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Au sujet du livre blanc sur l’Union fait la Nation, la réaction des Béninois du CANADA

Au sujet du livre blanc sur l’Union fait la Nation, la réaction des Béninois du CANADA.

Une association regroupant des Béninois résidant au Canada, a pris connaissance via le net du livre blanc publié sur l’Union fait la Nation par deux groupes de retraités, dénommés Comité des Cadres et Personnes Ressources –CCRPR- et Groupe de Réflexion d’Initiatives et d’Actions –GRIA-) et publie comme suit, son analyse y afférent.

1- Des tractations entre la Renaissance du Bénin, l’Exécutif et la Majorité Présidentielle

Le Bénin en cette année 2011, a vécu deux élections : présidentielle et législatives. S’agissant de la présidentielle, cette élection tenue dans une grande crispation et de fortes tensions sociales, a été contestée par une partie des acteurs politiques. De toute évidence, le pays en est sorti divisé.

En ce qui concerne les élections législatives, les résultats, dans tous les camps, n’ont pas été à la hauteur des attentes : 30 députés pour l’Union fait la Nation, contre 41 pour les FCBE qui elles non plus, n’ont pas obtenu pour le Chef de l’Etat, la majorité qualifiée qu’il souhaitait ; et il était aisé de constater une désaffection de plus en plus grande des populations (préoccupées par la satisfaction de leurs besoins vitaux, la sécurité et la paix) pour la chose politique.

C’est dans ce contexte que le Chef de l’Etat, à l’occasion de son adresse du 13 mai 2011 à la nation, a prôné l’ouverture. Il a clairement affiché sa volonté de mener des réformes dans le dialogue et la compréhension mutuelle pour trouver des solutions aux divergences politiques et à la misère des populations. En somme, une politique de la main tendue à travers laquelle le Président de la République appelle chacun à mettre les intérêts de la nation au dessus des intérêts partisans. Cette posture qu’a adoptée enfin le Chef de l’Etat est celle que le G4 (RB, PRD, PSD, MADEP) avait déjà souhaitée le 12 mars 2008, à l’occasion de sa mise sur les fonds baptismaux, au Palais des Sports de Kouhounou où ses partis membres, avaient dénoncé les dérives du pouvoir. Dans une déclaration commune, la RB, le PRD, le PSD, le MADEP avaient dénoncé les entraves à la démocratie, à la bonne gouvernance et aux libertés fondamentales. On lit bien le lien entre la nouvelle vision du Chef de l’Etat et celle du G4 (devenu aujourd’hui l’Union fait la Nation – UN -).

Quel mal y a t-il alors que la RB accepte clairement (les discours le témoignent) l’ouverture initiée par le Chef de l’Etat ? Quel mal y a-t-il que le Président Léhady SOGLO fasse nommer Ministre, Monsieur Blaise AHANHANZO-GLELE, et fasse élire deuxième Vice-président à l’Assemblée Nationale, Monsieur Boniface YEHOUETOME et Président de commission, Monsieur Epiphane QUENUM ? Vu que Léhady SOGLO, à sa sortie d’audience le 18 juin 2011 avec le Chef de l’Etat a dit qu’à la RB, ils entendent être « des partenaires fidèles, loyaux et exigeants en ce qui concerne la consolidation de la démocratie, le respect des libertés fondamentales, la justice sociale et la bonne gouvernance » ?

N’est-ce pas l’idéal à la lecture de cette adresse de BARACK OBAMA aux Républicains ? « Le pays avant le parti. On joue dans la même équipe, surtout quand les temps sont durs… ».

L’UN toute entière, avait alors la responsabilité historique et dans une démarche concertée, d’ouvrir avec le Président de la République, le débat sur la main tendue de celui-ci. Cela est préférable aux jeux de coulisses entrepris isolément, mais, vainement, par le PSD et le PRD avec comme preuve, l’extrait ci-après du communiqué de maître Adrien HOUNGBEDJI en date du 31 mai 2011, dans lequel, il a avoué « s’en être remis au premier responsable de l’Union fait la Nation pour agir au nom de l’alliance, dans le cadre de la politique de la main tendue annoncée par le Président YAYI Boni », alors que les statuts de l’Union prévoient que la Conférence des Présidents soit saisie en de pareilles circonstances.

Ainsi, le CCRPR et le GRIA ont pris parti, contrairement à leur engagement d’impartialité, dans l’introduction du livre blanc, en ne désavouant pas cet acte de trahison posé par le PRD et le PSD; pourtant la Présidence de la République par la voix de Alexandre HOUNTONDJI, alors chargé de mission aux affaires politiques du Chef de l’Etat, en a donné confirmation le 03 juillet 2011 sur la chaîne de télévision béninoise Canal 3 : « Avant que la RB ne vienne, beaucoup d’autres partis de l’opposition, de l’Union fait la Nation, ont frappé à la porte ».

Le journal des faits de traîtrise exposé le 16 juin 2011 en conférence de presse par les structures décentralisées de la RB est également éloquent. «… savez-vous que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, des composantes de l’Union fait la Nation négociaient activement et en sous-main, sans concertation préalable avec la conférence des Présidents, leur participation au pouvoir ?

Un député du PRD, connu pour sa verve et sa passion pour le football, a intensément négocié, en vain, avec la majorité présidentielle, le poste de questeur.

Et que dire de l’éminent responsable, député et ancien ministre du PSD qui a obtenu, je dis bien qui a obtenu, le quitus du bureau politique de son parti pour négocier, hélas ! Lui aussi sans succès, une entrée au gouvernement ?

Si ces tractations clandestines dont la RB a souvent été victime avaient été concluantes, mettrait-on à l’index, le PRD et le PSD ? Ou les passerait-on devant le “tribunal de l’Union“ pour faute contre l’honneur et la probité ? »

Quid du MADEP qui dans la confusion totale, a eu deux membres au gouvernement de YAYI I ?

Au regard de tout cela, ce pan de la déclaration des structures décentralisées de la RB prend toute sa logique et son sens : « qui est le traitre ?

En tout cas, pas le Président Léhady Vinagnon SOGLO qui a réconcilié les présidents Adrien HOUNGBEDJI et Nicéphore SOGLO à l’occasion du 75ème anniversaire de naissance de celui-ci.

Par ailleurs, lorsque des responsables de la Renaissance du Bénin, non contents des agissements de certains leaders de l’Union fait la Nation, avaient décidé, quelques mois avant les dernières élections, de rejoindre la majorité présidentielle, c’était encore le Président Léhady Vinagnon SOGLO qui avait travaillé à les fidéliser aux idéaux de l’Union fait la Nation.

Et nous ne vous rappelons pas que le Président Léhady Vinagnon SOGLO s’est sacrifié au profit de Maître Adrien HOUNGBEDJI, en ne se portant pas candidat à l’élection présidentielle de 2011, malgré les multiples appels, les pressions et les supplications pour l’y contraindre.

Ce soutien franc, massif et loyal de la Renaissance du Bénin à la candidature de Maître Adrien HOUNGBEDJI, lui a permis pour la première fois, d’arriver très largement en tête dans les départements du Littoral et du Zou, fiefs de notre parti, lors de la dernière élection présidentielle. Et alors de quelle trahison parle-t-on ?

De la même façon, nous n’avons pas trahi l’Union fait la Nation car nous sommes allés aux élections législatives sous la bannière de ce regroupement politique. », contrairement par exemple au RDL Vivotin (un parti membre de l’UN) qui pourtant, n’a pas subit les foudres des comités AHOYO.

Le livre blanc, au lieu de faire une fixation sur le cas RB, devrait plutôt se pencher alors sur sa connaissance des ombres et lumières de l’UN dans son ensemble.

2- Les réalités de l’UN

Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. La formule sacrosainte a été bien trouvée par les partis membres de l’UN pour faire table rase du passé où sur le plan politique et des intérêts partisans, ils ne s’accordaient pas. Mais loin de ces divergences du passé, il a été instauré au sein de l’UN, une guerre politique fratricide entre partis (en témoignent les bisbilles entre partis à l’installation des Unions Communales Provisoires), une chasse inopportune sur les terres du partenaire, une mauvaise répartition à dessein, des rôles. Inutile d’évoquer les déclarations aujourd’hui compréhensibles de Epiphane QUENUM et de Blaise AHANHANZO GLELE, deux personnalités dont la direction de leur parti, la RB, a réussi à calmer les réserves contre l’UN.

Autres maux dont a souffert l’UN, la marginalisation et les tentatives de débauchage à l’interne. Le comble, le refus obstiné des partis membres de l’UN de signer le procès-verbal de la désignation du candidat unique au motif que ce document pré positionnait déjà le candidat de la RB comme porte-flambeau de l’UN en 2016. Pourtant, contre mauvaise fortune, Léhady SOGLO a fait bon cœur comme l’a souligné Charlemagne KEKOU AKAN dans son ouvrage Amours et désamours politiques : « suivant une méthode consensuelle axée sur trois critères liés au parcours politique, à la contribution aux activités de l’Union et à l’audience électorale du parti de chacun des candidats à la candidature, Adrien HOUNGBEDJI sort premier; Léhady SOGLO arrive en deuxième position, suivi de Sévérin ADJOVI, 3e candidat. Léhady SOGLO voit ainsi la concrétisation de son projet politique lui échapper, du moins pour l’élection présidentielle de 2011. Le résultat pouvait ne pas être du goût des nombreux militants de la Renaissance du Bénin (RB) longtemps restés dans l’opposition, qui rêvaient de reprendre le pouvoir à partir d’avril 2011. Cependant, le candidat de la Renaissance du Bénin accepte le verdict du groupe ».

