Le Blog de Aymard

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En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

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Il y a cinquante ans, Frantz Fanon appréciait l’Europe !

En relisant Fanon, on dirait qu’il a été témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler, de parler à ces chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

Frantz Fanon

‘’ Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ‘’(..). – Frantz Fanon.

Le 6 décembre 1961 disparaissait Frantz Fanon, médecin, combattant intrépide pour la défense de la cause des peuples du Sud et du Tiers monde. Fanon était également un penseur et homme d’action engagé totalement pour la révolution algérienne et africaine. Mais étant donné que ce que l’auteur de ces propos prémonitoires, mis en mis en exergue ci-dessus, a dit dans ce domaine est si vaste, nous nous conterons de mettre un peu en évidence les appréciations qu’il faisait sur l’Europe, dans son célèbre ouvrage ‘’Les Damnés de la terre’’ (édit. Maspero, 1961). L’Etat actuel de ce continent pris dans la tourmente financière (Grèce, Italie, Espagne, France, Portugal), place les vues de Frantz Fanon au centre de l’actualité de la ’’Mondialisation’’. Euphémisme pour désigner le capitalisme international en décrépitude.

Et c’est comme qui dirait qu’une certaine composante du Tiers-monde (des Portugais en désarroi), a entendu ce mot d’ordre précité de Fanon. Car Jean Paul Pougala nous renseigne que « nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. En Espagne, par exemple, 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits « riches » de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas de Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d’abord aux populations africaines. ‘’ (1)

Voici un constat qui conforte les vues de l’Antillais, qui était en avance de plusieurs longueurs sur nos roitelets de sa génération, comme les désignait notre ami Mongo Beti , et avec lesquels Fanon n’était pas du tout tendre. Voici d’autres considérations de Fanon, sur l’Europe :

‘’Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu’au nom d’une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l’humanité. Regardez-la aujourd’hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle’’.

‘’Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu’elle a tout réussi’’.

L’Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence. Et voyez combien l’ombre de ses monuments s’étend et se multiplie. Chaque mouvement de l’Europe a fait craquer les limites de l’espace et celles de la pensée. L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse’’.

En relisant ces passages des conclusions de cet ouvrage, on dirait que Fanon était témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler. De parler à ces Chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

‘’Allons, camarades, le jeu européen est définitivement terminé, il faut trouver autre chose. Nous pouvons tout faire aujourd’hui à condition de ne pas singer l’Europe, à condition de ne pas être obsédés par le désir de rattraper l’Europe.

L’Europe a acquis une telle vitesse, folle et désordonnée, qu’elle échappe aujourd’hui à tout conducteur, à toute raison et qu’elle va dans un vertige effroyable vers des abîmes dont il vaut mieux le plus rapidement s’éloigner.

Il est bien vrai cependant qu’il nous faut un modèle, des schèmes, des exemples. Pour beaucoup d’entre nous, le modèle européen est le plus exaltant. Or, on a vu dans les pages précédentes à quelles déconvenues nous conduisait cette imitation. Les réalisations européennes, la technique européenne, le style européen, doivent cesser de nous tenter et de nous déséquilibrer’’.

« On lit Fanon, on prend son crayon, on commence à souligner les passages mémorables, on vibre, on bout, puis on arrête. C’est tout le livre qu’il faudrait souligner ‘’ – Louis-Georges Tin, in « Monde du livre », 4 novembre 2011.

Mais pourquoi nos hommes d’Etat ne veulent-ils pas, ou n’ont-ils pas voulu écouter Fanon ? Dans ‘’Lettre à la Jeunesse africaine’’ publiée dans le Journal algérien, « El Moujahid » du 24 mai 1958, publiée dans ‘’Pour la Révolution africaine’’ (édit. Maspero 1969), Fanon, très acerbe envers le député français Houphouët Boigny, signalait : ‘’Nous devons à la vérité de vous dire que presque tous vos représentants mystifiés par un phénomène d’aliénation très grave, ont toujours opposé à nos démarches le respect de la légalité républicaine française’’.

C’est certainement en vertu de cela que les termes « souveraineté », « indépendance » sont devenus des mots tabous chez nos hommes d’Etat d’Afrique francophone. Après avoir restitué l’acte d’indépendance de nos pays à De Gaulle, Giscard D’Estaing, Chirac ou Sarkozy, la Guyane, Mayotte, La Nouvelle Calédonie, La Mantique, La Guadeloupe, La Polynésie, etc., on ne connait pas ! Autrement dit, pour la France, c’est des DOM ou des TOM. Entendez des parties de la France appelées Départements d’Outre-mer ou Territoires d’Outre-mer. A Mayotte on reconduit à la frontière des natifs de leur propre pays, Les Comores. Fanon doit sursauter là où il est !!!

