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Le générique de fin a commencé : La France vient de perdre son triple A

La malédiction de Kadhafi et des morts de Duekoué a encore frappé : La France perd son triple A

En Afrique les morts ne sont pas morts. Ils sont là et punissent les méchants. Sarko n’a encore rien vu.

Le générique (musique) de fin a commencé. La France vient de perdre son Triple A. Comme m’écris Claire, une amie de Paris : « Ils n’ont perdu qu’un A et pourtant….Tremblements et relative stupeur: ça pleure de tous les côtés, gémissements et grincements de dents. Se souviennent-ils de ce qu’ils ont imposé à l’Afrique noire en général et au Cameroun en particulier depuis 30 ans? A force de brasser la m…, on finit par tomber dedans ».

Avait-on besoin d’être un magicien pour déclarer comme je l’ai fait dans mon article sur les guerres de l’Occident en Afrique que ce tripatouillage au nom de la guerre humanitaire pour tuer 60.000 personnes en Libye, y compris son Chef d’Etat et Kidappé un autre en Côte d’Ivoire pour être exposé à la Haye, tel un lion en cage au cirque dénomé CPI, ne les aurait pas sauvé de leur apnée financière ? Comme cela semble lointain le jour où M Sarkozy accompagné de M. Cameron est allé fêté sa victoire à Benghazi. Au fond, que fêtaient vraiment ces deux là? Alors qu’au même moment les banques françaises perdaient jusqu’à 65% de leur valeur boursière, les régions sombraient dans l’endettement sans qu’on sache comment elles allaient s’en sortir, le Groupe publique Areva (supposé, fierté du nucléaire français) creusait un trou historique de 3,5 milliards d’Euros de pertes etc. Lisez plutôt : Source: AFP 13/01/2012 17: 40’ L’agence S&P dégrade la note souveraine de la France

La note de la France a été dégradée, vendredi 13 janvier, par l’agence de notation Standard & Poor’s selon une source gouvernementale française citée anonymement par l’AFP. Une source européenne citée par Reuters confirme cette information. L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg auraient été épargnés par cette dégradation. Deux autres pays de la zone euro bénéficient jusqu’ici de la meilleure note possible : l’Autriche et la Finlande. Mais la source citée par l’AFP n’a pu donner immédiatement de précisions les concernant. L’agence S&P, tout comme l’Elysée et Bercy, se sont refusés à tout commentaire.

« Plusieurs » pays verraient leur note souveraine abaissée ce vendredi. L’Autriche pourrait également être dégradée de AAA à AA+ selon le Financial Times. Selon une source de la zone euro, la Slovaquie serait aussi concernée par un abaissement de la note.

« Ce serait une difficulté de plus », avait déclaré Nicolas Sarkozy lundi 12 décembre. Mais « pas un cataclysme », a poursuivi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé mercredi 14 décembre.

Les commentaires des responsables politiques sur la dégradation de la note de la France par Standard and Poor’s évoluent au rythme de la crise européenne. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas glissé il y a quelques temps : « Si on perd le triple A, je suis mort » ?

Ainsi, après avoir fait de la préservation de la note souveraine l’indicateur sacré de la réussite de sa politique, la majorité tente d’en minimiser l’impact auprès de l’opinion. Mais quelles seront les conséquences réelles de la perte du AAA en France ?

Les 10 conséquences de la perte du triple A

Créé le 16-12-2011 à 13h19 – Mis à jour le 13-01-2012 à 17h30 Par Donald Hebert

1. Une hausse des taux d’intérêts

C’est un avertissement pour les créanciers de la France. Le triple A, décerné par les agences de notation comme Standard and Poor’s, indiquait que le risque de non-remboursement de la dette française était quasi nul. Rassurant pour les investisseurs à la recherche de placements sûrs, qui acceptaient de lui prêter à taux bas. Vont-ils désormais réclamer des taux supérieurs pour couvrir ce risque ?

2. Une confirmation de la crise

Se basant sur les analyses du Fonds monétaire international, sur les notes des deux autres grandes agences (Moody’s et Fitch) et surtout, sur les analyses des banques, les investisseurs n’ont pas attendu la perte du triple A pour paniquer.

