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19 septembre 2002-19 septembre 2011: Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011 : Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011. Neuf ans que la Côte d’Ivoire a été secouée par une tentative de coup d’Etat qui s’est rapidement muée en rébellion armée. Neuf années pendant lesquelles la communauté dite internationale a essayé par tous les moyens de nier la souveraineté d’un Etat et a réussi au bout du compte à installer son homme au pouvoir. Quand dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, les Ivoiriens entendent les premiers coups de canon, ils sont d’abord incrédules.

Personne ne comprend que dans un pays qui, un mois à peine avant, avait formé un gouvernement de large ouverture, des gens prennent des armes contre le président en place. En effet, début août, le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara avait rejoint le gouvernement du Président Laurent Gbagbo où siégeaient déjà le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, le Pit de Francis Wodié et les partisans du général Robert Guéi. L’attaque avait fait plus de 300 morts en une nuit parmi lesquels le ministre de l’intérieur Emile Boga Doudou et le général Robert Guei, ancien chef de la junte militaire, qui avait pris le pouvoir en décembre 1999. Mais le président Laurent Gbagbo n’avait pas été renversé et les assaillants s’étaient repliés sur le nord du pays y formant un kyste.

Très vite, l’on s’aperçut que la France n’était pas étrangère à cette attaque. D’abord parce qu’elle avait refusé d’aider le régime en place à faire le ménage comme le stipulent les accords de défense, mais elle montrait des signes évidents qu’elle avait partie liée avec la rébellion. Les négociations d’Accra, puis de Lomé qui étaient placées sous les auspices des organisations sous-régionales ont donc été copieusement torpillées. Les pourparlers de Linas-Marcoussis en banlieue parisienne était l’occasion rêvée par le gouvernement Jacques Chirac de porter l’estocade à un régime ivoirien qu’il n’avait pas en estime. Aidé de son ministre des affaires étrangères et complice de tous les temps, Dominique Galouzeau de Villepin, Jacques Chirac tenta de dépouiller le président ivoirien élu, Laurent Gbagbo, de tous ses pouvoirs pour les remettre au mouvement rebelle. La pilule fut difficile à avaler. Le peuple ivoirien résista héroïquement à l’imposture. Les manifestations de rue succédèrent aux meetings publics et la France décida de changer de fusil d’épaule. Il fallait désormais contraindre Gbagbo à organiser des élections dont les résultats étaient connus d’avance. Point n’est besoin de rappeler toutes les péripéties de la crise ivoirienne. Nul n’ignore que le président Laurent Gbagbo a parcouru presque toutes les capitales africaines à la recherche de la paix. Il a finalement pensé que l’accord politique de Ouagadougou qui était un accord inter ivoirien était la potion qui allait soigner la Côte d’Ivoire. Au résultat, c’est raté. Nicolas Sarkozy qui, entre-temps a remplacé Jacques Chirac au palais de l’Elysée était pour Laurent Gbagbo un poison pire que Chirac.

Au terme d’une élection présidentielle organisée dans un environnement armé, la France avait désigné son élu : Alassane Dramane Ouattara. Celui pour qui le coup du 19 septembre 2002 avait été monté. Et pour l’installer au pouvoir, une guerre coloniale horrible. Des hélicoptères français et onusiens qui ont largué des tonnes de bombes sur la résidence d’un chef d’Etat en fonction.

Laurent Gbagbo capturé par l’armée française et remis à ses ennemis, les objectifs de la rébellion armée sont atteints. Combien d’Ivoiriens y ont laissé leur vie ? Sur combien de corps a-t-on marché pour parvenir au Palais ? Neuf ans après, la Côte d’Ivoire n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en plus, elle a totalement perdu sa souveraineté.

Augustin Kouyo, Notre voie

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