Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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S’unir ou périr ensemble : quel choix pour l’Afrique ?

Les conditions de la mort de Kadhafi auront fait de lui un héros aux yeux de la grande majorité des peuples africains, n’en déplaise aux maîtres du monde qui ont droit de vie et de mort sur les dirigeants des pays faibles. Il repose désormais, dans nos mémoires, au Panthéon des combattants pour la dignité de l’Afrique à côté de Patrice Lumumba, Barthélémy Boganda, Kwamé Nkrumah et Thomas Sankara et son sang fertilisera cette terre d’Afrique pour que germent une conscience et une résistance à toute épreuve. Son assassinat résulte du croisement de deux objectifs parallèles, l’un interne et l’autre externe, qui ont fini par fusionner pour être offerts au monde sous des aspects digestes.

Le premier objectif de sa mort programmé est dévoilé dans le premier discours du chef du CNT au lendemain de son assassinat : le rejet de la charia par Kadhafi et son refus de s’en servir comme boussole à la constitution Libyenne. Kadhafi a lutté pour une Lybie aux valeurs républicaines, une Lybie moderne libérée des corsets de la religion. Il a été un rempart inébranlable contre la contagion de l’intégrisme religieux qui frappe bruyamment
aux portes des pays arabes et les dérives idéologiques subséquentes. Le rempart a fini par céder face au déferlement torrentiel de l’incontinence religieuse qui peut à présent faire tranquillement son lit avec la bénédiction des parrains occidentaux.

Le deuxième objectif est à rechercher dans son refus d’être un esclave docile qui se satisfait de sa condition et dont l’esprit n’est effleuré par quelque idée d’affranchissement. Le tort de Kadhafi c’est d’avoir voulu rompre les chaines de la servitude en poussant l’outrecuidance à contester l’hégémonie des maitres du monde. Les bases de l’Unité Africaine qu’il a jetées, le premier satellite africain RASCOM financé à concurrence de 300 Millions de Dollar sur un total de 377 Millions, le projet de création d’un Fonds Monétaire Africain qui accélérerait la Fédération des Etats africains pour les libérer des dicktats du FMI sont autant de crimes de lèse-majesté qui ont signé son arrêt de mort depuis les bureaux de Washington et de l’Union Européenne.

Loin de moi l’idée d’épiloguer sur les fondements internes et externes de la  déstabilisation de l’Afrique, fondements sur lesquels je suis amplement revenu déjà et auxquels la presse digne a d’ailleurs consacré de nombreux papiers. Je voudrais plutôt faire remarquer, dans une analyse diachronique, la similitude de la fin tragique réservée aux combattants pour la liberté de l’Afrique.

Le 30 juin 1960, à la cérémonie de célébration de l’indépendance du Congo, après le discours paternaliste et condescendant à l’égard du peuple congolais prononcé par le Représentant du Roi Belge auquel répondait en écho celui d’allégeance du président Kasavubu, Patrice Lumumba, dont l’intervention n’était pas prévue, prit la parole pour restaurer la Dignité de son peuple.

« […] Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop  douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire ».

En effet, là où le représentant du roi Léopold II infantilisait les dirigeants du peuple congolais en leur demandant de ne pas remplacer par des reformes hâtives les organismes que leur remettait la Belgique et qui rencontrait l’adhésion de Kasavubu, Lumumba répondit par un discours révolutionnaire rythmé par les maîtres- mots Indépendance, Egalité, Lutte, Humiliant esclavage. Son intervention,  loin d’être belliqueuse, s’inscrivait dans une perspective de recadrage du sens d’une cérémonie qui était en train d’être vidée de sa « substantifique moelle ». Il rappela simplement que le Congo, devenu désormais indépendant, se refuse de continuer avec « des paradigmes » de la colonisation par le maintien des lois iniques qui assurent la pérennité du pacte colonial. Dès lors, il a toute la latitude d’initier des reformes institutionnelles et de tracer des perspectives d’avenir pour ses concitoyens. De plus, fort de son indépendance acquise dans la lutte et en vertu des lois internationales, le Congo n’est plus un Etat vassal, mais un Etat à part entière comme la Belgique avec laquelle il entend entretenir des relations d’amitié.

Le refus à la Christophe d’un « pouvoir sans croûte ni mie » ne pouvait que sonner le glas aux ambitions révolutionnaires d’un homme. La suite, nous la connaissons. Lumumba a été arrêté par les Américains et les Belges puis livré au sécessionniste Tchombé qui n’a eu aucun mal à le tuer et à dissoudre son corps dans de l’acide. Ce fut le même scénario en Lybie.

