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Le Ministre Bohoun Bouabré s’en est allé. Qu’allez-vous faire maintenant ?

Paul Antoine Bohoun Bouabré, Ancien ministre des Finances sous Gbagbo

Je m’incline respectueusement devant la dépouille de ce grand-frère, serviteur de la Nation Ivoirienne et présente mes condoléances les plus attristées à sa famille biologique, politique comme professionnelle.

Et je profite pour vous poser la question de savoir: Qu’allez-vous faire maintenant, vous???
Vous qui avez divisé les Ivoiriens pour vous sentir au pouvoir!

Vous qui avez organisé les coups d’Etat (méthode inconnue des ivoiriens) pour vous voir au commande d’un peuple qui pleure rien qu’à vous voir!

Vous qui avez fait le tour du monde pour promouvoir le mensonge qui vous a portés au pouvoir afin de gouverner plus de cadavres que de survivants!

Vous qui avez choisi de tuer les ivoiriens parce qu’il vous fallait le pouvoir par tous les moyens!

Vous pour qui des Ivoiriens ont été jetés dans le feu jusqu’à être calcinés!

Vous par qui l’Occident est passé pour nous réduire à la soumission comme un bon peuple sans droit, sans loi ni souveraineté!

Qu’allez-vous faire maintenant du Ministre Bohoun Bouabré? Oui, je demande cela parce qu’ici encore, votre choix rencontre mon indignation.

Votre choix de célébrer la victoire de votre guerre par le mépris de la valeur humaine!

Même dans l’adversité, on peut rester humain, si jamais on l’a déjà été! Si non, on peut apprendre à devenir humain lorsque l’on a atteint ses objectifs qui ont semé la mort pendant plus d’une décennie dans un pays (voisin).

Qu’allez-vous faire maintenant du Ministre Bohoun Bouabré?

Vous avez refusé de dégeler ses avoirs afin qu’il puisse se soigner!? Vous avez voulu qu’il vous face allégeance avant de lui donner cette possibilité de se soigner !?

Maintenant que sa conviction, même irréaliste pour une Côte d’Ivoire digne et souveraine l’a emporté, faut-il dire que votre objectif est atteint en ce qui le concerne?

Allez-vous attendre qu’il fasse allégeance à titre posthume avant d’accepter qu’il soit enterré?

Allez-vous dégeler ses avoir afin que sa famille puisse organiser ses funérailles?

Qu’allez-vous faire maintenant des reste d’un serviteur de la Nation Ivoirienne que vous avez conduit à la mort en lui refusant le droit à la santé !?

Allez-vous maintenant vous réjouir en lui offrant un cercueil si cher où c’est écrit « ca fait un en moins, on attend le prochain » ?

Allez-vous attendre que d’autres meurent avant de dégeler leurs avoirs?

Oh oui, allez-vous attendre que AWA EHOURA et ELOI OULAÏ meurent avant d’envoyer une délégation soi-disant gouvernementale se pavaner dans leurs familles respectives ?

Ah, le pouvoir, je prie Dieu qu’il ne m’en donne pas, si c’est pour m’en servir à des fins criminelles ou devenir co-auteur direct ou indirect de crime!

On dit que c’est Dieu qui donne le pouvoir ou alors c’est Dieu qui permet à ce que quelqu’un accède au pouvoir. On dit aussi que Dieu peut même laisser l’agent du diable accéder au pouvoir s’il juge cela nécessaire… Mais on oublie d’ajouter que beaucoup se servent du pouvoir pour servir le diable et oublie Dieu! Ce diable qui veut qu’on refuse à un serviteur de la Nation Ivoirienne le droit à la santé parce qu’il a refusé de faire allégeance. Ce diable qui veut qu’on laisse un serviteur de la Nation mourir dans l’indifférence parce qu’il est un adversaire politique. Ce diable qui veut qu’Obama et Sarkozy soient chez eux et puissent décider de ce qu’on doit faire des serviteurs déchus de la Nation Ivoirienne. Ce diable qui veut qu’on continue de faire le mal pour se sentir important parce qu’on porte une étiquette obtenue dans le sang des innocents.

C’est une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire de cette autre victime de votre victoire guerrière et de votre pouvoir, le Ministre Bohoun Bouabré. C’est aussi une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire pour sauver la vie de cette valeur féminine si rare qu’est AWA EHOURA et celle de ELOI OULAÏ…

Soyez réconciliés avec votre conscience et que l’âme du Ministre Bohoun Bouabré repose en paix!

Yako à tous!

Dieu bénisse, délivre et restore la Côte d’Ivoire!

Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

“Côte d’Ivoire : le coup d’Etat” – Le livre-enquête qui passionne le monde

Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent  aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre.

La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 propose à ses lecteurs de larges extraits de deux chapitres.

Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles  (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce des ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

Le cacao, Armajaro, l’argent et les Ouattara

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (…) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (…)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bitogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioullasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bitogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bitogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr ». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que  sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de  déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet,  dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit  pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. » .

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€

Alain Léauthier – Marianne

Côte d’Ivoire : Ouattara revendique enfin les massacres ciblés de civils !

Tout est parti du massacre par les FRCI, la milice officielle de Ouattara, de 6 Malinkés (groupe ethnique regroupant les populations du Nord de la Côte d’Ivoire et de certains pays au Nord de la Côte d’Ivoire) le dimanche 18 décembre dernier à Vavoua dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Au lendemain de cet énième assassinat de civils, il semblerait que Ouattara aurait piqué une colère et aurait donné l’ordre à sa milice de rentrer sous 48 heures en caserne. Mais les 48 heures sont passées et les FRCI sont encore dans les rues et ruelles de tous les hameaux de Côte d’Ivoire. Comme d’ordinaire, la parole de Ouattara se révèle être une fois de plus, un canular.

Alors que faut-il comprendre dans ce qui s’est passé entre Ouattara et les FRCI ?

Premier constat : c’est que chaque mois, les FRCI font au minimum entre 5 et 25 civils tués. Les rapports de la mission corrompue des Nations Unies en Côte d’Ivoire et de certaines organisations non gouvernementales, sont très éloquents sur les faits et les circonstances de ces crimes massifs. Mais vous le savez tous, ces crimes massifs n’émeuvent pas Ouattara. C’est pourquoi leurs auteurs n’ont jamais été inquiétés et que la France et ses alliés se comportent comme si le massacre de 25 civils au moins par mois est un fait banal de société. Parce qu’à la vérité, ces crimes sont commis contre les autres peuples, ceux que Ouattara considère comme peuples ennemis car pro-GBAGBO. Donc ce sont des crimes pour le « bonheur » de la Communauté Internationale qui l’a élu président en Côte d’Ivoire et qui entend faire un retour sur investissement avant de se souvenir de ses propres principes.

Deuxième constat : c’est la loi du nombre. Le bombardement massif de la résidence des chefs d’Etat ivoiriens où vivait Laurent GBAGBO et sa famille et aujourd’hui sa déportation à la Haye alors qu’il reste le Président légal et légitime en exercice de la Côte d’Ivoire, se sont nourri de la prétendue mort de 6 femmes du groupe ethnique Malinké à Abobo. Celles-là avaient eu un peu plus de chance car elles ont ressuscité aussitôt. Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour les 6 Malinkés qui viennent d’être tués à Vavoua car quand FRCI te tue, tu ne ressuscites pas. C’est quand GBAGBO te « tue » que tu ressuscites aussitôt. Bref, Il faut au moins 6 Malinkés tués pour que Ouattara considère qu’il y a eu bavure ou crime intolérable.

Troisième constat : c’est l’appartenance ethnique des personnes tuées. Je reste convaincu que cet indicateur révèle beaucoup plus la psychologie toute particulière de Ouattara en Côte d’Ivoire. Si les 6 tués de Vavoua étaient des Gourou (peuple autochtone) Ouattara aurait traité les circonstances de cet énième massacre de civils comme la répression par des moyens légaux conventionnels d’une insurrection menée par les partisans de GBAGBO. Et les média français auraient passé cela en boucle pour apaiser l’opinion internationale et renforcer la haine contre le pauvre Laurent GBAGBO. Malheureusement ou heureusement, les FRCI sont allés au-delà de leur sphère de chasse habituelle. Ils ont tué jusqu’à 6 Malinkés, une espèce protégée par Ouattara et menacée par GBAGBO. Quel sacrilège !

