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Pourquoi l’Afrique ne devait pas livrer Gbagbo à la CPI

Pour Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais « Le Témoin », nombre de dirigeants africains sont toujours les pions de l’Occident. L’Afrique est décidément un continent maudit et dont les dirigeants actuels appartiennent à la pire espèce qui puisse exister sur terre ! Voilà donc le seul continent au monde dont d’anciens chefs d’Etat sont détenus actuellement à La Haye, aux Pays-Bas, en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour Pénale Internationale (CPI) devenue, par la force des choses, une Cour Pénale Africaine.

Bouc-émissaire de la CPI

En effet, les seules affaires instruites à ce jour par cette juridiction de Blancs pour juger des «Nègres » africains concernent sept pays du continent, à savoir l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Darfour, le Kenya, la Libye et la Côte d’Ivoire. Sept pays africains, et pas un seul d’une autre région du monde. Vous voyez comment on se fout de la gueule de l’Afrique ?

Le pire et le plus grand mépris, c’est que la plupart de ces Etats qui siègent au Conseil de sécurité des Nations-Unies et qui saisissent cette Cour de violations présumées des droits de l’homme voire de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité… ne sont pas signataires de la Charte de la même CPI !

Laquelle n’a donc pas le droit de juger leurs ressortissants qui appartiennent à une sorte de race aryenne qui serait supérieure à celle des êtres primitifs que nous serions. Ainsi, malgré les crimes abominables qu’ils commettent en Palestine, et les 1400 morts tués lors de l’opération Plomb durci à Gaza, en décembre 2008-janvier 2009 et malgré les conclusions accablantes du rapport Goldstone, ne vous attendez surtout pas à voir les dirigeants israéliens comparaître devant la CPI, encore moins à ce qu’ils soient emprisonnés à La Haye !

Non, encore une fois, un tel traitement de forçats et de galériens, on ne le réserve qu’à ces salauds d’Africains, surtout s’ils sont «Nègres » de surcroît, Arabes à la rigueur. Un Israélien à La Haye? Jamais! Quant à un Français, un Anglais ou un Américain, c’est tout simplement impensable! Ainsi fonctionne la «justice» internationale, à géographie variable et en fonction de la couleur de la peau… Selon que tu seras puissant ou misérable, disait La Fontaine. On pourrait ajouter: selon que tu seras Noir ou Blanc aussi…

Des Africains trahis par leurs propres frères

Hélas, comme du temps de la traite des «Nègres », lorsque c’étaient des Africains qui vendaient leurs propres frères aux négriers blancs, aujourd’hui encore, en plein XXIème siècle, la même pratique perdure. Ainsi, ce sont les dirigeants africains eux-mêmes, Nigeria en tête, hélas, qui ont livré l’ancien chef de l’Etat libérien, M. Charles Taylor, à la Cour Pénale internationale où il est détenu depuis. Une précision: c’est plus précisément le Tribunal spécial pour le Liberia qui a fait emprisonner Taylor, mais, pour nous, c’est tout comme.

C’est la «justice» des Blancs pour ces cons de «Nègres ». De même, c’est l’actuel président de la République de Côte d’Ivoire, M. Alassane Dramane Ouattara, président déclaré élu par la «communauté internationale» — en fait la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique — qui a remis son prédécesseur à la même CPI pour qu’il soit emprisonné à La Haye. Et à dix jours seulement des élections législatives en Côte d’Ivoire !

Curieuses élections législatives, du reste, puisque le chef du principal parti de l’opposition, détenu jusque-là à Korhogo, dans le nord du pays, est à présent livré à la justice des Blancs. Mais ce n’est pas tout puisque la plupart des dirigeants de ce parti, le Front patriotique ivoirien (FPI) sont soit en exil au Ghana, soit en prison, s’ils n’ont pas leurs avoirs gelés par le gouvernement du président Alassane Dramane Ouattara! Lequel vient aussi de jeter en prison trois journalistes ivoiriens.

Curieuse «victoire» aussi que celle de ce président Ouattara puisque acquise dans le nord de la Côte d’Ivoire contrôlé par ses milices armées, celles des Forces nouvelles, qui avaient refusé de désarmer et où, bien évidemment, ses partisans ont pu s’en donner à cœur joie, bourrant les urnes à volonté. Pas étonnant qu’il ait fait un triomphe dans ces contrées du Nord !

La mascarade ivoirienne

Il ne manquait plus dans ces conditions que les félicitations de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Et elles sont effectivement venues, ces félicitations! Président de la République sortant d’un pays dont la moitié Nord était occupée depuis septembre 2002 par une rébellion armée et financée par M. Alassane Dramane Ouattara, M. Laurent Gbagbo a demandé un recomptage des voix. Un crime aux yeux de la communauté internationale qui a réagi en envoyant les militaires français de la force Licorne bombarder son palais durant des jours et des nuits jusqu’à incendier le réduit dans lequel il s’était réfugié avec son épouse et ses enfants.

Après quoi, le président français Nicolas Sarkozy a organisé un simulacre d’arrestation par les Forces «républicaines» de Côte d’Ivoire composées de seigneurs de la guerre qui ont massacré des populations de l’Ouest ivoirien, plus précisément à Duekoué, dans leur marche vers la capitale économique ivoirienne. Des forces cette fois-ci entraînées, armées et transportées par la France, comme l’a notamment révélé Le Canard Enchaîné.

Et voilà qu’Alassane Dramane Ouattara, président à la légitimité douteuse, livre à la Cour pénale internationale, son adversaire politique, c’est-à-dire l’homme qui, à bon droit, a refusé de reconnaître sa victoire tirée par les cheveux! On dit que les affrontements post-électoraux de Côte d’Ivoire ont fait quelques 3000 morts. Soit. Mais il faut considérer que la moitié au moins de ces morts est imputable aux braves forces «républicaines» dont les chefs dirigent aujourd’hui la nouvelle armée de Côte d’Ivoire. Bien évidemment, la complicité de la France n’est pas à exclure.

Mais bon, M. Laurent Gbagbo au moins peut s’estimer heureux de se retrouver à La Haye puisque le pauvre Guide libyen Mouammar Kadhafi, lui, n’a pas eu cette chance. En effet, il a été tué au moment de son arrestation par des sbires du Conseil national de transition (CNT) qui dirige désormais la Libye, après que le convoi de véhicules dans lequel il avait pris place a été bombardé par des avions de l’Otan.

L’Otan, qui agissait en vertu d’un mandat de l’ONU, lui demandant d’instaurer… une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen. Apparemment, le convoi du Guide libyen volait dans les airs… Kadhafi connaissant beaucoup de choses sur les dirigeants occidentaux, pas question de risquer un procès devant la CPI !

Certes, son fils Seif El Islam a été arrêté mais les dirigeants du CNT ne sont pas franchement chauds pour le livrer à la CPI. Un simulacre de procès à Benghazi pour qu’il n’incrimine pas d’anciens collaborateurs de son père comme un certain Moustapha Abdeljalil, nouvel homme fort de la Libye «libérée», arrangerait beaucoup de monde !

En Afrique, l’Occident est roi

Pour en revenir à ces Africains qui livrent leurs frères à la CPI, c’est-à-dire la justice des Blancs, on apprend qu’un juge kényan vient de lancer un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar El Béchir déjà sous le coup de poursuites de la «justice internationale» c’est-à-dire de la CPI dont le fantasque procureur, Luis Moreno Ocampo, a lancé un mandat d’arrêt contre lui.

Prenant leur courage à deux mains, une fois n’est pas coutume, les chefs d’Etat membres de l’Union africaine ont refusé d’exécuter ce mandat. Il ne manque pas d’humour ce brave juge, ou alors il a la mémoire sélective, car dans son même pays, le Kenya, les affrontements post-électoraux de janvier 2008 avaient fait 1500 morts selon un bilan officiel publié le 25 mai entre partisans de Raila Odinga et de Mwai Kibaki.

