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La troisième guerre mondiale

La crise de 1929 a entraîné la montée du nazisme et la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, l’économie américaine est au bord de la désintégration, les prétendues révolutions arabes auront porté au pouvoir des islamistes, le moyen-orient est devenu une véritable poudrière en suspension. La Russie, elle-même, à la suite des législatives du 04 décembre a failli sombrer dans le chaos.

L’Agence de presse de la République Islamique d’Iran (IRNA) nous apprenait que des avions de chasse britannique et américains ont violé par trois (03) fois l’espace aérien de l’Iran puis lancé deux roquettes sur le village de Manyuhi à la frontière avec l’Iraq. Avançons-nous vers une nouvelle guerre mondiale ?

Un internaute décidément très bien inspiré ou alors bien informé a présenté le scénario de déroulement d’une troisième guerre mondiale.

Commentaire d’un internaute à l’article Dernière année avant la fin du monde ? du point.fr

01 septembre 2012. L’OTAN est dissoute après une crise interne profonde entre l’Allemagne, la Turquie d’un côté, la France et les USA de l’autre.

05 septembre 2012. L’État de la Palestine est reconnu par la Russie, l’Iran et la Chine et quelques pays arabes. La ligue arabe est dissoute. Israël menace de frapper la Palestine et les pays arabes.

08 septembre 2012. Une vague d’attentats suicides sans précédant frappe Tel-aviv, Paris, Londres et Los Angeles. Le Hezbollah revendique l’ensemble.

9 Septembre 2012. Après une multitude de mises en garde, l’armée israélienne fait décoller dans le plus grand secret 12 bombardiers lourdement armés de bombes anti-bunkers en direction de l’Iran pour anéantir tout son programme nucléaire. Volant à de très basses altitudes, ils contournent tous les radars sur leur chemin, mais 6 sont abattus au dessus de l’Iran qui venait de dévoiler ses S-300 russes nouvellement opérationnels. Les autres avions réussissent à déjouer les missiles et à détruire la centrale de Bouchehr dans le sud du pays, entrainant une fuite radioactive tuant 10.000 personnes sur le coup. La riposte ne se fait pas attendre.

10 septembre 2012 – 03h15. Le Président iranien ordonne la mobilisation générale. 16 missiles Shehab-3 sont lancés sur les bases US en Irak et 9 en Arabie Saoudite qui feront au total 451 morts de soldats, 40 % des missiles étant interceptés par les batteries Patriot déployées. Le Hezbollah profita de cette panique pour mener une incursion en terre d’Israël et parvient à frapper dur Tsahal en tuant 26 soldats israéliens et en capturant 16 dont 9 furent exécutés en direct sur la TV du Hezbollah.

06h30. Le Congrès américain réuni en urgence autorisa le Président à user de l’arme nucléaire contre l’Iran afin de profiter du conflit pour l’envahir.

06h. 45. Israël craignant une attaque imminente des pays arabes lança une attaque préventive sur la Syrie, le Liban et la Jordanie en détruisant des bases stratégiques. Mais l’attaque n’atteint pas l’objectif escompté car la Syrie possédait les anti-aériens russes S-300 en secret. Le Président américain accuse alors la Russie de complice et menace de guerre nucléaire.

07h00. La Chine affirme qu’elle compte rétablir l’ordre constitutionnel en annexant Taïwan et menace une riposte nucléaire à tout intrus.

07h10 L’armée Nord- Coréenne se dit prête à annexer la Corée du Sud et menace une riposte nucléaire sur le sol américain et japonais. Le japon est en alerte 4.

07h20. Toutes les armes nucléaires de la planète sont déployées.

07h25. Le Président Égyptien est victime d’un attentat suicide par des islamistes dans son palais pour avoir eu des relations avec Israël. Les radicaux prennent le pouvoir et veulent rayer Israël de la carte. 600.000 soldats sont mobilisés.

07h30. L’armée révolutionnaire de l’Iran bloque le Detroit d’Ormuz torpillant 4 navires européens.

08h00. Un 1er flot spectaculaire de 340 missiles coordonné par 5 pays dont l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban et le Hezbollah s’abat sur la capitale israélienne détruisant 75 % des infrastructures stratégiques. Cette attaque fait 65.000 morts civiles et militaires. Le peuple juif est anéanti.

En riposte Israël pulvérise la Jordanie avec 05 missiles nucléaires. 5 millions de morts

08h30. Le monde sait que l’arme nucléaire venait d’être utilisée. Les Européens ne condamnent pas l’acte d’Israël. La Russie menace de nouveau les USA.

08h45. En représailles des attaques de leurs bases, les USA lancent 500 missiles chimiques sur l’Iran, le Liban et la Syrie. La Capitale iranienne est dévastée. 4 millions de morts.

09h00. Kim-Jong ordonna l’attaque sur Séoul. 150 Missiles ravagent la péninsule sud-coréenne avec 5 millions de morts. L’armée américaine riposte avec 15 bombardiers. Mais 11 sont abattus par des batteries S-400 russes et les bases militaires US en Corée du Sud sont détruites à 75 % avec l’aide des forces stratégiques russes. Alors les USA déclarent la guerre à la Russie. Le monde entier retient son souffle.

09h15. L’Union européenne dit être neutre. Mais prépare le débarquement sur Moscou en secret.

09h20. L’Iran déclare avoir l’arme nucléaire et lance 18 missiles Shahab-3 qui détruiront tout l’Israël.

09h25. Les USA lancent 160 missiles nucléaires. 100 sont interceptés, mais le reste anéantira l’Iran, la Syrie et le Sud Liban.

09h40. Le Pakistan profite de la situation et lance 96 missiles nucléaires sur l’Inde qui en représailles lance 211 bombes à hydrogène qui feront 45 millions de victimes pakistanaises et l’anéantissement des grandes villes.

11h15. Un débarquement chinois sur l’ile rebelle de Taïwan est repoussé farouchement avec de lourdes pertes. La Chine lance un ultimatum aux USA qu’une attaque nucléaire est imminente.

13h50. En parfaite synchronisation la Chine, la Russie et la Corée du Nord lancent au total 3.550 missiles nucléaires de 3.000 mégatonnes sur les États-Unis, le Japon et l’Europe. 30 % seront interceptés, mais le bilan est indescriptible. Washington dévasté, New York rayé, Chicago pulvérisé, 60 % des bases militaires détruites… 59 millions de morts. Coté européen, Paris, Londres et Bruxelles sont pulvérisés avec 32 millions de morts. Le japon est détruit à 65 % avec 35 millions de victimes.

14h10. La riposte américaine est de faible teneur due à l’effet de la 1ère frappe alliée : Pyongyang, Shanghai, Saint-Pétersbourg sont détruits. Moscou et Pékin sont intactes dû à 2.000 batteries S-400 et 1.200 S-500 déployés et à un cyber attaque sans précédent sur les serveurs militaires US par la Chine paralysant l’infrastructure du Pentagone et le NORAD. Les USA perdent alors tout le contrôle des missiles.

14h30. Les alliés menacent les USA d’une 2ème frappe si, ils ne signaient pas une reddition inconditionnelle.

15h35. Un 2e lot de 1.000 missiles des alliés volent vers leurs cibles sur le sol américain.

15h40. Une riposte américaine est maitrisée et 09 sous-marins US sont détectés par le Système GLONASS et sont détruits, les bases du NORAD sont anéanties. La Maison blanche rendue en poussière avec le Congrès et le Pentagone. Les USA se rendent comptent de la défaite, mais résistent contre l’humiliation.

15h50. Plus de 420 missiles frappent leurs cibles et c’est la fin des États-Unis si le reste s’abattait car tout était fini.

16h58. Les USA acceptent la reddition sans condition et c’est la fin de la guerre et les autres missiles sont autodétruits.

