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La troisième guerre mondiale

La crise de 1929 a entraîné la montée du nazisme et la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, l’économie américaine est au bord de la désintégration, les prétendues révolutions arabes auront porté au pouvoir des islamistes, le moyen-orient est devenu une véritable poudrière en suspension. La Russie, elle-même, à la suite des législatives du 04 décembre a failli sombrer dans le chaos.

L’Agence de presse de la République Islamique d’Iran (IRNA) nous apprenait que des avions de chasse britannique et américains ont violé par trois (03) fois l’espace aérien de l’Iran puis lancé deux roquettes sur le village de Manyuhi à la frontière avec l’Iraq. Avançons-nous vers une nouvelle guerre mondiale ?

Un internaute décidément très bien inspiré ou alors bien informé a présenté le scénario de déroulement d’une troisième guerre mondiale.

Commentaire d’un internaute à l’article Dernière année avant la fin du monde ? du point.fr

01 septembre 2012. L’OTAN est dissoute après une crise interne profonde entre l’Allemagne, la Turquie d’un côté, la France et les USA de l’autre.

05 septembre 2012. L’État de la Palestine est reconnu par la Russie, l’Iran et la Chine et quelques pays arabes. La ligue arabe est dissoute. Israël menace de frapper la Palestine et les pays arabes.

08 septembre 2012. Une vague d’attentats suicides sans précédant frappe Tel-aviv, Paris, Londres et Los Angeles. Le Hezbollah revendique l’ensemble.

9 Septembre 2012. Après une multitude de mises en garde, l’armée israélienne fait décoller dans le plus grand secret 12 bombardiers lourdement armés de bombes anti-bunkers en direction de l’Iran pour anéantir tout son programme nucléaire. Volant à de très basses altitudes, ils contournent tous les radars sur leur chemin, mais 6 sont abattus au dessus de l’Iran qui venait de dévoiler ses S-300 russes nouvellement opérationnels. Les autres avions réussissent à déjouer les missiles et à détruire la centrale de Bouchehr dans le sud du pays, entrainant une fuite radioactive tuant 10.000 personnes sur le coup. La riposte ne se fait pas attendre.

10 septembre 2012 – 03h15. Le Président iranien ordonne la mobilisation générale. 16 missiles Shehab-3 sont lancés sur les bases US en Irak et 9 en Arabie Saoudite qui feront au total 451 morts de soldats, 40 % des missiles étant interceptés par les batteries Patriot déployées. Le Hezbollah profita de cette panique pour mener une incursion en terre d’Israël et parvient à frapper dur Tsahal en tuant 26 soldats israéliens et en capturant 16 dont 9 furent exécutés en direct sur la TV du Hezbollah.

06h30. Le Congrès américain réuni en urgence autorisa le Président à user de l’arme nucléaire contre l’Iran afin de profiter du conflit pour l’envahir.

06h. 45. Israël craignant une attaque imminente des pays arabes lança une attaque préventive sur la Syrie, le Liban et la Jordanie en détruisant des bases stratégiques. Mais l’attaque n’atteint pas l’objectif escompté car la Syrie possédait les anti-aériens russes S-300 en secret. Le Président américain accuse alors la Russie de complice et menace de guerre nucléaire.

07h00. La Chine affirme qu’elle compte rétablir l’ordre constitutionnel en annexant Taïwan et menace une riposte nucléaire à tout intrus.

07h10 L’armée Nord- Coréenne se dit prête à annexer la Corée du Sud et menace une riposte nucléaire sur le sol américain et japonais. Le japon est en alerte 4.

07h20. Toutes les armes nucléaires de la planète sont déployées.

07h25. Le Président Égyptien est victime d’un attentat suicide par des islamistes dans son palais pour avoir eu des relations avec Israël. Les radicaux prennent le pouvoir et veulent rayer Israël de la carte. 600.000 soldats sont mobilisés.

07h30. L’armée révolutionnaire de l’Iran bloque le Detroit d’Ormuz torpillant 4 navires européens.

08h00. Un 1er flot spectaculaire de 340 missiles coordonné par 5 pays dont l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban et le Hezbollah s’abat sur la capitale israélienne détruisant 75 % des infrastructures stratégiques. Cette attaque fait 65.000 morts civiles et militaires. Le peuple juif est anéanti.

En riposte Israël pulvérise la Jordanie avec 05 missiles nucléaires. 5 millions de morts

08h30. Le monde sait que l’arme nucléaire venait d’être utilisée. Les Européens ne condamnent pas l’acte d’Israël. La Russie menace de nouveau les USA.