Disons simplement que colonisés qu’ils sont, non seulement ils (Les préfets des DOM TOM) n’écouteront jamais Fanon, mais ils n’oseront piper mot, à fortiori dénoncer ce carcan appelé Accord de coopération, que d’autres (Pr Agbohou et Séraphin, notamment) appellent ‘’Pacte colonial’’. Pacte constitué du triptyque : 1/Le compte d’opération du Trésor français, vampire des trésors et économies africains. 2/ Le franc CFA et L’UMEOA et 3°/ les bases françaises.

A voir le comportement de certains intellectuels africains et du Tiers-Monde, carrément pro-impérialistes, acquis à la vision des maitres du monde capitaliste, prêts à répéter les prêchi-prêcha et autres slogans débiles du FMI et de la Banque dite mondial, donc des pseudos intellectuels obnubilés par le lucre, les devises sorties de douteuses ONG, stipendiés par des officines aux puissances activités opaques, on ne peut manquer de dire que Fanon fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les hommes ‘’paranormaux’’ parce qu’ayant refusé ‘’de servir l’exploiteur contre leur peuple’’ : Nkrumah, Mamadou Dia, Lumumba, Cheikh Anta Diop, David Diop, Amilcar Cabral, Sékou Touré, Fidel Castro, Che Guevara, Bakary Djibo, Felix Moumié, Tidiane Baidy Ly,Thomas Sankara, etc. Car, Fanon, ancien résistant de la guerre (1935-1945), médecin, écrivain, fils d’un ancien haut fonctionnaire du cadre métropolitain, pouvait bien avoir sa place au soleil. Mais il n’a pas voulu de cette place et s’est engagé comme ‘’Moujahid’’, à coté de ses camarades algériens du FLN (Front de Libération National). Transcendant ainsi toutes les barrières culturelles ou religieuses et toutes les contingences sociopolitiques, de son temps.

Nous terminons, pour engager la jeunesse du Tiers monde à se pénétrer leur histoire en étudiant les œuvres des hommes de la dimension de Frantz Fanon, pour ne pas ‘’se laisser égarer et duper’’ comme disait Mao Tsé Toung. En cela, nous considérons que les prises de position de notre jeune camarade et compatriote Malick Noel Seck (injustement emprisonné par le régime d’Abdoulaye Wade, en ce moment), notamment sur la crise ivoirienne, l’intervention remarquable de la jeune militante Djeyna Ba, de Guinée lors du Forum Social Mondial, en février 2011, donnent de l’espoir. Malgré le fait que l’écrasante majorité la jeunesse africaine et de la plupart des pays dominés du tiers-monde, aujourd’hui, est abandonnée à elle-même.

A Dakar, à Fort-de-France (‘’l’épicentre’’ de la célébration des idées du combattant intransigeant (du 06 au 09 décembre), les panelistes, d’anciens dirigeants du mouvement étudiant en France, ou ses amis, ne manqueront ne revisiter, plus profondément, l’œuvre du grand disparu.

Ababacar Fall «Barros»

* Ababacar Fall-Barros est membre du GRILA

NOTE

(1) Opération Exodus – L’Afrique fait rêver les Européens et, la diaspora ?

Numéro 216 pambazuka News

Côte d’Ivoire : selon son Oncle adoptif, Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Abou Cissé : Ce nom vous est désormais familier. Est-ce un anticonformiste comme il en existe dans toutes les familles ou un idéaliste ; un homme qui croit encore à la valeur de la Vérité et qui a son cœur attaché à la Justice ?

Je peux peut-être me tromper. Mais cet homme a son cœur attaché à la Justice et à la Vérité. C’est le genre de personnes quand vous les avez comme amis, votre foyer ne connaît jamais de crise, votre famille est toujours en paix et s’ils dirigent un village, il se développe parce qu’ils créent un environnement de justice pour le faible et protègent la veuve et l’orphelin. Je te salue cher Aîné, si tu lis cet Article 160ème de la Révolution Permanente.

Alors l’Aîné Abou Cissé excédé par l’ingratitude, la méchanceté sans borne, la couardise de ce faux neveu s’est senti le devoir de lâcher le mot :

« Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

Abou Cissé : C’est une honte pour la Côte d’Ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n’est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara​ vient de signer l’arrêt de mort de la Côte d’Ivoire. C’est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu’Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n’est pas digne de lui. Dans tous les cas, il va le payer très cher. C’est son totem qu’il vient de manger. Il s’est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.»

« Malgré l’appel de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane l’a transféré à la Cour pénale internationale…

Abou Cissé : Quand dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n’aurait pas fait ce qu’Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n’est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l’inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C’est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié. »

Par deux fois dans la même interview réalisée par le confrère Yacouba Gbané du Quotidien le Temps, l’Aîné Abou Cissé persiste et signe : Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Voilà qui est clair. Si Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien, c’est qu’il est un faux Ivoirien. Donc un Ivoirien avec une citoyenneté usurpée, qui ne comprend rien à la vraie Fraternité ivoirienne et qui se comporte comme on le ferait dans son vrai pays.

