Le Blog de Aymard

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Le regard de Plantu – Standard & Poor’s

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Les BRICS se défilent pour aider l’Europe

La Russie est prête à donner à l’Europe jusqu’à 10 milliards de dollars pour la lutte contre la crise de la dette, a déclaré Arkady Dvorkovitch en prévision du sommet du G20 à Cannes. L’aide pourra être adressée non seulement par le biais des mécanismes du FMI, mais aussi de manière plus directe. Les partenaires de la Russie au sein du BRICS ont, plus tôt, soit refusé d’aider la zone euro, soit ne se sont pas prononcés. La taille de l’apport russe, cependant, est moindre : il s’agit d’une réponse au soutien de l’UE pour l’entrée de la Russie à l’OMC.

La Russie est prête à aider l’Union européenne dans la lutte contre la crise de la dette et à offrir jusqu’à 10 milliards de dollars, a déclaré l’assistant du président russe Arkady Dvorkovitch. « L’annonce de chiffres est préliminaire : nous prévoyons pour l’instant d’injecter notre argent par le biais des mécanismes du Fonds monétaire international », a précisé l’assistant du président. Le Fonds concourt au soutien à la Grèce (à hauteur de 30 milliards d’euros), à l’Irlande (22,5 milliards d’euros) et au Portugal (à hauteur de 26 milliards d’euros).

Une aide complémentaire directe à l’Union européenne est également envisageable, a noté Dvorkovitch.

« Formellement, il n’y a eu aucune demande de l’UE. S’ils adressent une telle demande, alors les organismes compétents -le ministère des finances, la Banque centrale et le gouvernement, l’approbation du président étant également nécessaire- étudieront sérieusement la possibilité d’accorder un soutien », a précisé l’assistant du président.

Avec cette proposition, la Russie s’apprête à siéger au sommet des « 20 », qui se tiendra à Cannes les 3 et 4 novembre. Le thème principal en sera la crise de la dette européenne, dont l’aggravation implique une menace de récession mondiale.

La Russie est la première des économies en voie de développement, faisant partie du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), à avoir proposé son aide hors des cadres du FMI. Le Brésil a déjà opposé un refus à la proposition des leaders européens d’acquérir des obligations européennes, autant du côté des pays problématiques que du Fonds européen de stabilité financière (EFSF).

« Je pense que les pays européens n’ont pas besoin des ressources du Brésil. Le Brésil ne soutient pas  cette idée », a déclaré le ministre des finances du pays Guido Mantega, ajoutant que la solution aux problèmes européens devait être trouvée à l’intérieur même de l’Europe. Début octobre, Dvorkovitch annonçait que la Russie débattait de la question de l’achat d’obligations de la dette espagnole.

L’Inde, comme le Brésil, a refusé d’acheter des obligations de l’EFSF. Mais c’est à la Chine que L’Europe relie ses principaux espoirs de comblement du Fonds.

Le président du Fonds, Klaus Regling, se trouve actuellement à Pékin, où il tente de persuader les autorités chinoises d’investir dans l’EFSF. Il a même promis que les obligations pourraient être émises en yuans. Mais la Chine ne s’empresse pas de répondre. On considère, en Chine, que l’Union européenne est capable d’assurer elle-même son propre sauvetage : « La question du sauvetage de l’Europe par la Chine est infondée », a déclaré le ministre chinois des affaires étrangères Yang Jiechi, cité par l’agence Xinhua. « L’Europe est la première économie du monde, son potentiel est grand », a-t-il précisé.

Même certains des pays développés ont refusé leur soutien à l’Europe. La Grande-Bretagne ne fournira pas ses ressources propres, même par le biais du FMI.

« Je dis « non » à une nouvelle aide financière à la zone euro de la part de la Grande-Bretagne, et je dis « non » à une aide analogue à la zone euro de la part du FMI », soulignait en fin de semaine dernière le ministre britannique des finances George Osborne, ajoutant que « tout ce que peut faire le FMI, c’est proposer son assistance par la voie de la consultation. »

La Russie reconnaît également les difficultés que soulèvent de tels investissements. Si l’aide ne passe pas par le FMI, il faudra créer un nouveau mécanisme de monitoring de l’attribution des fonds.

