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6ème législature de l’ère du Renouveau démocratique : Les indices d’un Parlement de godillots

A part le poste de deuxième-vice président concédé au dernier moment à la Renaissance du Bénin, c’est le bureau concocté à Lokossa, en présence du président Yayi Boni, qui a été entériné pour diriger l’Assemblée nationale de la sixième législature. Les ingrédients sont apparemment réunis pour la mise en place d’un Parlement de godillots au Bénin.

Toutes les conditions sont réunies pour que la sixième législature soit une réelle caisse de résonance de l’Exécutif. En effet, au prime abord, c’est seulement sur les militants les plus fidèles du groupe Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), que les choix ont été portés, pour figurer sur les listes gouvernementales pour les législatives. Un autre tri fut ensuite fait lors des concertations de Lokossa, pour dégager les membres du bureau de l’Assemblée nationale actuel. A vrai dire, c’est pour la toute première fois dans l’histoire du pays, que le chef de l’Etat entouré de certains de ses ministres, organise aussitôt après les résultats définitifs des élections législatives, une séance de travail avec ses députés pour imposer de façon officielle, un bureau pour l’institution. Et malgré les critiques dans la presse comme dans l’opinion, ce bureau « nommé » a été accepté par plus de 70% des députés en vue d’une continuité dans les actes. C’est désormais tout l’hémicycle qui se retrouve à la solde de l’Exécutif. Un Parlement de godillots en somme, parce qu’aucun des députés n’a le courage de contester cette procédure. Ils ont eu tous peur d’émettre un avis contraire. Et ceux d’entre eux à qui les chantres du Changement n’ont pas confiance, ont dû abandonner leurs sièges et ont délivré des procurations pour se faire représenter. Selon un élu Fcbe, Justin Agbodjèté prévu pour occuper le fauteuil du deuxième vice-président selon le schéma de Lokossa, a dû disparaître du Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. En effet, un message lui est parvenu du sommet de l’Etat pour l’obliger à surseoir à ses ambitions. L’homme a en effet rapidement déposé une procuration vers 23 heures ce vendredi, avant de vider les lieux sous les yeux des éléments des services spéciaux. Entre-temps, on a appris que les députés Vénance Gnigla et Valentin Aditi Houdé avaient déjà, des jours plus tôt, envoyé des procurations aux ténors des Fcbe. Dans l’administration parlementaire, c’est plutôt la désolation et l’amertume, parce qu’on ne comprend pas que des gens aussi responsables ne parviennent pas à cerner la plénitude de leur qualité de députés. Plusieurs fonctionnaires parlementaires critiquent l’unanimité obtenue aussi facilement. D’autres évoquent quant à eux, les piètres performances de la législature passée. C’est plus d’une centaine de questions orales et/ou d’actualité rangée au placard. C’est plus de ratifications d’accord de crédits et de convention en quatre ans que de lois votées. C’est aussi et surtout la mauvaise image de marque du parlement béninois. Il faut simplement craindre le pire ainsi que les conséquences qui en découleraient pour le pays, dès lors que cette proportion de députés n’aura vraiment pas les coudées franches pour jouer son rôle de législateur et de contrôle de l’action gouvernementale. En réalité, tout ce beau monde s’est senti redevable au chef de l’Etat dans la nuit du vendredi, au point de rater l’occasion d’arracher ses moyens républicains pour donner une bonne image à la sixième législature.

J-C.H (Br.Ouémé-Plateau/le matinal)

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BENIN : Après les élections l’heure de la manipulation des chiffres

L’attente de la proclamation des résultats provisoires des élections législatives par la Commission électorale nationale autonome(Cena) ouvre la voie à toutes les spéculations possibles. Comme après l’élection présidentielle, c’est encore la presse- une certaine- qui est mise à contribution pour préparer l’opinion à accepter la victoire de la liste Fcbe.

Pendant que cette « presse » entretient ce flou, la machine de la manipulation des chiffres fonctionne à plein régime. A l’instar de la présidentielle du 13 mars, les élections législatives ouvrent la voie à une période postélectorale difficile faite d’angoisse, d’incertitude et d’interrogation. Certains canards de la place, proches pour la plupart du pouvoir, publient des chiffres et proclament au gré de leurs vouloirs et de leurs accointances politiques les noms des députés. Les noms et les répartitions  de siège varient selon les journaux.  La majorité parlementaire aussi bascule dans un camp ou dans un autre  selon les journaux et les affiliations politiques.  Depuis deux jours, cette « communication postélectorale » a pris d’ampleur avec des manchettes de plusieurs journaux qui annoncent la majorité au président Boni Yayi.

