Le Blog de Aymard

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Le gangstérisme international d’Etat en Libye

L’humanité a connu des guerres, celles de 1915 et 1945, les guerres indigènes, les guerres eugénistes. Depuis quelques décennies, elle s’acclimate avec un nouveau genre de guerre : les guerres de gangsters : deuxième guerre du Golfe, Guerre de Yougoslavie, Guerre du Kosovo, Guerre en Afghanistan, Guerre des Etats-Unis en Philippines en 2001, Guerre en Irak, Attaque de la Côte d’Ivoire par la France via ses suppôts régionaux en 2002, Conflit alimenté en Haïti en 2004, ainsi de suite puis, en 2011 fin du coup d’Etat contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire et actuellement sous nos yeux la Guerre en Libye. Les Etats en faillite sont obligés de faire du gangstérisme d’Etat, s’attaquer aux pays faibles et de taille moyenne qui refusent de laisser mourir leurs peuples pour faire vivre l’Occident.

La désinformation, arme de guerre

Que se passe t-il en Libye ? difficile au citoyen lambda de répondre convenablement à cette question puisque la presse a décidé d’aller à l’encontre de la liberté qui est censée la caractériser et qu’elle est censée exprimer en intoxiquant les citoyens avec l’uniformatisation des articles de presse déformés. Nous assistons à la falsification de l’histoire, à l’embrigadement et au formatage des esprits des citoyens du monde, un travail savamment réalisé par les grands médias qui pratiquent depuis du journalisme de caniveaux.

La première dans cette catégorie de minable chaîne d’information est bel et bien France 24 qui, coiffe les autres minables telles que France 2, BFM TV, i-TV,… Sur le dossier ivoirien, cette chaîne française s’est démerdée pour faire plaisir à ses bailleurs et actionnaires en désinformant largement les Français qui ne voyaient qu’en Gbagbo un immonde dictateur et en Ouattara un gentil démocrate. La presse française sous Sarkozy, c’est la nullité qui est célébrée, le degré zéro du journalisme quoi et ceci, donne raison à l’écrivain et penseur Russe Léon Tolstoï qui écrivît que : « l’activité journalistique est un bordel intellectuel ». La presse écrite se fait elle aussi l’écho de ce type galeux de journalisme. Un exemple de ce genre nauséabond de journalisme est bien Jeune Afrique ou pour certains Jeune à fric, un hebdomadaire d’inféodés et de corrompus qui, le 05 septembre 2011 titrait après la prise de Tripoli par les pseudo rebelles, « l’Afrique humiliée mais l’Afrique libérée » après avoir selon ses propres termes titré en Février 2009, « Au secours, Kadhafi arrive » après l’accession du Guide à la tête de l’Union Africaine. Cette presse propagandiste nous annonce tous les jours sinon toutes les minutes que les rebelles libyens ont pris telle ville ou qu’ils sont aux portes de telle autre. Depuis qu’ils nous annoncent cela, ces rebelles armés par l’Occident et les pétromonarchies du Golfe devraient déjà être à Paris puisque depuis sept (07) mois, ils ne font qu’avancer mais hélas, la réalité est toute autre. Ces « rats » et autres drogués ne finissent pas de compter leurs morts. L’euphorie des premiers jours étant tombée, place au désenchantement. Toutes leurs forces ou ce qu’il leur reste de combattants sont dispersées sur tous les fronts où ils tombent comme des rats. Drôle de révolution ! les révolutionnaires sont vus comme les occupants et les populations pour lesquelles ils auraient pris les armes les accueillent avec les armes, des attentats suicides, des manifestations comme celle de Samedi dernier à Tripoli où le vaillant peuple libyen a montré sa solidarité envers son guide et demandé son retour dans la capitale.

Kadhafi a été accusé dès le départ de « massacres » de la population civile à Benghazi. Et pourtant, depuis lors, aucune télévision n’a diffusé la moindre image de ces massacres qui auraient fait 6.000 morts en quelques semaines. Aucun de ces grands canaux d’information qui s’amusait à qualifier Kadhafi de « fou tyran » n’avait pris la peine de mentionner la résolution de l’Union Africaine (UA) qui s’est prononcée contre toute intervention militaire en Libye, condamné les premiers bombardements et appeler à des négociations et pourtant, la feuille de route de l’UA avait été acceptée par Kadhafi qui ne voulait pas voir détruire son pays.