D’autre part, ce fonds devra dans un premier temps être mis en place sur le compte des ressources des Européens eux-mêmes, considère-t-on au ministère russe des finances. « Il faudra qu’il se tienne debout, qu’il se transforme en une sorte d’institution : ce n’est pas une simple tirelire – c’est une institution sérieuse, un emprunteur à part entière, dont la documentation doit être au niveau « triple A » », déclarait plus tôt le vice-ministre des finances Sergueï Stortchak.

Mais à la fin de la semaine dernière, la troïka des agences internationales de classement -Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch – ont confirmé le classement élevé de l’EFSF. Les communiqués des agences soulignent que cette décision est basée sur l’entrée en vigueur, le 18 octobre, d’un Accord sur l’élargissement de la capacité du Fonds jusqu’à 440 milliards d’euros, sous garantie à hauteur de 780 milliards d’euros. Dès la semaine dernière, en sommet d’urgence de l’Union européenne, les pays de la zone euro se sont accordés pour porter la capacité du Fonds à 1 trillion d’euros.

Une aide de 10 milliards de dollars est insignifiante pour l’Europe, au vu de ses difficultés, déclarent les experts. « C’est précisément pour cette raison que le président de l’EFSF est allé demander de l’argent en Chine et non en Russie. Ces 10 milliards de dollars font plutôt figure de soutien moral en réponse à la loyauté dont a fait preuve l’Union européenne sur la question de l’OMC », explique le directeur du département d’analyse de la société Alpari, Egor Soussine.

La semaine dernière, en grande partie sous la pression de l‘Union européenne, le dernier obstacle qui s’opposait à l’entrée de la Russie dans l’OMC -la résistance de la Géorgie- a été franchi. L’Europe a fait savoir que, si l’on n’obtenait pas l’accord de Tbilissi, la Russie pourrait être acceptée au sein de l’OMC même malgré cette opposition. Le jour suivant, la Géorgie acceptait la proposition des médiateurs suisses sur une documentation et un monitoring commercial électroniques entre les deux États sur les territoires frontaliers abkhazes et sud-ossètes, alors qu’elle exigeait auparavant la présence d’observateurs.

Pour citer Dvorkovitch, la Russie compte recevoir très prochainement des nouvelles de Tbilissi, où se déroulent les consultations finales sur les questions contestées de l’entrée de la Russie dans l’OMC. « Nous espérons obtenir les résultats de ces consultations dans les délais les plus brefs, a souligné Dvorkovitch. Si aucun changement sérieux ne survient dans ces positions, je pense qu’il y a de sérieuses chances de parvenir à la fin de ce processus très rapidement. » L’assistant du président indique que le processus d’intégration de la Russie à l’OMC pourrait s’achever dès la rencontre interministérielle du 15 décembre prochain.

http://www.gazeta.ru/financial/2011/10/31/3817822.shtml

Traduit par : Julia BREEN

Chine rouge et Arabes au chevet de l’occident libéral ???

L’occident en génuflexion devant Arabes et Chinois. Objectif : sauver la zone Euro en totale déconfiture sous le poids de la dette, des budgets nationaux mal planifiés, des politiques économiques tronquées, du mensonge, des spéculations, des manipulations de traders. Inutile de solliciter l’allié naturel yankee depuis qu’une agence de notation, la Standard and Poor’s l’a ramené à sa plus simple expression en dégradant sa note souveraine. Son célébrissime triple A que l’on pensait invulnérable est honteusement passée au double A. Signe des temps, il ne reste qu’à se tourner vers des communistes, prédateurs des droits de l’homme, persécuteurs des gentils moines tibétains ainsi que vers des mollahs enturbannés, dictateurs sanguinaires, rétrogrades, méprisant le droit de la femme, des opposants et des non musulmans. En clair c’est l’argent du monde « indigne » à la rescousse du monde des valeurs et de la civilisation moderne. La race « pure » ne semble plus avoir les moyens de préserver son angélisme face aux réalités de la globalisante.

