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Pourquoi la France en veut à Gbagbo !

La Côte d’Ivoire, devenue l’une des colonies de la France depuis la conférence de Berlin de 1885, continue après les indépendances factices, d’être la vache à lait de cette vorace puissance colonisatrice. Malgré ces indépendances, et pour satisfaire leurs besoins sans cesse croissants en matières premières, les dirigeants français vont installer à la tête de leurs ex-colonies leurs hommes de main, des personnes disposées à leur brader les richesses africaines.

Ce fut le cas en Côte D’Ivoire avec Houphouët Boigny, pion essentiel de la françafrique, pour enraciner l’hégémonie de la France en Afrique. C’était le prix à payer pour que celui-ci puisse demeurer longtemps au pouvoir. C’est pourquoi, la France avec l’aide de ses « préfets » africains s’employait à tuer ou chasser du pouvoir tous les responsables politiques africains qui s’opposaient à ses intérêts.

Ainsi furent tués ou chassés du pouvoir Modibo Keita du Mali, Sylvanus Olympio du Togo, François Tombalbaye du Tchad, Hamani Diori du Niger, Thomas Sankara du Burkina Faso, Pascal Lissouba du Congo et bien d’autres. De même, tout africain n’ayant pas l’onction de l’Elysée et qui s’opposait au Président parrainé, subissait la même furia. C’est le sort réservé aujourd’hui à Gbagbo.

I-      GBAGBO, l’opposant d’HOUPHOUET

Historien et enseignant, très tôt, Gbagbo va s’employer à ouvrir l’esprit des élèves, des étudiants et autres cadres de la nation ivoirienne aux réalités politiques de la Côte D’Ivoire ; ceci contre les usages du parti unique pourtant parti démocratique de Côte D’Ivoire (PDCI) habitué à défendre les intérêts de la France. C’est pourquoi, il fut plusieurs fois abusivement arrêté et jeté en prison. Mais cela n’altérera en rien sa vision d’une Côte d’Ivoire libre et démocratique.
Pour confirmer ses ambitions politiques, Gbagbo, avec certains de ses camarades issus de toutes les régions de Côte d’Ivoire, crée clandestinement un parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), d’obédience socialiste. Il dote ce parti d’un programme de gouvernement solide avec l’ambition d’impulser à son pays un développement fondé sur une meilleure exploitation de ses matières premières agricoles et minières ainsi que des ressources humaines ivoiriennes au bénéfice de la Côte d’Ivoire.

Cette prise de position ne peut évidemment plaire à la France des réseaux impérialistes et mafieux. Gbagbo qui a, en son temps, accepté son statut d’opposant et qui n’a pas tendu la main au puissant Houphouët et à la France, refusant ainsi toute tentative de corruption, va réclamer le multipartisme dès 1990 et contraindre pacifiquement le pouvoir PDCI à accepter, contre son gré, la pratique des règles démocratiques.

Il n’est donc pas un héritier de l’houphouétisme et des réseaux françafricains. Gbagbo est l’enfant des élections, parvenu au pouvoir par des élections transparentes, démocratiques, organisées par son adversaire Feu le Général Guéï Robert.

II-   GBAGBO AU POUVOIR

Après son accession au pouvoir, il s’est employé à réconcilier les ivoiriens, pendant que ses opposants, en particulier le RDR, parti du Chef de l’Etat imposé aux ivoiriens avec l’aide de la France et du Burkina-Faso, manigançaient itérativement des mauvais coups pour lui arracher le pouvoir par la violence armée.

Son humanisme a permis, de faire revenir d’exil l’ex- Président Bédié, de mettre fin au mandat d’arrêt international lancé contre Ouattara pour faux et usage de faux par son allié d’aujourd’hui ; de soulager officiellement et financièrement les anciens Présidents, premiers ministres, ministres et cela sans discontinuer.

Son courage politique lui a permis d’honorer l’invitation de l’ex- Président français Chirac, qu’il connaissait bien comme étant le parrain de ses opposants violents. Ce courage l’a amené à revenir au pays, après l’échec du coup d’état du 19 septembre 2002, alors que le Président français d’alors lui proposait hypocritement le gîte et le couvert à Paris. Ce courage l’a encore poussé, à se dresser contre la guerre de la France, des USA et autres soit disant membres de la communauté internationale, à refuser le deal à lui proposé par Sarkozy et Obama pour céder le pouvoir à celui qui n’a pas gagné les élections. Ainsi Obama, l’africain n’a pu saisir l’opportunité de rentrer dans l’histoire en apportant sa contribution à la libération totale de l’Afrique du néocolonialisme comme l’avait fait en son temps le Pape polonais Jean Paul II pour la libération des pays d’Europe de l’Est avec la chute du mur de Berlin.

Contrairement à bien d’autres Présidents africains, Gbagbo même au pouvoir, a continué de garder sa simplicité, son humour, sa compassion pour ses compatriotes y compris ses adversaires politiques dans la maladie et dans le deuil ; bref c’est un Président pas comme les autres, très proche du peuple, faisant de lui un vrai nationaliste, contrairement à ces Présidents- préfets parachutés et imposés par la France.

