Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: France

1er Décembre 1944 : Massacre de Tirailleurs africains au camp de Thiaroye

Aphrika – Le 1er Décembre 1944, furent massacrés des soldats Africains, libérateurs de la France par… la France. Ces soldats Africains, communément appelés ‘ ‘Tirailleurs Sénégalais’  ont commis un seul crime: celui d’être Africains.

Recrutement de paysans Africains pour le corps des tirailleurs
Tirailleurs sur le départ en France

En effet, comment expliquer autrement l’assassinat dont ils ont été victimes?  Car ces Tirailleurs africains*, à qui on avait toujours répété que la France est la mère patrie, avaient pour la grande majorité, même si ils ont été pour la plupart recrutés de force, combattu avec conviction l’ennemi Nazi, dont ils sont finalement venu à bout.

C’est donc fiers de leur victoire qu’ils ont été démobilisés et sont arrivés au camp de Thiaroye* au Sénégal, le 21 novembre 1944. Sur leur visage, se lisait le bonheur de retrouver enfin leurs familles, après quatre longues années d’absence, malgré le traumatisme de la guerre et la perte de leurs nombreux camarades morts au combat ou fusillés par les Nazis. Ils ne se doutèrent pas qu’ils ne reverront plus jamais les leurs, ou leurs pays, pour ceux originaires d’autres pays du continent. Ils sont au nombre de 1280, originaires de pays d’Afrique Occidentale Française.

Tirailleurs avec une autochtone Française

Mais le 30 Novembre 1944, il y’ eut une révolte au camp de Thiaroye, suite à la réclamation de leurs arriérés de solde et de leur prime de démobilisation, qu’on leur avait déjà refusés en France, avant leur retour en Afrique. Ils prirent le général Damian en otage donc. Le 1er Décembre 1944, le bataillon de Saint-Louis  donne l’assaut de nuit, sans sommation, du camp désarmé. Il y eu une trentaine de survivants qui  furent  condamnés à des peines allant de 1 à 10 ans, avec amende, et perte de leur indemnité de mobilisation. Ils ne furent libérés qu’en 1947, par le président Français de l’époque Vincent Auriol, sans avoir été rétabli dans leurs droits, et n’ont pas eu droit à une pension de retraite.

Les corps de la majorité des tirailleurs furent enterrés dans une fosse commune, une trentaine ayant eu des tombes individuelles, pour cacher le nombre réel de morts.

Tirailleurs faits prisonniers et qui seront exécutés

Le cimetière de Thiaroye 44 fût longtemps laissé à l’abandon. Aujourd’hui, il a été réhabilité, et est ouvert aux pèlerins Africains. Le 23 Mai 2004, 60 ans après ce massacre, fut célébrée et instaurée, pour la première fois au Sénégal, la journée du Tirailleur Africain, en souvenir de la date de libération de la ville de Toulon, en France, par les tirailleurs le 23 Août 1944.

Je me pose toujours la question de savoir pourquoi aucun chef d’état Africain ne leur a jamais rendu hommage, ni inscrit l’histoire de ces libérateurs noirs de la France dans les manuels scolaires.

Thiaroye : village fondé en 1800, situé à environ 17 km de Dakar, fait partie aujourd’hui de la banlieue surpeuplée de Dakar. Tirailleur: Soldat tiraillant en avant de la troupe pour harceler l’ennemie. Tirailleur Sénégalais: soldats Africains originaires d’Afrique Occidentale Française, enrolés de force dans l’armée Française lors des 2 guerres mondiales. Ils furent  212.000  lors de la 1ere guerre et  environ 100.000 lors de la 2eme guerre.

Voir aussi le film du cinéaste Sembène Ousmane : ‘Le camp de Thiaroye’.

Publicités

Les 5 scénarios noirs de la crise selon l’Expansion

Démantèlement de l’euro, collapsus bancaires en série, discrédit du dollar, envol du prix du baril de brut, perte du triple A… « L’Expansion » a passé en revue les hypothèses les plus périlleuses pour l’économie européenne.

Rien, évidemment, ne se passe jamais comme prévu. Qui aurait annoncé il y a un an le printemps arabe ou le tsunami qui a provoqué l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon ?

Les principales sources d’incertitude pour 2012, si tant est qu’on puisse les identifier, se situent en Europe sur les plans politique et économique, au Moyen-Orient, sur des critères géopolitiques, aux Etats-Unis, sur le plan financier, et partout en ce qui concerne les banques. L’Expansion tente d’en cerner les contours et les conséquences potentielles.

1. L’impact d’un éclatement de la zone euro

L’année 2012 verra-t-elle s’enclencher le processus inexorable de démantèlement de l’euro, après des sommets de la dernière chance à répétition ? A regarder les poussées de tension régulières des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud, et de plus en plus souvent de ceux de la France par rapport à ceux de l’Allemagne – des records d’écart ont été battus en novembre 2011 -, il y a effectivement de quoi être inquiet, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que la forte hétérogénéité de la zone euro, en termes de croissance et de performances à l’export des différents pays, la fragilise dangereusement. Il y a d’un côté les pays du Nord, qui concentrent désormais l’essentiel de la base industrielle de la zone euro, qui sont fortement exportateurs et dégagent d’importants excédents commerciaux, et, de l’autre, les pays du Sud, qui vivent des services et de la consommation à crédit, accumulent les déficits extérieurs et ne dégagent pas une épargne suffisante pour rembourser leur endettement public. Ensuite, parce qu’il existe une dangereuse concurrence entre les multiples dettes souveraines. « Les investisseurs choisissent les dettes qu’ils achètent et celles qu’ils n’achètent pas, décrypte Patrick Artus, le directeur des études économiques de Natixis. Autrement dit, ils spéculent en jouant les unes contre les autres. » Ce n’est pas tenable.

