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Soro Guillaume, être magistère de coups d’Etat se paie sur terre !

Le Chef rebelle Guillaume Soro et le Parrain de la rebellion Alassane Ouattara au Golf Hôtel

Quelle honte pour sa génération ? Cet individu. Se prenant pour une personnalité dans ce pays, du haut de ses 1,50 mètres, il parle et s’adresse à des officiers supérieurs, des citoyens nobles, des hauts cadres comme bon lui semble. C’est pourquoi il est temps que je lui dise sérieusement deux petits mots.

Dans les colonnes de la presse ivoirienne de ce vendredi 28 octobre 2011, Soro Guillaume s’est encore répandu. Il aurait jeté à la face du monde, ce discours : «les coups d’Etat, c’est fini ». Et il semblerait que cette déclaration serait adressée au FPI/CNRD puis par ricochet à nous autres. Après quoi, il aurait adressé une « sévère » mise en garde aux commandants des grands corps de l’armée « n’zassa », cette chose bigarrée qu’ils présentent à leurs maîtres comme une armée.

Mais respirons un grand coup. Et posons-nous cette question : à qui croît s’adresser ce petit criminel impoli ? Et pour qui se prend-t-il ?

Le FPI/CNRD ne croit pas au coup d’Etat comme moyen civilisé d’accéder au pouvoir. Et il n’entend pas se donner quelque moyen pour tenter cette aventure. Mais saches qu’il y a une différence entre Révolution et coup d’Etat. Et nous sommes les magistères de la Révolution ivoirienne.

Car à regarder de près les hommes politiques de premier plan en Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié a été victime de coup d’Etat et s’est vengé par un coup d’Etat qu’il n’aurait pas commandité mais qu’il aurait entretenu contre Laurent GBAGBO ; Dramane Ouattara ne jure que par les coups d’Etats et entend faire inscrire sur sa tombe une épitaphe du genre : « ci gît un putschiste » ; Laurent GBAGBO a été victime et reste à ce jour victime de coups d’Etat.

Des trois : Bédié Konan est un héritier politique. Dramane Ouattara est anarchiste putschiste. Et Laurent GBAGBO est un descendant d’élections politiques. Peut-être par naïveté, peut-être par conviction civilisée, Laurent GBAGBO pense que seul le jeu politique selon les règles que nous nous sommes données, en toute responsabilité, doit guider le parcours politique d’un homme se disant politique.

Du Quotidien Nord-Sud que tu as créé et l’espion de la DGSE Laurent DESPAS ton conseiller presse et propriétaire du site koaci, tu trouves des plateaux comme tu en rêves pour t’étaler.

Et encore à toi d’insister : les coups d’Etat, c’est fini ! Et à nous autres de répondre : ce n’est pas un coup d’Etat, c’est une Révolution contre l’imposture !

Alors l’histoire tranchera. Elle nous dira si tu survivras à la fin des coups d’Etat dont tu prospères et à la naissance de la Révolution Permanente ivoirienne. Le monde entier nous regarde. Tu as parlé. Je t’ai répondu. Un jour, nous ferons le point.

A Très bientôt.

Hassane Magued

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Côte d’Ivoire : Bédié Konan, le chef devenu un chiffon !

« Tant que tu n’es pas mort, tu ne peux pas savoir comment tu vas terminer ta vie ». Cet adage a désormais un sens chez l’homme. Konan Bédié. Le fils de Daoukro. Cet homme dont on dit qu’il a eu des rapports peu recommandables avec les caisses de l’Etat.

Imposé Chef à tour de bras par Houphouët-Boigny, l’homme donnait l’impression d’incarner quelque chose de noble que le vieux voyait en lui. Il disait de lui qu’il avait « un cerveau électronique ». C’est Bédié lui-même qui nous l’a répété. Mais Houphouët ne s’est pas trompé. L’homme avait effectivement un cerveau électronique. Car du rôle de chef qui lui avait été confié, il a décidé d’exceller dans celui de chiffon comme s’il avait subi un court-circuit.

Sur ce coup, c’est la Côte d’Ivoire tout entière qui s’est plantée. Dans ce pays, un adage argotique dit qu’ »un chef n’est pas un chiffon ». Un groupe de chanteur le dit mieux que moi ; juste pour expliquer qu’un chef, même déchu, reste un chef car il conserve sa carrure, une partie de son aura de chef et l’expérience qui donne un contenu à sa carrière passée.

Mais le cerveau électronique de Bédié semble avoir reçu la visite de virus informatiques. Il donne l’air d’avoir été formaté de sorte que même son propre passé, il l’attribue à Laurent GBAGBO : réflexe ethnique, répression des étudiants, bastonnade d’hommes politiques, chasse à l’homme contre Dramane Ouattara et ses affidés, dénonciation de l’origine voltaïque de Dramane Ouattara, détournement de deniers publics, péchés d’orgueil avec des festivités organisées pour fêter plus d’une fois les milliards pompés des caisses de l’Etat, Ivoirité, etc.

Aujourd’hui, l’homme fait figure de sage au RHDP, le projet de parti unique géré par Dramane Ouattara. Mais « il y a sage et puis sage ». Le dirait l’autre.

Car l’avantage de l’âge ne fait pas le sage. Cela se dit en pays baoulé dont il est originaire. On naît sage. Sage pour diriger. Sage pour réconcilier. Sage pour développer. Sage pour la parole dite en publique. On ne devient pas sage parce qu’on est riche, gros, grand, vieux ou vieillard.

Et le « sage » du RHDP met tout le monde mal à l’aise. Du rôle de patriarche lucide qui devait être le sien, il est devenu le valet de service des causes viles et vaines de Dramane Ouattara. De celui de Porte-parole pour tenter de clouer au pilori Laurent GBAGBO à celui du perroquet répétant les instructions du petit Sarkozy, Bédié se sent bien dans la peau de celui qui met à l’écart tous les cadres du PDCI qui n’approuvent pas la croisade haineuse de Dramane Ouattara contre leurs frères du FPI/CNRD.

Il soutient mordicus que Laurent GBAGBO doit terminer ses jours en prison après un passage à la CPI. Il pense que la justice doit punir sévèrement les crimes économiques. Lui. Bédié. Il ose dire cela !?

Puis il s’adresse au monde entier pour demander que les élans génocidaires de Ouattara soient sous bonne protection des armées étrangères.

Finalement, tout est clair que l’homme a trouvé de quoi occuper son temps entre deux verres. C’est aussi cela, les revers de l’âge et de la retraite. On s’ennuie. On est oisif. Or l’oisiveté est la mère de tous les vices. Donc il s’y adonne. Vice de la haine. Vice de l’intolérance. Vice de la calomnie. Vice de la division. Vice de l’épuration politique. Vice du tribalisme. Vice de l’arrogance.

Or, un chef, un vrai chef Akan, pour ce qu’il m’en a été dit, reste sobre, stratège et d’un charisme intelligent. Il unit. Il évite de créer des précédents fâcheux. Car il sait que la vie est une roue qui tourne. Il consulte toujours ses proches et ses notables avant de parler. Il n’est pas porté sur le gain matériel qui rend esclave. Et il évite de se faire acheter par qui que ce soit, afin de garder son autonomie de pensée et de parole. Ces traits du chef Akan, sont aussi les traits nobles de tous les vrais chefs Africains. Mais Bédié n’a plus ou peut-être n’a jamais eu un seul de ses traits.

Alors posons-nous la question. Pourquoi Houphouët l’a-t-il choisi ? Le vieux voulait-il punir son peuple après son départ ? Parce qu’en ajoutant à Bédié, Dramane Ouattara qu’houphouët a importé en Côte d’Ivoire comme une marchandise prohibée, on est tenté de s’interroger sur les intentions du vieux.

Aujourd’hui, c’est le Voltaïque qui est dans le rôle du chef. Et Bédié, s’occupe bien du côté chiffon. Nettoyer, polir, tenter de valoriser, puis nettoyer, et encore nettoyer. Car chaque instant, le voltaïque souille l’image de la Côte d’Ivoire, par la haine, l’incompétence, le faux, la confusion à tous égards, les meurtres, les sacrifices humains, qui sont autant de déchets qui demandent un service de chiffonnier 24H/24.

Mais Bédié est dans la place. Les mallettes de billets CFA soustraits des caisses perforées de l’Etat à son attention, les champagnes long cou, la calomnie contre Laurent GBAGBO, voilà autant de passe-temps qui meublent bien ses vieux jours.

Et pour les chemins tortueux de sa vie, ne vous en faites pas. Il comprendra le moment venu, qu’il crèvera sans funérailles pour le rôle de chef chiffon qu’il s’est donné désormais. Car ce rôle qu’il s’est choisi, il doit être le seul à en payer le prix.

A très bientôt.

Hassane Magued

Soro, Bédié, Ouattara, un pouvoir qui se cherche à la tête d’un pays qui coule !

L’actualité récente de la Côte d’Ivoire, à travers les activités, les discours et les comportements des trois principaux responsables de l’attelage hétéroclite, mais cependant fortement associé en incohérences et en orgueil jamais observé dans notre histoire politique (même le «grand Houphouët savait se garder d’une trop grande arrogance, malgré une mainmise sans contexte ni partage sur la Côte d’Ivoire pendant plus de 30 ans!), n’augure assurément de rien d’apaisant pour le futur immédiat de notre pays. Soro, Bédié, Ouattara, trois associés en crime contre la Côte d’Ivoire, trois personnes si dissemblables et pourtant associées, pour qui la Côte d’Ivoire ne doit servir qu’à leurs intérêts et ceux de leurs amis ou de personnes qu’ils auraient choisis sans aucun fondement objectifs. Faut-il attendre qu’ils nous conduisent vers l’abîme de plus en plus perceptible ? Comment évoluera et se terminera le jeu de dupes qui les réunit et qu’adviendra-t-il de notre pays à la fin, que nous espérons très prochaine, de cette mascarade honteuse pour notre pays et ses dignes populations.

«Le temps est un autre nom de Dieu», disait régulièrement le Président Laurent Gbagbo, comme pour nous enseigner non seulement une grande patience et une foi profonde en Dieu, mais aussi pour nous dire combien il était difficile de faire vivre ensemble des frère antagonistes pour «le père» qu’il était et restera pour beaucoup d’entre nous, soulignant ainsi l’extrême délicatesse de construire l’union et inspirer la tolérance dans notre communauté. Nous nous en souviendrons jusqu’au bout, et pour autant, notre pays restera certainement meurtri pour longtemps par nos actes de mensonges, de lâcheté, de trahison contre la nation fragilisée et haï par beaucoup, pour des raisons que nombre d’entre nous ignorent encore. Depuis l’avènement du trio iconoclaste et hétéroclite à la tête de notre pays, chaque jour qui passe vient fragiliser encore plus les minces espoirs que certains naïfs avaient placés dans les illusions qu’il est arrivé à faire prospérer au sein que quelques-unes de nos populations. Nombre de motifs aussi fallacieux que contradictoires ont été avancés pour préparer et défendre leur forfaiture. Ils se partagent aujourd’hui le pouvoir en Côte d’Ivoire et entendent faire la justice sur des faits issus d’une crise dont ils sont les principaux responsables et réconcilier des Ivoiriens qu’ils ont passé tout leur temps et énergies à diviser pendant 18 ans, certes avec l’apparition d’un élément opportuniste, comme dans le cas de maladies sournoises et impossibles à soigner !

C’est cette Côte d’Ivoire que Charles Konan Banny a la responsabilité de réconcilier, face aux torpilles systématiques d’un trio iconoclastes et dans une incertitude croissante, approfondissant le désarroi des Ivoiriens et leur pessimisme en un futur qui se dessine sous la brutalité d’une force grégaire et où le mensonge et la haine sont les piliers d’une démarche sans but, autre que celui de se venger et d’empêcher la Vérité d’émerger pour dire la véritable histoire récente de notre pays. Comme le disait l’écrivain George Orwell «en des temps de supercherie universelle, dire la vérité sera un acte révolutionnaire» ! Ckb est donc le révolutionnaire en qui la Côte d’Ivoire espère, accompagné d’une des «10 personnalités les plus influentes du monde» en 2010 (voir «Times Magazine»), Notre unanime Didier Drogba, seul parmi des commissaires contestables, car de lui au moins, on peut espérer une sincérité, face aux exactions qu’il a personnellement subies et aux nombreuses menaces que sa famille a rencontrées, au point qu’il se soit vu obligé d’exiler tous ces membres auprès de lui à Londres ou à Paris, pour les mettre à l’abri de la haine et de la grégarité ambiante.

Nous souhaitons tous la justice, la réconciliation et la paix durable dans notre pays, nul ne doit en douter, dans l’ordre ou le désordre. Nous souhaitons tous, comme le dit un certain mouvement nouveau que «plus jamais» ceci ne se produise dans notre pays et qu’enfin, nous sachions construire les bases d’une véritable unité, d’une nation forte au service d’un pays ambitieux, plein de talents et de ressources, dont le rôle et la position dans la sous-région et sur le continent ne peuvent être ni anodins ni insignifiants, il caractérise plus que n’importe quel autre pays africain la vraie nature de l’Homme africain, à savoir la solidarité, l’ouverture à l’autre et vers l’autre, le partage et la terre d’accueil pour, qui des exilés exclus de chez eux, qui ces pauvres qui ne trouvent pas de travail chez eux, ou qui encore ces ambitieux qui peuvent loin de chez eux, aisément s’enrichir et prospérer sans aucune contrainte ni limite !

La Côte d’Ivoire, notre Côte d’Ivoire, et non celle que le trio nous offre actuellement, n’est pas un pays ordinaire et ne saura accepter que ses enfants, soient les sacrifices d’une logique qui ne la privilégie pas et qui aurait même tendance à l’exclure, tant en niant ses qualités intrinsèques, qu’en obérant son avenir et celui de ses enfants !

