Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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BENIN : La Marina ou la maison de Fcbe …

Ce n’était pas assez pour les Béninois de ne plus avoir de parlement, de constitution, de « fierté » démocratique, en l’espace d’une présidentielle. Ils doivent désormais se faire une raison sur la perte du palais de la présidence de la République (affectueusement La Marina). L’Etat-Fcbe a décidé d’y installer ses quartiers. Le docteur-président y multiplie les conseils de guerre, les tentatives de fusion de ses différents alliés concurrents, le tout en l’honneur du combat des émergents pour les législatives 2011. En clair, le siège national du regroupement politique de Yayi n’est rien d’autre que la présidence de la République avec pour démembrements naturels sur le terrain, les préfectures de département. Ne parlons pas des ministères, des directions d’entreprises publiques. Tout espace appartenant à la République devrait être dédié à la cause des candidats Fcbe, les vrais, ceux choisis par le docteur-président pour être ses soldats pour la refondation de la nation.

Côté finance, pas de souci à se faire puisque chaque sou du contribuable dépensé est forcément estampillé Yayi. Même une table en bois dans une école sur financement du budget national débouche fatalement sur la célébration du régime ; près d’un millier de milliards l’an, exclusivement consacré à la propagande. En plus des moyens de l’Etat (hélicoptères, avion, véhicules et cadres administratifs), les émergents ne se sont pas gênés pour aller en chercher dans les tirelires en ville, en campagne, au sein des hameaux les plus reculés. Des centaines de milliards volés, en 4 ans, auprès des fonctionnaires, des étudiants, des petits commerçants, des paysans, des militaires, des journalistes ; tout le monde a participé à l’effort de propagande sous le premier mandat grâce aux relais des faux pasteurs placeurs. Tout pour Yayi et son Fcbe, y compris les institutions constitutionnelles truffées d’ex-rentiers et de zélateurs attitrés. Cet attelage pouvait manier les textes de la République à sa guise. Il fallait plus que le légalisme de Houngbédji, la politesse de Bio Tchané et la retenue des citoyens privés du droit de vote pour enrayer le diabolique dessein de vider la constitution et les lois électorales de leur substance.

Une Opa sur tous les biens publics avec la manière. L’Etat n’a plus un chef mais un propriétaire ou peut-être plus, un maître à pensée. Il pense et exige que tous ses partisans devraient s’aligner derrière la liste sur laquelle figure sa tendre épouse, et cela devrait pouvoir se faire. Plus qu’une exigence, c’est un ordre Fcbe, doté de plus de légitimité et de force qu’un ordre républicain. Un jeu de pouvoir qui se joue sans aucune considération pour l’électorat. Le prêtre suprême s’emploie à déplacer les pions sur sa liste. Comme si le nombre de députés refondés que les mages de la Cour allaient sortir de leur laboratoire de miracle était connu d’avance. A la manière de ce qui s’est passé après le 13 mars 2011. Par ailleurs, le refondateur dispose de l’arsenal qu’il faut pour parfaire une stature de despote grâce à ses chars d’assauts dressés pour faire le coup de feu en pleine cité, si nécessaire, à l’encontre de tout contestataire. Plus rien ne manque au tableau sur la route de la régression démocratique : le parti-Etat, la pensée unique, la répression, l’Etat sans constitution, sans loi, sans parlement. En plus d’un épilogue connu d’avance : telle présidentielle, telles législatives. Un drame qui se déroule à guichet fermé puisque personne, à l’étranger, sur les médias internationaux, ne souhaite évoquer ce spleen du modèle continental. Les nouveaux propriétaires de l’Etat n’en demandent pas plus ; jouir de leur forfait en toute inquiétude. Et après le Bénin refondé en Etat-Fcbe ?