Pour autant, aucun de ces deux dirigeants n’avait comparu devant la CPI puisque ces troubles particulièrement sanglants s’étaient conclus par… un accord de partage du pouvoir, le premier nommé devenant vice-président du second. Et ce, même si des seconds couteaux avaient été par la suite inculpés par l’inénarrable Luis Moreno Ocampo.

Laurent Gbagbo avait préconisé un scénario de sortie de crise à la kenyane, on lui avait répondu qu’une telle solution ne pouvait plus resservir! Et ce, alors qu’elle aurait pu, dès le départ, éviter au pays des Eléphants des milliers de morts… Que voulez-vous, la «communauté internationale» voulait à tout prix la peau de Gbagbo !

Reparlons des présidents africains qui avaient refusé d’exécuter le mandat d’arrêt contre leur collègue El Bachir du Soudan. Courageux, mais pas téméraires, il leur fallait bien donner des gages à leurs maîtres blancs, d’où la livraison du président Laurent Gbagbo dont même les chiffres de l’ONU ont reconnu qu’il avait obtenu près de 47 % des suffrages exprimés à la présidentielle de novembre dernier.

Autrement dit, c’est le président de presque un Ivoirien sur deux qui vient ainsi d’être livré comme un vulgaire malfaiteur à un procureur en fin de mandat qui, durant tout le temps qu’il a été en poste, n’a fait que pourchasser des Africains. Outre Gbagbo et Charles Taylor, les prisons de La Haye renferment en effet le sénateur et ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, ainsi que de pauvres diables congolais comme Thomas Lubanga et autres.

Bref, dans les prisons de la CPI à La Haye, on ne trouve ni Asiatiques, ni Latino-Américains, ni Nord-Africains, encore moins des Asiatiques, seulement des Africains. Il n’y a pas à dire, nos dirigeants sont de vrais salopards !

Mamadou Oumar Ndiaye

Directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais Le Témoin

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Alassane Dramane Ouattara : Mariage forçé avec la Côte d’Ivoire

WKIPEDIA, l’encyclopédie libre définit le mariage forcé comme : « Marier une personne contre sa volonté »

L’encyclopédie poursuit : « Ces jeunes filles sont contraintes à des rapports sexuels et des grossesses non désirées, des violences conjugales, des pertes d’autonomie et de liberté…ces atteintes à l’intégrité et la liberté engendrent aussi des chantages affectifs, des séquestrations et des déscolarisations. De plus, les femmes qui manifestent leur désaccord se voient confisquer leur papier d’identité, elles se trouvent donc en situation irrégulières. Elles peuvent aussi avoir des difficultés matérielles comme par exemple des problèmes de logement, des pertes d’emploi et l’arrêt de leurs études…Elles peuvent aussi entrainer des ruptures familiales. Les hommes peuvent être aussi soumis au mariage forcé. »

On pourrait ajouter simplement « NO COMMENT » comme conclusion, mais comparaison n’étant pas raison, notre objectif est de démontrer que la relation entre M. OUATTARA et la Cote d’Ivoire est comparable à un mariage forcé et donc possède les mêmes conséquences décrites plus haut.

En pleine crise économique, la Cote d’Ivoire a été contrainte en 1990 par les bailleurs de fonds et par la France de créer un poste de premier ministre non prévu par la constitution et d’imposer M. OUATTARA comme premier ministre pour faire notre bonheur. Personne ne pouvant être heureux dans ce mariage forcé, la Cote d’Ivoire sombre dans le malheur politique le 18 février 1992 avec l’arrestation et l’emprisonnement de tous les leaders de l’opposition suite à une marche pacifique. Le malheur n’était pas que politique, la mise en route du programme de privatisation entraine des pertes d’emplois, de logement et l’arrêt des études pour plusieurs enfants de parents appauvris. L’introduction de la carte de séjour a entrainé la rupture entre étrangers et ivoiriens au pays de la vraie fraternité (relire la définition du mariage forcé et ses conséquence).

Suite à un mandat d’arrêt contre lui pour faux papiers ivoiriens faisant de lui un ivoirien sans l’être, il organise un coup d’Etat en 1999 pour contraindre la Côte d’Ivoire à reconnaitre ses faux papiers. Un acte de naissance et un certificat de nationalité lui est délivré par la suite mais la constitution ivoirienne votée par 86% des ivoiriens lui ferme la possibilité d’être éligible.

En 2002, il organise un coup d’Etat qui échoue et crée une rébellion qui occupe la moitié nord du pays. Des pertes de vies, d’emplois, de logements se multiplient et la rupture de la famille ivoirienne en deux camps est consacrée par cette rébellion. Il finit par être éligible par un accord politique contre la volonté de 86% de la population ivoirienne.

Deuxième par fraude de la classe politique ivoirienne après le premier tour de l’élection présidentielle 2010, il est propulsé président par bombardement de l’armée française après enlèvement et déportation du président élu des ivoiriens. Il s’en suit  des violences, des atteintes à l’intégrité physique, des morts, des pertes d’emploi, séquestration, déscolarisation avec fermeture de l’université, exil, confiscation des papiers d’identité par pillage et occupation de domicile…, approfondissement de la rupture de la famille ivoirienne, perte d’autonomie, de liberté et de souveraineté. (Relire la définition et les conséquences du mariage forcé).

Le 11 décembre 2011 se sentant en position de force, il décide enfin, à travers les élections législatives, d’avoir l’avis des membres de la famille ivoirienne sur les caprices de cette femme qui refuse tout à son mari. A plus de 80%, les membres de la famille ivoirienne lui font savoir, par un silence assourdissant et étourdissant que le mariage forcé est condamné par la déclaration universelle des droits de l’homme et que les « grossesses indésirées »  de ce parlement ne seront point acceptées. Divorcer ou continuer le mariage forcé ?

Si vraiment la communauté internationale est sincère en disant qu’elle a fait la guerre aux ivoiriens pour installer la démocratie c’est-à-dire la volonté de la majorité, logiquement l’on s’attend à ce que cette même communauté contraigne M. OUATTARA au divorce  après ce troisième tour des élections présidentielles  sinon…wait and see.

DIABATE Cheick

Chercheur à L’université de Colorado

USA

Côte d’Ivoire : selon son Oncle adoptif, Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Abou Cissé : Ce nom vous est désormais familier. Est-ce un anticonformiste comme il en existe dans toutes les familles ou un idéaliste ; un homme qui croit encore à la valeur de la Vérité et qui a son cœur attaché à la Justice ?

Je peux peut-être me tromper. Mais cet homme a son cœur attaché à la Justice et à la Vérité. C’est le genre de personnes quand vous les avez comme amis, votre foyer ne connaît jamais de crise, votre famille est toujours en paix et s’ils dirigent un village, il se développe parce qu’ils créent un environnement de justice pour le faible et protègent la veuve et l’orphelin. Je te salue cher Aîné, si tu lis cet Article 160ème de la Révolution Permanente.

Alors l’Aîné Abou Cissé excédé par l’ingratitude, la méchanceté sans borne, la couardise de ce faux neveu s’est senti le devoir de lâcher le mot :

« Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

Abou Cissé : C’est une honte pour la Côte d’Ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n’est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara​ vient de signer l’arrêt de mort de la Côte d’Ivoire. C’est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu’Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n’est pas digne de lui. Dans tous les cas, il va le payer très cher. C’est son totem qu’il vient de manger. Il s’est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.»