La preuve de cette anticipation ? Avant sa dégradation, les taux d’intérêts des emprunts réalisés par l’Agence France Trésor n’ont cessé de monter ces dernières semaines, notamment par rapport à l’Allemagne. Et d’ailleurs, l’annonce, en décembre, de la mise sous surveillance par S&P de la note française a à peine fait ciller les marchés.

Cela dit, bien qu’anticipée, une dégradation n’arrange rien à la situation, car la France n’est pas le premier marché de la dette. Contrairement aux Etats-Unis qui, de ce fait, paient moins chers leurs emprunts aujourd’hui, bien qu’ils aient perdu leur triple A l’été dernier.

3. La fuite des investisseurs

En décembre, Standard and Poor’s avait mis sous surveillance quinze pays européens, mais elle avait ciblé plus particulièrement la France, en menaçant de lui retirer deux crans. « Si tous les pays de la zone sont dégradés d’un cran, c’est moins grave pour la France : les investisseurs ne la délaisseront pas au profit de ses voisins », expliquait Pascal Canfin, eurodéputé Verts et fondateur de Finance Watch, le Greenpeace de la finance.

Les fonds de pension, qui gèrent les actifs des retraités, ne prendront aucun risque : ils se tourneront mécaniquement vers les pays les mieux notés.

4. Le début d’un cercle vicieux

La dette de la France est de plus de 1.600 milliards d’euros. Le montant des intérêts est supérieur au plus gros budget de l’Etat. Et ce n’est pas fini : la France devra emprunter près de 180 milliards d’euros pour son financement public en 2012.

La poursuite de la hausse des taux d’intérêts signifierait une nouvelle réduction des marges de manœuvre du gouvernement. Notamment pour réformer l’Etat, relancer l’investissement et mettre en place une économie compétitive. Sans quoi il est impossible pour la France de retrouver une croissance suffisante pour réduire sa dette !

5. Une action de la banque centrale

La BCE n’est pas censée acheter des obligations souveraines. Son indépendance, gravée dans le marbre par les traités européens, lui interdit de financer un pays. Cependant, face au risque d’écroulement du système, elle a tout de même racheté des obligations grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles et italiennes ces derniers mois.

Son but ? Restaurer la confiance sur les marchés obligataires et enrayer la hausse des taux, afin de sortir ces pays du cercle vicieux. En cas de déclenchement d’un tel phénomène en France, la BCE interviendra-t-elle ?

6. Une menace sur le système bancaire

Quelques jours après la menace de déclassement de la France, Standard and Poor’s a placé les banques françaises sous surveillance. Son exécution entrainera-t-elle une nouvelle dégradation du système bancaire ?

Là encore, les marchés ont sûrement anticipé. Les règles prudentielles européennes obligent les banques à détenir une proportion minimum de dette souveraine dans leur bilan, considérée il y a peu de temps comme un actif sûr.

Mais « elles vont avoir besoin de financement au premier trimestre 2012 », expliquait récemment Moritz Krämer, analyste chez S&P. Il estime à 200 milliards d’euros le montant des crédits arrivant à maturité pour une cinquantaine de banques européennes au premier trimestre 2012. Les banques françaises vont devoir vendre des actifs qu’elles avaient gardés jusqu’ici. Les prix étant bas sur les marchés, elles vont afficher des pertes dans leurs comptes. D’où les milliers de suppressions de postes annoncées cette année.

Conséquence de cette menace sur les banques : une hausse probable des taux d’intérêts pour les crédits aux entreprises et aux particuliers.

7. Une dégradation des institutions publiques

Certaines entités, disposant de la même signature que l’Etat pour leurs emprunts, devraient être dégradées. L’Unedic, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Réseau ferré de France (RFF), perdraient tous leur AAA. Même chose pour La Poste dont le coût de financement augmenterait.