Trop de contradictions actuelles inquiètent, pour espérer tirer de la logique de réconciliation et de recherche de justice actuelle un quelconque optimisme, à moins de vouloir être aveugle ou de nier l’évidence ! La capacité à établir les responsabilités ne se mesure pas à la force de celui qui est au pouvoir, ni à sa volonté de promouvoir une justice injustice. Bien au contraire ! Car, au minimum, il faudrait déjà admettre que la responsabilité de toute cette crise que notre pays traverse depuis près de deux décennies, ne peut être imputée à une seule personne, un seul camp, un seul groupe ethnique ou une seule partie de la population. Or, le constat déplorable que nous observons est que, pendant que nous en appelons tous à la justice pour faire la réconciliation et planter les racines d’une paix unificatrice, que constatons-nous ?

Un camp accablé et déjà condamné, avant même toute enquête ! Un homme voué aux gémonies, annoncé d’emblée comme seul coupable de tous de tous ! Une exclusion systématique et bien organisée d’une partie significative, si pas majoritaire de la population nationale ! Une méprise du droit le plus élémentaire ! Une violation systématique des règles qui fondent le fonctionnement de notre pays ! De nombreux exilés intérieurs et extérieurs, dont on tend à faire peu cas, sauf pour les soupçonner de volonté de déstabilisations ! Un pays où l’insécurité devient une habitude ! Un pays où l’on tend à imposer la pensée unique et où on menace la contradiction et la critique pour l’étouffer ! Un pays où les droits de l’Homme sont valables pour certains et pas d’autres ! Un pays qui veut aller à des élections législatives sans avoir soldé le contentieux de l’élection présidentielle encore traumatisante ! Un pays où, un individu seul, parce qu’aillant tenu un armée rebelle pendant plus de neuf ans, est le seul capable d’aller partout sur le territoire national ! Un pays dont le prétendu président a plus le souci d’aller à l’étranger que de tourner dans son pays pour se rendre compte de l’état de celui-ci et de ses populations ! Un pays où, seule, une clique minoritaire décide et gère toutes les activités qui génèrent de l’argent ! Un pays où les épouses de quelques responsables se promènent dans les paradis fiscaux et prétendent être seules capables à offrir à qui le veut tout ce qu’il souhaite ! Enfin, un pays dont les responsables préparent la vente tous les actifs viables à des prête-noms qui viendront récupérer à vils prix ces actifs pour le compte de ceux qui nous dirigent en ce moment ! En somme, un qui va à vau-l’eau, inexorablement, sous les yeux effarés de ses enfants, mais avec l’approbation de soutiens extérieurs alléchés ! Au fait, pendant ce temps, la «blanche colombe» fait ses affaires tranquillement !

Au milieu du trio se trouve, un homme ! Jeune, ambitieux, qui se veut mystérieux et homme d’Etat précoce ! Un jeune homme qui a tué pendant neuf ans, aux vus et sus du monde entier, et qui l’assume avec fierté arrogante ! Un jeune homme qui tient les deux autres membres du trio, pour avoir été le constructeur du pouvoir actuel, mais que peu d’entre nous attendait là !

Un jeune homme qui se prévaut d’avoir «rouler le boulanger d’Abidjan», selon ses propres termes ! Un jeune homme qui dicte tout, décide de tout, influence tout et détermine finalement la logique en cours, envers contre tout bon sens et surtout, envers et contre la Côte d’Ivoire !

Un jeune homme enfin qui n’a de souci que d’être au pouvoir pour éviter d’être rattrapé pour ces vrais faits et actes, pour tous les crimes qu’il a commis, initiés, ordonnés ou coordonnés !

Un Jeune homme qui est devenu un gros os dans la gorge de la Côte d’Ivoire actuelle et de la Côte d’Ivoire tout court, car tant qu’il tient ce pouvoir, c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui est en otage, sous hypothèque ! C’est une Côte d’Ivoire psychopathe, profondément malade, méfiante envers elle-même qui en résulte, donc fatalement fragile ! Et ce jeune homme se ment, leur ment, nous ment ! Mais, peu s’en rende compte ! Ses discours sont toujours en contradiction avec les annonces faites par «son président» ! Quand quelque chose ne lui plait pas, il boude et met en difficulté tout l’attelage ! Son humeur domine et détermine toutes tendances ! Il n’a pas d’ami et seul ses ambitions comptent ! Alors, comment va se terminer ?

Ouattara est-il finalement le vrai président qu’il croit être ? Bédié joue quel rôle dans tout cela ? Et, en réalité, après avoir «eu Gbagbo», quel sort le jeune homme réverse-t-il à ces deux vieux chevaux qui pensent être les patrons du trio ?

Ouattara dans sa volonté farouche de prendre la tête de la Côte d’Ivoire, s’est acheté toutes sortes de soutiens, parfois contradictoires les uns des autres ! Dans sa démarche, il ne semble pas avoir prévu l’émergence d’une force opportuniste et maintenant qu’il est confronté à ce jeune homme, qui prétend ne plus avoir peur de rien, pour avoir «dirigé une rébellion pendant neuf ans» ? Soro est-il utile ou nuisible à Ouattara et Bédié (en fait, ce dernier ne compte rien, sauf à faire croire à un report de ses voix vers Ouattara au second tour) et si oui, pourquoi et pour combien de temps ? Objectivement, la réponse serait que Soro est nuisible, tant pour le régime actuel que pour la Côte d’Ivoire toute entière.

Soro fait montre de toutes les caractéristiques d’un apprenti dictateur : impulsif, toujours menaçant, rétif à la contradiction, incapable d’accepter la contradiction au point de faire éliminer physiquement et systématiquement toute opposition, toutes contradictions ou résistance contre ses opinions et sa volonté ! Il se croit un destin supérieur tel, qu’il s’autorise à marcher sur tout, sans états d’âmes. Il force des alliés à remettre en cause leurs accords, pour imposer ses intérêts ! Il est froid et se croit d’un courage unique !

Et pourtant, face aux attentes de justice, de réconciliation et de paix, il est le principal et l’unique point d’achoppement ! Il est celui que les Ivoiriens tolèrent certainement le plus malgré eux, par la crainte qu’il leur inspire ! Sa méchanceté et sa détermination n’ont pas de limites ! La liste des crimes en tous genres est abyssale et ses forfaits divers sont tous passibles de la Cpi ou des plus hautes condamnations prévues par nos lois ! Et Pourtant, c’est lui qui prédit le plus de condamnations aux autres ! Il accepte la Cpi, comme tous les Ivoiriens, au demeurant, et promis d’y extrader toute personne de groupement de rebelles qui serait reconnu coupable ! Mais, il fait mine d’oublier que chacun de ceux-ci ne sont que des exécutants de ses ordres, ou en tout cas, que lui aussi devrait «bénéficier» de la «présomption de culpabilité» dont il use pour détenir illégalement le président Gbagbo ! «Présomption de culpabilité» qui est tout autant valable d’ailleurs pour Ouattara lui-même, si c’est bien la justice qu’on recherche ! Soro est passible de la Cpi bien plus que Ouattara lui-même et bien encore plus que Gbagbo ! Alors, pour lui, seul le pouvoir d’Abidjan doit déterminer les conditions d’accusations et d’inculpations des personnes à traduire ici et là en justice ! Soro est plus conscient que n’importe qui de ce que la vérité coûterait à une quelconque de personnes visées par des enquêtes pénales ou civiles devant être conduites en Côte d’Ivoire pour solder totalement et véritablement la crise que le pays traverse depuis 1994 en réalité et sait donc pertinemment que, si la justice devait se conduire dans les règles de l’art, il serait le tout premier à être extradé vers la Cpi, puis ensuite, emprisonné pour avoir littéralement piller la Côte d’Ivoire pendant près de 10 ans, en toute impunité et pour aucun autre intérêt que le sien et celui de quelques personnes sous la protection desquelles il est arrivé à se mettre pour arriver à s’imposer à la tête de la Côte d’Ivoire. Car c’est bien lui et non Ouattara qui dirige ce pays depuis quelques mois ! Pire, si selon la jurisprudence de la Cpi, les crimes commis au-delà de sa saisine par le régime de Ouattara devaient être pris en compte, Soro devrait se faire encore plus de souci, au lieu de plastronner sans vergogne, tant son orgueil l’étouffe et l’aveugle !

Mais le plus grave, c’est l’hypothèque que cela fait peser sur la Côte d’Ivoire, sur l’éventualité d’une réconciliation et sur un retour véritable à la paix, car tout cela finira bien par le rattraper, que cela lui plaise ou non ! Banny, dont la détermination à conduire avec succès le processus de réconciliation doit le savoir et s’il en doute, devrait prendre quelques reculs afin de bien réévaluer la situation avant de relancer sa machine ! Car sa tâche ne sera d’aucun repos et nous lui souhaitons sincère succès, car nous avons tous intérêt dans son succès !

Mais, pour autant, nous doutons de sa capacité à trouver les équilibres qui puissent à la fois satisfaire Soro, arranger Ouattara dans la nécessité pour lui de prendre le contrôle de «son pouvoir» et surtout, de convaincre la population dans son ensemble, mais surtout les partisans de Laurent Gbagbo qu’une justice sincère puisse se réaliser sans que Soro ne soit inquiété et qu’une réconciliation puisse se construire sans que les rebelles et leurs méfaits ne soient admis et condamner, pour être éventuellement pardonnés par les autres !

Cela rend l’ascension de l’Himalaya bien plus aisée, même pour quelqu’un d’un âge aussi avancé que M. Banny ! Pour faire la justice, nul d’entre nous ne doute qu’il faut la vérité ! Pour arriver à la vérité, il faut, au minimum que tous les protagonistes soient traités sur un pied d’égalité, ce qui contredit totalement la déclaration de Soro selon laquelle, «quand on a perdu (la guerre et les élections ?), il faut se taire» et subir la loi du vainqueur (remarquons bien qu’il n’a pas dit «des vainqueurs», car pour lui il n’y en a bien qu’un et ce ne peut être que lui !) ! Pour arriver à mettre tout le monde sur un pied d’égalité, il faut œuvrer avec courage et dire les choses telles qu’elles sont, ou ont été, ce qui n’est pas le cas pour l’instant ! Enfin, pour arriver de la justice à la vérité, de la vérité à la réconciliation et de la réconciliation à la paix, il faut que personne ne se sente ni exclue, ni particulièrement stigmatisée !

Ces conditions minimales ne semblent pas encore garanties dans le cas de notre pays ! Nous souhaitons que Banny arrive à les créer, pas uniquement par son discours, certes courageux, il faut le lui concéder ! Et la condition sine qua non ou minimum à remplir, c’est de régler le cas de Soro, qui est le centre et l’épicentre de la crise dont notre pays sort difficilement ! Si la Côte d’Ivoire veut la paix durable, si Ouattara veut se constituer une crédibilité qui le maintienne à la tête de notre pays, si Bédié veut rentrer dans notre Histoire aussi dignement que cela peut lui être encore autorisé, si Banny veut être le saveur qu’il souhaite, si Drogba ne va pas se voir descendre de son piédestal, le cas de Soro est le premier sujet à l’ordre du jour et la priorité des priorités ! Car, tant que ce jeune homme n’aura eu l’assurance certaine de s’en sortir, il ne libèrera pas notre pays et n’autorisera certainement pas une vraie réconciliation ! A moins que nous parlions d’autre chose, Soro est le danger public et général numéro 1 de tous les enjeux de notre pays et de tous les acteurs politiques actuels de notre pays…

Correspondance particulière de F. Lefaman, Quotidien Le Temps

Alassane Ouattara et la République avariée – Essai sur l’ivoiro-pessimisme

Alassane Ouattara et la République avariée – Essai sur l’ivoiro-pessimisme

Par Dr. SERGE NICOLAS NZI

Il nous arrive dans ces jours sombres pour la Côte d’Ivoire, d’avoir de la compassion pour notre frère le Dr Allassane Ouattara. Nous nous empressions de dire ici que la compassion, en ce qui nous concerne n’a rien à voir avec la pitié.

Le Dr Allassane Ouattara, avec ses costumes taillés sur mesure, ses molaires en or, ses cravates en soie pure, et ses boutons de manchettes en or est un homme habitué aux mondanités de son temps, il ne fait donc pas du tout pitié. Nous voulons être sincère dans l’usage de ce mot, afin de bien nous faire comprendre.

La compassion dans notre esprit, c’est le sentiment indéfinissable de désolation et de tristesse qu’on éprouve face au malheur de son semblable. Car c’est en tenue de deuil qu’il a franchi les portes du palais présidentiel d’Abidjan Plateau, pour prendre en main le destin des ivoiriens, dans une ville d’Abidjan jonchée de cadavres, dont beaucoup étaient encore en état de décompositions avancées.

Il a certainement voulu être le président de la Côte d’Ivoire, mais pas dans des conditions aussi sanglantes. C’est cela qui justifie notre compassion à son endroit. Cela dit, nous sommes pessimistes sur sa capacité à instaurer la confiance entre les ivoiriens et à jeter les bases d’une paix juste et durable dans ce pays.

La Côte d’Ivoire est pris au piège d’une réalité qui ne fait que la broyer tous les jours dans une sorte de fatalité sans fin. Certains disent que la crise ivoirienne était militaire, d’autres disent qu’elle est économique et institutionnelle car c’est la faillite des hommes qui a provoqué la faillite de l’Etat et du pays. En réalité il s’agit d’une crise politique.

Le politique étant le sens et l’essence de l’existence de l’Etat, il ne doit plus devenir un tabou à l’heure des comptes pour nettoyer les plaies, panser les blessures et permettre à la nation de se relever progressivement de cette immense déchirure qui risque durablement de la rendre impotente.

II – L’avarie de la république

Les marins utilisent le terme avarie, pour désigner les dommages subits par un navire en mer. Si nous devons transposer ce terme en politique nous n’hésiterons pas à dire ici que lorsqu’un Etat est incapable d’assurer ses fonctions régaliennes, il est dans la situation d’un navire avarié.

– Il ne faut pas se le cacher, la Côte d’ivoire a de la peine à payer ses fonctionnaires.
– Personne ne peut dire aujourd’hui avec exactitude quand les universités ouvriront leurs portes pour la prochaine rentrée.

