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La liberté d'expression dans sa quintessence

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BENIN : Discours du Chef de l’Etat – l’affaire Icc services et l’avenir de la Lépi aux oubliettes

Dans le discours à la nation du Chef de l’Etat, prononcé le 31 Juillet dernier dans le cadre de la commémoration de l’accession du pays à la souveraineté internationale, il a omis certains dossiers d’intérêt national. Le sort des détenus et victimes du scandale Icc Services et Consorts et l’avenir de la Liste électorale permanente informatisé(Lepi) sont passés sous silence. Et…

Pendant que certains observateurs qualifient l’adresse à la nation du président de la république à l’occasion du 1er Aout de discours complet annonçant les grands enjeux de l’heure du pays, l’on doit accepter qu’elle n’aborde pas des questions non moins importantes de l’actualité nationale suscitant toujours des interrogations chez les citoyens. Icc Services et Consorts et leurs victimes aussi bien spoliés que détenus, la Lepi , avec ses imperfections et les nombreux laissés pour compte ont été occultés. S’il faut reconnaitre que du côté des spoliés de Icc Services et Consorts la commission mise sur pied à cet effet œuvre pour le début du remboursement de l’argent aux victimes des micro-structures appelées Consorts et la vente aux enchères des biens saisis devant permettre la satisfaction de celles de la structure mère qu’est Icc Services, du côté des détenus c’est toujours le mutisme des autorités sur leur sort. Et les populations s’attendaient à ce que Boni Yayi s’y prononce, notamment celui de l’ex-procureur de la République. Rien n’est dit depuis lors sur les tractations judiciaires devant décider de leur devenir. L’autre question d’intérêt national dont le Chef de l’Etat n’a pas fait mention et qui mérite commentaire est celle de la Liste électorale permanente informatisée(Lepi). Si l’établissement de la Lepi est un pas significatif du Benin dans l’apprentissage de la démocratie, tous les acteurs politiques du pays aussi bien de la mouvance que de l’opposition ont reconnu que le processus de l’établissement de ladite liste a connu des anicroches la tachant d’irrégularités. Selon les chiffres avancés par les différentes parties, plus d’un million de béninois en âge de voter n’avaient pu se faire enregistrer. Et après que les différentes institutions impliquées dans l’établissement de ladite liste aient remis leurs rapports au Chef de l’Etat, nombre d’observateurs s’attendaient à ce que Boni Yayi en fasse cas de la suite que connaitra la liste dans ce discours de la première commémoration de l’indépendance de son second quinquennat annonçant les grands chantiers de ce dernier. Plus rien n’a été dit sur les actions à mener pour la parfaire, la commission internationale d’audit proposée au moment où la divergence sur la crédibilité de la liste battait son plein est déjà oubliée. L’on se demande si le pouvoir va attendre la veille d’une autre échéance électorale pour s’activer à faire de la mauvaise manière une chose qui aurait pu être mieux faite plutôt. Aussi bien sur l’affaire Icc Services et Consorts que sur la suite de la Lepi, des interrogations subsistent et le peuple attend avec impatience les réponses du « Changeur » devenu, après l’échec du changement, « Refondateur ».

http://www.lanouvelletribune.info/i…

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OPINION : La démocratie, oui mais…

Père André Kpadonou

La démocratie,  quand tu nous tiens ! La démocratie, je t’aime moi non plus ! Démocratie, démocratie,  que de crimes on commet en ton nom ! Ces trois affirmations exclamatives avec un arrière-fond interrogatif  sont des paraphrases qui renvoient respectivement à Franck Dubosc humoriste et acteur français, à Serge Gainsbourg et Jane Birkin des artistes français et anglaise aux talents variés, et à Paul Valéry, écrivain, poète et philosophe français. Ce dernier a écrit précisément : « Liberté, liberté, que de crimes on commet en ton nom !» Il  est  très connu, cette définition de la démocratie que l’Antiquité  a léguée à l’humanité : «  La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.» Nous y reviendrons.

Liberté et démocratie sont intimement liées.  Car la liberté est le présupposé de base de la démocratie ; et la démocratie se veut le lieu d’expression de la liberté, le terrain où se déploient  les libertés. Voilà qui est bien dit sans doute. Mais tout n’est pas dit, il reste beaucoup à dire, à comprendre. En effet : qu’est-ce que la liberté ? Qu’est-ce que la démocratie ?  Sans prétendre à une réflexion de philosophie politique, nous allons cependant essayer de réfléchir avec une certaine rigueur  sur la démocratie en théorie et  sur certaines pratiques démocratiques ou considérées comme telles. Il est entendu du reste que le philosophe, à lui seul, ne réussira pas à épuiser la problématique de la démocratie. Il aura besoin d’autres compétences : historiens, sociologues, économistes, juristes etc.

Diversité terminologique et richesse sémantique

Les acquis actuels de la philosophie politique font état d’une diversité de termes qualificatifs de la démocratie. Ainsi Georges Burdeau  distingue: « la démocratie politique « , « la démocratie sociale », « la démocratie marxiste » , « la démocratie pluraliste » (cf. Georges Burdeau. La démocratie. Paris, Seuil, 1966). Il est aussi question de «démocratie chrétienne », « démocratie libérale »,  « démocratie occidentale », « démocratie moderne ». (cf  Hecquard Maxence. Les fondements philosophiques de la démocratie moderne. Paris. François-Xavier de Guibert, 2007)

Cette dernière retiendra surtout notre attention, l’adjectif moderne englobant  notre contemporanéité  étant entendu qu’on parle même de plus en plus d’époque post- moderne sous d’autres cieux du moins. Mais restons  avec modestie dans le cadre de notre réflexion qui ne manquera pas donc de coller à des données concrètes de pratiques démocratiques dans bien des pays d’Afrique en particulier.

