Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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Les maîtres-menteurs…

La poignée de main au condamné…

Les informations, relatives à la capture suivie de l’exécution sommaire de Mouammar Kadhafi, s’additionnent depuis le jeudi 20 Octobre.

Elles dévoilent, dans un crescendo barbare, la véritable nature des combattants autochtones qui ont pris part à la chute de la Jamahiriya arabe libyenne. Elles mettent également en lumière responsabilité pénale et la pratique cynique du mensonge d’État de gouvernants occidentaux ayant œuvré de concert à l’assassinat du Guide.

Barack Obama, le prix Nobel de la guerre interrogé dans l’émission télévisée The Tonight Show, a eu des paroles claires.(1)

Il s’est fait l’écho du discours tenu par ses alliés, mettant un point final à une guerre crapuleuse, se soldant par la mort de milliers de civils.

L’assassinat de chef d’état, la nouvelle doctrine occidentale…

Les mots du président américain sont sans équivoque. Répondant à  Jay Leno, il a péremptoirement déclaré qu' »à l’évidence, on n’aime pas voir qui que ce soit finir de la façon dont il a fini, mais je pense que cela envoie un message fort aux dictateurs à travers le monde« .

Cette déclaration est riche en enseignements, et pour qui sait lire entre les lignes, elle s’apparente à une menace non-voilée émanant du général en chef de l’action terroriste occidentale.

Est édictée de manière lapidaire et sibylline, la nouvelle doctrine de l’Axe du bien : L’Occident liquidera les dirigeants du Sud récalcitrants, refusant de le financer, selon des conditions unilatéralement par lui imposées. Les images d’un Kadhafi tabassé, vraisemblablement sodomisé à l’aide d’un bout de bois avant d’être abattu d’une balle dans la tête, sont de nature à inciter à la docilité tous ceux qui regimberaient à accepter les diktats édictés par Barack Obama et ses complices.

La résolution 1973 du 17 Mars 2011, légalisant l’action prédatrice de l’Otan et de ses alliés arabes (le Qatar ayant mis à la disposition des «démocrates» du CNT des centaines de combattants selon le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya) n’était qu’une vaste fumisterie.

Le dévoiement de la légalité internationale, mise au service des politiques de rapines occidentales, est une nouvelle fois éventé: le texte de la résolution onusienne ne prévoyait aucunement l’assassinat du guide, uniquement l’interdiction du survol de l’espace aérien libyen et la protection des populations civiles. Les bombardements répétés de sites d’où ne décollait aucun aéronef militaire et qui n’étaient à l’évidence que de simples bâtiments susceptibles d’abriter Mouammar Kadhafi, ne laissaient pas la place au doute. La volonté de Barack Obama et de ses alliés, David Cameron et Nicolas Sarkozy, était limpide comme de l’eau de roche : le chef d’Etat libyen devait mourir.

De la peine de mort en droit international…

Les révélations du Canard enchaîné, sont autant de clous enfoncés dans le cercueil où repose à présent la vérité mensongère des vainqueurs.(2)

Localisé à Syrte à la mi-octobre et pris au piège dans un quartier de la ville le 19 du même mois, Kadhafi était, selon un colonel du Pentagone échangeant des informations avec un officiel des services secrets français, « impossible à manquer ».

Selon ce même officier, laisser Kadhafi en vie serait «une véritable bombe atomique». Nul n’ignore l’effet dévastateur d’un témoignage, devant une cour internationale, établissant les liaisons troubles entre le Guide, la CIA ou les services secrets français, voire les financements irréguliers accordés à certains hommes politiques occidentaux de premier plan.

Pour toutes ces raisons ordre est donné d’arrêter, au moyen de drones américains, de mirages F1CR et 2000-D français, la colonne de 75 véhicules quittant la ville. Les bombes et missiles n’ayant pas suffi à « neutraliser » la cible, comme on dit dans le jargon, les forces spéciales françaises faciliteront sa « livraison » à des combattants libyens enragés. Le « travail » sera achevé de la manière que l’on sait…

Messieurs Obama, Cameron et Sarkozy,  menteurs patentés, pourront afficher la mine grave de circonstance, condamner le lynchage et regretter que la justice internationale ne soit pas passée ou encore juger la réputation du CNT ternie, les faits sont là : l’assassinat politique étant proscrit par le droit international, ils se retrouvent passibles des juridictions internationales.

La légitimation de la violence…

Il indiscutable que la légalité ressort grandie de cette séquence !

Camoufler un meurtre politique sous le vernis juridique d’une résolution de l’ONU décrédibilise, si besoin était, une nouvelle fois l’ordre juridique international. Celui-ci apparait pour ce qu’il est en vérité : une des armes permettant  à l’Occident de maintenir son hégémonie. La loi du plus fort, règle non-écrite, régissant aujourd’hui encore les relations internationale risque de déboucher sur une légitime course à l’armement émanant des pays du sud. L’Occident concevant les rapports internationaux uniquement sous l’angle de la violence, une plus grande violence des États vivant sous sa menace est inévitable et clairement souhaitable.

Il ne s’agit pas de promouvoir l’usage des armes, mais le constat de la nécessité d’un rééquilibrage des rapports internationaux qui entraînera mécaniquement le développement des capacités militaires des pays du Sud.

Démocratie imposée et chaos généralisé…

La pérennisation de la prédation occidentale, débouche invariablement sur  l’instauration de régimes corrompus, mais amis parce que serviles, et une instabilité au mieux larvée, le plus souvent réelle et couteuse en vie. L’exemple libyen est à ce titre un cas d’école. Le CNT, création monstrueuse datant de 2005, est ce qu’il est convenu d’appeler un ramassis de brigands portant babouches.

Ses leaders,  à l’opposé de l’image dépeinte par le comique troupier BHL, ont  prouvé leur mépris des valeurs démocratiques. L’imposition de la charia, première mesure gouvernementale, imposée en dehors de toute consultation populaire est un exemple édifiant de leur inclinaison pour la démocratie.

On peut comme M. Juppé se réjouir que « le nouveau pouvoir libyen puisse être une opportunité fantastique pour nous, nos entreprises« , mais qu’en sera-t-il pour le citoyen de base ?

Les personnalités trustant les premières places dans l’organigramme du CNT donnent une indication de ce que réserve l’avenir au peuple libyen.

Mustapha Abdeljalil, son président, ancien ministre de la justice de Kadhafi de 2002 à 2007, confirma la peine de mort des infirmières bulgares.

Mahmoud Jibril, numéro 2 du CNT, est un pion étasunien, diplômé d’une université américaine, il est l’auteur d’une thèse sur la politique américaine en Libye.

C’est quelqu’un qui comprend le point de vue américain dit de lui Gene Cretz, ambassadeur américain à Tripoli. Il aura certainement à cœur la défense des intérêts du petit peuple…

Autre exemple emblématique, Abdel Hakim Belhaj,  gouverneur militaire de Tripoli, démocrate convaincu à ses heures perdues, est un militant islamiste ayant fait son djihad en Afghanistan, puis pourchassé par la police libyenne. Arrêté par la CIA, il fut remis en 2004 aux autorités libyennes, à l’époque bénie où Kadhafi n’était pas un dictateur sanguinaire dont il fallait à tout prix se débarrasser, mais un allié dans la sainte guerre contre le terrorisme…

Entre concussion avec les milieux politico-affairistes occidentaux, fondamentalisme religieux et accointances avec certaines mouvances terroristes, le nouveau pouvoir libyen offre toutes les garanties, il y donc matière à se réjouir !

Affirmer que l’avenir de la Libye est radieux est une ineptie qui a pourtant été répétée ad libitum par les membres de la coalition criminelle ayant bombardé et massacré, de façon involontaire et désinvolte, des populations civiles pendant plus de 8 mois…

Juge et partie…

Les dénégations pathétiques d’Alain Juppé affirmant que l’opération en Libye n’avait fait aucune victime collatérale, démontrent aux citoyens français et aux populations africaines ce que représente la vie humaine aux yeux des  bouchers qui nous gouvernent.(3)

Mouammar Kadhafi n’était certes pas un parangon d’humanisme, mais aucun décompte, aussi fantaisiste qu’il puisse être, ne pourra le rendre responsable d’autant de victimes civiles que M. Georges Bush, ci-devant défenseur du monde libre et ancien président des Etats-Unis. La très sérieuse revue The Lancet affirmait dans une de ses publications en date de 2006 que l’aviation et l’occupation américaine étaient responsables de la mort de 655.000 irakiens. Comparaison n’est pas raison, il est vrai, mais force est de constater que la justice et la légalité internationale, ne s’appliquent de préférence qu’aux dirigeants arabes et africains, l’Occident se contentant de distribuer certificats de bonne conduite provisoires et admonestations, lorsqu’il ne s’agit pas tout simplement de sentence de mort.