Quelle conséquence pour la CDC, qui doit justement venir en aide à l’assureur Groupama et à la banque Dexia ? Ou pour la banque de financement des PME Oseo ? « Bénéficiant d’autres sources de financement que les marchés, elle ne sera pas nécessairement contrainte d’augmenter les taux pour ses clients dans un premier temps », explique un de ses cadres. Mais à plus long terme, il est possible qu’elle doive le faire dans certains cas. Reste à savoir lesquels, et quand.

8. Une augmentation des prix pour les particuliers

L’Etat participe au capital d’EDF, la SNCF, GDF-Suez, Air France-KLM, EADS, France Telecom, Renault, etc. A leur tour, ces grosses entreprises pourront voir leurs coûts de financement augmenter. Cela posera notamment problème aux filiales les moins solides, pour lesquelles la garantie de l’Etat est précieuse.

« Difficile de savoir quand se matérialiseront les conséquences de la perte du triple A pour les clients. L’impact sera probablement inégal et réparti sur plusieurs années », affirme Karine Berger, conseillère de François Hollande pour l’économie.

9. Un nouveau risque pour les collectivités locales

Leur système de financement par les banques est « en train d’exploser » affirme une analyste chez S&P. Leur budget dépend pour moitié des subventions de l’Etat, et elles utilisent sa garantie pour se financer ailleurs à des prix raisonnables. Et « parmi elles, il y a des centaines de petite Grèce », affirme Karine Berger.

10. Un tournant dans l’élection présidentielle

A qui profite la pression des agences ? Pour le président socialiste de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, « en acceptant par avance une dégradation et en refusant de mener une politique de redressement juste et efficace qui permettrait de l’éviter, Nicolas Sarkozy privilégie son intérêt électoral de court terme plutôt que l’intérêt de moyen et de long terme des Français ».

François Hollande avait ajouté en décembre : « Je ne sais pas ce qui se passe avec le triple A mais pour l’instant il y a un triple échec de Nicolas Sarkozy: échec par rapport à l’obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l’objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits ».

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com

http://www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

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Socialistes Français : Le bonheur est toujours dans le Pré…carré (africain)

Pour comprendre la politique du Parti socialiste français vis-àvis des anciennes colonies, il faut remonter loin dans le temps, au début du XXè siècle, précisément en Août 1914. A cette époque la concurrence inter-impérialiste ne cesse de s’accroître allant jusqu’à des conflits armés en Afrique. La puissance industrielle de l’Allemagne exige un contrôle des matières premières et des débouchés.

Cette tension entre les possédants des pays capitalistes s’exacerbe au point que la guerre éclate. Jaurès qui déclarait que : « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » est assassiné. Ce qui paraissait improbable, quelques jours auparavant, se réalise : les partis socialistes des pays impliqués se rangent, chacun, derrière leur bourgeoisie et votent les crédits de guerre. La ligne de partage de classe est abandonnée au profit d’une ligne d’union nationale. Par ce vote les partis socialistes vont envoyer les travailleurs et leurs adhérents tirer sur d’autres travailleurs, d’autres socialistes ! Ce carnage, de neuf millions de morts et vingt millions de blessés, se fit au nom de la Patrie. Comme disait Anatole France : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels ». Le PS abandonne l’internationalisme au profit d’un nationalisme qui milite pour la puissance de la France. A l’époque de l’impérialisme cela équivaudra à défendre une politique colonialiste.

Mitterrand précurseur de la Françafrique

C’est ainsi qu’on vit les débuts politiques d’un certain François Mitterrand manifester en janvier 1936, contre Gaston Jèze, défenseur de la cause Ethiopienne, qui acceptait d’être au côté du Négus face à l’agression de Mussolini contre ce pays. Il sera surtout une pièce maîtresse dans la politique colonialiste de la France lors de son passage au Ministère de l’Outre-Mer en 1950, en manoeuvrant afin que le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) accepte le projet néocolonial de la France. En ce sens Mitterrand a posé la première pierre de la Françafrique. Plus récemment l’espoir d’un changement politique vis-à-vis de l’Afrique, lors de l’arrivée au pouvoir du PS et du PCF en 1981, s’envolera aussi brutalement que la démission de JP Cot, Ministre de la Coopération, qui avait eu la naïveté de croire à de nouvelles relations entre la France et l’Afrique.