Néanmoins gardons aussi bien présente à l’esprit la richesse voire la complexité sémantique du vocable démocratie. En effet Georges Burdeau affirme : «  La démocratie est aujourd’hui une philosophie, une manière de vivre, une religion et, presque accessoirement, une forme de gouvernement. Une signification aussi riche lui vient tant  de ce qu’elle est effectivement que de l’idée que s’en font les hommes lorsqu’ils placent en elle leur espérance d’une vie meilleure. Dissocier ce qui, en elle, est réalité de ce qui est croyance conduirait à rendre incompréhensibles non seulement le dynamisme qui l’anime mais même ses institutions positives, car celles-ci n’ont de sens qu’en fonction de la mystique qu’elles incarnent. » (op. cit. page 9)

La démocratie, pas un système de gouvernement absolu

La démocratie est le rêve, l’aspiration de toutes les nations. Les révoltes populaires de ces derniers mois dans plusieurs pays en sont la preuve indéniable. Oui la démocratie semble bien être  le meilleur système de gouvernement politique, le plus désirable, le plus revendiqué. Mais reconnaissons qu’il n’est pas le meilleur système de gouvernement en soi qui s’imposerait partout. Ainsi nous ne parlons pas de démocratie dans la vie familiale, dans les entreprises, dans les banques, dans les assurances et bien d’autres institutions  où ne règnent pas pour autant la dictature, le mépris de la liberté et de la personne humaine . Si l’Eglise catholique par exemple n’a pas un fonctionnement démocratique parce qu’elle n’est pas un système politique, elle n’est pas non plus une dictature ni une monarchie. On y exerce aussi de larges consultations, des votes avant de prendre certaines décisions. Nous savons que le Pape est élu par les Cardinaux par scrutins secrets bien définis. Il arrive aussi aux évêques de recourir au vote au sein de leurs conférences nationales ou régionales. Il y a eu des votes au Concile œcuménique Vatican II. Nous ne pensons pas que les autres confessions religieuses, chrétiennes ou non,  se réclament de gouvernance démocratique.

Quel peuple pour quel pouvoir ? Quelle souveraineté du peuple ?

Revenons sur le terrain politique avec notre définition la plus célèbre : « La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » A y regarder de près, c’est une affirmation très riche, tout au service du bien du peuple serviteur de lui-même pour ainsi dire. Mais deux questions nous viennent à l’esprit ici : « Quel peuple pour quel pouvoir ? Quelle souveraineté du peuple ?

D’abord la notion de peuple a évolué à travers l’histoire de l’humanité. En effet   Maxence Hecquard précise : «  Si la démocratie moderne se veut, comme l’ancienne, le gouvernement du peuple, rien n’est commun entre les peuples des citoyens de la cité antique et la masse populaire d’aujourd’hui ». Car explique le philosophe : « Peuple » n’a d’ailleurs jamais signifié « population » dans aucune cité antique. Ainsi à Rome le peuple se distingue tout d’abord du sénat comme l’indique l’expression bien connue Senatus Populusque Romanus, «  le Sénat et le Peuple Romain ». Le sénat n’est qu’un conseil chargé de mettre en œuvre les décisions et de faire respecter la loi déterminée par le peuple en Comices. Mais ce populus s’oppose de plus à la plèbe, cette classe inférieure qui existait dans toutes les cités et lui était clairement distincte » (Hecquard Maxence. op. cit. p. 16)

Abordons maintenant le profil du peuple des démocraties en Afrique noire, et précisément au Bénin. Ce profil est varié et variable. Le peuple de la démocratie est bien sûr composé de plusieurs couches sociales : les enfants, les analphabètes, les « intellectuels », les « demi-lettrés », les hommes et femmes politiques, les hommes et femmes d’affaires, les responsables religieux, les jeunes, les vieillards etc. Ce peuple est,  en grande partie marqué par le régionalisme (pensons à ce qu’on appelle le vote du sang en faveur du fils du terroir quel qu’il soit), l’âpreté au gain facile. Ce peuple  qui a faim, est souvent corruptible et manipulable à merci.  Selon les saisons politiques et les intérêts en jeu, les valeurs morales et religieuses ne comptent plus pour bien des citoyens. Ce peuple est à la fois capable et victime  de violences meurtrières. Somme toute le profil du peuple des démocraties en Afrique noire n’est donc pas honorable en général. Et ce n’est point de la caricature ni de l’afro-pessimisme.

