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Triomphe confirmé des islamistes en Egypte : Les USA dans le rôle d’idiots utiles

Le scrutin législatif égyptien s’est traduit par une déroute totale pour les formations libérales, démocratiques et laïques; de même que pour les mouvements issus de la révolte contre Hosni Moubarak, l’an dernier. Cela confirme toutes nos analyses sur la révolution virtuelle des blogueurs et sur la réalité islamique de la société égyptienne. Les USA ont aidé un mouvement qui a été capable de renverser un régime sur sa fin, mais s’avère incapable de le remplacer. Il va falloir composer avec le pouvoir issu non de la rue, mais des urnes : les Islamistes.

Ce basculement de l’Egypte est un événement dont les conséquences sont encore imprévisibles et incalculables. Mais une fois de plus, un certain impérialisme démocratique, tentant d’imposer son modèle partout, semble avoir largement joué les apprentis sorciers.

Cette première élection depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 a été en effet marquée par la victoire écrasante des Islamistes, crédités, toutes formations confondues, d’environ 65% des voix et 70% des sièges… Ils feront ce qu’ils voudront et pourront changer la société égyptienne. Washington, qui ne tire leçon de rien, joue déjà la carte islamist,e malgré les précédentes désillusions et après avoir annoncé le triomphe de la démocratie musulmane. Ben Laden a été un allié, sinon une créature des USA. Faut-il le rappeler?

Les Etats-Unis, avaient repris, ces derniers mois, un dialogue discret avec la confrérie islamiste. En visite au Caire, William Burns, secrétaire d’Etat adjoint, a rencontré des dirigeants du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans. Son leader a «demandé que les Etats-Unis révisent leur politique (…) en conformité avec (les aspirations) du Printemps arabe», qui a balayé les régimes autocratiques en Egypte, en Libye et en Tunisie. Il a aussi appelé Washington à adopter une «position positive concernant les causes arabes et islamiques».

Le printemps des dupes

William Burns «a félicité le parti pour ses résultats» électoraux et affirmé que son pays était «prêt à aider l’économie égyptienne à surmonter la crise». Les Etats-Unis «respectent le choix du peuple égyptien», a dit William Burns, cité par le communiqué. Washington avait fait savoir, au début janvier, que les Frères musulmans avaient donné des garanties sur le respect du traité de paix conclu, en 1979, entre l’Egypte et Israël, premier allié des Etats-Unis dans la région. Mais, certains signes montrent un durcissement des militaires toujours au pouvoir et certains, en Israël, craignent une surenchère.

Le responsable américain n’a pas, en revanche, rencontré de responsables des partis fondamentalistes salafistes, crédités de plus 25% des voix, dont la percée électorale constitue, de fait, la grande surprise dans la surprise du scrutin.

L’élection des membres de l’Assemblée du peuple doit être suivie, à partir du 29 janvier, de celle des sénateurs de la Chambre haute consultative. Le cycle électoral complet s’achèvera avec une présidentielle, au plus tard fin juin. D’ici là, les Islamistes auront imposés leur marque. Un mouvement électoral est en cours, qui transforme le premier pays arabe, allié des USA et ayant signé un traité de paix avec Israël, en puissance islamique. Ce n’est pas rien.

Washington a cru que quelques jeunes branchés pouvaient imposer leur choix au peuple. Moubarak est tombé parce que, comme Ben Ali, son régime était en hiver et déconnecté du peuple. Mais sa chute ne profite en rien aux forces de la liberté occidentalisées, médiatisées, mais ultra minoritaires. L’Egypte affirme son identité musulmane à travers un vote très net pour un islamisme politique. Il est décidément le grand gagnant de ce qui apparaît, de plus en plus, comme « un printemps des dupes ».

Jean Bonnevey sur METAMAG

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Les 5 scénarios noirs de la crise selon l’Expansion

Démantèlement de l’euro, collapsus bancaires en série, discrédit du dollar, envol du prix du baril de brut, perte du triple A… « L’Expansion » a passé en revue les hypothèses les plus périlleuses pour l’économie européenne.

Rien, évidemment, ne se passe jamais comme prévu. Qui aurait annoncé il y a un an le printemps arabe ou le tsunami qui a provoqué l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon ?

Les principales sources d’incertitude pour 2012, si tant est qu’on puisse les identifier, se situent en Europe sur les plans politique et économique, au Moyen-Orient, sur des critères géopolitiques, aux Etats-Unis, sur le plan financier, et partout en ce qui concerne les banques. L’Expansion tente d’en cerner les contours et les conséquences potentielles.

1. L’impact d’un éclatement de la zone euro

L’année 2012 verra-t-elle s’enclencher le processus inexorable de démantèlement de l’euro, après des sommets de la dernière chance à répétition ? A regarder les poussées de tension régulières des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud, et de plus en plus souvent de ceux de la France par rapport à ceux de l’Allemagne – des records d’écart ont été battus en novembre 2011 -, il y a effectivement de quoi être inquiet, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que la forte hétérogénéité de la zone euro, en termes de croissance et de performances à l’export des différents pays, la fragilise dangereusement. Il y a d’un côté les pays du Nord, qui concentrent désormais l’essentiel de la base industrielle de la zone euro, qui sont fortement exportateurs et dégagent d’importants excédents commerciaux, et, de l’autre, les pays du Sud, qui vivent des services et de la consommation à crédit, accumulent les déficits extérieurs et ne dégagent pas une épargne suffisante pour rembourser leur endettement public. Ensuite, parce qu’il existe une dangereuse concurrence entre les multiples dettes souveraines. « Les investisseurs choisissent les dettes qu’ils achètent et celles qu’ils n’achètent pas, décrypte Patrick Artus, le directeur des études économiques de Natixis. Autrement dit, ils spéculent en jouant les unes contre les autres. » Ce n’est pas tenable.

« Sauf qu’un éclatement de la zone euro aura un impact violent sur l’ensemble de l’économie de la planète, via le système bancaire européen, provoquant une onde de choc mondiale », avertissent les experts d’Aurel BGC. La logique est simple : la Grèce, l’Italie et les autres pays en difficultés financières ont deux solutions pour recréer à terme une dynamique de croissance et d’équilibre de leurs comptes publics – soit de la rigueur budgétaire et salariale, soit une dévaluation de la monnaie via le retour aux devises nationales.

Le dernier scénario peut certes paraître séduisant, puisqu’il permet d’échanger de la rigueur contre une solution plus supportable pour les populations. C’est oublier qu’avec le retour des devises nationales les bons élèves subiraient une forte appréciation de leurs devises, et les plus mauvais, une violente dépréciation. Les premiers s’exposeraient à un risque de déflation, les seconds, à un risque d’inflation, via les prix des importations.

Ce qui signifie que les Européens sont condamnés à trouver une solution à la crise, et sans tarder.

Manifestation des indignés à Madrid. Les pays du sud de l’Europe sont étranglés par la dette

Si, à long terme, l’issue passe par une avancée majeure vers la construction de l’Europe politique et par l’instauration d’un fédéralisme budgétaire, à court terme, le salut viendra sans doute de la mobilisation de tous les acteurs : les gouvernements, bien sûr, mais aussi la BCE, le Fonds européen de stabilité financière, voire la Banque européenne d’investissement. Mais, à long terme, les peuples suivront-ils ?

2. Le coût de la perte du triple A français

Le triple A français est sérieusement menacé depuis que les agences de notation Moody’s et Standard and Poor’s ont suggéré sa mise sous surveillance « négative ». Un avertissement logique, tant la situation de la France continue de se dégrader. Les taux d’intérêt sur le marché obligataire s’envolent, et les perspectives de croissance s’estompent de jour en jour. Pour l’économiste Elie Cohen, « cela fait bien longtemps que la France ne mérite plus son triple A ». Au point que, sur les marchés, c’est sur la date que l’on spécule : avant ou après la présidentielle de 2012 ? Même si Nicolas Sarkozy a fait de la sauvegarde du triple A la priorité absolue de sa fin de mandat, les deux plans de rigueur adoptés depuis l’été ne peuvent suffire.

L’important est aujourd’hui de savoir combien coûterait à la France un abaissement de sa note. En 2011, la charge de la dette dans le budget de l’Etat était de 45 milliards d’euros ; en 2012, elle sera de 48,8 milliards. Pour Valérie Pécresse, ministre du Budget et des Comptes publics, la hausse du coût de l’emprunt serait de 5 milliards par an. Si l’Etat perdait son AAA, il n’y aurait pratiquement pas d’effets sur les emprunts souscrits antérieurement et toujours en cours, car ils sont à taux fixes pour 90 % d’entre eux. Il n’y a plus d’encours d’emprunts souscrits à taux variables, et seulement 10 % de l’encours des emprunts sont indexés sur l’inflation.

« Seuls les nouveaux emprunts à souscrire pour rembourser ceux venus à échéance et financer le déficit, soit un peu moins de 200 milliards d’euros par an, seraient affectés », calcule Jean-François Bauer, du think tank Ifrap. Selon les calculs de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), l’effet serait de 500 millions d’euros la première année, de 1 milliard l’année suivante et de 3 à 4 milliards dès la quatrième année, à condition que les taux se stabilisent. Le cas échéant, l’enveloppe pourrait dépasser les 6 milliards d’euros pour le seul service de la dette. « Mais il ne faut pas oublier que le principal risque d’une explosion du coût de la dette est la hausse des taux sur l’euro en cas d’explosion de la zone », précise Jean-François Bauer. Là, on parlerait de dizaines de milliards.

3. Les risques de faillites bancaires en série

Mieux capitalisées qu’avant l’effondrement de Lehman Brothers, les banques européennes sont pourtant loin d’être tirées d’affaire. Les investisseurs doutent toujours de leur solvabilité en cas de pertes supplémentaires sur les dettes souveraines ou en cas de nouvelle récession. « Leurs besoins en recapitalisation sont difficiles à évaluer. Mais on pourrait très vite atteindre les 200 milliards d’euros évoqués par Christine Lagarde », prévient Philippe Brossard, président de Macrorama. Ramener les ratios financiers aux normes de Bâle III coûterait 33 milliards d’euros. Mettre les titres de dette des pays en difficulté détenus par les banques à leur valeur actuelle mobiliserait au bas mot 40 milliards.

Mais ce n’est là qu’une partie de l’histoire. En cas de faillite désordonnée de la Grèce, la perte de croissance et la désorganisation financière ajouteraient 90 milliards à la facture. Encore ces montants ne concernent-ils que les banques cotées en Bourse. Les bilans bancaires se détériorent aussi dans les pays émergents, alertent les experts d’Amundi. En Chine, les nouveaux prêts progressent à un rythme annuel de 8 000 milliards de yuans, soit le double de celui des années 2007-2008. Au Brésil, la croissance du crédit a dépassé les 19 % l’an dans la première partie de l’année 2011. La banque centrale du Brésil estime d’ailleurs que 26 % du revenu disponible des ménages sont absorbés par les mensualités de remboursement. En Inde, les stress tests conduits auprès des banques font craindre une remontée de la proportion de prêts non performants à 25 % d’ici à 2012, et, de son côté, Moody’s Investors Services anticipe une hausse des prêts non performants à 18 % pour la Chine. Seule consolation : la Chine, le Brésil, l’Inde et la Russie disposent de réserves de change importantes, capables d’amortir les chocs.

4. Les effets secondaires d’un dollar faible

L’urgence de la crise européenne l’a peut-être déjà fait oublier. Pourtant, nous sommes entrés dans un monde inconnu, rappelle l’éminent économiste belge Paul De Grauwe. Pour éviter l’effondrement du système financier, la Fed et les autres banques centrales sont allées bien au-delà de tout ce que préconisent les manuels d’économie. Elles ont ramené leurs taux d’intérêt à un niveau proche de zéro et ont inondé la planète de milliards de liquidités. En contrepartie, elles ont accepté de gonfler leurs bilans d’emprunts d’Etat et d’actifs plus ou moins toxiques pour soulager les banques ou l’immobilier. Aux Etats-Unis, les achats de titres par la Réserve fédérale représentent déjà plus de 15 % du PIB, contre moins de 5 % dans la zone euro.

Le problème ? Personne n’est en mesure d’évaluer les effets secondaires d’une telle politique. Dans un contexte de remontée de la dette publique (celle-ci devrait franchir pour la première fois le seuil de 100 % du PIB en 2011) et de volatilité extrême sur les marchés financiers, les investisseurs pourraient très bien perdre confiance dans le dollar. C’est la thèse défendue notamment par le libertarien Ron Paul, candidat déclaré à la présidentielle américaine de 2012 : « Depuis des lustres, le gouvernement s’endette, et la Fed approuve. Le dollar a perdu 98 % de sa valeur par rapport à l’or depuis qu’elle a commencé son travail, en 1913, souligne-t-il. Si l’on ne change rien, le dollar ne vaudra bientôt plus rien. » Sur le site DollarCollapse.com, son avertissement est pris très au sérieux. Certains internautes recommandent même de quitter les Etats-Unis pour changer de devise !

5. Les dégâts causés par un séisme pétrolier

Un clash avec l’Iran d’Ahmadinejad peut faire exploser le prix de l’or noir.

Si les cours du pétrole restent élevés, c’est en grande partie en raison des risques géopolitiques. A l’heure actuelle, le marché spécule davantage sur des perturbations des approvisionnements au Moyen-Orient que sur les risques de récession, confirme un analyste. En Syrie, l’attaque par des militaires dissidents d’un centre des services secrets, près de Damas – la première opération de ce type en huit mois -, laisse craindre un nouveau durcissement. Par ailleurs, les tensions demeurent fortes entre les pays occidentaux et l’Iran, soupçonné de chercher à se doter de la bombe nucléaire. Ces tensions, qui touchent les pays producteurs de pétrole, sont lourdes de conséquences.

Les experts de Merrill Lynch anticipent toujours un baril de Brent au-delà de 100 dollars en 2012. Or le choc pétrolier coûte déjà très cher à l’économie mondiale. Cette année, la hausse des cours a sans doute enlevé 2 points à la croissance mondiale, estime Robert Wescott, ancien conseiller économique de Bill Clinton. Aux Etats-Unis, depuis que l’inflation s’est emballée, il y a neuf mois, en raison de la flambée du prix du carburant, le revenu disponible des ménages stagne. En 2010, il progressait à un rythme proche de 3 %, ce qui permettait aux consommateurs de se désendetter sans trop réduire leurs achats.

Danièle Licata et Sébastien Julian pour l’expansion

L’ambassadeur du Gabon à Washington agressé par un de ses compatriotes

La CIA vous espionne sur Facebook et Twitter

Les services de renseignement s’intéressent aussi aux réseaux sociaux, mais pas pour y retrouver des amis. La CIA s’en sert pour suivre les tendances mondiales et prendre le pouls de l’opinion publique. Elle observe ainsi en particulier à Facebook et Twitter, deux plates-formes très fréquentées par les internautes.

Premier réseau social au monde avec plus de 800 millions de membres revendiqués, Facebook est incontestablement l’un des sites web les plus fréquentés et les plus populaires sur Internet. Le site communautaire, né aux États-Unis, n’est pas uniquement apprécié par les compatriotes de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Il rencontre également un succès important à l’étranger. 75 % des utilisateurs vivent d’ailleurs en dehors des États-Unis.

L’importance qu’a pris Facebook au cours de ces sept dernières années n’a bien évidemment pas attiré uniquement l’attention des internautes désireux de retrouver leurs amis. Elle a également poussé les services de renseignement de nombreux pays à s’interroger sur l’exploitation potentielle des données qui y transitent. C’est notamment le cas de la CIA, en témoigne un reportage effectué par l’Associated Press.

Prendre le pouls de l’opinion mondiale

Nous y apprenons que la plus célèbre des agences de renseignement des États-Unis a ouvert un centre en Virginie afin de suivre l’activité globale sur les réseaux sociaux, les sites communautaires, les forums de discussion et les salons de messagerie instantanée. Tout ce qui est libre d’accès. D’où son nom. Baptisé Open Source Center, le service doit en quelque sorte prendre le pouls de l’opinion mondiale sur le web.

Les moyens engagés pour effectuer ce suivi ne sont pas détaillés, mais l’Associated Press indique que la CIA est capable de suivre pas moins de 5 millions de messages sur Twitter par jour. À ce chiffre s’ajoute la surveillance des réseaux sociaux – en premier lieu Facebook – mais aussi de façon plus générale la presse écrite, les médias télévisés ou encore les stations de radio.

Une veille en ligne en réponse au 11 septembre

La création de l’Open Source Center vise à corriger l’aveuglement des agences de renseignement américaines, très critiquées pour ne pas avoir pu anticiper les attentats du 11 septembre 2001. La création de ce centre était d’ailleurs une recommandation de la commission sur le 11 septembre. Celle-ci voulait améliorer la lutte anti-terroriste en développant des stratégies de contre-information.

