Le Blog de Aymard

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Archives de Tag: Françafrique

La « France éternelle » malade de ses politiques éternelles

Les récentes déclarations de l’avocat Robert Bourgi continuent de défrayer la chronique sous nos tropiques et cela a fait l’effet d’une bombe dans nombre de pays sur le continent noir. Mais il faut reconnaître que la France est malade de sa propre sublimation comme au temps du Général De Gaulle où il avait lancé, comme pour défier les Allemands,  « la France éternelle !»

Que l’on démente les propos de l’avocat franco-libanais ou non, des signaux et d’autres révélations du genre étaient déjà servis aux Africains et l’on avait une vague idée de ce qui se passait. Et même si le Général De Gaulle bénéficie aujourd’hui, et cela est unanime, d’un capital de sympathie ou de droiture, et qu’on le considère comme un homme irréprochable, il n’en demeure pas moins que c’est sous lui que les premiers réseaux de la Françafrique furent mis en place avec le non moins célèbre Jacques Foccart. Et les politiciens de tous bords n’ont pas craché dans la soupe quand ils ont accédé à la magistrature suprême dela France. Ils s’en sont d’ailleurs accaparé pour en faire un fond de commerce juteux et lucratif.

De la Droite à la Gauche, en passant par l’Extrême droite française, tous ont contribué au pompage des biens de l’Afrique. Avec ces révélations, on comprend mieux le rôle de ce pays dans le génocide Rwandais, les conflits armés et les guerres sur le continent. Les dictateurs de tout acabit payaient leur dime à la France pour bénéficier de sa protection.

Les guerres de prédations au Liberia, en Sierra Leone, au Congo, en Centrafrique pour ne citer que ces pays, cachent-elles une vilaine réalité ?La France ne serait-elle pas comptable des troubles post-électoraux dans les pays africains ? Les fraudes électorales, les élections mal organisées, les tripatouillages des constitutions etc., soutenus et homologués parla France dans son précarré, se justifient aisément à la lumière de ces révélations.

Gbagbo Laurent ne serait-il pas déchu aujourd’hui parce qu’il n’arrosait pas suffisamment l’Elysée et les hommes politiques français? Voilà pourquoi il y a eu l’intervention de la France en Côte d’Ivoire et aujourd’hui en Libye. Au regard de tout ce qui précède, il faut que les Africains demandent réparation pour le préjudice, parce que c’est l’argent du contribuable qui a servi à financer des campagnes électorales dans l’Hexagone et d’autres activités illégales.

A l’image des Indiens d’Amérique, il faut que l’Afrique demande une réparation à la France. Si aujourd’hui le continent fait du surplace, c’est de la faute de cette France qui a maintenu des dictateurs en place et qui étaient à sa botte. Lesquels fournissaient grassement en feuilles l’Elysée et des hommes politiques français. Alors la France, pour se faire réhabiliter, doit prendre l’engagement de réparer le préjudice au plus vite en Afrique.

Djimité Ouédraogo. San Finna

(Photo: legrigriinternational.com)

Après avoir conduit la Côte d’Ivoire dans le chaos : Choi veut se blanchir dans un livre

Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire, le sud-coréen, Young Jin-Choi, quitte définitivement notre pays, demain, mercredi 31 août 2011. Il avait remplacé à ce poste, l’inénarrable Pierre Schori, de nationalité suédoise. Selon des sources diplomatiques, la nomination de Choi en 2007, quelques mois après la signature de l’accord de Ouagadougou entre la rébellion armée et le pouvoir ivoirien d’alors, avait fait l’objet d’une « faveur » du Président Laurent Gbagbo au secrétaire général de l’Onu, le sud-coréen, Ban Ki-Moon. Qui avait demandé à M. Gbagbo de l’aider à caser son concitoyen Young Jin-Choi qui se trouvait sur le carreau, sans activité. Le Président Laurent Gbagbo qui reprochait aux différents représentants spéciaux du SG de l’Onu (Albert Tévoédjré et Pierre Schori) leur partialité flagrante dans la crise ivoirienne et leur propension à fermer les yeux sur les vrais obstacles au processus de paix (désarmement des rebelles, partition du pays…) s’interrogeait sur l’intérêt de garder l’Onu dans le processus ivoirien. C’est à ce moment-là que le nouveau SG de l’Onu, Ban Ki-Moon, qui venait de remplacer le ghanéen Kofi Annan (il était plus à la botte de Paris que tout autre chose) propose un nouvel homme, son concitoyen Young Jin-Choi, comme représentant spécial. Laurent Gbagbo accepte, dans l’espoir que Young Jin-Choi se montrera différent de Tévoédjré et Schori dans l’approche de la crise ivoirienne. Ban Ki-Moon lui donne l’assurance que Choi travaillera en toute impartialité. C’est ainsi que Choi a atterri en Côte d’Ivoire. Il a effectivement travaillé avec impartialité jusqu’à la mi-2008, soutiennent des sources diplomatiques.