Au plan politique, Gbagbo est un fin stratège ; ce que lui reconnaissent ses pires adversaires étrangers et ivoiriens qui le considèrent par leurs faits et gestes comme un ennemi. Il a toujours prôné le consensus. C’est pourquoi il fait régulièrement usage du slogan « asseyons nous et discutons », écartant ainsi toute violence et toute accession au pouvoir par la force, contrairement à ses adversaires que soutient la France. Dans le déroulement de sa politique, Gbagbo a institué la décentralisation en créant les conseils généraux, démocratisant ainsi l’appareil politique et administratif.

Au plan financier, Il a fait élaborer et mettre en œuvre, pour moins dépendre des institutions de Bretton Woods, un budget sécurisé fondé sur les richesses et revenus propres de son pays et cela à l’étonnement des dirigeants français. C’est dans cet ordre aussi que, par une gestion rigoureuse, reconnue d’ailleurs par le FMI et la BM, la Côte D’Ivoire a été inscrite à l’initiative PPTE. Il a toujours payé, à temps, les salaires des agents de l’état sans recourir à des aides financières étrangères, en particulier françaises, alors qu’une grande partie des ressources du pays était pillée par la France et les rebelles à sa solde. Il a même pu rétablir les avancements salariaux donnant ainsi à tous les fonctionnaires des revenus plus importants. Il a mis fin à l’injustice des salaires à deux vitesses, imposées par Ouattara alors 1er ministre. Gbagbo a encore répondu favorablement aux revendications des syndicats en augmentant les indices salariaux de base et en débloquant les avancements gelés depuis les années 80 ; et cela sans le concours ni l’autorisation de la France qui, au contraire par les institutions de Bretton Woods, prônait la diminution de la masse salariale dans le but d’appauvrir les ivoiriens.
Toutes ces actions de développement mises en œuvre par le Président Gbagbo ont naturellement conduit les ivoiriens à lui renouveler leur confiance lors de la dernière présidentielle qu’il a légalement, légitimement et véritablement remportée, n’en déplaise à la France, à ses alliés américains et onusiens qui n’ont trouvé que la solution de le chasser du pouvoir par le coup d’état le plus long et le plus meurtrier que le monde ait connu.
Ce traquenard électoral, pour reprendre le terme du « Général » sans arme destructrice Blé Goudé, arrêté par la France et ses alliés impérialistes bien avant l’élection présidentielle dont Gbagbo a laissé l’organisation à ses adversaires politiques du RHDP, va amener le bloc putschiste à le déporter manu militari et illégalement à la CPI. Honte à la France et à toute cette clique de cyniques et mafieux donneurs de leçons qui ne sont en rien des modèles.

III-   GBAGBO à la CPI

C’est la continuation du projet colonial de déporter toujours les opposants loin de leur lieu d’origine pour les faire mourir à petit feu et mettre fin à leur carrière politique, qui se perpétue, cette fois à l’aide d’institutions internationales et même mondiales de soit disant justice dont la CPI. En pratique, cette CPI est une institution d’injustice aux mains des gouvernants occidentaux et des multinationales pour assujettir et asservir les dirigeants nationaux des pays pauvres. Si non, Chirac et Sarkozy en 2004 et 2010, par les tueries massives de civils ivoiriens aux mains nues de leur armée méritent amplement d’être traduits devant les juridictions de la CPI.

Par la déportation de Gbagbo, Ouattara et son parrain Sarkozy, tentent d’humilier le Président patriote, qui n’a fait que défendre son pays contre ces rebelles criminels formés et commandités par la France ; il s’agit de faire disparaître le parti créé par ce panafricaniste, le Front Populaire Ivoirien, de mettre fin à la carrière de celui qui ne veut pas adhérer aux sectes pernicieuses des gouvernants occidentaux.

Toutefois l’espoir demeure que par les audiences de la CPI, la vérité sur le coup d’état le plus sanglant et le plus long fomenté par la France éclate au grand jour pour la planète entière. Il faut donc continuer de retransmettre en direct ces audiences contrairement au désir secret de la France frileuse. Ce sera ainsi la fin de la culture du mensonge néocolonialiste à moins que les conclusions et les décisions du tribunal ne soient déjà imposées aux juges de la CPI par la France et ses alliés.

A l’analyse, la déportation du Président Gbagbo à la Haye apparaît clairement comme la manifestation de la haine injustifiée de deux hommes politiques l’un africain, l’autre européen contre un homme qui a su à leurs endroits faire preuve d’amour, de pardon, en permettant la candidature de l’un, en faisant voter une loi d’amnistie pour des rebelles et leurs parrains, en continuant d’offrir de gros marchés à des entreprises françaises qui, à la vérité, ne le méritaient pas. La traduction de Gbagbo devant les juridictions de la CPI est donc la concrétisation de l’ingratitude de ce couple de franc-maçons.