– Personne ne peut vous dire si vous pouvez quitter Abidjan pour aller à Abengourou sans que des coupeurs de routes ne s’en prennent à vous pour vous rançonner et violer votre femme et vos filles sous vos yeux.

– La police et la gendarmerie n’interviendront pas en Côte d’Ivoire pour vous protéger contre les bandits devant votre porte.

– En ce qui concerne les FRCI, on est tenté de se demander s’ils sont là pour protéger les ivoiriens ou pour soumettre les ivoiriens au régime politique dirigé par le Dr Allassane Ouattara ?

L’image de l’Etat déliquescent et de la république avariée est apparue dans toute sa clarté au matin du 5 août 2011, quand un accident de la circulation s’était produit sur le Pont Houphouët-Boigny et qu’un chauffeur de bus perdant totalement le contrôle de son véhicule, plonge dans la Lagune Ebrié, avec ses passagers.

La réaction naturelle des ivoiriens fut naturellement d’appeler la marine nationale du pays à deux pas des lieux pour porter secours aux passagers du bus. Ils furent tous abasourdis de savoir que la Côte d’Ivoire n’a plus de marine car tout le matériel de la caserne fut pillé dans l’immense ivresse et la kermesse sanglante qui avait accompagné la chute du président Laurent Gbagbo.

Dans ce cas il faut appeler les pompiers. Ils arrivent sur les lieux eux aussi avec leurs sirènes hurlantes, pour constater qu’ils n’ont plus le moindre matériel de plonger. Quel est donc ce pays bizarre qui dans une sorte de cécité sans fin se dote d’une marine qui n’a aucun matériel de plongée ? La réponse est simple, il ne faut plus croire en la Côte d’Ivoire, ce n’est qu’une république cacaoyère en état d’avarie très prononcée.

Le plus ridicule est que se sont les petites embarcations de pécheurs et surtout les pinasses qui agissent dans la navigation urbaine informelle qui ont été les premiers à porter secours aux victimes. Du côté des autorités il a fallu attendre vers 11h30 pour voir le bus sortir de l’eau grâce à une grue de circonstance. Quand dans un pays qui prétend se respecter, c’est l’informel qui vient au secours du formel, il faut s’interroger sur la nature de l’Etat.

Les USA, le Canada et tous les pays de l’union européenne y compris la France qui embrassent Ouattara sur la bouche, déconseillent à leurs ressortissants de mettre les pieds en Côte d’Ivoire. Cela est vérifiable sur tous les sites des ambassades accréditées à Abidjan. En déclarant à l’étranger qu’il n’était pas au courant des exactions des FRCI, le président Ouattara, à sembler soutenir ses troupes dans le mal contre d’autres ivoiriens, cela n’a fait que raviver les vieux instincts de méfiances entre ivoiriens.

La république avariée c’est l’incapacité du gouvernement de redéployer l’administration dans le nord du pays. Car les pays voisins des frontières nord envers qui Ouattara, est redevable veulent continuer à exporter du bois, du diamant, du coton, du cacao et du café de Côte d’ivoire.

L’Etat avarié ne peut pas protéger ses propres habitants contre son insuffisance et sa propre malfaisance, il entraîne ainsi l’ensemble de la nation dans un précipice. C’est l’image de la Côte d’ivoire Moribonde et grabataire dans un constat douloureux car tous ceux qui aiment ce pays, doivent se taire pour éviter les représailles du régime très démocratique des FRCI.

III – Revoilà le tribalisme

Nous fumes de ceux qui ont dénoncé le venin de l’ivoirité dans la vie politique ivoirienne. Tout le mépris que nous éprouvons pour Henri Konan Bédié et ses apôtres vient de ce maudit concept qui a fait beaucoup de mal à la Côte d’Ivoire. Un pays ne peut pas marginaliser, renier et rejeter une partie de ses propres citoyens sans se renier lui-même.

C’est pourquoi nous pensons que le Dr Allassane Ouattara, ayant été la première victime de cette doctrine, est le mieux placé pour travailler avec tous les ivoiriens sans revenir aux basses manœuvres d’exclusions, de clanisme et de tribalisme qui ont fait tant de mal à la Côte d’Ivoire.

Nous constatons avec regret que sous le gouvernement ivoirien actuel, la haute administration et les entreprises publiques sont aux mains des ressortissants du nord. C’est à peine si le conseil des ministres ne se tient pas en malinké. Les ministres ne portent pas encore les grands boubous, mais cela ne tardera pas. Nous disons ici sans démagogie que si dans un pays pluriethniques on recherche l’ethnie et non la compétence, l’ensemble de la nation ne retirera aucun profit, ni aucun bienfait des nominations à des postes de responsabilités.

Car une étiquette ethnique ne suffit pas à assurer à l’heureux élut la valeur d’un serviteur de l’Etat. L’une des bases essentielles des réformes qu’il faut exiger pour l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire, réside dans l’élimination des considérations ethno religieuses, qui sont des obstacles au progrès national, nuisent à la réputation de la Côte d’Ivoire et enveniment les rapports entre ivoiriens.

Nous n’avons pas l’intelligence, ni le courage politique de notre frère le Dr Allassane Ouattara. Ce que nous combattons ici en tant qu’homme libre non assujettie aux combinaisons politiques, c’est l’esprit et la lettre de l’ethnie comme un projet sectaire de société. C’est un danger qui à terme deviendra la principale source de faiblesse du pays.

L’Etat Kabyè de la compagnie Eyadema et fils au Togo, est l’ombre de lui-même, l’Etat Hutu d’Habyarimana avait entraîné le Rwanda dans l’immense génocide dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées. La faillite de l’Etat Krahn de Samuel Doe, au Liberia voisin.

La déconfiture de l’Etat ngbandi de Joseph Désiré Mobutu au Zaïre. Tous ces exemples sont sous nos yeux pour nous indiquer que c’est la voie d’un immense fiasco pour ceux qui ont eu l’immense privilège de l’expérimenter en Grandeur nature. L’Etat Akan sous le régime Félix Houphouët-Boigny, en Côte d’Ivoire doit nous servir de leçons.

La plupart des directeurs qui ont conduit nos sociétés d’Etat en faillite n’ont jamais été poursuivis en Justice parce qu’ils étaient en Grande majorité des Akans. Tous les ministères de souveraineté étaient occupés par des Akans. La plupart des Ambassadeurs et des préfets étaient du même groupe Akan.

C’est finalement l’Akanité qui a conduit les ivoiriens à l’ivoirité. Celui qui écrit ces lignes est un akan qui souhaite vivement la fin de telles pratiques qui ne peuvent que nous conduire à la ruine de la nation. Car le tribalisme conduit toujours l’ethnie au pouvoir à aller jusqu’au crime pour conserver son emprise sur les institutions de l’Etat. Henri Konan Bédié, fut-il désigné successeur constitutionnel d’Houphouët-boigny, à cause de son appartenance ethnique et non à cause des compétences qu’il pouvait mettre au service de la nation.

Il est possible aujourd’hui que les supporters du Dr Allassane Ouattara, nous traitent de nom d’oiseaux et tombent dans l’insultent, les menaces ou la barbouzerie. Nous leur disons ici que mourir pour une Côte d’Ivoire libre et juste envers tous ses enfants serait franchement une belle mort. Celle qui consiste à quitter cette terre au nom de ses convictions démocratiques.

Nous leur rappelons ici que nous fumes de ceux qui avaient averti Henri Konan Bédié des dangers de l’ivoirité. Nous étions de ceux qui sans être dans les partis politiques avaient dit au général Robert Guei, de ne pas se présenter aux élections présidentielles, pour respecter la parole donnée aux ivoiriens. Aucun d’eux n’a voulu nous écouter. Où sont-ils aujourd’hui ?

La finalité d’un parti politique et cela est admis partout, consiste notamment à assurer la sélection des hommes et des femmes capables d’exercer le pouvoir, à servir de repère idéologique pour les choix politiques et surtout à rétablir la liaison entre les électeurs et ceux qui sont chargés des destinées de l’Etat.

Nous voulons aujourd’hui, que ceux qui sont au pouvoir à Abidjan se souviennent que selon les résultats qui ont fait de lui le président de la Côte d’Ivoire, près de 46 % des ivoiriens n’ont pas voté pour le Dr Allassane Ouattara. Donc pour être le président de tous les ivoiriens, ils doit gagner les cœurs de ceux qui n’étaient pas avec lui, c’est la meilleure façon de conduire l’ensemble des ivoiriens à se reconnaître en lui.

IV – La situation sécuritaire dans le pays

Les ivoiriens sont perplexes. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, sont-ils des ivoiriens au service de la défense et de la sécurité de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens ? Pourquoi le Dr Allassane Ouattara, que l’on dit intelligent ne fait-il rien pour rassurer les ivoiriens en les réconciliant avec la chose militaire qui les traumatise depuis l’usage de la force dans leur vie publique par la soldatesque du général Robert GUEI le jeudi 24 décembre 1999?

Croire aussi qu’en Côte d’Ivoire, une armée de violeurs, de racketteurs, de trafiquants de drogue, de cambrioleurs de banques, de pillards et de vulgaires criminels à la petite semaine, qu’une armée de Dozos et de Zozos, peut assurer la défense nationale et protéger les vies humaines, c’est tout simplement se leurrer. Qui ira investir dans un pays ou les Dozos et les FRCI, illettrés font la loi ?

Nous pensons que le risque existe en cote d’ivoire de voir les mécontents d’aujourd’hui, ceux que l’Etat a abandonnés. Ceux que l’Etat ne protège plus et ne défend pas à cause de leur appartenance régionale ou ethnique, se constituent en force de rébellion armée comme les mouvements de guérilla en Amérique latine. En vue de se défendre contre un régime oppressif à leur encontre.

La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui est ébranlée dans ces racines les plus profondes et dans les valeurs les plus nobles qui ont forgé son histoire. Les hommes sont obligés d’aliéner corps, biens et esprit pour subsister. Les institutions sont en crise et se contentent d’exister : elles ont perdu leur capacité de création, de décision, de contrôle et d’orientation. Cela réduit la capacité du pays et des ivoiriens à décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes de l’orientation de leur devenir.

C’est une société qui cultive la dépendance à l’égard de l’extérieur : valeur des importations, volume de l’aide externe, agriculture en régression, chômage en progression, système éducatif en plein délabrement, hôpitaux en piteux état, routes impraticables, dirigeants corrompus, ethnisme et tribalisme rampant, etc. cette dépendance se répète à l’intérieur à différents niveaux, jusqu’à provoquer un puissant blocage de la pensée et de l’action.

Cette société se tient debout difficilement sur des béquilles d’une pseudo Républiques sans dignité, dans laquelle l’espoir ne pousse plus. La vérité ayant perdue sa substance, la communication entre les hommes devient impossible ou artificielle.

La pensée alors s’arrête puisqu’elle n’est plus fécondée par l’échange et la contradiction. Quand l’intelligence déserte le forum, la médiocrité s’installe et tout peut finir en dictature. La transition militaire chaotique du général Gueï, ainsi que la refondation frontiste et gbagboïste, furent des grandes désillusions et des illustrations de cette descente aux enfers de la Côte d’Ivoire.

Les solutions que proposent le Dr Allassane Ouattara doivent prendre en compte la soif de justice, de vérité et de liberté des ivoiriens ainsi que leurs désires de vivre dignement dans un pays qui est le leur. C’est un minimum faisable que nous attendons tous de l’Etat FRCI.

Sur ce plan nous doutons que l’actuel gouvernement puisse faire quoi que ce soit. Pour illustrer notre pensée prenons un exemple concret. Suite à la guerre, de nombreuses maisons sont aujourd’hui encore occupées par des personnes appartenants au groupe ethnique au pouvoir, malinké, Koyaga et sénoufo, à ce jour avec tous les titres de propriétés en main aucune police, ni aucune gendarmerie ne pourra vous restituer votre maison.

Votre maison a été pillée, vous connaissez les pilleurs, ils portent vos habits et passent devant vous. Il est pratiquement impossible pour vous de demander la restitutions de vos biens, vous risquez l’égorgement en pleine rue par les forces de l’Etat FRCI. Les victimes dépouillées de leurs biens sont perplexes et médusées devant l’absence de l’Etat de droit promis aux ivoiriens par l’Etat FRCI de notre frère le Dr Allassane Ouattara.

Ils sont finalement nombreux les ivoiriens qui ont fait le pari de ne plus retrouver leurs maisons. Dans une sorte de résignation absolue, ils ont fait le deuil de leurs biens. Des paysans qui ont perdu leurs plantations occupées du jour au lendemain par les manœuvres qui étaient hier encore à leur service.

Ils sont convaincus que dans l’Etat FRCI, le Dr Ouattara et son gouvernement ne lèveront pas le petit doigt pour les aider à récupérer leurs biens. Car ils ont pour nom KOFFI, YAO, YAPO, ZADY, SERY, ZOKOU, DION, MAMBEA, LEVRY et non KONE, SANGARET, DOSSO, SORO, NAMOGO, KANDIA, BAKAYOKO ou OUATTARA.

Encore une fois comme dans l’Italie fasciste de Benito Mussolini, il faut le dire clairement que l’Etat partisan, Partial et parcellaire n’a jamais fait le bonheur d’aucun peuple sur la terre. En initiant l’exercice du pouvoir politique par un sectarisme affiché, notre frère le Dr Allassane Ouattara, est entrain de scier lui-même la branche sur laquelle il est assis. C’est l’ensemble de toutes ces observations qui nous rend septique sur sa capacité à gouverner au-delà des clivages ethniques et à faire du pouvoir politique un service au bénéfice de tous les ivoiriens.

V – De la réconciliation nationale, parlons en !

Il est souvent difficile à la sortie d’une situation conflictuelle de gommer aussi facilement les actes criminels, les meurtres inutiles, les tortures, les violes des femmes, les pillages des domiciles et des biens publics. Dans certaines administrations ivoiriennes aujourd’hui, il n’y a même plus de chaises, ni d’ordinateurs encore moins les archives. 80% des véhicules de service ont été emporté et circulent librement aujourd’hui dans les pays voisins, comme la Guinée le Mali et surtout le Burkina Faso.

