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Trois Raisons fondamentales pour dissoudre le Fonds Monétaire International

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements.

Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ».

Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d’assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel.

Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes.

Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés.

En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée.

Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d’intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace.

L’économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n’y aurait pas le problème de l’Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l’impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.

Cheikh Sidiya DIOP

Analyste Auditor JJW France,

Doctorant ès Sciences Economiques

Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

csdiop.audit@jjwhotels.com

Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr

SEPTEMBRE 2008

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L’Afrique et ses dirigeants

 L’Afrique a besoin des dirigeants d’exception

Il est une donnée qui échappe souvent aux Africains lorsqu’ils se penchent sur les anomalies fonctionnelles de leurs Etats. Certains pensent que les principes fondateurs d’un Etat digne de ce nom, et qui sont d’essence occidentale, ne sont pas suffisamment maîtrisés. Ce serait alors la raison majeure pour laquelle les structures étatiques ne sont point cohérentes, ce qui aurait pour conséquence le dysfonctionnement que l’on constate. S’il y a probablement du vrai dans cette manière de percevoir les choses, cette anomalie constatée est en réalité de moindre importance par rapport au fait que la qualité des hommes qui nous dirigent est la véritable raison de bien de difficultés dans la gestion des Etats africains. En effet, au-delà de la valeur et de la qualité intellectuelle qui souvent manquent aux principaux dirigeants des Etats, à cause de raisons diverses ou des conditions particulières de leur accession au pouvoir, de même qu’au copinage dans le choix de leur entourage, il reste que la moralité et la dignité restent incontestablement ce qui leur manque le plus.

D’abord, du fait que la quasi-totalité de nos dirigeants sortent des grandes écoles et les instituts supérieurs dits modernes, leur moralité et cette notion d’honneur et de dignité qui faisaient que l’Africain traditionnel préférait la mort à la honte, leur manquent totalement. Beaucoup de ces dirigeants ont un idéal de vie tel que ce qui leur importe le plus, c’est leur propre profit dans toute action qu’ils entreprennent : « Qu’est-ce que je gagne ? », « Quel intérêt ai-je dans telle entreprise ? », tels sont leurs arguments massues. Certains, par vantardise ou plus exactement par bêtise, affirment : « J’ai tel diplôme, il me faut tel salaire ! », oubliant que les salaires ne doivent pas être liés à des diplômes autant qu’aux possibilités de chaque pays ! N’est-ce pas qu’il faut d’abord produire les biens, avant d’espérer les consommer ? Pour nos grands hommes, cette évidence n’est pas aussi claire. L’un des problèmes qui doit par conséquent recevoir un traitement adéquat, c’est le genre de dirigeants qui seront les plus aptes à diriger les Etats africains à l’heure actuelle. Nous avons besoin d’hommes d’exception pour ce faire, et ce sont des quidams qui prétendre le réussir ! Pourquoi faut-il croire que nous ayons un tel besoin de ce genre d’hommes de très grande particularité ?

Cela se comprend aisément puisque l’Etat africain, du fait de son histoire récente et même actuelle, a des contraintes particulières qu’il faut absolument vaincre :

L’avidité des ex-colons n’est pas encore terminée. Ces derniers font semblant d’être partis alors que ce sont eux qui veulent tirer toutes les ficelles de nos Etats soi-disant indépendants. Par conséquent, vouloir être dirigeant dans nos pays, c’est accepter d’aller contre leurs intérêts qui sont le contraire de ceux de nos populations. Et comme chez eux, « La fin justifie les moyens », ils sont prêts au pire pour sauvegarder leurs avantages. Cela signifie que quelqu’un qui n’est pas prêt à accepter des risques pour contrer leurs manipulations ne pourra jamais être un bon dirigeant dans nos contrées. Mais ces risques vont précisément contre la façon de voir de nos élites, surtout prêtes à vouloir le beurre et l’argent du beurre. A la moindre difficulté, ils préfèrent s’allier aux ex-dominateurs pour opprimer leurs propres peuples. C’est le contraire de ces dirigeants veules et poltrons, apatrides et stupides, qu’il faudra à l’Afrique. Nous avons besoin d’hommes courageux, à la limite téméraire à la Thomas Sankara pour ce continent, à l’heure actuelle.