Alors question au Tonton Abou Cissé : quel est le vrai pays et la vraie citoyenneté de celui que vous décrivez comme « le problème de la Côte d’Ivoire » ?

Je ne vais pas vous embarrasser davantage mon Aîné. Ouattara est un Voltaïque de l’ethnie GOUIN dans la région du Banfora où vivent majoritairement les ethnies Karaboro, Gouin, Turka et Sénoufo en grande partie agriculteurs. Il est né jumeau dans le Banfora mais son frère jumeau est mort à la naissance ainsi que sa mère. Alors orphelin, il fut recueilli par son oncle expatrié en Côte d’Ivoire et marié à Dame Nabintou Cissé votre sœur. L’oncle de Ouattara était polygame et avait une femme de sa région natale. C’est à cette femme que la garde de Ouattara avait été confiée. Mais elle était si paresseuse, selon des témoins encore vivants, que ce fut Dame Nabintou Cissé qui s’occupa du petit Dramane jusqu’à l’âge de sept (7) ans où devenu un peu plus grand, il fut retourné à son Père dans le Banfora et fut scolarisé. A cette époque, Ouattara était appelé Mossi Dramane par les petits Sénoufo ivoiriens qui vivaient dans la même cour que lui. L’attachement de Ouattara à Dame Nabintou Cissé viendrait de ce que cette femme aimante l’aurait toujours traité comme l’un quelconque de ses enfants. La vérité, c’est que Ouattara n’est pas un Cissé, il n’a aucun sang Cissé. Il est un imposteur quand il dit qu’il est le fils biologique de Dame Nabintou Cissé.

Ces informations sont connues de toutes les chancelleries sérieuses qui ont cherché à comprendre l’histoire de ce faussaire qui est le « vrai problème de la Côte d’Ivoire ».

La Vérité est enfin sortie de la bouche d’un proche : « Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien ». Il est un usurpateur de citoyenneté. C’est pourquoi il fait du mal aux Ivoiriens et détruit la Côte d’Ivoire.

A Très bientôt.

Hassane Magued

Première prestation de Laurent Gbagbo à la Haye, Le camp Ouattara perd la sérénité

On s’attendait plus ou moins à une réaction du camp Ouattara à la première comparution du Président Laurent Gbagbo. Mais, on ne s’attendait pas du tout à une telle frilosité faite de haine venimeuse, et d’intox. « On a l’impression qu’ils ont voulu rapidement ramener leurs lecteurs éblouies par la sortie de Gbagbo, à leur réalité faite de haine pour tout ce qui n’est pas de leur camp », analyse un « titrologue » rencontré devant un kiosque à journaux.

Jugez-en ! « Première comparution de Gbagbo devant la Cpi « Tout est faux ! » « Voici ses mensonges », a titré Le Patriote, le journal du Rdr, le parti de M. Ouattara. « Première comparution devant la Cpi : « Gbagbo, première spirale de mensonges », titre le Nouveau Réveil, journal du Pdci, parti vassal du Rdr, donc de M. Ouattara.

Du Séjour du Président Laurent Gbagbo à Korhogo

Mais au fond, que valent les écrits de ces journaux qui ont semble-t-il reçu pour mission de rayer le nom et la bonne image du Président Gbagbo de la mémoire de la majorité des habitants de la Côte d’Ivoire. Le Patriote insiste sur le fait que le président Gbagbo se soit plaint de ses conditions de détention à Korhogo. « S’agissant de ses conditions de détention à Korhogo, Gbagbo enfonce le clou de la contrevérité jusqu’à laisser croire qu’il était traité comme un véritable condamné à mort, qui « ne savait ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait dehors. » Et le journal de rappeler ce que le Président Laurent Gbagbo aurait confié aux Elders (Desmond Tutu, Kofi Annan.) le 2 mai 2011, quand ceux-ci sont allés rendre visite dans sa prison à Korhogo. « Je mange bien, je dors bien, je suis bien traité », aurait déclaré le président. On ne sait pas d’où le journal de Ouattara tire cette phrase qu’elle attribue au Président Laurent Gbagbo. D’autant plus que les journalistes n’ont pas eu accès à la salle où s’est tenue la rencontre.

On le sait, l’actuel pouvoir sait faire distiller des informations qui ne sont pas justes pour servir sa cause. Mais, de quoi se plaint au juste le journal de Ouattara ?

Dans sa déclaration à La Haye, le président Gbagbo a dit exactement ceci : « j’étais logé dans une maison : lit, moustiquaire, douche, deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois (repas, ndlr). Donc, le problème n’était pas là. Mais, je ne voyais pas le soleil et je ne savais pas ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. (.) Je n’ai vu le soleil que les quelques rares fois où mes avocats sont venus », a-t-il expliqué. On voit que bien que le Président Gbagbo n’a jamais dit qu’il ne mangeait. Bien au contraire, il dit qu’il avait droit à deux repas à sa demande sur trois qu’on lui a proposés. Et qu’il avait un lit, une moustiquaire, une douche. Ce qu’il a dénoncé, c’est le fait d’être enfermé jour et nuit. Sans voir la lueur du jour. C’est effectivement, comme le dit le journal du Rdr, comme ça qu’est traité un condamné à mort. Question de fond : est-ce que le Patriote peut démontrer le contraire ? En effet, nulle part dans le papier de nos confrères, le contraire des propos du Président Gbagbo n’est démontré. Il n’y a que des affirmations gratuites.