La psychologie de celui qui divise les Ivoiriens se dévoile !

Il y a quelques mois, Ouattara a rendu hommage à des cercueils vides à Abobo soi-disant au cours d’une cérémonie pour inhumer les 6 femmes du groupe Malinké qu’aurait tuées l’armée loyale au Président GBAGBO. Dans le même temps, les morgues d’Abidjan sont pleines encore de corps de jeunes étudiants tués en masse à Yopougon et dans plusieurs autres quartiers tout simplement parce que la milice de Ouattara et ses mercenaires assimilent ces jeunes à des pro-GABGBO (il suffit de lire les rapports de Human Right Watch pour s’en convaincre). Dans le même temps, les 800 Guérés tués avec femmes et enfants puis brûlés et, environ 2000 autres civils massacrés dans la même région par les mercenaires Dozo burkinabés, sont restés sans tombe et dans l’indifférence totale de OuattaraQuand un homme qui prétend unir, s’adonne à un tel niveau de discrimination, méprise les morts des autres groupes ethniques et considère cela comme des faits divers, c’est que cet homme est le démon de la division !

La « colère » de Ouattara ne vise pas à mettre fin aux massacres, mais à préciser les cibles !

Non. Ouattara n’est pas fâché avec les FRCI. Il leur rappelle tout simplement leur cahier des charges ou mieux, les termes de référence de leur mission de massacres de civils pro-GBAGBO. S’il foulait dénoncer les exactions contre les civils, il aurait été interpellé par les rapports convergents produits par ses propres alliés et qui font état de massacres à grande échelle de civils jugés pro-GBAGBO depuis plus de 8 mois. Pour 6 femmes malinkées « mortes » et ressuscitées à Abobo, la Côte d’Ivoire a ployé sous les bombes françaises et Laurent GBAGBO et toute sa famille sont en prison. La semaine dernière, soit 3 ou 4 jours avant les faits de Vavoua, dans la commune de Koumassi, les FRCI ont exécuté froidement 3 jeunes Guérés. Dans la même période, les FRCI ont enlevé 7 personnes à Bonoua pour une destination inconnue jusqu’à ce jour. Toujours à Bonoua dans la même semaine, un enseignant a été battu à mort par les FRCI. La liste est trop longue, trop trop longue pour seulement une seule semaine à Abidjan et banlieues. Et que dire du reste du pays ?

Mais ces crimes, tant qu’ils visent les ennemis de Ouattara, ne sont pas des crimes. C’est du protectionnisme politique. Tuer les contestataires de Ouattara, c’est le devoir et la mission de tout milicien membre des FRCI.

Alors quand Ouattara s’énerve après un massacre de civils, c’est qu’il y a eu bavure, c’est que les effets collatéraux de la mission ont touché des espèces protégées. Quelle bassesse morale !

Ne pas respecter la vie de civils simplement parce qu’ils ne sont pas de ton bord politique ou du groupe ethnique que tu revendiques être le tien ; c’est abominable !

Mais au fait, il s’agit de revendiquer les massacres des civils par les FRCI

Ouattara s’énerve et donne des ordres. Donc il est le chef suprême, le commandant véritable des FRCI. Cela veut dire qu’il supporte en premier, la responsabilité de commandement pour toutes les violations massives des droits de l’homme perpétrés par une milice sous son commandement. Enfin ! Nous le tenons !

Et il faut donc en tirer toutes les conséquences !

Les civils tués en masse en Côte d’Ivoire, c’est sous le commandement et les ordres de Ouattara. Et cela ne gène pas les faiseurs de printemps africains. Quel cynisme !

C’est donc le lieu de comprendre qu’il ne sert à rien de convaincre une certaine opinion internationale sur la gravité et le caractère ciblé et massif des tueries de civils par la milice officielle de Ouattara.

Le peuple ivoirien doit tout simplement prendre son destin en main, combattre et vaincre les tueurs et ceux qui les protègent. C’est le seul gage de sa survie.

A Très bientôt !

Hassane Magued

Pourquoi la France en veut à Gbagbo !

La Côte d’Ivoire, devenue l’une des colonies de la France depuis la conférence de Berlin de 1885, continue après les indépendances factices, d’être la vache à lait de cette vorace puissance colonisatrice. Malgré ces indépendances, et pour satisfaire leurs besoins sans cesse croissants en matières premières, les dirigeants français vont installer à la tête de leurs ex-colonies leurs hommes de main, des personnes disposées à leur brader les richesses africaines.

Ce fut le cas en Côte D’Ivoire avec Houphouët Boigny, pion essentiel de la françafrique, pour enraciner l’hégémonie de la France en Afrique. C’était le prix à payer pour que celui-ci puisse demeurer longtemps au pouvoir. C’est pourquoi, la France avec l’aide de ses « préfets » africains s’employait à tuer ou chasser du pouvoir tous les responsables politiques africains qui s’opposaient à ses intérêts.

Ainsi furent tués ou chassés du pouvoir Modibo Keita du Mali, Sylvanus Olympio du Togo, François Tombalbaye du Tchad, Hamani Diori du Niger, Thomas Sankara du Burkina Faso, Pascal Lissouba du Congo et bien d’autres. De même, tout africain n’ayant pas l’onction de l’Elysée et qui s’opposait au Président parrainé, subissait la même furia. C’est le sort réservé aujourd’hui à Gbagbo.

I-      GBAGBO, l’opposant d’HOUPHOUET

Historien et enseignant, très tôt, Gbagbo va s’employer à ouvrir l’esprit des élèves, des étudiants et autres cadres de la nation ivoirienne aux réalités politiques de la Côte D’Ivoire ; ceci contre les usages du parti unique pourtant parti démocratique de Côte D’Ivoire (PDCI) habitué à défendre les intérêts de la France. C’est pourquoi, il fut plusieurs fois abusivement arrêté et jeté en prison. Mais cela n’altérera en rien sa vision d’une Côte d’Ivoire libre et démocratique.
Pour confirmer ses ambitions politiques, Gbagbo, avec certains de ses camarades issus de toutes les régions de Côte d’Ivoire, crée clandestinement un parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), d’obédience socialiste. Il dote ce parti d’un programme de gouvernement solide avec l’ambition d’impulser à son pays un développement fondé sur une meilleure exploitation de ses matières premières agricoles et minières ainsi que des ressources humaines ivoiriennes au bénéfice de la Côte d’Ivoire.

Cette prise de position ne peut évidemment plaire à la France des réseaux impérialistes et mafieux. Gbagbo qui a, en son temps, accepté son statut d’opposant et qui n’a pas tendu la main au puissant Houphouët et à la France, refusant ainsi toute tentative de corruption, va réclamer le multipartisme dès 1990 et contraindre pacifiquement le pouvoir PDCI à accepter, contre son gré, la pratique des règles démocratiques.

Il n’est donc pas un héritier de l’houphouétisme et des réseaux françafricains. Gbagbo est l’enfant des élections, parvenu au pouvoir par des élections transparentes, démocratiques, organisées par son adversaire Feu le Général Guéï Robert.

II-   GBAGBO AU POUVOIR

Après son accession au pouvoir, il s’est employé à réconcilier les ivoiriens, pendant que ses opposants, en particulier le RDR, parti du Chef de l’Etat imposé aux ivoiriens avec l’aide de la France et du Burkina-Faso, manigançaient itérativement des mauvais coups pour lui arracher le pouvoir par la violence armée.

Son humanisme a permis, de faire revenir d’exil l’ex- Président Bédié, de mettre fin au mandat d’arrêt international lancé contre Ouattara pour faux et usage de faux par son allié d’aujourd’hui ; de soulager officiellement et financièrement les anciens Présidents, premiers ministres, ministres et cela sans discontinuer.