Depuis l’élection présidentielle en Iran, qui a eu lieu en 2009, la CIA a mis l’accent sur les contenus en ligne. En effet, des accusations de fraude ont conduit de nombreux Iraniens à protester très vivement contre le régime du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide suprême Ali Khamenei. Nombre de manifestants ont ainsi utilisé Twitter pour se coordonner et accentuer la pression sur le pouvoir en place.

Le printemps arabe anticipé par l’Open Source Center

Plusieurs centaines d’analystes, capables de parler dans différentes langues, participent à ce travail quotidien. Les pulsations en provenance de nombreuses régions du monde sont ainsi analysées. Cela va du printemps arabe, qui a permis à la Tunisie, à l’Égypte et à la Libye d’éjecter des despotes, à l’assaut des SEAL contre la planque d’Oussama Ben Laden au Pakistan. Des synthèses sont ensuite communiquées pratiquement chaque jour au président américain Barack Obama.

Selon les responsables de l’Open Source Center, le travail effectué par les nombreux analystes a permis de prédire les changements politiques en Égypte. La seule chose qu’ils n’ont pas pu mesurer avec précision était la date où la révolution allait conduire ce pays à un nouveau départ. Mais ils ont pu affirmer que le rôle des médias et des réseaux sociaux allait être essentiel pour alimenter le printemps arabe.

Les réseaux sociaux, un enjeu pour les États-Unis

Les réseaux sociaux sont devenus avec le temps un enjeu de pouvoir pour les États-Unis. Hormis la veille constante de la CIA sur ces espaces, plusieurs autres projets ont été rapportés par la presse. Ainsi, l’armée américaine est suspectée de plancher sur un système permettant de générer et contrôler des faux profils sur Internet pour influencer l’opinion d’une population donnée.

La réforme du Homeland Security Advisory System, l’équivalent américain du Plan Vigipirate, prévoit pour sa part la participation occasionnelle de Facebook et Twitter dans la chaîne d’alerte en cas d’attaque terroriste signalée par le gouvernement américain. Les réseaux sociaux étant massivement utilisés outre-Atlantique, une alerte diffusée via ces canaux toucherait très rapidement un maximum de personnes.

En somme, les informations de l’Associated Press ne sont pas véritablement surprenantes. Le contraire aurait été en revanche très surprenant. Croire que les services de renseignement ne s’intéressent pas de près aux réseaux sociaux est très naïf. Toute la question est de savoir jusqu’à quel niveau ils s’y intéressent.

Par Julien L sur Numérama

Obama, le fils de l’Afrique, s’accapare les joyaux du continent

Le 14 Octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de « légitime défense » a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant « hautement inhabituelle » et « surprenante » et même « bizarre ». Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et « protéger » l’Indonésie, que le président Nixon appela « le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses ». Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américains suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la « légitime défense » ou « la cause humanitaire », des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.

En Afrique, dit Obama, « la mission humanitiare » est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a « tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale ». Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de mulitples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.

L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de  la sécurité nationale américaine ». La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la « sécurité nationale américaine » veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le « président à vie » ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie.La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.

Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la « menace » officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarassé, « les menaces asymétriques, les menaces asymétriques ». Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.

L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la destabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les « rebelles » furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un « génocide » à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une « intervention humanitaire » de l’occident fut expliquée succintement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France « en échange » (le terme utilisé) d’un soutien « total et permanent » de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli « libéré » le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: « Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes ! »

La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la « ruée sur l’Afrique » de la fin du XIXème siècle. Tout comme la « victoire » en Irak, les journalisres ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant « pro-Kadhafi » effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention « célébrez ». D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la « perception… qui est continuellement conduite à travers les médias ».

Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de « stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le « fils de l’Afrique », est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans « Black Skin, White Masks », ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.

John Pilger

Mondialisation

L’Octroi du Prix Nobel de la Paix 2011 à Ellen Johnson Sirleaf serait-il pour changer le résultat des élections présidentielles ?

L’OCTROI DU PRIX NOBEL DE LA PAIX 2011 SERVAIT-IL POUR TENTER DE CHANGER LE RESULTAT D’UNE ELECTION PRESIDENTIELLE AU LIBERIA ?

C’était connu que les Occidentaux, (récemment re-baptisés en « Communauté Internationale ») aiment installer au pouvoir en Afrique les hommes et femmes des plus médiocres. Mais qu’ils soient prêts à tout faire pour les maintenir au pouvoir jusqu’à leur octroyer un Prix Nobel, relève d’une originalité des plus macabres que mêmes le cerveau tordu des plus cyniques ne pouvait imaginer comme simple hypothèse. C’est pourtant arrivé. C’est ce que la soit disant « communauté Internationale » va inventer pour améliorer les performances de leur candidate dans les élections présidentielles au Libéria, lui offrant un Prix Nobel de la Paix à 4 jours seulement du scrutin. En Occident, le ridicule ne tue plus.

L’histoire commence en Juin 2009, lorsque la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) publie son rapport dans lequel elle met en cause la présidente Libérienne Ellen Johnson-Sirleaf pour crime de guerre et crime contre l’humanité pour son financement destiné aux multiples massacres de la guerre civile qui ont fait 250.000 morts entre 1998 et 2003 et intime son « éloignement de toute responsabilité officielle pendant 30 ans ». En théorie, à la fin de son mandat, pour réconcilier les Libériens entre eux, elle aurait dû prendre sa retraite et se retirer de la politique. Donc, elle n’aurait donc pas dû être candidate aux élections présidentielles du 11 Octobre 2011.  Mais c’était oublier que lorsqu’on a servi certains intérêts situés en Occident, il y a le retour de l’ascenseur au moment des difficultés.

Mme Ellen Johnson Sirleaf est alors la chouchou de Washington et de tout l’Occident. Le long marathon médiatique de propagande pour réhabiliter l’image de la chouchou qui s’est terminée avec le prix Nobel de la Paix va démarrer avec un déjeuner de travail que Obama improvise à New York en Septembre 2009 avec quelques Chef d’etats de l’Afrique Subsaharienne. En réalité c’est une occasion pour que Mme Johnson se présente en experte aux autres Chef d’Etats présents puisque c’est elle qui mène la discussion sur la création d’emplois. Après cette rencontre, Monsieur Obama lui envoie un courrier le 28/10/2009 et rendu publique sur le site de la Maison Blanche dans lequel il affirme : « J’apprécie l’attention que vous avez accordé à l’éducation et la formation basée sur les compétences, en particulier dans les situations post-conflit ».  Quelle genie ! On a envie de se demander pourquoi n’a-t-elle pas appliqué ces recettes à son propre pays le Libéria ? Qu’importe. Elle sera de nouveau reçue par Monsieur Obama le 27 Mai 2010 cette fois-ci à la Maison Blanche où elle est présentée comme l’exemple pour tous les président Africains avec une décoration que les Libériens ont du mal à comprendre encore aujourd’hui ce que cela récompensait.

Jusqu’au Prix Nobel de la Paix vendredi le 7/10/2011 à 4 jours seulement des élections alors qu’elle accuse dans les sondages un retard de 10 à 20 points de ses principaux adversaires, à cause de sa gestion calamiteuse du pays qui a permis en 6 ans à l’ancienne étudiante de la prestigieuse université américaine de Harvard, fonctionnaire de la Banque Mondiale et de Citygroup de battre un record mondial du plus important nombre de chômeurs durant un mandat présidentiel : 80% de la population active. Même le Zimbabwe de Mugabe sous embargo de l’UE n’a pas atteint les performances de Madame Johnson, qui ajoute à son piteux palmarès le taux de violence sexuelle sur les femmes, le plus élevé d’Afrique, dépassant de loin la République Démocratique du Congo qui est pourtant la seule qui intéresse la Secrétaire d’Etat Américain Hillary Clinton lorsqu’elle dénonce les viols en Afrique. Et c’est pour la battre qu’a été formé le ticket entre Tubman (fils de l’ex-président Tubman) arrivé 4ème en 2005 et l’ancien footballeur Georges Weah, arrivé second lors élections de 2005 et très populaire chez les jeunes plus touchés par le chômage à 94%, Madame Ellen Johnson Sirleaf n’avait donc aucune chance de l’emporter. Qu’importe, l’Occident adore les dirigeants africains lorsqu’ils sont serviles. Et c’est pour lui donner ce coup de main inespéré qu’on va lui décerner un Prix Nobel des plus contestables 4 jours seulement avec les élections de ce jour.

Le Libéria est la preuve même de l’échec de la politique américaine en Afrique. Si les USA pouvaient aider un pays africain à se développer, ce pays serait le Libéria, car c’est leur création (en 1816 pour accueillir les anciens esclaves libérés), c’est leur seule colonie en Afrique. C’est leur seul bébé, leur seul bijou sur le continent africain. C’est la vitrine même des USA en Afrique. Le Libéria dont les descendants d’anciens esclaves revenus des Etats-Unis d’Amérique ne représentent que 5% de la population, sont les seuls depuis l’indépendance en 1847 qui détiennent le pouvoir politique. C’est une sorte d’apartheid entre Noirs (divisés entre Américains et Africains), une division bien entretenue par Washington qui a toujours fait et défait tous les gouvernements de cette minorité américaine dans un pays en Afrique.

Comme tous les présidents qui l’ont précédée, Ellen Johnson Sirleaf provient de la minorité dite de « civilisés », parce qu’originaire des USA, elle a étudié aux USA, elle y a travaillé. Aujourd’hui, la présidente du Libéria tant adulée est celle-là même qui reconnait avoir financé et porté au pouvoir en 1997 Charles Taylor dont elle a été la collaboratrice intime. A Oslo étaient-ils au courant de ce rapport ? ou bien comme en Côte d’Ivoire, les décisions des instances mises sur pied pour gouverner et gérer les conflits ne comptent pas ? N’empêche la mère patrie américaine a su lui redonner sa sainteté et, alors que Taylor doit répondre de onze chefs d’inculpation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité et est aujourd’hui sous les verrous à la Haye, aux Pays-Bas, l’autre,  Johnson bien soutenue par Washington peut tranquillement concourir pour un deuxième mandat  à la présidence de la république, et même devenir un prix Nobel de la Paix démontrant par là l’exemple emblématique de la contradiction et de l’incohérence de la politique occidentale en Afrique. Ce qui me fait dire qu’en Afrique il n’existe pas de dictateur. Il y a les Saints, parce qu’amis de l’Occident; peu importe leur bilan, peu importe leur popularité, peu importe leur rejet par la population, et les mauvais qui tentent de ne pas se mettre au pas; ceux-là sont priés de jouer le jouer le jeu de la démocratie en cédant leur place.

Ce n’est pas la première fois qu’un Prix Nobel est purement et simplement utilisé comme instrument de politique étrangère de l’Occident. Prenons l’exemple du dernier avant celui examiné plus haut, le Prix Nobel 2010, le Chinois Liu Xiaobo.

EN CHINE, UN PRIX NOBEL POUR TENTER DE DESTABILISER LE PAYS

Pourquoi le dissident Chinois Liu XiaoBo a-t-il gagné le prix Nobel de la Paix 2010 ?  En quoi s’est-il particulièrement distingué des aux autres très nombreux dissidents Chinois ? Pour sa fâcheuse tendance à insulter son pays et célébrer l’asservissement de la Chine à l’Occident. Voici ce qu’il déclare :

En 1988, alors qu’il travaille comme critique littéraire à la Columbia University à New York, il déclare dans une interview : « s’il a fallu 100 ans de colonisation à Hong Kong pour être ce qu’elle est, alors il faut 300 ans de colonisation à la Chine pour devenir comme Hong Kong mais je ne suis pas sûr que 300 ans suffiraient » pour développer le pays. Comme si cela ne suffisait pas, il ajoute : « la modernisation est synonyme d’occidentalisation totale ». Et encore, notre cher génie de conclure :  « choisir de vivre signifie choisir le mode de vie occidental. La différence entre le mode de gouvernement occidental et le mode de gouvernement chinois, c’est la même que celle entre l’humain et le non humain, il n’y a pas de compromis. L’occidentalisation est le choix non pas de la nation mais de la race humaine ». En d’autres termes, selon Liu, les pays qui ne choisissent pas le mode de gouvernement occidental sont des races animales. Ce que Liu ignore alors, c’est qu’il n’existe pas de mode de gouvernement occidental, chaque pays ayant un système différent de son voisin. Pire, personne n’avait jamais expliqué à Liu les contre-performances des Chicago Boys au Chili dans les années 1970. Encore moins les guerres civiles répétitives que ce modèle avait instaurées en normalité au Libéria depuis sa création en 1847 à cause d’un pouvoir entre les mains de 20.000 Noirs Américains avec des noms britanniques et la population locale avec des noms africains.

En 2004, il apporte son soutient à l’agression américaine contre l’Irak avec ces mots : « la guerre contre Saddam Hussein est juste, la décision du président Bush est la bonne (…) un Iraq libre, démocratique et paisible va naître »

En mars 2008, il soutient la position du Dalai-Lama sur le Tibet, c’est-à-dire que la Chine devrait faire ce que lui demande l’Occident : se désengager du Tibet. Parce que pour Liu, le monde devrait être sous la conduite des Etats-Unis d’Amérique et la Chine son élève. Il trouve pour cela justifiable toutes les guerres que les Américains peuvent déclencher sur la planète, même contre la Chine pour asseoir sa domination. Il affirme :  » Toutes les guerres importantes menées par le gouvernement américain sont défendables sur le plan éthique »

Voilà en clair pourquoi cet illustre Chinois a été sélectionné parmi ses 1,3 milliards de concitoyens Chinois comme le tout premier prix Nobel de la Paix de l’Empire du Milieu.

La malchance c’est que le pays qui distribue ces bons et mauvais points a aussi besoin de la Chine pour vivre. Quelque part, à Oslo, ils ont dû imaginer qu’ils avaient à faire à un pays africain où les dirigeants finissent toujours par se mettre à genou devant l’Occident et leur donner raison parce qu’ils sont des pays autoproclamés riches, autoproclamés développés, autoproclamés démocratiques et autoproclamés généreux. Erreur ! Ils avaient à faire à la Chine qui a tout simplement coupé toute relation au haut niveau. Le jour de la remise de ce prix en décembre 2010, par exemple, la Chine importait 1.000 tonnes par mois de saumon norvégien. Deux mois plus tard en février 2011, on est passé à 75 tonnes. Comme par hasard, les contrôles vétérinaires de la douane chinoise à l’entrée du poisson norvégien en Chine ont subitement découvert que ce poisson n’était pas adapté à la consommation des Chinois. Et depuis un an, la Norvège s’est retrouvée toute seule à gérer son conflit avec le colosse chinois. La solidarité de tout l’Occident qui avait suivi la proclamation du Prix Nobel s’est faite plus discrète, personne ne voulant risquer de voir retomber sur lui la foudre chinoise. Pire, des pays comme le Royaume Uni ont plutôt cherché à tirer profit du faux-pas norvégien pour exporter vers la Chine plus de saumon écossais. La même Norvège pour contrer l’offensive britannique, a tenté de faire transiter son poisson vers d’autres pays, sans succès. Lorsque ce pays scandinave abandonné à son triste sort par toute l’Europe a écourté sa participation aux bombardements de l’Otan contre la Libye, elle a clairement expliqué qu’elle était à court d’argent par des manque à gagner de ses échanges avec la Chine qui paradoxalement a vu ses exportations vers la Norvège augmenter de 43% pendant la même période, les petits Norvégiens ne voulant pas renoncer au dernier smartphone ou à la dernière tablette, bien évidemment made-in-China.

QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

La démocratie est un leurre que certains pays utilisent pour s’octroyer un instrument de pouvoir sur les autres en mettant le costume de donneurs de leçons. Mais dans les faits, aucun pays n’est démocratique. Rousseau disait : « les Anglais croient qu’ils sont libres parce qu’ils élisent des représentants tous les cinq ans mais ils ne sont libres qu’un jour tous les cinq ans : le jour de l’élection ». La vérité c’est que le résultat qui sort des urnes est d’abord fonction du système électoral adopté par le petit groupe des politiciens aux affaires du moment, système méticuleusement élaboré avec le seul objectif non pas de faire parler le peuple, mais de se pérenniser au pouvoir. En voici quelques exemples :

– Aux USA Le parti Républicain créée le 28 février 1854 a gagné les premières élections de 1856 et avec un système électoral qui lui est favorable, il a remporté 23 des 39 élections présidentielles aux Etats-Unis d’Amérique, dont 7 sur 11 les derniers 40 ans, alors que sur le papier, les Démocrates sont plus nombreux que les Républicains. Selon le recensement de 2004, 72 millions d’Américains se sont enregistrés comme Démocrates et 55 millions comme Républicains et 42 millions comme ni à droite, ni à gauche, appelés « Indépendants ». Voilà la preuve même qu’un système électoral peut donner des résultats différents de la volonté populaire. Cherchez l’erreur. Il est dans le système électoral que les politiciens peuvent tripoter pour faire dire au peuple ce qu’ils veulent. Pour l’élection présidentielle de 2000, par exemple, le candidat démocrate Al Gore avait en effet obtenu 550 000 voix de plus que son adversaire républicain George Bush, mais l’histoire retiendra que c’est ce dernier qui a été choisi par le peuple américain.