« Sauf qu’un éclatement de la zone euro aura un impact violent sur l’ensemble de l’économie de la planète, via le système bancaire européen, provoquant une onde de choc mondiale », avertissent les experts d’Aurel BGC. La logique est simple : la Grèce, l’Italie et les autres pays en difficultés financières ont deux solutions pour recréer à terme une dynamique de croissance et d’équilibre de leurs comptes publics – soit de la rigueur budgétaire et salariale, soit une dévaluation de la monnaie via le retour aux devises nationales.

Le dernier scénario peut certes paraître séduisant, puisqu’il permet d’échanger de la rigueur contre une solution plus supportable pour les populations. C’est oublier qu’avec le retour des devises nationales les bons élèves subiraient une forte appréciation de leurs devises, et les plus mauvais, une violente dépréciation. Les premiers s’exposeraient à un risque de déflation, les seconds, à un risque d’inflation, via les prix des importations.

Ce qui signifie que les Européens sont condamnés à trouver une solution à la crise, et sans tarder.

Manifestation des indignés à Madrid. Les pays du sud de l’Europe sont étranglés par la dette

Si, à long terme, l’issue passe par une avancée majeure vers la construction de l’Europe politique et par l’instauration d’un fédéralisme budgétaire, à court terme, le salut viendra sans doute de la mobilisation de tous les acteurs : les gouvernements, bien sûr, mais aussi la BCE, le Fonds européen de stabilité financière, voire la Banque européenne d’investissement. Mais, à long terme, les peuples suivront-ils ?

2. Le coût de la perte du triple A français

Le triple A français est sérieusement menacé depuis que les agences de notation Moody’s et Standard and Poor’s ont suggéré sa mise sous surveillance « négative ». Un avertissement logique, tant la situation de la France continue de se dégrader. Les taux d’intérêt sur le marché obligataire s’envolent, et les perspectives de croissance s’estompent de jour en jour. Pour l’économiste Elie Cohen, « cela fait bien longtemps que la France ne mérite plus son triple A ». Au point que, sur les marchés, c’est sur la date que l’on spécule : avant ou après la présidentielle de 2012 ? Même si Nicolas Sarkozy a fait de la sauvegarde du triple A la priorité absolue de sa fin de mandat, les deux plans de rigueur adoptés depuis l’été ne peuvent suffire.

L’important est aujourd’hui de savoir combien coûterait à la France un abaissement de sa note. En 2011, la charge de la dette dans le budget de l’Etat était de 45 milliards d’euros ; en 2012, elle sera de 48,8 milliards. Pour Valérie Pécresse, ministre du Budget et des Comptes publics, la hausse du coût de l’emprunt serait de 5 milliards par an. Si l’Etat perdait son AAA, il n’y aurait pratiquement pas d’effets sur les emprunts souscrits antérieurement et toujours en cours, car ils sont à taux fixes pour 90 % d’entre eux. Il n’y a plus d’encours d’emprunts souscrits à taux variables, et seulement 10 % de l’encours des emprunts sont indexés sur l’inflation.

« Seuls les nouveaux emprunts à souscrire pour rembourser ceux venus à échéance et financer le déficit, soit un peu moins de 200 milliards d’euros par an, seraient affectés », calcule Jean-François Bauer, du think tank Ifrap. Selon les calculs de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), l’effet serait de 500 millions d’euros la première année, de 1 milliard l’année suivante et de 3 à 4 milliards dès la quatrième année, à condition que les taux se stabilisent. Le cas échéant, l’enveloppe pourrait dépasser les 6 milliards d’euros pour le seul service de la dette. « Mais il ne faut pas oublier que le principal risque d’une explosion du coût de la dette est la hausse des taux sur l’euro en cas d’explosion de la zone », précise Jean-François Bauer. Là, on parlerait de dizaines de milliards.

3. Les risques de faillites bancaires en série

Mieux capitalisées qu’avant l’effondrement de Lehman Brothers, les banques européennes sont pourtant loin d’être tirées d’affaire. Les investisseurs doutent toujours de leur solvabilité en cas de pertes supplémentaires sur les dettes souveraines ou en cas de nouvelle récession. « Leurs besoins en recapitalisation sont difficiles à évaluer. Mais on pourrait très vite atteindre les 200 milliards d’euros évoqués par Christine Lagarde », prévient Philippe Brossard, président de Macrorama. Ramener les ratios financiers aux normes de Bâle III coûterait 33 milliards d’euros. Mettre les titres de dette des pays en difficulté détenus par les banques à leur valeur actuelle mobiliserait au bas mot 40 milliards.

Mais ce n’est là qu’une partie de l’histoire. En cas de faillite désordonnée de la Grèce, la perte de croissance et la désorganisation financière ajouteraient 90 milliards à la facture. Encore ces montants ne concernent-ils que les banques cotées en Bourse. Les bilans bancaires se détériorent aussi dans les pays émergents, alertent les experts d’Amundi. En Chine, les nouveaux prêts progressent à un rythme annuel de 8 000 milliards de yuans, soit le double de celui des années 2007-2008. Au Brésil, la croissance du crédit a dépassé les 19 % l’an dans la première partie de l’année 2011. La banque centrale du Brésil estime d’ailleurs que 26 % du revenu disponible des ménages sont absorbés par les mensualités de remboursement. En Inde, les stress tests conduits auprès des banques font craindre une remontée de la proportion de prêts non performants à 25 % d’ici à 2012, et, de son côté, Moody’s Investors Services anticipe une hausse des prêts non performants à 18 % pour la Chine. Seule consolation : la Chine, le Brésil, l’Inde et la Russie disposent de réserves de change importantes, capables d’amortir les chocs.