Restant fidèle à la logique de la 5e République, Mitterrand gardera la mainmise sur les affaires africaines. Il ne détruira pas les réseaux Françafricains de la droite, mais se contentera d’y ajouter le sien. De ce point de vue le témoignage de Loïk Le Floch-Prigent est éclairant quand il rapporte la demande de Mitterrand pour un financement des socialistes sans pour autant arrêter celui de la droite [1]. C’est ensuite une longue descente aux enfers du PS entre le détournement d’argent, dans l’affaire du Carrefour du Développement à l’Angolagate, où Jean Christophe Mitterrand, ancien Monsieur Afrique de son père, sera impliqué dans le trafic d’armes avec les réseaux de Pasqua.

PS et l’Afrique : parole…parole…toujours des paroles [2]

De forts soupçons continuent de peser sur le financement du PS par la filière africaine. Aziz Miled, ancien Ministre de Ben Ali (bien connu pour avoir prêté son avion personnel à Mme Alliot Marie) a financé un Think Tank : l’IPEM, fondé par Mme Guigou et son mari.[3] Fabius quant à lui, a bénéficié pour sa tournée africaine des services d’un biznessman béninois, fondateur d’un Think tank aux orientations très libérales. Wikileaks a révélé qu’Omar Bongo avait financé la campagne de l’UMP et celle du PS par le biais de détournements de fonds de la BEAC (Banque des Etats d’Afrique centrale). Si le PS, comme l’UMP, ont nié, certains comme le député André Vallini ont été plus prudent : « Nous savons tous précisément qu’Omar Bongo a financé de nombreuses campagnes électorales à droite, mais aussi à gauche parfois, peut-être ». On l’a entendu dire. « Je crains hélas que cela soit un peu vrai, y compris concernant la gauche »[4] »

Pour se justifier, les dirigeants socialistes brandissent le discours de la Baule, comme les sarkosystes brandissent celui de Cotonou où il était question de rupture avec la Françafrique. Le responsable Afrique du PS n’hésite pas à écrire : « Le discours de la Baule, quoique tardif, fut donc néanmoins symbolique d’un basculement théorique, l’autocratie étant clairement rejetée et l’ouverture politique saluée avec la promesse d’une aide « tiède » pour les pays adeptes de la première et d’une coopération plus «  enthousiaste » avec ceux mettant en œuvre la seconde. »[5] On cherche encore le « basculement théorique » dans le soutien de Mitterrand aux pires extrémistes Hutu du Rwanda qui conduira la France à être complice du dernier génocide du 20è siècle. Le discours de la Baule était, avant tout, une réponse aux luttes pour les libertés démocratiques qui se déroulaient sur le continent Africain et qui faisaient écho à la chute du mur de Berlin, comme au Gabon, en Côte d’Ivoire, à Madagascar ou en Afrique australe où l’apartheid vacillait après la chute du mur de Berlin.

Les propositions du PS sont bien loin de répondre aux attentes des peuples africains. Le PS parle bien de fermer les bases de l’armée française en Afrique…tout en maintenant les dispositifs pour sauver les ressortissants français, mais surtout, il est loin de condamner les interventions militaires, notamment en Côte d’ivoire ou en Libye. L’idée porte plus sur le remplacement des interventions de la France par celles de l’Union Européenne. L’impérialisme ne serait plus tricolore, mais étoilé ; voilà un progrès tout à fait remarquable !

De son côté, François Hollande déclarait, dans une interview à Jeune Afrique[6] : « que les dirigeants n’ont rien à craindre de lui » « Nous ne cherchons pas à déstabiliser des pays africains et leurs dirigeants », ajoutant qu’il serait vigilant concernant le respect de la démocratie ; dans ce cadre, ce que propose le PS est tout simplement que l’UE aide aux processus électoraux des pays africains. On a vu avec quels résultats au Togo où l’UE a avalisé les fraudes électorales sous l’injonction du grand démocrate européen, Louis Michel.

