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Côte d’Ivoire : Ouattara revendique enfin les massacres ciblés de civils !

Tout est parti du massacre par les FRCI, la milice officielle de Ouattara, de 6 Malinkés (groupe ethnique regroupant les populations du Nord de la Côte d’Ivoire et de certains pays au Nord de la Côte d’Ivoire) le dimanche 18 décembre dernier à Vavoua dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Au lendemain de cet énième assassinat de civils, il semblerait que Ouattara aurait piqué une colère et aurait donné l’ordre à sa milice de rentrer sous 48 heures en caserne. Mais les 48 heures sont passées et les FRCI sont encore dans les rues et ruelles de tous les hameaux de Côte d’Ivoire. Comme d’ordinaire, la parole de Ouattara se révèle être une fois de plus, un canular.

Alors que faut-il comprendre dans ce qui s’est passé entre Ouattara et les FRCI ?

Premier constat : c’est que chaque mois, les FRCI font au minimum entre 5 et 25 civils tués. Les rapports de la mission corrompue des Nations Unies en Côte d’Ivoire et de certaines organisations non gouvernementales, sont très éloquents sur les faits et les circonstances de ces crimes massifs. Mais vous le savez tous, ces crimes massifs n’émeuvent pas Ouattara. C’est pourquoi leurs auteurs n’ont jamais été inquiétés et que la France et ses alliés se comportent comme si le massacre de 25 civils au moins par mois est un fait banal de société. Parce qu’à la vérité, ces crimes sont commis contre les autres peuples, ceux que Ouattara considère comme peuples ennemis car pro-GBAGBO. Donc ce sont des crimes pour le « bonheur » de la Communauté Internationale qui l’a élu président en Côte d’Ivoire et qui entend faire un retour sur investissement avant de se souvenir de ses propres principes.

Deuxième constat : c’est la loi du nombre. Le bombardement massif de la résidence des chefs d’Etat ivoiriens où vivait Laurent GBAGBO et sa famille et aujourd’hui sa déportation à la Haye alors qu’il reste le Président légal et légitime en exercice de la Côte d’Ivoire, se sont nourri de la prétendue mort de 6 femmes du groupe ethnique Malinké à Abobo. Celles-là avaient eu un peu plus de chance car elles ont ressuscité aussitôt. Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour les 6 Malinkés qui viennent d’être tués à Vavoua car quand FRCI te tue, tu ne ressuscites pas. C’est quand GBAGBO te « tue » que tu ressuscites aussitôt. Bref, Il faut au moins 6 Malinkés tués pour que Ouattara considère qu’il y a eu bavure ou crime intolérable.

Troisième constat : c’est l’appartenance ethnique des personnes tuées. Je reste convaincu que cet indicateur révèle beaucoup plus la psychologie toute particulière de Ouattara en Côte d’Ivoire. Si les 6 tués de Vavoua étaient des Gourou (peuple autochtone) Ouattara aurait traité les circonstances de cet énième massacre de civils comme la répression par des moyens légaux conventionnels d’une insurrection menée par les partisans de GBAGBO. Et les média français auraient passé cela en boucle pour apaiser l’opinion internationale et renforcer la haine contre le pauvre Laurent GBAGBO. Malheureusement ou heureusement, les FRCI sont allés au-delà de leur sphère de chasse habituelle. Ils ont tué jusqu’à 6 Malinkés, une espèce protégée par Ouattara et menacée par GBAGBO. Quel sacrilège !

La psychologie de celui qui divise les Ivoiriens se dévoile !