Sujet  hors-droit international, il en est législateur et juge de l’application. Sa mission de défenseur des peuples oppressés est une escroquerie intellectuelle et morale qui ne supporte pas l’examen de l’histoire et des faits.

Il est la source principale, directe ou indirecte de l’oppression et de la guerre à l’échelle planétaire. 

Les hauts mur…

Son humanisme intéressé est une injure, chaque jour renouvelée, aux principes universels qu’il a privatisés pour mieux les travestir.

Avant-hier la Côte d’Ivoire, hier la Libye, aujourd’hui la Syrie, demain l’Iran…

Chaque destruction, chaque pays dévasté, chaque peuple martyrisé par les bombes de l’Occident ou ses supplétifs locaux est le rappel de sa conception barbare des rapports entre États. La Lybie est entrée grâce à lui dans une ère de violences et de troubles dont nul ne peut prévoir combien de temps elle durera.

Cette énième déstabilisation pour convenances personnelles d’un État souverain est une nouvelle pierre dans son jardin. Puissent les peuples du Sud se saisir de ces pierres pour construire les hauts murs qui, à l’avenir, les protègeront de l’Occident criminel.

 Ahouansou Séyivé

Ancien militant du Parti socialiste français

Animateur du blog (Alternatives et Cohérence)


(1)Le mardi 25 octobre 2011.
(2)In le Canard Enchaîné du 26 octobre 2011.
(3)Invité de la matinale de France-Inter, le mercredi 26 octobre 2011, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, ne peut s’empêcher de mentir, comme à son habitude…
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Quelques acteurs hors organigramme de la diplomatie française au Proche-Orient

France-Missions-Diplomatie

Quelques acteurs hors organigramme de la diplomatie française au Proche-Orient

Les acteurs de la politique étrangère ne sont pas tous des permanents apparaissant sur les organigrammes de la cellule diplomatique de l’Elysée et du Quai d’Orsay. Des affaires récentes ont ainsi rappelé l’existence de conseillers occultes et autres porteurs de valises. Mais il existe aussi, depuis toujours, des acteurs (et actrices) tout à fait officiels, chargé(e)s de missions d’ampleur variable, et de plus ou moins longue durée. Autour du conflit proche-oriental, et des « révolutions arabes », les dernières semaines en ont donné plusieurs exemples, auxquels les étudiants préparant l’épreuve de « Questions internationales » des concours administratifs ont du prêter attention.

Tripoli, 15 septembre 2011. BHL et D.Cameron  (source: site de l’Elysée)

On peut ainsi souligner le  rôle de l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, à la manoeuvre depuis mars 2011 pour promouvoir les « rebelles libyens », et amener le président Sarkozy à prendre en urgence les positions radicales que l’on sait lors du soulèvement de Benghazi, puis tout au long de la guerre en Libye. Indépendamment du fond, son activisme (qui n’est pas nouveau: on se souvient de sa présence en Bosnie et à Sarajevo, et une décennie plus tard de son soutien à l’intervention contre l’Irak en 2003) n’a pas manqué d’irriter quelque peu le ministre des Affaires étrangères, M.Alain Juppé, qui a découvert certains épisodes de cet activisme (dont l’un sur le perron de l’Elysée) sur ses écrans de télévision. De notoriété publique, M.Juppé avait posé comme condition à son arrivée au Quai d’Orsay, l’arrêt des interférences de tiers dans la définition et la mise en œuvre de la politique étrangère: c’était principalement M.Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, qui était visé, en tant qu’acteur majeur d’une diplomatie semi-secrète au Maghreb (Algérie, Libye), au Machrek (Syrie) et en Afrique sub-saharienne (Côte d’Ivoire). Sur ces terrains, ses missions avaient largement dépassé la lutte internationale contre le terrorisme, pour court-circuiter à de nombreuses reprises entre 2007 et 2010 un ministre des Affaires étrangères qui en a parfois été fort marri (en particulier sur les dossiers libanais, syrien et ivoirien).

Mme Hoffenberg et le président Sarkozy, lors d’un dîner à la Maison Blanche
(source: site AJC, Mme Hoffenberg- novembre 2007)

Il a été mis fin il y a peu à la mission de Madame Valérie Hoffenberg, qui avait été nommée en août 2009 « représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient »1:: un intitulé qui avait laissé les diplomates de métier osciller entre la perplexité et l’irritation. Mme Hoffenberg était auparavant représentante en France de l’American Jewish Committee, groupe de pression américain pro-israélien 2. Sa  nomination s’est inscrite dans la volonté du président Sarkozy, et du ministre Bernard Kouchner, d’affirmer plus nettement qu’avant 2007 l’amitié franco-israélienne. Ce qui devait permettre à la France de pouvoir prétendre désormais jouer un rôle central dans la relance d’un processus de paix israélo-palestinien totalement bloqué. A plusieurs reprises pendant sa mission, les prises de position de Mme Hoffenberg ont toutefois été critiquées, y compris chez les diplomates, comme trop partisanes, et interférant avec le travail diplomatique dans la région 3. Ses rapports avec ses trois ministres de tutelle successifs (M.Koucher, Mme Alliot-Marie et M.Juppé)  ont, semble-t-il, été houleux.

Depuis la fin de son mandat diplomatique,  Mme Hoffenberg est candidate UMP à l’élection des représentants des Francais de l’étranger, dans la 8e circonscription méditerranéenne qui va de Malte à Israël, via la Grèce, Chypre et la Turquie (tout un programme géopolitique !). C’est l’occasion incidente de souligner que le président de la République vient de confirmer l’existence du « secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger », innovation dans la structure gouvernementale, dont le premier titulaire a été le judoka David Douillet, nommé en juin dernier; et dont le titulaire depuis ce 28 septembre est M. Edouard Courtial, jeune député UMP de l’Oise. Responsable national des fédérations UMP, Courtial est membre de la « cellule de riposte à la gauche » mise en place par M.Brice Hortefeux dans le cadre de la préparation des élections présidentielles. Le parti socialiste a dénoncé le maintien de ce secrétariat d’Etat, estimant que sa raison d’être principale était l’approche des échéances électorales de 2012 4.

M.Balladur et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Djeddah, 12 septembre 2011
(source: Consulat de France à Djeddah)

Autre acteur plus récemment missionné, l’ancien premier ministre Edouard Balladur. On sait que les compétences acquises par les anciens premiers ministres font qu’ils sont souvent chargés de missions diplomatiques particulières. On se souvient ainsi que M.Jean-Pierre Raffarin, très apprécié en Chine depuis son voyage officiel pendant l’épidémie de SRAS, a été chargé par l’Elysée de restaurer les relations franco-chinoises en 2008-2009 5. M.Raffarin avait, plus tard, décliné le poste d’ambassadeur de France à Pékin qui lui était proposé par le président de la République. M.Edouard Balladur avait été nommé, le 5 juillet dernier, « envoyé spécial du G8, pour la mise en œuvre du partenariat de Deauville », « consacré au soutien aux pays arabes, dans leur transition vers des sociétés libres et démocratiques« . Sa mission a pris la forme, pour l’essentiel, d’une tournée dans les pays du Golfe persique, dont l’Arabie saoudite, principalement pour lever des fonds destinés à la relance des économies de trois pays arabes en voie de démocratisation, et réduire leur dette: la Tunisie, l’Égypte, et la Libye. M.Balladur a rendu compte de l’avancement d’étape de sa mission au président lundi 26 septembre. L’attention des journalistes étant,ce jour-là, monopolisée par le contexte politique intérieur -« Affaire Karachi », Affaire Sawari II » (rétrocommissions supposées lors de la vente de sous-marins au Pakistan, et de frégates à l’Arabie saoudite) et résultats des élections sénatoriales- on ne dispose pas encore, à l’heure où nous écrivons, d’un compte-rendu circonstancié de la mission de levée de fonds de M. Balladur.