Quel pouvoir du peuple alors pour une démocratie effective et efficiente ?  La souveraineté du peuple se manifeste  ou devrait se manifester essentiellement par la voie électorale. Quatre temps forts politiques  caractérisent le pouvoir électoral du peuple : le référendum, les élections présidentielles, les élections législatives, les élections municipales  pour le Bénin dit du renouveau démocratique depuis l’historique Conférence des Forces vives de la Nation de 1990. Faisons remarquer que ce pouvoir est exercé par les citoyens en âge de voter, inscrits sur les listes électorales, disposant de cartes électorales,  ayant participé au scrutin.  De toute façon le taux de 100 pour 100  de participation ne peut être jamais atteint  . Au Bénin par exemple, il faut espérer que la LEPI n’est pas une affaire bouclée pour 10 ans. Car il y a encore beaucoup de non inscrits  pour diverses raisons sans que la responsabilité ou la culpabilité soient  nécessairement ou uniquement d’ordre politique. Mais il demeure que les citoyens en âge de voter ne constitue pas la totalité du peuple dont la gouvernance démocratique doit rechercher et favoriser le bien vivre y compris donc les personnes qui n’ont pas encore l’âge de voter  et qui représentent une partie importante de la population.

En dehors de la voie électorale, le peuple exerce son pouvoir de façon indirecte : c’est la délégation des pouvoirs aux instances démocratiques dont les plus importantes sont le Chef de l’Etat et son gouvernement d’une part, l’Assemblée nationale ou les députés d’autre part. Les autres institutions de l’Etat fonctionnent par sous-délégation de pouvoirs pour ainsi dire : la Cour constitutionnelle, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, le Conseil Economique et Social etc.

L’option démocratique oui, mais des questions se posent

Si l’option démocratique semble le meilleur choix pour la vie d’une nation, l’expérience montre que la démocratie politique n’est pas la panacée pour l’émergence d’un pays comme on aime à le dire de nos jours. Car il y a des questions et des conditions endogènes à nos Etats démocratiques en Afrique noire sans négliger les facteurs exogènes pour ou contre le développement sur ce continent.

Nous ne pensons pas que les pays africains ne soient pas mûrs pour la démocratie ni que la démocratie soit un luxe dont le continent noir ne peut se prévaloir. Néanmoins reconnaissons qu’après 50 ans de souveraineté nationale et plusieurs décennies d’expériences politiques qui passent pour démocratiques, nous devons nous poser certaines questions.

D’où vient cette idée que c’est désobligeant pour un chef d’Etat en exercice d’organiser des élections et de les perdre ?  Est-ce que l’on image les implications d’une telle idée ?  S’il peut être utile voire nécessaire de réviser  la Constitution d’un pays, pourquoi les révisons des constitutions tournent en général autour du Chef de l’Etat,  et visent presque toujours la limitation du mandat présidentiel et, dans certains cas, la modification du scrutin de deux tours à un tour, ce qui arrangerait le Président en exercice ? De quelle  légitimité vraiment démocratique peut se prévaloir un Président qui serait élu, par exemple, par 20 pour 100 des électeurs au scrutin à un seul tour ? Quel rapport conçoit-on entre légitimité et légalité ou constitutionnalité ? Pourquoi, dans la plupart des pays africains, les élections se déroulent-elles toujours sous la supervision  de centaines d’observateurs étrangers dont nous connaissons le leitmotiv diplomatique d’appréciation ? Pourquoi donc le verdict des urnes est-il toujours contesté par l’opposition ?  Les violences électorales et post-électorales  qui provoquent souvent des pertes en vies humaines ne constituent-elles pas une honte pour nos Etats dits de droit ?  La transparence et la crédibilité tant prônées à divers niveaux sont-elles vraiment au rendez-vous de tout le processus électoral c’est-à-dire de la confection des listes jusqu’à la proclamation définitive des résultats par l’instance compétente et habilitée ? Voilà donc une série de questions dont les réponses relèvent d’abord de la conscience civique, morale et même religieuse  de chaque citoyen et citoyenne.

Par ailleurs nous en appelons, de façon spéciale, à la conscience, au sens profond de l’honneur et de la responsabilité de toutes les personnes dont dépendent ces tournants de démocratie politique que sont les élections. Nous n’oublions pas les médias,  véritable pouvoir dans un Etat de droit,  faiseurs d’opinion, capables du meilleur et du pire selon l’air du temps, les intérêts, les pressions.  La liberté de presse est un droit essentiel à la démocratie. Mais  quelle liberté de conscience, quel effort d’objectivité, quel sens de l’honneur chez les hommes et les femmes des médias ? L’esprit de critique ne l’emporte-t-il pas souvent sur l’esprit critique dans les publications de la presse ?

L’option démocratique oui mais des présupposés s’imposent

L’expérience de la démocratie en Afrique noire  nous montre, sans aucune ombre, que l’option démocratique n’est pas la panacée du développement, de l’émergence, du bien vivre pluriel des citoyen même s’il arrive de noter quelque taux de croissance économique. Pourquoi   s’en est-il trouvé au Bénin des gens qui auraient rêvé,  en mars dernier,  du retour à la magistrature suprême du « Général Président » qui jouit paisiblement de sa retraite ? Ceux-là seraient-ils déçus de « l’émergence », de « la prospérité partagée »,  de « la  lutte contre la pauvreté », de « la lutte contre la corruption » pour avoir rêvé que l’idéologie du changement allait tout régler comme par enchantement ? Des présupposés s’imposent pour l’efficacité et l’efficience du « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