La résolution 1973 du Conseil de Sécurité n’a jamais mentionné des bombardements de villes ou un Coup d’Etat contre un régime disent-ils dictatorial mais qui a fait ses preuves plus que ceux très très « démocratique » de l’Occident. Elle visait plutôt une interdiction de vol, la No-Flight Zone parcequ’il avait été abondamment relayé par les médias menteurs que Kadhafi pilonnait la ville de Benghazi. Alors même que la résolution stipule explicitement qu’elle vise à instaurer une zone d’exclusion aérienne en vue de protéger les populations civiles, la France a été la première à ouvrir le bal en décidant unilatéralement de lancer des frappes aériennes contre les forces gouvernementales libyennes dans la région de Benghazi. Ça doit se savoir, s’écrire et se dire afin que les falsificateurs de l’histoire n’écrivent pas autre chose dans les livres d’histoire. Il paraîtrait selon le nain de l’Elysée que l’homme noir ne serait même pas suffisamment rentré dans l’histoire.

Détrousser la Libye pour enrichir les multinationales

La crise économique pousse l’Occident vers les pays riches en pétrole, en minerais et en richesses de toute nature. J’avais déjà dans un article précédent (ici ou ) abordé cette question. Nous aurons entre le Conseil National de Transition – Conseil National des Traitres libyens – et les pays affamés de l’Occident des accords secrets (s’ils n’existent pas déjà) qui consacreront la disparition des fonds souverains libyens ; ces fonds seront injectés dans le circuit financier pour soulager le Trésor de ces pays y compris le Trésor américain ; la FED étant devenue par une gymnastique subtile le plus gros détenteur d’emprunt de l’Etat américain devant la Chine et le Japon. L’Occident est donc en quasi faillite. La dette anglaise  fait par exemple 270% du PIB. Pour résoudre cette crise et palier cette situation, l’Occident préfère la fuite en avant. La course aux armements est donc devenue pour elle, le seul moyen de créer des emplois via les entreprises telles que Dassault, créer une menace constante pour les pays concurrents en déstabilisant les faibles et moyens Etats pour maintenir les équilibres géostratégiques. Les armements disponibles, il faudra bien les utiliser et pour justifier les guerres, tous les alibis sont bons surtout face à un public occidental qui a l’air de ne guère se soucier des autres peuples, ils vont gober la préparation. De l’alibi d’épuration ethnique (utilisé contre Slobodan Milosevic) à la protection des civils (utilisé contre Kadhafi) en passant par les armes de destruction massive (utilisé contre Saddam Hussein), le chemin est vite trouvé. En pleine crise, les budgets militaires des pays tels que les Etats-Unis, la France ou la Grande Bretagne ont connu une hausse alors que ceux affectés au volet social et autre subissent des coupes régulières comme quoi la précarité et la décadence sont aux portes de l’Occident.

Avant même la disparition des fonds souverains libyens dans les banques européennes et américaines, un vaste chantier après guerre s’ouvre ; celui de la reconstruction puisque toutes les infrastructures de ce beau pays sont sciemment détruites parce qu’ils savent que leurs entreprises reviendront pour les construire. « Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars…. Les entreprises, dont certaines sont déjà à l’œuvre, savent pouvoir compter sur l’aide du gouvernement français ». Cela ne vient pas de moi mais de Thierry Courtaigne, directeur général de Medef International, au lendemain d’une réunion sur la Libye tenue mardi au siège du Medef à Paris en présence de nombreux directeurs de groupes du Cac 40 comme Alcatel, Bouygues ou encore Total. Quatre vingt (80) d’entre elles se sont par ailleurs rendues en Libye ce mercredi.

Sacrée guerre humanitaire !!!

aymard

Lire aussi La Libye, les gendarmes du monde et les traîtres africains

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La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

La grande guerre pour la civilisation

L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

Ouvrage écrit par Robert FISK

Depuis les années 1970, l’histoire du Moyen-Orient se confond presque avec celle de ses guerres et de ses conflits : guerre soviétique en Afghanistan (1979-1989), guerre Iran-Irak (1980-1988), guerre du Liban (1975-1991), guerre du Golfe (1991), guerres américaines en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), sans oublier l’interminable conflit israélo-palestinien. Si ces années furent celles d’une « grande guerre pour la civilisation », c’est en raison du rôle persistant que les puissances occidentales – la France et le Royaume-Uni dans la première partie du XXe siècle, puis les États-Unis – n’ont jamais cessé de jouer dans une région qu’elles considèrent comme leur zone d’influence : aux entreprises coloniales succéda l’ère des manœuvres diplomatiques, des jeux d’alliances complexes et secrètes, des coups d’État et des trafics d’armes, le tout dans une indifférence quasi complète au sort des innombrables victimes de cette histoire dramatique. Dans ce livre magistral, Robert Fisk raconte et documente notamment le soutien cynique apporté par les régimes occidentaux aux brutales dictatures de la région, et témoigne, année après année, de la montée concomitante de l’amertume et de la haine de millions de musulmans à l’égard de l’Occident. Mêlant récits, enquêtes, dialogues avec les acteurs – dirigeants et anonymes –, analyses et souvenirs personnels, Robert Fisk retrace l’épopée tragique du Moyen-Orient, à travers la chronique détaillée de ses sanglants épisodes.