Seule récompense pour le Président de la RB, cette phrase de maître Adrien HOUNGBEDJI après sa désignation comme candidat unique « Je voudrais tout particulièrement remercier mon frère, le Président Léhady Vinagnon SOGLO. Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Mon frère, le président Léhady V. SOGLO, s’est montré … un homme de perspectives, un homme de construction, dans, je dirai, la foulée de son père. C’est un homme de vision. Je voudrais dire ici, très haut et très fort que l’Union lui doit beaucoup, aussi bien à sa naissance que dans le dénouement de ce jour. Merci infiniment, merci de tout cœur. »

Mais que le doyen Jean Roger AHOYO, à la tête de ses équipes de soutien à Adrien HOUNGBEDJI, veuillent dans leur livre blanc, enlever ce mérite à Léhady SOGLO, cela ne surprend guère. Trois raisons l’expliquent : la première est liée à l’inconstance et l’inconséquence de Jean Roger AHOYO, qui en même temps qu’il a désapprouvé la nouvelle orientation de la RB, n’en a pas moins adressé, d’après son propre entourage, une lettre de félicitation au Ministre Blaise AHANHANZO-GLELE pour sa nomination et par la même occasion, lui demander des services (aménagement de la concession AHOYO à Abomey, pavage de la rue menant à la villa AHOYO, bienveillance sur des protégés au Ministère de l’Environnement…).

La deuxième raison, aucun acte des SOGLO n’a de grâce aux yeux de Jean Roger AHOYO qui, après avoir été Directeur Général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Orientation Nationale (MISON), connu de sinistre mémoire, pour sa célébrité en matière de répression, sous la dictature du PRPB (Parti de la Révolution Populaire du Bénin) a pourtant été choisi par le Président SOGLO, pour être successivement son Directeur de Cabinet, et son Ministre de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme.

La troisième raison peut se lire dans les positions de Jean Roger AHOYO face aux candidatures aux élections présidentielles de 2011 et de 2016. En effet, dans l’une des opinions publiée en juin 2009 par Jean Roger AHOYO, il est écrit : « Notre ami, A. Bio TCHANE, qui ne manque pas d’étoffe, peut certainement se présenter en 2011, comme tout semble l’indiquer qu’il le fera ; et ce n’est pas nécessairement en son temps que l’effet boomerang annoncé se produira. Il doit même se présenter pour donner une leçon au Président actuel, qui en se portant candidat, a créé un précédent (voire une jurisprudence !) et lui a balisé la voie. Surtout à cause de ces démarches frénétiques et incohérentes auprès de ses collègues présidents, ses voisins de l’UEMOA, pour essayer désespérément d’empêcher Mr A.Bio TCHANE de faire le même parcours que lui. Cette candidature aura, par ailleurs l’avantage de constituer un premier tour de piste pour se faire encore mieux connaître. Mais le meilleur schéma dont je rêve pour lui, c’est qu’il accède à la magistrature suprême de notre pays en 2016, après une transition de cinq ans par un compatriote du Sud. Et ce compatriote, sans aucun doute, ne peut être que Maître Adrien HOUNGBEDJI. »

L’agenda de Jean Roger AHOYO était clair : écarter Léhady SOGLO et mettre en veilleuse ses ambitions politiques.

3- Des résultats de l’UN à l’élection présidentielle de 2011

C’est un fait que la réalisation de la LEPI, telle qu’elle a été faite, a été le facteur déterminant de l’échec de l’UN au scrutin du 13 mars 2011. Et en cela, l’UN a elle-même commis une série d’erreurs fatales : sortie de ses députés de la CPS LEPI, tergiversations quant à la participation de la population au recensement etc.…

Mais il n’y a pas eu que cela. On peut se demander aujourd’hui quelle utilisation a été faite du document de stratégie élaboré par le comité d’experts dirigé par Léhady SOGLO, et qui a proposé la structuration de la campagne électorale de l’UN. Ensuite, on peut faire le constat désolant que plusieurs pôles de décision ont été créés : la Direction Nationale de Campagne que le candidat n’a jamais finalement installée officiellement était concurrencée par l’équipe de proximité du candidat, la coordination de l’Union fait la Nation et la Cellule de Communication qui elle, non seulement était décriée des hommes des médias et des premiers soutiens de Adrien HOUNGBEDJI, mais n’est pas parvenue à mettre sur pied une stratégie de communication.

L’UN, devenue véritable machine à perdre en l’état, malgré les personnalités aussi talentueuses que marquées qui la composaient, donnaient conséquemment des signes d’essoufflement. Sa campagne électorale fut des plus maussades. A part les bons scores du candidat dans les départements du Littoral, du Zou et de l’Ouémé, l’Union fait la Nation a presque fait piètre figure dans les autres départements.

Tout cela a fait les affaires du candidat BONI YAYI -qui n’a pas eu besoin de passer par l’étape du second tour -pendant qu’à l’UN, on pensait virtuellement avoir gagné le match par addition des scores traditionnels des partis membres du regroupement, ignorant qu’une barque n’est jamais assez grande pour chavirer. Et là, on comprend bien la clairvoyance politique de Léhady SOGLO quand il déclarait sur la chaîne de télévision Vox Africa, au lendemain de l’investiture du Président YAYI BONI que « le vin est tiré, il faut le boire même si ce vin est amer. Pour nous aujourd’hui, le Président élu devra tout faire, tout mettre en œuvre pour réconcilier notre pays, parce qu’il est profondément divisé et je salue donc sa volonté de tendre la main, d’ouvrir les perspectives, mais je souhaite que ça ne soit pas simplement qu’une posture, il faut des actes concrets ».

Dans ce contexte, le doyen Jean Roger AHOYO et son groupe, au lieu de mettre de l’huile sur le feu ou de souffler sur la braise avec leur livre blanc, rendrait un fier service aux militants de l’UN en s’inscrivant dans un rôle de missi dominici. Ils accompagneraient ainsi le comité de médiation et les initiatives de réconciliation déjà envisagées et entamées. Cela porterait l’UN à la hauteur des espérances de ses militants et sympathisants en vue des défis à relever.

4- Les défis de l’Union fait la Nation

Le présent document, loin de se vouloir complet et exhaustif, n’est qu’une contribution à la clarification que nécessite, la situation qui prévaut à l’Union fait la Nation. Il se veut également un document de rétablissement de la vérité qui a manqué entre les lignes du livre blanc. Cela posé, il faut que les partis membres de l’UN, groupe politique qui a suscité un immense espoir au sein des Béninois, mettent fin à la guerre intestine de communication et aillent à l’essentiel, les défis à relever.

Il s’agit essentiellement de la modernisation de l’Union fait la Nation et de la partition qu’elle doit jouer pour une prise en compte des attentes des populations.

Pour cela, l’Union fait la Nation doit reposer désormais sur la nouvelle génération à qui les aînés ont d’ailleurs promis de passer le témoin, comme il a été dit et répété par le Président de l’Union, au cours des campagnes électorales. Il y va de la survie de l’Union fait la Nation. Le premier pas devra se traduire par un utile et nécessaire état des lieux en vue de la mue de l’Union.

Ainsi, l’Union fait la Nation pourra véritablement contribuer à donner aux populations un mieux être et l’éthique qu’elles exigent dans la conduite des affaires du pays.

Fait à Montréal, le 9 septembre 2011

FOCUS-BENIN

Alex Yves AGBOTON

Secrétaire Général

Lire le « LIVRE BLANC SUR L’UNION FAIT LA NATION« 

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BENIN : Touche pas à ma Constitution

Tout a commencé un matin du 15 Janvier 2006 ; jour où Boni Yayi déclarait sa candidature à l’élection présidentielle de Mars 2006. Vint le 05 mars 2006 et, le peuple béninois préféra à 35 % Boni Yayi aux autres candidats à l’élection présidentielle, il eut le 19 mars où le peuple le porta définitivement au pouvoir avec 74,51%.

Son programme d’action était articulé autour du mot « changement » à travers le slogan « Ça peut changer ! Ça doit changer ! Ça va changer ! » ; Slogan dont lui seul connaissait bien évidemment le sens. Tout le peuple rêvait d’une meilleure gestion des affaires de la cité, d’un mieux vivre et d’un mieux être. Ses promesses ont donc été prises comme des paroles d’évangile et le peuple le plébiscita.

Et alors, vinrent les scandales ; les uns, plus calamiteux que les autres. Des promesses électorales de 2006 et du taux de croissance qui devait passer de 01 chiffre à 02 chiffres, rien n’y fit. Ces promesses et le fameux projet de société qui ferait du Bénin « un pays émergent » se sont noyés dans le flot des scandales politiques (les débauchages, l’achat de députés à coup de milliards), économiques et financiers de tous ordres (dossier CENSAD, des micro–crédits aux plus pauvres, des machines agricoles, ICC services,…), faisant du sommet de l’Etat un endroit où la morale et l’éthique ont déserté le forum. Les profondes aspirations du peuple ont été mises sous le boisseau par Boni YAYI pour qui seul comptait sa réélection en 2011 même si, pour cela il fallait passer par quelques mesures de gratuité et quelques constructions en bambou et gonfler inutilement le budget au-delà des 1.000 milliards. Le taux de croissance de deux (02) chiffres promis n’a jamais été atteint. Pis, on a régressé ; de 5,1 sous kérékou, le taux de croissance est passé à 2,7 sous Boni YAYI, docteur en économie et président pendant plus d’une dizaine d’années d’une banque régionale, entouré d’une pléiade de conseillers en finance.