Le plus étonnant de l’exercice c’est la persistance de la rhétorique arrogante malgré le revers économique sans précédent. La Chine aurait intérêt à voler au secours de l’Europe et des Usa afin de préserver les débouchés les plus importants pour son industrie florissante. Ce ne serait donc plus le malade en quête de thérapie qui aurait besoin d’aide mais plutôt le médecin sommé de s’exécuter au risque de perdre toute sa clientèle si son principal patient venait à mourir. On est donc bien curieux de savoir si la désillusion parviendrait à faire renoncer à l’occident son désir d’imposer ses vues au reste du monde. Imaginez les Chinois posez des conditionnalités du genre : renoncement au multipartisme, rétablissement de la polygamie, rupture de toute relation avec le Dalaï Lama et Taïwan, interdiction des syndicats libres, contrôle des correspondances privées. Comme le faisait Bruxelles chaque fois qu’il devrait mettre un kopeck dans un projet dit de développement dans un pays pauvre. La roue tourne.

Il n’y a pas si longtemps, nos maitres à penser nous mettaient en garde contre toute tentative de prendre de l’argent chinois. Experts de la Banque mondiale et du Fmi et autres diplomates ne rataient aucune occasion pour agiter le chiffon rouge du surendettement. Le fait de prendre de prêt à la Chine pourrait alourdir la dette des pays sous développés. Dans la réalité, les prétendus partenaires techniques et financiers traditionnels de l’Afrique craignaient tout simplement de ne pas pouvoir se faire payer ce qu’ils ont mis dans les programmes d’ajustement structurels. Certains nous parlaient même de risque de recolonisation par une trop grande dépendance vis-à-vis de fonds en provenant d’Asie. L’évidence est qu’ils ne voulaient pas être en compétition directe avec les anciens colonisés sur le même marché. C’est plus commode pour leur ergo d’aller chercher les fonds à Pékin et les sous-traiter dans la zone Cfa considérée comme une chasse gardée exclusive.

Qu’en est-il alors des grands principes sur la démocratie et le progrès après le recours désespéré à l’argent de l’orient qu’on disait attardé et rétrograde ? Cette fois-ci personne n’est allé chercher ce qu’en pensent les réprimés de la place Tianmen, les blogueurs traqués, les activistes tibétains ou mongols massacrés. A aucun moment, les supers négociateurs européens à la recherche d’un accord de sauvetage de la Grèce n’ont parlé du rêve du monde libre que l’on disait non négociable. Angela Merkel comme Sarkozy n’étaient habités que par le cauchemar de la banqueroute qui menace toute la zone Euro, de l’Italie à l’Espagne en passant par le Portugal et la France elle-même. Qui est fou ?

L’argent n’a vraiment pas d’idéologie !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

L’Italie résiste à la faillite en émettant des obligations

Le Gouvernement Italien a émis mercredi 8,5 milliards d’euros d’obligations à six mois avec des taux d’intérêt de 3,535 % alors qu’il en avait déjà émis en Septembre dernier.

On peut donc dire sans exagérer que l’Italie se rapproche petit à petit d’un défaut de paiement.

Le journal économique et financier espagnol « El Economista » a fait ses calculs. Selon lui, pour sauver l’Italie de la faillite, il faudrait 1000 milliards d’euros. En Juillet dernier, le sénat italien avait approuvé un plan de rigueur renforcé de 40 milliards d’euros d’ici 2014 proposé par le gouvernement de Berlusconi, plan qui devrait tenter de juguler la crise de la dette qui s’est abattue sur les pays de la zone euro. Néanmoins, l’Italie a quand même trouvé les ressources pour aller attaquer la Libye alors que son lendemain est sombre.

Après la faillite de la Grèce, celle de l’Italie, de l’Angleterre, de la France, …puis de toute l’Europe, en agonie.

France : le triple A en pointillé

La France va-t-elle perdre son AAA? Bien sur beaucoup de monde s’en inquiète actuellement suite à la dégradation de la note des États-Unis, note qui pourrait être une nouvelle fois dégradés par l’agence S&P, nous avons vu l’impact pour le premier abaissement, je vous laisse imaginer l’impact pour un second…

Quand à une éventuelle baisse de la note française, il y a bien eu des menaces par le passé, l’agence Fitch avait baissé la note de la Picardie, pourquoi la Picardie? Par ce que tout le monde s’en fout, c’était avant tout une menace indiquant que la France dans sa globalité pouvait suivre, et que s’est il passé? Sarkozy a élevé à la dignité de grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur, un certain Marc Ladreit de Lacharrière qui possède justement 60% de l’agence de notation Fitch! Oubliée la dégradation, la magouille a gagné, on va attendre après les présidentielles pour que la meute soit lâchée! Quand aux autres agences américaines, il y a bien des accords avec elles pour que le AAA reste jusqu’aux présidentielles, c’est juste électoraliste, pas moins. Lire les infos officielles, c’est bien, mais sachez voir au delà quand on sait que les informations dérangeantes sont souvent trop oubliées…

