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Me. Marcel Ceccaldi : Le Fonds monétaire africain est le tombeau de Kadhafi

A côté de ses autres collègues, tel Jacques Vergès, Marcel Ceccaldi est aussi au barreau de Paris l’un des avocats dont la réputation est devenue mondiale. Issu d’une célèbre famille corse dont certains ont été membres du gouvernement en France, il a choisi lui le barreau qu’il assume avec bonheur. Naturellement éloquent sur fond d’un quinquagénaire débonnaire et charmeur, Marcel Ceccaldi parle de tout avec une aisance qui laisse pantois son premier auditeur.

Défendre en même temps Daddis Camara de Guinée, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire ou Mouammar Kadhafi de Libye, cela n’est pas donné à n’importe qui. C’est pourtant ce à quoi cet avocat s’adonne en ce moment. Cela a fait dire de lui qu’il défendait les causes difficiles, ou celles qui sont perdues d’avance. Lui, réplique par ailleurs qu’il est un homme de conviction, cette conviction qui le pousse à s’engager toujours plus loin, toujours en profondeur.

Du Cameroun qu’il visite pour la première fois, selon lui «invité par un client pour une affaire privée», alors qu’on le croyait en exploration, Me Ceccaldi refuse qu’on dise de ce pays qu’il est une dictature car, d’après l’avocat, «on n’organise pas des élections dans une dictature». Me Marcel Ceccaldi a accepté l’invitation à lui faite par la rédaction de Mutations.

Maître Ceccaldi où se trouve Kadhafi en ce moment ?

On me pose souvent cette question. Je donne toujours la même réponse : si je savais où se trouve le colonel Kadhafi, vous vous en doutez, je ne vous le dirais pas. Mais reportez vous seulement à la personnalité de Kadhafi. On peut lui attribuer tous les défauts de la terre, il a au moins une qualité. Il est ce qu’il est, il revendique ce qu’il est. Il a toujours dit, il l’a encore dit récemment, «Je suis né sur cette terre de Libye, et je mourrai sur cette terre de Libye». Vous savez donc où il se trouve, il est en Libye.

Comment se porte Laurent Gbagbo ?

Laurent Gbagbo vit en ce moment des conditions difficiles. Contrairement à ce qui est dit ou à ce qui a été dit, il n’set pas détenu dans la résidence présidentielle de Korhogo, mais dans une petite maison dont on nous dit qu’elle servait de résidence à Guillaume Soro. Il ne peut pas en sortir, il est en détention, la porte est fermée à clé ; il n’a que deux pièces à sa disposition. Lui qui est un homme d’action, lui qui a besoin d’avoir une activité physique, il est obligé de tourner autour de la table de la petite pièce qui lui sert de salle à manger pour pouvoir faire un peu d’exercices.
Je vais vous donner un fait précis : Laurent Gbagbo a demandé l’autorisation d’être transporté deux fois par semaine à la résidence présidentielle où il y un grand parc, afin de pouvoir marcher à l’intérieur de ce parc. Cela lui a été refusé. Alors quand on vous dit qu’il est dans la résidence présidentielle, il y a loin, la coupe aux lèvres. Vous savez, ça fait partie des mensonges et des travestissements de la vérité dont on est habitué concernant la Côte d’Ivoire depuis le second tour de l’élection présidentielle, voire depuis le coup d’Etat de 2002, et même celui de 1999.

Et Daddis Camara, avez-vous de ses nouvelles ?

Daddis Camara est à Ouagadougou actuellement. Il a pris position dans l’élection présidentielle qui s’est tenue dans son pays la Guinée ; il a, à cette occasion, fait part de son soutien au président Alpha Condé. Il va retourner en Guinée, et je crois qu’il a l’intention de créer un parti politique, car rien ne se pose objectivement, ni tant en droit que sur le plan judiciaire à son retour en Guinée Conakry. J’allais dire concernant le retour de Daddis Camara, que sa présence serait nécessaire afin de mieux stabiliser le pays. Vous avez pu voir il y a quelques semaines que le président Condé avait fait l’objet d’une tentative d’assassinat. Contrairement à ce que la presse occidentale, surtout la presse française à écrit à l’époque, cette tentative d’assassinat n’avait pas pour instigateur les partisans de Daddis Camara, mais ceux du général Konaté. Là, vous avez une nouvelle preuve du travestissement des faits auxquels se livre la presse occidentale en général et la presse française en particulier, concernant les évènements qui secouent l’Afrique.

Vous arrivez au Cameroun pour la première fois dans un contexte particulier : il y a élection présidentielle. Vous défendez des causes assez délicates ; Paul Biya est présenté comme un dictateur ; est-ce que vous vous apprêtez à le défendre?

Ecoutez, c’est quand même extraordinaire ! La prochaine fois, quand j’aurais un déplacement à titre professionnel, j’arrive pour la première fois au Cameroun, je suis ici simplement parce que j’ai un client qui est président d’une société camerounaise ; il m’a saisi du litige qui l’oppose à une société néerlandaise. Selon vous, à chaque fois que je dois regarder le calendrier électoral d’un pays, à chacun de mes déplacements en Afrique, pour pas qu’on m’accuse d’intervenir au moment où se déroule les scrutins électoraux, je vais quand même avoir quelques difficultés à me promener dans ce continent !

Vous me dites qu’on présente le président camerounais comme un dictateur. Vous remarquez quand la contradiction de votre propos : il y a une élection présidentielle en cours dans ce pays, et on présente le président de ce pays comme un dictateur ! Quand il y a un régime dictatorial, en général il n y a pas de d’élections ; moi c’est l’observation que j’ai faite. Quand vous dites cela, en réalité je vois à quoi vous faites référence. Vous faites références à ce qui s’écrit dans les journaux en France sur le Cameroun, et en particulier aux propos de Mme Hilary Clinton, qui, à mon sens, a encore perdu une bonne occasion de se taire. Parce qu’il y a des règles en matière des relations internationales entre Etats. Lorsqu’on a un message à faire passer, on s’adresse au chef de cet Etat, surtout si celui-ci à été démocratiquement élu. Personne ne peut contester que les élections présidentielles antérieures au Cameroun, n’avaient pas été des élections démocratiques, parce que cela signifierait que, chaque fois qu’il y eu une élection qui se déroule en Afrique, on considérait que prima fascié, que cette élection n’est pas démocratique.

A ce moment là, il vaut mieux ne pas organiser d’élections. Cela ne m’étonne pas d’Hilary Clinton. D’abord parce que Hilary Clinton, c’est la femme de son mari ; d’autre part, parce qu’elle est Américaine. S’il y a une nation qui ne connaît pas les règles de politesse et de courtoisie élémentaires, c’est bien les Etats-Unis. Ils considèrent qu’ils sont le centre du monde et que les autres n’existent pas. En effet, pour ce qui est du Cameroun notamment, Mme Clinton avait perdu une bonne occasion de se taire ! Pourquoi ? Parce que, cela signifie que les Etats-Unis ont décidé, depuis l’affaissement du bloc soviétique, d’être la super puissance mondiale qui a dorénavant la vocation de dicter ses règles à l’ensemble de la planète. Et bien ce n’est pas le cas. Concernant cette attitude et cette politique, il faut s’y opposer parce que les peuples ont une conscience politique ; ils ont leur culture ; ils sont issus d’une civilisation spécifique. Les modèles qu’on veut imposer d’outre Atlantique, ne correspondent pas toujours aux consciences collectives des peuples, particulièrement ceux d’Afrique. Que les Américains fassent preuve d’un peu plus de modestie, d’équité et de respect envers d’autres peuples.

J’aimerais que, les critiques que les Américains portent sur un certain nombre de pays, en particulier des pays africains, qu’ils exercent des critiques aussi acerbes à l’égard d’Israël. Si un pays africain faisait ce qu’Israël fait aux Palestiniens, en politique de colonisation forcée, en politique de transfert des populations, avec une constitution qui érige en citoyen israélien, tout Juif, cet Etat, s’il est par hasard africain, n’existerait plus sur la carte du globe. Imaginez que quelque part en Afrique, en France, en Europe ou ailleurs, un seul Etat ait une telle constitution discriminatoire comme celle d’Israël, imaginez ce qui se dirait de ce pays-là. Que les Américains, pour être respectables et respectés, et non seulement craints, fassent preuve de la même rigueur envers Israël, à ce moment-là, on pourra dialoguer d’autre manière avec eux.

Seriez-vous disposé à vous constituer un jour en faveur de Paul Biya ?

