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Militarisation de la bourse du travail par le gouvernement Yayi: L’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples se prononce

Communiqué de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (ODHP) suite à l’opposition du gouvernement à la marche pacifique qu’elle a décidée d’organiser le mardi 12 Octobre à Cotonou.

ORGANISATION POUR LA DEFENSE DES DROITS 

DE L’HOMME ET DES PEUPLES (ODHP)

2005 / 0061 / DEP – ATL -LITT / SG / SAG – Assoc-JORB N°4 du 15 février 2005

08 BP 1114 Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél : (229) 21 03 23 98 /97 88 84 18 /97 98 82 18

Sur l’initiative de l’ODHP, les travailleurs, la jeunesse, les femmes et de nombreux citoyens avec leurs organisations diverses ont décidé d’une marche de protestation contre l’interdiction des manifestations par le gouvernement de YAYI Boni : une marche contre l’interdiction des marches. A cet effet, une lettre d’information au Maire de Cotonou a été régulièrement déposée et son avis favorable a été communiqué à l’ODHP suivant lettre N° 0542/MCOT/SG/DSAP/DSAS du 11 octobre 2010. Suite à cet avis favorable, l’ODHP a fait les formalités de déclaration d’itinéraire à la police. Toute la procédure requise en la matière était ainsi épuisée.

Juste après ces formalités, vers 17 h 35 le 11 octobre 2010, le pouvoir de YAYI a entrepris de distraire les organisateurs en les faisant convoquer chez le Préfet de l’Atlantique-Littoral. La réponse à lui faite a été de lui demander de formaliser une invitation régulière. Mais grande a été notre surprise de constater qu’avant 06 heures du matin de ce 12 octobre 2010  le lieu de rassemblement (la Bourse du Travail) et ses environs étaient bouclés, transformés en camps de retranchement avec un large déploiement de forces de répression, avec des hommes en armes de la police, de la gendarmerie et même de l’armée avec des chars positionnés d’abord vers la clôture du Camp Ghézo en face de la Bourse du Travail et ensuite repliés au Camp des Mariés de la Gendarmerie. Ce déploiement verra ses effectifs grossir au fil du temps.

Les participants faisaient leur arrivée mais étaient empêchés de rejoindre la Bourse du Travail. Pendant que les forces de répression s’offraient en spectacle dans l’indignation manifeste des passants et des citoyens attroupés aux abords du carrefour de la Bourse du Travail, des groupes de manifestants organisaient des meetings de dénonciation de ce forfait et scandaient : «  YAYI Héloué ! YAYI démission ! YAYI le peuple aura ta peau ! » et se trouvaient forcés à se disperser. De nouveaux regroupements se formaient pour de nouveaux meetings. Des femmes fortement irritées par cette horde d’hommes en armes contre une marche n’hésitaient pas à crier leur ras-le-bol et à dire « Honte à YAYI ! Halte à la tyrannie ! » L’une d’entre elles a lancé « Que Jésus descende pour nous débarrasser de ce diable habillé ! » Plusieurs heures durant, des groupes de manifestants continuaient d’arriver en provenance des quartiers de Cotonou, de Sè, d’Abomey, de Comé, de Lokossa, du Couffo, etc. Et à chaque arrivée, un nouveau meeting. Un peu plus tôt déjà un meeting avec les premiers participants par Monsieur Gustave ANATO, Président de l’ODHP et les SG des Centrales Syndicales. Ces derniers étaient également pris en interview par la presse présente sur les lieux. Plus tard, l’on verra sortir de leur repaire du Camp des Mariés de la Gendarmerie les Chefs au plus haut niveau de la police, de la gendarmerie, du Service des Renseignements. L’on aura pu surprendre une communication avec leur autorité supérieure, le ministre SOUNTON pour dire leur contentement d’avoir exécuté son ordre liberticide. Vers midi, alors que les manifestants avaient quitté les lieux des détachements d’hommes en armes ont pénétré la Bourse du Travail chassant les syndicalistes qui s’y trouvaient et fermant leurs bureaux. Certains d’entre eux avec des menottes sur eux insistaient pour retrouver Paul Essè IKO qu’il croyait être à l’intérieur de la Bourse du Travail.

YAYI vient de faire une nouvelle escalade dans la tyrannie en s’opposant frontalement avec un déploiement injustifié de forces armées contre les masses inermes venues pour participer à une marche républicaine de protestation contre la décision arbitraire et anticonstitutionnelle du Ministre de l’Intérieur d’interdire les marches. Le peuple est à bonne école ; les grèves se poursuivent et d’autres sont déjà appelées par les travailleurs avec la promesse, ensemble avec les autre couches, de manifester encore très prochainement.

Cotonou le 12 octobre 2010

Le Bureau Exécutif de L’ODHP

Progrès économique, recul des droits en Afrique

 

Un pas en avant, deux pas en arrière! Voila l’evolution à deux vitesses du continent africain en matière de developpement et de droits de l’Homme. Nos dirigeants politiques sacrifient-ils les droits fondamentaux sur l’autel du progres economique? De nombreux Africains bénéficient aujourd’hui d’un meilleur accès au développement économique mais cela se fait souvent au détriment du respect des droits politiques fondamentaux, selon l’indice de gouvernance que publie lundi la Fondation Ibrahim. Cette fondation, dont le but est de soutenir la bonne gouvernance sur le continent, est censée décerner chaque année un prix à un ancien chef d’Etat ou de gouvernement africain, mais cela n’a pas été le cas ces deux dernières années. Elle s’inquiète aujourd’hui du risque de voir les avancées économiques accompagnées d’une dégradation dans le domaine des droits civiques. « Nous avons constaté (…) à travers le monde qu’un décalage entre gouvernance politique et gestion économique n’est pas viable à long terme », a déclaré Salim Ahmed Salim, membre du conseil d’administration de la fondation. L’indice 2010 est basé sur 88 indicateurs et n’évolue guère par rapport à celui de l’an dernier, avec des progrès dans les domaines économiques et sanitaires mais un recul pour ce qui est des droits politiques, de la sécurité personnelle et de la justice. L’île Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud arrivent en tête de ce palmarès, comme en 2009, et la Somalie, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, l’Erythrée et le Soudan sont encore en queue de classement. L’Angola, le Liberia et le Togo ont globalement fait des progrès dans la plupart des secteurs mais l’Erythrée et Madagascar sont en recul. Les détails de l’indice sont publiés sur le site internet de la fondation, http://www.moibrahimfoundation.org. Les indicateurs retenus couvrent une grande variété de domaines comme la criminalité, la corruption, les droits syndicaux, l’éducation des filles, l’inflation et la mortalité infantile. La fondation a été créée en 2006 par Mo Ibrahim, un entrepreneur de télécommunications d’origine soudanaise.

Bill Emile Davolk (avec Reuters)