De l’intervention de l’armée française

Autres choses. Le même journal dit que c’est sous le mandat 1975 de l’Onu que pour « détruire les armes lourdes de Laurent Gbagbo que la licorne a dû intervenir par des tirs précis.» Pendant que poursuit-il, « les forces pro-Gbagbo massacraient les civils ivoiriens, dont 3000 sont tombés. » Première remarque. Dans sa brève mais riche déclaration, celui que Ouattara hait, a dit que « la résidence du président de la république bombardée du 31 mars au 11 avril (.) C’est l’armée française qui a fait le travail et nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore des forces régulières. » Comme le dit, Le Patriote, la résolution dit de détruire les armes lourdes. Pas d’un camp précis. A la pratique, on a vu que ce sont seulement les armes lourdes de l’armée régulière ivoirienne qui ont été détruites. Les armes lourdes des rebelles ne l’ont pas été.

Deuxième observation, il n’a jamais été dit dans cette résolution que la résidence du président de la république devait être réduite en cendres. Et pourtant ça a été le cas.

Troisième observation, les 3000 morts pour peu qu’on ait une dose de bon sens, n’ont pas été occasionnés par les seules forces régulières. Les Frci, la force licorne, la force de l’Onuci ont commis des massacres connus de tous. Au final, le Président Laurent Gbagbo n’a dit aucune contrevérité. Mais, au contraire, c’est ceux qui lui apportent la contradiction qui veulent réécrire l’histoire à leur profit en voulant en vain, effacer le massacre de 800 Guérés à Dukoué, l’attaque armée en septembre 2002 de l’Etat de Côte d’Ivoire avec toutes ses suites macabres. La contestation des résultats tels que proclamés par le conseil constitutionnel avec l’appui de l’Onu et de la France. C’est ce cocktail explosif qui nous a conduits à cette situation révoltante où le vainqueur par les armes impose sa justice.

Mais au-delà du caractère épidermique des réactions, c’est surtout la panique du nouveau pouvoir face au réveil brutal du « monstre » qu’il croyait avoir définitivement mis à mort à la suite de huit mois d’enfermement et de maltraitance. Complètement sonné comme un boxeur ayant pris un uppercut, à l’instar du procureur Luis Moreno Ocampo, le pouvoir a préféré envoyer au front ses soldats les plus fidèles, le temps de retrouver ses esprits. Pour des réactions pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

Coulibaly Zié Oumar(notrevoie)

Après la déportation de Laurent Gbagbo : Alassane Ouattara rit jaune

Le procès du prisonnier politique de la France, Laurent Gbagbo, a certes  commencé avec l’«audience technique» au cours de laquelle il était question de lui signifier à nouveau qu’il est «soupçonné» (par ceux qui l’ont arrêté le 11 avril 2011) d’avoir commis des «crimes contre l’humanité», des «meurtres» et des «viols»… Mais les choses, nous dit-on, ne se sont pas passées comme les partisans Ouattara l’avaient prévu, au regard de ce qu’on leur a fait croire.

En effet, alors qu’ils s’apprêtaient à célébrer l’«heureux» évènement attendu par le Rhdp avec tambour et trompette, leur joie a été amèrement édulcorée par la tournure que la première comparution du président Gbagbo a prise. Il faut dire que Ouattara paye une fois encore le prix de ses manœuvres de manipulation, de l’intoxication et de la désinformation qui finissent toujours par le rattraper. Le régime avait convaincu ses partisans que dès l’entame du procès, Laurent Gbagbo serait accablé sous les accusations et aussitôt lourdement condamné, «sans appel» à «la prison vie», voire à «la peine de mort». Si bien que pour les militants du Rdr –rébellion, la journée du 5 décembre 2011 signifiait l’anéantissement total du père fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi), la disparition définitive de l’homme Gbagbo et de ses idées qui dérangent tant.

