Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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7, 8 ou 9 millions de Béninois parmi 7 milliards d’hommes ???

Comment se fait-il que l’évolution démographique ne fait presque pas partie du débat public au Bénin ? Impossible d’avoir une idée assez claire de combien sommes-nous directement vivant sur le territoire national ou à l’extérieur. Mépris quasi-pathologique pour tout ce qui est statistique, prévision, simulation ou anticipation. A l’Institut national des statistiques et de l’analyse économique (Insae) d’en faire les frais. Sa splendeur en prend un sérieux coup avec la multiplication des structures ad-hoc inexpérimentées voire incompétentes lors de la réalisation des études prévisionnelles et statistiques sur le pays. L’exemple en est la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) sensée être un instrument de prévision démographique révolutionnaire. Mais à l’arrivée, le pays hérite d’une base de données objet de toutes les controverses aussi bien auprès des acteurs sociaux que des partenaires techniques et financiers en passant par la classe politique et les populations. Ce fut un retentissant méli-mélo à l’occasion des différentes étapes du processus après la mise en rade des spécialistes de l’Insae.

Impensable qu’on puisse donc sortir d’élections majeures comme les législatives et la présidentielle sans que les campagnes électorales ne fassent échos des prévisions sur le Bénin du futur. Même pas sur des questions basiques de tout développement autour du nombre de fonctionnaire, d’étudiant, de paysan, de routes bitumées, d’aéroport, de port ou d’université, à l’orée des 20 prochaines années. Des données qui devraient normalement inspirées tous les projets soumis à l’électorat. Impossible de mettre tout le monde d’accord sur le chiffre exact de la population béninoise à la date d’aujourd’hui même après la réalisation de la Lépi. Qui détient la vérité des chiffres et la crédibilité des procédés entre les spécialistes de l’Insae d’une part et les agents de la Lépi cooptés, manipulés, mal payés et traumatisés ?

De toute évidence, alors que toutes les études redoutent une explosion démographique dans toute l’Afrique et donc au Bénin dans les années à venir, l’heure n’est toujours pas à la moindre mobilisation sur le sujet. Le label chinois ou indien aurait dû pourtant inspirer nos princes au sud du Sahara. Surtout la Chine qui a su transformer un péril en un atout indispensable. Alors que tout le monde se demandait comme allait-elle gérer son milliard et plus de citoyen, elle a très bien réagi, tout d’abord, en adoptant une politique stricte de maitrise des naissances puis en essayant de transformer sa population en une redoutable machine de consommation des produits locaux ; son industrie pouvait ainsi compter sur un marché interne considéré comme le plus grand du monde. Le fameux miracle chinois tient à cette maitrise bien pensée de son propre destin.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de croire que le Bénin ne dispose par d’experts capables de proposer des solutions sur le devenir de 7,8 ou 9 millions d’âmes en fonction des mutations endogènes à venir. Sauf qu’on ne peut éluder la conception personnifiée du développement au détriment de celle liée à toute une communauté. En Chine, la hantise du parti communiste c’est d’éviter une implosion interne à l’échelle du milliard et demie d’individus. En total déphasage avec la norme admise sous les tropiques à propos de l’ancien colon qui aurait pensé à tout ; il ne reste aux dirigeants qu’à jouir du pouvoir. La monnaie, la politique agricole, les choix économiques, la diplomatie, la défense, l’éducation sont du domaine de la coopération internationale ou plutôt de la compétence des partenaires étrangers. Et puis, il ne faut jamais négliger la propension des princes qui nous ont gouverné à la magouille, à la triche, aux tripatouillages ; toute chose incompatible avec l’existence de statistiques précises, fiables et scientifiques. Avoir des fichiers électoraux tronqués, des estimations de population biaisées et des statistiques falsifiées permet de mieux voler des suffrages ; tripatouiller les scrutins ; détourner des subventions et des financements de projets sociocommunautaires sans laisser des traces.

En attendant : « chacun s’assoit ; Dieu le pousse » !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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Interview de Roland Dumas et Jacques Vergès : «Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France»

Au moment où le président français déclare tout haut sa satisfaction suite à la chute de régimes corrompus de pays arabes, la presse française ne cesse de dévoiler ce qui se passe sous le régime, justement corrompu, de Sarkozy.