Son courage politique lui a permis d’honorer l’invitation de l’ex- Président français Chirac, qu’il connaissait bien comme étant le parrain de ses opposants violents. Ce courage l’a amené à revenir au pays, après l’échec du coup d’état du 19 septembre 2002, alors que le Président français d’alors lui proposait hypocritement le gîte et le couvert à Paris. Ce courage l’a encore poussé, à se dresser contre la guerre de la France, des USA et autres soit disant membres de la communauté internationale, à refuser le deal à lui proposé par Sarkozy et Obama pour céder le pouvoir à celui qui n’a pas gagné les élections. Ainsi Obama, l’africain n’a pu saisir l’opportunité de rentrer dans l’histoire en apportant sa contribution à la libération totale de l’Afrique du néocolonialisme comme l’avait fait en son temps le Pape polonais Jean Paul II pour la libération des pays d’Europe de l’Est avec la chute du mur de Berlin.

Contrairement à bien d’autres Présidents africains, Gbagbo même au pouvoir, a continué de garder sa simplicité, son humour, sa compassion pour ses compatriotes y compris ses adversaires politiques dans la maladie et dans le deuil ; bref c’est un Président pas comme les autres, très proche du peuple, faisant de lui un vrai nationaliste, contrairement à ces Présidents- préfets parachutés et imposés par la France.

Au plan politique, Gbagbo est un fin stratège ; ce que lui reconnaissent ses pires adversaires étrangers et ivoiriens qui le considèrent par leurs faits et gestes comme un ennemi. Il a toujours prôné le consensus. C’est pourquoi il fait régulièrement usage du slogan « asseyons nous et discutons », écartant ainsi toute violence et toute accession au pouvoir par la force, contrairement à ses adversaires que soutient la France. Dans le déroulement de sa politique, Gbagbo a institué la décentralisation en créant les conseils généraux, démocratisant ainsi l’appareil politique et administratif.

Au plan financier, Il a fait élaborer et mettre en œuvre, pour moins dépendre des institutions de Bretton Woods, un budget sécurisé fondé sur les richesses et revenus propres de son pays et cela à l’étonnement des dirigeants français. C’est dans cet ordre aussi que, par une gestion rigoureuse, reconnue d’ailleurs par le FMI et la BM, la Côte D’Ivoire a été inscrite à l’initiative PPTE. Il a toujours payé, à temps, les salaires des agents de l’état sans recourir à des aides financières étrangères, en particulier françaises, alors qu’une grande partie des ressources du pays était pillée par la France et les rebelles à sa solde. Il a même pu rétablir les avancements salariaux donnant ainsi à tous les fonctionnaires des revenus plus importants. Il a mis fin à l’injustice des salaires à deux vitesses, imposées par Ouattara alors 1er ministre. Gbagbo a encore répondu favorablement aux revendications des syndicats en augmentant les indices salariaux de base et en débloquant les avancements gelés depuis les années 80 ; et cela sans le concours ni l’autorisation de la France qui, au contraire par les institutions de Bretton Woods, prônait la diminution de la masse salariale dans le but d’appauvrir les ivoiriens.
Toutes ces actions de développement mises en œuvre par le Président Gbagbo ont naturellement conduit les ivoiriens à lui renouveler leur confiance lors de la dernière présidentielle qu’il a légalement, légitimement et véritablement remportée, n’en déplaise à la France, à ses alliés américains et onusiens qui n’ont trouvé que la solution de le chasser du pouvoir par le coup d’état le plus long et le plus meurtrier que le monde ait connu.
Ce traquenard électoral, pour reprendre le terme du « Général » sans arme destructrice Blé Goudé, arrêté par la France et ses alliés impérialistes bien avant l’élection présidentielle dont Gbagbo a laissé l’organisation à ses adversaires politiques du RHDP, va amener le bloc putschiste à le déporter manu militari et illégalement à la CPI. Honte à la France et à toute cette clique de cyniques et mafieux donneurs de leçons qui ne sont en rien des modèles.

III-   GBAGBO à la CPI

C’est la continuation du projet colonial de déporter toujours les opposants loin de leur lieu d’origine pour les faire mourir à petit feu et mettre fin à leur carrière politique, qui se perpétue, cette fois à l’aide d’institutions internationales et même mondiales de soit disant justice dont la CPI. En pratique, cette CPI est une institution d’injustice aux mains des gouvernants occidentaux et des multinationales pour assujettir et asservir les dirigeants nationaux des pays pauvres. Si non, Chirac et Sarkozy en 2004 et 2010, par les tueries massives de civils ivoiriens aux mains nues de leur armée méritent amplement d’être traduits devant les juridictions de la CPI.

Par la déportation de Gbagbo, Ouattara et son parrain Sarkozy, tentent d’humilier le Président patriote, qui n’a fait que défendre son pays contre ces rebelles criminels formés et commandités par la France ; il s’agit de faire disparaître le parti créé par ce panafricaniste, le Front Populaire Ivoirien, de mettre fin à la carrière de celui qui ne veut pas adhérer aux sectes pernicieuses des gouvernants occidentaux.

Toutefois l’espoir demeure que par les audiences de la CPI, la vérité sur le coup d’état le plus sanglant et le plus long fomenté par la France éclate au grand jour pour la planète entière. Il faut donc continuer de retransmettre en direct ces audiences contrairement au désir secret de la France frileuse. Ce sera ainsi la fin de la culture du mensonge néocolonialiste à moins que les conclusions et les décisions du tribunal ne soient déjà imposées aux juges de la CPI par la France et ses alliés.

A l’analyse, la déportation du Président Gbagbo à la Haye apparaît clairement comme la manifestation de la haine injustifiée de deux hommes politiques l’un africain, l’autre européen contre un homme qui a su à leurs endroits faire preuve d’amour, de pardon, en permettant la candidature de l’un, en faisant voter une loi d’amnistie pour des rebelles et leurs parrains, en continuant d’offrir de gros marchés à des entreprises françaises qui, à la vérité, ne le méritaient pas. La traduction de Gbagbo devant les juridictions de la CPI est donc la concrétisation de l’ingratitude de ce couple de franc-maçons.

La France, pour mieux exploiter l’Afrique et la Côte d’Ivoire en particulier, en veut à Gbagbo, démocrate dans l’âme, défenseur des libertés qui, par sa politique et ses actions, fait la promotion de la vraie liberté et de la vraie démocratie en Afrique. En effet, c’est seulement du bout des lèvres que les dirigeants français parlent de démocratie en Afrique car la véritable démocratie ne sert pas forcément les intérêts français mais d’abord et avant tout, les intérêts africains.

Il est vrai que volontairement Gbagbo, qui est loin d’être francophobe, a concédé aux entreprises françaises des secteurs d’activité stratégique ivoiriens mais il refuse d’être le préfet d’un quelconque colonisateur.

Un tel homme attaché à son peuple ne peut accepter une offre aussi mirobolante soit-elle, présentée par la France, les USA et d’autres puissances occidentales pour s’exiler et abandonner son peuple à la tyrannie des partisans de la France.

A La Haye, Gbagbo continue d’être lui-même, n’ayant rien à se reprocher ; il garde son humour, sa simplicité, son courage, sa combativité et peut déclarer avec aise« je suis venu, nous irons jusqu’au bout ». C’est pourquoi Gbagbo reviendra libre, pour reprendre sa place à la tête de la Côte d’Ivoire comme Mandela en Afrique du Sud. C’est ainsi que sera mis fin au néocolonialisme français dans le monde.

KOBAZEYRET Laurent  kobazeyret@yahoo.com

Pourquoi l’Afrique ne devait pas livrer Gbagbo à la CPI

Pour Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais « Le Témoin », nombre de dirigeants africains sont toujours les pions de l’Occident. L’Afrique est décidément un continent maudit et dont les dirigeants actuels appartiennent à la pire espèce qui puisse exister sur terre ! Voilà donc le seul continent au monde dont d’anciens chefs d’Etat sont détenus actuellement à La Haye, aux Pays-Bas, en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour Pénale Internationale (CPI) devenue, par la force des choses, une Cour Pénale Africaine.

