien pour organiser le retour immédiat en territoire national de nos compatriotes qui paient un lourd tribut à sa politique irresponsable et criminel.

Le CNCD, demande aux dirigeants du CNT :

    •  D’autoriser  la Croix Rouge à se rendre au chevet de ces populations terrorisées et leur apporter l’assistance nécessaire ;

    • De diligenter  une enquête indépendante sur les exactions commises sur toutes ces personnes et de traduire les responsables devant la justice.

Dans cette phase de transition et de reconstruction de la Libye, le CNT se doit d’envoyer à la communauté internationale, des signaux positifs. La protection et le respect des droits de l’Homme doivent figurer parmi ses priorités.

Paris le 5 Septembre  2011

Annette Yoram LAOKOLÉ

Coordinatrice du CNCD

Le Parti Communiste Espagnol (PCE) dénonce une guerre coloniale en Libye pour la domination économique et militaire du pays et de la région

Le PC Espagnol (PCE) dénonce une guerre coloniale en Libye pour la domination économique et militaire du pays et de la région

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Face à la résolution qui a rendue possible l’intervention militaire en Libye, le PCE a affiché son rejet total de cette logique de guerre du Conseil de sécurité. Après les désastres en Irak et en Afghanistan, invoquant cyniquement les intérêts du peuple, nous avons dit qu’une intervention militaire en Libye se révélerait finalement comme les autres, tuant, détruisant et violant les droits humains de façon brutale, et que nous rejetions à la fois l’intervention militaire et l’attaque contre la souveraineté nationale de la Libye.

Nous avons condamné l’agression militaire contre la Libye, et avons lancé un appel à la résolution pacifique et interne des problèmes qui existaient en Libye, et nous avons mis en garde contre les dangers qui se profilaient à l’horizon concernant l’indépendance et l’intégrité territoriale de ce pays.

Au fil des jours et des événements qui se déroulent en ce moment même, apparaissent au grand jour l’hypocrisie et la brutalité d’une décision qui ne visait pas à sauver des vies, mais plutôt à piller un pays et le transformer en une colonie de l’empire capitaliste, au service des entreprises transnationales.

En tant que PCE, nous affirmons :

1 – Que l’intervention militaire de l’OTAN, bras armé criminel du capitalisme, n’a fait que tuer et détruire. L’ONU, hélas dirigé par le pantin des États-Unis, Ban-ki-Moon, l’Union européenne et la Ligue arabe des cheikhs médiévaux, sont les principaux responsables de la guerre civile et de la tragédie que vit le peuple de Libye, en adoptant une résolution qui donnait carte blanche pour tuer, avec comme prétexte la protection des vies humaines. Ni l’ONU, ni l’UE, ni la Ligue arabe n’ont recherché une solution pacifique et négociée au conflit libyen, comme le proposait le président Hugo Chavez et d’autres, et l’a répété à maintes reprises l’Union africaine, car il s’agissait de piller et de prendre le contrôle de la Libye, et d’y établir la grande base de l’impérialisme capitaliste pour contrôler les richesses et la politique de l’ensemble du continent africain, et puisqu’il semblait que Kaddafi et le gouvernement libyen ne rentraient pas dans leurs plans.

2 – Que le massacre brutal, les tortures et les assassinats des partisans du gouvernement précédent, qui sont commis actuellement par les prétendus rebelles, encouragés et poussés par les militaires de l’OTAN et les services secrets occidentaux, était une conséquence prévisible, dont nous avons des preuves en images et des témoignages. De ceux commis par l’armée Libyenne, aucune.

3 – Que le Conseil national de Transition (CNT) est un bloc réactionnaire composé d’organisations créées par la CIA et les services occidentaux, d’opportunistes qui jusqu’à peu faisaient partie du gouvernement libyen, d’intégristes islamistes qui n’hésitent pas à se mettre d’accord avec l’Occident, et d’hommes d’affaires liés aux intérêts des grandes entreprises transnationales, sans oublier des « socialistes » auto-proclamés, des partisans du capitalisme le plus libéral et des anciens militaires en quête de gloire et de fortune.