Je vous propose cette interview très intéressante de Roland Dumas et Jaques Vergès accordée au journaliste Gilles Munier et parue dans le magazine mensuel d’analyse politique et d’information économique, sociale et culturelle Afrique Asie.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France ! On attendait les révélations de Seïf Al-Islam sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye… À la place, on a eu droit, sur le même sujet, à la relance de l’affaire Bettencourt, le scandale politico-fiscal de la principale actionnaire de la société L’Oréal, puis à un déluge de révélations sur la remise de valises de billets en provenance de présidents africains, par l’entremise de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi (l’un des dénonciateurs, qui reconnaît avoir porté des valises) à des hommes politiques français, toutes tendances confondues. Dans cette atmosphère de fin de règne, on lira avec délectation le pamphlet de Jacques Vergès et Roland Dumas qui connaissent bien les dessous crapuleux du renversement du colonel Kadhafi.

Afrique Asie :  «Sarkozy sous BHL», le pamphlet que vous venez de publier est une volée de bois vert contre le pouvoir de l’argent en politique. Pouvoir et argent ont toujours cohabité, sauf peut-être dans certains pays socialistes. Qu’apporte de nouveau la présidence Sarkozy dans ce domaine ?

Roland Dumas : Le pouvoir de l’argent a toujours existé. Au travers des siècles. Dans tous les régimes. Il est triste de voir une grande démocratie ou «prétendue telle» comme la République française, être en proie à un phénomène, aujourd’hui, décuplé.  Les révélations qui sortent chaque jour sont édifiantes à ce sujet mais la «France Afrique» n’est pas simplement un problème d’argent et de valises de billets.

C’est aussi une méthode qui nous ramène des siècles en arrière et qui repose sur des actions militaires, en bref, sur le colonialisme : «Un régime vous déplaît, on le change, on en installe un autre.» Peut-on dire que c’est là le progrès ?

Jacques Vergès : Ce que la présidence Sarkozy apporte de nouveau dans les relations entre pouvoir et argent est l’hypertrophie du rôle de l’argent sale et de la corruption qui s’ensuit, faisant de la République française une République bananière. Ses relations avec les pays africains et arabes ne se font plus à travers des diplomates mais à travers des affairistes douteux.

Afrique Asie : Vous vous en prenez à «Lévy d’Arabie»… BHL. Est-ce la première fois, sous la République, qu’un intellectuel détient publiquement un tel pouvoir ? Peut-on comparer son influence à celle de Jacques Attali sur François Mitterrand ou de Marie-France Garaud sur Georges Pompidou puis Jacques Chirac ?

Jacques Vergès : On ne peut comparer les rôles discrets de M. Attali auprès du président Mitterrand ou de Madame Garaud auprès de Georges Pompidou avec le rôle de M. Lévy auprès de Sarkozy qui est un rôle de décideur. Le président Sarkozy entérine les conciliabules de M. Lévy avec des émissaires libyens dans les hôtels parisiens.

Roland Dumas : C’est sans doute la première fois qu’un intellectuel aussi médiocre que  Bernard-Henry Lévy joue un rôle aussi important dans la République. On ne peut le comparer ni à Jacques Attali, qui était une institution dans la République, ou à Marie-France Garaud, qui disposait d’une relation personnelle avec Georges Pompidou. La situation insolite de M. BHL ne relève ni d’un cas ni d’un autre. Il n’est rien dans la République. Il s’impose. Il virevolte. Il joue les «mouches du coche».

Afrique Asie : En Libye, le CNT occupe Tripoli. Qu’en est-il de la plainte que vous comptiez déposer accusant Nicolas Sarkozy de crime de guerre ?

Jacques Vergès : Cette plainte attend que M. Sarkozy ne soit plus à même d’empêcher cette plainte de suivre son cours.

Afrique Asie : Après la Libye, Sarkozy menace la Syrie et l’Iran. Où s’arrêtera-t-il ?

Jacques Vergès : M. Sarkozy est irresponsable, il est capable désormais de toutes les folies à moins que le peuple français ne lui passe une camisole de force auparavant.

Roland Dumas : C’est cela qui nous inquiète. Les menaces contre la Syrie sont précises. Elles sont sérieuses. Les menaces contre l’Iran existent. On a l’impression que tout est fait pour embraser le Proche-Orient. A quoi cela correspond-il ? On peut se le demander. Je ne peux séparer la situation actuelle de ce qui se passe à l’ONU au sujet des Palestiniens.
L’humanité se déshonore en laissant tomber le peuple palestinien qui est raisonnable, paisible et ne demande pour lui que ce que les Israéliens ont obtenu pour eux-mêmes.

Afrique Asie : Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d’assister à un retour accéléré du colonialisme ?

Roland Dumas : Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. Saura-t-on un jour le coût des campagnes de l’Afghanistan et de la Libye ? Le peuple français a le droit de savoir. Au moment où tout le monde s’agite autour de la crise, n’est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses ?