Il faudra de même des dirigeants imaginatifs, inventifs, créatifs. Pourquoi ? Parce que dans nos pays en train de vouloir se dresser, tout doit être inventé. Les copistes, les singes sont de peu d’utilité dans un tel cas de figure. Ce qui est le cas de la quasi-totalité de nos dirigeants. Le plus grand danger qui menace l’Afrique depuis son indépendance, c’est de vouloir faire entrer nos populations, nos sociétés dans des moules qui ne sont pas faits pour elles. Et, malheureusement, c’est là les défauts essentiels de nos dirigeants, éduqués pour adopter au lieu d’adapter la modernité à nos aspirations les plus profondes ! Si les premiers responsables n’ont pas ces qualités de créativité et d’inventivité, il sera difficile de pouvoir seulement compter sur d’autres pour ce faire. L’adage africain affirme bien que : « Seuls les tortues savent par où passer, pour se mordre ! », entendant par là qu’il est impossible à celui qui n’a pas une qualité donnée, de pouvoir réellement l’apprécier chez les autres. Le fait de l’entourage n’est donc pas entièrement suffisant pour gérer la question de l’inventivité, de la créativité à outrance. Il faut donc que les premiers responsables eux-mêmes disposent de ces qualités.
Comme on le voit, il ne sera pas facile pour nous, d’avoir des dirigeants de cette stature, mais en même temps, c’est la condition à remplir pour avoir le moindre espoir, la moindre chance de réussir à bâtir nos nouveaux Etats sur du roc.

Anne-Cécile ROBERT : L’Afrique au secours de l’Occident.

Editions de l’Atelier/ les Editions Ouvrières, Paris 2006

Infrarouge : La Françafrique ou le système de contrôle des anciennes colonies françaises

Françafrique, c’est un documentaire édifiant sur les réseaux qui vont exister aux côtés des relations diplomatiques formelles dans le but de surveiller les pays africains après les indépendances. Intérêts économiques, politiques, enjeux financiers…Tout s’y mêle. Diffusé le jeudi 9 décembre dernier sur France 2, nous vous donnons l’occasion de revoir cette première partie La Raison d’Etat.

Réalisé par Patrick Benquet. Conseiller historique Antoine Glaser. Scénario de Patrick Benquet.
Produit par Compagnie des Phares et Balises avec la participation de France Télévisions.

Il y a 50 ans, en 1960, les 14 colonies françaises d’Afrique noire devenaient indépendantes. Mais, indépendance ne signifie pas liberté : le général de Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d’un système qui vise à garder, par tous les moyens, légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies dont les matières premières sont vitales pour la France. Ce système va s’appeler la Françafrique.

Pendant plus d’un an, Patrick Benquet a enquêté avec l’aide précieuse d’Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu’à travers les présidences successives qu’avait connues la France, de droite et de gauche, les bouleversement mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l’égard de ses anciennes colonies. Que tous les grands événements africains dont les Français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l’action du mercenaire Bob Denard, les coups d’États à répétition, les assassinats politiques, l’affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel…, étaient reliés par une logique implacable : la mise en oeuvre d’une politique occulte dont la motivation principale était l’approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.

Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d’État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d’argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d’enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l’ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s’étaient jamais exprimés : « Messieurs Afrique » de l’Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc.

 Avec, par ordre d’apparition : Maurice Delaunay Formé à la Coloniale, l’École Nationale de la France d’Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l’État qui ont géré l’empire africain sans état d’âme, justifiant les opérations illégales au nom de la  » raison d’État « . Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50. Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d’Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l’intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l’Afrique et les responsables français. Maurice Robert En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l’homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français.

De l’intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l’exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d’Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.

André Lewin Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français. Bob Maloubier Ancien responsable du service Action des services secrets français c’est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M’Ba, victime d’une tentative de coup d’État. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.

 Jacques Pigot Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l’entourage direct du premier président gabonais Léon M’ba puis d’Omar Bongo. Jacques Thiebaut Pilote d’avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay. Martin Kirsch Il fut le « Monsieur Afrique » de Valéry Giscard d’Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.

Albin Chalandon PDG d’Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche. Jacques Salles Chefs des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo. Jean-Pierre Cot Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l’Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.