« Malgré l’appel de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane l’a transféré à la Cour pénale internationale…

Abou Cissé : Quand dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n’aurait pas fait ce qu’Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n’est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l’inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C’est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié. »

Par deux fois dans la même interview réalisée par le confrère Yacouba Gbané du Quotidien le Temps, l’Aîné Abou Cissé persiste et signe : Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Voilà qui est clair. Si Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien, c’est qu’il est un faux Ivoirien. Donc un Ivoirien avec une citoyenneté usurpée, qui ne comprend rien à la vraie Fraternité ivoirienne et qui se comporte comme on le ferait dans son vrai pays.

Alors question au Tonton Abou Cissé : quel est le vrai pays et la vraie citoyenneté de celui que vous décrivez comme « le problème de la Côte d’Ivoire » ?

Je ne vais pas vous embarrasser davantage mon Aîné. Ouattara est un Voltaïque de l’ethnie GOUIN dans la région du Banfora où vivent majoritairement les ethnies Karaboro, Gouin, Turka et Sénoufo en grande partie agriculteurs. Il est né jumeau dans le Banfora mais son frère jumeau est mort à la naissance ainsi que sa mère. Alors orphelin, il fut recueilli par son oncle expatrié en Côte d’Ivoire et marié à Dame Nabintou Cissé votre sœur. L’oncle de Ouattara était polygame et avait une femme de sa région natale. C’est à cette femme que la garde de Ouattara avait été confiée. Mais elle était si paresseuse, selon des témoins encore vivants, que ce fut Dame Nabintou Cissé qui s’occupa du petit Dramane jusqu’à l’âge de sept (7) ans où devenu un peu plus grand, il fut retourné à son Père dans le Banfora et fut scolarisé. A cette époque, Ouattara était appelé Mossi Dramane par les petits Sénoufo ivoiriens qui vivaient dans la même cour que lui. L’attachement de Ouattara à Dame Nabintou Cissé viendrait de ce que cette femme aimante l’aurait toujours traité comme l’un quelconque de ses enfants. La vérité, c’est que Ouattara n’est pas un Cissé, il n’a aucun sang Cissé. Il est un imposteur quand il dit qu’il est le fils biologique de Dame Nabintou Cissé.

Ces informations sont connues de toutes les chancelleries sérieuses qui ont cherché à comprendre l’histoire de ce faussaire qui est le « vrai problème de la Côte d’Ivoire ».

La Vérité est enfin sortie de la bouche d’un proche : « Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien ». Il est un usurpateur de citoyenneté. C’est pourquoi il fait du mal aux Ivoiriens et détruit la Côte d’Ivoire.

A Très bientôt.

Hassane Magued

Première prestation de Laurent Gbagbo à la Haye, Le camp Ouattara perd la sérénité

On s’attendait plus ou moins à une réaction du camp Ouattara à la première comparution du Président Laurent Gbagbo. Mais, on ne s’attendait pas du tout à une telle frilosité faite de haine venimeuse, et d’intox. « On a l’impression qu’ils ont voulu rapidement ramener leurs lecteurs éblouies par la sortie de Gbagbo, à leur réalité faite de haine pour tout ce qui n’est pas de leur camp », analyse un « titrologue » rencontré devant un kiosque à journaux.

Jugez-en ! « Première comparution de Gbagbo devant la Cpi « Tout est faux ! » « Voici ses mensonges », a titré Le Patriote, le journal du Rdr, le parti de M. Ouattara. « Première comparution devant la Cpi : « Gbagbo, première spirale de mensonges », titre le Nouveau Réveil, journal du Pdci, parti vassal du Rdr, donc de M. Ouattara.

Du Séjour du Président Laurent Gbagbo à Korhogo

Mais au fond, que valent les écrits de ces journaux qui ont semble-t-il reçu pour mission de rayer le nom et la bonne image du Président Gbagbo de la mémoire de la majorité des habitants de la Côte d’Ivoire. Le Patriote insiste sur le fait que le président Gbagbo se soit plaint de ses conditions de détention à Korhogo. « S’agissant de ses conditions de détention à Korhogo, Gbagbo enfonce le clou de la contrevérité jusqu’à laisser croire qu’il était traité comme un véritable condamné à mort, qui « ne savait ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait dehors. » Et le journal de rappeler ce que le Président Laurent Gbagbo aurait confié aux Elders (Desmond Tutu, Kofi Annan.) le 2 mai 2011, quand ceux-ci sont allés rendre visite dans sa prison à Korhogo. « Je mange bien, je dors bien, je suis bien traité », aurait déclaré le président. On ne sait pas d’où le journal de Ouattara tire cette phrase qu’elle attribue au Président Laurent Gbagbo. D’autant plus que les journalistes n’ont pas eu accès à la salle où s’est tenue la rencontre.

On le sait, l’actuel pouvoir sait faire distiller des informations qui ne sont pas justes pour servir sa cause. Mais, de quoi se plaint au juste le journal de Ouattara ?

Dans sa déclaration à La Haye, le président Gbagbo a dit exactement ceci : « j’étais logé dans une maison : lit, moustiquaire, douche, deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois (repas, ndlr). Donc, le problème n’était pas là. Mais, je ne voyais pas le soleil et je ne savais pas ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. (.) Je n’ai vu le soleil que les quelques rares fois où mes avocats sont venus », a-t-il expliqué. On voit que bien que le Président Gbagbo n’a jamais dit qu’il ne mangeait. Bien au contraire, il dit qu’il avait droit à deux repas à sa demande sur trois qu’on lui a proposés. Et qu’il avait un lit, une moustiquaire, une douche. Ce qu’il a dénoncé, c’est le fait d’être enfermé jour et nuit. Sans voir la lueur du jour. C’est effectivement, comme le dit le journal du Rdr, comme ça qu’est traité un condamné à mort. Question de fond : est-ce que le Patriote peut démontrer le contraire ? En effet, nulle part dans le papier de nos confrères, le contraire des propos du Président Gbagbo n’est démontré. Il n’y a que des affirmations gratuites.

De l’intervention de l’armée française

Autres choses. Le même journal dit que c’est sous le mandat 1975 de l’Onu que pour « détruire les armes lourdes de Laurent Gbagbo que la licorne a dû intervenir par des tirs précis.» Pendant que poursuit-il, « les forces pro-Gbagbo massacraient les civils ivoiriens, dont 3000 sont tombés. » Première remarque. Dans sa brève mais riche déclaration, celui que Ouattara hait, a dit que « la résidence du président de la république bombardée du 31 mars au 11 avril (.) C’est l’armée française qui a fait le travail et nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore des forces régulières. » Comme le dit, Le Patriote, la résolution dit de détruire les armes lourdes. Pas d’un camp précis. A la pratique, on a vu que ce sont seulement les armes lourdes de l’armée régulière ivoirienne qui ont été détruites. Les armes lourdes des rebelles ne l’ont pas été.

Deuxième observation, il n’a jamais été dit dans cette résolution que la résidence du président de la république devait être réduite en cendres. Et pourtant ça a été le cas.

Troisième observation, les 3000 morts pour peu qu’on ait une dose de bon sens, n’ont pas été occasionnés par les seules forces régulières. Les Frci, la force licorne, la force de l’Onuci ont commis des massacres connus de tous. Au final, le Président Laurent Gbagbo n’a dit aucune contrevérité. Mais, au contraire, c’est ceux qui lui apportent la contradiction qui veulent réécrire l’histoire à leur profit en voulant en vain, effacer le massacre de 800 Guérés à Dukoué, l’attaque armée en septembre 2002 de l’Etat de Côte d’Ivoire avec toutes ses suites macabres. La contestation des résultats tels que proclamés par le conseil constitutionnel avec l’appui de l’Onu et de la France. C’est ce cocktail explosif qui nous a conduits à cette situation révoltante où le vainqueur par les armes impose sa justice.