4. Les effets secondaires d’un dollar faible

L’urgence de la crise européenne l’a peut-être déjà fait oublier. Pourtant, nous sommes entrés dans un monde inconnu, rappelle l’éminent économiste belge Paul De Grauwe. Pour éviter l’effondrement du système financier, la Fed et les autres banques centrales sont allées bien au-delà de tout ce que préconisent les manuels d’économie. Elles ont ramené leurs taux d’intérêt à un niveau proche de zéro et ont inondé la planète de milliards de liquidités. En contrepartie, elles ont accepté de gonfler leurs bilans d’emprunts d’Etat et d’actifs plus ou moins toxiques pour soulager les banques ou l’immobilier. Aux Etats-Unis, les achats de titres par la Réserve fédérale représentent déjà plus de 15 % du PIB, contre moins de 5 % dans la zone euro.

Le problème ? Personne n’est en mesure d’évaluer les effets secondaires d’une telle politique. Dans un contexte de remontée de la dette publique (celle-ci devrait franchir pour la première fois le seuil de 100 % du PIB en 2011) et de volatilité extrême sur les marchés financiers, les investisseurs pourraient très bien perdre confiance dans le dollar. C’est la thèse défendue notamment par le libertarien Ron Paul, candidat déclaré à la présidentielle américaine de 2012 : « Depuis des lustres, le gouvernement s’endette, et la Fed approuve. Le dollar a perdu 98 % de sa valeur par rapport à l’or depuis qu’elle a commencé son travail, en 1913, souligne-t-il. Si l’on ne change rien, le dollar ne vaudra bientôt plus rien. » Sur le site DollarCollapse.com, son avertissement est pris très au sérieux. Certains internautes recommandent même de quitter les Etats-Unis pour changer de devise !

5. Les dégâts causés par un séisme pétrolier

Un clash avec l’Iran d’Ahmadinejad peut faire exploser le prix de l’or noir.

Si les cours du pétrole restent élevés, c’est en grande partie en raison des risques géopolitiques. A l’heure actuelle, le marché spécule davantage sur des perturbations des approvisionnements au Moyen-Orient que sur les risques de récession, confirme un analyste. En Syrie, l’attaque par des militaires dissidents d’un centre des services secrets, près de Damas – la première opération de ce type en huit mois -, laisse craindre un nouveau durcissement. Par ailleurs, les tensions demeurent fortes entre les pays occidentaux et l’Iran, soupçonné de chercher à se doter de la bombe nucléaire. Ces tensions, qui touchent les pays producteurs de pétrole, sont lourdes de conséquences.

Les experts de Merrill Lynch anticipent toujours un baril de Brent au-delà de 100 dollars en 2012. Or le choc pétrolier coûte déjà très cher à l’économie mondiale. Cette année, la hausse des cours a sans doute enlevé 2 points à la croissance mondiale, estime Robert Wescott, ancien conseiller économique de Bill Clinton. Aux Etats-Unis, depuis que l’inflation s’est emballée, il y a neuf mois, en raison de la flambée du prix du carburant, le revenu disponible des ménages stagne. En 2010, il progressait à un rythme proche de 3 %, ce qui permettait aux consommateurs de se désendetter sans trop réduire leurs achats.

Danièle Licata et Sébastien Julian pour l’expansion

Jean-Paul Pougala à propos du Président Diouf : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident »

En Réponse à Aly D. Diop non content de mon commentaire sur l’ancien Président Diouf du Sénégal. En parlant du Président Diouf, J’avais dit sur mon mur facebook ceci : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident« 

Jean-Paul Pougala

Mon cher Diop, bonjour et bon dimanche. Pour moi, la fonction de Chef d’Etat est sacrée.

C’est pour cela que je prétends qu’on respecte nos chefs d’Etat (quoi qu’ils aient fait) exactement comme on le fait ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine etc… Mais en revanche, ce sont nos chefs d’Etats qui doivent arrêter de nous humilier en acceptant de présider des associations et institutions bidon.

De la même manière que je dis que la place d’un chef d’Etat Africain n’est pas à la Haye et me bats même contre les Africains qui acceptent d’y siéger comme procureurs ou juges, de la même manière je dis que la place d’un chef d’Etat africain n’est pas à défendre les intérêts de la France à travers une institution à saveur coloniale qu’est la Francophonie dont j’ai demandé l’abolition en 2010, à travers ma lettre ouverte au chef d’Etat Français et au peuple français (voir la copie sur mon blog : www.pougala.org).

A propos de la langue, c’est depuis 1975 que le Swahili a été reconnu à l’ONU est inscrit à l’UNICEF comme la langue officielle Africaine et c’est à ce titre qu’un autre ex-Président : Konaré alors président de la Commission de l’UA (présidant l’institution juste à mes yeux) s’est battu afin que ce Swahili soit très vite adopté comme la langue commune Africaine. Je me serais attendu que le Président Diouf lui donne un coup de main pour la continuité de sa bataille et non aller défendre une langue qui empêche l’émergence de la culture africaine.

S’il contestait le Swahili, il aurait pu défendre le Wolof, pas le français.

Par ailleurs, l’Afrique est un si grand chantier pour réécrire notre histoire, même en formant nos jeunes, en leur faisant partager son expérience, que je me demande si le Président Diouf n’a pas trouvé l’utilité de donner lui aussi ce précieux coup de main à nos jeunes.

C’est ce que beaucoup font déjà, car pour le faire, on n’a pas besoin d’être en poste ou d’être Ministre ou Président.

Il a déjà un salaire d’ancien Chef d’Etat qui le protège du besoin, et lui laisse suffisamment d’espace pour qu’il fasse plein de choses au Sénégal, en Afrique. Au lieu de cela, il a préféré comme son prédécesseur de s’exiler en France.

