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Dans les coulisses du Conseil de l’Entente

A un journaliste qui lui demandait à quoi sert encore le Conseil de l’entente, un ministre des affaires étrangères venu au sommet de Cotonou lundi dernier, a eu une réponse curieuse : « Sans vous mentir, c’est la question que moi-même je me pose », a-t-il confié. Dans un environnement ouest-africain déjà jonché d’institutions à visée intégrationniste, l’embarras du ministre est loin d’être un épiphénomène.

Les assises de Cotonou ont été en apparence une grand-mess pour rien, sentiment largement corroboré par le communiqué final désespérément pompeux et désespérément vide. Au total, on aura simplement retenu que Boni Yayi a été reconduit pour un autre mandat d’un an et qu’il bénéficie du soutien de ses pairs franchement ravis de voir son enthousiasme communicatif sur une institution donnée pour morte depuis plus de dix ans. Et c’est tout.

La douce mélodie écrite à la résurrection a été composée en sol majeur, éclatante de visée diplomatique, riche de lendemains qui chantent. « Much ado about nothing » (beaucoup de bruit pour rien) disait la fameuse pièce de Shakespeare. Comme toutes les assises panafricaines qui réunissent nos chefs d’Etats et de gouvernement, celles de Cotonou auront été marquées par un déploiement médiatique préfigurant de grandes résolutions sans lendemain.

Pas d’actions fortes en vue sur l’agriculture, la pêche ou l’élevage, rien sur l’industrie et l’artisanat, et rien encore sur le commerce, le transport ou le tourisme. On se dit tout au moins que les pauvres deniers de l’Etat béninois n’ont pas servi à financer du vent, et que, certainement, le Chef de l’Etat a des raisons suffisantes pour ressusciter la plus vieille institution de l’Afrique de l’Ouest enterrée depuis longtemps sous les scories du temps.

Pratiquement à l’abandon depuis une décennie, c’est dans la morosité qu’elle a célébré ses cinquante ans d’existence en 2009. Son siège situé à Cotonou a été évacué, malgré les contorsions rhétoriques employées pour montrer qu’il a été transféré ailleurs. Réellement, il y a un malaise Conseil de l’Entente. L’institution a été conçue au départ par Félix Houphouët-Boigny pour servir de creuset aux Etats en marche vers la souveraineté internationale.

 A n’en point douter, c’était le premier outil d’intégration sous-régionale, même s’il a pu être utilisé à des fins diplomatiques par le vieux sage de l’Afrique (comme on appelait Houphouët à l’époque). Dans la réalité, le seul instrument de coopération qui appelle encore son nom reste l’Organisation des loteries nationales du Conseil de l’Entente qui tient des réunions régulières. Tous les programmes de développement qui maintenaient la flamme (hydraulique villageoise, l’assistance aux entreprises, électrification rurale, etc.) sont au ralenti depuis pratiquement 1990.

Ce long sommeil provient, on s’en doute, du regain d’activité au sein des autres institutions ayant pratiquement le même objet. Que ce soit l’Union africaine, la CEDEAO ou encore et surtout l’UEMOA, elles ont réussi à éclipser le Conseil de l’Entente qui n’avait plus de rôle à jouer. Mais cela ne voudrait nullement dire que l’éveil actuel correspond à une quelconque léthargie de ces institutions. Et c’est là où la curiosité perce vers la clarté.

En réalité, le sommet de Cotonou a tout l’air d’une manœuvre diplomatique du Bénin. L’agenda de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peut expliquer le curieux enthousiasme du gouvernement. Désireux de placer son candidat à la tête de la CEDEAO, Boni Yayi ne compte pas rester les bras croisés face au Burkina-Faso qui ne ménage pas non plus ses efforts.

Toutes les occasions sont bonnes pour rehausser l’image de marque du pays et le présenter ainsi aux yeux des autres membres de la CEDEAO comme un pays panafricaniste, rassembleur et soucieux d’intégration. D’autant d’ailleurs que le sommet devant décider (enfin !) en dernier ressort se tient samedi prochain.

Rendez-vous crucial pour le Bénin qui attend impatiemment que la CEDEAO lui fasse justice, puisque notre pays n’a jamais occupé un poste de décision au sein de la Commission depuis 36 ans. Et le Conseil pourrait apparaître comme un espace permettant aux challengers de la CEDEAO de se retrouver pour négocier avec l’intermédiation de leurs pairs.

Inutile en réalité mais utile en fin de compte, le Conseil de l’Entente est donc une ressource diplomatique dont Boni Yayi s’est habilement servi, sans y paraître. Samedi nous dira s’il a réussi son jeu ou si au contraire Blaise Compaoré était plus futé que lui.

Olivier ALLOCHEME

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En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

Chronique de la fondation « houphouëtiste » de la République de Côte d’Ivoire

A quelques encablures des « indépendances », pour Félix Houphouët-Boigny, président du mouvement « panAOF » : le RDA, pas de doute : « Il s’agit de faire évoluer la France et les territoires d’outre-mer vers un Etat fédéral, un gouvernement fédéral et les gouvernements autonomes…, la solidarité économique devant être étroitement associée à la politique de l’ensemble franco-africain ». Mais la volonté d’union formulée par le président du RDA s’était heurtée, rapidement, aux réalités politiques françaises et africaines.

En février-mars 1958, le RDA prendra l’initiative de regrouper un certain nombre de partis africains pour définir un programme minimum en trois points : statut d’autonomie interne totale (assemblée et gouvernement) pour les territoires ; solidarité des territoires ; république fédérale avec la France sur la base d’une libre coopération, de l’égalité absolue du droit à l’indépendance. La République fédérale aurait eu en charge la diplomatie, la défense, la monnaie, l’enseignement supérieur et la magistrature.

Mais le Charles De Gaulle allait accéder au pouvoir à la suite de la « crise algérienne » et l’élaboration d’une nouvelle constitution remettait les compteurs à zéro. D’autant plus que bien des territoires voyaient poindre à l’horizon la perspective, rapprochée, d’une indépendance qui allait donner des velléités de jouer cavalier seul à certains leaders africains. Ministre d’Etat du général De Gaulle, Houphouët-Boigny avait été appelé à participer aux travaux du comité constitutionnel qui avait en charge d’élaborer la Constitution de la future Vème République. Dans cette perspective, les parlementaires africains de toutes tendances politiques allaient se réunir à Paris, salle Colbert, afin de formuler, globalement, leurs revendications et leurs espérances. Objectifs : élargissement de la loi-cadre de 1956 (dite « Loi Defferre ») et autonomie des pouvoirs locaux. Le projet de texte constitutionnel établissait notamment que les dispositions concernant les liens de la Communauté franco-africaine seraient révisées tous les cinq ans. C’était une disposition à laquelle s’opposera le leader du RDA, estimant que cette procédure allait engendrer l’instabilité et exprimer une absence de confiance dans les institutions.

En fait, d’ores et déjà, le projet de communauté est mort-né, le rêve d’union de Houphouët-Boigny va s’évanouir. Sans qu’il puisse mener un dernier combat. Il était stipulé dans la Constitution de 1958 que les territoires d’outre-mer disposaient d’un délai de quatre mois pour adhérer à la Communauté groupés ou isolément. « D’octobre à décembre, rappellera Gabriel Lisette (cf. LDD Côte d’Ivoire 0337/Mardi 9 août 2011), en Afrique occidentale comme en Afrique équatoriale, ils optent successivement pour le statut d’Etat et adhèrent individuellement à la Communauté qui comporte dès lors douze membres en plus de la République française ». Houphouët-Boigny lancera dès lors l’idée de « l’Entente », conseil au sein duquel les Etats membres de la Communauté organiseraient la coopération et la solidarité entre les anciens territoires de l’AOF sans création d’institutions souveraines. Sa proposition allait faire éclater le projet de constitution du Mali qui prévoyait, initialement, de regrouper le Sénégal, le Soudan français (actuel Mali), la Haute-Volta (Burkina Faso) et le Dahomey (Bénin). Ces deux derniers pays décideront alors de rejoindre l’Entente qui rassemblait déjà le Niger et la Côte d’Ivoire.

Faible satisfaction pour Houphouët-Boigny. D’autant plus qu’au référendum du 28 septembre 1958 la Guinée de Ahmed Sékou Touré aura répondu « non », accédant ainsi, aussitôt, à l’indépendance. Un indépendance qui n’était pas, alors, ouvertement revendiquée par les leaders des partis africains ayant pignon sur rue à Paris. Plus tard, Houphouët-Boigny racontera comment, lors des discussions du projet de texte constitutionnel, De Gaulle s’était exclamé : « Pourquoi ne pas aller jusqu’à prévoir l’indépendance comme une alternative possible pour tous les territoires de la Communauté dans le projet de Constitution, l’indépendance à prendre à tout moment par un vote positif des assemblées de ces territoires de la Communauté ? ».