Mais au-delà du caractère épidermique des réactions, c’est surtout la panique du nouveau pouvoir face au réveil brutal du « monstre » qu’il croyait avoir définitivement mis à mort à la suite de huit mois d’enfermement et de maltraitance. Complètement sonné comme un boxeur ayant pris un uppercut, à l’instar du procureur Luis Moreno Ocampo, le pouvoir a préféré envoyer au front ses soldats les plus fidèles, le temps de retrouver ses esprits. Pour des réactions pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

Coulibaly Zié Oumar(notrevoie)

Après la déportation de Laurent Gbagbo : Alassane Ouattara rit jaune

Le procès du prisonnier politique de la France, Laurent Gbagbo, a certes  commencé avec l’«audience technique» au cours de laquelle il était question de lui signifier à nouveau qu’il est «soupçonné» (par ceux qui l’ont arrêté le 11 avril 2011) d’avoir commis des «crimes contre l’humanité», des «meurtres» et des «viols»… Mais les choses, nous dit-on, ne se sont pas passées comme les partisans Ouattara l’avaient prévu, au regard de ce qu’on leur a fait croire.

En effet, alors qu’ils s’apprêtaient à célébrer l’«heureux» évènement attendu par le Rhdp avec tambour et trompette, leur joie a été amèrement édulcorée par la tournure que la première comparution du président Gbagbo a prise. Il faut dire que Ouattara paye une fois encore le prix de ses manœuvres de manipulation, de l’intoxication et de la désinformation qui finissent toujours par le rattraper. Le régime avait convaincu ses partisans que dès l’entame du procès, Laurent Gbagbo serait accablé sous les accusations et aussitôt lourdement condamné, «sans appel» à «la prison vie», voire à «la peine de mort». Si bien que pour les militants du Rdr –rébellion, la journée du 5 décembre 2011 signifiait l’anéantissement total du père fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi), la disparition définitive de l’homme Gbagbo et de ses idées qui dérangent tant.

Ainsi, dans l’esprit de ceux-ci, la sentence que devait prononcer systématiquement la Cpi, le jour même était la «solution finale» au problème Gbagbo. De sorte qu’on n’entendrait plus jamais parler de lui. Voici décrit l’état d’esprit des partisans de Ouattara qui s’étaient massés devant leurs téléviseurs, pour assister au «dernier jour» en quelque sorte de l’illustre prisonnier politique. Mais ils ont dû rapidement revenir de leurs illusions quand ils ont compris que la Cpi se limiterait à lui rappeler les chefs d’accusation et à l’interroger sur les conditions de sa détention. Une brèche qui lui a d’ailleurs permis de revenir, de façon inattendue, sur les conditions de son arrestation pour rappeler que c’est l’armée française qui a exécuté sur le terrain tout le «travail» qui a conduit à son renversement. Au grand dam du camp Ouattara qui, non seulement déçu de ne pas voir les juges de la Cpi sermonner vertement Gbagbo à la barre comme il s’y attendait, a dû souffrir de constater que l’accusé a eu l’occasion de se défendre et l’a fait avec intelligence. Et que les choses sont loin d’être terminées, avec la fixation de sa seconde comparution en juin 2012. Surtout qu’en Côte d’Ivoire, l’on ne sait jamais ce que le lendemain nous réserve. Mais passe encore pour les vainqueurs de n’avoir pas pu brandir le trophée de guerre pour célébrer en grandes pompes leur exploit.

La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye leur enlève un faux prétexte que le pouvoir a souvent utilisé pour justifier son incapacité à remettre le pays debout et à tenir les promesses des «pluies de milliards» que les pays d’Europe étaient censés déverser sur la Côte d’Ivoire. «C’est parce que Gbagbo est encore en Côte d’Ivoire que Ouattara ne peut pas travailler. Le jour où on va le déporter à la Cpi, tout sera normal», ne cessaient dire les lieutenants du nouvel occupant du palais à leurs militants.  On espère donc que Ouattara et ses relais médiatiques vont enfin arrêter de faire de Laurent Gbagbo leur tasse de thé tous les matins, pour que le régime se  mette «au travail». Les Ivoiriens attendent toujours les solutions aux problèmes de la pauvreté grandissante, du chômage, de la cherté de la vie, de l’école et en particulier de l’Université…

Assurément, la déportation de Gbagbo à la Haye a ses revers pour de dictateur d’Abidjan. Car les partisans de Ouattara, à l’instar des populations du pays, seraient eux-mêmes vraiment déçus que le pouvoir continue de parler de Laurent Gbagbo à longueur de journée, plutôt que de sortir la Côte d’Ivoire du bourbier où il l’a plongé.

K. Kouassi Maurice

Conférence des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente à Cotonou, l’ombre de Gbagbo a plané

Les chefs d’Etat du Conseil de l’Entente ont célébré la messe de la refondation du Conseil de l’Entente. Yayi, Ouattara, Faure, Issifou, Compaoré ont, semble-t-il, réfléchi sur les voies et moyens pour ressusciter l’organisation. Pendant qu’ils se rassemblaient, le plus panafricaniste des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente, Laurent Koudou Gbagbo comparût devant la Cour Pénale Internationale.

L’actualité, c’est bien Laurent Gbagbo et non les élucubrations de seigneurs de guerre imposés comme Chefs d’Etat dans le Conseil de l’Entente. Derrière le sourire narquois du banquier rebelle, se révèle un mensonge. Ce banquier rebelle avait déclaré que son prédécesseur était bien traité à Korhogo. Faux ! Voici comment Laurent Gbagbo était traité : « … il n’avait droit qu’à un lit, une moustiquaire, une douche et deux repas par jour et n’a pu voir la lumière du jour ». C’est dans cet océan de mensonges que s’est ouvert le conclave des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. A part les journalistes de service, les travaux n’ont intéressé personne.

A Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Niamey et Cotonou, ce qui a fait l’actualité, ce sont les propos de Laurent Gbagbo : « Je ne suis plus un jeune homme, j’ai 66 ans. Mon épaule me fait mal, mes poignets me font mal. ».

Comme on peut le constater, la réunion de Cotonou a été une messe inutilement dépensière. Que peut-on construire de durable et de solide sur un sable mouvant de mensonges ? Rien, absolument rien.

La réunion de Cotonou prouve une fois encore que nos Etats sont dirigés par des lettrés et non des intellectuels.

Tout le long de la cérémonie, il n’y avait rien d’africain. Nos roitelets de chefs, ils étaient en costume sous ce chaud soleil, tels les nègres de la période coloniale. Pour développer le conseil de l’entente, il est impérieux que nous soyons nous mêmes, culturellement, philosophiquement et politiquement. Ce n’est pas le cas. Culturellement, extravertis, les nouveaux chefs ont trahi la pensée des pères fondateurs. Ils ont bavardé, pris du vin et ne pourront mettre en œuvre que ce qui est bon pour l’Elysée. Cette génération de Chefs d’Etat est l’ennui du développement de l’espace de  « mésentente ».

La valorisation de la richesse endogène devrait être une préoccupation, un symbole, une exhortation. Il y a de quoi, regretter le Ghana. Philosophiquement, le conseil de l’entente n’a pas une pensée dominante. Il veut naviguer à vue. Ce qui importe, c’est d’abord l’idée. Sans elle, rien n’est possible. Le développement, c’est un comportement, c’est le respect du sacré. Lorsqu’on fragilise les institutions en les sabordant à l’extérieur, on ne fait que le lit de la fragilisation. Regardez, un peu là -haut, la Présidence est une institution. Lorsqu’un ancien Président de la République est livré à la justice dite internationale, aussi bêtement qu’un vulgaire voleur de  « Placali », il n’y a rien de respectable pour ce pays-là. Dans un monde aussi globalisé que le nôtre, ce qui compte, c’est moins le discours long et ennuyeux de la refondation que la capacité à montrer une force de caractère qui permette d’imposer le respect.