La France, pour mieux exploiter l’Afrique et la Côte d’Ivoire en particulier, en veut à Gbagbo, démocrate dans l’âme, défenseur des libertés qui, par sa politique et ses actions, fait la promotion de la vraie liberté et de la vraie démocratie en Afrique. En effet, c’est seulement du bout des lèvres que les dirigeants français parlent de démocratie en Afrique car la véritable démocratie ne sert pas forcément les intérêts français mais d’abord et avant tout, les intérêts africains.

Il est vrai que volontairement Gbagbo, qui est loin d’être francophobe, a concédé aux entreprises françaises des secteurs d’activité stratégique ivoiriens mais il refuse d’être le préfet d’un quelconque colonisateur.

Un tel homme attaché à son peuple ne peut accepter une offre aussi mirobolante soit-elle, présentée par la France, les USA et d’autres puissances occidentales pour s’exiler et abandonner son peuple à la tyrannie des partisans de la France.

A La Haye, Gbagbo continue d’être lui-même, n’ayant rien à se reprocher ; il garde son humour, sa simplicité, son courage, sa combativité et peut déclarer avec aise« je suis venu, nous irons jusqu’au bout ». C’est pourquoi Gbagbo reviendra libre, pour reprendre sa place à la tête de la Côte d’Ivoire comme Mandela en Afrique du Sud. C’est ainsi que sera mis fin au néocolonialisme français dans le monde.

KOBAZEYRET Laurent  kobazeyret@yahoo.com

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Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique

Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards volés de la Françafrique

Lundi 12 décembre, 20h Fiap, 30 rue Cabanis 75013 Paris, salle Bruxelles, M° glacière / Denfert Rochereau, Entrée 2 euros.

Débat sur les biens mal acquis à l’occasion de la sortie en librairie du livre de Xavier Harel et Thomas Hofnung : « Le scandale des biens mal acquis, Enquête sur les milliards volés de la Françafrique » , http://www.editionsladecouverte.fr/...

Avec :

Xavier Harel,

Antoine Dulin et Jean Merckaert : auteurs du rapport du CCFD sur les biens mal acquis, http://ccfd-terresolidaire.org/BMA/

Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la diaspora, http://www.fcd-diaspora.org/

Maud Perdriel-Vaissière de l’association Sherpa (http://www.asso-sherpa.org/)

Organisé avec le soutien du CCFD et de Survie Paris Ile-de-France

Le Franc Cfa menacé : La dévaluation, bel et bien à nos portes

Comme il fallait s’y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition n°3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l’Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l’éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro=1000fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou N’Guesso que la mission a été confiée par Paris d’informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen». Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd’hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l’article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n’est pas d’actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu’il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l’économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n’est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l’euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l’aide» au développement des Etats de la zone monétaire.

Frappée par la crise économique qui touche l’Europe, la France se trouve profondément dans l’incapacité de jouer son rôle comme par le passé. De son côté, l’Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l’édifice européen. D’autant qu’en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L’exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c’est cela la réalité. Pour prêter de l’argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l’aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d’emprunt de la France sur le marché européen s’est accru. La France ne peut plus continuer puisqu’elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d’expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d’Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s’agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l’adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d’attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd’hui encore, le schéma est identique. Pendant que le Fmi est sollicité par l’Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio-économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d’une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains. La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d’Ivoire. C’est à juste titre que Houphouët s’opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d’une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C’est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards Fcfa dévalués n’y pourront rien. Comme en 1994…

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

Un livre à découvrir : « Le Franc Cfa Et L’euro Contre L’Afrique – Pour Une Monnaie Africaine Et La Coopération Sud – Sud »

Le Franc Cfa Et L’euro Contre L’Afrique – Pour Une Monnaie Africaine Et La Coopération Sud – Sud de Nicolas Agbohou

Est paru en Avril 2000 un livre de révolte, intelligent et puissant. Livre d’économiste écrit par un homme de science, érudit et précis, Nicolas Agbohou. L’auteur démontre le mécanisme de la répression monétaire des anciennes colonies africaines de la France. Le maintien du Franc CFA, en d’autres termes : la camisole de force des pays africains enserrés dans la zone franc, est pour lui la première cause de la persistante misère, de l’humiliation permanente, du sous-développement devenu réalité minérale des pays d’Afrique francophone…

C’est un livre fait par un Africain pour les Africains, pour tous ceux qui veulent en savoir beaucoup plus davantage et toutes les personnes en Quête de vérité sur les fondations de la Misère.

La globalisation des marchés financiers, pour lui, est un fait. Rien ne sert de nier l’esclavage contemporain de l’Afrique. Les oligarchies politiques, raciales, religieuses commerciales, financières et bancaires règnent sur le monde. Elles ont fait un monde à leur image et tant pis pour les victimes.

AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire !

Le livre d’AGBOHOU en appelle au règne de la souveraineté populaire, de la loi, du rétablissement de l’homme dans son incompressible dignité de sujet unique de l’histoire. Ce livre est nécessaire.