Dès 1958, Conakry avait franchi le pas. Les autres capitales suivront deux ans plus tard obligeant à réviser, le 4 juin 1960, la Constitution qui établissait l’incompatibilité entre la qualité d’Etat indépendant et d’Etat membre de la Communauté. Exit l’union. Quelques mois plus tôt, à Abidjan (3-5 juin 1959), lors du congrès extraordinaire du RDA, Houphouët-Boigny, premier ministre de la Côte d’Ivoire, aura dressé un bilan pour l’avenir. Dans ce texte, essentiel, il évoquait les limites qu’il entendait fixer à son action. « Ce qui compte, c’est la réalité de la liberté, c’est la réalité de l’indépendance. Bien sûr, sur le plan idéologique ou psychologique – pourquoi ne pas l’avouer honnêtement ? – notre conception peut paraître faible […]. Nous pensons réaliser l’unité véritable dans le cadre d’un grand ensemble politique et économique et par la réconciliation, l’amitié, la fraternité et par une saine appréciation des véritables intérêts des masses africaines […]. On peut s’affranchir de la tutelle de tel ou tel colonisateur. Mais, à moins d’installer tout de suite le communisme international en Afrique – un maître dont on ne se débarrasserait que très difficilement -, on est obligé, pour procurer un niveau de vie décent aux masses africaines, de s’adresser à des capitalistes étrangers qui imposeront leur loi.

« Nous ne voyons, quant à nous, aucune nécessité, ni aucun profit pour les masses qui nous font confiance à leur imposer le poids inutile d’une armée coûteuse et d’une diplomatie ruineuse, incompétente et squelettique, comme nous le voyons dans certains pays qui ont acquis, il y a quelques années, leur indépendance nominale [Houphouët-Boigny évoque, bien sûr, le Ghana et la Guinée, ses deux « bêtes noires »]… Dans ce domaine comme en tout autre, la façon de donner vaut mieux que ce que l’on donne. Ce que nos Etats souhaitent, pour l’avenir – et il est essentiel que la République française le sache pour mieux mener son action -, c’est une organisation rationnelle de la solidarité économique et financière leur permettant de féconder les immenses richesses qu’ils recèlent et, ainsi, d’enrichir le patrimoine commun dont dépendra, en définitive, le bonheur des hommes ». L’Histoire, qui ne peut bien juger que dans le long terme, quand elle aura comparé les évolutions des uns et des autres, dira si Houphouët-Boigny a eu raison ou tort de suivre la voie qu’il s’était fixée à la fin des années quarante ; mais d’ores et déjà, il apparaît, à la fin des années 1950, que c’était un « cul de sac ».

La constance dans une démarche pragmatique – que d’autres qualifieront d’opportuniste – paraît caractériser la pensée de Houphouët-Boigny. Le général De Gaulle disait de lui qu’il était « un cerveau politique de premier ordre, de plain-pied avec toutes les questions ». Le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire devenait indépendante. Houphouët-Boigny ne l’avait pas voulue sous cette forme ; sans pouvoir, non plus, la refuser. Ce jour-là, dans son « discours d’indépendance », il s’était battu une fois encore pour la cause unitaire… franco-africaine : « Trop de problèmes nous sont, en effet, communs, pour que nous ne tentions pas de les résoudre en frères. Ne visons pas des buts irréalisables, du moins dans un délai rapproché. Certes, dans la vie des peuples, il faut sans cesse considérer l’avenir, même le plus lointain. L’Afrique est le pays des rêves, dit-on. Mais en Afrique l’action talonne le rêve. Nos populations demandent des satisfactions immédiates. Or, de quoi avons-nous besoin dans l’immédiat, notre dignité satisfaite dans l’acquisition de notre indépendance ? C’est d’élever le niveau de vie des populations qui veulent, à bon droit, se sentir les égales des populations les mieux pourvues et les plus évoluées ».

A suivre

Jean-Pierre BEJOT

La Dépêche Diplomatique

BENIN : La politique de la fellation

A la lumière des dernières contingences survenues après les élections présidentielles et législatives au Bénin, que dire des hommes politiques béninois ? Ils sont pour la plupart des prostitués politiques. Je dirai même qu’en Afrique, il y a trop de partis politiques et d’hommes politiques alimentaires.

La démocratie béninoise était en panne, l’unité nationale mise sur béquilles, l’économie nationale mise à genoux,… et c’est pour cela que, l’ensemble Union fait la Nation (UN) serait né nous a-t-on dit ; pour rétablir tout ceci et réconcilier le peuple béninois d’avec lui-même et d’avec le travail car il faut le dire tout net nous avons depuis 2006 le régime le plus paresseux de notre histoire qui, ne rate aucune occasion pour inviter le peuple béninois au repos.

Après donc les deux fameux K.O obtenus de la manière dont on sait, ce grand rassemblement commença à s’effriter. Les premiers qui étaient à sa création de même que les derniers qui sont arrivés ravalent pour la plupart leurs vomissures et sautent pieds joints dans la mouvance où les accueille, les bras ouverts Boni Yayi devenu subitement – le temps de deux élections mal organisées- le messie. Le chauffeur à qui l’on voulait retirer le permis serait-il devenu si meilleur conducteur que ça ?

« Je soutiens désormais l’action du Président de  la République », « J’épouse la vision du Chef de l’Etat » ; ce sont là les phrases que nous sortent les nouveaux convertis ou courtisans de Boni Yayi, passé sans bilan du changement à la Refondation. C’est de l’escroquerie politique et, par ce genre d’actes et de propos répétés de ces hommes politiques, le bloc Union fait la Nation (UN) se retrouve décrédibilisé. Quelle Hypocrisie ! … Quelle Trahison du peuple !

La politique, disait feu Félix Houphouët Boigny, c’est la saine appréciation des réalités du moment. Evidemment, pour les hommes politiques Africains, c’est en clair, l’art de survivre à toute situation. Il faut toujours aller là où il fait bon vivre, se mettre en sécurité en restant du côté du pouvoir en place ; la faim justifiant les moyens. A bas la conviction ! Ces hommes politiques, toujours là à tenir des discours lénifiants pour entrer dans les bonnes grâces des tenants du pouvoir sont tout aussi prêts à un retournement de veste dès qu’un changement de régime intervient. Même vieux, ces hommes politiques béninois, par ailleurs carriéristes politiques puisqu’ils font de la politique leur métier, ne veulent pas se laisser guider par l’esprit de sagesse. Directeur de cabinet quelque part, ils pointent leur nez pour se positionner ; un ministre c’est eux ; un médiateur, c’est encore eux – suivez mon regard -. Pour cette race de politiciens, il faut toujours être là où il y a à manger ou tout au moins là où il y a à boire. Pas question d’abandonner le fréon et les salons feutrés pour devenir ou rester opposant.

Vivement 2013 !

aymard

Discours peu sérieux pour personnes peu sérieuses

– Le Nouveau Courrier – Ainsi donc, François Fillon a fini son «tour du propriétaire» en Côte d’Ivoire. Un séjour qu’on devrait qualifier d’historique : la première visite officielle d’un Premier ministre français en Côte d’Ivoire depuis… 1986. A l’époque, Jacques Chirac, chef d’une droite ayant tout juste obtenu la majorité lors des législatives et par conséquent le contrôle du gouvernement dans le cadre de la cohabitation, venait remercier son «papa» Félix Houphouët-Boigny de l’avoir aidé par ses «conseils», mais surtout par son argent, qui se confondait avec celui de son pays, durant la campagne électorale. C’était le temps de l’Afrique de papa, d’un néocolonialisme que pourfendait, à Ouagadougou, Thomas Sankara, avant d’être assassiné avec, disent certains historiens, la bénédiction de Paris et d’Abidjan.

Tout aurait, aujourd’hui, changé de face. Evoquer même encore le terme «Françafrique» reviendrait à se servir d’un «logiciel dépassé», si l’on en croit les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Ce discours de François Fillon, disons le tout net, est peu sérieux, et ne sera considéré sérieusement que par des personnes peu sérieuses. Mal inspiré au Cameroun en mai 2009, quand il niait les crimes commis par l’armée française durant la guerre d’indépendance, à côté de la plaque quand il a évoqué le faible taux de «francité» d’Eva Joly, et ce – ironie ! – devant Alassane Ouattara, la «victime» de l’ivoirité, Fillon a été naturellement défaillant en essayant de donner un avis pertinent sur l’évolution des relations entre son pays et ses excolonies africaines.