Au sujet de la domination économique de la France vis-à-vis des pays africains, même la position de Montebourg, pourtant la plus à gauche sur l’échiquier des primaires du PS, se refuse à rompre avec la logique de la division internationale du travail : « Je suis favorable à ce que, dans une nouvelle approche des relations Europe-Afrique, on retrouve l’esprit des accords de Lomé dans lesquels, au nom du développement et de la coopération, la production des pays africains bénéficiait d’accords préférentiels [7] ». Certes les accords de Lomé sont mieux que les Accords de Partenariat Economique mis en place par l’OMC (dirigé par le socialiste Lamy) qui étouffe l’activité économique des pays Africain. Cependant ces accords de Lomé ne font que renforcer la dépendance des pays africains aux pays riches en les confinant dans leur rôle d’exportateur de matières premières, même si ces dernières peuvent être payées un peu plus chères que sur le marché mondial. C’est ce système qu’il faut briser. Pour cela le courage politique, contre les diktats des industriels et des financiers, est indispensable et c’est précisément ce qui manque dans la politique intérieure, ou extérieure, du PS.

Paul Martial

[1] Documentaire Françafrique, 50 années sous le sceau du secret. Produit par la compagnie des phares et balises

[2] Un beau résumé d’une supportrice socialiste … Dalida !

[3] Voir le canard Enchainé du 16 février 2011

[4] http://www.lemonde.fr/afrique/artic…

[5] Quelle politique africaine pour la France en 2012 ? de Thomas Mélonio édition Jean Jaurès Fondation

[6] Jeune Afrique n° 2639 du 7 au 13 août

[7] http://www.arnaudmontebourg.fr/la-f…

R-Bourgi : Une bougie sans flamme

Robert Bourgi, ami et conseiller de Nicolas Sarkozy, a tenté de s’attirer de la lumière en ce temps de galère pour la droite au pouvoir en France. Il a tenté de révéler quelque chose sur le couple Chirac-Villepin, apparemment opposé à la réélection de celui qui a renforcé dans le monde, le sentiment anti-français.

L’histoire a consisté à exposer comment la campagne présidentielle sous Chirac a été financée. Bourgi veut paraître une bougie dans la double querelle Chirac-Sarkozy, Villepin-Sarkozy. Cette bougie se révèle sans flamme puisqu’elle n’éclaire personne. La blancheur de l’interview n’est qu’une illusion de couleur. En effet, le sieur Bourgi Robert est un instrument au service de la manipulation du candidat à sa propre succession.

Quelle crédibilité faut-il accorder à un conseiller et ami personnel de Sarkozy qui accuse sans ménagement,  » les anciens patrons  » de son mentor dans un contexte bien marqué par la précampagne présidentielle de 2012 et le jugement en appel de l’affaire Clearsteams ? Aucun crédit. L’homme du Président est sur un réseau sans tonalité. Les deux personnalités mises en cause ont déjà exprimé leur démarcation vis-à-vis de la politique menée par le Président Nicolas Sarkozy.

La vision présidentielle a plongé la France dans la précarité. Au plan des relations internationales, la diplomatie française ne ressemble qu’à une fleur en période d’harmattan. Méconnaissable, elle est devenue une diplomatie de promotion d’armes à feu.

Quel est l’intérêt de l’interview de Robert Bourgi ? Cette conversation a un double intérêt. D’abord, elle vise à saper le moral à l’ancien patron de Sarkozy, Villepin, qui constitue au sein de la majorité, le contrepoids à sa politique d’improvisation sans culture de performance. Ensuite, le soutien de Chirac n’est plus évident avec l’humour positif sur François Hollande. Dans l’affaire Clearsteam, on sait bien que le jugement en appel, – le droit reste le droit-, est probablement en défaveur de l’ancien ministre de l’intérieur. Il s’agit donc de faire des révélations pour détourner l’attention de l’opinion. C’est donc une histoire qui aurait pu faire l’objet d’un livre. Bourgi Robert amuse l’opinion avec une histoire qui n’aura aucune incidence sur le cours du système des choses. La francophonie politique est faite de ces choses horribles. Qui ne sait pas que l’Afrique est dirigée par des potentats qui ne sont pas assez conscients de leur rôle historique?