Après les Etats-Unis, la France ? Suite à la dégradation de la note souveraine américaine, certains économistes et investisseurs commencent à redouter que la France ne perde sa note AAA, la meilleure possible. De quoi mettre la pression sur Bercy, qui assure le contraire.

 « La France n’est pas, selon moi, un pays AAA. En tout cas, il n’est pas considéré comme tel par le marché », souligne ainsi un stratégiste d’UBS basé à Londres, cité par Bloomberg. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil aux Credit Default Swap (CDS), ces produits permettant de d’assurer contre la faillite d’un émetteur. Le coût de l’assurance contre un défaut de paiement de l’Hexagone est en effet supérieur à ceux de la Chine, du Qatar ou de la République Tchèque, qui sont pourtant moins bien notés par les agences, selon les dernières données de CMA Vision.

Il faut dire que la France affiche l’un des moins bons ratios budgétaires parmi les différents pays « triple A ». Selon la Commission européenne, la France réduira son déficit public à 5,8% de son Produit intérieur brut (PIB) cette année, tandis que sa dette atteindra 84,7%. Pour comparaison, dans les cinq autres pays de la zone euro possédant la meilleure note (l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Finlande), les déficits publics devraient osciller entre 1 et 3,7% du PIB et les dettes entre 17,2 et 82,4%.

Pour le moment, les agences de notation se gardent de tirer la sonnette d’alarme. Jean-Michel Six, le chef économiste de Standard & Poors pour l’Europe, a même confirmé sur France Inter dimanche que la perspective pour la France restait stable. Pour autant, la même agence S&P avait prévenu en juin que la note de l’Hexagone serait sous pression à moyen terme, si le gouvernement ne prenait pas de nouvelles mesures de rigueur et ne réformait pas le régime de la Sécurité sociale.France, économie, économie Française, triple A, banque de France, triple A français, investisseurs Français

Source: Capital.fr

La nuit tombe sur l’Europe

Nous pouvons affirmer ce soir avec la certitude la plus absolue que le premier point de l’agenda que nous avons détaillé la semaine dernière, à savoir un troisième plan de « sauvetage » pour la Grèce, sera décidé avant la mi-novembre, et qu’une des conditions sine qua none dictée par Bruxelles sera la mise sous tutelle directe et totale de ce pays par un triumvirat composé de cadres du FMI, de la BCE et de la Commission européenne. Ainsi la Grèce sera le laboratoire d’un « projet qui vise à anéantir la souveraineté des pays de l’Union européenne et qui, par extension, permettra d’en réifier toutes les instances démocratiques. »

La Grèce ne sortira pas du piège de l’euro

Certains esprits brandissent l’article 50 du Traité sur l’Union européenne (TUE), prétendant qu’il est possible pour la Grèce de sortir de la zone euro. L’article 50 du TUE ne parle pas de l’euro ni de la zone euro, mais de l’Union européenne. Peu importe. Que dit cet article ?

1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.

2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

Intéressant. Donc, s’il n’y a pas majorité qualifiée au sein du Conseil ( soit 55% des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant des Etats membres réunissant au moins 65% de la population de l’Union), il n‘y a pas de voie de sortie. Que nous apprend encore l’article 218 paragraphe 3 ?

3. La Commission, ou le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union.

On le comprend bien. C’est théoriquement possible, mais pratiquement conçu pour être irréalisable.

Admettons que, par quelques miracles, la Grèce sorte tout de même de l’euro. Sur quelle base pourrait-t-elle émettre une monnaie nationale et ramener son économie sur les rails ?

Pour recréer sa monnaie, la Grèce devrait indexer sa dette publique sur un panier de référence de monnaies – qui pourrait être constitué du dollar, du yen, du franc suisse, etc. – de façon à protéger les détenteurs de la dette publique – et par voie de conséquence toutes les dettes, puisque la dette publique sert de référence – contre les effets, les dommages collatéraux, qui pourraient résulter de sa sortie de la zone euro. Car même si la Grèce se met en situation de défaut, même partiel, il va bien falloir trouver une solution pour ses créanciers.