– En France, sous la 5ème République, depuis la prise du pouvoir du Général De Gaulle le 8 Janvier 1959 comme Président de la République à nos jours, hors mis la parenthèse de François Mitterrand, tous les 5 présidents français ont été de droite. De même pour le Senat qui est à droite depuis sa création en 1958. En septembre 2011, pour la première fois de son histoire, il y a une majorité de gauche. Le plus grave ici est que 53% de ses membres proviennent des communes de moins de 1.500 habitants qui ne sont que 33% de la population française. Encore une fois, la loi électorale en vigueur fait que seulement 33% s’approprie la décision de choix du peuple français.

– En Italie, le système électoral proportionnel à un tour élaboré à la sortie de la deuxième guerre mondiale privera du pouvoir pendant 46 ans les résistants contre le fascisme, le parti Communiste parce que pendant la guerre froide, pour Washington le plus puissant parti communiste de l’Occident avec 40% de l’électorat ne devait pas accéder au pouvoir. Encore une fois, le peuple n’a jamais eu son mot à dire. Même lorsqu’il a voté en masse, son vote a été orienté vers le résultat déjà voulu.

En conclusion, si la « communauté Internationale » croyait dans la démocratie qu’elle professe et cherche à exporter, elle serait la première à l’appliquer à la majorité de la population autochtone dite africaine du Libéria. Mais c’est juste une manœuvre de diversion, une propagande pour asseoir la domination économique sur les autres peuples du monde. Il s’agit de mettre les administrations publiques de la planète au service d’une poignée de multinationales très actives à financer les élections américaines et se garantir la mise au pas de toute l’administration américaine pour assurer le profit de leurs entreprises sur la planète entière. Et dans tout cela, nulle part le peuple n’a son mot à dire. C’est raté, parce que la Chine qui avance sachant que les règles de ce jeu sont truquées d’avance, a décidé d’inventer son propre jeu, sa propre danse que l’occident a un mal fou à suivre. Il serait tant qu’il change vite de logiciel pour l’adapter au nouveau monde avec les nouvelles règles de jeu dictées par la Chine.  Le plus difficile à admettre pour Washington dans la question libérienne c’est que le seul élément positif des 6 ans de Madame Johnson à la tête du Libéria est d’avoir réussi l’exploit d’un afflux de capitaux étrangers. Malheureusement ces investissements évalués à environ 20 milliards de dollars US sont pour 75% chinois et le restant 25% partagé entre l’Inde et le Brésil. Peut-on prétendre commander l’Afrique et le monde sans en avoir les moyens ?

Genève le 11/10/11

Jean-Paul Pougala  

pougala@gmail.com

Israël a reçu le feu vert des Etats-Unis pour attaquer l’Iran

Plusieurs sources concordantes font état de l’imminence d’une attaque Israélienne envers les installations nucléaires iraniennes.

Les menées terroristes fabriquées par l’administration d’Obama et qui accusent l’Iran représentent un feu vert pour une attaque israélienne sur l’ensemble de l’Iran qui aura lieu dans les deux prochaines semaines, selon des sources militaires confidentielles qui ont parlé avec Alex Jones.

Israël s’inquiète que des grandes puissances comme l’Allemagne tissent des relations avec l’Iran et la laissent poursuivre son programme d’enrichissement nucléaire sans entrave. Une fenêtre de deux mois a été allouée au cours de laquelle Israël a l’occasion de lancer une attaque militaire, attendre jusqu’à l’hiver, quand l’attaque sera plus difficile à mener, n’est pas une option.

Le Secrétaire US à la défense Leon Panetta en visite le 3 octobre à Tel Aviv a été incité par les autorités israéliennes a convaincre l’Amérique de donner son feu vert pour l’attaque. Moins de 10 jours plus tard, un complot terroriste fantaisiste impliquant un vendeur de voitures d’occasion a été inventé pour impliquer l’Iran et créer le prétexte à une agression militaire.

« Ces dernières semaines, d’intenses discussions ont eu lieu au sein de l’armée israélienne et des cercles de renseignement sur le fait de lancer ou non une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes. Apparemment, la question clé dans le débat était de savoir comment s’assurer que les États-Unis participent à l’attaque ou, à tout le moins, interviennent du côté d’Israël si la grève initiale a déclenché une guerre (civile?) écrit Patrick Seale de Gulf News.

Cette intervention a maintenant été mandatée par l’annonce de la tentative manquée d’attentat terroriste fabriquée de toutes pièces, qui a été réellement concocté le mois dernier, mais a seulement rendu publique aujourd’hui.

Alors que les agents des services de renseignement américains se préparent à apporter les éléments de preuves qui permettront d’accuser l’Iran, Time Magazine rapporte que l’administration d’Obama s’apprête à utiliser ces accusations pour agir au-delà des tactiques de simple isolation.

« Si l’Administration ne parvient pas à obtenir l’approbation à une escalade significative de sanctions ou d’autres formes de sanction pour le régime de Téhéran, après la présentation de la preuve des derniers crimes iraniens, la balle retournera dans la cour d’Obama, » écrit Tony Karon. « Ayant fait valoir que l’Iran a traversé une ligne rouge, il sera sous une pression accrue d’agir — ou il risque d’entrer dans une campagne électorale fortement perturbée par une accusation de laxisme vis à vis de l’Iran.

Avec les neo-conservateurs pressés d’obtenir des mesures énergiques contre l’Iran, Obama sera désormais contraint de poursuivre encore un autre acte de changement de régime. Comme nous l’avions postulé en février de l’année dernière, Obama est actuellement soumis à un chantage pour une attaque contre l’Iran, seul moyen de sauver sa présidence. Nous avions aussi avancé qu’une tentative d’assassinat servirait comme prétexte à impliquer l’Iran.

Les experts géopolitiques ne se sont pas trompés sur le fait qu’Israël s’apprêtait à frapper l’Iran cet automne.

En juillet, le vétéran de la CIA depuis 21 ans Robert Baer a dit sur KPFK Los Angeles que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préparait une attaque contre l’Iran en septembre pour la faire coïncider avec la soumission de l’adhésion de la Palestine à l’ONU.

S’entretenant avec Alex Jones Show aujourd’hui, l’ancien du département d’État Steve Pieczenik, qui a nombreux contacts à l’intérieur des sources de renseignement et qui a travaillé dans plusieurs postes sensibles au cours de sa carrière, a également indiqué que l’accusation terroriste était complètement fabriquée et qu’elle serait utilisée comme prétexte pour justifier une attaque militaire contre l’Iran.

Pieczenik a également fait remarquer qu’Israël a récemment pris livraison d’une grande quantité de missiles destructeurs de bunker.

Comme nous l’avons documenté, le complot présumé d’assassinat contre l’Ambassadeur d’Arabie Adel al-Jubeir, qui est maintenant cité par tout le monde de John Kerry à John McCain comme une justification pour une éventuelle frappe militaire, est un fantasme complet. L’ancien lieutenant-colonel américain Anthony Shaffer a révélé qu’un informateur avec une habilitation de sécurité élevée au FBI n’avait jamais eu connaissance d’éléments précisant que ce complot était connu au sein de canaux de MJ(?), ce qui indique clairement que l’épisode a été fabriqué.

Source : http://www.prisonplanet.com/sources-us-gives-israel-green-light-for-iran-strike.html

La définition de la Liberté

Je vous propose un extrait de l’introduction de « Liberty Defined »(2011), récent livre du libertarien Ron Paul, candidat à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine de 2012.

L’histoire et les idées politiques dominantes de l’Amérique s’identifient à la liberté. La Déclaration d’Indépendance affirme que la vie, la liberté et la recherche du bonheur sont des droits inaliénables, mais je pense que la vie et la recherche du bonheur dépendent également de la liberté, socle fondamental de notre pays. Nous employons le mot presque comme un cliché. Mais savons-nous ce que cela signifie ? Sommes-nous capables de la reconnaître lorsque nous la rencontrons ? Plus fondamentalement, sommes-nous capables de reconnaître l’opposé de la liberté lorsqu’il nous est vendu comme une forme de liberté ?

La liberté signifie exercer les droits humains de n’importe quelle manière aussi longtemps que cela n’interfère pas avec l’exercice des droits des autres. Cela signifie avant tout d’exclure le gouvernement de nos vies. Ce chemin seul conduit à la libération des énergies humaines qui construit les civilisations, procure la sécurité, génère la richesse, et protège le peuple des violations systématiques des droits. Dans ce sens seule la liberté peut réellement écarter la tyrannie, le grand et éternel ennemi de l’humanité.

Par dessus tout, le thème est la liberté. Le but est la liberté. Les produits de la liberté sont toutes les choses que nous aimons et dont aucune ne peut être fournie par le gouvernement. Nous devons avoir la possibilité de nous les procurer par nous-mêmes en tant qu’individus, familles, en tant que société ou pays. C’est parti : de A à Z.

Les dix principes d’une société libre selon Ron Paul:

1. Les droits appartiennent aux individus, pas à des groupes ; ils découlent de notre nature et ne peuvent être ni accordés ni supprimés par le gouvernement.

2. Toutes les associations pacifiques et volontaires de nature économique ou sociale sont autorisées ; le consentement est la base de l’ordre économique et social.

3. Tout bien justement acquis est la propriété privée d’individus ou de groupes volontairement constitués, et cette propriété ne peut être arbitrairement supprimée par les gouvernements.

4. Le gouvernement ne peut redistribuer les avoirs privés ni consentir des privilèges particuliers à tout individu ou groupe.

5. Les individus sont responsables de leurs actes ; le gouvernement ne peut et ne doit pas nous protéger de nous-mêmes.

6. Le gouvernement ne doit pas s’arroger de monopole sur l’argent d’un peuple et il ne doit jamais s’adonner à la fausse monnaie, même au nom de la stabilité macroéconomique.

7. Les guerres d’agression, même si elles sont qualifiées de préventives, et même si elles ne concernent que des relations commerciales, sont interdites.

8. Le pouvoir législatif du jury, c’est à dire le droit des jurés de juger la loi aussi bien que les faits, est un droit du peuple et la norme des tribunaux.

9. Toutes formes de servitude involontaire sont interdites, pas seulement l’esclavage mais aussi la conscription, l’association forcée et la distribution imposée de subsides.

10. Le gouvernement doit respecter la loi qu’il demande aux autres de respecter et par conséquent il ne doit jamais faire usage de la force pour inciter à des comportements, manipuler des arrangements sociaux, gérer l’économie, ou dire à d’autres pays comment ils devraient se comporter.

Chantage à l’américaine à l’encontre des palestiniens

IRNA – Les Etats-Unis ne reculent devant rien pour faire plier les Palestiniens, coupables de l’avoir défiée en déposant au Conseil de sécurité de l’ONU la demande d’adhésion de leur État, comme l’indique cette décision de membres du Congrès US de bloquer une aide de 200 millions de dollars destinée aux Palestiniens.

Voyant que leur menace d’user du droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer la reconnaissance d’un Etat palestinien n’a pas dissuadé Mahmoud Abbas de déposer la demande d’adhésion, les Etats-Unis passent à l’étape suivante en bloquant une aide économique aux Palestiniens de 200 millions de dollars.

Ce sont des élus du Congrès, qui se sont chargés samedi de la sale besogne en bloquant cette aide.

Une source parlementaire US n’a pas hésité à affirmer que ce blocage intervient après la demande d’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU.

La même source de souligner que les élus américains, à l’origine de cette action pitoyable, ont décidé de geler cette aide en guise de protestation contre la demande d’adhésion d’un Etat palestinien aux Nations unies.

“L’aide sera bloquée jusqu’à ce que cette question soit résolue”, a-t-elle ajouté, confirmant au passage une information publiée par le journal britannique The Indépendant.

Décidément, les défenseurs du régime israélien sont très nombreux aux Etats-Unis, notamment au sein des instances élues, où les places dépendent du soutien des lobbies israéliens à l’instar de la puissante AIPAC, qui constitue pratiquement un passage obligé pour les candidats aux fonctions électives américaines.

Le président Obama a menacé d’utiliser le veto pour empêcher l’approbation de la demande à l’assemblée générale de l’ONU.

Mohamed Ishteya, négociateur palestinien et membre du comité central du Fatah, a estimé qu’“il n’est pas raisonnable de négocier des positions politiques avec l’argent” suite à la demande des Palestiniens de reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU.

Mohamed Ishteya a néanmoins reconnu que “cette décision mettra nos liens avec les Etats-Unis dans une situation embarrassante” tout en tablant toutefois sur un soutien des pays arabes et musulmans qui ont promis de venir en aide aux Palestiniens si les Etats-Unis coupaient leur aide aux Palestiniens.

11 Septembre : Mère de toutes les coïncidences, père de tous les hasards

En cette année de 10e anniversaire des attentats du 11-Septembre, bien que deux Commissions et plusieurs enquêtes se soient penchées sur ces événements, les questions que nous sommes en droit de nous poser sont de plus en plus nombreuses. Par exemple, nous ne savons toujours pas en quoi consistait « la ligne à ne pas franchir » imposée par la Maison-Blanche, ou ce qui a poussé la Commission d’enquête à censurer le témoignage d’un agent du FBI rapportant qu’un attentat de grande ampleur était sur le point de se produire, ni pourquoi aucune enquête n’a été menée sur les messages cryptés menaçant l’avion du Président Bush, Air Force One, ou encore pour quelles raisons aucune enquête n’a cherché à en savoir plus sur la tentative d’assassinat de Bush par un groupe d’hommes natifs du Moyen-Orient dont l’un des proches a été jusqu’à prévenir le service de protection présidentiel que la vie de G.W.Bush pouvait être menacée. Nous ne savons pas non plus pourquoi la Commission sur le 11/9 a donné une fausse date pour l’arrivée de Mohamed Atta sur le territoire des États-Unis, ni ce qui a motivé tous les changements successifs des comptes-rendus officiels sur ce personnage, passant d’un Mohamed Atta soûl et proférant des « Nom de Dieu ! » au barman du bar Shuckums, au Mohamed Atta amateur de « jus de myrtilles, » ou à celui qui n’aurait jamais mis les pieds dans ce bar… ou encore à ce Mohamed Atta dont les bagages seront d’abord officiellement « retrouvés dans une voiture abandonnée » puis « oubliés à l’aéroport »…

La liste est longue et les éléments à examiner sont innombrables. Dans cet article, nous nous proposons de revenir sur quelques-uns de ces faits généralement peu connus, qui nous permettront de mieux appréhender le 11-Septembre dans sa globalité. Ces éléments n’étant pas d’ordre technique, ce texte devrait être compréhensible par tous.

En juin 1999, le nouveau rapport de la FEMA intitulé « Réaction d’Urgence au Terrorisme » présentait en couverture la tour nord du World Trade Center, dont la partie supérieure se trouve au centre d’une cible.  Le rapport présentait plusieurs recommandations pour mieux faire face au terrorisme parmi lesquelles : « Examiner la vulnérabilité des bâtiments fédéraux et autres bâtiments d’importance nationale, » « Elargir le programme de contre-terrorisme, » « Réduire la vulnérabilité des aéroports, des avions, des passagers et des cargaisons » « Expulser les personnes suspectes en ce qui concerne le terrorisme, » « Protéger le président et les autres responsables contre une attaque terroriste, » ou encore « Réduire la vulnérabilité des États-Unis face au terrorisme international à travers la collecte et l’analyse d’informations, le contre-terrorisme et des actions préventives, »  c’est-à-dire absolument tout ce qui n’a pas fonctionné deux ans plus tard.

Remerciements : Nous remercions Corto pour son aide à la relecture de cet article et sommes redevables à Matthew Everett et Kevin Ryan pour certaines de leurs recherches synthétisées dans les deux dernières parties. La majeure partie des informations présentées dans cet article proviennent d’articles de la grande presse ou de documents officiels répertoriés, classés et synthétisés sur le site fondamental de Paul Thompson, sa 9/11 Timeline.