Surfant sur le silence de l’opposition, la mouvance présidentielle évolue progressivement dans sa volonté de créer la confusion et de préparer l’opinion à accepter sa victoire aux élections législatives. Et c’est ainsi que fonctionne la spéculation qui permet à la mouvance de se bonifier à travers des articles de presse. Parti d’un seul, le nombre de députés de la majorité présidentielle dans le Couffo, a augmenté progressivement pour atteindre deux et trois. Un des canards spéculateurs n’a pas eu froid aux yeux pour annoncer hier que l’Un ne se retrouve qu’avec deux sièges sur les six. Les Fcbe, eux, se tapent quatre sièges. Une inouïe mais surtout irréaliste au regard des chiffres de la dernière élection présidentielle du 13 mars. Dans la 15è circonscription électorale, les Fcbe passent aussi d’un siège à deux. Idem dans la 19è où elles passent de zéro à un siège.

Toutes ces variations de chiffres se passent dans les journaux et n’ont visiblement aucun lien avec la réalité du terrain. Le paradoxe vient de la 15è circonscription électorale. Selon des sources dignes de foi,  l’honorable Isidore Gnonlonfoun, en tête de la liste Fcbe dans la 15è, déçu de son échec et de la faible  intention de vote obtenue dans ses fiefs Toffin de St Cécile, Ahouansori, Ladji et consorts, n’a pas hésité à déverser sa colère sur ses militants, en les traitant, dans un marché du coin, de malhonnêtes qui ont pris son argent et ses sacs de riz sans voter pour lui. Informées de la grossièreté des ces propos, certains seraient allés verser les riz devant sa porte.

Pendant qu’il s’apitoie sur son sort et s’en prend à ses militants, la communication postélectorale le fait élire député et mieux attribue deux sièges à la liste Fcbe dans cette circonscription électorale. Mais en vérité, sous ces déclarations fantaisistes de statistiques électorales se cachent bien une véritable machine de fraude et de tripatouillage de chiffre. Selon des sources concordantes, il existe bien une cellule de fraude installée au 5è étage de l’immeuble d’un ministère où on procède actuellement au changement des vrais chiffres sortis des urnes par d’autres plus favorables au pouvoir. L’insolite découverte de feuilles de dépouillement il y a quelques jours dans les rues de Cotonou est un indice fort qui renforce ces soupçons. Que Diantre va-t-on manipuler l’opinion jusqu’à ce point. Pendant ce temps, l’opposition dort et laisse faire les choses.

Écrit par Marcel Zoumènou

LNT

BENIN : Déjà l’après-yayisme ???

Survivre à l’ère du Changement. Il fallait bien y penser un jour. Le temps d’une législative et retour sur terre pour la plupart des courtisans. Que c’est compliqué, même face à un électorat sous traumatisme du viol du 13 mars 2011, de se tirer d’affaire juste en faisant les louanges de Yayi. Grande désillusion pour tous ceux qui pensaient pouvoir faire carrière en apparaissant, en médaillon, sur des affiches, à l’ombre de l’image « protectrice » du docteur-président.

La bulle du K.O. s’est littéralement dégonflée. Et ce n’est pas faute d’avoir surfé sur la présidentialisation à outrance du scrutin à travers une implication personnelle du chef de l’Etat, auréolé de la proclamation de son rempilage à palabres. Ministres, conseillers à la présidence, directeurs généraux d’entreprises et d’offices publics, tous sur le pont pour convoyer des députés par vague pour le compte de l’émergence en mutation vers la refondation, à l’orée du second mandat. Le tout pour aboutir finalement à une mémorable déculottée au sortir des urnes.

Visiblement, le plus retentissant revers pour le docteur-président reste le rejet du profile du parfait député qu’il a lui-même esquissé tout au long de la campagne. En effet, tous les « mangeurs d’arachide » passés au vitriol présidentiel ont brillamment obtenu leur maintien : Augustin Ahouanvoébla, Quenum Epiphane, Sacca Fikara et associés. Le fait de renoncer aux restaurants cossus contre de sobres séances d’arachides grillées en plein hémicycle, pour les besoins de la cause, a plutôt été perçu par les électeurs comme une marque de dévouement voire de sacrifice. Tout le contraire des refondateurs présumés qui, en l’espace d’un quinquennat, se sont illustrés par leur propension à cumuler les scandales politico-financiers. À voir ce qui s’est passé en 5 années du yayisme, on ne pouvait empêcher de nombreux électeurs de voir, à travers certains porte-étendards du régime, des faux pasteurs, des faux placeurs d’argent, des bénéficiaires de marchés publics gré à gré, des auteurs de surfacturation, des supporteurs de la répression aveugle des manifestants pacifiques ou des complices de la disparition d’un haut fonctionnaire de l’administration publique.