Bouc-émissaire de la CPI

En effet, les seules affaires instruites à ce jour par cette juridiction de Blancs pour juger des «Nègres » africains concernent sept pays du continent, à savoir l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Darfour, le Kenya, la Libye et la Côte d’Ivoire. Sept pays africains, et pas un seul d’une autre région du monde. Vous voyez comment on se fout de la gueule de l’Afrique ?

Le pire et le plus grand mépris, c’est que la plupart de ces Etats qui siègent au Conseil de sécurité des Nations-Unies et qui saisissent cette Cour de violations présumées des droits de l’homme voire de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité… ne sont pas signataires de la Charte de la même CPI !

Laquelle n’a donc pas le droit de juger leurs ressortissants qui appartiennent à une sorte de race aryenne qui serait supérieure à celle des êtres primitifs que nous serions. Ainsi, malgré les crimes abominables qu’ils commettent en Palestine, et les 1400 morts tués lors de l’opération Plomb durci à Gaza, en décembre 2008-janvier 2009 et malgré les conclusions accablantes du rapport Goldstone, ne vous attendez surtout pas à voir les dirigeants israéliens comparaître devant la CPI, encore moins à ce qu’ils soient emprisonnés à La Haye !

Non, encore une fois, un tel traitement de forçats et de galériens, on ne le réserve qu’à ces salauds d’Africains, surtout s’ils sont «Nègres » de surcroît, Arabes à la rigueur. Un Israélien à La Haye? Jamais! Quant à un Français, un Anglais ou un Américain, c’est tout simplement impensable! Ainsi fonctionne la «justice» internationale, à géographie variable et en fonction de la couleur de la peau… Selon que tu seras puissant ou misérable, disait La Fontaine. On pourrait ajouter: selon que tu seras Noir ou Blanc aussi…

Des Africains trahis par leurs propres frères

Hélas, comme du temps de la traite des «Nègres », lorsque c’étaient des Africains qui vendaient leurs propres frères aux négriers blancs, aujourd’hui encore, en plein XXIème siècle, la même pratique perdure. Ainsi, ce sont les dirigeants africains eux-mêmes, Nigeria en tête, hélas, qui ont livré l’ancien chef de l’Etat libérien, M. Charles Taylor, à la Cour Pénale internationale où il est détenu depuis. Une précision: c’est plus précisément le Tribunal spécial pour le Liberia qui a fait emprisonner Taylor, mais, pour nous, c’est tout comme.

C’est la «justice» des Blancs pour ces cons de «Nègres ». De même, c’est l’actuel président de la République de Côte d’Ivoire, M. Alassane Dramane Ouattara, président déclaré élu par la «communauté internationale» — en fait la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique — qui a remis son prédécesseur à la même CPI pour qu’il soit emprisonné à La Haye. Et à dix jours seulement des élections législatives en Côte d’Ivoire !

Curieuses élections législatives, du reste, puisque le chef du principal parti de l’opposition, détenu jusque-là à Korhogo, dans le nord du pays, est à présent livré à la justice des Blancs. Mais ce n’est pas tout puisque la plupart des dirigeants de ce parti, le Front patriotique ivoirien (FPI) sont soit en exil au Ghana, soit en prison, s’ils n’ont pas leurs avoirs gelés par le gouvernement du président Alassane Dramane Ouattara! Lequel vient aussi de jeter en prison trois journalistes ivoiriens.

Curieuse «victoire» aussi que celle de ce président Ouattara puisque acquise dans le nord de la Côte d’Ivoire contrôlé par ses milices armées, celles des Forces nouvelles, qui avaient refusé de désarmer et où, bien évidemment, ses partisans ont pu s’en donner à cœur joie, bourrant les urnes à volonté. Pas étonnant qu’il ait fait un triomphe dans ces contrées du Nord !

La mascarade ivoirienne

Il ne manquait plus dans ces conditions que les félicitations de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Et elles sont effectivement venues, ces félicitations! Président de la République sortant d’un pays dont la moitié Nord était occupée depuis septembre 2002 par une rébellion armée et financée par M. Alassane Dramane Ouattara, M. Laurent Gbagbo a demandé un recomptage des voix. Un crime aux yeux de la communauté internationale qui a réagi en envoyant les militaires français de la force Licorne bombarder son palais durant des jours et des nuits jusqu’à incendier le réduit dans lequel il s’était réfugié avec son épouse et ses enfants.

Après quoi, le président français Nicolas Sarkozy a organisé un simulacre d’arrestation par les Forces «républicaines» de Côte d’Ivoire composées de seigneurs de la guerre qui ont massacré des populations de l’Ouest ivoirien, plus précisément à Duekoué, dans leur marche vers la capitale économique ivoirienne. Des forces cette fois-ci entraînées, armées et transportées par la France, comme l’a notamment révélé Le Canard Enchaîné.

Et voilà qu’Alassane Dramane Ouattara, président à la légitimité douteuse, livre à la Cour pénale internationale, son adversaire politique, c’est-à-dire l’homme qui, à bon droit, a refusé de reconnaître sa victoire tirée par les cheveux! On dit que les affrontements post-électoraux de Côte d’Ivoire ont fait quelques 3000 morts. Soit. Mais il faut considérer que la moitié au moins de ces morts est imputable aux braves forces «républicaines» dont les chefs dirigent aujourd’hui la nouvelle armée de Côte d’Ivoire. Bien évidemment, la complicité de la France n’est pas à exclure.

Mais bon, M. Laurent Gbagbo au moins peut s’estimer heureux de se retrouver à La Haye puisque le pauvre Guide libyen Mouammar Kadhafi, lui, n’a pas eu cette chance. En effet, il a été tué au moment de son arrestation par des sbires du Conseil national de transition (CNT) qui dirige désormais la Libye, après que le convoi de véhicules dans lequel il avait pris place a été bombardé par des avions de l’Otan.

L’Otan, qui agissait en vertu d’un mandat de l’ONU, lui demandant d’instaurer… une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen. Apparemment, le convoi du Guide libyen volait dans les airs… Kadhafi connaissant beaucoup de choses sur les dirigeants occidentaux, pas question de risquer un procès devant la CPI !

Certes, son fils Seif El Islam a été arrêté mais les dirigeants du CNT ne sont pas franchement chauds pour le livrer à la CPI. Un simulacre de procès à Benghazi pour qu’il n’incrimine pas d’anciens collaborateurs de son père comme un certain Moustapha Abdeljalil, nouvel homme fort de la Libye «libérée», arrangerait beaucoup de monde !

En Afrique, l’Occident est roi

Pour en revenir à ces Africains qui livrent leurs frères à la CPI, c’est-à-dire la justice des Blancs, on apprend qu’un juge kényan vient de lancer un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar El Béchir déjà sous le coup de poursuites de la «justice internationale» c’est-à-dire de la CPI dont le fantasque procureur, Luis Moreno Ocampo, a lancé un mandat d’arrêt contre lui.

Prenant leur courage à deux mains, une fois n’est pas coutume, les chefs d’Etat membres de l’Union africaine ont refusé d’exécuter ce mandat. Il ne manque pas d’humour ce brave juge, ou alors il a la mémoire sélective, car dans son même pays, le Kenya, les affrontements post-électoraux de janvier 2008 avaient fait 1500 morts selon un bilan officiel publié le 25 mai entre partisans de Raila Odinga et de Mwai Kibaki.

Pour autant, aucun de ces deux dirigeants n’avait comparu devant la CPI puisque ces troubles particulièrement sanglants s’étaient conclus par… un accord de partage du pouvoir, le premier nommé devenant vice-président du second. Et ce, même si des seconds couteaux avaient été par la suite inculpés par l’inénarrable Luis Moreno Ocampo.

Laurent Gbagbo avait préconisé un scénario de sortie de crise à la kenyane, on lui avait répondu qu’une telle solution ne pouvait plus resservir! Et ce, alors qu’elle aurait pu, dès le départ, éviter au pays des Eléphants des milliers de morts… Que voulez-vous, la «communauté internationale» voulait à tout prix la peau de Gbagbo !