Joe Allbaugh et la FEMA

Le directeur de la FEMA, de février 2001 jusqu’à sa réforme de mars 2003 (la FEMA fut alors intégrée au sein du nouveau ministère de la Sécurité nationale), n’était autre que Joseph Allbaugh, le trésorier des campagnes électorales de Bush et l’un de ses plus proches conseillers (voir photos). Avec Karl Rove et Karen Hughes, ils formaient le « triangle de fer, » comme la presse les surnommait à l’époque. C’est aussi Allbaugh qui fut chargé de questionner Cheney avant qu’il ne soit placé au poste de la vice-présidence. Il en ressortira qu’Allbaugh laissa Cheney dissimuler ses stock options pour Halliburton, ses feuilles de vote, ses entretiens, témoignages, feuilles d’imposition, dossiers médicaux et tout autre élément compromettant. Joe Allbaugh sera également le futur conseiller de Rudolph Giuliani, le maire de New York au moment des attaques, pour sa campagne présidentielle de 2007 durant laquelle Allbaugh déclarera son enthousiasme pour que « l’Amérique reste dans une posture offensive dans la guerre que les terroristes mènent contre notre nation. »

Joseph Allbaugh, trésorier des campagnes de Bush

Notons aussi cette coïncidence troublante : le 11 septembre 2001 au matin se tenait la rencontre de la National Emergency Management Association (NEMA) [Association Nationale pour les Situations d’Urgence],réunion annuelle des responsables de la FEMA. Cette réunion se déroulait dans un complexe hôtelier de Big Sky, dans le Montana, et coïncidence étonnante, comme l’explique le New York Times, « l’un des sujets principaux du jour était : comment se préparer à des attaques terroristes. » C’est Allbaugh qui présidait la réunion et il expliqua que son objectif était d’ « améliorer la réaction aux situations d’urgence » et de pouvoir se préparer à « une catastrophe. »

Signalons au passage que le 8 mai 2001, l’administration Bush attribua à la FEMA la responsabilité de la réaction en cas d’attaque terroriste sur le territoire américain, et mis en place pour cela le Bureau national de Préparation dont l’objectif était de coordonner la réaction du gouvernement face à des attaques terroristes. Évidemment, la réunion de la FEMA fut interrompue dès que les attaques eurent lieu. Mark Wolfson, le porte-parole de la FEMA déclara qu’il ne savait pas si cela avait été fait exprès que les attaques se déroulent au même moment que leur conférence annuelle, mais « c’est quelque chose sur quoi les enquêteurs et les autorités devraient enquêter. »

Enfin, notons également qu’Allbaugh est à l’origine du remplacement une semaine avant les attentats de John Magaw, le directeur adjoint de la FEMA. John Magaw était un ancien agent de police puis agent du Secret Service dont il deviendra le directeur plus tard. Il était aussi spécialiste de l’antiterrorisme. En décembre 1999, Magaw avait dirigé la section antiterrorisme de la FEMA.Allbaugh remplacera Magaw par son proche ami Michael Brown, qui travaillait auparavant pour un club d’équitation et qui n’avait aucune expérience de la gestion des crises. Le journaliste d’investigation Russ Baker écrira : « Un jour, M. Allbaugh arrive et m’a dit : « Je sais que vous avez plein de projets. Je vais demander à M. Brown d’être mon adjoint », se souvient Magaw qui se retrouvera immédiatement à un poste à moindre responsabilité qu’il occupait sous Clinton. Le timing est incroyable, une semaine seulement avant le 11-Septembre, Allbaugh remplace un responsable-clé en matière d’antiterrorisme par un de ses meilleurs amis dont l’expérience en la matière était proche de zéro. »

Jérôme Hauer et Kroll Associates

En janvier 2001, Jérôme Hauer, qui avait été directeur de l’OEM (Office of Emergency Management, agence de gestion des situations d’urgence) du maire Rudolph Giuliani de 1996 jusqu’en février 2000, fut engagé chez Kroll Associates pour diriger le groupe de gestion de crise. Hauer avait quitté l’OEM pour devenir vice-président et directeur associé au Centre de technologie et d’analyse du contre-terrorisme de la SAIC.Hauer avait également travaillé pour IBM en 1993 afin de gérer les programmes d’Hazardous Materials Response ( Réponse face aux produits dangereux ) , la gestion des crises , et la sécurité incendie.

Jérome Hauer et l’ex-maire de New York, Rudolf Giuliani

C’est Kroll Associates qui avait en charge la sécurité du complexe du World Trade Center à la date du 11-Septembre. Il s’agit d’une société spécialisée dans la sécurité et le terrorisme, qui a accueilli en son sein des anciens agents du FBI et de la CIA et qui est également liée de près avec les grandes entreprises, notamment d’assurances. C’est la société Kroll Associates qui s’est vue confier en partie la gestion de la sécurité des tours dès 1993, année où les tours ont été la cible d’un attentat. Un article du New York Times  de 1996 nous explique qu’à partir de 1996, Kroll a commencé à devenir expert en sécurité aérienne, et que cette société de sécurité publiait un bulletin concernant la « sécurité des aéroports, les alertes de gouvernements et les alertes relatives à la sécurité aérienne. »

Un autre article du New York Times  de 1999, du journaliste Randy Kennedy, intitulé « Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? C’est son boulot de le savoir, » présentait Jérôme Hauer en ces termes : « Jérôme Hauer, pour faire court, aime les choses crades, c’est-à-dire les viscères, les entrailles, les boyaux. Il y a une histoire qu’il raconte où cette fascination est vraiment palpable… Mais l’on peut difficilement rater une autre illustration, un peu plus métaphorique, quand on entre dans son bureau au 23e étage du World Trade Center 7, connu aussi sous le nom de Bunker, le centre d’aide d’urgence (OEM) de 13 millions de dollars à l’épreuve des balles, des ouragans et des pannes de courant inauguré par la ville le mois dernier. » Voici comment l’article décrit ainsi le rôle de Hauer :

« En tant que Chef de Gestion des situations d’urgence, M. Hauer supervise la réponse apportée aux effondrements de bâtiments, dont il n’a pas été privé ces trois dernières années. (…) Pendant la plus grande partie de sa vie professionnelle, la tâche de Jérôme Hauer a été d’en connaître un rayon sur le fonctionnement des choses de telle façon que lorsqu’elles ne fonctionnent plus, quand elles s’effondrent, quand  on les fait tomber ou exploser, quand elles gèlent, ou éclatent, ou grillent, il sache quoi faire. Comme tous les accros des situations d’urgence, il reste assis à imaginer d’atroces manières qu’ont les choses d’être détruites et les gens de mourir, puis il espère que tous ses projets resteront sur l’étagère. » L’article met l’accent sur les situations d’urgence qu’il énumère dans son C.V. d’expert en « crash d’hélicoptère, en incendie dans le métro, en rupture de conduite d’eau, en tempête de neige, en canicule, en panne de courant et en effondrement d’immeuble. »

Il  a également été pointé du doigt suite à ses interviews le 11-Septembre. Lors d’un entretien ce jour-là avec Peter Jennings d’ABC, Hauer a calmement expliqué que « tout avait fonctionné comme il fallait. » Il s’est également posé en expert lorsqu’il a décrit la nécessité d’une continuité du gouvernement. Jérôme Hauer fut l’une des rares personnes qui semblait connaitre la cause exacte de l’effondrement du WTC, avant même le professeur Bazant. Le 11-Septembre, interviewé par Dan Rather, Hauer était déjà capable de présenter l’explication officielle de l’impact et des incendies responsables de la destruction complète des tours. Lorsque Rather demanda à Hauer si « cela aurait nécessité au préalable de placer des explosifs ? », Hauer répondit : « Non, mon sentiment, c’est que la seule vitesse de l’avion, et le fait que vous ayez un avion plein de carburant qui heurte le bâtiment qui a ensuite brûlé, c’est que la vitesse de l’avion a certainement eu un effet sur la structure elle-même. Ensuite, le fait qu’il ait brûlé et que vous ayez cette chaleur intense, ça a sans doute aussi affaibli la structure. Et je pense, tout simplement, que les avions ont frappé les immeubles et ont provoqué les effondrements. » Rather demanda ensuite à Hauer si les attentats avaient pu être réalisés sans être commandités par un État. Hauer répondit : « Je ne suis pas sûr d’être de cet avis, que cela a été forcément commandité par un État. Cela… porte incontestablement la marque de quelqu’un comme ben Laden. »

En mai 2002, Hauer s’est vu nommé au poste de secrétaire adjoint par intérim du Bureau de Gestion d’urgence de la Santé publique, devenant ainsi membre de l’administration Bush. En décembre 2004, accompagné de militaires et de représentants de la Sécurité intérieure, Hauer présenta au National Press Club de Washington une série de briefings concernant la Bio-Défense. Y participait également George Lowell, conseiller scientifique en chef de ID Biomedical Corporation. C’est ID Biomedical (désormais filiale de Glaxo Smith Kline) qui a fabriqué le vaccin contre le virus H1N1. C’est une filiale, propriété exclusive d’Apollo Management, appelée CEVA Logistics, qui avait été contractée pour expédier les vaccins, sous scellés, aux installations de traitement. Apollo Management a été fondée par Léon Black, qui fait maintenant partie du Groupe de travail de la Port Authority de New York. Parmi les directeurs de la société, on retrouve Jeffrey Benjamin de Bankers Trust et de Ressources Exco, des locataires du WTC, Henry Silverman de Cendant et de l’autorité portuaire de NYC, la PANYNJ, ainsi que l’épouse d’A.B. Krongard, Cheryl Gordon Krongard.

Deux mois après les événements, en novembre, Jérôme Hauer fit partie d’un comité du CFR (Conseil sur les Relations Etrangères) qui présenta un document intitulé Groupe de Travail Indépendant sur la Réponse de l’Amérique au Terrorisme. Ce groupe exigeait entre autres de promouvoir la politique extérieure des États-Unis de façon massive et que le Congrès vote d’énormes sommes d’argent dans ce but. Il préconisait aussi d’élargir la propagande de Guerre contre le terrorisme au monde entier et que les explications n’allant pas dans le sens du gouvernement américain soient neutralisées. Notons au passage qu’en novembre 2001, pour sa propagande, le CFR doublait le nombre de victimes du 11-Septembre, passant de 3000 à 6000 alors que dès le 7 octobre, American Airlines, United Airlines, le ministère de la Défense, l’Office médical de New Yorket le service de lutte incendie de New Yorkavaient déjà fourni les listes partielles des victimes qui évolueront assez peu par la suite, les disparus étant désormais comptabilisés comme victimes. Et le jour même des attaques, la presse comptait déjà environ 4000 disparus dont 556 étaient confirmés comme étant décédés, des chiffres cohérents avec le nombre final de victimes.

Enfin, n’oublions pas que le nom de Jérôme Hauer est aussi lié à l’affaire de l’Anthrax. C’est Hauer qui aurait conseillé à l’équipe de la Maison Blanche de prendre du CIPRO, un antibiotique efficace contre l’anthrax, le jour du 11-Septembre, c’est-à-dire une semaine avant que l’on ne reçoive la première lettre contaminée à l’anthrax.

John O’Neil et Larry Silverstein

John O’Neil

Avant le 11-Septembre, John O’Neil était responsable de l’antiterrorisme au bureau du FBI à New York. Le New Yorker décrit O’Neil comme « l’agent du FBI le plus engagé dans la traque d’Oussama ben Laden et de son réseau terroriste Al-Qaïda. » Le journaliste d’investigation Eric Laurent écrit que John O’Neil est « le premier à avoir déchiffré réellement les rouages du réseau d’Oussama ben Laden, considéré à l’époque comme un groupuscule inconnu. » Mais, continue Laurent, « O’Neil a été entravé dans ses enquêtes dès l’arrivée au pouvoir de l’administration Bush. Les consignes, tranchantes comme un couperet, l’empêchaient désormais d’enquêter sur la famille ben Laden et l’implication du royaume saoudien dans le financement du terrorisme. Désabusé, victime de cabales internes, O’Neil a fini par jeter l’éponge et quitter le FBI pour devenir le responsable de la sécurité du World Trade Center. »

En effet, John O’Neill avait démissionné de son poste de directeur adjoint du FBI au cours de l’été 2001 à la suite des obstructions répétées à son enquête par l’administration Bush. O’Neil expliquera que « le principal obstacle dans l’enquête sur le terrorisme islamique concerne les intérêts des compagnies pétrolières ainsi que le rôle joué par l’Arabie Saoudite. » Il ajouta que « toutes les questions, tout ce qu’il faut pour démanteler l’organisation de ben Laden, se trouvent en Arabie Saoudite. » D’après O’Neil, la Maison Blanche faisait obstacle à son enquête sur ben Laden, car ses responsables désiraient toujours négocier avec les Taliban afin de construire un pipeline en Afghanistan. O’Neil suspectait Tom Pickard, qui deviendra le directeur par intérim du FBI dès juin 2001, d’avoir fait écrire un article dans le New York Times  racontant qu’il avait égaré une serviette contenant des dossiers classés top-secret, valise qu’il retrouva quelques heures plus tard. D’après le New Yorker, le nouveau directeur du FBI voulait le remplacer par un proche de Bush.  Le 22 août, O’Neil quitta le FBI, il ne lira jamais les avertissements de la CIA concernant les pirates Nawaf Alhazmi et Khalid Almihdhar et qui avaient été reçus la veille, ni ne saura que Zacarias Moussaoui avait été arrêté le 15. Il n’avait pas non plus pu assister à une réunion en juin, au cours de laquelle la CIA avait révélé ce qu’elle savait de Khalid Almihdhar. Le journaliste Chris Isham, d’ABC News, expliquera que « John savait que la sonnette d’alarme retentissait. Et il savait qu’il y avait quelque chose, qu’il y avait beaucoup d’avertissements et que les voyants étaient au rouge (…) Et il a senti qu’il était mis à l’écart, qu’il était désormais dans l’incapacité de pouvoir y faire quelque chose à cause de sa relation avec le FBI. » O’Neil venait juste de prendre ses nouvelles fonctions de chef de la sécurité du World Trade Center. En fait, il avait commencé son travail quelques jours avant les attaques, le 23 août 2001, puis s’était installé au 34e étage de la tour sud du WTC (WTC2). Il y avait été attiré puis embauché par son ami Jérôme Hauer.

Le milliardaire Larry Silverstein

C’est Laurence Silverstein en personne qui a insisté pour qu’O’Neil prenne son poste avant la première semaine de septembre, du fait que c’est sa société Silverstein Properties qui prenait en charge les bâtiments. Apprenant son nouveau poste, son ami Chris Isham, d’ABC, lui avait dit, en se référant à l’attentat de 1993, « He bien, ça va être un boulot plutôt tranquille, ils ne vont pas une nouvelle fois y mettre des explosifs. » Ce à quoi, O’Neil lui répondit « Eh bien, en fait ils ont toujours voulu finir le boulot, je pense qu’ils vont réessayer. » Le 7 septembre, O’Neil s’était plaint de plusieurs problèmes relatifs à la sécurité du WTC, il avait expliqué par exemple que leurs téléphones n’avaient pas d’afficheur d’appel et qu’ils recevaient depuis peu des menaces de bombes. Le World Trade Center était en état d’alerte depuis la réception de nombreuses menaces. Le quotidien britannique The Independent rapporta que fin août, « les mesures de sécurité au World Trade Center avaient été augmentées avec l’arrivée de chiens renifleurs d’explosifs et une vérification systématique des camions de marchandises. Aucune explication n’a été donnée quant à ce renforcement de la sécurité. » Dans le même temps, les agents de sécurité devaient faire des rondes supplémentaires à cause des appels concernant les menaces à la bombe. Cependant, le 6 septembre, les chiens renifleurs d’explosifs furent immédiatement retirés et le niveau de sécurité fut même rabaissé juste avant le 11-Septembre. L’agent de sécurité Daria Coard expliquera dans une interview dans l’après-midi du 11-Septembre, après les attaques : « Aujourd’hui, c’était le premier jour où la sécurité n’était pas renforcée. » Le 10 septembre, O’Neil rencontra son ami Raymond Powers, ancien chef des opérations de la police de New York, afin de parler des procédures de sécurité. Leur conversation tournait autour de ben Laden. Le journaliste Murray Weiss écrit que « comme il ne cessait de le répéter depuis 1995 à tout haut responsable de Washington qui lui prêtait l’oreille, O’Neil disait qu’il était certain que ben Laden mènerait une attaque sur le sol des États-Unis, et il pensait que celui-ci s’en prendrait une nouvelle fois au World Trade Center. » Il expliqua à Powers que c’était « sur le point de se produire » et que « quelque chose était en train de se tramer. » Le 10 septembre au soir, O’Neil passait la soirée en compagnie de ses amis Robert Tucker et Jérôme Hauer, et une fois de plus la discussion tourna autour de ben Laden. Il leur dit : « Il faut s’y attendre, il faut s’attendre à quelque chose de gros. Des événements se sont produits en Afghanistan et je n’aime pas vraiment la façon dont les choses tournent en ce moment en Afghanistan. J’ai le sentiment que nous sommes à un tournant, et je sens que quelque chose va arriver. » Quand on lui demanda « quand ? » il répondit « Je ne sais pas, mais très bientôt. »

John O’Neil est mort lors de l’effondrement de la tour sud à 9 h 59, après avoir coordonné l’arrivée des pompiers et des policiers sur place. Son corps fut identifié dans les décombres du WTC le 22 septembre par son ami et celui-là même qui lui avait procuré son poste au WTC, Jérôme Hauer.

