Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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Les WADE : 11 ans de règne, 11 ans de scandales

Les onze ans de règne des libéraux ont été ponctués par une série de scandales. Les uns plus spectaculaires que les autres.Le 7 août 2010, lors d’un dîner-débat organisé par l’association des jeunes avocats du Sénégal (Ajas) Abdou Latif Coulibaly affirmaient que si l’on totalise l’argent de l’ensemble des scandales financiers connus depuis l’avènement de l’alternance en 2000, on atteindra les mille milliards de francs Cfa.Ce qui équivaut à plus de 26 000 kilomètres de route bitumée, selon lui.

Les 13 milliards du Qatar

Le dernier scandale financier, pour l’instant, c’est Saïf Al Islam, le fils du guide libyen, qui nous l’apprend. Selon lui, Me Wade aurait reçu la bagatelle de treize (13) milliards de francs Cfa du Qatar pour son fils. Pourquoi ? Pour réclamer urbi et orbi, depuis Benghazi, le fief des rebelles libyens, le départ de Kadhafi.

Mais d’autres scandales financiers ont précédé celui-ci. Lors d’un meeting le 22 mai à Zinguinchor, le Premier Souleymane Ndéné Ndiaye affirmait : ‘Pendant presque 10 ans, Landing Savané a reçu de mes mains ou des autres collaborateurs du président de la République, 30 millions de francs Cfa tous les mois, et jamais il n’a partagé cet argent avec ses camarades.’

Fesman: Plus de 45 milliards de francs Cfa dépensés par la fille et un déficit de 26 milliards pour chanter et danser

Le 3e Fesman aura été un véritable gouffre financier. Cette manifestation, dont Wade a confié l’organisation à sa fille, aura coûté au trésor public plus de 45 milliards de francs Cfa et engendré un déficit de 26 milliards de francs. Le chef de l’Etat soutenait que le Sénégal n’aurait dépensé de son budget que 5 milliards. Le reste du budget étant supporté par les autres pays. On sait ce qu’il en a été.

L’autre scandale qui noircit le tableau du Fesman, le financement de la construction du monument de la Renaissance africaine. En effet, pour le construire, l’Etat du Sénégal a bradé les terres de la zone aéroportuaire. Des terres pourtant estimées à 75 milliards de francs par des spécialistes. Pourtant, dans une brochure remise aux journalistes lors de l’inauguration, l’on pouvait lire que le monument de la renaissance africaine a coûté zéro F Cfa à l’Etat du Sénégal. Qui pour y croire ?

Plus de 205 milliards dépensés par le fils pour l’Oci

Autre gouffre financier, l’Organisation de la conférence islamique (Oci), confiée à l’autre fils Wade, Karim.Dans son livre intitulé Contes et mécomptes de l’Anoci, le journaliste Abdoulatif Coulibaly affirme que contrairement aux affirmations de ses dirigeants, l’Agence nationale pour l’organisation de conférence islamique (Anoci), n’a pas dépensé 72 milliards de FCfa, pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du sommet qui a eu lieu en mars 2008 dans la capitale sénégalaise. Elle en a dépensé plus du double. ‘Nous sommes à même de dire que l’Anoci a dépensé pour l’organisation de la conférence islamique une somme totale de 205 milliards 211 millions de FCfa’, renseigne-t-il. ‘Les 205 milliards 211 millions de FCfa de dépenses effectives et réelles de l’Anoci comportent un chapitre ou une composante nommée: ‘Aménagement des bureaux du siège de l’Anoci’. Ce poste a englouti la somme de 750 millions de FCfa. Celle-ci a servi à l’aménagement des bureaux du président du Conseil de surveillance, M. Karim Wade, et à l’équipement des bureaux de ses collaborateurs. Ils ont été logés aux 1er, 2e et 3e et 10e étages de l’immeuble Tamaro’, poursuit-il, affirmant que c’est aussi mentir que de tenter de faire croire au peuple que la réalisation des chantiers ouverts à la veille de la Conférence islamique a coûté 101 milliards de FCfa. Selon lui, l’Oci a saigné le Trésor public et a accéléré la crise financière dans laquelle se débat aujourd’hui le Sénégal.

Perturbations sur la ligne : 20 milliards de Sudatel distraits

Si ce n’est pas le fils ou la fille de Wade qui sont impliqués, ce sont les fils de ses amis. Ainsi, lors de la vente de la troisième licence de téléphonie à Sudatel, Abdou Latif Coulibaly affirme que Thierno Ousmane Sy, fils du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, aurait été impliqué dans le scandale d’une commission qui aurait été versée dans le cadre de la vente de la licence de Sudatel. Se fondant sur une enquête du journaliste, l’entrepreneur Bara Tall avait alors initié une pétition pour réclamer la vérité sur les vingt milliards de francs Cfa. Mais le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, avait déclaré, dans un communiqué, que ‘Sudatel a réglé la totalité du prix de la licence par deux virements sur un compte du Trésorier général du Sénégal à l’Agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour un montant total de 200 millions de dollars’.

Réparation de l’avion présidentiel : 28 millions de dollars en l’air

En avril 2007, la Pointe de Sangomar, l’avion de commandement du président de la République est en panne. L’avion présidentiel a été obligé de faire un atterrissage à Palma de Majorque dans les Iles Canaries en Espagne. L’incident s’est passé un samedi dans les airs vers 5 heures du matin. C’est le cockpit de l’appareil qui a eu des problèmes techniques. Il se trouvait dans l’espace aérien espagnol alors que le Président Wade se rendait dans les pays du Golfe. Déjà au lendemain de l’alternance, les moteurs de Sangomar ont été à Perpignan, car disait-on à l’époque qu’ils n’étaient pas dans un meilleur état. D’ailleurs, le président avait affirmé qu’aucun sou du contribuable sénégalais n’a été dépensé pour la réfection de la Pointe de Sangomar.

Mais le journaliste Abdou Latif Coulibaly avait affirmé tout à fait le contraire. Dans son retentissant brûlot ‘Wade, un opposant au pouvoir, l’Alternance piégée? ’, il affirmait que le ‘montant global et final’ de l’ensemble des opérations de la révision de l’avion s’élève à 28 millions de dollars. Prenant le contre-pied de Wade, le journaliste écrivain a révélé que la ‘facture salée’ a été payée à partir du fonds routier sénégalais. Un montant de 10 milliards de Fcfa aurait été transféré par l’État, explique Latif. Selon lui, cette somme n’a pas fait l’objet d’enregistrement au Secrétariat général du gouvernement, ni publié au journal officiel. Ce qui est considéré comme une violation flagrante des règles de la bonne gouvernance et de la transparence.

Mais quelques années après cet incident voilà Wade qui paie un ancien avion, celui du président français Nicolas Sarkoky vieux de 8 ans à 20,9 milliards de francs Cfa. Il s’agit d’un moyen-courrier A319 CJ entré en service en 2002, d’une capacité d’une trentaine de places.

La planque chypriote de 7,5 milliards de francs Cfa du fonds taiwanais

En 2006, 15 millions de dollars, soit 7,5 milliards de francs Cfa alloués par la Chine Taiwan à l’Etat du Sénégal ont été détournés et planqués à Chypre. Selon le journal Le Témoin, ce sont 15 millions de dollars Us, soit 7,5 milliards de nos francs ‘destinés à la construction de projets à caractère social dans notre pays’ que Taïwan a décaissés. Une somme qui n’avait pas atterri dans les comptes de l’Etat, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et Chine Taïwan. Selon l’hebdomadiare Le Témoin, ‘cet argent s’est retrouvé dans le compte bancaire d’une société créée par Emmanuel Aïm, la Fitem Entreprises Limited’ précisément, ‘ouvert dans les livres de la Société générale de Nicosie, à Chypre’.Ce dernier étant le fils de Pierre Aïm, conseiller spécial du président de la République et propriétaire de la Nouvelle Brasserie devenue ‘Africa investissement Sénégal Brasserie’ gérée par le même Emmanuel Aïm.