Un chroniqueur de la télévision brésilienne disait il y a peu : « Plus un dirigeant est médiocre, plus il méprise l’intelligence et la culture et se transforme en une île entourée de médiocres ». Malgré son doctorat en économie et la pléiade d’économistes qui l’entourent, le bilan fut chaotique mais, Boni Yayi parvint à obtenir de la manière dont on sait ce second mandat pour lequel il s’est défoncé jour et nuit jusqu’à perdre selon ses dires, 45 kilos.  Elections organisées sans liste électorale, des bulletins de vote pré-estampillés Yayi, des bulletins de vote héliportés de manière unilatérale le jour du scrutin dans certains fiefs de Boni Yayi, des cantines parvenues à la Cena hors délai et non scellées,…bref, tout un imbroglio observé au Bénin pour la première fois depuis 91. Des élections dont, les résultats sont carrément en contraste avec la volonté populaire or c’est le peuple qui vote.

Le changement est mort sans bilan, vive la refondation ! Encore un fallacieux slogan ; slogan dont l’explication est très explicite pour le Parti Communiste du Bénin (PCB).

· Boni YAYI tue-t-il à Natitingou ou à Dogbo? Refondation !

· Vend-il Bénin-Télécoms pour une bouchée de pain ? Refondation !

· Brade t-il les reliquats du patrimoine national à ses amis BOUYGUES, BOLLORE, France TELECOMS, etc., bref aux intérêts financiers français comme reconnaissance de leur soutien au hold-up électoral ? Refondation !

· Prend-il des lois liberticides ? Refondation !

· Laisse-t-il des dizaines de malades mourir au CNHU faute de bonnes conditions de travail des médecins? Refondation !

· Condamne-t-il des millions d’enfants à l’échec scolaire? Refondation !

Refondation ! Refondation ! Refondation ! Depuis 2006, il s’est évertué à violer allègrement la Constitution et à faire cautionner toutes ces violations par les garants de cette même constitution avec en tête Robert Dossou, Président de la cour constitutionnelle et président d’une certaine « Alliance pour la social-démocratie » dont le siège a été celui qui a abrité la direction de campagne de Boni Yayi en 2006.

La Constitution n’est pas un texte intouchable, immuable comme l’ont clamé les constituants français de 1793 : « un peuple a toujours le droit de réformer et de changer sa Constitution… ». Pour autant, c’est incontestablement la Loi fondamentale de l’Etat car résultant en principe de la manifestation du pouvoir constituant. Dans cette perspective, cette Loi particulière ne devrait pas faire l’objet de modifications de circonstance, de retouches conjoncturelles et opportunistes au risque de participer d’un phénomène de désacralisation de la Constitution.

Même si, le principe de la réforme constitutionnelle et ses aspects les plus importants ne font l’objet d’aucun doute fondamental, quelques questions devront être posées face à la qualité des hommes qui sont garants de cette constitution ; ces mêmes hommes qui ont fait de l’utile, l’inutile et de l’inutile, l’utile en certifiant le hold-up électoral de Mars 2011.

Le gouvernement de Boni Yayi a perdu toute confiance et il serait illusoire de croire en ses bonnes intentions.

A quoi bon organiser un référendum alors que nous savons tous que le pouvoir de Boni Yayi le fera voter par K.O ?

A quoi bon réviser une constitution pour la mettre dans les mains des mêmes qui l’avaient royalement violée ?

Boni Yayi veut-il dribbler le peuple béninois en procédant à un changement de constitution pour nous imposer encore pour des années sa tête et toute la mauvaise gestion qui va avec ? Nous ne pouvons que répondre par l’affirmative parcequ’à la manœuvre nous avons encore l’obscur Tévoédjrè qui s’est donné depuis une vingtaine d’années le droit et le privilège d’écrire pour les Béninois le destin de leur pays. Certains en mal de sensation nous diront qu’une révision de notre loi fondamentale est opportune mais nous leur répondons tout simplement qu’elle est inopportune.

La révision de la constitution n’est pas plus préoccupant que les routes dégradées ; nous avons depuis une économie déliquescente, une industrialisation au point mort, l’analphabétisme, le chômage massif et systématique au niveau de la jeunesse, la misère et la précarité galopante,… ce sont là autant de situations sociales et économiques qui devraient préoccuper Boni Yayi.

Non aux révisionnistes inutiles et aux « idiots utiles » !

« Yayi » retro satanas !

Et comme, pour reprendre Madougou devenue depuis peu Ministre pour avoir chanté sur les plateaux et faire des affiches géantes avec les sous de Yayi pour Yayi en 2006, je dirai :

« TOUCHE PAS MA CONSTITUTION ! ».

aymard

Le Bénin et le message de Deauville

Les grands de ce monde se sont réunis les 26 et 27 Mai 2011 à Deauville en France dans le cadre du Sommet du G8 pour aborder les questions stratégiques pour la vie de la communauté internationale à laquelle nous appartenons tous.

Pour la première fois, trois pays non émergents de l’Afrique de l’Ouest  ont été conviés à ce cercle fermé.  Il s’agit de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry et du Niger. Pour l’observateur averti de la politique internationale, ce geste des dirigeants des grandes puissances n’est pas innocent, ni anodin.  Il constitue un message clair adressé aux pays et dirigeants Africains dans leur ensemble.

De façon plus précise, ce message s’adresse aux dirigeants des pays Africains qui semblent avoir trouvé leur salut dans le passage en force au premier tour des élections présidentielles comme une stratégie de conservation du pouvoir politique. La logique derrière le geste du G8 est à décoder. En dehors de ces trois pays conviés à Deauville, les élections présidentielles qui se sont déroulées dans les autres pays (fin 2010 et début 2011) se sont soldées par un K.O au premier tour.  Qu’il s’agisse du Burkina Faso (Novembre 2010), de la Centrafrique (Février 2011), du Bénin (Mars 2011), du Nigéria (Avril 2011) et du Tchad (Avril 2011), tous les Présidents sortants l’ont emporté au premier tour du scrutin.

Si au Tchad, en Centrafrique et au Burkina Faso, on est coutumier du fait, le cas du Bénin continue de susciter émois et interrogations.  Comment comprendre un tel dénouement dans un pays à sociologie politique aussi composite au point d’avoir pratiquement établi une tradition solide de quatre scrutins âprement discutés  et gagnés au deuxième tour.  Ce qui s’est passé dans notre pays avant et après le 13 Mars 2011 fera date dans les annales de l’histoire du Bénin et de l’Afrique et il serait illusoire de penser que d’un coup de baguette magique, on pourra faire l’impasse là-dessus.

Quand on intègre dans l’analyse de ce processus électoral, le bilan et la performance 2006-2011 du régime qui a été supposément reconduit par les Béninois, on a presqu’envie de se demander si cela vaut encore la peine d’organiser des élections au Bénin. Opposition et mouvance en portent une lourde responsabilité.  La première, par son manque de professionnalisme politique et de vision stratégique.  La seconde pour son refus du dialogue démocratique et de consensus, consciente qu’elle était qu’une élection conduit de façon transparente et dans les règles de l’art allait aboutir à son échec cuisant.

Et c’est à juste titre que la presse internationale s’est engouffrée dans cette brèche pour clouer le Bénin aux pilories.  Ainsi, de nombreux journaux et chaînes de télévision ont marqué sans ambages, leur surprise du dénouement de ce processus électoral bancal,  conduit au forceps en piétinant toutes les règles de l’art y compris les dispositions constitutionnelles en la matière.  Dans une des émissions hebdomadaires intitulées “Afrique Presse” les journalistes conviés sur TV5  ont clairement indiqué que Monsieur Boni Yayi ne pouvait pas être élu au premier tour au Bénin.  Ils avaient apparemment une bonne connaissance de la sociologie et de l’histoire politique de notre pays.  Ils ont surtout fustigé le pardon du Président au peuple le jour du vote.  Est-il normal qu’un Président œuvre inlassablement pour l’exclusion de ses concitoyens du processus du vote et vienne leur présenter des excuses ?  Cela dépasse l’entendement. Il s’agit bien ici du piétinement des droits civiques.

D’autres organes de presse ont également fustigé le hold-up électoral béninois et les résultats qui en sont issus, comme un recul fondamental des acquis de notre démocratie.  En titrant dans sa dernière parution de Mai 2011, « Afrique : A quoi servent les élections ? », le magazine mensuel  Afrique Asie a bien voulu consacrer un article de deux longues pages bien illustrées au Bénin. L’article porte le titre évocateur de Bénin : “ Le phare de la démocratie s’est mis en veilleuse ”.  Le titre n’est pas une interrogation, mais bien une affirmation.

De même, dans sa dernière parution hors-série de Mai 2011, l’hebdomadaire International Indépendant Jeune Afrique a consacré au Bénin, un article au titre significatif :  “Bénin, une présidentielle contestée”.  Ce dernier article décrit abondamment le miracle électoral béninois et le contexte dans lequel il lest intervenu, un contexte marqué par une contre-performance au triple plan politique, économique et social.

Comment donc s’étonner que le Bénin, jadis pays phare de la démocratie en Afrique et admiré comme tel par la France et les Etats-Unis, pour ne citer que ces deux Puissances, ne soit passé sous silence au profit de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry et du Niger.  On me rétorquera que ces trois pays viennent de sortir de situation difficile (crise pré et post-électorale en Côte d’Ivoire, crise politique en Guinée Conakry et Coup d’Etat au Niger).  Mais le symbole de leur invitation à Deauville dépasse ces considérations et penche beaucoup plus vers la qualité du processus électoral qui a, dans chaque pays abouti, après deux tours de scrutin, à l’élection de leaders de qualité pour conduire la destinée de leur peuple.