Il est intéressant de noter qu’Howard Rubenstein, représentant de Laurence Silverstein, devait rencontrer John O’Neil le 11-Septembre à 8h le matin. O’Neil lui avait demandé s’il pouvait venir le 11-Septembre afin de discuter de ce qu’ils pouvaient faire « afin d’empêcher une attaque terroriste, » mais Rubenstein lui expliqua qu’il avait un rendez-vous et qu’il ne pouvait pas venir. Le New York Times  rapporte que des représentants de Silverstein Properties devaient être en réunion au 88e étage de la tour nord le 11-Septembre au matin avec des responsables de l’autorité portuaire afin de discuter des mesures à prendre en cas d’attaque terroriste, mais que cette réunion sera annulée à cause d’un responsable ne pouvant pas s’y rendre. Rubenstein jouera un rôle central dans l’affaire qui opposa Laurence Silverstein à ses assureurs. Silverstein a en effet considéré, et ce, dès le 12 septembre, que les deux attaques contre les Tours Jumelles étaient deux événements distincts, et qu’il devait par conséquent être remboursé deux fois. Silverstein réclamera ainsi 7 milliards de dollars. Mais cela ne lui suffira cependant pas. En effet il accusera également les compagnies aériennes et de sécurité des aéroports de n’avoir pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour empêcher les actes de terrorisme et donc la destruction de ses bâtiments et il cherchera à obtenir d’eux plus de 12 milliards de dollars.Silverstein venait d’acquérir le complexe du World Trade Center.Sept semaines avant le 11-Septembre, pour la première fois de son histoire, le World Trade Center changea de direction. Silverstein, qui possédait déjà le bâtiment 7, obtint pour 14 millions dollars un bail de 99 ans pour les Tours Jumelles ainsi que les bâtiments 4 et 5 du complexe du World Trade Center de 3,22 milliards de dollars, qui prévoyait spécifiquement les actes de terrorisme. Il s’agit de la plus grosse vente d’immobilier de la ville et de la plus grande privatisation dans l’histoire de la ville. Le complexe appartenait auparavant à la New York Port Authority. Avant la finalisation du bail, un rapport de risque sur le World Trade Center avait été produit par la société de Silverstein, ce rapport présentait justement le risque d’un avion entrant en collision avec l’un des bâtiments comme « la perte maximum à prévoir. » Le bail comprenait les droits de reconstruire les structures des immeubles au cas où celles-ci seraient détruites. Le jour même des attaques, Rudolphe Giuliani déclarera : « Nous reconstruirons : nous allons en sortir plus forts qu’auparavant, plus forts au niveau politique, plus forts au niveau économique. La skyline sera complète à nouveau. » Bush déclarera au cours d’une séance du Congrès que son administration travaillera de concert avec le Congrès « pour montrer au monde que New York sera reconstruite. » Silverstein expliquera à son tour que « ce serait la tragédie des tragédies de ne pas reconstruire cette partie de New York. Ce serait donner aux terroristes la victoire qu’ils cherchent. »

Notons que Silverstein avait failli perdre l’obtention du bail. En effet, le 15 février 2001, la proposition pour le WTC de Vornado Real Trust dépassait celle faite par Silverstein Properties pour un montant de 3,25 milliards de dollars. Vornado est une société d’investissement immobilier dont le principal actionnaire était Bernard Mendik, ex-meilleur ami, partenaire fondateur d’une affaire commune, et beau-frère de Silverstein, également grand ami du maire Rudolphe Giuliani que ce dernier avait choisi pour diriger un ensemble d’activités autour de la fourniture d’installations sanitaires, de services de sécurité ainsi que d’autres services  liés à la gare ferroviaire de Grand Central Terminal. On a expliqué qu’entre la fin mars et la mi-avril 2001, Vornado « changea soudain d’avis » et « se retira soudainement ». Le 26 avril 2001, Silverstein déposait son offre finale pour le WTC, tandis qu’à peine 4 semaines plus tard, Bernard Mendik décédait. C’est ainsi que le 24 juillet 2001, l’offre de Silverstein qui était inférieure de 50 millions de dollars à celle de Vornado fut officiellement acceptée et l’affaire conclue. Bernard Mendik est décédé le 28 mai 2001, officiellement d’une attaque cardiaque après être « soudainement tombé malade. » Seulement quelques semaines après que Vornado « se fut soudainement retirée » à la suite de sa proposition qui devait gagner face à Silverstein pour le WTC. Mendik était, pour autant que ses amis aient pu en juger, « un homme en pleine forme et soucieux de sa santé ». En fait, Mendik avait même joué au tennis comme à son habitude le jour même de sa mort. Il s’était aussi prêté à des check-ups réguliers auprès des meilleurs médecins.

O’Neil croise Mohamed Atta en Espagne

Pour rester dans les coïncidences étranges, notons au passage que John O’Neil et sa compagne Valerie James étaient en voyage en Espagne du 5 au 16 juillet. Ils étaient accompagnés de Mark Rossini, agent de la CIA affecté à Alec Station, l’unité de la CIA chargée de la traque de ben Laden. Après être restés 4 jours à Marbella, O’Neil et Rossini arrivèrent à Madrid le 9, or il s’agissait de la veille du jour où Mohammed Atta, le prétendu chef des terroristes était arrivé à Madrid pour finalement repartir le 9. Mais les coïncidences ne s’arrêtent pas là puisqu’après leur séjour à Madrid, O’Neil et Rossini se rendirent en Catalogne pour une conférence dans la petite ville de Salou où ils séjourneront à l’hôtel Casablanca Playa. La chose incroyable mais vraie, c’est que Mohammed Atta avait quitté Madrid pour se rendre en… Catalogne afin d’y rencontrer Ramzi bin al-Shibh, et que Atta se rendra également… dans la petite ville de Salou, dormant dans le même hôtel, le Casablanca Playa.

Le NIST et la nanothermite

Le NIST est l’organisme gouvernemental ayant conduit la seconde enquête sur l’effondrement du World Trade Center. Le NIST dépend directement du ministère du Commerce américain. L’un des problèmes majeurs qui se pose quant à l’étude du NIST est que le NIST n’était pas plus indépendant de la Maison Blanche que ne l’étaient la FEMA ou la Commission d’Enquête. Le NIST fait partie du ministère du Commerce, et donc à l’époque était directement rattaché à l’administration Bush. D’ailleurs, la première page du Rapport final porte le nom de Carlos Guttierez, le tout nouveau ministre du Commerce de Bush.

Pendant toute la durée de l’enquête du NIST, de 2002 à 2005, le ministre du Commerce, en charge des organismes rattachés à son ministère dont le NIST fait partie, n’était autre que Donald Evans, l’un des meilleurs amis de George Bush, et celui qui l’a présenté à une congrégation chrétienne pour le sauver de sa dépendance à l’alcool. En effet, en 1985, âgé de 39 ans, Bush traversait une crise profonde, marquée par les échecs professionnels. C’est à cette époque que Evans, qui traversait également de graves difficultés personnelles, avait convaincu son ami de l’accompagner au programme Community Bible Study afin d’étudier intensivement en petits groupes de dix un livre de la Bible par an. Pendant deux années, les deux amis se plongèrent dans l’étude de l’Évangile selon Saint-Luc, étudièrent la conversion de Paul sur le chemin de Damas et la création de l’Église chrétienne. À l’été 1986, après qu’Evans et lui aient fêté leurs 40 ans, Bush était désormais sauvé de l’alcool.Par ailleurs, comme le note Kevin Ryan, tous les directeurs de service rattachés au ministère furent nommés par Bush lui-même.

Arden Bement a été nommé par George Bush en octobre 2001 au poste de directeur du NIST, et il est resté directeur de l’organisme jusqu’en 2004. Il occupait auparavant la direction du Programme de Recherche pour le ministère de la Défense. Il a également travaillé comme directeur de recherche pour l’agence de projets de recherche avancée dans le secteur de la défense ( Defense Advanced Research Projects Agency, DARPA), c’est-à-dire l’agence chargée du développement des technologies militaires pour l’armée américaine. A l’époque, la DARPA développait déjà de nouvelles technologies de gel explosif, et ce programme de recherche incluait le Centre de conduite des opérations militaires navales de surface (U.S. Naval Surface Warfare Center), chargé de développer des nouveaux explosifs à base de thermite. Bement a également travaillé à l’université de Purdue, laquelle a réalisé une étude confirmant les analyses du NIST. Bement a également été directeur de Battelle Northwest Laboratories, laboratoire directement lié au ministère de la Défense, et c’est également là où l’anthrax de 2001 a été synthétisé. Il a aussi été directeur de la Lord Corporation, qui en 1999 travaillait sur la conception de composés chimiques pour l’armée américaine.

À partir de 2004, et donc jusqu’à la fin de l’enquête sur le World Trade Center, c’est Hratch Semerjian qui fut nommé directeur du NIST. Or Semerjian a coécrit plus de 10 articles avec Michael Zachariah, qui n’est autre que l’un des plus éminents spécialistes mondiaux en matière de nano-explosifs et qui travaillait pour la Defense University Research Initiative on Nanotechnology, un vaste programme de développement de composés chimiques explosifs pour le ministère de la Défense.

En janvier 2008, Jennifer Abel, du journal Hartford Advocate, rapporte une conversation très intéressante qu’elle a eue avec Michael Newman, le porte-parole du département des affaires publiques et commerciales du NIST. Abel lui a demandé : « Qu’en est-il de ce courrier où le NIST explique n’avoir jamais recherché de traces d’explosifs ? » La réponse de Newman fut : « Eh bien, c’est parce que rien n’indiquait que ce fût le cas. » Suite à cette réponse pour le moins étrange, Abel demanda : « Mais comment pouvez savoir que rien n’indiquait que ce fût le cas si vous n’avez même pas cherché ? », ce à quoi Newman répondit « Si vous recherchez quelque chose qui n’existe pas, c’est une perte de temps, et de l’argent du contribuable. »

Cette réponse est pour le moins étonnante lorsque l’on sait comme nous l’avons vu plus haut, que le directeur du NIST à l’époque, coauteur de plus de 10 articles avec l’un des plus éminents spécialistes mondiaux en matière de nano-explosifs , travaillait pour la Defense University Research Initiative on Nanotechnology, le programme de développement de composés chimiques explosifs pour le compte du ministère de la Défense évoqué plus haut.

En outre, le NIST possède son propre centre de recherche en nanomatériaux et le Reactive Flows Group du NIST s’occupe de la recherche en nanomatériaux et sur les réactions à haute température.En 2003, soit deux ans avant que le NIST ne rende sont rapport sur les Tours Jumelles, l’organisme avait signé un partenariat avec la University of Maryland College Park pour le développement des nanotechnologies telles que la nanothermite.

Ajoutons que Richard Gann, qui a rédigé le Rapport final du NIST, dirigeait un projet nommé « Next-Generation Fire Suppression Technology Program » avant et après le 11-Septembre. Collaborait à son projet Andrzej Miziolek, également un des plus grands experts mondiaux en nanothermite,auteur d’un document intitulé « Application militaire des Nanomatériaux. » Le projet de Gann fut financé par la Recherche en Stratégie environnementale et Programme de Développement du ministère de la Défense qui finançait également les laboratoires de Livermore pour leurs recherches en matière de nanothermite. Et justement, il se trouve que depuis 1999, Miziolek travaillait sur la nanothermite en collaboration avec les laboratoires de Livermore.

Un attentat entre novices et réunions

En ce qui concerne les attaques du 11-Septembre, il est important de souligner que le matin du 11 septembre 2001, de nombreux hauts responsables de l’administration civile et militaire des États-Unis en poste étaient soit des novices dans leurs fonctions, soit des remplaçants, soit en réunion au moment même où le pays était attaqué.

1) Le général de brigade aérienne Montague Winfield, le chef opérations (DDO) au National Military Command Center (NMCC) participe le matin du 11-Septembre à une réunion qu’il n’interrompra même pas après le deuxième crash d’avion. Il avait demandé, la veille, à un novice, le capitaine de vaisseau Charles Leidig, de le remplacer à son poste au NMCC lorsqu’il serait parti à sa réunion qui débutait à 8 h 30, soit 15 minutes avant la première frappe sur le World Trade Center. Le général de brigade aérienne Norman Seip, un des autres généraux qualifiés pour le poste de chef opérations au NMCC participait également à cette réunion.

Montague Winfield

Alors que les conférences du NMCC étaient en principe organisées par le général de brigade aérienne Montague Winfield, chef opérations de cet état-major, le 11-Septembre celui-ci s’était donc fait remplacer par son adjoint, le capitaine de vaisseau Charles Leidig. C’est Leidig, affirme le Pentagone, qui a organisé cette conférence le 11-Septembre et qui plus tard a témoigné à son sujet devant la Commission le 17 juin 2004. Même après que le deuxième avion se soit encastré dans la tour sud à 9 h 03, donc après qu’il était devenu manifeste que les attaques étaient un attentat organisé, Winfield restera à sa réunion. Il ne retournera à son poste qu’après la fin des attaques, entre 10 h 15 et 10 h 30. Le capitaine de vaisseau Charles Leidig Jr prit la place d’adjoint du chef des opérations de l’état-major seulement deux mois avant le 11-Septembre. En août 2001, il fut qualifié au poste de directeur adjoint des opérations du NMCC, situé au Pentagone. La veille du 11-Septembre, le général de Brigade aérienne W. Montague Winfield, chef des opérations du NMCC, demanda à Leidig de le remplacer le 11-Septembre. Par conséquent, entre 8 h 30 et 10 h 30 ce jour-là (c’est-à-dire pendant les attaques) un officier remplaçant était responsable de la tenue d’une téléconférence « événement grave » (qui est devenue par la suite une téléconférence « menace aérienne ») pour faire face aux attaques. Aucune explication ne fut donnée pour expliquer pourquoi cette situation s’était produite.

2) Le 11-Septembre, le général John Jumper entame son premier jour en tant que chef d’état-major de l’Air Force. Ce n’est que le 6 septembre qu’il fut nommé à son poste et le 11-Septembre il prenait ses fonctions pour la première fois au cours d’une réunion ayant lieu le matin même. Le vice-chef d’état-major, Lance Lord, et le chef de l’Air Force, James Roche, y étaient également présents. Après que quelqu’un ait allumé un poste de télévision, l’équipe serait restée près de huit minutes à regarder ce qui se passait. Roche et Jumper n’arriveront au centre des opérations du Pentagone qu’après la troisième frappe, soit après 9 h 37, après avoir mis en place la Crisis ActionTeam.

Le Général John Jumper

3) Ben Sliney, ancien aiguilleur du ciel et avocat du privé, entamait le 11-Septembre son premier jour comme National Operations Manager de la FAA. Le 11-Septembre au matin, au moment du détournement du vol AA11, il était en réunion. À 8 h 28, il sera informé du détournement du vol AA11, mais décidera de continuer sa réunion en annonçant le travail qu’il devait effectuer durant la journée. Ce n’est qu’à 8 h 40 qu’il décidera de stopper la réunion, après qu’un contrôleur soit entré dans la pièce en insistant sur le fait que la situation était grave et qu’une hôtesse de l’air venait d’être poignardée. Quand il sera informé qu’un avion inconnu approche de New York, la première chose que fera Sliney sera de se demander s’il était autorisé à demander l’aide des militaires.

L’ex contrôleur aérien Benedict Sliney

En plus de se le demander, il dit avoir contacté différents niveaux de sa hiérarchie pour savoir s’il était bien autorisé à demander cette aide. Et après que tout le monde lui ait confirmé que c’était précisément son rôle, il se décida enfin à agir, mais trop tard. Pourtant, Sliney va ensuite faire de son mieux. En effet, il a affirmé que c’était lui qui, à 9 h 42, avait ordonné à tous les avions d’atterrir à l’aéroport le plus proche.