C’est le lieu de remettre au goût du jour une autre question, lancinante, pesante, envahissante : Yayi 10 ans ! Et après ? Une interrogation que chacun des émergents devraient se poser tous les jours. Pas seulement pour leur propre carrière politique ou non mais également pour la marche du pays. Il va falloir que toutes les grandes gueules qui ont pris du service depuis avril 2006 racontent un jour à leurs descendances respectives ce qui a pu marcher dans leur promesse de réaliser une croissance à deux chiffres, d’industrialiser à tour de bras, de faire rayonner le Bénin sur le plan international, de booster la production de coton etc… Des promesses qui ont permis au docteur-président de rentrer à la Marina pour une première fois et d’y préparer le K.O.

5 ans après. Les supporteurs qui envisagent emprunter le même procédé de la démagogie et des promesses vaines pour se frayer une place au soleil devraient réfléchir à plusieurs reprises après la révolte du 30 avril. Ce ne serait plus possible d’emballer des ménages dans des histoires de faux placements en guise de refrain aux proclamations du docteur-président sur la lutte contre la pauvreté. C’est vraiment révolu l’époque où des épargnants incrédules pouvaient se ruer vers des agences de faux placements parce que les promoteurs se faisaient recevoir en audience à la présidence de la République ou parrainé par la première dame.

Avoir organisé des marches de soutien, des meetings de remerciement, des séances de prières ou avoir parrainé des activités de propagande de Icc en l’honneur de Yayi Boni ne pèse plus grand-chose dans les urnes.

Le Changement fut…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN: Résultats des élections Législatives de 2011

Selon l’article 4 de la loi 2010-35 du 21 décembre 2010 portant Règles particulières pour l’élection des membres de l’Assemblée Nationale, l’attribution des sièges aux différentes listes en présence s’effectue selon le système du quotient électoral. Ainsi, le nombre de suffrages valablement exprimés est divisé par le nombre de sièges à pourvoir pour obtenir le quotient électoral de la circonscription électorale. Le nombre de voix obtenues par chaque liste est divisé par ce quotient électoral et le résultat donne le nombre de sièges à attribuer à la liste. Les sièges restants sont attribués selon la règle de la plus forte moyenne.

Nom et prénoms et partis politiques des députés élus par circonscription électorale

Sous réserve de la confirmation par la Cena et la Cour Constitutionnelle, on peut déjà retenir les noms et prénoms suivants par circonscription électorale

1ère circonscription (Karimama, Malanvile, Kandi) : 3 Sièges

 FCBE : 1- Issa Azizou

 UPR/FE : 1- Issa Salifou

Bako-Arifari Nassirou de l’Alliance Amana

8ème circonscription (Pèrèrè, Parakou, Tchaourou, N’Dali) : 4 Sièges

 FCBE : 1- Gbadamassi Rachidi

2- Lafia Sacca

3- Chabi Orou Sika Karimou

 Alliance G 13 Baobab : 1- Séidou Adambi Samou

9ème Circonscription (Bantè, Dassa, Savalou) : 3 Sièges

Alliance G13 Baobab : 1- Dassoundo André Irénikatché

 FCBE : 1- Laorou Grégoire

2- Tchobo Valère ou

 UN : 1- Alia Charlemagne Alfred Edgard

10ème circonscription (Glazoué, Ouèssè, Savè) : 3 Sièges

 UN : 1- Agoua Assogba Edmond

 FCBE : 1- Zacharie Chabi Félicien

AFU : 1- Okounlola Biaou Akambi André

11ème circonscription (Aplahoué, Djakotomey, Klouékanmè) : 3 Sièges

 UN : 1- Amoussou Ange-Marie Bruno

2- Golou Emmanuel

3- Houinou Clément

12ème circonscription (Dogbo, Lalo, Toviklin) : 3 Sièges

 UN : 1- Tchogodo Gabriel

2- Dégbey Kuadjo Marcellin

 FCBE : 1- Gbahoungba David

15ème circonscription (Du 1er au 6ème Arrondissements de Cotonou) : 4 Sièges

 UN : 1- Akotègnon Raphaël Dossou

2- Hinnouho Mohamed Taofick Atao

3- Camarou Mohamed Ali Marcellin

 FCBE : 1- Gnonlonfoun Isidore

16ème (Du 7ème au 13ème Arrondissement de Cotonou) : 5 Sièges

 UN : 1- Vieyra Honorine Rose-Marie

2- Soglo Léhady Vinagnon Mitoun

3- Quenum Possy-Berry Epiphane Kouassi

 FCBE : 1- Azannaï Candide A.