La mallette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Des milliards de francs en surfacturation et en marchés de gré à gré

Mais c’est sans conteste l’affaire dite des Chantiers de Thiès qui fut le premier scandale financier du régime de l’alternance. Dans un discours sur les chantiers de Thiés, le mardi 26 juillet 2005 au Méridien Président, suite à la déclassification du rapport de (Ige) sur les chantiers. Macky Sall, qui a succédé à Idrissa Seck à la primature, se demande comment a-t-on pu passer, sans en informer le président de la République, de l’enveloppe des 20 milliards F Cfa fixée par lui-même, au montant global de 46 217 166 908 francs Fca. Il en conclut alors à des surfacturations. Se fondant sur ce rapport, il débusque aussi des marchés contractés dans le cadre de cette enveloppe de 46 217 166 908 francs Cfa, par entente directe. ‘Dans leur rapport, les experts ont relevé des surfacturations sur la presque totalité des marchés, c’est-à-dire, des écarts significatifs entre les coûts réels des travaux et les montants facturés à l’Etat. Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 FCFA, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17.984.838.241 F Cfa’, disait-il devant les diplomates accrédités au Sénégal.‘Selon les vérificateurs de l’Ige, ce marché, d’un montant de 14 847 280 358 FCFA, a été conclu de gré à gré et approuvé irrégulièrement, le 3 octobre 2003, par l’ancien Premier ministre, en violation des dispositions du Code des marchés publics et du Règlement général sur la comptabilité publique. (…)

Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 F Cfa, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17 984 838 241 F Cfa’, poursuivait-il, expliquant que sur le marché spécifique de 14 847 280 358 FCFA, les experts ont évalué la surfacturation à 8 099 337 207 F Cfa.

La malette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Wade achète un terrain comptant à 1,182 milliard

Wade achète un terrain à 14 milliards à New York

LERAL

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Révélation de WikiLeaks : Karim Arrêté Au Maroc Avec de La Drogue

Une dépêche de wikileak exploitée par le journal Le Quotidien révèle qu’il y a deux ans, un fonctionnaire de la police marocaine trop zélé a arrêté Karim Wade à l’aéroport de Casablanca en possession de haschich.

Le ministre d’Etat et fils du président de la République du Sénégal a ainsi été détenu pendant quelques heures avant d’être libéré sur instruction du roi du Maroc, Mouhamed VI. L’officier qui l’avait arrêté avait finalement été muté dans le Sahara marocain. Les autorités marocaines estimaient que «l’arrestation du jeune Wade pouvait mettre en danger les relations entre le Sénégal et le Maroc».

L’ambassade des Etats-Unis au Maroc avait fait une dépêche diplomatique pour rendre compte de cet «incident». «Il a été rapporté à la mi-août qu’un officier supérieur de la police de l’aéroport de Casablanca a été brutalement affecté à un poste à Laayoune (dans le sud du Maroc), au Sahara occidental. Les motifs invoqués étaient divers : un journal déclarait que c’était parce qu’il avait arrêté un proche d’un dirigeant africain qui transportait de la drogue. Des informations de police ont confirmé, ont indiqué que le proche en question était Karim Wade, le fils du président sénégalais, Abdoulaye Wade », écrivait-on dans la dépêche reproduite par wikileaks.

Voici le lien vers le câble diplomatique publié par Wikileaks :

http://wikileaks.org/cable/2009/09/09RABAT752.html

Senegal : Panne sèche

Longtemps critiquées par Abdoulaye Wade du temps et pendant tout le temps qu’il était dans l’opposition, les institutions de la République ont permis la nouveauté d’un fait historique, l’Alternance, surgissement d’une nouvelle vision de l’Etat, traduit dans les urnes par une majorité d’électeurs sénégalais, le 19 mars 2000, qui a porté le candidat Wade, au Palais de la République. Mais l’Alternance opérée ce jour là n’était pas seulement politique. Elle a également ouvert un autre moment historique en « imposant » un aboutissement pacifique à une situation sociale et politique grosse de tous les dangers, que vivait le Sénégal à la fin des années 90.

« Ils sont bornés par manque de clôture ». René Char

Il avait été reproché à Abdou Diouf et à son régime, de mal gérer les ressources publiques, de mal investir, d’être insensibles aux questions sociales, de n’avoir pas freiné la forte augmentation du train de vie de l’Etat, de créer des institutions coûteuses pour reclasser un personnel politique (Sénat). Les politiques d’ajustement structurel des années 90 ont été le coup de massue. Retranché dans son Palais, Diouf n’avait pas vu venir la lame de fond qui allait l’emporter. C’est sur l’air de « na dem, na dema dema dem », qu’Abdou Diouf partit en mission pour Abdoulaye Wade.

Le nouveau président du Sénégal choisit un 1er avril, cette journée vouée par tradition au fameux poisson accroché dans le dos qui symbolise le rire aux dépens, pour prêter serment. La date et le lieu de la prestation occupent encore une place particulière dans notre (petite) histoire, en plus du discours et de la mise en scène, tous les deux très singuliers. L’espoir était immense, parce qu’en même temps qu’il promettait la résolution de la demande sociale par une maîtrise des coûts de la vie, Abdoulaye Wade disait être mû par la quête d’une nouvelle moralité politique. C’était son discours, sa profession de foi, tout au long de la campagne présidentielle, cette année-là.

Onze années plus tard, le régime libéral a enraciné au plus profond de la conscience populaire, la foi dans l’inégalité, la conviction que seule la faveur décide, que pour avoir ce que l’on veut il faut non le mériter, mais le « décrocher ». Recommandations, interventions, démarches, pressions « pistons », sont devenues pour nombre de Sénégalais, la loi du régime « démocratique » libéral. De là, est né, e bas en haut, le sentiment d’un louche compagnonnage de services mendiés et de services rendus, qui fait de l’intrigue, en violation du droit, la base des relations publiques. In fine le Sénégal est devenu un immense total de petits comités de patronage, qui, en s’obligeant les uns les autres, créent deux catégories de citoyens : ceux à qui ont dit oui, même quand ils ont tort, ceux à qui l’ont dit systématiquement non. Même quand ils ont raison.

Cette dérive s’est faite corrélativement à la captation du pouvoir par une minorité. Peu à peu, le pays connait non pas le gouvernement du peuple par lui-même, mais le gouvernement du plus grand nombre par le plus petit nombre : le despotisme de la minorité. Non seulement les idées de l’Alternance n’ont pas résolu les problèmes hérités du régime socialiste. Mais, celles énoncées, ont été impuissantes à régler celles du peuple.

A bien y regarder, on peut se poser la question de savoir si Maître a pu se départir de la culture politique des années 50-60 qui lui est contemporaine, tant le décalage temporel produit un effet d’anachronisme. Soupçonné de conduire un projet monarchique (un défi au patrimoine historique politique sénégalais), il doit faire face, aujourd’hui à des choix impossibles, ce qui le laisse nu. Peut-être est-ce une raison de vouloir briguer un 3ème mandat à (officiellement) 86 ans. C’est tout de même pathétique de n’avoir personne dans son entourage à la hauteur ou sûr pour assurer ses arrières.

L’arrivée au pouvoir de ceux qui se sont approprié l’Alternance, Maître et ses cadres notamment, a mis a nu leurs handicaps qui ont vite fait de plomber l’Alternance elle-même : le manque de culture étatique, traduit par un énorme cafouillage des premières années, le recyclage des éléments du régime socialiste pour la mise en discipline des partisans du Sopi qui ont été tour à tour éjectés pour ne laisser en place que les courtisans qui ont survécu à tous les régimes politiques issus d’élections. Situation aujourd’hui pathétique avec la récupération des dinosaures « socialistes » qui, quand ils entraient en politique, n’avaient pas encore mué. Nous les aurons eu de la couche-culotte à presque au linceul.