La refondation du conseil de l’Entente aurait été une bonne chose si la base a été l’éducation et la mise en commun des programmes de formation. Il faudra bâtir l’avenir. Comment former des magistrats de qualité dans l’espace, des philosophes de haut niveau capables d’insuffler dans le subconscient collectif qu’être marionnette de quelqu’un, fût-il riche, est une honte, une déshumanisation et une injure à la vie sur terre. L’Afrique partout a le même problème. L’homme noir est un ennemi pour lui-même. Lorsqu’apparaît une lumière, on cherche rapidement à l’éteindre par tous les moyens.

Il n’y a rien à espérer de bon et de bien du Conseil de l’Entente. Ils ont déjà tout partagé, plus rien ne devrait étonner. Des chefs sous-tutelle, se réunissent pour s’affranchir !!! Il vaut mieux en rire pour suivre plutôt l’actualité honteuse de la Cpi. La réunion de Cotonou n’a fait que montrer des Chefs d’Etat fatigués, déprimés, abattus, accablés et préoccupés par la fragilité de leurs régimes.

Herbert Houngnibo

Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire

« Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire » par aymard

Un combat pour la liberté

Laurent Koudou Gbagbo est né le 31 mai 1945 à Mama, près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’ivoire.

Le 16 juillet 1964, il assiste à l’arrestation de son père, Koudou Paul au motif que ce dernier voulait attaquer le convoi présidentiel avec des flèches empoisonnées. Cette humiliation des premières années d’adolescence a trempé son caractère, a forgé son destin au feu des épreuves et a été pour Laurent Gbagbo une douleur fondatrice.

Pour la lutte, il a interrompu sa carrière universitaire au grade de maître-assistant. Il a soutenu sa thèse de doctorat de 3ème cycle sur « La vie politique en Côte d’Ivoire de 1940 à 1960 », en 1979, à Paris VII. Il avait programmé sa thèse d’Etat pour être soutenue fin 1983 ou début 1984, au plus tard. Mais il est allé en exil. C’est le militantisme syndical qui a conduit Laurent Gbagbo à la politique. Il voulait accéder au pouvoir parce qu’il pensait qu’il avait les atouts pour donner à la Côte d’Ivoire un visage nouveau, celui de la démocratie.

Alors qu’en 1971, Laurent Gbagbo venait d’être arrêté et incarcéré au camp militaire d’Akouedo, sa première épouse Jacqueline Chamois a été expulsée, avec son fils aîné Michel Gbagbo âgé d’un an et six mois. Les motifs de l’expulsion ? Ecoutons le ministre M’Bahia Blé, ministre de la Défense, arrivé à Akouédo pour annoncer la nouvelle : « Monsieur Gbagbo Laurent, votre épouse est une communiste de Lyon. Nous venons de la renvoyer ». Comme si communiste de Lyon était plus dangereux que communiste de Moscou ou de Pékin ! (Laurent Gbagbo, Duparc, p. 15).

Contraint à l’exil le 25 mars 1982, Laurent Gbagbo part en France, laissant seule sa compagne Simone Ehivet qui, en juin 1981, venait d’accoucher de jumelles. En l’absence de son mari et de son apport financier, elle a assumé l’éducation de ses filles en jouant à la fois les rôles de père et de mère. Après le congrès constitutif du FPI les 19 et 20 novembre 1988, Simone Ehivet va coiffer à la fois trois casquettes qui feront d’elle « la femme à abattre » du PDCI et de son chef.

1 – Elle est la Secrétaire générale du SYNARES, c’est-à-dire du syndicat, qui aux yeux du pouvoir conduit la contestation en milieu universitaire.

2 – Elle est également la Secrétaire générale du FPI, parti quasi clandestin créé en vue de prendre le pouvoir d’Etat et l’exercer.

3 – Elle est la compagne de Laurent Gbagbo, unique opposant déclaré au régime du parti unique. ». (Intervention du ministre Tagro au baptême de la promotion 2007-2009 des élèves commissaires et officiers de police avec pour marraine Simone Gbagbo).

Il revient en Côte d’Ivoire en 1988. En février 1992, son épouse Simone, son fils aîné Michel Gbagbo et lui-même ont été arrêtés et mis en prison au cours d’une marche de protestation organisée pour réclamer justice pour les étudiants sauvagement réprimés par les forces de l’ordre, à la Cité universitaire de Yopougon, en 1991. Sa femme fût battue à sang. Elle a été battue jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Dans une conférence de presse, le mardi 18 février 1992, le Premier Ministre d’alors, Alassane Dramane Ouattara prétendait avoir vu Laurent Gbagbo briser les vitres avec un gourdin à la main et incendier des voitures.

En Octobre 2000, il sortit vainqueur des élections organisées par le général Robert Gueï, autoproclamé chef d’Etat suite au coup d’état du 24 décembre 1999. Le peuple, mobilisé, était dans la rue pour s’opposer à la confiscation du pouvoir et au « hold up électoral » que tentait de faire le général Gueï.

Devoir de Mémoire…l’origine des troubles

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, alors qu’il était en visite officielle en Italie où il devrait être reçu le 20 septembre 2002 par le Pape Jean-Paul II pour réclamer l’argent du pays placé à la banque du Vatican par Houphouët, un coup d’état est annoncé se produire contre lui. Il prend aussitôt l’avion et rentre à Abidjan où une horde d’assaillants venus du Burkina Faso, du Liberia et d’autres pays de la sous-région était entrée en Côte d’Ivoire dans l’ultime but de faire tomber son régime qui n’aura totalisé qu’à peine deux (02) années de gestion. Le coup d’état échoua puisque les agresseurs avaient sous estimé la capacité de défense de la garde républicaine qui a défendu la souveraineté du pays.

D’après le Dr Gary K. Busch, il y avait à peu près 650 rebelles qui avaient occupé la seconde grande ville, Bouaké. Ces rebelles étaient les recrues de Guei qui n’avaient pas été retenues dans l’armée. Ils avaient peu d’équipements et peu de munitions, car ils s’attendaient à un conflit qui durerait moins de cinq jours. Le président Gbagbo était à Rome pour rencontrer le Pape, et les rebelles, profitant de l’occasion, étaient sûrs qu’ils pouvaient réussir le coup en l’absence du Président. Mais quand l’attaque a été déclenchée, les troupes loyalistes ont répliqué. Elles avaient même réussi à encercler les rebelles en les piégeant dans toute la ville et avaient tué à peu près 320 d’entre eux. Elles s’apprêtaient à lancer l’assaut final sur les 320 rebelles restants quand elles ont été brusquement freinées dans leur élan par le commandant français qui dirigeait les troupes françaises stationnées en Côte d’Ivoire. Ce dernier a demandé 48 heures de cessez-le-feu afin d’évacuer les ressortissants français et les quelques fonctionnaires des Etats-Unis de la ville.

Les troupes loyalistes ont demandé d’attendre qu’elles reprennent d’abord Bouaké des mains des rebelles, mais les Français ont fermement insisté et obtenu le délai de 48 heures. Durant tout ce temps, des soldats français descendaient sur Bouaké à l’aide de parachutes pour prêter main forte aux rebelles. Il était alors devenu impossible pour les loyalistes d’éviter l’affrontement avec les troupes françaises s’ils devaient lancer l’assaut sur les rebelles.