08h45. En représailles des attaques de leurs bases, les USA lancent 500 missiles chimiques sur l’Iran, le Liban et la Syrie. La Capitale iranienne est dévastée. 4 millions de morts.

09h00. Kim-Jong ordonna l’attaque sur Séoul. 150 Missiles ravagent la péninsule sud-coréenne avec 5 millions de morts. L’armée américaine riposte avec 15 bombardiers. Mais 11 sont abattus par des batteries S-400 russes et les bases militaires US en Corée du Sud sont détruites à 75 % avec l’aide des forces stratégiques russes. Alors les USA déclarent la guerre à la Russie. Le monde entier retient son souffle.

09h15. L’Union européenne dit être neutre. Mais prépare le débarquement sur Moscou en secret.

09h20. L’Iran déclare avoir l’arme nucléaire et lance 18 missiles Shahab-3 qui détruiront tout l’Israël.

09h25. Les USA lancent 160 missiles nucléaires. 100 sont interceptés, mais le reste anéantira l’Iran, la Syrie et le Sud Liban.

09h40. Le Pakistan profite de la situation et lance 96 missiles nucléaires sur l’Inde qui en représailles lance 211 bombes à hydrogène qui feront 45 millions de victimes pakistanaises et l’anéantissement des grandes villes.

11h15. Un débarquement chinois sur l’ile rebelle de Taïwan est repoussé farouchement avec de lourdes pertes. La Chine lance un ultimatum aux USA qu’une attaque nucléaire est imminente.

13h50. En parfaite synchronisation la Chine, la Russie et la Corée du Nord lancent au total 3.550 missiles nucléaires de 3.000 mégatonnes sur les États-Unis, le Japon et l’Europe. 30 % seront interceptés, mais le bilan est indescriptible. Washington dévasté, New York rayé, Chicago pulvérisé, 60 % des bases militaires détruites… 59 millions de morts. Coté européen, Paris, Londres et Bruxelles sont pulvérisés avec 32 millions de morts. Le japon est détruit à 65 % avec 35 millions de victimes.

14h10. La riposte américaine est de faible teneur due à l’effet de la 1ère frappe alliée : Pyongyang, Shanghai, Saint-Pétersbourg sont détruits. Moscou et Pékin sont intactes dû à 2.000 batteries S-400 et 1.200 S-500 déployés et à un cyber attaque sans précédent sur les serveurs militaires US par la Chine paralysant l’infrastructure du Pentagone et le NORAD. Les USA perdent alors tout le contrôle des missiles.

14h30. Les alliés menacent les USA d’une 2ème frappe si, ils ne signaient pas une reddition inconditionnelle.

15h35. Un 2e lot de 1.000 missiles des alliés volent vers leurs cibles sur le sol américain.

15h40. Une riposte américaine est maitrisée et 09 sous-marins US sont détectés par le Système GLONASS et sont détruits, les bases du NORAD sont anéanties. La Maison blanche rendue en poussière avec le Congrès et le Pentagone. Les USA se rendent comptent de la défaite, mais résistent contre l’humiliation.

15h50. Plus de 420 missiles frappent leurs cibles et c’est la fin des États-Unis si le reste s’abattait car tout était fini.

16h58. Les USA acceptent la reddition sans condition et c’est la fin de la guerre et les autres missiles sont autodétruits.

AB

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Il y a cinquante ans, Frantz Fanon appréciait l’Europe !

En relisant Fanon, on dirait qu’il a été témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler, de parler à ces chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

Frantz Fanon

‘’ Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ‘’(..). – Frantz Fanon.

Le 6 décembre 1961 disparaissait Frantz Fanon, médecin, combattant intrépide pour la défense de la cause des peuples du Sud et du Tiers monde. Fanon était également un penseur et homme d’action engagé totalement pour la révolution algérienne et africaine. Mais étant donné que ce que l’auteur de ces propos prémonitoires, mis en mis en exergue ci-dessus, a dit dans ce domaine est si vaste, nous nous conterons de mettre un peu en évidence les appréciations qu’il faisait sur l’Europe, dans son célèbre ouvrage ‘’Les Damnés de la terre’’ (édit. Maspero, 1961). L’Etat actuel de ce continent pris dans la tourmente financière (Grèce, Italie, Espagne, France, Portugal), place les vues de Frantz Fanon au centre de l’actualité de la ’’Mondialisation’’. Euphémisme pour désigner le capitalisme international en décrépitude.