Jean-Paul Burdy

Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble

NOTES:

1 La lettre de mission de Mme Hoffenberg est sur son site: http://valeriehoffenberg.wordpress.com/ma-mission/

2 Le site de l’AJC: http://ajc-france.blogspot.com/search/label/Photos

3 Le 27 juillet 2011, l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné a consacré un article très sévère à Mme Hoffenberg, sous la plume de Dominique Simmonot, et sous le titre « Beaucoup de moyens, peu d’Orient« .

La création de ce secrétariat d’Etat a été critiquée par le prof. Casasus, de Lausanne: http://www.marianne2.fr/Le-secretariat-d-Etat-aux-Francais-de-l-etranger-un-calcul-politicien_a207989.html# . Et, plus récemment: http://www.liberation.fr/politiques/01012362509-pour-le-ps-david-douillet-ne-doit-pas-etre-remplace

5 Les relations franco-chinoises étaient très dégradées au moment des JO de Pékin de 2008, sur la question des droits de l’homme; suite aux incidents ayant accompagné la tournée parisienne de la torche olympique; et suite au déplacement du dalaï-lama en France

Libye – CNT, journalistes, fonctionnaires internationaux, etc., les nouveaux contractors de l’Oncle Sam

Interview de Jacques Borde publié sur geostrategie

Q – Comment expliquez-vous les succès des insurgés ?

Jacques Borde – D’abord, rendons à César… ou plutôt aux Otaniens ce qui leur revient. Ce sont eux qui – par leurs Guernica ininterrompus et la présence, plus qu’active, de leurs forces spéciales sur le terrain – ont obtenu les résultats militaires que nous constatons aujourd’hui. Pour l’instant, effectivement, Audaces fortuna juvat (La chance sourit aux impudents). Aux insurgés, je veux dire.

Pour le reste, attendons de voir jusqu’où iront les insurgés pro-occidentaux dans la stabilisation de ces conquêtes dans lesquelles ils n’ont, en vérité, aucune part véritable. Tout n’est pas joué. Loin s’en faut. Reconnaissons, cependant, que cette deuxième partie de la Guerre de Libye, est, à l’évidence, la plus critique pour les loyalistes, qui ont, d’ores et déjà, dû abandonner la capitale;Tripoli, aux insurgés…

Q – Pourquoi cela ?

Jacques Borde – Parce que, même si elle ne devait pas déboucher sur des gains durables, l’offensive sous égide otanienne, avait, déjà, contribué à couper le cordon ombilical qui reliait la Tripolitaine à la Tunisie et à l’Algérie. Tripoli, c’est avant tout une immense population qu’il s’agit de nourrir, soigner et prendre en charge quotidiennement. C’est sans doute, en partie, ce qui explique que les loyalistes aient choisi de ne pas s’y maintenir militairement. De manière classique, je veux dire. Car, il est à noter que les combats y perdurent entre insurgés et loyalistes.

Et l’on voit bien les difficultés qu’ont les insurgés pro-occidentaux à empêcher les mouvements de leurs adversaires et à mettre la main sur les éléments clés de la direction khadafiste qui leur échappe toujours. Sans parler des villes qu’ils n’arrivent pas encore à soumettre.

Q – Et, c’est important pour eux ?

Jacques Borde – Fondamental. Tant que persistera une forme de résistance armée et que les Kadhafi n’auront pas durablement disparu du paysage politique, la rébellion sera dans la même position que le pouvoir central somalien dans les année 90 : un pouvoir sans guère de réalité et ne contrôlant que les abords immédiats de ses instruments de puissance (bâtiments officiels, aéroports, mosquées, etc.) les plus visibles. Un peu à la manière où, en Afghanistan, le clan Karzaï ne contrôle vraiment qu’une partie de Kaboul. Et encore !

Q – Mais, cela suffit à mettre en place un pouvoir central ?

Jacques Borde – Une forme de centralité régalienne tout au plus. Mais ne nous leurrons pas. Tout comme pour l’Irak et l’Afghanistan, c’est bien tout ce que demandent les Occidentaux : une visibilité acceptable de pouvoir régalien :

Acceptable pour les media aux ordres. Qui, bien sûr, répercuteront cette vision des choses au public ;

Acceptable pour les initiateurs de l’OPA musclée lancée contre la Libye. Comme le démontre le périple de Nicolas Sarkozy et de David Cameron, soucieux qu’ils sont d’assurer à leur pays respectif les rentes promises par les insurgés pro-occidentaux. Notez que le locataire de l’Élysée ne se lance pas dans cette traversée sans biscuits où il préfère s’embarquer avec quelques 160 policiers. Prudence es mère de sûreté, dit le dicton…

Acceptable pour les chancelleries. Notez, au passage, comment Russes et Chinois, tous deux à l’apogée de leur turpitude diplomatique, ont avalisé la fable sans barguigner ;

Et, surtout, acceptable pour les multinationales du pétrole, du gaz et de l’eau qui, si elles n’ont pas besoin du retour de l’État providence créé par les Kadhafi (dont elles se contrefichent parfaitement, tout autant que des conditions de vie des Libyens) ont besoin de formes minimales d’emprise sur le terrain…

Q – Lesquelles ?

Jacques Borde – Le contrôle des axes routiers et des oléo/gazoducs, d’abord. Des sites de production, ensuite. Puis, celui, à pérenniser, des villes du pays qui, ne l’oublions pas, seront, aussi, leurs clients. Le challenge est d’autant plus énorme que ce sont désormais les insurgés pro-occidentaux qui ont le rôle le plus délicat à jouer : celui d’un pouvoir en place confronté à une Résistance.

Q – Vous pensez réellement que la Guerre de Libye n’est pas finie ?

Jacques Borde – Non. Et je ne suis pas le seul à le dire. À écouter le colonel Roland Lavoie (qui est, je vous le rappelle, le porte-parole de l’Opération Unified Protector), il faut éviter de crier victoire trop vite et rester « vigilant ». Car, dit-il, l’opération « n’est pas terminée ». Sur le terrain, la situation reste « très mouvante ». Expression qui, chez les gens comme le colonel Lavoie, signifie que nous sommes plus proches du chaos que de la rémission…

Q – Alors, que va faire l’Otan ?

Jacques Borde – L’Otan a assuré de la poursuite de son engagement au-delà de l’opération militaire initiale, « si requis et nécessaire », afin « d’assurer la stabilisation du pays ». Un rôle que revendique, également, l’Union européenne.

Q – Mais, sous quel mandat ?

Jacques Borde – Soyons sérieux un instant ! Mais, sous le même mandat, bien sûr, la résolution à géométrie variable, notre bonne vieille 1973. Voire, encore plus simple, en l’absence de tout mandat ! Pourquoi faire compliqué ?

Q – Est-ce possible?

Jacques Borde – Tout à fait. Notez bien ce qu’a dit le porte-parole de l’Alliance, Oana Lungescu, l’Otan agira, au-delà de son mandat initial, « si requis et nécessaire ». Requis par qui, me direz-vous ? Mais par le CNT, pardi. Maintenant que la fiction de sa légitimité repose sur le contrôle – qu’il soit imparfait et bancal, n’y change rien – de la capitale du pays, rien ne l’empêche d’appeler qui il veut à l’aide. Que font les Karzaï à Kaboul ? Si ce n’est y maintenir, tant bien que mal, la fiction d’un pouvoir central afghan.

Notez, par ailleurs, que cette centralité régalienne peut parfaitement aller de pair avec le chaos, passés quelques dizaines ou centaines de kilomètres. Je ne pense pas que les familles de nos jeunes soldats, qui tombent toutes les semaines le long des routes de la Kapisa afghane, me démentiront sur ce point…

Q – Et, pourquoi l’Otan ?

Jacques Borde – Parce que, simplement, c’est elle qui le dit. Plagions Bismarck : c’est la loi des armes qui fait le droit. Peut-être pas à Berne ou à Ottawa. Mais à Tripoli, oui !

Or, selon le porte-parole otanien, Oana Lungescu, l’Otan a une certaine crédibilité sur ce sujet. L’alliance pourrait ainsi apporter en particulier « une aide pour la réforme du secteur de sécurité en Libye, un domaine où l’Otan a une expérience extrêmement importante. Plusieurs alliés – d’ex-pays communiste  – ont fait cette réforme avec l’assistance de l’Otan. Expérience que l’on peut mettre à disposition de la Libye ou des autres pays de la région ».