Profitant de ces 48 heures, l’armée française avait commandé trois avions Antonov-12 affrétés qui se trouvaient à Franceville au Gabon. Ceux-ci contenaient tout le nécessaire militaire fourni par la France à partir de l’Afrique Centrale. Des chargements supplémentaires ont été acquis à Durban. Les avions affrétés survolaient la région du Nimba, au Liberia (vers la frontière ivoirienne) et aussi les zones assiégées par les rebelles en Côte d’Ivoire (Bouaké et Korhogo) où ils donnaient un coup de main aux rebelles. Des camions de transport de marchandises déversaient des combattants civils rebelles en provenance du Burkina Faso à destination de Korhogo. Une fois à destination, ces combattants recevaient les équipements que les français avaient fait venir d’Afrique centrale et d’Ukraine.

A partir de ce moment, il y eut 2500 soldats armés du côté des rebelles essentiellement des mercenaires venus du Liberia et de la Sierra Léone, qui étaient aussi embarqués dans les mêmes avions. Ils étaient armés de kalachnikovs et autres armements qui n’avaient jamais fait partie de l’arsenal militaire ivoirien. Par la suite, la France leur a fourni un équipement de communication très sophistiqué. (Dr Gary K. Busch sur ocnus.net le 13 mars 2003).

Après l’échec du coup d’Etat et de sa mutation en rébellion soutenue et organisée par la France, il était devenu impératif pour Paris de faire admettre à tous qu’il n’y avait pas de solutions militaires. Il y eut donc les accords de Linas-Marcoussis où Laurent Gbagbo est invité à négocier avec les agresseurs de la Côte d’Ivoire. Il lui est même demandé de céder une partie de ses pouvoirs à un nouveau Premier ministre dans le cadre de la formation d’un gouvernement d’union nationale ; ce qu’il fît pour promouvoir la paix. Article 3.c de Marcoussis : « Le gouvernement de réconciliation nationale sera dirigé par un Premier ministre de consensus qui restera en place jusqu’à la prochaine élection présidentielle à laquelle il ne pourra se présenter ».

Le 4 février 2003, les Français réussissent (comme ils l’ont fait dernièrement avec la Libye) à obtenir une résolution, par le biais du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les autorisant à conduire les opérations pour le maintien de la paix en Côte d’Ivoire, aux côtés des troupes qui devaient être envoyées par la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Et voilà les troupes françaises à Abidjan pour parachever l’œuvre déstabilisatrice entamée en Septembre 2002.

2004, jour de la « crise des chars » à l’Hôtel Ivoire. 35 chars de l’armée française s’étaient garés devant la résidence du Président Gbagbo. Que voulaient-ils faire ? Nul n’a la réponse. En tout cas, le bouclier humain formé par les jeunes patriotes autour de la résidence était bien expressif du sentiment qui animaient ces jeunes ivoiriens venus défendre leur leader qui pour eux étaient en danger. Pour neuf (09) soldats français qui auraient été tués à Bouaké par l’armée ivoirienne, l’armée française détruit systématiquement tous les aéronefs de l’aviation ivoirienne, boucle l’aéroport international et met les points stratégiques du pays sous contrôle au point où le cortège du Président sud-africain (alors à Abidjan) ait été soumis à certains endroits à des fouilles des militaires français. Aberrant !!!

A l’hôtel ivoire d’Abidjan, des soldats français ont fait un carnage en tirant avec des balles réelles sur une foule de jeunes aux mains nues. Bilan 50 morts et 200 blessés. Pathétique !!!

Et depuis, de négociations en négociations, d’accords en compromissions – Marcoussis 1 et 2, rencontre des Chefs d’Etat » de Kléber, Lomé, Accra, Pretoria, accords de Ouagadougou – la Côte d’Ivoire n’a pu avancer vers la stabilité. Il y eut donc les élections de Novembre 2010 qui devraient apporter la paix dans le cœur des ivoiriens, dans le pays et dans la sous région. Ces élections qui devraient apporter aux ivoiriens, un pays, une administration, une justice, une armée et une police unifiée a débouché sur 2 résultats, 2 présidents, 2 gouvernements autoproclamés ; l’un reconnu par la constitution et l’autre (le candidat de l’étranger) reconnu par la communauté internationale qui se résume à la France et aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à leurs laquais sous régionaux.

Pour régler ce problème, le premier proposa le recomptage des voix et le second, tout ergot dressé demanda au premier de quitter le pouvoir au risque de « tomber comme un fruit pourri » (Alassane dans une conférence de presse en Janvier 2011). La solution la plus adéquate était pourtant le recomptage des voix ou alors on procède à la reprise des élections ; les fraudes ayant été légion dans les zones CNO où d’ailleurs les rebelles ont refusé de désarmer avant les élections alors que les accords de Ouagadougou stipulaient clairement le désarmement puis les élections. L’objectif  inavoué de ce refus de désarmement d’avant les élections était alors le renversement du Président Laurent Gbagbo pour  imposer Ouattara quelque ce soit le verdict des urnes.

Nous sommes en février 2011, un fameux commando dit « invisible » s’installa à Abobo où il se mit à harceler les forces de défense ivoirienne. Ce commando « invisible » a infligé de lourdes pertes aux forces de défense ivoiriennes ; des jeunes soldats de l’armée ivoirienne étaient kidnappés et égorgés en pleine journée à Abobo au nom de l’arrivée de Ouattara au pouvoir. Le chef de ce commando, c’est Ibrahim Coulibaly dit IB ; ancien garde du corps des enfants de Ouattara. Il fut mis hors d’état de nuire le 27 avril 2011 par les nouvelles forces de celui pour qui il a pris les armes en 1999, en 2002 et qu’il est revenu aider en 2011, celui qu’il appelait « papa »,  Alassane Ouattara.

Avril 2011 : après des semaines d’intenses bombardements de la résidence présidentielle par la force française Licorne, le Président Laurent Gbagbo fût arrêté et remis aux rebelles venus sur les lieux constater la chose. Sans l’Onuci, ces derniers n’auraient d’ailleurs jamais pu venir à Abidjan car la plupart d’entre eux ont été héliportés de Bouaké à Abidjan, Yamoussokro et consorts ; on ne fait pas 100 km en quelques heures alors que les forces de défense ivoirienne tenaient encore bon leurs positions dans le centre du pays.

Mai 2011 : Investiture de Ouattara lors d’une cérémonie théâtrale. Investi sur 3.000 morts comme sous préfet puisque depuis lors, il ne reçoit des ordres que de l’Elysée qui pour lui faciliter la tâche compte tenu de sa silhouette nonchalante qui supporte difficilement ses 20 années d’atrocités et de crimes, a décidé de lui coopter des conseillers français ; au moins ça fera quelques chômeurs de moins en France.

Novembre 2011 : Transfert de Laurent Gbagbo à la CPI

Comme il fallait s’y attendre, dans la nuit du 29 au 30 novembre, Laurent Gbagbo est envoyé à la CPI parcequ’accusé de crimes contre l’humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011 alors qu’il est celui là même qui a demandé aux forces de défense ivoiriennes qui ripostaient aux attaques de la force française Licorne sur sa résidence et aux rebelles dans Abidjan, de ne plus livrer bataille pour ne pas se faire tuer inutilement par les rebelles et les soldats français de la Licorne qui tiraient sans vergogne sur les jeunes soldats de l’armée ivoirienne. Pour certains pyromanes qui chantent sur tous les toits « réconciliation, réconciliation », c’est une affaire de gros muscles. Elle vient carrément d’être mise sur béquilles. L’histoire est têtue et ces rancœurs ne se tairont guère.

Qui de Ouattara ou de Gbagbo devrait aller à la CPI ?