Au fait, quand est-ce que la France officielle a-t-elle admis que le logiciel «Françafrique» était de saison, pour qu’elle puisse affirmer aujourd’hui qu’il est passé de mode ? Depuis que François-Xavier Verschave, ex-président de l’ONG Survie, a passé au tamis critique le néologisme créé par Félix Houphouët et l’a érigé en mot-repoussoir résumant l’ensemble des relations mafieuses et entachées de sang liant la France à son «pré carré», le concept a été contesté, moqué, ridiculisé. Verschave a été accusé de paranoïa complotiste. Aujourd’hui, on aurait parlé de «conspirationnisme »… D’hier à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans le sens de la souveraineté des pays d’Afrique dite francophone? En 1997, Paris soutenait les milices de Denis Sassou N’Guesso contre le président élu Pascal Lissouba dans le cadre de la reconquête de Brazzaville. En 2002, Paris soutenait les milices pro-Ouattara contre le président élu Laurent Gbagbo. En septembre 1979, les parachutistes français renversaient le Centrafricain Jean-Bedel Bokassa. En avril 2011, les forces spéciales françaises détruisaient la Résidence présidentielle ivoirienne afin de livrer Laurent Gbagbo à ses adversaires. Lors de la guerre du Biafra, entre 1967 et 1970, la France, alliée à l’Afrique du Sud raciste, convoyait des armes aux rebelles ibos. Aujourd’hui, la France largue des armes aux rebelles libyens, en partie islamistes. La seule différence entre les aventures militaires néocoloniales d’hier et celles  d’aujourd’hui ? La force de la résistance populaire qui se construit lentement «oblige» légionnaires et hélicoptères à tuer des civils africains. Par centaines. A  Abidjan, François Fillon a demandé que les crimes de tous les camps soient punis. Qui punira la France ? La Françafrique, c’est une relation dans laquelle la France utilise sa présence militaire en Afrique pour y jouer un rôle politique, renverser et installer, soutenir et déstabiliser. C’est ce qui s’est passé et c’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire.

La Françafrique, c’est une relation économique du cheval et du cavalier, où Paris est le partenaire économique «de référence», vers qui les contrats se tournent prioritairement… sans que la réciproque soit vraie. On est en plein dedans. La Françafrique, ce sont les conseillers militaires et économiques dépêchés par l’Elysée et qui travaillent, au plus haut niveau de l’Etat africain vassal et de manière très officielle, pour le compte du pays donneur d’ordres. On y est retournés, pieds et poings liés. La Françafrique, c’est le jeu qui consiste pour la France à choisir ses interlocuteurs en Afrique, et à décider toute seule en donnant l’impression d’un dialogue avec «nos partenaires africains».

La manière dont les autorités françaises communiquent sur le maintien – ou le retrait – des troupes hexagonales en Côte d’Ivoire illustre à la perfection le complexe de la marionnette et du ventriloque qui caractérise les relations diplomatiques entre nos pays. Alors que l’investiture d’Alassane Ouattara se tenait encore, Nicolas Sarkozy a affirmé devant ses compatriotes regroupés dans le camp militaire français de Port-Bouët – symbole ravageur ! – que son pays garderait une présence militaire «permanente» en Côte d’Ivoire. Pourtant, les accords de défense doivent être renégociés d’Etat à Etat, et ratifiés par l’Assemblée nationale. Si Sarkozy se risque à une telle affirmation, c’est parce qu’il sait qu’il contrôle le pouvoir exécutif ivoirien et qu’il contrôlera demain notamment grâce à l’opération d’épuration politique en cours, sanctifiée par Paris le pouvoir législatif, au terme des élections qui doivent se dérouler avant la fin de l’année.

François Fillon a raison : le logiciel «Françafrique» est dépassé. Il a été remplacé par un software d’écrasement des peuples africains qui est, paradoxalement, à la fois plus subtil et plus grossier. Et terriblement violent.

L’écrivain Bernard Doza écrit à Alassane Ouattara

Le journaliste d’investigation que je suis, a eu l’impression que ces soldats d’une cause identitaire, étaient devenus dans la violence postélectorale, les marionnettes d’une vengeance programmée par des mains obscures… Parce que le spectacle saisissant de la fin du règne-Gbagbo, s’organise devant des caméras de complaisance, comme si on voulait frapper l’imaginaire collectif du peuple africain par des images d’humiliation qui devaient nourrir un autre destin. Car elles ont été rapidement gravées, pour la postérité sur des disques, qui se vendent actuellement comme des petits pains dans les rues d’Abidjan.

A travers le véhicule permanent de ces images par les médias internationaux, on aperçoit, au-delà de la querelle sur la victoire du 28 novembre 2010, que c’est la Côte-d’Ivoire et l’Afrique noire qui sont moquées.

Car les diasporas noires des Etats Unis et d’Europe, qui vivent le racisme au quotidien dans les pays occidentaux, revoient en 2011(comme avec Patrice Lumumba dans les années 60) l’image du dirigeant nègre bafouée (par ses propres frères de race), parce que rebelle à l’ordre du grand maître blanc.

Le doute n’est pas permis, car tout cela se déroule au lendemain de l’injonction du président français, Nicolas Sarkozy qui affirmait : « Je donne jusqu’à dimanche (3 jours) à Gbagbo pour quitter le pouvoir ».

Dans ces conditions, comment doit-on rechercher et organiser la paix entre les différents peuples de Côte-d’Ivoire, au lendemain d’une pacification politico-militaire.
Une opération commanditée à travers l’ONU, par la France coloniale et exécutée de sang froid à Abidjan le 11 Avril 2011, par des troupes étrangères à notre pays, pour réinstaurer l’ordre ancien?

Monsieur le Président,

Si je prends ma plume, en ces temps de crises larvées, c’est parce que je ne suis pas sûr que vous êtes foncièrement contre le discours de l’indépendance politique et financière, prôné par les partisans de Laurent Gbagbo face à la France.

La France, du lobby colonial, qui entretien la pauvreté en Afrique noire en louant depuis 1853(à travers la « Banque du Sénégal », devenue les multinationales BCEAO et BEAC), le FCFA à 14 pays du continent, au profit du trésor français.

Sinon, comment allez-vous expliquer à la jeunesse ivoirienne, qui chôme depuis les années 80, avec des diplômes universitaires et obtenus dans des grandes écoles, pourquoi un pays gorgé de la richesse financière annuelle du Café-Cacao, du pétrole, de l’or, du caoutchouc et du Diamant, échoue-t-il dans la formation technologique des hommes pour le développement industriel, et quelles sont les véritables raisons du refus de la création d’emploi depuis 50 ans?
Car, avec ses 20 millions d’Habitants en 2011, la Côte-d’Ivoire, malgré sa grande richesse en matières premières, l’office de la main-d’œuvre de notre pays, ne comptabilise toujours pas un million de travailleurs ayant un bulletin de salaire mensuel.

Monsieur le président,

Nous, militants ivoiriens, connus pour avoir sacrifiés notre carrière politique et sociale hors de notre pays, dans le combat de l’indépendance anticoloniale et de la démocratie véritable, nous le savons.

La Côte-d’Ivoire a été transformée en carte postale des intérêts français, dans la sous-région africaine, dès le mois de juin 1950, lorsque Félix Houphouët a été soumis dans la violence coloniale par le gouverneur Péchoux.

Et depuis, malgré l’indépendance politique du 07 août 1960 et l’endettement monstrueux de notre pays, envers les institutions financières internationales (que je vous vois reprendre allègrement dès la fin de la crise postélectorale), aucun dirigeant de notre pays, n’a pu aider le petit peuple ivoirien, à sortir de la grande pauvreté.

Chaque tentative de sortie de la politique néocoloniale, osée par des dirigeants de notre pays, est perçue à Paris comme une faute politique par le négoce français et sanctionné à Abidjan par un coup d’état.

Depuis les années 80, les exemples foisonnent.

En 1985, Félix Houphouët vit ces derniers moments au pouvoir. Dans une dérive contre l’impérialisme français, il tente de relancer la machine de la contestation anticoloniale contre les prix des matières premières.

Parce qu’il ne supporte plus les prix d’achats aux rabais du Cacao-Café qui sont fixés par les multinationales occidentales sur le dos des pauvres paysans ivoiriens, Houphouët-Boigny décide de stocker sa production.