Il y a quelques mois, Ouattara a rendu hommage à des cercueils vides à Abobo soi-disant au cours d’une cérémonie pour inhumer les 6 femmes du groupe Malinké qu’aurait tuées l’armée loyale au Président GBAGBO. Dans le même temps, les morgues d’Abidjan sont pleines encore de corps de jeunes étudiants tués en masse à Yopougon et dans plusieurs autres quartiers tout simplement parce que la milice de Ouattara et ses mercenaires assimilent ces jeunes à des pro-GABGBO (il suffit de lire les rapports de Human Right Watch pour s’en convaincre). Dans le même temps, les 800 Guérés tués avec femmes et enfants puis brûlés et, environ 2000 autres civils massacrés dans la même région par les mercenaires Dozo burkinabés, sont restés sans tombe et dans l’indifférence totale de OuattaraQuand un homme qui prétend unir, s’adonne à un tel niveau de discrimination, méprise les morts des autres groupes ethniques et considère cela comme des faits divers, c’est que cet homme est le démon de la division !

La « colère » de Ouattara ne vise pas à mettre fin aux massacres, mais à préciser les cibles !

Non. Ouattara n’est pas fâché avec les FRCI. Il leur rappelle tout simplement leur cahier des charges ou mieux, les termes de référence de leur mission de massacres de civils pro-GBAGBO. S’il foulait dénoncer les exactions contre les civils, il aurait été interpellé par les rapports convergents produits par ses propres alliés et qui font état de massacres à grande échelle de civils jugés pro-GBAGBO depuis plus de 8 mois. Pour 6 femmes malinkées « mortes » et ressuscitées à Abobo, la Côte d’Ivoire a ployé sous les bombes françaises et Laurent GBAGBO et toute sa famille sont en prison. La semaine dernière, soit 3 ou 4 jours avant les faits de Vavoua, dans la commune de Koumassi, les FRCI ont exécuté froidement 3 jeunes Guérés. Dans la même période, les FRCI ont enlevé 7 personnes à Bonoua pour une destination inconnue jusqu’à ce jour. Toujours à Bonoua dans la même semaine, un enseignant a été battu à mort par les FRCI. La liste est trop longue, trop trop longue pour seulement une seule semaine à Abidjan et banlieues. Et que dire du reste du pays ?

Mais ces crimes, tant qu’ils visent les ennemis de Ouattara, ne sont pas des crimes. C’est du protectionnisme politique. Tuer les contestataires de Ouattara, c’est le devoir et la mission de tout milicien membre des FRCI.

Alors quand Ouattara s’énerve après un massacre de civils, c’est qu’il y a eu bavure, c’est que les effets collatéraux de la mission ont touché des espèces protégées. Quelle bassesse morale !

Ne pas respecter la vie de civils simplement parce qu’ils ne sont pas de ton bord politique ou du groupe ethnique que tu revendiques être le tien ; c’est abominable !

Mais au fait, il s’agit de revendiquer les massacres des civils par les FRCI

Ouattara s’énerve et donne des ordres. Donc il est le chef suprême, le commandant véritable des FRCI. Cela veut dire qu’il supporte en premier, la responsabilité de commandement pour toutes les violations massives des droits de l’homme perpétrés par une milice sous son commandement. Enfin ! Nous le tenons !

Et il faut donc en tirer toutes les conséquences !

Les civils tués en masse en Côte d’Ivoire, c’est sous le commandement et les ordres de Ouattara. Et cela ne gène pas les faiseurs de printemps africains. Quel cynisme !

C’est donc le lieu de comprendre qu’il ne sert à rien de convaincre une certaine opinion internationale sur la gravité et le caractère ciblé et massif des tueries de civils par la milice officielle de Ouattara.

Le peuple ivoirien doit tout simplement prendre son destin en main, combattre et vaincre les tueurs et ceux qui les protègent. C’est le seul gage de sa survie.

A Très bientôt !

Hassane Magued

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Côte d’Ivoire : FRCI, rien que du pipeau !

On leur avait promis 2 à 3 millions de francs CFA chacun. Ils n’ont empoché que la mort. On leur a promis une formation militaire, ils n’ont reçu qu’un abrutissement militaire. On leur a finalement promis un statut de militaire. Et patatras ! Ils ne comprennent plus ce qu’il leur arrive.

