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La liberté d'expression dans sa quintessence

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Triomphe confirmé des islamistes en Egypte : Les USA dans le rôle d’idiots utiles

Le scrutin législatif égyptien s’est traduit par une déroute totale pour les formations libérales, démocratiques et laïques; de même que pour les mouvements issus de la révolte contre Hosni Moubarak, l’an dernier. Cela confirme toutes nos analyses sur la révolution virtuelle des blogueurs et sur la réalité islamique de la société égyptienne. Les USA ont aidé un mouvement qui a été capable de renverser un régime sur sa fin, mais s’avère incapable de le remplacer. Il va falloir composer avec le pouvoir issu non de la rue, mais des urnes : les Islamistes.

Ce basculement de l’Egypte est un événement dont les conséquences sont encore imprévisibles et incalculables. Mais une fois de plus, un certain impérialisme démocratique, tentant d’imposer son modèle partout, semble avoir largement joué les apprentis sorciers.

Cette première élection depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 a été en effet marquée par la victoire écrasante des Islamistes, crédités, toutes formations confondues, d’environ 65% des voix et 70% des sièges… Ils feront ce qu’ils voudront et pourront changer la société égyptienne. Washington, qui ne tire leçon de rien, joue déjà la carte islamist,e malgré les précédentes désillusions et après avoir annoncé le triomphe de la démocratie musulmane. Ben Laden a été un allié, sinon une créature des USA. Faut-il le rappeler?

Les Etats-Unis, avaient repris, ces derniers mois, un dialogue discret avec la confrérie islamiste. En visite au Caire, William Burns, secrétaire d’Etat adjoint, a rencontré des dirigeants du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans. Son leader a «demandé que les Etats-Unis révisent leur politique (…) en conformité avec (les aspirations) du Printemps arabe», qui a balayé les régimes autocratiques en Egypte, en Libye et en Tunisie. Il a aussi appelé Washington à adopter une «position positive concernant les causes arabes et islamiques».

Le printemps des dupes

William Burns «a félicité le parti pour ses résultats» électoraux et affirmé que son pays était «prêt à aider l’économie égyptienne à surmonter la crise». Les Etats-Unis «respectent le choix du peuple égyptien», a dit William Burns, cité par le communiqué. Washington avait fait savoir, au début janvier, que les Frères musulmans avaient donné des garanties sur le respect du traité de paix conclu, en 1979, entre l’Egypte et Israël, premier allié des Etats-Unis dans la région. Mais, certains signes montrent un durcissement des militaires toujours au pouvoir et certains, en Israël, craignent une surenchère.

Le responsable américain n’a pas, en revanche, rencontré de responsables des partis fondamentalistes salafistes, crédités de plus 25% des voix, dont la percée électorale constitue, de fait, la grande surprise dans la surprise du scrutin.

L’élection des membres de l’Assemblée du peuple doit être suivie, à partir du 29 janvier, de celle des sénateurs de la Chambre haute consultative. Le cycle électoral complet s’achèvera avec une présidentielle, au plus tard fin juin. D’ici là, les Islamistes auront imposés leur marque. Un mouvement électoral est en cours, qui transforme le premier pays arabe, allié des USA et ayant signé un traité de paix avec Israël, en puissance islamique. Ce n’est pas rien.

Washington a cru que quelques jeunes branchés pouvaient imposer leur choix au peuple. Moubarak est tombé parce que, comme Ben Ali, son régime était en hiver et déconnecté du peuple. Mais sa chute ne profite en rien aux forces de la liberté occidentalisées, médiatisées, mais ultra minoritaires. L’Egypte affirme son identité musulmane à travers un vote très net pour un islamisme politique. Il est décidément le grand gagnant de ce qui apparaît, de plus en plus, comme « un printemps des dupes ».

Jean Bonnevey sur METAMAG

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Egypte : La liberté d’expression sur l’Internet en danger selon RSF

Alors que le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d’expression, Frank La Rue, a réaffirmé, le 21 octobre 2011, l’urgence à protéger la liberté d’expression sur l’Internet, l’Egypte s’enfonce dans une politique toujours plus liberticide à l’égard du web et des blogueurs.

La liberté d’expression sur Facebook en danger

Le 22 octobre 2011, au Caire, Ayman Youssef Mansour a été condamné à trois ans de prison assortis de travaux forcés pour avoir « intentionnellement insulté, attaqué et tourné en ridicule la dignité de la religion islamique » sur Facebook. Le net-citoyen avait été arrêté en août dernier.

« Sans se prononcer sur le contenu des messages publiés par Ayman Youssef Mansour, Reporters sans frontières regrette l’usage de la loi interdisant les insultes à la religion pour sanctionner un blogueur. Cette mesure, qui reste très vague, a souvent été utilisée, sous Hosni Moubarak, pour faire taire les voix dissidentes. En 2007, le blogueur Karim Amer avait notamment été condamné à de la prison ferme pour insulte au prophète de l’islam. Les pratiques de l’ancien régime perdurent avec le Conseil suprême des forces armées« , a déclaré Reporters sans frontières.

Maikel Nabil Sanad interné pour 45 jours

L’organisation déplore également l’internement, pour 45 jours, du blogueur Maikel Nabil Sanad à l’hôpital psychiatrique d’El-Khanka (gouvernorat de Qalubiyah,nord-est du Caire), sur décision du juge, rendu le 18 octobre 2011 à l’issue de la dernière audience. La prochaine audience est prévue le 1er novembre prochain. Son avocat, Me Mahdouh Nakhla, directeur d’Al-Kalema Center for Human Rights, craint que Maikel Nabil Sanad ne soit entre-temps soumis à un traitement par éléctrochocs, qu’il qualifie de « torture légalisée ». Alors qu’il souffre de problèmes rénaux, nerveux, d’anémie, et d’autres complications dues à sa grève de la faim, un tel traitement pourrait lui être fatal.

« Le net-citoyen, souffrant de graves problèmes de santé et en grève de la faim depuis deux mois, ne recevra pas les soins nécessaires à son rétablissement dans un établissement psychiatrique », a regretté Reporters sans frontières. « Maikel Nabil Sanad doit être libéré d’urgence, et bénéficier de soins médicaux appropriés. S’il venait à décéder en détention, le Conseil suprême des forces armées serait tenu entièrement responsable de la mort du premier prisonnier de conscience post-révolution », a poursuivi l’organisation.

Convocation de deux cyber-activistes par la cour martiale

Reporters sans frontières s’inquiète de la convocation de deux cyber-activistes, le 24 octobre 2011, dans le cadre d’une enquête sur les manifestations coptes du 9 octobre au Caire. Les deux net-citoyens devaient être interrogés par la cour militaire le 25 octobre 2011, mais cette date a été repoussée car Alaa Abd El Fattah, blogueur et développeur, est actuellement à San Francisco où il participe à la Silicon Valley Human Rights Conference.

Alaa Abd El Fattah et Bahaa Saber avaient déjà été arrêtés et détenus en 2006 pour avoir exprimé leurs opinions contre Hosni Moubarak sur le Net. Bahaa Saber a été à nouveau arrêté et torturé en 2010.