2- Tossou Emile

17ème circonscription (Athiémè, Comè, Grand-Popo) : 2 Sièges

 UN : 1- Ahossi Comlan Léon

 FCBE : 1- Ahinnou Hounsouvi C.

18ème circonscription (Bopa, Houéyogbé, Lokossa) : 3 Sièges

 UN : 1- Domingo Cyriaque

 FCBE : 1- Nago Coffi Mathurin

2- Soussia Théophile

19è circonscription (Adjarra, Aguégués, Porto-Novo, Sèmè-Podji) : 5 Sièges

UN : 1- Yibatou Sani

2- Honfo Charlemagne

3- Zinsou Edmond

4- Gbènamèto Sèdozan Jonas

5- Azanmasso Pierre Mahoulé Herman Raphaël ou

 FCBE : 1- Schanou A. M. Sofiatou

20ème circonscription (Adjohoun, Avrankou, Bonou, Dangbo, Akpro-Missérété) : 5 Sièges

 UN : 1- Ahouanvoébla Sèdogbo Augustin

2- Fikara Sacca

3- Adantinnon Joachim

4- Kapko Kifouli

 UB : 1- Agbodjèté Hounsa Justin

21ème Circonscription (Adja-Ouèrè, Ifangni, Sakété) : 3 Sièges

 FCBE : 1- Abiola A. François

 UN : 1- Fagbohoun Ladékpo Séfou

2- Vlavonou Gbèhounou Louis ou

 Alliance Amana : 1- Arinloyé Raliou Akanda-Olouwa

22 Circonscription (Kétou, Pobè) : 2 Sièges

 UN : 1- Idji Kolawolé Antoine

 FCBE : 1- Abimbola B. Jean-Michel H. ou

 Alliance Cauris 2 : 1- Ouinsavi Christine A. I. Nougbodé

23ème Circonscription (Abomey, Agbangnizoun, Bohicon, Djidja) : 4 Sièges

 UN : 1- Atrokpo Luc Sètondji

2- Glèlè Ahanhanzo Blaise Onésiphore

3- Houangni Parfait

 FCBE : 1- Sounton Martial

24ème Circonscription (Covè, Ouinhi, Zagnanado, Za-Kpota, Zogbodomey) : 4 Sièges

 FCBE : 1- Aké Natondé

 UN : 1- Sèhouéto Lazare

2- Yèhouétomè Boniface

3- Kpomahou Coovi Félicien ou

 RP : 1- Yahouédéhou Janvier François

Des premières tendances recueillies il ressort que sur les 69 sièges dans les départements de l’Ouémé, du Plateau, de l’Atlantique, du Littoral, du Mono, du Couffo, du Zou et des Collines, les Fcbe totalisent 18 sièges alors que sur les 14 sièges des départements du Borgou, de l’Alibori, de la Donga, et de l’Atacora les Fcbe s’assurent de huit ( 08) sièges. Considérant qu’il ne s’agit que des chiffres bruts, des premières tendances, on pourrait créditer les Fcbe d’une trentaine de sièges au total. Cela est en deçà des chiffres de 2007 où l’on a compté 33 députés Fcbe pour Yayi

Par La tribune de la capitale

BENIN : Telles présidentielles, telles législatives…

Un 30 avril 2011 aussi chaotique que le 13 mars. Encore une fois, une entrée en campagne électorale sans le fichier des électeurs. L’exception électorale 2011 étale toute son absurdité aussi bien lors de la présidentielle qu’à l’occasion des législatives. Stoïques, résignés, fatalistes parfois, les candidats avaient repris le combat sans aucune garantie d’une correction de toutes les hérésies à l’origine de la descente aux enfers annoncée du label démocratique. Tous tétanisés par la mémorable sentence prononcée par le super juge électoral au lendemain du chaos du 13 mars. Constats d’huissier assermentés, témoignages de représentants de candidats, supports vidéo, réclamations de candidats et même témoignage de membres de la Cena, aucun de ses moyens n’avaient réussi à ébranler l’« incorruptible » conviction du juge courageusement accroché aux seuls rapports de ses propres observateurs formés en quelques minutes et expédiés sur le territoire national. Toujours le mystère autour de la définition légale et universelle de ce qui fait office de liste électorale en République du Bénin, berceau de la démocratie en Afrique. A l’occasion de la présidentielle, les mages ont dû recourir au témoignage pathétique du président de la Cena.