Au fond, à quoi sert cette francophonie ? Si les étudiants africains, les chanteurs africains ne peuvent pas voyager librement vers la France, la Suisse, le canada ou la Belgique alors que les pays de l’Amérique du Sud qui ne sont pas dans la francophonie peuvent le faire ?

Les Africains doivent copier l’exemple des pays Scandinaves où tous les jeunes doivent bien parler au moins 3 langues internationales et non s’engouffrer dans une seule langue qui limite leur vision du monde.

Le Président Diouf en présidant la Francophonie, n’a-t-il pas compris que S’exprimer uniquement dans la langue de l’autre est symbole de soumission ? Tous les dirigeants Nord-africains parlent français, mais aux Nations-Unies, ils ne prononcent jamais un discours en français, mais plutôt en Arabe. C’est aussi le cas des dirigeants Chinois qui même si c’est eux qui impriment tous les dictionnaires anglais, dès lors qu’ils sont aux Nations-Unies, font semblant de ne connaitre aucun mot d’anglais et se font traduire de leur chinois. Le Président Diouf peut-il nous aider à faire que très bientôt, aux Nations-Unies, un Président Africain se fasse traduire du Wollof, du Lingala ou du Malgache, en attendant que le Swahili remplace toutes ces langues ?

PS : S’opposer au PAS est juste la fumée aux yeux, à mon avis ; car ne pas mettre en cause le Franc CFA est la preuve d’un certain alignement récompensé justement par cette présidence de la Francophonie.

« L’Europe, en proie à la crise de la dette, n’est plus un modèle à suivre pour le reste du monde et refuse de l’admettre » l’a déclaré le 9/12/2011 le président tchèque Vaclav Klaus. Les Présidents Africains et les anciens ont-ils compris que la page de la gloire européenne est en train d’être tournée ? voudront-ils faire partie du nouveau monde qui se redessine ou de l’ancien déjà obsolète ?

Jean-Paul Pougala

www.pougala.org

pougala@gmail.com

Lire aussi du même auteur

Les mensonges de la guerre de l’Occident contre la Libye

Lettre ouverte de Jean-Paul Pougala à Obama

L’Octroi du Prix Nobel de la Paix 2011 à Ellen Johnson Sirleaf serait-il pour changer le résultat des élections présidentielles ?

“En Afrique, les Jeunes doivent prendre le pouvoir” par, Jean-Paul Pougala

Opération Exodus – L’Afrique fait rêver les Européens et, la diaspora ?

Jean-Paul Pougala : “L’assassinat de Kadhafi repousse la date de la sortie de la monnaie unique africaine”

Et si l’Afrique avait besoin d’une autre diaspora

L’Inutilité des guerres de l’Occident avec la Chine qui, soutire le magot

La chine, meilleure alliée stratégique de l’afrique

Comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo par la CPI

Comment la spoliation de l’Afrique a causé le déclin de l’occident

Samedi à la Haye, Manifestation de soutien à Gbagbo

Ils étaient environ deux mille cinq cents (2500) ces Africains, ces Européens venus par autobus (15 de Paris à raison de 70 places chacun), du Royaume-Uni ( 2 de 60 places chacun), par train, par avion, par covoiturage de France, d’Espagne, d’Italie, de la Belgique, d’Allemagne, de la Suède, d’Amsterdam, de Rotterdam etc. à l’appel des représentations du Front populaire ivoirien (FPI) en Europe et des associations de résistance pour participer ce samedi 10 décembre, à un meeting géant aux abords du siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, en Hollande. Les organisateurs de cette manifestation voulaient, par ce rassemblement, dénoncer l’arrestation irrégulière par les nouvelles autorités ivoiriennes et la remise dans la précipitation de Laurent Gbagbo à la CPI le 29 novembre 2011.

Les premiers groupes de manifestants partis la veille de Paris sont arrivés au petit matin de samedi, au lieu du rendez-vous, habillés pour certains aux couleurs nationales et pour d’autres de blousons noirs frappés au dos par des inscriptions : «NO GBAGBO NO PEACE». Ils fredonnaient en refrain: «Libérez Gbagbo! Gbagbo président ! Soro et Ouattara à la CPI !».

Esquissant quelques pas de dance aux percussions d’un tambour d’un autre manifestant, cette dame venue de Hambourg, dans le nord d’Allemagne, m’explique le sens du message que véhiculent les inscriptions «NO GBAGBO ! NO PEACE » sur son habit. Selon elle, «ces inscriptions sont à l’adresse de tous ceux qui se disent préoccupés par la recherche d’une paix durable en Côte d’Ivoire, au premier rang la Commission de réconciliation nationale et la communauté internationale qui devraient retenir que la solution passe par la libération immédiate du président Gbagbo». Avec qui «Soro et Ouattara voudraient-ils se réconcilier si Gbagbo, le vrai président, devait rester en prison ?», s’interroge-t-elle. Survient un autre manifestant, celui-là venu d’Italie, qui renchérit : «Gbagbo n’a jamais choisi la prison pour régler ses différends avec ses opposants ; il a toujours et toujours privilégié la discussion, non et non il ne mérite pas d’être trainé dans la boue, d’être humilié».