AB

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Les 5 scénarios noirs de la crise selon l’Expansion

Démantèlement de l’euro, collapsus bancaires en série, discrédit du dollar, envol du prix du baril de brut, perte du triple A… « L’Expansion » a passé en revue les hypothèses les plus périlleuses pour l’économie européenne.

Rien, évidemment, ne se passe jamais comme prévu. Qui aurait annoncé il y a un an le printemps arabe ou le tsunami qui a provoqué l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon ?

Les principales sources d’incertitude pour 2012, si tant est qu’on puisse les identifier, se situent en Europe sur les plans politique et économique, au Moyen-Orient, sur des critères géopolitiques, aux Etats-Unis, sur le plan financier, et partout en ce qui concerne les banques. L’Expansion tente d’en cerner les contours et les conséquences potentielles.

1. L’impact d’un éclatement de la zone euro

L’année 2012 verra-t-elle s’enclencher le processus inexorable de démantèlement de l’euro, après des sommets de la dernière chance à répétition ? A regarder les poussées de tension régulières des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud, et de plus en plus souvent de ceux de la France par rapport à ceux de l’Allemagne – des records d’écart ont été battus en novembre 2011 -, il y a effectivement de quoi être inquiet, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que la forte hétérogénéité de la zone euro, en termes de croissance et de performances à l’export des différents pays, la fragilise dangereusement. Il y a d’un côté les pays du Nord, qui concentrent désormais l’essentiel de la base industrielle de la zone euro, qui sont fortement exportateurs et dégagent d’importants excédents commerciaux, et, de l’autre, les pays du Sud, qui vivent des services et de la consommation à crédit, accumulent les déficits extérieurs et ne dégagent pas une épargne suffisante pour rembourser leur endettement public. Ensuite, parce qu’il existe une dangereuse concurrence entre les multiples dettes souveraines. « Les investisseurs choisissent les dettes qu’ils achètent et celles qu’ils n’achètent pas, décrypte Patrick Artus, le directeur des études économiques de Natixis. Autrement dit, ils spéculent en jouant les unes contre les autres. » Ce n’est pas tenable.

« Sauf qu’un éclatement de la zone euro aura un impact violent sur l’ensemble de l’économie de la planète, via le système bancaire européen, provoquant une onde de choc mondiale », avertissent les experts d’Aurel BGC. La logique est simple : la Grèce, l’Italie et les autres pays en difficultés financières ont deux solutions pour recréer à terme une dynamique de croissance et d’équilibre de leurs comptes publics – soit de la rigueur budgétaire et salariale, soit une dévaluation de la monnaie via le retour aux devises nationales.

Le dernier scénario peut certes paraître séduisant, puisqu’il permet d’échanger de la rigueur contre une solution plus supportable pour les populations. C’est oublier qu’avec le retour des devises nationales les bons élèves subiraient une forte appréciation de leurs devises, et les plus mauvais, une violente dépréciation. Les premiers s’exposeraient à un risque de déflation, les seconds, à un risque d’inflation, via les prix des importations.

Ce qui signifie que les Européens sont condamnés à trouver une solution à la crise, et sans tarder.

Manifestation des indignés à Madrid. Les pays du sud de l’Europe sont étranglés par la dette

Si, à long terme, l’issue passe par une avancée majeure vers la construction de l’Europe politique et par l’instauration d’un fédéralisme budgétaire, à court terme, le salut viendra sans doute de la mobilisation de tous les acteurs : les gouvernements, bien sûr, mais aussi la BCE, le Fonds européen de stabilité financière, voire la Banque européenne d’investissement. Mais, à long terme, les peuples suivront-ils ?

2. Le coût de la perte du triple A français

Le triple A français est sérieusement menacé depuis que les agences de notation Moody’s et Standard and Poor’s ont suggéré sa mise sous surveillance « négative ». Un avertissement logique, tant la situation de la France continue de se dégrader. Les taux d’intérêt sur le marché obligataire s’envolent, et les perspectives de croissance s’estompent de jour en jour. Pour l’économiste Elie Cohen, « cela fait bien longtemps que la France ne mérite plus son triple A ». Au point que, sur les marchés, c’est sur la date que l’on spécule : avant ou après la présidentielle de 2012 ? Même si Nicolas Sarkozy a fait de la sauvegarde du triple A la priorité absolue de sa fin de mandat, les deux plans de rigueur adoptés depuis l’été ne peuvent suffire.

L’important est aujourd’hui de savoir combien coûterait à la France un abaissement de sa note. En 2011, la charge de la dette dans le budget de l’Etat était de 45 milliards d’euros ; en 2012, elle sera de 48,8 milliards. Pour Valérie Pécresse, ministre du Budget et des Comptes publics, la hausse du coût de l’emprunt serait de 5 milliards par an. Si l’Etat perdait son AAA, il n’y aurait pratiquement pas d’effets sur les emprunts souscrits antérieurement et toujours en cours, car ils sont à taux fixes pour 90 % d’entre eux. Il n’y a plus d’encours d’emprunts souscrits à taux variables, et seulement 10 % de l’encours des emprunts sont indexés sur l’inflation.

« Seuls les nouveaux emprunts à souscrire pour rembourser ceux venus à échéance et financer le déficit, soit un peu moins de 200 milliards d’euros par an, seraient affectés », calcule Jean-François Bauer, du think tank Ifrap. Selon les calculs de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), l’effet serait de 500 millions d’euros la première année, de 1 milliard l’année suivante et de 3 à 4 milliards dès la quatrième année, à condition que les taux se stabilisent. Le cas échéant, l’enveloppe pourrait dépasser les 6 milliards d’euros pour le seul service de la dette. « Mais il ne faut pas oublier que le principal risque d’une explosion du coût de la dette est la hausse des taux sur l’euro en cas d’explosion de la zone », précise Jean-François Bauer. Là, on parlerait de dizaines de milliards.

3. Les risques de faillites bancaires en série

Mieux capitalisées qu’avant l’effondrement de Lehman Brothers, les banques européennes sont pourtant loin d’être tirées d’affaire. Les investisseurs doutent toujours de leur solvabilité en cas de pertes supplémentaires sur les dettes souveraines ou en cas de nouvelle récession. « Leurs besoins en recapitalisation sont difficiles à évaluer. Mais on pourrait très vite atteindre les 200 milliards d’euros évoqués par Christine Lagarde », prévient Philippe Brossard, président de Macrorama. Ramener les ratios financiers aux normes de Bâle III coûterait 33 milliards d’euros. Mettre les titres de dette des pays en difficulté détenus par les banques à leur valeur actuelle mobiliserait au bas mot 40 milliards.

Mais ce n’est là qu’une partie de l’histoire. En cas de faillite désordonnée de la Grèce, la perte de croissance et la désorganisation financière ajouteraient 90 milliards à la facture. Encore ces montants ne concernent-ils que les banques cotées en Bourse. Les bilans bancaires se détériorent aussi dans les pays émergents, alertent les experts d’Amundi. En Chine, les nouveaux prêts progressent à un rythme annuel de 8 000 milliards de yuans, soit le double de celui des années 2007-2008. Au Brésil, la croissance du crédit a dépassé les 19 % l’an dans la première partie de l’année 2011. La banque centrale du Brésil estime d’ailleurs que 26 % du revenu disponible des ménages sont absorbés par les mensualités de remboursement. En Inde, les stress tests conduits auprès des banques font craindre une remontée de la proportion de prêts non performants à 25 % d’ici à 2012, et, de son côté, Moody’s Investors Services anticipe une hausse des prêts non performants à 18 % pour la Chine. Seule consolation : la Chine, le Brésil, l’Inde et la Russie disposent de réserves de change importantes, capables d’amortir les chocs.