Jacques Vergès : C’est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l’Occident en général n’en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l’ordre ensuite.

Afrique Asie : Pensez-vous que l’Algérie soit sur la liste des «pays à casser» ?

Roland Dumas : Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l’Algérie est durable.
Quand vous imaginez que les Français n’ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l’Algérie sur un contrat d’amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes… Tout est à craindre pour l’Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre «morceau»…

BENIN : L’Intégralité de la Loi contre la Corruption votée par les députés

L’Assemblée Nationale en sa séance du 28 août 2011, a adopté la Loi portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin

TITRE 1er : DES DISPOSITIONS GENERALES

CHAPITRE PREMIER: DE L’OBJET

Article 1er : La présente loi a pour objet la prévention et la répression de la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin.

Télécharger l’Intégralité du document ici

Sepp Blatter réélu à la tête de la FIFA – Le sport, pas du tout roi célébré !

Le sport, un domaine comme tout autre infecté, infiltré de corrompus sans vergogne. Sport, Football, tiercé, un repère de fauves en mal d´or et d´argent, le sport n´a jamais été un bel art. Ainsi donc, nous assistons impuissants, assis au pourtour des stades, regardant, admirant, des empoignades qui ressemblent à des partis de compétition.

En réalité, tout a été répété, revu, corrigé, discuté et enfin mis en scène à l´issue d´un maquillage, voir, un arrangement à l´amiable basé sur un tarif exorbitant, à coup de billets de banque, de dollars. le sport est au jour d´aujourd’hui réduit à sa plus simple expression, dénué de beauté et de toutes ces valeurs humaines et artistiques, un maquillage lourd, une pièce de théâtre mal foutue, une affaire de gros sous, rien d´autres et même, un véritable dopage. En réalité, il s´agit là d´un tissu de scénarios montés de toutes pièces dans le but d´enrichir des parieurs de grosses sommes. Le sport n´a rien du bel art dont le but était de communier dans un fair-play d´excellence. Il est désormais dénué du but de rapprocher, rien de tout cela, vanité et magouille transpirent dans les compétitions de bas-étages, sur des pelouses synthétiques où se meuvent des produits achetables à la vitrines des petits footballeurs dopés bloc ! Ainsi donc, nous pouvons nous permettre de dire: A Dieu bel art, que le plus fort et le plus riche l´emporte aux dépends du meilleur et de la qualité, souvenirs et mirages que tout ce maquillage de scénarios médiocres, véritables pourritures et puanteur dénués d´étique et de morale. Maquillage et bêtise mal fignolés. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons assisté, hier, à Zurich, en Suisse, une fois de plus impuissant au couronnement de Sepp Blatter qui a brillé par un égoïsme et une usurpation de pouvoir empirique. Il aura le culot de transformer, de déformer, de s´accaparer et de faire du fauteuil de No 1 des sports, le trône d´un royaume qui devrait se perpétuer de père en fils alors que nous pensions avec conviction que seul, le sport est roi. Roi ? Alors, dites nous chers spectateurs, qu’est-ce qui aura changé depuis la nuit des temps ou des gladiateurs étaient en empoignade avec des fauves dans des arènes byzantines avec au pourtour, des véreux et minables spectateurs en attente d´effusion de sang ?

Candidat unique sans concurrent, pas de ticket de participation ni d´entrée en salle, le « malheureux pétrodollar » aura jeté l´éponge avant que le Suisse ne dégaine son volumineux portefeuille. Il sera chassé, interdit de montrer « sa bouille », tel un minable tuberculeux, il se tiendra à distance respectable de peur de ne contaminer la ribambelle d´Africains, yeux hors d´orbite, corruptibles à merci, candidature unique, donc.

Et pourtant, et pourtant, l´on a vu M. Blatter en Afrique du Sud danser. Il n´a pas eu un seul mot de compassion avec la pauvre main d´œuvre qui a construit des stades pour des salaires misérables.

Même son de cloche, pas de courage pour accuser la supercherie d´un Blatter, ivre de pouvoir. Et que dire de tous ces figurants Africains réduits au rôle d´applaudimètre ?

La même mésaventure que celle qui s´est répétée plus d´une fois lors des cérémonies de choix d´un pays hôte pour la coupe du monde…Nous avons encore en mémoire, une victoire insinuée par ce même Blatter au profit de l´Allemagne qui a eu les faveurs des pronostics face à un Nelson Mandela d’Afrique du Sud qui avait souhaité à corps et à cri la palme du choix face à un Franz Beckenbauer aux poches bien garnies… Échec, pile et face, puissance d´argent et de faiblesse corruptible oblige ! Blatter ou d´autres, rien que des oiseaux de même plumage, mieux encore, vautours rapaces assoiffés de pouvoir et d´argent, cupides et malhabiles. A dieu art noble, pelouse jaunie par la crasse d´affairistes véreux et minables, une racaille en pagaille dans un bain acide de poisse !