Et c’est comme qui dirait qu’une certaine composante du Tiers-monde (des Portugais en désarroi), a entendu ce mot d’ordre précité de Fanon. Car Jean Paul Pougala nous renseigne que « nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. En Espagne, par exemple, 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits « riches » de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas de Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d’abord aux populations africaines. ‘’ (1)

Voici un constat qui conforte les vues de l’Antillais, qui était en avance de plusieurs longueurs sur nos roitelets de sa génération, comme les désignait notre ami Mongo Beti , et avec lesquels Fanon n’était pas du tout tendre. Voici d’autres considérations de Fanon, sur l’Europe :

‘’Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu’au nom d’une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l’humanité. Regardez-la aujourd’hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle’’.

‘’Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu’elle a tout réussi’’.

L’Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence. Et voyez combien l’ombre de ses monuments s’étend et se multiplie. Chaque mouvement de l’Europe a fait craquer les limites de l’espace et celles de la pensée. L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse’’.

En relisant ces passages des conclusions de cet ouvrage, on dirait que Fanon était témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler. De parler à ces Chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.

‘’Allons, camarades, le jeu européen est définitivement terminé, il faut trouver autre chose. Nous pouvons tout faire aujourd’hui à condition de ne pas singer l’Europe, à condition de ne pas être obsédés par le désir de rattraper l’Europe.

L’Europe a acquis une telle vitesse, folle et désordonnée, qu’elle échappe aujourd’hui à tout conducteur, à toute raison et qu’elle va dans un vertige effroyable vers des abîmes dont il vaut mieux le plus rapidement s’éloigner.

Il est bien vrai cependant qu’il nous faut un modèle, des schèmes, des exemples. Pour beaucoup d’entre nous, le modèle européen est le plus exaltant. Or, on a vu dans les pages précédentes à quelles déconvenues nous conduisait cette imitation. Les réalisations européennes, la technique européenne, le style européen, doivent cesser de nous tenter et de nous déséquilibrer’’.

« On lit Fanon, on prend son crayon, on commence à souligner les passages mémorables, on vibre, on bout, puis on arrête. C’est tout le livre qu’il faudrait souligner ‘’ – Louis-Georges Tin, in « Monde du livre », 4 novembre 2011.

Mais pourquoi nos hommes d’Etat ne veulent-ils pas, ou n’ont-ils pas voulu écouter Fanon ? Dans ‘’Lettre à la Jeunesse africaine’’ publiée dans le Journal algérien, « El Moujahid » du 24 mai 1958, publiée dans ‘’Pour la Révolution africaine’’ (édit. Maspero 1969), Fanon, très acerbe envers le député français Houphouët Boigny, signalait : ‘’Nous devons à la vérité de vous dire que presque tous vos représentants mystifiés par un phénomène d’aliénation très grave, ont toujours opposé à nos démarches le respect de la légalité républicaine française’’.

C’est certainement en vertu de cela que les termes « souveraineté », « indépendance » sont devenus des mots tabous chez nos hommes d’Etat d’Afrique francophone. Après avoir restitué l’acte d’indépendance de nos pays à De Gaulle, Giscard D’Estaing, Chirac ou Sarkozy, la Guyane, Mayotte, La Nouvelle Calédonie, La Mantique, La Guadeloupe, La Polynésie, etc., on ne connait pas ! Autrement dit, pour la France, c’est des DOM ou des TOM. Entendez des parties de la France appelées Départements d’Outre-mer ou Territoires d’Outre-mer. A Mayotte on reconduit à la frontière des natifs de leur propre pays, Les Comores. Fanon doit sursauter là où il est !!!

Disons simplement que colonisés qu’ils sont, non seulement ils (Les préfets des DOM TOM) n’écouteront jamais Fanon, mais ils n’oseront piper mot, à fortiori dénoncer ce carcan appelé Accord de coopération, que d’autres (Pr Agbohou et Séraphin, notamment) appellent ‘’Pacte colonial’’. Pacte constitué du triptyque : 1/Le compte d’opération du Trésor français, vampire des trésors et économies africains. 2/ Le franc CFA et L’UMEOA et 3°/ les bases françaises.