Les partisans de Laurent Gbagbo, n’ont plus de domicile, leurs maisons ont été pillées ou incendiés. Beaucoup d’entre eux ont fait le choix de l’exil pour survivre. Comment reconstruire des relations sociales entre des ivoiriens qui se regardent en chien de faïence dans l’attente de la prochaine explosion ?

Que faut-il faire quand le meurtrier de votre père habite juste en face de votre maison ? Que faire quand vous voyez votre voiture dans la cour du voisin et qu’aucune police ne peut la récupérer pour vous ? Comment réparer les relations brisées à l’intérieure de la communauté nationale sans prendre en en Compte la souffrance humaine légitimes des victimes ?

Comment se réconcilier avec celui qui habite la maison que vous avez construite avec un crédit bancaire que vous n’avez même pas fini de payer ?

Pour une fois il faut sortir des slogans et du verbiage et du verbalisme creux dont les gouvernants ivoiriens et leurs presses sont si friands.

Nous constatons tout de suite avec regret que la commission chargée de la réconciliation nationale est présidée par un homme qui a toujours été copté. Il n’a jamais obtenu quelque chose sur la terre par son propre mérite. Charles Konan Bany, appartient à la race des gens qui ont eu la chance extraordinaire dans la vie, de n’avoir jamais eu l’occasion de chercher du travail comme la plupart d’entre nous sur la terre.

C’est toujours la fonction qui est venue comme par enchantement se coucher à leurs pieds. Copté pour entrer à la BCEAO après ses études, Copté pour être le directeur national de cette institution, copté pour être le gouverneur de la BCEAO, copté pour être le premier ministre de la Côte d’Ivoire dans des conditions que l’on sait. Et enfin à la retraite, copté pour présider la commission ivoirienne de réconciliation nationale.

Il n’a jamais acheté l’essence pour sa voiture, il ne connaît pas le prix d’un Kg de riz, d’un litre d’huile, il ne connaît pas l’état de nos hôpitaux, ni le coût de sa facture d’eau et d’électricité. Depuis qu’il a commencé à travailler, jusqu’à sa retraite de la BCEAO, il a toujours été logé et blanchi par le contribuable africain.

Il n’a pas eu sa maison pillée, sa voiture n’a pas été emportée au Burkina Faso, il est joufflu et affiche depuis plus de trente ans un embonpoint qui l’éloigne du quotidien des ivoiriens. Car il n’a connu que les lambris et les ors de l’Etat durant toute sa vie.

Charles Konan Bany, pour ceux qui ont la mémoire courte, c’est l’homme qui siégeant dans le GTI, le groupe de travail international sur la crise ivoirienne, avait approuvé à la demande de la France, la dissolution de l’Assemblée nationale ivoirienne une institution ivoirienne dans laquelle siégeait les membres de son propre parti.

Avec lui la réconciliation nationale est déjà bâclée avant de commencer. Il ne connaît pas la soif d’aujourd’hui et la faim du lendemain. En vérité il n’a aucune autorité morale pour concilier et réconcilier les cœurs en pleure, les visages en sang et les souffrances des ivoiriens.

Cela nous amène à nous interroger sur la volonté réelle du pouvoir en place à Abidjan, de réconcilier les ivoiriens ? Nous sommes de ceux qui affichent leurs doutes et leur pessimisme sur la volonté du Dr Allassane Ouattara, d’aller vers l’édification d’une vraie harmonie entre ivoirien et pourtant il aurait tout à y gagner, mais il n’a pas les mains libres.

Ceux qui le connaissent disent déjà qu’il est revanchard et qu’il veut faire payer au prix fort les tenants de l’Ivoirité et pourtant il a fait d’Henri Konan Bédié le pape de l’Ivoirité son meilleur allié. Quel danger Danielle Boni Claverie, Geneviève Bro Gregbé, Béchio Jean-Jacques, Pascal Affi Nguessan ou Michel Gbagbo représentent-ils contre le régime d’Allassane Ouattara, au point de recourir à des prisons concentrationnaires contre eux?

Etait-il nécessaire devant les cameras du monde entier de dénuder les collaborateurs du président Gbagbo, de bastonner et de brutaliser des gens qui après tout étaient libres de choisir leur camp dans une complétion électorale. Ne pas répondre à ces questionnements, c’est s’embarquer dans la négation des évidences qui nous indiquent le chemin pour ne pas sortir de l’impasse douloureuse dans laquelle la Côte d’Ivoire s’est profondément embourbé.

Si Charles Konan Bany et cette commission voulait vraiment faire du bon travail, ils seraient depuis longtemps aller chercher les membres de la famille Gbagbo en exil pour les mettre sous la protection du président de la république de Côte d’Ivoire. C’est une des clés qui justifie notre pessimiste et la confiance que nous retirons à la Côte d’ivoire car c’est un pays à risques. Cela justifie pleinement notre incrédulité face à ce slogan creux qu’est : « La réconciliation nationale ».

S’il y a des gens qui pensent que c’est par des concerts de musique ou des matchs de football qu’on arrivera à faire en sorte que le Lobi, le Koulango, le sénoufo et le malinké se reconnaissent dans un Attié, un Bété, un Dida un Yacouba ou un Guéré. C’est en réalité aller au devant du ridicule comme les slogans d’hier sur l’autosuffisance alimentaire, le pays de la tolérance, le pays du dialogue, le pays de l’éléphant d’Afrique. Ou bien le pays de la fraternité. Nous demandons à tout ce petit monde de descendre sur terre pour ouvrir les yeux.

C’est alors qu’ils verront la réalité dans toute sa grandeur. Alors ils comprendront tardivement peut être ce que nous savons déjà. Que tout cela n’était que des babioles et des pacotilles et rien de sérieux. Car le gouvernement de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara n’a aucune envie d’évoluer dans une côte d’Ivoire loin des rancœurs et du tuer pour exister.

Il ne faut pas se tromper de sujet. C’est une volonté politique véritable qui rendra la réconciliation nationale possible et effective en Côte d’Ivoire. en d’autres termes, notre frère le Dr Allassane Ouattara et son gouvernement doivent poser des actes qui rassurent les ivoiriens et surtout des actes forts qui favorisent le rapprochement et le pardon entre ivoiriens, d’une part ainsi qu’entre gouvernants et gouvernés.

La théorie ne suffit plus il faut aller plus loin que le bout de son nez. Pour le moment il n’y a que les FRCI, l’intimidation et la coercition qui alimentent le quotidien des ivoiriens éberlués dans l’attente d’un nouveau messie. Car les frustrations sont très profondes.

Nous restons septique car notre connaissance des hommes et de la classe politique ivoirienne dont le monde entier connait la versatilité, nous invite à ne pas croire à la surface mais au fond, à nous fier au contenu et non au contenant. Au réel et non au virtuel. Les bourreaux, les fautifs, les meurtriers incrustés au cœur de l’Etat et les partisans de Laurent Gbagbo, qui ont posé des actes criminels doivent payer pour ce qu’ils ont fait.

Dans cette praxis, c’est au président de la république d’ouvrir la porte du droit, de rassurer les ivoiriens, d’aller vers les victimes, de demander pardon au nom de la nation qu’il veut gouverner, pour sortir le pays du non droit, pour conduire ses concitoyens dans la cité des droits pour tous.

De sortir aussi des pages sombres de la discrimination ethno religieuse, ethno régionale, de la ségrégation tribale et de l’ethnicité pour amener les ivoiriens dans la grande plaine de la vérité, de la raison, du vivre ensemble et surtout de la grande fraternité humaine dont nous voulons tous être les acteurs.

Nous n’avons que des doutes qui renforcent notre pessimisme, que notre frère le Dr Allassane Ouattara, nous rassure s’il en est capable, Car il y a des millions d’ivoiriens dans le même état d’esprit que nous. Il doit remercier ceux de ses compatriotes qui osent lui dire en toute franchise ce qui se passe dans l’immense chaudron que constitue la Côte d’Ivoire en ébullition, parce que pour garder leur indépendance d’esprit. Ils ont fait le choix de ne jamais dîner à la table d’un pouvoir politique ivoirien.

VI – Postulat de conclusion Générale

Il y a chez les hommes politiques africains une sorte de certitude indéracinable qui fini par les noyer. Ainsi Amadou Ahidjo dans le Cameroun où il était tout puissant n’imaginait pas qu’un jour un autre régime allait le condamner par contumace et l’obliger à mourir en exil et enterré au Sénégal.

Dans le même registre, Félix Houphouët-Boigny, n’imaginait pas que son successeur constitutionnel serait renversé par un Coup d’Etat du général Robert Guei et que Laurent Gbagbo deviendrait le président de la Côte d’Ivoire. Le Maréchal de pacotille, Joseph Désiré Mobutu Sese seko, était loin d’imaginer le Zaïre sans lui.

Le Général d’opérette Juvénal Habyarimana se souviendra du fond de sa tombe des avertissements de bon sens de tous ses voisins qui lui conseillait d’ouvrir un dialogue avec les exilés rwandais éparpillés depuis des décennies dans les pays voisins. Tous cela nous invite à faire observer à notre frère le Dr Allassane Ouattara que :

– L’instauration de la paix et son maintien dans un pays, relève de la responsabilité des autorités politiques et administratives ;

– Par la reconnaissance de l’égalité et de la dignité de tous les citoyens :

– Par l’élimination de la peur, de la méfiance, de la violence, de la haine ;

– Par le renforcement de la solidarité nationale, de la tolérance et par le recours à un dialogue constructif pour aplanir et résoudre les différents découlant du vivre ensemble.

Nous aimerons être contredit par les faits qui fondent notre pessimisme sur l’avenir de la Côte d’Ivoire et sur la capacité de notre frère le Dr Allassane Ouattara et son gouvernement à rassurer les ivoiriens et à faire de l’exercice du pouvoir politique un service au profit du bien être de tous les ivoiriens.

L’attribution de la quasi-totalité des marchés d’état aux grands groupes industriels et financiers français sans aucun appel d’offre est-elle une bonne chose ? L’assujettissement à la France est-elle une bonne chose au plan politique et diplomatique quand on connaît la capacité de nuisance de l’ancien colonisateur qui n’a que son profit comme finalité de sa coopération avec l’Afrique ?

Il est fort possible que la guerre a engendré des crimes crapuleux, des meurtres sans raison et du banditisme gratuit. Mais de tels faits, dans leur atroce simplicité, invitent chacun à juger sans complaisance ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Pourquoi le Dr Allassane Ouattara, qui est un homme intelligent éprouvent-il le besoin d’aller à l’étranger pour dire qu’il n’est pas au courant des exactions des FRCI ?

Des fonctionnaires compétents pourchassés au nom de leur appartenance politique. Des syndicalistes enlevés et tenus au secret. Des femmes violées. L’administration vidée de son énergie pour faire le lit d’un clanisme institutionnalisé. On a l’impression qu’on est entrain de mettre en place méthodiquement la poudre et tous les éléments de l’explosion future y compris la mèche de mise à feu.

Le plus grave est cette habitude ivoirienne qui consiste à toujours être en érection dans l’espace public, pour s’en prendre avec cruauté à celui qui dénonce les faits qui portent préjudices à la nation et au vivre ensemble, sans s’en prendre aux causes réelles de la décadence de l’Etat nation dont nous sommes les fils. Nous sommes loin de ceux qui disait hier encore et à haute voix que :

« Le moment venu, nous frapperons ce gouvernement moribond pour le faire tomber». Nous demandons à notre frère le Dr Alassane Ouattara, de faire preuve de courage en politique s’il veut diriger la Côte d’Ivoire et conduire les ivoirien à la paix ainsi qu’au progrès économique, social et démocratique.

– Le courage en politique, C’est d’abord une attitude, celle qui consiste à couper court à un enthousiasme démesuré, à rompre avec des peurs collectives, à s’opposer à des rumeurs, à ramener les sujets au niveau qui doit être le leur, en calmant les ardeurs des excités de son propre camp. Car on ne remporte pas une victoire contre la nation, mais avec la nation qu’on veut gouverner.

– Comme vous le constatez les conditions d’émergence et de stabilisation de la paix et de la démocratie en Côte d’Ivoire sont donc loin d’être remplies. Il s’agit de les explorer, de les expérimenter dans le mouvement même qui porte les ivoiriens à s’initier à la citoyenneté ; à se délivrer des catégories politiques du bien et du mal.

– À se défaire des opinions définitives et des oppositions tranchées ; à faire l’apprentissage de la diversité et de la tolérance, de la nuance et du compromis sur quelques valeurs essentielles entre ivoiriens ; à vivre en respectant les différences, en acceptant les divergences, en recherchant le consensus sur les équilibres du vivre ensemble et en s’accommodant pour le reste de vérités contraires, d’incertitudes partagées, de majorités et de minorités provisoires, de victoire partielles et de défaites surmontables.

Malheureusement nous sommes très pessimistes sur la capacité de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, à regarder dans cette direction. Il est prisonnier de ses alliés français, Sarkozy, Bouygues, Bolloré et consorts, qui le tiennent en laisse, du PDCI-RDA avec lequel il doit composer et offrir quelques strapontins et surtout de la géopolitique sous régionale dans laquelle il est castré et encastré au nom des combinaisons du moment.

Il propose aux ivoiriens, La paix des vainqueurs, comme dans le Zaïre de Mobutu où les Lumumbistes vaincus, avaient la tête basse pour tout le restant de leur vie. Nous disons simplement que ce n’est pas le meilleur exemple pour notre frère le Dr Allassane Ouattara et la Côte d’Ivoire qu’il veut reconstruire.

A tous ceux qui sont autour de lui et qui l’encourage à user de la force contre le bon sens. À tous ceux qui mangent goulûment à sa table en sirotant le champagne rosé ou le whisky avec glaçons, sans penser au lendemain. Nous leur rappelons ces mots terribles du pasteur et théologien protestant, Martin Niemöller.