Le lobby du négoce français se réunit et décide de mettre au pouvoir à Abidjan, un militaire connu des services secrets.

C’est ainsi qu’apparait pour la première fois dans les rédactions à Paris, le nom de Robert Guéï, colonel des pompiers et ancien de St Cyr, officiant à Korhogo.

Face à la détermination du lobby, Félix Houphouët fut obligé de céder en demandant à la France de le laisser « finir son pouvoir en beauté ».

En juillet 1986, au Figaro Magazine, il déclare : « Si nous refusons de vendre nos matières premières, les blancs nous tuerons tous. Parce que nous avons l’indépendance politique, mais nous n’avons jamais eu l’indépendance économique.»

Le président ivoirien fut donc contraint de nommer Robert Guéï, Général et chef d’état-major de l’armée ivoirienne en 1990.

A la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, la question de l’indépendance économique, demeure dans l’inconscient de la petite bourgeoisie du PDCI.

En décembre 1993, (avec l’appui du président François Mitterrand) Henri Konan Bédié accède à la magistrature suprême.

Président de la République, il teste sa marge de manœuvre. Il veut bâtir ses grands travaux (Eléphants d’Afrique). Henri Konan Bédié a donc besoin de beaucoup d’argent. Alors sans avertir Paris, le président ivoirien se désengage du pacte colonial de juin 1950.
Rapidement, il signe contrat avec des multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland pour le retraitement du café et la transformation locale du Cacao.

Une Usine de transformation locale du Cacao en poudre est même construite à Yopougon, avec Daniel Usher, le fils de l’ancien ministre des affaires étrangères de Félix Houphouët comme Directeur général.

Mal lui en pris.

En début décembre 1999, la France profitant de la polémique politique sur l’ivoirité, agit en secret.
Le général Robert Guéï est convoqué à Paris (15 jours avant le coup d’état du 24 décembre 1999) par le lobby du négoce (la Françafrique).

Auditionné par la DGSE et le patronat français, il revient à Abidjan le 17 décembre avec le Général Jeannou Lacaze dans l’avion.

L’ancien chef d’état-major de l’armée française devenu conseil de la DGSE, dirige l’opération de la prise de pouvoir par le général Robert Guéï.

Les deux généraux se réfugient d’abord à Gouessesso (village du général Guéï). Le prétexte officiel du déplacement en Côte-d’Ivoire parle d’une fête organisée pour la célébration des anciens de St-Cyr.

Henri Konan Bédié qui monte le 22 décembre 1999 à l’assemblée nationale pour un discours anticolonial diffusé par la télévision, ne prend pas de gants :

« Nos ainés n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences étrangères inacceptables.

C’est aux ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable.»

La revendication salariale des jeunes soldats venus d’une mission de l’ONU en Centrafrique, sera l’occasion du coup d’état qui emporte le pouvoir du président Bédié.

Robert Guéï prend le pouvoir avec Jeannou Lacaze comme conseiller occulte, pour veiller sur l’orientation politique du nouveau pouvoir d’Abidjan.

Les rentrées d’argents dans les caisses de l’état lui paraissent obscures, alors le général Guéï nomme provisoirement des officiers aux structures financières les plus sensibles, comme le port, les douanes, la loterie Nationale…

Et il s’aperçoit que par jour, les caisses de la Côte-d’Ivoire officielle perçoivent beaucoup d’argent.
Le port d’Abidjan faisait à l’époque trois milliards de franc CFA de recette par jour (Aujourd’hui 10 milliards). La douane encaissait plus de deux milliards CFA par jour (Aujourd’hui 7 milliards)…

Alors, il commet une faute.

Car naïvement, il pense qu’avec autant d’argent, la Côte-d’Ivoire n’a pas à emprunter et encore moins, à devoir de l’argent aux pays occidentaux.

Il décide donc de rembourser surtout l’Union Européenne, dont la presse ne cesse de réclamer la somme de 18 milliards de FCFA, qui auraient été détournés par le gouvernement du président Bédié.

Et le général Robert Guéï organise le paiement des 18 milliards de FCFA à la banque de l’Union Européenne.

L’opération se fait en cash, déposé par un officier de la marine (expédié à Genève, par avion spécial) pour faire la commission.

L’acte posé, considéré comme politique, a vivement mécontenté le lobby colonial à Paris. Ordre est donc donné de remplacer le général Robert Guéï dans l’exercice du pouvoir de Côte-d’Ivoire.
A Abidjan, l’ambassadeur de France, Mr Francis Lott, est chargé du dossier par la cellule africaine de l’Elysée.

Mais il faut trouver un nouveau candidat pour défendre ses intérêts en Côte-d’Ivoire, et la France n’a visiblement personne sur le terrain, en dehors de gradés militaires, que personne ne veux à Paris.

A défaut d’un candidat de confiance (dans l’armée et la droite ivoirienne), le parti socialiste français cautionne la candidature de Laurent Gbagbo auprès du lobby colonial.
Mais une fois au pouvoir en octobre 2000, le président ivoirien change de ton et revendique sa victoire personnelle et son pouvoir dans le sacrifice des militants FPI (300 morts-entre le 22 et le 26 octobre2000-) face à la garde présidentielle du général Robert Guéï.

La France qui n’apprécie pas la volte-face inattendue du nouveau président ivoirien attend son heure…
L’erreur fatale de Laurent Gbagbo a été de refuser rapidement, dès le début de son pouvoir, le diktat des intérêts français au mois de novembre 2000.

Et pire, d’avoir repris à son compte, la question de l’autonomie politique et financière contre les intérêts français, engagée par le président Bédié, avec les multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland.

Et surtout d’avoir octroyé le marché du troisième pont ivoirien aux chinois, avec qui, le projet coutait moins cher que celui du français Bouygues.

Les événements de la rébellion militaire de 2002, qui aggravent la déchirure interne, à cause de la politique de l’ivoirité qui prône le refus de la candidature-Ouattara, devient une aubaine politique pour la France dont le lobby colonial combat désormais Laurent Gbagbo.
Alors rapidement, la rébellion du nord est prise par la cellule africaine de l’Elysée à paris, comme un problème ivoiro-ivoirien. Donc suivi du refus de l’armée française de désarmer les rebelles.
Le message du lobby colonial est clair :

« Laurent Gbagbo ne veux pas gérer les intérêts de la France en Côte-d’Ivoire, alors la France ne peut pas protéger son pouvoir en désarmant les rebelles du nord ». La suite on la connait…

Monsieur le président,

Aujourd’hui, la question est simple.

Peut-on encore en 2011, continuer à gérer la Côte-d’Ivoire, sans aborder dans les faits, le problème de l’indépendance économique ?

Lorsqu’en 50 années de gestion du pouvoir ivoirien, aucun gouvernement n’a jamais eu les moyens véritables pour œuvrer localement vers les 90% du taux de scolarisation, encore moins les 70% d’autosuffisance alimentaire.

Et qu’à la fin 2010 encore, moins de 50% d’ivoiriens n’ont pas deux repas par jour par manque d’un véritable travail salarié. Dans un pays où aucun pouvoir ne s’est jamais plus soucié du SMIG ivoirien, bloqué à 35.000CFA, depuis la crise de 1983.

Un pays, où on ne parle même plus de la privatisation des soins hospitaliers décidée en 1983(sur ordre de Félix Houphouët), par le ministre des finances, Mr Abdoulaye Koné, mesures qui endeuillent encore et toujours le petit peuple.

Pendant ce temps, dans le secteur du monde du Café-Cacao, c’est encore l’esclavage organisé par les gros planteurs.

La grande bourgeoisie agraire de la Côte-d’Ivoire, premier producteur mondial du Cacao avec plus 600.000 plantations, ne veux pas céder à la modernisation.

Le patronat de ce secteur productif, adulé par tous les gouvernements ivoiriens, ne délivre toujours pas de bulletins de salaires sérieux.

Parce qu’il refuse, de relever au SMIIG, le salaire de base des ouvriers agricoles, qui continuent d’être payés à 7.500CFA par mois (en raison de 250CFA, par jour de travail).
Un ensemble de dossiers sensibles que le PDCI a crée dans la gestion de notre pays pendant 40 ans, et qui devaient être abordés par le pouvoir socialiste de Laurent Gbagbo, s’il n’avait pas été kidnappé dans la stratégie pour la conservation du pouvoir politique.

Excellence,

Le journaliste parisien que je suis, est très inquiet de constater aujourd’hui dans mon pays, la nostalgie du parti unique.