Ainsi, dans l’esprit de ceux-ci, la sentence que devait prononcer systématiquement la Cpi, le jour même était la «solution finale» au problème Gbagbo. De sorte qu’on n’entendrait plus jamais parler de lui. Voici décrit l’état d’esprit des partisans de Ouattara qui s’étaient massés devant leurs téléviseurs, pour assister au «dernier jour» en quelque sorte de l’illustre prisonnier politique. Mais ils ont dû rapidement revenir de leurs illusions quand ils ont compris que la Cpi se limiterait à lui rappeler les chefs d’accusation et à l’interroger sur les conditions de sa détention. Une brèche qui lui a d’ailleurs permis de revenir, de façon inattendue, sur les conditions de son arrestation pour rappeler que c’est l’armée française qui a exécuté sur le terrain tout le «travail» qui a conduit à son renversement. Au grand dam du camp Ouattara qui, non seulement déçu de ne pas voir les juges de la Cpi sermonner vertement Gbagbo à la barre comme il s’y attendait, a dû souffrir de constater que l’accusé a eu l’occasion de se défendre et l’a fait avec intelligence. Et que les choses sont loin d’être terminées, avec la fixation de sa seconde comparution en juin 2012. Surtout qu’en Côte d’Ivoire, l’on ne sait jamais ce que le lendemain nous réserve. Mais passe encore pour les vainqueurs de n’avoir pas pu brandir le trophée de guerre pour célébrer en grandes pompes leur exploit.

La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye leur enlève un faux prétexte que le pouvoir a souvent utilisé pour justifier son incapacité à remettre le pays debout et à tenir les promesses des «pluies de milliards» que les pays d’Europe étaient censés déverser sur la Côte d’Ivoire. «C’est parce que Gbagbo est encore en Côte d’Ivoire que Ouattara ne peut pas travailler. Le jour où on va le déporter à la Cpi, tout sera normal», ne cessaient dire les lieutenants du nouvel occupant du palais à leurs militants.  On espère donc que Ouattara et ses relais médiatiques vont enfin arrêter de faire de Laurent Gbagbo leur tasse de thé tous les matins, pour que le régime se  mette «au travail». Les Ivoiriens attendent toujours les solutions aux problèmes de la pauvreté grandissante, du chômage, de la cherté de la vie, de l’école et en particulier de l’Université…

Assurément, la déportation de Gbagbo à la Haye a ses revers pour de dictateur d’Abidjan. Car les partisans de Ouattara, à l’instar des populations du pays, seraient eux-mêmes vraiment déçus que le pouvoir continue de parler de Laurent Gbagbo à longueur de journée, plutôt que de sortir la Côte d’Ivoire du bourbier où il l’a plongé.

K. Kouassi Maurice

Appel du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire en faveur de la liste Côte d’Ivoire – Démocratie Révolutionnaire

A la classe ouvrière, Aux paysans et paysannes, Aux travailleurs et travailleuses des villes et des campagnes, Aux femmes, A la jeunesse, Aux peuples, Aux patriotes et anti-impérialistes !

Voilà des années que vous menez des combats politiques pour la liberté et la démocratie ainsi que des combats pour l’amélioration de vos conditions de vie et de travail. Dans ces combats, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire vous a toujours soutenus du mieux qu’il a pu. Ce parti vous a toujours montré que vous détenez seuls les leviers de votre émancipation, son apport consistant essentiellement à vous orienter, à signaler les écueils et les pièges à éviter. Il vous a, en particulier, conseillé de ne pas faire confiance à une personne qui vous dit : « suivez-moi ou votez pour moi afin que je trouve des solutions à tous vos problèmes. » En faisant confiance à vous-mêmes, en prenant votre destin en mains vous faites la révolution, c’est-à-dire que vous devenez les principaux acteurs de votre vie, c’est-à-dire aussi que vous prenez l’option de mettre en place un pouvoir souverain, capable de prendre les meilleures décisions pour votre bien-être.

Le Gouvernement Ouattara/Soro a fait de nombres promesses. Il ne cesse d’indiquer qu’il a des solutions à tous les problèmes sociaux, économiques et de libertés. Pour cela, il a ouvert un certain nombre de chantiers : réparation des infrastructures détériorées ; assainissement de l’environnement ; amélioration du fonctionnement de l’école. Il a promis l’ouverture d’autres chantiers : moralisation de la vie publique ; réalisation de gros investissements pour accroitre la richesse nationale et créer beaucoup d’emplois. Tout cela est bien. Mais nous sommes obligés de répéter qu’il n’y a pas de meilleure façon d’amener les gouvernants à respecter leurs engagements que de les mettre sous la surveillance des peuples ; ceux-ci sont tenus de se donner les moyens d’exercer un réel contrôle sur l’action gouvernementale. Pout réussir cette pression, nous avons, avec vous, expérimenté avec des succès visibles, la mobilisation et la démonstration de force dans les villes et villages, les entreprises, les plantations, les champs, les marchés.