Je n’ai aucune raison de le faire ! C’est comme si vous me demandiez, «seriez-vous prêt à vous constituer pour le président Sarkozy?» Vous savez qu’en ce moment, il est dans l’oeil du cyclone. Je n’ai aucune raison. Le Cameroun est un pays qui a des institutions, vous avez des élections qui se déroulent en ce moment, avec une pluralité de candidatures. Avoir cette approche prémonitoire, c’est extrêmement dangereux, parce que cela donne du grain à moudre aux instruments de propagande et de désinformation. Vous l’avez vu, au moment de l’affaire libyenne, vous aviez en face des instruments de propagande qui sont absolument exceptionnels ; ils travestissent les faits. A partir du moment où vous posez de telles interrogations dans cette forme et de cette manière, à partir du fait que depuis 25 ans, des élections ont lieu au Cameroun, comment pensez vous que le Cameroun soit confondu à un régime dictatorial ?

Et le cas libyen ?

Mettez trois choses en parallèle : la Libye, la Syrie et le Yemen. Tous les jours, il y a des morts au Yémen. Le pays est au bord de la guerre civile. Vous avez suivi la déclaration hier (ndlr mercredi le 21 septembre) d’Obama à propos du Yémen ? Qu’a-t-il dit ? Est-ce qu’il a parlé de solution politique pour la Syrie ? Et pour la Libye ? La solution politique pour la Libye est celle qui avait été arrêtée par l’Union africaine, avec sa feuille de route qui avait été acceptée par le régime libyen lui-même. Elle n’avait pas été acceptée par les rebelles libyens. Ces derniers ne pouvaient que refuser la feuille de route de l’Union africaine, puisqu’ils avaient le soutien militaire des Etats, de la France et de la Grande Bretagne.

On réclame une solution politique au Yémen, en Syrie, mais en Lybie, on décide de la solution militaire ! Premier point, vous ne voyez pas les conséquences en Libye ? Deuxième point : refus d’une solution politique au Moyen Orient. L’exercice du droit de véto concernant le droit à l’indépendance des Palestiniens. En vertu de quoi exercez-vous un véto pour interdire à un peuple d’avoir un Etat ? Si la Palestine existe, si les Palestiniens existent, ils ont le droit à être reconnus comme un Etat. Et on exerce le droit de véto concernant les Palestiniens, on préconise une solution politique pour le Yémen, on attaque la Libye. Sans savoir d’ailleurs les conséquences de cette agression armée. Est-ce cela la démocratie pour donner des leçons aux autres ? J’en doute.

Les élections sont-elles suffisantes pour gage de démocratie ?

Vous avez raison. On peut avoir une expression démocratique, mais le mode de scrutin par exemple anti-démocratique. L’expression de la démocratie, c’est permettre l’expression de tous les courants représentatifs de l’opinion publique, qui doivent avoir la possibilité de s’exprimer à l’intérieur des assemblées élues. Prenez l’exemple de la France. Est-ce que vous croyez que c’est un pays d’expression démocratique ? D’institution démocratique ? Le mode de scrutin n’est pas démocratique, parce que d’un côté, vous avez des mouvements politiques qui représentent 6% ou 5% des suffrages exprimés, qui sont représentés à l’Assemblée nationale ou au Sénat, donc qui sont investis du pouvoir législatif.

D’un autre côté, vous avez un mouvement qui représente plus de 15% de l’électorat, qui en raison du mode de scrutin, n’a de représentation ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat. En matière de démocratie, je me méfie des schémas. Un modèle démocratique, on ne le met pas dans un ordinateur, on n’appuie pas sur une touche en disant : voilà ce que c’est que l’expression de la démocratie. Ce sont les peuples en définitive qui définissent quelles sont leurs règles de la démocratie. Ce n’est pas le législateur. Pour que la démocratie soit vivante, encore faut-il que les règles déterminées par le législateur soient en phase avec les aspirations du peuple. Ces aspirations sont à la fois de l’ordre de l’objectif, des conditions matérielles, votées pour le candidat qui donne le plus de garantie, qui pourra assurer la sécurité matérielle des citoyens et de l’avenir de leurs enfants. Il y a aussi des aspirations de l’ordre de l’affectif et du subjectif, en disant : c’est ce candidat qui est le plus proche des valeurs auxquelles les peuples ou certaines composantes des peuples croient.

Revenons sur les trois personnalités que vous défendez. Elles sont présentées par la communauté internationale comme des “blocages’’ pour l’avancée de la démocratie. Des dictateurs en somme.

Concernant Laurent Gbagbo, je vais vous rappeler un certain nombre de choses qui ont été oubliées. Je vous rappelle dans quelle condition cette élection présidentielle s’est déroulée. Je le ferais en me référant à un rapport des Nations unies de mars 2010, intitulé «Etat de la situation en Côte d’Ivoire.» Dans ce rapport, les Nation unies mentionnent que la Côte d’Ivoire n’est pas une pays unifiée, qu’en particulier, tout le nord du pays échappe à l’administration centrale, que celle-ci n’a pas accès aux finances publiques, que les forces de sécurité du pouvoir central n’ont pas accès aux régions du Nord, et quant elles y ont accès, elles se trouvent en position de faiblesse par rapport aux forces dites «nouvelles», à l’époque, qui, dit le rapport, sont plus entrainés et ont plus d’argent que les forces régulières.

Pour vous donner l’approche de la situation de la Côte d’Ivoire et celle du Nord par rapport au Sud, jusqu’en 2010, le Burkina-Faso depuis 2002, exportait le cacao. Or, tout le monde le sait, ce pays n’a jamais produit de cacao ! Ce cacao venait donc d’où ? Naturellement de la Côte d’Ivoire. Le produit de la vente de ce cacao a servi à financer en particulier les «Forces nouvelles». Les régions aurifères et diamantifères du pays se trouvaient sous le contrôle des «Forces nouvelles». Malgré cela, l’Onu a imposé des élections présidentielles. J’ai dit à Laurent Gabgbo à l’époque, au mois de décembre, «vous avez eu tort. Vous auriez du refuser d’aller au scrutin, vu que l’Onu n’a pas fait ce qu’elle devait faire, car la sécurisation était du ressort de l’Onuci. Et l’Onuci ne l’a pas fait».

Concernant le résultat des élections, le 29 novembre, le lendemain du deuxième tour de la présidentielle, Gérard Latortue, ancien premier ministre Haïtien, et observateur de l’élection, reconnaissait «que le scrutin s’était globalement bien déroulé, à l’exception de quelques violences dans le Nord, que le taux d’abstention était plus élevé qu’au premier tour, mais qu’ils espéraient qu’il atteindrait les 70%.» Ce même jour, la Commission électorale indépendante, dont le président était Bakayoko, proclame les résultats de la diaspora. D’autre part, il annonce aussi le taux de participation, qui officiellement, s’élevait à 70,45%. L’information est reprise par l’ensemble des médias, en particulier par France 24. Si vous vous reportez à le presse ivoirienne de ce jour-là, vous avez des gros titres comme : «Où sont passés les abstentionnistes ?».

Le mardi 30 novembre, vous avez le rapport des observateurs de l’Union africaine, qui parlent des violences exercées dans le Nord, et concluent qu’il «appartiendra aux autorités compétentes de juger si ces violences ont eu une influence sur le scrutin» ! Violences, il s’agissait des : séquestrations des personnes, homicides, bureaux fermés et empêchement des gens à voter. Le lendemain, dans le journal “Le Monde’’ que l’on peut penser être sérieux, produit un grand article du genre : «Le second tour de l’élection est marqué par un taux d’abstention plus élevé qu’au premier tour \[…] et d’ailleurs, le taux d’abstention était particulièrement élevé dans les régions où le candidat Bédié avait obtenu de meilleurs résultats.»

Jeudi matin 1er décembre, un communiqué de la Cedeao, demande à la Commission électorale indépendante de produire ses résultats ou de les renvoyer au Conseil constitutionnel qui vise les violences exercées dans le Nord. L’après midi même, Bakayoko, qui appartenait à la coalition Bédié-Ouattara, proclame les résultats, retient et affirme que le taux de participation du second tour a été de 81%. Par quelle miracle du Saint-Esprit ou par quel maraboutage est on est passé d’un taux de participation de 70,45%, chiffre prononcé officiellement le 29 novembre, à 81% pour le 1er décembre ?

Gbagbo, Kadhafi et Daddis sont-ils des obstacles à la démocratie ?