Pierre Marion Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l’influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l’avait nommé, il démissionna. Jean-Christophe Mitterrand « Monsieur Afrique » de son père à l’Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de « Papa m’a dit » auprès des chefs d’État africains.

 Loïk Le Floch-Prigent Président-directeur général d’Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l’instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l’argent secret du pétrole. Dans le scandale de l’affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d’État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie. Eva Joly Juge d’instruction de l’affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l’argent du pétrole.

Robert Bourgi Avocat d’affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l’ombre des relations franco-africaine d’abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu’il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd’hui comme l’homme de plus influent des réseaux françafricains. Michel de Bonnecorse Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l’élection de Nicolas Sarkozy.

 Dominique Pin Adjoint de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d’Areva au Niger. François Stifani Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale française qui procéda à l’intronisation d’Ali Bongo, fils d’Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise. Et en archives, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M’ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d’Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo. 

France 2

La deuxième partie du documentaire

La mondialisation sans l’Afrique

La mondialisation est un processus d’intégration internationale. C’est selon Simeon Ibi Ayayi, Professeur d’économie à l’Université d’Ibadan au Nigeria et ancien consultant de la Banque Mondiale  « l’interaction croissante entre les activités, notamment économiques des sociétés humaines de part le monde et leur intégration de plus en plus en poussée ».

La principale caractéristique de la mondialisation est « l’intensification des relations par delà les frontières », laquelle intensification est favorisée par une libéralisation économique rapide et les progrès techniques de l’information dans les domaines du commerce des flux financiers et de l’investissement direct étranger.

La mondialisation est donc un nouveau mode économique conçu, entretenu et imposé par les nations riches pour contenir une fois de plus les nations pauvres.

« D’un côté la mondialisation offre des promesses de croissance du commerce et de l’investissement international, de l’autre, elle accroit les risques d’instabilité et de marginalisation » écrivait Mohamed DAOUAS dans Finance et développement : « L’Afrique face au défi de la mondialisation décembre 2001 ».

On a oui dire que la mondialisation entraine la croissance et le développement économique. Mais que constate t’on si ce n’est le grand écart qui existe et se creuse davantage entre pays pauvres et pays riches. Les pays riches s’enrichissent davantage et les pays pauvres continuent majestueusement leur descente aux enfers.

De 1960 à 1969, la part moyenne de l’Afrique aux exportations et importations mondiales était de 5,3% et 5,0% respectivement et de 1990 à 1998 elle n’était que de 2,3% et 2,2%, stagnant à 2% depuis l’an 2000.

Une partie du monde gouverne l’autre partie à travers les institutions telles que l’OTAN, l’ONU (qualifiée de « machin » par De Gaulle) et n’encourage guère l’innovation et le développement.

L’on a oui dire aussi que la mondialisation est une chance inouïe pour l’Afrique, qu’elle profiterait de cette aubaine pour être présente sur le marché international. Présente sur le marché international, elle est devenue la poubelle des puissances occidentales avec les voitures et autres objets d’occasion, les résidus de matières toxiques jetés sournoisement sur le continent.

Avec la mondialisation, les Etats devraient se fusionner puisqu’il ne devrait plus exister de frontière mais c’est tout le contraire qui se constate : c’est que les pays occidentaux ferment plus leurs frontières qu’auparavant. La mondialisation a favorisé la mobilité du travailleur mais l’emploi est précaire, l’embauche définitive est devenue une denrée rare car, le but central de la mondialisation est d’augmenter la concurrence sur le marché du travail afin de minimiser le « coût du travail » et de maximiser le profit des entreprises, des multinationales

Malgré leurs engagements à garantir l’ouverture des marchés, les membres du G20 continuent de prendre des mesures protectionnistes dont pâtissent surtout les pays en développement. Le rapport de Global Trade Alert publié après le dernier sommet en juin des pays du Groupe des Vingt qui réunit les pays industrialisés et les principales puissances émergentes fait état de la mise en œuvre par ces pays de 111 mesures qui nuisent aux échanges internationaux.

Le nombre de mesures de ce type prises durant la crise et dans les mois qui ont suivi dépasse 500, souligne encore le texte publié avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20, en Corée du Sud.

