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Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Les malheurs continuent sous Ouattara : Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien Notre voie dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara

C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA. Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy.

«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.

Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone.

Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.

Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes.

Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !

Abdoulaye Villard Sanogo

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Jacques Dupuydauby à Mediapart : « On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions »

Jacques Dupuydauby

L’industriel Jacques Dupuydauby dénonce les pressions de l’Elysée sur les chefs d’Etat africains pour assurer des concessions portuaires au groupe Bolloré.

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe », déclare Jacques Dupuydauby.

« On est passé des mallettes de Robert Bourgi, qui étaient un secret de Polichinelle, à quelque chose de beaucoup plus fort. On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions’ « , déclare Jacques Dupuydauby, l’ancien dirigeant du groupe portuaire Progosa, lors d’un entretien accordé au site Mediapart, le 24 octobre. L’homme d’affaires franco-espagnol accuse Nicolas Sarkozy d’exercer des pressions sur plusieurs présidents africains pour implanter et maintenir son ami, l’industriel Vincent Bolloré.

Nicolas Sarkozy sur le Yacht de Vincent Bolloré en mai 2007

Le prêt du yacht Le Paloma, de l’homme d’affaires français, au président fraichement élu, avait révélé les liens étroits entre les deux hommes.

« Chantage d’Etat »

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe. Nicolas Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions », affirme le récent retraité qui assure avoir les confidences de plusieurs présidents africains dont Faure Gnassingbé (Togo) et Denis Sassou-NGuesso (Congo). « Je n’avais jamais connu cela auparavant », déclare l’ancien vice-président du groupe Bouygues, proche des réseaux chiraquiens, qui n’hésite pas à parler de « chantage d’Etat ».

Le président congolais, Sassou-NGuesso, aurait confié à l’ancien président de Progosa qu’il ne pouvait plus lui attribuer le port de Pointe Noire suite au veto de Nicolas Sarkozy. La société aurait aussi perdu le port de Douala après que le président français ait déclaré à son homologue camerounais, Paul Biya : « C’est pas Dupuydauby qui viendra vous exfiltrer lorsque vous serez encerclés dans votre palais », selon l’homme d’affaires en conflit depuis plusieurs années avec son rival en Afrique Vincent Bolloré. L’Elysée serait aussi intervenu en Côte d’Ivoire auprès d’Alassane Ouattara pour que la multinationale française conserve son monopole sur le port d’Abidjan. L’industriel franco-espagnol pointe également l’intervention de Claude Guéant en Libye pour que l »intime du président » obtienne le port de Misrata.

« Système Sarkozy en Afrique »

Au Togo, en 2009, Jacques Dupuydauby perd la concession du port de Lomé, que sa société détenait depuis 2001, au profit du groupe Bolloré. Le président, Faure Ganassingbé, aurait prévenu l’homme d’affaires des tractations de l’Elysée dans cette affaire. Condamné en décembre 2010, juste après son éviction, à 20 ans de prison ferme par le tribunal de Lomé pour « abus de confiance », « délit d’escroquerie », « usage de faux », « groupement de malfaiteurs »…, l’ancien président de Progosa dénonce un complot « orchestré par Vincent Bolloré » et soutenu par le controversé Charles Debbasch, conseiller juridique de la présidence togolaise, condamné en France dans l’affaire Vasarely.

L’homme d’affaires réclame « l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le ‘système Sarkozy en Afrique' ». Il rappelle que le député socialiste, Jean Launay, avait déjà posé en octobre 2010 une question au gouvernement sur les pressions de Nicolas Sarkozy en faveur du groupe Bolloré au Togo, sans démenti du ministre des affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner.

Les accusations de l’industriel prononcées contre le chef de l’Etat font suite à celles déjà formulées dans le livre « Sarko m’a tuer »de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en août. En 1983, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, aurait proposé au jeune entrepreneur des prestations fictives de son cabinet d’avocat dans le but de financer son ascension politique. Des confidences qui n’avaient donné lieu à aucune poursuite de l’Elysée.