La Grèce aurait donc besoin que d’autres pays investissent massivement dans son économie – des montants qui dépasseraient de très loin sa dette actuelle. Car si elle ne trouve plus personne pour se financer elle se retrouvera très vite au niveau économique du Sierra Leone – une perspective qui devrait être de nature à calmer rapidement les ardeurs de la rue et ses prétendus « insoumis », toutes tendances confondues. La Grèce pourrait-elle autofinancer sa monnaie ? Et comment ? Grâce à l’or qu’elle n’a pas ? En empruntant à des banques étrangères alors que sa situation actuelle menace de les mettre en faillite ? En imposant un impôt spécial à toutes les fortunes qui ont déjà mis les voiles ? L’euro est un piège dans lequel il n’y a pas d’issue. Pour ne pas avoir besoin d’en sortir, le plus simple était de ne pas y entrer.

La contestation des « masses » ne servira à rien

L’Euro est en effet un piège, car en empêchant les Etats membres de la zone de retrouver leur monnaie nationale, et d’en dévaluer sa valeur, elle permet de dévaluer le prix du travail et donc, comme nous avons tenté de l’expliquer dans une série d’articles, d’utiliser cette crise afin de reconfigurer l’économie.

Il est donc nécessaire, conformément à nos points 2 et 3 de l’agenda, que la crise s’amplifie encore de sorte à ce que la Grèce soit contrainte à un défaut partiel, qui entrainera une série de faillites bancaires à travers l’Europe et le défaut d’autres pays européens déjà en difficulté.

Nous aurions tort de penser que les masses pourraient empêcher le cours des catastrophes en se révoltant. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en comme si elles ne savaient pas.

Un plan « clandestin » pour imposer une Europe fédérale

La société dans laquelle nous vivons n’est pas aussi transparente qu’elle le prétend, ou elle ne l’est pas comme elle le prétend. Elle ne parait si déconcertante que parce que les intérêts agissants y sont la plupart du temps cachés, et les rapports de causalité falsifiés. Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien Le Monde (1), Jacques Sapir, économiste renommé et directeur Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS) – bien que l’axe central de son analyse diffère de la notre – explique comment certaines de nos élites politiques ont manœuvré, au moins depuis 1985, afin de préparer le terrain à la situation actuelle :

« Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu’ont eu un certain nombre d’hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu’il s’agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d’autres, dans la déréglementation financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d’une Europe fédérale sans le dire aux populations.

La construction européenne a été faite de telle manière qu’elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l’Europe espéraient que les solutions iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l’on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de l’enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l’Europe. On peut toujours aujourd’hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd’hui reprocher aux classes politiques de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, leur manque d’initiative et leur aveuglement face à la crise de l’euro, qui était une perspective inévitable depuis 2009.

Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit en France ou aux Pays-Bas, et que l’on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. »

Vers une division de la zone euro en deux monnaies…

L’idée de mutualisation de la dette ou celle de l’émission massive par la banque centrale européenne (BCE) de crédits au profit des Etats membres ayant été enterrées par un arrêt du tribunal de Karlsruhe – pour lequel nous rappelions il y a quelques jours qu’il est garant de la souveraineté de l’Allemagne – ces deux solutions, qui n’auraient d’ailleurs été efficaces qu’à court terme, peuvent être oubliées.

Comme nous l’indiquions dans le point 4 de notre agenda, la dissolution de la zone euro n’étant pas à l’ordre du jour, la dernière option passe par une scission de la monnaie unique en deux entités : l’euro mark pour les pays du nord et Israël dans l’immédiat, puis l’intégration progressive des pays de l’est dont l’économie le permet, et l’euro franc pour les pays du sud, les Balkans et, à terme, la Turquie et les pays du Maghreb, après qu’ils aient été restructuré par quelques « révolutions arabes ».