Toutefois, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire veut ici vous appeler à une autre expérience. Cette expérience, complémentaire de celle évoquée ci-dessus, va vous amener à présenter des candidats de votre choix aux élections législatives de 2011 sur les listes intitulées « Côte d’Ivoire – Démocratie Révolutionnaire » sous la bannière du Parti Communiste Révolutionnaire. Bien que le parlement ivoirien fonctionne pour l’essentiel comme une chambre d’enregistrement des décisions du gouvernement, cette expérience électorale mérite d’être tentée. En effet, même si la démocratie révolutionnaire n’envoie qu’un seul député au parlement, ce seul député sera capable de porter la voix des travailleurs et des masses populaires, inaugurera une nouvelle manière de se mettre au service des peuples. Il montrera que bien qu’un député ne dispose pas d’un budget pour le développement national, régional ou local, il doit rester à l’écoute des populations, il ne doit pas disparaître une fois élu pour ne réapparaître que lors des élections suivantes. Les candidas de la liste Côte d’Ivoire – Démocratie Révolutionnaire, au cours de la campagne électorale et pendant la législature, s’ils sont élus, montreront que la qualité de bon député ne se mesure pas à sa capacité de corrompre les électeurs, ou à acheter les consciences, ou à faire des promesses dont on sait, par expérience et compte tenu des vraies missions et des moyens du député, qu’elles ne seront pas tenues.

Chers électeurs, la lutte parlementaire à laquelle le PCRCI vous appelle sera menée sur la base des principes opposés à la démagogie, c’est-à-dire aux promesses mensongères. Les candidats de la démocratie révolutionnaire ne feront pas n’importe quelle promesse aux peuples. Ils se limiteront à montrer comment ils contribueront à l’amélioration du cadre législatif et comment ils se dévoueront à travers des activités permanentes à l’information des populations sur les lois et à l’orientation de ces populations sur les voies menant à la réalisation de leurs aspirations. Ainsi donc, pour les élections législatives 2011, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire a-t-il le grand plaisir de vous informer qu’il conduit deux (02) listes. Ces listes sont présentées dans les circonscriptions suivantes : – Bédiala _ Gonaté – Gadouan – Yopougon Soutenez massivement les listes « Côte d’Ivoire _ Démocratie Révolutionnaire » ! En avant pour la victoire des listes : « Côte d’Ivoire _ Démocratie Révolutionnaire », pour le triomphe d’une nouvelle manière de mettre le mandat parlementaire au service des citoyens !

Abidjan

Le Comité Central du PCRCI

Conférence des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente à Cotonou, l’ombre de Gbagbo a plané

Les chefs d’Etat du Conseil de l’Entente ont célébré la messe de la refondation du Conseil de l’Entente. Yayi, Ouattara, Faure, Issifou, Compaoré ont, semble-t-il, réfléchi sur les voies et moyens pour ressusciter l’organisation. Pendant qu’ils se rassemblaient, le plus panafricaniste des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente, Laurent Koudou Gbagbo comparût devant la Cour Pénale Internationale.

L’actualité, c’est bien Laurent Gbagbo et non les élucubrations de seigneurs de guerre imposés comme Chefs d’Etat dans le Conseil de l’Entente. Derrière le sourire narquois du banquier rebelle, se révèle un mensonge. Ce banquier rebelle avait déclaré que son prédécesseur était bien traité à Korhogo. Faux ! Voici comment Laurent Gbagbo était traité : « … il n’avait droit qu’à un lit, une moustiquaire, une douche et deux repas par jour et n’a pu voir la lumière du jour ». C’est dans cet océan de mensonges que s’est ouvert le conclave des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. A part les journalistes de service, les travaux n’ont intéressé personne.

A Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Niamey et Cotonou, ce qui a fait l’actualité, ce sont les propos de Laurent Gbagbo : « Je ne suis plus un jeune homme, j’ai 66 ans. Mon épaule me fait mal, mes poignets me font mal. ».

Comme on peut le constater, la réunion de Cotonou a été une messe inutilement dépensière. Que peut-on construire de durable et de solide sur un sable mouvant de mensonges ? Rien, absolument rien.

La réunion de Cotonou prouve une fois encore que nos Etats sont dirigés par des lettrés et non des intellectuels.

Tout le long de la cérémonie, il n’y avait rien d’africain. Nos roitelets de chefs, ils étaient en costume sous ce chaud soleil, tels les nègres de la période coloniale. Pour développer le conseil de l’entente, il est impérieux que nous soyons nous mêmes, culturellement, philosophiquement et politiquement. Ce n’est pas le cas. Culturellement, extravertis, les nouveaux chefs ont trahi la pensée des pères fondateurs. Ils ont bavardé, pris du vin et ne pourront mettre en œuvre que ce qui est bon pour l’Elysée. Cette génération de Chefs d’Etat est l’ennui du développement de l’espace de  « mésentente ».

La valorisation de la richesse endogène devrait être une préoccupation, un symbole, une exhortation. Il y a de quoi, regretter le Ghana. Philosophiquement, le conseil de l’entente n’a pas une pensée dominante. Il veut naviguer à vue. Ce qui importe, c’est d’abord l’idée. Sans elle, rien n’est possible. Le développement, c’est un comportement, c’est le respect du sacré. Lorsqu’on fragilise les institutions en les sabordant à l’extérieur, on ne fait que le lit de la fragilisation. Regardez, un peu là -haut, la Présidence est une institution. Lorsqu’un ancien Président de la République est livré à la justice dite internationale, aussi bêtement qu’un vulgaire voleur de  « Placali », il n’y a rien de respectable pour ce pays-là. Dans un monde aussi globalisé que le nôtre, ce qui compte, c’est moins le discours long et ennuyeux de la refondation que la capacité à montrer une force de caractère qui permette d’imposer le respect.