Il s’arrête un moment, comme s’il allait éclater en sanglots, puis se ressaisit et ajoute : «Si Gbagbo était un criminel, comme on veut nous le faire croire, en l’emmenant ici, à la CPI, il aurait déjà tué mille fois Soro, Ouattara et qui sais-je encore. Au lieu de les tuer, tout le monde le sait, Gbagbo, le président Gbagbo a envoyé Désiré Tagro pour inviter Soro et son parrain Blaise Compaoré du Burkina Faso à la table discussion. Il a dit à Soro, alors qu’il pouvait le donner à la CPI pour tous ses crimes, jeune frère, asseyons-nous et discutons. Et, contre l’avis de ses proches collaborateurs et amis, je cite par exemple Mamadou Koulibaly, le président Gbagbo a choisi de nommer Soro au poste de Premier ministre et de partager le pouvoir avec lui. Au lieu de dire merci président, il réclame justice contre lui. C’est ça la politique ? Je ne crois pas, c’est l’ingratitude. Mais que veut donc cette justice de Luis Ocampo, qui s’acharne après les victimes et protège les coupables ?»

Enfin ! «Comme l’a dit le président l’autre jour, devant la Cour, nous allons aller jusqu’au bout de cette histoire, et la vérité éclatera et on va savoir qui a fait quoi ; qui a tué, qui a violé, qui a divisé le pays, qui a pillé les ressources de notre pays ? Nous allons laver notre linge sale en public, c’est ça la volonté de Soro et Ouattara», conclut notre interlocuteur sur un ton plein d’émotion.

Vers 13 heures, la place était noire de monde ; le responsable du comité d’organisation prend alors la parole pour situer l’événement. Il entonne l’hymne national et la foule en chœur chante l’Abidjanaise. Puis Serge Kassy, l’infatigable patriote, est appelé au micro pour adoucir l’ambiance.

Il fait grâce à l’auditoire de son prochain single : «C’est vous» qui pointe un doigt accusateur sur qui sont les assassins, les criminels donc justiciables de la CPI. Suivons l’artiste :

«Ils sont partis dans le village de Blé Goudé

Ils ont tiré sur tout âme qui vit.

Ils sont allés dans le village de Didier Drogba,

Ils sont partis dans le village de Didier Drogba,

Ils ont tué tout âme qui y vivait.

Leur seul point commun,

C’est qu’ils viennent de l’ouest du pays,

Et qu’ils appartiennent à l’ethnie de Laurent Gbagbo.

Pour de simples élections,

Ils ont tué dans mon pays.

Egorgé, chassé tous ceux qui suivaient Gbagbo.

Je dis, c’est vous qui avez tué,

C’est vous les assassins.

La foule chauffée à blanc, -le thermomètre indiquait quatre degrés Celcius, le meeting peut débuter. C’est Guy Labertit qui prend la parole. Il remercie les participants et souligne que «c’est la première fois dans l’histoire qu’est organisé un rassemblement populaire pour soutenir un prévenu à la CPI» et d’ajouter que «si vous êtes là, c’est parce qu’il n’est pas normal que Laurent Gbagbo soit à la CPI». Il va ensuite s’appesantir sur la mission véritable de la CPI. La CPI, soutient-il, «ne dit pas le droit ; elle est là pour exécuter les volontés des grandes puissances occidentales». S’agissant de Laurent Gbagbo, dira l’orateur, «depuis qu’il a été élu en 2000 par le peuple de Côte d’Ivoire, et plus précisément depuis 2002, les puissances occidentales et la France en particulier n’ont eu d’autre dessein que de l’écarter de la présidence de la République de Côte d’Ivoire». Pour charger l’ancienne puissance tutélaire, l’orateur citera les coups d’Etat foireux de janvier 2001, de septembre 2002, les bombardements de Bouaké dans lesquels elle serait impliquée. Ces basses manœuvres ayant échoué, connaissant l’attachement de Laurent Gbagbo au suffrage universel, c’est au piège d’une élection truquée qu’ils réussiront, avec la complicité de l’ONU, à le prendre comme l’expliquera Guy Labertit.

Il soulignera que «pour relever le défi de l’élection, Laurent Gbagbo a «remis en jeu celui qui vient, aujourd’hui de façon odieuse, de le déporter de son pays, Alassane Ouattara. Si Alassane Ouattara a pu être candidat à l’élection présidentielle, il le doit à Laurent Gbagbo». Sur le truquage des élections de 2010, l’orateur qui dit avoir été témoin oculaire de leur déroulement donne quelque chiffres éloquents : «Sur 14 régions du pays qui représentaient 83% de l’électorat, Laurent Gbagbo avait plus de 7 points d’avance ; il avait 53,86% et Alassane Ouattara 46, 14%. Et sur les 5 régions du Nord qui représentent seulement 17% de l’électorat, le président Gbagbo qui avaient 7 points d’avance, s’est retrouvé avec 8 points de retard. Qui peut croire à la vérité de ce résultat ? M. Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire à la base de résultats frauduleux qui ont été appuyés par la communauté internationale». Enfin, expliquera l’orateur, les élections de 2010 étaient une imposture qui justifie la précipitation avec laquelle Alassane Ouattara «a voulu se débarrasser de Laurent Gbagbo du territoire national parce que sa présence en Côte d’Ivoire est une gêne pour lui. ça lui rappelle en quelque sorte que ce pouvoir n’est pas pour lui».

La présence de Laurent Gbagbo à la CPI concerne toute l’Afrique c’est pourquoi Guy Labertit s’est réjoui de la présence dans la foule de plusieurs amis africains. Au rang de ces militants, on peut citer pêle-mêle Gatien Zoumako du Togo, Sessou Roger Kouassi du Bénin, résidant en Italie, représentant le conseil mondial du panafricanisme et Olivier Dossou, président du Cercle de réflexions sur les questions africaines et internationales (MORAF), résidant en Belgique. Sur le sens de leur présence, Olivier Dossou : «On parle de la Côte d’Ivoire, on parle du Bénin, on parle de nous Africains. Ils doivent donc se mobiliser et soutenir la cause ivoirienne qui est une cause commune, en tant qu’elle concerne la dignité de l’Africain qui doit se dresser contre la colonisation sous toutes ses formes, contre le racisme et contre la soumission».