En clair, les analyses économiques pour le continent ont échoué et l’Afrique n’a rien tiré si ce n’est qu’elle se retrouve endettée, forcée de privatiser les services et sociétés publics afin d’avoir de liquidités, revenir sur le marché pour ensuite faire face au protectionnisme de ces mêmes pays riches ; un éternel recommencement. Il faut donc redéfinir la mondialisation et en revoir le mécanisme de fonctionnement.

La préoccupation immédiate avec la mondialisation, c’est de détruire toutes les barrières sous toutes leurs formes pour imposer au monde un ordre économique nouveau et unique qui influencera d’autres domaines de la vie. A un monde unique, correspond une pensée unique. Avec la mondialisation, note serge LATOUCHE, « l’Etat s’efface derrière le marché ».

Bref, la mondialisation vise à briser toutes les particularités pour n’imposer que l’universelle. Les pays développés ont instauré ce nouveau système de pensée unique pour étouffer le monde et le faire marcher selon leur bon vouloir. Il faut le savoir et prendre conscience que la mondialisation telle que dessinée, est un nouveau système mystificateur. Malheureusement, les discours politiques dans les pays Africains ignorent cette réalité.

Face à cette machine mondialisante, les africains ont le devoir de réagir.

« Je veux lui apprendre à vivre », écrivait Rousseau. Il faut apprendre à vivre ou réapprendre à vivre aux africains, leur inculquer le sens de la solidarité, la valeur du travail et du travail bien fait, l’importance de la sagesse.

Il faut nécessairement agir dans le sens de leur maintien sur le marché du commerce international pour ne pas être plus tard objet de curiosité archéologique, agir dans le sens de la préservation de leur particularité et en même temps d’une ouverture attentive et intelligente vers les autres.

Il faut absolument aux Africains, le travail et le travail bien fait et tout ceci passe par des institutions stables, des gouvernements responsables et non qui dilapident les maigres ressources disponibles, le respect du droit de la propriété privée, l’absence de corruption pour un indice de développement humain élevé. Et alors, les Africains devront s’efforcer de mettre en œuvre l’Unité pour affronter le marché culturel et financier vaste et toutefois restreint qu’ouvre la mondialisation.

“l’Afrique doit s’unir ou périr” disait en son temps Kwamé Nkrumah. Ceci, plus qu’une nécessité est un devoir ou alors, elle aurait programmé sa propre disparition.

aymard

La France, un pays qui retarde le développement de l’Afrique

Le réel problème et le plus crucial sur lequel il faudra que l’Afrique, l’Afrique  francophone se lève est celui de son extrême dépendance au système francais.

Le général De Gaulle affirmait en 1961, tout juste après le processus de décolonisation des anciennes colonies françaises : « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découvert ou que nous découvririons. »

Et, tout a été fait pour embrigader ces pays, bloquant ainsi leurs développements.

La domination économique de la France sur ses anciennes colonies d’Afrique Noire, enracinée dans la devise « franc CFA »  doit prendre fin.

Le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo ; formant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad formant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union des Comores sont les quinze Etats africains membres de cette zone franc qui ne leur a rien apporté depuis cinquante ans sinon que des problèmes et un plus grand asservissement à la France.

La coopération monétaire entre la France et ces Etats africains de la Zone franc est régie par quatre principes fondamentaux que sont :

  • La garantie de convertibilité illimitée du Trésor français ;
  • La fixité des parités ;
  • La libre transférabilité et,
  • La centralisation des réserves de change (en contrepartie de cette garantie, les trois banques centrales que sont la BCEAO pour l’UEMOA, la BEAC pour la CEMAC et la BCC pour les Comores sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor français sur leur compte d’opérations).

En échange donc de la garantie française de la convertibilité du franc CFA, ces pays ont consenti à déposer 65 % de leurs réserves de devises étrangères sur un compte spécial du ministère des Finances français et ont accordé à la France un droit de veto sur la politique monétaire à adopter au sein de la zone franc.

En clair, lorsque le Bénin par exemple vend du coton aux Etats unis pour 500.000 dollars, les Etats unis payent les 500.000 dollars au Bénin mais sans que le Bénin ne voit la couleur de l’argent. En effet, les Etats-Unis envoient les 500.000 dollars qu’ils doivent au Bénin par le trésor français et celui-ci garde 65 % (la part de la banque de France) et donne 35 % à la BCEAO et ce sont finalement ces 35% soit 175.000 dollars qui nous reviennent.