Arrêté en 1937 et envoyé aux camps de concentration de Sachenhausen et de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime criminel nazi, il est mort le 6 mars 1984, à Wiesbaden. Il nous a laissé en héritage ce poème qui est, plus que d’actualité pour tous ceux qui côtoient et tutoient les allées du pouvoir politique dans l’Afrique contemporaine en oubliant qu’ils se donnent un destin de feuilles mortes.

« Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai pas protesté, je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai pas protesté, je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait plus personne pour protester ».

Merci de votre aimable attention et que la paix du très haut soit durablement sur la Côte d’Ivoire.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en Communication

Lugano (Suisse)

E-mail : nzinicolas@yahoo.fr

Nouvelles promesses de Ouattara aux Ivoiriens, devant l’Onu : Le pouvoir rêve debout

La belle tribune de l’Organisation des nations unies, royalement offerte par des alliés ! Ouattara ne pouvait pas la manquer. Pour son dernier show étasunien, il s’est efforcé, laborieusement, d’assurer le spectacle jusqu’au bout. Au risque de pousser trop loin le bouchon des promesses qui ne seront jamais tenues. En effet, s’adressant à son public dans  son habituel «a cappella», la main sur le cœur, le nouvel occupant du palais d’Abidjan a, une fois encore,  promis de réaliser le miracle. Il prétend faire de la Côte d’Ivoire un pays ‘’émergent’’, d’ici 2020. On peut même penser que si le dictateur d’Abidjan, jouant la comédie aux yeux du monde, n’a pas employé le terme “développé”, c’est peut-être parce que quelqu’un de mieux avisé l’a pincé sous la table pour lui déconseiller une telle exagération. Car, au regard au défi insurmontable qui se dresse devant lui, on  aurait été tenté de sourire, si ce n’était hélas pas l’avenir de la Côte d’Ivoire que le pouvoir en place est en train d’hypothéquer, avec tant de légèreté.

Ouattara, à la tribune de l’Onu, parle comme si la Côte d’Ivoire était un pays indépendant qui a son destin en main et qui peut décider lui-même de son devenir en marchant de façon souveraine sur les chantiers de son développement, tout en disposant de ses propres ressources.

L’implacable  réalité historique d’un pays recolonisé

La prétention de Ouattara choque pour plusieurs raisons tellement évidentes qu’elles nous obstruent la vue. En attendant que les vrais économistes, experts en la matière, rappellent à Ouattara la vanité de son ambition de faire de la côte d’Ivoire un pays «émergeant» à l’orée 2020, nous nous contenterons de lui présenter  l’implacable réalité historique qui rend impossible l’émergence de la Côte d’Ivoire, tant que ce pays restera sous le joug colonial, comme c’est malheureusement le cas avec un régime aux ordres installé le lundi 11 avril 2011. Ouattara doit savoir que si la France s’est donné la peine de mener des «expéditions» commerciales et militaire dès 1880 pour «soumettre» et s’approprier des «territoires» dont elle a fait des «colonies», ce n’est pas pour aider les peuples de ces «possessions» à s’émanciper et à se hisser au même niveau qu’elle.

Pour qui a une fois ouvert un livre d’Histoire, les raisons qui ont poussé les puissances impérialistes à conquérir des territoires en Afrique sont des raisons purement économiques, qui ont été habillées d’une parodie d’humanisme et d’une prétentieuse «mission civilisatrice».  La vérité est que  les territoires occupés en Afrique par la colonisation européenne étaient de deux ordres. Il y avait les «colonies d’exploitation». Oui, vous avez bien lu : Exploitation ! C’est le mot. Exploiter les richesses de l’Afrique pour développer l’économie de l’Europe. Telle  est la motivation, essentielle, qui a guidé la colonisation et qui explique la mainmise, jusqu’à présent, des pays impérialistes sur le continent noir. La souffrance du Noir n’a pas d’autre source.

Peut-être faut-il y ajouter le sort tragique du « Nègre » qui remonte à l’esclavage. Les tenants actuels du pouvoir pourraient par exemple effectuer un pèlerinage à «la Maison des Esclaves» à l’Ile de Gorée au Sénégal pour se souvenir que les Africains, enchaînés tels des forçats,  y ont transité pour aller être exploités comme des bêtes de sommes dans les plantations de canne à sucre aux Etats unis. Des siècles de souffrance  qui nous ont laissé en héritage  le «Negro spiritual» et le «Blues». Ça vous dit ? Dans une mesure à peine nuancée, il y a eu aussi les «colonies de  peuplement» qui permirent par exemple aux Français dits «Pieds noirs» d’envahir et d’occuper l’Algérie en décrétant  que ce territoire leur appartenait.

Quant aux conditions d’exploitation du peule algérien, elles étaient les mêmes que partout ailleurs dans les autres colonies. L’Algérie dut mener sa «guerre de libération» pour chasser l’occupant. Une fois cela rappelé, le colonisé, puisque cette réalité n’a pas cessé en Côte d’Ivoire, a le devoir historique de savoir que la France, pour ce qui nous concerne, avait deux ensembles de territoires sous sa domination.

L’Afrique équatoriale française (Aef) qui regroupait le Gabon, le Moyen Congo, l’Oubangui Chari (actuel Centrafrique) et le Tchad. Et l’Afrique occidentale française (Aof) qui réunissait  le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan (actuel Mali), la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Guinée, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Dahomey (actuels Togo et Benin). Ces territoires, administrés chacun par un «gouvernement général», assuraient, et continuent d’assurer à ce jour, les besoins de la France (la métropole) en produits agricoles (cacao café, huile de palme, arachides…) et en extraction minière (or,  diamant, manganèse, bauxite uranium, pétrole et autres métaux rares et précieux). Voilà le vrai visage de la présence française en Afrique.

Le triste sort de «l’Afrique française»

Il apparait donc évident que les raisons de la présence française en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, sont incompatibles avec tout projet  d’émergence. Tant que le pays demeurera sous le contrôle exclusif de l’Elysée. Ce n’est pas un hasard si la France a mené la guerre à Laurent Gbagbo pendant 10 ans, avant de l’éjecter le 11 avril 2011. Laurent Gbagbo avait clairement affiché sa volonté de soustraire la Côte d’Ivoire du giron français en en faisant un pays véritablement souverain, au plan économique et politique.

Avant lui, Henri Konan Bédié avait osé dire, en 1997 au cours d’une visite à Singapour, que : «La Côte d’Ivoire n’est la chasse gardée de personne». Il parlait de la France, bien sûr. Le sphinx de Daoukro avait décidé de diversifier les relations de la Côte d’Ivoire. Si la France tenait à laisser la Côte d’Ivoire «émerger», elle n’aurait pas renversé ceux-ci. Paris irait-il à l’encontre  de ses intérêts en laissant la Côte d’Ivoire se développer ?

La France ferait-elle une chose et son contraire ? La liberté et l’indépendance de l’Afrique sont perçues par la France comme une menace. Car sans les réserves de ses colonies en Afrique, la France n’est guère  qu’un petit pays sans ressources naturelles en Europe. Pour s’en convaincre, il faut ré-parcourir tous les coups d’Etat qui ont jalonné l’histoire des colonies française en Afrique.

Tous les chefs d’Etat qui se sont  permis de rêver à l’émergence de leurs pays ont été renversés où assassinés par les soins de la France. Seuls les «bons élèves» du maître y ont réchappé. Mais à quel prix ? On se souvient des amers regrets de Félix Houphouët-Boigny qui s’est affligé, au soir de sa vie, de ce que les pays noirs soient toujours sous la domination de la France, après le combat pour les indépendances que les dignes leaders africains ont mené. On connaît l’histoire d’Omar Bongo. Grand financier occulte de la classe politique française, dernier dinosaure de la «Françafrique»,  mort de chagrin parce que méchamment humilié par Paris, dans ses derniers moments, pour avoir eu le malheur de remettre en cause l’exploitation abusive du pétrole gabonais par la France.

Aucun pays colonisé par la France n’est jamais sorti du sous développement où Paris entend au contraire maintenir ses «possessions» pendant longtemps encore.

«Les coups d’Etat en Afrique sont un investissement, pour assurer l’avenir de plusieurs générations de Français», nous a-t-on dit. On sait que seuls les esclaves qui parviennent à affranchir de haute lutte sont en mesure de prétendre à l’émergence dont Ouattara parle. Or, dès son installation au pouvoir, Ouattara a signé un nouveau contrat colonial avec la France. Lors  de la visite du Premier ministre Français François Fillon à Abidjan en juillet dernier, Ouattara s’est engagé à un nouveau pacte  colonial. Dans lequel la France va retrouver sa mainmise totale sur  l’économie de la Côte d’Ivoire en maintenant sa présence militaire à Abidjan. Le régime de Ouattara ayant demandé la protection de Paris. Un journaliste Français a eu le nez creux en parlant du «retour des colons» au cours du point de presse animé conjointement par les deux hommes. Certes, cela n’a pas fait plaisir au dictateur d’Abidjan. Mais c’est cela la réalité. Parler émergence de la Côte d’Ivoire sous Ouattara, c’est rêver debout en se moquant des Ivoiriens. Car dire que la Côte d’Ivoire va émerger, c’est accepter l’idée qu’elle doit se démarquer définitivement de la France.

Peut-être était-ce un lapsus. Attention. De tels propos ont déjà coûté cher à Bédié, l’allié.

K. Kouassi Maurice,  Le Temps

19 septembre 2002-19 septembre 2011: Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011 : Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011. Neuf ans que la Côte d’Ivoire a été secouée par une tentative de coup d’Etat qui s’est rapidement muée en rébellion armée. Neuf années pendant lesquelles la communauté dite internationale a essayé par tous les moyens de nier la souveraineté d’un Etat et a réussi au bout du compte à installer son homme au pouvoir. Quand dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, les Ivoiriens entendent les premiers coups de canon, ils sont d’abord incrédules.

Personne ne comprend que dans un pays qui, un mois à peine avant, avait formé un gouvernement de large ouverture, des gens prennent des armes contre le président en place. En effet, début août, le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara avait rejoint le gouvernement du Président Laurent Gbagbo où siégeaient déjà le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, le Pit de Francis Wodié et les partisans du général Robert Guéi. L’attaque avait fait plus de 300 morts en une nuit parmi lesquels le ministre de l’intérieur Emile Boga Doudou et le général Robert Guei, ancien chef de la junte militaire, qui avait pris le pouvoir en décembre 1999. Mais le président Laurent Gbagbo n’avait pas été renversé et les assaillants s’étaient repliés sur le nord du pays y formant un kyste.

Très vite, l’on s’aperçut que la France n’était pas étrangère à cette attaque. D’abord parce qu’elle avait refusé d’aider le régime en place à faire le ménage comme le stipulent les accords de défense, mais elle montrait des signes évidents qu’elle avait partie liée avec la rébellion. Les négociations d’Accra, puis de Lomé qui étaient placées sous les auspices des organisations sous-régionales ont donc été copieusement torpillées. Les pourparlers de Linas-Marcoussis en banlieue parisienne était l’occasion rêvée par le gouvernement Jacques Chirac de porter l’estocade à un régime ivoirien qu’il n’avait pas en estime. Aidé de son ministre des affaires étrangères et complice de tous les temps, Dominique Galouzeau de Villepin, Jacques Chirac tenta de dépouiller le président ivoirien élu, Laurent Gbagbo, de tous ses pouvoirs pour les remettre au mouvement rebelle. La pilule fut difficile à avaler. Le peuple ivoirien résista héroïquement à l’imposture. Les manifestations de rue succédèrent aux meetings publics et la France décida de changer de fusil d’épaule. Il fallait désormais contraindre Gbagbo à organiser des élections dont les résultats étaient connus d’avance. Point n’est besoin de rappeler toutes les péripéties de la crise ivoirienne. Nul n’ignore que le président Laurent Gbagbo a parcouru presque toutes les capitales africaines à la recherche de la paix. Il a finalement pensé que l’accord politique de Ouagadougou qui était un accord inter ivoirien était la potion qui allait soigner la Côte d’Ivoire. Au résultat, c’est raté. Nicolas Sarkozy qui, entre-temps a remplacé Jacques Chirac au palais de l’Elysée était pour Laurent Gbagbo un poison pire que Chirac.

Au terme d’une élection présidentielle organisée dans un environnement armé, la France avait désigné son élu : Alassane Dramane Ouattara. Celui pour qui le coup du 19 septembre 2002 avait été monté. Et pour l’installer au pouvoir, une guerre coloniale horrible. Des hélicoptères français et onusiens qui ont largué des tonnes de bombes sur la résidence d’un chef d’Etat en fonction.

Laurent Gbagbo capturé par l’armée française et remis à ses ennemis, les objectifs de la rébellion armée sont atteints. Combien d’Ivoiriens y ont laissé leur vie ? Sur combien de corps a-t-on marché pour parvenir au Palais ? Neuf ans après, la Côte d’Ivoire n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en plus, elle a totalement perdu sa souveraineté.

Augustin Kouyo, Notre voie

L’écrivain Bernard Doza écrit à Alassane Ouattara

Le journaliste d’investigation que je suis, a eu l’impression que ces soldats d’une cause identitaire, étaient devenus dans la violence postélectorale, les marionnettes d’une vengeance programmée par des mains obscures… Parce que le spectacle saisissant de la fin du règne-Gbagbo, s’organise devant des caméras de complaisance, comme si on voulait frapper l’imaginaire collectif du peuple africain par des images d’humiliation qui devaient nourrir un autre destin. Car elles ont été rapidement gravées, pour la postérité sur des disques, qui se vendent actuellement comme des petits pains dans les rues d’Abidjan.

A travers le véhicule permanent de ces images par les médias internationaux, on aperçoit, au-delà de la querelle sur la victoire du 28 novembre 2010, que c’est la Côte-d’Ivoire et l’Afrique noire qui sont moquées.

Car les diasporas noires des Etats Unis et d’Europe, qui vivent le racisme au quotidien dans les pays occidentaux, revoient en 2011(comme avec Patrice Lumumba dans les années 60) l’image du dirigeant nègre bafouée (par ses propres frères de race), parce que rebelle à l’ordre du grand maître blanc.