Et ceci, malgré les batailles pour les libertés de la parole politique syndicale et de la presse indépendante du pouvoir, que nous avons menées sur le front extérieur et intérieur, depuis 1980.
Chose impensable, en Mai 2011, il s’est trouvé en Côte-d’Ivoire, des voies de droite pour dénoncer le FPI comme un parti nazi et demander sa dissolution.

A ceux-là, je réponds clairement : Pour avoir lutté seul, depuis les années 80, contre le monopole du parti unique, le FPI de Laurent Gbagbo (que je connais bien) représente en Côte-d’Ivoire et en Afrique noire, une grande dimension dans le combat de la démocratie, pour l’émancipation des peuples ivoiriens.

C’est un parti de la gauche démocratique, qui a suscité l’espoir contre la dictature du parti unique, en écrivant en 1985 en France un livre programme intitulé : « 150 propositions pour gouverner la Côte-d’Ivoire », publié aux éditions l’Harmattan.

A l’orée de la gestion du pouvoir politique, la direction du FPI a été phagocytée et manipulée par des hommes et des femmes, venus, de l’extrême droite du PDCI ; ce sont des néo-démocrates auteurs de la philosophie de l’exclusion.

Ils ont empoisonnés la classe politique au lendemain de la chute du président Bédié, en créant le front patriotique avec des partis politiques.

Dès l’an 2000, ils sont entrés au palais présidentiel avec pour mission de faire échouer Laurent Gbagbo dans l’exercice du pouvoir vers l’instauration de la social-démocratie.
C’étaient des politiciens en mission, qui ont pensé et convaincu la direction du parti et le président Gbagbo, à tort, que le seul discours qui pouvait rassembler le peuple ivoirien, au-delà de la frontière ethnique et idéologique, c’est celui de l’exclusion, donc du combat contre le « candidat étranger » qui deviendra le « candidat de l’étranger », pendant la campagne électorale de novembre 2010.

Monsieur, le Président,

J’ai été étonné de voir à Abidjan, la démolition collective de symboles fétichistes, qui auraient été érigés par le régime de Laurent Gbagbo, donc dénoncés dans le nettoyage post-crise, par des personnalités à travers les médias.

C’est le journal -Nord Sud (du 18 avril 2011), qui parle pour le roi des akouès : Nana Augustin Boigny Ndri III sur un « fétiche de Laurent Gbagbo ».

Ce fétiche découvert au palais présidentiel de Yamoussoukro, qui avait été enterré, pour pérenniser le pouvoir de l’ancien chef de l’Etat, aurait précipité la chute de Gbagbo, deux jours après sa découverte…

Le journal : l’Inter (du 21 avril 2011), évoque la « destruction des monuments, de la Sorbonne…(…)
Et écrit : « A en croire le capitaine Allah Kouakou Léon (le porte-parole du ministre de la défense), on aurait découvert sous les édifices: La cascade des carrefours Akwaba à Port-Bouët, la statut de la liberté à Yopougon siporex, la statut du rond-point d’Angré Djibi, des choses peu catholiques. »

Ma surprise est très grande, car depuis les années 60 aucune personnalité politique de notre pays, n’a jamais soulevé la question ésotérique des monuments, qui ornent la capitale économique et politique, et expliquer leurs fondements pour que les ivoiriens comprennent le sens mystique de la grande bataille du pouvoir, qui déchire les acteurs ivoiriens de l’après Houphouët.

En Côte-d’Ivoire sévit un groupe politico-ethnique: le Baoulé akoué, choisit depuis 1909 par les colons français pour diriger nôtre pays.

En effet, dans son livre : « Les 60 langues parlées à la Côte-d’Ivoire », publié en 1905 à Paris, Maurice Délafosse (qui devient le conseiller politique de Félix Houphouët, en 1925, dès la mort de Kouassi N’go, roi des baoulé-akouès) écrit ceci :

« En Côte-d’Ivoire, il faut veiller à ce que le pouvoir politique ne soit jamais aux mains des bétés, des agnis et des dioulas, qui sont des peuplades incontrôlables. Il doit revenir aux baoulés, peuple jovial et parce que ethnie du centre, il concourt à la fédération des peuples ivoiriens ».

En 1932, le gouverneur Clozel soutien et reprend à son compte, les écrits de Maurice Délafosse dans ses rapports au ministère des colonies.

Depuis, le baoulé- akoué est devenu un clan pouvoir.

En 1935, sur le conseil de Maurice Délafosse, Houphouët crée : « l’association des originaires de Côte-d’Ivoire » composée essentiellement de jeunes Akan.

Pour fortifier le pouvoir ethnique déjà, dès 1959, à été construit par la France, à la place du palais des gouverneurs à Abidjan, le palais présidentiel de Côte-d’Ivoire.

L’architecture du palais est moulée dans le symbole du Sikadjué Koffi, c’est le siège royal, symbole du pouvoir des Ashanti.

A la place de la république, à Abidjan-plateau, se dresse encore aujourd’hui un monument construit à la mémoire de la reine Pokou.

Ce monument entretient, au sous-sol, un grand fétiche-Ashanti qui garantit mystiquement le pouvoir de la Côte-d’Ivoire aux baoulé-akouè.

Ainsi, sans référendum, sur le legs politique et culturel des peuples de Côte-d’Ivoire, la Reine Pokou a été érigée en « reine-mère », dans la République pluriethnique de notre pays, dès les indépendances.

En 1960, le baoulé-Akouè devient un groupe politico-mystique, qui forme une caste de conspiration pour la conservation du pouvoir politique ivoirien. Le pouvoir de la Côte-d’Ivoire est devenu pour eux le : Liké (qui signifie notre chose).
C’est logé dans cette démarche mystique qu’on voit à chaque bouleversement de l’espace politique, des délégués de ce clan qui se relaient pour faire échouer chaque locataire du palais présidentiel, considéré comme un patrimoine de la tribu.

C’est ce clan et ses affidés (auteur du TSO- le tout sauf Ouattara- en 1991) qui ont écrit et promulgué en 1995, sans référendum, la loi sur l’ivoirité qui a endeuillé de 1995 à 2011 la Côte-d’Ivoire.

Ce clan et ses membres sont connus, ils doivent être jugés au nom de la démocratie, en dehors des accords politiciens.

Parce que la démocratie, c’est la liberté de chaque citoyen à accéder et exercer le pouvoir politique de son pays, sans entraves et préjugés.

Mais avec le retour triomphant du tribalisme aux élections de 2010, signifiant ainsi l’échec dans notre pays de la démocratie (qui privilégie la compétence du citoyen), la Côte-d’Ivoire, pour éviter l’implosion, devrait tendre vers « La confédération », avec des présidents de régions autonomes, qui mettront en place un exécutif fédéral, tournant (tous les cinq ans), par un vote de grands électeurs.

BERNARD DOZA

Journaliste-politique, écrivain.

Auteur de liberté Confisquée II (Le temps de la Révolution Africaine)

Arsène DOGBA : Le PDCI sait aussi que le RHPD a perdu les élections

Lynx.info : La France comme les pays africains semblent avoir pardonné à Henri Konan Bédié le concept de « l’ivoirité ». Comment expliquez-vous que c’est Laurent Gbagbo qui en paye le prix ?

Arsène DOGBA : Je suis d’accord avec vous, les dirigeants occidentaux et africains ont attribué la paternité de ce concept à Laurent Gbagbo. Mais, il n’y a pas que ça. Ils lui ont aussi attribué la responsabilité des très controversées questions du foncier rural, du code de nationalité, de l’utilisation des enfants dans les plantations de café et de cacao. Et même, de xénophobie.

Juste pour le diaboliser au maximum. Alors qu’il n’est responsable à aucun niveau. Vous l’avez dit et la France et les leaders africains le savent, Bédié est le concepteur de l’ivoirité et Alassane, celui de la carte de séjour qui a conduit à ce qu’ils dénoncent aujourd’hui ; la xénophobie. Il fallait trouver un motif pour mettre en exécution le plan de l’Elysée qui consistait à faire partir Gbagbo du pouvoir et y installer Alassane Ouattara. C’est ce qui s’est passé.

Lynx.info : Pour l’artiste Alpha Blondy, Laurent Gbagbo ne l’a pas écouté. Tiken Fakoly trouve aussi que le sud a aussi vu la guerre que connaissait le nord. Sont-ils crédibles pour parler de réconciliation en Côte d’ivoire.

A.D : Je ne voudrais pas me prononcer sur les propos de ces deux personnages que j’ai du mal à prendre au sérieux.

Lynx.info : C’est 36 ministres qui doivent remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. L’ossature de ce gouvernement est-elle convaincante ?

