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BENIN : La Cour constitutionnelle saisie pour annulation du serment de Boni Yayi

Un citoyen béninois vient saisir la Cour Constitutionnelle pour invalider le serment de Boni Yayi du 06 avril 2011. Lire l’intégralité de sa requête.
Cotonou, le …….. avril 2011
Requête

A Messieurs les Président et Membres de la Cour Constitutionnelle Cotonou
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous exposer les faits suivants :
Le 06 avril 2011, Monsieur Boni YAYI, déclaré élu Président de la République, à l’issue du scrutin présidentiel du 13 mars 2011 par la Cour Constitutionnelle a prêté serment à Porto-Novo, capitale de la République du Bénin, devant le Président et les membres de la Cour Constitutionnelle.

Monsieur Boni YAYI a prêté serment la paume ouverte, ainsi qu’il suit :
« Devant Dieu, les Mânes des Ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté ; Nous Boni YAYI président de la République, élu conformément aux lois de la République jurons solennellement :
De respecter et de défendre la Constitution que le Peuple béninois s’est librement donnée ;
De remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation nous a confiées ;
De ne nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect et à la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale ;
De préserver l’intégrité du territoire national ;
De nous conduire partout en fidèle et loyal serviteur du peuple. En cas de parjure, que nous subissions les rigueurs de la loi. Fin de citation. »

En prêtant serment la paume ouverte de la sorte, Monsieur Boni YAYI a ajouté la phrase suivante au texte du serment « Fin de citation ».

Prétentions Au regard des faits ci-dessus exposés, je prie la cour de juger que :

i) Le serment prêté le 06 avril 2011 par Monsieur Boni YAYI est non conforme à la Constitution ;
ii) Monsieur Boni YAYI a violé l’article 53 de la Constitution ;
iii) Monsieur Boni YAYI n’est pas encore entré en fonction pour son deuxième mandat ;
iv) Tous les actes accomplis et tous les engagements internationaux souscrits par Monsieur Boni Yayi, après la prestation de serment du 06 avril 2011 en qualité de président de la République du Bénin sont contraires à la Constitution et entachés d’irrégularité ;
v) Monsieur Boni YAYI doit reprendre le serment.

Arguments :

i) Le serment prêté le 6 avril 2011 n’est pas conforme à la Constitution. La Cour Constitutionnelle, saisie de deux requêtes similaires à la mienne le 4 avril 1996 par Messieurs Gangbé Aurélien et Fagninou Gilles R.B ., a eu l’occasion de dire que dans sa décision DCC 96-017 du 05 avril 1996 : « le président de la République n’a effectivement pas prononcé le membre de phrase ‘‘les mânes des Ancêtres ‘‘ » et de considérer que « le texte du serment, tel que fixé par la Constitution est une formule sacramentelle indivisible ; qu’il ne saurait donc subir une quelconque modification et doit être prononcé dans son intégralité ; que dès lors, il y a lieu de déclarer non conforme à la Constitution le serment tel qu’il a été prêté par le président de la République ».

ii) Monsieur Boni YAYI a prêté serment comme le symbolisme l’exige, la paume ouverte. La phrase ‘’fin de citation’’ prononcée par ce dernier alors que son bras droit était encore tendu la paume de la main ouverte, justifie le fait qu’il était encore en plein serment. Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’une omission d’une portion du serment mais plutôt d’ajout de mots, de signifiants et d’éléments de sens qui n’y sont pas contenus. A l’évidence, cet ajout emporte une altération de la formule du serment qui ne peut s’analyser que comme une modification et une atteinte à son caractère « sacramentelle indivisible ».

En application de cette jurisprudence qui a consolidé l’Etat de droit renforcé le caractère fondamental de la constitution pour notre vie nationale, la Cour doit déclarer que le serment prêté le 6 avril 2011 n’est pas conforme à la Constitution. Le serment n’ayant pas été prêté conformément aux prescriptions de l’article 53 de la Constitution comme il a été démontré ci-dessus, il en découle naturellement que son auteur, à qui était prescrit un comportement, a commis un manquement. La Cour doit donc déclarer que Monsieur Boni YAYI, en prêtant serment comme il l’a fait le 6 avril 2011 a violé l’article 53 de la Constitution.

PJ : Une (01) copie de la décision DCC 96-017 du 05 avril 1996
Un (01) DVD estampillé ‘’investiture YAYI’’

Vivement que l’empereur Sarkozy 1er envoie sa force licorne dans sa colonie du Bénin

L’empereur français Sarkozy 1er qui vient de se trouver un devoir d’exportateur de démocratie en Côte d’Ivoire et de défenseur de la veuve et de l’orphelin en Lybie devrait rapidement se tourner vers sa colonie du Bénin où fait la pluie et le beau temps son valet Boni Yayi.

Empereur, après ton humiliant et insultant discours de Dakar, te voilà entrain d’écrire à la place de ton « homme noir qui ne serait pas suffisamment rentré dans l’histoire », son histoire.

Du moment que tu (empereur Sarkozy 1er) t’es décidé d’écrire à la place de l’homme noir sa propre histoire et que tu as envoyé ta force licorne en Côte d’Ivoire détruire tout un pays pour y installer ton ami Ouattara au nom de la démocratie et du respect du vote du citoyen, tu te dois d’être conséquent envers toi-même en débarrassant le peuple béninois de ton ami Boni Yayi, le fraudeur le plus culotté de l’histoire du Bénin.

Les peuples d’Afrique n’ont pas besoin d’aide financière ou de quoi que ce soit venant de ta part. Nous avons juste besoin des dirigeants pour lesquels nous avons voté, empereur Sarkozy 1er tout puissant empereur de la Françafrique.