Le doute n’est pas permis, car tout cela se déroule au lendemain de l’injonction du président français, Nicolas Sarkozy qui affirmait : « Je donne jusqu’à dimanche (3 jours) à Gbagbo pour quitter le pouvoir ».

Dans ces conditions, comment doit-on rechercher et organiser la paix entre les différents peuples de Côte-d’Ivoire, au lendemain d’une pacification politico-militaire.
Une opération commanditée à travers l’ONU, par la France coloniale et exécutée de sang froid à Abidjan le 11 Avril 2011, par des troupes étrangères à notre pays, pour réinstaurer l’ordre ancien?

Monsieur le Président,

Si je prends ma plume, en ces temps de crises larvées, c’est parce que je ne suis pas sûr que vous êtes foncièrement contre le discours de l’indépendance politique et financière, prôné par les partisans de Laurent Gbagbo face à la France.

La France, du lobby colonial, qui entretien la pauvreté en Afrique noire en louant depuis 1853(à travers la « Banque du Sénégal », devenue les multinationales BCEAO et BEAC), le FCFA à 14 pays du continent, au profit du trésor français.

Sinon, comment allez-vous expliquer à la jeunesse ivoirienne, qui chôme depuis les années 80, avec des diplômes universitaires et obtenus dans des grandes écoles, pourquoi un pays gorgé de la richesse financière annuelle du Café-Cacao, du pétrole, de l’or, du caoutchouc et du Diamant, échoue-t-il dans la formation technologique des hommes pour le développement industriel, et quelles sont les véritables raisons du refus de la création d’emploi depuis 50 ans?
Car, avec ses 20 millions d’Habitants en 2011, la Côte-d’Ivoire, malgré sa grande richesse en matières premières, l’office de la main-d’œuvre de notre pays, ne comptabilise toujours pas un million de travailleurs ayant un bulletin de salaire mensuel.

Monsieur le président,

Nous, militants ivoiriens, connus pour avoir sacrifiés notre carrière politique et sociale hors de notre pays, dans le combat de l’indépendance anticoloniale et de la démocratie véritable, nous le savons.

La Côte-d’Ivoire a été transformée en carte postale des intérêts français, dans la sous-région africaine, dès le mois de juin 1950, lorsque Félix Houphouët a été soumis dans la violence coloniale par le gouverneur Péchoux.

Et depuis, malgré l’indépendance politique du 07 août 1960 et l’endettement monstrueux de notre pays, envers les institutions financières internationales (que je vous vois reprendre allègrement dès la fin de la crise postélectorale), aucun dirigeant de notre pays, n’a pu aider le petit peuple ivoirien, à sortir de la grande pauvreté.

Chaque tentative de sortie de la politique néocoloniale, osée par des dirigeants de notre pays, est perçue à Paris comme une faute politique par le négoce français et sanctionné à Abidjan par un coup d’état.

Depuis les années 80, les exemples foisonnent.

En 1985, Félix Houphouët vit ces derniers moments au pouvoir. Dans une dérive contre l’impérialisme français, il tente de relancer la machine de la contestation anticoloniale contre les prix des matières premières.

Parce qu’il ne supporte plus les prix d’achats aux rabais du Cacao-Café qui sont fixés par les multinationales occidentales sur le dos des pauvres paysans ivoiriens, Houphouët-Boigny décide de stocker sa production.

Le lobby du négoce français se réunit et décide de mettre au pouvoir à Abidjan, un militaire connu des services secrets.

C’est ainsi qu’apparait pour la première fois dans les rédactions à Paris, le nom de Robert Guéï, colonel des pompiers et ancien de St Cyr, officiant à Korhogo.

Face à la détermination du lobby, Félix Houphouët fut obligé de céder en demandant à la France de le laisser « finir son pouvoir en beauté ».

En juillet 1986, au Figaro Magazine, il déclare : « Si nous refusons de vendre nos matières premières, les blancs nous tuerons tous. Parce que nous avons l’indépendance politique, mais nous n’avons jamais eu l’indépendance économique.»

Le président ivoirien fut donc contraint de nommer Robert Guéï, Général et chef d’état-major de l’armée ivoirienne en 1990.

A la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, la question de l’indépendance économique, demeure dans l’inconscient de la petite bourgeoisie du PDCI.

En décembre 1993, (avec l’appui du président François Mitterrand) Henri Konan Bédié accède à la magistrature suprême.

Président de la République, il teste sa marge de manœuvre. Il veut bâtir ses grands travaux (Eléphants d’Afrique). Henri Konan Bédié a donc besoin de beaucoup d’argent. Alors sans avertir Paris, le président ivoirien se désengage du pacte colonial de juin 1950.
Rapidement, il signe contrat avec des multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland pour le retraitement du café et la transformation locale du Cacao.

Une Usine de transformation locale du Cacao en poudre est même construite à Yopougon, avec Daniel Usher, le fils de l’ancien ministre des affaires étrangères de Félix Houphouët comme Directeur général.

Mal lui en pris.

En début décembre 1999, la France profitant de la polémique politique sur l’ivoirité, agit en secret.
Le général Robert Guéï est convoqué à Paris (15 jours avant le coup d’état du 24 décembre 1999) par le lobby du négoce (la Françafrique).

Auditionné par la DGSE et le patronat français, il revient à Abidjan le 17 décembre avec le Général Jeannou Lacaze dans l’avion.

L’ancien chef d’état-major de l’armée française devenu conseil de la DGSE, dirige l’opération de la prise de pouvoir par le général Robert Guéï.

Les deux généraux se réfugient d’abord à Gouessesso (village du général Guéï). Le prétexte officiel du déplacement en Côte-d’Ivoire parle d’une fête organisée pour la célébration des anciens de St-Cyr.

Henri Konan Bédié qui monte le 22 décembre 1999 à l’assemblée nationale pour un discours anticolonial diffusé par la télévision, ne prend pas de gants :

« Nos ainés n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences étrangères inacceptables.

C’est aux ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable.»

La revendication salariale des jeunes soldats venus d’une mission de l’ONU en Centrafrique, sera l’occasion du coup d’état qui emporte le pouvoir du président Bédié.

Robert Guéï prend le pouvoir avec Jeannou Lacaze comme conseiller occulte, pour veiller sur l’orientation politique du nouveau pouvoir d’Abidjan.

Les rentrées d’argents dans les caisses de l’état lui paraissent obscures, alors le général Guéï nomme provisoirement des officiers aux structures financières les plus sensibles, comme le port, les douanes, la loterie Nationale…

Et il s’aperçoit que par jour, les caisses de la Côte-d’Ivoire officielle perçoivent beaucoup d’argent.
Le port d’Abidjan faisait à l’époque trois milliards de franc CFA de recette par jour (Aujourd’hui 10 milliards). La douane encaissait plus de deux milliards CFA par jour (Aujourd’hui 7 milliards)…

Alors, il commet une faute.

Car naïvement, il pense qu’avec autant d’argent, la Côte-d’Ivoire n’a pas à emprunter et encore moins, à devoir de l’argent aux pays occidentaux.

Il décide donc de rembourser surtout l’Union Européenne, dont la presse ne cesse de réclamer la somme de 18 milliards de FCFA, qui auraient été détournés par le gouvernement du président Bédié.

Et le général Robert Guéï organise le paiement des 18 milliards de FCFA à la banque de l’Union Européenne.

L’opération se fait en cash, déposé par un officier de la marine (expédié à Genève, par avion spécial) pour faire la commission.

L’acte posé, considéré comme politique, a vivement mécontenté le lobby colonial à Paris. Ordre est donc donné de remplacer le général Robert Guéï dans l’exercice du pouvoir de Côte-d’Ivoire.
A Abidjan, l’ambassadeur de France, Mr Francis Lott, est chargé du dossier par la cellule africaine de l’Elysée.

Mais il faut trouver un nouveau candidat pour défendre ses intérêts en Côte-d’Ivoire, et la France n’a visiblement personne sur le terrain, en dehors de gradés militaires, que personne ne veux à Paris.

A défaut d’un candidat de confiance (dans l’armée et la droite ivoirienne), le parti socialiste français cautionne la candidature de Laurent Gbagbo auprès du lobby colonial.
Mais une fois au pouvoir en octobre 2000, le président ivoirien change de ton et revendique sa victoire personnelle et son pouvoir dans le sacrifice des militants FPI (300 morts-entre le 22 et le 26 octobre2000-) face à la garde présidentielle du général Robert Guéï.

La France qui n’apprécie pas la volte-face inattendue du nouveau président ivoirien attend son heure…
L’erreur fatale de Laurent Gbagbo a été de refuser rapidement, dès le début de son pouvoir, le diktat des intérêts français au mois de novembre 2000.

Et pire, d’avoir repris à son compte, la question de l’autonomie politique et financière contre les intérêts français, engagée par le président Bédié, avec les multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland.

Et surtout d’avoir octroyé le marché du troisième pont ivoirien aux chinois, avec qui, le projet coutait moins cher que celui du français Bouygues.

Les événements de la rébellion militaire de 2002, qui aggravent la déchirure interne, à cause de la politique de l’ivoirité qui prône le refus de la candidature-Ouattara, devient une aubaine politique pour la France dont le lobby colonial combat désormais Laurent Gbagbo.
Alors rapidement, la rébellion du nord est prise par la cellule africaine de l’Elysée à paris, comme un problème ivoiro-ivoirien. Donc suivi du refus de l’armée française de désarmer les rebelles.
Le message du lobby colonial est clair :

« Laurent Gbagbo ne veux pas gérer les intérêts de la France en Côte-d’Ivoire, alors la France ne peut pas protéger son pouvoir en désarmant les rebelles du nord ». La suite on la connait…

Monsieur le président,

Aujourd’hui, la question est simple.

Peut-on encore en 2011, continuer à gérer la Côte-d’Ivoire, sans aborder dans les faits, le problème de l’indépendance économique ?

Lorsqu’en 50 années de gestion du pouvoir ivoirien, aucun gouvernement n’a jamais eu les moyens véritables pour œuvrer localement vers les 90% du taux de scolarisation, encore moins les 70% d’autosuffisance alimentaire.

Et qu’à la fin 2010 encore, moins de 50% d’ivoiriens n’ont pas deux repas par jour par manque d’un véritable travail salarié. Dans un pays où aucun pouvoir ne s’est jamais plus soucié du SMIG ivoirien, bloqué à 35.000CFA, depuis la crise de 1983.

Un pays, où on ne parle même plus de la privatisation des soins hospitaliers décidée en 1983(sur ordre de Félix Houphouët), par le ministre des finances, Mr Abdoulaye Koné, mesures qui endeuillent encore et toujours le petit peuple.

Pendant ce temps, dans le secteur du monde du Café-Cacao, c’est encore l’esclavage organisé par les gros planteurs.

La grande bourgeoisie agraire de la Côte-d’Ivoire, premier producteur mondial du Cacao avec plus 600.000 plantations, ne veux pas céder à la modernisation.

Le patronat de ce secteur productif, adulé par tous les gouvernements ivoiriens, ne délivre toujours pas de bulletins de salaires sérieux.

Parce qu’il refuse, de relever au SMIIG, le salaire de base des ouvriers agricoles, qui continuent d’être payés à 7.500CFA par mois (en raison de 250CFA, par jour de travail).
Un ensemble de dossiers sensibles que le PDCI a crée dans la gestion de notre pays pendant 40 ans, et qui devaient être abordés par le pouvoir socialiste de Laurent Gbagbo, s’il n’avait pas été kidnappé dans la stratégie pour la conservation du pouvoir politique.

Excellence,

Le journaliste parisien que je suis, est très inquiet de constater aujourd’hui dans mon pays, la nostalgie du parti unique.

Et ceci, malgré les batailles pour les libertés de la parole politique syndicale et de la presse indépendante du pouvoir, que nous avons menées sur le front extérieur et intérieur, depuis 1980.
Chose impensable, en Mai 2011, il s’est trouvé en Côte-d’Ivoire, des voies de droite pour dénoncer le FPI comme un parti nazi et demander sa dissolution.

A ceux-là, je réponds clairement : Pour avoir lutté seul, depuis les années 80, contre le monopole du parti unique, le FPI de Laurent Gbagbo (que je connais bien) représente en Côte-d’Ivoire et en Afrique noire, une grande dimension dans le combat de la démocratie, pour l’émancipation des peuples ivoiriens.

C’est un parti de la gauche démocratique, qui a suscité l’espoir contre la dictature du parti unique, en écrivant en 1985 en France un livre programme intitulé : « 150 propositions pour gouverner la Côte-d’Ivoire », publié aux éditions l’Harmattan.

A l’orée de la gestion du pouvoir politique, la direction du FPI a été phagocytée et manipulée par des hommes et des femmes, venus, de l’extrême droite du PDCI ; ce sont des néo-démocrates auteurs de la philosophie de l’exclusion.

Ils ont empoisonnés la classe politique au lendemain de la chute du président Bédié, en créant le front patriotique avec des partis politiques.

Dès l’an 2000, ils sont entrés au palais présidentiel avec pour mission de faire échouer Laurent Gbagbo dans l’exercice du pouvoir vers l’instauration de la social-démocratie.
C’étaient des politiciens en mission, qui ont pensé et convaincu la direction du parti et le président Gbagbo, à tort, que le seul discours qui pouvait rassembler le peuple ivoirien, au-delà de la frontière ethnique et idéologique, c’est celui de l’exclusion, donc du combat contre le « candidat étranger » qui deviendra le « candidat de l’étranger », pendant la campagne électorale de novembre 2010.

Monsieur, le Président,

J’ai été étonné de voir à Abidjan, la démolition collective de symboles fétichistes, qui auraient été érigés par le régime de Laurent Gbagbo, donc dénoncés dans le nettoyage post-crise, par des personnalités à travers les médias.

C’est le journal -Nord Sud (du 18 avril 2011), qui parle pour le roi des akouès : Nana Augustin Boigny Ndri III sur un « fétiche de Laurent Gbagbo ».