A voir le comportement de certains intellectuels africains et du Tiers-Monde, carrément pro-impérialistes, acquis à la vision des maitres du monde capitaliste, prêts à répéter les prêchi-prêcha et autres slogans débiles du FMI et de la Banque dite mondial, donc des pseudos intellectuels obnubilés par le lucre, les devises sorties de douteuses ONG, stipendiés par des officines aux puissances activités opaques, on ne peut manquer de dire que Fanon fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les hommes ‘’paranormaux’’ parce qu’ayant refusé ‘’de servir l’exploiteur contre leur peuple’’ : Nkrumah, Mamadou Dia, Lumumba, Cheikh Anta Diop, David Diop, Amilcar Cabral, Sékou Touré, Fidel Castro, Che Guevara, Bakary Djibo, Felix Moumié, Tidiane Baidy Ly,Thomas Sankara, etc. Car, Fanon, ancien résistant de la guerre (1935-1945), médecin, écrivain, fils d’un ancien haut fonctionnaire du cadre métropolitain, pouvait bien avoir sa place au soleil. Mais il n’a pas voulu de cette place et s’est engagé comme ‘’Moujahid’’, à coté de ses camarades algériens du FLN (Front de Libération National). Transcendant ainsi toutes les barrières culturelles ou religieuses et toutes les contingences sociopolitiques, de son temps.

Nous terminons, pour engager la jeunesse du Tiers monde à se pénétrer leur histoire en étudiant les œuvres des hommes de la dimension de Frantz Fanon, pour ne pas ‘’se laisser égarer et duper’’ comme disait Mao Tsé Toung. En cela, nous considérons que les prises de position de notre jeune camarade et compatriote Malick Noel Seck (injustement emprisonné par le régime d’Abdoulaye Wade, en ce moment), notamment sur la crise ivoirienne, l’intervention remarquable de la jeune militante Djeyna Ba, de Guinée lors du Forum Social Mondial, en février 2011, donnent de l’espoir. Malgré le fait que l’écrasante majorité la jeunesse africaine et de la plupart des pays dominés du tiers-monde, aujourd’hui, est abandonnée à elle-même.

A Dakar, à Fort-de-France (‘’l’épicentre’’ de la célébration des idées du combattant intransigeant (du 06 au 09 décembre), les panelistes, d’anciens dirigeants du mouvement étudiant en France, ou ses amis, ne manqueront ne revisiter, plus profondément, l’œuvre du grand disparu.

Ababacar Fall «Barros»

* Ababacar Fall-Barros est membre du GRILA

NOTE

(1) Opération Exodus – L’Afrique fait rêver les Européens et, la diaspora ?

Numéro 216 pambazuka News

RDC: Quand la guerre devient nomade

Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est enlisée dans une spirale de violence.

A l’heure où les manifestations du parti d’Etienne Tshisekedi sont réprimées à Kinshasa et que Jean-Pierre Bemba est empêché de se présenter aux élections par son inculpation à La Haye, il est bien temps de réfléchir aux causes et aux mécanismes de la violence guerrière qui a ensanglanté pendant trop longtemps les Grands Lacs, région d’Afrique de l’Est.

En réfléchissant autour d’un modèle conflictuel développé à l’origine en Afrique de l’Ouest, on pourra voir qu’il n y a pas que la violence de l’autocratie nationale ou la répression symbolique du système de pouvoirs occidentaux: la «guerre nomade» a bien une certaine autonomie et les mêmes causes peuvent reproduire les mêmes effets —justement parce le système électif, perverti, et la politique internationale, plus soumise à la force qu’au droit, ne permettent pas d’autre exutoire.

L’échec de l’État?

Contrairement aux idées reçues, la politologie est unanime à constater non pas un «échec africain de l’État» (si ce n’est dans la duplication d’un modèle occidental idéalisé), mais une réinterprétation permanente de ses structures. Il n’en demeure pas moins que les relations entre les dirigeants et les peuples, la géopolitique interne, les frontières, les relations entre capitale et périphéries sont souvent problématiques et sources de tensions récurrentes, si ce n’est de violences, et bien plus —belligènes, fauteuses de guerre.

Dans un immense pays comme la République démocratique du Congo (RDC), ce n’est pas la porosité des frontières, leur éloignement de Kinshasa, le manque d’infrastructures qui peuvent étonner l’observateur, mais au contraire la persistance d’un nationalisme obstiné, quels que soient les régimes successifs.

Pour autant, cette fameuse question des frontières, si rebattue (la conférence de Berlin et au-delà toute la rationalité étatique tranchant, géométriquement, dans le vif des peuples) est bien instrumentalisée tour à tour par des peuples, des factions, des guérillas, mais aussi par des États antagonistes et par de lointains parrains occidentaux menant une politique de puissance et d’accaparement des ressources naturelles.