Le président de ce CNT fut le juge qui a condamné les infirmières bulgares sous de fausses accusations d’avoir porté atteinte à la vie et à la santé du peuple libyen, ainsi que l’ancien Ministre de la Justice du gouvernement. L’ancien chef militaire des « rebelles », assassiné par les « rebelles » eux-mêmes, Mohammed Fatah Younis, avait été Ministre de l’Intérieur. C’est-à-dire que ce sont deux personnages avec des responsabilités fondamentales que sont celles de ministre de la Justice et de l’Intérieur qui ont quitté le navire prétendument pour défendre la liberté et la démocratie.

Sur tous ceux-là pèsera l’infamie d’avoir demandé à l’OTAN, et aux autres organisations de guerres, qu’ils bombardent leur propre peuple, sans se soucier de la mort et des destructions, mais seulement de leurs intérêts.

Pour l’avenir, il n’y a pas beaucoup de raisons de supposer que va s’ouvrir une ère de démocratie, mais plutôt, comme le PCE l’a dit alors, il paraît inévitable que l’on va voir apparaître un nouvel Irak ou Afghanistan qui rende possible l’organisation de la rapine que l’impérialisme a planifié pour la région, tout en lui permettant d’établir une tête de pont pour lancer les opérations militaires de l’impérialisme en Afrique, aidé par le régime vassal qui s’installe à Tripoli.

Dans ces conditions, ce à quoi on doit s’attendre en Libye ce n’est pas la démocratie mais le pillage des richesses, la perte de sa souveraineté nationale et sa transformation en une colonie économique, militaire et politique de l’impérialisme capitaliste des États-Unis, de l’Europe et des cheikhs médiévaux du Golfe.

Le Parti Communiste Espagnol

30.000 Bombes Sur la Libye, Une Mission Humanitaire du Diable

Après environ 8.000 raids aériens, et une estimation de 4 bombes lancées par attaque, l’OTAN a déjà largué plus de 30.000 bombes sur la Libye. Ca fait pratiquement 200 bombes par jour pendant 6 mois, soit des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs puissants. Avec une estimation de 2 Libyens tués par bombe et aucune victime du côté de l’OTAN, les régimes occidentaux ont massacré environ 60.000 Libyens au cours des six derniers mois alors que les rebelles eux-mêmes annoncent 50.000 morts. Une sacrée mission humanitaire, n’est-ce pas ?

Le déroulement de la « guerre civile » en Libye peut être mieux décrit par les événements du 21 août. Ce dimanche après-midi, une équipe de télévision de la BBC a montré une colonne rebelle en train de s’enfuir de Zawiya, dans les environs de Tripoli. Battant pitoyablement en retraite, jetant des regards effrayés par dessus l’épaule et fuyant à toutes jambes sur la route par laquelle ils étaient arrivés – même la « presstituée » de la BBC qui était sur place n’a pas pu se retenir d’exprimer son dégoût devant la scène. Une fois de plus, confrontés à une résistance déterminée, les rebelles ont fui et montré leur véritable nature.

Le lendemain matin, une journaliste de France24 a raconté comment, plus tard dans la nuit de ce même dimanche, elle avait accompagné ces mêmes rebelles lorsqu’ils ont traversé Zawiya sans rencontrer la moindre résistance jusqu’à la Place Verte au centre de Tripoli, en croisant cette fois-ci une enfilade de ruines d’immeubles bombardés qui brûlaient encore.

Voilà ce qu’aura été la guerre de l’OTAN et si le monde ne le comprend pas, les rebelles, eux, ne le comprennent que trop bien.

Un problème majeur pour l’OTAN et sa Ligue de Traîtres Libyens, connue aussi sous le nom de Conseil National de Transition, est que la majorité des militaires rebelles sont sous les ordres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), un groupe qui se présente comme affilié au groupe Al-Qaeda du Maghreb.

Tandis que d’anciens terroristes de GICL devenus « combattants de la liberté » vont de maison en maison pour arrêter et exécuter des « supporters de Kadhafi » et des « mercenaires africains » à Tripoli, la vie quotidienne pour les habitants de la ville s’est transformée en une opération de survie. Sans eau depuis près de deux semaines, sans gaz pour cuisiner ou de combustible pour les véhicules et avec la nourriture qui commence à manquer, l’avenir pour la population de Tripoli paraît incertain.

