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Archives de Tag: Laurent Gbagbo à la CPI

Première prestation de Laurent Gbagbo à la Haye, Le camp Ouattara perd la sérénité

On s’attendait plus ou moins à une réaction du camp Ouattara à la première comparution du Président Laurent Gbagbo. Mais, on ne s’attendait pas du tout à une telle frilosité faite de haine venimeuse, et d’intox. « On a l’impression qu’ils ont voulu rapidement ramener leurs lecteurs éblouies par la sortie de Gbagbo, à leur réalité faite de haine pour tout ce qui n’est pas de leur camp », analyse un « titrologue » rencontré devant un kiosque à journaux.

Jugez-en ! « Première comparution de Gbagbo devant la Cpi « Tout est faux ! » « Voici ses mensonges », a titré Le Patriote, le journal du Rdr, le parti de M. Ouattara. « Première comparution devant la Cpi : « Gbagbo, première spirale de mensonges », titre le Nouveau Réveil, journal du Pdci, parti vassal du Rdr, donc de M. Ouattara.

Du Séjour du Président Laurent Gbagbo à Korhogo

Mais au fond, que valent les écrits de ces journaux qui ont semble-t-il reçu pour mission de rayer le nom et la bonne image du Président Gbagbo de la mémoire de la majorité des habitants de la Côte d’Ivoire. Le Patriote insiste sur le fait que le président Gbagbo se soit plaint de ses conditions de détention à Korhogo. « S’agissant de ses conditions de détention à Korhogo, Gbagbo enfonce le clou de la contrevérité jusqu’à laisser croire qu’il était traité comme un véritable condamné à mort, qui « ne savait ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait dehors. » Et le journal de rappeler ce que le Président Laurent Gbagbo aurait confié aux Elders (Desmond Tutu, Kofi Annan.) le 2 mai 2011, quand ceux-ci sont allés rendre visite dans sa prison à Korhogo. « Je mange bien, je dors bien, je suis bien traité », aurait déclaré le président. On ne sait pas d’où le journal de Ouattara tire cette phrase qu’elle attribue au Président Laurent Gbagbo. D’autant plus que les journalistes n’ont pas eu accès à la salle où s’est tenue la rencontre.

On le sait, l’actuel pouvoir sait faire distiller des informations qui ne sont pas justes pour servir sa cause. Mais, de quoi se plaint au juste le journal de Ouattara ?

Dans sa déclaration à La Haye, le président Gbagbo a dit exactement ceci : « j’étais logé dans une maison : lit, moustiquaire, douche, deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois (repas, ndlr). Donc, le problème n’était pas là. Mais, je ne voyais pas le soleil et je ne savais pas ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. (.) Je n’ai vu le soleil que les quelques rares fois où mes avocats sont venus », a-t-il expliqué. On voit que bien que le Président Gbagbo n’a jamais dit qu’il ne mangeait. Bien au contraire, il dit qu’il avait droit à deux repas à sa demande sur trois qu’on lui a proposés. Et qu’il avait un lit, une moustiquaire, une douche. Ce qu’il a dénoncé, c’est le fait d’être enfermé jour et nuit. Sans voir la lueur du jour. C’est effectivement, comme le dit le journal du Rdr, comme ça qu’est traité un condamné à mort. Question de fond : est-ce que le Patriote peut démontrer le contraire ? En effet, nulle part dans le papier de nos confrères, le contraire des propos du Président Gbagbo n’est démontré. Il n’y a que des affirmations gratuites.

De l’intervention de l’armée française

Autres choses. Le même journal dit que c’est sous le mandat 1975 de l’Onu que pour « détruire les armes lourdes de Laurent Gbagbo que la licorne a dû intervenir par des tirs précis.» Pendant que poursuit-il, « les forces pro-Gbagbo massacraient les civils ivoiriens, dont 3000 sont tombés. » Première remarque. Dans sa brève mais riche déclaration, celui que Ouattara hait, a dit que « la résidence du président de la république bombardée du 31 mars au 11 avril (.) C’est l’armée française qui a fait le travail et nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore des forces régulières. » Comme le dit, Le Patriote, la résolution dit de détruire les armes lourdes. Pas d’un camp précis. A la pratique, on a vu que ce sont seulement les armes lourdes de l’armée régulière ivoirienne qui ont été détruites. Les armes lourdes des rebelles ne l’ont pas été.

Deuxième observation, il n’a jamais été dit dans cette résolution que la résidence du président de la république devait être réduite en cendres. Et pourtant ça a été le cas.

Troisième observation, les 3000 morts pour peu qu’on ait une dose de bon sens, n’ont pas été occasionnés par les seules forces régulières. Les Frci, la force licorne, la force de l’Onuci ont commis des massacres connus de tous. Au final, le Président Laurent Gbagbo n’a dit aucune contrevérité. Mais, au contraire, c’est ceux qui lui apportent la contradiction qui veulent réécrire l’histoire à leur profit en voulant en vain, effacer le massacre de 800 Guérés à Dukoué, l’attaque armée en septembre 2002 de l’Etat de Côte d’Ivoire avec toutes ses suites macabres. La contestation des résultats tels que proclamés par le conseil constitutionnel avec l’appui de l’Onu et de la France. C’est ce cocktail explosif qui nous a conduits à cette situation révoltante où le vainqueur par les armes impose sa justice.