Il faut d’abord que le peuple dispose à la base de valeurs morales, civiques, religieuses que l’on enseigne, auxquelles l’on éduque et dont on témoigne surtout. Car les enfants et les jeunes observent les parents, les enseignants, leurs ainés dans différents domaines. Certains jeunes professionnels tirent déjà leur partie d’une certaine mentalité de profiteur, de calculateur. Il y a ensuite la question de compétences et de qualifications pour les fonctions et responsabilités auxquels on aspire. Nous comprenons parfaitement qu’il faudrait une culture universitaire certaine pour siéger efficacement à l’Assemblée nationale et qu’il ne suffira pas d’avoir du bien au soleil pour  aspirer au Parlement. Mais voilà que des calculs et des intérêts font que personne n’ose statuer valablement sur les conditions d’appartenance à cette institution capitale dans la vie d’un Etat démocratique. C’est vrai aussi qu’un excellent officier des forces armées ne fera pas nécessairement un bon Chef d’Etat ni un grand économiste, un ministre valable de la santé par exemple. Ces observations peuvent s’étendre à tous les niveaux de responsabilité et d’administration jusque dans les communes.
En substance la démocratie a besoin de l’éthique et des religions pour devenir ce qu’elle est et favoriser le bien commun et le développement humain intégral en Afrique. Car seul un bon profil éthico-moral doublé de compétence des responsables politiques pourrait garantir et promouvoir le bien vivre des citoyens  au sein d’un peuple épris aussi d’idéal moral voire religieux. Car  les religions ont également leur place dans l’Etat démocratique laïque. Elles sont censées  véhiculer des valeurs éthiques et morales importantes.  Pour paraphraser Saint Ignace d’Antioche (N’ayez pas Jésus Christ sur les lèvres et le monde dans le cœur), il ne s’agit pas de proclamer l’Eternel Dieu tout puissant par la bouche et étouffer sa conscience par les vices du mensonge,  de la démagogie, de la manipulation, du détournement du denier public etc. Et sachons que le peuple n’est point dupe, qui  se révolte et manifeste à travers les rues ou bien qui se résigne et se désintéresse de la « chose politique », toutes attitudes dangereuses  pour la démocratie.

Père André KPADONOU

Paris

BENIN : Ils veulent bruler le pays

Comme on pouvait s’y attendre très objectivement, la chère LEPI n’a pas permis d’organiser une élection transparente mais bien au contraire, elle nous a aidés à organiser la pire des élections et avec la pire loi électorale depuis les années 90, c’est une honte.

Je vous propose cet article publié le 20 octobre 2010 dans lequel, j’évoquais le risque d’une élection frauduleuse avec cette LEPI, je tenais pour responsables le PNUD et l’Union Européenne de tout le désordre qui découlerait d’une élection frauduleuse et par lequel j’invitais tout un chacun à garder les yeux bien ouverts sur ces hommes et femmes qui veulent voir le pays sombrer en finançant la réalisation d’une telle liste, une liste qui a fait des vivants des morts.

Plus que jamais, nous devons être vigilants et les garder de vue, le bal a été ouvert par les touristes qui nous ont été envoyés comme observateurs. Leurs yeux n’ont quasiment rien vu si ce n’est le retard observé à certains endroits et à la virgule près ils ont rédigé et lu le même discours bien que provenant d’horizons divers. Leur présence à Cotonou aura été inutile et paradoxalement juteuse et bénéfique pour eux qui, ont eu le privilège de se faire recevoir par un des acteurs clé et principal artisan de la mauvaise organisation de ces élections et des fraudes constatées ça et là, à cela n’en tienne.

A l’avenir, faudra réfléchir par deux fois avant d’accorder l’accréditation à de pareils pyromanes.

Gros plan, sur ces charognards qui ont financé la LEPI de la honte et de la fraude pour aider le docteur-président à se faire réélire, (sa côte de popularité étant en chute libre 2008) ou à défaut amener le désordre au Bénin . Évidemment, la LEPI n’y a pu rien faire.

J’écrivais ceci

M. Hervé BESANCENOT, ambassadeur de la France près le Bénin

Mme Françoise COLLET, Chef de la délégation de la commission de l’union européenne

Mme Nardos BEKELE-THOMAS

Mme Nardos BEKELE-THOMAS, Représentant Résident du PNUD

L’ Union Européenne et le PNUD veulent déstabiliser le Bénin, c’est la conclusion qu’on peut tirer de leurs agitations et agissements et surtout des derniers actes posés par ces institutions dans notre pays.

La liste électorale permanente informatisée (LEPI) est un instrument majeur de transparence qui crédibilise les consultations électorales ; raison pour laquelle, son projet de réalisation a été introduit au parlement par le gouvernement du général Mathieu KEREKOU en Octobre 2004.

Pour un si important outil de transparence et de rationalisation des dépenses électorales, toutes les parties de la société civile et de la classe politique doivent être présentes et s’entendre afin que le résultat final qui est la liste électorale permanente informatisée ne soit remis en question.

Depuis Août 2008 que le gouvernement de Boni YAYI a décidé de doter le pays de cet important outil, il fait cavalier seul ; ne voulant même pas s’arrêter un instant pour écouter les plaidoyers des uns et des autres.

Son langage est clair et radical : il faut continuer coûte que coûte.

Alors que de nombreux goulots d’étranglement se font voir dans cette marche forcée à la LEPI et que les acteurs politiques ne s’accordent pas sur le minimum, les partenaires au développement du Bénin avec à leur tête l’Union Européenne et le PNUD, soutiennent le gouvernement dans sa démarche unilatérale et lui donnent même les moyens pour vite atteindre son objectif. Cette attitude des partenaires au développement qui, ne favorise guère l’installation d’un climat d’apaisement et de paix doit être décriée, décriée et décriée pour qu’à l’heure du bilan, chacun puisse être situé sur ces responsabilités et mis devant ces actes.