Concernant Laurent Gbagbo, lorsqu’il a été élu, vous avez eu des élections législatives qui ont été organisées. Elections au cours desquelles le parti de Bédié et celui d’Ouattara n’ont pas participé. Ensuite vous avez eu des élections municipales qui ont été remportées par l’opposition. Après cela, il y a eu des élections régionales, qui ont été remportées par le parti de Gbagbo. Il y a eu à la suite de tout cela, une conférence de réconciliation nationale. En juillet 2002, un gouvernement d’union nationale a été mis sur pied, où était représentés des membres du parti de Bédié, et des membres su Parti de Ouattara. Quand la presse internationale présente Gbagbo comme un dictateur, vous en connaissez beaucoup vous, des dictateurs de ce genre ? Pas un seul organe de presse poursuivi durant tout le mandat de Laurent Gbagbo, pas un journaliste emprisonné ou poursuivi. En réalité, quand vous avez des instruments qui se mettent en route, le premier facteur c’est la propagande et les médias. On baptise de dictateur ce qui n’est pas dictateur.

Et la France-Afrique ?

Votre question me permet de rebondir sur ce que j’ai dit sur l’intervention Onusienne et française en Côte d’Ivoire. S’il n y avait pas cette république des mallettes, est-ce qu’on n’aurait pas pu adopter une autre solution en Côte d’Ivoire ? Parce que la “république des mallettes», c’est privilégié des intérêts personnels au détriment de l’intérêt général

Un avocat français qui défend trois chefs d’Etats africains peut-il être hors de ce réseau ?
Les réseaux de la France-Afrique, moi je ne les connais pas. Je ne suis pas instrumentalisé par un grand group français, je ne suis affilié ni directement, ni indirectement à aucun groupe de pression. Si je vous disais que pas une seule fois, à l’occasion de la crise ivoirienne, j’ai été approché d’une manière directe ou indirecte, par des autorités françaises, vous me croirez ?. Si je vous disais qu’à l’occasion de l’affaire Libyenne, je n’ai pas été approché une seule fois par les autorités, je vous dirais que pour la Côte d’Ivoire comme la Libye, je n’ai jamais été accosté par un média français. Aucun média français ne m’a téléphoné. Si vous regardez ce que j’ai fait dans l’affaire libyenne, de façon volontaire, j’ai décidé de ne m’adresser qu’aux médias africains, parce que j’estimais que l’attitude des médias français n’était pas une attitude de journalistes. Le journaliste doit porter l’information au public, et les journalistes français ne l’ont pas fait.

Vous gagnez beaucoup de vos célèbres clients ?

Concernant Gbagbo, je suis allé à Abidjan, puis à Korhogo, où il se trouve, je l’ai fait à mes frais. Parce que je considère que Laurent Gbagbo doit être défendu. Lorsque j’ai défendu devant le tribunal de Luxembourg des sociétés ivoiriennes, dont les avoirs avaient fait l’objet des mesures de gèle de la part des autorités européennes, j’ai été honorée par ces sociétés. Vous savez, je ne suis pas tombé de la dernière pluie. Comme je sais comment les choses fonctionnent, dans un pays démocratiques, je prends soin concernant toute ma comptabilité, d’être tout à fait clair. Ce qui rentre est déclaré parce que je connais les méandres de la démocratie, pour vous faire taire, on vous attaque à titre personnel. Et en général, les gens prêtent le flanc sur le plan fiscal à ces attaques. Moi je fais en sorte d’être inattaquable sur ce plan là. Et je peux même vous dire concernant mes honoraires, que j’ai perçu pour la Libye, que j’ai fait une lettre à mes banques. Mais je vous rassure, mes honoraires sont inférieurs aux honoraires que perçois Tony Blair quand il tient une conférence de presse, bien moins élevés que ceux que réclame Condolessa Rice pour une conférence de presse. Et enfin, ça n’a rien à voir avec ce que reçoit Bill Clinton, quand il accepte une invitation à dîner.

Les Occidentaux ont attaqué la Libye pour faire main basse sur ses biens ?

C’est tout à fait clair. Il ya plusieurs problèmes en cascade qui se posent. Vous avez remarqué que Mouammar Kadhafi avait l’intention de créer un fonds monétaire pour l’Afrique. Pour des institutions comme le “Breton Woods’’, cela était la plus mauvaise des idées. Concernant l’aide que le régime de Kadhafi apportait à l’Afrique, c’était supérieur à celle du Fonds Monétaire International. A partir du moment où l’Afrique gérerait son fonds monétaire, ce qui lui permettait d’être maître de sa destinée économique, vous aviez à l’égard du monde un renversement. L’Afrique devenait maîtresse de ses ressources, ainsi que de l’affectation de ses ressources.

A partir du moment où vous avez créé un fond distinct avec sa propre monnaie, et bien vous avez nécessairement un affaiblissement du dollar. Qui dit affaiblissement du dollar, dit affaiblissement marquée de l’économie américaine. Je reviens sur la déclaration d’Hillary Clinton, qui n’était pas anodine. C’est le Cameroun qui avait accepté de recevoir l’institution de ce fonds. Vous comprenez mieux maintenant la déclaration d’Hilary Clinton sur ce pays. Les Américains ont la mémoire longue. En ce qui concerne les ressources énergétiques, la Libye avait une politique de diversification. L’autre point c’est la France. Le président cherche à gagner sur le plan international, la crédibilité qu’il a perdue sur le plan national. En attaquant la Libye, il s’offrait cet air de Napoléon.

Comment vous faites pour entrer dans la vie de ces trois ex-chefs d’Etat ?

Je connais l’Afrique, et Laurent Gbagbo, je le côtoie depuis 2001 ; ce sont des Sénégalais qui ont fait le pont, parlé de moi à Daddis Camara, et concernant la Libye, la aussi ce sont des Africains qui ont parlé de moi. Mais cette fois-ci, il y avait eu beaucoup de procédures. J’ai d’abord rencontré des Touaregs à Djerba, en Tunisie, ensuite je suis allé à Tripoli.

Ça je vous l’affirme. Je peux me tromper, mais J’en suis convaincu. Je suis l’une des personnes qui lui ont proposé de recompter les voix. Il aurait fallu que cette demande soit entourée de plus de vigueur diplomatique, et médiatique. Médiatiquement, c’était difficile, puisque de l’autre côté, il était littéralement bombardé. Lui-même l’a dit d’ailleurs à Tabo Mbeki, qui était le premier médiateur envoyé par l’Union africaine. Il a dit au président de la Cedeao, que dans la mesure où le recomptage donnerait la victoire à Alassane Ouattara, il en accepterait le verdict. Donc j’en suis convaincu.

Certaines puissances créent des guerres pour imposer des chefs d’Etat ?

Les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye portent atteinte à l’ordre international public. Voilà ce que dit l’article 2 de la charte des Nations unies : «Les membres de l’organisation s’abstiennent dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale, soit contre l’indépendance politique de tout Etat, soit à toutes autres manières incompatibles avec les buts des Nations unies».

C’est ainsi que des mesures restrictives qui pourraient être instaurées comme le fait régulièrement l’Union européenne contre un Etat, font partie de ce qui constitue une violation de la Charte. A la suite de cet article, il y a eu un certain nombre de résolutions de l’assemblée générale des Nations unies, qui rappellent des principes de non intervention et de non ingérence. Les Nations unies ont adopté une résolution en 1974, à l’unanimité qui définit ce qu’est en droit international “l’agression armée’’. Au terme de l’article 1 de cette résolution, qui est la résolution 3314, l’emploi de la force par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat ou de tout autre manière avec la charte des Nations Unies est une agression au sens de la résolution 3314. Et l’article 3 de cette résolution, énumère les actes de force. Le bombardement par des forces armées d’un Etat du territoire d’un autre Etat ou de l’emploi de toutes armes, par un Etat contre le territoire d’un autre Etat. Les blocus des ports ou des côtes d’un Etat parles forces armées d’un autre Etat. Je vous demande de vous reporter à la deuxième guerre en Irak. Souvenez-vous à l’époque, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont essayé d’obtenir une résolution des Nations Unies, concernant une intervention armée en Irak.

Que pensez-vous des deux leaders politiques Paul Biya et John Fru Ndi?

Je ne sais pas grand-chose du Cameroun. C’est la première fois que je vienne ici. Ne croyez pas que je fasse la gueule de bois. Toute fois il y a un fait assez insolite que j’ai remarqué. J’ai vu que la Cour suprême a permis à deux candidats de se présenter aux élections présidentielles, alors qu’ils ne payaient pas d’impôts. Cela m’a un peu frappé. Je me suis demandé comment on pouvait se présenter à une élection dans un pays sans avoir de revenus. Je suppose que ces deux candidats ont une voiture, et qu’ils y mettent du carburant.