Malheureusement, aucune progression entre les deux scrutins. Plus d’un mois de cachotterie, de dilatoire, de surenchère dans les primes et de trafic d’urnes et de bulletins pré-estampillés. Le mauvais film que les Béninois pensaient avoir conjuré après la proclamation du K.O. est demeuré intact.

Que dire alors de l’impérialisme affiché du juge électoral ? Une Cour constitutionnelle désormais détentrice de tous les pouvoirs, quitte à en redistribuer à qui elle veut selon sa convenance comme on le ferait dans un régime spécial. Ainsi chaque institution ou organe pourrait se voir décerner des pouvoirs exceptionnels, avec inscription au bloc de constitutionnalité, c’est-à-dire ad vitam aeternam. Grâce donc à une jurisprudence établie par Dossou et les siens, plus besoin de se casser trop les méninges pour régler les conflits entre la Cena et ses démembrements. Le président de l’institution est désormais fondé à pourvoir aux remplacements de tout frondeur. Il ne pouvait en être autrement puisqu’au moment où la Cour accordait ces « pouvoirs exceptionnels » au président de la Cena, le Bénin ne disposait plus de parlement depuis plusieurs jours déjà. Ceci à la suite de décisions, toutes aussi ubuesques les unes que les autres, rendues par ces juges. Impossible de recourir aux députés en cas de défaillance avérée des démembrements. Une sorte d’intérim parlementaire. Du même modèle que l’autorisation expresse accordée au président de l’Assemblée nationale de désigner un secrétaire parlementaire à chaque fois qu’il le juge nécessaire. Dans un cas comme dans l’autre, le transfert de pouvoir se fait directement vers le bénéficiaire sans aucune consultation préalable.

L’ordre établi par plusieurs centaines de délégués à la conférence nationale et passé à l’appréciation du peuple béninois à l’issue d’un référendum en décembre 1990, se retrouve totalement chamboulé par la volonté de 7 anciens courtisans nommés ou désignés.

Personne ne crierait au scandale si ces détournements de pouvoir s’étaient opérés dans le but de réintégrer les centaines de milliers de citoyens exclus du processus électoral ; ou de régler les dérives du vote dérogatoire abusivement utilisé le 13 mars ; ou encore de régulariser les quelques milliers de repêchés d’avant-présidentielle. Au contraire, le temps a été consacré à l’affirmation du virage dangereux imposé aux acquis de la conférence nationale. Le pays s’est installé dans le coup d’Etat permanent « constitutionnalisé ». Il suffit d’un document intitulé « Décision de la Cour constitutionnelle (Dcc) » affublé d’un numéro de série pour faire établir une règle quasi divine. On n’agit plus selon la loi mais plutôt selon les juges de la Cour constitutionnelle.

Aucun scrutin n’y échappe désormais…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : La Tricherie plurielle

Titre provocateur s’il en est mais résume bien l’état du scrutin en cours de préparation. Comme à son habitude, la classe politique hypnotisée, n’en dit rien. L’organisation des élections législatives du 30 avril n’a rien de scientifique, d’honnête et de crédible. Et pour cause. Aucun indicateur de suivi de l’activité ne rassure.  A la soirée électorale de l’élection présidentielle du 13 mars 2011, animée par mon confrère Euloge Nanga de LC2, j’évoquais des questions préjudicielles pour la continuation du processus électoral.  En effet, le vote par dérogation était un phénomène incompréhensible, porte ouverte à tous les fantasmes de tricherie de type archaïque.  Voilà une élection démocratique qui n’autorise pas l’affichage des centres de bureaux de vote. Et pourtant, la loi l’exige tout comme la liste électorale qui  doit être publiée et disponible sur internet au moins cinq jours avant le jour du scrutin. Les bulletins de vote doivent porter le numéro indiqué sur leurs souches.

Le discours de lancement de la campagne n’en dit rien. Au contraire, le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome (Cena) se livre à cœur joie, à une rhétorique de non-dit préjudiciable à la sincérité du scrutin. On est curieux de savoir si les élections législatives ne seront pas une parodie…à l’africaine.