Quant aux contours exactes de cette future mission, Lungescu a, simplement, indiqué que « cela reste à décider. Notre rôle reste un rôle d’aide, ce ne sera pas un rôle principal, et sans avoir de troupes de l’Otan sur le terrain ».

Mais, privatisation de la guerre oblige, il faudra également compter avec les Sociétés militaires privées (SMP), les notoires contractors. Et, là, c’est aux Libyens que sera présentée la facture. Comme l’écrivait Tite-Live : Bellum se ipsum alet (La guerre se nourrit d’elle-même)1.

Q – Mais, la France a joué un rôle majeur dans ce dispositif à l’Est du pays, quel rôle jouera-t-elle dans le nouveau dispositif ?

Jacques Borde – Les morceaux que Paris parviendra à arracher des mâchoires du molosse états-unien seront son lot. Et rien de plus ! Certes. Tout est effectivement parti du Djebel Néfoussa où les Français ont mis en place une base arrière d’où ils ont lancé des colonnes vers les positions loyalistes. Pour le reste, c’est le pouvoir issu du Conseil de transition qui, décidera. Et, ce, indépendamment des pourcentages, verbalement, promis à la France. Les places seront chères et rares…

Il est donc à craindre que, dans cette affaire, la France n’aura fait que tirer les marrons du feu pour le VRAI chef d’orchestre de cette guerre : Washington. Finalement, l’administration Sarkozy a agi comme une variété de contractor, ad majorem Americani gloriam, parmi d’autres…

Q – Mais en quoi, finalement, les journalistes, sont-ils, eux aussi, des contractors de l’Amérique ?

Jacques Borde – Des contractors médiatiques, pour être précis. Mais parce qu’ils contribuent à la propagande de guerre d’une des partie au conflit. Toujours la même, qui plus est, au lieu d’informer équitablement.

Je vais vous donner un exemple. A circulé en boucle – sur les chaînes dites d’information – un mini-reportage censé illustrer l’odieuse répression du régime syrien. L’on y voit clairement un homme en civil se faire entourer et frapper d’autres civils, certains portant keffieh et d’autres masqués. Il y a bien UN militaire visible à quelques dizaines de mètres, mais il semble assez occupé à raisonner, discuter, ou contrôler d’autres personnes présentes, on ne le sait pas trop. Commentaire du journaliste occidental : des militaires, à la solde du dictateur syrien, sont en train de rouer de coups un opposant !

C’est du médiamensonge pur et simple :

1. Où sont LES militaires en train de passer qui que ce soit à tabac ?

2. Qui sont ces hommes masqués ? Des miliciens ? Un groupe d’autodéfense local ? Des hommes de main ? De qui, d’un cacique du cru ? Des policiers en civil ? Pourquoi, alors, dissimuler leur visage. À ne pas être clairement identifiés et identifiables, ils risquent d’avantage de se faire tirer dessus par d’autres membres de forces de sécurité. Les règles d’engagement des forces de sécurité syriennes autorisant le recours à des tirs létaux. Comme les troupes britanniques et US, en pareil cas. Voir l’Irlande du Nord occupée et et la Nouvelle-Orléans, après Katrina. Sans parler de TOUTES les forces occupantes en Afghanistan et Irak !

3. Qui est l’homme agressé ? Un civil ? Un passant ? Un pillard ? Nul ne le sait. Par ailleurs rien – si ce n’est l’imagination fertile mais biaisée de notre commentateur – n’indique son appartenance à l’opposition. Ni à quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

4. La scène montre un environnement assez confus, avec, effectivement, DES militaires et DES civils. Les premiers ne prenant aucune part à l’incident. Les seconds, que rien n’identifie comme des miliciens ou des hommes de main inféodés à qui que ce soit.

Au fond, si nous faisions un parallèle avec les émeutes de Londres, cela reviendrait à décrire la scène d’un individu pris à partie par le groupe d’autodéfense d’un suburb londonien, comme le passage à tabac de ce même individu par des bobbies en uniforme !

Et si la scène se ramenait à quelque chose de plus basique et par trop humain ? Des habitants d’un quartier mis en coupe réglée par des obscurantistes-dijâdistes, se rattrapant de leurs frustrations sur le premier venu ? C’est aussi pour cela que les forces de sécurité syriennes affirment leur volonté de tout faire pour rétablir l’ordre républicain – la Syrie est une République Arabe, c’est même son nom officiel – et empêcher que le désordre, les pillages et la violence ne s’installent durablement. Et, oui messieurs les kollabos des Je Suis Partout2 occidentaux : si c’était Damas qui avait raison ?

Q – Mais les forces de sécurité syriennes ont la main plutôt lourde ?

Jacques Borde – Plus que les paras britanniques lors du Bloody Sunday et des émeutes du Bogside3 ? Plus que les forces d’occupation US à Falloujah ? Vous en êtes bien sur ! Rappelons que, depuis le début des troubles en Syrie, plus de CINQ-CENT policiers sont tombés sous des tirs ennemis. Soit, en quelques semaines, bientôt SEPT fois plus de pertes que l’armée française en DIX ans de présence en Afghanistan ! Au fait, question subsidiaire, combien les militaires français ont-ils tué d’Afghans ?

Arrêtons de gober le propaganda staffel états-unien. Ceux qui prennent à partie les forces de sécurité syriennes ne sont pas des Bisounours, mais des djihâdistes de marché (souvent venus de l’étranger) prêts à tout pour transformer cette petite république laïque du Levant en émirat islamique tournée vers Washington…

Q – Votre discours ne flirte-t-il pas avec une certaine islamophobie ?

Jacques Borde – Pas du tout. Notez bien que je considère – a contrario de ce qui se passe dans les autres pays du Levant arabe et suivant en cela ce que nous en dit le Patriarche de l’Église maronite, Sa Béatitude Béchara Raï  – l’expérience conduite par les musulmans et les chrétiens au Liban, et au Sud Liban, comme exemplaire. L’on y voit des chi’ites vivre en parfaite harmonie avec des sunnites, des maronites, des grecs-catholiques et, mêmes, des laïcs du PCL 4ou de l’OACL5. Pour évoquer la lutte contre l’occupant israélien, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Na’ïm Qâssem, a même fait sienne (je ne sais plus qui en est l’inventeur) l’expression de Résistance Croyante pour parler de tous ceux qui – membres du Hezbollah, du FPLP ; du CPL6, du PCL, du PSNS7 et autres – sont tombés martyrs pour la libération de leur patrie. Désolé, de le dire, mais les vrais gaullistes ne sont plus fils d’Occident, aujourd’hui, mais du Levant ! N’a-t-on pas vu – tels, hier, le général De Gaulle et le chancelier Adenauer – le général Aoun s’asseoir à la même table que le président syrien, le Dr. Bachar el-Assad8 ?

Q – Mais, au fond, n’est-ce pas, de leur droit, de voir des gens de media, s’engager pour un camp ou un autre ?

Jacques Borde – Oui. Mais, en ce cas, qu’ils le fassent en dehors de leur travail. Car comme l’a fort bien dit, Thierry Meyssan – avec qui, je tiens à le préciser, je ne suis par toujours d’accord, ce qui ne préjuge en rien de la qualité de son travail  – « La propagande de guerre est entrée dans une phase nouvelle avec l’action coordonnées de chaînes de télévision satellitaires. CNN, France24, BBC et Al-Jazira sont devenues des instruments d’intoxication pour diaboliser des gouvernements et justifier des agressions armées. Ces pratiques sont illégales en droit international et l’impunité de leurs auteurs doit cesser ».

Or, ces media étant utilisés pour attribuer « aux gouvernements libyen et syrien des crimes qu’ils n’ont pas commis, et pour couvrir les crimes commis par les services secrets des puissances précitées et par l’Otan », ils sortent clairement de leur mission d’informer le public.

Q – Et, en quoi ce comportement est-il condamnable ?

Jacques Borde – En ce sens, et là, c’est Meyssan que je reprend, qu’au lendemain de la 2ème Guerre Mondiale, l’Assemblée générale des Nations-unies a légiféré pour interdire et condamner ce type de pratique.

La Résolution 110, du 3 novembre 1947, relative aux « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une nouvelle guerre et contre ceux qui y incitent », sanctionne « la propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ».

La Résolution 381, du 17 novembre 1950, consolide cette condamnation en condamnant la censure des informations contradictoires comme partie intégrante de la propagande contre la paix.