Comment arrivez-vous à conclure que le Cameroun est une démocratie?

N’attendez pas que je mêle ma voix à ceux qui se servent comme alibi de la démocratie, pour imposer par la force leur position dans un continent dont l’Europe a besoin pour son développement, et qui a besoin de l’Europe. Parce que quand on se sert comme cheval de Troie de la démocratie, pour servir des intérêts qui ne sont ni ceux de l’Etat qu’on sert, ni ceux de l’Etat dans lequel on intervient, ne me parlez pas de démocratie. Je refuserais de hurler avec les loups.

Entretien mené par la rédaction Mutations

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OPA sur la Côte d’Ivoire !

Vente aux enchères de la Côte d’Ivoire : Drômè kélé-kélé (5 francs) ou drômè fla-fla (10 francs)…

Rosalie Kouamé

Mr Alassane Ouattara, depuis votre prise de pouvoir «par tous les moyens», vos hommes (loubards, sbires en treillis comme en civil et autres initiés à la violence…) ne cessent d’agresser les Ivoiriens dans les campements, les villages et les quartiers. Pire, pendant que vous vous promenez pour vouloir ramener les refugiés ivoiriens «par tous les moyens », votre solution préférée,  pendant que vous sifflez la réconciliation comme un serpent en quête de proie, vos hommes (loubards, sbires en treillis comme en civil et autres initiés à la violence…) agressent, agressent et agressent…

• Vous avez entretenu des hommes pour prendre les armes et attaquer notre chère et mère patrie, la Côte d’Ivoire, pour des raisons personnelles… Et vous le savez mieux que quiconque.

• Vous avez fait le tour du monde pour vilipender la Côte d’ivoire en vue de ternir son image…

• Vous avez profité de votre aventure voltaïque au FMI et à la BCEAO pour vous faire des amis, que vous avez réussi à liguer contre la Côte d’Ivoire…

• Vos amis qui ne sont autres que des rapaces qui lorgnaient les ressources naturelles de la Côte d’Ivoire, n’attendaient que ça pour justifier une attaque contre notre pays.

• Vous et vos amis ont mis sur pied une stratégie guerrière à laquelle vous avez donné une forme électoraliste pour distraire la grande galerie…

• Vous et vos amis, à la fois acteurs et arbitres des soi-disant élections ou de ces élections guerrières, avez  gagné la guerre, au prix de la vie de plus de 3000 âmes…

• Vous et vos amis donc pouvez maintenant vendre et racheter la Côte d’Ivoire au prix qui vous convient… drômè kélé-kélé (5 francs) ou drômè fla-fla (10 francs), c’est comme bon vous semble!

Alors je me demande encore: Pourquoi cette série de violence qui au moment où l’on s’attend à ce qu’elle prenne fin, ne fait que s’amplifier? Pourquoi tenez-vous tant à détruire notre pays?

Ce qui est curieux, c’est que vos supporteurs et partisans qui devraient attirer votre attention sur les dangers de cette attitude nauséabonde, disent plutôt que Gbagbo et son équipe ont fait la même chose. Disons que Gbagbo et son équipe ont fait la même chose… Et alors ???

Lorsque quelqu’un fait «la même chose» et qu’on a critiqué, on ne vient pas pour faire pareil ou pire… Cela est valable pour tout le monde!

Et si ceux que vous traquez dans les campements, les villages, les réunions politiques, les meetings et autres décident de s’organiser en guérilla pour contrattaquer les actes de barbarie dont ils sont victimes, n’est-ce pas alors le schéma d’une vraie guerre civile qui se dessinerait ainsi ??? On me dira que vos hommes sont tellement forts dans la violence au point où personne ne peut s’aventurer dans une contre-attaque… Qu’à cela ne tienne! Néanmoins, le danger peut se situer au niveau de vos amis du Club International Démoniaque, pardon de la soi-disant «communauté internationale.»

• Ceux-là mêmes qui font et défont les leaders du 1/3 monde ou des pays émergeants, selon leurs intérêt…

• Ceux-là mêmes qui n’ont pas d’amis mais n’ont que des intérêts!

Autant ils vous ont aidé à mettre sur pied une cellule de rebelles contre le pouvoir d’hier, autant ils vont profiter des actes de violence de vos sbires pour faire de vos victimes, des rebelles contre vous. Pas par amour pour vous, ni pour votre ennemi… Mais parce qu’ils n’ont pas d’amis, mais n’ont que des intérêts.

Et qui en souffrent? L’Afrique! Les Africains! Les Ivoiriens et même vos larbins!
Evidemment  vous qui avez l’argent comme dieu, le matériel comme ange, pardon comme démon et le matérialisme comme religion, vous n’avez rien à cirer avec les «blablabla» de ceux qui parle du Dieu d’Abraham, de Jacob, de Moise, de David…

Tout ce qui permet de piller la Côte d’Ivoire pour vous enrichir est une bonne stratégie, où une vraie guerre civile n’est pas à écarter. Et pour ne pas vous retrouver à la CPI, ces geôles de vos amis, construites que pour les Africains qui leur tiennent tête comme Gbagbo, alors vous prêcher la paix et la réconciliation pour mieux pratiquer la violence, le mensonge, la vengeance et «la justice des vainqueurs»??? Sinon, comment comprendre votre mutisme sur les agressions et les tueries à travers le pays par vos «adeptes» qui n’ont pour dieu que l’esprit sanguinaire?

En philosophie, on nous disait que «l’homme naît bon, mais c’est la société qui le rend mauvais». L’antithèse par contre est que «l’homme naît mauvais, mais c’est la société qui le rend bon»… Mais avec vous et vos amis, je ne me retrouve ni dans la thèse, ni dans l’antithèse. Pourquoi? Tout simplement parce que mon observation me fait penser que «l’homme nait mauvais et c’est la société qui le rend inhumain…» Voici ma philosophie à moi en vous observant…

Mr Alassane Dramane, dans l’opinion générale, ceux qui vous ont soutenu malgré eux-mêmes et à cause de vos canons sur leurs têtes, ont donné comme explications à leur soutien ce qui suit: «Comme c’est lui qui sait où il est allé chercher ses TUEURS pour venir les déverser dans le pays, alors surpassons-nous en lui laissant ce pouvoir qu’il cherche tant, afin qu’il ramène ses TUEURS d’où il les a pris»… A ce niveau, j’ai failli me faire convaincre, tellement je croyais que vous auriez la volonté de nous redonner notre paix et notre quiétude que vous et les vôtres, nous avez volées… C’est mal vous connaître! Ahhh! Ayahowé!

Un adage baoulé dit: «Même quand ça ne fait pas honte, ça doit au moins faire pitié!»

Mr Alassane Dramane, ayant raté l’occasion d’avoir honte en hypothéquant avec vos amis, la souveraineté de la Côte d’Ivoire, nous vous demandons maintenant de saisir l’occasion d’avoir pitié de la population ivoirienne qui ne sait que vivre en paix…
Evitez-nous Mr Dramane, une guerre civile qui tuera plusieurs milliers d’Ivoiriens pendant que vous et vos amis seriez  en train de piller le pays.

Le vol et le pillage de l’Afrique se font plus aisément pendant les guerres, certes! Néanmoins, le printemps arabe n’a pas encore révélé tous ses secrets relatifs au pétrole… Alors de grâce, épargnez à la Côte d’Ivoire un printemps du cacao, du diamant et du pétrole, au prix des âmes qui survivent déjà dans la précarité, la peur, l’angoisse et le traumatisme que seuls vos sbires savent produire. Après la guerre gagnée, pourquoi ne pas ramener les tigres, les panthères et les serpents dans leurs cages respectives pour que le peuple Ivoirien retrouve un peu sa quiétude?

NB : Libérez le Président Gbagbo pour que nous entamions la réconciliation si nécessaire pour le retour de la Côte d’Ivoire dans les normes humaines. Il ne mérite pas d’être en prison quand vous, vous êtes en liberté! De même, vous ne méritez pas d’être en liberté quand lui, Gbagbo est en prison… Alors laissons tomber les histoires de « capturation, de capturage, de capturement» et même de «transfèrement» qui ne font que compliquer de plus en plus votre équation…

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et l’Afrique!