La crise post-électorale a fait 3.000 morts. Qui en porte la responsabilité ? Pourquoi a-t-il eu crise post-électorale ? Et pourquoi avoir limité la saisine de la Cour pénale internationale aux seuls crimes post électoraux ? Même limitée aux seuls crimes post électoraux, Ouattara, Soro et compagnie ne peuvent être épargnés.

Nous ne serions peut-être pas ici à conjecturer si Ouattara avait laissé Gbagbo finir tranquillement son mandat entamé le 26 Octobre 2000 au lieu de lui pourrir et de pourrir la vie aux ivoiriens par ces coups d’état répétés. Alors que les rebelles de Ouattara dans leur progression sur la capitale ont commis des exactions des plus atroces, leur mentor les a promus. Qui général, qui commandant, qui garde du corps, etc…

La plus spectaculaire de ces exactions et crimes contre l’humanité est l’exemple de Duékoué (1.200 morts). Heureusement que Gbagbo n’était pas à Duékoué sinon on le lui aurait imputé.

Il y a aussi l’exemple du Ministre Tagro, lâchement défiguré puis assassiné par les hommes de Ouattara le 11 avril 2011. Ocampo a décidé de voir ce qui arrangeait ses maîtres et lui. La guerre civile dans un pays ne dépend pas du pouvoir, elle dépend de l’opposition. C’est l’opposition qui est républicaine ou pas. Alassane dans l’opposition, c’est la guerre.

Alpha Blondy, avant qu’il ne change sa veste en 2011 le disait d’ailleurs abondamment.

Alpha Blondy à Notre voie en 2009 : « Je signe et je persiste qu’Alassane Ouattara est à l’origine du coup d’Etat de 1999 qui a entraîné la guerre. Il est à l’origine de tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui. Depuis qu’il est venu dans ce pays, nous avons rompu avec la tranquillité et la sérénité… M. Ouattara est largement le commanditaire de la rébellion, you know… Ce que Koné Zakaria (un des chefs rebelles, ndlr) dit est clair – je comprends bien le malinké. Il a dit : «Nous avons pris les armes, pas pour IB, mais pour Alassane Ouattara». Et que c’est lui qui leur envoyait 25 millions de FCFA par mois… Dans la crise ivoirienne, M. Gbagbo, Bédié, Guéi, Soro et Wattao ne sont que des asticots. Et la mort, c’est M. Alassane Ouattara. ».

Avec Laurent Gbagbo dans l’opposition, la Côte d’Ivoire a connu 30 ans d’opposition, 30 ans de paix, 30 ans de vie politique sans prendre les armes. Il demeure que le Président Laurent Gbagbo connaît un cycle de souffrances tous les 10 ans : 1972 (internement dans les camps militaires d’Akouédo, de Séguéla, de Daloa et de l’Ecole des Forces Armées de Bouaké), 1982 (le complot des enseignants bété), 1992 (arrestation suivie de l’emprisonnement), 2002 (guerre suivie d’une crise multiple et multiforme), 2012 ??? La CPI le condamnera peut-être pour avoir défendu vaille que vaille son régime contre une agression néocoloniale. Les criminels, c’est ceux qui se défendent et les agresseurs, eux sont célébrés.

Pour ceux qui ne l’avaient pas reçu, je mets en ligne le document « Massacre de Côte d’Ivoire » afin qu’ils puissent mesurer l’ampleur de l’œuvre de destruction entreprise à Duékoué. Si la CPI était sérieuse, elle se serait occupée du cas Ouattara en premier lieu.

Télécharger MASSACRE EN CÔTE D’IVOIRE

Michel Gbagbo : « je n’ai pas connu mon père comme je l’aurais souhaité »

Je vous propose l’une des rares interviews de Michel Gbagbo – puisqu’il ne parle presque jamais – arrêté le 11 Avril 2011 aux côtés de son père dans la résidence présidentielle et torturé par les hommes de Ouattara.

Fils du président Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo a accordé en Juin 2010 une interview à Gbich !, le journal d’humour et de BD ivoirien.

Gbich : Comment dois-je te présenter ? Michel Gbagbo, le fils du PR… ou Michel Gbagbo tout court ?

Michel Gbagbo : Bonjour à toi et aux lecteurs de Gbich !… je suis Michel Gbagbo et je suis le fils du PR… Donc, tu fais comme tu veux, car il s’agit de la même personne.

Gbich : N’empêche que ce nom t’ouvre des portes ?

Michel Gbagbo : ça peut aussi me les fermer hein… C’est donc à double tranchant. C’est vrai que quand Michel Gbagbo appelle pour demander un RDV, que ce soit dans l’administration civile ou militaire, ou même dans l’entourage du PR, les gens ont tendance à lui donner le RDC vite.

Gbich : Que fais-tu exactement dans la vie ?

Michel Gbagbo : Je suis Directeur de la Communication et de la formation au Comité National de Pilotage du Redéploiement de l’Administration (CNPRA). C’est une structure interministérielle chapeautée par le Premier Ministre Soro qui est lui-même assisté par le ministre de l’intérieur et celui de la fonction publique. J’enseigne également à l’UFR de criminologie à l’Université de Cocody où je suis assistant en psychologie.

Gbich : Tu es un refondateur alors ?

Michel Gbagbo : Ce mot a tellement été galvaudé aujourd’hui que je prends mes distances avec ça.

La refondation c’est l’essence du programme de gouvernement proposé par le FPI. Mais, la guerre n’a pas permis sa mise en œuvre totale. Alors, vu les difficultés du pays, nos adversaires ont galvaudé ce terme « Refondateur » pour donner l’image du monsieur qui détourne l’argent, qui a de nombreuses 4×4 et beaucoup de maîtresses etc. ce qui n’est pas du tout l’image du FPI.

Gbich : C’est quoi ton parcours ?

Michel Gbagbo : J’ai eu le Bac au Lycée Technique d’Abidjan en 1990 et mon nom ayant mystérieusement disparu de tous les fichiers, je n’ai pas été orienté. Or, à l’époque une loi interdisait aux bacheliers non orientés de s’inscrire à l’Université. Et mes parents n’ayant pas les moyens, je me suis quand même débrouillé pour m’inscrire avec mon passeport français. J’ai dû payer 100.000F et en 2e année il y a eu les évènements de 92 qui m’ont conduit en prison. A ma sortie, la vie a continué et quand j’ai eu le DEA, je n’ai pu m’inscrire parce que la hiérarchie de l’Université a refusé.

Quand j’ai senti toutes ces barrières, je suis allé travailler en France. Revenu au pays, j’ai intégré le cabinet d’un parent et j’ai enseigné la géographie économique au CBCG de Cocody. Par la suite, avec des amis, j’ai ouvert un cabinet de formation et de conseil en communication. Aujourd’hui j’ai arrêté mes activités privées pour me réinscrire à l’Université où j’ai soutenu ma thèse. Et là, comme il n’y avait plus d’obstacles, j’ai pu intégrer l’Université.

Gbich : Quel genre de père était le P.R, dans ton enfance ?

Michel Gbagbo : Mon enfance s’est essentiellement passée loin de mes parents car, ils étaient séparés et lui n’avait pas le temps. Donc, j’avoue que je ne l’ai pas connu comme je l’aurais souhaité. Mais c’est un père très attentionné, qui en même temps nous a donné une certaine éducation. Un jour par exemple, on mangeait à table et ma cuillère est tombée sur la nappe. Mon père s’est levé et a ramassé les miettes sur la nappe pour les manger en me disant : « Mon petit, avec tout ce qui est tombé sur la nappe, on peut remplir une assiette… car il y a des gens qui n’ont rien à manger ». A la maison, les plats que nous n’aimions pas, il exigeait qu’ion nous les fasse jusqu’à ce qu’on finisse par les aimer. Car, dit-il un garçon doit tout manger et ne jamais avoir de totem.

