Le Blog de Aymard

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ANGE-FELIX PATASSE : « Bozizé m’a tué… »

Les unes après les autres, les figures de proue de la scène politique centrafricaine tirent leur révérence. Après Abel Goumba en mai 2009, c’est au tour de l’ancien chef de l’Etat Ange-Félix Patassé de quitter le monde des vivants le 5 avril 2011. L’ange s’est envolé vers les cieux à Douala, au Cameroun, des suites de maladie (diabète), à 74 ans. Ainsi, on ne verra plus physiquement l’homme avec sa célèbre barbichette blanche qui lui donnait l’allure d’un maître shaolin. Disparues aussi les célèbres cravates nœud papillon qu’affectionnait l’ingénieur agronome devenu politicien. Tout cela par la faute de ce diabète qui le rongeait et qui a fini par avoir raison de lui.

« Dieu a donné, Dieu a repris », comme on le dit en pareille circonstance. Mais dans le cas d’espèce, est-ce Dieu qui a vraiment repris ce qu’il avait donné ? Des humains n’ont-ils pas contribué à ce qu’il en soit ainsi pour, ensuite, tout mettre sur le compte du bon Dieu ? On n’est pas loin de le penser avec le décès de celui qui a été élu président de son pays une première fois en 1993 et une seconde fois en 1999 avant d’en être chassé en 2003, par les armes, par le chef de l’Etat actuel, François Bozizé.

Bien que le sachant malade, les autorités de Bangui lui ont pourtant refusé le droit d’aller se soigner à l’extérieur. Et ce, à trois reprises, au nom d’une restriction de la liberté d’aller et de venir imposée aux opposants et adversaires malheureux de l’élection présidentielle de janvier 2011. C’est au dernier moment, et face à l’aggravation de son état de santé, qu’il a enfin été autorisé à sortir du territoire. Et la suite, on la connaît. Et ce n’est pas exagéré de dire qu’il y a eu, de la part des autorités, un manque d’humanisme et une non-assistance à personne en danger.

Certes, l’on n’est pas dans les secrets des dieux, mais l’on ne peut pas dire que l’interdiction de sortir du territoire a été compensée par une prise en charge du patient au niveau national. Non seulement les autorités l’ont retenu mais aussi ne l’ont pas soigné. C’était le minimum à faire pour un ancien chef d’Etat. Apparemment, on a préféré mettre la raison d’Etat en avant avec cette interdiction de voyager au détriment de la santé de l’ancien président. Autrement dit, on a laissé l’ex-Premier ministre de Bokassa mourir à petit feu avant de le faire partir au dernier moment, pour ne pas avoir éventuellement sa mort sur la conscience.

La divergence idéologique s’est manifestement transformée en haine et en inimitié. C’est malheureusement, ce que l’on observe un peu partout sur le continent où les adversaires politiques, surtout les opposants, sont considérés comme des ennemis à abattre par les pouvoirs en place.

On oublie que, comme le dit un chanteur, « la politique, ce n’est pas la guerre ». La politique n’est rien d’autre qu’un débat d’idées. On n’en voudrait donc pas à Ange-Félix Patassé, depuis l’au-delà, de tenir pour responsables, les autorités centrafricaines de son décès. Il pourrait lancer à la cantonade : « Bozizé m’a tué »…, à l’image d’une victime française qui avait griffonné sur le sol, et avec son sang, une phrase du genre contenant le nom de son meurtrier. Peut-être que si le défunt président avait obtenu promptement l’autorisation d’aller se soigner, il serait toujours de ce monde.

Séni DABO, Le Pays

CENTRAFRIQUE : L’opposition conteste les résultats, Bozize malgré tout Président

66,08% pour François Bozize, tel est le terrible verdict que la classe politique centrafricaine a été appelée à accepter comme étant les résultats du scrutin du 23 janvier 2011.

L’opposition a depuis lors rejeté ces résultats et déposé une plainte pour fraude électorale devant le tribunal correctionnel de Bangui. Malgré les diverses dénonciations et critiques des uns et des autres, la communauté internationale ne pipe mot. Ces résultats à la limite injurieux confortent le putchiste Bozize qui s’en sort avec ces fameux 66,08% et assoit par la même occasion sa totale autorité sur l’assemblée nationale qui par ailleurs reçoit pour cette mandature un nouveau membre, la première dame du pays qui vient de se faire élire député.

Il pourra si le virus le pique et si ces patrons de l’occident et des Etats Unis le lui demandent, changer aisément la constitution pour un troisième mandat, un quatrième et, ainsi de suite.