Un des grands problèmes se situe là, parce que tout a fini par fonctionner en circuit fermé et influe forcément sur la capacité d’anticipation. Cela devient comme une consanguinité. Ce n’est pas bon pour les lapins. C’est pire pour les hommes. Et cela explique peut-être en partie le court terme chaque fois qu’une crise éclate : l’école, le système de santé, les banlieues (puissante niche électorale) rendues lacustres voire amphibies par l’incurie du pouvoir, la question énergétique, la Casamance. Après avoir bricolé pendant longtemps, sur chacune de ces questions, le régime a jeté l’éponge. Aujourd’hui, il attend le miracle.

Mais au-delà des personnes il y a à s’interroger sur la capacité de l’Alternance à fabriquer une « élite ». Va-t-elle devenir caduque dans la mesure où elle n’a rien apporté de nouveau ? Les régimes de Senghor, puis de Diouf, ont été portés au pouvoir par un intellectuel collectif en charge de l’Etat et de la production idéologique mais aussi scientifique. Les faiseurs d’argent et les faiseurs d’idées, la main dans la main ont construit un Etat, une République dans la matrice d’un raffinement culturel tellement sophistiqué qu’ils pouvaient avoir la prétention à l’universel. Par contre, les hommes de l’Alternance se sont jetés immédiatement sur les ressources publiques pour se faire une base économique et d’une jouissance qui leur a tant manquée, en oubliant le sort collectif de leur pouvoir.

La course à l’enrichissement s’est engagée, et ils n’ont pas eu l’intelligence collective de nouer une alliance avec les capitaines d’industrie, et autres acteurs du monde des affaires déjà établis, capables de créer une base économique par des ressources issues non pas de rente, mais de capacité productive. La seule chose qu’ils ont su faire et bien faire, c’est d’utiliser l’argent public à d’autres fins et construire leur rêve : d’énormes bâtisses borgnes et hideuses à l’image de leurs limites.

Un pouvoir économique et financier s’est constitué en dehors des sites légitimes de l’exercice du pouvoir : l’administration et les assemblées représentatives, avec une importance accrue accordée à la Présidence de la République, au Cabinet du président, à celui de son fils et de son épouse qui est devenue Madame la présidente, soutenue dans sa tâche immense « d’éducation-santé », par un cabinet faisant partie des services de la Présidence de la République. Ils sont aujourd’hui les seuls pôles d’exercice du pouvoir et de l’autorité stables, dotés de ressources matérielles et symboliques notables.

La corruption est devenue un instrument de gouvernement dans un environnement où la presse assure, parfois très difficilement sa liberté d’expression, dans un contexte international très sensible au respect des normes démocratiques et à la bonne gouvernance. Quand un scandale est éventé, des lois de circonstance sont votées, ayant pour seul objet de mettre l’éteignoir sur des affaires qui dérangent, parce que les impliquant. La toute dernière en date est celle qui porte sur l’organisation et la saisine de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (Centif). Un bout de phrase à la fin de l’article 29. La liste noire va changer de couleur, deviendra grise avant de blanchir sur parole ( ?) ainsi que l’argent de la corruption qu’on a certainement lessivé à grandes eaux.

A cela, il faut ajouter la manipulation des religieux et des religions à leurs fins propres avec la stratégie d’afficher une soumission et en arrière plan leur manipulation. La tentation a été souvent forte de les mettre en concurrence, de les mettre en télescopage pour les affaiblir toutes et en faire des appendices du pouvoir de l’Alternance. Il faut cependant dire aussi que la course aux soutiens confrériques n’a pas été seulement l’apanage de Maître et de ses alliés. Les onze années d’Alternance ont également fait révéler l’aveuglement et le manque de confiance de la classe politique dans sa totalité, dans le formidable sursaut citoyen noté durant la décennie. Sans affronter l’aristocratie religieuse, n’est-il pas est possible de l’ignorer sans en pâtir électoralement ? Apparemment, la classe politique, dans son ensemble n’a pas fait preuve d’un évident pour d’envisager cette perspective.

Ces années d’Alternance nous ont fait aussi observer que dans les partis politiques d’opposition, les propositions d’alternatives crédibles, n’ont pas germé. Après leur victoire bien réelle (n’était-elle pas en trompe l’œil) aux élections locales de mars 2009, chacun y est allé de sa petite sécession. Ils n’ont pas pu ou su évoluer et inventer de nouvelles fonctions mais surtout, ce qui est le plus frappant, c’est qu’ils se sont laissés distancer par les populations elles-mêmes. Cette population constituée aujourd’hui d’individus beaucoup plus émancipés, beaucoup plus critiques, n’est plus disposée pour la plupart, à se mobiliser pour un seul candidat qui lui imposera un programme. Même dans l’opposition, les partis politiques, sont restés des structures oligarchiques, et si les comités de base leur permettent de ratisser large, les véritables décisions sont centralisées au sein de l’état-major sans que les militants aient leur mot à dire.

Depuis l’avènement de l’Alternance, et après la période de grâce, la population prête une oreille très attentive aux propos qui ont un rapport direct avec son quotidien : se soigner, se nourrir, se loger, s’éduquer et trouver du travail, tout en faisant montre tous les jours, de sa résolution à rendre tous les politiques comptables des actes qu’ils posent. C’est en cela que le militantisme s’est transformé et les partis politiques nécrosés leur faisant ressembler à un kyste dans un corps.

C’est dans une ambiance de réappropriation de l’Alternance que les Sénégalais marqueront son onzième anniversaire. Ils refusent d’être exclus du « peuple de l’Alternance » qu’ Iba Der Thiam avait recensé et bloqué à 2 millions de Sénégalais. C’est pourquoi, le préfet de Dakar a reçu à la date du 17 mars 2011, vingt quatre demandes de marches et manifestations, rien qu’à Dakar. Les Sénégalais ont compris que ce qui est tu un petit peu, tue à petit feu.

L’Alternance, que l’on soit d’un côté ou de l’autre, a changé le climat dans notre société. Ses dépressions quotidiennes et ses tourmentes cycliques ont instauré un temps lourd et instable dans une insécurité sociale (chômage, pauvreté dans les villes et dans les campagnes) qui s’installe comme une météo inévitable..Les Sénégalais avaient voté le changement, synonyme de l’émergence d’une nouvelle qualité, qui présuppose, et à son tour crée, un degré de responsabilité, propice à de nouvelles relations. Dans cette période de troubles, où tout s’accélère et se complexifie dans la confusion, s’adapter ne suffit plus pour survivre. Il s’agit pour le véritable peuple de l’Alternance de se projeter un futur désiré réalisable, de s’y préparer en valorisant et utilisant ses propres ressources, trop souvent ignorées par une classe politique qui ne se soucie guère que d’élections. Mais sur tout cela, Maître n’est « pas encore prêt, à organiser des élections pour son successeur » sourd qu’il est aux cris du peuple qui n’en peut plus.

Henriette Niang Kandé/sudonline.sn

Senegal : Le difficile statut de «fils du Président»

Il est quand même de chair, fait. Il souffre, et cela se sent. La lettre de Karim Wade à ses compatriotes d’abord, à l’opinion internationale ensuite, est un aveu d’une souffrance contenue. « Pendant ces dernières années », dit-il dans sa déclaration envoyée à la presse, pendant « ces derniers mois, ces dernières semaines et ces derniers jours », Karim aura « tout vu, tout lu et tout entendu ».

Les événements des 23 et 27 juin 2011 auront donc été la goutte de trop. Ils ont le mérite d’avoir pu le sortir de sa réserve. Moins que les premières phrases, c’est la conclusion de sa déclaration, qu’il serait intéressant de relever. « Chez nous, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s’hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes ». Une répétition, presque mot pour mot, de ce qu’a toujours affirmé le Président de la République. Il n’est pas dit, cependant, que cela suffira à convaincre ceux qui ont fait de la lutte contre la « dévolution monarchique du Pouvoir », un thème contre le Pouvoir. Si Wade fils est aussi sincère que convaincu de ce qu’il dit dans sa déclaration, ce devrait être pris pour appel à plus d’imagination adressé à ceux qui n’auraient d’autres idées de campagne à proposer aux Sénégalais.