Les charges retenues contre eux ne sont pas encore connues, mais ils auraient été avertis de manière informelle que leur convocation était liée à leur couverture des manifestations coptes du 9 octobre dernier. Sur son compte Twitter, Alaa Abd El Fattah a déclaré qu’il serait probablement accusé d’incitation à la violence et destruction de bien public.

Un vidéo-blogueur pro-Moubarak, surnommé Ahmed « Spider », a publié sur Youtube une vidéo intitulée « Alaa Abd El Fattah the atheist runs away to America after I submitted a case against him. » (« Alaa Abd El fattah l’athée s’enfuie en Amérique après le dépôt de ma plainte contre lui ») Les deux cyber-activistes ont activement aidé les victimes des émeutes et leur famille, en acheminant des blessés vers l’hôpital.

La contestation des mesures prises par le CSFA prend de l’ampleur au sein de la population égyptienne. L’activiste et écrivain Willima Weesa a dénoncé l’internement de Maikel Nabil Sanad : « Cette décision viole ses droits civiques. De nombreuses personnes internées par les forces de sécurité sont en fait en bonne santé en rentrant, mais dévastées en ressortant. » Yosri Foudra, animateur d’une émission d’affaires publiques sur la chaîne privée ONTV, ancien journaliste de la BBC et d’Al-Jazeera, a suspendu son programme, le 21 octobre 2011, afin de dénoncer la poursuite, après la révolution, de méthodes de censure dignes de l’ère Moubarak. Alaa El-Aswani, écrivain connu pur ses positions critiques à l’égard du régime militaire, a également partagé ses inquiétudes sur Twitter : « Est-il maintenant interdit pour quiconque de critiquer le conseil militaire ? », s’est-il interrogé. Avant d’ajouter : « La révolution a besoin d’un nouvel épisode.

Par ailleurs, Reporters sans frontières salue la condamnation à sept ans de prison, le 26 octobre 2011, de Mahmoud Salah Mahmoud et d’Awad Ismaïl Souleimane, responsables de la mort de Khaled Saïd, le 6 juin 2010 à Alexandrie. Initialement accusés d’ »arrestation injustifiée » et « d’actes de torture », les deux policiers ont finalement été reconnus coupables d’avoir frappé à mort cet internaute à sa sortie d’un cyber-café.

Pour tout renseignement complémentaire : Reporters sans frontières 47, rue Vivienne 75002 Paris France rsf (@) rsf.org tél : +33 1 44 83 84 84 téléc : +33 1 45 23 11 51 http://www.rsf.org

Binyamin Ben-Eliezer : “le nouveau régime d’Egypte va devenir notre ennemi”

Les Israéliens qui, ont été très heureux d’avoir réussi à évincer Kadhafi de la tête de la Libye, commencent à regretter leur grand ami  Hosni Moubarak comme, en témoigne les propos de Binyamin Ben-Eliezer, rapportés le 16 novembre par JSSNews.

Pourquoi s’inquiètent-ils ? La raison est simple, les frères musulmans sont en passe de contrôler l’exécutif égyptien or, sans l’appui des nouveaux dirigeants de l’Egypte il sera difficile de raccorder les divers pipelines au réseau Israélien (ceux qui viendront de Libye, du Soudan et d’Hassi Messaoud).

Binyamin Ben-Eliezer : “le nouveau régime d’Egypte va devenir notre ennemi”

Binyamin Ben-Eliezer, très grand député israélien, tenait une place spéciale dans les relations israélo-égyptiennes pendant le règne Hosni Moubarak. Ben-Eliezer a toujours été reçu chaleureusement au Caire avec les honneurs et un traitement spécial. Et sa capacité à converser en arabe,  sans accent, l’a sans doute aidé à développer cette relation privilégiée avec le leader arabe déchu.

Ben-Eliezer, un travailliste de la première heure, met aujourd’hui en garde Israël contre une “menace possible”. Selon lui, “le nouveau régime d’Egypte va devenir notre ennemi.”

Un de ses assistants, contacté par JSSNews, a expliqué que Ben Eliezer “suit la situation de très près, il a des tonnes d’informations et d’amis qui vivent en Egypte et qui lui donnent des informations dont on n’entend pas parler en Occident.” Selon notre source “le député suggère aujourd’hui à la Nation israélienne de se préparer à un pareil conflit.”

Ben-Eliezer a d’ailleurs lui-même été très clair lors de la dernière réunion du Comité défense de la Knesset. A la surprise générale, il a demandé à Avigdor Lieberman, qui tenait ce jour-là comme discours le fait de pouvoir “intervenir en urgence.” “Ce que j’ai à vous dire mérite une sérieuse attention. Et de l’action!”

“Nous sommes au milieu d’une tempête ou un tremblement de terre”, a expliqué le député à ses collègues. “Je ne vois pas ce tremblement de terre se calmer. Dans un avenir très proche, il y aura des élections en Egypte. Pour la première fois dans l’histoire, les Frères Musulmans vont récupérer au moins un tiers des sièges au parlement. Au lieu du nationalisme, nous allons recevoir de l’islamo-isme “.

Ben-Eliezer a ensuite averti que personne ne peut prédire le prochain gouvernement du Caire. “Nous devons comprendre qu’il est possible de nous retrouver au milieu d’une confrontation militaire avec l’Egypte. Nous avons déjà un problème concernant le Sinaï devenu un tremplin pour le terrorisme. Contrairement à Gaza, ici, nous n’avons pas la liberté d’agir, militairement parlant, comme nous le souhaitons, cela doit être pris en compte “.

Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

Pourquoi démembrer les Etats-Nations arabes : A qui profite ce crime contre l’humanité ???

La Conspiration sioniste pour démembrer les Etats Arabes

En 1982 le magazine en langue hébreue Kivunim (Directions), organe officiel de l’organisation sioniste mondiale a édité un article important: son titre « une stratégie pour l’Israël dans les années 80 ».

Le rédacteur de Kivunim est Yoram Beck, chef des publications, département d’information de l’organisation. En outre au sein du comité de rédaction de Kivunim siège Amnon Hadary, un membre du Palmach (Le Palmach était la force de frappe de la Haganah) est à l’origine des atrocités de 1948 en Palestine.

Israël Shahak, professeur de chimie organique à l’université hébreue à Jérusalem, et Président de la ligue israélienne pour des droits humains et civiques a traduit l’article en anglais.

Il a été édité en 1982 comme pamphlet par l’association des diplômés Arabe-Américains de l’université. Le professeur Shahak écrit:

« L’essai suivant représente, à mon avis, le plan précis et détaillé du régime sioniste actuel pour le Moyen-Orient, basé sur la division du secteur entier en de petits Etats, et la dissolution de tous les Etats arabes existants. J’en présenterai l’aspect militaire de ce plan en conclusion.

J’attire l’attention des lecteurs sur plusieurs points importants :

1. L’idée que tous les Etats arabes devraient être décomposés, par Israël en petites unités, se produit à plusieurs reprises dans la pensée stratégique israélienne. Par exemple, Ze’ev Schiff, le correspondant militaire de Ha’aretz (et probablement le plus bien informé en Israël, en la matière) définit comme le mieux qui puisse se produire pour des intérêts israéliens en Irak :

« La dissolution de l’Irak dans un état Chiite, un état sunnite et la séparation de la partie Kurde » (Ha’aretz, 2/6/1982). En fait cet aspect du plan est très ancien.