Reparlons des présidents africains qui avaient refusé d’exécuter le mandat d’arrêt contre leur collègue El Bachir du Soudan. Courageux, mais pas téméraires, il leur fallait bien donner des gages à leurs maîtres blancs, d’où la livraison du président Laurent Gbagbo dont même les chiffres de l’ONU ont reconnu qu’il avait obtenu près de 47 % des suffrages exprimés à la présidentielle de novembre dernier.

Autrement dit, c’est le président de presque un Ivoirien sur deux qui vient ainsi d’être livré comme un vulgaire malfaiteur à un procureur en fin de mandat qui, durant tout le temps qu’il a été en poste, n’a fait que pourchasser des Africains. Outre Gbagbo et Charles Taylor, les prisons de La Haye renferment en effet le sénateur et ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, ainsi que de pauvres diables congolais comme Thomas Lubanga et autres.

Bref, dans les prisons de la CPI à La Haye, on ne trouve ni Asiatiques, ni Latino-Américains, ni Nord-Africains, encore moins des Asiatiques, seulement des Africains. Il n’y a pas à dire, nos dirigeants sont de vrais salopards !

Mamadou Oumar Ndiaye

Directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais Le Témoin

Il faut sauver le soldat Koulibaly… même malgré lui

Il faut sauver le soldat Koulibaly… même malgré lui, par Grégory Protche

Je viens de lire un article de Mamadou Koulibaly, Législatives sous hyper-présidence : Quelques leçons, paru le 16 décembre dans l’Inter. Long. Trop.  Pour masquer le vide : le trop plein ? Comme les chanteurs font 22 titres sur un cd quand ils n’en ont pas trouvé un d’assez fort pour faire un single… le bon. Beaucoup de lignes, de chiffres, mais pas une idée. Pas une idée importante. Essentielle. Et cruciale aujourd’hui. Ce qui est rare venant de lui. Et triste. Du commentaire. De la rhétorique. Du vide. Du bout du stylo. Comme s’il n’avait pas participé, comme s’il ne s’était pas présenté, comme s’il n’avait pas accepté les inacceptables conditions d’élections au mieux inutiles et au pire dommageables.

MK pose trois questions en ouverture de son article.

1) Les partis politiques ont-ils été à la hauteur des enjeux ?

2) La classe politique est-elle encore crédible dans notre pays?

3) Les élections servent-elles encore à quelque chose?

Trois questions fondamentales mais hors de propos. Anachroniques. Dérisoires. Il annonce ensuite que son analyse s’appuiera sur les chiffres de la Commission électorale indépendante… Pourquoi ? Pourquoi faire ? Qui croit encore à l’indépendance de cette commission au point qu’on en ait besoin pour s’en défier…

MK plonge dans une piscine vide sous les yeux du public pour informer celui-ci qu’il n’y a plus d’eau dedans.

Un petit doigt d’égo, lorsque faussement naïf il découvre que sa défaite « semble focaliser » les attentions… c’est désagréable car énoncé presque narquoisement : Mamadou Koulibaly douterait-il (vraiment) de l’attention que les gens intelligents portent à son parcours ? Et donc de son importance dans le jeu politique, non pas seulement ivoirien, mais africain, panafricain même ? Françafricain au moins. Bien sûr que ceux qui voient en lui un traître se réjouissent de son fiasco. Bien sûr aussi que ceux qui pensent que rien n’est si simple sont consternés par cette évitable et inutile Bérézina annoncée. Quand MK rappelle que son parti est né il y a quatre mois à peine et qu’il est privé de ressources par Alassane Ouattara, on a envie de lui dire : autant de raisons de ne pas cautionner un prétendu jeu démocratique aux règles aussi viciées que vicieuses… C’est en comptant ses fractures que le plongeur se souvient qu’il avait vu le gardien vider la piscine.

Alassane Ouattara devient sous sa plume un « hyper président ». Une façon comme une autre de le légitimer, de le sarkozyser, grogneront certains. D’oublier dans quelles conditions il est devenu cet hyper président… Mais là n’est pas le plus grave. Puisque tous les partis ivoiriens ont vu leur audience baisser, en raison d’une abstention qu’il ne commentera pas, celle du Lider, son parti, est à l’unisson. Pas plus, pas moins. Sauf que le Lider, en soi, n’existe pas. Le Lider, c’est son leader : Mamadou Koulibaly. Et c’est tout.

Comme un étudiant fainéant, il paraphrase et traduit les chiffres en mots. Et là, on commence à comprendre le but, naïf, de sa manoeuvre : trouver une explication politique, politicienne, à une erreur intellectuelle. À une faute morale. Lorsqu’il avance que « le vainqueur (RDR, ndlr) a pris soin de violer toutes les règles démocratiques pour mettre en déroute ses adversaires, terroriser les populations, intimider l’électorat et utiliser les moyens financiers de l’Etat pour soutenir les candidats de son choix », ce n’est que pour oser derrière l’infamant : « Le FPI, avec son refus de participer au scrutin, a laissé tomber son électorat et le débat national pour se focaliser sur ses urgences du moment : se réjouir du faible taux de participation ». Comment, moi, Gaulois vaguement au fait des « Ivoireries », puis-je être au courant que le FPI a boycotté  ce scrutin en raison de l’arrestation, suite à l’intervention française, puis du transfert de Laurent Gbagbo devant la CPI, et pas Mamadou Koulibaly ?

Rien n’est pire qu’un intelligent qui joue à l’imbécile, à part peut-être un idiot qui fait le savant.

On peine pour lui en le voyant évoquer la situation politique en Côte d’Ivoire comme si elle n’avait pas été « perturbée » par l’intervention française, comme si cette intervention n’avait pas eu lieu, comme si elle n’avait pas tout changé… Comme si « l’absence » de Laurent Gbagbo n’était qu’un détail.

On a du mal à distinguer encore le pourfendeur du franc CFA et des pratiques de la Françafrique derrière ces coupables et pathétiques omissions : un père, ça ne se tue qu’une fois. Et en reconnaissant Ouattara, il l’avait déjà fait…

Si je pouvais l’interviewer aujourd’hui, ce serait ma seule question : pourquoi le 12 avril 2011, prenant Accra pour Londres et vous-même pour de Gaulle, ne vous êtes vous pas proclamé, en vertu de votre poste de président de l’Assemblée nationale, président de fait puisqu’il y avait vacance du pouvoir…?

L’intelligence ne fait pas tout. Pas plus en politique qu’ailleurs. Il faut du coeur, des tripes et le sens de l’histoire. On ne passe pas à côté d’un destin pour une carrière lorsqu’on s’appelle Mamadou Koulibaly. On n’en a pas le droit.
Même si je persiste, depuis mon petit point de vue, à prétendre qu’il ne faut pas jeter le bébé politique Koulibaly avec l’eau vaseuse du bain électoral ivoirien. Aucun pays ne peut se permettre le luxe de se priver d’un cerveau comme le sien. Bref : il faut sauver le soldat Koulibaly… y compris malgré lui.

Grégory Protche

Rédacteur en chef du Gri-Gri International

Auteur de « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre »

Fraude morale en Côte d’Ivoire : International Crisis Group ouvre son grimoire !

Merdique et révoltant. Ainsi doit être qualifié le dernier rapport (Briefing Afrique N°83 du 16 décembre 2011) de International Crisis Group sur la Côte d’Ivoire. Ce torchon n’est pas un rapport sur la Côte d’Ivoire. C’est un grimoire, un livre de sorcellerie avec un condensé d’incantations pour endormir la conscience citoyenne et manipuler l’opinion internationale qui a fini par basculer du côté de la vérité que nous n’avons de cesse proclamée depuis le 11 avril 2011. Et ça me révolte !

International Crisis Group parle « d’une nette amélioration de la situation ». Cette amélioration est enregistrée en référence à quels faits et à quelle période de l’histoire de la Côte d’Ivoire ? L’organisation qui se fait désormais complice du faux n’en dit rien.