Si l’opposition, Union Fait la Nation (UN) est considérée comme une victime consentante des manœuvres illégales, les autres composantes de la majorité présidentielle ne se laisseront pas faire. Déjà à l’entame de la campagne électorale, une querelle de coépouse, telle un  vertige de l’inexplicable, ou plutôt de l’injustifiable,  saisit toutes les listes non Fcbe, considérées à tort comme n’ayant pas l’onction du Chef de l’Etat. Autrement dit, les Fcbe excluent déjà toutes les autres listes de la nouvelle famille. Devant une telle attitude affichée avec une grande désinvolture par la tête de liste Fcbe de la 5è circonscription électorale, on s’en remet à Platon dans les méditations du Timée. D’où l’interrogation fondamentale. Pourquoi ?

Ce nouveau débat honteux au sein de la majorité présidentielle est un séisme qui  ébranle les certitudes des individus et les systèmes ayant concouru au K.O historique qui fait école à notre porte de l’Est. La terre bouge, les croyances à la bonne foi du Président Boni Yayi flageolent, l’âme des mouvanciers originels et opportunistes se fend.  A la déclaration de la  « douce » Claudine Prudencio qui déménagea en catastrophe du nouveau courage pour les Fcbe, on peut imaginer le sentiment du superviseur de la Lépi, tête de la liste Amana, qui croit aussi appartenir à la mouvance.

Les déclarations des membres du parti au pouvoir (Fcbe) feront  surgir des vérités enfouies qui ébranleront les vertus de la démocratie et l’honneur des institutions  » fortes  » de la République. Le chaos politique est à notre porte. Pour beaucoup de têtes de listes,  Boni Yayi a trahi la cause. Ce n’est pas assez !!! Il suffit de scruter la galaxie des candidats Fcbe. Après la dissolution, pardon, le rejet de la liste FRAP, il a été trouvé une place sur FCBE à Madame, la première de la République, l’épouse très  bien aimée devant les caméras des grands évènements. Pour une tête de liste (mouvance) de la 15ième qui n’est pas Fcbe,  c’est être enterré vivant, c’est la mort soudaine et la sépulture immédiate.  Tristesse pour  celui-là, il n’a donc pas de base et compte sur la  « popularité » du KO pour faire effraction à l’Assemblée Nationale.  Quand tout s’effondre en termes d’assurance, alors tout se renverse, en un paroxysme d’injustice. En un tel hic et nunc de l’incompréhensible, il y a ceux qui voient la preuve d’un chef qui se mue en quelque chose de peu maîtrisable. La tragédie qui se prépare est à la hauteur de cette feinte de corps en pleine campagne électorale. Ils auraient ainsi choisi. Goya fuyant l’inquisition avait peint des cornes sur lesquelles on pouvait lire avec attention que :  « le sommeil de la raison engendre des monstres » .

Au commencement la raison a sommeillé, et Epiphane Quenum récupéré fit allégeance. Avant de sortir du doux sommeil, c’était trop tard. Ensuite, la raison a sommeillé….et Bako Nassirou qui remplaça le premier, continua l’œuvre. Puis encore, la raison sommeilla, …et la dérogation engendra des urnes sans scellés et des bureaux de vote fantaisistes et fictifs. Enfin, la raison sommeilla derechef, et les artisans complémentaires du KO sont exclus de la paternité  » Cauris « , le cœur meurtri, les yeux en larmes, l’esprit déboussolé, le regard désaxé et décontenancé.

Conclusions inconciliables. La mouvance est en lambeaux.  Dans la mythologie, le poète Simonide est éveillé par un ange qui le prévient d’un séisme et le fait sortir de chez lui à temps : unique survivant, il peut identifier les cadavres. Leçon d’une aventure : on n’est jamais assez fort en comptant sur l’autre. L’identité en politique sous-tend le rapport de force. Cette leçon vaut mieux qu’une méditation sur les bords de l’Okpara.

H. TAUYE

Benin – Législatives: « N’envoyez pas des députés qui vont passer leur temps à m’insulter !», dixit Boni Yayi

« N’envoyez pas des députés qui vont passer leur temps à m’insulter », a demandé aux populations de Lokossa le président Boni Yayi en campagne pour les législatives dans la 18ème circonscription électorale regroupant Lokossa, Bopa et Houéyogbé.

«Il y a des députés qui vont au parlement pour manger du ‘klui-klui’ (galettes en bâtonnets faites avec des cacahuètes moulues, NDLR), de l’arachide ou alors pour prendre des gongs et taper des tables comme des gamins. N’envoyez plus ces députés-là au parlement. Si vous le faites, c’est contre vous-mêmes !», a déclaré Boni Yayi, qui a été réélu dès le premier tour du scrutin présidentiel du 13 mars dernier.