Chaque matin, dans les rues de Yopougon, Abobo, Adjamé, Anyama et peut-être bien ailleurs, ils sont des centaines à courir et à chanter comme les militaires de le font. Les uns arborant des Tee-shirts et culottes bleues flottantes car n’étant pas à leur taille, d’autres, en tenues militaires déchirées, un hélicoptères de l’ONUCI faisant un gros bruit dans le ciel au-dessus de leurs têtes, ceux que certains observateurs sans scrupules appellent les sauveurs, font la joie de plus d’un ou rallument la flamme de la colère chez beaucoup d’autres.

Eux, ce sont les nouvelles recrues FRCI. Je suis FRCI maintenant. Ah non. “Ça c’est avant avant! Anchien temps quoi. Maintenant j’ai dévéni FRCI”. Oui. Les nouvelles recrues FRCI. Ils ont tous une histoire. Anciens mécaniciens, anciens et nouveaux brigands, ancien éboueur, ancien apprenti de mini car urbain, ancien cultivateur, ancien voleur, ancien tôlier, ancien taulards. Bref. Tout y passe ; mais ça, ce n’est que le curriculum vitae. Le profil au moment du recrutement.

Mais ce que vous ne savez pas, c’est qu’avec les FRCI, il n’y a pas de recrutement à proprement parler. On devient FRCI. On adhère à l’armée des FRCI. On est toujours un volontaire. On devient d’abord FRCI et ensuite on gravit des échelons pour finir soit abattu par un autre FRCI soit affecté dans une unité de braqueurs FRCI. Du coup, la plupart des chômeurs, désœuvrés, indigents sociaux qui se réclament du RHDP sont des FRCI. Ils ont tous une carte FRCI. Ils se cachent pour aller participer aux footings des FRCI. Puis après, ils regagnent leurs domiciles. Leur rêve: devenir Policiers, Gendarmes ou Militaires.

L’arnaque que certains sont finalement en train de découvrir, c’est que tout ce traquenard dans lequel ils ont été attirés ne vise qu’à les exploiter et à se servir d’eux.

D’abord, l’adhésion à l’armée des FRCI n’est pas gratuite. Les gros tee-shirts et culottes bleues qu’ils portent sont vendus à 5 000 francs CFA. Pour obtenir une carte FRCI, il faut débourser la somme de 2 000 francs CFA. Pour manger, il faut se débrouiller. Pour être affecté dans une Unité FRCI, les enchères sont ouvertes. Les mieux-disants ont toujours la chance. Si un droit de cuissage aussi peut en rajouter à l’atout physique et au paiement des frais d’adhésion, alors la question du genre est réglée.

Ensuite, l’acceptation des nouvelles adhésions vise à créer un effet de nombre. Quand vous les voyez courir le matin, selon nos sources, avec des grands bruits sur terre et dans le ciel, vous avez l’impression qu’il y a une armée de plusieurs dizaines de combattants aguerris qui se met en place. Mais tout ça n’est que du vent. C’est le petit blanchisseur du quartier ou le gérant de cabine téléphonique ou un désœuvré parti tenter sa chance, qui crie dans vos oreilles comme s’il faisait quelque chose de sérieux.

Par ailleurs, la plupart des tenues autres que les tee-shirts qui sont vendues aux nouveaux adhérents, sont des tenues qui ont été confectionnées pour le service civique sur demande du Président GBAGBO. Ces tenues ont été mises à disposition gratuitement. Mais les Commandants FRCI en ont fait un business rentable.

Enfin, et c’est sur ce point, que je voudrais insister, les adhésions ouvertes au sein des FRCI visent un seul vrai objectif: mobiliser la chair à canon en cas d’attaque. Ces jeunes naïfs, croyant être devenus des militaires parce que participant à quelques exercices sportifs, seront armés, poussés devant les lignes ennemies pour se faire arroser comme des mannequins de champs de tirs. Pendant ce temps, ceux qui savent ce qui se joue, les FRCI-FAFN rescapés des combats d’Abidjan, auront le temps de prendre la poudre d’escampette en cherchant à rejoindre la base arrière de Bouaké, puis de Korhogo, et ensuite du Burkina Faso.