A.D : Les critiques fusent de partout, même du RHDP, sa famille politique, par rapport au nombre de portefeuilles ministériels et à la représentativité du nouveau gouvernement. Alassane avait promis à ces électeurs 25 ministres s’il était élu président. Et le poste de Premier Ministre au PDCI. Il vient de former un gouvernement populaire de 36 ministres et a maintenu Soro, Premier Ministre.

C’est vrai que M. Ouattara n’a pas été élu, mais par la force des armes il a atteint le même objectif ; il est président. Il aurait donc pu tenir ces promesses de campagne. Mais, que non ! le président certifié par l’ONU a encore prouvé qu’il n’est pas digne de confiance.

Ce n’est pas à nous de nous plaindre, surtout quand l’attitude de M. Ouattara démontre de plus en plus qu’il est conscient qu’il n’est pas un président élu. La preuve, M. Ouattara ne se sent pas obligé de tenir une quelconque promesse électorale. Comme il le dit lui-même, il a plutôt un devoir de reconnaissance vis-à-vis des ressortissants du nord qui l’ont aidé, au niveau national, à prendre le pouvoir par la force. C’est même ce qui explique les nombreuses nominations ethniques qu’il fait dans toute l’administration publique ivoirienne. Sur 36 postes ministériels, 16 sont occupés par les dioulas, son ethnie, alors que la Côte d’Ivoire en compte soixante. Comme pour dire ; à soutien ethnique, nomination ethnique.

Lynx.info : Des analystes trouvent que le FPI peut se fragiliser en n’étant pas au gouvernement. C’est votre avis aussi ?

A.D : Le FPI n’a pas l’habitude de participer aux gouvernements d’union. Il ne l’a pas fait avec Houphouët Boigny (1990-93) et Konan Bédié (1993-99). C’est seulement pour réduire la période de transition militaire après le Coup d’Etat de Ouattara de 1999, endossé par le Général Guéi, que le FPI a participé à un gouvernement qui n’était pas le sien. Cette présence a aidé à la tenue de l’élection présidentielle en dix mois. Et M. Laurent Gbagbo a été élu président.

Il faut aussi remarquer que le FPI a été plus puissant pendant les régimes de Houphouët Boigny et de Konan Bédié. Donc dans l’opposition. C’est pourquoi je crois que l’absence des cadres du FPI du gouvernement Ouattara ne pourra pas fragiliser le parti. Au contraire, cette absence est en train de renforcer la cohésion au sein du parti. Selon nos investigations, les militants FPI sont presque tous heureux de savoir que leur parti ne s’est pas allié à celui qui a renversé leur régime et qui continue d’humilier et de torturer leurs Leaders, Laurent et Simone Gbagbo, Affi N’Guessan, etc…

Lynx.info : Le Pr Mamadou Coulibaly met la Côte d’ivoire sous les responsabilités de Ouattara : « Il a gagné il n’a qu’a gouverné » selon ses mots. Ouattara peut-il réussir avec un bicéphalisme entre la primature et la présidence ?

A.D : C’est M. Ouattara, lui-même, qui s’est donné cette responsabilité. C’est donc lui qui nous dira mieux s’il est capable de gérer la Côte d’Ivoire avec son compagnon Soro. Ce chef de guerre devenu Premier Ministre détient effectivement le pouvoir au sein de l’armée rebelle de Ouattara. Aujourd’hui, il serait plus facile pour Ouattara si les Forces régulières (FDS) lui avaient fait allégeance. Cela lui aurait permis de réduire l’influence militaire de Soro en lui demandant la démobilisation et le désarmement des rebelles.

Malheureusement pour M. Ouattara, les FDS lui ont tourné dos. Ce qui l’a contraint à « légaliser » les forces rebelles qui sont devenues, par la suite, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Mais ces forces demeurent sous l’influence de M. Guillaume Soro. Ce qui fait que nous nous trouvons dans une situation où les attributs de chef suprême des armées reviennent, de fait, au Premier Ministre. C’est ça qui crée le bicéphalisme dont vous faites allusion. Deux capitaines dans le bateau ivoire, l’avenir nous dira comment cela va se terminer. Mais, nous pensons qu’entre Ouattara et Soro, le plus fort, militairement, prendra le dessus. Just wait and see.

Lynx.info : Selon vous, pourquoi Guillaume Soro occupe toujours la primature et le ministère de la défense ?

A.D : La seule raison, à mon avis, est que M.Ouattara n’a pas pu convaincre Soro de laisser la place à un militant du PDCI comme promis pendant la campagne électorale. C’est plutôt Soro qui a convaincu M. Ouattara en lui rappelant qu’il n’est pas arrivé au pouvoir par des élections, mais par la force des armes. Une vaste opération militaire que lui, Soro, a menée conjointement avec l’ONUCI et la force Licorne. A partir de là, pour Soro, rien n’oblige Ouattara à honorer un quelconque engagement pris pendant la campagne. Surtout, quand le PDCI sait aussi que le RHDP a perdu les élections du 28 Novembre 2010.

Lynx.info : Le représentant de l’ONUCI, Mr Choi, dit bien qu’il a fait son rôle dans la protection les Ivoiriens. Le croyez-vous ?

A.D : De quels Ivoiriens parle-t-il ? Des rebelles venus du nord et pour qui il a fait venir des MIG24 ? Si c’est cela, eh bien, oui il a fait et même bien fait son travail. Puisqu’il a fini par les installer au pouvoir. En le disant, je crois que ce monsieur qui est à l’origine de la mort de plusieurs milliers d’Ivoiriens a perdu la tête. Je n’en dirai pas plus.

Lynx.info : L’Onu compte 1000 morts. Ouattara compte 3000 morts. L’organisme allemand CARITAS a compté 1180 morts à Duekoué. Comment expliquez-vous le silence des médias, et surtout des politiques français ?

A.D : Vous savez, M. Camus, cette guerre des chiffres montre l’embarras dans lequel se trouvent tous les soutiens extérieurs de Ouattara. C’est le CICR qui a ouvert la boite à Pandores, l’information est donc crédible pour les occidentaux et leurs medias. Que peuvent-ils dire dans une telle situation où leur intervention dans un sens ou dans l’autre ne fera que les discréditer davantage et inculpé leur protégé. Dans ce cas, le silence est mieux.

Lynx.info : Finalement Alassane n’est pas exempt des tueries avec les rapports de Amnesty International et de Human Rights Watch. Comment expliquez-vous qu’il préfère plus parler du TPI pour Laurent Gbagbo ?

A.D : M. Ouattara n’a jamais été exempt des tueries en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas possible, puisqu’il est même l’auteur principal de toute cette boucherie. C’est bien lui l’auteur de la rébellion de 2002 qui a conduit à la barbarie humaine en Côte d’Ivoire. C’est vrai que ses protecteurs évitaient de le tenir responsable jusque là, mais ils savent bien où se trouve la vérité.

Pour restaurer leur crédibilité après avoir accompli leur sale besogne, le 11 Avril dernier, Human Rights Watch et Amnisty International étaient bien obligés de reconnaitre la responsabilité de Ouattara dans le massacre de Duekoue. Ils ont commencé par Duekoue, Yopougon et autres endroits suivront bientôt. Au finish, c’est Alassane qui sera poursuivi pour crime économique, crime de guerre et crime contre l’humanité une fois tous les contrats d’exploitation de pétrole, de gaz et de minéraux seront signés avec les représentants des multinationales occidentales.

Lynx.info : Des rebelles très proches de Ouattara sont cités dans les rapports Human Right Watch. Peut-il se désolidariser d’eux selon vous ?

Je ne suis pas juriste, mais je sais qu’il y a ce qu’on appeler la responsabilité de commandement. M. Ouattara a reconnu que ce sont ses forces qui sont arrivées jusqu’à Abidjan pour renverser le président Gbagbo. Il a même dit sur une chaine de télévision étrangère que lorsque ces forces là sont arrivées à l’entrée d’Abidjan, c’est lui qui leur a dit d’attendre avant d’assiéger la capitale économique ivoirienne. Il n’est donc pas possible que M. Ouattara se désolidarise des actes criminels des FRCI. Il est directement responsable contrairement au Président Gbagbo dont les forces, régulières, n’agissaient que dans le cadre de leur mission régalienne et en légitime défense.

Lynx.info : Pour vous, qui dirige la Côte d’ivoire ? Guillaume Soro avec « ses rebelles », la France ou Alassane Ouattara ?