Ces partenaires au développement comme à leur habitude attisent les foyers de tension sur le continent depuis les années 1960 pour revenir plus tard se présenter comme les sauveteurs.

Les deux premières phases de la réalisation de cette liste ont toutes été sujettes à problème et pourtant, les critiques n’ont pas fait arrêter la Commission politique de supervision (CPS), organe de réalisation de cette liste.

De graves dysfonctionnements ont été constatés et relayés et pourtant ; les agents qui devraient être recrutés par la MIRENA conformément aux textes ont plutôt été recrutés par la CPS et leur qualité de même que la qualité de leur travail laisse à désirer.

La troisième et dernière phase de ce processus de réalisation s’est déroulée dans l’Ouémé-Plateau dans des conditions qui rappellent celles dans lesquelles les deux premières ont été réalisées.

On retient de façon générale qu’en pleine crue, la CPS avec l’appui de l’Union européenne et du PNUD ont décidé de conclure l’élaboration de la liste dans l’Ouémé-Plateau, une zone sinistrée où les populations sont plus préoccupées par le problème de subsistance que celui d’aller passer des heures et des heures sur les sites d’enregistrement pour inscrire leur nom sur une liste dont elles ne savent pas la finalité.

Les équipes déployées par la CPS ne sont parvenues qu’à enregistrer pour, les équipes les plus tenaces qu’une cinquantaine de personnes par jour.

A cela, s’ajoute l’in opérationnalité des kits, des empruntes de huit (08) doigts sur dix (10) éliminés chez certains, l’incompétence de certains opérateurs kit et tout cela entraîne la lenteur dans le traitement des données.

La crédibilité de cette LEPI est contestable et elle doit être contestée.

Pourquoi le gouvernement s’efforce de réaliser sans consensus cette LEPI ?

Pourquoi l’Union européenne veut contribuer à la mise en place d’une LEPI dans le cafouillage et contre la volonté du peuple béninois ?

Qu’es-ce que cela couterait à BAKO de s’arrêter et d’écouter les plaintes des uns et des autres, les associer puis reprendre ensemble le processus ?

Si le Bénin a pu sortir haut de toutes les échéances depuis 1990 ce n’est pas à cause de la LEPI mais simplement à cause du consensus autour duquel les acteurs politiques se sont toujours rassemblés et sur lequel ils se sont toujours entendus.

Pourquoi Boni YAYI s’évertue t’il à détruire tout ce qui a fait du Bénin un pays de paix ?

Le peuple béninois doit rester éveillé et prêt à questionner l’histoire.

La France avec tous ces pays de l’Union européenne sont à la base de tous les conflits en Afrique.

Cette attitude jusqu’au boutisse et du « chien aboie, la caravane passe » de l’Union européenne entretemps épaulée par le PNUD est très suspecte et très révoltante pour qui connaît le mode de fonctionnement de ces institutions.

Une LEPI forcée pour 2011 sera incontestablement source de problèmes.

Peut-être, sont-ils fatigués de voir que le Bénin soit un pays de paix et de quiétude ?

Ils aimeraient qu’on soit en guerre, qu’il y règne le chaos et qu’ils viennent nous proposer la solution de Marcoussis.

Le peuple béninois ne peut accepter que des gens depuis l’extérieur viennent s’ingérer dans son processus électoral en lui imposant une liste entachée d’irrégularités, de fraude et donc une liste bâclée.

L’appel est lancé à tout le peuple pour qu’il garde un œil vigilant et très vigilant sur ces personnalités et ces institutions parce que quand les troubles commencent, ils sont les premiers à prendre l’avion et après, demandent à leurs ressortissants de quitter le pays, laissant les autochtones s’entretuer et s’entredéchirer.

Tous les hommes épris de paix doivent se lever pour dire :

STOP A CES INSTITUTIONS !

NON A L’INGERENCE DANS NOS AFFAIRES !

LAISSEZ LE PEUPLE BENINOIS SUIVRE SA VOIE

aymard

J’avais écrit cela et cinq (05) mois après on se rend compte que bien que l’opposition ait accepté d’aller aux élections avec cette liste, Boni Yayi s’est amusé à frauder sur tout le territoire. Bien évidemment, les PTF qui ont financé yeux fermés et tête baissée ce processus voudront décliner toute responsabilité en cas de mauvaise tournure du processus électoral pour renvoyer les acteurs dos à dos et c’est là que le peuple devra se lever pour leur rappeler leurs actes et les mettre face à leurs responsabilités.

BENIN : Mémorandum des agents techniques de la Miréna sur la réalisation de la LEPI

L’Association des Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie vient de jeter un gros pavé dans la marre déjà très répugnante de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) très vitupérée à cause des nombreuses irrégularités notées et dénoncées en son sein.

C’est à travers le présent mémorandum que nous publions en intégralité (L’autre fraternité).

Le processus actuel ne nous permettra pas de sauvegarder les acquis de la  démocratie chèrement acquise. C’est pour cette raison que nous jeunes de l’Association Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie (AJPED), membre de la société civile et qui avions participé à toutes les phases de la LEPI à savoir :

–  la cartographie censitaire

– le Recensement porte à porte

-l’enregistrement des données biométriques

-l’établissement des cartes d’électeurs.