Enfin, la Résolution 819, du 11 décembre 1954, sur « la suppression des obstacles au libre échange des informations et des idées », pose la responsabilité des gouvernements à supprimer les obstacles qui entravent le libre-échange des informations et des idées.

C’est clair, « Le verbe, et plus encore l’image, peuvent être utilisées pour préparer les pires crimes. En l’occurrence, les intoxications de CNN, France24, BBC et Al-Jazira » sont biens constitutifs de « crimes contre la paix ».

La suite logique de ce que je viens de vous lire est que, bien évidemment, ceux de nos confrères qui pratiquent pareille propagande de guerre doivent être jugés par la Justice internationale. Alors, soyons patients. Un jour peut-être ?…

Notes :
[1] Histoire romaine, 34, 9, 12, Tite-Live. Qui signifie, plus clairement de l’armée se nourrit sur le pays.
[2] Journal de la kollaboration hitlérienne en France occupée.
[3] Le Bogside (Taobh an bhogaigh, en irlandais) est une banlieue de Derry en Irlande occupée. Lieu important du conflit nord-irlandais, elle a été le lieu de la Bataille du Bogside, en 1969, la Résistance irlandaise, appuyée par la population, l’organisant en enclave autonome sous le nom de Free Derry.
[4] Parti communiste Libanais.
[5] L’Organisation d’action communiste au Liban, fondée en 1969.
[6] Courant patriotique libre, le mouvement du général Michel Aoun.
[7] PSNS (Parti social nationaliste syrien, الحزب السوري القومي الاجتماعي, Hizb as-Suri al-Qawmi al-Ijtima’i), connu aussi sous le nom de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste (il a été fondé par Antoun Saadé, en 1932).
[8] Rencontre d’autant plus normale que les mésententes libano-syriennes (sauf celles instrumentalisées de l’étranger) n’ont jamais eu l’intensité des confrontations entre Berlin et Paris.

Sarkozy vous invite au buffet de la Libye

1er septembre 2011

La conférence des amis de la Libye

On dit, « Paris convie les amis de la Libye »… On prépare la table pour charcuter et dépecer la prise. Le convivial Sarkozy et autres bienfaiteurs de l’humanité sont déjà à planifier « l’après-Kadhafi ».

Les États-Unis avaient offert une aide au CNT (Conseil National de Transition) de 1,5 milliards. Mais L’Afrique du Sud a appliqué son droit de véto. N’en déplaise, les avoirs de « Kadhafi », qualifiés de plusieurs milliards de dollars, seront débloqués.

Une aide serait offerte par la France pour la …rentrée scolaire en septembre. Ce qui s’ajoute aux « armes légères données par « La France » aux rebelles libyens en juillet au sud-est de la Libye… Parole de Sarkozy… Mais pas de forces spéciales : seulement des observateurs.

Dans le langage du renseignement, on sait ce qu’est un observateur… Le mot – pris au sens primaire – fait allusion a une forme de voyeurisme. Parlons de voyeurisme « actif »…

Le dictionnaire des politiciens est semblable à un pistolet muni d’un silencieux…

Pouf ! et non bang…

On parle avec un oreiller sur le canon.

Pendant ce temps, aux USA, on préparait une éventuelle occupation de la Libye. Sans doute pour s’assurer du bon déroulement de la démocratie. Comme en Irak… Là où on semble avoir fait des tentes de beaux buildings pour ce que certain nomment déjà le IVe Reich !

Des amis en 2007

Kadhafi appelait Sarkozy son « frère », et l’actuel ambassadeur de France en Tunisie son « fils »…

Au lendemain de la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, nationalisé bulgare, emprisonnés pendant plus de huit ans en Libye, le président français, Nicolas Sarkozy, effectue une visite hautement symbolique à Tripoli, mercredi.

Manifestation de la normalisation des relations entre la Libye et les Européens, le chef d’État français a été accueilli par le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, dans une rencontre visant à resserrer les liens entre les deux pays.

À l’issue de leur rencontre, a été annoncée la signature d’un mémorandum d’entente dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Selon un haut responsable français, l’accord prévoit la fourniture d’un réacteur nucléaire pour permettre à la Libye de désaliniser de l’eau de mer. Source : RC

Voici le texte de Radio-Canada (en partie) annonçant les détails de cette « grande fête » de la démocratie…

Une « grande conférence internationale » sur l’avenir de la Libye post-Kadhafi se déroulera à Paris le 1er septembre, a indiqué mercredi le président français, Nicolas Sarkozy.

Le chef d’État français en a fait l’annonce à l’issue d’un entretien avec Mahmoud Jibril, premier ministre du Conseil national de transition de la Libye (CNT), l’organe politique des rebelles, que la France a été la première à reconnaître.

La conférence des « amis de la Libye », également organisée par la Grande-Bretagne, ira au-delà du groupe de pays ayant participé aux opérations militaires, a précisé M. Sarkozy. Elle réunira notamment la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde ainsi que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

La date symbolique du 1er septembre marquera l’anniversaire du coup d’État ourdi par le colonel Mouammar Kadhafi, en 1969, a ajouté le numéro deux de la rébellion libyenne.

Celui-ci a dit espérer que la conférence « constituera un nouveau symbole pour les Libyens, pour la reconstruction de la Libye sur la base de la justice et de la démocratie ».

« Ce sera l’occasion pour le CNT d’expliquer à la communauté internationale comme elle peut l’aider sur le chemin d’une Libye libre, démocratique et unifiée, et pour tous ceux qui veulent soutenir la Libye de discuter le rôle qu’ils peuvent y jouer », a pour sa part précisé le premier ministre britannique, David Cameron, dans un communiqué.

Quatre ans après avoir reçu en grande pompe le colonel Kadhafi, le président français a par ailleurs exprimé la volonté de la France de poursuivre les opérations militaires contre les forces du colonel Kadhafi aussi longtemps que le CNT le jugera nécessaire. « Les opérations cesseront lorsqu’elles n’auront plus lieu d’être, et elles n’auront plus lieu d’être lorsque M. Kadhafi et ses séides ne constitueront plus une menace pour le peuple libyen », a-t-il déclaré.

M. Jibril a de son côté indiqué que la transition politique en Libye devrait passer par la formation d’une conférence interrégionale, qui désignerait une commission, laquelle rédigerait ensuite une Constitution, qui serait soumise à un référendum. Des élections se tiendraient par la suite dans un délai de quatre mois.

Le CNT prévoit également former une nouvelle armée et une nouvelle force de police avec les combattants engagés informellement dans l’insurrection, a-t-il poursuivi.

M. Jibril a ajouté avoir demandé à la France un appui spécifique pour l’aide médicale aux blessés du conflit et pour la préparation de la rentrée scolaire, en septembre.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/08/24/005-libye-diplomatie-conference-paris.shtml

Mais, le 26 février, on a voté une interdiction de voyage à l’ONU pour Kadhafi…

Il n’ira pas loin… Quoiqu’il se soit vanté de s’être promené dans Tripoli, incognito… En quémandant un peu, il pourra sans doute amasser suffisamment d’argent pour un billet d’avion, payé par les étatsuniens, la France, et Mister Cameron.

Gaëtan PELLETIER

URL de cet article 14475 http://www.legrandsoir.info/sarkozy-vous-invite-au-buffet-de-la-libye.html

Iran : Ramin Mehmanparast appelle la police britannique à la retenue

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast a appelé la police britannique à la retenue face aux protestations publiques qui secouent la Grande-Bretagne depuis trois jours.

Réagissant aux protestations massives des citoyens de Tottenham, Ramin Mehmanparast a exhorté la police britannique à mettre un terme aux confrontations violentes avec les protestataires.

C’est dans le quartier défavorisé de Tottenham, au nord, qu’ont éclatés les troubles samedi. Une manifestation faisait suite à la mort d’un homme noir de 29 ans, Mark Duggan, tué jeudi lors d’un échange de tirs avec la police, les manifestants soupçonnant cette dernière d’avoir ouvert le feu en premier.

Il a souligné la nécessité d’entamer des discussions avec les manifestants et d’écouter leurs revendications, afin de ramener la paix et la sérénité.

Il a appelé les organisations indépendantes des droits de l’Homme à enquêter sur le meurtre de cet homme noir conformément à ces droits civiques.

Les violences continuent à Londres après trois jours d’affrontements entre la police et des habitants de plusieurs quartiers.

D’autres grandes villes d’Angleterre sont désormais en proie à des troubles similaires, aux heurts avec la police anti-émeutes, aux voitures brûlées, aux vitrines brisées.