Lire aussi 

La France commet des génocides en Afrique et se présente après, comme pays des droits de l’homme et contre la peine capitale

Africains, créons notre propre COURS DE JUSTICE CONTINENTALE.

Déchirons et jetons à la poubelle les livres de codes pénal et civil français ! Créons les nôtres !

Revenons aux règlements de nos différends par les SAGES de nos ethnies ; nous irons vraiment beaucoup mieux !

La saloperie de cours pénale internationale n’est réservée qu’aux dirigeants Africains indisciplinés aux yeux de ces occidentaux.

Méfions-nous de l’image d’ange que la France veut nous faire voir d’elle. C’est un pays hautement corrompu, où les dirigeants, parlementaires et autres personnalités sont tous complices des génocides perpétrés en Afrique.

Pour accéder aux vidéos que tu peux télécharger, clique ici :

ftp://guy78-7-88-174-188-32.fbx.proxad.net/

Une identification te sera demandée.  Dans le champ : User Name, rentre « userExterne » Exactement ainsi en respectant les majuscule et minuscule.

Dans le champ Password, rentre « !==330 » (en détail, on a  !,=,=, 3, 3,0)

(Ne mets pas les « »  bien sûr !)

Horaire de disponibilité du téléchargement: 8h-0h /France ou 7h-23h/Bénin.

Cher Africain,

Cher Béninois,

Ceci est pour ta mémoire. Pour que tu ne dises pas… « Je ne le savais pas »

Sache et fais savoir partout autour de toi. Attention certaines images sont dures à supporter. Enseignez cela dans toutes nos écoles. Tous nos enfants doivent savoir.

Sache que la France a tué et continue de tuer tes frères Africains à travers de nombreux coups d’état ou empoisonnement qu’elle orchestre soigneusement.

La France a une stratégie ; un mot d’ordre. Ses hommes d’ombre peuvent semer le désordre en Afrique dans l’intérêt de la France. Ces hommes suivent un seul principe : « Si l’opération échoue, la France ne les couvrira pas. Si elle réussit, la France enfonce gloutonnement ses dents dans le gâteau imbibé de sang d’Africains. »

Mais à toi Africain de ne pas te laisser corrompre par leur argent. Reste digne. Ne baisse pas ta culotte. Ne te crois pas incapable. AIE CONFIANCE EN TOI. FAISONS-NOUS CONFIANCE ENTRE AFRICAINS !

Nous saluons le courage, la vaillance, l’héroïse de son Excellence, le Général Mathieu KEREKOU d’avoir déjoué l’agression militaire au Bénin perpétrée par Bob CONNARD…pardon pour la faute : Bob DENARD.

Aujourd’hui, c’est le Colonel KADHAFI. Il a été assassiné par les Français et les Britanniques entre autre. Au vu et au su de tout le monde.

Seuls le Président Sud Africains et certains ont soutenu jusqu’au bout le Colonel KADHAFI. Ce Monsieur, certes qui n’a pas fait que du bien à tout le monde ; mais en a fait beaucoup pour l’Afrique. La plupart des Présidents, l’ont regardé se faire assassiner. Ils l’ont regardé mourir comme une vache qui voit un train passer. Minables Présidents Africains…incapables de soutenir votre frère !

Lorsque les Présidents Africains arrivent en France, ils se courbent devant le plus court bonhomme de l’Elysée. Comme si ce dernier était leur Grand oncle. Lorsqu’ils retournent chez eux…ils arborent de prestigieux costumes et se la joue « présidents » Mais incapables de résister à l’injustice perpétrée par la France… La honte ! LA HONTE CONTINENTALE !

Ce qui est arrivé à la Lybie, peut encore arriver à n’importe quel autre pays africain. La France tuera encore. Encore et encore des dirigeants régulièrement aux affaires. France méconnaissable ! France tueuse ! France assassine.

Ces tueurs, sont différents des Français ordinaires. Des Français dignes. Respectables et adorables. Car beaucoup de Français ne savent pas que le pétrole qu’ils utilisent fait couler d’abondants sangs d’Africains. Pour eux, l’Afrique est pauvre et leur pays est riche.

Nous saluons la bravoure de Sékou TOURE.

Nous saluons la mise en place par le Président Sassou N’GUESSO de nouvelles règles de gestion dans son pays. Et surtout une nouvelle forme de coopération avec ces occidentaux.

Nous saluons la bravoure de l’Officier Nigérian alias Scorpion Noir qui a su repousser les Français lors de l’agression contre le Nigéria via les BIAFRA.

VIVE SANKARA. Thomas SANKARA !

Nous saluons le courage de la Juge Eva JOLY. Elle est en plus candidate à la  présidence française de 2012. La seule qui évoque des affaires de mallettes bourrées d’argent et venant d’Afrique pour alimenter les campagnes françaises.