Il était 16 heures (15 h TU) quand le meeting s’est terminé. Rendez-vous a été pris pour le 24 décembre 2011, cette fois devant la prison de Scheveningen, faubourg de La Haye, qui abrite le quartier pénitentiaire de La Haye où est détenu le président Gbagbo pour passer la fête de Noël avec lui.

James Cénach envoyé spécial de Notre voie à La Haye

Monsieur Sarkozy, nous acceptons votre provocation en duel !

Comme vous, contre vous et pour l’Afrique, je m’en vais en mission de civilisation, dans cet Article 163ème de la Révolution Permanente. Une mission comme celles qui mettent en spectacles vos valeurs sacrées autour desquelles vous avez fini par bâtir votre réputation actuelle. Une des bien sinistres d’ailleurs.

Alors, permettez-moi de parler de vos valeurs pour que l’histoire retienne cela de vous, cher Monsieur Sarkozy.

Parce que les valeurs qui sont vôtres et que je note au passage, en scrutant vos exploits les plus glorieux du moment, me font froid dans le dos.

Car en Libye, je viens de vous contempler en spectacle. En mission pour imposer la démocratie sarkozienne et lutter contre la longévité au pouvoir et la longévité tout court de Monsieur Kadhafi et ses fils qui vous reprochaient votre ingratitude et vous demandaient de rembourser l’argent qu’ils vous auraient donné, vous avez fait bombarder des écoles primaires, des hôpitaux et réduit en champ de ruine plus de la moitié de la Libye ; ce qui donne en termes de nouveau palmarès personnel, pas moins de 100 000 civils tués que vous enregistrez à votre compteur pour la seule Libye.

Ici, les valeurs sarkoziennes, c’est lutter contre la longévité au pouvoir, lutter contre l’espérance de vie de ceux qui ne font pas votre affaire, tuer les enfants, petits enfants et membres de la tribu de quiconque est considéré par vous comme un ennemi ayant trop duré sur la terre et à la tête de son pays.

Je vous voie également en route vers la Syrie, l’Iran, la République Démocratique du Congo et bien d’autres destinations dans votre agenda secret, pour diffuser dans une puanteur de nouveaux cadavres de civils, vos valeurs.

Mais avant ces nouveaux théâtres de vos missions d’implantation de la démocratie sarkozienne, je vous ai vu en activité et en mission civilisatrice en Côte d’Ivoire. Ne faisant pas les choses dans la dentelle, vous y êtes allé sans état d’âme. Un génocide primaire du peuple Wê dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire avec au moins 2000 civils tués, plus de 3000 civils tués pour la seule ville d’Abidjan et, quelques exploits privés des mercenaires et bandits que vous avez armés en rajoutent à votre macabre palmarès.

Ici également, vos valeurs, c’était la mise en place d’un « véritable processus démocratique » qui n’a de chance d’aboutir qu’avec Laurent GBAGBO en déportation, un appauvrissement de tous les cadres jugés pro-GBAGBO Laurent, un emprisonnement systématique de tous les cadres du parti du même Laurent GBAGBO, un exil forcé pour tous ceux d’entre les Ivoiriens qui ont pu échapper à votre mission de domestication démocratique dans une Côte d’Ivoire en pleine déconfiture aujourd’hui.

Je ne vous en veux pas, je vous prie d’assumer !

Personnellement, je n’ai rien contre vous. Je ne vous en veux pas. Chaque être humain a ses valeurs. J’ai les miennes, vous avez les vôtres. Donc, je n’ai point à me plaindre de vous pour le simple fait que vos valeurs sont différentes des miennes. Sauf que voilà : votre liberté d’imposer la démocratie sarkozienne à traversé les frontières de la France pour venir causer le deuil chez les miens ; alors, je me permets de traverser par ma plume, le territoire français afin de vous imposer mon opinion sur vos valeurs. Et pour être honnête, j’ai réellement pitié de vous.

Je vous ai vu heureux à vous fendre la bouche d’un sourire large jusqu’aux oreilles, lorsque vous avez eu, à votre âge, je veux dire, à quelques pas de la retraite, un bébé, qui devra grandir, aller à l’école et bénéficier de la sécurité sociale, au moment où vous-même serez à la charge du contribuable français. Du point de vue de mes valeurs africaines, ce comportement est celui d’un homme qui manque de dignité. Vivre au crochet des autres avec un bébé à la main, c’est être indigne.

Toujours en regard de mes valeurs africaines, humilier moins violent que soi ou si vous voulez, maltraiter et donner la mort à moins fort que soi, c’est adopter une attitude de lâche et faire la preuve d’un simple instinct criminel. C’est pourquoi vos exploits criminels en Libye et en Côte d’Ivoire ont été vécus par ma modeste personne, comme l’expression d’un complexe de personnalité, qui consisterait pour vous à jouer le brave, le mâle qui crache le feu, le raciste qui tue sans état d’âme l’inutile africain, même quand cela est totalement inutile, juste pour prouver à qui vous savez que vous en avez plein le « coffre » pour faire perpétuer une tradition raciste vieille de plusieurs siècles.

C’est ainsi que je vous voie et je vous prie d’assumer celui que vous êtes à mes yeux.

Mais que devriez-vous assumer de plus que fondamental ?

La mort des civils dont j’ai parlé ? Votre conception toute particulière de la démocratie ? Ou votre mépris racial qui est le langage le plus universel de vos crimes de sang en Afrique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de cela.

En Côte d’Ivoire, il y a une expression qui dit : « si tu ne m’arranges pas, ne me dérange pas ».