Les violents affrontements qui touchent la capitale britannique depuis ce week-end s’étendent et atteignent désormais Liverpool, Birmingham et Bristol.

Au total, le bilan s’élève pour l’instant à 35 blessés selon Scotland Yard.

Face à cette flambée de violence inédite depuis une vingtaine d’années en Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron a décidé d’écourter ses vacances. Une réunion d’urgence avec la ministre de l’Intérieur et le chef de la police doit avoir lieu ce mardi.

Quelques 1.700 policiers sont déjà déployés pour tenter de contenir calmer ces émeutes qui secouent Londres et sa banlieue sur un axe Nord-Sud d’Enfield à Croydon en passant par Oxford Circus, dans le centre-ville.

Déjà, plus de 300 personnes ont été arrêtés.

Libye : Sarkozy rêvait d’une guerre éclair

Sarkozy rêvait d’une guerre éclair. Mais rien ne s’est passé comme prévu. A la veille du vote du Parlement pour ou contre la poursuite de l’intervention, de hauts responsables ont raconté à Vincent Jauvert la véritable histoire de cette opération.

Cela devait durer quelques jours, quelques semaines tout au plus. « Sûrement pas des mois », disait Alain Juppé. Les services de renseignements français assuraient que, dès les premières frappes, des milliers de soldats de Kadhafi feraient défection. Ils prédisaient aussi que les rebelles avanceraient rapidement jusqu’à Syrte, la ville natale du Guide, et que tout cela contraindrait Kadhafi à partir très vite. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

De surprises en déconvenues

Quatre mois et des milliers de frappes plus tard, Kadhafi est toujours là. Certes, Benghazi, la capitale des rebelles, est sous protection. Mais la guerre voulue par Nicolas Sarkozy s’enlise. Cette opération devait restaurer le prestige de sa politique étrangère, ternie par les frasques de « MAM » et son accueil glacial du « printemps arabe ». Mais, malgré ses Rafale, malgré l’Otan dont elle a réintégré le commandement en fanfare, la France apparaît impuissante face au dictateur d’un pays mal armé et dix fois moins peuplé. Cette guerre devait être un passeport pour la gloire. On se contenterait aujourd’hui d’un sauf-conduit pour en sortir.

Que s’est-il passé ? A quelques jours du premier vote parlementaire sur cette guerre, plusieurs responsables français – officiers supérieurs, diplomates et hommes politiques – racontent l’histoire secrète de cette opération : les bévues des services de renseignements, les déchirements au sein de l’Alliance atlantique. Et le jeu ambigu des Etats-Unis…

L’état-major demande à l’Elysée de changer de cible…

La guerre commence par un coup d’éclat, non planifié, des forces aériennes françaises. « Le premier jour, samedi 19 mars, nos pilotes devaient seulement préparer le terrain, dit un haut responsable. Leur mission était de détruire des batteries anti-aériennes libyennes. Mais, le matin, les forces de Kadhafi ont avancé beaucoup plus vite que prévu vers Benghazi. Si nous ne faisions rien, la deuxième ville libyenne allait être massacrée. » En catastrophe, l’état-major demande à l’Elysée l’autorisation de changer de cible et de viser les blindés plutôt que les défenses anti-aériennes. Malgré les risques pour les Rafale, qui se feront repérer par les radars ennemis,Nicolas Sarkozy donne son feu vert. « Les pilotes sont partis de la base de Saint-Dizier comme ça, au pif, avec une nouvelle mission : trouver les chars et les détruire, en évitant de se faire abattre… Par chance, ils revenaient d’Afghanistan, ils étaient très entraînés. » Ils repèrent la colonne de blindés, la « tapent » et sauvent Benghazi.

Une déroute pour les services de renseignements

Une victoire éclatante pour l’aviation française. Mais une déroute pour les services de renseignements. « Nous nous sommes rendu compte que leurs informations étaient de mauvaise qualité, dit un haut responsable. Ils s’étaient procuré un rapport de l’armée algérienne qui venait de faire des manoeuvres avec les Libyens. Il y était écrit que les chars de Kadhafi étaient tous rouillés et ne pourraient pas être mis en état de marche en moins de deux mois. Pourtant, ces blindés ont attaqué Benghazi ! »

Un officier ajoute : « Plusieurs semaines avant les frappes, nous avons déployé sur zone des moyens de renseignement importants : trois satellites espions passent chaque jour au-dessus de la Libye, un sous-marin au large de Tripoli intercepte des communications. Des forces spéciales ont été dépêchées et, plus tard, la DGSE a ouvert une antenne à Benghazi. Mais nous avons raté l’essentiel : nous avons sous-estimé Kadhafi, qui se préparait depuis quarante et un ans à une invasion. Nous n’avons pas imaginé qu’il s’adapterait aussi vite. » Personne ne prévoit, par exemple, que, pour transporter ses troupes et ses batteries de missiles, le Guide va aller acheter des centaines de pick-up Toyota au Niger et au Mali. C’est un coup de génie : ces camions sont identiques à ceux utilisés par les rebelles. L’Otan est paralysée. Elle retarde ses frappes. Avant de bombarder ces véhicules, les pilotes doivent avoir la certitude qu’ils sont bien ceux des forces de Kadhafi. « Nous avons demandé aux rebelles de mettre un signal particulier sur le toit de leurs pick-up, dit un militaire, mais nous n’étions jamais sûrs. Ils sont tellement désorganisés… »

Des rebelles totalement incompétents

Personne n’a prévu, non plus, le degré d’impréparation militaire de l’opposition. Pour le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, les rebelles sont « pathétiques ». Non seulement ils sont totalement incompétents, mais, pendant plusieurs semaines, ils sèment la panique dans les grandes capitales. « Au moindre bruit suspect, raconte un officiel français, moqueur, ils appelaient BHL, l’Elysée ou Downing Street. Ils juraient que des centaines de chars se précipitaient vers eux, que l’Otan devait agir sur-le-champ. On envoyait en catastrophe des avions de reconnaissance et des bombardiers, mais la plupart du temps c’étaient de fausses alertes. » Au bout d’un mois et demi, la coalition, excédée, décide de dépêcher des officiers de liaison sur place, à Benghazi. Leur rôle : « Trier les informations des rebelles et ne transmettre que les plus plausibles au QG de l’Otan, à Naples. »

La volte-face des Anglais

Autre terrible déconvenue : la volte-face des Anglais sur le commandement de l’opération. La veille des premières frappes, l’Elysée croit encore que la guerre en Libye sera conduite par Paris et Londres, et non par l’Otan. Sarkozy et Cameron ont évoqué plusieurs fois ce commandement conjoint, conçu comme un prolongement naturel de l’accord militaire franco -britannique signé en novembre. En secret, les chefs se sont mis d’accord sur la répartition des tâches : la guerre sera gérée de Montverdun, près de Lyon, où la France dispose d’un QG d’opérations aériennes flambant neuf ; et de Northwood, dans la banlieue de Londres, siège d’un QG stratégique performant. Tout est donc en place pour une grande première militaire européenne c’est du moins ce que l’on croit à Paris…

Vendredi 18 mars, au lendemain du vote de la résolution autorisant les frappes, c’est la douche froide. Le patron des forces aériennes françaises, le général Hendel, se rend à Northwood pour prendre le commandement en second de l’opération qui doit commencer le lendemain. Il s’attend à être accueilli en grande pompe. Mais, humiliation, on le fait attendre plusieurs heures avant de lui dire la vérité : les officiers britanniques qu’il devait commander sont partis la veille. Où ? A Ramstein, QG des forces américaines en Europe. Et le général anglais qui devait s’installer à Montverdun ne viendra pas. Bref, Londres a renoncé à son duo avec Paris et se tourne vers l’Otan. Perfide Albion…