Le 24 Mai 1963 au sommet de l’OUA à Addis Abeba dans un discours à valeur de supplique, Kwamé Nkrumah lance un appel de pied à ses pairs face à l’urgence de réalisation de la fédération des états africains avant que les occidentaux n’exploitent leurs divergences pour éloigner par des manœuvres mesquines la réalisation d’un tel projet qui sortirait l’Afrique de l’ornière. Dans cet extrait que je vous propose, il fait une lecture lucide des indépendances africaines : « Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale. Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néocoloniale ». Dès lors, des manœuvres souterraines vont être menées en vue d’amener certains chefs d’Etat à se désolidariser du projet, mais aussi pour déstabiliser le régime de Kwame Nkrumah.

Le 24 Février 1966, alors qu’il était en visite en Chine, un coup d’Etat est perpétré au Ghana qui le pousse à l’exil en Guinée et il meurt le 27 Avril 1972 à Bucarest. Vous y voyez vous une différence notable avec Kadhafi ?

Le 17 Novembre 1986, lors du dîner offert au président français François Mitterrand à l’occasion de sa première visite au Burkina Faso, Thomas Sankara prononça un discours dont les revendications provoquèrent l’ire de son hôte et donnèrent le prétexte à la machine à tuer de se mettre en branle. Lisez plutôt :

« […] C’est dans ce contexte, Monsieur François Mitterrand, que nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi, des tueurs comme Pieter Botha, ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours ».

Thomas Sankara n’aurait pas dû dénoncer si vertement le parrainage de la France dont bénéficiaient Jonas Savimbi et Pieter Botha qui ont plongé, pour l’un, son pays dans une guerre qui a duré 25 ans, et pour l’autre, maintenu les noirs d’Afrique du sud dans la politique d’Apartheid. Il n’aurait pas dû interpeller avec « grand mépris » le président français dans une formule d’appel si peu apparentée à l’orthodoxie françafricaine.

Le 15 Octobre 1987, par un coup d’état dirigé par celui qu’il appelait son frère, Thomas Sankara est assassiné froidement jetant ainsi aux calendes grecques les espoirs d’une révolution prégnante. Le schéma burkinabè est-il fondamentalement différent de celui de la Lybie ? , la France se proposa de recevoir tous les chefs d’Etat africains autour d’une grande manifestation avec défilé de toutes les armées nationales. La farce de Nicolas Sarkozy qui consistait à se faire passer pour le président d’un continent qui est entouré de ses sous-préfets était tout trouvée.

Laurent Gbagbo décline l’invitation et toute la classe politique française ainsi que la presse hexagonale ruent dans les brancards. Bien avant cela, il décide de créer des usines de transformation du café et du cacao ce qui à terme constitue une menace pour les industries Suisse, Française et Américaine de chocolat. Des années avant, il proposa à ses pairs à un sommet de l’OUA le prélèvement d’un montant sur le revenu à l’exportation de nos matières premières. C’en était trop pour le président d’un pays à partir duquel la France boucle son budget et qui veut ainsi assécher le marigot par des reformes « hâtives ».

Une rébellion est créée le 19 Septembre 2002 qui peine à assouvir l’attente de la Métropole. Lasse d’attendre, elle se jette elle-même dans l’arène avec ses forces spéciales dans une union de corps avec l’ONU et l’infortuné Gbagbo est renversé le 11 Avril 2011.Au contraire des autres, Gbagbo n’a pas été tué parce que Dieu l’a préservé pour des raisons qu’il est le seul à savoir.

Toutes ces tragédies que nous venons de passer en revue posent la problématique du contenu réel de nos indépendances aujourd’hui, mais en même temps elles rendent impérieux l’avènement d’une solidarité africaine agissante, d’une unité et ce n’est pas utopique d’y croire. Mieux cela actualise plus que jamais l’interpellation de Kwame Nkrumah dans son discours du 24 Mai 1963 à Addis Abeba : « Notre objectif, c’est, maintenant, l’unité
africaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr. Je suis certain que par des efforts concertés et notre ferme propos, nous allons jeter ici même les fondations sur lesquelles s’élèvera une union continentale des Etats africains ».