Mais au-delà du caractère épidermique des réactions, c’est surtout la panique du nouveau pouvoir face au réveil brutal du « monstre » qu’il croyait avoir définitivement mis à mort à la suite de huit mois d’enfermement et de maltraitance. Complètement sonné comme un boxeur ayant pris un uppercut, à l’instar du procureur Luis Moreno Ocampo, le pouvoir a préféré envoyer au front ses soldats les plus fidèles, le temps de retrouver ses esprits. Pour des réactions pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

Coulibaly Zié Oumar(notrevoie)

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Après la déportation de Laurent Gbagbo : Alassane Ouattara rit jaune

Le procès du prisonnier politique de la France, Laurent Gbagbo, a certes  commencé avec l’«audience technique» au cours de laquelle il était question de lui signifier à nouveau qu’il est «soupçonné» (par ceux qui l’ont arrêté le 11 avril 2011) d’avoir commis des «crimes contre l’humanité», des «meurtres» et des «viols»… Mais les choses, nous dit-on, ne se sont pas passées comme les partisans Ouattara l’avaient prévu, au regard de ce qu’on leur a fait croire.

En effet, alors qu’ils s’apprêtaient à célébrer l’«heureux» évènement attendu par le Rhdp avec tambour et trompette, leur joie a été amèrement édulcorée par la tournure que la première comparution du président Gbagbo a prise. Il faut dire que Ouattara paye une fois encore le prix de ses manœuvres de manipulation, de l’intoxication et de la désinformation qui finissent toujours par le rattraper. Le régime avait convaincu ses partisans que dès l’entame du procès, Laurent Gbagbo serait accablé sous les accusations et aussitôt lourdement condamné, «sans appel» à «la prison vie», voire à «la peine de mort». Si bien que pour les militants du Rdr –rébellion, la journée du 5 décembre 2011 signifiait l’anéantissement total du père fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi), la disparition définitive de l’homme Gbagbo et de ses idées qui dérangent tant.

Ainsi, dans l’esprit de ceux-ci, la sentence que devait prononcer systématiquement la Cpi, le jour même était la «solution finale» au problème Gbagbo. De sorte qu’on n’entendrait plus jamais parler de lui. Voici décrit l’état d’esprit des partisans de Ouattara qui s’étaient massés devant leurs téléviseurs, pour assister au «dernier jour» en quelque sorte de l’illustre prisonnier politique. Mais ils ont dû rapidement revenir de leurs illusions quand ils ont compris que la Cpi se limiterait à lui rappeler les chefs d’accusation et à l’interroger sur les conditions de sa détention. Une brèche qui lui a d’ailleurs permis de revenir, de façon inattendue, sur les conditions de son arrestation pour rappeler que c’est l’armée française qui a exécuté sur le terrain tout le «travail» qui a conduit à son renversement. Au grand dam du camp Ouattara qui, non seulement déçu de ne pas voir les juges de la Cpi sermonner vertement Gbagbo à la barre comme il s’y attendait, a dû souffrir de constater que l’accusé a eu l’occasion de se défendre et l’a fait avec intelligence. Et que les choses sont loin d’être terminées, avec la fixation de sa seconde comparution en juin 2012. Surtout qu’en Côte d’Ivoire, l’on ne sait jamais ce que le lendemain nous réserve. Mais passe encore pour les vainqueurs de n’avoir pas pu brandir le trophée de guerre pour célébrer en grandes pompes leur exploit.

La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye leur enlève un faux prétexte que le pouvoir a souvent utilisé pour justifier son incapacité à remettre le pays debout et à tenir les promesses des «pluies de milliards» que les pays d’Europe étaient censés déverser sur la Côte d’Ivoire. «C’est parce que Gbagbo est encore en Côte d’Ivoire que Ouattara ne peut pas travailler. Le jour où on va le déporter à la Cpi, tout sera normal», ne cessaient dire les lieutenants du nouvel occupant du palais à leurs militants.  On espère donc que Ouattara et ses relais médiatiques vont enfin arrêter de faire de Laurent Gbagbo leur tasse de thé tous les matins, pour que le régime se  mette «au travail». Les Ivoiriens attendent toujours les solutions aux problèmes de la pauvreté grandissante, du chômage, de la cherté de la vie, de l’école et en particulier de l’Université…

Assurément, la déportation de Gbagbo à la Haye a ses revers pour de dictateur d’Abidjan. Car les partisans de Ouattara, à l’instar des populations du pays, seraient eux-mêmes vraiment déçus que le pouvoir continue de parler de Laurent Gbagbo à longueur de journée, plutôt que de sortir la Côte d’Ivoire du bourbier où il l’a plongé.

K. Kouassi Maurice

Conférence des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente à Cotonou, l’ombre de Gbagbo a plané

Les chefs d’Etat du Conseil de l’Entente ont célébré la messe de la refondation du Conseil de l’Entente. Yayi, Ouattara, Faure, Issifou, Compaoré ont, semble-t-il, réfléchi sur les voies et moyens pour ressusciter l’organisation. Pendant qu’ils se rassemblaient, le plus panafricaniste des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente, Laurent Koudou Gbagbo comparût devant la Cour Pénale Internationale.

L’actualité, c’est bien Laurent Gbagbo et non les élucubrations de seigneurs de guerre imposés comme Chefs d’Etat dans le Conseil de l’Entente. Derrière le sourire narquois du banquier rebelle, se révèle un mensonge. Ce banquier rebelle avait déclaré que son prédécesseur était bien traité à Korhogo. Faux ! Voici comment Laurent Gbagbo était traité : « … il n’avait droit qu’à un lit, une moustiquaire, une douche et deux repas par jour et n’a pu voir la lumière du jour ». C’est dans cet océan de mensonges que s’est ouvert le conclave des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. A part les journalistes de service, les travaux n’ont intéressé personne.

A Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Niamey et Cotonou, ce qui a fait l’actualité, ce sont les propos de Laurent Gbagbo : « Je ne suis plus un jeune homme, j’ai 66 ans. Mon épaule me fait mal, mes poignets me font mal. ».

Comme on peut le constater, la réunion de Cotonou a été une messe inutilement dépensière. Que peut-on construire de durable et de solide sur un sable mouvant de mensonges ? Rien, absolument rien.

