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Cote d’Ivoire : Ouattara rend lui-même la réconciliation impossible

Laurent Gbagbo est détenu à Korhogo, sans aucun mandat, sans acte d’accusation, en dehors de toute légalité. Ses avocats n’ont pas la possibilité de le rencontrer.

Son épouse, Simone Gbagbo, député d’Abobo, présidente du groupe FPI à l’assemblée nationale, est retenue dans des conditions ignobles par Ouattara. Ces geoliers l’exposent sur internet comme un trophée de Guerre, ils sont même soupconnés de lui avoir fait subir des sévices sexuels, c’est du moins ce dont ils se vantent sur les sites rebelles.

La presse française va continuer à vous dire que Ouattara continue à oeuvrer pour la réconciliation et que seuls ses opposants y font obstacle.

Le président du FPI, qui était en résidence surveillée à l’hotel Pergola en Zone 4 sous la protection de l’ONU, a été « kidnappé » et transféré à l’hotel du golf pour avoir accordé une interview à un média français.

Plus aucun journal ne partageant pas complètement les idées de Ouattara n’existe.

Les arrestations arbitraires et les assassinats continuent. Deux militaires des FDS, venus faire allégeance à Ouattara au golf hotel, y ont été exécutés sans autre forme de procès.

Les journalistes et politiques français qui ont confectionné un costume de dictateur à Laurent Gbagbo depuis 2000, assistent silencieux et complices à l’installation d’une vraie dictature en Côte d’Ivoire.

La france n’est pas complice, elle est coupable de cet état de fait; c’est elle qui a permis et favorisé cela.

La majorité des ivoiriens d’Abidjan, favorables à Laurent Gbagbo, vivent dans la terreur.

Les premiers cas de commerçants français victimes de racket sont signalés en Zone 4.

L’image de la France auprès des populations africaines ne s’est jamais dégradée aussi rapidement.

Merci Sarkozy

Dr Michel Lambret

Côte d’Ivoire: Amnesty International appelle Alassane Ouattara à «mettre un terme» aux exactions

Amnesty International lance un nouveau cri d’alarme sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Interrogé sur RFI, Salvatore Saguès, chercheur en charge de l’Afrique évoque une situation de terreur dans l’ouest et dénonce des pillages et descentes visant tout particulièrement des personnes perçues comme favorables au président déchu Laurent Gbagbo. Le gouvernement Ouattara dément.

RFI : Quelle est la situation dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ?

Salvatore Saguès : Nous avons une délégation sur place qui a visité la zone de Guiglo à Blolequin, à 600 km à l’ouest d’Abidjan. Nos collègues nous ont dit qu’ils ont vu des villages fantômes avec quasiment aucun civil et seulement des hommes en armes. Les civils errent dans la brousse, pour beaucoup d’entre eux, sans nourriture, sans médicaments. C’est vraiment dramatique. Ils n’osent pas rentrer parce que l’Onuci [la force des Nations unies, Ndrl] n’est pas assez présente. Il faut que l’Onuci assure une présence beaucoup plus permanente sur ces lieux pour que les personnes puissent rentrer.

RFI : Ils ont quitté leurs villages, il y a peu très trois semaines, lors de l’offensive de FRCI (pro-Ouattara) vers les sud. C’est bien ça ?

S.S. : Oui et à la suite de massacres très importants, dont beaucoup d’entre eux ont été faits sur des bases ethniques. Ce sont surtout des membres de l’ethnie guéré qui sont considérés comme proches de Laurent Gbagbo qui ont été tués. Donc beaucoup ont fui. Beaucoup sont aussi à la mission catholique de Duékoué et notre crainte, c’est que ces personnes ne puissent pas retourner chez elles parce que les maisons, selon certaines informations, commencent à être habitées par d’autres personnes.

RFI : Est-ce que vous pouvez chiffrer les personnes qui sont dans cette situation ?
S.S. : C’est très difficile. Certainement des dizaines de milliers. Pour vous donner une idée, à Blolequin, il y avait, avant le conflit, entre 25 000 et 30 000 personnes. Or, mes collègues m’ont dit que la ville est quasiment vide. Dans la mission catholique de Duékoué, il y a actuellement 27 500 personnes et il n’y a qu’un seul puits. L’eau commence à manquer. Donc la situation est absolument dramatique. Les autorités locales disent à ces personnes de rentrer chez elles, mais elles ont trop peur pour rentrer.

RFI : Ces personnes ont peut-être peur de rentrer chez elles, car elles savent ce qui est advenu à ceux qui n’ont pas fui à temps ?

S.S. : Tout à fait, parce qu’il y a – l’ONU l’a dit, le CICR l’a dit – des centaines de personnes qui ont été tuées et si ces personnes rentrent chez elles, elles ont peur de subir le même sort.

RFI : Quelle est la situation à Abidjan ?

S.S. : Nous sommes extrêmement inquiets également de ce qui se passe à Abidjan. Nous avons des dizaines d’appels de personnes qui nous contactent parce qu’elles sont victimes de pillages, de descentes, de la part d’hommes en armes. Notamment, il y a des avocats, des journalistes, qui sont visés parce qu’ils sont considérés comme des partisans de Laurent Gbagbo. Ils sont cachés chez eux ou ils sont cachés ailleurs. Ils ont vu leur cabinet d’avocat détruit ou leurs maisons détruites, c’est absolument effrayant. Ces gens-là sont sans aucune protection et nous appelons fermement Monsieur Alassane Ouattara, qui est président de la République, à mettre un terme à ces exactions. Elles sont commises par des hommes en armes. Soit ce sont des personnes qui appartiennent aux Forces républicaines, soit les Forces républicaines ne font rien pour arrêter ces personnes. Et donc de toute façon, les autorités sont responsables de ce qui se passe là-bas. Actuellement à Abidjan, il y a des milliers de personnes qui sont terrifiées et qui sont en danger !

RFI : Vous faites la distinction avec les pillards qui profitent du vide sécuritaire ?

S.S. : Tout à fait. Il y a des attaques ciblant des personnes considérées comme des opposants [favorables à Laurent Gbagbo, Ndrl]. C’est vraiment extrêmement dramatique. Nous avons également entendu parler de cas de jeunes gens qui, parce qu’ils viennent de l’ouest, sont arrêtés. On ne sait pas ce qui leur arrive. Il y a vraiment réellement une chasse à l’homme maintenant à Abidjan et il faut y mettre un terme immédiatement. C’est gravissime.

RFI : Est-ce que des personnes ont été agressées physiquement ?

S.S. : Les personnes avec qui j’ai parlé ont pu fuir. Mais dans notre communiqué nous parlons d’un gendarme qui a été tué devant tout le monde. Malheureusement, les gens qui nous parlent ne veulent pas qu’on mentionne leur nom. C’est pour cela que j’essaye de rester plus ou moins vague. Vous savez comment Amnesty a critiqué constamment pendant dix ans ce qu’a fait Laurent Gbagbo. Mais ce qui se passe actuellement est inimaginable! Il y a des gens sans aucun contrôle qui sont en train de commettre des choses barbares et il faut absolument que cela se sache. Je suis assez étonné de la teneur de la presse en France qui dit que Alassane Ouattara se donne deux mois pour remettre de l’ordre. On a l’impression que les choses vont de mieux en mieux. Ce n’est absolument pas vrai. Nous n’avons aucune sympathie pour l’ancien régime mais ce qui est en train de se passer est inadmissible.

Par Nicolas Champeaux