A.D : Je pense que chacun d’eux joue un rôle. Mais, le chef d’orchestre demeure le gouvernement français. Ils font tous du bruit. Chacun d’eux donne l’impression d’être au contrôle, mais en réalité il n’en est rien. Aucun ne maitrise le terrain. Je dirais même que c’est le président Gbagbo qui a toujours le contrôle du terrain. Ce qui explique la lenteur avec laquelle le retour à la normalité se fait sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Lynx.info : Mr Dogba, Ouattara veut que la Licorne reste comme le 43ieme BIMA. Peut-on dire que tout l’effort de Laurent Gbagbo pour le départ de la France en Côte d’Ivoire s’est révélé non payant ?

A.D : Ce ne serait pas faut de le penser, mais je refuse de le croire. Parce que le président Gbagbo a pris presque toute sa vie, aux côtés des ivoiriens, pour construire les bases d’une Côte d’Ivoire véritablement souveraine. Il a pris presque toute sa vie pour bâtir un état démocratique où chaque ivoirien peut s’exprimer sans craindre pour sa vie, s’organiser dans un cadre légal en association de toute nature sans être privé de sa liberté, et même choisir le candidat de son choix à une élection quelconque sans être intimidé, ni tué.

Gbagbo nous a aussi démontré, en dix ans, que les états africains peuvent prendre leur destin en main. Sans recourir aux aides extérieures qui avilissent. Il nous a appris qu’un président africain peut diriger son pays en harmonie avec son peuple. Et que les armées africaines peuvent assurer la sécurité des africains et de leurs biens sans une ingérence étrangère. Malheureusement, tous ces acquis semblent relever du passé avec M. Ouattara au pouvoir. C’est dommage, mais les Ivoiriens doivent refuser de repartir soixante ans en arrière.

Lynx.info : …mais la France dit que son armée est en Côte d’Ivoire pour protéger les Ivoiriens. C’est ça ?

A.D : Mais, ce ne sont pas que les Ivoiriens que la France veut protéger, mon cher Camus. M. Ouattara dit que le 43iem BIMA va déployer son parapluie sécuritaire sur toute l’Afrique de l’Ouest… Les Ivoiriens n’ont pas besoin de protection. Contre quelle menace extérieure la France veut-elle les protéger ? La menace, de l’avis de la majorité des Ivoiriens, est bien la présence Française en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi les Ivoiriens ne veulent plus des forces françaises dans le pays. Ces forces là viennent d’attaquer les Ivoiriens pour la deuxième fois. Et, plus qu’en 2004, elles ont faits des dizaines de milliers de morts, détruit leurs armements et renversé leur président. C’est donc la France qui est la menace.

Lynx.info : Je vous remercie

A.D : Merci aussi à l’équipe de Lynx.info

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info

Lettre ouverte de Hélène Houphouet Boigny à Alassane Ouattara

Lettre ouverte à Monsieur Alassane Dramane Ouattara

En ces temps où l’espérance est dans l’Union de tout un Peuple et le Pardon, pour la Reconstruction de ce Pays ayant connu plus de douze années « d’incertitudes, de peines et de souffrances ».

Je vous dis : « Yako nan fê » – C’est le terme que nous Peuple Baoulé utilisons pour exprimer la compassion à nos proches et dans ce cas précis au Pays entier.

UneTerre à vocation première de paix et « d’accueil » pour tous nos Frères, de quelques horizons qu’ils soient.

Une volonté de Feu mon Père Monsieur Félix Houphouêt Boigny (décédé le 7 Décembre 1993), auquel vous vous êtes référé dans votre discours d’investiture à Yamoussokro le 21 Mai 2011, comme étant votre Père « spirituel ».

Il est considéré comme étant le Père Fondateur de la Côte d’Ivoire, avec l’aide de tous ceux et de toutes celles qui l’ont accompagné durant ces longues années de combats, afin que l’avènement de l’Indépendance de ce Pays soit. Je leur rends à nouveau Hommage.

En ces temps où vous prônez une seule et même « Justice » pour « tous » ainsi que le « panser » de la douleur causée par d’innombrables vies perdues. Je dis : « Yako nan fê » pour tant d’années qui furent dévastatrices…

Que nos Terres qui furent, un temps passé, attribuées à des « rebelles » nous soient restituées. Un des prétextes invoqué était le fait que: des « enfants » étaient nés… Sans préciser qu’il s’agissait d’enfants issus de « viols »…

Que les « Attributs », Symboles de la « Royauté du Peuple Baoulé » dont Sakassou en est la Capitale, nous soient rendus. Ils nous ont été volés par des bandes armées dites « rebelles »… Une demande déjà exprimée.

Monsieur le Président de la République, je vous prie, de bien vouloir vous pencher sur la succession de Feu mon Père car ayant été totalement spoliée de mes Droits. Il s’agit de la succession d’un Grand Monsieur qui perdure dans les temps. 17 années se sont écoulées et ce malgré le Jugement prononcé le 27 Juillet 2000, par le Tribunal de Toumodi. Ce Jugement avait débouté mes ½ Frères et sœur ainés (se prévalant seuls héritiers) et avait établi la liste comportant les noms des six héritiers ayant droit.

Il est à porter à votre connaissance, comme le précise le Jugement Civil N° 118 du 27 Juillet 2000 (Tribunal de Toumodi) que mes ½ frères et sœur ainés sont issus d’un mariage « coutumier » non légalisé selon la « Loi » en vigueur d’avant les Indépendances.

Je suis la seule des six héritiers à avoir été « légalement » reconnue par Feu mon Père (26 Aout 1960 – Tribunal de Toumodi).

Cependant, en 1999, de « Faux » documents ont été réalisés à leur demande, par Maître Ribordy (Notaire décédé – Canton du Valais – Suisse), nommant Monsieur Philippe Rideau (injoignable à ce jour), afin de procéder à un règlement en leur faveur.

Il est important de noter que Maître Venance Kouamé Yébouet, Notaire de l’État Ivoirien, avait donné son aval, engageant ainsi la responsabilité de l’État Ivoirien. Un acte que je juge hautement scandaleux.

Les démarches entreprises par mes avocats successifs et par moi même, se sont soldées par un « déni d’information », tant sur le plan immobilier (un vaste patrimoine disséminé à travers divers pays et géré par l’agence AICI .SA), qu’au niveau des banques concernées (Côte d’Ivoire, France, Suisse et autres pays), y compris ses participations dans diverses sociétés

La Loi du silence.

Les notaires de la succession en les personnes de: Maître Cheikna Sylla, Maître Denise Richmond, Maître Jean Michel Normand et Maître Paul Chardon n’ont curieusement pas accompli leurs missions.

Maître Agueh Tahou Monique, désignée par ce mêmeTribunal de Toumodi (27 Juillet 2000), pour procéder à la liquidation de cette succession. Un délai de six mois lui avait été imparti. Force m’est donnée de constater qu’elle n’a produit aucun résultat. Elle se retrouve devant le Tribunal d’Abidjan pour répondre des ventes illicites de terrains appartenant à Feu mon Père…

Maître Isabelle Coutant-Peyre à déposé, en mon nom, avec ses homologues Ivoiriens Maîtres Anastase et Régis Baguy, une plainte Pénale au Tribunal d ‘Abidjan, enregistrée le 12 Juin 2009.

J’ose enfin espérer qu’un « État » interpellé à maintes reprises sans réponses données ni preuves apportées et qui s ‘est si largement servi sur les biens de Feu mon Père à travers les temps (exemples : vente aux enchères de sa collection privée à Fontainebleau – Saisie de l’hôtel particulier sis rue Masseran, Paris 7eme…), fera diligence pour rectifier une situation qui m’est invivable de par cette très longue attente qui porte atteinte à ma personne.

Tout en sachant l’importance de ce lourd combat que vous devez mener car ayant de nombreux défis à relever, mais restant néanmoins dans la conviction que cette lettre retiendra toute votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Signature : Hélène Houphouet Boigny – Abla Pokou.

Source: http://succession-mr-f.houphouet-boigny.over-blog.net/

Destruction de monuments de la ville d’Abidjan : Quand la superstition prend le pouvoir en Côte d’Ivoire

Tous les monuments édifiés par le régime Gbagbo dans le district d’Abidjan ne sont plus qu’un souvenir.

Adieu le baiser  des éléphants avec des trompes croisées à l’entrée ou à la sortie (c’est selon) de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouet ! Adieu le barrissement de deux autres éléphants entre le Tribunal de première instance et la Cathédrale Saint-Paul du Plateau ! Ces chefs-d’œuvre emblématiques de l’histoire générale de la Côte d’Ivoire parmi tant d’autres à caractère spécifiquement ethnosociologique ou religieux dont la statue Saint-Jean de Cocody, sont  désormais classés au nombre des les énormes pertes causées par la guerre post-présidentielle du 28 novembre 2010. En effet, ces monuments refondateurs qui contribuaient à faire la fierté d’Abidjan, au-delà de leur symbolique, ont eu le malheur d’avoir été construits dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, de 2000 à 2010, sous les 10 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo émaillés  de plus de 8 années de rébellion armée sans précédent.