Les élections présidentielles du 13 mars dernier au Bénin ont été les pires élections organisées dans ce pays depuis 1991 et toi, tu y as contribué d’une part en finançant le processus de réalisation d’une liste électorale truquée et de l’autre par ton ambassadeur agité qui s’est permis toutes ergots dressés de donner des leçons de bonne conduite au peuple béninois. Ces élections ont été émaillées de fraudes jamais vues auparavant et tu as fermé les yeux. Je demande que mon vote et celui du peuple béninois soit reconnu car, empereur, tu sais bien que Boni Yayi n’a pas gagné ces élections et pourtant tu t’es empressé de lui adresser une lettre de félicitation.

Dans ces conditions, je me pose la question de savoir si Ouattara avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire vu que tu as toujours soutenu les perdants, d’ailleurs tu en es un.

Je ne sais pas quelle réforme tu as pu réussir concrètement dans ton pays à part le mode de gouvernance qui est passé de l’absolument discret à l’agitation absolue, du sensationnel, de gros moyens utilisés pour de si petits résultats obtenus,… bref un mandat chaotique que je laisserai le soin aux français d’apprécier ; ils sauront en tenir en compte en 2012.

Empereur Sarkozy 1er, débarrasse mon pays de l’imposteur que tu as mis à sa tête si tant est que tu tiens à la démocratie et à la liberté de vote et autres conneries que tu vends à qui veut bien acheter ta sale marchandise. Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Tu n’es en rien démocrate, juste un imposteur à l’image de ceux que tu soutiens.

Le 29 mai 2005, les Français avaient rejeté à 54,67% le projet de Constitution européenne qui leur était soumis par la voie du référendum. Historique, ce vote l’est au regard de la forte mobilisation des électeurs (69,37%), mais aussi au regard de son résultat : c’est la première fois que la France se prononce négativement sur un traité européen ; elle devient également le premier Etat européen à refuser de ratifier le projet de Constitution européenne. Mais l’empereur Nicolas Sarkozy, décide de contourner leur vote contre la constitution européenne pour finalement l’imposer par le vote dans les deux chambres : assemblée nationale et le sénat ; évidemment les français n’y ont vu que du feu.

En pleine campagne électorale, cet ancien ministre de l’Intérieur devenu Président de la France n’a pas hésité à affirmer son admiration pour le coup d’État de 1992 en Algérie. Jeudi 12 avril, au micro d’Europe 1, il félicitait les putchistes algériens : « l’Algérie avait été très courageuse au début des années 90 en interrompant le processus démocratique », affirmait-il. C’est donc normal et dans la suite logique des choses, Sarkozy a un réel penchant pour les putschistes. Il leur voue une terrible admiration et il le prouve en Lybie et en Côte d’Ivoire.

Cette phrase décrit parfaitement le genre de démocrates que tu es majesté. Diantre quelle démocratie ? Les affaires d’abord, Bolloré par ci par là, ton empire se frotte les mains dès qu’un petit puits de pétrole est découvert en Afrique, dès qu’une petite mine devient exploitable, dès qu’un programme d’ajustement structurel devient possible pour liquider les masses laborieuses d’un pays et martyriser les travailleurs.

Empereur, de la Côte d’Ivoire au Bénin, tu es attendu avec ta force licorne au Burkina Faso, au Tchad, au Gabon ou alors ce sont pour toi les meilleurs modèles. Sache que pour leurs peuples, ils ne le sont pas.

aymard

BENIN : Opposants belliqueux ???

L’ange inoffensif, chantre du dialogue, d’unité nationale, de paix, c’est lui, Yayi. Tellement aimé par ses compatriotes qui l’ont reconduit à la tête du pays dans le « K.O. ». Il devrait être donc logiquement nobélisé pour avoir appelé à la formation d’un « gouvernement de large union » même sans précision de l’objectif, du programme à exécuter et de l’agenda. En face de lui, que des vindicatifs, jusqu’auboutistes invétérés. Ces derniers accusés de critiques acerbes contre le bilan du régime. S’indigner de la déconfiture générale de la gouvernance publique, de la multiplication des scandales politico-politiques, du délitement des valeurs républicaines réincarnées à la conférence nationale, des violations répétées des lois électorales et de la constitution peut s’avérer être de la provocation lorsque cela est dirigé contre le docteur-président. Oser critiquer ses actions et son clan menacerait la République et ses institutions et mériterait le déploiement des chars d’assaut de l’armée dans les rues et le matraquage systématique de toute manifestation.

Yayi aurait-il préféré avoir des opposants comme ceux que Gbagbo a eus, capables de défendre leurs suffrages à l’aide de maquisards, de lance-roquettes, de missiles ? Ou ceux de Godluck Jonathan très prompts à faire parler les explosives et autres violences ethnico-religieuses. Ou encore ceux de Bozizé, de Sassou Nguesso, de Idriss Deby, de Kadhaffi. A côté de ceux-là, Houngbédji, Léhady, Bio Tchané apparaissent tels des enfants de chœur, justes bons à claironner de temps en temps. Les seules armes qu’on leur connait se limitent à quelques déclarations sur des médias marginaux (en tout cas pas à travers les organes de presse publics) et de petites éruptions de rue vite étouffées par d’officiers zélés, parfois militants. Pas sûr que ces opposants (version béninoise) connaissent le coût d’un cocktail Molotov ou d’un fusil de chasse. Les arguments de combat n’avaient jamais dépassé le cadre des mots, des arguments, des idées et certainement de la forte envie de faire cesser la régression démocratique, les contre-performances économiques et sociales récurrentes. Le yayisme se glorifie d’avoir triomphé de ces gens-là grâce à la mobilisation d’armes de guerre. En effet, les intentions de celui qui envoie des chars dans une cité habitée coulent de source. On ne connait pas d’autres vertus à ces hideux engins que de répandre la mort, la désolation, la terreur, la destruction des habitations, des réseaux de canalisations d’eau, des alimentations électriques, des places de marchés, bref, de la vie.