4. Les effets secondaires d’un dollar faible

L’urgence de la crise européenne l’a peut-être déjà fait oublier. Pourtant, nous sommes entrés dans un monde inconnu, rappelle l’éminent économiste belge Paul De Grauwe. Pour éviter l’effondrement du système financier, la Fed et les autres banques centrales sont allées bien au-delà de tout ce que préconisent les manuels d’économie. Elles ont ramené leurs taux d’intérêt à un niveau proche de zéro et ont inondé la planète de milliards de liquidités. En contrepartie, elles ont accepté de gonfler leurs bilans d’emprunts d’Etat et d’actifs plus ou moins toxiques pour soulager les banques ou l’immobilier. Aux Etats-Unis, les achats de titres par la Réserve fédérale représentent déjà plus de 15 % du PIB, contre moins de 5 % dans la zone euro.

Le problème ? Personne n’est en mesure d’évaluer les effets secondaires d’une telle politique. Dans un contexte de remontée de la dette publique (celle-ci devrait franchir pour la première fois le seuil de 100 % du PIB en 2011) et de volatilité extrême sur les marchés financiers, les investisseurs pourraient très bien perdre confiance dans le dollar. C’est la thèse défendue notamment par le libertarien Ron Paul, candidat déclaré à la présidentielle américaine de 2012 : « Depuis des lustres, le gouvernement s’endette, et la Fed approuve. Le dollar a perdu 98 % de sa valeur par rapport à l’or depuis qu’elle a commencé son travail, en 1913, souligne-t-il. Si l’on ne change rien, le dollar ne vaudra bientôt plus rien. » Sur le site DollarCollapse.com, son avertissement est pris très au sérieux. Certains internautes recommandent même de quitter les Etats-Unis pour changer de devise !

5. Les dégâts causés par un séisme pétrolier

Un clash avec l’Iran d’Ahmadinejad peut faire exploser le prix de l’or noir.

Si les cours du pétrole restent élevés, c’est en grande partie en raison des risques géopolitiques. A l’heure actuelle, le marché spécule davantage sur des perturbations des approvisionnements au Moyen-Orient que sur les risques de récession, confirme un analyste. En Syrie, l’attaque par des militaires dissidents d’un centre des services secrets, près de Damas – la première opération de ce type en huit mois -, laisse craindre un nouveau durcissement. Par ailleurs, les tensions demeurent fortes entre les pays occidentaux et l’Iran, soupçonné de chercher à se doter de la bombe nucléaire. Ces tensions, qui touchent les pays producteurs de pétrole, sont lourdes de conséquences.

Les experts de Merrill Lynch anticipent toujours un baril de Brent au-delà de 100 dollars en 2012. Or le choc pétrolier coûte déjà très cher à l’économie mondiale. Cette année, la hausse des cours a sans doute enlevé 2 points à la croissance mondiale, estime Robert Wescott, ancien conseiller économique de Bill Clinton. Aux Etats-Unis, depuis que l’inflation s’est emballée, il y a neuf mois, en raison de la flambée du prix du carburant, le revenu disponible des ménages stagne. En 2010, il progressait à un rythme proche de 3 %, ce qui permettait aux consommateurs de se désendetter sans trop réduire leurs achats.

Danièle Licata et Sébastien Julian pour l’expansion

Du printemps arabe au printemps russe ou comment on manipule la jeunesse

A la faveur des élections législatives du 04 décembre dernier en Russie, des mouvements de contestation ont vu le jour et en l’espace de quelques heures se sont radicalisés ; ce qui a fait les choux gras des médias à sensation. Les événements des 5 et 6 décembre sur Tchistye Prudy et sur la place Triumfalnaïa ont été relayés avec plaisir. Les médias s’empressaient de nous annoncer qu’il y a eu fraudes électorales organisées par « Russie Unie », le parti représenté par le tandem Poutine-Medevdev et que tout ce beau monde était descendu dans les rues pour affirmer leur mécontentement. Un groupe baptisé «Manifestation pour des élections honnêtes» appelait mercredi sur plusieurs réseaux sociaux à un nouveau rassemblement samedi après-midi en plein centre de Moscou. Un autre groupe, dénommé «Contre le parti des escrocs et des voleurs pour désigner le parti au pouvoir Russie unie, appelait de son côté à se rassembler tous les jours à 19H00 (15H00 GMT). «Puisque le pouvoir a volé les élections au peuple, nous ne pouvons défendre nos droits que dans la rue!», proclame le groupe sur Internet.

Et quand on entend quelques figures de l’opposition russe ; telle que Ekaterina Alexeïeva, représentante de l’Union démocratique de St Pétersbourg dire : « Les gens qui manifestent aujourd’hui à St Pétersbourg sont de nouveaux militants, des jeunes que l’on n’avait jamais vus avant. …Le reste se fera dans la rue. » et,  Iaroslav Nikitenko, activiste écologiste de compléter : « Dès le 4 décembre il y a eu des manifestations anarchistes. Pour eux, le seul choix est un vote « contre tous ». Ce n’est qu’en sortant dans la rue que nous pourrons changer le système : il ne faut plus émettre de demandes pour telle ou telle protestation. Désormais, il faut simplement envahir les rues », on se demande qui veut déstabiliser la Russie et qui a bien intérêt à la voir se désagréger ? précisément en ce moment.

Les manifestants ont redoublé d’ardeur après les propos d’Hilarry Clinton qui, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, tenue le 6 décembre à Vilnius, a affirmé que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». Le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, l’ambassadeur de Russie à Doha et les employés de l’ambassade russe au Qatar ont été brutalisés par des douaniers et des policiers qataris qui, ont également tenté de s’emparer de la valise diplomatique de l’ambassadeur à sa descente d’avion.

Au delà des visées électoralistes, la suite accélérée d’incidents reflète bien un plan conçu et exécuté par étapes.

Les raisons sous-jacentes qui poussent les États-Unis et ses alliés occidentaux à mener une guerre totale ont été récemment détaillées par Greg Hunter, célèbre journaliste d’investigation américain dans un document, Pourquoi « Le monde est-il devenu hors de contrôle ?« . Il révèle que la totalité de l’édifice des systèmes économiques occidentaux s’effrite sous le poids de plus de $ 100 mille milliards de dollars de dette et qu’ils ne sont pas en mesure de les rembourser : « Jamais dans l’histoire le monde n’a été aussi proche d’un chaos financier total et la guerre nucléaire dans le même temps. « 

Pour Lyndon Larouche – qui, après l’assassinat extra-judiciaire de Mouammar Kadhafi avait mis en garde contre une escalade vers un conflit mondial opposant l’axe transatlantique aux puissances du monde Asie-Pacifique –  le monde n’a jamais été aussi proche d’une nouvelle guerre. Aussi, la volonté de Barack Obama d’occuper une place militaire centrale en Asie Pacifique amène la Chine à prendre des mesures de protection. Le président Hu Jintao a appelé la marine chinoise à « accélérer résolument sa modernisation » et à « mener des préparatifs intensifs pour le combat militaire », afin de « sauvegarder la sécurité nationale et la paix mondiale ». La Chine il faut le dire, dispose de l’armée la plus importante au monde. Cet appel à la guerre du Président Hu est rejoint par le contre-amiral Zhang Zhaozhong qui, de même, a averti la semaine dernière que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même avec une troisième guerre mondiale ».

Face aux menaces d’invasion de la Syrie par les exportateurs de démocratie, la Syrie mobilise elle aussi ses capacités militaires ; les Etats-Unis étant à la manœuvre pour créer une zone d’exclusion aérienne en Syrie, comme ils l’ont fait en Libye, et une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Selon le quotidien syrien Al Thawra, La Syrie a organisé le 5 décembre des exercices militaires à armes réelles destinés à tester la force de frappe de ses missiles à longue portée, de ses véhicules blindés et de ses divisions d’hélicoptères, en cas d‘agression militaire étrangère. Elle a déployé des missiles « Scud », tout au long de sa frontière avec la Turquie et l’Irak, et les a dirigés vers la Turquie, principal allié circonstanciel de l’OTAN dans la région . Bachar el-Assad a par ailleurs promis de tirer des « centaines de missiles » sur le territoire israélien si l’Otan attaque son pays.