13 Octobre, 2011

Une contribution de Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

Le double « coup » économique et diplomatique de l’aide des « Brics » à l’Europe

Les pays du BRICS, anciens pauvres, au secours de l’économie européenne ?

A l’initiative du Brésil, les « Brics » vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI), afin de discuter des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe.

A l’initiative du Brésil, les cinq « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI). Ils discuteront des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe, et le Brésil tentera de convaincre ses partenaires émergents qu’il s’agit d’une opération « gagnant-gagnant ». Pour les émergents, le bénéfice de « sauver l’Europe » apparaît doublement intéressant.

D’un côté, ils minimisent les risques de défaut de paiement des pays périphériques (même si ce sera peut-être trop tard pour la Grèce), ce qui éviterait un séisme mondial qui les toucherait forcément.

Diplomatiquement, le « coup » serait éclatant : une confirmation du fait que les Brics sont devenus en une décennie des acteurs majeurs de l’économie mondiale. Par un cruel retournement de l’histoire, ce sont les pays qui hier bénéficiaient de l’aide internationale qui doivent voler au secours des pays « riches ». La presse brésilienne, mais aussi mondiale, ne manque pas de souligner l’ironie de la situation. Il y a à peine neuf ans, en 2002, le Brésil recevait 30 milliards de dollars d’aide d’urgence de la part du FMI…

Contribuer davantage au FMI

Les discussions de jeudi porteront donc sur deux axes : un possible investissement dans les obligations souveraines les plus en danger de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, Irlande), et une augmentation de la contribution des Brics au FMI. Le Brésil est d’ailleurs déjà actif sur le marché européen de la dette souveraine : il a acheté des obligations via le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Néanmoins, les deux propositions suscitent de la méfiance de la part des quatre autre pays, moins enclins à voler au secours de l’Europe. Le rachat d’obligations européennes peut être risqué en cas de défaut de paiement. Quant à l’augmentation de la quote-part de ces pays au FMI, la Chine et l’Inde semblent peu enclins à contribuer davantage à une institution dans laquelle ils s’estiment sous-représentés…

Les obstacles sont donc nombreux sur la route d’une aide des BRICS à l’Europe. Cette proposition du Brésil fait ressortir leur plus grande faiblesse : leur incapacité chronique à conjuguer leurs intérêts. Trop éloignés géographiquement, trop différents, les « Brics » ne partagent que l’énormité de leur croissance et leur appartenance à un même groupe de pays (le terme « Bric » a été inventé par Goldman Sachs en 2001). Ils avaient montré les limites de leur coopération diplomatique au sujet de la succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI.

Sylvain Rolland

Lu sur La Tribune

Souhaitons la bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés (PPTE)

Souhaitons la bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés (PPTE)

La Libye (la nouvelle Libye des drogués et autres « rats ») a un nouveau partenaire qui n’est rien d’autre que le Fonds Monétaire International (FMI). Eh oui le meilleur partenaire pour installer la politique de l’assistanat et le réel sous-développement en Libye.

Le FMI ne pouvait pas espérer mieux que la chute de Kadhafi et sa disparition de la scène politique africaine, ce Kadhafi qui lui réservait une mort lente et définitive avec la création du Fonds Monétaire Africain qui devait naître en 2011 si le pygmé de l’Elysée du haut de ses 1m 63 ne s’était pas précipité en Libye en mission humanitaire pour sauver l’Europe.

Ainsi donc, le FMI dit reconnaitre le CNT et cette annonce vient directement de sa nouvelle directrice (elle peut dire merci à DSK) : « Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes ».

Commencer les réformes, dit-elle mais, quelles réformes ? C’est quand même marrant quand on sait que la Libye n’avait jamais eu besoin du FMI. Point n’est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre les dangers que représentent le Fmi et la Banque mondiale pour l’Afrique. Toutes les réformes du FMI ont été pour domestiquer les économies et les rendre serviable et dépendantes (voir documentaire « Quand le FMI fabrique la misère »). Aucun pays n’a pu amorcer un réel développement depuis que le FMI est né. D’ailleurs, l’Euro est agonissant et ce n’est pas la Grèce qui dira le contraire alors, la Libye pourrait être un sauf conduit pour donner un nouveau souffle à l’Euro. Les multinationales s’installeront et tout sera privatisé avec l’assistance du FMI qui déroulera sa politique économique orthodoxe et machiavélique. Les fonds souverains libyens seront dilapidés. Le taux d’alphabétisation auparavant supérieur à 90% subira une lente et progressive régression.

Les Libyens verront leur pouvoir d’achat s’effriter ; eux qui étaient habitués à acheter le litre d’essence à 0,08 EUROS, à se reposer quand l’Etat les nourrissait ; dorénavant ils devront manger à la sueur de leur front jusqu’à ne plus avoir de goutte de sueur. Le droit au logement sera banni, les soins médicaux seront désormais payants ; ce sera du cash cash ; l’électricité à usage domestique ne sera plus gratuite, de même que l’eau à usage domestique, plus aucune banque n’accordera de prêts sans intérêts, ainsi de suite jusqu’à ce que la Libye se paupérise et se désagrège comme la plupart des pays qui ont expérimenté les réformes du FMI.

En effet, la profondeur de la pauvreté qui mesure le déficit collectif moyen de revenu ou de consommation par rapport à la ligne de pauvreté pour l’ensemble de la population en Libye, connaîtra une évolution à crescendo. Ceci, dû à la forte monétarisation de la société libyenne qui s’installera avec l’arrivée du FMI en Libye et la mise en œuvre de ses programmes d’aliénation et d’abrutissement des peuples. Les ménages montreront leur incapacité à répondre aux exigences fondamentales tels que la santé, l’éducation, l’habillement etc…puisque tout sera monétisé ; ceci sans oublier le fait que le FMI a souvent eu pour partenaires les gouvernants corrompus qui détournent aveuglément et ça, le CNT l’a déjà commencé avec les milliards dégelés dont on a perdu les traces.

En attendant la libération de toute l’Afrique des griffes du FMI, le peuple libyen va sombrer sous les impôts, le pays sous les dettes et l’inflation pour enrichir les multinationales étrangères et par ricochet l’Europe.

Ainsi soit-il !

aymard

Le FMI et sa proie africaine

Un rapport récent du FMI « l’Afrique subsaharienne face à la crise, perspectives économiques régionales » montre comment le FMI entend garder en vie la proie africaine pour la sauvegarde du système financier mondial et de ses bénéficiaires.

Le rapport, à lire entre les lignes et à déchiffrer à partir du jargon des technocrates, s’ouvre sur une claironnante déclaration de satisfaction pour les dix dernières années au motif qu’elles ont été, en Afrique, des années de croissance assez forte et que le FMI s’en attribue le mérite par ses directives. Il n’y a cependant aucune mention, en dehors de la constatation de la croissance, de l’absence notable de recul de la pauvreté qui l’a accompagnée. C’est quand même un sujet qui mériterait d’être longuement étudié. On préfère là-dessus fermer les yeux. La croissance est toujours considérée dogmatiquement comme seul facteur d’un recul déclaré « souhaitable » – seulement ? – de la pauvreté, malgré la preuve de son inefficacité dans certains contextes, notamment africains, de corruption de l’Etat.

L’exposé concerne essentiellement le retentissement de la crise mondiale sur les économies africaines avec le souci n°1 : pourront-elles continuer à rembourser leurs dettes ?
En effet, les ressources africaines dépendant essentiellement de leurs exportations de denrées agricoles et de matières premières, ces ressources baisseront si leurs clients étrangers n’ont plus d’argent. L’effet s’est déjà fait largement sentir sur le pétrole.

La crise pourrait aussi inciter les capitaux étrangers à s’en aller, non qu’ils ne fassent de très bons rendements en Afrique, mais, les maisons mères étant ruinées, elles ont besoin de rassembler toutes leurs ressources pour leur propre sauvegarde. Le système bancaire des pays de l’aire CFA est en effet détenu en moyenne pour les trois quarts par des banques françaises. Les envois de fonds par la diaspora pourraient aussi baisser.

L’Afrique n’a, directement, rien perdu dans la crise. Les Africains n’ont jamais eu de capitaux à investir dans l’économie de casino. Les effets sont tous des effets induits par la faillite de la gestion des pays riches. C’est une excellente raison apparemment pour que ces pays, par la voix du FMI, leur donnent toutes les directives pour régenter leur comportement et leurs décisions.
Et, d’abord, de dévaluer leur monnaie, ce qui appauvrira considérablement leurs habitants mais permettra à ceux des pays importateurs de continuer à consommer des produits exotiques, bananes, café, cacao. On va donc probablement assister à une dévaluation du CFA, dont le plus grand intérêt proclamé par ses défenseurs tient, paraît-il, dans sa parité fixe… sauf quand il s’agit de sauver le pouvoir d’achat au Nord.