4) Que faisait Cheney avant la première frappe contre le World Trade Center, c’est-à-dire avant 8 h 46 ? Cheney avait rendez-vous avec son rédacteur de discours, John McConnel, à 8 h 30. McConnel a attendu Cheney qui a discuté pendant une vingtaine de minutes, de  8 h 25 jusqu’à la première frappe, avec Sean O’Keefe, le directeur adjoint du Bureau de la gestion et du budget, et qui avait été directeur de la gestion des comptes du Pentagone et était très proche de Cheney lorsque celui-ci était à l’époque ministre de la Défense pendant l’administration Bush père. Cependant, de manière incroyable, que ce soit Cheney ou O’Keefe, ils diront tous deux qu’ils ne se souviennent plus de ce sur quoi portait leur discussion. Même le biographe de Cheney, qui l’admire, a rapporté cet épisode en ne masquant pas son étonnement : « Le 11-Septembre, à 8 h 30, O’Keefe a passé plus de 20 minutes dans le bureau de Cheney à discuter avec lui d’un sujet qui paraissait urgent. Mais ni l’un ni l’autre ne se souviendront de ce sur quoi portait leur discussion tellement importante ».

Sean O’keefe, directeur adjoint
du Bureau de la gestion et du budget

5) Le Général Ralph Eberhart, qui sera également chef de l’US Space Command, était le commandant en chef du NORAD et se trouvait, le 11-Septembre au matin, au siège du NORAD à la base aérienne de Peterson (Peterson Air Force Base). Lorsqu’il a appris que les attaques avaient commencés, il a, dit-il, essayé de joindre le général Henry Shelton qui lui était au-dessus de l’Atlantique, en partance pour l’Europe pour une réunion de l’OTAN, après quoi il a « appelé les plus hautes autorités du Pentagone, » c’est à dire soit Donald Rumsefld, soit le général Richard Myers. Ensuite il a fait un voyage en voiture de trois quarts d’heure jusqu’à Cheyenne Mountain, car expliquera-t-on, les moyens de communication y étaient plus sophistiqués, trajet durant lequel il fut injoignable. Shelton était le président du Comité des chefs d’état-major, mais en son absence, le 11-Septembre, c’est Richard Myers qui assurait son intérim.

Le Général Ralph Eberhart

6) Le Major général Peter Chiarelli a été nommé directeur des opérations pour l’armée un mois seulement avant les événements. Il travaillait pour le Centre des opérations militaires (AOC) du Pentagone. Chiarelli rapportera en 2002 qu’une fois en poste, il avait « prévu de réaliser un exercice pour l’Équipe d’Action de Crise (Crisis Action Team, CAT). » Cet exercice était une simulation de crash aérien contre les Tours Jumelles au cours de la semaine suivant le 11-Septembre.

Major Général Peter Chiarelli

7) Où se trouvaient Donald Rumsfeld, le ministre de la Défense, et Richard Myers, chef de l’US Space Command, les deux plus hauts responsables militaires ? L’un des éléments centraux en ce qui concerne l’affirmation de la Commission selon laquelle les militaires n’avaient pas connaissance du détournement du vol AA77 et par conséquent du fait que le Pentagone risquait d’être attaqué, est l’explication donnée à propos de ce que faisaient le ministre de la Défense Donald Rumsfeld et le général Richard Myers, vice-président du comité des chefs d’état-major. Pour son compte-rendu des événements, la Commission s’est basée sur les propres témoignages de ces deux responsables.

D’après la Commission d’enquête, après avoir appris qu’une seconde attaque avait eu lieu contre le World Trade Center, Rumsfeld serait resté à son bureau où un employé de la CIA lui faisait un compte-rendu, jusqu’au moment où le Pentagone fut frappé, après quoi il se serait rendu sur le lieu de l’attaque pour voir ce qui s’était passé et aider les brancardiers à transporter les blessés. Il serait ensuite retourné à son bureau vers 10h d’où il eut une conversation téléphonique avec le président Bush, puis il se serait alors rendu à l’Executive Support Center, « d’où il participa à la visioconférence de la Maison Blanche. » Ce n’est que vers 10 h 40 qu’il aurait été mis « au courant de la situation. »

Le Général Richard Myers

Toujours selon la Commission, le général Myers était à Capitole Hill en réunion avec le sénateur Max Cleland. Myers devait confirmer au cours d’un entretien son souhait de succéder au président du comité des chefs d’état-major lors de la relève à venir. Comme il pensait que la première frappe contre le World Trade Center n’était qu’un accident et qu’il n’aurait pas été informé de la seconde, ce n’est qu’après la troisième attaque, contre le Pentagone, que Myers aurait quitté le bureau de Cleland pour se rendre au Pentagone où il serait arrivé juste avant 10h.

Il se trouve que ces deux témoignages, outre le fait qu’ils sont tout à fait invraisemblables, ont été contredits par Richard Clarke dans son livre « Without Precedent » ( Sans Précédents ) publié alors que les auditions de la commission continuaient de se tenir. Le 11-Septembre, pendant la matinée, Clarke a participé à une visioconférence à partir de la salle de visioconférence de la Maison Blanche. D’après lui cette visioconférence a débuté à 9 h 10. Il explique y avoir vu Rumsefld et Myers, il s’est entretenu avec Myers à 9 h 28 et avec Rumsfeld vers 9 h 55.

8) Le président des États-Unis George W. Bush, chef suprême des armées, visitait ce matin-là une école primaire. Même après qu’Andrew Card lui eut appris que le World Trade Center avait été frappé pour la seconde fois, et donc que le pays était attaqué, le président non seulement ne bougea pas même un sourcil mais le Secret Service, la protection présidentielle, le laissa tranquillement continuer la séance de lecture de « Ma Chèvre Adorée», alors que l’école est située à seulement quelques kilomètres d’un aéroport, pour le laisser ensuite prendre quelques dernières photos et serrer la main du personnel éducatif avant de partir de l’école.

9) Deborah Loewer, capitaine de vaisseau et directrice de la « salle de situation » de la Maison Blanche, accompagnait le président Bush lors de son déplacement à l’école Brooker de Sarasota, alors que le directeur de situation de la Maison Blanche n’a jamais accompagné un président en déplacement. C’est Normalement Condoleeza Rice ou son adjoint Stephen Hadley, qui aurait dû l’accompagner, mais Rice expliquera que « compte tenu du fait qu’il s’agissait d’un court déplacement, nous avons choisi de procéder ainsi. » Notons que Deborah Loewer, après avoir appris le crash du premier avion sur la tour nord du World Trade Center par son adjoint qui était à la Maison Blanche, expliqua être sortie de sa voiture pour se précipiter vers celle de Bush pour l’informer de ce qui s’était passé à leur arrivée à l’école. Cependant, contre toute attente en décembre 2001, lorsqu’une jeune adolescente demanda à George Bush quelle fut sa première réaction aux attaques, Bush lui répondit qu’il avait pensé à un accident dû à un mauvais pilote et qu’il avait vu le premier crash à la télévision, avant d’entrer dans la classe. Cette affirmation soulève plusieurs énormes problèmes, de plus en plus graves : (1) Bush a affirmé le soir même que « tout de suite après la première attaque » il avait « demandé la mise en place des plans de réponse gouvernementale aux urgences, » ce qui suggère qu’il ne pensait pas à un accident et donc qu’il avait déjà été briefé sur le sujet (2) les images du premier avion frappant la tour nord n’ont été diffusées que le lendemain, après que les chaînes de télévision eurent pu récupérer l’extrait vidéo filmé par les frères Naudet (3) Bush n’a eu accès à une télévision qu’environ 15 minutes plus tard (4) Bush contredit directement Loewer qui explique avoir averti Bush avant d’arriver à l’école, et enfin (5), en plus de contredire le témoignage de Loewer, la « version Jordan » de Bush n’est autre que… la septième version des faits sur la manière dont Bush aurait pris connaissance des attaques (dans la limousine alors qu’ils étaient en route vers l’école, la version de Loewer, celle de Card, celle de Rove, celle de Gottesman, celle de Rice ou la version à la télévision.

Capitaine de vaisseau Deborah Loewer

10) Le directeur de la CIA, George Tenet, prenait ce matin-là son petit déjeuner avec le sénateur David Boren. Il prédit avant que cela ne soit connu qu’Oussama Ben Laden allait lancer une attaque de grande envergure. A noter également que Donald Rumsfeld a lui aussi «prédit» les attaques dans la matinée du 11-Septembre. Alors qu’ils étaient en train de prendre le petit déjeuner dans les appartements privés de Rumsfeld au Pentagone pour discuter de la réunion sur la Défense, tenue tous les quatre ans par le ministère de la Défense, Rumsfeld évoquait la défense antimissile, le danger terroriste et la vulnérabilité des États-Unis. Thomas White, Chef d’état-major de l’armée de Terre, présent à cette réunion expliquera : « Don Rumsfeld avait organisé un petit déjeuner, et pratiquement tous les hauts responsables du ministère de la Défense étaient présents, les directeurs des départements, le ministre, son adjoint, le Chef d’état-major des armées, tout le monde. À la fin du petit déjeuner, le premier avion frappait le World Trade Center. » Le député Christopher Cox se souvient des paroles de Rumsfeld lors du déjeuner : « Si nous restons vulnérables à une attaque de missile, un groupe terroriste ou un État voyou qui se montrerait capable de frapper les États-Unis ou ses alliées sur une longue distance pourrait avoir le pouvoir de nous maintenir en otages par rapport au nucléaire ou tout autre chantage. Et je vais vous dire, j’ai fait plusieurs fois le tour du problème. Il va se passer encore autre chose. Il va encore se passer quelque chose. » Suite à la mention de cette étrange coïncidence, Rumsfeld lui-même expliquera en décembre 2001 à Larry King : « Lors du petit déjeuner de huit heures, j’ai expliqué que dans les deux, quatre, six, huit, dix, voire douze mois à venir, il allait se produire un événement mondial, suffisamment choquant pour rappeler à tous ô combien il est primordial d’avoir un fort et énergique ministère de la Défense qui permet de contribuer à maintenir la paix dans le monde. » Ce à quoi, Paul Wolfovitz a répondu : « Et nous leur avons ensuite expliqué que d’après ce que Rumsfeld et moi-même avions vu et ce sur quoi nous avions travaillé, la menace de missiles balistiques, que nous allions surement avoir quelques mauvaises surprises dans les dix ans à venir. » Le représentant John Mica se souvient : « La discussion lancée par Rumsfeld concernait le fait que les ressources militaires avaient été négligées pendant les années 90, depuis la chute du mur de Berlin et ce en quoi nous devions changer cela si un autre – le terme employé par Rumsfeld était « incident » – se produisait. Et il essayait de bien nous faire comprendre qu’il fallait se préparer à quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas. » John Mica ajoutera plus tard : « Ce que nous ignorions, c’est que quelques minutes plus tard après notre discussion, à la fin du petit déjeuner, le monde allait changer et que cet incident dont nous parlions quelques minutes plus tôt était en train de se produire. »

John Mica

11) Notons également que Robert Mueller, qui sera quelques jours plus tard à la tête de la plus grande enquête jamais effectuée, venait d’être nommé directeur du FBI le 4 septembre.

12) Notons aussi que le 11 septembre 2001 au matin se tenait la réunion annuelle des responsables de la FEMA, dans le Montana. Le 8 mai 2001, l’administration Bush avait placé la FEMA en charge de la réaction en cas d’attaque terroriste sur le territoire américain et mis en place pour cela le Bureau national de Préparation dont l’objectif était de coordonner la réaction du gouvernement face à des attaques terroristes. Mark Wolfson, le porte-parole de la FEMA, déclarera qu’il ne savait pas si cela avait été fait exprès que les attaques se déroulent au même moment que les responsables de l’organisme chargés d’y répondre tenaient leur conférence annuelle, mais, explique-t-il, « c’est quelque chose sur quoi les enquêteurs et les autorités devraient enquêter. »

13) Le 8 août 2001, c’est James R. Clapper que Donald Rumsfeld et George Tenet, directeur de la CIA, nommaient comme nouveau directeur de l’Agence nationale d’Imagerie et de Cartographie ( NIMA, National Imagery and Mapping Agency), avec pour adjointe Joanne O. Isham, adjointe du directeur de la CIA pour la science et la technologie. Clapper avait fait partie de l’équipe de direction de l’enquête sur l’attaque à la bombe des tours de Khobar, dont ben Laden serait responsable. La NIMA, créée en 1996, a pour rôle de produire et fournir des images recueillies par les satellites-espions du NRO et destinées à « renseigner les forces militaires du pays ». CNN décrit la NIMA en ces termes : « Elle espionne les terroristes et les États voyous, guide les avions de chasse jusqu’à leurs cibles et aide les équipes de secours après les désastres, tout ceci grâce à une technologie de pointe. »

James R. Clapper

Les zones d’impact des avions

Le NIST montre qu’il existe une incroyable corrélation entre les étages dont les protections ignifuges ont été remises en état peu avant le 11-Septembre, entre 1997 et 2000, et les zones percutées par les avions. Dans le rapport NCSTAR 1-6A, page xxxvii et page 20 on y précise quels étages furent remis en état. Page lxxi, le NIST explique qu’il s’agit de « 18 étages pour le WTC1, comprenant les étages où l’avion s’est encastré et où les incendies se sont développés » et « 13 étages pour le WTC2, bien qu’aucun de ceux-ci n’ait été directement touché par l’avion ou les incendies. » Le NIST se contredit plus loin puisqu’il explique dans le NCSTAR 1-6 pages lxvii-lxix que quelques étages du WTC2 remis en état ont subi l’impact de l’avion et les incendies, surtout pour le 78e étage.

Pour le WTC1, les étages correspondent exactement. Notons aussi que plusieurs des étages de cette même zone semblent avoir cédé simultanément. Pour le WTC2, il apparait que c’est au sud-est de l’étage 78 que les travaux ont été les plus importants, c’est-à-dire exactement à l’endroit où l’avion a pénétré la tour. Dans son tableau, le NIST liste également l’étage 85 comme étage renforcé. Se pourrait-il alors que d’autres étages entre le 78e et le 85e aient été également renforcés ? La coulée de métal fondu provenait des étages 81-82, peut-être ont-ils été renforcés eux aussi ?

Le NIST explique également que « l’épaisseur moyenne [de protection ignifuge] mesurée à partir de 356 relevés est de 6,35 cm avec un écart de 1,5 cm. »Plus loin, on trouve que « plusieurs épaisseurs moyennes présentées dans le tableau 4-2 sont égales ou supérieures à 8,9 cm. Aucune photographie des étages remis en état n’est disponible afin de montrer l’apparence d’une telle épaisseur moyenne pour les couches deSFRM. »C’est la même chose pour le 94e étage du WTC, avec une couche de plus de 10 centimètres. La valeur exigée pour la remise en état était de 3,8 cm seulement, et de 1,9 cm seulement au moment de la construction des édifices.

La zone d’impact de la Tour Nord (WTC1) : Marsh & Mc Lennan

Comme nous l’avons vu, le WTC1 a été impacté entre les étages 93 et 99, c’est-à-dire au niveau de la zone qui avait été rénovée peu avant le 11-Septembre. Un seul locataire occupait l’ensemble de ces étages, il s’agit de Marsh & McLennan (Marsh) qui, à cette époque, était la plus grande société de courtage d’assurance au monde. Au cours de la période allant de 1993 à 2000, Marsh avait apporté plusieurs modifications à ces étages, en plus des mises aux normes de  l’ignifugation mentionnées ci-dessus. Le NIST explique qu’en 1998, Marsh avait apporté des modifications sur le côté sud du 94e étage. Cette même année, l’autorité portuaire de New York(la PANYNJ) avait aidé Marsh à démolir les étages 95-98 afin d’en reconstruire les systèmes d’alarme incendie et le système d’extinction automatique. Marsh fit des modifications supplémentaires à l’étage 95 pendant l’année 2000.

Les mises aux normes de l’ignifugation sur les étages 93 à 100 furent réalisées entre août et novembre de l’année 1998, à l’exception de celles concernant le 94e étage qui avaient été faites en décembre 1996.

Depuis 1999, le directeur de Marsh était Jeffrey Greenberg. Celui-ci était membre de la Brookings Institution, de la Commission trilatérale, et le fils du président de l’American International Group (AIG), Maurice Greenberg.  À la Brookings Institution, Greenberg avait rencontré Lee Hamilton, le coprésident de la Commission sur le 11/9 ainsi que l’Irakien Nemir Kirdar Amin, directeur général d’Investcorp, une société fondée par le Saoudien Abdullah Taha Bakhsh et en lien avec la BCCI (Bank of Credit and Commerce International). Au début des années 90, la BCCI fit l’objet d’une vaste enquête pour blanchiment d’argent et  financement du terrorisme et elle fut finalement fermée par la Banque d’Angleterre en 1992.