Avec de Gaulle, la France n’a pas d’amis mais des intérêts. Celui qui détermine et conduit cette politique d’intérêt, c’est le Président de la République. Bourgi ne dit rien de nouveau. Pire, il ennuie les lecteurs et ne fait finalement aucune révélation si ce n’est de démontrer qu’il demeure un valet  » heureux  » du  » sarkozysme  » désormais en lambeaux.

Que l’argent du contribuable ivoirien atterrisse à Paris, ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas une information. La Côte d’Ivoire reste et demeure une vache à lait pour la France. Qui ne le sait pas ? Le nourrisson ivoirien le sait. Depuis la maternité, il sait très bien qu’il a un destin bloqué. Ce que Houphouët a institué pour abrutir son peuple n’est pas une curiosité particulière en France. Aussi grand qu’il puisse nous paraître, Bourgi Robert s’est fait noyer dans un gobet de café cacao ! Yako ! Son interview, sa bougie à lui, comme le constate le lecteur, est sans flamme.

H-Tauyé, la presse du jour bénin

« La France doit retirer ses troupes de Côte d’Ivoire. Sa présence n’y est plus nécessaire » dixit François Hollande

François Hollande

François Hollande, candidat aux primaires socialistes, considère que le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas mis fin aux pratiques de la Françafrique.

« La volonté du président de gérer lui-même la relation avec l’Afrique et la persistance d’un certain nombre d’intermédiaires me confirment que les réseaux demeurent », déplore-t-il dans un entretien à l’hebdomadaire « Jeune Afrique ».

Quant aux propos du Premier ministre François Fillon, selon qui la Françafrique n’a « plus aucune réalité », M. Hollande y voit « une volonté d’en terminer avec ce qu’a fait le président depuis bientôt cinq ans ». Et d’ajouter: « Nous verrons bien si les réseaux et les connivences sont abolis ».

Stephane Mahe / Reuters

S’il est élu à l’Elysée, le député de Corrèze promet d’en finir « avec ces rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir ». Il s’engage à ne pas tenir « de discours comme ceux, profondément blessants, sur l’Homme africain de Nicolas Sarkozy ».

Par ailleurs, François Hollande considère que « la France doit retirer ses troupes de Côte d’Ivoire. Sa présence n’y est plus nécessaire ».

Quant à l’intervention en Libye, « c’est la politique du rattrapage », accuse-t-il. Selon lui, « l’empressement » de Nicolas Sarkozy visait à « occulter deux fautes qu’il avait commises: la visite grotesque du colonel (Moammar Kadhafi) à Paris (en 2007) et le silence des autorités françaises à l’égard de la Tunisie quand s’est déclenché le printemps arabe » en décembre 2010.

François Hollande prône une accélération de l’aide à la Tunisie post-Ben Ali. « Le G-8 a été trop frileux », estime-t-il. L’aide internationale de 40 milliards d’euros promise à l’Egypte et à la Tunisie « ne doit pas s’étaler sur cinq ans mais être immédiate ».

Tandis que le régime de Bachar el-Assad continue d’écraser les manifestations populaires en Syrie, François Hollande considère que les sanctions contre Damas « n’ont pas été prises comme elles auraient dû l’être ». « Je n’oublie pas les ambiguïtés et les connivences longtemps du parti de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Assad père et fils », tance-t-il. « Je n’oublie pas davantage le fait que le seul pays représenté à haut niveau pour l’investiture de Bachar el-Assad fut la France ».