Le camp émergent ne s’est pas contenté de montrer ses muscles par l’exhibition de moyens disproportionnés. Le discours était d’une intolérance sans borne. La croisade régionaliste et ethnique conduite par le ministre Sacca Lafia dans les départements du Nord, peu avant le désastre du 13 mars, n’avait pas d’équivalence dans le camp des opposants. Des appels inédits à un vote de barrage contre une prétendue hégémonie naissante du sud jamais démentis ni de leurs auteurs identifiés ni de leur commanditaire supposé. On ne peut passer sous silence l’effroyable assaut contre le droit électoral béninois, entièrement dénaturé, violé. Au bout du rouleau, 1,3 millions d’électeurs manquaient sur le fichier électoral lui-même introuvable pendant qu’on déclarait le docteur-président vainqueur avec près de 1,5 millions de suffrages exprimés. Ailleurs, ce hold-up se serait soldé par de sanguinolentes explications. Cerise sur le gâteau, c’est la principale victime du putsch électoral qui est parvenu à puiser dans ces dernières ressources humanistes, arpentant les quartiers populeux de son fief Porto-Novo, pour inciter ses partisans au calme et à la retenue. Pendant que de l’autre côté on ne pensait qu’à sabler du champagne, rendre hommage à des courtisanes, à la fête, au gaspillage des maigres ressources d’un Etat anémié.

Les malheurs des acquis démocratiques font le bonheur de l’émergence !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Rien de nouveau sous le soleil

Une nouvelle fleur ! un nouveau souffle… Le discours d’investiture de Boni Yayi ressemble à une vie qui cependant n’est pas en perpétuel renouvellement… Aux mots, gouvernance, lutte contre la corruption, changement… tout porte à croire que le nouveau quinquennat est parti comme le premier où l’absence de toute évolution et de tout espoir ne transparaissent que dans l’œil de celui qui regarde. Avec le nouveau mandat tout sera dur avec la feuille surtout que l’oreille est déjà bordée de nouilles.

« Si vous voulez le Changement, changez vous-même » a laissé à la postérité, Boni Yayi qui vient de prendre son pied et le Bénin au quart de tour. Le discours d’investiture comme un testament de Boni Yayi est composée d’une succession de réflexions et de projets plutôt peu joyeux. On a encore utilisé des formules comme forme de constat amer. Ce qui exprime un manque d’espoir évident pour cinq ans encore. Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, pour faire valoir de nouveau son droit à la politique de la mésaventure, Boni Yayi propose « la refondation », un nouveau projet sans fondation et domicile stables. En effet, à l’énoncé des réformes politiques, économiques et sociales, on ne sent pas accomplir en outre une nouvelle démarche de « domiciliation » ou « d’élection de domicile d’un autre projet de gestion ». Dans ce cas, on a l’impression que la refondation est un catalogue de bonnes intentions.

L’autre chose, c’est que la fameuse refondation semble s’inscrire dans le cadre d’une décision d’orientation. Ce qui est une erreur grave. En effet, le projet de société tel que présenté depuis la campagne par Boni Yayi et réitéré hier lors de son discours d’investiture ne propose rien de concret que les concepts déjà entendus depuis cinq ans.

Mieux, le chantre de la refondation a paradoxalement dégagé une perspective rédhibitoire, celle de prendre en compte les projets de société des autres challengers à la magistrature suprême. C’est de l’amalgame qu’on ne saurait accepter à une telle étape de gestion. Avec cette perspective qui s’annonce, la refondation de Yayi semble être une « allocation compensatrice » pour programmes de société récupérés sans payer les droits d’auteur.

Au moment du renouvellement de son mandat, de son droit à prestation, le concepteur de la refondation choisit d’opter pour une option de remplacement et de substitution personnalisée. On voit comment alors qu’on attendait l’autonomie d’action, la prestation de compensation se substitue à l’autre. Mais une chose est certaine, dès lors que la demande a été effectuée sans choix des auteurs et des bénéficiaires, c’est une issue sans avenir.

Le quinquennat qu’on a cherché avec torche et qu’on a eu de la manière dont sait, peut-il se schématiser avec les mensonges politiques ? La refondation semble donc ne pas être une compassion et non une passion. En effet, en analysant sous toutes les coutures la refondation telle que présentée, le résultat qui en découle tisse des arguments qui ne permettent pas aux gens du bas peuple d’y croire. En effet, il n’est plus un secret pour personne que l’atmosphère délétère qui prévaut dans le pays après le hold up électoral est également de nature à ne pas favoriser un dialogue susceptible de nourrir notre jeune démocratie de cette refondation. Obstinément, la refondation de Boni Yayi pour le nouveau quinquennat est une équation difficile à résoudre.

BENIN : Quinquennat 2011-2016 – C’est parti pour cinq ans de chaos socio-économique

Le Dr Boni Yayi a été officiellement investi hier président de la République pour conduire les destinées de notre pays pour les cinq prochaines années. C’était hier à Porto-Novo la capitale politique du pays. Boni Yayi a prononcé son discours inaugural à travers lequel il a donné les grandes lignes de son quinquennat. Une analyse approfondie dudit discours permet d’affirmer sans se tromper que le Bénin du Changement est parti pour cinq ans de chaos socio-économique.