Gérard GANDJI

gerardarm@yahoo.fr

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Jacques Dupuydauby à Mediapart : « On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions »

Jacques Dupuydauby

L’industriel Jacques Dupuydauby dénonce les pressions de l’Elysée sur les chefs d’Etat africains pour assurer des concessions portuaires au groupe Bolloré.

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe », déclare Jacques Dupuydauby.

« On est passé des mallettes de Robert Bourgi, qui étaient un secret de Polichinelle, à quelque chose de beaucoup plus fort. On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions’ « , déclare Jacques Dupuydauby, l’ancien dirigeant du groupe portuaire Progosa, lors d’un entretien accordé au site Mediapart, le 24 octobre. L’homme d’affaires franco-espagnol accuse Nicolas Sarkozy d’exercer des pressions sur plusieurs présidents africains pour implanter et maintenir son ami, l’industriel Vincent Bolloré.

Nicolas Sarkozy sur le Yacht de Vincent Bolloré en mai 2007

Le prêt du yacht Le Paloma, de l’homme d’affaires français, au président fraichement élu, avait révélé les liens étroits entre les deux hommes.

« Chantage d’Etat »

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe. Nicolas Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions », affirme le récent retraité qui assure avoir les confidences de plusieurs présidents africains dont Faure Gnassingbé (Togo) et Denis Sassou-NGuesso (Congo). « Je n’avais jamais connu cela auparavant », déclare l’ancien vice-président du groupe Bouygues, proche des réseaux chiraquiens, qui n’hésite pas à parler de « chantage d’Etat ».

Le président congolais, Sassou-NGuesso, aurait confié à l’ancien président de Progosa qu’il ne pouvait plus lui attribuer le port de Pointe Noire suite au veto de Nicolas Sarkozy. La société aurait aussi perdu le port de Douala après que le président français ait déclaré à son homologue camerounais, Paul Biya : « C’est pas Dupuydauby qui viendra vous exfiltrer lorsque vous serez encerclés dans votre palais », selon l’homme d’affaires en conflit depuis plusieurs années avec son rival en Afrique Vincent Bolloré. L’Elysée serait aussi intervenu en Côte d’Ivoire auprès d’Alassane Ouattara pour que la multinationale française conserve son monopole sur le port d’Abidjan. L’industriel franco-espagnol pointe également l’intervention de Claude Guéant en Libye pour que l »intime du président » obtienne le port de Misrata.

« Système Sarkozy en Afrique »

Au Togo, en 2009, Jacques Dupuydauby perd la concession du port de Lomé, que sa société détenait depuis 2001, au profit du groupe Bolloré. Le président, Faure Ganassingbé, aurait prévenu l’homme d’affaires des tractations de l’Elysée dans cette affaire. Condamné en décembre 2010, juste après son éviction, à 20 ans de prison ferme par le tribunal de Lomé pour « abus de confiance », « délit d’escroquerie », « usage de faux », « groupement de malfaiteurs »…, l’ancien président de Progosa dénonce un complot « orchestré par Vincent Bolloré » et soutenu par le controversé Charles Debbasch, conseiller juridique de la présidence togolaise, condamné en France dans l’affaire Vasarely.

L’homme d’affaires réclame « l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le ‘système Sarkozy en Afrique' ». Il rappelle que le député socialiste, Jean Launay, avait déjà posé en octobre 2010 une question au gouvernement sur les pressions de Nicolas Sarkozy en faveur du groupe Bolloré au Togo, sans démenti du ministre des affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner.

Les accusations de l’industriel prononcées contre le chef de l’Etat font suite à celles déjà formulées dans le livre « Sarko m’a tuer »de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en août. En 1983, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, aurait proposé au jeune entrepreneur des prestations fictives de son cabinet d’avocat dans le but de financer son ascension politique. Des confidences qui n’avaient donné lieu à aucune poursuite de l’Elysée.

La politique africaine du président de la République, lourdement remise en question par les affaires Takieddine, Bourgi et Djouhri, est une nouvelle fois entachée par ces nouvelles dénonciations de clientélisme. Et reste bien éloignée de la profession de foi prononcée à Cotonou en 2006, par le candidat de « la rupture », qui promettait pour l’Afrique « une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé. »

Ronan Kerneur – Le Nouvel Observateur

Présidentielle 2012 en France : Sarkozy «regarde» vers Abidjan

Les candidats à la présidentielle de mars 2012 en France, dont Nicolas Sarkozy, cherchent sans doute activement les fonds pour leur campagne. Et il n’est pas difficile d’imaginer qu’ils vont se tourner vers les financements occultes en provenance des pays africains, comme cela est de coutume.