2. Le rattachement à la pensée néo-Conservatrice qui sévit aux Etats-Unis est mise en avant, particulièrement dans les notes de l’auteur.

Tandis que l’on donne l’apparence de défendre l’Ouest de la puissance soviétique, le vrai but de l’auteur, et de l’établissement israélien actuel est clair : transformer l’Israël en une puissance impériale mondiale. En d’autres termes, le but de Sharon était de tromper les Américains après avoir trompé tout le monde.

3. Il est évident qu’une grande partie des données relevées, dans les notes et dans le texte, sont déformées ou omises, comme par exemple l’aide financière des USA en Israël. Une grande partie n’est que pure fantaisie.

Cependant, le plan ne doit pas être considéré comme irréalisable sur une courte période. Ce plan suit d’ailleurs les idées géopolitiques courantes de l’ Allemagne des années 1890-1933, qui avaient été entièrement avalisées par Hitler et le mouvement nazi, et qui déterminaient leurs objectifs pour l’Europe de l’Est. Ces objectifs, qui stipulaient la division des Etats existants, ont été effectués en 1939-1941, et c’est seulement une alliance à l’échelle globale qui a empêché sa consolidation pendant une période de temps.

Israel Shahak écrit : dans ce plan, tous les Etats arabes sont réduits en fragments comme suit :

« Le monde musulman arabe n’est pas le danger stratégique principal auquel nous ferons face dans les années 80, malgré le fait qu’il représente une menace pour Israël, due à sa force militaire croissante. Ce monde, avec ses minorités ethniques, ses factions et crises internes, qui est étonnement suicidaire, comme nous pouvons le voir au Liban, dans les pays non-Arabes comme l’Iran et maintenant la Syrie, ne peut résoudre avec succès ses problèmes fondamentaux et donc,ne constitue pas une réelle menace contre l’Etat d’Israël à long terme, mais seulement à court terme car sa puissance militaire immédiate est importée.

En fin de compte, ce monde ne peut exister dans son cadre actuel autour de nous sans
devoir passer par des changements révolutionnaires véritables.

Le monde arabo- musulman est construit comme une maison provisoire avec des cartes remontées par des étrangers (la France et la Grande-Bretagne dans les années 20), sans que les souhaits et désirs des habitants aient été pris en considération.

Il a été arbitrairement divisé en 19 Etats, tous construits autour de combinaisons de minorités et de groupes ethniques qui sont hostiles les uns aux autres, de telle sorte que chaque Etat musulman arabe est voué à une destruction sociale ethnique intérieure, et dans certains Etats, une guerre civile fait rage déjà. La plupart des Arabes, ll8 millions sur 170 millions, habitent en Afrique, le reste d’entre eux en Egypte (45 millions aujourd’hui).

Etats du Maghreb :

Indépendamment de l’Egypte, tous ces Etats du Maghreb se composent d’un mélange d’Arabes et de non-Arabes Berbères. En Algérie il y a déjà une guerre civile faisant rage dans les montagnes de Kabylie entre deux nations. Le Maroc et l’Algérie sont en conflit concernant le Sahara espagnol, en plus des luttes internes dans ces Etats. L’Islam militant met en danger l’intégrité de la Tunisie et Kaddafi organise des guerres qui sont destructrices du point de vue arabe, d’un pays qui est sous peuplé et qui ne peut devenir une nation puissante. C’est la raison pour laquelle, il avait tenté de s’unir dans le passé avec l’Egypte et la Syrie.

Soudan :

Le Soudan, l’état le plus déchiré du monde arabe musulman est aujourd’hui construit sur quatre groupes hostiles entre eux, une minorité arabe musulmane sunnite règne sur une majorité d’Africains, de Païens et de Chrétiens d’Egypte non-Arabes.

Egypte :

En Egypte il y a une majorité musulmane de Sunnites faisant face à une grande minorité de chrétiens qui est dominante dans le Haut-Egypte :

ils comptent quelques 7 millions, de sorte que même Sadate, dans son discours le 8 mai, a exprimé la crainte de les voir réclamer un Etat à eux.. Il y’a quelque chose d’un deuxième Liban chrétien en Egypte.

Syrie :

Tous les Etats Arabes à l’Est de l’Israël sont déchirés, abîmés par des conflits intérieurs encore plus que ceux du Maghreb. La Syrie n’est pas fondamentalement différent du Liban
excepté dans le régime militaire fort. Mais la vraie guerre civile ayant lieu de nos jours entre la majorité sunnite et la minorité régnante de Chiite Alawi (seule 12 %
de la population) témoigne de la sévérité des troubles.

Irak :

L’Irak n’est aucunement différent de ses voisins, bien que sa majorité soit Chiite, les Sunnites minoritaires règnent.

65% de la population n’a pas droit à la parole en politique, et seule une élite de 20% tiennent le pays. En outre il y a une grande minorité Kurde dans le nord, et s’ils n’étaient pas favorables au régime régnant, à l’armée et aux revenus du pétrole, le sort de l’Irak ne serait guère différent de celui du Liban dans le passé ou de la Syrie aujourd’hui.

Les germes du conflit intérieur et de la guerre civile sont aujourd’hui apparent déjà, particulièrement après la prise de pouvoir en Iran par Khomeini, qui constitue pour les Chiites d’Irak un leader naturel.

Arabie Saoudite, Kuweit, Oman et nord Yémen :

Toutes les principautés et l’Arabie Saoudite, du Golfe sont construites sur une maison de sable dans laquelle il y a seulement du pétrole. Au Kuweit, le Kuwaiti constitue seulement un quart de la population.

Au Bahrayn, le Chiites sont la majorité mais sont privés du pouvoir. Aux Emirats Arabes Unis, les Chiites sont de nouveau la majorité mais les Sunnite sont au pouvoir. La même structure existe à Oman et au nord Yémen. Même au Yémen du sud marxiste il y a une minorité considérable de Chiites.

Dans la population de l’Arabie Saoudite, la moitié est étrangère, Egyptienne et Yéménite, mais une minorité saoudienne tient le pouvoir.

Jordanie :

La Jordanie est en réalité Palestinienne, parcourue par une minorité de bédouins de TransJordanie, mais la majeure partie de l’armée et certainement la bureaucratie est maintenant Palestinienne. En fait Amman est aussi palestinien que Nablus.

Tous ces pays ont des armées puissantes, relativement parlant.

Mais il y a un problème là aussi. L’armée syrienne est aujourd’hui la plupart du temps sunnite avec des corps de dirigeant d’Alawi, l’armée irakienne Chiite avec des commandants sunnites.

Ceci à une incidence à la longue, et c’est pourquoi il ne sera pas possible de maintenir la fidélité de l’armée à moins qu’elles aient un dénominateur commun :

L’hostilité envers Israël, et même cela aujourd’hui est insuffisant. « 

Le plan de l’Israel par Kivunim :

Les OCCASIONS POUR QUE L’ISRAEL METTE EN APPLICATION SON PLAN

« une situation orageuse entoure Israël et représente des défis pour lui, des risques mais également des opportunités de grande envergure se présentent aujourd’hui pour la première fois depuis 1967. Les occasions manquées deviennent réalisables jusqu’à envisager une expansion. Chose que nous ne pouvions même pas imaginer.