Dans son discours inaugural d’hier, le chef de l’Etat, Boni Yayi a tout abordé sauf le volet socio-économique. En cinq ans de gestion du président-banquier, le Bénin a connu très peu d’investissements directs. La charge salariale du Bénin représente actuellement 45% de nos recettes contre 35% requis par le Fonds Monétaire International (FMI). Au même moment, on assiste à une baisse du trafic portuaire avec pour conséquence un faible taux de croissance économique depuis avril 2006. Le marasme économique ainsi né de la mauvaise gestion des ressources du pays sous le régime du Changement a eu des répercussions sur les finances publiques. De nombreux programmes d’investissements publics sont gelés. Le Trésor éprouve des difficultés à rembourser la dette intérieure du pays.

Ce marasme économique dans lequel est plongé le Bénin du Changement a amené le gouvernement à négocier un nouveau programme économique avec les institutions de Bretton Woods. Une sorte de programme d’ajustement structurel qui ne dit pas son nom et dont la mise en œuvre ne peut qu’activer la fronde sociale.

L’économie de vérité

La meilleure façon pour le Bénin de renouer avec la croissance économique est de dégraisser l’effectif de la fonction publique afin de rester dans les normes du FMI. Mais conscient des conséquences sociopolitiques d’une telle réforme, le gouvernement béninois a opté pour des réformes douanières au niveau du port de Cotonou afin d’y accroître les recettes. Or, compte tenu du contexte socio-économique actuel de notre pays, l’objectif fixé par le gouvernement à travers lesdites réformes ne peut être atteint de si tôt à cause des grèves dans l’administration publique d’une part et la baisse des importations en direction du Bénin d’autre part. Autrement dit, sans recette douanière, le gouvernement béninois ne peut pas survivre. D’où la question de savoir quelles mesures le gouvernement du Bénin a-t-il pris pour lutter contre la baisse des importations en direction du Bénin ?

Les mauvaises options

Pour assurer le payement des salaires, le gouvernement béninois a eu à lever à plusieurs reprises des fonds sur le marché monétaire ouest-africain. Une politique économique suicidaire dans la mesure où en économie, il est de règle que les prêts sont faits pour assurer le développement et non pour financer le fonctionnement. Cette mauvaise option économique du gouvernement Boni Yayi I n’a fait qu’augmenter la dette intérieure et extérieure du Bénin. Dès lors, on voit qu’aucun miracle économique ne peut être possible.

Le pire est inévitable

Selon les opérateurs économiques, les raisons profondes qui justifient la chute des importations en République du Bénin sont entre autres, le harcèlement fiscal, la corruption, la lenteur administrative, et surtout la politisation du climat des affaires. En terme clair, sans reprise de l’activité économique le Bénin risque de connaître un quinquennat de vives contestations socio-politiques. Dans son allocution d’hier, le Chef de l’Etat a occulté ce volet essentiel qui devait servir de socle à son programme économique. Il a plutôt mis l’accent sur les réformes politiques sans savoir que même dans les grandes démocraties, les grandes réformes entraînent toujours des contestations. On peut citer le cas de la France sur les retraites ou la contestation née aux Usa sur la réforme des assurances retraites introduites par Barack Obama.

Marcel NOUMON, 24 h au Bénin

Ça y est, le Bénin est rentré dans l’imposture

Les Béninois ont depuis le 06 avril 2011 reconduit Boni Yayi dans ses fonctions de Président de la République du Bénin, c’est du moins ce que à quoi les a contraints le tout puissant Robert Dossou, Président de la cour constitutionnelle.

Après les élections législatives de 2007, les élections communales sans issue de 2008 puisque partout où Boni Yayi n’avait pas la majorité des conseillers pour élire un maire à ses ordres, il a contesté les résultats par tous les moyens même par la force jusqu’à avoir gain de cause. Ces élections communales ont été reprises à maintes reprises dans certaines localités, juste pour que Boni Yayi ait la majorité des conseillers. Le contentieux de ces élections communales n’a pas encore été totalement vidé jusqu’à ce jour et voilà que cet homme vient organiser une élection présidentielle, on n’aurait pas dû  s’attendre à mieux.

La mauvaise organisation des élections présidentielles du 13 mars 2011 et les résultats proclamés par la cour constitutionnelle ne sont qu’une suite logique du mépris que Boni Yayi a pour les institutions et le peuple béninois.

Point n’est besoin de rappeler la mauvaise gestion qui a cours au Bénin depuis 2006, le taux de croissance du Bénin (2,8%) qui est aujourd’hui parmi les plus bas de la sous région alors qu’il était à 5% en 2005 et que Boni Yayi avait promis l’amener au moins à 10%, les nombreux scandales économiques qui ont vu le trésor béninois dépouiller de centaines de milliards avec en prime le scandale du placement d’argent qui lui a décentralisé le détournement et le pillage dans les maisons et quartiers avec la situation de cessation de paiement de ICC-services qui a consacré le peuple béninois cette fois-ci encore à faire le deuil de centaines de milliards.

Démocratie enracinée avec l’organisation d’une élection présidentielle sans liste électorale, sans lois électorale, sans la liste des bureaux de vote. En prime de la forfaiture, Boni Yayi déploie son propre Hélico pour convoyer du matériel électoral à Tchaourou sa ville natale sans que le coordonateur représentant la CENA dans ce département n’en soit informé.

Une élection qui a révélé lors du dépouillement un nombre impressionnant de bulletins pré-estampillés,  une élection qui a révélé des centaines de bureaux de vote fictifs, une élection au cours de laquelle de nombreux mineurs ont voté et pour clore cette merveilleuse parodie d’élection, des urnes et des cantines sans scellés et sans cadenas, convoyées hors délai légal à la CENA mais qui finalement ont été prises en compte.