La réunion de Cotonou prouve une fois encore que nos Etats sont dirigés par des lettrés et non des intellectuels.

Tout le long de la cérémonie, il n’y avait rien d’africain. Nos roitelets de chefs, ils étaient en costume sous ce chaud soleil, tels les nègres de la période coloniale. Pour développer le conseil de l’entente, il est impérieux que nous soyons nous mêmes, culturellement, philosophiquement et politiquement. Ce n’est pas le cas. Culturellement, extravertis, les nouveaux chefs ont trahi la pensée des pères fondateurs. Ils ont bavardé, pris du vin et ne pourront mettre en œuvre que ce qui est bon pour l’Elysée. Cette génération de Chefs d’Etat est l’ennui du développement de l’espace de  « mésentente ».

La valorisation de la richesse endogène devrait être une préoccupation, un symbole, une exhortation. Il y a de quoi, regretter le Ghana. Philosophiquement, le conseil de l’entente n’a pas une pensée dominante. Il veut naviguer à vue. Ce qui importe, c’est d’abord l’idée. Sans elle, rien n’est possible. Le développement, c’est un comportement, c’est le respect du sacré. Lorsqu’on fragilise les institutions en les sabordant à l’extérieur, on ne fait que le lit de la fragilisation. Regardez, un peu là -haut, la Présidence est une institution. Lorsqu’un ancien Président de la République est livré à la justice dite internationale, aussi bêtement qu’un vulgaire voleur de  « Placali », il n’y a rien de respectable pour ce pays-là. Dans un monde aussi globalisé que le nôtre, ce qui compte, c’est moins le discours long et ennuyeux de la refondation que la capacité à montrer une force de caractère qui permette d’imposer le respect.

La refondation du conseil de l’Entente aurait été une bonne chose si la base a été l’éducation et la mise en commun des programmes de formation. Il faudra bâtir l’avenir. Comment former des magistrats de qualité dans l’espace, des philosophes de haut niveau capables d’insuffler dans le subconscient collectif qu’être marionnette de quelqu’un, fût-il riche, est une honte, une déshumanisation et une injure à la vie sur terre. L’Afrique partout a le même problème. L’homme noir est un ennemi pour lui-même. Lorsqu’apparaît une lumière, on cherche rapidement à l’éteindre par tous les moyens.

Il n’y a rien à espérer de bon et de bien du Conseil de l’Entente. Ils ont déjà tout partagé, plus rien ne devrait étonner. Des chefs sous-tutelle, se réunissent pour s’affranchir !!! Il vaut mieux en rire pour suivre plutôt l’actualité honteuse de la Cpi. La réunion de Cotonou n’a fait que montrer des Chefs d’Etat fatigués, déprimés, abattus, accablés et préoccupés par la fragilité de leurs régimes.

Herbert Houngnibo

Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Déportation de Gbagbo à la Haye, Rawlings dénonce un « enlèvement »

John Jerry Rawlings

J‘ai appris avec consternation que le président destitué de Côte d’Ivoire, Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à une inculpation rapide, en totale violation du code international des procédures et au mépris total des exigences de la paix en Côte d’Ivoire.

Ce transfert fait suite a une procédure tellement rapide, qu’il peut être légitimement décrit comme un enlèvement.

Mes soupçons augmentent encore plus, lorsque le procureur affirme avoir pour cibles six officiels en Côte-d’Ivoire, mais insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible d’échapper parce que déjà en détention.

Cet empressement à inculper et à faire transférer Gbagbo [qui n’a pas couru s’échapper durant le bombardement de son palais] comme un criminel de droit commun, défie la logique d’une quête de véritable réconciliation et d’une paix durable en Côte d’Ivoire.

Après cinquante ans d’indépendance, l’Afrique devrait avoir tous le savoir-faire pour apporter la justice à ses propres citoyens et faire disparaître la justice importée.

Quel genre de poursuites plutôt hâtée consiste à traduire en justice la victime d’une attaque, et à être indulgents avec l’auteur de l’attaque?

Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice est baignée dans une mer d’humiliation et d’abus, de façon à être régi par la haine de soi-pensants avec sa logique intenable, il sied à la conscience humaine de se lever contre cette justice, pour le bien de tous.

Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet car nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet parce-que tous membres actifs de ce drame humain.

John Rawlings

Source : http://www.facebook.com/pages/La-Majorit%C3%A9-Pr%C3%A9sidentielle-Officielle/139464519462900

ENGLISH VERSION


STATEMENT BY H.E. JERRY JOHN RAWLINGS ON THE TRANSFER OF PRESIDENT LAURENT GBAGBO TO THE INTERNATIONAL CRIMINAL COURT (ICC)

I have learnt with dismay reports that deposed President Gbagbo of Cote d’Ivoire has been transferred to The International Criminal Court (ICC) on Tuesday, November 29th, following a speedy indictment, in total violation of relevant international code of procedures and in total disregard for the demands of peace in Cote d’Ivoire.

This transfer followed a procedure so hasty that it could be rightfully described as abduction.

My suspicion grows even more, when the prosecuting attorney claiming to be targeting six officials in Cote d’Ivoire, unduly focuses on Gbagbo, the one who is least likely to escape due to his being already in custody.

This eagerness to indict and transfer Gbagbo, who did not run in the face of the bombing of his palace like a common criminal, defies logic and the quest for true reconciliation and sustainable peace in Cote d’Ivoire.

After fifty years of independence, Africa should have all the knowhow to bring justice to its own citizens and do away with imported justice.

What kind of prosecution would rather be in haste to bring to justice the victim of an attack, and be lenient on the perpetrator of the attack?

No one is trying to evade justice. But when such justice is drenched in a sea of humiliation and abuses, so as to be governed by self-righteous hatred with its untenable logic, it only befits human conscience to stand up against it for the good of all.