L’Iran n’est pas du reste. Elle aussi, face aux menaces de frappes aériennes contre ses installations nucléaires a décrété la mobilisation générale. Le général Massoud Jazayeri, chef d’état-major adjoint des forces iraniennes, averti de « détruire Israël » et d’ajouter « Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir ». Mohammad Ali Jaafari, commandant des Gardiens de la Révolution a procédé à la mobilisation des forces. La décision aurait même été prise de disperser les missiles Shahab de longue portée, les explosifs sophistiqués, l’artillerie et les unités des Gardiens vers des lieux secrets, pour éviter les actes de sabotage.

Le monde avance t-il petit à petit vers un conflit majeur ? La suite nous le dira.

Le regard de Plantu – Standard & Poor’s

Il y a cinquante ans, Frantz Fanon appréciait l’Europe !

En relisant Fanon, on dirait qu’il a été témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler, de parler à ces chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

Frantz Fanon

‘’ Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ‘’(..). – Frantz Fanon.

Le 6 décembre 1961 disparaissait Frantz Fanon, médecin, combattant intrépide pour la défense de la cause des peuples du Sud et du Tiers monde. Fanon était également un penseur et homme d’action engagé totalement pour la révolution algérienne et africaine. Mais étant donné que ce que l’auteur de ces propos prémonitoires, mis en mis en exergue ci-dessus, a dit dans ce domaine est si vaste, nous nous conterons de mettre un peu en évidence les appréciations qu’il faisait sur l’Europe, dans son célèbre ouvrage ‘’Les Damnés de la terre’’ (édit. Maspero, 1961). L’Etat actuel de ce continent pris dans la tourmente financière (Grèce, Italie, Espagne, France, Portugal), place les vues de Frantz Fanon au centre de l’actualité de la ’’Mondialisation’’. Euphémisme pour désigner le capitalisme international en décrépitude.

Et c’est comme qui dirait qu’une certaine composante du Tiers-monde (des Portugais en désarroi), a entendu ce mot d’ordre précité de Fanon. Car Jean Paul Pougala nous renseigne que « nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. En Espagne, par exemple, 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits « riches » de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas de Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d’abord aux populations africaines. ‘’ (1)

Voici un constat qui conforte les vues de l’Antillais, qui était en avance de plusieurs longueurs sur nos roitelets de sa génération, comme les désignait notre ami Mongo Beti , et avec lesquels Fanon n’était pas du tout tendre. Voici d’autres considérations de Fanon, sur l’Europe :

‘’Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu’au nom d’une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l’humanité. Regardez-la aujourd’hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle’’.

‘’Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu’elle a tout réussi’’.

L’Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence. Et voyez combien l’ombre de ses monuments s’étend et se multiplie. Chaque mouvement de l’Europe a fait craquer les limites de l’espace et celles de la pensée. L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse’’.

En relisant ces passages des conclusions de cet ouvrage, on dirait que Fanon était témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler. De parler à ces Chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

‘’Allons, camarades, le jeu européen est définitivement terminé, il faut trouver autre chose. Nous pouvons tout faire aujourd’hui à condition de ne pas singer l’Europe, à condition de ne pas être obsédés par le désir de rattraper l’Europe.

L’Europe a acquis une telle vitesse, folle et désordonnée, qu’elle échappe aujourd’hui à tout conducteur, à toute raison et qu’elle va dans un vertige effroyable vers des abîmes dont il vaut mieux le plus rapidement s’éloigner.

Il est bien vrai cependant qu’il nous faut un modèle, des schèmes, des exemples. Pour beaucoup d’entre nous, le modèle européen est le plus exaltant. Or, on a vu dans les pages précédentes à quelles déconvenues nous conduisait cette imitation. Les réalisations européennes, la technique européenne, le style européen, doivent cesser de nous tenter et de nous déséquilibrer’’.

« On lit Fanon, on prend son crayon, on commence à souligner les passages mémorables, on vibre, on bout, puis on arrête. C’est tout le livre qu’il faudrait souligner ‘’ – Louis-Georges Tin, in « Monde du livre », 4 novembre 2011.

Mais pourquoi nos hommes d’Etat ne veulent-ils pas, ou n’ont-ils pas voulu écouter Fanon ? Dans ‘’Lettre à la Jeunesse africaine’’ publiée dans le Journal algérien, « El Moujahid » du 24 mai 1958, publiée dans ‘’Pour la Révolution africaine’’ (édit. Maspero 1969), Fanon, très acerbe envers le député français Houphouët Boigny, signalait : ‘’Nous devons à la vérité de vous dire que presque tous vos représentants mystifiés par un phénomène d’aliénation très grave, ont toujours opposé à nos démarches le respect de la légalité républicaine française’’.

C’est certainement en vertu de cela que les termes « souveraineté », « indépendance » sont devenus des mots tabous chez nos hommes d’Etat d’Afrique francophone. Après avoir restitué l’acte d’indépendance de nos pays à De Gaulle, Giscard D’Estaing, Chirac ou Sarkozy, la Guyane, Mayotte, La Nouvelle Calédonie, La Mantique, La Guadeloupe, La Polynésie, etc., on ne connait pas ! Autrement dit, pour la France, c’est des DOM ou des TOM. Entendez des parties de la France appelées Départements d’Outre-mer ou Territoires d’Outre-mer. A Mayotte on reconduit à la frontière des natifs de leur propre pays, Les Comores. Fanon doit sursauter là où il est !!!

Disons simplement que colonisés qu’ils sont, non seulement ils (Les préfets des DOM TOM) n’écouteront jamais Fanon, mais ils n’oseront piper mot, à fortiori dénoncer ce carcan appelé Accord de coopération, que d’autres (Pr Agbohou et Séraphin, notamment) appellent ‘’Pacte colonial’’. Pacte constitué du triptyque : 1/Le compte d’opération du Trésor français, vampire des trésors et économies africains. 2/ Le franc CFA et L’UMEOA et 3°/ les bases françaises.

A voir le comportement de certains intellectuels africains et du Tiers-Monde, carrément pro-impérialistes, acquis à la vision des maitres du monde capitaliste, prêts à répéter les prêchi-prêcha et autres slogans débiles du FMI et de la Banque dite mondial, donc des pseudos intellectuels obnubilés par le lucre, les devises sorties de douteuses ONG, stipendiés par des officines aux puissances activités opaques, on ne peut manquer de dire que Fanon fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les hommes ‘’paranormaux’’ parce qu’ayant refusé ‘’de servir l’exploiteur contre leur peuple’’ : Nkrumah, Mamadou Dia, Lumumba, Cheikh Anta Diop, David Diop, Amilcar Cabral, Sékou Touré, Fidel Castro, Che Guevara, Bakary Djibo, Felix Moumié, Tidiane Baidy Ly,Thomas Sankara, etc. Car, Fanon, ancien résistant de la guerre (1935-1945), médecin, écrivain, fils d’un ancien haut fonctionnaire du cadre métropolitain, pouvait bien avoir sa place au soleil. Mais il n’a pas voulu de cette place et s’est engagé comme ‘’Moujahid’’, à coté de ses camarades algériens du FLN (Front de Libération National). Transcendant ainsi toutes les barrières culturelles ou religieuses et toutes les contingences sociopolitiques, de son temps.