Karim le reconnaît implicitement ; il a beaucoup trop tardé à édifier ses compatriotes sur ses rapports à la dévolution du Pouvoir. Maintenant, il se dévoile : « l’heure est venue pour moi de m’exprimer. Le temps est venu de délivrer, du fond du cœur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité. Je me dois d’autant plus de le faire, que tout un chacun sait que je suis la cible d’attaques profondément injustes ». « Impitoyablement, dit-il, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, condamné  sans recours possible. De ma présomption d’innocence, on se passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ».

Ses détracteurs lui rétorqueront que c’est plutôt son Président de père, qui lui a « trop donné », l’exposant ainsi à la vindicte, dans un contexte de crispation politique, où il n’y a que très peu de place pour le débat d’idées et la confrontation des projets de société. Quatre ministères, considère-t-on, c’est « énorme pour un seul homme ». Cela l’est surtout lorsqu’on est le fils du Président de la République. Encore plus lorsque pour le commun des Sénégalais édifiés par l’expérience, la fonction ministérielle est davantage un moyen de se servir, que celui de se rendre utile à la collectivité nationale.

C’est donc Me Abdoulaye Wade lui-même, qui a attiré l’attention sur Karim Wade. Ce dernier n’est pas attaqué sur ses compétences personnelles. C’est l’énorme champ des attributions ministérielles qui ne passe pas. Encore que les attaques contre sa personne ne datent guère de son entrée dans le gouvernement de son père. Karim a été toujours été une cible facile. Il paie pour avoir choisi – comme il disait lui-même – « le parti de l’action », face à celui de la parole.

Il s’aménage maintenant un moment de riposte, pour s’en prendre aux  « magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l’opinion publique nationale et internationale ». C’était pour dire qu’au Sénégal, « le sentiment démocratique est très fort ». La preuve s’il lui arrivait de n’être pas lui-même convaincu de ce qu’il affirme, la manière dont ses compatriotes accueillent le moindre signe susceptible de fausser les règles du jeu démocratique.

La Lettre de Karim Wade arrive sur l’espace public en même temps qu’une déclaration des Administrateurs Civils (la énième), qui en sont encore à demander « plus de considération » pour leur corps, naguère à la pointe du suivi des grands dossiers de l’Etat.

Les causes de frustration sont légion, il faut l’avouer, en ce qui concerne Karim Wade. De n’avoir pas participé aux luttes sans merci ayant permis à son père d’accéder au pouvoir, ne lui est pas pardonné par les compagnons, militants ou alliés du Parti démocratique sénégalais (Pds). Encore que d’autres qui s’illustraient dans leurs attaques contre l’ex Opposant, sont aujourd’hui mieux servis que des « pestiférés » d’avant alternance. Il ferait par ailleurs fausse route, de prendre les journalistes pour responsables des campagnes contre lui. La Communication d’Image obéit à des critères autres, que ceux généralement mis en œuvre par le Ministre d’Etat.

Le Sénégal ne peut se permettre l’aberration d’une succession de père en fils, quelle que soit la famille. C’est en cela qu’une dévolution peut être qualifiée de « dynastique ». Quant à, la « monarchie » si souvent convoquée par les détracteurs de Karim, elle prend racine  dans l’hyper présidentialisme, tel qu’il est exercé actuellement. Certes, il ne devrait être nullement question de refuser à qui que soit, le droit d’avoir des « ambitions pour (son) pays » (sic).

C’est dans la manière de réaliser ces ambitions que résident les points de gêne. Karim Wade, « militant du Pds » (exit la Génération du Concret ?), candidat à la présidentielle de son pays, ne peut souffrir d’ostracisme, lorsque cette candidature n’est portée par aucune institution de la République.

A égalité de chances au départ, les Sénégalais décideront seuls, à l’issue d’un scrutin honnête et transparent,  celui qui aura leur confiance pour présider à aux destinées de ce qu’ils ont en partage, pour la durée constitutionnellement déterminée. Voila le meilleur moyen pour se débarrasser de l’étiquette « fils du Président ».

sudonline

Interview de Saïf Al-Islam Kadhafi : « Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils »

Révélation du fils de Khadafi: “Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout

Parmi les enfants de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam avait l’ambition d’être le réformateur de la Libye. Le deuxième fils du Guide libyen a vécu et étudié à l’étranger, lancé de grands travaux de transformation des villes libyennes. Lorsqu’a éclaté la contestation armée, en février, l’ingénieur de formation a sidéré la planète par une allocution télévisée où il promettait de continuer la guerre contre les rebelles de l’est libyen, le Conseil national de transition (CNT), “jusqu’au dernier homme, jusqu’à la dernière femme, jusqu’à la dernière balle.”

Quatre mois plus tard, Saïf Al-Islam Kadhafi, l’ex-”jet-setter”, joue un rôle clef à Tripoli. En raison des frappes de l’OTAN, il reste discret sur ses déplacements mais, en cet après-midi, il est allé “nager dans la mer”. Depuis le 20 juin, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), comme son père et le chef des services de renseignements libyens.

Vous sentez-vous visé par les frappes de l’OTAN ?

L’OTAN a bombardé ma propre maison, le bureau de mon père, sa tente et d’autres endroits où ils pensent mon père pourrait se trouver. Ils essayent de le tuer de toutes leurs forces. Ce qui montre que ce sont des gangsters, un groupe de criminels. Je ne crois pas que la résolution (1973) du Conseil de sécurité dise : “Vous devez tuer Monsieur Kadhafi”, ou tuer mon frère (Saïf Al-Arab, le plus jeune des fils de Mouammar Kadhafi, tué par un bombardement de l’OTAN avec sa famille en mai), ou tuer les enfants de Libye.

Comment vivez-vous les poursuites de la CPI ?

Il y a deux mois, on nous appelait de plusieurs pays, en nous disant : “Si vous partez en exil, on fera cesser les poursuites. On réglera ça.” Ça signifie que ce n’est pas un véritable tribunal. C’est un outil pour nous mettre sous pression. Mais on pense plus à la bataille en cours, pour l’instant, qu’à la CPI. Dieu est avec nous, on va se battre, et on gagnera. Ils (le Conseil national de transition (CNT), les rebelles) sont du côté du Mal. Ils commettent des horreurs. Benghazi est comme Mogadiscio, avec des terroristes partout.

Vous dites “ils” pour qualifier le CNT. Vous ne souhaitez pas les qualifier de rebelles ?

Je les appelle plutôt des rats. Ils n’ont aucune chance de prendre le contrôle de la Libye par le biais de l’OTAN et de la France. Les rats sont très fiers d’eux-mêmes. Ils n’étaient personne. Maintenant, ils sont reçus à l’Elysée, au 10 Downing Street, chez Obama. Il y a des avions, des sous-marins qui font la guerre pour eux. C’est comme au cinéma, mais le peuple ne les soutient pas. Un jour, vous vous souviendrez de ce que je vous dis : les rats n’ont strictement aucune chance de contrôler ce pays. Ce sont des traîtres. Ils travaillent avec des Européens, des Américains, d’autres encore pour bombarder leur propre peuple.

Il y a aussi des pays africains qui soutiennent le CNT.

La France a ses valets en Afrique. Ils ne vénèrent pas Dieu, ils vénèrent l’Elysée. Certains ont leurs raisons. Abdoulaye Wade (le président sénégalais) a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout. Mais nous avons de nombreux amis sur le continent.

Il y avait à l’origine de cette crise un mouvement de contestation du pouvoir en Libye.