Gbich : ES-tu un fils à papa ?

Michel Gbagbo : Même si je suis le fils d’un papa Chef de l’Etat, je ne me considère pas un fils à papa. Bien vrai que j’ai des avantages matériels : voiture, carburant, maison etc.

Mais j’ai acquis des choses moi-même par mon expérience professionnelle et par mon travail. Je le dis souvent à mes amis, quelle que soit la personne qui sera président, on ne peut pas m’arracher ce que je sais faire : Mon goût pour la littérature, mes diplômes, mon métier, mes connaissances etc. ce sont là des choses qui n’ont rien à voir avec la fonction du père. C’est vrai dans la vie, parfois on évolue par quelqu’un, alors je ne vais pas me plaindre d’avoir un papa président.

Gbich : Quand je dis Joseph Désiré Kabila, Faure Eyadéma, Ali Bongo…etc. à quoi penses-tu ?

Michel Gbagbo : Ce ne sont pas forcément des chemins tracés, parfois c’est le destin. Donc ils essaient de gérer la situation. Et puis, chaque pays a ses réalités. Moi me concernant, je ne serais surtout pas comme eux. Car mon principe est le suivant : « un seul par famille et par siècle c’est suffisant ». la pays regorge de beaucoup d’ivoiriens capables de diriger ce pays là plus tard. Nous les enfants de la famille du PR actuel, je pense que nous sommes un peu comme ceux des familles Houphouët et Bédié. C’est-à-dire qu’on ne court pas pour devenir Président de la République.

Gbich : Les ivoiriens connaissent très peu Mme ta mère, qui est aussi une 1ère dame ?

Michel Gbagbo : Tu parles de ma mère biologique ? C’était en effet, la première épouse légitime de l’actuel président. Mais, tu sais, je n’aime pas trop aborder ce sujet, car chaque personne a peut-être besoin qu’on ne parle pas de sa vie privée et l’expose dans les journaux. Et puis, es-ce important pour les ivoiriens de savoir qu’elle était la première femme de Gbagbo, il y a 40 ans ? Je pense que non, car ils ont d’autres soucis.

Gbich : Ta mère est étrangère, alors tu es un « ou »

Michel Gbagbo : C’est tout à fait juste. Je suis en effet, ce qu’on appelle un « ou » 100% et je l’assume. Je suis ivoirien et français. je ne suis pas Franco-Ivoirien ni Ivoiro-Français, je suis Ivoirien et Français. Mais comme de toute façon à titre privé, je n’envisage aucunement devenir Président de la République, le problème ne se pose pas à mon niveau.

Gbich : Quels sont tes rapports avec la 1ère Dame, Simone Gbagbo ?

Michel Gbagbo : Ce sont les rapports d’une mère et d’un fils, sauf qu’ici il s’agit de la Première Dame qui elle aussi est comme son mari. Car elle respire politique, elle vit politique, elle mange politique, elle dort politique etc. C’est une famille de politiques. Mais comme je l’ai dit, ça ne nous empêche pas de vivre une vie de famille. Même si on sait que c’est très souvent la politique qui prime dans nos causeries.

Gbich : Comment vit-on sa vie de fils de Président ?

Michel Gbagbo : On vit en tenant compte de beaucoup de choses. Il y a le protocole qui est nécessaire pour mettre de l’ordre comme dans toute organisation. Même chez vous à Gbich ! Vous n’arrivez pas au travail en maillot de bain ? Alors que c’est possible si je te trouve chez toi à la maison. Il s’agit là de repères moraux. Car l’objectif c’est d’abord de ne pas ternir l’image du PR, en suite de ne pas interférer dans les affaires de la République et enfin et surtout de ne jamais profiter de sa situation pour s’enrichir. Parceque être le fils du Président, ce n’est pas une fonction ; c’est un accident de l’histoire, un hasard biologique. Voilà donc, les trois (03) repères moraux qui viennent de notre éducation et qu’on s’impose de respecter. Maintenant, en dehors de ça, rien ne m’empêche d’aller à la plage avec mon épouse, au restaurant etc. Je mène vraiment une vie normale.

Gbich : On ne te voit pas en boite, avec grosses cylindrées, nanas etc. comme les enfants de Président ?

Michel Gbagbo : Ce n’est pas mon genre… mais n’oublie pas que je suis fonctionnaire et tu as vu mon véhicule de fonction (une 307). Maintenant si le fils du PR est aussi PDG d’une multinationale, pourquoi ne peut-il pas rouler dans une grosse cylindrée digne de son rang ? Cela ne veut pas dire qu’il fait le malin… mais il travaille, et ça, à chaque fois qu’il va s’amuser, les gens vont se plaindre. Mais n’a-t-il pas droit à s’amuser aussi ? Bon comme moi, je vis une vie normale de fonctionnaire, avec maa voiture de service, y a pas de soucis et je ne jugerai pas les autres. Chacun a son éducation et à l’image qu’il veut donner.

Gbich : Tu es un homme d’affaires ? C’est ton père qui t’a financé ?

Michel Gbagbo : Tu me vois ici, es-ce que je suis un homme d’affaires ? Si je l’étais, j’allais en être fier et je n’allais pas le cacher puisque c’est un travail valorisant. Mais, je ne le suis pas ;  je suis fonctionnaire. Moi ma passion ce n’est pas l’argent, ni les biens matériels… ce qui me passionne, c’est plutôt la solidarité et le travail, car pour moi aimer Dieu c’est travailler.

Gbich : Tu es marié et père de famille… alors, pour ou contre la polygamie ?

Michel Gbagbo : Je suis marié… je vis avec ma femme depuis 17 ans et nous avons 03 enfants. Dans nos traditions, la polygamie a toujours existé et c’est culturel. L aloi actuelle montre ses limites dans son application et ça fait que dans toutes les couches sociales, politiques affaires, agricoles etc. on voit des gens bafouer allègrement la loi et personne n’en dit rien. Mais je pense qu’une chose est grandement et ouvertement pratiquée qu’elle est une bonne chose ? Il faut un vrai débat pour parler de ce sujet.

Gbich : Pourquoi les Ivoiriens devraient voter Gbagbo ?

Michel Gbagbo : C’est le seul qui peut gérer ce pays pendant et après la crise. Il a maintenu l’Etat debout. Tu sais, dans les pays en guerre, la surpuissance des organismes internationaux s’explique par le fait que l’Etat a disparu. Or, ici, l’Etat n’a pas disparu et a même réussi à remplir ses fonctions. Sans rancune, le PR a réussi à dialoguer avec la rébellion. Cela est fondamental, car aujourd’hui le PR a fait que les rebelles et l’opposition sont considérés comme un élément de la solution. Or, on se souvient que dans ses premiers discours au début de la crise, ceux-là étaient vus comme des éléments à écarter et à éliminer pour avancer. Il a su développer chez nous une certaine conscience nationale sans laquelle aucun développement n’est possible. Quelqu’un qui a fait tout ça dans un pays en guerre, on imagine ce qu’il va faire dans un pays en paix.

Gbich : Parles-tu le Bété ?

Michel Gbagbo : Malheureusement non… juste quelques mots ! Quand j’étais petit, ça allait ; puisque je faisais mes 03 mois de vacances au village. Mais avec l’exil et mon départ en France, j’ai tout perdu. Il me reste juste quelques mots, mais je ne peux plus parler. J’avouer que je suis déraciné.

Interview réalisé par Bléhiri Serge-Alex

Paru dans GBICH ! N° 556 du 18 au 24 juin 2010

Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Les malheurs continuent sous Ouattara : Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien Notre voie dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara

C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA. Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy.

«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.

Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone.

Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.

Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes.

Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !

Abdoulaye Villard Sanogo