On a beau gloser sur les intérêts économiques prétendus des puissances occidentales, notamment en Côte d’Ivoire et peut-être au Niger avec l’uranium et en Guinée avec la bauxite.  Mais l’on se doit de reconnaître, honnêteté intellectuelle oblige, que la France et ses alliés de l’Union Européenne et les Etats Unis ont tenu bon sur l’essentiel, à savoir la sauvegarde des principes démocratiques.  Dans le cas de la Côte d’Ivoire qui s’inscrit désormais dans les pages glorieuses de la démocratie en Afrique, les puissances ont voulu délivrer un message clair : On ne peut perdre les élections et s’accrocher impunément au pouvoir.  La malchance du Bénin, c’est qu’en Février-Mars 2011, les pays comme la Côte d’Ivoire et la Lybie étaient une priorité au rang des préoccupations de la communauté internationale par l’ampleur des crises qui s’y déroulaient.  Le cri des béninois, violés dans leurs droits par un pouvoir en perte de vitesse n’a pu porter loin, ni pesé lourd dans ce concert trouble des nations. Hélas !

Qu’il s’agisse du Bénin, de la Centrafrique ou encore du Tchad, le résultat a été le même : le passage en force de dirigeants pour s’accrocher au pouvoir au mépris de la volonté populaire. Ici au Bénin, tous les scenarios ont été soigneusement étudiés et mis en œuvre y compris la cooptation de candidats simulés pour servir de faire valoir au cas où l’opposition prendrait l’option du boycott.  Là-bas en Centrafrique et au Tchad, on a tout fait pour pousser les opposants au boycott et les Princes sont passés au premier tour avec des scores fleuves.

Ce que les dirigeants Africains qui s’adonnent à ce jeu doivent savoir, c’est qu’il y a non seulement l’œil de Caen de leur propre peuple qui les suit et les poursuit.  Mais il y a aussi et surtout l’œil de Caen de la communauté internationale qui les surveille.  Sans aucun doute, des mécanismes sont en place aujourd’hui et partout pour une surveillance des processus démocratiques, comme il en est pour les maladies prioritaires (VIH/SIDA, Paludisme et Tuberculose).

On me rétorquera à nouveau que ce n’est pas la communauté internationale, ni Deauville qui dirige les pays et gouverne les peuples.  Mais dans le village planétaire où nous vivons désormais, rien n’est caché, tout se sait et se voit !

Comme l’a indiqué le dernier numéro d’Afrique Asie, “ce n’est pas parce que l’Union Européenne a tendance à minimiser les fraudes au nom de la stabilisation des régimes “(page 28), qu’on doit fermer les yeux sur ces hold-ups électoraux qui ternissent l’image de l’Afrique et ralentissent l’élan des peuples vers une démocratie de qualité. Petit pays aux ressources limitées, le Bénin qui a amorcé, il y a une vingtaine d’années, sa longue marche vers la démocratie avec assurance, méthode et esprit de sacrifice et d’abnégation, vient malheureusement de tomber dans le panier à crabes des démocraties de façade, par la faute de ceux qui ont le pouvoir en passion, au détriment du respect pour leur peuple et pour leurs institutions.

Que ne fait-on pas faire et dire aux institutions aujourd’hui au Bénin ? Le dernier article du Juriste Serge PRINCE AGBODJAN en dit long sur les manipulations et le degré d’asservissement que les hommes chargés d’animer nos institutions ont atteints.  Et voilà la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry et le Niger à la table et dans la cour des grands.  Pas pour les beaux yeux de leur dirigeant respectif, mais pour ce qu’ils ont accompli de beau et de bien sur le chemin de la quête démocratique. Si ce n’est pas une bénédiction pour leur peuple, cela y ressemble fort bien.

Si seulement ceux qui ont planifié et exécuté le coup d’Etat électoral du 13 Mars pouvaient prendre conscience de leur forfaiture et se repentir, le pays et son peuple y gagneraient beaucoup.

En attendant le tribunal de l’histoire et celui de Dieu, le grand JUSTICIER !!

Armand KPINGLA (Collaboration extérieure)

Porte de Clignancourt

France

Rapprochement de la RB de la mouvance : Les chances de Léhady Soglo compromises pour 2016

La Renaissance du Bénin (RB), au sein de l’Union fait Nation, est la seule formation politique qui fait double jeu avec ses alliés. L’expérience de ce samedi à l’aube a encore montré le visage de cette composante de l’UN.

Après analyse de la situation produite au Parlement dans la nuit du vendredi à samedi dernier, une simple remarque vient à l’esprit : la Renaissance du Bénin a préféré un poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale à la présidence de la République en 2016 qui s’ouvrait à elle comme un boulevard. Le choc qu’a produit la trahison de la RB montre que Léhady Soglo ne fera pas l’unanimité dans les fiefs des autres composantes de l’Union fait Nation en 2016. « Nous ne serons pas prêts à voter pour Léhady… », soutiennent avec fermeté plusieurs militants de l’inter-groupe. Pour eux, c’est le slogan ‘’Tout sauf Léhady Soglo’’ qui doit prévaloir à l’élection présidentielle de 2016 dans le schéma de l’UN.

Les manœuvres de la Renaissance du Bénin depuis l’avènement de cette coalition politique confortent plus d’un dans cette position. Les comportements peu catholiques dont ils ont fait preuve dans un passé récent sont encore vivaces dans les esprits. Or, le président de la RB avait toutes les cartes en main pour s’imposer en 2016. Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou et autres ne sont plus dans la course au palais de la Marina. Même, les réunions de crise risquent de ne rien changer dans l’esprit de milliers de militants de l’UN. Alors, il se pose la question de savoir ce que peuvent les Soglo sans l’Union fait Nation. Pendant l’élection présidentielle, toutes les grandes formations politiques de l’UN ont gardé leur suprématie dans leurs fiefs respectifs.

C’est dans la zone de la RB que le président Boni Yayi a fait ses meilleurs scores dans le sud du pays. C’est dire que la RB a un fief qui vacille. Dans ces conditions, Léhady Soglo ne peut même pas compter sur les siens pour créer une quelconque surprise. Ce n’est pas dans la mouvance qu’il aura des alliés. Les ténors-Fcbe sont pour la plupart sont des anciens renaissants. Même si en politique tout est possible, ces derniers auront du mal à le soutenir. Dans le septentrion, le candidat Abdoulaye Bio Tchané reviendra en force et fera mal dans le sud du pays.

Il y ressort clairement que les renaissants creusent leur tombe avec leurs propres dents. Ils oublient que c’est eux qui ont plus besoin de l’Union fait la Nation aujourd’hui.

Jules Maoussi

BENIN : Après les élections l’heure de la manipulation des chiffres

L’attente de la proclamation des résultats provisoires des élections législatives par la Commission électorale nationale autonome(Cena) ouvre la voie à toutes les spéculations possibles. Comme après l’élection présidentielle, c’est encore la presse- une certaine- qui est mise à contribution pour préparer l’opinion à accepter la victoire de la liste Fcbe.

Pendant que cette « presse » entretient ce flou, la machine de la manipulation des chiffres fonctionne à plein régime. A l’instar de la présidentielle du 13 mars, les élections législatives ouvrent la voie à une période postélectorale difficile faite d’angoisse, d’incertitude et d’interrogation. Certains canards de la place, proches pour la plupart du pouvoir, publient des chiffres et proclament au gré de leurs vouloirs et de leurs accointances politiques les noms des députés. Les noms et les répartitions  de siège varient selon les journaux.  La majorité parlementaire aussi bascule dans un camp ou dans un autre  selon les journaux et les affiliations politiques.  Depuis deux jours, cette « communication postélectorale » a pris d’ampleur avec des manchettes de plusieurs journaux qui annoncent la majorité au président Boni Yayi.

Surfant sur le silence de l’opposition, la mouvance présidentielle évolue progressivement dans sa volonté de créer la confusion et de préparer l’opinion à accepter sa victoire aux élections législatives. Et c’est ainsi que fonctionne la spéculation qui permet à la mouvance de se bonifier à travers des articles de presse. Parti d’un seul, le nombre de députés de la majorité présidentielle dans le Couffo, a augmenté progressivement pour atteindre deux et trois. Un des canards spéculateurs n’a pas eu froid aux yeux pour annoncer hier que l’Un ne se retrouve qu’avec deux sièges sur les six. Les Fcbe, eux, se tapent quatre sièges. Une inouïe mais surtout irréaliste au regard des chiffres de la dernière élection présidentielle du 13 mars. Dans la 15è circonscription électorale, les Fcbe passent aussi d’un siège à deux. Idem dans la 19è où elles passent de zéro à un siège.

Toutes ces variations de chiffres se passent dans les journaux et n’ont visiblement aucun lien avec la réalité du terrain. Le paradoxe vient de la 15è circonscription électorale. Selon des sources dignes de foi,  l’honorable Isidore Gnonlonfoun, en tête de la liste Fcbe dans la 15è, déçu de son échec et de la faible  intention de vote obtenue dans ses fiefs Toffin de St Cécile, Ahouansori, Ladji et consorts, n’a pas hésité à déverser sa colère sur ses militants, en les traitant, dans un marché du coin, de malhonnêtes qui ont pris son argent et ses sacs de riz sans voter pour lui. Informées de la grossièreté des ces propos, certains seraient allés verser les riz devant sa porte.

Pendant qu’il s’apitoie sur son sort et s’en prend à ses militants, la communication postélectorale le fait élire député et mieux attribue deux sièges à la liste Fcbe dans cette circonscription électorale. Mais en vérité, sous ces déclarations fantaisistes de statistiques électorales se cachent bien une véritable machine de fraude et de tripatouillage de chiffre. Selon des sources concordantes, il existe bien une cellule de fraude installée au 5è étage de l’immeuble d’un ministère où on procède actuellement au changement des vrais chiffres sortis des urnes par d’autres plus favorables au pouvoir. L’insolite découverte de feuilles de dépouillement il y a quelques jours dans les rues de Cotonou est un indice fort qui renforce ces soupçons. Que Diantre va-t-on manipuler l’opinion jusqu’à ce point. Pendant ce temps, l’opposition dort et laisse faire les choses.