L’Etat-Yayi très certainement !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Le chantage interne…

Nul ne peut être émergent s’il ne passe par le docteur-président. Après tout, ne se proclame-t-il pas substitut de Dieu sur le territoire béninois. Quand certains courtisans ne le trouve pas nettement plus-que-Dieu. Julien Akpaki, tout puissant directeur général de l’Ortb est passé par l’auto-reniement public pour avoir osé se positionner sur une liste autre que celle bénie par le chef pour les législatives 2011. À peine si on ne lui a pas fait dire qu’il est indigne d’être un député cauris, un vrai. L’Etat Fcbe a ses règles ; le K.O. pour les adversaires politiques, la terreur pour les affidés incontrôlables.

Tout auréolé de son rempilage à polémique, Yayi a décidé de faire le ménage au sein de la troupe. Les chaînes de télévision se gavent de ces images de hauts cadres de l’administration et du monde des affaires qui se relaient sur les plateaux, reniant leurs propres positionnements sur des listes de candidatures aux législatives et appelant à voter pour l’unique liste directement sortie des entrailles de la Marina. Allez leur demander si chez eux, à domicile, ou dans leurs villages, des enfants, des époux, des frères, des amis, des parents ne suivent pas ces représentations d’indignité d’un autre âge.

Que dire de ces porteurs de gale qui refusent de s’auto-humilier publiquement tout en continuant à prêcher leur béguin inconditionnel pour le docteur-inventeur-du-Changement ? Des joueurs de poker qui savent à l’avance ce que leur réserve le grand maître à l’issue du scrutin. Certainement le bannissement total pour les recalés et la terreur pour ceux qui parviendraient à siéger au palais des gouverneurs. Un traitement de faveur tout de même à comparer à ce qui attend les anti-émergents au sein de ce parlement du K.O. Exclusion garantie pour eux si jamais les extrapolations combinées de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et de la Cour constitutionnelle leur attribuent la minorité congrue. Musèlement assuré, par contre, s’il arrivait que la vérité des urnes leur concède la majorité conséquente.

Le régime peut compter sur les « sages » pour leur rendre la vie dure. Pas évident que ces derniers aient perdu leur réputation de contorsionniste après leur chef-d’œuvre à l’occasion de la présidentielle de 2011.

Mais la purge interne dans les rangs des caurisants ne s’est pas faite au hasard. A la lecture du profil des positionnés on se rend bien compte qu’il y a eu des critères de sélection assez stricts avec une prime particulière aux casseroles. Aucune chance pour ceux dont les pedigrees n’affichent pas des traces de marchés gré à gré suspects, de surfacturations, de rapports de commissions d’enquête accablants, de complicité de faux placements d’argent, de bourrages d’urnes ou de pré-estampillage de bulletins de vote. Des gens qui 4 ans durant peuvent se prémunir contre toute inquisition judiciaire. Les autres qui n’ont pas osé aller assez loin dans la gadoue émergente doivent subir la stature de pestiférés pourchassés sur toute l’étendue du territoire national par le docteur-président lui-même. Des mauvais cauris indignes des suffrages de la fraude, de la bienveillance sélective du juge électoral ou de la complaisance de (ou des) organe en charge de l’organisation du scrutin.

L’autre réalité est que la mangeoire s’est considérablement rétrécie. Le Bénin est loin de figurer au registre des pays aux ressources extensibles à souhait. Sous l’effet conjugué des hausses de prix de produits de première nécessité, des factures de plus en plus élevées d’eau, de téléphone, de gaz et de la considérable rapine des faux placeurs pasteurs, il ne reste plus de compatriotes à escroquer afin d’alimenter le réseau de prospérité partagée entre coquins. Les acrobatiques « arrangements » n’ayant pas suffit à aseptiser le paysage cauris selon les gouts du prince, il fallait procéder au chantage, aux humiliations et à la chasse aux impies.