We will not be silent about this because we must not be silent about it as participating members in this human drama.

Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire

« Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire » par aymard

Un combat pour la liberté

Laurent Koudou Gbagbo est né le 31 mai 1945 à Mama, près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’ivoire.

Le 16 juillet 1964, il assiste à l’arrestation de son père, Koudou Paul au motif que ce dernier voulait attaquer le convoi présidentiel avec des flèches empoisonnées. Cette humiliation des premières années d’adolescence a trempé son caractère, a forgé son destin au feu des épreuves et a été pour Laurent Gbagbo une douleur fondatrice.

Pour la lutte, il a interrompu sa carrière universitaire au grade de maître-assistant. Il a soutenu sa thèse de doctorat de 3ème cycle sur « La vie politique en Côte d’Ivoire de 1940 à 1960 », en 1979, à Paris VII. Il avait programmé sa thèse d’Etat pour être soutenue fin 1983 ou début 1984, au plus tard. Mais il est allé en exil. C’est le militantisme syndical qui a conduit Laurent Gbagbo à la politique. Il voulait accéder au pouvoir parce qu’il pensait qu’il avait les atouts pour donner à la Côte d’Ivoire un visage nouveau, celui de la démocratie.

Alors qu’en 1971, Laurent Gbagbo venait d’être arrêté et incarcéré au camp militaire d’Akouedo, sa première épouse Jacqueline Chamois a été expulsée, avec son fils aîné Michel Gbagbo âgé d’un an et six mois. Les motifs de l’expulsion ? Ecoutons le ministre M’Bahia Blé, ministre de la Défense, arrivé à Akouédo pour annoncer la nouvelle : « Monsieur Gbagbo Laurent, votre épouse est une communiste de Lyon. Nous venons de la renvoyer ». Comme si communiste de Lyon était plus dangereux que communiste de Moscou ou de Pékin ! (Laurent Gbagbo, Duparc, p. 15).

Contraint à l’exil le 25 mars 1982, Laurent Gbagbo part en France, laissant seule sa compagne Simone Ehivet qui, en juin 1981, venait d’accoucher de jumelles. En l’absence de son mari et de son apport financier, elle a assumé l’éducation de ses filles en jouant à la fois les rôles de père et de mère. Après le congrès constitutif du FPI les 19 et 20 novembre 1988, Simone Ehivet va coiffer à la fois trois casquettes qui feront d’elle « la femme à abattre » du PDCI et de son chef.

1 – Elle est la Secrétaire générale du SYNARES, c’est-à-dire du syndicat, qui aux yeux du pouvoir conduit la contestation en milieu universitaire.

2 – Elle est également la Secrétaire générale du FPI, parti quasi clandestin créé en vue de prendre le pouvoir d’Etat et l’exercer.

3 – Elle est la compagne de Laurent Gbagbo, unique opposant déclaré au régime du parti unique. ». (Intervention du ministre Tagro au baptême de la promotion 2007-2009 des élèves commissaires et officiers de police avec pour marraine Simone Gbagbo).

Il revient en Côte d’Ivoire en 1988. En février 1992, son épouse Simone, son fils aîné Michel Gbagbo et lui-même ont été arrêtés et mis en prison au cours d’une marche de protestation organisée pour réclamer justice pour les étudiants sauvagement réprimés par les forces de l’ordre, à la Cité universitaire de Yopougon, en 1991. Sa femme fût battue à sang. Elle a été battue jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Dans une conférence de presse, le mardi 18 février 1992, le Premier Ministre d’alors, Alassane Dramane Ouattara prétendait avoir vu Laurent Gbagbo briser les vitres avec un gourdin à la main et incendier des voitures.

En Octobre 2000, il sortit vainqueur des élections organisées par le général Robert Gueï, autoproclamé chef d’Etat suite au coup d’état du 24 décembre 1999. Le peuple, mobilisé, était dans la rue pour s’opposer à la confiscation du pouvoir et au « hold up électoral » que tentait de faire le général Gueï.

Devoir de Mémoire…l’origine des troubles

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, alors qu’il était en visite officielle en Italie où il devrait être reçu le 20 septembre 2002 par le Pape Jean-Paul II pour réclamer l’argent du pays placé à la banque du Vatican par Houphouët, un coup d’état est annoncé se produire contre lui. Il prend aussitôt l’avion et rentre à Abidjan où une horde d’assaillants venus du Burkina Faso, du Liberia et d’autres pays de la sous-région était entrée en Côte d’Ivoire dans l’ultime but de faire tomber son régime qui n’aura totalisé qu’à peine deux (02) années de gestion. Le coup d’état échoua puisque les agresseurs avaient sous estimé la capacité de défense de la garde républicaine qui a défendu la souveraineté du pays.

D’après le Dr Gary K. Busch, il y avait à peu près 650 rebelles qui avaient occupé la seconde grande ville, Bouaké. Ces rebelles étaient les recrues de Guei qui n’avaient pas été retenues dans l’armée. Ils avaient peu d’équipements et peu de munitions, car ils s’attendaient à un conflit qui durerait moins de cinq jours. Le président Gbagbo était à Rome pour rencontrer le Pape, et les rebelles, profitant de l’occasion, étaient sûrs qu’ils pouvaient réussir le coup en l’absence du Président. Mais quand l’attaque a été déclenchée, les troupes loyalistes ont répliqué. Elles avaient même réussi à encercler les rebelles en les piégeant dans toute la ville et avaient tué à peu près 320 d’entre eux. Elles s’apprêtaient à lancer l’assaut final sur les 320 rebelles restants quand elles ont été brusquement freinées dans leur élan par le commandant français qui dirigeait les troupes françaises stationnées en Côte d’Ivoire. Ce dernier a demandé 48 heures de cessez-le-feu afin d’évacuer les ressortissants français et les quelques fonctionnaires des Etats-Unis de la ville.