… et l’intégration de l’Union pour la Méditerranée

Nous pensions que l’Union pour la Méditerranée (UPM) était en panne depuis 2008, et voilà que, galvanisée par les opportuns « printemps arabes » et la propice « crise de la dette des Etats », il renait de ses cendres. C’est ce que son secrétaire général, Youssef Amrani, écrivait le 13 septembre dernier dans le quotidien Le Monde (2), sous le titre Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Union pour la Méditerranée. Extraits :

« Avec le « printemps arabe », une nouvelle ère s’est ouverte en Méditerranée. Les partenaires euro-méditerranéens doivent être à la hauteur de ce processus historique de transformation : il faut soutenir la transition démocratique et favoriser le développement économique et social pour construire un espace euro-méditerranéen démocratique, apaisé, stable et prospère. »

(…) Les révolutions qui ont eu lieu dans certains pays arabes nous appellent à travailler sur les priorités stratégiques déjà identifiées mais aussi à innover pour sortir des schémas classiques.

(…) L’Union pour la Méditerranée apparaît aujourd’hui comme une initiative visionnaire. (…) Il faut maintenant engager une nouvelle étape. (…) Pour faire face aux nouveaux défis, de nouveaux outils de financement doivent être créés, avec la Commission européenne et les institutions financières spécialisées telle la Banque européenne d’investissements, fonds d’assistance technique, mécanismes de garanties (…)

Tout ceci ne s’improvise pas. Ce processus multidimensionnel se construit avec l’adhésion de tous les acteurs clés de la région, avec l’appui de l’Union européenne et de la communauté internationale (…)

Il nous incombe de veiller à ce que les objectifs et les principes de la nouvelle politique européenne de voisinage actuellement à l’examen de l’Union européenne convergent avec ceux qui guideront la trajectoire de l’UPM.

(…) L’ancrage de plus en plus fort des économies méditerranéennes au marché intérieur de l’UE plaide aujourd’hui pour un objectif plus ambitieux allant au-delà du libre-échange, et s’inscrivant à terme dans la réalisation d’un espace économique commun. »

Après quelques tergiversations, pour nous prévenir autant que nous endormir, sur le mode « une nouvelle ère », « innover pour sortir des schémas classiques », « de nouveaux outils de financement doivent être créés », l’objectif est finalement lâché : « la réalisation d’un espace économique commun » avec l’Union européenne. Mais comme l’indique l’indique Youssef Amrani : « tout ceci ne s’improvise pas. »

Que faire ?

Ceux qui répètent les mensonges officiels diffusés en boucle par la propagande médiatique nous diront bientôt que les choix qui vont nous être imposé permettront en réalité la survie de notre civilisation, que la perte de la souveraineté des Etats européens et l’abolition de la démocratie ne seront que provisoires et que, au final, nous ressortirons plus fort de ces crises.

L’artifice de la propagande consiste en effet à affirmer à la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient que l’humanité doit faire collectivement, comme un seul homme et en toute connaissance de cause puisqu’elle est instruite par des experts, des politique et des journalistes qui ne veulent que notre bonheur, et que de toute façon nous n’avons pas le choix, ou plutôt que celui-ci se résume à vivre selon les directives de l’oligarchie régnante ou de périr parce que l’on sera resté sourd à leurs mises en garde.

Tout se déroule devant nous, au grand jour, et il faut être aveugle ou complice (l’un n’étant pas incompatible avec l’autre) pour ignorer les forces désertificatrices et négatives à l’œuvre dans leur travail de renversement et de prise de possession négative, satanique. Car tel est le signe de la haute provocation des temps qui sont les nôtres : l’obligation devant laquelle on se trouve tenus d’utiliser ce terme aux résonances bien anciennes, étrange à nos actuelles habitudes de discours.

Cependant notre rôle reste, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, d’étudier les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Frédéric Courvoisier, Spencer Delane, Mecanopolis

Notes :

1. Article du Monde du 19 septembre 2011

2. Article du monde du  13 septembre 2011

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Pays riches très endettés, pays pauvres très endettés

Pays riches très endettés, pays pauvres très endettés : Le capitalisme est-il viable ?

La dette est devenue aujourd’hui le principal problème mondial. Avant on connaissait les pays pauvres très endettés : les nous autres, pays africains. Maintenant la crise n’épargne personne, pas même les riches. Ainsi, l’Europe elle aussi vit depuis longtemps au dessus de ses moyens et est endettée jusqu’au cou.