Alors, la vérité c’est que ces jeunes dont on abuse de la confiance ont pour seul avenir réel que de servir de chair à canon. Donc, comme ils ne servent à rien de bon pour l’instant, ceux qui les font rêver les laissent dans la faim la plus horrible. Finalement, les Gendarmes ou les Policiers ivoiriens épris de pitié pour eux leur offrent à manger matin et soir, pendant les “patrouilles” à main nue qui leurs ont imposées avec une présence de quelques FRCI affamés mais armés. Ce qui est d’ailleurs raisonnable. Sinon, ils courent le risque de se faire tirer dessus par ces individus sans formation qui tiennent des armes d’assaut alors qu’ils ont très faim.

Dans tous les cas, ces hommes armés ou utilisés comme des militaires sont attirés dans une grosse arnaque qui va leur coûter la vie. Pour l’heure, cette escroquerie ne leur coûte que de l’argent qu’ils n’ont pas, mais aussi et surtout, leur avenir pour avoir abandonné les petits métiers qui les faisaient vivre.

Il est donc urgent que chaque parent prenne conscience et insiste auprès de son fils pour lui éviter le destin tragique qui sera le sien dans cette aventure de “militaires” FRCI affamés, infâmes et voleurs.

A très bientôt.

Hassane Magued

Frci, le dilemme cornélien d’Alassane Ouattara

In Le Nouveau Courrier N°325 du 24 et 25 septembre 2011 par DINDE Fernand AGBO

Toutes les épithètes leur avaient été gracieusement décernées. Sans confession. Y compris celle – surréaliste et hallucinante – de « sauveurs » intouchables, par le Procureur de la République, Kouadio Koffi Simplice, en personne. Un moment célébré par les partisans pro-Ouattara pour avoir mené la bataille d’Abidjan aux côtés des forces spéciales françaises qui a conduit à la chute du Président ivoirien Laurent Gbagbo, l’idylle est aujourd’hui en passe de virer au désaveu complet. Les « sauveurs » du mois d’avril se sont mués, au fil du temps, en mercenaires fauchés et sans salaire, remontés contre leurs employeurs, ainsi qu’en vulgaires braqueurs de supermarchés et d’agences de transfert d’argent.

Des hommes en armes et tenue militaire se sont même payé le luxe d’accrocher à leur tableau de chasse, le vendredi 9 septembre 2011, un trophée impensable et inimaginable : la tête du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, enlevé alors qu’il rentrait chez lui, « séquestré pendant trois heures, de 17h à 20h » (selon ses propres termes) et délesté de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de ses deux portables et de sa montre de valeur.

Comment est-ce possible ? De mémoire d’Ivoiriens, jamais pareille scène ne s’est produite contre un magistrat de ce rang, de toute la jeune histoire de la Côte d’Ivoire !

Ouattara a la pression des bailleurs de fonds : il lui faut absolument assainir la situation sécuritaire en Abidjan, ainsi que dans toutes les autres régions du pays. Et particulièrement dans celle de l’Ouest. Ce faisant, il était censé les avoir remis en caserne et disciplinés.

Que non ! Nos chers FRCI continuent de déambuler dans la capitale économique et dans nos villes avec des kalachnikovs en bandoulière, dans des tenues bigarrées. Avec en prime, la gâchette tellement facile. Au quart de tour, pourrait-on dire ! Les évènements de Blockhauss, dans la commune de Cocody, survenus dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 septembre 2011, entre les jeunes du quartier et quatre éléments FRCI, qui se sont soldés par un blessé par balles de kalachnikov* et plusieurs autres à l’arme blanche (couteaux et machettes), victimes des FRCI, en disent long. Entre deux patrouilles, ils se payent une virée dans des résidences privées, des commerces et structures bancaires pour faire le plein de billets de banques, dans l’impunité la plus totale.

Les «sauveurs» ne rendent aucun compte.

Personne qui puisse les inquiéter. Pas même leur hiérarchie censée observer la rigueur martiale. Ce sont tout de même nos «sauveurs» ! Et notre salut a un coût. Du reste, élevé. Pour avoir la vie sauve, nous devons nous laisser plumer sans pousser un pépiement.