La politique africaine du président de la République, lourdement remise en question par les affaires Takieddine, Bourgi et Djouhri, est une nouvelle fois entachée par ces nouvelles dénonciations de clientélisme. Et reste bien éloignée de la profession de foi prononcée à Cotonou en 2006, par le candidat de « la rupture », qui promettait pour l’Afrique « une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé. »

Ronan Kerneur – Le Nouvel Observateur

Sans commentaire

France : la République des malettes

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d’influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d’Afrique noire.

Les livraisons de malettes bourrées d’argent auraient pris fin en 2005 quand M. Dominique de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi : « l’argent de tous les Africains sent le soufre ».

« Par mon intermédiaire », « cinq chefs d’Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 », prétend l’Avocat Robert Bourgi.

L’actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’est pas épargné. « L’argent d’Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années » de son club 89, accuse M. Bourgi.

Pauvres de nous ! et surtout misérables de petits chefs d’Etat qui nous dirigent en Afrique.

En réalité, rien de nouveau sur ce plan, qu’ils soient politiques, hommes d’affaires, militaires, nous savons bien que tous les crapules Français se servent chez nous, à deux mains.

C’est encore plus choquant quand une petite merde comme Robert Bourgi parle à notre place et exprime une certaine pitié pour nous. Vous n’en doutez pas que beaucoup de fonctionnaires Africains encore en service ou à la retraite savent beaucoup de choses sur ce registre mais ne pipent mot, ils préfèrent emporter le secret dans leur tombe. Quelle fidélité !

Robert Bourgi doit se rendre compte que l’Afrique a changé et les Africains ne sont plus dupes. Ils connaissent tous les mécanismes mis en place depuis l’époque colonial pour maintenir l’Afrique dans la servitude et la pauvreté. Oui, pauvre doungourou, il n’y a pas que les malettes livrées pendant les échéances électorales mais bien plus. Transporteur de valises d’hier et d’aujourd’hui, Robert Bourgi n’est qu’un voleur doublé d’un réceleur et rien d’étonnant donc qu’il avoue ne pas être fier de ses actes.

Le 30 novembre 2006, Dominique de Villepin s’est rendu à Ndjaména. Toute la journée, les courtiers du régime MPS parmi lesquels Boukhari Brahim Doudou sillonnaient la ville à la recherche d’euros. Le Premier ministre français d’alors était reparti avec une malette…

Les Libanais d’Afrique ont toujours été au service des Occidentaux et ce depuis la période coloniale où ils assuraient l’approvisionnement en marchandises et autres services mêmes les plus obscures. Ils sont pires que les colonisateurs. Ils ne sont pas Européens ni Africains mais disposent des deux nationalités, parlent nos langues, vivent parmi nous mais en cercle fermé et surtout rapâtrient le moindre sou qu’ils gagnent dans nos marchés vers l’Europe et les Etats unis.

Par Mht Abakar sur AMBENATNA

L’Interview qui fait polémique : « J’ai vu Chirac et Villepin compter les billets de la françafrique »

Bourgi: « J’ai vu Chirac et Villepin compter les billets de la françafrique »

L’avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

L’avocat français Robert Bourgi, conseiller officieux pour l’Afrique du président français Nicolas Sarkozy, a affirmé dans une interview au «Journal Du Dimanche» (JDD) avoir «participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac», et avoir également remis des fonds occultes à Dominique de Villepin.

Les deux hommes visés par ces accusations ont confié leur intention de porter plainte et, à gauche comme à droite, les politiques n’ont pas manqué de réagir à cette nouvelle affaire.

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu…

J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais Foccart.

C’est-à-dire?

Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

«Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs»

Directement?

Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd? » demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de Villepinte », c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?

En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?

Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

«À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre»

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?

Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains…

C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, « connaissant Villepin comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! »

«Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël»

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…

Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…

Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

 Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?

Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

«Dominique est quelqu’un de double»

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. « C’est lourd », disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre?

Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongo et Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?