Il me plait de rappeler que les chefs d’Etat présents à cette parodie d’investiture ne sont pas pour la plupart les meilleurs exemples en matière de démocratie et de droits de l’homme et des peuples sur le continent. Au nombre de ces très chaleureux invités qui se sont empressés de venir au Bénin figure le congolais Denis Sassou N’Guesso, président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 puis depuis 1997 où il a accédé comme à son habitude à la tête de la République du Congo par un coup de force militaire, le sénégalais Abdoulaye Wade (84 ans) qui à défaut de réussir à réviser la constitution pour s’offrir un troisième mandat a le souci (et il ne le cache pas) d’ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique en faisant élire son fils en 2012, le togolais Faure Eyadéma (fils de son père) nommé en 2005 président du Togo puis renommé en 2010, le gabonais Ali Bongo (encore un fils à papa, pauvres gabonais) lui aussi nommé en Août 2009 à la tête du Gabon pour perpétuer le massacre intelligent du peuple gabonais et le dépouiller de ses richesses.

Ils étaient là à l’investiture de Boni Yayi qui, a réussi à se faire réélire bon gré mal gré même s’il fallait pour cela une élection sans liste électorale. Comme quoi, qui s’assemble se ressemble.

Une cérémonie d’investiture qui a commencé par un lâcher de colombes pour soi-disant inviter à la paix. Les colombes n’étant pas dupes n’ont pas voulu participer à ce marché de dupes ; résultat : elles ont refusé de prendre l’envol et ont préféré rester sur place au lieu de s’envoler. Elles aussi ont vu ces élections et n’en sont pas fières. Même si les sages de la cour ont cautionné ce faux, elles, refusent de cautionner un tel scrutin électoral.

A vos marques, prêt pour cinq ans de gabegie.

aymard

BENIN : Vivement une investiture par jour…durant 5 ans !!!

Que la fête est belle !!! Le commentateur en chef de la chaîne des grands événements à manquer d’avaler son micro ; l’arène de l’investiture du 06 avril 2011 à Porto-Novo venait de voir apparaitre un trophée de guerre de légende, Mathieu Kérékou, himself, flanqué d’un de ses valets de luxe. De quoi maximiser les décibels auprès d’un auditoire déjà très maigrichon, dans un stade Charles de Gaule transformé en un bunker à ciel ouvert. Les convives étaient conscients que dehors, à quelques encablures de là, des milliers de Porto-noviens ruminaient leur colère dans l’espoir que Lucifer emporte tous les convives de cette célébration de la fraude électorale, du déclin démocratique et de la faillite des valeurs-refuges. N’eut été cet exotérisme aux couleurs du Caméléon, la kermesse aurait perdu tout éclat. Il ne resterait que ce vague sentiment d’insouciance, de jouissance, de célébration. Une sorte de halte passagère dans un Bénin promis à des lendemains annoncés fatidiques.

Au moins, en ce jour, à cette tribune précisément, l’ordre du jour ne mentionne aucun des écueils du yayisme précédent. Les organisateurs ont mis un point d’honneur à faire en sorte que les objectifs des caméras ne captent que des images d’un pays en fête, honoré par la présence de quelques chefs d’Etat voisins. Le décor s’est efforcé de sauver les apparences : costumes, cravates, uniformes militaires impeccables, femmes endimanchées aux frais de courtisans du régime, applaudisseurs conditionnés, alignement de quelques ravaleurs de vomissures. L’illusion d’un nouveau mandat de 5 ans pour le président proclamé élu par la Cour constitutionnelle avec un Bénin uni, mobilisé et promis à un avenir radieux. Si seulement, les émergents pouvaient se gaver de cette soupe d’angélisme sur fond de populisme, quotidiennement, durant tout le mandat. Retourner à Porto-Novo, tous les jours, prêter serment dans le faste et le tintamarre. De cette façon, personne ne parlerait plus de grisaille économique, de crise sociale, de tension politique. Plus de conjectures autour de Icc-services, de Cen-Sad, de surfacturation dans l’achat des machines agricoles, de politisation des micro-crédits. Et surtout une sourdine autour du hold-up électoral du 13 mars 2011 ainsi que la répression policière qui a suivi. Comment donc faire que cette mémorable fête d’investiture puisse occuper tous les esprits durant 5 ans ? Tout aurait été plus simple pour la Marina.

Du vœu à la réalité. Une célébration c’est d’abord une ardoise, à plus forte raison pour une économie sur les talons. Dans le feu de la surenchère électoraliste, le docteur-président avait opportunément glissé sur la posture du prince d’Arabie promettant à ses sujets une valise de prospérité bien pleine. Congés payés, orgies, logements, bombance gratuits en tout temps et à tout le monde. Seul problème, le Bénin n’est pas un commensal du golf Persique et ne saurait profiter de la plus abondante nappe pétrolière au monde. Allez-y voir ce qu’à déjà couté au contribuable une journée chômée et payée consacrée à une cérémonie en totale déphasage avec la psychologie du moment. Privés de vote pour certains, votes détournés pour d’autres, ils doivent encore payer pour les extras de celui dont-ils éprouvent du mal à digérer la victoire proclamée par la Cour constitutionnelle. Il se pourrait que la hantise d’un retour brutal à la vie réelle n’existe que dans l’imaginaire tordu d’un obscur chroniqueur jaloux des réussites du régime. Et que, comme promis, tous les spoliés des faux placeurs recevraient quelques jours après le début du rempilage tout l’argent qui leur a été soutiré. Et que les revendications sociales trouveraient solution sous peu. Et qu’enfin le prestige écorné du modèle démocratique africain serait rapidement rétabli. Les émergents, capables de transformer une minorité politique en une majorité électorale selon la Cour de Robert Dossou pourraient éventuellement faire refleurir la maison Bénin juste par une investiture festive. Qui sait ?