International Crisis Group confesse que les élections législatives ont enregistré « une très forte abstention » mais justifie ce désaveu de Ouattara par les Ivoiriens en soutenant que la non élection à laquelle le monde entier a pu assister « révèle surtout de l’ampleur du traumatisme de la récente guerre postélectorale ». Ici, la manœuvre, c’est d’éviter, comme le dit cette organisation au service des ouvriers de la falsification de l’histoire de l’Afrique, que le FPI voit dans cette très forte abstention, soit 85%, une victoire de son appel au boycott.

International Crisis Group dévoile son jeu en soutenant que Ouattara est un président démocratiquement élu et installé par la rébellion armée. Mais elle évite de rappeler que ce même Ouattara est le père de la rébellion créée en 2002 et dont les régions sous contrôle ont fait l’objet des fraudes les plus stupides dénoncées par Laurent GBAGBO. Quel déni insultant de la réalité !

La Côte d’Ivoire n’était ni sous protectorat ni sous administration internationale lorsque les élections au cours desquelles Ouattara a été imposé comme candidat anormal, c’est-à-dire, ne remplissant pas les conditions pour y participer, se sont tenues. Ce candidat exceptionnel, imposé à Linas Marcoussis par la France avec les armes sur la tempe des Ivoiriens depuis le 19 septembre 2002 n’a jamais été élu comme président en Côte d’Ivoire.

La vérité c’est que Ouattara, sur injonction de la France et par convoitise personnelle, s’est autoproclamé président de Côte d’Ivoire au mépris des institutions ivoiriennes et au lieu de lever le doute sur sa forfaiture en recomptant les voix, la France et ses alliés ont armé une horde de mercenaires, utilisés les légionnaires français, le contingent et les moyens logistiques de l’ONUCI pour perpétrer un coup d’Etat qui aura coûté la vie à plus de 5000 civils ivoiriens.

Ici encore, le manège auquel s’adonne International Crisis Group, c’est soutenir et rappeler la thèse selon laquelle Ouattara aurait gagné les élections de novembre 2010 et que GBAGBO Laurent, père du multipartisme et du combat démocratique en Côte d’Ivoire, aurait refusé de reconnaître cette fausse et falsifiée victoire.

Enfin, International Crisis Group fait tomber le voile. L’organisation au service du fascisme occidental s’érige en conseiller au service de Ouattara. Des conseils qui s’apparentent à un ensemble de recettes magiques pour booster l’imposture agonisante et donner les pistes pour stabiliser ce régime de la honte.

Ouattara doit faire ceci, doit faire cela, ne doit pas faire, …afin de réussir à associer le FPI au chemin tortueux de l’imposture. C’est en ces termes que International Crisis Group s’exprime : « Les autorités ivoiriennes doivent également créer dans les prochains mois, les conditions d’une vie politique démocratique normale en faisant des concessions à leurs adversaires, notamment au FPI, afin qu’ils reviennent dans le jeu à l’occasion des élections régionales et municipales de 2012. ».

Le FPI ne s’associera jamais au faux et à l’escroquerie morale qui est en cours. La Direction du FPI en exil ou intérimaire en Côte d’Ivoire pourraient même se surpasser et s’engager peut-être dans la voie de la compromission. Une telle compromission n’engagerait que ces directions concernées du FPI.

Les dignes fils de la Côte d’Ivoire, la jeunesse progressiste et révolutionnaire se désolidariseront d’une telle compromission, si elle venait, par extraordinaire, à se produire dans les jours ou mois à venir.

Nos exigences révolutionnaires sont des plus simples :

– à bas l’imposture franco-burkinabée en Côte d’Ivoire ;

– à bas les collabos du pillage de la Côte d’Ivoire ;

– recomptage des voix des élections de 2010 au regard du droit ivoirien pour une sortie politique de la crise ; tout autre chemin politique sera considéré comme une trahison de plus, d’où qu’elle vienne. La vérité doit être sue pour libérer les Ivoiriens des positions tranchées qui impliquent une confrontation meurtrière ;

– libération sans condition du Président Laurent GBAGBO et de tous les cadres ivoiriens emprisonnés pendant que les criminels comme Ouattara, Sarkozy, Soro Guillaume et leurs bras agissants sont en liberté.

Si de telles exigences ne sont pas satisfaites, Ouattara et la France seront chassés de la Côte d’Ivoire au prix de notre sang.

Aucune organisation internationale avec des rapports farfelus comme celui produit le 16 décembre 2011 par International Crisis Group ne changeront rien à notre engagement révolutionnaire.

La Côte d’Ivoire n’est pas à brader. Quiconque aura perçu à vil prix une portion de la Côte d’Ivoire durant ce gigantesque festin de vautours débuté depuis le 11 avril 2011 la restituera.

A Très bientôt !

Hassane Magued

Alassane Dramane Ouattara : Mariage forçé avec la Côte d’Ivoire

WKIPEDIA, l’encyclopédie libre définit le mariage forcé comme : « Marier une personne contre sa volonté »

L’encyclopédie poursuit : « Ces jeunes filles sont contraintes à des rapports sexuels et des grossesses non désirées, des violences conjugales, des pertes d’autonomie et de liberté…ces atteintes à l’intégrité et la liberté engendrent aussi des chantages affectifs, des séquestrations et des déscolarisations. De plus, les femmes qui manifestent leur désaccord se voient confisquer leur papier d’identité, elles se trouvent donc en situation irrégulières. Elles peuvent aussi avoir des difficultés matérielles comme par exemple des problèmes de logement, des pertes d’emploi et l’arrêt de leurs études…Elles peuvent aussi entrainer des ruptures familiales. Les hommes peuvent être aussi soumis au mariage forcé. »

On pourrait ajouter simplement « NO COMMENT » comme conclusion, mais comparaison n’étant pas raison, notre objectif est de démontrer que la relation entre M. OUATTARA et la Cote d’Ivoire est comparable à un mariage forcé et donc possède les mêmes conséquences décrites plus haut.

En pleine crise économique, la Cote d’Ivoire a été contrainte en 1990 par les bailleurs de fonds et par la France de créer un poste de premier ministre non prévu par la constitution et d’imposer M. OUATTARA comme premier ministre pour faire notre bonheur. Personne ne pouvant être heureux dans ce mariage forcé, la Cote d’Ivoire sombre dans le malheur politique le 18 février 1992 avec l’arrestation et l’emprisonnement de tous les leaders de l’opposition suite à une marche pacifique. Le malheur n’était pas que politique, la mise en route du programme de privatisation entraine des pertes d’emplois, de logement et l’arrêt des études pour plusieurs enfants de parents appauvris. L’introduction de la carte de séjour a entrainé la rupture entre étrangers et ivoiriens au pays de la vraie fraternité (relire la définition du mariage forcé et ses conséquence).

Suite à un mandat d’arrêt contre lui pour faux papiers ivoiriens faisant de lui un ivoirien sans l’être, il organise un coup d’Etat en 1999 pour contraindre la Côte d’Ivoire à reconnaitre ses faux papiers. Un acte de naissance et un certificat de nationalité lui est délivré par la suite mais la constitution ivoirienne votée par 86% des ivoiriens lui ferme la possibilité d’être éligible.

En 2002, il organise un coup d’Etat qui échoue et crée une rébellion qui occupe la moitié nord du pays. Des pertes de vies, d’emplois, de logements se multiplient et la rupture de la famille ivoirienne en deux camps est consacrée par cette rébellion. Il finit par être éligible par un accord politique contre la volonté de 86% de la population ivoirienne.

Deuxième par fraude de la classe politique ivoirienne après le premier tour de l’élection présidentielle 2010, il est propulsé président par bombardement de l’armée française après enlèvement et déportation du président élu des ivoiriens. Il s’en suit  des violences, des atteintes à l’intégrité physique, des morts, des pertes d’emploi, séquestration, déscolarisation avec fermeture de l’université, exil, confiscation des papiers d’identité par pillage et occupation de domicile…, approfondissement de la rupture de la famille ivoirienne, perte d’autonomie, de liberté et de souveraineté. (Relire la définition et les conséquences du mariage forcé).