Nous terminons, pour engager la jeunesse du Tiers monde à se pénétrer leur histoire en étudiant les œuvres des hommes de la dimension de Frantz Fanon, pour ne pas ‘’se laisser égarer et duper’’ comme disait Mao Tsé Toung. En cela, nous considérons que les prises de position de notre jeune camarade et compatriote Malick Noel Seck (injustement emprisonné par le régime d’Abdoulaye Wade, en ce moment), notamment sur la crise ivoirienne, l’intervention remarquable de la jeune militante Djeyna Ba, de Guinée lors du Forum Social Mondial, en février 2011, donnent de l’espoir. Malgré le fait que l’écrasante majorité la jeunesse africaine et de la plupart des pays dominés du tiers-monde, aujourd’hui, est abandonnée à elle-même.

A Dakar, à Fort-de-France (‘’l’épicentre’’ de la célébration des idées du combattant intransigeant (du 06 au 09 décembre), les panelistes, d’anciens dirigeants du mouvement étudiant en France, ou ses amis, ne manqueront ne revisiter, plus profondément, l’œuvre du grand disparu.

Ababacar Fall «Barros»

* Ababacar Fall-Barros est membre du GRILA

NOTE

(1) Opération Exodus – L’Afrique fait rêver les Européens et, la diaspora ?

Numéro 216 pambazuka News

Comment la spoliation de l’Afrique a causé le déclin de l’occident

En 22 mois, les pays de l’Union Européenne qui utilisent l’Euro ont fait 17 rencontres au sommet pour sauver la monnaie unique, l’Euro, sans y parvenir. On s’attendrait naturellement que le magot de la longue spoliation de l’Afrique par l’Occident lui permette aujourd’hui de payer ses dettes et de se mettre hors de portée des spéculations boursières. Il n’en est rien.

Il est incontestable que la déportation des Noirs d’Afrique pour aller travailler comme esclavages en Europe et en Amérique a beaucoup aidé pour l’édification de la structure économique de l’occident. Et c’est là le paradoxe.  Parce que c’est aussi cette pratique qui a contribué à miner et fragiliser son envol industriel. Si l’occident s’était développé sans recourir à cette main d’œuvre gratuite elle serait plus forte aujourd’hui. C’est justement cette pratique qui l’a fragilisé, surtout lorsqu’on sait qu’elle n’en avait pas besoin.

Avec ou sans les esclaves venus d’Afrique, les Etats-Unis d’Amérique se seraient développés de la même manière. Avec ou sans esclaves africains, l’Europe se serait développée de la même manière et peut-être même plus. Elle se serait passée du Cacao, du café etc… mais le fait de se passer d’une tablette de chocolat ou d’une tasse de café ne change rien sur le devenir d’une civilisation.

Le père de la science économique moderne, l’Ecossais  Adam Smith écrivait que « l’expérience de tous les temps et de tous les pays s’accorde, pour démontrer que l’ouvrage fait par des mains libres revient définitivement à meilleur compte que celui qui est fait par des esclaves. »

Il disait ainsi qu’au-delà de l’immoralité de l’esclavage, il y trouvait aussi une stupidité économique. En effet, à bien y regarder, on peut dire avec précision que l’esclavage et la colonisation ont fragilisé économiquement l’occident plutôt que le rendre fort ; le recours à une position de rente a faussé les règles de jeu du marché parce qu’il y avait un acteur (l’occident) qui est arrivé déjà avantagé puisqu’il pouvait recourir à une main d’œuvre gratuite.

L’esclavage et la colonisation des Africains a affaibli l’Occident

Imaginez d’avoir dans votre château, 20 employés de maison pour assurer le jardinage, la cuisine, le pressing, la vaisselle, la propreté des locaux, le repassage etc… et tout cela gratuitement, sans que vous payiez le moindre centime. Grâce à ces esclaves, vous aurez un très haut niveau de vie, mais qui au fond n’est qu’artificiel, parce qu’il vient du fait que ces esclaves ne sont pas en mesure de se rebeller et de revendiquer leurs droits, leur paie pour les services qu’ils vous rendent.

Le jour où, ils commenceront à fréquenter les voisins, à communiquer avec d’autres semblables, ils prendront conscience de leur état et lorsqu’ils auront la force et le courage de mettre fin à cet état de subordination, pour maintenir le même niveau de vie, vous serez obligé d’emprunter de l’argent pour payer les esclaves d’hier et le processus de surendettement et donc de faillite est enclenché. C’est la situation de l’Europe aujourd’hui et qui vient en partie aussi d’Afrique, au fur et à mesure que l’Afrique se libère grâce surtout aux immenses investissements des capitaux chinois, qui permettent aux Africains de prendre conscience de l’ampleur des conséquences même mentales de leur esclavage passé et présent qu’ils ont subi.

Il y a eu certes cette longue avance technologique de l’Occident sur toute la planète, avance purement virtuelle ne reposant sur aucun fondement concret solide. Et comme on pouvait s’y attendre, cette position de rente, c’est-à-dire d’avantage non mérité, a poussé leurs bénéficiaires à dormir sur leurs lauriers, convaincus que le monde était immuable, statique. Ils étaient convaincus que l’Asie serait toujours comme ils l’ont défini eux-mêmes, que ce soit la Chine ou l’Inde, un « géant endormi », que l’Afrique resterait pour toujours uniquement un réservoir de matières premières.

Grave erreur de calcul, puisque toutes les autres régions du monde qui ont été victimes de ce marché truqué d’avance par le premier arrivé, ont eu une double rage pour rivaliser en imagination afin de corriger cette distorsion. Et lorsqu’ils y parviennent, ils sont mis sur une rampe de lancement que rien ne semble arrêter.

Et c’est ce qui justifie qu’ils se développent plus vite, sur des bases plus solides que le premier arrivé qui, habitué à ne tenir debout que grâce aux artifices, est balayé très vite au premier vent contraire.  C’est ce qui explique que c’est l’économie occidentale qui a été minée depuis l’origine et pour 400 ans d’une rente qui ayant trop duré lui a fait bâtir sa fortune sur une sorte de sable mouvant. Et au premier vrai vent venu d’Asie en attendant celui qui arrivera d’Amérique du Sud et d’Afrique, c’est tout l’édifice qui est en train de basculer.

Conclusion :

L’esclavage et la colonisation de l’Afrique ont été incontestablement des éléments perturbateurs dans la vision que les occidentaux se font du monde. Ces deux faits graves ont été comme une lentille déformante qui ont privé presque tout l’occident de la  perception réelle d’un monde qui était en train de changer autour d’eux, à leur insu. Pour l’histoire, les pays Européens qui avaient bénéficié du Plan Marshall du président Américain Truman en 1948, consistant en un prêt de 100 milliards de dollars américains, n’ont jamais pu rembourser que 20 milliards, c’est-à-dire 20% seulement.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique : cas du Cameroun et de la Côte d’Ivoire

Jean-Paul POUGALA

Les 12 derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d’importantes élections qui ont suscité beaucoup d’intérêts même hors d’Afrique, parce que l’issu de chacune d’elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d’influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l’Occident et le nouveau, la Chine.

En paraphrasant un classement qu’on a vu en Ukraine, ont peut dire qu’en Côte d’Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.

Depuis les indépendances africaines il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l’une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l’Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de toute ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains.

Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n’existe à ce jour, aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BANQUE MONDIALE qui a une particularité et c’est que lorsqu’il échoue, le chapeau n’est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en « dictateur africain » afin de détourner l’attention de la vraie paternité de l’échec : l’ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu’on prescrit aujourd’hui à la Grèce, au Portugal et à l’Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.

Ces dissidents Africains ont regardé ailleurs vers l’Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu’il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d’état bien pilotés par l’entremise des rebelles qui n’ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu’on connait depuis 50 ans au service de l’Occident ou alors s’il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.