Stephen Friedman, directeur de Marsh

Des personnes très puissantes travaillaient à la haute direction de Marsh. Il s’agissait entre autres de Stephen Friedman, directeur supérieur chez Marsh Capital et ancien associé de Goldman Sachs, qui devint plus tard le principal conseiller économique de George W. Bush. Friedman était également membre de la Brookings Institution, du groupe Bilderberg, du Conseil consultatif des Renseignements étrangers (Foreign Intelligence Advisory Board), et membre du Conseil chez In-Q-Tel, l’entreprise d’investissement fondée par la CIA en 1998. D’après son site internet,  In-Q-Tel avait investi dans des technologies de pointe liées à la Défense et au Renseignement, incluant les nanotechnologies et les technologies chimiques.Friedman, par le biais de l’université Cornell, appartenait à une société secrète nommée Quill and Dagger. Paul Wolfowitz, Sandy Berger et Stephen Hadley en étaient également membres. Wolfowitz, le secrétaire néo-conservateur adjoint à la Défense de l’Administration Bush, fut l’auteur en 1992 de la « doctrine Wolfowitz » sur la guerre préventive. Il était également membre du PNAC, qui avait anticipé une « surprise de type Pearl Harbor » plusieurs mois avant le 11-Septembre et s’était entretenu avec le général Mahmoud Ahmed de l’ISI pakistanais la semaine précédant les attaques.

Berger, Conseiller à la Sécurité nationale du Président Clinton, fut plus tard pris en train de sortir illégalement des documents d’enquête inaccessibles pour les étudier dans le cadre de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre. Berger était également le supérieur de Richard Clarke, chef du contre-terrorisme à la Maison Blanche. Avec Hadley, il était l’adjoint de Condoleezza Rice, chargé de retarder ou d’entraver les plans de Clarke pour arrêter Al-Qaïda en janvier 2001.Craig Stapleton, le cousin par alliance de George W. Bush, fut président de Marsh Real Estate Advisors de 1982 à 2001. Cette division était chargée de négocier les baux des bureaux de Marsh aux États-Unis, au Canada et en Europe. Il fut un temps copropriétaire avec George W. Bush de Texas Rangers, un établissement d’investissement spectaculaire. En 1997, Stapleton faisait partie du Conseil d’administration de Cendant, qui fut inculpée en 1998 pour une importante fraude comptable. À l’époque, le président de Cendant était Henry Silverman, ancien partenaire du groupe Blackstone et plus tard vice-président de l’autorité portuaire de New York(PANYNJ). Stapleton se joignit à Winston Partners, une société privée d’investissement fondée en 1993 que dirigeait le frère de George W. Bush, Marvin Bush. Le 11/9, le vice-président de Marsh était Mathis Cabiallavetta. Bien que Cabiallavetta ait été membre du Conseil d’administration de Marsh de 1993 à 2000, il avait pris son poste de vice-président en 1999 après avoir été président de l’Union de banques suisses (UBS) de 1996 à 1998. Cette même UBS avait renfloué la société Harken Energy de George W. Bush en 1987 avec l’aide du milliardaire Jackson Stephens.

Paul Bremer PDG de Marsh Political Risk Practice

Le 11-Septembre, Paul Bremer était le PDG de Marsh Political Risk Practice, il avait un bureau dans la Tour Sud. Après les attaques, il a été interviewé à la télévision par NBC et affirma qu’ Oussama ben Laden était responsable des attaques, et que l’Irak et l’Iran y avaient peut-être également participé. Il avait demandé la réponse militaire la plus sévère qui soit.  Au mois d’octobre 2001, Bremer allait devenir le chef de la direction d’une nouvelle division de Marsh, Marsh Crisis. Fait intéressant, Bremer, diplômé de Yale, avait travaillé sur le Rapport national sur le terrorisme. Auparavant, il avait été directeur général de Kissinger Associates. D’après un rapport du Sénat, Kissinger Associates avait eu un certain nombre de réunions avec des représentants de la BCCI dans les années 80 et au début des années 90, il avait refusé de fournir les documents demandés par les enquêteurs du Sénat.Bremer avait également été membre du Conseil d’administration d’Akzo Nobel, lié à International Paint, une entreprise qui produisait l’application d’ignifugation pour gratte-ciel, Interchar. Bremer était membre du Conseil consultatif international pour la société minière et de machines japonaise, Komatsu. À l’époque, Komatsu avait été impliquée dans un accord de partenariat commercial avec Dresser Industries, une compagnie de renseignements sous couvert de services pétroliers. Prescott Bush père et George HW Bush Sénior avaient fait leurs débuts avec Neil Mallon, la division minière de Komatsu-Dresser qui avait fonctionné de 1988 à 1997. En juillet 1996, elle avait breveté un dispositif de démolition aluminothermique capable de « démolir une structure en béton avec une très grande efficacité, tout en empêchant le problème secondaire du au bruit, à la poussière et aux résidus en suspension, etc. » Dresser Industries fusionna avec la société du vice-président Richard Cheney, Halliburton, en 1998. Bremer a quitté Marsh en 2003 pour occuper le poste de Gouverneur en Irak, où il fut l’objet de nombreuses critiques.

La zone d’impact de la Tour Sud : Baseline, Fuji, AON Corp.

Le WTC2 a lui, été impacté entre les étages 78 et 83, dans l’angle sud-est de l’édifice. Dans la zone d’impact, les services financiers de Baseline étaient situés aux étages 77 et 78, la banque Fuji occupait les étages 79 à 82, enfin AON Corporation se trouvait au 83e étage.

Baseline était dirigée par Joseph Kasputys, réputé pour ses relations avec les plus hauts niveaux du gouvernement ainsi qu’avec les industries de la Défense et de Renseignement. Kasputys avait travaillé de 1972 à 1977 pour les ministères du Commerce et de la Défense.  Sous Nixon, il avait également été directeur adjoint du groupe de travail de la Maison Blanche chargé de s’occuper de l’embargo pétrolier arabe de 1973. Il avait aussi contribué à la création du ministère de l’Énergie. De 1977 jusqu’à au moins 1997, les liens unissant Kasputy au ministère de la Défense sont intéressants si l’on considère que le DOE développait des dispositifs d’allumage de la thermite dès 1983. En outre, les laboratoires nationaux travaillant pour le ministère de la Défense avaient développé la nanothermite à la fin des années 1990.

Kasputys était également membre de l’Institut de gestion de la logistique (LMI), qui compte parmi ses membres Paul Kaminski, de In-Q-Tel et de General Dynamics, Charles DiBona de Halliburton, le membre de l’association secrète des Skulls and Bones Samuel Joseph Nye, et Michael Daniels, de Science Applications International Corporation (SAIC). LMI avait proclamé que son rôle était  de « faire avancer la science du gouvernement. » Kasputys avait été également directeur de Primark Corporation de 1987 à 2000. Primark possédait Triad International Maintenance Company (TIMCO), une société qui, entre autres, modifiait les Boeing 757 et 767. Primark possédait également Analytic Sciences Corp (TASC), une société de sécurité et d’espionnage, société qui était sous contrat du ministère de la Défense. En tant que directeur général du World Markets Research Centre, Kasputys avait prédit en 2003 que les États-Unis étaient le pays cible à plus haut risque du terrorisme, et qu’ « un autre attentat du style 11-Septembre aux États-Unis est hautement probable. » Le NIST montre que Baseline  a modifié l’angle sud-est du 78e étage en 1999, à l’endroit exact où l’avion a frappé la tour le 11-Septembre.

Le locataire qui occupait les étages 79 à 82, juste au-dessus de Baseline, était la Fuji Bank. Fuji avait modifié le centre du 78e étage en 1998, le mur est du 80e étage en 1999, des parties inconnues de l’étage 80 en 2001, et l’angle sud-est du 82e étage en 1997.

Avant l’année 2000, la Fuji Bank était la deuxième plus grande banque du Japon. Les investisseurs les plus importants de Fuji étaient Union CarbideMobil Oil et Raytheon. En 1996, Yasuda Trust devenait une filiale de Fuji et en septembre 2000, Fuji fusionnait avec la Dai-ichi Kangyo Bank (DKB) et la Banque internationale du Japon (IBJ), pour former la plus grande banque du monde sous le nom de Mizuho Holdings. La deuxième banque la plus importante à l’époque était la Sumitomo Mitsui Banking Corp, créée en octobre 1999. La fusion de la Fuji Bank signifiait que le 11-Septembre, par le biais de DKBMizuho Holdings contrôlait non seulement les entreprises dans la zone d’impact de la Tour Sud, mais aussi celles situées aux étages 48 à 50 de la Tour Nord.

Toru Hashimoto, président de la Fuji Bank, était aussi de la Deutsche Securities Limited Direction de Tokyo et est actuellement, avec Norman Augustine, au conseil d’administration de la Deutsche Bank. Augustine, également PDG de Lockheed Martin, fut le fondateur d’In-Q-Tel et membre du conseil de Riggs National, l’entreprise bancaire de Jonathan Bush, l’autre frère de George HW Bush. En 2004, le New York Times a révélé que des comptes de l’Arabie Saoudite à la Riggs faisaient l’objet d’enquêtes pour blanchiment d’argent et pour le financement possible des terroristes du 11-Septembre.

C’est la Deutsche Bank et ses filiales qui ont été identifiées comme étant impliquées dans les délits d’initiés liés aux attentats du 11/9. La personne la plus intéressante dans ces opérations était A.B. Krongard, le chef de la direction d’Alex Brown, et conseiller de George Tenet à la CIA. De 2001 à 2004, Krongard fut le directeur exécutif de la CIA.

Un autre acteur important était Wolfgang Demisch, directeur général d’Alex Brown de 1993 à 1998, directeur général chez UBS Securities de 1988 à 1993, et membre du conseil chez SAIC.

Au 83e étage de la Tour Sud se trouvait AON Corporation, une société concurrente de Marsh, basée à Chicago. Aujourd’hui, le Général Richard Myers, chef d’État-Major le 11-Septembre, est administrateur chez Aon. Mais le 11-Septembre, le personnage le plus intéressant qui travaillait pour Aon était Jim Pierce, un cousin de George W. Bush. Jim Pierce, gérant d’Aon, avait organisé une réunion au 105e étage de la tour sud pour le 11/9 au matin. Bien que sur les douze personnes présentes à la réunion dans la Tour Sud, onze d’entre elles aient péri, Pierce survécut. Au cours de la nuit précédente, le lieu de la réunion avait été modifié pour l’Hôtel du Millénaire d’où Pierce put regarder la Tour Sud tandis que l’avion la percutait. Apparemment, tous les participants à la réunion n’avaient pas été informés de ce changement de lieu.

Les zones d’impact des avions

Corrélation entre les étages mis à jour et les étages impactés

Des exercices de simulations… copier-coller de la réalité

Après le 11-Septembre on a souvent pointé du doigt le fait que des exercices militaires menés avant le 11-Septembre avaient un scénario extraordinairement similaire à ce qui s’est déroulé durant les attentats. Par exemple, peu après que le New Yorker eut expliqué que « ces dernières années, le gouvernement a planifié et conduit des simulations d’attaques terroristes, y compris des scénarios où se produisaient des détournements d’avion multiples, » USA Today précisa : « les deux années qui ont précédé le 11-Septembre, le NORAD a mené des exercices de simulation (…) portant sur des avions de ligne détournés pour s’en servir comme armes en les crashant sur des cibles et causer de nombreuses pertes. L’une des cibles envisagées était le World Trade Center. » Bien que les informations à ce sujet soient assez parcellaires, nous pouvons cependant retrouver des témoignages et des documents indiquant que des simulations de crash aérien avaient eu lieu, ou devaient avoir lieu peu de temps avant ou après le 11-Septembre. Bien que d’autres éléments relatifs aux exercices soient dignes d’intérêt, attardons-nous ici sur le World Trade Center et sur le Pentagone.

Paul Wolfowitz

Notons que le secret et le peu d’informations disponibles autour de ces exercices sont dus au fait que ces informations sont classées top secret et que les personnes impliquées sont tenues au secret défense. En effet, prétendument à cause de l’état d’urgence nationale décrétée par le Président Bush suite aux attaques, Paul Wolfowitz, le sous-secrétaire à la Défense, a publié en octobre 2001 une note s’adressant aux responsables du ministère de la Défense, exigeant un haut niveau de discrétion. Il a exhorté que « les fonctionnaires du ministère de la Défense, de même que les personnes travaillant pour d’autres organismes en relation avec le ministère, fassent preuve d’une grande prudence quant à l’évocation d’informations concernant les activités du ministère, indépendamment de leur devoir. Ne menez pas de conversations dans lesquelles vous évoqueriez votre activité, que ce soit dans des lieux publics, sur le trajet vers votre lieu de travail, ou par des moyens électroniques non sécurisés. Les informations classifiées ne peuvent être évoquées que dans des espaces autorisés et avec des personnes ayant une raison spécifique d’en prendre connaissance et détenant une autorisation spéciale. Il se peut que les informations non classifiées requièrent une attention particulière, car elles peuvent souvent être recoupées et ainsi révéler des conclusions sensibles. La majeure partie des informations concernant les opérations menées par le ministère de la Défense doivent rester à l’abri d’une évocation publique de par leur caractère sensible. En cas de doute, ne parlez pas, ou n’évoquez pas d’informations officielles avec d’autres personnes que des fonctionnaires du ministère. »

New York

Le Pentagone préparait un exercice de crash aérien au World Trade Center deux jours après le 11-Septembre. Les préparatifs de cet exercice étaient cependant en cours à peu près une semaine avant le 11-Septembre. L’existence de cet exercice a été révélée par le Major général Peter Chiarelli. Chiarelli avait été nommé directeur des opérations pour l’armée un mois seulement avant les événements, il travaillait pour le Centre des opérations militaires (AOC) du Pentagone. Chiarelli rapporte dans un interview en février 2002 qu’une fois en poste, il avait « prévu de réaliser un exercice pour l’Équipe d’Action de Crise (CAT). » Il précise qu’ « au cours de discussions de préparations, au sujet de ce poste, on m’a appris que cette équipe n’avait été mise en place pour aucun rôle majeur, à l’exception d’un exercice, et ce, sur une période de 10 ans. » Ainsi, il demanda aux membres de son équipe de préparer un exercice pour la CAT, qu’il prévoyait pour le 17 septembre. Le Brigadier général Clyde Vaughn, l’historien du Centre de l’Armée de l’Histoire militaire Stephen Lofgren indique que l’exercice en question était prévu le 13 septembre.

Chiarelli a également expliqué que le personnel militaire de la cellule d’urgence de l’AOC avait pour mission d’élaborer une nouvelle procédure standard des opérations (SOP) après un événement provoquant d’importantes pertes humaines. Chiarelli rapporte qu’environ une semaine avant le 11-Septembre,  un de ses collègues, Robby Robinson, ainsi que deux autres officiers « entrèrent pour me donner des détails de cette nouvelle SOP de type « importantes pertes humaines. » » Au cours de cette rencontre, les hommes se sont concertés et ont finalement décidé que la SOP en question serait le fil directeur de la préparation de crise, Chiarelli explique qu’ils décidèrent que « nous utiliserions directement cette SOP comme le fil directeur de l’exercice. » Chiarelli rajoute : « La chose vraiment surprenante au sujet de cette nouvelle procédure, c’était que le scénario consistait en le crash d’un avion sur le World Trade Center. » Chiarelli aurait dit à ses collègues : « He bien, non seulement c’est une bonne procédure et un bon scénario, mais en même temps, nous devrions en faire un exercice pour vraiment en faire quelque chose d’utile. » Selon Chiarelli, « Nous avons alors décidé d’utiliser un scénario semblable pour conduire l’exercice. »

Notons à propos que l’AOC dont Chiarelli avait la charge est située dans les sous-sols du Pentagone, deux niveaux sous le parking. Le centre joue un rôle primordial. En effet, « des informations cruciales circulent au sein de ce site de haute sécurité, le personnel de l’AOC – tous ou presque en uniformes – travaille jour et nuit pour tenir les plus hauts responsables de l’armée au courant des problèmes et des événements sur toute la surface du globe, leur permettant de prendre immédiatement des décisions critiques. » Chiarelli décrit l’AOC comme étant « le centre de commande et de contrôle de l’Armée. » Le 11-Septembre, les responsables de l’Armée s’y sont réunis pour faire face aux attaques terroristes. L’Équipe d’Action de Crise, dont les membres devaient participer à l’exercice de Chiarelli, a été activée en réponse aux attaques contre le WTC. Chiarelli dit alors qu’il l’avait mise en action « pour répondre à l’urgence à New York si les responsables fédéraux et locaux en faisaient la demande. » Il rajouta qu’il avait anticipé que « le désastre du World Trade Center nécessiterait de considérables opérations de secours, de lutte contre l’incendie et de sauvetage. »

Plusieurs éléments nous amènent à penser qu’un exercice était prévu le 11-Septembre même. (1) Par le plus grand des hasards, l’étage 97 de la tour sud organisait un exercice d’évacuation le 11-Septembre pendant la matinée. Cet exercice, qui avait débuté avant 8h dans la matinée, simulait un incendie rendant l’étage 97 inaccessible. (2)  Deux signaux de détresse ont été émis respectivement deux et quatre minutes avant les deux crashs contre le World Trade Center, alors qu’ils auraient bien évidemment dû l’être au moment précis des impacts. En effet, ces radios-balises de détresse à bord des avions ne peuvent pas être déclenchées manuellement, et ne s’activent qu’en cas de choc violent. Le fait d’avoir un avion dans la zone de New York dont la balise de crash se déclenche accidentellement juste avant que le Vol 11 ne percute le World Trade Center, puis une autre d’un autre avion dans cette  même zone qui s’active elle aussi accidentellement quelques instants avant le crash du Vol 175, constituerait une coïncidence tout simplement trop incroyable pour être vraisemblable, cette anomalie signifie-t-elle qu’un exercice simulait un crash aérien au moment même des attentats ? (3) Tripod II était un exercice de guerre biologique réalisé conjointement par le ministère de la Justice et la ville de New York; il était prévu pour le 12 septembre 2001 et ne se déroula pour ainsi dire jamais. Cet exercice a-t-il un lien avec les attentats ? (4) Le fait que d’après la Commission d’enquête les contrôleurs aériens aient rapporté qu’un vol AA11 fantôme était toujours en vol plusieurs minutes après le crash suggère-t-il qu’une incrustation radar servait à camoufler le véritable avion ? (4) Autre élément curieux, un employé de la FAA chargé des suivis radars a rapporté que le premier appareil qui s’est écrasé contre le World Trade Center était un hélicoptère parti de l’aéroport de Poughkeepsie à 8 h 03 et qui aurait frappé la tour à une vitesse de 296 km/h à 8 h 28, soit vingt minutes avant les véritables attaques. L’employé affirme avoir contacté la tour de contrôle de l’aéroport qui lui aurait confirmé qu’un de leurs appareils était effectivement parti vers New York et que sa vitesse était conforme à la vitesse de l’appareil ayant frappé le World Trade Center. D’après la FAA, l’hélicoptère serait arrivé à New York « 20 minutes en avance, » donc son heure d’arrivée prévue était 8h48, soit l’heure exacte du crash du premier avion. Est-il possible que cette anomalie soit due à un exercice de crash aérien contre le WTC ? Même dans le cas contraire, pourquoi a-t-on repéré un hélicoptère qui se serait crashé contre le WTC vingt minutes avant les événements alors que l’heure d’arrivée prévue de cet hélicoptère coïncidait à la minute près avec le crash du premier avion contre la tour nord ?