Écrit par Marcel Zoumènou

LNT

BENIN : Déjà l’après-yayisme ???

Survivre à l’ère du Changement. Il fallait bien y penser un jour. Le temps d’une législative et retour sur terre pour la plupart des courtisans. Que c’est compliqué, même face à un électorat sous traumatisme du viol du 13 mars 2011, de se tirer d’affaire juste en faisant les louanges de Yayi. Grande désillusion pour tous ceux qui pensaient pouvoir faire carrière en apparaissant, en médaillon, sur des affiches, à l’ombre de l’image « protectrice » du docteur-président.

La bulle du K.O. s’est littéralement dégonflée. Et ce n’est pas faute d’avoir surfé sur la présidentialisation à outrance du scrutin à travers une implication personnelle du chef de l’Etat, auréolé de la proclamation de son rempilage à palabres. Ministres, conseillers à la présidence, directeurs généraux d’entreprises et d’offices publics, tous sur le pont pour convoyer des députés par vague pour le compte de l’émergence en mutation vers la refondation, à l’orée du second mandat. Le tout pour aboutir finalement à une mémorable déculottée au sortir des urnes.

Visiblement, le plus retentissant revers pour le docteur-président reste le rejet du profile du parfait député qu’il a lui-même esquissé tout au long de la campagne. En effet, tous les « mangeurs d’arachide » passés au vitriol présidentiel ont brillamment obtenu leur maintien : Augustin Ahouanvoébla, Quenum Epiphane, Sacca Fikara et associés. Le fait de renoncer aux restaurants cossus contre de sobres séances d’arachides grillées en plein hémicycle, pour les besoins de la cause, a plutôt été perçu par les électeurs comme une marque de dévouement voire de sacrifice. Tout le contraire des refondateurs présumés qui, en l’espace d’un quinquennat, se sont illustrés par leur propension à cumuler les scandales politico-financiers. À voir ce qui s’est passé en 5 années du yayisme, on ne pouvait empêcher de nombreux électeurs de voir, à travers certains porte-étendards du régime, des faux pasteurs, des faux placeurs d’argent, des bénéficiaires de marchés publics gré à gré, des auteurs de surfacturation, des supporteurs de la répression aveugle des manifestants pacifiques ou des complices de la disparition d’un haut fonctionnaire de l’administration publique.

C’est le lieu de remettre au goût du jour une autre question, lancinante, pesante, envahissante : Yayi 10 ans ! Et après ? Une interrogation que chacun des émergents devraient se poser tous les jours. Pas seulement pour leur propre carrière politique ou non mais également pour la marche du pays. Il va falloir que toutes les grandes gueules qui ont pris du service depuis avril 2006 racontent un jour à leurs descendances respectives ce qui a pu marcher dans leur promesse de réaliser une croissance à deux chiffres, d’industrialiser à tour de bras, de faire rayonner le Bénin sur le plan international, de booster la production de coton etc… Des promesses qui ont permis au docteur-président de rentrer à la Marina pour une première fois et d’y préparer le K.O.

5 ans après. Les supporteurs qui envisagent emprunter le même procédé de la démagogie et des promesses vaines pour se frayer une place au soleil devraient réfléchir à plusieurs reprises après la révolte du 30 avril. Ce ne serait plus possible d’emballer des ménages dans des histoires de faux placements en guise de refrain aux proclamations du docteur-président sur la lutte contre la pauvreté. C’est vraiment révolu l’époque où des épargnants incrédules pouvaient se ruer vers des agences de faux placements parce que les promoteurs se faisaient recevoir en audience à la présidence de la République ou parrainé par la première dame.

Avoir organisé des marches de soutien, des meetings de remerciement, des séances de prières ou avoir parrainé des activités de propagande de Icc en l’honneur de Yayi Boni ne pèse plus grand-chose dans les urnes.

Le Changement fut…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Telles présidentielles, telles législatives…

Un 30 avril 2011 aussi chaotique que le 13 mars. Encore une fois, une entrée en campagne électorale sans le fichier des électeurs. L’exception électorale 2011 étale toute son absurdité aussi bien lors de la présidentielle qu’à l’occasion des législatives. Stoïques, résignés, fatalistes parfois, les candidats avaient repris le combat sans aucune garantie d’une correction de toutes les hérésies à l’origine de la descente aux enfers annoncée du label démocratique. Tous tétanisés par la mémorable sentence prononcée par le super juge électoral au lendemain du chaos du 13 mars. Constats d’huissier assermentés, témoignages de représentants de candidats, supports vidéo, réclamations de candidats et même témoignage de membres de la Cena, aucun de ses moyens n’avaient réussi à ébranler l’« incorruptible » conviction du juge courageusement accroché aux seuls rapports de ses propres observateurs formés en quelques minutes et expédiés sur le territoire national. Toujours le mystère autour de la définition légale et universelle de ce qui fait office de liste électorale en République du Bénin, berceau de la démocratie en Afrique. A l’occasion de la présidentielle, les mages ont dû recourir au témoignage pathétique du président de la Cena.

Malheureusement, aucune progression entre les deux scrutins. Plus d’un mois de cachotterie, de dilatoire, de surenchère dans les primes et de trafic d’urnes et de bulletins pré-estampillés. Le mauvais film que les Béninois pensaient avoir conjuré après la proclamation du K.O. est demeuré intact.

Que dire alors de l’impérialisme affiché du juge électoral ? Une Cour constitutionnelle désormais détentrice de tous les pouvoirs, quitte à en redistribuer à qui elle veut selon sa convenance comme on le ferait dans un régime spécial. Ainsi chaque institution ou organe pourrait se voir décerner des pouvoirs exceptionnels, avec inscription au bloc de constitutionnalité, c’est-à-dire ad vitam aeternam. Grâce donc à une jurisprudence établie par Dossou et les siens, plus besoin de se casser trop les méninges pour régler les conflits entre la Cena et ses démembrements. Le président de l’institution est désormais fondé à pourvoir aux remplacements de tout frondeur. Il ne pouvait en être autrement puisqu’au moment où la Cour accordait ces « pouvoirs exceptionnels » au président de la Cena, le Bénin ne disposait plus de parlement depuis plusieurs jours déjà. Ceci à la suite de décisions, toutes aussi ubuesques les unes que les autres, rendues par ces juges. Impossible de recourir aux députés en cas de défaillance avérée des démembrements. Une sorte d’intérim parlementaire. Du même modèle que l’autorisation expresse accordée au président de l’Assemblée nationale de désigner un secrétaire parlementaire à chaque fois qu’il le juge nécessaire. Dans un cas comme dans l’autre, le transfert de pouvoir se fait directement vers le bénéficiaire sans aucune consultation préalable.

L’ordre établi par plusieurs centaines de délégués à la conférence nationale et passé à l’appréciation du peuple béninois à l’issue d’un référendum en décembre 1990, se retrouve totalement chamboulé par la volonté de 7 anciens courtisans nommés ou désignés.

Personne ne crierait au scandale si ces détournements de pouvoir s’étaient opérés dans le but de réintégrer les centaines de milliers de citoyens exclus du processus électoral ; ou de régler les dérives du vote dérogatoire abusivement utilisé le 13 mars ; ou encore de régulariser les quelques milliers de repêchés d’avant-présidentielle. Au contraire, le temps a été consacré à l’affirmation du virage dangereux imposé aux acquis de la conférence nationale. Le pays s’est installé dans le coup d’Etat permanent « constitutionnalisé ». Il suffit d’un document intitulé « Décision de la Cour constitutionnelle (Dcc) » affublé d’un numéro de série pour faire établir une règle quasi divine. On n’agit plus selon la loi mais plutôt selon les juges de la Cour constitutionnelle.

Aucun scrutin n’y échappe désormais…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : La Tricherie plurielle

Titre provocateur s’il en est mais résume bien l’état du scrutin en cours de préparation. Comme à son habitude, la classe politique hypnotisée, n’en dit rien. L’organisation des élections législatives du 30 avril n’a rien de scientifique, d’honnête et de crédible. Et pour cause. Aucun indicateur de suivi de l’activité ne rassure.  A la soirée électorale de l’élection présidentielle du 13 mars 2011, animée par mon confrère Euloge Nanga de LC2, j’évoquais des questions préjudicielles pour la continuation du processus électoral.  En effet, le vote par dérogation était un phénomène incompréhensible, porte ouverte à tous les fantasmes de tricherie de type archaïque.  Voilà une élection démocratique qui n’autorise pas l’affichage des centres de bureaux de vote. Et pourtant, la loi l’exige tout comme la liste électorale qui  doit être publiée et disponible sur internet au moins cinq jours avant le jour du scrutin. Les bulletins de vote doivent porter le numéro indiqué sur leurs souches.

Le discours de lancement de la campagne n’en dit rien. Au contraire, le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome (Cena) se livre à cœur joie, à une rhétorique de non-dit préjudiciable à la sincérité du scrutin. On est curieux de savoir si les élections législatives ne seront pas une parodie…à l’africaine.

Si l’opposition, Union Fait la Nation (UN) est considérée comme une victime consentante des manœuvres illégales, les autres composantes de la majorité présidentielle ne se laisseront pas faire. Déjà à l’entame de la campagne électorale, une querelle de coépouse, telle un  vertige de l’inexplicable, ou plutôt de l’injustifiable,  saisit toutes les listes non Fcbe, considérées à tort comme n’ayant pas l’onction du Chef de l’Etat. Autrement dit, les Fcbe excluent déjà toutes les autres listes de la nouvelle famille. Devant une telle attitude affichée avec une grande désinvolture par la tête de liste Fcbe de la 5è circonscription électorale, on s’en remet à Platon dans les méditations du Timée. D’où l’interrogation fondamentale. Pourquoi ?