Aujourd’hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait 2 choix opposés, l’un la Cote d’ivoire a choisi de rester comme avant, sous l’Occident et l’autre, le Cameroun qui a choisi de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des 2 pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l’histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.

Le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c’est que les deux géants mondiaux, la Chine et l’Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d’Ivoire, on peut être d’accord ou pas d’accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l’intronisation par la France et les Etats-Unis d’une administration africaine.  Il n’est donc pas erroné d’affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.

Au Cameroun, Monsieur Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années la seule destination officielle hors des frontières camerounaises de Monsieur Paul Biya ; Lors du dernier congrès du parti de Monsieur Biya, le RDPC, le parti de monsieur Sarkozy l’UMP n’était pas invité comme d’habitude. A sa place, c’est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le « meilleur parti ami » du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire sans nous tromper que le positionnement du Cameroun est pro-Chine ?

Etait-ce un simple hasard la décision conjointe de Pékin et Yaoundé de choisir la date du 8/10/2011, un seul jour avant les élections, la cérémonie présidée par Monsieur Biya et le représentant Chinois pour  poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N’étaIt-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l’électorat Camerounais  a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain dans les urnes, en élisant Monsieur Biya avec 78%. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation Ivoirienne quelques mois auparavant.

Qui du Cameroun et de la Côte d’Ivoire a eu raison de son choix ?

S’il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d’ivoire et constater que la situation aujourd’hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Monsieur Laurent Gbagbo. Le FMI vient d’avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l’année 2011 faisant ainsi de la Côte d’Ivoire, le seul pays en récession de tout le continent africain, c’est-à-dire,  pire que la Somalie, où même sans gouvernement stable il y’aura eu 1% de croissance pour 2011, c’est-à-dire une croissance somme toute positive.

Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l’économie ivoirienne où l’état doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l’étranger.

Prenons au hasard une date commune dans les 2 pays, la date d’hier 23/11/2011. Quelle est l’actualité principale en Côte d’Ivoire : C’est le porte parole du  président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce que Monsieur Alassane Drame Ouattara se trouve à Bruxelles où il va rencontrer dans la journée Monsieur Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l’Union européenne.

Au même moment, au Cameroun, c’est Monsieur Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui nous annonce la signature d’un accord pour la création d’une usine, la SITRACO, d’une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les  compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.

Dans le premier cas, il s’agit de l’énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 Mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l’ami Sarkozy, président de la France l’a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d’informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques  qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande.

Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l’argent.

Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes;  et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d’école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l’amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.

Comment lire ces deux évènements ?

1. En Côte d’Ivoire

La démarche ivoirienne est erronée. à mon avis, le Cacao et le Café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C’est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l’année 2011 comme « produits coloniaux ». Plus de 50 ans après l’indépendance, ce n’est pas normal qu’un dirigeant Africain se rende en Europe pour négocier en faveur d’un produit colonial, c’est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale.

C’est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s’est jamais enrichi en continuant la production d’un produit colonial, même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier production mondial du café pour passer à la production de la viande qu’elle exporte désormais vers Europe parce qu’elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.

En d’autres termes, la Côte d’Ivoire doit se spécialiser en « Intelligence » pour compter et pour commander en Afrique et voilà non plus retourner en arrière aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre comme le veut le maître Européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.

2. Au Cameroun

La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente 2 avantages :  d’abord parce que la vraie plus-value d’un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains 10 ans le Cameroun passera du pays exportateur de coton, à pays importateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.

Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c’est la leçon même de Laurent Gbagbo c’est-à-dire que désormais c’est en Afrique même qu’il faut aller chercher l’argent.  La Sitraco est l’arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif  pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d’Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique.

Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur Bedouma Alain Yoda, ministre Burkinabé de la Santé, le gouvernement d’un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la facture pour évacuer une cinquantaine de patients par an, la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d’Euros) chaque année. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé, LE PAYS dans son édition du 19/09/2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L’histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l’activisme de ce nouveau concurrent inattendu.

Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Monsieur Sarkozy est celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l’intérieur du Palais d’Etoudi (demeure du Président Camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l’Europe encaisse chaque année des étudiants Africains qui y affluent. Un vrai magot ! se sera-t-il exprimé. et toutes les réflexions successives ont dû être sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme.

Les Universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les oeuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d’éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu’ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d’être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain. Alors que l’hôte de l’Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de Mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.

Que faire lorsqu’on s’est trompé dans le choix des alliances ?

Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert.

Le Guide Libyen Kadhafi est l’exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l’alliance avec l’Occident, en snobant soit la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu’il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s’accoupler et assurer la descendance, garantir l’avenir. Parce que les males vieux sont trop faibles et souvent aigris et génèrent d’autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, et qui ne présagent aucun futur.

En ce moment, l’Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera lorsqu’ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n’était qu’une pure illusion et qu’ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d’Ivoire et donc que qu’ils n’auront plus besoin de Monsieur Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en « Dictateur Africain » et on n’a pas besoin d’être un magicien pour prédire que ce jour là, des ONG prétendument expertes de l’Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s’enrichit sur le dos du peuple.

On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l’avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l’avons fait pour le Guide Libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n’abandonnions jamais les nôtres, quoi qu’ils aient fait dès lors qu’ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours. Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que « Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats » ?

Combien serons-nous pour répondre « présent » au soutient de Monsieur Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ?  Qu’est-ce que l’histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu’il a écrite avec sa fameuse « Communauté Internationale » ?  lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu’ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n’est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l’erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d’avoir le courage et la force d’aller contre ceux qui l’ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de « l’Afrique de la traitrise et des sous-préfets » pour entrer dans l’Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.

Nous sommes différents des Européens. Pour construire l’Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d’entrer dans l’Union et des pays comme la Turquie depuis 1963, n’ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d’autres valeurs que l’argent. C’est pour cela qu’il n’ya jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l’OUA hier ou à l’UA aujourd’hui et demain dans les Etats-Unis d’Afrique en construction.

Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l’Africain à l’esclavage européen, à travers la lutte contre l’humiliation que l’Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n’est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ? Comment expliquer sinon qu’avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les ‘Khmers rouge’, le tribunal spécial se passe en terre Cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits alors que pour l’Afrique, le TPI devient l’énième instrument de domination et de la xénophobie contre l’Afrique ?

Le dénominateur commun du peuple africain est l’anticolonialisme. C’était même le fondement de l’OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d’Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu’à chasser nos chefs d’Etat du pouvoir, jusqu’à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n’ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.

Conclusion

Le déclin de l’Occident est paradoxalement une chance pour l’Afrique, à condition que nous soyons conscients de l’importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L’Occident ne peut pas nous aider parce qu’il ne peut pas s’aider lui-même. Monsieur Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d’un allié de l’Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère et c’est que ce pays pour sa croissance s’est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars américains, montant qu’aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l’histoire, hier 23/11/2011, pour la première fois, même l’Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n’a pas pu emprunter l’argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.

Au 21ème siècle c’est la fin des Etats-Nations et le triomphe des ETATS-CONTINENT. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun tant que l’économie d’un autre pays africain, comme la Côte d’Ivoire est en berne, parce que la Côte d’Ivoire comme la Somalie, c’est aussi mon pays et le comprendre c’est  avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d’une prospérité stable, continentale.

Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l’instant, le meilleur ami de l’Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l’Europe va à Pékin parler de l’Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l’adolescence ?

Toujours plus de Chefs d’Etats Africains seront encore humiliés, d’autres seront encore assassinés. Mais le pire qu’un Africain puisse faire c’est qu’il soit de près ou de loin, complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque Président Africain qu’on humilie, c’est nous tous qu’on humilie, chaque Chef d’Etat Africain qu’on tue, c’est nous tous qu’on tue. Défendre les nôtres, c’est défendre nous-mêmes aujourd’hui, c’est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n’est mort tombé sous les balles de l’armée chinoise.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

TV lobotomie, la vérité scientifique sur les effets de la télévision

Ci-dessous un article de François-Xavier Rochette paru dans « Rivarol », à propos de l’ouvrage de Michel Desmurget : « TV lobotomie, la vérité scientifique sur les effets de la télévision ».