Les véritables enjeux sont l’argent, l’argent, l’argent et le pétrole. Personne ne soutient les rebelles en Syrie, par exemple. Mais ici, il y a du pétrole. La Libye est un gigantesque gâteau que les pays (étrangers) veulent se partager. Ça suffit, on n’est pas dans un bazar. On fait couler le sang des gens pour pouvoir signer ces contrats.

Nicolas Sarkozy avait reçu Mouammar Kadhafi à Paris en 2007. A présent, la France soutient le CNT. Que s’est-il passé ?

On considérait M. Sarkozy comme notre meilleur ami en Europe. La relation qu’il avait avec mon père était tellement spéciale. Nous avions même des liens avec son ex-femme. Nous avions une sorte de relation familiale avec lui. En une nuit, il a changé d’avis. Nous avons entendu qu’il était fâché parce que nous n’avons pas signé beaucoup de contrats avec la France. On n’a pas acheté le Rafale. Le Brésil et Abou Dhabi ne l’ont pas acheté non plus. Est-ce que la France va les bombarder aussi ? Mais il reste une chance pour restaurer cette amitié. Si vous continuez à nous bombarder, vous n’obtiendrez rien. Mais les rebelles ne l’emporteront jamais. Pétrole, Rafale, contrats : fini ! Total ? Fini ! Quant à ces gens (les rebelles), bientôt ils vont disparaître. Si vous voulez faire des affaires en Libye, vous devriez venir à la bonne adresse (Tripoli). Là, vous traitez avec les mauvais interlocuteurs.

On se bat toujours sur les fronts…

Les rebelles ne sont que quelques centaines de combattants, huit cents ou mille à l’échelle du pays. Ils sont relativement forts parce qu’ils ont l’OTAN qui se bat pour eux, avec l’argent, les médias, les armes, les (hélicoptères) Apache. Les Tornado, les Rafale, le Charles-de-Gaulle. La VIe flotte(américaine), les Awacs. Ce n’est pas une plaisanterie, tout ceci. Si vous soutenez Mickey Mouse avec de tels moyens, Mickey Mouse sera quelque chose en Libye ! En dépit de cela, ils perdent du terrain tous les jours.

Que se passerait-il si l’OTAN arrêtait ses frappes ? Vous arrêteriez la guerre ?

Avec l’OTAN ou sans l’OTAN, et même si le diable vient faire la guerre avec les rebelles, ils vont perdre ! Les Américains ont soutenu le Sud Vietnam pendant longtemps, à la fin ils ont dû partir en courant. Aujourd’hui même, les Américains essayent de faire plaisir aux talibans en Afghanistan et négocier avec eux. Les Mirage 2000 sont envoyés depuis la Corse, les Tornado anglais depuis la Sicile. Ils font des missions depuis l’Europe pour bombarder un Land Cruiser (un 4×4) en Libye et ils retournent sur leur base. Vous pensez qu’ils vont contrôler la Libye en s’y prenant de cette manière ? Ce sont les gens sur le terrain qui vont l’emporter.

L’opération de l’OTAN est particulièrement stupide, mal préparée. Tout a été fait dans la hâte. Une campagne fast-food, une campagne McDonald’s. Nous, nous avons notre armée. Nous avons plus de munitions, plus d’armes. Le moral est au plus haut. Les autres sont de plus en plus faibles.

Les possibilités de négociation qui se dégagent peuvent-elles mettre fin au conflit ?

Vous voulez la paix ? On est prêts. Vous voulez la démocratie ? On est prêts. Vous voulez des élections ? On est prêts. Vous voulez que la Libye devienne comme la Suisse ? On est prêts. Vous voulez une nouvelle Constitution ? On est prêts. Vous voulez la guerre ? On est prêts aussi. On est prêts pour toutes les options.

Moi, j’aime la démocratie. Je veux que la Libye soit la Suisse ou l’Autriche du Moyen-Orient. Je veux que nous ayons une économie moderne, une démocratie moderne, avec la liberté, des élections. Mais si vous voulez la guerre, nous adorons nous battre ! Jusqu’à la mort. Laissez les Libyens décider. S’ils veulent une monarchie, une république, ou tout ce qu’on peut imaginer.

Quelles sont les chances de voir aboutir les négociations qui s’annoncent ?

Laissez-nous organiser des élections, avec des observateurs du monde entier, de manière transparente.

Des élections pour quoi exactement ? A quel niveau ?

A tous les niveaux. Il suffit de demander. On peut mettre en place un gouvernement de transition avec des technocrates de tout le pays, pour la transition, pendant trois ou quatre mois. Ensuite on établit une nouvelle Constitution. Les élections suivent tout de suite et ce sera le retour à la paix. Libye n’est pas l’Irak. Les enfants pourront retourner à l’école, on voyagera, on ira se baigner dans la mer, on fera des affaires, point final. Nous sommes cinq millions, on est riches, on peut s’entendre. Ce n’est compliqué qu’à cause des autres, de l’OTAN, de la France, Royaume-Uni, Italie, Amérique, Turquie et Qatar.

Jugera-t-on les crimes commis ?

A Benghazi, ils font des horreurs, et on les appelle “combattants de la liberté”. On a accusé Kadhafi d’avoir bombardé Tripoli. Il n’y a aucune preuve. Où sont les victimes ? Cette fois, ils viennent avec une nouvelle histoire : les viols. On viole les femmes et on prend du Viagra (distribué aux combattants). C’est un vrai film ! Et là, encore une autre histoire : nous serions prêts à attaquer avec des armes chimiques. Tout ceci pour rendre la situation “sexy”. Comme on l’avait fait pour les armes de destruction massives de Saddam Hussein.

Ce pays a-t-il besoin d’un président (il n’y en a pas dans l’état actuel) ?

Non, ce pays a besoin de pouvoirs locaux très forts, avec un système fédéral.

Quelle peut être dans ce cas la place du Guide, votre père ?

Mon père ne fait pas partie des négociations. C’est un conflit libyen, avec des Libyens et des traîtres, des milices, des terroristes. Vous pensez qu’on peut trouver une solution qui ne l’implique pas ? Non, c’est impossible.

Senegal : Karim Wade écrit aux sénégalais

Pendant ces dernières années, ces derniers mois, ces dernières semaines et ces derniers jours, notamment lors des événements des 23 et 27 juin 2011, nous avons tout vu, tout lu et tout entendu. L’heure est venue pour moi de m’exprimer. Le temps est venu de délivrer, du fond du cœur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité.

Lettre ouverte

Je me dois d’autant plus de le faire que tout un chacun sait que je suis la cible d’attaques profondément injustes.

Depuis mon entrée dans l’espace public en qualité de Conseiller Spécial du Président de la République, puis de Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) et actuellement comme Ministre d’Etat, Ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, malgré tous les efforts que je continue de déployer pour le développement économique et social du Sénégal, des passions se déchaînent, des haines se ravivent. Pourtant rien ne m’a été donné. Avec mes collaborateurs et fort de l’expertise nationale et internationale, nous sommes toujours partis de rien, pour aboutir à ce que l’on voit.

Jamais dans l’histoire du Sénégal, un homme public n’a reçu, autant de coups, de propos diffamatoires et outrageants. Systématiquement, je suis l’objet de graves accusations, de profondes détestations, d’attaques hallucinantes de la part de ceux qui nous connaissent à peine ou pas du tout.

Impitoyablement, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible. De ma présomption d’innocence, on s’en passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ! Qu’on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l’on me rend responsable. Qu’un ministre soit limogé, il prétend que son départ est la conséquence immédiate de son refus d’un prétendu projet de « dévolution monarchique du pouvoir ». Lorsqu’il pleut un peu trop à Dakar, je suis indexé ; lorsque le vent emporte le toit d’une maison à Pikine, je suis pointé du doigt ; lorsqu’un train déraille à Thiès, j’y suis pour quelque chose ; lorsqu’un accident survient sur la route, je suis vilipendé.

Conformément à nos valeurs sénégalaises, je leur accorde mon pardon.