La politique de paix et de retrait des territoires occupés, exclut la réalisation de ces nouvelles opportunités. Depuis 1967, tous les gouvernements d’Israël ont circonscris leurs objectifs nationaux à des fins politiques, d’une part, et d’autre part en donnant des avis destructeurs neutralisant nos capacités ici et autour de nous.

L’erreur stratégique principale commise par l’Israël après la guerre de six jours est d’avoir échouée à prendre des mesures envers les populations arabes dans les nouveaux
territoires.

Nous aurions pu atteindre nos objectifs depuis lors si nous avions donné la Jordanie aux Palestiniens qui vivent à l’ouest du fleuve de la Jordanie. En faisant
cela nous aurions neutralisé le problème palestinien auquel nous faisons face de nos jours, alors que maintenant nous avons trouvé des solutions qui n’en sont pas réellement, telles que le compromis ou l’autonomie territoriale qui revient, en fait, à la même chose.

Aujourd’hui nous avons l’occasion de transformer la situation et c’est ce que nous devrions faire dans la prochaine décennie. Autrement nous ne survivrons pas comme Etat. « 

Le PLAN POUR RECONQUERIR LA PÉNINSULE du SINAI EN EGYPTE

« Regagner la péninsule de Sinaï avec ses ressources actuelles et potentielles est donc une priorité politique qui est obstruée par le camp David et les accords de paix. La faute se trouve naturellement dans le gouvernement israélien actuel et les gouvernements qui ont pavé la route à la politique du compromis territorial, les gouvernements d’alignement depuis 1967.

Les Egyptiens n’auront pas besoin de garder le traité de paix après la récupération du Sinaï et ils se retourneront vers le monde arabe et l’URSS afin de gagner leur appui et l’aide militaire. L’aide américaine est garantie seulement pour une période déterminée
et dans les limites de la paix. Cette situation provoquera donc une réduction de cette aide.

Sans les revenus du pétrole, nous ne pourrons financer notre expansion au delà de 1982 et nous retournerions dans les conditions où nous serions obligé d’initier le statu quo qui existait dans le Sinaï avant la visite de Sadate et l’accord erroné de paix signé avec lui en mars 1979.

Israël ne renoncera pas unilatéralement à ce traité, ni aujourd’hui, ni en 1982, à moins que l’Egypte ne soit aux abois économiquement et politiquement fournissant à Israël l’excuse pour prendre le Sinaï de nouveau et ce pour la quatrième fois de notre histoire.

Ce qui est laissé est, donc, l’option indirecte.

La situation économique en Egypte, la nature du régime et de sa politique de casserole-arabe, provoqueront une situation après avril 1982 dans laquelle Israël sera forcé d’agir directement ou afin de regagner indirectement le contrôle de Sinaï comme réserve stratégique d’énergie sur une de longue durée.

L’Egypte ne constitue pas un problème stratégique militaire à cause de ses conflits internes et elle pourrait être reconduite de nouveau à la situation d’avant 1967 en un jour. « 

LES PLANS D’ISRAEL POUR REDUIRE LES ETATS ARABES :

« L’Egypte:

L’Egypte, dans son image politique actuelle, est déjà un cadavre, à plus forte raison si nous tenons compte de la fracture grandissante entre Musulmans et Chrétiens. La division de l’Egypte au sud en régions géographiques distinctes est le but politique de l’Israël depuis les années 80. L’Egypte occidentale est divisée et déchirée.

Si l’Egypte tombe en morceaux, les pays comme la Libye, le Soudan ou même les Etats plus éloignés ne continueront pas à exister sous leur forme actuelle et joindront la chute et la dissolution de l’Egypte.

La vision d’un Etat copte chrétien en Haut-Egypte à côté d’un certain nombre d’Etats faibles avec des puissances très localisées et sans mouvement centralisé en date d’aujourd’hui, est la clef à un développement historique d’Israël qui a été seulement ralenti par l’accord de paix mais qui semble à la longue marquer le pas.

Liban :

La dissolution totale du Liban en cinq provinces sert de précédent au monde arabe entier comprenant l’Egypte, la Syrie, l’Irak et la péninsule Arabe qui suivent déjà cette voie. La dissolution de la Syrie et de l’Irak plus tard ethniquement ou religieusement en secteurs uniques comme au Liban, est la cible primaire de l’Israël sur l’avant oriental, alors que la dissolution des puissances militaires de ces Etats n’en constituent qu’un objectif à court terme.

Syrie :

La Syrie tombera en morceaux, selon sa structure religieuse ethnique, comme le Liban de sorte qu’il y ait un Etat de Chiite Alawi le long de sa côte, un Etat sunnite dans la région d’Alep, un autre Etat sunnite à Damas hostile à son voisin nordique, et les Druzes qui établiront un Etat, même peut-être dans notre Golan, et certainement dans le Hauran et en Jordanie nordique. Cet Etat en question sera la garantie pour la paix et la sécurité dans le secteur à la longue, et cela fait déjà partie de nos objectifs d’aujourd’hui.

Irak :

L’Irak, riche en pétrole d’une part et intérieurement déchiré de l’autre, est garantie comme cible d’Israël. Sa dissolution est bien plus importante pour nous que celle de la Syrie.

L’Irak est plus fort que la Syrie. À court terme c’est une puissance irakienne qui constitue la plus grande menace à Israël. Une guerre Irako-Iranienne fera chuter l’Irak avant qu’il puisse organiser une lutte élargie contre nous.

Chaque confrontation inter-Arabe nous aidera à court terme pour mener au démantèlement de l’Irak, de la Syrie et du Liban.

En Irak, une division dans des provinces le long de lignes ethniques et religieuses comme en Syrie au temps des ottomans est possible.

Trois (ou plus) Etats existeront autour des trois villes principales : Régions de Bassora, de Bagdad et de Mossoul.

Les Chiite au sud séparé du nord sunnite et Kurde. Il est possible que la confrontation Irano-Irakienne actuelle approfondira cette polarisation.

Arabie Saoudite :

La péninsule Arabe entière est une cible normale à la dissolution due aux pressions internes et externes, et cela est inévitable particulièrement en Arabie Saoudite.

Même si sa force économique basée sur le pétrole demeure intacte ou si elle est diminuée à la longue, les dissensions internes sont de plus en plus apparent.

Jordanie :

La Jordanie constitue une cible stratégique immédiate à court terme seulement, parce qu’elle ne constitue pas une vraie menace à long terme après sa dissolution. Il n’y a aucune chance que la Jordanie continue d’exister dans sa structure actuelle.

La politique d’Israël, dans la guerre et dans la paix, doit être d’entreprendre la liquidation de la Jordanie sous le régime actuel et de conduire au transfert du pouvoir à la majorité
palestinienne. Changer le régime à l’Est du fleuve causera également l’arrêt du problème démographique des Arabes à l’ouest de la Jordanie.