La refondation du conseil de l’Entente aurait été une bonne chose si la base a été l’éducation et la mise en commun des programmes de formation. Il faudra bâtir l’avenir. Comment former des magistrats de qualité dans l’espace, des philosophes de haut niveau capables d’insuffler dans le subconscient collectif qu’être marionnette de quelqu’un, fût-il riche, est une honte, une déshumanisation et une injure à la vie sur terre. L’Afrique partout a le même problème. L’homme noir est un ennemi pour lui-même. Lorsqu’apparaît une lumière, on cherche rapidement à l’éteindre par tous les moyens.

Il n’y a rien à espérer de bon et de bien du Conseil de l’Entente. Ils ont déjà tout partagé, plus rien ne devrait étonner. Des chefs sous-tutelle, se réunissent pour s’affranchir !!! Il vaut mieux en rire pour suivre plutôt l’actualité honteuse de la Cpi. La réunion de Cotonou n’a fait que montrer des Chefs d’Etat fatigués, déprimés, abattus, accablés et préoccupés par la fragilité de leurs régimes.

Herbert Houngnibo

Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Déportation de Gbagbo à la Haye, Rawlings dénonce un « enlèvement »

John Jerry Rawlings

J‘ai appris avec consternation que le président destitué de Côte d’Ivoire, Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à une inculpation rapide, en totale violation du code international des procédures et au mépris total des exigences de la paix en Côte d’Ivoire.

Ce transfert fait suite a une procédure tellement rapide, qu’il peut être légitimement décrit comme un enlèvement.

Mes soupçons augmentent encore plus, lorsque le procureur affirme avoir pour cibles six officiels en Côte-d’Ivoire, mais insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible d’échapper parce que déjà en détention.

Cet empressement à inculper et à faire transférer Gbagbo [qui n’a pas couru s’échapper durant le bombardement de son palais] comme un criminel de droit commun, défie la logique d’une quête de véritable réconciliation et d’une paix durable en Côte d’Ivoire.

Après cinquante ans d’indépendance, l’Afrique devrait avoir tous le savoir-faire pour apporter la justice à ses propres citoyens et faire disparaître la justice importée.

Quel genre de poursuites plutôt hâtée consiste à traduire en justice la victime d’une attaque, et à être indulgents avec l’auteur de l’attaque?

Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice est baignée dans une mer d’humiliation et d’abus, de façon à être régi par la haine de soi-pensants avec sa logique intenable, il sied à la conscience humaine de se lever contre cette justice, pour le bien de tous.

Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet car nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet parce-que tous membres actifs de ce drame humain.

John Rawlings

Source : http://www.facebook.com/pages/La-Majorit%C3%A9-Pr%C3%A9sidentielle-Officielle/139464519462900

ENGLISH VERSION


STATEMENT BY H.E. JERRY JOHN RAWLINGS ON THE TRANSFER OF PRESIDENT LAURENT GBAGBO TO THE INTERNATIONAL CRIMINAL COURT (ICC)

I have learnt with dismay reports that deposed President Gbagbo of Cote d’Ivoire has been transferred to The International Criminal Court (ICC) on Tuesday, November 29th, following a speedy indictment, in total violation of relevant international code of procedures and in total disregard for the demands of peace in Cote d’Ivoire.

This transfer followed a procedure so hasty that it could be rightfully described as abduction.

My suspicion grows even more, when the prosecuting attorney claiming to be targeting six officials in Cote d’Ivoire, unduly focuses on Gbagbo, the one who is least likely to escape due to his being already in custody.

This eagerness to indict and transfer Gbagbo, who did not run in the face of the bombing of his palace like a common criminal, defies logic and the quest for true reconciliation and sustainable peace in Cote d’Ivoire.

After fifty years of independence, Africa should have all the knowhow to bring justice to its own citizens and do away with imported justice.

What kind of prosecution would rather be in haste to bring to justice the victim of an attack, and be lenient on the perpetrator of the attack?

No one is trying to evade justice. But when such justice is drenched in a sea of humiliation and abuses, so as to be governed by self-righteous hatred with its untenable logic, it only befits human conscience to stand up against it for the good of all.

We will not be silent about this because we must not be silent about it as participating members in this human drama.

Libération de la Côte d’Ivoire : prières, lutte démocratique ou action ?

Que voulons-nous au-dessus de tout ? Que rêvons-nous par ces heures ténébreuses pour la Côte d’Ivoire ?