Si des présidents comme Wade pouvaient cesser de torpiller la solidarité africaine en arrêtant de pousser le ridicule jusqu’à aller rencontrer les rebelles du CNT à Benghazi dès le déclenchement de la crise Libyenne et à affirmer à la Cassandre que la bataille d’Abidjan aura lieu alors que le groupe de contact de l’Union Africaine était au travail. Si des chefs d’Etat comme Blaise Comparé pouvaient cesser de s’illustrer négativement en affirmant sur le perron de l’Elysée qu’il s’occuperait personnellement de la crise ivoirienne. Si des chefs d’états comme Good Luck Jonathan pouvaient cesser d’être des pyromanes chaque fois qu’ils agitent leur armée exterminateur appelée Ecomog. Hélas ! Mille fois hélas !

Quand on regarde les agissements de ces personnalités et qu’on mesure la grande traîtrise des fils d’Afrique qui sacrifient des vies humaines sur l’autel des ambitions politiques, on ne peut que joindre notre voix à celle d’Edem Kodjo pour dire : «…Honte de devoir, une fois de plus, assumer le sang d’un innocent comme le passage obligé d’un transfert chaotique du pouvoir dans une Afrique qui se goberge et se prélasse dans les voies de fait et dont la pratique politique paraît souvent si éloignée de ses traditions ancestrales d’humanisme et de solidarité…». (Mort, où est ta victoire ? J.A n° 1400 du 04 Novembre 1987 sur la mort de Sankara).

Gottha Yves Otché

Professeur de lettres

gotthayvesotche@yahoo.fr

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Libye : Le terrorisme occidental a encore frappé

Le terrorisme le plus ancien au monde vient une nouvelle fois de frapper. Il a frappé en Libye et cette fois-ci, c’est Mouammar Kadhafi – paix à son âme et condoléances aux familles éplorées – qui en est la victime après que des milliers de ses compatriotes ont été tués, des villes rasées, des dizaines voire des centaines de personnes renvoyées en exil. Ce terrorisme, c’est celui que le monde occidental exerce sur les peuples préalablement affaiblis depuis que la cupidité l’a poussé hors de ses frontières dans le dessein avoué de s’emparer de leurs ressources.

La pulsion de mort, les européens l’ont exercée entre eux pendant longtemps. Avant de l’exporter chez les autres, ces peuples barbares, qui cachent leur barbarie sous le sophisme outrageusement appelé civilisation, se sont entretués. Ils se sont bouffés entre eux au travers de multitudes guerres. Dans l’histoire de l’humanité, aucun peuple n’a exalté autant la pulsion de mort et de destruction que les européens. Ils l’ont exalté au point de la porter sur la scène mondiale avec deux grandes guerres entre 1914-1918 et 1939-1945. Ce n’est qu’à la suite de cette dernière que ces sociétés avaient conclu la paix et décidé de sécuriser leur peuple tout en déplaçant cette pulsion de mort chez les autres. Dès lors, la paix est installée en Europe et plus globalement en Occident tandis que les canons ne cessent de tonner ailleurs sous l’impulsion du terrorisme occidental.

Les peuples qui luttent contre l’exploitation et pour leur indépendance ne connaîtront plus jamais la paix. Des Amérique en Asie en passant par l’Afrique, des torrents de sang coulent parce que l’Occident doit avoir la paix et jouir des biens qu’il vole chez les autres. Que de guerres ! Que d’agressions !

Ce vieux terrorisme qui permet à l’Occident de s’enrichir et de dominer le monde, s’est abattu sur les Indiens dans leur Amérique natal aussitôt découverte par Christoph Colomb en octobre 1492. Ce peuple inoffensif, croyant en la vertu de l’hospitalité, a accueilli la mort sans s’en rendre compte dès le départ. Avant qu’il se réveille et veuille combattre les envahisseurs, il est totalement détruit. Son espace est occupé et radicalement transformé. Les autochtones sont rayés de la carte par le terrorisme occidental.

Ayant besoin de main-d’œuvre et de serviteurs pour combler le vide semé en Amérique et dans les colonies, les terroristes avaient jeté leur dévolu sur l’Afrique. Pendant quatre (4) siècles, les africains n’auront plus jamais la paix. Des guerres, des pillages, des incendies de villes et de villages, des razzias, des rapts nocturnes et autres actes du genre étaient déclenchés contre les africains. Dans le genre du terrorisme, l’occident, inventif, est allé jusqu’à utiliser de nouvelles armes de destruction massive à l’instar de l’alcool , grisant ainsi des millions de personnes qui s’étaient réveillés dans les fers dans les cales de bateaux. Des rois, des princes, des hommes, des enfants, des jeunes, des femmes enceintes s’étaient retrouvés enchaînés et conduits dans « l’univers concentrationnaire » des îles et des Amériques.