Il y a émergent … et émergent…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : L’imposture était imparable…

La faute aux opposants s’il y a eu K.O. dès le premier tour du 13 mars. Leur faute si la bêtise émergente a choisi de faire sauter tous les délais constitutionnels. Un scrutin hors-la-loi dont la déclinaison ne s’est embarrassée d’aucun scrupule. Chaque loi électorale a reçu une véritable attaque en règle consistant à l’expurger de toutes les dispositions pouvant contrarier les projets de rempilage du docteur-président ; ceci avec la bénédiction des gardiens du temple. Et tout cela par la faute des opposants. La théorie de la victime, coupable de s’être fait voler ouvertement avec la complicité de gens sensés défendre le droit, l’unité nationale et la paix. On comprend mieux la passivité légendaire reprochée aux forces de sécurité publique face aux actes crapuleux à répétition dont sont régulièrement victimes les paisibles populations. Puissance publique très en verve, en revanche, lorsqu’il s’agit de réprimer des citoyens privés du droit de vote ; de se positionner en situation de bombardement, à l’artillerie lourde, de contestations électorales de rue ; ou de faire cogner des députés en plein hémicycle.
Comment arrêter une collusion manifeste entre juge électoral, force publique et organes en charges de l’organisation du scrutin (il y a deux au moins : Cena, Cps-Lépi) ? En plus des sacrifices visant à réduire le nombre de candidature face à Yayi, des explications sur les projets de société et de la croisade en vue de l’intégration des déchus du droit de vote, les opposants devraient-ils envisager la belligérance illégale voire armée ? La Marina l’avait d’ailleurs anticipé en faisant proclamer à la tribune de l’Assemblée nationale par un de ses affidés que l’adversaire trafiquait des armes de guerres, était en intelligence avec des rebellions armées de la sous région, était impliqué dans des trafics divers et ambitionnait d’assassiner le chef de l’Etat. Le prétexte tout trouvé pour imposer au budget national des recrutements massifs de militaires, policiers et gendarmes, et d’achats d’armes de guerre. Le holdup électoral a eu lieu, des députés ont été cognés dans les rues, du sang de journalistes et de manifestants a coulé, mais aucun des agents répressifs n’a essuyé le moindre coup de feu des opposants. C’est de ce pacifisme qu’elle semble être coupable, visiblement. La victime est coupable de ne pas avoir enrayé le crime commis par le garant de l’ordre et de la force.
Il faut au moins deux camps antagonistes, plus ou moins équivalents, animés de haine et de rancœurs ethnocentriques réciproques, pour que la promesse de feu et de sang s’accomplisse. A l’arrivée, tous les Béninois connaissent le camp qui a lancé la croisade anti-sudiste, à travers une mission officielle, dans tous les départements du nord ; lequel camp a considérablement œuvré pour faire acheter des armes et faire enrôler des milliers de jeunes gens à des fins purement partisanes. Hélas ! À l’heure de la confrontation, au moment de mettre le feu et de faire couler abondamment du sang, l’adversité n’a pas existé. La main sur la gâchette, les conducteurs de chars lancés dans les rues de Cotonou et de Porto-Novo n’ont pu identifier la moindre cible. Une absence de réactivité constitutive du péché originel reproché aux opposants. Même Goodluck Jonathan savait que son K.O., à lui, en préparation dans son grand Nigéria, ne se solderait jamais par le pacifisme assourdissant enregistré dans les grandes cités du Bénin y compris dans les régions où les tripatouillages avaient fait le plus de tort aux opposants. Mais sans armes, sans miliciens, sans arguments ethnocentristes, Houngbédji, Abt, Salé et consorts ne pesaient pas lourd devant la machine conçue pour le « feu et le sang ». Que leur reproche-t-on finalement ?
De n’avoir pas offert des cibles aux chars d’assaut de l’émergence…
arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Il y a les émergents … et les diables…