Le plus grand problème finalement sera d’éviter les troubles sociaux alors qu’on pressurera un peu plus encore les pauvres. Sur ce point le FMI n’a pas de solution. Il constate que les Etats africains ont très peu de moyens de protection sociale. Il encourage donc les pays riches à ne pas diminuer leur aide et même à l’augmenter. Bien qu’ils soient en difficulté, cela ne représente pas grand-chose pour eux et cela peut rapporter gros en maintenant le statu quo des relations de dépendance Nord-Sud, tellement avantageux.

Bien sûr la principale prescription du Knock mondial est : surtout pas de protectionnisme ! On peut en conclure que la seule chance pour les Africains d’avoir une vie meilleure serait de profiter de cette crise pour s’émanciper de la tutelle des institutions financières internationales et de leurs riches actionnaires, de se consacrer au développement autocentré de leur économie, de produire pour eux, d’augmenter le prix de leurs ressources pour pouvoir investir dans la construction d’infrastructures et donner du travail à leurs habitants, d’entamer enfin le cycle d’un développement endogène de l’Afrique, le seul qui ne soit pas une chimère.

Odile Tobner de l’association Survie

FMI: Le salaire de Christine Lagarde fixé à 551 700 $

La nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a pris ses fonctions mardi, et touchera un salaire annuel de 551 700 $, a annoncé l’institution.

Mme Lagarde est arrivée vers 09H00 au siège du FMI à Washington, ont constaté des journalistes de l’AFP. Elle a été accueillie par son premier adjoint, l’Américain John Lipsky, et le doyen du conseil d’administration, l’Égyptien Abdel Shakour Shaalan.

Le FMI a publié son contrat de travail, qui prévoit un salaire de base de 467 940 $ par an et une allocation pour frais de représentation (sans justificatifs) de 83 760 $ par an, soit un total de 551 700 $. Cette allocation n’est soumise à aucun impôt, grâce au statut de fonctionnaire international des salariés du Fonds.

En 2007, son prédécesseur Dominique Strauss Khan avait eu droit à un salaire annuel de 420 930 $ et une allocation pour frais de représentation (sans justificatifs) de 75 350 $ pour un total de 496 280 $ par an. Le dernier salaire annuel que le FMI ait publié pour M. Strauss-Kahn, était de 521 100 $ pour la troisième année de son mandat, soit la période de novembre 2009 à octobre 2010.

Le reste des termes du contrat de travail de Mme Lagarde est globalement identique à ceux qui prévalaient pour M. Strauss-Kahn, à l’exception d’un paragraphe sur l’éthique beaucoup plus détaillé.

«Il est attendu de vous, en tant que directrice générale, que vous observiez les normes les plus élevées de conduite éthique, conformément aux valeurs d’intégrité, d’impartialité et de discrétion. Vous vous efforcerez d’éviter ne serait-ce que l’apparence d’une inconvenance dans votre comportement», indique le contrat.

«Dans la conduite de vos activités de directrice générale, vous avez un devoir de loyauté exclusive au Fonds et éviterez tout conflit d’intérêt ou l’apparence d’un tel conflit», poursuit-il.

Mme Lagarde devra participer «à la formation sur l’éthique prévue par le conseiller éthique du Fonds qui est exigée pour tous les salariés du Fonds».

Aucune précision supplémentaire n’est donnée sur sur les conditions d’un éventuel licenciement, qui peut toujours être décidé par le conseil d’administration d’une manière qui n’est pas précisée.

Pour en savoir plus Terms of Appointment of Christine Lagarde as Managing Director of the International Monetary Fund

FMI : Christine Lagarde remplace DSK

Christine Lagarde, choisie hier mardi pour diriger le FMI, a déclaré que son objectif premier serait que l’institution continue dans la même voie et a appelé à une entente nationale en Grèce.

La ministre française de l’Economie et des Finances entamera son mandat à la tête du Fonds monétaire international le 5 juillet dans un contexte de crise des dettes publiques en Europe et plus particulièrement en Grèce, où les marchés redoutent un défaut de paiement.

Christine Lagarde, première femme à diriger le FMI après dix hommes, a été soutenue par l’Europe, les Etats-Unis et des pays dits émergents comme la Chine, la Russie et le Brésil.

Elle succède à Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné en mai après avoir été inculpé pour tentative de viol à New York et qui clame son innocence.

« L’action du FMI doit être pertinente, proactive, efficace et légitime, pour assurer une croissance plus forte et durable, la stabilité macroéconomique et un avenir meilleur pour tous », a dit Christine Lagarde dans un communiqué.

« Le FMI a été au service de ses 187 pays membres pendant la crise économique et financière mondiale, ce qui l’a amené à évoluer profondément. Mon objectif premier à la tête de notre institution sera de faire en sorte qu’elle continue dans cette voie avec la même détermination et le même engagement », poursuit-elle.

APPEL À L’UNITÉ EN GRÈCE

Sur TF1, la ministre française a appelé l’opposition grecque à une entente nationale avec le parti au pouvoir pour sortir le pays de la crise.

« Si j’ai un message à faire passer ce soir concernant la Grèce, c’est un appel à l’opposition politique grecque pour qu’elle rejoigne dans une entente nationale le parti qui est actuellement au pouvoir. Il y va vraiment du destin d’un pays, de sa sécurité », a dit la ministre.

Interrogée sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, elle a répondu : « C’est le scénario du pire qu’il faut impérativement et par tous les moyens éviter ».

Quant à la situation de l’économie française à l’heure de son départ à Washington, Christine Lagarde a déclaré : « Nous avons tenu le pays face à la crise dans des conditions qui sont probablement les meilleures en Europe actuellement ».

Agustin Carstens, le gouverneur de la banque centrale du Mexique qui était en concurrence avec Christine Lagarde, lui a adressé tous ses voeux de réussite.

« Je salue le choix de Christine Lagarde comme directrice générale du FMI; je lui souhaite le meilleur et elle a tout mon soutien », a-t-il dit dans un communiqué.

La présidence française a salué sa désignation. « C’est une victoire pour la France », souligne l’Elysée dans une déclaration. « La présidence française se réjouit qu’une femme accède à cette importante responsabilité internationale. »

Les affaires sont les affaires…Ou comment une affaire de mœurs sonne le glas de la souveraineté des États

LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES…

Ou comment une affaire de mœurs sonne le glas de la souveraineté des États.

« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu » (Mat 10:26)

Pitoyable, lamentable, détestable, les qualificatifs manquent. Mais qu’est-ce qui est le plus pitoyable : avoir commis, ou plutôt être supposé avoir commis un délit d’ordre sexuel, ou bien étaler via les médias ce genre de turpitude au grand jour et accuser un homme sans preuves suffisantes ?

Nous voilà déjà bien accoutumés aux scandales de toutes sortes, sexe, corruption, délits d’initiés, trafics d’influences et autres magouilles nommées pudiquement « conflits d’intérêts ».

Nul ne peut encore ignorer que l’argent, le pouvoir et le sexe sont les pierres d’achoppement qui servent à faire tomber les grands de ce monde, en un mot c’est l’éternelle convoitise qui enchaîne l’homme dont les appétits ne semblent jamais assouvis, toujours en quête de sensations fortes en bravant les interdits moraux les plus élémentaires tout en jouant la carte de l’impunité. On offre en pâture à nos concitoyens les fruits les plus écœurants et sordides de la turpitude humaine, au point que ces étalages finissent par devenir d’une telle banalité, qu’ils agissent tel un vaccin et contribuent lentement mais sûrement à émousser tout sens moral dans nos sociétés hautement civilisées qui s’habituent à tout.

C’est ce qu’exprime très bien la journaliste canadienne Naomi Klein dans son ouvrage « La stratégie du choc » : on assomme le citoyen avec des catastrophes et drames en tous genres, scandales, crises etc… petit à petit la capacité de réaction s’émousse pour se transformer en acceptation passive de l’évènement, hors de tout contrôle et de toute faculté d’appréciation et de jugement.

Le scandale sexuel est devenu une arme de destruction massive, le sexe est un moyen de contrôle et de pouvoir au vu et au su de tout le monde dès lors qu’une personnalité se retrouve prise en flagrant délit. Le Vatican a ses prêtres pédophiles, le pouvoir politique s’autorise le viol et l’adultère… à chacun sa spécialité !