Washington

Dès fin octobre 2000, les militaires du Pentagone prévoyaient un exercice, Pentagon Mass Casualty [nombreuses victimes au Pentagone], qui simulait le crash d’un avion commercial contre le Pentagone, totalisant 341 victimes. Cet exercice fut le premier à être évoqué dans une publication militaire, dans un article que le Daily Mirror a décrit comme « reflétant quasiment ce qui s’est réellement produit » le 11-Septembre. Le deuxième exercice s’est déroulé en mai 2001. Un médecin a expliqué plus tard que la réaction du ministère de la Défense aux attaques du 11-Septembre « avait été facilitée grâce au fait que le personnel médical avait participé à un exercice en mai, qui se basait sur le crash d’un Boeing 757 détourné qui se serait crashé contre le Pentagone. » La clinique DiLorenzo Tricare Health et la clinique Air Force Flight Medecine, toutes deux situées à l’intérieur même du Pentagone, ont participé à l’exercice. Les docteurs James Geiling et John Baxter ont plus tard expliqué que cet exercice les avait préparés à faire face à la tragédie le 11-Septembre. Le lieutenant-colonel John Felicio, sous-directeur de la clinique DiLorenzo Tricare Health a expliqué : « Nous avons su faire face aux événements grâce aux deux exercices MASCAL que nous avons préalablement effectués conjointement avec l’administration et le personnel de la clinique. En fait, c’était plutôt sinistre, le scénario des exercices MASCALS ressemblait vraiment à ce qui s’est réellement passé. Le scénario des deux exercices se basait sur le crash d’un avion dans la cour intérieure du Pentagone. » Le troisième exercice eut lieu en août 2001, un mois seulement avant le 11-Septembre. Il s’agissait une nouvelle fois d’un scénario impliquant un grand nombre de victimes, ainsi que l’évacuation du bâtiment. Comme nous venons de le voir, les exercices d’entraînement au Pentagone qui se sont déroulés avant le 11-Septembre impliquaient en général la simulation d’un crash d’avion sur le bâtiment. Mais se pourrait-il qu’un autre exercice du même genre ait été prévu pour se dérouler le 11-Septembre même ? Plusieurs éléments nous amènent à le penser.

En dépit de leur discrétion, comme le note Matthew Everett, la mise en relation des éléments résumés ci-après laisse penser qu’un exercice impliquant le crash d’un avion sur le Pentagone était prévu le 11-Septembre : (1) Comme nous l’avons vu plus haut, le capitaine de vaisseau Charles Leidig Jr prit la place d’adjoint du chef des opérations de l’état-major seulement deux mois avant le 11-Septembre et le 10 septembre, le général de Brigade aérienne W. Montague Winfield, chef des opérations du NMCC, demanda à Leidig de le remplacer le 11-Septembre. Aucune explication ne fut donnée pour expliquer pourquoi cette situation s’était produite. Cependant, comme le suggère Everett, on pourrait émettre l’hypothèse (ou l’excuse donnée) que Leidig avait besoin de s’exercer en tant qu’adjoint du chef des opérations lors d’un exercice d’entraînement. (2) Les témoignages d’urgentistes du Pentagone laissent penser qu’un exercice MASCAL (Mass Causalty [lourdes pertes]) était préparé pour avoir lieu le 11-Septembre. Par exemple, le sergent Matthew Rosenberg, médecin au Pentagone dans la clinique DiLorenzo Tricare Health, explique : « On avait presque terminé le MASCAL. Croyez-le ou non, la veille de la catastrophe, j’étais au téléphone avec le FBI et nous discutions de la manière de prendre les mesures nécessaires, de qui était responsable des interventions médicales, de qui fait ceci ou cela, nous avons parlé de tout cela pendant un long moment et il m’a bien aidé. Et le lendemain, pendant l’accident, je l’ai vu, il était là, sur les lieux de l’accident ce jour-là. » D’après le commandant Lorie A. Brown, infirmière en chef de la clinique DiLorenzo Tricare, le 11-Septembre au matin, « En fait, nous avions notre équipement pour les exercices MASCAL déjà en place, car on effectuait un inventaire. Donc notre équipement était par hasard au bon endroit au bon moment ce jour-là. C’est juste une coïncidence. C’est juste incroyable que les choses arrivent comme ça des fois. »

Comme nous l’avons vu plus haut, trois précédents exercices du Pentagone comprenaient la simulation du crash d’un avion sur le bâtiment. Tôt le matin même de l’attaque, Matthew Rosenberg se serait trouvé « au fond du 8e couloir » au Pentagone, « par chance en train d’étudier pendant une heure entière un nouveau plan d’organisation du service médical pour faire face au crash d’un avion sur le bâtiment. » Peut-être étudiait-il ce plan pour se préparer à un exercice qui devait avoir lieu plus tard dans la journée ? (3) Au moins deux bases militaires situées non loin du Pentagone menaient un exercice concernant des attaques terroristes ou des crashs d’avions le 11-Septembre au matin. A Fort Belvoir, à une vingtaine de kilomètres du Pentagone, les militaires organisaient un exercice de « contrôle de la garnison, » dont le but était de « tester la sécurité sur la base en cas d’une attaque terroriste. » Au centre d’éducation de Fort Myer, une base située à un peu plus de 2 kilomètres au nord-ouest du Pentagone, des pompiers participaient à un « exercice d’entraînement se basant sur le crash d’un avion » et un « exercice d’entraînement d’une semaine sur les interventions en milieu extérieur. » D’après le responsable Don Arias, officier chargé des Affaire publiques, « C’est tout à fait habituel, lors des exercices, d’être en situation la plus réelle possible. C’est pourquoi, quelquefois, plusieurs organismes participent au même exercice pour des raisons différentes. » Se pourrait-il que l’exercice d’antiterrorisme de Fort Belvoir ait été prévu comme faisant partie d’un scénario impliquant le crash d’un avion sur le Pentagone ? Après tout, le service anti-incendie de Fort Myer est responsable de la station de pompiers située au niveau de l’héliport du Pentagone, située à 45 mètres de l’endroit où le bâtiment fut frappé le 11-Septembre.

Autre élément curieux, cinq minutes avant le crash sur le Pentagone, le NRO, organe du Pentagone, à 35 km de là, simulait un crash d’un avion à 9 h 32 sur son bâtiment principal. Des détails importants sur cet exercice mené par le NRO depuis le centre de l’agence à Chantilly en Virginie sont révélés dans un document obtenu par la Commission d’enquête sur le 11-Septembre. Le document en question, intitulé « Early Morning Flight Activity September 11, 2001 » [Activité aérienne le matin du 11 septembre 2001]. Le document officiel décrit la scène : « De nombreux morceaux de l’avion touchèrent les portions externes du bâtiment, répandant du carburant. Les dernières sections de l’épave étaient éparpillées autour de la porte d’entrée entre les tours 1 et 2. Le carburant était en feu, incontrôlable, autour des mâts à drapeau. Il y a un certain nombre d’employés du NRO blessés ainsi que des morts. » Certaines cages d’escaliers et sorties du siège du NRO allaient être fermées afin de simuler les dégâts de l’accident, forçant ainsi les employés à trouver d’autres moyens pour évacuer leur bâtiment. Le document révèle en outre que l’exercice comprenait de nombreux éléments « accessoires, » tels que des appels ou d’autres actions qui l’auraient rendu plus réaliste à ceux qui y participaient. Il était également prévu qu’un générateur de fumée serait mis en marche afin de simuler le feu résultant du crash. À 9 h 32, de nombreux appels téléphoniques devaient arriver de personnes rapportant des feux à divers endroits du bâtiment. À 9 h 34, après que quelqu’un ait rapporté qu’un petit avion civil s’était écrasé, le personnel du NRO avait pour instruction de quitter le bâtiment.Nous ne pouvons que nous étonner que l’exercice soit parfaitement parallèle au modus operandi de l’attentat du Pentagone jusqu’au générateur de fumée destiné à simuler le carburéacteur. La seule fumée noire caractéristique observée au Pentagone, le 11-Septembre, émanait justement d’un générateur diesel opportunément percuté par l’aile droite de l’appareil. L’ASCE et l’Arlington County soulignent dans leurs rapports qu’aucune trace de carburéacteur n’a été découverte dans l’enceinte du bâtiment. De plus, le début de cet exercice NRO coïncide avec l’apparition de l’écho radar non identifié, repéré par les contrôleurs de l’aéroport de Dulles cinq minutes avant le crash sur le Pentagone.

Autres éléments suspects

Ces exercices à New Yorket Washington ne sont pas les seuls éléments suspects qui pourraient nous amener à conclure à un détournement des exercices militaires pour les transformer en véritables attentats. Voici quelques autres éléments suggérant que cette hypothèse n’est pas à exclure.

  • Un réseau de communication sophistiqué appelé SRAS et géré par une petite agence du nom de National Communications System (NCS) a été activé le 10 septembre 2001, la veille des attentats. Ce réseau était destiné à être utilisé en cas d’extrême urgence pour assurer la continuité du pouvoir, situation prévue depuis les années 80 dans le cadre d’un plan secret « Continuity of Governement » (COG). Ainsi, 24 heures avant les attentats du 11-Septembre, tout était prêt pour faire face à un événement catastrophique tel qu’une attaque terroriste majeure sur le sol des États-Unis. Comme l’indique Matthew Everett : « Un réseau de secours bien particulier permettant au gouvernement et aux agences militaires de continuer de communiquer en situation d’urgence fut « miraculeusement » remis en route la veille du 11-Septembre, et était donc déjà opérationnel quand les attaques se sont produites à New York et au Pentagone. Le Special Routing Arrangement Service (SRAS) fut, pour des raisons inconnues, activé en « mode exercice » le 10 septembre 2001, et était donc prêt à être utilisé le lendemain, quand survint une urgence comme celles pour lesquelles il avait été conçu. »
  • Les faux échos et tracés radars issus des simulations de guerre ne se sont pas arrêtés au moment des attaques réelles à New York et Washington, alors que plusieurs responsables ont déclaré qu’on les avait stoppés immédiatement. Everett s’interroge : « Le fait que des personnes-clefs du NEADS et du Centre des opérations du NORAD aient vu de fausses informations s’afficher sur leurs écrans radars tout au long des attaques du 11/9, soulève des questions cruciales qui doivent encore être investiguées. Nous devons savoir qui était responsable de la transmission vers les écrans radars des « données simulées de l’exercice ».  On nous a dit qu’il existait une « équipe pour les simulations »  travaillant au NEADS le matin du 11-Septembre. Était-ce cette équipe qui envoyait les fausses données ? Si c’est le cas, qui étaient ses membres ? Pourquoi ont-ils poursuivi la simulation quand il aurait dû être évident qu’une véritable crise dans le monde réel avait lieu ? Et pourquoi leurs supérieurs ne leur ont-ils pas ordonné de stopper la transmission des fausses trajectoires ? »
  • Parmi les 5 niveaux d’alerte possibles (Normal, Alpha, Bravo, Charlie et Delta) du système informatique de la Défense US, c’est celui le plus bas (Normal) qui a été positionné à peine 24 heures avant les attentats du 11/9. En effet, aux environs de 21 heures le 10 septembre – soit moins de douze heures avant que les attaques ne débutent – l’armée américaine a abaissé son niveau d’alerte « Infocon » à son plus bas niveau, prétendument à cause d’une « baisse de la menace d’attaques des réseaux informatiques. » Le système Infocon est conçu comme « un dispositif structuré et coordonné de défense et de réaction aux attaques contre les systèmes et réseaux informatiques du Département de la Défense. » Le Général Ralph Eberhart, commandant du NORAD (North American Aerospace Defense Command) était responsable de la diffusion [des  niveaux] d’Infocon à l’armée américaine, et il était donc probablement responsable de l’abaissement du niveau d’alerte le 10 septembre.

Conclusion

Comme nous venons de l’entrevoir, le 11-Septembre représente à la fois une tragédie et un incroyable tissu de coïncidences pour la plupart extrêmement étranges, que pourrions aller jusqu’à qualifier de faisceau de présomptions envers un certain nombre de personnes-clés citées. Qualifier ces centaines d’éléments fort curieux sur le 11-Septembre de « purs hasards » ou de « simples coïncidences » défie l’entendement. Nous avons abordé quelques-uns de ces éléments dans cet article, mais bien d’autres restent encore à explorer comme le fait qu’un exercice du NORAD un an avant le 11/9 simulait un pilote essayant de crasher son avion contre un gratte-ciel de New York : le siège des Nations unies ou  les « jeux de guerres » du NORAD le jour même du 11-Septembre, sans oublier que quatre mois avant les événements, la ville de New York organisait des exercices pour réagir à des incendies d’immeubles, des crashs d’avions et même des effondrements de bâtiments ! ou encore que le 30 août, le ministère des Transports organisait un exercice au cours duquel les participants passaient des coups de téléphone portable et dont l’une des participantes déclarera plus tard que « c’est très étrange que 12 jours plus tard (…) tout ceci soit devenu la réalité ».

Comme le souligne le journaliste d’investigation Eric Laurent qui a longuement enquêté sur l’administration Bush et le 11-Septembre : « Existe-t-il un avant et un après 11-Septembre ? L’événement a-t-il marqué l’avènement d’un monde nouveau comme le pensent de nombreux observateurs ? Si tel est le cas, ce tournant radical s’est bâti sur une série de mensonges d’une gravité inouïe. » Plus loin, Laurent écrit : « En fouillant dans les zones d’ombre entourant le 11-Septembre (…) le parallèle avec un autre événement historique s’imposait : l’assassinat du président Kennedy. Dans ces deux tragédies, tout semble avoir été fait pour interdire l’accès à la vérité. Telle est la conclusion à laquelle je suis arrivé. J’avais lu le rapport Warren et je l’ai comparé à celui de la commission d’enquête sur le 11-Septembre. Le premier évoquait la plupart des hypothèses, pour les réfuter, le second ne prend même pas cette peine. Il ignore complètement tous les faits troublants, les contradictions et les mensonges avérés. L’assassinat [sic] du président américain en 1963 demeure un mystère entouré de mensonges ; le 11-Septembre, lui, reste un ensemble de mensonges, entouré de mystère. »

Ainsi, 10 ans après les événements, il convient plus que jamais de mettre en place une enquête internationale indépendante et exhaustive sur cette « série de mensonges d’une gravité inouïe.  »

Kikujitoh pour ReOpen911 , Publié en Mai 2011

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