Ils ont adoré le veau d´or !

Le sport, pas du tout roi !

Kaisa Ilunga Kaisa

Rhénanie du Nord – Westphalie – Allemagne

BENIN : Investi pour un nouveau mandat de cinq ans, Les fausses promesses de Boni Yayi

Lors de sa prestation de serment, le président Boni Yayi s’est adressé au peuple béninois dans un discours avec beaucoup de promesses incohérentes. Au lendemain de cette investiture, des milliers de Béninois ont relevé de fausses promesses dans le programme d’action du leader des cauris.

Par de très graves défaillances, la cérémonie d’investiture du président Boni Yayi a perdu de toute sa solennité. C’est dans un désordre protocolaire que le président élu a présenté le discours inaugural de son nouveau quinquennat. Comme à l’accoutumée, le prince du Changement a fait une série de promesses au peuple béninois. Des promesses qui vont très tôt désenchanter le peuple béninois, du fait de son caractère d’utopie. C’est un projet de société chimérique qui va déboucher à coup sûr sur une fronde sociale. Car les promesses de Boni Yayi suscitent dèjà le doute dans l’opinion nationale concernent le volet économique et social de son programme pour les cinq ans.

L’affaire ICC Services et consorts

Les spoliés des fausses structures de placements d’argent n’ont plus de raison de croire à leur remboursement. Pendant la campagne électorale, le président Boni Yayi leur promettait le remboursement intégral de leurs avoirs en cas de sa réélection. Mais aujourd’hui, le discours a changé. L’Etat devient facilitateur qui obligerait « les bandits de grands chemins » à retourner l’argent des Béninois aux Béninois. C’est donc clair, les ressources n’existent pas et il serait suicidaire d’espérer un règlement parfait de cette crise. L’économiste Yayi est bien conscient que l’effondrement d’un système pyramidal ne peut être relevé. Et qu’il est raisonnablement impossible de constituer le capital nécessaire pour satisfaire les milliers de Béninois grugés par ICC Services et Consorts. La promesse de remboursement est donc purement un dol car aucun miracle ne peut générer les fonds à cette fin. Cette promesse du président Boni Yayi est purement une théorie opposée aux lois économiques puisque lui-même soutient qu’aucun fonds public ne sera exploité.

La réforme administrative et institutionnelle

Le peuple béninois n’attend certainement plus rien de Boni Yayi dans la réforme administrative. Ce n’est parce qu’il aura tout fait, mais il s’est illustré négativement dans ce domaine. Il est bien vrai que les premiers jours de son mandat étaient marqués par une guerre ouverte contre les absentéistes et les retardataires dans l’administration publique. Le président lui-même se présentait dans les services publics pour recenser les fonctionnaires coupables. Tout ceci se fait sous fond de publicité et de campagne médiatique. Mais cela n’a duré que quelques semaines et a présenté une véritable inefficacité. Boni Yayi s’est investi dans une politisation à outrance de l’administration. Et le peuple évoquait même du népotisme et du favoritisme. On y retrouvait que des gens de sa formation politique ou de son entourage. Un ancien ministre de Kérékou offusqué parlait alors de l’Etat Fcbe. On a vu des directeurs de société d’Etat abandonnés leurs bureaux pendant des semaines pour organiser dans leurs communes d’origine des marches, prières et meetings de soutien à Boni Yayi. Ce qui a fortement paralysé l’administration publique. Et il n’est pas exclu que le même scénario se reproduise ce quinquennat ci.

La réforme judiciaire

L’appareil judiciaire béninois est fortement décrié. Depuis cinq ans, le constat est dégoûtant. L’accointance entre l’exécutif et la justice inquiète bon nombre de béninois. Le secteur de la justice n’a pas échappé aux grèves incessantes pour exiger plus de libertés dans le travail. Mieux, les projets de construction et d’équipements des maisons de justice piétinent, car les agents sont toujours en colère.