Complot ou mise en scène ?

Soit M. Sarkozy est complice avec son cher ami Obama dans le but d’évincer DSK du FMI et mettre un autre pion à sa place qui sera aux ordres directs de la clique mondialiste, ce que DSK n’était peut-être pas suffisamment, soit DSK a inventé ce scénario ridicule pour attirer la sympathie et la compassion de ses électeurs potentiels pensant qu’aucune véritable charge ne pèsera contre lui grâce à sa notoriété.

Il pourrait donc sortir la tête haute de cette affaire et assurer de cette façon élégante son électorat pour 2012 face à Sarkozy. Mais cette manœuvre, pour autant qu’elle soit crédible, ne laisserait pas Sarkozy indifférent, lui qui n’est pas dupe au sujet de ses ennemis électoraux. Au contraire, cela lui offrira l’opportunité de vilipender DSK, après l’avoir fait nommer à la tête du FMI, ce qui permettra à Marine le Pen de lui damer le pion pour se retrouver en bonne posture au premier tour, car Sarkozy, en bon expert d’astuces électorales compte bien sur les voix du Front National pour se faire réélire en 2012…

Le problème est que DSK, à cause de ses démêlés judiciaires actuels risque fort de voir sa candidature mise entre parenthèse pendant un certain temps, voire définitivement, imaginant à tort que son innocence sera vite prouvée.

C’est bien méconnaître l’implacable sévérité de la machine judiciaire d’Outre-Atlantique… et cette hypothèse apparaît pour le moins invraisemblable.

Comment, en effet, un homme intelligent et rusé comme M. Strauss-Kahn pourrait se « jeter dans la gueule du loup » en tentant de violer une femme de chambre- dont on ne connaît toujours pas le vrai visage- et jeter le discrédit sur lui-même et sur les ténors de la classe politique française. On ne peut en outre, croire un seul instant qu’il pouvait ignorer les conséquences d’un tel acte et ainsi risquer sa tête et celle de sa famille pour une passade libertine, qui, bien que répréhensible, aurait pu se dérouler à huis-clos ailleurs que dans une suite d’hôtel de luxe qu’il fréquentait assidûment.

DSK, homme de paille de l’oligarchie

La vérité semble toute autre… certes la chute de « l’homme du FMI » fait les beaux jours de M. Sarkozy et ceux de Mme Lagarde, pressentie comme successeur et ardente supporter atlantiste (elle a fait la majeure partie de ses études et a travaillé longtemps aux États-Unis), mais surtout permet à l’élite financière internationale d’affirmer une fois de plus son implacable suprématie sur le déroulement des évènements politico-économiques de la planète.

On connaît la vocation ultra-mensongère des médias alignées qui veulent faire croire aux « idiots » que nous sommes, à une incartade de plus de M. Strauss-Kahn, qui, dit-on, n’en serait pas à son coup d’essai. La chose sera jugée et le coupable finira probablement sa vie en prison, pour 74 ans au plus… ce qui ne lui laisse pas beaucoup d’espoir pour profiter du patrimoine de son épouse et de la vie au grand air.

Le quotidien Le Figaro, dans un article du 16 mai dernier, explique comment les États-Unis, dont la dette s’élèverait à 14.294 milliards de dollars se trouvent au bord d’une faillite certaine, sous trois mois, précise le quotidien.

Un spécialiste des bons du Trésor de la société Nomura Securities, Aaron Kholi, parle d’une faillite qui serait « l’équivalent financier d’une bombe nucléaire ». Le cataclysme mondial serait tellement énorme que les gens n’y croient guère. Un analyste financier tente de se rassurer (et de rassurer les lecteurs) en déclarant qu’une solution devra être trouvée pour ne « pas laisser la planète finance exploser »…

On se doute, d’après maintes analyses économiques, que la fin du dollar est proche. Selon la rédactrice en chef de la revue économique suisse Bilan, l’économie américaine n’est plus qu’une grande illusion car « pour produire 1 dollar de richesse, elle a besoin de 6 dollars de dette. »

Pour que l’économie des États-Unis puisse espérer se maintenir, elle fait reposer sa solvabilité sur une dépréciation de l’euro afin de pouvoir écouler facilement leurs futures émissions de bons du Trésor.

« Début 2010, l’euro s’est retrouvé la cible d’attaques très directes. Celles-ci n’étaient plus seulement verbales, mais spéculatives. Les principaux hedge funds anglo-saxons ont décidé, lors d’un dîner organisé le 8 février 2010 à New-York, de parler de manière concertée sur la baisse de l’euro et la détérioration de la dette européenne. Il était admis qu’une fois la crise grecque déclenchée l’effet domino constituerait un coup gagnant, un véritable strike contre l’euro. » (1)

Il faut bien comprendre que toute l’économie américaine repose sur son complexe militaro-industriel qui sans cesse a besoin d’assurer sa puissance mondiale. Cette économie n’est pas une économie productive car elle est basée sur la spéculation en tant que principale source de revenus. Depuis bientôt deux ans l’apparition d’une monnaie de remplacement du dollar est en cours d’expérimentation pour pallier aux déficiences du billet vert. Cette monnaie de réserve (2) serait adossée aux droits de tirage spéciaux du FMI et serait composée d’un mélange de plusieurs devises dont le dollar, ce qui n’arrange pas du tout les financiers internationaux. Or DSK, en tant que Directeur du FMI serait le principal initiateur de cette monnaie dont l’annonce de la mise en service devait se faire lors du sommet du G8 à Deauville le 26 mai dernier. On connaît la suite : DSK est arrêté dans les conditions que l’on sait et démissionne presqu’aussitôt de son poste au FMI. L’annonce de la nouvelle monnaie au G8 de Deauville n’aura pas lieu. Le dollar peut encore continuer à circuler et malheur à celui qui oserait s’y opposer et le refuser comme monnaie d’échange commercial.

L’éviction de M. Strauss-Kahn est un moyen de discréditer le FMI et d’aggraver la crise de l’euro.

Ceci permettra aux anglo-saxons de multiplier leurs spéculations, en particulier sur les emprunts d’État de la Grèce, car le FMI représentait aux yeux des marchés financiers une garantie du plan de sauvetage mis en place en 2010.

Le déchaînement anarchique du marché spéculatif va immanquablement entraîner la faillite totale de la Grèce puis l’ensemble des pays et des banques européennes. On aurait tort de se réjouir de cet événement, quelle que soit le peu de sympathie que l’on puisse avoir à l’endroit de DSK, qui en dit long sur le sort que réservent les États-Unis à l’Europe qui perd de jour en jour toute souveraineté et toute crédibilité.

Avec la soi-disant capture de Ben Laden, l’assassinat de Saddam Hussein (3), l’évincement des chefs d’État tunisien, égyptien et ivoirien, l’assassinat d’une partie de la famille de Khadafi, en attendant sa propre élimination, la CIA et sa soldatesque jésuite est toujours prête à œuvrer en faveur de la mondialisation, quelles que soient les méthodes employées, aussi dégradantes soient-elles. Il y a eu l’affaire du Watergate de Nixon, les passades de Bill Clinton avec M. Lewinsky et Paula Jones et tant d’autres, qui non seulement ont servi à alimenter le réservoir d’idées de la presse mais ont été les vecteurs d’un processus de déstabilisation mondiale que les élites dirigeantes ont depuis fort longtemps appelé de leurs vœux.

« Ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-même esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui . » (2Pi 2:19)

Soyez bénis.

1- Cité par le site Mécanopolis le 24 avril 2011

2 – La Libye a déjà expérimenté cette monnaie de réserve grâce à des fonds souverains considérables qui lui assuraient de très importantes réserves monétaires. Or, tous les avoirs de la Banque Centrale Libyenne ont été gelés pendant la « révolution »…

3- Saddam Hussein a été un agent au service des États-Unis avant d’être « remercié » pour ses bons et loyaux services par une mise à mort aussi ignominieuse que dégradante.

Chronique de Michel André

VIA

La Côte d’Ivoire s’endette … s’endette…s’endette encore !

Pluie de milliards ! On aurait volontiers laissé éclater notre  joie s’il ne s’agissait pas d’une bonne blague de curé. Des milliards tombent sur la Côte d’Ivoire. Oui, mais des milliards de dette.

Le séjour actuel de la mission française a révélé une évidence : tous ceux qui ont lu l’épitaphe de « Le fil de l’épée » du général De Gaulle, savent qu’un pays n’as pas d’ami, il n’a que des intérêts.