Pour que nous nous comprenions assez facilement, je vais utiliser une technique de communication préconisée par Dale Carnegie en matière de négociation. D’abord, relevons nos points d’accord. Ensuite, mettons en évidence nos points de désaccord. Et ensemble, faisons des concessions pour trouver un consensus.
Alors on y va. Quels sont nos points d’accord pour la Côte d’Ivoire ?

Très simple. Nous voulons que la Côte d’Ivoire soit :

– libérée du joug colonial français instauré à travers une imposture voltaïque ;

– libérée de l’insécurité endémique créée par la rébellion armée de Ouattara baptisée FRCI ;

– libérée du faux servi quotidiennement aux Ivoiriens ;

– libérée des manœuvres d’appauvrissement du pays par un surendettement pour rembourser le coût des efforts de guerre de la France et non pour financer l’Economie nationale ;

– libérée de l’insulte faite à l’intelligence des Ivoiriens avec les vieux retraités français qui pullulent dans les Administrations de la Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 ;

– libérée de l’exil forcé de centaines de milliers de cadres et jeunes de la Majorité Présidentielle ;

– et chose toute aussi fondamentale, nous voulons la libération du Président GBAGBO et de tous les cadres, sympathisants et militants du FPI (Front Populaire Ivoirien) faits prisonniers à partir d’accusations imaginaires pendant que les criminels qui devraient se trouver en prison se la coulent douce avec les avoirs de leurs victimes.

Voici ce que nous voulons. Tous, sympathisants, militants, amis de la Majorité Présidentielle.

Quels sont alors nos points de désaccord ?

Pas compliqué non plus. Le point essentiel qui donne lieu à une divergence d’opinion concerne les moyens et les méthodes pour obtenir ce que nous voulons tous.

Certains préconisent la prière de combat adressée au Dieu Tout Puissant à l’effet d’obtenir son intervention spectaculaire dans le malheur qui s’abat sur la Côte d’Ivoire pour qu’enfin ce pays soit restauré. Je ne sais pas trop en quoi consistera cette intervention spectaculaire car les voies de Dieu sont insondables. Les Serviteurs de Dieu pourraient nous éclairer davantage.

D’autres pensent qu’il faut mener la lutte sur le terrain démocratique enseigné par le Président GBAGBO. Une lutte aux mains nues comme Charles Blé Goudé en parle assez souvent. Cela passerait par des meetings, des mouvements sociaux (grèves syndicales, manifestation de colère d’étudiants et élèves, marches de protestation), actions en Justice, dénonciation des dérives auprès de la Communauté Internationale pour récolter des condamnations et des pressions diplomatiques et à la clé, un soulèvement populaire ou des élections sanction pour débarrasser le pays de la gangrène. Bien évidemment, il y a parmi ceux qui se font chantres de la Démocratie par la lutte aux mains nues, des personnes qui ont recours à la prière adressée au Dieu Tout Puissant comme source d’énergie pour atteindre les résultats recherchés.

Enfin, il y a cet autre groupe-là qui pense que les conditions ne sont pas réunies pour mener une lutte démocratique avec les mains nues. Ce groupe pense que Ouattara est un objecteur de loi et de libertés démocratiques. Chez cet homme, la fin justifie les moyens. Aussi, face à un tel individu, il faut sortir des doctrines d’écoles pour adapter la lutte aux circonstances. La Révolution Permanente fait partie de ce groupe. Elle croit ce qui suit : la prière au Dieu Tout Puissant doit être la base, le pilier qui porte le combat révolutionnaire afin que les forces occultes qui ont permis à l’imposture de s’installer soient vaincues dans le spirituel. Mais une fois ces forces occultes vaincues dans le spirituel, avec l’aide de Dieu, il faut mener l’action pour vaincre l’imposture dictatoriale par un combat physique. Ce combat physique doit être compris comme celui mené par Josué (Josué Chapitre 6) lorsqu’il prenait possession de Jéricho. Après avoir prié et fait chuter les murs de Jéricho, Dieu ordonna à Josué d’entrer dans la ville avec son armée et de tuer tout ceux qui se sont faits ennemis de Dieu y compris leurs animaux.
Peut-être que cet extrême ne sera pas forcément le cas de la Côte d’Ivoire en termes de combats et d’effets collatéraux. Mais nous restons convaincus que la prière sans l’action de terrain ou la lutte dite démocratique aux mains nues ne sont pas adaptées à la situation que nous vivons en Côte d’Ivoire.

Voici donc exposé nos points d’accords et notre divergence d’opinion sur les moyens et méthodes pour obtenir la libération de la Côte d’Ivoire.

Il nous appartient de trouver à présent un consensus et de dégager une ligne claire pour obtenir la libération de la Côte d’Ivoire.

Mais en attendant, chacun de nous se donne les moyens pour obtenir la libération du pays avec les méthodes et les moyens qui fondent sa conviction.

Après tout, l’essentiel, n’est-ce pas libérer la Côte d’Ivoire avec la volonté de Dieu ?

A Très bientôt.

Hassane Magued