La magie et la ruse ne marchent pas à tous les coups…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Message de Philipe Noudjenoume, 1er Secrétaire du PCB au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : http://www.la-flamme.org

Camarades

Responsables des Centrales et Fédérations Syndicales

Responsables de L’ODHP,

Responsables des Organisations de Jeunes, de femmes, d’étudiants,

Chers concitoyens

Ce jour 06 Avril 2011, sera gravé en lettres noires dans l’histoire centenaire des peuples du Bénin unis sous une même domination, celle des colonialistes français. C’est la date qui rappelle les sombres moments de conquête coloniale où par la force des armes nos braves aïeux BEHANZIN, BIO GUERA, KABA, SAKA YERIMA, TOFFA, se sont vus imposer le joug colonial et l’asservissement à l’étranger. La scène qui se déroule en ce moment dans notre capitale, Porto-Novo – la prestation de serment de YAYI Boni pour un deuxième mandat – donne tout l’air de ces événements tragiques évoqués plus haut.

Pourquoi nous en sommes là aujourd’hui ? C’est parce que par vos luttes, vous travailleurs avez mis à l’ordre du jour l’émancipation de notre patrie. Les pôles de ces combats sont connus de tous : le ministère des Finances et la Bourse de Travail. Vous avez combattu les institutions instrument du capital financier international que sont le FMI et la Banque Mondiale et leurs mesures meurtrières au Bénin. Vous vous êtes dressés dès les premiers signes contre l’autocratie naissante de YAYI Boni et en particulier contre la LEPI truquée. Et si je me suis présenté comme candidat à ces dernières échéances électorales, c’est pour y porter vos voix et revendications « POUR LE POUVOIR DES TRAVAILLEUS ET DES PEUPLES ».

Chers camarades, chers amis et concitoyens.

Le scrutin électoral du 13 Mars ne constitue pas des élections à proprement parler. Il s’agit purement et simplement d’un hold-up électoral coiffé d’un coup d’Etat électoral.

Avec les élections présidentielles de 2011, notre peuple fait une chute dans l’abîme. L’histoire retiendra que les auteurs principaux d’une telle tragédie ont pour noms YAYI Boni, DOSSOU Robert, BAKO ARIFARI Nassirou et GNONLONFOUN Joseph. Ils ont servi d’instruments d’une politique d’asservissement et de guerre des puissances impérialistes notamment française contre les peuples africains dont l’exemple est en train de nous être servi par l’agression en cours contre les peuples de Côte d’Ivoire et de Libye. La fabrication par ces puissances et le soutien accordé à une LEPI truquée en faveur de YAYI Boni ne vise pas d’autre but.

Face à cette forfaiture qui représente les premières annonces de l’enfantement d’une nouvelle autocratie, celle de YAYI Boni, les travailleurs et les peuples du Bénin se sont indignés, se sont révoltés. Ils refusent d’accepter l’inacceptable. En tant que fils de ce peuple et à l’écoute de ses intimes impulsions, avec les responsabilités qui sont les miennes, j’ai en date du 21 mars 2011, appelé « toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachées à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix et au développement réel de notre pays à s’unir dans le combat pour sauver la patrie (…) et à organiser par tous les moyens la résistance ». Dans ce sens je ne peux que saluer toutes les expressions et manifestions de la résistance à la tyrannie d’où qu’elles proviennent à l’intérieur comme de la diaspora béninoise à l’extérieur.

Je salue en premier lieu les Responsables des Centrales et fédérations syndicales, particulièrement ceux de la CSTB et de la FESYNTRA-Finances ainsi que de l’ODHP qui, de façon ferme et constante, ont combattu à travers les multiples luttes et manifestations (et ceci tout au long du processus), la mascarade électorale et l’ont rejetée ainsi que celui qui en est l’auteur et le bénéficiaire, YAYI Boni. Il est incontestable et heureux que vous constituez aujourd’hui le premier pôle et le plus solide de résistance à la tyrannie. Je salue votre détermination à affirmer votre pouvoir, le pouvoir des travailleurs et des peuples qui est la seule alternative pour une bonne gouvernance au Bénin.

Je salue la déclaration de refus de l’imposture de Me Adrien HOUNGBEDJI selon laquelle «Nous devons résister à la liquidation de notre démocratie»

Je salue la déclaration de rejet de l’imposture par le candidat Abdoulaye Bio TCHANE et son appel à la résistance.

Je salue les autres expressions de résistance à la dictature, diffuses comme précises, à l’instar de celles des soldats patriotes et opprimés de notre armée.

Je salue enfin la diaspora béninoise à l’étranger qui de Paris à Lagos, de Londres ou de New-York, à Lomé, etc. à travers des organisations ou individuellement rejettent l’ignominie et l’infamie.

Je vous dis « Poursuivez dans le rejet de l’inacceptable ! La patrie vous appelle. Il ne reste à l’homme qui a tout perdu que l’honneur ! »

Le nouvel autocrate YAYI Boni dès son forfait réalisé poursuit dans la voie de l’instauration de la dictature. Il réprime dans le sang des manifestations pacifiques à Cotonou et Porto-Novo, met Porto-Novo en état de siège.

Je voudrais ici m’associer aux douleurs des populations de Porto-Novo devenues les martyrs de la nouvelle autocratie de YAYI Boni. Les réprimer dans leur indignation n’est que de l’arbitraire et de l’injustice. Je les soutiens et leur dis de ne pas baisser les bras. Il n’existe pas d’autre voie que les pentes escarpées pour parvenir à la liberté, à la dignité.

C’est le lieu de dire aux membres de la HAAC qu’ils se trompent d’époque en tentant de réduire au silence, par leur mesure scélérate, toute voix critique contre la nouvelle autocratie. Qu’ils sachent autant qu’ils sont que l’histoire ne leur permettra pas de réaliser leur forfait de liquider la liberté d’expression et de presse si chèrement conquise et nous ramener à la période d’EHUZU de sinistre mémoire et qu’ils répondront de tels crimes.