Dès que la France a aidé à renverser le Président Laurent Gbagbo, le Président français Nicolas Sarkozy, en bonne nurse attentive de son ami,  a annoncé une aide d’urgence au régime Ouattara. Tout le monde pensait que c’était une aide à un ami pour qui on n’a pas hésité à bombarder la résidence présidentielle. On découvre aujourd’hui que ce geste n’est pas gratuit. Les 400 milliards de francs Cfa promis par Paris sont bel et bien un prêt à la Côte d’Ivoire. 200 milliards ont déjà été décaissés qui ont permis de régler deux mois d’arriérés. On saura  jeudi prochain à quoi va être affecté le reste à décaisser en deux tranches.

A la fin de la mission conjointe Fmi-Banque mondiale-Bad, il a été annoncé des appuis de la part de  chacune des ses institutions : 65 milliards FCFA en juillet pour le Fmi (sous réserve de l’approbation du conseil d’administration. Or l’autre ami, DSK, n’est plus là. Pourvu que la présidence du Fmi échoit encore à la France parce que les autres pays n’ont pas de liens particuliers avec la Côte d’Ivoire, particulièrement avec Alassane Ouattara. La Grèce, l’Espagne, le Portugal etc. sont plus importants pour les Européens que la Côte d’Ivoire), 45 milliards pour la Banque mondiale en septembre, 77 milliards pour la Bad (sans conditionnalités dans cette phase d’urgence, on va s’asseoir après pour discuter).  Ce qui donne pour cette mission un prêt de 187 milliards. Il y a aussi la promesse française de désendettement et de développement d’environ 1300 milliards FCFA.

Au sommet du G8 à Deauville, Alassane Ouattara a demandé un appui de près de 13100 milliards FCFA pour financer son programme de société sur cinq ans. S’il obtient satisfaction, ce sera autant d’argent qui viendra alourdir le panier de la dette extérieure du pays.

Tout cet argent, on veut bien y penser, est censé profiter au pays. Mais comment le régime Ouattara va-t-il procéder pour rembourser ces dettes dans la mesure où les clignotants de l’économie sont au rouge vif. Comme l’a souligné, en gros traits, la mission conjointe : «  Les besoins financiers sont immenses car il faut rétablir l’administration publique,  veiller à la reprise économique, notamment à la réhabilitation de l’infrastructure et à la réduction de la pauvreté. Les autorités anticipent une augmentation des dépenses qui devraient passer de 22% du Pib en 2010 à 26,5% du Pib ces trois derniers trimestres dans le budget de 2011, en tenant compte de l’apurement des arriérés de salaires de mars. La baisse des recettes et la hausse des dépenses résulteront en une augmentation significative du déficit budgétaire, qui atteindra 8% du Pib en 2011 (ndlr, contre 2% en 2010).

L’appui budgétaire des donateurs bilatéraux et multilatéraux devrait être suffisant pour couvrir la majeure partie du déficit. Néanmoins, il est peu probable que cet appui permette d’honorer les engagements substantiels au titre de la dette extérieure, pour l’année en cours, due aux créanciers bilatéraux publics et privés ». Plus prosaïquement, on peut réduire le déficit budgétaire, mais on ne peut pas payer la dette extérieure. Or, il existe une règle dans le milieu : tu ne payes pas tes dettes, tu n’as pas droit à de nouveaux prêts.

La priorité du gouvernement est la relance économique. Une relance qui passe nécessairement par les réformes de l’administration fiscale et douanière, de la fonction publique, de la lutte contre la pauvreté, de la filière café-cacao, et du secteur de l’énergie. C’est quand des progrès significatifs auront été accomplis au niveau de l’établissement de ces priorités que le Fmi reviendra pour discuter  d’un programme économique triennal qui pourrait être soutenu par la Facilité élargie de crédit.

En attendant, le pays vit à crédit. Alassane Ouattara peut se consoler : crédit tue pas et on ne met pas un pays en prison.

J-S Lia, Notre voie

BENIN : L’inévitable Boomerang

Olivier ALLOCHEME, Editorialiste- Secrétaire de Rédaction

Les bâilleurs de fonds sont inquiets pour l’économie béninoise. Les mouvements sociaux de ces derniers jours leur donnent raison, avec un retentissement qui ira de mal en pis. L’augmentation de 25% accordée aux agents du ministère des finances sans incidence explicite sur les autres catégories d’agents de la fonction publique,aura réveillé les suspicions et entrainé (comme de juste) le débrayage de mardi et de mercredi dans tous les ministères lésés. Ce type de mouvement va s’amplifier clairement dans les semaines à venir.

Parce que les disparités ainsi créées sont du pain béni pour les syndicalistes. Ils vont en profiter pour mettre en place une agitation sociale que le ministre du développement (devenu premier ministre) croyait pouvoir prévenir en octroyant à la pelle 25% (oui 25%) d’augmentation, d’abord aux agents des finances puis plus tard aux autres fonctionnaires.

Ce fut un compromis brutal et inexplicable, surtout dans un contexte de crise financière à peine résorbée à l’échelle internationale. S’il est possible de jouer tous les jeux sur la scène béninoise, il faut se demander si les bâilleurs de fonds qui supportent chaque année une bonne partie de nos dépenses budgétaires, ne vont pas y trouver une incroyable gabegie.

Parce que précisément la crise financière qui sévit aujourd’hui en Europe contraint ces métropoles à mesurer leurs engagements extérieurs. Et dans ce contexte qui leur est difficile, le Bénin se comporte comme s’il avait une croissance à deux chiffres, alors qu’en la matière notre pays a obtenu des résultats qui restent parmi les plus faibles de la sous-région en 2010.

Il est même curieux que les travailleurs du ministère des finances qui viennent de boucler neuf mois de grève, bénéficient d’une si soudaine embellie sur leur fiche de paie, alors que la grève est une source majeure de baisse du taux d’employabilité. La rationalité économique perd pied dans les hauts calculs de ceux qui ont donné ces cadeaux empoisonnés.

De tous les économistes que j’ai pu consulter sur ce sujet brûlant, aucun n’a semblé imaginer l’application de cette mesure suicidaire. Tous (je dis bien tous) se sont employés à montrer les énormes risques liés à cette mesure sociale, avec une puissance de conviction qui aurait désarçonné Koupaki lui-même.

Certains sont allés loin en indiquant clairement que l’application et surtout la généralisation de cette mesure à toute la fonction publique ne pourrait que provoquer un effondrement de l’Etat, sa faillite finale comme en Grèce ou ailleurs en Europe. Mais à la différence de la Grèce qui reçoit une pluie de milliards sur fond d’austérité sauvage imposée aux fonctionnaires, le petit Bénin risque à terme d’être déclaré Etat failli et placé sous ajustement structurel tout aussi sauvage.

Actuellement, le Bénin a largement dépassé les critères de convergence de l’UEMOA en utilisant déjà 48% de ses recettes fiscales pour les besoins de la fonction publique. Avec les 25% d’augmentation, le pays passera à environ 53%. Au niveau micro, ce sont les entreprises privées qui seront secouées par des mouvements sociaux du fait de leurs personnels qui pourraient exiger les mêmes augmentations, sans prise réelle sur la productivité ni la rentabilité de leurs structures.

Le FMI et la Banque Mondiale de même que l’Union Européenne, en une troublante harmonie, ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences inéluctables de cette générosité empoisonnée de l’Etat. Ils l’ont expliqué de vive voix au Chef de l’Etat en personne qui aura noté que ces institutions ne seront pas prêtes à accorder leur aide budgétaire pour l’année prochaine si les mesures incriminées ne sont pas levées.

 Mais dans la réalité, il convient de se demander de quels résultats économiques l’on tirera les ressources devant permettre de payer ces salaires en nette augmentation. Parce qu’en crevant le fonds de la caisse pour satisfaire les menaces des syndicats, l’Etat diminue d’autant l’investissement public (hôpitaux, écoles, infrastructures routières…) et s’empêche de recruter dans la fonction publique, en aggravant du coup le chômage des jeunes. La dette intérieure va s’accroitre, du fait de l’incapacité de l’Etat à rembourser ses dettes au privé, entraînant la faillite des PME et une aggravation du chômage.

L’irresponsabilité croissante du leadership politique induit des décisions à contre-courant des normes. Mais dans ce cas précis, nous le paierons très cher.

Olivier ALLOCHEME, L’évenement précis