Ce fétiche découvert au palais présidentiel de Yamoussoukro, qui avait été enterré, pour pérenniser le pouvoir de l’ancien chef de l’Etat, aurait précipité la chute de Gbagbo, deux jours après sa découverte…

Le journal : l’Inter (du 21 avril 2011), évoque la « destruction des monuments, de la Sorbonne…(…)
Et écrit : « A en croire le capitaine Allah Kouakou Léon (le porte-parole du ministre de la défense), on aurait découvert sous les édifices: La cascade des carrefours Akwaba à Port-Bouët, la statut de la liberté à Yopougon siporex, la statut du rond-point d’Angré Djibi, des choses peu catholiques. »

Ma surprise est très grande, car depuis les années 60 aucune personnalité politique de notre pays, n’a jamais soulevé la question ésotérique des monuments, qui ornent la capitale économique et politique, et expliquer leurs fondements pour que les ivoiriens comprennent le sens mystique de la grande bataille du pouvoir, qui déchire les acteurs ivoiriens de l’après Houphouët.

En Côte-d’Ivoire sévit un groupe politico-ethnique: le Baoulé akoué, choisit depuis 1909 par les colons français pour diriger nôtre pays.

En effet, dans son livre : « Les 60 langues parlées à la Côte-d’Ivoire », publié en 1905 à Paris, Maurice Délafosse (qui devient le conseiller politique de Félix Houphouët, en 1925, dès la mort de Kouassi N’go, roi des baoulé-akouès) écrit ceci :

« En Côte-d’Ivoire, il faut veiller à ce que le pouvoir politique ne soit jamais aux mains des bétés, des agnis et des dioulas, qui sont des peuplades incontrôlables. Il doit revenir aux baoulés, peuple jovial et parce que ethnie du centre, il concourt à la fédération des peuples ivoiriens ».

En 1932, le gouverneur Clozel soutien et reprend à son compte, les écrits de Maurice Délafosse dans ses rapports au ministère des colonies.

Depuis, le baoulé- akoué est devenu un clan pouvoir.

En 1935, sur le conseil de Maurice Délafosse, Houphouët crée : « l’association des originaires de Côte-d’Ivoire » composée essentiellement de jeunes Akan.

Pour fortifier le pouvoir ethnique déjà, dès 1959, à été construit par la France, à la place du palais des gouverneurs à Abidjan, le palais présidentiel de Côte-d’Ivoire.

L’architecture du palais est moulée dans le symbole du Sikadjué Koffi, c’est le siège royal, symbole du pouvoir des Ashanti.

A la place de la république, à Abidjan-plateau, se dresse encore aujourd’hui un monument construit à la mémoire de la reine Pokou.

Ce monument entretient, au sous-sol, un grand fétiche-Ashanti qui garantit mystiquement le pouvoir de la Côte-d’Ivoire aux baoulé-akouè.

Ainsi, sans référendum, sur le legs politique et culturel des peuples de Côte-d’Ivoire, la Reine Pokou a été érigée en « reine-mère », dans la République pluriethnique de notre pays, dès les indépendances.

En 1960, le baoulé-Akouè devient un groupe politico-mystique, qui forme une caste de conspiration pour la conservation du pouvoir politique ivoirien. Le pouvoir de la Côte-d’Ivoire est devenu pour eux le : Liké (qui signifie notre chose).
C’est logé dans cette démarche mystique qu’on voit à chaque bouleversement de l’espace politique, des délégués de ce clan qui se relaient pour faire échouer chaque locataire du palais présidentiel, considéré comme un patrimoine de la tribu.

C’est ce clan et ses affidés (auteur du TSO- le tout sauf Ouattara- en 1991) qui ont écrit et promulgué en 1995, sans référendum, la loi sur l’ivoirité qui a endeuillé de 1995 à 2011 la Côte-d’Ivoire.

Ce clan et ses membres sont connus, ils doivent être jugés au nom de la démocratie, en dehors des accords politiciens.

Parce que la démocratie, c’est la liberté de chaque citoyen à accéder et exercer le pouvoir politique de son pays, sans entraves et préjugés.

Mais avec le retour triomphant du tribalisme aux élections de 2010, signifiant ainsi l’échec dans notre pays de la démocratie (qui privilégie la compétence du citoyen), la Côte-d’Ivoire, pour éviter l’implosion, devrait tendre vers « La confédération », avec des présidents de régions autonomes, qui mettront en place un exécutif fédéral, tournant (tous les cinq ans), par un vote de grands électeurs.

BERNARD DOZA

Journaliste-politique, écrivain.

Auteur de liberté Confisquée II (Le temps de la Révolution Africaine)

Arsène DOGBA : Le PDCI sait aussi que le RHPD a perdu les élections

Lynx.info : La France comme les pays africains semblent avoir pardonné à Henri Konan Bédié le concept de « l’ivoirité ». Comment expliquez-vous que c’est Laurent Gbagbo qui en paye le prix ?

Arsène DOGBA : Je suis d’accord avec vous, les dirigeants occidentaux et africains ont attribué la paternité de ce concept à Laurent Gbagbo. Mais, il n’y a pas que ça. Ils lui ont aussi attribué la responsabilité des très controversées questions du foncier rural, du code de nationalité, de l’utilisation des enfants dans les plantations de café et de cacao. Et même, de xénophobie.

Juste pour le diaboliser au maximum. Alors qu’il n’est responsable à aucun niveau. Vous l’avez dit et la France et les leaders africains le savent, Bédié est le concepteur de l’ivoirité et Alassane, celui de la carte de séjour qui a conduit à ce qu’ils dénoncent aujourd’hui ; la xénophobie. Il fallait trouver un motif pour mettre en exécution le plan de l’Elysée qui consistait à faire partir Gbagbo du pouvoir et y installer Alassane Ouattara. C’est ce qui s’est passé.

Lynx.info : Pour l’artiste Alpha Blondy, Laurent Gbagbo ne l’a pas écouté. Tiken Fakoly trouve aussi que le sud a aussi vu la guerre que connaissait le nord. Sont-ils crédibles pour parler de réconciliation en Côte d’ivoire.

A.D : Je ne voudrais pas me prononcer sur les propos de ces deux personnages que j’ai du mal à prendre au sérieux.

Lynx.info : C’est 36 ministres qui doivent remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. L’ossature de ce gouvernement est-elle convaincante ?

A.D : Les critiques fusent de partout, même du RHDP, sa famille politique, par rapport au nombre de portefeuilles ministériels et à la représentativité du nouveau gouvernement. Alassane avait promis à ces électeurs 25 ministres s’il était élu président. Et le poste de Premier Ministre au PDCI. Il vient de former un gouvernement populaire de 36 ministres et a maintenu Soro, Premier Ministre.

C’est vrai que M. Ouattara n’a pas été élu, mais par la force des armes il a atteint le même objectif ; il est président. Il aurait donc pu tenir ces promesses de campagne. Mais, que non ! le président certifié par l’ONU a encore prouvé qu’il n’est pas digne de confiance.

Ce n’est pas à nous de nous plaindre, surtout quand l’attitude de M. Ouattara démontre de plus en plus qu’il est conscient qu’il n’est pas un président élu. La preuve, M. Ouattara ne se sent pas obligé de tenir une quelconque promesse électorale. Comme il le dit lui-même, il a plutôt un devoir de reconnaissance vis-à-vis des ressortissants du nord qui l’ont aidé, au niveau national, à prendre le pouvoir par la force. C’est même ce qui explique les nombreuses nominations ethniques qu’il fait dans toute l’administration publique ivoirienne. Sur 36 postes ministériels, 16 sont occupés par les dioulas, son ethnie, alors que la Côte d’Ivoire en compte soixante. Comme pour dire ; à soutien ethnique, nomination ethnique.

Lynx.info : Des analystes trouvent que le FPI peut se fragiliser en n’étant pas au gouvernement. C’est votre avis aussi ?

A.D : Le FPI n’a pas l’habitude de participer aux gouvernements d’union. Il ne l’a pas fait avec Houphouët Boigny (1990-93) et Konan Bédié (1993-99). C’est seulement pour réduire la période de transition militaire après le Coup d’Etat de Ouattara de 1999, endossé par le Général Guéi, que le FPI a participé à un gouvernement qui n’était pas le sien. Cette présence a aidé à la tenue de l’élection présidentielle en dix mois. Et M. Laurent Gbagbo a été élu président.

Il faut aussi remarquer que le FPI a été plus puissant pendant les régimes de Houphouët Boigny et de Konan Bédié. Donc dans l’opposition. C’est pourquoi je crois que l’absence des cadres du FPI du gouvernement Ouattara ne pourra pas fragiliser le parti. Au contraire, cette absence est en train de renforcer la cohésion au sein du parti. Selon nos investigations, les militants FPI sont presque tous heureux de savoir que leur parti ne s’est pas allié à celui qui a renversé leur régime et qui continue d’humilier et de torturer leurs Leaders, Laurent et Simone Gbagbo, Affi N’Guessan, etc…

Lynx.info : Le Pr Mamadou Coulibaly met la Côte d’ivoire sous les responsabilités de Ouattara : « Il a gagné il n’a qu’a gouverné » selon ses mots. Ouattara peut-il réussir avec un bicéphalisme entre la primature et la présidence ?

A.D : C’est M. Ouattara, lui-même, qui s’est donné cette responsabilité. C’est donc lui qui nous dira mieux s’il est capable de gérer la Côte d’Ivoire avec son compagnon Soro. Ce chef de guerre devenu Premier Ministre détient effectivement le pouvoir au sein de l’armée rebelle de Ouattara. Aujourd’hui, il serait plus facile pour Ouattara si les Forces régulières (FDS) lui avaient fait allégeance. Cela lui aurait permis de réduire l’influence militaire de Soro en lui demandant la démobilisation et le désarmement des rebelles.

Malheureusement pour M. Ouattara, les FDS lui ont tourné dos. Ce qui l’a contraint à « légaliser » les forces rebelles qui sont devenues, par la suite, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Mais ces forces demeurent sous l’influence de M. Guillaume Soro. Ce qui fait que nous nous trouvons dans une situation où les attributs de chef suprême des armées reviennent, de fait, au Premier Ministre. C’est ça qui crée le bicéphalisme dont vous faites allusion. Deux capitaines dans le bateau ivoire, l’avenir nous dira comment cela va se terminer. Mais, nous pensons qu’entre Ouattara et Soro, le plus fort, militairement, prendra le dessus. Just wait and see.

Lynx.info : Selon vous, pourquoi Guillaume Soro occupe toujours la primature et le ministère de la défense ?

A.D : La seule raison, à mon avis, est que M.Ouattara n’a pas pu convaincre Soro de laisser la place à un militant du PDCI comme promis pendant la campagne électorale. C’est plutôt Soro qui a convaincu M. Ouattara en lui rappelant qu’il n’est pas arrivé au pouvoir par des élections, mais par la force des armes. Une vaste opération militaire que lui, Soro, a menée conjointement avec l’ONUCI et la force Licorne. A partir de là, pour Soro, rien n’oblige Ouattara à honorer un quelconque engagement pris pendant la campagne. Surtout, quand le PDCI sait aussi que le RHDP a perdu les élections du 28 Novembre 2010.

Lynx.info : Le représentant de l’ONUCI, Mr Choi, dit bien qu’il a fait son rôle dans la protection les Ivoiriens. Le croyez-vous ?

A.D : De quels Ivoiriens parle-t-il ? Des rebelles venus du nord et pour qui il a fait venir des MIG24 ? Si c’est cela, eh bien, oui il a fait et même bien fait son travail. Puisqu’il a fini par les installer au pouvoir. En le disant, je crois que ce monsieur qui est à l’origine de la mort de plusieurs milliers d’Ivoiriens a perdu la tête. Je n’en dirai pas plus.

Lynx.info : L’Onu compte 1000 morts. Ouattara compte 3000 morts. L’organisme allemand CARITAS a compté 1180 morts à Duekoué. Comment expliquez-vous le silence des médias, et surtout des politiques français ?

A.D : Vous savez, M. Camus, cette guerre des chiffres montre l’embarras dans lequel se trouvent tous les soutiens extérieurs de Ouattara. C’est le CICR qui a ouvert la boite à Pandores, l’information est donc crédible pour les occidentaux et leurs medias. Que peuvent-ils dire dans une telle situation où leur intervention dans un sens ou dans l’autre ne fera que les discréditer davantage et inculpé leur protégé. Dans ce cas, le silence est mieux.

Lynx.info : Finalement Alassane n’est pas exempt des tueries avec les rapports de Amnesty International et de Human Rights Watch. Comment expliquez-vous qu’il préfère plus parler du TPI pour Laurent Gbagbo ?

A.D : M. Ouattara n’a jamais été exempt des tueries en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas possible, puisqu’il est même l’auteur principal de toute cette boucherie. C’est bien lui l’auteur de la rébellion de 2002 qui a conduit à la barbarie humaine en Côte d’Ivoire. C’est vrai que ses protecteurs évitaient de le tenir responsable jusque là, mais ils savent bien où se trouve la vérité.

Pour restaurer leur crédibilité après avoir accompli leur sale besogne, le 11 Avril dernier, Human Rights Watch et Amnisty International étaient bien obligés de reconnaitre la responsabilité de Ouattara dans le massacre de Duekoue. Ils ont commencé par Duekoue, Yopougon et autres endroits suivront bientôt. Au finish, c’est Alassane qui sera poursuivi pour crime économique, crime de guerre et crime contre l’humanité une fois tous les contrats d’exploitation de pétrole, de gaz et de minéraux seront signés avec les représentants des multinationales occidentales.

Lynx.info : Des rebelles très proches de Ouattara sont cités dans les rapports Human Right Watch. Peut-il se désolidariser d’eux selon vous ?

Je ne suis pas juriste, mais je sais qu’il y a ce qu’on appeler la responsabilité de commandement. M. Ouattara a reconnu que ce sont ses forces qui sont arrivées jusqu’à Abidjan pour renverser le président Gbagbo. Il a même dit sur une chaine de télévision étrangère que lorsque ces forces là sont arrivées à l’entrée d’Abidjan, c’est lui qui leur a dit d’attendre avant d’assiéger la capitale économique ivoirienne. Il n’est donc pas possible que M. Ouattara se désolidarise des actes criminels des FRCI. Il est directement responsable contrairement au Président Gbagbo dont les forces, régulières, n’agissaient que dans le cadre de leur mission régalienne et en légitime défense.