Pendant la guerre ou dans des conditions de paix, l’émigration des territoires et le gel démographique économique, sont les garanties pour le prochain changement sur les deux bords du fleuve, et nous devons être actif afin d’atteindre cet objectif dans un futur proche.

Le plan d’autonomie doit également être rejeté, aussi bien que n’importe quel compromis ou division des territoires ainsi que les plans de l’OLP et ceux des Arabes israéliens eux-mêmes, ainsi que le plan de Shefa’amr de septembre 1980.

Il n’est pas possible de continuer à vivre dans ce pays dans la situation actuelle sans séparer les deux nations, les Arabes en Jordanie et les juifs à l’ouest de la rivière.

La co-existence règnera seulement quand les Arabes comprendront que sans Etat juif de l’Ouest de la Jordanie vers la mer, ils n’auront ni existence ni sécurité. Ils n’auront de nation qu’en Jordanie.

En Israël la distinction entre les territoires de 67 et ceux de 48, a toujours été insignifiante pour les Arabes et n’a plus de signification pour nous.

Le problème devrait être vu dans sa totalité, sans aucune division en date de 67. Il devrait être clair, dans la future situation politique ou constellation militaire, que la solution du problème des Arabes indigènes viendra seulement quand ils reconnaîtront l’existence d’Israël jusqu’au fleuve de la Jordanie et au-delà. Ce besoin est vital en cette époque difficile, celle du nucléaire dans laquelle nous entrons. Il n’est plus possible que les trois quart de la population juive vivent sur un rivage si dense et dangereux, à l’ère du nucléaire. La dispersion de la population est donc un but stratégique d’ordre suprême ; autrement, nous cesserons d’exister.

Judée, Samarie et la Galilée sont notre garantie unique pour l’existence nationale, et si nous ne devenons pas la majorité dans les secteurs de montagne, nous ne régnerons pas dans le pays et nous serons comme les croisés, qui ont perdu ce pays qui n’était pas à eux de toute façon, et dans lequel ils étaient des étrangers au début.

Rééquilibrer le pays démographiquement, stratégiquement et économiquement est le but principal aujourd’hui.

S’emparer de la ligne de partage de montagne de Beersheba en Galilée supérieure est stratégique afin de coloniser la partie montagneuse du pays où il n’y a aucun juif
aujourd’hui. »

Source : FreeArabVoice, le 22 juillet 2000

Traduction : Convergence des Causes

Les islamistes à l’heure des « révolutions »

Académiquement bien estampillée, la thèse post-islamiste semble se confirmer dans les révoltes qui continuent de secouer le monde arabe. Ces mouvements de contestation non contrôlés, nous dit- on, est l’œuvre d’une génération face-book, sans lien organique avec les tendances islamistes.

L’idée fait sans doute écho à la thèse d’Olivier Roy, corroborée par Gilles Kepel, selon laquelle l’islamisme est bel et bien mort de sa confrontation avec les régimes autoritaires et des tensions qu’il éprouve face à la modernité. Selon le chantre de l’échec de l’islam politique, « L’islamisme est fini, comme solution politique et comme idéologie. Mais les islamistes sont là, et c’est donc la grande inconnue.» A l’en croire Penda Mbow, ces « mutations » doivent beaucoup au combat mené par des intellectuels, notamment des féministes, qui ont su convaincre de la nécessité de reconnaitre la neutralité de l’Etat par rapport à la religion. Refusant de faire feu de tout bois, elle pronostique en faveur des femmes qu’elles jugent mieux à mêmes de chaperonner cette grande œuvre révolutionnaire.
Pourtant rien n’est moins évident que l’absence des mouvements islamistes dans les manifestations qui ont provoqué la chute des régimes autoritaires arabes. Les témoignages de Gilbert Achar et de Patrick Haenni pour le cas de l’Egypte, révèle suffisamment le rôle « significatif » que fut celui des Frères musulmans. Tous les deux ont respectivement retracé dans le Monde diplomatique du mois de mars et sur oumma.com les étapes qui ont marqué l’intervention des islamistes et leur option pour « une transition dans l’ordre », telle que prônée par les Etats-Unis et conformément à leur orientation idéologique. On semble par ailleurs ignorer les interventions télévisées de l’un des plus grands savants égyptiens, Youssouf Qaradawi, l’intervention d’une partie des savants de l’institut AL Azhar et le symbole du vendredi dans l’imaginaire des citoyens qui, bien que sécularisés, n’en demeurent pas moins attachés à leur religion.

Les pays arabes donnent l’impression d’avoir basculé tous et d’un seul trait dans le camp de la modernité politique. Ce nouveau tournant va rompre, aux yeux des tenants du post-islamisme, avec le face à face entre autoritarisme et islamisme pour devenir un combat démocratique. Le discours et la nouvelle posture des leaders islamistes confortent cette attente à l’instar de Rached Ghanouchi qui déclare ne pas être candidat aux prochaines élections présidentielles. L’islamisme turc est présenté comme le modèle toléré dont les figures de l’islam politique devront s’accommoder pour être en phase avec les principes démocratiques. On se soucie moins de savoir ce que ces derniers pensent ou comptent faire après que ce vent de liberté aura fini de dévoiler toutes les options envisageables. Cette tendance visant à disqualifier les islamistes est sujette à de sérieuses réserves et emprunte, à bien des égards, les contours de la simplification et des raccourcis.

Estimée à 20% par Olivier Roy et à 30% par Tariq Ramadan, la force des islamistes dans les pays en ébullition ne saurait échapper à la vigilance des spécialistes dignes de ce nom. Le militantisme l’emportant sur l’analyse, l’on fait fi de ce paramètre oh combien déterminant. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’ironie que le leader de la section féminine de l’islamisme marocain, Nadia Yassine aborde la faible représentativité des partis politiques de son pays. Silencieuse sur le nombre de militants que compte le mouvement Justice et Spiritualité, pour des raisons de sécurité, elle envisage une réforme en douceur plutôt que des « césariennes historiques ». Ce raisonnement a guidé l’intervention des mouvements islamistes qui s’inscrit en droite ligne de la théologie d’un classique comme le Cheikh ibn Tayimiyya.

Par rapport au succès relatif du modèle turc qui semble emporter l’enthousiasme de tant d’observateurs, les leaders islamistes rappellent les spécificités qui caractérisent leur contexte sans cacher leur admiration à l’égard de leurs frères. Ni Nadia Yassine, ni Rachid Ghanouchi, encore moins Jamil Mansour ne se figurent le cas turc comme « un modèle clé en main », pour reprendre la figure de proue des sœurs marocaines.

A la différence de beaucoup d’autres spécialistes, François Burgat et Vincent Geisser considèrent que le prisme déformant du discours a depuis très longtemps trahi la vérité des faits. En témoigne l’interminable débat et les nombreuses publications consacrées à Tariq Ramadan. Règle de méthode, Burgat invite ses collèges à se rapprocher davantage des islamistes, de consulter leur bibliothèque au lieu de se limiter à leurs déclarations. Jean François Bayart n’hésite pas dans son ouvrage intitulé l’islam républicain, de traiter le Premier ministre turc de « redoutable animal politique » pour son habilité à surfer aussi bien sur le registre nationaliste que celui de l’islam.