Avons décidé enfin d’attirer l’attention de toute la nation,   en particulier de la classe politique , la communauté internationale et toutes les confessions  religieuses,  sur les risques que court  notre jeune démocratie très enviée  avec cette LEPI tronquée, bâclée, truquée et émaillée de fraudes, pour  laquelle nous avons été complices.  Nous redoutons déjà les dégâts que cela pourrait générer dans le futur.

Tout a commencé  au PLM Alédjo.  En effet, c’est lors du recrutement et de la formation des agents cartographes devant servir pour la cause de l’élaboration d’une bonne cartographie censitaire, fiable et juste que les choses ont commencé. Au lieu que ce soit ces agents recrutés suivant les règles de l’art, et ayant bénéficié d’une formation dans le sens de leur mission, ces derniers ce sont vus  remplacés sinon dilués par des parents amis et copines des responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA.   Ce qui  engendra une cartographie mauvaise et douteuse,  jetant les bases d’une fraude massive pour laquelle en son temps, l’honorable Epiphane QUENUM  se prononça.

Si la cartographie censitaire avait respecté les normes préétablies par l’IGN, nous n’en seront pas arrivés à de pareils extrêmes car c’est au cours de cette dernière qu’on assistera à la création de nombreux quartiers fictifs dans la partie septentrionale du pays, quartiers qui sont destinés à servir la cause de l’assise de bases électorales frauduleuse pour des étrangers. Cette cartographie censitaire  servira à un recensement porte à porte aussi inadéquat sinon pire. C’était, en effet le début des malversions et des nombreux laisser pour compte.

Recensement Porte à Porte

Après les multiples erreurs et fraudes constatées, lors de la cartographie censitaire, le désastre, l’amateurisme, la négligence et le faux, viennent une fois encore de s’installer.

Les agents cartographes qui malgré tout avaient acquis une certaine notion du terrain ont été une fois encore pour le plus grand nombre mis de côté. Cela  donna lieu au recrutement de nouveaux agents, de façon arbitraire. Sans la moindre  formation et sans  suivi, ils sont libérés  dans la nature pour la poursuite d’une importante cause sitôt transformée  en une affaire politique et  familiale. Il va s’en dire que l’efficacité dans l’accomplissement de cette nouvelle phase, les nouveaux agents recrutés devraient être originaires des localités où ils allaient recenser.  Car comme on le dit, nul autre  ne peut mieux connaître votre  maison que vous même. La CPS-LEPI et la MIRENA dans leur rôle de fraudeurs  et de confectionneurs  d’une LEPI bâclée ont envoyé dans les quartiers des agents recenseurs  responsables d’un faux recensement. Ainsi, lorsque ces agents qui ne connaissent pas la localité, descendent dans un quartier pour le recensement, ils ont plusieurs sortes de comportements par exemple:

– Quand ils arrivent dans une maison aux heures de travail et que tous les résidents sont des fonctionnaires, ils marquent la maison comme déjà prise en compte au lieu de revenir à des heures plus appropriées pour rencontrer les habitants.

–  Dans d’autres ménages où il n’y a que des locataires, il leur suffit de piocher une domestique ou une femme de ménage qui ignorant tout du processus de la LEPI donne dans le premier cas des informations erronées que ces agents sans formation, prennent en compte sans aucune vérification et dans le second cas, refuse de donner des informations par crainte de poursuites judiciaires et autres. Dans ce cas précis, les agents recenseurs au lieu de clarifier les choses et de rassurer ces femmes, marquent  le ménage concerné comme déjà pris en compte.

Le comble est  que la saison pluvieuse a été  choisie pour le démarrage dans les premières aires opérationnelles. Cela fut  d’ailleurs une  source de discorde entre les hommes politiques de notre pays. Cette saison avec son cortège d’inondations, d’enclavement des populations. Ces  populations  se retrouvant sans toît ou sans ressources, sont contraintes à l’exode rurale, comme ce fut le cas dans l’Ouémé Plateau et dans l’Atlantique-Littoral où les populations n’ont pas pu se faire recenser. Dans le même temps les quartiers créés lors de la cartographie censitaire se sont vus attribuer une population constituée de personnes inexistantes en l’occurrence, des morts et des étrangers. . Il faut préciser qu’à cause de l’inondation dans certaines localités, les agents recenseurs n’avaient pas accès aux ménages. Le travail n’a donc été fait qu’à moitié et  tous les ménages n’ont pas reçu la carte devant leur permettre de se faire enrôler.

Ayant reçu l’ordre de finir le recensement dans le temps c’est-à-dire, deux semaines et après avoir erré perdu quatre à cinq jours dans  les aires opérationnelles, avant que ne démarre effectivement les opérations, les délais légaux n’ont pas pu être respectés.

Au regard de ces quelques disfonctionnements énumérés, il avait été dit qu’une seconde chance serait donné aux personnes laissées pour compte .Ceci est restée une vaine  promesse.

La base étant faussée, la 3ème phase qui concerne l’enregistrement des données  biométriques n’augurait rien de bon.