Ce nouveau débat honteux au sein de la majorité présidentielle est un séisme qui  ébranle les certitudes des individus et les systèmes ayant concouru au K.O historique qui fait école à notre porte de l’Est. La terre bouge, les croyances à la bonne foi du Président Boni Yayi flageolent, l’âme des mouvanciers originels et opportunistes se fend.  A la déclaration de la  « douce » Claudine Prudencio qui déménagea en catastrophe du nouveau courage pour les Fcbe, on peut imaginer le sentiment du superviseur de la Lépi, tête de la liste Amana, qui croit aussi appartenir à la mouvance.

Les déclarations des membres du parti au pouvoir (Fcbe) feront  surgir des vérités enfouies qui ébranleront les vertus de la démocratie et l’honneur des institutions  » fortes  » de la République. Le chaos politique est à notre porte. Pour beaucoup de têtes de listes,  Boni Yayi a trahi la cause. Ce n’est pas assez !!! Il suffit de scruter la galaxie des candidats Fcbe. Après la dissolution, pardon, le rejet de la liste FRAP, il a été trouvé une place sur FCBE à Madame, la première de la République, l’épouse très  bien aimée devant les caméras des grands évènements. Pour une tête de liste (mouvance) de la 15ième qui n’est pas Fcbe,  c’est être enterré vivant, c’est la mort soudaine et la sépulture immédiate.  Tristesse pour  celui-là, il n’a donc pas de base et compte sur la  « popularité » du KO pour faire effraction à l’Assemblée Nationale.  Quand tout s’effondre en termes d’assurance, alors tout se renverse, en un paroxysme d’injustice. En un tel hic et nunc de l’incompréhensible, il y a ceux qui voient la preuve d’un chef qui se mue en quelque chose de peu maîtrisable. La tragédie qui se prépare est à la hauteur de cette feinte de corps en pleine campagne électorale. Ils auraient ainsi choisi. Goya fuyant l’inquisition avait peint des cornes sur lesquelles on pouvait lire avec attention que :  « le sommeil de la raison engendre des monstres » .

Au commencement la raison a sommeillé, et Epiphane Quenum récupéré fit allégeance. Avant de sortir du doux sommeil, c’était trop tard. Ensuite, la raison a sommeillé….et Bako Nassirou qui remplaça le premier, continua l’œuvre. Puis encore, la raison sommeilla, …et la dérogation engendra des urnes sans scellés et des bureaux de vote fantaisistes et fictifs. Enfin, la raison sommeilla derechef, et les artisans complémentaires du KO sont exclus de la paternité  » Cauris « , le cœur meurtri, les yeux en larmes, l’esprit déboussolé, le regard désaxé et décontenancé.

Conclusions inconciliables. La mouvance est en lambeaux.  Dans la mythologie, le poète Simonide est éveillé par un ange qui le prévient d’un séisme et le fait sortir de chez lui à temps : unique survivant, il peut identifier les cadavres. Leçon d’une aventure : on n’est jamais assez fort en comptant sur l’autre. L’identité en politique sous-tend le rapport de force. Cette leçon vaut mieux qu’une méditation sur les bords de l’Okpara.

H. TAUYE

BENIN : Recours en inconstitutionnalité contre un acte des membres de la haute juridiction, Un citoyen met la cour constitutionnelle en difficulté

Le citoyen Lèhominh GANDAHO qui avait saisi la Cour constitutionnelle pour invalider le serment prêté par le Chef de l’Etat Boni Yayi le 6 avril 2011 pour non-respect à l’intégrité du texte sacramentel, est allé plus loin. A la suite de cette requête, et au regard du temps qui s’est écoulé entre le 6 avril et le 19 avril (date de la saisine), le citoyen soutient dans une nouvelle plainte, la faute des membres de la Cour Constitutionnelle dans cette consommation continue de la violation de l’article 53 de la Constitution.

Pour M. Gandaho, « … la Constitution de notre pays et la formule sacramentelle indivisible font partie du patrimoine immatériel de la Nation », et « … les membres de la Cour ont manqué singulièrement à leur devoir de faire respecter ce bien public en cautionnant la violation continue de l’article 53 de la Constitution. Qu’ils ont violé les articles 33, 34, 35 et 37 de la Constitution ».

Le caractère particulier de cette requête, est qu’elle vise à opposer à la Cour ses propres actes, notamment la validation d’un serment « non valide ». Donc amener la Cour à reconnaître le caractère inconstitutionnel d’un acte ou même d’une décision. L’acte de solliciter l’annulation d’un serment a déjà fait jurisprudence au Bénin. Par contre, la demande d’une autocensure par la Cour Constitutionnelle est inédite. Et seule la Cour pourra en déterminer le sort.

Médard GANDONOU

L’intégralité de sa requête

Lèhominh GANDAHO

Demeurant dans la commune de Zangnanando (village Zomon)

BP 1223 Abomey Calavi

Tél : 97226117

Cotonou, le 19 avril 2011

Requête

A

Monsieur le Président et Membres

de la Cour Constitutionnelle

Cotonou

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de vous exposer les faits suivants :

Le 06 avril 2011, Monsieur Boni YAYI, déclaré élu Président de la République, à l’issue du scrutin présidentiel du 13 mars 2011 par la Cour Constitutionnelle a prêté serment à Porto-Novo, capitale de la République du Bénin, devant le Président et les membres de la Cour Constitutionnelle.

Monsieur Boni YAYI a prêté serment la paume ouverte, ainsi qu’il suit :

« Devant Dieu, les Mânes des Ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté ;

Nous Boni YAYI président de la République, élu conformément aux lois de la République jurons solennellement :

– De respecter et de défendre la Constitution que le Peuple béninois s’est librement donnée ;

– De remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation nous a confiées ;

– De ne nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect et à la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale ;

– De préserver l’intégrité du territoire national ;

– De nous conduire partout en fidèle et loyal serviteur du peuple.

En cas de parjure, que nous subissions les rigueurs de la loi.

Fin de citation. »

En prêtant serment la paume ouverte de la sorte, Monsieur Boni YAYI a ajouté la phrase suivante au texte du serment « Fin de citation ».

Prétentions :

Au regard des faits ci-dessus exposés, je prie la cour de juger que :

i) Le serment prêté le 06 avril 2011 par Monsieur Boni YAYI est non conforme à la Constitution ;

ii) Monsieur Boni YAYI a violé l’article 53 de la Constitution ;

iii) Monsieur Boni YAYI n’est pas encore entré en fonction pour son deuxième mandat ;

iv) Tous les actes accomplis et tous les engagements internationaux souscrits par Monsieur Boni YAYI, après la prestation de serment du 06 avril 2011 en qualité de président de la République du Bénin sont contraires à la Constitution et entachés d’irrégularité;

v) Les membres de la Cour Constitutionnelle à savoir Monsieur Robert Dossou, son président, Madame Marcelline GBEHA AFOUDA sa vice présidente, messieurs Bernard DEGBOE, Théodore HOLO, Zimé yérima KORA-YAROU, Jacob ZINSOUNOU membres, madame Clémence YIMBERE DANSOU membre, ont violé les articles 33, 34, 35 et 37 de la Constitution dans leurs dispositions suivantes :

article 33 : « Tous les citoyens de la République de Bénin ont le devoir (…) de remplir toutes leurs obligations civiques et professionnelles. »

article 34 : « Tout citoyen béninois, civil ou militaire, a le devoir sacré de respecter, en toutes circonstances, la Constitution et l’ordre constitutionnel établi (…). »

article 35 : « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun. »

article 37 : « les biens publics sont sacrés et inviolables. Tout citoyen béninois doit les respecter scrupuleusement et les protéger. (…). »

vi) Monsieur Boni YAYI doit reprendre le serment.

Arguments :

i) Le serment prêté le 6 avril 2011 n’est pas conforme à la Constitution.

La Cour Constitutionnelle, saisie de deux requêtes similaires à la mienne le 4 avril 1996 par Messieurs Gangbé Aurélien et Fagninou Gilles R.B ., a eu l’occasion de dire que dans sa décision DCC 96-017 du 05 avril 1996 : « le président de la République n’a effectivement pas prononcé le membre de phrase ‘‘les mânes des Ancêtres ‘‘ » et de considérer que « le texte du serment, tel que fixé par la Constitution est une formule sacramentelle indivisible ; qu’il ne saurait donc subir une quelconque modification et doit être prononcé dans son intégralité ; que dès lors, il y a lieu de déclarer non conforme à la Constitution le serment tel qu’il a été prêté par le président de la République ».

ii) Monsieur Boni Yayi a prêté serment comme le symbolisme l’exige, la paume ouverte. La phrase ‘’fin de citation’’ prononcée par ce dernier alors que son bras droit était encore tendu la paume de la main ouverte, justifie le fait qu’il était encore en plein serment.

Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’une omission d’une portion du serment mais plutôt d’ajout de mots, de signifiants et d’éléments de sens qui n’y sont pas contenus. A l’évidence, cet ajout emporte une altération de la formule du serment qui ne peut s’analyser que comme une modification et une atteinte à son caractère « sacramentelle indivisible ».

En application de cette jurisprudence qui a consolidé l’Etat de droit renforcé le caractère fondamental de la constitution pour notre vie nationale, la Cour doit déclarer que le serment prêté le 6 avril 2011 n’est pas conforme à la Constitution.