Nexus, foco, extension nomade

On pourrait proposer une approche sommaire de l’espace africain, où se dessineraient des «aires conflictuelles», des zones où, dans le temps et l’espace, les conflits semblent se former autour d’un centre, un nœud de violences continues. C’est le cas de l’Afrique de l’Ouest, des Grands Lacs, de la Corne de l’Afrique, et plus récemment du binôme Tchad/Soudan. Mais par quels mécanismes ces conflits s’étendent-ils aussi rapidement?

Même si elle recouvre une réalité spatiale, l’expression «régionalisation de la guerre» semble insuffisante: il y manque dynamique et mécanismes guerriers. Qu’y a-t-il donc de commun avec, par exemple, le «système de conflit» ouest-africain et la zone des Grands Lacs? Sans doute son accélération entropique, d’un chaos au début localisé à une extension étonnante: plus de 17 pays en conflit en Afrique centrale; première «guerre africaine», qui autrefois (avant la chute du mur de Berlin) aurait été limitée par des interventions occidentales et des incursions soviétiques. Ce qui, au-delà de la violence spontanée, aurait limité l’extension de la guerre.

Mais l’originalité première est justement ce qu’il se passe durant la transformation d’un «nexus» de violence autochtone en foyer de guerre transfrontalière, qui réinterprète spontanément les théories de la guérilla sud-américaine.

Le terme de «foco», que l’écrivain Régis Debray a conceptualisé dans les années 60 pour qualifier les foyers de guérillas latino-américains, pourrait s’appliquer en RDC dans ses deux caractéristiques fondamentales: des frontières poreuses et perméables, ainsi que la proximité d’un pays ami, capable d’accueillir et soutenir, voire renforcer le mouvement guerrier qui se lève; d’un coté de la frontière une «base arrière» de repli, de l’autre un foyer insurrectionnel. Du nexus au foco, la dynamique se joue bien autour de cette ligne imaginaire, présente/absente, invisible et porteuse d’effet: la frontière étatique; inexistante pour les peuples, et pourtant subvertie par les guérillas.

Bien entendu, le Kivu est pour cette zone, l’archétype d’un de ces nœuds conflictuels, entre problèmes fonciers, enjeux miniers, affrontement interethniques et rivalité entre les deux pays limitrophes- RDC/Rwanda, mais il est bien d’autres foyers, d’autres enjeux, d’autres peuples migrants et transfrontaliers que les Banyamulenge du Kivu- ce qui à l’échelle de ce «pays continent» et de l’Afrique centrale créée un extraordinaire imbroglio conflictuel.

Nulle logique politique- au sens d’idéologies constituées, dans la prolifération des factions et des jeux d’alliance: c’est bien du coté de la segmentarité sociale, qui oppose à des niveaux différents des groupes antagonistes: clans contre clans , villages contre villages, peuples contre peuples…ou en termes plus contemporains factions contre factions , guérillas contre guérillas…- sous l’influence de parrains régionaux ou plus lointains, en luttes constantes dont les ressources ne sont pas des fins mais des moyens, sans cesse instrumentalisés par des maîtres de guerres ou des entrepreneurs de la violence.

Ces guerres segmentaires seraient donc, pour paraphraser Clausewitz «la continuation des sociétés par d’autres moyens»– les formes de la violence correspondant à la structure segmentaire des organisations autochtones.

Par quels mécanismes passe t-on par la suite à un embrasement généralisé? L’entropie guerrière atteint le niveau des Etats, qui ont les moyens de faire jouer à leur profit le «différentiel des frontières» – et les niveaux locaux, nationaux et internationaux s’imbriquent inextricablement: les ethnies transfrontalières en sont le vecteur privilégié, tandis qu’en mosaïque, et dans une ethnicité en recomposition permanente, alliés et antagonistes s’opposent pour le contrôle des richesses et de hommes. Le stade ultime, à l’opposé, est celui d’une déterritorialisation totale, et d’une inversion des valeurs et des structures sociétales: enfants et femmes soldats, technicals et carnaval sadique en sont les extrêmes dont le jeune anti- héros d’Ahmadou Kourouma (Allah n’est pas obligé) en est le triste emblème.

Penser la guerre: Les chances d’un constructivisme à l’Africaine

Il faut bien sûr arrêter de représenter l’Afrique en termes «réalistes», c’est-à-dire comme agrégat d’Etats, mais bien plutôt penser et observer l’Afrique et ses conflits d’abord en terme de sociétés pour, enfin, pouvoir y déceler les dynamiques autochtones et tenter de les décoder. Ce qui fait l’ordinaire des anthropologues n’est évidemment pas exclusif d’une analyse «par le Haut» et surtout d’une prise en compte des jeux étatiques régionaux – ou occidentaux. Et cette interprétation, elle aussi, peut-elle muter aussi vite que le font la violence et la guerre?