Ce terrorisme opéré la bible à la main, la « science » en bandoulière et les canons au point a décimé l’Afrique et l’a plongée dans la déchéance avec des séquelles psychologiques indélébiles. Espérant se disculper, on inventa le roi africain qui volontairement vendit ses propres sujets et on minora le coût démographique de cette terreur de masse.

Etant entendu que le terrorisme européen s’est doté d’armes redoutables à la fois pour commettre ses crimes et s’accorder une immunité, la récidive survient. C’est ainsi qu’après le terrorisme esclavagiste, une nouvelle terreur s’est abattue sur l’Afrique avec la colonisation. Soumettant des millions et des millions d’africains à son service exclusif, l’Europe s’est imposée en Afrique à coup de massacres coloniaux, des guerres de tout genre, des coups de fouet, des impôts de tout genre. Les européens coupèrent des têtes, des pieds et des mains aux noirs dans leur propre pays . Ce terrorisme avait poussé des millions d’africains à fuir leurs villes et villages pour s’abriter dans des forêts où il les suit pour les massacrer.

Face à ces massacres incessants, des masses africaines s’étaient organisées pour lui barrer la router. Mais, peine perdue. De nouveaux massacres furent commis. Toutes les figures de la résistance contre ce terrorisme avaient été présentées comme des terroristes (comme Mandela le fut jusqu’en 2008) et tuées. A titre d’exemple, pour atteindre les plus dignes résistants sur le sol du Cameroun, la France, championne en terrorisme coloniale dressa des camps de concentration où elle parqua des populations .

Qui peut ignorer ce que l’Europe et ses cousins germains occupant l’Amérique avaient fait et font encore en Asie et surtout dans les pays arabo-musulams ? Que de guerres ! Que d’agression ! Que de pillages !

C’est ce terrorisme là qui a frappé la Libye depuis le mois de février 2011. Ce terrorisme occidental a frappé et a détruit l’un des rarissimes pays les plus prospères sur le continent africain. Il a atteint son dirigeant Mouammar Kadhafi.

Mais le terrorisme occidental a des partisans y compris au sein des peuples qui en sont les victimes. Pourquoi ? Parce que les terroristes occidentaux recrutent sous le coup de la propagande sous le manteau puant des mythes de « droits de l’homme », de la « liberté » et de la « démocratie » et font miroiter à leurs collaborateurs locaux des bribes de pouvoir. Au nom de ce pouvoir colonial manifestement sans pouvoir, des hommes et des femmes s’allient à la terreur et livrent leurs propres terres et les peuples dont ils sont issus à la mort de masse, au pillage et à la misère chronique. Ils installent et consolident la dépendance mortelle et le sous-développement dans des territoires qu’ils gouvernent en leur qualité de satrapes. Comme la terreur occidentale n’élève à l’honneur que celles et ceux qui lui sont soumis, ces satrapes se font adoubés par leurs gourous qui les accueillent dans leur palais et leur rendent visite dans les satrapies.

Kadhafi est assassiné. Mais, le terrorisme occidental n’a pas triomphé. Il a vaincu un résistant comme ce fut le cas avec l’assassinat de Nasser, de Sylvanus Olympio, de Lumumba, de Biko, et plus loin de Behanzin, de Samory et de tant d’autres résistants anonymes massivement tués. Ce terrorisme n’a pas triomphé et ne triomphera jamais pour la simple et bonne raison que la résistance qui lui est opposée ne se réduit pas à une personne, aussi immense fut-elle. Elle est systémique et populaire. Si c’était une question d’individus, l’assassinat des précurseurs comme Samory, Behanzin…aurait découragé tant d’autres.

Au final, n’est-il pas un acte héroïque de mourir en résistant que vivre à genou devant des maîtres qui n’en sont pas ? Plutôt mourir et rejoindre Olympio, Nasser, Nkrumah, Sékou Touré, Lumumba, Sankara, Nyerere, Biko, Malcolm, King…que vivre sous la férule des terroristes comme Obama, Sarkozy et Cameron et leurs chiens de chasse. Se faire capturer et livrer à une parodie de justice par ce trio historiquement insignifiant aurait été le plus insoutenable des affronts que Kadhafi aurait eu à subir. Mieux vaut rejoindre les ancêtres que vivre en prisonnier et comparaître devant le tribunal de la terreur sous les oripeaux de l’ONU, avec comme procureur la marionnette Moreno Ocampo accompagné des qatari et quelques libyens ayant un appétit fou de représenter localement le pouvoir colonial .