J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose. » Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

«Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy»

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas. » Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée. » Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne », me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours! » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi?

 Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs. » Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé?

Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va? », avant de m’expliquer : « L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir. » Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?

Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura. » Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

«L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années»

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…

Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…

Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle. » Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé…

Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

Laurent Valdiguié, Le Journal du Dimanche

De la Politique Africaine de Sarkozy par Olympe BHÊLY-QUENUM

Il faut ressasser certains propos : l’exigence en est l’amnésie des gens ou leur rétivité à sous-estimer les maux et les blessures qui ne sont pas les leurs ; le 19 mai 2006, Nicolas Sarkozy se présenta à Cotonou ès qualités candidat de la « rupture » ; coutumier des idées fixes à géométrie variable, il déclarera dans son programme: « Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus ».

La même année, il pérora à Bamako : « La France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique. Les flux entre la France et l’Afrique représentent 2% de notre économie. »

Son arrogance et son dédain m’ont fait revenir à l’esprit la réflexion du grand philosophe juif Emmanuel Levinas déjà citée dans ma riposte[1] : « Revenir à soi, ce n’est pas s’installer chez soi, fût-on dépouillé de tous acquis ; c’est, comme un étranger, être pourchassé jusqu’à chez soi, contesté dans son identité et dans sa pauvreté même. »[2]

L’insulte ni l’humiliation ne l’empêchaient pas de recourir à la supercherie révélée par La Lettre du Continent : «[….] le candidat de l’UMP cloisonne ses relations avec les dirigeants africains à travers une myriade d’émissaires. C’est ainsi avec son seul directeur de campagne, Claude Guéant, qu’il voit les émirs du golfe de Guinée comme le doyen Omar Bongo ou le président Denis Sassou Nguesso. C’est l’ancien ministre Olivier Stirn qui le représentait, le 3 avril à Dakar à l’investiture du président Abdoulaye Wade. Officiellement les dossiers sont gérés par le conseiller diplomatique David Martinon avec Pierre Régent et un jeune diplomate “africain” Bons Bouton. Parmi les secrétaires nationaux de l’UMP, les ex-ministres .Jacques Godfrain et Hervé de Charrette, ne sont pas avares de notes, de même que Michel Barnier.»

On pourrait y ajouter François Jay de la SEM Coopération 92 ; à son sujet, on a pu lire : « Sarkozy a par ailleurs recruté François Jay, un ancien de Bolloré » dans Lettre du continent n°210) qui souligna : « Bunkérisés dans l’Hexagone […] les candidats à la présidence de la République française n’ont pas vraiment eu l’occasion (ou cherché) de définir ce que seront leurs rapports avec l’Afrique…L’équation Afrique/immigration a totalement pollué toute perspective de nouvelles relations avec un continent dont les extraordinaires potentialités sont aussi fortes que sa capacité de nuisance. »

Pas un journal de l’Hexagone ne faisait allusion à l’ambiguïté des méthodes du candidat ; sidéré, j’ai à maintes reprises reproduit les informations ci-dessus dans mes interventions encore présentes à la rubrique Politique de mon site : www.obhelyquenum.com

Le pire étant toujours possible quand on n’a pas la moindre idée du terrain sur lequel on s’avance, élu président de la République française, ex-Mère Patrie de l’Afrique francophone régentée par un cancer dénommé Françafrique, Monsieur Nicolas Sarkozy fit entendre à Dakar, à l’Université Cheikh Anta Diop :

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »

À moins qu’il ne soit dénaturé ou un paria, quel Africain oubliera ce coup de massue, poncif hégélien crânement raciste ? Qu’à cela ne tienne, puisque « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », il était légitime, en 2007, de ne faire aucun cas de ce fait historique : « après les accords de Munich, la France affaiblie n’aurait jamais pu se maintenir parmi les grandes puissances, sans ses colonies en tant qu’alliées. »[3]