La lutte contre la corruption

Le discours du président Boni Yayi en ce qui concerne ce volet est redondant et ennuyeux. Depuis cinq ans qu’il est au pouvoir, le défenseur de la refondation ne cesse de revenir sur les mêmes choses pas pour faire le bilan de ses actions mais pour montrer que rien ne se fait par son régime. La lutte contre la corruption, il a promis aux Béninois pour son premier mandat. En 2011, le phénomène n’a pas régressé. Au contraire, c’est le régime de l’économiste Yayi qui s’y illustre avec une kyrielle de scandales. Alors, les Béninois n’ont pas tord de désigner la lutte contre la corruption comme une fausse promesse. Aujourd’hui, il est connu de tous qu’une grande mafia s’est installée dans l’administration publique. Les pots de vins, les pourcentages sur les attributions de marché connaissent une hausse exponentielle. Le prochain classement de Transparency International démontrera encore le recul du Bénin dans la lutte contre la corruption sous Boni Yayi.

Le contrôle de gestion de l’administration publique

Le président Boni Yayi aura tout montré aux Béninois. Encore de l’audit dans les administrations publiques, sous Boni Yayi, disent certains compatriotes inquiets de l’avenir du pays. Tout comme en 2006, l’homme de la refondation promet d’auditer les ministères, les sociétés et entreprises d’Etat, et mieux la présidence de la République. Et aux Béninois de lui demander où sont passés les résultats des audits commandités en 2006 ? Des audits qui ont coûté des fortunes au trésor public. C’est clair, la logique du président Boni Yayi se révèle au grand jour. L’inspection générale de l’Etat (Ige) sera de nouveau un instrument d’intimidations et de chantage aux mains du pouvoir. Les preuves sont encore là que l’Ige est exploitée à des fins politiques par le régime. Reste à savoir si Jacques Alidou Koussey et ses pairs accepteront servir de bras séculiers Boni Yayi. Il va s’en dire que l’audit promis aux Béninois n’est rien d’autre que du chantage aux personnes qui préparent leur départ de la mouvance présidentielle. Certains béninois n’hésitent pas à prédire les conclusions qui résulteraient de ce contrôle. Pour eux, il est fort probable que les malversations ne soient notées qu’au niveau des responsables d’organes ayant rejoint l’opposition. C’est-à-dire qu’aucun partisan de Yayi ne sera accusé de mauvaise gestion. Une fois encore, nul ne taille d’importance à ce pseudo-engagement de Yayi de passer à l’audit de l’action publique.

Les réformes sociales sous Yayi II

Yayi est désigné par ses alliés de la mouvance comme le président de la basse couche, l’homme à l’écoute du peuple. Et ils se permettent d’utiliser cet argument pour justifier leur hold up électoral. Nul n’ignore les nombreux cas de fraudes ayant permis de réussir le passage en force au premier tour. Boni Yayi se plait dans ce costume. Il dit vouloir d’un Bénin d’équité et de justice sociale. C’est sans ignorer les exclusions relevées dans ces programmes sociaux tels que le microcrédit, l’emploi des jeunes et bien d’autres. On dénonçait l’exclusion des militants de l’opposition dans ces programmes. Que peut Yayi II pour assurer enfin la prospérité partagée à tous les fils de ce pays ? La question est agitée dans toutes les contrées du pays. On retient que le chef n’a pas changé, ce sont les mêmes choses qu’on a écoutées lors de son discours d’investiture. A quand la prise en charge totale des soins de santé des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans ? A quand la gratuité effective de l’enseignement maternel et primaire ? A quand la valorisation de la fonction enseignante ? A quand la construction de nouvelles infrastructures socio-communautaires dans le pays. Boni Yayi semble avoir ignoré tout ce chapelet de doléances de ses concitoyens. L’homme ne propose rien d’autre que son micro-crédit partisan. Alors, l’inquiétude des Béninois d’assister à une fronde sociale pendant ce quinquennat est bien légitime, car le volet social est très peu représenté dans les propositions du chef de l’Etat.

La promotion du genre et de la jeunesse

« L’exigence de justice sociale et de solidarité recommande de veiller à une meilleure sécurité sociale, à la promotion de la femme, à la réduction des inégalités de genre ainsi qu’à l’intégration des personnes handicapées et du troisième âge », a annoncé Boni Yayi lors de son investiture. Il est urgent de présenter les engagements du président pour une véritable promotion de la femme et la réduction du genre. On est tenté de dire que rien ne sera fait dans ce sens. La promesse des 30 % de portefeuilles ministériels aux femmes est restée dans les tiroirs depuis de longue date. L’institut de la femme peine à s’investir pour l’autonomisation de la femme. Mais voilà que pour un nouveau mandat, Boni Yayi remet sur le tapis les mêmes engagements fantaisistes. Fort heureusement, il ne parle plus en termes de portefeuilles ministériels, ni de direction de sociétés d’Etat. C’est juste une question de réduction des inégalités de genre. Alors, nos chères mamans doivent-elles encore espérer un avenir reluisant sous l’apôtre de l’émergence ?

par dp 24h