Lynx.info : Pour vous, qui dirige la Côte d’ivoire ? Guillaume Soro avec « ses rebelles », la France ou Alassane Ouattara ?

A.D : Je pense que chacun d’eux joue un rôle. Mais, le chef d’orchestre demeure le gouvernement français. Ils font tous du bruit. Chacun d’eux donne l’impression d’être au contrôle, mais en réalité il n’en est rien. Aucun ne maitrise le terrain. Je dirais même que c’est le président Gbagbo qui a toujours le contrôle du terrain. Ce qui explique la lenteur avec laquelle le retour à la normalité se fait sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Lynx.info : Mr Dogba, Ouattara veut que la Licorne reste comme le 43ieme BIMA. Peut-on dire que tout l’effort de Laurent Gbagbo pour le départ de la France en Côte d’Ivoire s’est révélé non payant ?

A.D : Ce ne serait pas faut de le penser, mais je refuse de le croire. Parce que le président Gbagbo a pris presque toute sa vie, aux côtés des ivoiriens, pour construire les bases d’une Côte d’Ivoire véritablement souveraine. Il a pris presque toute sa vie pour bâtir un état démocratique où chaque ivoirien peut s’exprimer sans craindre pour sa vie, s’organiser dans un cadre légal en association de toute nature sans être privé de sa liberté, et même choisir le candidat de son choix à une élection quelconque sans être intimidé, ni tué.

Gbagbo nous a aussi démontré, en dix ans, que les états africains peuvent prendre leur destin en main. Sans recourir aux aides extérieures qui avilissent. Il nous a appris qu’un président africain peut diriger son pays en harmonie avec son peuple. Et que les armées africaines peuvent assurer la sécurité des africains et de leurs biens sans une ingérence étrangère. Malheureusement, tous ces acquis semblent relever du passé avec M. Ouattara au pouvoir. C’est dommage, mais les Ivoiriens doivent refuser de repartir soixante ans en arrière.

Lynx.info : …mais la France dit que son armée est en Côte d’Ivoire pour protéger les Ivoiriens. C’est ça ?

A.D : Mais, ce ne sont pas que les Ivoiriens que la France veut protéger, mon cher Camus. M. Ouattara dit que le 43iem BIMA va déployer son parapluie sécuritaire sur toute l’Afrique de l’Ouest… Les Ivoiriens n’ont pas besoin de protection. Contre quelle menace extérieure la France veut-elle les protéger ? La menace, de l’avis de la majorité des Ivoiriens, est bien la présence Française en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi les Ivoiriens ne veulent plus des forces françaises dans le pays. Ces forces là viennent d’attaquer les Ivoiriens pour la deuxième fois. Et, plus qu’en 2004, elles ont faits des dizaines de milliers de morts, détruit leurs armements et renversé leur président. C’est donc la France qui est la menace.

Lynx.info : Je vous remercie

A.D : Merci aussi à l’équipe de Lynx.info

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info

Cote d’Ivoire : Gouvernance – La différence entre Gbagbo et Ouattara

La gestion du pouvoir n’est pas une chose aisée. Entre le putschiste Alassane Ouattara et le Président démocratiquement élu, Laurent Gbagbo, il y a une grande différence. Sous le régime du second, les leaders de l’opposition étaient bien traités. Ils insultaient à longueur de journée le chef de l’Etat sans être inquiétés. Mieux, ils étaient bien traités et choyés. La preuve, Henri Konan Bédié et Alassane étaient en exil, Laurent Gbagbo les a fait rentrer au pays.

Ils reçoivent respectivement chacun un salaire mensuel en tant qu’ancien chef d’Etat pour Bédié et ancien premier ministre pour Alassane. Ils avaient une résidence avec des gardes de corps. Leur sécurité était garantie. Ils étaient libres de leurs mouvements. Ils animaient des meetings à travers l’ensemble du territoire national. Au cours de ces rencontres, ils tenaient des propos haineux contre leur bienfaiteur qui n’est autre que Laurent Gbagbo.

En outre, ce dernier leur rendait régulièrement visite. Il était à leurs cotés quand ceux-ci sont frappés par un malheur. Il a toujours évité d’humilier ses adversaires. Et pourtant, il pouvait se venger d’eux. Puisqu’il a subi des humiliations sous leurs règnes. Il a fait plusieurs fois la prison. Son salaire a été bloqué à maintes reprises. C’est ça la grandeur d’un homme. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Alassane prend le pouvoir par les armes. Il arrête Laurent Gbagbo et toute sa famille. Ainsi que ses collaborateurs, les personnalités qui le soutiennent. Les responsables de la majorité présidentielle sont mis aux arrêts. Ils n’ont pas droit à la parole. Leurs portables ont été arrachés. Pas de visites.

La presse internationale ne doit pas les rencontrer. D’autres sont obligés de s’exiler. Les journaux proches de Gbagbo sont interdits de parution. Leurs locaux, mis à sac. C’est la chasse aux sorcières. Les militants de Lmp sont assassinés tous les jours. Des militaires sont mis aux arrêts. Et avec la complicité de la France. On revient à l’heure du parti unique. Personne n’a le droit de critiquer le despote Alassane Ouattara. Autre différence : La famille du putschiste est au palais.

Son frère est directeur financier et sa nièce, directeur à la communication. Il n’a pas oublié ses frères du Burkina Faso. Le fils de l’ancien président du Faso, Sangoulé Lamizana est nommé directeur général du Port de San Pedro. Les Ivoiriens voient la différence. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Le vrai bonheur, on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a perdu. Le combat continue.

Enise Kamagate

Source : Le Temps

Alassane Ouattara face à ses créanciers : Voici ceux à qui Alassane doit

Les premiers à se présenter seront sans nul doute tous ses partisans qui l’ont suivi depuis si longtemps, qui ont bravé brimades, vexations, harcèlements, exclusions, emprisonnements, tortures, et même la mort, mais qui n’ont jamais douté de lui. Il s’agit de ses compagnons de toujours, de ses fidèles parmi les fidèles, et de la grande majorité de la population du Nord de la Côte d’Ivoire. Il est indéniable que Ouattara ne serait jamais parvenu au pouvoir sans le soutien indéfectible de tous ceux-là, dont plusieurs ont réellement souffert le martyre sous les régimes de Bédié, Guéï et Gbagbo. C’est à bon droit qu’ils viendront exiger du nouveau chef de l’Etat leur récompense ou leur part du gâteau. Et l’on ne saurait reprocher à Ouattara de leur confier des postes importants dans l’appareil d’Etat.

Mais, ce faisant, il devra avoir à l’esprit qu’il courra alors le risque de se voir accusé de mettre en place un pouvoir ethnocentriste. Ce qui avait été fortement reproché à ses prédécesseurs Gbagbo et Bédié. Déjà, de nombreux murmures s’étaient fait entendre à Abidjan lorsqu’il avait commencé à nommer ses premiers ambassadeurs dans le monde. Les quatre premiers qu’il avait envoyés en janvier 2011 à Paris, Washington, Londres et aux Nations unies étaient tous originaires du Nord. Interrogé sur cette question, un de ses proches répondit que le chef de l’Etat n’avait pas le choix, car ceux-là, en dehors d’Ally Coulibaly, l’ambassadeur nommé à Paris et qui est un ancien journaliste, étaient les premiers ambassadeurs professionnels qui avaient basculé de son côté, et qu’il était évident qu’il rééquilibrerait les choses dès que la situation serait redevenue normale.

Henri Konan Bédié, rallié avec sa base électorale

Le second créancier de Ouattara qui viendra réclamer son dû sera Henri Konan Bédié, l’ancien chef de l’Etat. Si le successeur de Félix Houphouët-Boigny fut l’inventeur du concept de l’ivoirité, dont l’objectif était à ses débuts d’empêcher Alassane Ouattara d’accéder un jour à la présidence de la Côte d’Ivoire, il s’est, sous le règne de Laurent Gbagbo, réconcilié avec son ennemi d’hier et celui-ci lui doit incontestablement son élection. Le 15 novembre 2010, en la résidence d’Houphouët-Boigny à Yamoussoukro, Bédié avait solennellement appelé son électorat, essentiellement constitué des membres de l’ethnie Baoulé, la plus importante numériquement, à voter pour Ouattara. Celui-ci avait promis en retour de nommer un Premier ministre issu du parti de Bédié, le PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire et Rassemblement démocratique ivoirien).

Tous les observateurs notèrent que Bédié se mobilisa beaucoup plus pour la campagne de Ouattara que pour la sienne lors du premier tour. L’on vit les deux hommes posant sur les affiches de campagne de Ouattara, Bédié, debout, la main sur l’épaule de Ouattara assis. Le message fut compris par l’électorat de Bédié: voter Ouattara, c’était aussi voter Bédié. Et
il vota effectivement en masse pour Ouattara, au grand dam de Laurent Gbagbo. Nul ne peut contester que sans ce vote des Baoulé, Ouattara n’aurait pas été élu.

Guillaume Soro et ses forces

Mais les choses se compliquèrent dès l’annonce des résultats, Laurent Gbagbo refusant de reconnaître la victoire de son adversaire. Pire, il fit le siège de l’hôtel du Golf où résidait Ouattara et prit les médias d’Etat en otage. Il fallut opposer à Gbagbo une autre force. C’était Guillaume Soro, le chef de l’ex-rébellion, qui en disposait. Celui qui fut le dernier Premier ministre de Laurent Gbagbo et ne tarissait pas d’éloges à son égard avait pris le parti de Ouattara dès l’annonce des résultats. Ce dernier le nomma donc Premier ministre et ministre de la Défense.

Des voix se mirent à murmurer dans les rangs du PDCI-RDA sur la promesse trahie de Ouattara. Mais les proches de Bédié se dépêchèrent d’expliquer que Guillaume Soro avait été nommé par Ouattara avec l’accord, voire sur l’insistance de Bédié lui-même, compte tenu de la situation. Et il est évident que sans la guerre menée par les hommes de Guillaume Soro, Ouattara n’aurait pas pu avoir la réalité du pouvoir que les urnes lui avaient donné. Bédié a fait élire Ouattara, Soro l’a conduit au palais. Guillaume Soro devient donc lui aussi son créancier.

Exigera-t-il de demeurer Premier ministre ? Le faire serait mettre en difficulté Ouattara qui a sa promesse envers Bédié à tenir.

L’on a parlé d’un poste de vice-président qui n’existe pas dans la Constitution pour Soro. Soro l’a-t-il demandé? Ouattara le lui a-t-il promis? Nous n’en savons rien. Mais ce serait probablement une erreur de la part de Ouattara que de donner un tel pouvoir à celui qui l’a fait roi. Car l’appétit venant en mangeant, Soro pourrait être tenté en cours de route d’effacer le préfixe «vice» de son titre.

Comment alors payer sa dette envers Guillaume Soro? Sans doute en le convainquant de s’effacer pour le moment et de se contenter d’un rôle de grand conseiller, et en plaçant certains de ses proches à des postes importants. Soro, qui est né en mai 1972, a encore pour lui la jeunesse. Il a tout le temps de se préparer à succéder un jour à Ouattara à la présidence. Ouattara pourrait lui promettre de le préparer à cela.

Les chefs de guerre

Et ses chefs de guerre? Ce sont eux qui ont combattu sur le terrain. Ils méritent aussi une juste récompense. Mais certains d’entre eux ont des passés très chargés, c’est le moins que l’on puisse dire. Puissants chefs de guerre et commandants des zones contrôlées par les Forces nouvelles pendant huit ans, plusieurs d’entre eux ont commis de graves exactions sur les populations et pillé toutes les ressources existantes. Martin Kouakou Fofié par exemple, le tout-puissant commandant de Korhogo, est sous le coup de sanctions de l’ONU pour avoir enfermé une soixantaine de personnes dans des containers exposés au soleil jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il a aussi été question de massacres perpétrés par les combattants de Soro à Duékoué, lors de leur récente avancée sur Abidjan, sans que l’on sache pour le moment toute la vérité sur l’affaire. S’il s’avère qu’ils se sont effectivement rendu coupables de tel crimes, il serait difficile pour Ouattara de les garder à côté de lui ou de les intégrer dans l’armée régulière. Il serait sans doute préférable pour le chef de l’Etat qu’il les laisse s’éclipser dans la nature, quitte à ce qu’ils aillent se faire pendre ailleurs.

IB, l’homme du commando invisible

Un autre créancier inattendu est l’ancien sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit IB, autobombardé général, qui a revendiqué la direction du «commando invisible» qui a mis fin aux massacres perpétrés par les milices de Gbagbo dans le quartier d’Abobo à Abidjan. IB, qui voue une haine tenace contre Guillaume Soro, celui qui l’a évincé de la direction des Forces nouvelles, aurait, selon des rumeurs, réclamé de diriger les opérations de libération d’Abidjan afin d’en retirer toute la gloire. Et c’est ce qui aurait retardé l’opération, manquant presque la faire capoter.

L’homme aux ambitions démesurées ne manquera pas de venir présenter lui aussi sa facture au nouveau chef de l’Etat. Il faudra sans doute à ce dernier apprécier la part réelle d’IB dans la victoire et le récompenser en conséquence, tout en le surveillant comme du lait sur le feu afin
qu’il ne tente pas un jour de vouloir être calife à la place du calife.

La France et les Nations unies

La France et les Nations unies pourraient être considérées comme d’autres créanciers, puisqu’il aura fallu que leurs forces bombardent les camps militaires de Laurent Gbagbo pour que ses hommes arrêtent le combat. Alassane Ouattara, qui a de solides relations d’amitié avec le sommet de l’Etat français, n’a jamais caché sa volonté de tisser à nouveau les liens privilégiés que son pays avait avec la France. Et certainement que les entreprises françaises pourraient bénéficier de sérieux coups de pouce dans les marchés de la reconstruction de la Côte d’Ivoire.

Source : slateafrique.com