L’auteur du coup d’Etat contre Laurent Gbagbo, Nicolas Sarkozy, va faire campagne pour la présidentielle de mars 2012, en France. Il lui faudra, bien sûr, des fonds. Mais où les trouver, en pleine crise ? La réponse à cette question coule de source. Et de bonne source. L’avocat Robert Bourgi, à la suite de bien d’autres, a confirmé que ce sont les pays africains qui financent les campagnes des candidats à la présidentielle en France. Il a avoué avoir transporté lui-même des valises bourrées de billets, de la part de Laurent Gbagbo à Jacques Chirac et à son Premier ministre d’alors, Dominique de Villepin. Au-delà des comptes que Sarkozy règle à ses adversaires et concurrents, entre deux putschs en Afrique (Côte d’Ivoire puis Lybie) et quelques complots à l’Elysée, un détail de l’affaire, regardée de près, prend tout son sens.

En effet, dans son témoignage qui assaisonne cette affaire, le président du parlement ivoirien révèle que le porteur de valises sales lui a tenu les propos suivants, en 2002 : ‘’Quand on veut faire de la politique, on est généreux’’. Ce bout de phrase, repris allègrement par l’agence France presse (Afp) dont on connaît le rôle dans le volet médiatique des cabales parisiennes ne serait-il pas un message à l’endroit de ceux qui n’ont pas encore préparé les valises ? On sait que c’est à partir d’Abidjan que Paris gère les intérêts français en Afrique de l’Ouest. En juillet dernier, le Premier ministre français, François Fillon, est venu signer un nouveau pacte colonial avec Ouattara, qui permettra à la France de continuer à exploiter la Côte d’Ivoire.

Le temps de la reconnaissance des services rendus

Au passage, il n’a pas manqué de révéler, à la stupéfaction de tous, que les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par le Trésor français depuis l’instauration du régime Ouattara. Y a-t-il un ‘’service’’ plus grand qu’on puise rendre à un régime, après s’être décarcassé pendant 10 ans pour l’installer au pouvoir par un coup d’Etat ? Ouattara devra se montrer plus que «généreux», en raison des énormes «services» que Sarkozy lui a rendus. Même si, agacé d’être traité de «pion de la France», le nouveau locataire du palais clame qu’il n’est «redevable à personne», on se doute qu’il ne peut pas prendre le risque de tenir un tel discours à la Sarkozy. Selon des observateurs, Ouattara ne fera pas l’exception pour ce qui est du financement occulte que Paris attend d’Abidjan pour la présidentielle de 2012. De gré où de force, il devra s’exécuter quand on le lui demandera. Comme Laurent Gbagbo a été contraint de le faire, sous la menace des canons français. Il y a donc fort à parier que les valises continueront de circuler entre Abidjan et Paris, par le truchement du successeur de Robert Bourgi qui a lui-même pris le relais de Jaques Foccart. Et le poids de la reconnaissance à l’égard de l’Elysée pourrait être tel qu’il ne suffira certainement pas au régime en place d’être simplement ‘’généreux’’ comme Gbagbo l’a été vis-à vis de Chirac. Il lui faudra être ‘’très généreux, particulièrement généreux’’ avec les parrains.

La largesse du pouvoir en place à Abidjan à l’égard de Sarkozy sera sans doute le premier véritable test pour Ouattara dans le giron des hommes de la Françafrique. S’il veut réussir cet examen de passage, il devra faire beaucoup d’effort pour être le premier, c’est-à-dire le plus généreux de la classe. Et, en la matière, Ouattara connaît bien ses leçons. Il l’a déjà démontré en 1990, en bradant, pour un franc symbolique, les secteurs vitaux de l’économie ivoirienne à la France. Il lui faudra tout simplement réviser un peu. Ouattara, Premier ministre du bélier de Yamoussoukro, ne ressemblera certes jamais à d’Houphouët- Boigny, l’apôtre de la paix. Car il est arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat qui a fait couler le sang des innocents sur la terre ivoirienne. Mais il devra maîtriser parfaitement la table des matières de la Françafrique, à commencer par le financement de la campagne de ses tuteurs. Sinon, gare à lui ! Bien de chefs d’Etat africains, même après une parfaite lune de miel avec la France, ont payé cher leur brusque écart, quand ils ont tenté de prendre leur distance aves Paris. L’Elysée attend donc actuellement ses «valises» en provenance d’Abidjan.

K. Kouassi Maurice, Le Temps

France : la République des malettes

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d’influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d’Afrique noire.

Les livraisons de malettes bourrées d’argent auraient pris fin en 2005 quand M. Dominique de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi : « l’argent de tous les Africains sent le soufre ».

« Par mon intermédiaire », « cinq chefs d’Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 », prétend l’Avocat Robert Bourgi.

L’actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’est pas épargné. « L’argent d’Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années » de son club 89, accuse M. Bourgi.

Pauvres de nous ! et surtout misérables de petits chefs d’Etat qui nous dirigent en Afrique.

En réalité, rien de nouveau sur ce plan, qu’ils soient politiques, hommes d’affaires, militaires, nous savons bien que tous les crapules Français se servent chez nous, à deux mains.

C’est encore plus choquant quand une petite merde comme Robert Bourgi parle à notre place et exprime une certaine pitié pour nous. Vous n’en doutez pas que beaucoup de fonctionnaires Africains encore en service ou à la retraite savent beaucoup de choses sur ce registre mais ne pipent mot, ils préfèrent emporter le secret dans leur tombe. Quelle fidélité !