1-Observations sur la traite des nègres, Carl Wadström, 1794-1995

2-Les fantomes du roi leopold : un holocauste oublié, Adam Hochschild, 1998.

3-Maurice Delauney, haut-commissaire au Cameroun, reconnait l’édification de camp de concentration, avec cette citation terrible, (voir le Canard Enchainé du 27/04/2011 « Une guerre Française cachée pendant 40 ans » page 3) : « J’avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se passait ! J’avais fait un camp à Bangou (Cameroun) avec des barbelés, des miradors ». Voir aussi, le film : Cameroun (Autopsie d’une indépendance) sur http://www.dailymotion.com/video/xf0o5a_cameroun-autopsie-d-une-independanc_webcam

Komla KPOGLI

Secrétaire Général de la J.U.D.A

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A)

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

L’Union Africaine a reconnu le CNT. S’il y en a qui applaudissent à tout rompre, il y en a qui jurent par tous les Dieux que l’organisation continentale vient de commettre le dernier pêché qui emporte tous les rêves de construction de l’unité africaine.

Dans cette affaire de la Libye, les africains dans leur majorité, et la jeunesse en particulier, n’étaient pas pour l’option de la guerre pour régler la crise libyenne.  Du coté des puissances internationales, ce n’est pas tellement qu’on trouvait que Kadhafi n’était pas le dirigeant idéal pour la Libye. Là n’était même pas la question. Il apparaissait plutôt clairement, qu’ayant été surpris par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, certains pays ont décidé de se racheter devant l’histoire en fomentant leur propre révolution.  Il ne fallait pas rester sur l’impression qu’on avait soutenu Ben Ali pendant des décennies, empêchant le changement tant voulu par les peuples tunisiens et égyptiens.  Alors on a soufflé à plein poumons sur un mécontentement existant contre Kadhafi mais qui n’arrivait à prendre corps malgré les soutiens multiples.  Avec l’argent, avec des armes, avec des mercenaires on a crée de toutes pièces un CNT.  Et comme cela tardait à l’allumage, on a fait appel à l’OTAN pour le bal du bombardement de nuit comme de jour.

Le prétexte, l’habillage de toute cette grande comédie, c’était, en surfant sur la vague de la révolution arabe, de dire que les peuples de l’OTAN volaient au secours du peuple libyen.  Oui, l’OTAN allait délivrer les libyens de la férule, du dictateur Kadhafi qui était décidé à exterminer son peuple, et ainsi faire régner la loi de la démocratie en Libye !

C’était gros comme le nez au milieu de la figure et l’Union Africaine avait eu raison de freiner des quatre fers contre l’option de la guerre. Cette option était prise sans aucun égard pour la proposition de l’Union Africaine, qui favorisait le règlement pacifique.  Ca c’était brave. C’était renouer avec la tradition d’un Kwame Nkrumah, des pères fondateurs du panafricanisme Marcus Garvey et autres, et les africains étaient fiers de ce refus de succomber au dictat des pays riches. Des pays riches dont le seul souci dans cette affaire libyenne était de pouvoir avoir accès au pétrole et aux marchés que nécessiteraient la reconstruction du pays.

Pourquoi diable Jean Ping, que beaucoup ont commencé à aimer, n’est-il pas resté sur la position de Jacob Zuma ? Pourquoi choisir de faire comme Wade qui n’a aucune honte à dire « c’est moi qui ait dit cela et c’est moi qui me dédit? » Voilà qui explique aujourd’hui que, dans bien des radios, dans bien des journaux, les voix ne tarissent pas de critiques par rapport à l’Union Africaine qui, en reconnaissant le CNT, a bu le calice de la honte jusqu’à la lie.

Victory Toussaint. San Finna.

Résistants africains : Et si nous changions de tactique ?

Sommes-nous sur la bonne voie ? Avons-nous été sur la bonne voie ? De Lumumba à Laurent GBAGBO, les traîtres ont-ils été plus intelligents que nous pour toujours triompher ? Comment avons-nous résisté ? Avons-nous utilisé les bonnes armes ? Voici autant de questionnements qui nous invitent à observer aujourd’hui, un instant de regard rétrospectif et envisager de nouveaux choix tactiques.