Il a exhorté l’électorat à porter son choix sur les « députés qui sont prêts à travailler avec lui » en votant le logo ‘’cauris’’ de la liste Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) « pour que, dit-il, on aille vite ! ».

Rappelant les dernières élections en France, Boni Yayi relève que « si le président est de droite, le parlement est de droite et si le président est de gauche, le parlement est de gauche pour permettre au président d’exécuter le programme pour lequel il a été élu». Pour toutes ces raisons, les populations de Lokossa devraient selon lui l’aider à avoir la majorité parlementaire en accompagnant « sa réélection par le second K.O.». Le scrutin législatif est prévu pour le 30 avril prochain et doit consacrer l’élection de 83 députés. Trois sièges sont à pouvoir dans la 18ème circonscription électorale.

Par sekodo  pourla rédaction de Koaci.com au Bénin

BENIN : Le chantage interne…

Nul ne peut être émergent s’il ne passe par le docteur-président. Après tout, ne se proclame-t-il pas substitut de Dieu sur le territoire béninois. Quand certains courtisans ne le trouve pas nettement plus-que-Dieu. Julien Akpaki, tout puissant directeur général de l’Ortb est passé par l’auto-reniement public pour avoir osé se positionner sur une liste autre que celle bénie par le chef pour les législatives 2011. À peine si on ne lui a pas fait dire qu’il est indigne d’être un député cauris, un vrai. L’Etat Fcbe a ses règles ; le K.O. pour les adversaires politiques, la terreur pour les affidés incontrôlables.

Tout auréolé de son rempilage à polémique, Yayi a décidé de faire le ménage au sein de la troupe. Les chaînes de télévision se gavent de ces images de hauts cadres de l’administration et du monde des affaires qui se relaient sur les plateaux, reniant leurs propres positionnements sur des listes de candidatures aux législatives et appelant à voter pour l’unique liste directement sortie des entrailles de la Marina. Allez leur demander si chez eux, à domicile, ou dans leurs villages, des enfants, des époux, des frères, des amis, des parents ne suivent pas ces représentations d’indignité d’un autre âge.

Que dire de ces porteurs de gale qui refusent de s’auto-humilier publiquement tout en continuant à prêcher leur béguin inconditionnel pour le docteur-inventeur-du-Changement ? Des joueurs de poker qui savent à l’avance ce que leur réserve le grand maître à l’issue du scrutin. Certainement le bannissement total pour les recalés et la terreur pour ceux qui parviendraient à siéger au palais des gouverneurs. Un traitement de faveur tout de même à comparer à ce qui attend les anti-émergents au sein de ce parlement du K.O. Exclusion garantie pour eux si jamais les extrapolations combinées de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et de la Cour constitutionnelle leur attribuent la minorité congrue. Musèlement assuré, par contre, s’il arrivait que la vérité des urnes leur concède la majorité conséquente.

Le régime peut compter sur les « sages » pour leur rendre la vie dure. Pas évident que ces derniers aient perdu leur réputation de contorsionniste après leur chef-d’œuvre à l’occasion de la présidentielle de 2011.

Mais la purge interne dans les rangs des caurisants ne s’est pas faite au hasard. A la lecture du profil des positionnés on se rend bien compte qu’il y a eu des critères de sélection assez stricts avec une prime particulière aux casseroles. Aucune chance pour ceux dont les pedigrees n’affichent pas des traces de marchés gré à gré suspects, de surfacturations, de rapports de commissions d’enquête accablants, de complicité de faux placements d’argent, de bourrages d’urnes ou de pré-estampillage de bulletins de vote. Des gens qui 4 ans durant peuvent se prémunir contre toute inquisition judiciaire. Les autres qui n’ont pas osé aller assez loin dans la gadoue émergente doivent subir la stature de pestiférés pourchassés sur toute l’étendue du territoire national par le docteur-président lui-même. Des mauvais cauris indignes des suffrages de la fraude, de la bienveillance sélective du juge électoral ou de la complaisance de (ou des) organe en charge de l’organisation du scrutin.

L’autre réalité est que la mangeoire s’est considérablement rétrécie. Le Bénin est loin de figurer au registre des pays aux ressources extensibles à souhait. Sous l’effet conjugué des hausses de prix de produits de première nécessité, des factures de plus en plus élevées d’eau, de téléphone, de gaz et de la considérable rapine des faux placeurs pasteurs, il ne reste plus de compatriotes à escroquer afin d’alimenter le réseau de prospérité partagée entre coquins. Les acrobatiques « arrangements » n’ayant pas suffit à aseptiser le paysage cauris selon les gouts du prince, il fallait procéder au chantage, aux humiliations et à la chasse aux impies.