Les troupes loyalistes ont demandé d’attendre qu’elles reprennent d’abord Bouaké des mains des rebelles, mais les Français ont fermement insisté et obtenu le délai de 48 heures. Durant tout ce temps, des soldats français descendaient sur Bouaké à l’aide de parachutes pour prêter main forte aux rebelles. Il était alors devenu impossible pour les loyalistes d’éviter l’affrontement avec les troupes françaises s’ils devaient lancer l’assaut sur les rebelles.

Profitant de ces 48 heures, l’armée française avait commandé trois avions Antonov-12 affrétés qui se trouvaient à Franceville au Gabon. Ceux-ci contenaient tout le nécessaire militaire fourni par la France à partir de l’Afrique Centrale. Des chargements supplémentaires ont été acquis à Durban. Les avions affrétés survolaient la région du Nimba, au Liberia (vers la frontière ivoirienne) et aussi les zones assiégées par les rebelles en Côte d’Ivoire (Bouaké et Korhogo) où ils donnaient un coup de main aux rebelles. Des camions de transport de marchandises déversaient des combattants civils rebelles en provenance du Burkina Faso à destination de Korhogo. Une fois à destination, ces combattants recevaient les équipements que les français avaient fait venir d’Afrique centrale et d’Ukraine.

A partir de ce moment, il y eut 2500 soldats armés du côté des rebelles essentiellement des mercenaires venus du Liberia et de la Sierra Léone, qui étaient aussi embarqués dans les mêmes avions. Ils étaient armés de kalachnikovs et autres armements qui n’avaient jamais fait partie de l’arsenal militaire ivoirien. Par la suite, la France leur a fourni un équipement de communication très sophistiqué. (Dr Gary K. Busch sur ocnus.net le 13 mars 2003).

Après l’échec du coup d’Etat et de sa mutation en rébellion soutenue et organisée par la France, il était devenu impératif pour Paris de faire admettre à tous qu’il n’y avait pas de solutions militaires. Il y eut donc les accords de Linas-Marcoussis où Laurent Gbagbo est invité à négocier avec les agresseurs de la Côte d’Ivoire. Il lui est même demandé de céder une partie de ses pouvoirs à un nouveau Premier ministre dans le cadre de la formation d’un gouvernement d’union nationale ; ce qu’il fît pour promouvoir la paix. Article 3.c de Marcoussis : « Le gouvernement de réconciliation nationale sera dirigé par un Premier ministre de consensus qui restera en place jusqu’à la prochaine élection présidentielle à laquelle il ne pourra se présenter ».

Le 4 février 2003, les Français réussissent (comme ils l’ont fait dernièrement avec la Libye) à obtenir une résolution, par le biais du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les autorisant à conduire les opérations pour le maintien de la paix en Côte d’Ivoire, aux côtés des troupes qui devaient être envoyées par la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Et voilà les troupes françaises à Abidjan pour parachever l’œuvre déstabilisatrice entamée en Septembre 2002.

2004, jour de la « crise des chars » à l’Hôtel Ivoire. 35 chars de l’armée française s’étaient garés devant la résidence du Président Gbagbo. Que voulaient-ils faire ? Nul n’a la réponse. En tout cas, le bouclier humain formé par les jeunes patriotes autour de la résidence était bien expressif du sentiment qui animaient ces jeunes ivoiriens venus défendre leur leader qui pour eux étaient en danger. Pour neuf (09) soldats français qui auraient été tués à Bouaké par l’armée ivoirienne, l’armée française détruit systématiquement tous les aéronefs de l’aviation ivoirienne, boucle l’aéroport international et met les points stratégiques du pays sous contrôle au point où le cortège du Président sud-africain (alors à Abidjan) ait été soumis à certains endroits à des fouilles des militaires français. Aberrant !!!

A l’hôtel ivoire d’Abidjan, des soldats français ont fait un carnage en tirant avec des balles réelles sur une foule de jeunes aux mains nues. Bilan 50 morts et 200 blessés. Pathétique !!!

Et depuis, de négociations en négociations, d’accords en compromissions – Marcoussis 1 et 2, rencontre des Chefs d’Etat » de Kléber, Lomé, Accra, Pretoria, accords de Ouagadougou – la Côte d’Ivoire n’a pu avancer vers la stabilité. Il y eut donc les élections de Novembre 2010 qui devraient apporter la paix dans le cœur des ivoiriens, dans le pays et dans la sous région. Ces élections qui devraient apporter aux ivoiriens, un pays, une administration, une justice, une armée et une police unifiée a débouché sur 2 résultats, 2 présidents, 2 gouvernements autoproclamés ; l’un reconnu par la constitution et l’autre (le candidat de l’étranger) reconnu par la communauté internationale qui se résume à la France et aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à leurs laquais sous régionaux.

Pour régler ce problème, le premier proposa le recomptage des voix et le second, tout ergot dressé demanda au premier de quitter le pouvoir au risque de « tomber comme un fruit pourri » (Alassane dans une conférence de presse en Janvier 2011). La solution la plus adéquate était pourtant le recomptage des voix ou alors on procède à la reprise des élections ; les fraudes ayant été légion dans les zones CNO où d’ailleurs les rebelles ont refusé de désarmer avant les élections alors que les accords de Ouagadougou stipulaient clairement le désarmement puis les élections. L’objectif  inavoué de ce refus de désarmement d’avant les élections était alors le renversement du Président Laurent Gbagbo pour  imposer Ouattara quelque ce soit le verdict des urnes.