Le 11 décembre 2011 se sentant en position de force, il décide enfin, à travers les élections législatives, d’avoir l’avis des membres de la famille ivoirienne sur les caprices de cette femme qui refuse tout à son mari. A plus de 80%, les membres de la famille ivoirienne lui font savoir, par un silence assourdissant et étourdissant que le mariage forcé est condamné par la déclaration universelle des droits de l’homme et que les « grossesses indésirées »  de ce parlement ne seront point acceptées. Divorcer ou continuer le mariage forcé ?

Si vraiment la communauté internationale est sincère en disant qu’elle a fait la guerre aux ivoiriens pour installer la démocratie c’est-à-dire la volonté de la majorité, logiquement l’on s’attend à ce que cette même communauté contraigne M. OUATTARA au divorce  après ce troisième tour des élections présidentielles  sinon…wait and see.

DIABATE Cheick

Chercheur à L’université de Colorado

USA

Samedi à la Haye, Manifestation de soutien à Gbagbo

Ils étaient environ deux mille cinq cents (2500) ces Africains, ces Européens venus par autobus (15 de Paris à raison de 70 places chacun), du Royaume-Uni ( 2 de 60 places chacun), par train, par avion, par covoiturage de France, d’Espagne, d’Italie, de la Belgique, d’Allemagne, de la Suède, d’Amsterdam, de Rotterdam etc. à l’appel des représentations du Front populaire ivoirien (FPI) en Europe et des associations de résistance pour participer ce samedi 10 décembre, à un meeting géant aux abords du siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, en Hollande. Les organisateurs de cette manifestation voulaient, par ce rassemblement, dénoncer l’arrestation irrégulière par les nouvelles autorités ivoiriennes et la remise dans la précipitation de Laurent Gbagbo à la CPI le 29 novembre 2011.

Les premiers groupes de manifestants partis la veille de Paris sont arrivés au petit matin de samedi, au lieu du rendez-vous, habillés pour certains aux couleurs nationales et pour d’autres de blousons noirs frappés au dos par des inscriptions : «NO GBAGBO NO PEACE». Ils fredonnaient en refrain: «Libérez Gbagbo! Gbagbo président ! Soro et Ouattara à la CPI !».

Esquissant quelques pas de dance aux percussions d’un tambour d’un autre manifestant, cette dame venue de Hambourg, dans le nord d’Allemagne, m’explique le sens du message que véhiculent les inscriptions «NO GBAGBO ! NO PEACE » sur son habit. Selon elle, «ces inscriptions sont à l’adresse de tous ceux qui se disent préoccupés par la recherche d’une paix durable en Côte d’Ivoire, au premier rang la Commission de réconciliation nationale et la communauté internationale qui devraient retenir que la solution passe par la libération immédiate du président Gbagbo». Avec qui «Soro et Ouattara voudraient-ils se réconcilier si Gbagbo, le vrai président, devait rester en prison ?», s’interroge-t-elle. Survient un autre manifestant, celui-là venu d’Italie, qui renchérit : «Gbagbo n’a jamais choisi la prison pour régler ses différends avec ses opposants ; il a toujours et toujours privilégié la discussion, non et non il ne mérite pas d’être trainé dans la boue, d’être humilié».

Il s’arrête un moment, comme s’il allait éclater en sanglots, puis se ressaisit et ajoute : «Si Gbagbo était un criminel, comme on veut nous le faire croire, en l’emmenant ici, à la CPI, il aurait déjà tué mille fois Soro, Ouattara et qui sais-je encore. Au lieu de les tuer, tout le monde le sait, Gbagbo, le président Gbagbo a envoyé Désiré Tagro pour inviter Soro et son parrain Blaise Compaoré du Burkina Faso à la table discussion. Il a dit à Soro, alors qu’il pouvait le donner à la CPI pour tous ses crimes, jeune frère, asseyons-nous et discutons. Et, contre l’avis de ses proches collaborateurs et amis, je cite par exemple Mamadou Koulibaly, le président Gbagbo a choisi de nommer Soro au poste de Premier ministre et de partager le pouvoir avec lui. Au lieu de dire merci président, il réclame justice contre lui. C’est ça la politique ? Je ne crois pas, c’est l’ingratitude. Mais que veut donc cette justice de Luis Ocampo, qui s’acharne après les victimes et protège les coupables ?»

Enfin ! «Comme l’a dit le président l’autre jour, devant la Cour, nous allons aller jusqu’au bout de cette histoire, et la vérité éclatera et on va savoir qui a fait quoi ; qui a tué, qui a violé, qui a divisé le pays, qui a pillé les ressources de notre pays ? Nous allons laver notre linge sale en public, c’est ça la volonté de Soro et Ouattara», conclut notre interlocuteur sur un ton plein d’émotion.

Vers 13 heures, la place était noire de monde ; le responsable du comité d’organisation prend alors la parole pour situer l’événement. Il entonne l’hymne national et la foule en chœur chante l’Abidjanaise. Puis Serge Kassy, l’infatigable patriote, est appelé au micro pour adoucir l’ambiance.

Il fait grâce à l’auditoire de son prochain single : «C’est vous» qui pointe un doigt accusateur sur qui sont les assassins, les criminels donc justiciables de la CPI. Suivons l’artiste :

«Ils sont partis dans le village de Blé Goudé

Ils ont tiré sur tout âme qui vit.

Ils sont allés dans le village de Didier Drogba,

Ils sont partis dans le village de Didier Drogba,

Ils ont tué tout âme qui y vivait.

Leur seul point commun,

C’est qu’ils viennent de l’ouest du pays,

Et qu’ils appartiennent à l’ethnie de Laurent Gbagbo.

Pour de simples élections,

Ils ont tué dans mon pays.

Egorgé, chassé tous ceux qui suivaient Gbagbo.

Je dis, c’est vous qui avez tué,

C’est vous les assassins.

La foule chauffée à blanc, -le thermomètre indiquait quatre degrés Celcius, le meeting peut débuter. C’est Guy Labertit qui prend la parole. Il remercie les participants et souligne que «c’est la première fois dans l’histoire qu’est organisé un rassemblement populaire pour soutenir un prévenu à la CPI» et d’ajouter que «si vous êtes là, c’est parce qu’il n’est pas normal que Laurent Gbagbo soit à la CPI». Il va ensuite s’appesantir sur la mission véritable de la CPI. La CPI, soutient-il, «ne dit pas le droit ; elle est là pour exécuter les volontés des grandes puissances occidentales». S’agissant de Laurent Gbagbo, dira l’orateur, «depuis qu’il a été élu en 2000 par le peuple de Côte d’Ivoire, et plus précisément depuis 2002, les puissances occidentales et la France en particulier n’ont eu d’autre dessein que de l’écarter de la présidence de la République de Côte d’Ivoire». Pour charger l’ancienne puissance tutélaire, l’orateur citera les coups d’Etat foireux de janvier 2001, de septembre 2002, les bombardements de Bouaké dans lesquels elle serait impliquée. Ces basses manœuvres ayant échoué, connaissant l’attachement de Laurent Gbagbo au suffrage universel, c’est au piège d’une élection truquée qu’ils réussiront, avec la complicité de l’ONU, à le prendre comme l’expliquera Guy Labertit.

Il soulignera que «pour relever le défi de l’élection, Laurent Gbagbo a «remis en jeu celui qui vient, aujourd’hui de façon odieuse, de le déporter de son pays, Alassane Ouattara. Si Alassane Ouattara a pu être candidat à l’élection présidentielle, il le doit à Laurent Gbagbo». Sur le truquage des élections de 2010, l’orateur qui dit avoir été témoin oculaire de leur déroulement donne quelque chiffres éloquents : «Sur 14 régions du pays qui représentaient 83% de l’électorat, Laurent Gbagbo avait plus de 7 points d’avance ; il avait 53,86% et Alassane Ouattara 46, 14%. Et sur les 5 régions du Nord qui représentent seulement 17% de l’électorat, le président Gbagbo qui avaient 7 points d’avance, s’est retrouvé avec 8 points de retard. Qui peut croire à la vérité de ce résultat ? M. Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire à la base de résultats frauduleux qui ont été appuyés par la communauté internationale». Enfin, expliquera l’orateur, les élections de 2010 étaient une imposture qui justifie la précipitation avec laquelle Alassane Ouattara «a voulu se débarrasser de Laurent Gbagbo du territoire national parce que sa présence en Côte d’Ivoire est une gêne pour lui. ça lui rappelle en quelque sorte que ce pouvoir n’est pas pour lui».