La liste des pays européens en faillite s’allonge chaque jour. Après l’Irlande, l’Islande, la Grèce, c’est l’Espagne, le Portugal, l’Italie. La France est la prochaine victime et elle s’accroche désespérément à l’Allemagne, qui elle-même, montre des signes d’essoufflement : sa croissance stagnant depuis le dernier trimestre.

L’Amérique de Barack Obama n’échappe pas à la spirale de l’endettement effréné. Elle est même le champion toutes catégories des pays riches très endettés. Les agences de notation pensent qu’elle sera incapable de payer sa très lourde ardoise dans un avenir proche. Pourquoi tous les pays sont-ils devenus tous des pays endettés avec des budgets chroniquement déficitaires ? La dette augmente et dépasse le PIB (Produit intérieur brut) dans tous les pays et le paiement des intérêts devient le principal poste de dépense des Etats.

Le FMI (Fonds monétaire international) qui nous a imposé les PAS (Programme d’ajustement structurel) est presque aphone sur la crise de la zone euro. La solution pour les pauvres ne vaut-elle pas pour les riches ? Ou doit-on comprendre que c’était une volonté de reconquête coloniale des pays de la périphérie ?

Comment échapper à cette crise ? Le capitalisme est il encore viable ? N’est il pas le problème ?

Si la zone euro rentre durablement en récession, que deviendront les pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) qui se sont accrochés au grand frère européen ?

Ne vont-ils pas payer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises ?

N’est-il pas temps pour la zone UEMOA de prendre en main son destin et de vivre sa vie en toute responsabilité ? (…)

Les PPTE (Pays pauvres très endettés) ne font plus la une de l’actualité. La dette ne frappe plus seulement les pays qui sont en bas de l’échelle, mais aussi ceux en haut d’en haut. Et nous assistons à un paradoxe terrible, pur produit du système capitaliste affolant : des pays riches très endettés. La dette des PPTE est insoutenable car elle a atteint des taux de 200 à 250 % du PIB. Celle des pays de la zone euro pour certains d’entre eux dépasse les 150% et pour les plus riches d’entre eux comme l’Allemagne et la France, elle est respectivement de 73 et 77 % de leur PIB. Le capitalisme est devenu un système où les financiers, les spéculateurs dans les bourses ont pris le pouvoir et dictent leur loi à tout le monde y compris aux Etats. Les « marchés » spéculent désormais sur la dette souveraine des Etats. Ainsi, des pays peuvent connaître une banqueroute parce qu’ils n’ont plus la côte en bourse et dans les agences de notation. Comment en est on arrivé à cette chose monstrueuse ?

Le capitalisme mondialisé a dicté ses règles à tout le monde et les a imposées à tous les Etats. Au lieu de faire payer plus d’impôts aux riches et aux revenus financiers, les pays se faisaient la concurrence pour offrir les meilleurs avantages aux capitaux et aux grandes et grosses fortunes du monde. Les Etats critiquent du bout des lèvres les paradis fiscaux mais font tout chez eux pour que les riches paient le moins d’impôts. Ainsi, des présidents comme Georges W. Bush ont fait des niches fiscales aux riches Américains, et il a été imité par Nicolas Sarkozy en France. Les Etats capitalistes se sont transformés en sauveteurs des banquiers qui après avoir pris l’argent des contribuables refusent de prêter aux Etats. Cette crise de la dette trouve son origine dans une crise budgétaire car la plupart des Etats réduisent les recettes fiscales prises sur les grosses fortunes comme nous l’avions déjà signalé. Le capital n’étant pas taxé tout l’effort est demandé aux travailleurs. Les marchés ne font pas aller l’argent vers l’économie réelle mais vers la spéculation. Les Etats ont moins de recettes, parce que d’importants contribuables ne paient pas d’impôts alors que les dépenses augmentent.