Michel Desmurget, docteur en neurosciences, dresse un terrible réquisitoire contre la télévision, en s’appuyant sur une littérature scientifique foisonnante et unanime… mais dont le grand public n’entend jamais parler.

Un livre que l’on peut commander en ligne >>  ICI. Source : « Contre-info »

L’avènement de l’ère internautique démocratisée laisse à penser que la domination télévisuelle dans le champ médiatique ne cesserait dès lors de décroître. Or, paradoxalement, c’est l’inverse qui est observé par les scientifiques ayant eu le courage de se pencher sur cette question fondamentale. Du courage, il en faut en effet pour nos chercheurs qui ne connaîtront aucune gloire en analysant l’expansion de la gangrène télévisuelle puisque le principal relais informatique reste la télévision qui n’a jamais cultivé un goût prononcé pour la remise en cause salvatrice. Pourtant les études sur la nocivité intrinsèque de la télévision sont fort nombreuses mais restent cloisonnées au sein des bibliothèques universitaires (américaines en particulier), ou bien au chaud dans de prestigieux laboratoires qui ne peuvent faire leur beurre à partir de ces travaux.

Heureusement les journaux alternatifs et quelques internautes diffusent les découvertes étonnantes sur la malfaisance dévastatrice de la petite lucarne (les études et les chiffres dépassent les préjugés que l’on peut avoir à propos du phénomène abrutissant télévisuel). Mais ces avertissements parcimonieux ne touchent malheureusement pas la masse et l’immense majorité des familles qui se font décérébrées d’une manière indolore au quotidien. Le neuroscientifique Michel Desmurget vient de publier un livre complet sur cette drogue dure que constitue la « télévision ». C’est aussi l’occasion pour nous de faire un point sur la « dangerosité » et la « progression » de ce poison dans le corps social.

D’abord, remarquons que le temps moyen passé devant la télévision (des Français et des hexagonaux) est de 3H40 par jour pour un adulte et de 2H40 pour un enfant scolarisé : Cette durée de soft lobotomie a encore augmenté ces cinq dernières années malgré Internet et la prolifération des « DVD ». Ce temps passé devant la téloche correspond à 25% du temps de veille des gens et à 75% de leur temps libre ; l’équivalent de 56 jours par an. Les conséquences de cette surexposition médiatique sont (bien sûr) très graves. Chaque heure quotidienne consommée augmente le « risque de décès » de 10%, augmente le nombre d’obèses de 2% : Plus de deux heures par jour augmente le « risque de surpoids » de 55%. Chaque heure de « TV » consommée avant 3 ans augmente de 10% la quantité de « junk food » consommée à 10 ans. Si la télé prend de plus en plus de place dans les foyers, elle est devenue par ailleurs plus venimeuse encore. La phrase de Patrick Le Lay sur le « temps de cerveau disponible », écrit à propos Michel Desmurget qui a bien désarticulé pour mieux le comprendre le processus cognitif imposé à tous les téléspectateurs, est en effet d’une terrible honnêteté.

Aujourd’hui la fonction principale de la « télévision » (ses films, ses émissions, ses programmes d’une manière générale) est de stresser le consommateur ; de le stresser continûment, avec force et détermination. Car il s’avère selon Desmurget que « si vous stressez une personne avant de lui passer une publicité, elle va beaucoup mieux retenir le message. L’évolution fait que nous sommes beaucoup plus prompts à retenir les choses qui nous menacent, nous ont fait peur, que les choses qui nous ont fait plaisir ou aucun effet. Ce n’est donc pas un hasard que l’on montre autant de violence ». (Notons que les programmateurs bourrent de plus en plus de pubs les séries diffusées, mais évitent également, de plus en plus, de passer de la réclame immédiatement après un épisode, le happy end typiquement américain n’étant pas propice à l’aggravation du stress publiphile). Alors les scénaristes se sont adaptés aux nouvelles exigences psycho-publicitaires : violences tous azimuts, souffrances perpétuelles, angoisse communicative, perversions sexuelles fantastiques… Et le péquin tombe sur Les Experts de « TF1 », Esprits criminels, Le Mentaliste et John Le Rouge (rouge comme le sang…) en devant se mettre à la place d’un « sériôl quilleur » pour le comprendre. Les gamins de 10 ans deviennent les premiers fans, ils sont shootés à l’adrénaline et aux odeurs de cadavres en état de décomposition : Le stress est leur came, la pub leur héroïne. Déflorés à 5, 7 ou 8 ans avec quelques sitcoms, empalés par « Plus belle la vie » à ces âges, les gamins plongent dans le grand bain à 9 ou 10 ans avec « Les Experts », « Le top du top » ! La téléphonie mobile, le gel pour les cheveux, les capotes, les chewing-gums dégueulasses et leurs acolytes se portent bien. Mais les méfaits du Moloch ne s’arrêtent pas là.

Donnons la parole à Desmurget : « Les études montrent que les gens qui regardent (trop) la + TV + finissent par voir la réalité telle qu’elle y est montrée. Si l’on amène des télévisions sur une île Fidji, on voit que les dossiers médicaux montrent qu’avant la + TV + le nombre de filles au régime est quasi nul et le nombre d’anorexiques est nul. Trois ans après, vous avez 70% de gamines qui se sont mises au régime, et 12% qui se font vomir, parce que la + TV + a insufflé cet idéal de minceur ». Les scientifiques ont observé le même phénomène pour la consommation de tabac et d’alcool… Non contente de pourrir les esprits, la télévision putréfie également les corps et exténue les organismes : Si l’on enlève la télévision à un adolescent, il gagne ainsi une heure de sommeil par nuit. Une étude canadienne a d’autre part montré que l’introduction de la « TV » dans une zone enclavée qui n’y avait pas accès a diminué de 30 à 40% la fréquentation des installations sportives et culturelles, dont les bibliothèques.

La « télévision » agit donc comme une drogue dure et particulièrement nocive. Elle ronge les âmes et les corps mais elle entraîne également une addiction sévère chez ses consommateurs (l’immense majorité d’entre eux). Pour Desmurget, il n’existe qu’une seule solution pour s’en sortir : Se débarrasser de sa télévision, la fracasser sur l’autel de la consommation et de la manipulation ! A vos masses !

Michel Desmurget, invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter (6h50 – 3 février 2011).

http://www.dailymotion.com/video/xgvcr5_michel-desmurget_news?start=0#from=embed

Interview de Jean Ziegler par Adrien Dentz : « L’insurrection des consciences est proche »

LALSACE – Jean Ziegler, vous avez été, de 2001 à 2008, le premier Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Depuis 30 ans vous vous battez contre la faim. Rien n’a changé ?

La mort de millions de personnes par la faim reste le scandale de notre temps. 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim ou de ses suites immédiates.

Au moment où nous parlons, toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard de personnes sont en permanence gravement sous-alimentées. Ceci sur une planète où, selon l’ONU, l’agriculture pourrait nourrir normalement 12 milliards d’êtres humains. Il n’y a aujourd’hui plus de fatalité. Un enfant qui meurt de faim est assassiné.

Pourquoi cette situation ?

En grande partie à cause de la spéculation boursière sur les aliments de base (riz, maïs, blé) qui couvrent 75 % de la consommation mondiale. Depuis le crash financier de 2008, les fonds souverains, les hedge funds et les grandes banques se rabattent sur les bourses des matières agricoles et font flamber les prix.