Nicolas Sarkozy se méfie de Berlin

Si certains militaires français, qui redoutaient d’être dépassés par la tâche, poussent un « ouf » de soulagement, d’autres sont furieux, les aviateurs surtout. Patron de l’armée de l’air, le général Paloméros déplore que l’opération n’ait pu être menée « en franco-britannique ». Pendant plusieurs jours, la diplomatie française tente de sauver la face. Elle fait le forcing pour qu’au moins l’embargo maritime de la Libye soit assuré par l’Union européenne et non par l’Otan. Mais la Turquie et l’Allemagne refusent : l’Alliance se chargera de tout ou de rien. La France, qui a besoin d’alliés, est coincée et contrainte d’accepter. A une condition : Nicolas Sarkozy exige de mettre sur la touche les officiers turcs et allemands présents dans la structure de commandement de l’Otan, au motif qu’ils pourraient saboter cette guerre à laquelle Berlin et Ankara sont hostiles. Un détail ? Quand le chef suprême de l’Otan, un général américain, et son n° 2, un Britannique, sont en congé, c’est le n° 3, un Allemand, qui assure le commandement militaire de l’Alliance. Trop risqué pourNicolas Sarkozy, qui se méfie de Berlin et obtient que, pendant toute la durée de la guerre contre Kadhafi, ce roulement soit discrètement suspendu…

Brutales, les bagarres au sein de l’Otan continueront pendant des semaines. A Bruxelles, des portes claquent, des noms d’oiseaux fusent. Premier sujet de discorde : les règles d’engagement de cette guerre. L’intervention est destinée à protéger la vie des civils. Il faut donc limiter au maximum les bavures. Jusqu’où ? « Au début, nous appliquions les mêmes normes de prudence qu’en Afghanistan », raconte un officier. Mais les moins va-t-en-guerre exigent qu’en Libye les règles soient « trois fois plus strictes », précise un militaire. « Souvent nos pilotes repèrent une cible mouvante, demandent l’autorisation de frapper et l’Otan refuse. » De ce fait, les « dommages collatéraux » seront peu nombreux. Mais l’opération est ralentie. Au fil des semaines, loin des réunions enflammées, le représentant français au QG des opérations, à Naples, obtiendra discrètement des dérogations pour ses pilotes…

« Des plans de frappes sans queue ni tête »

En fait, la machinerie de l’Otan – cet Otan que Sarkozy avait tellement tenu à réintégrer – exaspère les Français. « Cette bureaucratie sort des plans de frappes sans queue ni tête, dit un responsable français. Pour les officiers de l’Otan, il s’agit de faire exécuter un certain nombre de sorties aériennes. Il n’y a aucun objectif stratégique cohérent, seulement des cases à cocher. La guerre comme à la Sécu ! » Un autre officiel est plus indulgent. « Le commandant de l’opération contre la Libye, le général canadien Bouchard, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Très peu d’alliés de l’Otan ont accepté de participer à l’opération. C’est un grand échec des diplomaties françaises et britanniques. Alors, c’est vrai, vu le manque d’avions à sa disposition, Bouchard est obligé de bricoler. »

Les Américains se retirent…

La pénurie est d’autant plus grande que, autre déconvenue magistrale, l’Amérique a retiré très tôt ses dizaines de chasseurs-bombardiers, en particulier les A10 « tueurs de chars » que l’US Air Force est la seule à posséder. « Obama avait prévenu Sarkozy dès le début que les Etats-Unis ne resteraient pas en première ligne, dit un responsable français. Le Congrès était très hostile à cette opération. Et le Pentagone ne voulait pas d’une nouvelle guerre de l’Amérique contre des Arabes. Mais on n’avait pas compris que ce retrait interviendrait au bout de dix jours. » Paris et Londres ont bien réussi à convaincre Washington d’envoyer des moyens de frappe plus discrets, des drones armés, et de laisser leurs avions antiradars. Mais pour le reste, c’était : « Débrouillez-vous ! »

Français et Britanniques décident de pallier ce manque par leurs propres moyens. Début mai, quand l’enlisement devient évident, ils entreprennent d’envoyer des renforts : une vingtaine d’hélicoptères. C’est tout ce qu’ils peuvent fournir. Et encore faudra-t-il un mois pour que le porte-hélicoptères « Tonnerre », une des fertés de l’armée française, arrive sur zone. « Dire que, dans les hangars de l’Otan, il y a 150 hélicoptères américains que Washington refuse d’envoyer en Libye ! », relève un oficier français.

… mais restent indispensables sur le terrain

« C’est l’une des grandes leçons de cette guerre à laquelle on ne s’attendait pas, dit un responsable français : Washington a vraiment commencé son repli stratégique. » Seulement voilà : sur le terrain, les Américains sont toujours indispensables. « Rien ne serait possible sans leur soutien. Ils nous tiennent par la barbichette. Ce sont toujours eux les patrons. » Certes, l’armée français fait bonne figure. Elle assure plus du tiers des frappes, certains jours près de la moitié. Ses avions sont les plus nombreux dans le ciel libyen – entre 15 et 20. Elle est la seule à disposer d’unporte-avions nucléaire. La technologie militaire made in France demeure l’une des meilleures. La guerre a permis de tester avec succès le dernier cri de ses productions : le Rafale 3, le missile modulaire AASM, l’hélicoptère Tigre…

Mais la supériorité américaine est écrasante : 33 des 41 avions ravitailleurs utilisés dans l’opération sont américains, la plupart des Awacs aussi, tous les drones également, comme 100% des missiles antiradars et des kits de guidage laser des bombes. Et ce n’est pas tout. « L’essentiel des moyens de commandement et de contrôle de l’Otan comme la gigantesque bande passante qui permet de transmettre toutes les données sont américains », dit le spécialiste François Heisbourg. « Quand les pilotes français arrivent au-dessus de la Libye, explique un officier, ce sont des avions américains dotés de radars spéciaux, des JStar, qui les guident jusqu’à leurs cibles. Les Américains ont des moyens de renseignement colossaux : des U2, des capteurs dont nous ne disposerons jamais, des dizaines de satellites… »

Les Américains dirigent les opérations en coulisse

Un chiffre résume tout : devant la délégation parlementaire sur le renseignement, le directeur du renseignement militaire, le général Didier Bolelli, a révélé que plus de 80% des cibles affectées aux pilotes français en Libye étaient désignées par les services américains ! Autrement dit, si Français et Britanniques réalisent la majorité des frappes, les Américains dirigent les opérations en coulisses « from behind », dit le grand magazine « New Yorker ». « Ils nous donnent juste ce qu’il faut pour que nous ne nous cassions pas la figure », assure un diplomate.

Comment terminer cette guerre sans un coup de pouce de Washington ? Pour l’armée française, le temps presse. « En mer depuis huit mois, le «Charles-de-Gaulle» est à bout, dit un officier. Certaines réparations ne peuvent pas être faites à bord. Le nombre de sorties du porte-avions chute. » Le « Charles-de-Gaulle » devait rentrer le 30 juin, mais les marins devront attendre. Pour le remplacer, on cherche des bases aériennes proches du théâtre des opérations. On voudrait aussi envoyer un drone français au-dessus du ciel libyen. Mais les négociations avec les pays qui pourraient accueillir ces aéronefs traînent.

L’Elysée décide de livrer du matériel aux rebelles

Alors on compte surtout sur l’avancée des rebelles. Ils doivent faire vite. Les chaleurs torrides et le ramadan arrivent, peu propices à de grandes offensives. Il faut régler le problème avant août. Comment ? L’Elysée a décidé d’interpréter à sa façon les résolutions de l’ONU sur la Libye. Certaines capitales, dont Londres, estiment qu’elles interdisent de fournir des armes aux rebelles. Pas Paris. « Le Figaro » vient de révéler que, début juin, la France a parachuté 40 tonnes de matériel militaire aux forces rebelles. Selon d’autres sources, elle enverrait aussi des armes par voie terrestre via des pays frontaliers. L’Elysée pense qu’une progression des rebelles jusqu’à quelques kilomètres de Tripoli devrait susciter une révolte à l’intérieur de la capitale libyenne. Et Kadhafi serait contraint de partir. Si, pour une fois, tout se passait comme prévu…

Vincent Jauvert-Le Nouvel Observateur

Lire l’intégralité de l’enquête de Vincent Jauvert dans  le Nouvel Observateur du 7 juillet 2011

La Libye, les gendarmes du monde et les traîtres africains

Ces assassins qui tuent pour du pétrole

La guerre, la guerre et toujours la guerre ; la guerre contre la Libye, un pays que la nature a doté d’immenses richesses qui attisent la convoitise des rapaces occidentaux. Après l’Irak, cette fois-ci c’est la guerre de l’Occident contre la Libye, une guerre qui sent à mille lieux le pétrole, le pétrole pour la survie de l’Occident.

Les gendarmes du monde

En pôle position de cette opération armée contre un peuple, un pays d’à peine 4 millions d’habitants, trois individus juste trois individus agissant au nom d’une certaine communauté internationale.