Tout comme le Chef de l’Etat, je combats toute idée de dévolution monarchique du pouvoir.
Fort heureusement, nombreux sont nos compatriotes qui refusent de se laisser entraîner dans la campagne sur le supposé projet de dévolution du pouvoir de « père en fils » qui constitue aujourd’hui la panacée pour tout expliquer et tout comprendre.

Si cette idée a continué de prospérer au point de susciter des rancœurs et parfois même de la haine envers le modeste passant sur terre que je suis, c’est parce qu’elle est savamment entretenue par une partie des acteurs politiques aidée en cela par certains journalistes, – véritables machines de guerre contre ma petite personne. Cette confusion doit finir ! Cette intoxication doit s’arrêter ! Cette injustice doit cesser.

Je le répète et le répéterai aussi longtemps que cela est nécessaire : c’est une insulte faite aux Sénégalais que de parler d’un projet de dévolution monarchique. Un tel projet n’a été, n’est et ne sera jamais dans les intentions du Président de la République ni dans les miennes. C’est universellement connu, le Sénégal connaît une longue tradition républicaine et démocratique. La souveraineté appartient au peuple qui, au terme d’élections libres, démocratiques et transparentes, confie le pouvoir à celui en qui il a confiance.

Comme vous le savez, le Président de la République Me Abdoulaye Wade est habité par la passion du Sénégal et ne respire que pour l’Afrique et plus généralement pour la paix. Plus d’un quart de siècle de combat pour l’approfondissement de la démocratie et pour la conquête des droits individuels et collectifs. Plus d’un quart de siècle de lutte pour la liberté d’expression et pour la transparence des élections.

Comme tout être humain, je demande à être entendu, jugé sur des actes vérifiés et donc probants et non sur des rumeurs sans fondement.

Les Sénégalais exigent tout naturellement des réalisations palpables et concrètes, source d’espoir et de confiance en l’avenir. En ce qui me concerne, dans la quotidienneté des missions gratifiantes mais ô combien difficiles, je m’attèle, en permanence, à servir le Sénégal en accompagnant mes sœurs et frères vers une meilleure qualité de vie.

J’ai choisi la difficulté, en refusant le scénario de la facilité. J’ai accepté les missions qui m’ont été confiées jusque-là, pour avoir l’opportunité de mieux servir mon pays.
Le travail nous occupe nuit et jour et nous sommes conscients qu’il reste beaucoup à réaliser encore, pour la création des emplois, la réduction du coût de la vie, l’éradication de la pauvreté, l’accès aux logements sociaux, la construction d’infrastructures, un meilleur environnement pour la compétitivité de nos entreprises pour l’émergence définitive du Sénégal du futur. A côté des millions de Sénégalais, nous participons quotidiennement à relever le défi.

Je vis pleinement, tout comme l’ensemble des responsables de ce pays, la double préoccupation majeure de la solution définitive au récurrent problème de la fourniture régulière et suffisante de l’électricité dans les ménages et les entreprises ainsi que l’amélioration quantitative et qualitative du panier de la ménagère.

Lors des événements passés, il n’y a certes pas eu mort d’homme, mais il faut sincèrement déplorer, vivement regretter et fermement sanctionner les scènes de pillages, les actes de banditisme et de profanation des lieux de culte. Nous avons le droit de manifester ; mais nous n’avons pas le droit de saccager les biens d’autrui encore moins de piller.

Nous avons la profonde conviction que la démocratie sénégalaise en sortira toujours grandie et renforcée. Désormais, il y a un avant et un après 23 juin. Ce message ne peut être ignoré ni par le pouvoir, ni par l’opposition. Notre formation politique, le PDS, et nos alliés ne peuvent faire autre chose que de consolider les acquis démocratiques de Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf et de Me Abdoulaye Wade.

N’en déplaisent aux magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l’opinion publique nationale et internationale, nous disons avec force et conviction que le sentiment démocratique est très fort ici. Chez nous, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s’hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes.

En conclusion, il nous faut renouveler notre ambition pour le Sénégal, en compagnie de citoyens simples et droits, courageux et travailleurs, issus des centres urbains, de la banlieue et des zones rurales et avec tous les millions d’hommes, de jeunes et de femmes qui nourrissent autant d’amour et de passion pour notre cher Sénégal.

Fait à Dakar, le 03 juillet 2011

Karim Wade

SENEGAL : Le ticket de la honte

Qui a dit qu’en Afrique, il n’y a pas de vieux magiciens ?

Abdoulaye Wade, le magicien

Le Président sénégalais n’en finit pas d’étonner et de décevoir. Il aura tellement joué de tours et procédé à de renversants retournements de veste en cette année 2011 que ceux qui, avaient vue en son accession au pouvoir en 2000 une aubaine et un espoir pour l’Afrique sub saharienne ont fini par déchanter.

On n’a pas besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre que notre vieux sénégalais n’a pas et vraiment pas l’intention de quitter le pouvoir sans avoir l’assurance qu’après lui, ce sera son fils. Le patriarche sénégalais qui, il y a quelques semaines jouait les donneurs de leçon en traitant  Kadhafi de dictateur, voit la carrière politique de son fils s’écrire en pointillés ; les sénégalais le lui ont déjà démontré en refusant l’accession de Karim Wade à la mairie de Dakar en mars 2009. S’arc-boutant et contre vents et marées, le lièvre de Kébémer comme aimait l’appeler Senghor tient à faire de son fils un Chef d’Etat  alors que les sénégalais ont refusé de le faire maire. Ce que le peuple rejette, on peut l’obtenir par la loi. La constitution peut être torturée, charcutée pourvu qu’on parvienne à y insérer le ticket présidentiel et surtout cette fameuse clause visant à l’organisation d’un scrutin à un tour au lieu de deux comme dans les actuelles dispositions de la loi fondamentale sénégalaise.

Sur ce point précis, Wade comptait emboîter le pas à Joseph Kabila qui, pour faciliter sa réélection aux élections présidentielles de Novembre 2011 avait exprimé en Janvier 2011 le  vœu de modifier la constitution afin que l’élection présidentielle ait lieu en un seul tour. Comme quoi, les hommes politiques Africains rivalisent d’ardeur et d’imagination quand il faut s’accrocher au pouvoir.

Avec le ticket présidentiel, le vieux sénégalais pourra choisir aisément son dauphin et l’imposer à la tête du pays en cas d’invalidité pour assurer la continuité de la françafrique. Laisser toute latitude à Wade de choisir son propre successeur est un coup d’état constitutionnel comme l’a dénoncé Alioune Tine, le président de la Rencontre Africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) et, il va le payer cher puisque le gouvernement sénégalais a décidé d’entrer en guerre contre toutes les organisations non gouvernementales qui sont montés au créneau pour dénoncer le projet de loi. A cet effet, il sera mis fin aux exonérations fiscales accordées aux Ong.

En 2001, c’était Joseph Kabila qui succéda à son père Laurent Désiré Kabila qui venait d’être assassiné. En 2005, alors que le général Gnassingbé Eyadéma venait de rendre l’âme, le 5 février après 38 ans de règne sans partage, son fils, Faure Gnassingbé se voit confier par l’armée les rênes du pouvoir puis organisa des élections « globalement démocratiques » selon Sarkozy pour légitimer son pouvoir. En 2009,  Ali Ben Bongo, fils d’Omar Bongo, succéda à son père à la présidence du Gabon lors de l’élection du 30 août 2009, malgré la contestation de Pierre Mamboundou, candidat de l’Union du peuple gabonais (UPG) et de l’ancien ministre de l’Intérieur André Mba Obame. Cela fait déjà assez d’exemple ; Wade voulait bien s’en servir pour faire de son fils l’héritier de la famille Wade compte tenu de l’impopularité de ce dernier mais, c’était sans compter avec l’hostitilité de la classe politique et du peuple sénégalais. Notre vieil homme a dû reculer en retirant tout le projet de loi qui, prévoyait l’élection simultanée au suffrage universel direct d’un président et d’un vice-président.