Il y a émergent … et émergent…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Candidatures des promoteurs de structures de placements aux Législatives – L’immunité parlementaire comme bouclier ?

Alors que la question des spoliés par les structures de placement illégalement installés au Bénin n’est pas définitivement réglée, à la lecture de listes en lice pour les Législatives, on se rend compte que nombre des responsables des structures de placement d’argent sont en compétition. Pour une immunité parlementaire, parviendront-ils à leurs fins ?

Représenter la cause des populations en bon député ou se refugier au Parlement pour jouir de l’immunité parlementaire et échapper à l’épée de Damoclès liée au dossier d’escroquerie qu’est le placement d’argent au Bénin ? C’est là la question qui pour l’heure agite l’esprit de nombre de Béninois au lendemain de la publication par la Céna des listes pour les législatives.

En effet, suite à la banqueroute de ICC-services, structure pionnière du placement d’argent au Bénin, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures aussi bien conservatoires que judiciaires pour couper court à   l’activité financière l’illégale en plein essor dans le pays. Lesquelles mesures ont induit l’arrestation des responsables de ICC-Services et la saisie de tous leurs biens, le gel des comptes de toutes les structures de placement, et une procédure judiciaire intentée contre tous les promoteurs de structures illégales de placement d’argent. Autant donc d’actions qui auront laissé sur leur faim les spoliés qui à ce jour attendent de rentrer en possession de leurs mises.

Le hic, c’est qu’au lendemain de la publication des listes pour les législatives par la commission électorale nationale autonome, nombre de promoteurs de ces structures de placement sont comptés sur les listes. Ce qui amène à se demander à quelle fin déposent-ils leurs candidatures ? Est-ce pour jouer le rôle de défenseurs des causes des populations à la base en participant aux activités de la représentation nationale ou cherchent-ils plutôt refuge au parlement pour bénéficier de l’immunité parlementaire les quatre prochaines années de sorte à échapper au risque d’une arrestation lorsque s’éclatera le dossier qui est pendant devant les juridictions de notre pays?

En prononçant son discours d’investiture à Porto-Novo le 6 avril dernier, le réélu président de la république, le président de la République promettait une fois encore de mettre tout en œuvre pour que le plus tôt possible les spoliés des structures de placement soient remboursés. Alors la question qui se dégage de cette promesse du chef de l’Etat est de savoir de quel moyen usera-t-il pour forcer la main aux autres promoteurs de structures de placement quand on sait que ceux de ICC-Services sont déjà mis en détention et dépouillés de tous les biens ?

Car, on pourrait sans trahir aucun secret affirmer que les autres responsables de structures ne sont aucunement inquiétés, non pas parce qu’ils disposent des ressources nécessaires mais parce que le dossier semble perdre de son caractère d’urgence et tend à devenir uniquement une affaire proprement Icc-services. S’il est vrai que c’est cette dernière structure qui a révélé très tôt son incapacité à faire face à ses engagements vis-à-vis de ses clients, il faudra également reconnaitre que les autres n’en sont pas moins débitrices pour n’avoir pu rembourser leurs clients suite à la procédure de remboursement. Ce qui d’ailleurs a confirmé le caractère redoutable de l’activité. Pour l’heure les promoteurs sont dans la course aux sièges de députés. Les observateurs y voient non seulement une intention d’échapper à la justice mais également une malhonnêteté de ces promoteurs vis-à-vis de leurs clients. Car disent-ils les moyens qui serviront à ces structures dont plus de six responsables d’une seule structure sont candidats pourraient servir à rembourser des centaines de spoliés.

Voilà qui devrait donc remettre de l’eau au moulin de la justice béninoise qui vient d’avoir la preuve que loin de l’incapacité dont font montre ces promoteurs, il s’agit bien d’une mauvaise foi. Ce qui ramène les observateurs à établir une relation avec le cas Vodonou qui estiment que des dispositions doivent être prises afin que les citoyens qui ont des dossiers pendants devant une juridiction ne doivent pas entrer en lice pour les consultations électorales en l’occurrence les législatives qui donnent une part de couverture aux concernés. En attendant d’étudier la faisabilité d’une telle disposition règlementaire ; les spoliés, toujours insatisfaits attendent d’être remboursés. Pendant ce temps leurs débiteurs s’investissent à trouver refuge au parlement.

Vitali Boton

Par Adjinakou