Parce qu’il faut bien que les précieux «sauveurs» mangent. Or, il se trouve qu’ils ont été, en tout cas ceux qui doivent être démobilisés et qui refusent ainsi de s’exécuter, les grands oubliés des lignes budgétaires de la République version Rhdp, ne pouvant y être tous intégrés.

Ouattara a besoin des Frci. C’est grâce à eux qu’il peut maintenir cette terreur rampante entretenue dans tout le pays, indispensable à sa victoire aux prochaines élections législatives.

Vous avez dit remake de l’élection présidentielle ? Comment donc s’en défaire, sans grabuge, et donner suite aux exigences récentes des institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International) pour lesquelles il n’est pas question de les greffer aussi massivement à une masse salariale que Ouattara avait lui-même déjà jugé explosive, en son temps, pour récriminer contre Laurent Gbagbo ? Accuser Gbagbo du mal et faire pire ? Certainement pas ! Comment donc leur payer les milliards nécessaires à leur intéressement et les libérer sans mettre à mal les finances désespérément sinistrées de l’Etat, pendant que les lieutenants de Soro se la coulent douce au Nord avec une «Centrale» officiellement démantelée mais qui continue bel et bien ses activités de rançonnement des populations, des commerçants et des transporteurs ? Les derniers nommés, très amers et excédés, s’en sont d’ailleurs récemment plaints au ministre des Transports Gaoussou Touré, le mercredi 14 septembre 2011, à l’auditorium de la Caisse de stabilisation, lors du lancement officiel des activités de l’observatoire de la fluidité des transports, dirigé par l’ancien ministre Adama Coulibaly alias «Adama Champion».

Comment les démobiliser sans les avoir pour longtemps à dos voire contre soi ? Faut-il s’en remettre, pour la protection du régime, à l’armée régulière des ex-FDS réputée fidèle à Gbagbo (pour preuve, elle n’a droit à aucune arme, depuis cinq mois, à part les ex-FAFN) sachant qu’il ne serait pas recevable de les éconduire et de les faire, purement et simplement, remplacer par les ex-rebelles, résolvant ainsi l’épineux problème de leur intégration budgétaire ? Voici la position inconfortable du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau. Un casse-tête chinois. Un vrai dilemme cornélien.

Il faudra pourtant plancher une fois pour de bon sur ce cas de conscience que constituent les éléments incontrôlés des Frci pour le pouvoir Ouattara. Et Dieu seul sait s’ils sont nombreux, illettrés et sans formation. Les exactions n’en finissent plus de faire la Une des journaux. Ils ne se passent pas de journées que leurs dérives ne soient mises au grand jour. Plutôt que de faire la fine bouche sur une incursion de prétendus « mercenaires de Gbagbo » à Ziriglo (sous-préfecture de Taï), dans le Sud-ouest ivoirien, qui n’était rien d’autre, en fait, qu’une expédition punitive d’un cartel mafieux dans ladite zone forestière, furieux d’avoir vu sa seigneurie érodée dans ce bled par l’arrivée des FRCI qui y contrôlent désormais tous les trafics, les nouvelles autorités ivoiriennes gagneraient à désarmer leurs propres éléments et à les discipliner.

Faute de quoi, il faudra se résoudre à les traduire devant les tribunaux militaires. Tous «sauveurs» qu’ils sont. Parce que nous ne saurions les supporter indéfiniment.

Le samedi 10 septembre 2011, deux d’entre eux se sont fait refroidir par un commando marin Fumaco (l’ex-compagnie d’élite du Colonel-major Konan Boniface). Il a été retrouvé sur eux des cartes professionnelles Frci. Ces deux quidams venaient de braquer un supermarché de Yopougon Niangon Nord, carrefour Lubafrique, et espéraient s’emparer de la berline de marque Mercédès du soldat pour couvrir leur fuite. Manque de pot pour eux, ils avaient affaire à un professionnel du combat de contact. Prestement désarmés, ils furent abattus avant même de réaliser ce qui leur arrivait.