Nous sommes en février 2011, un fameux commando dit « invisible » s’installa à Abobo où il se mit à harceler les forces de défense ivoirienne. Ce commando « invisible » a infligé de lourdes pertes aux forces de défense ivoiriennes ; des jeunes soldats de l’armée ivoirienne étaient kidnappés et égorgés en pleine journée à Abobo au nom de l’arrivée de Ouattara au pouvoir. Le chef de ce commando, c’est Ibrahim Coulibaly dit IB ; ancien garde du corps des enfants de Ouattara. Il fut mis hors d’état de nuire le 27 avril 2011 par les nouvelles forces de celui pour qui il a pris les armes en 1999, en 2002 et qu’il est revenu aider en 2011, celui qu’il appelait « papa »,  Alassane Ouattara.

Avril 2011 : après des semaines d’intenses bombardements de la résidence présidentielle par la force française Licorne, le Président Laurent Gbagbo fût arrêté et remis aux rebelles venus sur les lieux constater la chose. Sans l’Onuci, ces derniers n’auraient d’ailleurs jamais pu venir à Abidjan car la plupart d’entre eux ont été héliportés de Bouaké à Abidjan, Yamoussokro et consorts ; on ne fait pas 100 km en quelques heures alors que les forces de défense ivoirienne tenaient encore bon leurs positions dans le centre du pays.

Mai 2011 : Investiture de Ouattara lors d’une cérémonie théâtrale. Investi sur 3.000 morts comme sous préfet puisque depuis lors, il ne reçoit des ordres que de l’Elysée qui pour lui faciliter la tâche compte tenu de sa silhouette nonchalante qui supporte difficilement ses 20 années d’atrocités et de crimes, a décidé de lui coopter des conseillers français ; au moins ça fera quelques chômeurs de moins en France.

Novembre 2011 : Transfert de Laurent Gbagbo à la CPI

Comme il fallait s’y attendre, dans la nuit du 29 au 30 novembre, Laurent Gbagbo est envoyé à la CPI parcequ’accusé de crimes contre l’humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011 alors qu’il est celui là même qui a demandé aux forces de défense ivoiriennes qui ripostaient aux attaques de la force française Licorne sur sa résidence et aux rebelles dans Abidjan, de ne plus livrer bataille pour ne pas se faire tuer inutilement par les rebelles et les soldats français de la Licorne qui tiraient sans vergogne sur les jeunes soldats de l’armée ivoirienne. Pour certains pyromanes qui chantent sur tous les toits « réconciliation, réconciliation », c’est une affaire de gros muscles. Elle vient carrément d’être mise sur béquilles. L’histoire est têtue et ces rancœurs ne se tairont guère.

Qui de Ouattara ou de Gbagbo devrait aller à la CPI ?

La crise post-électorale a fait 3.000 morts. Qui en porte la responsabilité ? Pourquoi a-t-il eu crise post-électorale ? Et pourquoi avoir limité la saisine de la Cour pénale internationale aux seuls crimes post électoraux ? Même limitée aux seuls crimes post électoraux, Ouattara, Soro et compagnie ne peuvent être épargnés.

Nous ne serions peut-être pas ici à conjecturer si Ouattara avait laissé Gbagbo finir tranquillement son mandat entamé le 26 Octobre 2000 au lieu de lui pourrir et de pourrir la vie aux ivoiriens par ces coups d’état répétés. Alors que les rebelles de Ouattara dans leur progression sur la capitale ont commis des exactions des plus atroces, leur mentor les a promus. Qui général, qui commandant, qui garde du corps, etc…

La plus spectaculaire de ces exactions et crimes contre l’humanité est l’exemple de Duékoué (1.200 morts). Heureusement que Gbagbo n’était pas à Duékoué sinon on le lui aurait imputé.

Il y a aussi l’exemple du Ministre Tagro, lâchement défiguré puis assassiné par les hommes de Ouattara le 11 avril 2011. Ocampo a décidé de voir ce qui arrangeait ses maîtres et lui. La guerre civile dans un pays ne dépend pas du pouvoir, elle dépend de l’opposition. C’est l’opposition qui est républicaine ou pas. Alassane dans l’opposition, c’est la guerre.

Alpha Blondy, avant qu’il ne change sa veste en 2011 le disait d’ailleurs abondamment.

Alpha Blondy à Notre voie en 2009 : « Je signe et je persiste qu’Alassane Ouattara est à l’origine du coup d’Etat de 1999 qui a entraîné la guerre. Il est à l’origine de tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui. Depuis qu’il est venu dans ce pays, nous avons rompu avec la tranquillité et la sérénité… M. Ouattara est largement le commanditaire de la rébellion, you know… Ce que Koné Zakaria (un des chefs rebelles, ndlr) dit est clair – je comprends bien le malinké. Il a dit : «Nous avons pris les armes, pas pour IB, mais pour Alassane Ouattara». Et que c’est lui qui leur envoyait 25 millions de FCFA par mois… Dans la crise ivoirienne, M. Gbagbo, Bédié, Guéi, Soro et Wattao ne sont que des asticots. Et la mort, c’est M. Alassane Ouattara. ».

Avec Laurent Gbagbo dans l’opposition, la Côte d’Ivoire a connu 30 ans d’opposition, 30 ans de paix, 30 ans de vie politique sans prendre les armes. Il demeure que le Président Laurent Gbagbo connaît un cycle de souffrances tous les 10 ans : 1972 (internement dans les camps militaires d’Akouédo, de Séguéla, de Daloa et de l’Ecole des Forces Armées de Bouaké), 1982 (le complot des enseignants bété), 1992 (arrestation suivie de l’emprisonnement), 2002 (guerre suivie d’une crise multiple et multiforme), 2012 ??? La CPI le condamnera peut-être pour avoir défendu vaille que vaille son régime contre une agression néocoloniale. Les criminels, c’est ceux qui se défendent et les agresseurs, eux sont célébrés.

Pour ceux qui ne l’avaient pas reçu, je mets en ligne le document « Massacre de Côte d’Ivoire » afin qu’ils puissent mesurer l’ampleur de l’œuvre de destruction entreprise à Duékoué. Si la CPI était sérieuse, elle se serait occupée du cas Ouattara en premier lieu.