C’est bon de faire des coups d’Etat, on pourra toujours légitimer son pouvoir, se convertir en démocrate et organiser des élections truquées.

Vive le pillage de la centrafrique

Vive le Bozizéïsme

Vive la communauté internationale

Je vous propose ci-dessous la communication des candidats Ange Félix Patasse (renversé par Bozize en 2003 par un coup d’état), Emile Gros Raymond et Martin Ziguele

COMMUNICATION DES CANDIDATS ANGE FELIX PATASSE, EMILE GROS RAYMOND ET MARTIN ZIGUELE

Dès le mardi 25 janvier 2011, c’est-à-dire deux jours seulement après la tenue du scrutin, le Collectif des Forces du Changement , en présence des trois candidats Emile Gros Raymond NAKOMBO du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), Jean Jacques DEMAFOUTH de la Nouvelle Alliance pour le Progrès (NAP), et Martin ZIGUELE du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), a tenu une conférence de presse commune au siège du RDC, afin de dénoncer les conditions scandaleuses dans lesquelles s’est déroulé ce scrutin du 23 janvier 2011. Au cours de celle-ci, les trois candidats ont unanimement rejeté d’avance les résultats qui en sortiraient.

Le jeudi 27 janvier 2011, ce sera autour du Candidat Indépendant Ange Félix PATASSE d’adopter la même position que les trois précédents candidats.

Le vendredi 4 février 2011, les trois candidats Ange Félix PATASSE, Emile Gros Raymond NAKOMBO et Martin ZIGUELE ici présents ont réaffirmé au cours d’une conférence de presse tenue ici même leur rejet catégorique des prétendus résultats proclamés par la CEI dans une opacité totale et transmis à la Cour Constitutionnelle.

Comme vous le savez tous, lors du scrutin du 23 janvier, nos représentants ont été interdits d’accès ou chassés de la plus grande partie des bureaux de vote dans tout le pays. Là où ils ont pu nous représenter, les procès- verbaux leur ont été dans la plupart des cas, purement et simplement refusés.

D’ailleurs, le vendredi 29 janvier 2011, le pasteur Binguimalé demandait par un communiqué de presse diffusé sur la radio nationale aux Présidents des bureaux de vote de ne pas remettre les PV à nos représentants et de les lui envoyer en exclusivité, sous peine de poursuite judiciaire à leur encontre.

Par conséquent, il était matériellement impossible aux candidats que nous sommes, relégués au rang de spectateurs d’un mauvais film de série B dont le pouvoir tire les fils en coulisse, de savoir d’où venaient les résultats proclamés par la CEI, et ce qu’ils représentaient en terme de nombre de bureaux de vote.

Nous avons cependant relevé pour nous interroger, que si tous les observateurs tant étrangers que nationaux ont été unanimes à reconnaître la forte mobilisation des centrafricains ce 23 janvier, les alchimistes de Binguimalé ont néanmoins estimé que le taux de participation n’était que de 54%.

Si la mobilisation était forte, le taux de participation doit être supérieur à 54 % ou bien nous ne parlons pas la même langue, car 54% est un taux moyen entre 0 et 100%. L’énigme, le pot aux roses, soigneusement caché aux centrafricains a été révélé samedi 5 février par une radio internationale qui disait tenir ses informations d’une « source gouvernementale » et tous les Centrafricains l’ont entendu de leurs oreilles hier soir.

Il s’agit de la non prise en compte des suffrages exprimés dans 1262 bureaux de vote sur un total de 4618, soit un taux de 27, 32 %, dans les résultats annoncés par la Commission Electorale dite Indépendante donnant Bozizé vainqueur au premier tour.

Il en découle que les suffrages ainsi inexplicablement omis se situent entre 400 000 et 500 000 voix sur 1 825 735 inscrits, soit une fourchette de 22 à 27 % de l’électorat !

Voilà le pot aux roses. En guise de réponse, Binguimalé, encore lui, répond dans une conférence de presse ce dimanche 6 février 2011 pour dire que ces 1262 bureaux de vote concernent les législatives et non pas les présidentielles. Certainement Binguimalé a confondu « 1262 urnes » à « 1262 bureaux de vote ». Nous lui rappelons que les élections étant groupées, il s’agit de la non prise en compte dans les résultats proclamés, des suffrages exprimés dans 1262 bureaux de vote et non simplement de la disparition de 1262 urnes.