Une bouffée d’oxygène pour l’opposition qui,  consolidée avec la société civile sénégalaise a su à l’unisson, se lever contre ce toilettage de leur constitution. Après le débat sur le ticket présidentiel, doit se poser celui de la constitutionnalité de la candidature de Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de Février 2012 puisqu’il clôture son second mandat à la tête du pays.

aymard

La Libye, les gendarmes du monde et les traîtres africains

Ces assassins qui tuent pour du pétrole

La guerre, la guerre et toujours la guerre ; la guerre contre la Libye, un pays que la nature a doté d’immenses richesses qui attisent la convoitise des rapaces occidentaux. Après l’Irak, cette fois-ci c’est la guerre de l’Occident contre la Libye, une guerre qui sent à mille lieux le pétrole, le pétrole pour la survie de l’Occident.

Les gendarmes du monde

En pôle position de cette opération armée contre un peuple, un pays d’à peine 4 millions d’habitants, trois individus juste trois individus agissant au nom d’une certaine communauté internationale.

En tête, Sarkozy le petit homme français, le premier et le plus beau des français. A ses côtés, le nègre Obama, président des Etats-Unis, tout le contraire de Obama, candidat à l’élection présidentielle qui promettait le retrait des troupes américaines d’Irak, la création de l’Etat palestinien, la fermeture de la prison inhumaine de Guantanamo et tout le trompe l’œil qui l’a fait élire. Puis, vient le britannique Cameron (l’universitaire qui dit-on n’a jamais fini l’école !) plus décidé à se faire un nom qu’à régler les problèmes sociaux dans son pays.

Depuis 80 jours, les libyens ont perdu le sommeil puisque les défenseurs de la démocratie, ceux qui pensent exporter la démocratie sont là. Ils bombardent, bombardent et bombardent.

Les agresseurs de l’OTAN ont mené jusque-là plus de 10.000 opérations contre le peuple libyen avec à la clé des destructions massives d’infrastructures, des blessés, des morts, de nombreux déplacés. Pour une mission civilisatrice de civilisés et de démocrates, le bilan frise le ridicule. Kadhafi n’aurait pas fait autant de victimes civiles à Benghazi que l’OTAN en a fait à Tripoli alors que les rebelles armés  et drogués que l’OTAN appelle des civils sont à Benghazi.

Les grands africains au pied d’argile et les traîtres

Le Nigeria et l’Afrique du Sud, deux pays Africains qui étonnent de par leur absence de vision et d’idéal. Toujours manipulables et manipulés. On se rappelle encore qu’au temps fort de la crise ivoirienne, Jacob Zuma vendait à ceux qui le prenaient encore au sérieux que Gbagbo avait raison, qu’il fallait respecter les décisions du conseil constitutionnel et procéder soit au recomptage des voix soit en résolvant la crise diplomatiquement pour faire comprendre à Ouattara qu’il ne pouvait diriger le pays en l’état au lieu de recourir à une force militaire pour envenimer la situation. Mais quelques jours plus tard, volte face. Notre géant sud-africain rencontre Sarkozy en France et de retour sur ses terres, ravale toutes ses vomissures et nous dit « Gbagbo a perdu les élections, il doit s’en aller ». Pitoyable ! je ne m’attarderai pas sur le cas nigérian ou gabonais ou encore de ces pays arabes laquais des américains qui ont cru devoir dans une certaine ligue arabe approuver l’intervention militaire en Libye.

Zuma, décidément plus préoccupé par ses nombreuses femmes et, la France qui lui miroite un poste permanent avec droit de véto au conseil de sécurité (ce qui n’arrivera jamais, il peut en être certain), jette en pâture le seul soutien véritable que les Noirs d’Afrique du Sud ont eu au temps de l’apartheid où ils étaient traités comme des chiens. Kadhafi a contre tous, au risque de s’attirer la foudre des occidentaux, soutenu Mandela (qui au moins lui en a été reconnaissant à sa sortie de prison) jusqu’à la fin de l’apartheid. Il a pris de gros risques, subi d’énormes sanctions pour partager avec les Noirs Sud-Africains leur peine. Que c‘est beau ce remerciement ! Mandela, même âgé a pu avoir la clairvoyance d’esprit pour condamner la guerre en Irak et dénoncer le fait que Bush s’y rendait juste pour le pétrole. Zuma n’est pas Mandela.

Le plus malheureux épisode de cette série Libyenne est la reconnaissance du Conseil National de Transition par le président sénégalais, Abdoulaye Wade et le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment, un conseil dont on dit composé de vingt cinq (25) membres, on n’en connait que 4 ou 5 ? et ces 5 membres disent, représenter le peuple Libyen et parler en son nom.

Le TRAITRE Abdoulaye Wade qui vend Kadhafi et la Libye pour que Karim Wade soit président au Sénégal en 2012

Des traitres, l’Afrique en a toujours connu. Point n’est besoin de rappeler nos martyrs tel que UM NYOBE, MOUMIE, LUMUMBA, SANKARA, OLYMPIO,… qui ont été victimes de traîtrise. Cette année 2011 en a fait voir d’autres et Abdoulaye Wade est le dernier à se mettre volontairement sur cette liste. Es-ce que pour faire nommer son fils à la tête du Sénégal en 2012, il a besoin de s’abrutir cet octogénaire ? Il est aussi dit que son fils Karim aurait perçu de l’argent de la part du Qatar pour ce soutien de Wade senior au CNT libyen. Notre vieillard sénégalais (qui n’est surement plus lucide) déclare depuis Paris où il était reçu par Sarkozy, le parrain de son fils que Kadhafi doit partir et d’ajouter en s’adressant à Kadhafi : « Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra ». What a shame !

Moreno Ocampo et sa Cour

Luis Moreno Ocampo lui, décide de mener une guerre psychologique contre Kadhafi pour le déstabiliser afin qu’ils puissent vite atteindre leur objectif, celui de le voir partir de la tête de la Lybie.

Très drôle cet argentin, professeur de droit à l’Université de Havard devenu depuis un triste mois de Juin 2003 procureur de la Cour Pénale Internationale. Un homme fourbe dans sa profondeur et vicelard dans le comportement. Après la cabale contre Omar El Béchir pour l’obliger à aller à la sécession du Sud soudan, l’expédition ivoirienne pour installer un criminel de guerre au pouvoir, il descend sur Kadhafi  pour  nous annoncer  encore quelque chose. Kadhafi aurait donc selon cet argentin en mal de sensation, ordonné des viols et distribué à cette fin à ses soldats des stimulants sexuels de type Viagra pour qu’ils puissent violer les femmes et les opposants libyennes. Ce qui pourrait valoir au leader de Tripoli, déjà virtuellement inculpé de crimes contre l’humanité, un nouveau chef d’inculpation. Et il ajoute que Kadhafi en a acheté des conteneurs de ce machin, toute une histoire à dormir debout.

Depuis tout le temps que Moreno est à la tête de cette affaire de cour pénale, il n’a rien trouvé de mondain et de nauséabond dans la gestion des pays de l’Occident. Tous ces pays sont au top, il n’y a qu’en Afrique qu’il y à des gens à inculper. Il tient à bien remplir sa mission d’aliénation. Il n’a pas vu Georges Walker Bush tuer des enfants en Irak pour du pétrole, détruire tout un peuple à la recherche d’un présumé terroriste. De même qu’il n’avait pas vu l’ONUCI commettre des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire en tirant à bout portant sur des civils ivoiriens non armés, il ne voit pas non plus l’OTAN commettre des crimes contre l’humanité en Lybie. Il ne regarde que France 24, BFM et toutes ces chaînes de désinformation et de manipulation médiatique, nous dira t-il.