Le serment n’ayant pas été prêté conformément aux prescriptions de l’article 53 de la Constitution comme il a été démontré ci-dessus, il en découle naturellement que son auteur, à qui était prescrit un comportement, a commis un manquement. La Cour doit donc déclarer que Monsieur Boni YAYI, en prêtant serment comme il l’a fait le 6 avril 2011 a violé l’article 53 de la Constitution.

Par ailleurs, les membres de la Cour Constitutionnelle ont violé les articles 33, 34, 35, 37 de la Constitution.

Il s’agit ici d’affirmer que compte tenu du précédent historique du 2 avril 1996, de la Décision DCC 96-017 et de la reprise du serment par Monsieur Mathieu KEREKOU la 6 avril 1996, qu’il est établi que la prestation de serment non conforme à la Constitution doit être reprise et qu’il appartient à tout citoyen béninois de relever cette irrégularité et à plus forte raison, il appartient également à la Cour, témoin de cette irrégularité de faire procéder à la reprise du serment, dans les meilleurs délais possibles ; que le membre de la Cour Constitutionnelle n’a pas cessé d’être citoyen et qu’au regard du respect de la Constitution, elle a, eu égard à ses missions, plus de responsabilités que le citoyen le plus ordinaire ; qu’en s’abstenant de faire cesser la violation continue, depuis le 6 avril 2011, de l’article 53 de la Constitution, alors qu’il est évident pour tous, que ce fait porte gravement atteinte à la Constitution et l’ordre Constitutionnel établi ; que ce faisant les membres de la Cour ne se sont pas acquittés de leurs fonctions, leurs obligations professionnelles avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté ; que la Constitution de notre pays et la formule sacramentelle indivisible font partie du patrimoine immatériel de la Nation que chérissent tous les béninois car ils renforcent le pacte national et le sentiment d’avoir un destin commun ; qu’ils doivent être considérés comme un bien public ; que les membres de la Cour ont manqué singulièrement à leur devoir de faire respecter ce bien public en cautionnant la violation continue de l’article 53 de la Constitution. Qu’ils ont violé les articles 33, 34, 35 et 37 de la Constitution.

PJ : Une (01) copie de la décision DCC 96-017 du 05 avril 1996

Un (01) DVD estampillé ‘’investiture YAYI’’

BENIN : La démocratie bafouée – Questions sur la fiction juridico-politique de mars 2011

Nombre de nos concitoyens ont éprouvé, lors de la proclamation des résultats définitifs par la cour constitutionnelle, ce qu’on peut appeler « un choc politique et moral ». Aujourd’hui, l’instrumentalisation du droit constitue, la question fondamentale dans le processus de démocratisation des sociétés africaines.

La manipulation du droit par nos cours et conseils constitutionnels fait planer sur les Etats africains, le spectre de la guerre civile. Elle s’avère donc politiquement dangereuse.

Si en lisant ce texte, l’on est amené(e) à penser que son auteur est partisan, je réponds d’avance : OUI. Oui il est partisan, et Non, il n’est pas partisan d’un groupe ou d’un quelconque parti politique. Il est plutôt partisan au sens noble du terme, d’une idéologie, d’un idéal. Il est partisan et viscéralement attaché à l’idéal démocratique d’une société libre et juste. Ce texte promeut un certain légitimisme en politique, qui soit le plus juste possible. Car nous pensons qu’un pouvoir légitime et légal, dans cet ordre là, est un pouvoir qui garantit véritablement la Paix si chère aux Béninois. Et non l’inverse, encore moins la légalité à elle seule !

Ainsi, nul Béninois, ou démocrate de conviction n’a le droit de rester indifférent à ce phénomène, car l’utilité de la légitimité en politique est justement de mettre à l’abri de révoltes insurrectionnelles, de coups d’état militaires, bref de garantir la vraie paix. C’est le seul et véritable préalable pour la paix que nous implorons tous en ces moments de profonds doutes.

Franchement, ces juristes qui exercent une influence certaine sur la scène politique africaine, ne facilitent pas la tâche aux démocrates de conviction ! Le droit sert aujourd’hui à promouvoir, à justifier la soif de pouvoir, la volonté de domination, la terreur politique.

Qui pourrait nier cette étrange morosité qui s’est abattue sur le Bénin depuis le soi-disant triomphe électoral de YAYI Boni ?

Quiconque aime la liberté, la justice et la démocratie doit s’opposer à cette marche effrénée vers ce que le candidat Adrien HOUNGBEDJI a appelé la « liquidation programmée de la démocratie ». Car on a le sentiment que les « sages » de la cour sont guidés par une haine profonde de la société démocratique.

Cette décision de la cour constitutionnelle affecte l’intégrité morale et la vie privée de chaque citoyen. Elle n’aurait jamais dû exister, y compris sous la menace d’une arme à feu. De telles décisions, nous le savons désormais avec le cas ivoirien, ont mené à une catastrophe politique irrémédiable. Pour le démocrate, la paix civile est le bien le plus précieux dans un pays, la guerre civile, le pire de tous les maux.

Or la politique vise à préparer les conditions pour la formation d’un Etat de droit et l’épanouissement du citoyen dans une société libre, juste et harmonieuse. Mais un tel objectif ne peut être atteint sans la paix, qui est définie par l’écrivain guinéen Lansiné KABA comme « l’instrument et la condition de la concorde sociale ».

Nous, Béninois, sommes attachés à une conception de la politique et de l’Etat basée sur le droit, l’égalité et le contrôle de l’électorat sur les gouvernants. Rappelons que l’alternance constitue le fondement d’une vie politique solide et sereine.

Ces élections du 13 mars 2011, ont oblitéré l’esprit de civisme des béninois et le mauvais usage du droit s’avère dans toutes ses formes, comme un danger contre la démocratie et la paix. La démocratie va aussi de pair avec la notion de vérité. Un pays qui se veut démocratique, ne peut accepter qu’on fasse un piètre usage du droit.

Le Bénin, a-t-on coutume de dire est, par tradition, le pays du bon sens. En ce sens, la mission, la vocation de la cour constitutionnelle aurait dû être de dire véritablement le droit, de servir la démocratie. Or, nous remarquons tous que le droit vient d’être utilisé pour mettre des bâtons dans la grande roue de notre jeune démocratie.

Un jour viendra où les membres de cette cour, après tout, en proclamant de tels résultats, les considèreront comme la pire erreur de leur existence, comme un lourd cas de conscience.

Nombre de Béninois, connus d’ailleurs pour leur remarquable foi en Dieu, se sont demandés : « Mais que fait donc Dieu face à tout cela ? » Il nous semble que Dieu se serait lui même interdit d’intervenir dans nos cuisines terrestres, puisqu’Il a créé le monde, et l’a déjà doté de ses règles et outils. Il s’est ensuite aussitôt retiré, tout en gardant un œil observateur sur l’humanité.

Il se pourrait très bien que cette fiction ne soit pas la première du genre dans notre pays depuis l’historique et mémorable avènement d’un Etat démocratique. Mais une chose est certaine, si d’autres se seraient jouées dans une certaine ombre, on peut dire que celle-ci s’est déroulée sous une lumière tellement perceptible qu’elle en vient à nous éblouir.

Le scénario de cette fiction juridico-politique est bien connu désormais sur le continent. Pour vous en convaincre, suivez donc mon regard ! Notre motivation est simple : interpeller et essayer d’éclairer toutes les consciences libres et engagées de notre continent, afin que chacun prenne ses responsabilités. Comme le disait Hannah ARENDT, les pouvoirs autocratiques et dictatoriaux ne se nourrissent que de la peur et du silence de leur peuple. Le régime s’effondre rapidement dès lors que la peur change de camp : observations du cas Tunisien à travers sa révolution dite du jasmin.

Non, il ne faut conclure aucun pacte diabolique avec les tenants de la liquidation des acquis démocratiques chèrement conquis par notre peuple, depuis la conférence nationale. Il faut refuser ce statu quo politique actuel qui veut que la majorité de la population béninoise accepte un tel déni de sa volonté, la seule qui confère la légitimité politique véritable.

La légitimité transcende le droit établi. Elle se réclame alors d’une idée morale supérieure à la légalité établie. Dès lors que le peuple dans son « entièreté » a choisi librement de se constituer en Etat Souverain et Démocratique, nul n’est besoin de rappeler ici qu’il ne s’agit donc pas pour un présidentiable, de se positionner dans une quête de légitimité de type monarchique fondée sur un droit divin et une tradition. Il s’agit plutôt d’une légitimité octroyée par le suffrage universel, à l’image des Etats démocratiques anciens et réguliers, bien que nous ne puissions pas encore affirmer que le Bénin soit une démocratie solide. Il serait plus juste de parler plutôt de l’Expérience démocratique béninoise. Qu’induit donc tout cela ?

Cela nous amène à écrire que, libre donc à nous, à mi-chemin de nous arrêter et de faire un bilan. Puis, de continuer sur ce cheminement, après avoir décidé unanimement de corriger ce qui devrait l’être, pour approcher d’avantage cet Idéal de démocratie, ou alors de stopper l’Expérience. Il n’appartient qu’au seul et indivisible peuple d’en décider. Sa décision sera alors souveraine.

Pour ma part, je remarque qu’une minorité usurpatrice vient d’opérer un choix capital, en lieu et place du peuple. Quel doit alors être le devoir de la majorité silencieuse de notre peuple ?

Saint Thomas d’Aquin disait que c’est le tyran qui est séditieux et non ceux qui se révoltent contre lui. L’univers s’écroulerait, que les ruines en frapperaient le peuple qui conteste justement un pouvoir, au nom du droit et de la légitimité, sans l’étonner. On ne saurait en dire autant du « vrai » perdant n’assumant pas sa réelle défaite, encore moins de ceux qui soutiendraient une victoire uniquement légaliste.