On ne saurait frapper un enfant et lui interdire de pleurer dit l’adage populaire. C’est pourquoi tous ceux qui appellent à la paix sans situer la cause du trouble à la paix sont des soutiens de la nouvelle autocratie de YAYI Boni.

Chers camarades, chers concitoyens,

Comme vous l’avez souligné, tous ceux qui sortiraient élus de ces élections frauduleuses sont frappés d’illégitimité et d’illégalité. Le pouvoir de YAYI Boni qui prête serment ce jour à Porto-Novo est illégal et illégitime. Et la Cour Constitutionnelle devant laquelle ce serment se prête n’est qu’une Cour au service du monarque YAYI Boni. Face à cette imposture, je réaffirme qu’aucune loi, aucune Constitution, aucun Destin ne nous condamne à subir le règne d’un despote.

Ce que ces élections nous donnent comme leçons pratiques, c’est qu’il ne reste d’autre voie de chasser YAYI Boni que de faire la révolution.

C’est pourquoi, je vous appelle, travailleurs, jeunes, femmes, citoyens de ce pays à l’intérieur comme à l’extérieur à développer les formes de résistance les plus variées contre la nouvelle autocratie (dans la défense de vos intérêts et des libertés) jusqu’à la formation d’un Gouvernement de Salut National de Transition basé sur les exigences populaires et patriotiques, seul à même d’organiser des élections libres et crédibles au Bénin.

Alors vive la Résistance populaire !

Non à la dictature fasciste !

Vive la Révolution pour que vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

Cotonou, le 06 avril 2011

signature illisible

Philippe NOUDJENOUME

BENIN : Allocution de Gaston K. Azoua, S.G. de la CSTB au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

Camarades et chers amis,

Les travailleurs et la jeunesse sont en train de créer une nouvelle tradition depuis l’avènement du régime dit du Renouveau : se réunir régulièrement au cours des élections présidentielles pour faire entendre leurs voix, pour indiquer leur volonté et se battre pour son triomphe. Ainsi nous avons lutté contre les élections frauduleuses et déclaré ouvertement que tout vainqueur de ces élections serait frappé d’illégitimité. Le pouvoir de Boni YAYI qui était l’organisateur de ces fraudes a été déclaré vainqueur de ces élections et le monde entier peut se rendre compte qu’il s’agit d’une mascarade, d’un hold-up électoral où la souveraineté du peuple a été niée, piétinée, bafouée. La honte couvre le pays. Mais plus grave, c’est qu’à la fraude s’ajoutent la répression de tout contestataire, les états de sièges des villes, la violation de la liberté d’expression et de presse. Seuls les zélateurs du vainqueur de la fraude ont droit à la parole et à la presse.

A tous ces épigones, je leur dis de la façon solennelle en me faisant aider de La Bruyère : sans liberté de critique, il n’y a pas d’éloge flatteur..Les thuriféraires de la HAAC et autres sont mis à nu et condamnés d’avance par l’histoire. Mais ce que tout cela montre, c’est que les libertés chèrement conquises sont en danger. Une nouvelle autocratie s’abat sur le pays, un nouvel autocrate s’installe pour opprimer et exploiter davantage les travailleurs et les peuples. Les travailleurs et les peuples, tous les démocrates et patriotes sont devant un défi : résister jusqu’au renversement de la nouvelle autocratie.

Les travailleurs et la jeunesse qui ont été au cœur de la résistance ont un rôle central à jouer. C’est heureux que nous en prenions de plus en plus conscience en prenant des résolutions indiquant que tout pouvoir désormais doit se baser sur la volonté des travailleurs et des peuples. Jusqu’à présent, les travailleurs se battent, mais au bout, ils s’arrêtent et laissent d’autres se faufiler au pouvoir sous le prétexte de ne pas faire de la politique. Mais aussitôt, la politique des nouveaux dirigeants les rattrape et les travailleurs, producteurs des biens, sont obligés encore de tendre la gamelle pour réclamer un peu de bien être. Il faut que cela s’arrête maintenant

Les impérialistes, leurs théoriciens et journalistes présentent le pouvoir d’Etat comme un organe neutre dont la nature et la forme dépendent seulement de celui qui l’exerce.

Mais, le pouvoir d’Etat n’est pas neutre. Il n’appartient pas à tout le monde mais à la classe sociale qui le détient. Dans notre pays, le pouvoir depuis la colonisation appartient à la haute bourgeoisie coloniale puis néo-coloniale. Le système politique en place exclut, opprime et exploite les travailleurs salariés, les paysans et artisans, piétine nos langues et cultures, étouffe notre émancipation et empêche tout développement. Vu le constat de léthargie cinquante ans après notre indépendance, vu le constat d’enlisement dans la corruption vingt ans après la conférence nationale, il faut des mesures patriotiques pour notre émancipation et notre décollage réel. Le succès de la lutte au quotidien contre l’arbitraire, contre la confiscation et l’exercice du pouvoir personnel, contre le pillage et les bradages des ressources nationales exige des mesures à la portée de chaque citoyen, exécutables par lui. Ainsi :

1-Garantie des libertés Libertés politiques complètes pour les travailleurs et les peuples. Jugement et châtiment des tortionnaires et des auteurs de violation des libertés des travailleurs et des peuples. Châtiment des fraudeurs et des corrupteurs pendant les élections

2.- De la désignation des Directeurs Généraux, gestionnaires du bien public Election et révocabilité sur la base de critères à définir par l’Assemblée Générale des travailleurs. Le pouvoir appartient aux travailleurs.

3.- Suivi et contrôle de la gestion du bien public Assemblée Générale des travailleurs et/ou des usagers concernés avec leurs comités. Publication des accords ainsi que des contrats avec les adjudicataires. Félicitations des dirigeants méritants. Sanctions des auteurs de pillage et de mauvaise gestion à déférer à la justice. Les travailleurs étant les mieux placés pour connaître de ces faits.