Superstition oblige ! Les combattants du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara pour qui le diable se cache partout, dans la guerre d’Abidjan ayant atteint son point le plus horrible en avril 2011, y ont vu une citadelle dans leur rage d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo. Comme dans un mythe ou légende  digne d’Afrique, leurs voyants dont ils sollicitèrent les services, leur ont révélé que ces réalisations cacheraient un des piliers mystiques sur lesquels reposeraient le  pouvoir de Laurent Gbagbo. Et qu’il fallait par tous les moyens les annihiler  pour anéantir l’ancien chef de l’Etat. Ainsi, on a parlé des sarcophages ou cadavres d’êtres humains  ensevelis sous ces réalisations, à l’instar de celle élevée au carrefour grouillant de Yopougon-SIPOREX à laquelle ils ont affecté 18 corps. Mais partout où ces nihilistes déchaînés ont creusé sans battre les paupières avec des Caterpillar et autres engins, ils n’ont jamais sorti du sol le moindre margouillat ni ver de terre. Le problème c’est qu’ils n’ont pas eu le courage de commenter leur grande honte aux yeux des médias de leur camp et du monde qu’ils avaient mis en alerte maximum, a tel point qu’ils bandaient déjà à l’idée de décrocher les  scoops les plus insolites du siècle. Et tous étaient déçus d’eux-mêmes. Alors, tous, ils devraient apprendre à se méfier de toutes leurs certitudes et croyances absurdes dans un pays moderne comme  la Côte d’Ivoire à la recherche d’une voie scientifique de développement durable.

Où sont donc passés les fameux corps des monuments de Gbagbo ? C’est une des questions sans réponse qui demeure sur toutes les lèvres et qui atteste que Laurent Gbagbo reste un mythe contemporain. Car ses détracteurs sont loin d’avoir fini de l’accabler de ce qu’il n’a même jamais eu la force d’imaginer en vue de le faire disparaître de l’Histoire de la Côte d’Ivoire. Imaginez-vous, si l’on allait de nihilisme en nihilisme, que resterait-il de ce pays où aucun président n’a été  presque parfait ?  Mais dont Laurent Gbagbo, durant son mandat, a honoré et sauvé, ce qu’il y avait  à faire dans l’intérêt supérieur de la jeune nation. Et ce n’est pas son plus grand adversaire Houphouët, depuis sa tombe, qui se retournera. Que n’a-t-on pas entendu en effet à propos de ses crocodiles des lacs artificiels  de  sa ville natale de Yamoussoukro et les légendes des plus angoissantes aux plus mystiques qui entourent encore leur existence !

Et pourtant, à sa prise de pouvoir, Laurent Gbagbo n’a jamais songé à massacrer ces animaux. Parce qu’il n’ignore pas leur valeur touristique et historique, ainsi que celle de leur père, il s’est gardé de les offrir à manger et de vendre leur peau prisée sous prétexte que, comme cela se raconte, ils aidaient en réalité à consolider le président Houphouët dans son fauteuil à travers un rituel sacrificiel qu’il leur consacrait.

On croyait cette leçon de Gbagbo à ces successeurs pigée et à suivre. Hélas, la passion de certains a pris le dessus sur la raison. De quoi amener les Ivoiriens à se demander encore ce que les nouveaux dirigeants du pays proposeront à la place de ce qu’ils ont détruit  pour remettre à Abidjan ce qui était Abidjan ces dix dernières années pour un bonheur touristique. Ainsi ce que l’on reprochait à Abidjan de ne pas avoir, comme dans les grandes villes du monde parées de monuments aux sens aussi variés que divers, voilà que le « Petit Manhattan » l’a perdu !

 Requiem pour l’honneur perdu de la deuxième ville la plus peuplée de l’Afrique de l’Ouest, après Lagos, au Nigéria. Que les monuments refondateurs d’Abidjan reposent en paix !

 Schadé Adédé, notre voie

Alors que la chute de Gbagbo n’a pas livré ses secrets, Abidjan regagne sa place dans la Françafrique

C’est WikiLeaks qui le suggère implicitement en  levant  le voile sur les relations Sarkozy-Ouattara. Suivez la femme, comme dans un polar… À en croire ce site qui défraie les chroniques avec ses révélations secret-défense, le nouveau président ivoirien aura bel et bien été installé dans le palais présidentiel d’Abidjan par les forces françaises stationnées en Côte d’Ivoire sous le vocable de Licorne.

Ouattara ne serait alors plus qu’un nouveau pion dans le dispositif françafrique que le président français a réanimé après avoir juré en 2007 abolir pour le remplacer par des relations franco-africaines plus seines, fondé sur l’équilibre gagnant-gagnant. Le site WikiLeaks révèle que Nicolas Sarkozy était en grande amitié avec Alassane Ouattara bien avant qu’il n’occupe l’Élysée. Le président français a tissé des liens avec son homologue ivoirien lorsqu’il était ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, lequel avait totalement mis à l’écart l’opposant ivoirien qui avait été sur le tard premier ministre du père de l’indépendance ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny mort en 1993 et qui constituait avec son homologue gabonais, Omar Bongo, mort en 2009, l’épine dorsale de la Françafrique. Jacques Chirac n’aurait pas apprécié qu’Ouattara ait convolé en noces avec l’ex-femme d’Houphouët-Boigny. Un diplomate français a raconté à un homologue américain que les relations des Français avec le camp Ouattara étaient rompues parce que Chirac n’acceptait pas son mariage avec “la femme” d’Houphouët. Les sentiments de Chirac vis-à-vis d’Ouattara étaient tels que personne, au ministère des AE ou à la présidence, ne cherchait le contact avec Ouattara, avait précisé le diplomate français.

Chirac soutenait Henri Konan Bédié, rival d’Ouattara dans l’opposition à Laurent Gbagbo. Ces confidences, qui ont manifestement déconcerté les Américains, sont rapportées dans un télégramme envoyé au département d’État par l’ambassade US à Paris, le câble est classé “secret/noforn”, le plus haut degré de classification possible. La femme par laquelle la rupture a prévalue est une Française qui en est à son troisième mariage. Dominique Nouvian est née il y a 57 ans à Constantine et a épousé en première noce un concitoyen Folloroux. Le couple s’est installé en Côte d’Ivoire en 1973 lorsque Folloroux y avait été affecté comme professeur au lycée technique d’Abidjan. Celui-ci décéda dix ans plus tard, la laissant avec deux enfants. Femme avisée, elle fonda AICI, une société de gestion immobilière à qui Houphouët a confié tous ses biens dans la pierre, et pas seulement en Côte d’Ivoire. C’est aujourd’hui un groupe prospère, en Afrique et en France.

Femme d’affaires à succès et blonde, Dominique connaît le vieil Houphouët-Boigny et voit ainsi s’élargir ses contacts politiques et son influence dans son pays d’adoption mais aussi en France. Proche des milieux d’affaires français dont Martin Bouygues, Bolloré et tous les autres patrons qui s’alimentent dans les réseaux de la Françafrique, le couple Ouattara serait entré en relations avec Nicolas Sarkozy qui était lui aussi bien introduit dans les milieux du CAC 40. Plusieurs médias ivoiriens, et parfois français (comme Le Point) affirment que l’actuel président français les a mariés en 1991 alors qu’il était maire de Neuilly. En outre la femme d’Ouattara était proche de Cécilia la seconde femme de Sarkozy, Dominique Ouattara devenu la première Dame de Côte d’Ivoire est aujourd’hui à la tête d’un petit empire, qui s’étend à la franchise des salons de coiffure Jacques Dessange aux États-Unis ou à la direction de Radio Nostalgie Afrique. Son groupe immobilier pèse 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2009.

Et pour terminer ce tour, il faut également ajouter que la communication et le marketing d’Ouattara ont été assurés par une boîte française  de com. (PB COM International) dont la patronne Patricia Balme a ses entrées à l’Élysée, notamment auprès de la cellule Françafrique.

C’est une proche du président français. La Françafrique a ainsi de bons jours devait elle, à moins que l’Afrique sub-saharienne ne soit contaminé par le Printemps arabe.

Par : Djamel Bouatta sur http://www.liberte-algerie.com