Pour faire face à ces dépenses tout les pays s’endettent. Voilà pourquoi les pays riches aussi deviennent des pays endettés. Ce n’est pas comme chez nous où c’est la baisse des recettes d’exportation, la chute des cours des matières premières qui poussent nos Etats dans l’endettement. Quelle peut être la solution à cette crise de l’endettement généralisé ? Dans le cadre du système capitaliste, il est désespérant de constater que même les grands spécialistes n’en voient pas, car les Etats sont en concurrence et en compétition permanente et l’esprit de collaboration et d’entente sur des politiques communes est une hérésie pour ce système. Aux Etats-Unis les républicains n’ont pas accepté que les riches paient plus d’impôts et que l’Etat puisse consacrer davantage de ressources aux secteurs sociaux. L’augmentation des recettes pourrait en partie aider à payer les dettes colossales du pays. En Europe c’est la même chose qu’on demande aux Etats comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie : une politique de rigueur et d’austérité qui ne touche pas les plus riches mais toujours et encore les pauvres. C’est tellement imbécile et cela est une preuve tellement énorme de manque d’intelligence et de cécité que des personnes fortunées comme Warren Buffet font campagne auprès d’autres personnes riches pour qu’elles paient plus d’impôt pour sauver le système. Mais la plupart des hommes politiques de droite ne veulent pas accepter cela. Ils pensent que moins les riches paieront des impôts, plus les capitaux iront à l’économie, hors ceci n’est plus vrai dans le capitalisme mondialisé dans lequel nous vivons. En Europe, aux Etats-Unis, en Israël, la jeunesse et les peuples vivent dans leur chair l’incapacité du système à fournir des emplois à de plus en plus fortes proportions de la population. D’où les mouvements sociaux comme ceux des indignés qui crient leur lassitude d’un système qui ne vit que sur la création de proportions de plus en plus fortes d’exclus, de sans-emplois, de sans-abris, sans soins de santé, sans instruction, et cela à l’intérieur des métropoles, des pays les plus riches et les plus privilégiés du système capitaliste. C’est pourquoi le système capitaliste crée des émeutes sociales à répétition. Le monde entier veut d’un autre monde que celui du capitalisme qui est celui de la misère et des guerres pour les peuples.

Une UEMOA proactive

L’Europe, particulièrement la zone euro est selon la plupart des spécialistes financiers une zone à risque qui peut entrer durablement en récession. Ce risque est même valable pour l’ensemble du monde. Or nous avons décidé de rester dans cette zone malgré la dévaluation du franc CFA en 1990. Il est peut-être venu l’heure pour les Etats africains de la zone franc de prendre leurs responsabilités et de couper le cordon ombilical pour vivre leur vie. Les problèmes actuels de la zone euro, nous en subiront les conséquences sans avoir été responsables des choix qui ont emmené les pays européens dans ces problèmes. Pis, nous n’auront pas notre mot à dire dans les solutions que les européens prendront mais nous subiront les conséquences bonnes ou mauvaises. Il est plus que temps que la BCEAO transfèrent nos réserves de la Banque de France et que nous puissions en toute indépendance les utiliser dans des investissements productifs.

Plus les Etats de l’UEMOA tarderont à faire cette option plus ils se condamneront à ne pas profiter des fruits de la croissance que peut engendrer la hausse des cours des matières premières. Nos pays ne tirent pas les bénéfices d’une monnaie forte comme le franc CFA. Alors que les cours des matières premières sont forts ils n’ont pas besoin d’avoir d’importantes ressources improductives comme réserves de changes alors qu’ils ont des secteurs sociaux où il faut investir. Il est incompréhensible que plus de cinquante ans après les indépendances, les pays de la zone franc ne se sentent rassurés que s’ils bénéficient de l’aile protectrice, de la couverture de l’ancienne puissance coloniale. Tous les autres pays africains qui ont pris leur indépendance monétaire ont une meilleure situation économique que les pays de la zone franc. Mieux, leurs monnaies sont de plus en plus fortes que le CFA, à l’image de notre grand voisin ghanéen qui est à des années lumière de nous sur le plan du développement économique et social, mais dont le cedi est désormais depuis quelques années plus fort que le CFA. C’est la leçon du choix de la pro-activité. En assumant ses responsabilités et en prenant des initiatives pour améliorer son destin, le Ghana avance résolument alors que les pays de la zone franc CFA ont refusé leur indépendance monétaire et ont confié leur destin et leur sort à d’autres. Il y a des hommes altruistes mais des Etats altruistes n’existent pas, seuls les pays de l’UEMOA croient encore aux contes de fée et ce sont les peuples qui paient la facture de ses croyances désuètes de leurs dirigeants.

Sana Guy, L’Indépendant

La crise occidentale vue par un caricaturiste israélien

Ce n’est pas l’économie qui sombre, c’est l’eau qui monte !