La présence de Laurent Gbagbo à la CPI concerne toute l’Afrique c’est pourquoi Guy Labertit s’est réjoui de la présence dans la foule de plusieurs amis africains. Au rang de ces militants, on peut citer pêle-mêle Gatien Zoumako du Togo, Sessou Roger Kouassi du Bénin, résidant en Italie, représentant le conseil mondial du panafricanisme et Olivier Dossou, président du Cercle de réflexions sur les questions africaines et internationales (MORAF), résidant en Belgique. Sur le sens de leur présence, Olivier Dossou : «On parle de la Côte d’Ivoire, on parle du Bénin, on parle de nous Africains. Ils doivent donc se mobiliser et soutenir la cause ivoirienne qui est une cause commune, en tant qu’elle concerne la dignité de l’Africain qui doit se dresser contre la colonisation sous toutes ses formes, contre le racisme et contre la soumission».

Il était 16 heures (15 h TU) quand le meeting s’est terminé. Rendez-vous a été pris pour le 24 décembre 2011, cette fois devant la prison de Scheveningen, faubourg de La Haye, qui abrite le quartier pénitentiaire de La Haye où est détenu le président Gbagbo pour passer la fête de Noël avec lui.

James Cénach envoyé spécial de Notre voie à La Haye

Monsieur Sarkozy, nous acceptons votre provocation en duel !

Comme vous, contre vous et pour l’Afrique, je m’en vais en mission de civilisation, dans cet Article 163ème de la Révolution Permanente. Une mission comme celles qui mettent en spectacles vos valeurs sacrées autour desquelles vous avez fini par bâtir votre réputation actuelle. Une des bien sinistres d’ailleurs.

Alors, permettez-moi de parler de vos valeurs pour que l’histoire retienne cela de vous, cher Monsieur Sarkozy.

Parce que les valeurs qui sont vôtres et que je note au passage, en scrutant vos exploits les plus glorieux du moment, me font froid dans le dos.

Car en Libye, je viens de vous contempler en spectacle. En mission pour imposer la démocratie sarkozienne et lutter contre la longévité au pouvoir et la longévité tout court de Monsieur Kadhafi et ses fils qui vous reprochaient votre ingratitude et vous demandaient de rembourser l’argent qu’ils vous auraient donné, vous avez fait bombarder des écoles primaires, des hôpitaux et réduit en champ de ruine plus de la moitié de la Libye ; ce qui donne en termes de nouveau palmarès personnel, pas moins de 100 000 civils tués que vous enregistrez à votre compteur pour la seule Libye.

Ici, les valeurs sarkoziennes, c’est lutter contre la longévité au pouvoir, lutter contre l’espérance de vie de ceux qui ne font pas votre affaire, tuer les enfants, petits enfants et membres de la tribu de quiconque est considéré par vous comme un ennemi ayant trop duré sur la terre et à la tête de son pays.

Je vous voie également en route vers la Syrie, l’Iran, la République Démocratique du Congo et bien d’autres destinations dans votre agenda secret, pour diffuser dans une puanteur de nouveaux cadavres de civils, vos valeurs.

Mais avant ces nouveaux théâtres de vos missions d’implantation de la démocratie sarkozienne, je vous ai vu en activité et en mission civilisatrice en Côte d’Ivoire. Ne faisant pas les choses dans la dentelle, vous y êtes allé sans état d’âme. Un génocide primaire du peuple Wê dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire avec au moins 2000 civils tués, plus de 3000 civils tués pour la seule ville d’Abidjan et, quelques exploits privés des mercenaires et bandits que vous avez armés en rajoutent à votre macabre palmarès.

Ici également, vos valeurs, c’était la mise en place d’un « véritable processus démocratique » qui n’a de chance d’aboutir qu’avec Laurent GBAGBO en déportation, un appauvrissement de tous les cadres jugés pro-GBAGBO Laurent, un emprisonnement systématique de tous les cadres du parti du même Laurent GBAGBO, un exil forcé pour tous ceux d’entre les Ivoiriens qui ont pu échapper à votre mission de domestication démocratique dans une Côte d’Ivoire en pleine déconfiture aujourd’hui.

Je ne vous en veux pas, je vous prie d’assumer !

Personnellement, je n’ai rien contre vous. Je ne vous en veux pas. Chaque être humain a ses valeurs. J’ai les miennes, vous avez les vôtres. Donc, je n’ai point à me plaindre de vous pour le simple fait que vos valeurs sont différentes des miennes. Sauf que voilà : votre liberté d’imposer la démocratie sarkozienne à traversé les frontières de la France pour venir causer le deuil chez les miens ; alors, je me permets de traverser par ma plume, le territoire français afin de vous imposer mon opinion sur vos valeurs. Et pour être honnête, j’ai réellement pitié de vous.

Je vous ai vu heureux à vous fendre la bouche d’un sourire large jusqu’aux oreilles, lorsque vous avez eu, à votre âge, je veux dire, à quelques pas de la retraite, un bébé, qui devra grandir, aller à l’école et bénéficier de la sécurité sociale, au moment où vous-même serez à la charge du contribuable français. Du point de vue de mes valeurs africaines, ce comportement est celui d’un homme qui manque de dignité. Vivre au crochet des autres avec un bébé à la main, c’est être indigne.

Toujours en regard de mes valeurs africaines, humilier moins violent que soi ou si vous voulez, maltraiter et donner la mort à moins fort que soi, c’est adopter une attitude de lâche et faire la preuve d’un simple instinct criminel. C’est pourquoi vos exploits criminels en Libye et en Côte d’Ivoire ont été vécus par ma modeste personne, comme l’expression d’un complexe de personnalité, qui consisterait pour vous à jouer le brave, le mâle qui crache le feu, le raciste qui tue sans état d’âme l’inutile africain, même quand cela est totalement inutile, juste pour prouver à qui vous savez que vous en avez plein le « coffre » pour faire perpétuer une tradition raciste vieille de plusieurs siècles.

C’est ainsi que je vous voie et je vous prie d’assumer celui que vous êtes à mes yeux.

Mais que devriez-vous assumer de plus que fondamental ?

La mort des civils dont j’ai parlé ? Votre conception toute particulière de la démocratie ? Ou votre mépris racial qui est le langage le plus universel de vos crimes de sang en Afrique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de cela.

En Côte d’Ivoire, il y a une expression qui dit : « si tu ne m’arranges pas, ne me dérange pas ».

Non seulement votre mentalité et votre regard de l’Africain dûment exprimé à Dakar ne nous arrangent pas, mais vous vous êtes permis d’aller au-delà, pour déranger mon peuple et son destin.

Alors, il va falloir assumer. Assumer notre droit à une légitime défense. Assumer notre droit à une colère proportionnelle et proportionnée à l’humiliation et au deuil que vous avez infligés et continuez à infliger à l’Afrique. Assumer votre destin uni au nôtre pour relever tous les défis du duel à mort dans lequel vous venez de provoquer par votre haine raciale et votre mépris de nos peuples, toute l’Afrique digne.

Alors, vaincre ou périr, tel est notre unique challenge dans ce duel que vous nous imposez à une époque de notre histoire où nous ne vous avons fait aucun mal.

Et pour être honnête avec vous, cher Monsieur, vous, vos supporters et vos alliés allez souffrir jusqu’à ce que la France soit réduite à sa plus simple expression en Afrique.

Car de ce duel, un seul vainqueur devra sortira. Et j’ai la conviction inébranlable que vous et votre suite serez vaincus pour toujours. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute pour l’Afrique digne. Vous serez vaincus. Tous autant que vous êtes !

A Très bientôt !

Hassane Magued