Robert Bourgi doit se rendre compte que l’Afrique a changé et les Africains ne sont plus dupes. Ils connaissent tous les mécanismes mis en place depuis l’époque colonial pour maintenir l’Afrique dans la servitude et la pauvreté. Oui, pauvre doungourou, il n’y a pas que les malettes livrées pendant les échéances électorales mais bien plus. Transporteur de valises d’hier et d’aujourd’hui, Robert Bourgi n’est qu’un voleur doublé d’un réceleur et rien d’étonnant donc qu’il avoue ne pas être fier de ses actes.

Le 30 novembre 2006, Dominique de Villepin s’est rendu à Ndjaména. Toute la journée, les courtiers du régime MPS parmi lesquels Boukhari Brahim Doudou sillonnaient la ville à la recherche d’euros. Le Premier ministre français d’alors était reparti avec une malette…

Les Libanais d’Afrique ont toujours été au service des Occidentaux et ce depuis la période coloniale où ils assuraient l’approvisionnement en marchandises et autres services mêmes les plus obscures. Ils sont pires que les colonisateurs. Ils ne sont pas Européens ni Africains mais disposent des deux nationalités, parlent nos langues, vivent parmi nous mais en cercle fermé et surtout rapâtrient le moindre sou qu’ils gagnent dans nos marchés vers l’Europe et les Etats unis.

Par Mht Abakar sur AMBENATNA

On crève en Somalie, que fait Sarkozy ?

C’est un billet que d’aucuns jugeront de mauvaise foi. Un coup de gueule issu d’une coulisse blogosphérique. Il y a à l’Elysée et quelque part ailleurs, des gens dans les médias qui nous font la leçon sur ce Monarque qui bosse, travaille et nous protège. La preuve, même pendant un juillet pluvieux, ce président si dévoué file au Cap d’Agde ou dans une région viticole parler agriculture et équilibre budgétaire.

Ce mercredi s’ouvre la Conférence des donateurs, à Nairobi au Kenya, pour décider du montant et des modalités de l’aide internationale à l’égard de l’Afrique.

Depuis des lustres, c’est-à-dire des mois et des années, Nicolas Sarkozy n’a pas eu un mot, une phrase, une allusion pour une catastrophe humanitaire qui frappe l’Afrique, et la Somalie en particulier. Nous avons du attendre jeudi 21 juillet pour que son ministre de l’agriculture, le nouveau Sarkoboy Bruno Le Maire, communique sur une réunion d’urgence avec des ONG à Paris pour préparer la réunion du 27. Mais l’information fut complètement occultée par les débats sur le sauvetage de l’euro et de la Grèce à Berlin puis Bruxelles.

Mardi 26 juillet 2011, Bruno Le Maire intervenait à nouveau, cette fois-ci à la radio, pour expliquer que son Monarque avait fait de l’agriculture l’une de ses priorités alimentaires. Or le G20 ne se réunit pour décider qu’en novembre prochain. Après combien de milliers de morts ?

Bruno Le Maire a aussi promis un « doublement » de l’aide humanitaire à la Somalie… soit 10 millions d’euros au total. Vous avez bien lu : la « cinquième économie du Monde », comme nous le rabâche régulièrement Nicolas Sarkozy, va donner… 10 millions d’euros. L’Espagne voisine, prétendument au bord de la faillite (dixit Sarkozy), a proposé 25 millions. Et la petite Norvège 50 millions. La Sarkofrance est un nain quand il s’agit de donation désintéressée.

On se souvient, comparaison obscène, du coût des cérémonies du sommet pour l’Union pour la Méditerranée, en juillet 2008 à Paris : 16 millions pour 4 heures de discussions. « La communauté internationale a échoué à lutter contre la famine en Afrique et doit réagir par un investissement massif dans l’agriculture des pays concernés » a déclaré l’inutile ministre, ce mardi. « La seule façon d’éviter ces épisodes de famine, de voir encore ces milliers d’enfants qui meurent de faim à la frontière entre la Somalie et le Kenya, c’est que nous fassions un investissement massif dans l’agriculture locale des pays en développement ». On applaudit devant de telles déclarations d’intentions… Mais qu’attendait-il pour agir ?

Ce combat-là, la famine en Afrique, ne servait à rien pour la campagne de 2012. Notre Napoléon de pacotille, l’air si sérieux, le ton si grave, choisit lui-même, avec ses conseillers dans son bureau de l’Elysée, ce qui importe et ce qui n’importe pas, ce qui nécessite une intervention présidentielle et ce que la Sarkofrance toute entière peut ignorer sans risquer de choquer l’électeur.