Le bien et le mal. Tous ceux qui ne croient pas au Changement, à l’émergence économique, à la croissance à deux chiffres, à la révolution agricole, aux industries tous azimuts ? Des malfaisants ! Toujours cette rhétorique propagandiste sur l’essence divine du Changement dont la transgression expose les contrevenants à la colère de Dieu. La faute donc aux mécréants qui médisent de l’œuvre salvatrice du docteur-président. Même si au bout de 5 ans, le bonheur s’est transformé en une immense psychose sur tout le pays. Oui ! La faute indubitablement à tous les anti-Yayi qui n’y ont pas cru. Eux, suspects N°1 de la prétendue agression contre le convoi présidentiel en pleine campagne législative déjà en 2007 à la hauteur de Kilibo. Qu’on soupçonnait d’arpenter les chancelleries et les médias internationaux dans le seul but de jeter du discrédit sur l’équipe en place dès avril 2006. Soupçonnés d’être des frères de village des faux placeurs, sponsors des meetings de soutien au chef de l’Etat. Le très émergent député Benoit Dègla se fera plus précis le 27 septembre 2010 par une déclaration solennelle au palais des gouverneurs. Les opposants, selon Dègla ? Une bande de maquisards en relation avec des mercenaires et des rebellions armées de la région. Pire des trafiquants d’armes de guerre !

L’inamovible conseiller du chef de l’Etat, Amos Elègbè en a rajouté une couche avec sa célèbre prédiction : « la guerre civile en cas d’élection sans la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Décryptage : le pouvoir n’accepterait pour rien au monde l’organisation des élections sans ce machin. Au pire des cas, il serait prêt à lancer une guerre civile implacable. Le discours sort volontairement de l’adversité classique pour entrer de plain-pied dans la belligérance armée. La Marina n’entend faire aucune concession aux anti-Yayi, au risque d’aller à une « guerre civile ». Au moins, à ce niveau, Amos Elègbè n’entretient aucune confusion sur l’identité du camp qui est prêt à déclencher les hostilités ; il s’agit bien de sa mouvance qui préfère le conflit à toute autre alternative à la ligne exigée par le candidat Yayi.

Or pour faire la guerre il faut un territoire et des troupes. Un déficit comblé finalement en deux temps. D’abord, le ministre Nicaise Fagnon, en éclaireur, ne se gêne pas pour planter le drapeau du Yayi-land à la hauteur de Dassa-Zoumè. Au-delà, vers le sud, le « là-bas » dont parlait le ministre Saka Lafia. A l’occasion de la tournée de mobilisation dans le septentrion considéré comme une levée de contingents du généralissime, ministre de l’Energie et de l’eau. Il lui fallait galvaniser la troupe, mais cette fois-ci, la patrie c’est la région, celle de la minorité qui ne doit pas se laisser voler le pouvoir par la majorité. Une fatalité qui risque de durer près de 50 ans selon des prévisions que le chef de troupe dit avoir lu dans un document dont il a le secret.

En gros, les émergents n’envisagent visiblement plus de vivre sous la même bannière, sur le même territoire voire dans le même pays que les autres. Pire de se voir diriger par ceux qui les ont empêchés de passer les marchés grè à gré à tour de bras, de détourner l’argent de l’Etat, de protéger des faux placeurs ou de se soustraire des suffrages d’une grande partie des victimes de Icc-Services exclues du processus électoral. Autant faire l’option de la guerre et imposer une liste électorale totalement « pourrie ». « On gagne ou on gagne » dirait l’autre ; les yayistes ajouteraient : « premier tour K.O. ». À voir la démonstration d’armes et de munitions de la milice Fcbe dans les rues de Parakou, le 20 février 2011 et le diktat de la Cour constitutionnelle, on comprend pourquoi le candidat président n’a pas jugé utile de se doter d’une direction, d’une équipe de campagne ou d’élaborer un projet de société. C’est plus simple de dresser ses prétendus frères contre les gens de « là-bas ».

L’enfer pour tous les Béninois réfractaires au Changement version Yayi…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

le concept de l’émergence défini par Tim Turner

Tim Turner, vice-président de la Banque africaine de développement (AFDB) en charge du pôle secteurs privé, analyse avec le magazine « Les Afriques » le concept de l’émergence. Entretien.

Tim Turner : « La Banque africaine de développement accorde la priorité aux entreprises qui sont financièrement viables. »

Les Afriques : Le concept « Emergence » s’applique-t-il aux économies africaines ?