Le pétrole de Kadhafi valait bien des bombardements

Au pays de Kadhafi, la chasse est désormais ouverte ; les insurgés (le Guide les prenait pour des « rats ») fouinent et fouillent partout à la recherche du désormais ex-maître de Tripoli qui, à présent, vit dans ses petits souliers et s’efforce de revêtir toutes les apparences d’un fantôme : invisible et insaisissable ; on le recherche partout et il ne se montre visible nulle part ; du moins pour l’instant.

Peu à peu, les rebelles libyens réalisent l’ampleur de leurs responsabilités nouvelles : il leur revient de reconstruire le pays ; la tâche sera titanesque, car les dégâts causés aux infrastructures sont décidément immenses. Les frappes de l’OTAN ont fait de Tripoli un véritable champ de ruines ; les puits de pétrole ont été fortement endommagés et il en est de même pour de nombreux axes routiers, qui se retrouvent à ce jour quasiment impraticables ; à présent que l’ère Kadhafi est pratiquement révolue, les rebelles, presque victorieux, se feront une priorité de commencer par là. Ils ont pleine conscience de l’ampleur de la tâche, d’ailleurs ; pour preuve, ils demandent à présent des milliards de francs sous forme d’aide d’urgence qui devraient être prélevés sur les avoirs gelés de la Libye dans les pays occidentaux.

Nul doute qu’ils les obtiendront sans problème. Et même plus s’ils le demandent : la guerre en Libye valait bien le détour, car ce pays-là n’est pas un Etat mendiant comme il ailleurs sur le continent africain : il s’agit tout de même du premier exportateur d’or noir de ce même continent, avec, cerise sur le gâteau, des réserves également considérables en gaz. Les dirigeants des pays occidentaux qui auront gracieusement volé au secours des insurgés « combattants de la liberté » sont les derniers à l’ignorer.

Et s’ils ont mis autant de ferveur dans ces incessants bombardements qui, au final, auront fait chuter le Guide, s’ils ont accepté de dépenser tant d’argent dans cette odyssée bien périlleuse et fort onéreuse, s’ils ont volontiers risqué la vie de ces hommes qu’ils ont envoyés en mission pour mener une guerre difficile qui, après tout, n’était pas la leur, si eux-mêmes, politiciens aguerris, ont osé défier l’opinion politique de leurs Etats respectifs et engager de si importantes forces militaires en Libye, il faut le reconnaître, c’est qu’à coup sûr, économiquement, le jeu en valait la chandelle.

Et c’est à présent que tout se saura ; car, en politique, rien n’est vraiment entièrement gratis pro deo ; c’est le domaine où le « donnant donnant » est la règle qui détermine l’action et qui, assez régulièrement, se transforme volontiers en « donnant prenant ». Les pays coalisés, qui auront réussi à faire tomber Kadhafi, n’ont pas accepté l’expédition libyenne dans le seul but (hautement louable du reste) de débarrasser la Libye d’un dictateur fou qui était devenu le cauchemar de tout un peuple.

Les pays membres de l’équipée, une fois la toison d’or conquise, figureront en bonne place sur la liste des bienfaiteurs dignes de récompense à la hauteur de leurs sacrifices. Et c’est bien la raison pour laquelle les insurgés n’auront pas vraiment de soucis à se faire : leur pays, en ce moment, détruit, c’est sûr, il se trouvera des âmes généreuses pour le leur reconstruire ; les fonds libyens gelés à l’extérieur ne suffiront pas ?

Toujours pas de problème ; des sous, il en existe et on leur en prêtera volontiers si on ne leur en donne pas gracieusement ; aux riches on prête toujours. Eux, en contrepartie -renvoi de l’ascenseur oblige- lorsque viendra le moment de l’attribution de certains marchés, auront l’obligation de la « préférence amicale ». On se souvient toujours de la main secourable tendue par un ami au moment où on se trouvait dans le besoin.

Il reste l’équation immense que pose la composition elle-même des éléments fondateurs du CNT : comment faire tenir ensemble et pour combien de temps ce conglomérat d’éléments si disparates et aux idéologies si diverses ? En Libye, une ère s’achève ; une autre commence, dont la réussite ne sera pas forcément une sinécure.

Jean Claude Kongo

L’Observateur Paalga