L’on se tromperait nous mêmes sur les raisons de ces travers en les imputant à un défaut de rigueur scientifique. Leur persistance est révélatrice d’un engagement pour une vision autrement plus idéologique que l’idéologie qu’il s’agit de saper.

On est davantage persuadé du poids des rapports de force politico-économiques sur les recherches scientifiques largement tributaires des paradigmes forgés à partir de l’occident. Les média ne pouvant pas, pour des raisons objectives, nous aider à sortir de ce carcan, l’heure de vérité semble encore trop éloignée pour qu’on puisse escompter de ce vent de liberté un meilleur traitement des questions liées à l’islam et à l’islamisme. Le passif intellectuel est suffisamment lourd pour que les chercheurs et autres spécialistes prennent conscience du déni de justice qu’ils pratiquent à l’égard de leur objet d’étude.

Ousmane Abdoulaye BARRO

Titulaire d’un DEA en Science Politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis – SENEGAL

Ousmaneabdoulayebarro@yahoo.fr

De Tunis à Mexico : La Diplomatie Française en Chute Libre

Par quelque bout qu’on prenne la diplomatie française depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir, elle n’apparaît pas en tout cas comme le domaine qui inscrira le président français au Panthéon des grands hommes d’Etat français. Il a eu pourtant sur ce plan, beaucoup d’initiatives importantes pour se tailler une enveloppe d’homme d’Etat international.

COMPLICITES DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE


Ben Ali et Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Felipé Calderon

Avec les USA, ça n’a pas vraiment marché, la lune de miel. On a tôt fait de lui rappeler que la grandeur d’un homme d’Etat se mesure à la grandeur de son pays et que l’amour platonique n’existe pas entre Etats.

Avec l’Europe, on a fait mine, par politesse, d’accepter son activisme mais finalement, il est vite apparu agaçant, même pour les plus accommodants comme Angela Merkel et il a dû quelque peu rentrer dans ses petits souliers.

Avec les pays émergents, on ne peut pas dire qu’il ait trouvé un créneau pour panser ses déceptions et mieux faire valoir ses ambitions. La plupart de ces pays ont l’œil rivé sur un futur où ils voient la France derrière eux, et lorsque dans ce lot, on s’appelle la Chine, on peut même se permettre des vexations sans s’attirer ni colère ni remontrance. La Guerre de l’opium, c’est bien loin !

L’Afrique apparaissait par contre le territoire où la diplomatie française espérait, même en recourant à la politique de la canonnière, préserver ses zones d’influence. Mais la Coloniale n’est plus ce qu’elle était ! Et cette mutation s’exprime de mille manières.

Dans les pays arabes,  la révolution qui gronde n’est rien moins qu’une forme de désaveu de la communauté internationale et particulièrement de la France et des USA. Si ces pays arabes sont devenus ce qu’ils sont (des zones de dictature où l’arbitraire aidant, le sang a fini par couler) c’est bien parce qu’on a développé en ce qui les concerne, des théories les plus bizarres, les encourageant à évoluer dans la marginalité démocratique. Ces pays, disait-on, n’ont pas vocation naturelle à vivre en démocratie : il y a comme incompatibilité structurelle entre Islam et démocratie.  D’ailleurs, ils réussissent finalement bien, affirmait-on, dans leur type de gouvernance car finalement, de quoi ont besoin les peuples d’Afrique (du Maghreb ou de l’Afrique au sud du Sahara) sinon que de nourriture, d’éducation, de soins de santé ? Les  libertés formelles ne nourrissent pas tant que ça son homme ! Et on faisait les louanges à n’en plus finir d’un Ben Ali, d’un Moubarak…  joignant même la parole à l’acte, on aidait ces pays « exemplaires » à maintenir le rythme de croissance et la stabilité grâce à des livraisons d’armes, de matériel de surveillance et de maîtrise des faits d’émeute.

Les Tunisiens, les Egyptiens et les autres peuples arabes qui sont en train de suivre leur exemple, disent aujourd’hui à la communauté internationale, ceci : « Vous êtes les auteurs moraux, les commanditaires de ce qui nous arrive. Vous nous avez encouragés à ne pas pratiquer la démocratie, vous nous avez armé pour réprimer ceux qui la revendiquaient, vous avez recélé les fonds détournés par les dictateurs et planqués dans vos banques ; tout ça pour les besoins de vos propres croissances. Vous êtes donc aujourd’hui comptables de ce qui arrive à nos pays comme le sont les dictateurs que vous avez longtemps maintenu au pouvoir ». C’est ça la vérité.

DIFFICILE RECONVERSION DEMOCRATIQUE

Si très vite, les USA en ont tiré les leçons, mettant fin aux célèbres impairs du vice-président Joe Biden et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton (qui tentaient encore de venir en aide à l’Ami Moubarak pour changer de cap en se convertissant à la vitesse de la mouche du coche en défenseur de la démocratie voire même en instigateur), en France, la reconversion a été lente et difficile. Les impairs se sont multipliés et les découvertes de connexion jusqu’aux derniers jours de dictature,  ne pouvaient que compliquer les choses.

C’est alors qu’en interne, l’Affaire Laetitia  est arrivée. En prenant à bras le corps ce dossier, en montrant le souci du pouvoir vis-à-vis de ce secteur sensible de la Justice, on pouvait détourner les regards de l’extérieur en touchant la corde émotive des Français. Mais le gouvernement français a manqué de manière. Les mots forts prononcés contre la Justice, emportant non seulement immixtion mais aussi condamnation sans procès des magistrats, ont entraîné une révolte peu connue dans ce monde plutôt astreint à la réserve.

Le gouvernement, alors, dont le crédit chutait en proportion des gaffes de son ministre des Affaires étrangères, a cru voir dans le dossier Florence Cassez, ce secours qui pourrait tout effacer pour lui permettre de tout recommencer.


Florence Cassez, en 2008, dans sa prison
(Photo AFP/RONALDO SCHEMIDT)

Une jeune Française, belle, condamnée (dans une prison où l’on n’est pas tendre avec les détenus) à la peine démesurée de 60 ans pour enlèvements, ça vaut en cette période pré-électorale, de battre le ban et l’arrière-ban pour aller sauver ce morceau de France à l’étranger. Si on a pu le faire au Tchad, pourquoi ne le pourrait-on pas au Mexique ? Alors, « allons-zy, allons-zon » !

Mais finalement, c’est le grand flop ! On a oublié que le souci de la défense des ressortissants français à l’étranger ne pouvait pas s’accommoder d’une diplomatie intrusive, marchant par le commandement, le comminatoire comme au plus fort de la période coloniale. Cette époque-là est terminée en Afrique en 1960 comme elle est terminée depuis 1867 après  la chute de  Maximilien que Napoléon III avait envoyé au Mexique en 1864 pour tenter d’implanter un Empire bis.