Tim Turner : Bien qu’il n’y ait pas de définition universellement acceptée et que l’utilisation du terme dépend largement du contexte, l’expression « marchés émergents » est généralement utilisée pour désigner les pays qui ont atteint un certain niveau de revenu, ont de bonnes perspectives de croissance et qui se caractérisent souvent, mais pas toujours, par des économies diversifiées. En outre, ces pays ont démontré leur engagement pour entreprendre des réformes de leurs marchés financiers, bien qu’affichant encore une volatilité relativement élevée, couplés à des rendements, et ont su acquérir l’intérêt des investisseurs (ce qui n’est pas le cas du Bénin). Malgré les différentes définitions, l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc, auxquels s’ajoute souvent Maurice, sont presque toujours considérés comme des pays émergents. D’autres pays tels que la Tunisie et la Libye, parfois aussi le Botswana, peuvent être également inclus dans cette catégorie (où est le Bénin ?).

 LA : On retrouve souvent dans la littérature économique le terme de marchés frontaliers. Que veut-il dire ?

TT : Les marchés frontaliers sont une sous-catégorie des marchés émergents et ont généralement des marchés financiers moins développés et plus risqués. En Afrique, les pays inclus dans ce groupe sont les suivants : le Cap-Vert, le Ghana et le Nigeria en Afrique de l’Ouest, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda en Afrique de l’Est et le Botswana, le Mozambique, la Namibie et la Zambie en Afrique australe. 

« Pour se prononcer sur ses décisions d’investissement, la Banque tient compte de la situation économique du pays et de l’incidence des politiques gouvernementales sur le secteur privé. »

Beaucoup de ces pays n’ont accédé aux marchés internationaux des obligations souveraines que récemment (par exemple le Ghana, le Sénégal) ou sont sur le point d’y accéder, tels le Kenya ou l’Angola. Les marchés frontaliers sont parfois aussi appelés « marchés de deuxième génération », « nouveaux marchés émergents » ou encore « pays en transition ».

 LA : L’un de vos objectifs, c’est d’aider le secteur privé africain. Quels sont les montants de vos concours en 2009 ? Quelles sont les prévisions en 2010 ?

TT : Les nouvelles approbations de prêts pour l’année 2009 ont atteint 1190 milliards d’UC et comprenaient 388 millions d’UC au titre de l’Initiative de financement du commerce (TFI) et 65 millions d’UC au titre de la Facilité de liquidité d’urgence (ELF) pour répondre à la crise financière mondiale. Le volume des opérations du secteur privé prévu pour 2010 sera affecté par le contexte économique mondial et régional. Une reprise rapide et soutenue verrait le volume total des prêts dépasser légèrement l’objectif de 1 milliard d’UC arrêté dans le business plan. À la fin de juillet 2010, cet objectif a déjà été atteint. Toutefois, en l’absence d’une reprise suffisante, le volume des prêts devrait augmenter sensiblement, pour atteindre le niveau record de 1,5 milliard d’UC. *(1 UC = 1,5 USD).

 LA : Quels sont en général les critères d’admissibilité à vos prêts ?

TT : Dans la sélection des propositions d’investissement, la Banque africaine de développement accorde la priorité aux entreprises qui sont financièrement viables, avec de fortes chances de générer des bénéfices et un taux de rendement élevé. D’autre part, les entreprises doivent être susceptibles de générer des recettes et des épargnes en devises, de créer des emplois, de contribuer au perfectionnement de la main-d’œuvre, au renforcement des compétences des cadres de direction et, à terme, à l’accroissement de la productivité totale. Pour bénéficier d’un financement de la Banque, le projet doit être conforme aux objectifs de développement du pays, présenter l’avantage comparatif requis pour avoir de réelles chances de succès, disposer de garanties sur le plan de la conception, de la technologie, du parrainage et de la gestion, et disposer de marchés confirmés pour les produits ou services, être conforme aux directives de la Banque en matière d’évaluation de l’incidence des projets sur l’environnement et à la réglementation en vigueur en la matière dans le pays d’implantation… Pour se prononcer sur ses décisions d’investissement, la Banque tient compte de la situation économique du pays et de l’incidence des politiques gouvernementales sur le secteur privé.