Avant d’être happé par la Françafrique et ses intérêts géostratégiques et économiques dans le golfe de Guinée. La suite, nous la connaissons. Il a certifié une élection présidentielle du 28 novembre 2010 qui s’est déroulé dans la fraude, le vote truqué et les exactions contre des électeurs dans la partie septentrionale du pays. Il a cautionné des résultats provisoires rendus dans des conditions illégales. La Côte d’Ivoire a sombré dans un chaos social, économique, religieux, culturel et politique depuis avril 2011. La fracture entre les populations est si large que la réconciliation nationale s’avère quasi-impossible aujourd’hui. L’insécurité est à son summum et le pays est livré à des milices armées pro-Ouattara et anti-Ouattara. La Côte d’Ivoire fait peur. Les populations vivent dans la hantise du lendemain. L’opposition politique est emprisonnée, la liberté de la presse hypothéquée…Un sombre tableau dénoncé par l’opinion publique nationale et internationale dont Choi voudrait vaille que vaille se soustraire. D’où le livre qu’il s’apprête à sortir en septembre-octobre sur « ses mémoires » relativement à la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Selon la publication La Lettre du continent N°617 du 25 août 2011 qui livre cette information, l’ouvrage de Choi est piloté par Béchir Ben Yamed, patron de l’hebdomadaire parisien « Jeune Afrique », très proche de la Françafrique. Nos investigations nous ont permis de savoir que le livre à sortir de Young Jin-Choi sera à charge contre le Président Laurent Gbagbo, l’ex-chef de l’Etat renversé en avril dernier par l’armée française. Les « nègres » que Choi aurait engagés pour travailler sur son ouvrage seraient les journalistes de « jeune Afrique », François Soudan et Marwane Ben Yamed sous la supervision de Béchir Ben Yamed.

Toujours au dire de nos sources, le livre de Choi constituerait, en réalité, une réponse truffée de contrevérités au film-documentaire intitulé « Gbagbo dans le tourbillon du golfe de Guinée » diffusé par la Rti sous le Président Gbagbo. Le film-documentaire dévoilait les vraies raisons du complot international contre Gbagbo. Young Jin-Choi a été ulcéré par ce documentaire et a accusé, à tort, des agents de l’Onuci d’avoir livré les informations au régime Gbagbo. Choi veut donc se blanchir à travers un livre. Le pourra-t-il ? Nous en doutons puisqu’il n’évoquera pas assurément dans cet ouvrage, certains faits accablants. Comme par exemple, selon des sources diplomatiques, l’interpellation sèche dont il a été l’objet, alors qu’il exposait, il y a quelques années, à l’Onu sur la situation en Côte d’Ivoire, par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’Onu, Susan Rice, qui l’accusait d’être devenu pro-Gbagbo parce qu’il exigeait le désarmement des rebelles avant la tenue d’une élection présidentielle démocratique en Côte d’Ivoire.

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr , Notre voie

« La France doit retirer ses troupes de Côte d’Ivoire. Sa présence n’y est plus nécessaire » dixit François Hollande

François Hollande

François Hollande, candidat aux primaires socialistes, considère que le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas mis fin aux pratiques de la Françafrique.

« La volonté du président de gérer lui-même la relation avec l’Afrique et la persistance d’un certain nombre d’intermédiaires me confirment que les réseaux demeurent », déplore-t-il dans un entretien à l’hebdomadaire « Jeune Afrique ».

Quant aux propos du Premier ministre François Fillon, selon qui la Françafrique n’a « plus aucune réalité », M. Hollande y voit « une volonté d’en terminer avec ce qu’a fait le président depuis bientôt cinq ans ». Et d’ajouter: « Nous verrons bien si les réseaux et les connivences sont abolis ».

Stephane Mahe / Reuters

S’il est élu à l’Elysée, le député de Corrèze promet d’en finir « avec ces rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir ». Il s’engage à ne pas tenir « de discours comme ceux, profondément blessants, sur l’Homme africain de Nicolas Sarkozy ».

Par ailleurs, François Hollande considère que « la France doit retirer ses troupes de Côte d’Ivoire. Sa présence n’y est plus nécessaire ».

Quant à l’intervention en Libye, « c’est la politique du rattrapage », accuse-t-il. Selon lui, « l’empressement » de Nicolas Sarkozy visait à « occulter deux fautes qu’il avait commises: la visite grotesque du colonel (Moammar Kadhafi) à Paris (en 2007) et le silence des autorités françaises à l’égard de la Tunisie quand s’est déclenché le printemps arabe » en décembre 2010.

François Hollande prône une accélération de l’aide à la Tunisie post-Ben Ali. « Le G-8 a été trop frileux », estime-t-il. L’aide internationale de 40 milliards d’euros promise à l’Egypte et à la Tunisie « ne doit pas s’étaler sur cinq ans mais être immédiate ».

Tandis que le régime de Bachar el-Assad continue d’écraser les manifestations populaires en Syrie, François Hollande considère que les sanctions contre Damas « n’ont pas été prises comme elles auraient dû l’être ». « Je n’oublie pas les ambiguïtés et les connivences longtemps du parti de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Assad père et fils », tance-t-il. « Je n’oublie pas davantage le fait que le seul pays représenté à haut niveau pour l’investiture de Bachar el-Assad fut la France ».

Associated Press (AP)