Depuis l’innommable discours de Dakar, il y a eu en Afrique des élections présidentielles dont certaines, sans être exemplaires, avaient le mérite d’avoir été un tant soit peu démocratiques ; mais en 2011, trucages, irrégularités, truanderies ont atteint leur apogée au Bénin par une forfaiture répréhensible dont la conséquence aurait dû être l’annulation d’une telle mascarade; dans le creuset du Vodún court maintenant le bruit que le chef d’Etat failli du pays piégé envisagerait la révision de la Constitution ; le peuple ainsi que les artistes de l’ex-colonie française dont la servilité du Premier magistrat est accablante auront-ils le courage des Sénégalais? Ils ont infligé au président Wade une défaite qu’illustre le savoureux apophtegme de Montaigne selon lequel « plus haut monte le singe, plus il montre son cul ».

La déconfiture du projet du grand juriste également homme de culture qu’est Abdoulaye Wade est due, «aussi » m’a écrit un ami, « à la mobilisation des intellectuels et des artistes parmi lesquels le rappeur Didier Awadi rejoint par Youssou N’Dour »

Ne s’étant pas compromis, ils n’en endossaient pas les boubous de compradors; que le projet  de Wade s’en soit allé en eau de boudin est une autre preuve que celui qui, depuis Paris, s’impose avec tant d’autorité aux chefs d’Etat de l’Afrique francophone, a précisément l’avantage qu’eux-mêmes lui laissent pour les ridiculiser, voire les détruire ;candidat unique de l’UMP à l’élection présidentielle de 2012, il a dû éprouver le camouflet de son soutien rapporté par Le Canard enchaîné; chercher à associer Barack Obama à la politique africaine de la France sous le règne de Nicolas Sarkozy est une démarche dont la stupidité a dû faire pouffer l’African-American de la Maison Blanche.

C’est la perspicacité de Maryvonne, ma femme, qui a attiré mon attention sur l’article du Canard enchaîné[4] dont je conseille la lecture : à visage découvert, la politique africaine de la France est régulée par le cancer Françafrique ; grâce aux compromissions des chefs d’Etat, celles aussi, hélas ! de certains intellectuels et artistes qui auraient dû se constituer en un contre- pouvoir infaillible, l’Afrique francophone demeure le sempiternel vassal de quelques coteries qui la hongrent.

La Chine s’en amuse, surfe en creusant ses sillons. Quel Africain loyal s’en plaindrait ? Çà et là en Grèce, dans une rue, au marché comme dans un grand magasin, je les ai vus s’exprimer en grec avec des Grecs. Combien de Français bon teint résidents en Afrique sauraient en faire autant ?

Olympe BHÊLY-QUENUM


[1] www.obhelyquenum.com (cf.rubrique POLITIQUE)

[2] Entre-nous. Essais sur le penser-à-l’autre.

[3] Simone Weil.cf.Œuvres, collection Quarto.édits Gallimard, Paris.

[4] N°4733 du 03/07/11.

Afrique : Vous avez dit Franc-maçonnerie ?

Eh oui ! c’est la Franc-maçonnerie. L’Afrique est le continent le plus riche du monde en ressources naturelles et en espaces cultivables. Par quelle alchimie en vient-elle à devenir une zone d’extrême pauvreté, de non droit, un continent déchiré par les guerres fratricides ?

Que cherchent-ils ces Africains dans la Franc-maçonnerie ? Aujourd’hui, La plupart des dirigeants africains sont des franc-maçons, membres de la Grand Loge féminine de France ou du Grand Orient de France ou encore de la Grande Loge mixte universelle. Ils passent le clair de leur temps à servir ces sociétés secrètes aux quelles ils font allégeance.

La Franc-maçonnerie en Afrique a su résister au temps et se développer surtout grâce à la Françafrique merveilleusement entretenue par Omar Bongo, Sassou et Wade.

Demandez à Ali Ben Bongo. Il sait que La franc-maçonnerie est l’un des piliers du régime gabonais. Comme son père, l’actuel homme fort du Gabon règne sur les loges du pays. Ali Bongo, promu à la tête du Gabon en 2009 par Sarkozy est depuis le 31 octobre 2009 Grand maître de la grande loge du Gabon. C’est le Grand maître François Stifani qui a procédé en personne à son intronisation.