 LA : Quelles sont les conditions d’éligibilité à l’aide de la Banque ?

TT : Pour bénéficier de l’aide de la Banque en faveur du secteur privé, l’entreprise doit disposer de capitaux privés et être dirigée par des investisseurs privés. Elle doit être implantée et immatriculée dans un pays membre régional, la majorité de ses actions pouvant être aux mains de nationaux ou d’étrangers. De même, une entreprise dont le capital est partiellement ou intégralement détenu par l’État peut aussi prétendre à l’assistance de la Banque, au titre de son guichet du secteur privé, à condition qu’elle remplisse les critères d’autonomie financière et de liberté de gestion et qu’elle soit gérée comme une entreprise commerciale. Aucune garantie de l’État ne lui est exigée. Les projets doivent servir à l’établissement, l’expansion, à la diversification et à la modernisation des entreprises de production.

Propos recueillis par A.W.

Boni Yayi et son changement

Boni YAYI, docteur en économie, diplômé de l’université de Paris IX Dauphine, ……. Président de la BOAD de décembre 1994 à février 2006, année pendant laquelle il démissionne pour être candidat à l’élection présidentielle de 2006.

Elu Président au second tour avec 74,51 % des voix, il n’est pas loin d’avoir moins de 20% sinon carrément éliminé dès le premier tour des élections de 2011.

Comment le docteur en économie a-t-il pu gérer ce capital de confiance pour tomber si bas dans les sondages à moins de 06 mois des échéances ?

Le chef de l’Etat béninois fraîchement élu s’est entouré d’individus de très très mauvaise foi qui ont tôt fait de lui inculquer la mentalité selon laquelle les anciens sont les anciens et qu’il fallait les enterrer vivants oubliant eux-mêmes qu’ils sont très anciens et qu’ils sont comptables de tous les régimes de 1990 à 2006 (en l’occurrence Amos ELLEGBE)

Le chef de l’Etat en commençant dès le 07 avril 2006 à penser à sa réélection en 2011 a érigé le populisme et la propagande en mode de communication.

L’analyse même superficielle des principaux engagements du candidat Boni Yayi en 2006 et des réalisations et actes du président Boni Yayi passé du rang de candidat avec le thème douteux de changement révèle pour les moins sceptiques une diagonalité des plus étonnantes.

Nous passerons en revue six (06) des points qui sont essentiels pour tout développement

  • L’élévation du taux de croissance qui passerait d’un chiffre à deux chiffres

Ainsi, les béninois seraient gâtés par leur président qui  leur offrirait un taux de croissance de 2 chiffres donc, au moins 10 % (c’est le premier et le tout petit nombre à deux chiffres).

Au lieu de 2 chiffres, Boni Yayi a toujours gardé notre croissance économique à un  chiffre. Le plus grave étant le fait de passer de 5 % sous kérékou à 2,7 % actuellement sous le régime du changement qui avait dit qu’il ferait du Bénin un pays émergent.

On nous parlera de la crise économique et financière mais, cela n’a pas empêché le Libéria et la Sierra Léone (2 pays sortis de décennies de guerre) d’afficher des taux de croissance plus élevés et tout juste à côté le Burkina Faso qui pourrait réaliser selon le Fonds Monétaire International un taux de croissance de l’ordre de 5,5 % en 2011 contre 5,2 en 2010.

  • L’accroissement de la production cotonnière

Le chef de l’Etat s’est engagé très volontairement et surtout dans sa politique de populisme de porter la production cotonnière à 600.000 tonnes alors qu’elle était de 400.000 et poussière en 2005.

Jusqu’en 2010, on n’a jamais eu les 600.000 tonnes si ce n’est que la production a encore chuté, passant à 150.000 tonnes à ce jour.

  • La lutte contre la corruption

«  La marche verte contre la corruption ».

Quoi de plus ridicule que d’avoir vu un président d’une république en balade de santé médiatisée dans les rues prétextant lutter contre la corruption et que des mois après tant de dossiers de malversations financières puissent l’éclabousser.