Binguimalé a continué son laïus et déclaré sans rire que les 1262 bureaux de vote sont ceux de l’Est du pays où le vote n’a pas eu lieu. Soit ! Mais regardons les propres statistiques publiés par la CEI avant les élections :

N° Préfectures Total de bureaux de vote

01 Bamingui Bangoran 40

02 Basse Kotto 406

03 Haute Kotto 118

04 Haut Mbomou 38

05 Kémo 152

06 Lobaye 312

07 Mambéré Kadéi 425

08 Mbomou 211

09 Nana Gribizi 152

10 Nana Mambere 284

11 Ombélla Mpoko 445

12 Ouham 457

13 Ouham Pendé 479

14 Ouaka 388

15 Sangha Mbaéré 133

16 Vakaga 60

17 Bangui 496

18 Extérieur 22

TOTAL 4618 bureaux de vote

Binguimalé a affirmé que le vote n’aurait pas eu lieu dans l’Est et cité Bangassou et d’autres villes. En supposant que ce qu’il dit est vrai, et en ajoutant au Sud-est qui comprend tout le Mbomou et le Haut-Mbomou, le Nord –Est qui comprend la Vakaga (où le vote a bien eu lieu) et le Bamingui Bangoran (où le vote a également eu lieu dans une grande partie de la sous –préfecture de Ndélé), nous arrivons aux résultats suivants :

Mbomou dans sa totalité : 211 bureaux de vote

Haut- Mbomou dans sa totalité : 38 bureaux de vote

Total Sud- Est : 249 bureaux de vote (nombre inférieur à 1262)

En plus : Vakaga : 60 bureaux de vote

Haute – Kotto : 118 bureaux de vote

Total Nord-Est : 178 bureaux de vote (nombre inférieur à 1262)

Total général Est : 427 bureaux de vote (nombre inférieur à 1262)

Le dilatoire et le mensonge ne passeront pas.

Nous exigeons des explications claires car nul ne nous fera croire qu’il s’agit de bureaux de vote de zone de rébellion, puisque tant le gouvernement que les observateurs nationaux et internationaux, ont unanimement affirmé que le vote s’est déroulé dans la paix et la sécurité , c’est-à-dire sans incident partout en RCA. Dans quelle partie du pays 1262 bureaux de vote ont été rendus inaccessibles par l’insécurité sans que nous le sachions et que personne n’en a fait état jusqu’ici ?

Nous exigeons des explications claires car nul ne nous fera croire qu’il s’agit de bureaux de vote où les PV sont illisibles ou inutilisables car à notre connaissance les Présidents de bureaux vote sont lettrés et ont été formés pour ce travail.

Pourquoi la CEI n’a jamais évoqué ce problème qui concerne quand même 27 % des électeurs inscrits, jusqu’à ce que le lièvre soit soulevé par cette radio internationale ?

Nous avons décidé de porter plainte contre Monsieur Joseph Binguimalé, Président de la Commission Electorale, devant le tribunal correctionnel pour fraude électorale.

Nous interpellons la communauté internationale, et plus précisément les pays et organisations faisant partie du Comité de pilotage du processus électoral aux côtés de la Commission Electorale Indépendante (CEI), afin qu’elle assume jusqu’au bout ses responsabilités devant la dérive totale de ce processus électoral dont la finalité est la stabilisation de notre pays mais qui visiblement sombre dans le ridicule.

Nous exigeons plus que jamais l’annulation de ces élections qui ne ressemblent plus à rien de sérieux et font de notre pays la risée du monde entier.

Enfin nous demandons à la Cour constitutionnelle de prendre vraiment ses responsabilités devant notre peuple et devant la nation en disant le droit et rien que le droit.

 Lundi 7 Février 2011

Les Candidats

Centrafrique : valider les fraudes électorales, un crime contre l’humanité

Personne ne s’attend à ce que François Bozizé, en tant que bon général président dictateur qui se respecte, ne quitte le pouvoir librement et démocratiquement.

Il est arrivé au pouvoir par la violence, et ne connait pas d’autre langage. Le goût très sucré de la mangeoire ne peut d’ailleurs que le dissuader de la quitter. Par conséquent, tous les moyens seront bons pour forcer les centrafricains à accepter sa réélection en 2010.

Les moyens à disposition sont multiples et bien connus de tous, et sont régulièrement utilisés lors d’élections présidentielles en Afrique en tout cas.

« Comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? » disait Omar Bongo.

Les pays de la communauté françafricaine usent d’une machine déjà très bien huilée depuis l’avènement des pseudo-indépendances, installée par un colonisateur qui avait bien l’intention de garder la main mise sur ses colonies de façon détournée, afin de continuer à faire mains basses sur les ressources naturelles déjà largement exploitées durant la colonisation.