Enregistrement des Données Biométriques

Il faut reconnaitre que c’est la phase la plus importante du processus de la LEPI  car ceux qui ont été recensés au cours du RPP doivent être enregistrés dans les  données  d’où les deux sections à savoir :

1-les Opérateurs de Saisie (OPS) ;

2-les Opérateurs de Kit biométrique (OPK)

*Les opérateurs de saisie (OPS)

Le recensement des OPS, n’a pas pris en compte le critère capital qu’est la maîtrise de l’outil informatique. Or la phase de l’enregistrement des données biométriques pour laquelle ces OPS étaient recrutés, est la phase la plus sensible et la plus importante dans le processus de réalisation de la LEPI car ces OPS, sont chargés d’entrer les données recueillies lors du RPR dans la base des données appropriées.

Au cours de cette phase, qui s’est déroulée au CIC, il y avait trois vacations qui travaillaient  entre  06H -14H, 14H-22H et 22H-06H. Ces OPS, non qualifiés qui étaient livrés à eux mêmes,  ont entré des données erronées qui étaient :

–  Illisibles

–  Incomplètes

–  Modifiées

Pour ne dire que ça.

De plus, certaines données étaient carrement ignorées quand elles présentaient des difficultés orthographiques et autres.

Tout ceci entrainera plus tard la disparition des noms de personnes recensées, qui ne retrouveront pas leur nom dans l’enrôlement, ou qui se verront attribuer d’autres noms ou encore auront des noms mal écrits.

*Les OPK

En ce qui concerne les opérations d’enrôlement, les Opérateurs de Kits, OPK ont été recrutés de la même manière qu’il en a été pour les phases précédentes ce qui allongera la liste des irrégularités dont voici quelques unes.

– Des agents ignorants qui n’ont aucune notion de l’utilisation des kits.

– Des kits défectueux envoyés consciemment dans les premières aires opérationnelles afin d’y freiner les opérations d’enregistrement.

– Le relèvement des empruntes digitales qui prend environ une trentaine de minutes par doigt à cause de la défectuosité pré abordée. Puisqu’il faut prendre l’empreinte des dix doigts, il fallait donc passer près de cinq heures de temps par personne ce qui justifie le renvoie répétitif des personnes venues se faire enrôler.

Il faut préciser que ce cas n’est pas généralisé car il n’a été plus observable que dans les premières aires opérationnelles c’est à dire l’Ouémé Plateau et l’Atlantique Littoral et quelque rares fois dans certaines localités du septentrion.

– En ce qui concerne cette partie du pays, beaucoup d’irrégularités ont été observées. C’est ici même le goulot d’étranglement car la cartographie censitaire biaisée qui s’est établie au Nord en dépassant les limites territoriales, a été soutenu par le recensement porte à porte des personnes inexistantes, ce qui a amené au cours de l’enregistrement des données biométriques de la dernière aire opérationnelle et précisément à Natitingou, Boukounbé, Ouaké, Mallanville, Niki et à  Banikoara un gonflement des populations normales. Nous avons constaté avec amertume que des personnes viennent avec des fiches d’enregistrement  sans connaître le nom inscrit sur celle-ci, ni la date de naissance, encore moins la provenance de cette fiche.

Par ailleurs des personnes avoisinant la cinquantaine voire la soixantaine  avaient sur eux des fiches de personnes ayant moins de 20 ans voire même moins de 18ans et sont pour la plupart des natifs des pays frontaliers. C’est ce qui a justifié en réalité  le fort taux d’enregistrement dans le Nord et le gonflement de la  population observée et qui d’ailleurs se justifie également par le fait que les kits défectueux utilisés dans les premières aires opérationnelles ont été changés avant l’entame des opérations dans le septentrion.

Nous reconnaissons avoir participé à toutes ces opérations sans pour autant en être coupable car les responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA  nous ont toujours rassuré sur ce que tout ce que nous faisions n’était qu’un début et qu’il n’était pas question que cela serve aux élections de Mars 2011, et qu’en plus les omis seraient pris en compte en son temps…

Impression des Cartes d’Electeurs

Après toutes ces opérations, il devait y avoir l’affichage des listes informatisées provisoires, selon l’article 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI ; ce qui n’a pas été effectuée dans les normes d’où le commencement de nos inquiétudes et interrogations après quoi nous avons reçu la confirmation que cette liste  dont nous avons pris part à l’établissement sera utilisé pour les échéances électorales prochaines. L’affichage devant permettre la réclamation des noms inscrits et la radiation des n’ayant pas droit, devait durer dix jours pour permettre les recours devant la cour constitutionnelle dans les cinq jours qui suivent.

Mais tout a été le grand contraire, selon les articles 5 et 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI les délais n’ont pas du tout été respectés. On en était là quand la CPS LEPI et la MIRENA ont décidé de faire le ratissage. Nous croyions tout au moins que ceux qui ont raté l’une ou toutes des trois premières étapes du processus et dont les noms avaient été enregistrés dans les cahiers auprès des délégués ou dans les arrondissements  seraient pris en compte, mais tout s’est passé autrement. Dans les aires opérationnelles Ouémé Plateau, Atlantique Littoral, Mono Couffo et Zou Collines,  c’est qu’un montage  de tromperies qui a été miroité pour tromper la vigilance des hommes politiques car dans le Nord, dans les villages frontaliers, la CPS LEPI et la MIRENA ont profité  de l’occasion pour enrôler les étrangers qui n’avaient pas pu le faire auparavant. Ce qui accentue le fort taux de participation  connue et tant proclamée.

Pour ce qui concerne la production des cartes d’électeurs et pour y avoir participé jusqu’à ce jour, nous pouvons affirmer qu’à ce stade il y a également d’énormes irrégularités.