En tête, Sarkozy le petit homme français, le premier et le plus beau des français. A ses côtés, le nègre Obama, président des Etats-Unis, tout le contraire de Obama, candidat à l’élection présidentielle qui promettait le retrait des troupes américaines d’Irak, la création de l’Etat palestinien, la fermeture de la prison inhumaine de Guantanamo et tout le trompe l’œil qui l’a fait élire. Puis, vient le britannique Cameron (l’universitaire qui dit-on n’a jamais fini l’école !) plus décidé à se faire un nom qu’à régler les problèmes sociaux dans son pays.

Depuis 80 jours, les libyens ont perdu le sommeil puisque les défenseurs de la démocratie, ceux qui pensent exporter la démocratie sont là. Ils bombardent, bombardent et bombardent.

Les agresseurs de l’OTAN ont mené jusque-là plus de 10.000 opérations contre le peuple libyen avec à la clé des destructions massives d’infrastructures, des blessés, des morts, de nombreux déplacés. Pour une mission civilisatrice de civilisés et de démocrates, le bilan frise le ridicule. Kadhafi n’aurait pas fait autant de victimes civiles à Benghazi que l’OTAN en a fait à Tripoli alors que les rebelles armés  et drogués que l’OTAN appelle des civils sont à Benghazi.

Les grands africains au pied d’argile et les traîtres

Le Nigeria et l’Afrique du Sud, deux pays Africains qui étonnent de par leur absence de vision et d’idéal. Toujours manipulables et manipulés. On se rappelle encore qu’au temps fort de la crise ivoirienne, Jacob Zuma vendait à ceux qui le prenaient encore au sérieux que Gbagbo avait raison, qu’il fallait respecter les décisions du conseil constitutionnel et procéder soit au recomptage des voix soit en résolvant la crise diplomatiquement pour faire comprendre à Ouattara qu’il ne pouvait diriger le pays en l’état au lieu de recourir à une force militaire pour envenimer la situation. Mais quelques jours plus tard, volte face. Notre géant sud-africain rencontre Sarkozy en France et de retour sur ses terres, ravale toutes ses vomissures et nous dit « Gbagbo a perdu les élections, il doit s’en aller ». Pitoyable ! je ne m’attarderai pas sur le cas nigérian ou gabonais ou encore de ces pays arabes laquais des américains qui ont cru devoir dans une certaine ligue arabe approuver l’intervention militaire en Libye.

Zuma, décidément plus préoccupé par ses nombreuses femmes et, la France qui lui miroite un poste permanent avec droit de véto au conseil de sécurité (ce qui n’arrivera jamais, il peut en être certain), jette en pâture le seul soutien véritable que les Noirs d’Afrique du Sud ont eu au temps de l’apartheid où ils étaient traités comme des chiens. Kadhafi a contre tous, au risque de s’attirer la foudre des occidentaux, soutenu Mandela (qui au moins lui en a été reconnaissant à sa sortie de prison) jusqu’à la fin de l’apartheid. Il a pris de gros risques, subi d’énormes sanctions pour partager avec les Noirs Sud-Africains leur peine. Que c‘est beau ce remerciement ! Mandela, même âgé a pu avoir la clairvoyance d’esprit pour condamner la guerre en Irak et dénoncer le fait que Bush s’y rendait juste pour le pétrole. Zuma n’est pas Mandela.

Le plus malheureux épisode de cette série Libyenne est la reconnaissance du Conseil National de Transition par le président sénégalais, Abdoulaye Wade et le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment, un conseil dont on dit composé de vingt cinq (25) membres, on n’en connait que 4 ou 5 ? et ces 5 membres disent, représenter le peuple Libyen et parler en son nom.

Le TRAITRE Abdoulaye Wade qui vend Kadhafi et la Libye pour que Karim Wade soit président au Sénégal en 2012

Des traitres, l’Afrique en a toujours connu. Point n’est besoin de rappeler nos martyrs tel que UM NYOBE, MOUMIE, LUMUMBA, SANKARA, OLYMPIO,… qui ont été victimes de traîtrise. Cette année 2011 en a fait voir d’autres et Abdoulaye Wade est le dernier à se mettre volontairement sur cette liste. Es-ce que pour faire nommer son fils à la tête du Sénégal en 2012, il a besoin de s’abrutir cet octogénaire ? Il est aussi dit que son fils Karim aurait perçu de l’argent de la part du Qatar pour ce soutien de Wade senior au CNT libyen. Notre vieillard sénégalais (qui n’est surement plus lucide) déclare depuis Paris où il était reçu par Sarkozy, le parrain de son fils que Kadhafi doit partir et d’ajouter en s’adressant à Kadhafi : « Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra ». What a shame !

Moreno Ocampo et sa Cour

Luis Moreno Ocampo lui, décide de mener une guerre psychologique contre Kadhafi pour le déstabiliser afin qu’ils puissent vite atteindre leur objectif, celui de le voir partir de la tête de la Lybie.

Très drôle cet argentin, professeur de droit à l’Université de Havard devenu depuis un triste mois de Juin 2003 procureur de la Cour Pénale Internationale. Un homme fourbe dans sa profondeur et vicelard dans le comportement. Après la cabale contre Omar El Béchir pour l’obliger à aller à la sécession du Sud soudan, l’expédition ivoirienne pour installer un criminel de guerre au pouvoir, il descend sur Kadhafi  pour  nous annoncer  encore quelque chose. Kadhafi aurait donc selon cet argentin en mal de sensation, ordonné des viols et distribué à cette fin à ses soldats des stimulants sexuels de type Viagra pour qu’ils puissent violer les femmes et les opposants libyennes. Ce qui pourrait valoir au leader de Tripoli, déjà virtuellement inculpé de crimes contre l’humanité, un nouveau chef d’inculpation. Et il ajoute que Kadhafi en a acheté des conteneurs de ce machin, toute une histoire à dormir debout.

Depuis tout le temps que Moreno est à la tête de cette affaire de cour pénale, il n’a rien trouvé de mondain et de nauséabond dans la gestion des pays de l’Occident. Tous ces pays sont au top, il n’y a qu’en Afrique qu’il y à des gens à inculper. Il tient à bien remplir sa mission d’aliénation. Il n’a pas vu Georges Walker Bush tuer des enfants en Irak pour du pétrole, détruire tout un peuple à la recherche d’un présumé terroriste. De même qu’il n’avait pas vu l’ONUCI commettre des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire en tirant à bout portant sur des civils ivoiriens non armés, il ne voit pas non plus l’OTAN commettre des crimes contre l’humanité en Lybie. Il ne regarde que France 24, BFM et toutes ces chaînes de désinformation et de manipulation médiatique, nous dira t-il.

Du devoir de résistance

Ce n’est sûrement pas en remplaçant Kadhafi par un roitelet pro-occidental que le peuple libyen se portera mieux, ça le peuple libyen devrait le comprendre et investir la ville de Benghazi pour déloger les rebelles et leurs suppôts qui y vivent. Avec Kadhafi, c’est le socialisme intégral. Quiconque s’il veut être sérieux ne peut le contester, la Libye en 40 ans a su se développer comme aucun pays de la coalition n’a pu le faire. Il n’y a pas d’impôts en Libye, la population est nourrie, soignée, éduquée et logée gratuitement par l’Etat. Tout le pays est électrifié et les libyens ne paient ni l’eau ni l’électricité. Quel est le pays de l’OTAN qui peut se targuer de ce palmarès élogieux. Non, il n’y en a aucun. Le chômage qui atteint plus de 4,3 millions de personnes en France, criminalité, déficit public, dette publique élevée,  délinquance, récession économique et misères de toutes sortes ; les thèmes douloureux ne manquent pas pour apprécier la situation économique et sociale précaire de ces pays exportateurs de démocratie et de défenseurs de la veuve et de l’Orphelin. Un pays comme la Grande Bretagne qui a de sérieux problèmes sociaux et économiques trouve des centaines de millions de dollars pour aller attaquer la Libye, comme quoi la déchéance morale et l’incongruité sont les réelles valeurs de l’Occident.

L’occident essoufflé, compte sur le départ de Kadhafi pour faire de la Libye son nouveau vivrier, le pays qui les nourrira dans les prochaines décennies. Le peuple Libyen a le devoir de résister, Kadhafi encore plus. Mieux vaut vivre un jour comme un lion que de vivre 100 jours comme un mouton.

aymard