Cinquante ans après les Indépendances, l’exemple de la Côte d’Ivoire montre bien qu’il n’y a pas d’Indépendance réelle et que les décideurs coloniaux sont toujours actifs. La RDC, entre élections truquées et guerre latente aux frontières, rompra t-elle avec sa propre histoire et la domination renouvelée de l’Occident sur le reste de l’Afrique subsaharienne? On peut en douter, surtout si les analystes politiques locaux ou extérieurs ne changent pas de paradigme d’analyse…

Africanistes et polémologues, journalistes et militaires, encore un effort pour devenir constructivistes: toutes les sociétés africaines y invitent!

Michel Galy et Sarah Heitz

La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

La grande guerre pour la civilisation

L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

Ouvrage écrit par Robert FISK

Depuis les années 1970, l’histoire du Moyen-Orient se confond presque avec celle de ses guerres et de ses conflits : guerre soviétique en Afghanistan (1979-1989), guerre Iran-Irak (1980-1988), guerre du Liban (1975-1991), guerre du Golfe (1991), guerres américaines en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), sans oublier l’interminable conflit israélo-palestinien. Si ces années furent celles d’une « grande guerre pour la civilisation », c’est en raison du rôle persistant que les puissances occidentales – la France et le Royaume-Uni dans la première partie du XXe siècle, puis les États-Unis – n’ont jamais cessé de jouer dans une région qu’elles considèrent comme leur zone d’influence : aux entreprises coloniales succéda l’ère des manœuvres diplomatiques, des jeux d’alliances complexes et secrètes, des coups d’État et des trafics d’armes, le tout dans une indifférence quasi complète au sort des innombrables victimes de cette histoire dramatique. Dans ce livre magistral, Robert Fisk raconte et documente notamment le soutien cynique apporté par les régimes occidentaux aux brutales dictatures de la région, et témoigne, année après année, de la montée concomitante de l’amertume et de la haine de millions de musulmans à l’égard de l’Occident. Mêlant récits, enquêtes, dialogues avec les acteurs – dirigeants et anonymes –, analyses et souvenirs personnels, Robert Fisk retrace l’épopée tragique du Moyen-Orient, à travers la chronique détaillée de ses sanglants épisodes.

Le journaliste italien Giulietto Chiesa fixe la date du début de la Troisième guerre mondiale

Le monde est témoin de provocations et mises en scène orchestrées par les Etats-Unis, intéressés à déchaîner un conflit global, a indiqué à Komsomolskaïa pravda le journaliste italien Giulietto Chiesa.

L’annonce de l’assassinat de Ben Laden témoigne, selon lui, du fait que Barack Obama suit la voie de George W. Bush, qui avait commencé la guerre au Proche-Orient sous des prétextes fallacieux. Le président cherche également à détourner l’attention de l’opinion publique des problèmes réels de l’économie américaine en déclin, estime Chiesa.

Les derniers événements (Fukushima, troubles arabes) surviennent dans le contexte de la crise qui s’annonce, selon lui. Le monde  va affronter une crise énergétique, liée à l’épuisement des hydrocarbures fossiles, et une crise financière, en raison du fait que le secteur industriel est englouti par le secteur financier, pense l’expert.

Une guerre pour les ressources peut commencer d’ici cinq ans, estime-t-il. Ce pronostic s’explique par la croissance de la Chine, le boom démographique dans le monde et l’épuisement des ressources naturelles.

Le journaliste compare la situation actuelle en Europe à celle de l’époque de la Grande Dépression, qui avait engendré une série de régimes d’ultra-droite dans la région. Aujourd’hui, le gouvernement italien comporte déjà des fascistes, et la Constitution de ce pays subit une pression de plus en plus forte, avertit-il. Les nationalistes sont au pouvoir en Finlande et le parti xénophobe a remporté les élections aux Pays-Bas.

« En 1929, il y avait également une crise, et dix ans après, c’était la Seconde guerre mondiale. Nous nous retrouvons dans une situation beaucoup pire et beaucoup plus dramatique », dit Giulietto Chiesa.

Giulietto Chiesa, communiste italien et ancien député européen, est journaliste professionnel, ancien correspondant de L’Unità et de La Stampa à Moscou.

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