C’est à la limite de l’exploitation, l’exploitation d’une nation par une autre nation et même un déni de souveraineté puisque ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. La preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France et qu’ont dû subir ces Etats.

L’indépendance de ces Etats est alors une indépendance de façade et cet assujettissement de la monnaie de l’Afrique subsaharienne à la monnaie française ne favorise pas le développement.

Au moment où ces pays croupissent sous le lourd poids de la mondialisation et qu’ils ont besoin des ressources pour diversifier leurs agricultures, promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes, des milliers de milliards de FCFA sont entassés au trésor français au nom de l’appartenance à la zone franc.

Le passage du franc français à l’euro devait sonner le glas de ce système mais comme les gouvernants africains se refusent à toute réflexion sur le développement et l’avenir du continent, la France a réussi à obtenir de leur part que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par son entrée dans l’union européenne.

Le système est toujours resté le même et le franc CFA est aujourd’hui lié à l’euro suite à l’intégration de la France dans l’Union européenne et à l’élaboration d’une monnaie unique pour l’Europe ce qui signifie que la valeur du franc CFA dépend de celle de l’euro. Ainsi donc, les pays africains sont amenés à subir et subiront les fluctuations du cours de l’euro, ces fluctuations lors de la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères jouent sur les recettes d’exportation des pays africains.

Parité

Création du FCFA 26 décembre 1945 1 FCFA = 1,70 FF
Dévaluation du franc Français (FF) 17 octobre 1948 1 FCFA = 2,00 FF
Instauration du nouveau franc Français 27 décembre 1958 1 FCFA = 0,02 FF
Dévaluation du FCFA 12 janvier 1994 1 FCFA = 0,01 FF
Arrimage du FCFA à l’euro 1er janvier 1999 1 euro = 655,957 FCFA

Plus, s’effrite les recettes d’exportation, plus les pays africains deviennent moins compétitifs sur le plan international.

La preuve, la croissance industrielle en Afrique est passée de 8% dans les années 1960 à moins de 1% ; de 1960 à 1969, la part moyenne de l’Afrique aux exportations et importations mondiales était de 5,3% et 5,0% respectivement et de 1990 à 1998 elle n’était que de 2,3% et 2,2%, stagnant à 2% depuis l’an 2000. Cette descente traduit parfaitement la difficulté de l’Afrique à être présente sur le marché mondial vu qu’elle est dépouillée de plus de la moitié de ces revenus par la France. Conséquences : les économies africaines restent très faibles, les populations se paupérisent et donnent la voix par des troubles civils, des rébellions, du grand banditisme bref, une implosion de la violence dans les pays africains.

Et elle intervient alors la France avec son programme d’aide au développement qui, il faut le rappeler ne constitue pas 1% de son PIB. Environ 0,47% de son PIB est consacré à l’aide au développement  dont une part croissante sous forme de prêts à rembourser avec des taux d’intérêts énormes. Ces 0,47% sont loin des 0,7% que la France elle même par son Président a promis atteindre en mars 2009 au sommet de Doha.

Il faudrait que les Africains commencent à se mettre dans la tête que la France ne peut rien offrir au continent africain qu’elle a contribué énormément à arriérer pendant des décennies et des décennies ; elle-même est essoufflée financièrement et ne tient sa place de puissance mondiale que grâce à la corde qui la lie à l’Afrique ; cette Afrique qui est pratiquement en péril dans tous les domaines.

Sans une indépendance économique, l’Afrique ne peut avoir une indépendance politique et ne peut prétendre au développement.

L’Afrique offre à la France de par sa passivité et son absence de vision de développement un vaste marché d’écoulement des produits français, une présence stratégique importante avec des bases militaires par ci par là sur le continent, l’exploitation abusive et presque gratuite de nos matières premières et partant, une influence politique des plus machiavéliques qui soit avec des soutiens aux dictateurs africains.

L’ingérence intempestive de la France dans la politique intérieure des Etats africains,  le soutien de la France aux régimes dictatoriaux africains sont les conséquences directes du souci permanent de la France de préserver ces Etats africains comme des colonies qu’elle pourra contrôler à sa guise et où elle pourra installer des entreprises françaises pour l’exploitation des matières premières africaines ; hypothéquant du coup le développement de l’Afrique.