Non seulement votre mentalité et votre regard de l’Africain dûment exprimé à Dakar ne nous arrangent pas, mais vous vous êtes permis d’aller au-delà, pour déranger mon peuple et son destin.

Alors, il va falloir assumer. Assumer notre droit à une légitime défense. Assumer notre droit à une colère proportionnelle et proportionnée à l’humiliation et au deuil que vous avez infligés et continuez à infliger à l’Afrique. Assumer votre destin uni au nôtre pour relever tous les défis du duel à mort dans lequel vous venez de provoquer par votre haine raciale et votre mépris de nos peuples, toute l’Afrique digne.

Alors, vaincre ou périr, tel est notre unique challenge dans ce duel que vous nous imposez à une époque de notre histoire où nous ne vous avons fait aucun mal.

Et pour être honnête avec vous, cher Monsieur, vous, vos supporters et vos alliés allez souffrir jusqu’à ce que la France soit réduite à sa plus simple expression en Afrique.

Car de ce duel, un seul vainqueur devra sortira. Et j’ai la conviction inébranlable que vous et votre suite serez vaincus pour toujours. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute pour l’Afrique digne. Vous serez vaincus. Tous autant que vous êtes !

A Très bientôt !

Hassane Magued

Du printemps arabe au printemps russe ou comment on manipule la jeunesse

A la faveur des élections législatives du 04 décembre dernier en Russie, des mouvements de contestation ont vu le jour et en l’espace de quelques heures se sont radicalisés ; ce qui a fait les choux gras des médias à sensation. Les événements des 5 et 6 décembre sur Tchistye Prudy et sur la place Triumfalnaïa ont été relayés avec plaisir. Les médias s’empressaient de nous annoncer qu’il y a eu fraudes électorales organisées par « Russie Unie », le parti représenté par le tandem Poutine-Medevdev et que tout ce beau monde était descendu dans les rues pour affirmer leur mécontentement. Un groupe baptisé «Manifestation pour des élections honnêtes» appelait mercredi sur plusieurs réseaux sociaux à un nouveau rassemblement samedi après-midi en plein centre de Moscou. Un autre groupe, dénommé «Contre le parti des escrocs et des voleurs pour désigner le parti au pouvoir Russie unie, appelait de son côté à se rassembler tous les jours à 19H00 (15H00 GMT). «Puisque le pouvoir a volé les élections au peuple, nous ne pouvons défendre nos droits que dans la rue!», proclame le groupe sur Internet.

Et quand on entend quelques figures de l’opposition russe ; telle que Ekaterina Alexeïeva, représentante de l’Union démocratique de St Pétersbourg dire : « Les gens qui manifestent aujourd’hui à St Pétersbourg sont de nouveaux militants, des jeunes que l’on n’avait jamais vus avant. …Le reste se fera dans la rue. » et,  Iaroslav Nikitenko, activiste écologiste de compléter : « Dès le 4 décembre il y a eu des manifestations anarchistes. Pour eux, le seul choix est un vote « contre tous ». Ce n’est qu’en sortant dans la rue que nous pourrons changer le système : il ne faut plus émettre de demandes pour telle ou telle protestation. Désormais, il faut simplement envahir les rues », on se demande qui veut déstabiliser la Russie et qui a bien intérêt à la voir se désagréger ? précisément en ce moment.

Les manifestants ont redoublé d’ardeur après les propos d’Hilarry Clinton qui, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, tenue le 6 décembre à Vilnius, a affirmé que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». Le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, l’ambassadeur de Russie à Doha et les employés de l’ambassade russe au Qatar ont été brutalisés par des douaniers et des policiers qataris qui, ont également tenté de s’emparer de la valise diplomatique de l’ambassadeur à sa descente d’avion.

Au delà des visées électoralistes, la suite accélérée d’incidents reflète bien un plan conçu et exécuté par étapes.

Les raisons sous-jacentes qui poussent les États-Unis et ses alliés occidentaux à mener une guerre totale ont été récemment détaillées par Greg Hunter, célèbre journaliste d’investigation américain dans un document, Pourquoi « Le monde est-il devenu hors de contrôle ?« . Il révèle que la totalité de l’édifice des systèmes économiques occidentaux s’effrite sous le poids de plus de $ 100 mille milliards de dollars de dette et qu’ils ne sont pas en mesure de les rembourser : « Jamais dans l’histoire le monde n’a été aussi proche d’un chaos financier total et la guerre nucléaire dans le même temps. « 

Pour Lyndon Larouche – qui, après l’assassinat extra-judiciaire de Mouammar Kadhafi avait mis en garde contre une escalade vers un conflit mondial opposant l’axe transatlantique aux puissances du monde Asie-Pacifique –  le monde n’a jamais été aussi proche d’une nouvelle guerre. Aussi, la volonté de Barack Obama d’occuper une place militaire centrale en Asie Pacifique amène la Chine à prendre des mesures de protection. Le président Hu Jintao a appelé la marine chinoise à « accélérer résolument sa modernisation » et à « mener des préparatifs intensifs pour le combat militaire », afin de « sauvegarder la sécurité nationale et la paix mondiale ». La Chine il faut le dire, dispose de l’armée la plus importante au monde. Cet appel à la guerre du Président Hu est rejoint par le contre-amiral Zhang Zhaozhong qui, de même, a averti la semaine dernière que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même avec une troisième guerre mondiale ».

Face aux menaces d’invasion de la Syrie par les exportateurs de démocratie, la Syrie mobilise elle aussi ses capacités militaires ; les Etats-Unis étant à la manœuvre pour créer une zone d’exclusion aérienne en Syrie, comme ils l’ont fait en Libye, et une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Selon le quotidien syrien Al Thawra, La Syrie a organisé le 5 décembre des exercices militaires à armes réelles destinés à tester la force de frappe de ses missiles à longue portée, de ses véhicules blindés et de ses divisions d’hélicoptères, en cas d‘agression militaire étrangère. Elle a déployé des missiles « Scud », tout au long de sa frontière avec la Turquie et l’Irak, et les a dirigés vers la Turquie, principal allié circonstanciel de l’OTAN dans la région . Bachar el-Assad a par ailleurs promis de tirer des « centaines de missiles » sur le territoire israélien si l’Otan attaque son pays.