4.- Rémunération des dirigeants Réduction des salaires et avantages des dirigeants. Aucun salaire de dirigeants de l’Administration ne doit dépasser celui du professeur d’université. Amélioration de la rémunération et des avantages des basses couches. Réduction de l’échelle des rémunérations. Lutte contre la corruption par les Comités et Assemblées générales des travailleurs.

5.- Langues officielles et d’instruction Aucun privilège pour aucune langue. Toutes les langues parlées sont langues officielles. Instruction de chacun et de tous à partir de sa langue maternelle, à commencer par les adultes. Organisation de l’instruction et de l’éducation de masse avec utilisation de tous les outils de communication, notamment l’Internet.

6.- La liberté de produire Aide matérielle en formation et accès aux crédits aux entrepreneurs nationaux et notamment aux artisans organisés en coopératives sous des formes diverses. Facilités fiscales à ces entreprises. La recherche scientifique et technique orientée vers les besoins nationaux.

7.- Sauvegarde du patrimoine national Maintien et gestion rigoureuse des entreprisses publiques. Retour dans le patrimoine public des entreprises des secteurs stratégiques de l’économie nationale . La terre est propriété éminente de l’Etat.

8.- Attitude vis-à-vis des ressources traditionnelles Appui et déploiement de toute la richesse du passé. Autonomie administrative jusqu’au niveau du village et quartier de ville. Langues locales comme langues d’instruction et d’administration. Dans chaque village et quartier de ville : Justice locale aux mains des notables dans des tribunaux de conciliation ; Centre de santé associant médecins modernes et guérisseurs traditionnels reconnus comme agents de santé public ; Bureau de poste avec connexion à l’Internet ; les chasseurs et les brigades de jeunes reconnus en tant que force de sécurité officielle. Il s’agit bien de conquête de droits nouveaux démocratiques afin d’aller de l’avant ; droits à inscrire dans une nouvelle Constitution qui doit prévoir, à côté d’une chambre de députés, une Chambre des Nationalités, composée de représentants des dignitaires traditionnels qui aura pour tâche d’apprécier la conformité des lois votées par l’Assemblée nationale avec les traditions positives de nos peuples.

Voilà ce qui distingue le pouvoir des travailleurs et des peuples de tous les pouvoirs connus dans notre pays jusqu’à ce jour. Le gouvernement, mis en place en concertation avec leurs représentants, est alors mandataire des travailleurs et des peuples, des producteurs nationaux. C’est l’exemple que nous donne la COSATU, organisation syndicale d’Afrique du Sud avec l’ANC et le Parti Communiste d’Afrique du Sud. C’est tout cela qui nous motive, lorsqu’on prend en considération le programme liberticide et antinational de Boni YAYI déclaré élu par imposture, pour poursuivre le combat. On ne peut accepter les bras croisés le déploiement d’une nouvelle autocratie. C’est l’occasion d’en finir avec toute autocratie et d’établir enfin la souveraineté réelle du peuple, le gouvernement réel du peuple par le peuple et pour le peuple, le pouvoir des travailleurs et des peuples du Bénin. C’est là une véritable révolution dont le chemin nous est encore montrée par les peuples tunisien, égyptien.

Vive la révolution !

Vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

BENIN: 17 militaires en prison pour avoir abusé d’une serveuse de bar

Les patrouilles nocturnes qui s’organisent depuis quelques années au Bénin et qui se sont intensifiées ces dernières semaines en raison de la tension politique de plus en plus aigue ne visent pas que la traque aux malfrats et aux armes de guerre en circulation sur l’étendue du territoire. Ces patrouilles sont aussi sexuelles. La preuve en a été apportée au cours de la semaine écoulée avec le déferment à la prison civile de Cotonou de 17 militaires poursuivis pour abus sexuel sur une serveuse de bar raflée sans pièce.

C’est en effet à la faveur de leur traditionnelle patrouille nocturne que 17 militaires ont choisi d’assouvir leur plaisir sexuel sur une jeune serveuse de bar embarquée au niveau du passage à niveau de Houéyiho. Selon les premiers propos de la jeune fille abusée, les choses ont commencé par de petits attouchements et ont fini par des pénétrations sexuelles brutales et violentes. Dépourvue de sa carte d’identité et ne voulant pas finir au poste, la jeune serveuse a été obligée d’accepter de subir l’agression sexuelle que lui ont infligée ses amants de circonstance. Un à un, les 17 égarés du corps Kaki sont passés à l’acte sexuel et ont fini par la larguer la pauvre infortunée à la hauteur du Ceg Godomey avec en prime, deux pièces de 100 F. Comme on pouvait s’y attendre, les choses ont mal tourné pour les militaires patrouilleurs de sexe. La jeune serveuse ne pouvant plus contenir les douleurs atroces qu’elle a subies, a parlé à son patron qui l’a aidé à formuler en bonne et due forme une plainte. L’affaire a été portée devant les juridictions compétentes. Interpellés, les 17 militaires chasseurs de sexe ont fini devant le procureur qui les a mis sous mandat de dépôt. Selon des indiscrétions, ils risquent la radiation de l’armée. Cette sanction servira certainement de leçons aux militaires en faction devant le siège de la Fédération béninoise de football à Porto-Novo car des voix s’élèvent aussi pour indiquer qu’eux aussi transforment les installations de l’institution faîtière du football béninois en lieu de séances jambes en l’air. Selon des indiscrétions, l’information est déjà parvenue des responsables de la Fbf qui attendent qu’un cas palpable soit porté à leur attention pour agir.

Euloge Badou, L’évenement précis