Télécharger MASSACRE EN CÔTE D’IVOIRE

Comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo par la CPI

Comment comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire par la Cour Pénale Internationale ? Je vous mets ce petit passage extrait du nouveau livre en préparation qui reprend tous les articles et Editoriaux que je publie régulièrement et qui sera dans vos librairies en Français et en Anglais dès le début d’année :

« Dans l’empire Romain, le mot « Dictateur » désignait un Magistrat souverain qu’on nommait dans des circonstances critiques pour rétablir la paix. Aujourd’hui, ce mot désigne un chef qui exerce un pouvoir absolu et de façon arbitraire. Dans les deux cas, que ce soit dans la période de l’empire romain que de nos jours, il y a une condition commune, c’est que le « dictateur » a un pouvoir souverain et ensuite qu’il a la liberté de l’exercer. Le vrai dictateur a un cahier de charges, il a une vision qu’on peut partager ou non, mais il a un idéal de société et c’est pour atteindre cet idéal qu’il est certainement obligé de passer par des raccourcis détestables. On l’a vu en Russie avec Staline, en Chine avec Mao.

Ceux qu’on désigne pour « dictateur » en Afrique ne correspondent jamais à ce cas de figure, puisqu’il ne bénéficie de cette dénomination que le jour où il décide finalement de cesser de s’occuper des lobbys occidentaux pour s’occuper de son peuple; que lorsqu’il décide de remettre en question le statu quo des contrats injustes d’exploitation des ressources minières de son pays.

En Afrique, les présidents décrits comme démocrates et aimés par l’Occident sont ceux qui baissent leur culotte à cet Occident, comme l’a dit l’ancien Président Lula aux Chefs d’Etat Africains lors du sommet de l’Union Africaine a Malabo, en Guinée équatoriale en Juillet 2011. Tant qu’un Président Africain baisse son pantalon et laisse l’occident faire tout ce qu’il veut, il peut faire 100 ans de pouvoir, jusqu’à ce que l’Alzheimer l’immobilise et ensuite il cède sa place à son fils, l’Occident continuera à applaudir à dix doigts.

A sa mort, il aura des chefs d’état occidentaux à ses funérailles, pour avoir bien servi les intérêts autres que ceux de son pays. Celui-là, qu’il soit issu d’un coup d’état bien préparé et financé par Paris ou Londres, peu importe, il est un « démocrate », sa pléthore de conseillers occidentaux qui l’entourent sont là pour l’acclamer dans le monde entier, pourvue qu’il tienne la culotte toujours baissée. Et si par malchance il quitte le pouvoir avant, il peut toujours se réfugier en Occident, dans sa « Normandie Natale » ou présider une organisation bidon dans tous les cas, il sera toujours très bien remercié pour services rendus.

A l’inverse, dès lors qu’il remet en cause les accords qui lient son pays à un certain nombre de sujets avec l’Occident, c’est son arrêt de mort. Le système a préparé pour lui toute une armada d’options qui ne lui laisse aucune porte de sortie honorable : d’abord des Africains pour le combattre et lorsque cela ne suffira pas, il y a la Cour Pénale Internationale et le Tribunal Pénal International pour finir le travail, quand ce ne sont pas les bombes de l’OTAN pour le tuer (…)

« La Suite dans le « Manuel de Géostratégie pour l’Afrique« 

Sortie : Février 2012 – Edité par l’Institut d’Etudes Géostratégiques » Genève
(Suisse).

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo à la CPI

L’hypothèse tant redoutée par les ivoiriens depuis des semaines s’est produite. Le procureur d’Abidjan a reçu ce mardi un mandat du plaisantin et raciste argentin Moreno Ocampo demandant le transfèrement du président Laurent GBAGBO au Tribunal Pénal International. La justice de Côte d’Ivoire a décidé de livrer le Président Laurent GBAGBO au tribunal pénal international. Les événements se sont accélérés ces dernières 24h. En cours de journée, les avocats de Laurent Gbagbo ont été officiellement informés que le procureur d’Abidjan avait reçu un mandat de la CPI datant du 23 Novembre demandant à la justice ivoirienne de décider si oui ou non elle lui livrait Laurent Gbagbo. Cette dernière a décidé de le transférer à la Haye pour y être jugé.

Le président Laurent Gbagbo, accusé par Ocampo de je ne sais quoi a donc quitté mardi soir la Côte d’Ivoire pour la Haye.

Enquête sur les crimes en Côte d’Ivoire, le Communiqué de Katinan KONE, porte parole du président Laurent Gbagbo

Ce lundi 3 octobre 2011, la Cour Pénale Internationale a rendu public un communiqué  selon lequel, la Chambre Préliminaire III a autorisé  le Procureur de la République Près de cette Cour, à ouvrir une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Cote d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

Les juges ont par ailleurs demandé   au « Procureur de leur fournir toutes les informations supplémentaires qui sont à sa disposition sur les crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Suite à ce communiqué  de la CPI, le Président Laurent GBAGBO fait les observations suivantes:

A/ La Période couverte par l’enquête

L’autorisation de l’ouverture de  l’enquête donnée par la Chambre préliminaire ne concerne  que la période qui court à  partir du 28 novembre 2010. Le Président GBAGBO fait remarquer que  Cette période est celle demandée par monsieur Ouattara, partie prenante au conflit.

Le Président Laurent GBAGBO s’interroge sur la raison pour laquelle l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne concerne que la période demandée  par son adversaire, Monsieur Ouattara, alors que la chambre s’intéresse également aux crimes commis depuis 2002, qui est l’année de départ de la rébellion armée qui se réclame de Monsieur Ouattara. Pourquoi n’a-t-elle pas attendu d’avoir suffisamment d’informations sur le reste de la période de la crise pour laquelle, elle sollicite des informations supplémentaires.