Certains médias internationaux ont affirmé que la Grande Rivière Artificielle (GRA), le système d’irrigation qui fournit presque la totalité de l’eau du nord de la Libye, a été bombardée par l’OTAN. D’autres prétendent que les « loyalistes de Kadhafi » contrôlent toujours les puits du sud et qu’ils ont coupé l’eau – si c’est le cas, alors même Benghazi manquera d’eau. Tripoli devra donc importer son eau pendant un certain temps et le fait de savoir comment une ville de près de 2 millions d’habitants pourra vivre avec de l’eau importé par camions-citernes est un sujet que les médias n’abordent plus.

Le « Conseil National de Transition » désormais reconnu comme le « gouvernement légitime de la Libye » par les gouvernements de l’OTAN et leurs alliés est composé de nombreux anciens hauts officiels du gouvernement Libyen et se trouve de plus en plus dans une position délicate. Avec l’Union Africaine qui tente d’empêcher le déblocage des fonds du gouvernement Libyen détenus dans les banques occidentales il n’y a plus beaucoup de temps à perdre si ce CNT veut pouvoir continuer d’exister.

Le président Sud-Africain, Jacob Zuma, a condamné les dirigeants du CNT qualifiés d’escrocs et exigé la restitution des dizaines de millions de dollars que les hauts dirigeants ont volé lorsqu’ils étaient en fonction dans le gouvernement Libyen avant que l’Union Africaine ne lève son opposition au déblocage des fonds du gouvernement de Kadhafi.

Les dirigeants de l’OTAN doivent se démener pour maintenir le CNT à flots. Les images de palettes chargées sur deux mètres de haut de 200 millions de dinars Libyens acheminés par avion depuis Londres montre la fragilité de l’influence du CNT. Alors que le cirque des « amis de la Libye » organisé par l’OTAN et qui se tient à Paris promet de libérer les milliards de dollars Libyens détenus en otage par l’Occident, la mise en application de ces promesses est une toute autre affaire. La corruption et l’incompétence sont la marque des dirigeants du CNT et il ne sera pas surprenant d’entendre parler plus tard de détournements massifs de fonds.

La grande question est de savoir combien de temps les dirigeants du GICL/AQM laisseront-ils le pouvoir à leurs anciens ennemis jurés au sein du CNT. Déjà le « gouvernement » rebelle dans la ville portuaire de Misrata a annoncé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du CNT et on y signale la tenue de manifestations quasi quotidiennes pour exiger l’expulsion du CNT des anciens fonctionnaires du gouvernement Libyen.

Pendant ce temps, de vastes étendues du désert Libyen dans le sud n’ont pas été conquises par l’OTAN et pratiquement toute l’eau et une partie du pétrole échappe au contrôle du CNT.

Avec de centaines de villages et de petites villes éparpillées à travers un territoire immense, le Colonel Kadhafi et ses supporters ont encore une vaste zone à leur disposition. Avec l’Algérie qui combat Al Qaeda du Maghreb, sa frontière avec la Libye reste ouverte et offre un terrain de repli aux opposants aux rebelles de l’OTAN. Le CNT a déjà sonné l’alarme quant à une insurrection à long terme qui pourrait s’implanter dans le sud de la Libye et qui utiliserait l’Algérie comme base arrière.

Jusqu’à présent les dirigeants Al-Qaeda et les gros bras de l’occident au sein du CNT n’ont pas encore commencé à s’entredéchirer mais une guerre interne paraît inévitable. Il se pourrait que nous assistions à des bombardements par l’OTAN de ses anciens alliés.

Une chose qui est claire est que la tragédie Libyenne ne fait que commencer et la capture de pratiquement tout le nord de la Libye par les rebelles de l’OTAN n’est que le début. 30.000 bombes sur le pays et la mort de quelques 60.000 Libyens marquent plutôt le début que la fin de cette catastrophe.

Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain était un membre de la 1e Délégation de Paix américaine en Libye en 1987 et est le seul journaliste occidental indépendant dans la Corne de l’Afrique, vivant et annonçant de l’Erythrée depuis 2006. Il peut être contacté à thomascmountain@yahoo.com.

http://www.counterpunch.org/2011/09/02/30000-bombs-over-liby…

Traduit de l’Anglais par Aymard