Le gouvernement français se porte ainsi garant d’un résultat à la hauteur des espérances du « président » sortant, en échange de la bonne garde du pré-carré que tout le monde connait. Les petits moyens locaux viennent en tête de la parade en vue de la fraude électorale massive que nous connaissons dans les pays de la Françafrique, et qui se répète à chaque échéance électorale.

Le premier petit moyen est la manipulation du nombre des personnes qui auront le droit de déposer leur bulletin de vote. En République centrafricaine, Bozizé a décrété publiquement et devant les médias internationaux, que le recensement du corps électoral est un petit problème et qu’il peut se faire en un mois. Or, ce n’est que des fabrications de listes électorales qui peuvent être produites en si peu de temps. C’est ce dont le principal candidat de l’opposition, Martin Ziguélé, chef du MLPC, accuse le pouvoir de vouloir faire par le biais d’Elie Ouefio, Secrétaire général du parti au pouvoir, et Ministre de l’Administration du Territoire. Martin Ziguélé exige simplement des listes électorales fiables, et respectent les dispositions constitutionnelles.

Or, la manipulation de sous-préfets, préfets, chefs de village et maires de plusieurs préfectures en province, ainsi qu’à Bangui et à Bimbo, a été largement constatée, et prouve les tentatives de malversation en termes de recrutement électoral, et de listes parallèles et non conformes, donc illégales. Ainsi l’établissement de la base même du processus, est sujet à des tentatives systématique de sabotage, ce qui ne présage pas grand-chose de bon pour la suite.

Le peuple centrafricain se fait malmener une fois de plus dans sa volonté d’exercer son droit le plus fondamental, sa liberté de penser et de manifester son opinion.

Or « un OUI n’a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON » disait Lamine Gueye.

Les Centrafricains sont en droit de s’attendre à un recensement électoral fait ouvertement et dans les règles, par la voie officielle, et surtout sur toute l’étendue du territoire national, effectué par une commission électorale indépendante comme le stipule la loi constitutionnelle. Les listes électorales doivent ensuite être affichées et corrigées selon les réclamations des citoyens. Les listes définitives sont les seules listes légales. Les Centrafricains ont le droit au respect de la loi garantie par la Constitution.

La communauté internationale, au terme des élections, est sensé valider un résultat obtenu dans la transparence et la légalité. Or, l’opinion publique internationale est très silencieuse, inconsciente et désintéressée du sort d’un peuple africain de plus, dont il n’entend rien d’autre depuis 50 ans au moins, que l’histoire diabolisée et tropicalisée de Bokassa, et des coups d’état à répétition. Qu’elle est loin également cette misère et cette famine que les médias étalent. Le Darfour, l’Ethiopie, la Somalie, et finalement tout se mélange ; les gouvernements occidentaux profitent de l’ignorance pour valider l’inacceptable, et feignent l’ignorance des malversations malgré tous les cris de protestation du monde.

Comment les peuples occidentaux peuvent-il valider des pratiques qui ne pourraient jamais être validées en Europe !

C’est parce que ces pratiques en Afrique sont systématiquement validées par l’Occident, qu’elles constituent finalement la normalité sans questionnement.

Comment la communauté internationale peut-elle valider une élection présidentielle basée sur des inscriptions clandestines de citoyens par des chefs de village et des maires aux ordres de Bangui, sur des cahiers d’écoliers pour constituer des listes parallèles comme le fait depuis juillet 2009 le Ministre centrafricain de l’Administration du Territoire, et Secrétaire général du KNK, Monsieur Elie Ouefio. Ce sont pourtant des pratiques inacceptables !

Comment peut-on accepter et valider, comme procédé légal et transparent, des listes électorales manuscrites tel qu’en 2005, où l’urgence et l’instabilité suite à la rébellion avait excusé ces listes composées à la va-vite. Martin Ziguélé, bien que candidat et accepté au deuxième tour, n’avait pas pu voter du tout, comme son nom ne figurait sur aucune de ces listes électorales !

En outre, le Ministre Ouefio a affirmé devant l’Assemblée Nationale en avril dernier, queles listes électorales de 2005 étaient détruites, alors qu’il parle également de l’actualisation de listes électorales à la place d’un recensement complet en bonne et due forme. Le temps est compté, c’est vrai, mais il faut quand même que la loi constitutionnelle soit appliquée un tant soit peu. Comment peut-on en Occident valider ce qui est basé sur l’actualisation de listes électorales qui n’existent plus! Il ne s’agit tout simplement que de noms de personnes recensées illégalement et clandestinement par les chefs de village et les maires qui ont été saisi dans des fichiers informatiques parallèles, pourles imposer à la Commission Electorale Indépendante, qui elle, est sensée garantir la transparence du processus.