Ecoutez un peu ce qu’il dit ce fanfaron : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour servir les intérêts de la Franc-Maçonnerie en général et de cette grande loge en particulier« . Telles sont les paroles prononcées par Ali Bongo Ondimba, président (mal) élu du Gabon lors de son « intronisation » comme « Grand Maitre de la loge nationale du Gabon », que l’on voit par ailleurs s’agenouiller devant ses « frères » maçons. Pitoyable ! Les intérêts du Gabon dont il est le président sont relégués au second rang et  passent après ceux de sa confrérie.

Voici encore cet autre extrait de la vidéo d’intronisation de Denis Sassou Nguesso, le président actuel du Congo ; ceci montre clairement à quels points ces hommes politiques sont entretenus dans des liens obscurs.

Même si le fait n’est pas condamnable puisque chaque citoyen est libre devant la nation de ses choix, on peut à juste titre se demander ce qui leur est enseigné dans ces confréries pour que leurs pays soient si malgouvernés, si belliqueux et le continent si déliquescent ? Se demander aussi pourquoi les Franc maçons tiennent-ils à avoir dans leurs rangs les despotes africains, les putschistes qui légitiment leur pouvoir par des élections mal organisées ? Se demander pourquoi en Occident, on ne vient pas au pouvoir par les armes – suivez mon regard – alors qu’en Afrique les putschistes sont soutenus et célébrés ? Se demander aussi pourquoi en Occident, aucun chef d’Etat, fusse t’il maçon ne fait plus de deux mandats présidentiels alors qu’en Afrique ce vilain luxe est permis et encouragé ?

On pourrait se taire si au moins l’appartenance de ces chefs d’Etat et autres Cadres Africains à ces confréries faisait avancer et développer leurs pays. Mais hélas !

L’on sait que la garde rapprochée du président Nicolas Sarkozy compte de nombreux franc-maçons  même s’il refuse ne pas  en être membre. Parmi eux, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand et Alain Bauer, l’ancien Grand maître du Grand Orient de France.

« La franc-maçonnerie est ici chez elle au ministère de l’intérieur » Paroles prononcées par NICOLAS SARKOZY le 23 Juin 2003, pour le 275° anniversaire de la secte, mère de la république lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur.

Sarkozy aurait-il cherché à reprendre la main en Côte d’Ivoire en réussissant à évincer du sommet de l’Etat ivoirien le président Gbagbo qui n’a eu de cesse de s’opposer à la dictature que tente d’imposer la franc-maçonnerie dans son pays en remettant en cause tous les liens obscurs existant entre la France et son pays ?

 « Laurent Gbagbo n’est pas digne de confiance, nous devons faire le nettoyage en Côte d’Ivoire » avait t’il affirmé lors d’une de ses nombreuses sorties ratées dont il a le secret. De quel nettoyage parlait-il ? Ce nettoyage consisterait-il à mettre à la place de Laurent Gbagbo qui se dit né de nouveau un homme qui recevra les instructions de Paris et fera allégeance comme Denis Sassou, Amani Toumani, Blaise Compaoré ou autre Déby ? Ouattara serait-il franc-maçon ou le deviendra t’il comme Ali Bongo ?

Une chose est  sûre, son ministre de l’intérieur Ahmed Bakayoko en est membre et d’ailleurs de la même loge maçonnique qu’Ali Bongo.

Hamed Bakayoko, ministre de l’intérieur de Ouattara

Ouattara en a lui aussi été accusé maintes fois par la première dame Simone Gbagbo qui a toujours clamé que c’était la Franc-maçonnerie qui faisait la guerre à la Côte d’Ivoire.