À Genève, si vous vous rendez à la banque UBS, on vous propose d’investir dans des certificats sur le riz garantissant 37 % de plus-value ! En 18 mois, le maïs a augmenté de 93 %. La tonne de blé meunier a doublé entre 2010 et 2011. Tout cela de manière tout à fait légale, même si c’est moralement inacceptable. Les spéculateurs sont deux fois responsables. Non seulement le Programme alimentaire mondial a perdu la moitié de son budget, mais il doit acheter 80 % de la nourriture qu’il distribue aux affamés sur le marché mondial où les prix ont explosé par suite de la spéculation. Il faudrait traduire les spéculateurs devant un tribunal de Nuremberg pour crime contre l’humanité.

Dans votre livre « Destruction massive, géopolitique de la faim », vous écrivez que « le libre-échange tue ». Que voulez-vous dire par-là ?

Une dizaine de sociétés transcontinentales privées dominent complètement le marché alimentaire. Elles fixent les prix, contrôlent les stocks. L’année dernière, Cargill a contrôlé plus de 26 % du blé commercialisé dans le monde. Selon les grands trusts, la faim ne sera vaincue qu’avec la libéralisation totale du marché et la privatisation de tous les secteurs publics. Cette théorie néolibérale est meurtrière et obscurantiste.

L’Union soviétique a implosé en 1991. Jusque-là, un homme sur trois vivait sous un régime communiste et le mode de production capitaliste était limité régionalement. Mais en 20 ans, le capitalisme financier s’est répandu comme un feu de brousse à travers le monde. Il a engendré une instance unique de régulation : le marché mondial, la soi-disant main invisible.

Les États ont perdu de leur souveraineté mais si les néolibéraux avaient raison, la libéralisation aurait dû résorber la faim. Or, c’est le contraire qui s’est produit.

La situation semble être la pire en Afrique, pourquoi ?

En chiffres absolus, c’est l’Asie qui compte le plus grand nombre d’affamés : 578 millions en 2011. Mais comparée à la population, c’est l’Afrique qui est frappée le plus durement : 35 % des Africains sont mutilés par la faim.

La corruption explique en partie la faim. Sans la complicité active du président Paul Biya, Bolloré et Vilgrain n’auraient jamais pu s’approprier des centaines de milliers d’hectares de terres fertiles, au Cameroun, dont les paysans ont été expulsés et où les cultures vivrières ont été remplacées par de la canne à sucre destinée à la production de biocarburants.

Mais, même si c’est horrible à dire, il faut admettre aussi que la corruption est secondaire. L’ennemi principal, c’est les trusts de l’agroalimentaire qui contrôlent le marché mondial.

Où est l’espoir ?

Il faut interdire la spéculation boursière sur les produits alimentaires ; faire cesser le vol de terres arables par les sociétés multinationales ; obtenir l’annulation de la dette extérieure des pays les plus pauvres pour qu’ils puissent investir dans leur agriculture vivrière ; en finir avec les agrocarburants… Tout cela peut être obtenu si nos peuples se mobilisent. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. L’ordre cannibale du monde peut être détruit et le bonheur matériel assuré pour tous. Je suis confiant : en Europe, l’insurrection des consciences est proche.

L’Inutilité des guerres de l’Occident avec la Chine qui, soutire le magot

De 2007 à 2010, 325 banques aux USA sont tombées en faillite. Le modèle économique et financier que la Chine est en train d’imposer à la planète parle très clair : Si l’Etat n’entre pas au capital d’une banque, attendez-vous que tôt ou tard, cette banque va déposer le bilan. Ceci est valable pour les entreprises multinationales qui ne pourront pas faire le poids devant la déferlante force de frappe des colosses publiques de l’empire du milieu. Il faudra que quelqu’un explique à l’Occident que toutes les guerres en Irak, en Libye pour trouver des affaires aux entreprises privées occidentales, servent en définitive les intérêts de la Chine, parce que tôt ou tard ces entreprises reviendront à la Chine, soit parce qu’elle les aura contraintes à la faillite, soit parce qu’elle les aura achetées pour une bouchée de pain.

Lorsqu’en Octobre 2010 la France s’est félicitée d’avoir remporté le contrat de liquéfaction du gaz à Kribi au Cameroun par Gaz de France (GDF-Suez). Ce qu’elle ignorait est que si la Chine avait laissé la France libre de faire cette opération dans sa « ville-vitrine » qu’est Kribi, c’est tout simplement parce que 1 an après, jour pour jour (31/10/2011), cette Chine à travers son fond souverain dénommé CIC devait entrer à hauteur de 30% dans le capital de Gaz de France, division Exploration-Production. C’est-à-dire que lorsque le Président Français Nicolas Sarkozy joue au VRP des entreprises françaises à l’étranger, il sera désormais probable que ce soit en définitive pour le compte d’une entreprise chinoise ou à capitaux chinois, dont le siège est resté à Paris juste pour l’honneur. Le vrai patron c’est la Chine. Encore aujourd’hui, l’entrée au capital de GDF-SUEZ est un sujet tabou en France, parce qu’il s’agit d’une véritable humiliation du pays qui pompeusement peut faire croire de commander l’Europe.

Le président Chinois du CIC vient de donner les couleurs de ce qu’il entend faire en France à travers une interview donnée à Al-jazeera, comme le rapporte le communiqué du syndicat CGT-Gdf-Suez, publié sur le quotidien français l’Humanité du 7/11/2011 :

« les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux  » (..)  » Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse et à l’indolence plutôt qu’à travailler dur. Le système d’incitation est complètement détraqué. » (…)  » Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de l’euro-zone devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays, ils prennent aisément leur retraite à 55 ans et se prélassent sur la plage ? «  Le vrai patron a parlé, qui dit mieux ?

En d’autre termes, toutes les guerres que l’Occident fait en Afrique sont des guerres inutiles, Obama a beau revitaliser son AFRICOM et envoyer des Marines en Ouganda ou ailleurs en Afrique dans l’espoir de contrôler les ressources, c’est peine perdue, parce que toutes leurs entreprises qu’ils croient favoriser par ces manœuvres honteuses finiront comme la propriété de la Chine. En Irak aujourd’hui, 50% de l’argent de la reconstruction du pays va à la Chine, parce que cette dernière a tout simplement acheté les entreprises américaines chargées de cette reconstruction. Du coup l’Occident se trouve elle-même prise au piège du jeu truqué auquel il nous avait conviés depuis 5 siècles. Cette fois-ci, il n’est plus le « Katika » (banco), mais il a pris la place de l’Afrique autour de la table pour continuer ce jeu que l’Afrique jouait sans avoir la moindre possibilité de gagner.

Quelqu’un veut-il expliquer qu’ils ont beau se réfugier dans une consolation jubilatoire pour une prétendue victoire en Libye, mais désormais sur cette planète, aucun peuple, aucun pays ne pourra plus déclarer la moindre guerre à un autre sans augmenter les impôts de ses citoyens ? Parce que les entreprises privées qu’on croit favoriser avec les guerres, risquent d’être déjà dans le collimateur de l’un de nombreux fonds souverains chinois comme le China Investment Corporation (CIC) qui a lui tout seul dispose d’une caisse de 410 milliards de dollars de cash, d’argent liquide avec pour objectif, de mettre un peu de justice dans le jeu truqué que l’occident avait institué depuis des siècles, avec à la clé, une arnaque dénommée DEMOCRATIE.

Le pire c’est que tout l’occident est assis sur une dette qui croit tous les jours et personne ne sait comment ils en viendront à bout. La Chine qui à ce jour, se fait toujours appeler : PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT détient pour 1.440 milliards de dollars USD de bons de trésors américains et 700 milliards d’Euros de bons de trésors de différents pays de l’Union Européenne qui eux se font appeler : « pays riches ». Voici pour exemple l’état de ces dettes à travers compteur numérique qui trace la situation en temps réel. http://www.usdebtclock.org/

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.