La famine, immense, qui frappe la Somalie fait partie de ces sujets que la Sarkofrance a bien fait d’ignorer. Il y a peu, sur un autre blog, j’ai mentionné, tardivement, cette catastrophe humanitaire. En 2011, en Afrique, la sécheresse frappe, tue et dévaste, comme en 1984, à l’époque du Band Aid de Bob Geldoff. 28 années plus tard, l’histoire se répète. En Somalie, l’une des plus grosse famine du siècle se déroule sous nos yeux. Elle est niée par quelques milices islamistes qui refusent toute éventuelle ingérence humanitaire internationale.

En Afrique, 12 millions de personnes sont concernées.

En France, le mot Somalie n’est pas référencé sur le site Internet de l’Elysée. Le black-out est officiel et total. On peut assumer que le site élyséen rassemble périodiquement ce que les communicants et leur Monarque souhaitent que le bon peuple retienne de l’action présidentielle. Et bien, depuis un mois, les déclarations officielles de la Présidence de la République n’ont jamais mentionné la crise alimentaire en Afrique. On a préféré parler anniversaire de la naissance de Pompidou, Tour de France, plan pour la Grèce et l’euro, élevage de poulets dans le Gers.

A l’inverse, sans réaliser l’indécence de ses déclarations, Nicolas Sarkozy ce mardi 26 juillet a confirmé qu’il ne toucherait pas à la baisse de la TVA dans la restauration. Une mesure qui plombe les comptes de quelque 3 milliards d’euros par an, sans effet ni sur l’emploi, ni sur les salaires, ni sur les prix des plats. Ce 26 juillet, Sarkozy avait aussi envie d’écrire aux parlementaires français qu’il fallait inscrire très rapidement l’équilibre budgétaire au rang des maximes de la République dans notre constitution, et que chacun s’élève au dessus des intérêts partisans. L’homme du paquet fiscal de 2007 donne des leçons comme un proxénète des conseils en virginité. L’indécence et l’anachronisme n’ont plus de limite au coeur de l’Elysée. Il n’était pas difficile, pour ses concurrents de gauche ou de droite, de rappeler que Nicolas Sarkozy fut celui qui dégrada d’environ 300 milliards notre endettement public en moins de 4 ans, et doubla notre déficit budgétaire.

En France, Sarkozy joue donc l’union nationale contre la dette, sans transiger aucunement sur ses propres cadeaux fiscaux. En Afrique, des millions de personnes sont menacées de famine, mais la Sarkofrance ne sait quoi proposer.

C’est une question de priorité, électorale.

Publié par Juan à l’adresse SARKOFRANCE

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy sur la crise politique en Côte d’Ivoire

Le Mouvement Citoyen Conscient

A Monsieur le Président de la République Française

Objet : Position de la jeunesse africaine sur la politique française en Afrique

     Monsieur le Président de la République,

Le soussigné a l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance, exprimer son point de vue sur la politique française en Afrique francophone et particulièrement, sur la situation actuelle de la Cote d’Ivoire.

En effet, l’histoire de la République Française nous enseigne que de Napoléon Bonaparte, en passant par Le Général De Gaulle, jusqu’à vous Mr Nicolas Sarkozy, la République Française a toujours incarné, voire symboliser le Model de Démocratie par excellence, au profit duquel, les Etats africains puisent leur inspiration. Car, garantissant à tout citoyen, l’expression des libertés individuelles comme le stipule la Déclaration des droits de L’homme et du citoyen de 1789 de même que la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. A cela, s’ajoute La Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Nous constatons, Monsieur le Président, que malheureusement, un écart existe entre ces valeurs défendues par la République Française et la politique qu’elle entretient à l’extérieur de ses frontières, notamment en Afrique.

Au-delà de tout ce que nous connaissons sur la Françafrique, « notre chère Mère patrie » vient de confirmer ce qui déjà avait opinion sur rue ici ; qu’elle est un Etat prédateur pour tous les pays africains. Sinon, comment comprendre qu’un président bien élu par son peuple, le « très honorable peuple Gaulois, puisse orchestrer sans fierté ni orgueil des coups d’Etats électoraux dans des Etats Africains ? Mieux, que penser désormais de cette image de justice vantée par cette France, si elle soutient des chefs d’Etats mal élus et récusés par tout un peuple ? Les exemples ne manquent pas : BONGO ALI du Gabon ; Dénis SASSOU NGUESSOU du CONGO BRAZA, ALASSANE DRAMANE OUATARA de la Cote d’Ivoire.

Fort de tout ce qui précède, le Citoyen Conscient en tant que Mouvement Panafricain, condamne avec la dernière énergie les actions de la force licorne et de L’ONUCI en Côte d’Ivoire, tient la France pour responsable des meurtres perpétrés dans Abidjan la capitale.

Les Africains pourront-ils comprendre un jour que la France « n’a ni amis, ni frères mais que ses intérêts à préserver ? Sommes-nous en droit de croire que la France n’accorde aucun intérêt à l’Homme, que seul les appétits matériels la gouvernent réellement ?

Veuillez agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments de déception.

Le Citoyen Conscient

Pour la Coordination

Ghislain Ledoux MBOVOUE EDOU

Emmanuel ATSAME M’INKO