En clair, le pouvoir en place cherche à bloquer le déroulement normal du processus dans tout l’arrière pays ; loin du théâtre des opérations de la capitale, les partis politiques, ainsi que les divers organes et bailleurs de fonds de la communauté internationale n’y voient que du feu… Martin Ziguélé affirme que « le ministre en charge de l’Administration du territoire profite de l’installation des nouveaux préfets et sous-préfets pour mettre en place des structures du KNK (groupement politique soutenant le président Bozizé), et impose aux maires et chefs de village et de Groupe, de démissionner de leurs partis respectifs pour diriger les structures locales de KNK ».

En fin de compte, la Commission électorale deviendrait une commission à laquelle « on impose de fausses données pour légitimer de faux résultats ». De quoi valider largement un faux président à la même occasion !

Cette situation est inacceptable, et elle à prendre avec le plus grand des sérieux, par une communauté internationale qui ne se cesse de déverser des milliards dans les poches du régime de Bozizé, sans apparemment jamais se poser de vraies questions.

La communauté internationale doit absolument comprendre que le peuple centrafricain aspire désespérément à la paix, et à des élections paisibles et correctement menées. Dans cette perspective, il serait hautement souhaitable que les candidats au scrutin soient traités équitablement, que le déroulement du processus électoral soit mené dans la transparence et le sérieux, en laissant de côté les grossières manipulations. Il est également indispensable et normal, que tout centrafricain en âge de voter, y compris les déplacés et les exilés, soient recensés, afin que le scrutin exprime la libre expression du peuple, que le résultat soit crédible, et surtout acceptable avant d’être validé aveuglément.

Ces procédés, comme mentionnés précédemment, sont répandus de façon institutionnalisée en Françafrique. Aujourd’hui c’est la République Centrafricaine, et demain il s’agira du Cameroun, où les chefs de quartiers corrompus distribuent les cartes de vote seulement aux « bons citoyens camerounais ». Dans les quartiers ou les régions notablement dans l’opposition, il n’y a pas de cartes de vote du tout.

Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Et nous ne parlons là que des fraudes pré-électorales. Les urnes bourrées ou brûlées, les intimidations et menaces envers les électeurs, la présence omniprésente des forces armées au moment du vote, le black-out communicationnel dans le pays, ainsi que les répressions dans le sang d’électeurs qui manifestent leur réprobation à la violence politique des autorités, ne sont qu’une faible image de la réalité du terrain. Les fraudes électorales sont massives à tous les niveaux, afin de garantir que le « bon candidat » sera bien le vainqueur.

Valider de tels résultats équivaut bel et bien à un crime contre l’Humanité.

Juliette Abandokwe

source : http://www.togoforum.com/

Centrafrique : Le chef de l’Etat sortant François Bozizé réélu président dès le 1er tour avec 607.184 voix soit 66,08% des suffrages selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI)

Ces résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours après ce scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier.

L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive 2e de l’élection avec 184.716 voix soit 20,10% des suffrages.

Suivent l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46% (59.370), l’économiste Emile Gros-Raymond Nakombo 4,64% (42.591) et l’ex-ministre de la Défense et représentant l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72% (24.980).

M. Ziguélé, Nakombo et Demafouth avaient déjà annoncé qu’ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses « irrégularités ».

Le taux de participation est de 54,01%. 1.825.735 personnes étaient inscrites, 986.030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919.841 selon la CEI.

« C’est la victoire de la démocratie pour quelqu’un qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat (en 2003) et qui l’a légitimé par les urnes en 2005 », a déclaré Fidèle Ngouandjika, le porte-parole du gouvernement.

« C’est la récompense d’un travail bien fait, le peuple l’a jugé et l’a sanctionné après cinq ans de pouvoir », a poursuivi M. Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat centrafricain.

« On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d’être Centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution », a-t-il conclu.

M. Ziguélé a lui affirmé n’avoir « même pas écouté ou suivi (l’annonce) ».
« C’est un non événement. C’est tellement grossier et ridicule », a-t-il poursuivi. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats ».

Le président de la CEI le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a « remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive ».

Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Joachim Kokaté, active dans le nord du pays et qui n’a pas intégré le processus de paix, a affirmé à l’AFP: « Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique ».

« Nous avions observé une trêve dans l’intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple », a-t-il poursuivi.
Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, Bozizé avait été élu pour un premier mandat en 2005.
1,8 million des 4,4 millions de Centrafricain étaient appelés aux urnes le 23 janvier lors des élections présidentielle et législatives. Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.
La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d’instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.
Ce scrutin devait être l’aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.

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