Associated Press (AP)

DSK ou l’impossible retour…

“C’est encore du parole contre parole et cette fois sans même les constatations médico-légales… », commente-t-on dans les milieux proches du Palais de justice de Paris. La plainte pour tentative de viol contre DSK déposée dans la capitale française par Tristane Banon, huit ans après les faits allégués, est-elle plus crédible que les accusations portées à New York par Nafissatou Diallo ? Rien n’est moins sûr alors que beaucoup s’interrogent sur la personnalité pour le moins « fragile » de cette jeune journaliste et écrivaine qui, après avoir colporté son histoire dans le tout-Paris mondain et jusque sur un plateau de télévision, a tergiversé pendant près d’une décennie avant de saisir la justice. Un rebondissement plus médiatique que judiciaire qui tombe à pic. Il a surtout de forts relents de règlement de compte politique si l’on en juge par les déclarations de la mère de la plaignante, Anne Mansouret, vice-présidente socialiste du Conseil général de l’Eure (un moment candidate à la primaire), mettant en cause François Hollande qui aurait été au courant de faits. La réplique du député de la Corrèze qui dénonce un climat « détestable » a donc été cinglante : « Lorsqu’il se passe un événement, c’est à la victime supposée de porter plainte et le plus tôt est le mieux ! » Or Anne Mansouret avait justement reconnu avoir dissuadé sa fille de porter plainte mais c’était, il est vrai, à une époque où elle nourrissait de grandes ambitions politiques…

Primaire polluée

Une chose est certaine, l’affaire DSK n’en finit plus de polluer la primaire socialiste. Les revers subis par le procureur de New York et l’éventuel abandon des charges contre l’accusé, loin de détendre l’atmosphère au PS, ont relancé les spéculations les plus hasardeuses sur son retour possible dans la course à l’Élysée. Les militants qui croyaient avoir terminé leur deuil se retrouvent avec un fantôme qu’ils ne savent trop comment accueillir. Du coup, la campagne de la primaire qui venait de prendre péniblement son envol s’est mise à tanguer dangereusement. Tous les candidats ont donc dû se positionner par rapport à cette hypothèse d’un retour, même si, comme le dit Benoit Hamon, « c’est la plus faible des probabilités ». C’est, à n’en pas douter, ce qu’espère le porte- parole du PS et il n’est pas le seul même si d’autres préfèrent donner le change. L’agenda politique du PS ne correspond toujours pas avec celui du tribunal de New York dont la prochaine audience (décisive ?) est prévue le 18 juillet, mais la date limite de clôture des candidatures est fixée au 13 juillet. Dilemme. « S’il faut la repousser à la fin de l’été pourquoi pas ? » suggère François Hollande, soucieux de donner une image très fair-play et qui a donc été le premier à ouvrir la porte à cette éventualité. Si l’ex-grand favori des sondages peut et veut revenir, « Personne n’osera lui opposer un quelconque calendrier » lâche Martine Aubry. En réalité, la première dirigeante du parti est de loin la plus pénalisée par les rebondissements imprévisibles de cette affaire. DSK et Aubry étaient liés, on le sait, par ce fameux pacte de non concurrence passé à Marrakech. Or, tant que l’ombre du premier continue de peser sur la primaire, c’est la crédibilité de la seconde qui est entachée. Dans le duel qui l’oppose à François Hollande le rapport de force interne devrait être favorable à la maire de Lille. Sa machine est bien huilée, programmée pour monter en puissance, mais pour l’heure « ça rame » avoue l’un des proches d’Aubry. Sa candidature était trop annoncée à l’avance pour faire le buzz et surtout son plan média a été parasité par la désignation de Christine Lagarde au FMI et surtout par le coup de théâtre de New-York.

Complot et officines

Difficile de faire du social et de s’occuper des vrais dossiers qui intéressent les Français, comme dirait Martine Aubry, alors qu’une grande partie de l’appareil reste polarisé sur « l’affaire », à la grande satisfaction de la droite. Ainsi, la théorie du complot a refait surface avec la charge du député PS François Loncle qui évoque des « connexions entre le groupe Accor et certaines officines françaises » ainsi que des liens troubles avec l’Élysée. La chaîne hôtelière française propriétaire du SOFITEL de Manhattan s’insurge dans un démenti virulent mais un coup de téléphone qui a suivi l’interpellation de DSK fait polémique. Il a été passé par le directeur de la sécurité du groupe Accor René Georges Querry, par ailleurs ex-patron de l’anti-gang et de l’Unité de coordination pour la lutte anti-terroriste, pour annoncer la nouvelle à son ancien collègue Ange Mancini, coordinateur national du renseignement et bras droit de Roger Squarcini, patron de la sécurité intérieure, un proche de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État était aussitôt avisé. A noter que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant ne conteste pas le fait, mais n’y voit qu’une procédure normale et il dénonce des « insinuations odieuses ».