L’Iran n’est pas du reste. Elle aussi, face aux menaces de frappes aériennes contre ses installations nucléaires a décrété la mobilisation générale. Le général Massoud Jazayeri, chef d’état-major adjoint des forces iraniennes, averti de « détruire Israël » et d’ajouter « Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir ». Mohammad Ali Jaafari, commandant des Gardiens de la Révolution a procédé à la mobilisation des forces. La décision aurait même été prise de disperser les missiles Shahab de longue portée, les explosifs sophistiqués, l’artillerie et les unités des Gardiens vers des lieux secrets, pour éviter les actes de sabotage.

Le monde avance t-il petit à petit vers un conflit majeur ? La suite nous le dira.

En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

Lettre de Rfi à ses auditeurs

Chers auditeurs, Depuis lundi 28 novembre, Rfi, notre radio, votre radio est en grève. « Encore ! », nous direz-vous. Nous, salariés, journalistes, techniciens, producteurs, réalisateurs comprenons votre désarroi et votre agacement devant cette antenne muette : pourquoi vous prive-t-on, à nouveau, sans prévenir, de votre média, de ce lien radiophonique qui vous informe de l’état du monde ?

Vous qui nous témoignez si souvent votre fidélité, votre confiance, nous vous devons des explications sur ce mouvement social qui paralyse nos antennes. La situation est grave pour notre radio : c’est l’avenir même de Rfi qui est en jeu aujourd’hui. Désormais, Radio France Internationale appartient à une holding, l’Aef, l’Audiovisuel Extérieur de la France. Le gouvernement a voulu regrouper Rfi, France 24 et TV5 en une seule et même structure juridique. Mais la fusion avec France 24 se fera au détriment de Rfi. La mise en place et le fonctionnement d’une télévision hertzienne mondiale coûte cher. Le risque, c’est « de déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Les moyens de RFI ont déjà été réduits. L’an passé, un premier plan social a fait disparaitre 206 postes de travail, soit 20% des employés, c’est-à-dire un emploi sur 5. Un nouveau plan est programmé pour les mois à venir qui viendra encore amputer les moyens de production. A plusieurs reprises notre direction a qualifié la radio de média « archaïque », oubliant au passage les 40 millions d’auditeurs de Rfi à travers le monde et surtout en Afrique. De Bamako à Kinshasa en passant par New York ou Pékin, Rfi vous informe chaque jour et vous donne la parole. Nous qui faisons la radio au quotidien connaissons le lien unique entre Rfi et ses auditeurs. La radio reste par excellence le média de la proximité. Elle sait atteindre le chef d’Etat comme le simple paysan. La prochaine étape pour Rfi, c’est la fusion de notre rédaction avec celle de France 24. Notre direction nous parle de « trans-média », de journalistes qui travailleront à la fois pour la radio, la télévision et internet, qui assureront des directs en plateau, tout en préparant les sujets pour l’antenne. En devenant des « journalistes–à-tout-faire » et surtout à tout faire vite, comment conserver notre rigueur, notre spécialisation ?

Ici à Rfi, nous connaissons votre juste exigence d’une information précise et honnête. Nous voulons rester des « producteurs d’information et non de simples répétiteurs de dépêches d’agence ». Nous revendiquons de pouvoir continuer à vérifier nos informations. Il en va de notre crédibilité. Lundi 5 décembre, lors d’un référendum organisé par l’ensemble des syndicats de la radio, prés de 95% de salariés ont voté contre cette fusion avec France 24 (558 employés sur 781).

Nous demandons aux autorités françaises de stopper ce projet de fusion et de repenser un projet ambitieux pour une information de qualité sur RFI, par respect pour nous, comme pour vous.

Le personnel en grève

Commentaire : ce qu’ils ont omis de dire c’est que ce soit Rfi ou Rfi fusionné, leurs auditeurs auront droit à la même salade. Nous l’avions vu avec la crise ivoirienne et la guerre en Libye où Rfi s’est alignée toute droite sur l’Elysée en prenant faits et causes pour les rebelles de ces différents pays. La couverture médiatique du dossier libyen a été des plus nulles ;  au moins sur le dossier ivoirien, ils avaient eu un peu de couilles en invitant Calixthe Beyala pour apporter la contradiction. « L’information précise et honnête », il y a longtemps qu’elle n’est plus la règle dans ce média qui, s’est investi à conditionner et à formater les esprits de ses auditeurs.

Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique

Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique

Lundi 12 décembre, 20h Fiap, 30 rue Cabanis 75013 Paris, salle Bruxelles, M° glacière / Denfert Rochereau, Entrée 2 euros.

Débat sur les biens mal acquis à l’occasion de la sortie en librairie du livre de Xavier Harel et Thomas Hofnung : « Le scandale des biens mal acquis, Enquête sur les milliards volés de la Françafrique » , http://www.editionsladecouverte.fr/...

Avec :

Xavier Harel,

Antoine Dulin et Jean Merckaert : auteurs du rapport du CCFD sur les biens mal acquis, http://ccfd-terresolidaire.org/BMA/

Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la diaspora, http://www.fcd-diaspora.org/

Maud Perdriel-Vaissière de l’association Sherpa (http://www.asso-sherpa.org/)

Organisé avec le soutien du CCFD et de Survie Paris Ile-de-France