Alors ne me parlez pas de vos efforts, parlez-moi de vos résultats ! Dixit Ling.

Les efforts, j’en ai assez entendu parler. J’en entends parler de plus en plus. Nous sommes les dignes fils de l’Afrique. Nous avons pris l’option de combattre. De faire front. De faire face. D’affronter l’envahisseur. De mettre en déroute le prédateur affamé. Cette énième humiliation de l’Afrique ne passera pas. Nous avons tous crié cela. Nous le crions chaque jour. Mais quels sont nos résultats ?

Il y a quelques décennies, Sékou Touré, depuis la Guinée s’est battu comme un digne fils. Seul, avec à ses côtés, Kwame Nkrumah renversé par un coup d’Etat et en exil, il n’a pu relever le défi : celui de vaincre et de faire triompher la vision historique d’une Afrique libre et forte. Résultat : la Guinée a été appauvrie, son économie a été sabotée avec des faux billets fabriqués en France puis injectés malicieusement dans l’économie de ce pays aux potentialités infinies.
Lumumba n’aura pas fait mieux. Stable dans l’esprit, l’intelligence vive, jeune, si jeune et plein de conviction, il a âge là, qu’il fallait une liberté réelle pour développer le Continent africain. Car les prédateurs ne lâcheront jamais la proie, ils ne lui permettront pas de sortir de six siècles de traumatisme pour prendre une liberté historiquement dangereuse à leur survie. Résultat : avec la complicité de ses amis de lutte ayant égoïstement pensé qu’ils bénéficieraient pour toujours du faux « amour » paternaliste du Colon, il a été abattu, découpé en petits morceaux puis incinéré. Aujourd’hui, ceux qui l’ont tué en parlent en rigolant ou en brandissant une de ses dents, sans aucun risque d’avoir à répondre de leur cruauté naturelle.

Puis vint l’époque de Laurent GBAGBO. Après avoir hésité, pratiqué un « crabisme » politique controversé, résisté seul, avec une partie de son peuple, devant l’hypocrisie du reste de l’Afrique encore une fois abusé par les mensonges de l’Occident ou tout simplement trop lâche pour lever la tête et dire la vérité, il a été capturé puis déporté. Résultat : « Laurent GBAGBO ne représente plus aucune menace pour les intérêts occidentaux. Il n’est plus rien. Monsieur OUATTARA l’homme de main, peut gouverner sans aucune crainte », ainsi parle le Coréen de service, Young-Jin Choi pour le compte de ses commanditaires.

Jacob Zuma est le Président de l’Afrique du Sud, puissance nucléaire et une économie émergente. Il a donné des signes de vouloir être du camp de ceux qui n’acceptent pas l’affront de l’Occident. Il a balbutié sur le cas ivoirien. Hué et presque passé à tabac par les bandits armés de Dramane OUATTARA, ses gardes du corps ont du combattre au corps à corps à l’Hôtel du Golf pour ne pas que Zuma en sortent avec l’œil tuméfié. Il a promis à OUATTARA de lui envoyer de ses nouvelles un jour. Mais jusqu’ici, rien n’y fit. Seul, ne voulant pas donner à couper la tête de l’Afrique du Sud, il n’a pas osé brandir la menace militaire pour obliger le bloc occidental à laisser les Dozos de OUATTARA avoir une explication d’homme à homme avec les combattants d’élite de l’Armée ivoirienne.

Aujourd’hui plus qu’hier, il hausse le ton quand Kadhafi est attaqué sous de faux prétextes, avec l’intention claire de massacrer le peuple libyen jusqu’à la reddition indispensable à une exploitation frauduleuse de son pétrole. Mais Zuma ne peut que se plaindre et dénoncer. Dans tous les cas, « le chien aboie, la caravane passe »  avec à ses côtés, des chefs d’Etat collabos de tous âges et de tout acabit.

Et puis il y a Thabo MBeki. Ancien Chef d’Etat d’Afrique du Sud. Il ne cache pas sa rage devant l’inqualifiable agression de l’Afrique. Mais, il écrit à l’attention de cadres africains dont la plupart s’en foutent de savoir si l’Afrique va être détruite par ses agresseurs. Ceux-là veulent sauver leurs acquis, leurs emplois, leurs niveaux de vie obtenus grâce à des Gouvernements corrompus. Cela implique d’être toujours du bon côté, du côté du plus fort. Et pour l’instant, le plus fort, c’est l’homme blanc. Ne dit-on pas qu’il est raisonnable de sécher son habit là où le soleil brille ?