Bien entendu, force doit rester à la loi, mais encore faudrait-il que l’autorité qu’incarne cette force soit légitimée par le même peuple à travers un suffrage universel LIBRE, TRANSPARENT et JUSTE !!!

Nous appelons cela, un simple rappel de la loi et non la légitimation de la loi. La légitimité ne consiste pas simplement en un rappel de la loi. Il faudrait souligner ici et maintenant que toute légalité a besoin d’une légitimité. Il ne suffit pas de « proclamer » qu’un régime est légitime parce qu’il respecte la loi. La puissance du droit se nourrit de la puissance de fait, autrement dit, d’une légitimité incontestable.

Mais alors, qu’est ce qu’une élection libre ?

Une élection peut être qualifiée de libre dès lors que tout citoyen en âge de voter et en ayant manifesté le désir, accomplit cet acte avec sa pleine et libre volonté, sans influence quelconque, et ceci sur toute l’étendue du territoire national. A l’inverse, cela s’appellerait de l’esclavagisme électoral. L’esclave faisant sous la contrainte, ce que lui dicte le maître.

Quid alors de l’observateur étranger, fût-il de l’ONU, qui ne peut fondamentalement être présent dans tous les bureaux de vote d’un pays à la fois? J’en profite également pour inviter tout un chacun à une extrême lucidité ainsi qu’à l’éveil sur la manipulation de ce concept d’«observateur neutre » même si ce dernier est mandaté par le Conseil de sécurité des N.U.

Bien qu’auréolé de la plus ultime crédibilité et de l’impartialité la plus indiscutable, un groupe d’observateurs  ne doit rendre des conclusions qu’à la condition nécessaire et suffisante qu’il ait déployé des représentants dans tous les bureaux de vote validés de manière collégiale par les membres de la Commission Electorale Nationale Autonome dans les délais prescrits par le code électoral.

Qu’est ce qu’une élection transparente ?

Est transparent ce qui est n’est pas dissimulé, ce qui n’est pas opaque. Ce qui est transparent, se fait au vu et au su de toutes les parties en présence. Par exemple, le fait que dans toute élection au monde y compris au Pakistan et en Afghanistan, les listes de votants et de bureaux de vote soient transparentes pour tous, donc connues de tous à l’avance, représente la véritable pierre angulaire de la transparence. La création par le responsable de la CENA de bureaux de vote fut-ils d’exception, la veille du scrutin, pourrait être considérée dans certaines conditions comme légale, mais si tous les représentants des candidats ne sont pas avisés de toutes les créations de bureau de vote, afin de s’y rendre, on ne saurait alors parler de transparence.

Qu’est ce qu’une élection juste ?

Pour finir, un scrutin juste est un scrutin pour lequel le suffrage est réellement universel, dans le sens où toute personne en âge de voter et ayant réellement manifesté son désir de voter, obtiens bien une carte d’électeur avant le jour du scrutin. Est juste, ce qui est équitable, ce qui est conforme à la règle. Ce qui est exempt d’abus et d’exclusions, et aucune motivation de développement ou de modernisme électoral ne saurait excuser un défaut de justesse. De la même manière, d’habiles excuses publiques après coup, certainement conseillées avec ruse ne sauraient redonner à un scrutin le caractère juste qui viendrait à lui manquer.

Sans la participation pleine et entière des béninois aux différentes élections, la citoyenneté est impossible. Une société qui cesse d’être garantie par ses citoyens n’est fondée sur aucune légitimité populaire. Et Montesquieu a eu raison de souligner que si les mœurs règlent les actions de l’homme, les lois règlent plus les actions du citoyen.

La méconnaissance du principe d’égalité des citoyens par le détenteur du pouvoir et ses partisans conduit à la répression et à la guerre. Lansiné KABA écrit que : « l’esprit d’injustice engendre la guerre, celui de démocratie conduit à la concorde et à la paix ».

Raymond ARON avait également raison d’appeler la démocratie, la vérité indépassable de notre temps.

Je nous invite à avoir toujours à l’esprit que toute avancée technologique génère systématiquement une certaine ambivalence dans le résultat. Je veux dire ici qu’en tout progrès de la science et de la technique, l’homme porté naturellement vers le Vice y trouvera toujours de nouvelles méthodes de déconstruction machiavélique, exactement au même moment où l’homme Vertueux y trouvera de nouvelles opportunités pour son idéal de construction. En ce sens, la LEPI (Liste Electorale Permanente Informatisée) a été utilisée au bénin, comme le plus beau piège du monde.

Le régime issu du pseudo scrutin du 13 mars 2011 est parfaitement illégitime pour plusieurs raisons.

  1. Il arrive parfois qu’un gouvernement soit tenu pour illégitime, « simplement » parce que sa constitution n’a pas obéit en tous points à la légalité formelle. J’entends bien : la Loi électorale ainsi que la Constitution en ses articles relatifs aux échéances électorales. L’établissement en France, en 1940 du régime dit de Vichy était qualifié d’illégitime. Et pour cette raison, la majorité silencieuse française avec à sa tête le Général de Gaulle, à travers un appel à la Résistance (l’appel du 18 juin 1940 de Londres) a fini par obtenir sa libération en juin 1944 avec l’aide du Royaume-Uni et celle des Etats-Unis.

S’il semble aujourd’hui avéré et prouvé que la gestion logistique trop peu rigoureuse par la CENA a lourdement failli et que ces fautes n’ont jamais été sanctionnées, ni par la plus haute juridiction, ni par la collégialité de la CENA elle-même, alors toute personne peut affirmer librement que la loi électorale n’a pas été respectée, encore moins la loi fondamentale. Dès lors, le boulevard de l’illégitimité s’ouvre pour le candidat qui en sortira « vainqueur ». Cette illégitimité est une illégitimité formelle : non fondée donc sur le principe de l’adhésion populaire.

  1. Parfois encore, il arrive que la source de l’illégitimité soit une source morale : un gouvernement qui ferait systématiquement bon marché de la liberté et/ou de la vie de ses concitoyens, ou de certaines catégories de citoyens, sera justement tenu pour parfaitement illégitime quelles que soient les acclamations populistes dont il puisse bénéficier. Qu’il s’agisse, bien sûre, d’acclamations libres ou suscitées.

Et maintenant, quelle légitimité pour le président YAYI Boni?

Jouit-il d’une légitimité tout au moins formelle ? Tout un chacun pourra y répondre en considérant la totalité des recours et irrégularités formalisés et heureusement rendus disponibles sur internet.

Ou alors, se serait-il émancipé d’une légitimité formelle, en faveur d’une légitimité morale ? Encore une fois, uniquement notre libre arbitre pourra nous aider à apporter notre réponse à ce questionnement. A la condition bien sûr de s’employer à être le moins amnésique possible et encore une fois, en nous référant aux divers faits liés à la morale, dans notre pays ces cinq dernières années.

Face à ce hold-up électoral, ce pays entre dans ce que Karl JASPERS appelle « situation-limite », c’est-à-dire une situation qui doit pousser chaque citoyen à penser par lui-même. Il ne serait pas du tout inutile de rappeler ici que notre propre opinion sur un sujet, doit toujours primer sur les opinions empruntées. Et pour exercer librement son jugement, il importe d’éviter tous les amalgames qui à leurs tours, risqueraient de nous faire tromper de combat.

Il nous semble évident que « l’élection de M. YAYI Boni » dès le premier tour du scrutin du 13 mars 2011, souffre cruellement d’une carence en légitimité.

Attention, nous ne prétendons pas que le peuple a toujours majoritairement raison ! En effet, au nom de quoi, un peuple ne pourrait – il pas se tromper ? Encore faudrait-il que toute élection soit LIBRE, TRANSPARENTE et JUSTE, car une élection peut bel et bien être LIBRE, TRANSPARENTE et JUSTE sans pour autant que celle-ci n’aboutisse à la victoire du meilleur ! La victoire du meilleur dépend de son travail sur lui même et surtout de son travail sur le terrain.

Si nous sommes tous d’avis pour dire que la consécration ou l’établissement d’un gouvernement par le suffrage universel direct (et non un suffrage semi-universel) direct, est la base de toute légitimité démocratique, alors la question est maintenant de savoir comment perfectionner notre système électoral dans le sens de minimiser les contestations pré et post électorales.

C’est notre vraie « cause commune » si je puis me permettre !

Puisse ensuite la prière du roi Salomon donner aux membres de la cour constitutionnelle un « cœur intelligent ». Car, qui pourrait nier que ces membres ont abandonné, par leurs décisions, toute prétention de « Sagesse » ?

Décidément, ils ont renoncé à leur position d’ « hommes et de femmes sages » de la nation béninoise; ils se sont installés dans un état d’esprit arrogant sans aucune réelle vision politique.

Disons-le clairement, les décisions de la cour ne sont pas des commandements divins.

A l’endroit du président YAYI Boni :

Monsieur le Président, et si vous réclamiez au plus tôt la légitimité de votre pouvoir, en convoquant à nouveau le corps électoral, tout le corps électoral ?

A ce titre, inspirez-vous de la démarche de notre sage et ancien Président Mr Emile Derlin ZINSOU. En démocrate de conviction, il avait tenu en son temps à légitimer rapidement son pouvoir, à travers le plébiscite du 28 juillet 1968, quelques jours seulement après son investiture du 17 juillet de la même année comme Président de la république du Bénin. Ainsi prendriez-vous date, pour un futur et incontestable come-back, à l’image du président Mathieu KEREKOU en avril 1996.

Ecrit par M. Tite T. ZOSSOU – Ingénieur Télécoms – Paris – contact : titopro_zoss2000@yahoo.fr