Voici donc la nouvelle armée de la Côte d’Ivoire. Celle qui est désormais en charge de la sécurité des Ivoiriens. Les « sauveurs » d’un mois se sont transmués en bourreaux impitoyables. Faut-il leur en vouloir ? Pas totalement. Leurs employeurs, ceux pour qui ils ont quitté plantations, forêts sacrées et forges, ne les rémunèrent pas. Ils constituent, pour ainsi dire, le cadet de leurs soucis.

Leur priorité étant de plaire à Nicolas Sarkozy, servir la France, indemniser les entreprises françaises et leur accorder les meilleurs marchés du moment. Que faire alors ? La chose la plus naturelle du monde, bien entendu : se payer soi-même. Au mépris de la réputation de la corporation et de l’éthique militaire. Voilà où en est la Côte d’Ivoire.

Ouattara, de notre avis, est écartelé entre la nécessité – pour lui – de garder en l’état son armée pour parer à toute éventualité, avec la peur qu’ils se sont faite, la semaine dernière (le vendredi 16 septembre 2011), de l’incursion de troupes incontrôlées à Taï, honteusement imputé, encore une fois, à un Laurent Gbagbo injustement assigné à résidence et impuissant à faire quoi que ce soit, et l’urgence de reprofiler, civiliser et professionnaliser les Frci pour répondre aux exigences de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, des investisseurs internationaux et aussi (que croit-il ?) des Ivoiriens, toutes obédiences confondues, au bord de la crise de nerfs.

Il est tout autant tenaillé par le désir de les éloigner de lui, parce que ne répondant visiblement et véritablement que du Premier ministre Guillaume Soro dont il ne peut se targuer de cerner toutes les ambitions politiques (avouées et inavouées) et celui de ne pas s’attirer leurs foudres en les sacrifiant sur l’autel des visées françaises de reconfiguration de l’armée ivoirienne qui ne leur accordent pas forcément des postes privilégiés (tous les conseillers spéciaux de Ouattara, de ce point de vue, sont français ; pas de place pour les nationaux). Ouattara redoute, pour ainsi dire, son propre ‘‘monstre’’.

Il est laminé, à son égard, par un étrange sentiment ambivalent, contrasté, alambiqué et contradictoire que dépeindrait exactement l’expression «Je t’aime moi non plus». Jusqu’à quand durera ce chassé-croisé idyllique de haine-amour entre Ouattara et son armée, pour le plus grand malheur des Ivoiriens ? Le chef de l’Etat ivoirien est aujourd’hui pris à son propre jeu et devra bien, un jour, en sortir pour permettre aux Ivoiriens de retrouver la sérénité et le plaisir de vivre dans un pays sécurisé et paisible.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

Côte d’Ivoire : Vive le printemps des Daltoniens !

Je vous l’ai promis, ensemble, nous lèverons tous les points d’ombre sur la grosse arnaque qui a cours avant que l’Imposteur ne chute avec fracas dans une nuée de poussière. Le temps faisant son œuvre, petit à petit, nous nous rapprochons du point d’achèvement de cette noble mission qui n’est plus qu’à quelques coudées d’efforts. C’est dans cette dynamique qu’aujourd’hui, la Révolution Permanente a décidé de vous révéler les critères qu’il faut remplir en ces temps de lamentations pour vivre et même « vibrer » heureux en Côte d’Ivoire.

Vous l’aurez peut-être deviné. Je n’ai rien inventé. Je n’ai fait qu’observer avec mes nombreux yeux, certains militants du RHDP de Dramane et Konan, pour comprendre qu’il faut remplir des critères tous particuliers pour vivre et vivre heureux de nos jours en Côte d’Ivoire. Parce que dans ce chaos sans qualificatif, il se trouve des personnes d’apparence normale, qui prétendent être heureuses et qui le sont visiblement, pendant que la Côte d’Ivoire reste pantoise face aux défis que les temps nous imposent :

Défi de domestication des FRCI :

« Maadou va au biolo, biolo, lo, l, o, lo. Biolo… » On ne dit pas « biolo », on dit « Bureau… !» ; ça, c’est la mère et l’intellectuelle Simone GBAGBO qui se donne tout ce mal en ouvrant une école pour domestiquer les FRCI affectées à sa surveillance comme geôliers. Et cet exemple fait déjà école.