Du devoir de résistance

Ce n’est sûrement pas en remplaçant Kadhafi par un roitelet pro-occidental que le peuple libyen se portera mieux, ça le peuple libyen devrait le comprendre et investir la ville de Benghazi pour déloger les rebelles et leurs suppôts qui y vivent. Avec Kadhafi, c’est le socialisme intégral. Quiconque s’il veut être sérieux ne peut le contester, la Libye en 40 ans a su se développer comme aucun pays de la coalition n’a pu le faire. Il n’y a pas d’impôts en Libye, la population est nourrie, soignée, éduquée et logée gratuitement par l’Etat. Tout le pays est électrifié et les libyens ne paient ni l’eau ni l’électricité. Quel est le pays de l’OTAN qui peut se targuer de ce palmarès élogieux. Non, il n’y en a aucun. Le chômage qui atteint plus de 4,3 millions de personnes en France, criminalité, déficit public, dette publique élevée,  délinquance, récession économique et misères de toutes sortes ; les thèmes douloureux ne manquent pas pour apprécier la situation économique et sociale précaire de ces pays exportateurs de démocratie et de défenseurs de la veuve et de l’Orphelin. Un pays comme la Grande Bretagne qui a de sérieux problèmes sociaux et économiques trouve des centaines de millions de dollars pour aller attaquer la Libye, comme quoi la déchéance morale et l’incongruité sont les réelles valeurs de l’Occident.

L’occident essoufflé, compte sur le départ de Kadhafi pour faire de la Libye son nouveau vivrier, le pays qui les nourrira dans les prochaines décennies. Le peuple Libyen a le devoir de résister, Kadhafi encore plus. Mieux vaut vivre un jour comme un lion que de vivre 100 jours comme un mouton.

aymard

Karim Wade et tonton Sarko

Malgré les efforts répétés d’Abdoulaye Wade pour propulser son fils Karim au sommet de l’Etat, la presse d’opposition sénégalaise veille et refuse d’entendre parler de succession dynastique.

On croyait Karim Wade lessivé par sa défaite cuisante à l’élection municipale de Dakar en mars 2009. C’était sans compter avec la volonté de son père, le président sénégalais Abdoulaye Wade, de le fixer au sommet de l’Etat, dès le mois de mai, à l’aide d’un portefeuille ministériel d’une ampleur démesurée: ministre d’État, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures.

À 43 ans, Karim Meïssa Wade s’est-il résigné à profiter de l’ombre du grand baobab paternel, à défaut de pouvoir planter lui-même ses racines à la présidence? La candidature annoncée d’Abdoulaye Wade, à 86 ans, à la présidentielle de 2012, semblait le suggérer…

Mais la presse sénégalaise est vigilante. Elle scrute les signes les plus cabalistiques, les actes les plus manqués, les lapsus les plus révélateurs; tout ce qui pourrait être interprété comme une tentation renouvelée de succession dynastique. Et le choc des photos, là aussi, vaut souvent le poids des mots.

Le geste qui fâche le Sénégal

Ainsi, une saynète pleine d’enseignements s’est-elle déroulée dans la foulée du cliché officiel du G8 de Deauville. L’anecdote visuelle fait aujourd’hui les choux gras d’une presse d’opposition sénégalaise outrée. Ce jour-là, aussitôt libérés par le photographe chargé de la photo de famille des chefs d’Etat présents au sommet, les uns et les autres s’éparpillent. Mais des caméras filment toujours.

Le maître des lieux, Nicolas Sarkozy, joue les groupies auprès de la «rock star» incontestée du moment: Barack Obama. Il invite son homologue américain à tailler une bavette avec Abdoulaye Wade. Au bout de quelques secondes, le président français fait signe d’approcher à une quatrième personne qui se situe hors du champ de la caméra. C’est le super-ministre sénégalais Karim, qui surgit au milieu du trio, échangeant une poignée de main avec le «leader du monde libre»…

Que se sont dit les deux métis? Personne ne le sait. Et personne ne cherche à le savoir. C’est la manifeste cooptation qui fait débat. Pour le Sénégalais moyen, la scène n’est pas banale. La presse s’enflamme. Le journal L’Observateur affirme que le geste de Sarkozy a «froissé» le pays de la Teranga, l’hospitalité sénégalaise. On y voit un adoubement de Wade fils comme candidat de la France à la succession de son père…

En des termes ampoulés, une lettre ouverte accuse le président français de «prendre part au projet inavoué d’Abdoulaye Wade de porter son fils Karim au pouvoir, dans des conditions quasi dynastiques, donc antirépublicaines».

Si la réaction de l’opinion sénégalaise est fulgurante, c’est que la mise en orbite forcée de Karim Wade agace depuis longtemps. Depuis que le fiston était conseiller personnel de son père, puis président de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique dont le onzième sommet s’est tenu à Dakar en mars 2008.

Et si l’accusation de procès d’intention est vite balayée par la presse, c’est que le procédé dynastique a fait florès sur le continent africain…

La tentation dynastique, une «tradition» africaine

En 2001, à la mort du président congolais Laurent-Désiré Kabila, son fils Joseph prend le pouvoir. En février 2005, après 38 ans de règne sans partage du général togolais Gnassingbé Eyadéma, un de ses rejetons, Faure Gnassingbé, prend la relève. En septembre 2009, Ali Bongo succède à son père Omar qui meurt après un mandat de 42 ans à la tête du Gabon. En Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangué, surnommé Teodorin, espère bien prendre la suite du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. On prête le même dessein à José Filomeno de Sousa dos Santos, fils du président angolais. Inutile d’évoquer les successions monarchiques du Maroc ou du Swaziland…

Au nord de l’Afrique, c’est la même tentation de transmission filiale du pouvoir qui est aujourd’hui mise à mal par les révolutions arabes. Gamal Moubarak ne remplacera pas son père en Egypte. Saif Al Islam Kadhafi, lui, voit s’amenuiser ses chances de succéder au guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste.

«Nous ne sommes pas le Gabon», assène le peuple d’un Sénégal historiquement cité en exemple en matière de démocratie. Qu’est donc venu faire le président français dans cette galère aux relents de népotisme? Il est devenu friand, il est vrai, d’interventions en terres africaines. Par ailleurs, des Sénégalais taquins rappellent qu’il a été tenté, lui aussi, de propulser son fils Jean à la présidence du tout-puissant organisme public de développement qui gère le centre d’affaires de la Défense…

Damien Glez

Slateafrique.com

Sénégal : Elections présidentielles de 2012 : Un match perdu d’avance pour l’opposition

Karim Wade vient juste d’être présenté à Barack Obama par Nicolas Sarkozy. C’etait à la fin de la réunion du G8 2011

L’Afrique n’a pas finit de voir noir devant le nouvel ordre mondial. L’occident, à cause de notre cupidité, décide et place ses marionnettes sous nos yeux, à notre place afin de mieux piller nos ressources.

Ce fut le cas du Niger, du Tchad, du Benin, du Togo, De l’Egypte, tout récemment de la Côte d’Ivoire, peut-être le Cameroun bientôt. Mais sûrement pour le Sénégal.

Que faisait Karim Wade à un sommet du G8 où seuls les chefs d’Etat étaient invités?

Le Ministre d’Etat Karim Wade, fils du président sénégalais Abdouye Wade,  aurait été l’une des principales attractions de la délégations sénégalaise lors du dernier sommet du G8 qui s’est tenu à Deauville en France. Sous l’oeil bienveillant de son père, Karim Wade fut présenté au président Américain Barack Obama par son homolgue francais Nicolas Sarkozy (probablement son parrain).Le ministre d’Etat sénégalais Karim Wade a, chose rare pour un ministre, eu l’occasion d’un davoir un “long” tête à tête avec le président américain Barack Obama. Devinez de quoi ils ont parlé lors de ce entretien.

Sur cette vidéo que nous vous présentons, vous verez que la passation de pouvoir au Sénégal vient de se faire loin du Sénégal sous l’oeil bien veillant ou disons plutôt sous le parrainage de l’intrépide Nicolas Sarkozy.

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Une correspondance de Brou Julie Kouassi

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