La réaction actuelle du Mexique, Etat souverain, jaloux de son indépendance, est en tout point pareil à celle de la Côte d’Ivoire : ce n’est pas à la France de venir décider à la place des organes suprêmes de nos pays, ce que doit être le Droit. En  Côte d’Ivoire, un Conseil constitutionnel a tranché en matière électorale en dernier recours ; nulle autre instance, nulle autre puissance étrangère, ne peut venir la contraindre de réformer son jugement ni même tenter d’évoquer le contentieux pour trancher directement en faveur du candidat de son choix ! Au Mexique, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à 60 ans de prison de Florence Cassez. Elle est peut-être injuste, surtout que la demoiselle clame son innocence, mais c’est ainsi. Nulle autre juridiction en cette matière pénale ne peut plus dire quoi que ce soit dans cet arrêt définitif. Dans un cas comme dans l’autre (Côte d’Ivoire, Mexique), nous avons des affaires passées en force de chose jugée. Ca, c’est le Droit qui est appliqué dans tous les pays de Droit, qui obéissent aux standards internationaux en la matière.

Voilà que des pays moins développés économiquement et démocratiquement que la France font des leçons de droits de l’Homme et de démocratie au pays qui s’en réclame être la patrie universelle !

Mais le comble, dans tout cela, c’est qu’on se coupe toujours les cheveux en quatre pour savoir pourquoi, alors que ses prestations sont si affligeantes pour l’image de la France et la sienne propre, Nicolas Sarkozy persiste à garder sa MAM (Michèle Alliot-Marie). En Afrique, certains ont trouvé l’explication depuis bien longtemps à travers ce proverbe : «Quand un âne veut vous terrasser, vous ne voyez plus en lui aucune partie où vous approcher, même pas les oreilles ». Peut-être bien qu’à force,  la Côte d’Ivoire, les pays arabes et le Mexique, risquent bien de confirmer ce dicton pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle !

La Rédaction

San Finna N°604 du 21 au 27 Février 2011

Le Canard Enchaîné épingle une nouvelle fois les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie

Par RFI

C’est une nouvelle révélation délicate pour la ministre des Affaires étrangères. Mise en cause pour ses vacances tunisiennes, trois semaines avant la chute du régime tunisien, Michèle Alliot-Marie est de nouveau dans la tourmente. Le journal satirique affirme que les parents de la chef de la diplomatie française ont conclu une transaction financière d’environ 325 mille euros avec l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, celui-là même qui avait transporté à bord de son jet privé la ministre et sa famille.

Bernard Marie et son épouse étaient déjà associés minoritaires dans la société civile immobilière IKRAM dont étaient propriétaires Aziz Miled et son fils Karim.

Michèle Alliot-Marie est aussitôt venue au secours de ses parents. Dans un communiqué elle s’élève contre les «excès» des nouvelles attaques contre elle, «qui ne grandissent pas ceux qui s’y prêtent». «Leur vie privée leur appartient. Les acquisitions qu’ils effectuent pour eux-mêmes ne concernent qu’eux, et personne d’autre», souligne-t-elle quelques lignes plus loin.

Mardi 15 février au soir, le père de Michèle Alliot-Marie s’est expliqué sur cette transaction, en affirmant qu’ils étaient, lui et sa femme, «seuls responsables de cette affaire», dédouanant ainsi sa fille.

L’opposition est remontée au créneau pour demander à nouveau la démission de la ministre des Affaires étrangères. Le député socialiste Pierre Moscovici est sans concession : «le fond de l’affaire, c’est que Michèle Alliot-Marie n’est plus capable de diriger la diplomatie française, elle est discréditée» a-t-il déclaré mardi soir, après ces nouvelles révélations.

L’Elysée ne fait pour l’instant aucun commentaire. Ces nouvelles turbulences pour Michèle Alliot-Marie risquent de lui coûter cher. Dans un sondage IFOP pour Paris Match publié lundi 14 février, donc avant ces dernières révélations, elle avait chuté de 17 points.

Égypte : l’armée promet des élections dans six mois

La Constitution est suspendue et le Parlement dissous, pour satisfaire aux exigences de l’opposition.Le gouvernement tente d’organiser le retour à une vie normale.

L’armée aux commandes pour six mois. Après deux jours de fête dans les rues du Caire et de flottement à la tête du pays, l’armée égyptienne est sortie du flou, hier. Le Conseil suprême des forces armées, auquel Hosni Moubarak avait confié le pouvoir en démissionnant, vendredi soir, a suspendu la Constitution et dissous les deux chambres du Parlement.

Dans son « Communiqué n° 5 », lu à la télé publique, le Conseil dirigé par le maréchal Tantaoui affirme qu’il « gérera les affaires du pays pour une période de six mois ou jusqu’au terme d’élections présidentielle et législatives ». Dans l’intervalle, une commission va préparer des amendements à la Constitution ¯ très contestée ¯ qui seront soumis à un référendum.

L’opposition satisfaite. Cette clarification devenait urgente. Car, après l’explosion de joie de vendredi soir, l’inquiétude était revenue, samedi, sur la place Tahrir du Caire, centre nerveux des dix-huit journées révolutionnaires qui ont fait tomber Moubarak. Les opposants au régime les plus résolus avaient publié un « Communiqué n° 1 du peuple », où ils réclamaient la dissolution du Parlement, dominé par le PND de Moubarak, et un calendrier précis pour le retour à un régime civil.

Dimanche matin, des escarmouches avaient éclaté quand la police militaire a voulu faire décamper quelques milliers de manifestants encore présents sur la place Tahrir, rendue à la circulation pour la première fois depuis trois semaines. Hier soir, l’opposant libéral Ayman Nour saluait des engagements de l’armée et parlait de « victoire pour la révolution ».

Retour à la normale. Confirmé à son poste par la junte, le Premier ministre Ahmed Chafic ¯ un ancien chef de l’aviation ¯ a indiqué que sa priorité est de « restaurer la sécurité et de faciliter la vie quotidienne des Égyptiens ». Il s’exprimait alors que 13 000 prisonniers, évadés à la faveur des troubles, courent toujours, que des policiers ont manifesté et tiré en l’air au Caire pour réclamer des hausses de salaires et que des entreprises étaient toujours en grève.

Le Premier ministre a aussi promis de s’attaquer à la corruption et, selon certaines sources, plusieurs ministres auraient reçu l’interdiction de quitter le territoire. Ahmed Chafic a enfin assuré qu’Hosni Moubarak se trouve toujours à Charm el-Cheih (mer Rouge), démentant une rumeur selon laquelle le raïs déchu aurait fui l’Égypte.

Dix-huit pièces de grande valeur, dont deux statues de Toutankhamon, ont été dérobées au Musée égyptien du Caire, pendant les troubles, a annoncé, hier, le patron des antiquités, Zahi Hawass.

Plus d’informations dans le journal Ouest-France

Moubarak est parti et c’est le peuple qui a gagné : Pas les Occidentaux, eux qui l’avaient fait « PHARAON » !

Après 18 jours de manifestations, les Egyptiens ont gagné : le ‘Sphinx’ s’est envolé le 11 février 2011 pour Charm el Cheik, très loin de la capitale, après que des chaussures aient été lancées sur ses effigies sur la désormais historique Place Tahrir du Caire. Quelle victoire pour le peuple et quelle  honte pour le dictateur déchu ! Quel bonheur pour des millions de personnes dans le monde entier qui voient la fin d’une dictature. Mais ce ne fut pas évident.