La jonction des faits entre les deux périodes étant une évidence, il aurait été juste que la Chambre reçoive toutes les informations sur les deux périodes qui en fait, ne font qu’une seule, puisque la situation post électorale n’a été qu’une pique comme il y en a eu d’autres depuis la rébellion armée de 2002, dont tout le monde sait maintenant qu’elle agissait pour le compte du Président OUATTARA. L’alignement de la Cour sur la volonté d’une seule partie au conflit jette une suspicion sur sa décision. Cette suspicion se renforce lorsque l’on prend en compte les circonstances troublantes de l’ouverture de cette enquête

B/ Les circonstances de l’ouverture de l’enquête

Le Président Laurent GBAGBO tient à informer l’opinion publique nationale et internationale que l’autorisation d’enquête est intervenue le lendemain de la visite qu’a effectuée monsieur Michel MERCIER, le Garde des sceaux et Ministre de la Justice et des libertés du Gouvernement Français, le jeudi 29 septembre 2011. Au cours de cette visite, il a rencontré respectivement le Président de la Cour, Monsieur SANG HYAN SONG et Madame le Greffier en Chef, Madame Silvana ARBIA.

Cette visite est  intervenue immédiatement après celle effectuée par l’émissaire du Gouvernement Ivoirien, le ministre des droits de l’homme, qui s’est également rendu à la HAYE au siège de la CPI pour y rencontrer les responsables de cette Cour après avoir reçu préalablement par les autorités françaises. L’on se rappelle des déclarations qu’il a faites à la presse selon lesquelles, le transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI constituait la condition de la réconciliation  en Cote d’Ivoire et permettrait de dépassionner le débat sur les élections législatives.

Enfin, cette ouverture d’enquête intervient quelques jours seulement après la première rencontre que le Président Ouattara a  enfin daigné    accorder aux partis et groupements politiques qui sont proches du Président L. GBAGBO en vue de relancer le débat politique, condition sine qua non d’une vraie réconciliation.

Les visites de l’émissaire du Gouvernement ivoirien et de l’émissaire du Président SARKOZY, quelques jours seulement avant l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne peuvent nourrir que des suspicions sur la crédibilité de cette décision. Ces visites confirment le rôle politique que l’on veut faire jouer à la Cour. Le Président GBAGBO voit en la présence de l’émissaire du Président français à la HAYE, la manifestation visible de la pression politique que Monsieur SARKOZY exerce sur la Cour. Ce dernier continue d’utiliser le pouvoir d’Etat que le Peuple français lui a confié pour s’acharner contre lui et le peuple ivoirien.

Par ailleurs, Il faut bien s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir l’ouverture d’une enquête judicaire suffisamment politisée sur le débat politique qui semble s’amorcer en Cote  d’Ivoire. Le Président GBAGBO émet des doutes sérieux sur la volonté de ses adversaires à aller à la réconciliation nationale qu’ils disent pourtant rechercher.

En définitive, Le Président GBAGBO, reste  attaché  à la justice qui s’établit  sur la vérité des faits. Le Président GBAGBO tient à ce que le monde entier sache ce qui s’est passé  dans son pays. Il attend que l’on lui explique pourquoi, alors qu’il a été élu  démocratiquement en 2000, une rébellion armée dont l’on connait maintenant tous les parrains, a attaqué  son pays dans l’indifférence de la Communauté Internationale. Il voudrait savoir également pourquoi l’armée française a tué  les ivoiriens en 2004 et en 2011 dans le silence du monde entier.

Le Président GBAGBO  attend que la lumière soit faite sur tous ces crimes et tous les autres que l’on tente de cacher. Il attend que le droit soit dit et que justice soit rendue non pas seulement pour faire plaisir aux vainqueurs de la guerre illégale qui lui a été livrée; mais pour que enfin, la vérité soit définitivement connue sur la crise ivoirienne depuis 2002.  C’est à cette fin, qu’il a écrit au Secrétaire General de l’ONU, Monsieur BAN KI MOON, pour demander la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale à l’effet d’établir la réalité des tueries présumées des femmes d’ABOBO et d’en déterminer le cas échéant, les auteurs et les commanditaires. C’est pourquoi il dénonce l’activisme de ses adversaires déclarés qui vise à instrumentaliser la Justice pour l’écarter du débat politique, qu’il n’a de cesse de  réclamer même sous les bombes.

Etant engagé sans réserve dans le combat pour la souveraineté des peuples africains,  Le Président GBAGBO s’insurge  contre le fait que les juridictions ivoiriennes, expression de cette souveraineté soit dessaisies du simple fait de la volonté du Président SARKOZY, d’un dossier aussi important qui intéresse en premier chef le Peuple Ivoirien. Il est bon que l’opinion sache que le département des droits de l’homme de l’ONUCI émet aussi des réserves sur  l’éventualité d’un transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI, puisqu’il ne constitue pas une menace pour la paix sociale en Cote d’Ivoire.

Enfin, le Président Laurent GBAGBO  considère comme relevant de la diffamation, les propos relayés par certaine presse, notamment l’Agence France Presse (AFP) selon lesquels, la crise post électorale est née suit à son refus de reconnaitre la victoire de M.OUATTARA.  Ces propos le rendent responsable sans jugement et entame son honneur. Il tient à rappeler qu’il ne s’est pas autoproclamé  vainqueur de l’élection présidentielle. Il en a été reconnu vainqueur par une  décision souveraine du  Conseil Constitutionnel de son pays qui l’a investi également Président de la République. Il a instruit ses avocats d’analyser la possibilité de poursuites judiciaires contres les auteurs de telles affirmations.

Le Ministre KONE Katinan Justin,

Représentant et Porte-parole du Président GBAGBO