Un petit fait anodin ; au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, quand le Président Sylvanus Olympio a commencé à donner de la voix émettant son désir ardent de sortir de la zone franc dès 1963 pour donner l’indépendance monétaire à son pays, c’est son assassinat qui survint à travers un coup d’Etat mettant au pouvoir un dictateur qui s’est juste contenté d’être président pendant des décennies, de martyriser son peuple et le résultat est là.

La plupart des anciennes colonies françaises ont connu des troubles et les quelques unes qui résistent sont entrain d’être poursuivies par cette même France qui apporte sournoisement son soutien à des régimes corrompus, dictatoriaux, douteux, machiavéliques, mafieux et galeux qui sacrifient leurs peuples au profit des intérêts français. Comment comprendre qu’avec le climat de tension, le mauvais bilan du régime de Boni YAYI au Bénin rattrapé par des dossiers de malversations financières et de corruption, la volonté manifeste de Boni YAYI de restreindre les libertés par des coups répétés portés aux libertés démocratiques (signe des dictatures en gestation), la domestication des institutions de contre-pouvoir par Boni YAYI, la volonté affichée des partisans du moins ce qu’il en reste des partisans de Boni YAYI d’aller à l’affrontement avec les partisans des autres forces politiques, la situation économique précaire du pays, la France veuille le garder au pouvoir en l’aidant à confectionner une liste électorale truquée ? La raison est toute simple : c’est pour préserver les intérêts français. Boni YAYI a tout vendu et les français ont tout acheté. Ils ne peuvent que le soutenir pour qu’ils puissent les aider à trouver de marchés à leurs entreprises, que leurs entreprises puissent résister à la crise, se faire une bonne santé financière, que l’économie française puisse se porter à merveille et que l’économie béninoise se détériore et qu’aussi les béninois croupissent de faim, attendant l’émergence. C’est cela la politique cachée d’aide au dévéloppement de la France.

La France a créé des foyers de tension dans les pays qui ont essayé de remettre en cause les accords qu’elle a conclu avec eux par le biais des anciens présidents, les destabilisant pour légitimer son indispensable soutien et mieux exploiter le pays.

Je n’apprécie pas personnellement le président GBAGBO mais je suis obligé de reconnaitre qu’il est un homme courageux ; il a préféré que l’argent du pays serve au pays en remettant en cause les accord douteux conclus entre la France et son pays que de continuer à servir l’Etat français comme l’ont fait ses prédécesseurs. Peu de temps après, la guerre éclata.

Tout le temps, c’est des troubles dans les pays africains francophones et pendant ce temps, les anciennes colonies britanniques comme le Ghana, poursuivent tranquillement et petitement avec l’aide si besoin est, de la Grande Bretagne leur route vers le développement.

Comment la France a t’elle fait pour acquérir des terres en Afrique ?

Au nom de quoi la France peut-elle prétendre être propriétaire d’une partie du sous sol africain ?

Au nom de quoi la France peut-elle prétendre avoir des propriétés sur les terres africaines, propriétés qu’elle se permet de mettre en bail aux Etats Africains ?

Pourquoi les Etats africains doivent-ils continuer à payer à la France des redevances pour des résidences construites sur leurs terres du temps de la colonisation ?

Pourquoi le continent n’a cessé de regresser malgré ses richesses considérables ?

Pourquoi la France tient-elle par des accords ambigüs à dépouiller l’Afrique de ces richesses ?

L’image angélique que les médias occidentaux et du monde montrent de la politique de la France en Afrique est erronée et derrière le rideau se cache une réelle prédatrice du développement Africain.

Il faudrait que les peuples africains se mettent en mouvement pour une souveraineté réelle et une démocratie effective.

L’Afrique ne peut compter sur les dirigeants corrompus, sans qualification et sans connaissance aucune, sans réelle volonté de développement, qui sont à la tête des Etats africains actuellement. Elle a perdu ses vrais leaders, ses vrais nationalistes, morts l’arme à la main avec la complicité de la plupart de nos chefs d’Etats africains actuels.

La jeunesse africaine a le devoir d’honorer leurs mémoires en changeant cela, et c’est à cette révolution que je l’appelle.