Sacrilège ?

A cela s’ajoutent d’autres questions sans réponse sur le statut exact de Nassifatou Diallo dans le grand hôtel new-yorkais dont la direction la présentait comme une « employée modèle » ! On se rappelle aussi que, dans la nuit du 14 mai à 22h59 sur Twitter, un internaute envoie le message suivant : « Un pote aux États-Unis vient de me rapporter que DSK aurait été arrêté par la police dans un hôtel à New York il y a une heure ». Personne, en France, n’est alors au courant de cette affaire. La source est un employé du Sofitel et l’auteur du message un certain Jonathan Pinet… est militant UMP. Seuls les naïfs peuvent se voiler la face, ce mélange des genres un peu douteux qui verrait les coulisses d’un grand hôtel servir de couverture à des activités parallèles ou de renseignement n’existe pas que dans les polars. De là a échafauder la thèse d’une manipulation pire d’un « attentat politique », comme l’assène Michèle Saban élue socialiste et passionaria de la cause strauss-kanhienne, il n’y a qu’un pas vite franchi par les inconditionnels, ce qui n’est pas du goût de tous. « Bien évidemment, si l’on s’en tient à cette lecture des événement, DSK n’est qu’une victime et n’est pour rien dans les frasques qui depuis quelques années ont secoué de façon récurrente sa vie privée et sa carrière politique jusqu’au séisme de Manhattan » s’emporte-t-on dans le sillage d’Arnaud Montebourg, le trublion du parti où l’on n’a pas peur d’être sacrilège.

L’autre péché

A droite aussi on semble un peu dépassé par ce scénario. On répète que le problème est chez les socialistes, mais les avis divergent. Intox ou conviction, dans l’entourage de Nicolas Sarkozy on affirme ne plus avoir peur de DSK. « Ceux qui militent pour son retour politique à la faveur d’un non-lieu font un acte de foi, mais ils font aussi l’impasse sur l’essentiel. Il a été happé par la machine judiciaire et médiatique américaine. Son image a été broyée, puis remodelée. Son profil machiste de dragueur impénitent et lourd et ses appétits sexuels resteront collés à sa peau. « Mais en France, il y a péché plus grave encore que le sexe, c’est l’argent » avance un communicant proche de l’Élysée. Il est vrai que l’ancien patron du FMI n’a pas eu le choix. Il lui a fallu mettre en œuvre (grâce à son épouse Anne Sinclair) des ressources financières colossales, des millions de dollars versés en direct devant les caméras de télévision pour payer sa caution, ses avocats, ses enquêteurs, sa propre surveillance et se loger à prix d’or dans le quartier le plus huppé de Manhattan. Les électeurs de gauche qui s’apprêtaient à le plébisciter ont pu mesurer combien est immense le fossé qui les séparait. Si l’on en croit le site du Monde, en ressortant libre de l’audience du Tribunal de Manhattan, l’ex- favori de la présidentielle aurait appelé Martine Aubry, (ce que dément cette dernière), pour l’informer de son renoncement dans la primaire socialiste. Plus lucide que ses proches, mais ce n’est pas une surprise, aurait-il compris que son retour serait un second cadeau, après celui de son arrestation, fait à Nicolas Sarkozy ? Car sur le terrain des valeurs morales, la partie est désormais équilibrée entre la droite et la gauche. La première traine toujours comme un boulet le bling-bling ravageur du président sortant. La seconde aura bien du mal à faire oublier DSK et les mystères de la suite 2806.

Alex PANZANI, VIA