Défi de désenvoûtement des frères Ivoiriens tombés sous le charme du menteur à la langue fourchue :

« Arrière de moi Satan ! « Escudo Maechi ! » Ce Bouclier céleste qu’il faut à tous.»

Défi de trouver la pitance quotidienne :

« Mon viééé, ton péti a faim dèh ! » cette phrase inachevée, cette sommation qui signifie : si tu ne fais rien dans l’immédiat pour me trouver de l’argent, je vais te braquer tout de suite.

Puis en regardant ailleurs qu’à ces défis, vous les verrez : commerçantes ruinées, tenancières de restaurant mises à la rue, parents pauvres vivant dans des habitats précaires qui datent des années 80 déguerpis sans être relogés, Universités fermées pour loger des bandits évadés de prison, prisonniers libérés pour conduire le développement en lieu et place des cadres qui les remplacent désormais en prison, cadres compétents licenciés pour embaucher en leurs lieux et places des militants qui auront proclamé leur haine contre Laurent GBAGBO, et ainsi va la vie dans la Côte d’Ivoire de nos jours.

Mais ne cherchez pas beaucoup plus loin que dans votre environnement immédiat. Ils sont là, les plus heureux, ceux qui ont pu s’adapter et faire corps avec le chaos qu’ils ont pris l’option de regarder comme le bonheur suprême. Eux, ce sont les militants du RHDP ayant trouvé à manger et à boire dans ce deal de la honte. Deal des charognards, deals des dealers, deal des mécréants.

Dès lors qu’on y trouve une promotion non méritée, un emploi en occupant le poste d’un cadre jugé pro-GBAGBO et licencié pour restructuration ethnique des entreprise selon le modèle enseigné à la Présidence de la république occupée par un Imposteur ; dès lors qu’on a le sentiment d’être du bon côté, du côté de ceux qui donnent les coups et n’en reçoivent pas, du moins pour le moment, alors, on peut être heureux, très heureux, trop heureux, narguant les militants et sympathisants de la Majorité Présidentielle déchus, convaincus pour certains, qu’ils ne tarderont pas à vendre leur âme pour avoir part à cette comédie ridicule du bonheur virtuel.

C’est donc cela. Le printemps des daltoniens. Les beaux jours des cadres et assimilés qui voient du vert à la place du rouge et du jaune à la place du vert. C’est normal. Ils sont devenus des daltoniens.

Alors avec ces gens nés de nouveau pour le pire et le chaos, le licenciement d’un ancien collègue devient une opportunité pour un militant de base ; l’exécution sommaire d’un père de famille est le juste salaire mérité pour son soutien à Laurent GBAGBO ; la destruction de millions de commerces sans aucun plan de dédommagement ni de réinstallation est un mal nécessairement mérité pour une activité qui servait à nourrir et prendre soin de « familles inutiles » ; le rançonnage et l’insécurité devenant ainsi, les critères essentiels pour reconnaître un bon militaire.  Bref. C’est à y perdre la raison.

Pour cette forme de cyniques daltoniens sociaux ivoiriens, sans foi ni loi, dès lors que les avantages professionnels ou militants demeurent bien garantis et que l’Imposture donne le sentiment d’avoir quelques jours de floraison encore, eh bien le bonheur peur être parfait, le mal peut être vu comme le bien et les pleurs des autres comme une musique langoureuse.

Et pourtant, tout est déjà accompli. Il ne reste plus que le Temps de celui qui fixe le Temps. Et alors ce sera le réveil brutal et traumatisant, la ruine du château de glace de bonheur, sur lequel nos braves daltoniens du RHDP ont cru bon de construire leur comédie sociale, leur misère morale et leur bonheur à l’arrière goût toxique.

A très bientôt.

Hassane Magued