L’Afrique doit procéder à sa propre restructuration si elle veut avancer ou alors elle devra s’apprêter à disparaître. Ceci est inévitable si la jeunesse africaine ne change la donne.  L’heure est aux grands rassemblements dans le monde et le continent ne doit pas rester en marge de ces bouleversements, il doit rentrer dans la marche par l’Unité, l’unité de l’Afrique, les Etats-Unis d’Afrique pour parler d’une seule voix et exiger le retrait de la France de nos pays.

Nous n’avons pas le droit de nous taire, nous avons le devoir de réagir et de mettre au pouvoir pour ce nouvel cinquantenaire qui s’est ouvert des hommes et des femmes qui ont le sens patriotique ; pas de faux patriotes ou des patriotes auto proclamés.

Déterminés, nous réussirons et l’Afrique se relèvera.

aymard

Quel développement pour l’Afrique?

A la conquête du développement

Les défis à relever

Le premier défi à relever et le plus difficile est pour le sous développé de réviser son schéma mental.

C’est donc à une révolution mentale qu’il faut appeler. Il faudra cultiver la curiosité et l’agressivité nécessaire face à la nature.

Ce n’est pas une agressivité qui compromet la nature mais une agressivité qui permet de disposer des moyens techniques nécessaires pour sympathiser avec la nature, pour négocier avec elle tant il est vrai qu’ « on ne commande à la nature qu’en lui obéissant » Francis BACON

Contre les méthodes hasardeuses de gestion du temps, des énergies et des ressources disponibles, il faudra cultiver la rationalité, rationalité dans la pensée, dans les comportements, rationalité à tout point de vue.

Les pays pauvres doivent comprendre que « le développement est un processus de long terme ».

Ceci voudrait que ce soit au bout d’un travail acharné, assidu et persévérant qu’arrive le développement. Les nations développées l’ont très vite su et nous ont exploités pour atteindre le niveau que la plupart d’eux ont maintenant.

Un schéma mental nouveau permettra alors l’avènement d’une nouvelle structure sociale, laquelle structure sociale devra valoriser l’homme. Elle fera du pauvre un homme conscient responsable méthodique entrepreneur. Il convient de savoir que le développement d’une nation est le résultat de la motivation de tous ses fils.

Il faut donc aux pays sous développés entrer dans la voie de la science et sortir des sentiers battus qui les ont très peu avantagés jusque là. Plus de fatalité. La curiosité, l’intelligence et l’imagination doivent être désormais la levure qui réveille et accroît notre énergie. C’est à ce prix que les pays pauvres seront respectés.

Quel développement pour l’Afrique ?

Quel type de développement souhaitons-nous ? Cette question se pose parce que l’Afrique n’a pas à recopier aveuglément les modèles de développement qui se présentent à elle. Il faut avant tout aux Africains réfléchir à un modèle de développement qui maintienne l’équilibre entre le matériel, le financier, le social et le spirituel. Il faut avant tout un développement à visage humain qui sache préserver les valeurs morales essentielles avec le développement.

C’est une grosse erreur de penser qu’on devrait connaître la même histoire que les pays développés. C’est aussi une inertie que de penser que les autres penseront notre développement à notre place.

Le vrai développement est avant tout endogène : « En fait, chaque pays doit, pour passer du sous développement au développement, élaborer son propre modèle, qui tienne compte de ses contraintes et de ses atouts propres, mais aussi du contexte international » Sylvie BRUNEL

Ceci devra se faire à la lumière des expériences des nations riches.

Impliqué dans un mouvement, dans une dynamique qu’ils n’ont pas choisi, les pays pauvres doivent s’offrir l’intelligence nécessaire pour sortir de la pauvreté.

Il est déshonorant et davantage plus humiliant pour tout un continent de s’abonner à la pauvreté. Au nom de la dignité et de l’humanité, les pays pauvres doivent redoubler d’effort et d’imagination pour sortir de cette pauvreté qui est jusqu’ici  la chose la mieux partagée. La pauvreté ne peut pas être un héritage et tous les Africains doivent se mobiliser pour l’éradiquer. Dans ce sillage, le travail doit retrouver toute sa valeur car, la tricherie et tout système malhonnête sont aussi le témoignage de la pauvreté.

aymard