Hosni MOUBARAK

Le ‘Pharaon’  a résisté. Il faisait dire (et on le disait même en Occident) qu’il n’était pas un Ben Ali ; il ne lâchait que des bribes de pouvoirs au fur et à mesure que la mobilisation se faisait forte. Mais la chose ne pouvait qu’arriver car des millions de personnes déterminées manifestaient dans les rues sans discontinuer et n’entendaient pas bouger jusqu’à l’atteinte de l’objectif. Oui, les Egyptiens ont bien joué : Moubarak a fini par lâcher prise  et on ne peut que le comparer à  Ben Ali.

On aurait pu penser un moment qu’il se suiciderait ! S’il l’avait fait, ça en aurait bouché un coin aux manifestants qui auraient eu la victoire moins belle. Heureusement donc que cela s’est passé sans cet acte de bravoure.

Mais ce qui gêne un peu aujourd’hui, c’est que les Occidentaux n’arrêtent plus de s’auto-féliciter !  Et on n’a pas de gêne à faire passer en boucle, sur les chaînes de ces pays, des reportages sur la dictature d’Hosni Moubarak, sur toutes les richesses qu’il a  volées au pays : 50 milliards d’euros,  des biens immobiliers partout,  des villas de stars et hôtels de luxe… Pourquoi ne pas l’avoir dénoncé hier ? On se rappelle pertinemment  la position américaine au début du conflit : Joe Biden, le vice-président n’avait-il pas affirmé que Moubarak n’était pas un dictateur, Hillary Clinton que le pays était très stable ? C’est pour cela qu’il faut marteler que c’est le peuple égyptien seul qui a eu gain de cause et surtout pas grâce à ces Occidentaux qui vont essayer maintenant de tirer la couverture à eux. Sur une chaîne française, on a même entendu, quand Moubarak essayait de reprendre la main, à quelques jours de la chute de Moubarak, que de politique, la crise était devenue sociale !! Bien vrai qu’au dernier moment, les Occidentaux l’ont lâché et mal lâché –on peut même dire qu’ils l’ont trahi- (savez-vous qu’à peine Moubarak tombé, la Suisse s’est vantée d’avoir gelé tous ses avoirs ?) mais il ne faut pas oublier que ce sont  eux qui l’ont fait  roi et qui ont profité de son pouvoir, 30 années durant. Alors, aujourd’hui, ils devraient être dans leurs petits souliers et ne pas  se vanter d’avoir aidé afin que la voix populaire triomphe. Non, ils ont navigué à vue pour ensuite, quand tout était perdu pour Moubarak, se rallier aux manifestants !

Il faut espérer maintenant que le vice-président, le militaire Omar Souleimane, qui s’est engagé à instaurer une réelle démocratie, respecte sa parole.

En guise de conclusion, la  révolution du monde arabe est bel et bien en marche ; les Algériens viennent d’emboîter le pas avec leur  grande marche à Alger le  samedi 12 février. Ils ont annoncé qu’ils iraient au bout. La Jordanie, la Syrie, le Yémen, la Libye, l’Arabie Saoudite, le Maroc et que savons-nous encore, sont sur la sellette. Mais pas seulement. Elle va déferler aussi, et logiquement, sur l’Afrique subsaharienne   ! On y est déjà. La preuve ? Sur le Net que les jeunes appellent à manifester le 21 Février 2011 à 10 H pour chasser Ali Bongo du pouvoir ; l’opposant camerounais Mboua Massock vient aussi de lancer le mot d’ordre « La Résistance jusqu’au bout » pour chasser Paul Biya : à partir du 23 février. C’est parti comme on dit !

CY

San Finna N°603 du 14 au 20 Février 2011

Egypte : les manifestations continuent

Nouvelle journée de manifestations, 500 arrestations

Le gouvernement égyptien a tout fait, mercredi 26 janvier, pour tenter d’empêcher une répétition des manifestations de la veille. Au moins 500 personnes ont été arrêtées dans tout le pays, selon les services de sécurité. Parmi les personnes arrêtées figurent 121 membres des Frères musulmans, organisation islamiste officiellement interdite mais tolérée dans les faits, interpellés à Assiout, au sud de la capitale égyptienne.

Malgré cela, quelques milliers de manifestants protestaient dans le centre du Caire en fin d’après-midi. Des affrontements les ont à nouveau opposés aux policiers en face des locaux du syndicat de journaliste et de ceux du syndicat des avocats. Selon plusieurs journalistes présents sur place, la police a tenté de disperser les manifestants en les frappant avec des bâtons et en utilisant des gaz lacrymogènes. Des heurts particulièrement violents ont ensuite été signalés sur les rues avoisinantes.

Des milliers de protestataires avaient auparavant réussi à se masser devant le palais de justice du Caire, scandant « le peuple veut la chute du régime ». A Suez, des heurts ont ensuite eu lieu devant la morgue entre policiers et des centaines de personnes réclamant les corps des trois manifestants tués la veille.

Le Mouvement du 6-Avril, un groupe de militants pro-démocratie à l’origine des manifestations de la veille, avait annoncé dans la matinée qu’il appelait à de nouveaux rassemblements. Les manifestations semblent toutefois d’ampleur bien moindre que celles de mardi. Sur Twitter, le mouvement a appelé à manifester de nouveau vendredi.

Le ministère de l’intérieur égyptien avait indiqué dans la matinée qu’il interdisait toute nouvelle manifestation. Dans un communiqué, il affirme qu' »aucun acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis ». « Des mesures légales seront prises contre quiconque » serait en infraction, poursuit le communiqué du ministère, en soulignant que tout contrevenant serait déféré devant la justice.

Les rues du centre du Caire étaient quadrillées par la police mercredi en fin de matinée. Selon plusieurs témoins sur Twitter, la place Tahrir, épicentre des manifestations de mardi dans le centre du Caire, était calme, avec une présence policière massive. Selon Reuters, la police a dispersé en début d’après-midi quelques dizaines de manifestants.

L’accès à Facebook a été bloqué mercredi après-midi, selon plusieurs témoignages recueillis sur Twitter, qui est également bloqué par les autorités depuis mardi (les manifestants utilisent des proxys pour contourner cette censure). Plusieurs internautes du Monde.fr confirment qu’ils ne peuvent plus de se connecter au réseau social depuis le début d’après-midi. (Lire « Facebook et Twitter bloqués en Egypte »).

« Les quartiers résidentiels sont calmes. Les écoles sont ouvertes et la vie continue normalement. Les manifestations d’hier étaient concentrées dans le centre-ville », témoigne Myriam, une habitante du Caire, au Monde.fr. « Les habitants du quartier continuent comme tous les jours de croiser les habituels policiers dans leur rue, et parfois quelques camions en plus il est vrai, sans s’en soucier ni crier aux armes. A la suite du match Algérie-Egypte en 2009, les manifestations devenues émeutes avaient fait plus de dégâts », raconte au Monde.fr une autre internaute, habitant la capitale égyptienne.

Quelque 200 personnes ont été arrêtées mardi lors des manifestations, dont 70 au Caire, où un policier a été tué, et 50 à Suez. Plusieurs journalistes ont été arrêtés, comme le correspondant du Guardian au Caire. Il a réussi à enregistrer l’ambiance du camion de police dans lequel il était retenu en compagnie de plusieurs opposants.