Le clan Ouattara en pleine incantation

Recevant les femmes méthodistes de Côte d’Ivoire après Linas-Marcoussis, Simone Ehivet Gbagbo déclarait : «Notre pays est la cible de mystiques, particulièrement les francs-maçons !» et au pasteur Moïse Koré, responsable de la Mission internationale Shekinah Glory, église dont Le Président Laurent Gbagbo est un des fidèles de se plaindre lui aussi, de la persécution maçonnique, mais en des termes plus voilés, dans une interview au quotidien Le Temps, du 13 août 2003. «Moi, je suis un serviteur de Dieu. Je suis dans un milieu qui n’est pas le mien. J’ai la malchance ou le bonheur d’encadrer spirituellement un responsable politique, qui n’entre pas dans les schémas traditionnels des chefs d’Etat africains, allant de fraternité en fraternité. Je suis gênant, c’est aussi simple que ça. Je gêne parce que je parle de Jésus-Christ. Et le président a choisi de marcher avec Jésus-Christ. Ce n’est pas dans le schéma traditionnel : on est initié dans des loges, on est dans des pratiques maraboutiques. En tout cas, ces choses ne me font ni chaud ni froid. C’est le lot quotidien d’un enfant de Dieu : la persécution, les épreuves. Ils peuvent continuer: quand ils seront fatigués, ils vont s’arrêter», affirmait-il.

Le bilan de Sasssou, Compaoré, Bongo, Déby,… dans leurs pays respectifs ne laisse pas présager d’un avenir radieux pour la Côte d’Ivoire et pour la zone UEMOA si tel devrait être le cas. C’est donc parti pour une épopée de servitude qu’établiront les hommes en tablier qui comme toujours croient pouvoir régenter le destin de l’Afrique selon leur bon vouloir.

Très ahurissants, les derniers épisodes du feuilleton ivoirien. Il vaudrait mieux commencer à en rire pour ne pas mourir de chagrin.

Aussi très instructive, vous pouvez télécharger l’explication ésotérique faite des accords de Marcoussis par le « Mouvement ivoirien pour la défense des institutions de Côte d’Ivoire  (MIDICI) ».

Vous comprendrez pourquoi les accords ont duré neuf (09) jours, pourquoi le document final comporte  neuf (09) annexes, pourquoi le comité de suivi de ces accords compte neuf (09) membres et finalement pourquoi à l’occasion de la signature de ces accords le 24 janvier 2003, les bailleurs de fonds dont l’Union Européenne avaient promis à la Côte d’Ivoire une somme de 400 millions d’euros pour la reconstruction du pays si les conclusions de ces accords étaient appliquées.

Téléchargez MARCOUSSIS_LES CODES SECRETS DU PACTE MACONNIQUE ET LE CODE 222

aymard

Les présidents présents à l’investiture d’Alassane Ouattara

YAMOUSSOUKRO – Voici les principaux chefs d`Etat présents samedi à Yamoussoukro à la cérémonie d`investiture d`Alassane Ouattara comme nouveau président de la Côte d`Ivoire :

– Nicolas Sarkozy (France)

– Goodluck Jonathan (Nigeria), président en exercice de la Communauté économique des Etats de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao)

– Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), président de l`Union africaine (UA)

– Blaise Compaoré (Burkina Faso)

– Abdoulaye Wade (Sénégal)

– Alpha Condé (Guinée)

– Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie)

– Faure Gnassingbé (Togo)

– Mahamadou Issoufou (Niger)

– Ellen Johnson Sirleaf (Liberia)

– Ernest Koroma (Sierra Leone)

– Amadou Toumani Touré (Mali)

– John Atta-Mills (Ghana)

– Boni Yayi (Bénin)

– Malam Bacaï Sanha (Guinée-Bissau)

– Paul Biya (Cameroun)

– Idriss Deby (Tchad)

– Denis Sassou Nguesso (Congo)

– Ali Bongo (Gabon)

Autres personnalités et dirigeants:

– Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies

– Kgalema Motlanthe, vice-président d`Afrique du Sud.

– Raila Odinga, Premier ministre du Kenya et ancien médiateur dans la crise ivoirienne

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=1288