Et celui-là. Yaya Jammeh de la petite Gambie. Il affirme avec autorité qu’il ne coopérera jamais avec un suppôt du Colon blanc. A preuve, il ne reconnaît que Laurent GBAGBO comme Président de l’ex-République de Côte d’Ivoire en ignorant gracieusement les nouveaux acteurs de la Côte d’Ivoire bradée et recolonisée. Mais, il ne peut que dénoncer, être en colère. Il n’a pas les moyens pour combattre seul, surtout que l’envahisseur est organisé en bande de malfaiteurs.

Il faut envisager une autre approche tactique

Alors nous y voici enfin. Tout ce que j’ai rappelé plus haut, c’est surtout et essentiellement des efforts sans des résultats salvateurs pour l’Afrique. Vous le savez mieux que moi-même, la guerre, c’est comme au football. Les efforts, c’est bon. Mais, c’est le résultat final qui compte.
L’Afrique se muscle. L’Afrique grogne ; elle veut en découdre. Parce qu’elle a besoin maintenant de résultats. Sinon, c’en est fini d’elle. Le prédateur ne laissera pas la proie survivre à cette ultime prise. Certains l’ont compris déjà. D’autres suivront pour grossir les rangs de la Révolution. C’est pourquoi vos efforts m’intéressent. Mais ils sont insuffisants. Donc vos efforts n’intéressent pas l’Afrique, notre seule et unique terre dont nous avons hérité. Elle a besoin de vos résultats !

Marchez à Paris, à Londres, à New York, partout dans le monde. Votre ambition si noble est d’alerter l’opinion internationale. Mais, cette opinion comprend ce qui se joue. Elle a presque déjà été sensibilisée. Continuez de marcher. Mais sachez que ce sont ceux à qui vous parlez qui envoient leurs enfants commettre des massacres en Afrique. Parce qu’ils pensent que cette cruauté est indispensable à leur survie. C’est une façon d’être martyr pour la bonne cause. Martine Aubry, en France, le dit mieux que moi : « il fallait cette intervention en Libye ».  Pourquoi, fallait-il oser tuer, massacrer et ensuite partager la Libye contre tous les principes élémentaires de la Morale ? Simplement parce que c’était une question de vie ou de mort pour ceux qui ont tiré des missiles contre des écoles maternelles sachant que les enfants y étaient. N’est-ce pas raisonnable de ne pas privilégier la vie des autres au détriment de celle de ses propres enfants ?

Nous allons marcher en Afrique, nous allons aussi écrire beaucoup. Nous le faisons déjà. Cela pose problème à l’homme blanc qui a déjà envoyé ses analystes lire tous nos écrits sur Internet pour en saisir l’orientation idéologique et leur influence inévitable sur l’opinion nègre.

Mais et si nos marches à Paris, à Londres, à New York, tous nos écrits, étaient insuffisants ? Que faisons-nous ?

Quelle leçon avons-nous tiré des nombreux livres écrits par Sékou Touré ?  Quelle leçon tirons-nous de la bravoure de Lumumba qui n’a ni gémi de douleur, ni imploré le pardon du tortionnaire et qui est tout de même mort, en laissant un pays devenu de nos jours, un grenier géant sans propriétaire ?

Et si tous nos efforts avaient besoin d’un complément tactique, d’un peu plus d’audace révolutionnaire, afin de provoquer une remise en question chez l’agresseur ? Et si cela s’imposait à nous de couper tous les piliers sur lesquels l’envahisseur s’appuie désormais ? Et si l’ennemi n’était qu’un tigre en papier avec plusieurs points faibles comme je les voie en filigrane ?

C’est pourquoi je vous prie de ne point me parler de vos efforts mais seulement de vos résultats. Parce qu’il nous en faut, des résultats qui obligent à réfléchir par deux fois avant de prendre le risque de revenir en Libye et dans la Côte d’Ivoire restaurées ou de lâcher les chiens de guerre contre l’Angola, la Guinée Equatoriale, le Zimbabwe, le Soudan, etc. Il nous faut des résultats, ici et maintenant !

A très bientôt.

Hassane Magued