Point n’est besoin de rappeler le dossier de la CENSAD avec ces nombreux démembrements jusqu’ici inexplorés, le détournement selon la mission de contrôle sur la gestion de la Société nationale de promotion agricole (SONAPRA) de dizaines de milliards par son Directeur général  Nicaise FAGNON, entretemps promu ministre par le chef du changement, le dossier des machines agricoles mis à nu par le député Janvier YAHOUEDEOU qui dénonce preuve à l’appui des surfacturations de près de 300% sur les machines acquises, machines acquises avant la recherche de terres devant les accueillir (drôle de gouvernance), l’affaire ICC-Services et ainsi de suite.

  • La préservation de l’unité nationale

Point n’est besoin d’être sociologue pour constater que depuis 2006, les Béninois deviennent de plus en plus régionalistes et ça, le gouvernement en porte l’entière responsabilité.

La Fesyntra finances, syndicat des agents du ministère des finances s’est amusée (ça c’est déjà inquiétant) à publier une liste des nominations aux postes de la haute fonction publique. Ceci, afin de faire découvrir la dominante régionaliste qui caractérise ces nominations.

Le député Gbadamassi s’est même illustré après son renversant retournement de veste en annonçant que les députés du G13 manigançaient pour faire perdre le pouvoir au Nord pour que le Sud puisse le conquérir ; raison pour laquelle lui quitte le G13 pour venir aux cauris.

Les discours secrets du chef de l’Etat repris par des gens de bonne volonté viennent en rajouter à ces faits déjà visibles et dignes d’une autre époque.

  • La sauvegarde de la liberté et la promotion des opérateurs économiques

Pour faire prospérer ces affaires, il vaut mieux être cauris ; c’est la solution pour ne pas recevoir des redressements fiscaux les uns plus irraisonnables que les autres.

Le cas Séfou FAGBOHOUN est encore en mémoire, Sévérin ADJOVI harcelé jusque dans sa commune et ceci couronné par une cérémonie de remise de clé avec des têtes couronnées qui insultent la mémoire de leurs aïeux, Issa salifou qui aurait perdu son immunité et écroué n’eut été la solidarité de ses collègues,…et tout récemment Sasif qui après le feuilleton de tous ces camions bloqués sur le territoire national vient d’être interdit de paiement au trésor.

Pour le bas peuple, il est même carrément interdit de chanter autre chose que FCBE sinon les forces de l’ordre leur seront envoyées pour les passer au tabacs, leurs manifestations interdites ou si elles ne sont pas interdites, seront embrouillées par des bardeaux envoyés pour la circonstance et qui se réclament tout de go des FCBE.

  • La liberté de presse

Es-ce que la presse est indépendante et libre de choisir sa ligne éditoriale sans souci au Bénin ?

Cette question ne vaut pas la peine d’être posée. Il suffit juste de se référer au classement de reporter sans frontières.

« Pour la troisième fois consécutives depuis 2007, le Bénin, vient de faire un pas en arrière dans les classements africain et mondial de Reporters Sans Frontière de la Liberté de presse », s’offusquait Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général du syndicat national des professionnels des médias du Bénin.

Pour rappel et pour le compte du classement 2009 le Bénin est passé de la 12ème à la 13ème place en Afrique et de la 70 ème à la 72ème au plan mondial alors que le pays détenait la première place en Afrique en 2005, tout juste avant l’avènement du régime du changement.

Le gouvernement s’est offert le luxe de signer des contrats mirobolants avec les organes de presse et confisqué la presse publique pour être sûr de bien passer son message d’endormissement du peuple.

La chaine de télévision nationale ORTB en est la parfaire illustration. Pour une chaîne financée par le peuple béninois, il est difficilement compréhensible que seule la FCBE a droit d’y intervenir quand elle veut et pour dire ce qu’elle veut même si c’est pour insulter les populations et les familles.

Tout ceci ne saurait faire avancer un pays.

Un pays ne peut être émergent par décret présidentiel.

Le changement a failli.

Puisse les béninois le révoquer à temps pour qu’il ne devienne une gangrène.

aymard