Au premier abord, il a été servi au peuple béninois, que c’est l’ONIP qui a pris le marché de la réalisation des cartes d’électeurs .Cela n’est qu’un autre gros mensonge de la CPS LEPI et de la MIRENA. C’est une société ivoirienne du nom de SNEDAI qui a été responsabilisée pour le faire ; celle-ci  vient dicter sa loi au bénin, en ayant pour chef d’équipe l’ONIP.

La production de cette carte pour qu’elle soit fiable,

doit suivre huit étapes à savoir :

–          La réception et le chargement des fichiers issus du CNT

–          L’impression des cartes par localité

–          Le contrôle qualité des impressions

–          Le Massicotâge des cartes imprimées

–          Le contrôle qualité des cartes massicotées

–          La lamination des cartes massicotées

–          Le contrôle de qualité et d’exhaustivité des cartes produites

–          Le conditionnement, empaquetage, colisage et livraison à l’ONIP

Depuis le démarrage des opérations le Jeudi 17 Février 2011 au Palais des Sports, du Stade de l’Amitié, c’est sous une très forte pression qui ne dit pas son nom que les opérations  ont commencé vaille que vaille.

Pour la bonne marche, on nous a été demandé de terminer les opérations le mercredi 02 Mars 2011. C’est ainsi que nous avons reçu quelques fichiers électoraux des aires opérationnelles de l’Ouémé Plateau  pour la production des cartes d’électeurs de cette zone. Ce qui a été fait dans le temps sans être achevé dans tous les arrondissements à cause des fichiers inexistants. Nous en étions à ce point quand nous avons reçu l’ordre d’entamer l’Atlantique Littoral qui a été dans son ensemble bâclée, parce qu’il nous a été demandé de le faire en trois jours, et nous n’avons pas pu terminer tous les arrondissements, ainsi, pour le plus grand nombre des résidents de cette aire opérationnelle, ne verront pas leur carte d’électeur. C’est à ce moment qu’il nous a été demandé expressivement d’abandonner Zou- Collines qu’on devait entamer pour faire en premier lieu Borgou Alibori. Le temps de ranger les cartes en cours d’impression des autres aires opérationnelles. Il   a été   supprimée  l’étape de contrôle qualité des cartes massicotées communément appelé Codage. Or c’est à cette étape que les cartes produites sont certifiées et codées afin d’acquérir une authenticité. La majorité des cartes arrivées à cette étape ont été détectées mal faite, et ont été reprises. Mais depuis le démarrage de l’impression des cartes d’électeurs du septentrion, le service décodage n’a contrôlé aucune carte ce qui nous fait constater :

– L’impression des cartes sans photos et

– L’impression sans code

Arrivée spécialement sur la commune de Tchaourou, le Directeur de Cabinet de BAKO Arifari qui avait fait un tour a demandé à ce que les cartes d’électeurs de Niki et de Tchaourou soient bien faites.  C’est ainsi que Les appareils appelés LAMINEUSE qui servent à la lamination des cartes massicotées (plastification) ont été rapidement échangés contre près d’une cinquantaine d’autres lamineuses de couleur noire et de 130° en lieu et place des lamineuses grises de 125° degré habituellement utilisées  à 100° jusque là.  Ces nouveaux appareils apportés, n’ayant pas de possibilité de réglage sont directement utilisés à 130° ce qui confère naturellement de meilleures apparences et une meilleure qualité aux cartes imprimées. En ce qui concerne l’aire opérationnelle Mono Couffo, l’impression de ces cartes n’est pas encore achevée donc les résidents de ces deux aires opérationnelles ne peuvent commencer à avoir leur carte qu’à partir de Jeudi Prochain malgré les 450 personnes qui ont été recrutés les deux derniers jours pour renforcer  les 1106  qu’il y avait. Ces nouveaux recrus n’ont reçu aucune formation.

NB: Lors de l’impression des cartes que nous avons eu à produire, nous avons constaté beaucoup de doublon. Lorsqu’on attire l’attention des ivoiriens de SNEDAI sur la question des doublons, ils répondent, je cite: «pour un  travail qui doit être réalisé pendant six mois au moins, Arifari BAKO demande que cela se fasse en trente jours, soit un mois». Ils disent également  que malgré qu’ils aient attiré l’attention de BAKO Arifari sur le fait que la situation pourrait dégénérer en des foyers de tensions plus tard, ce dernier répond que les élections seraient déjà passées

Nous membres, fondateurs de l’Association des Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie qui avions servi depuis la cartographie censitaire jusqu’à la production des cartes d’électeurs, sommes contre le hold-up qui s’organise pour prendre en otage la jeune démocratie béninoise, et c’est pour cela  que nous dénonçons ce jour les magouilles dont la CPS LEPI et la MIRENA nous ont rendu acteurs. Pour cela nous démissionnons du système mafieux de production des cartes d’électeurs en cours actuellement au palais des sports du Stade de l’Amitié et prions le chef de l’Etat pour la sauvegarde des acquis démocratiques que les élections du 06 Mars soit reportées dans un délai d’au moins un mois afin que la CPS LEPI et la MIRENA passe à la correction des disfonctionnements et prennent en compte les populations laissées sur le carreau car les cartes délivrées pour les populations du septentrion sont sans code , donc ne sont pas authentiques et ne pourront donc pas servir à leur détenteur plus tard. Comptant sur la bonne foi tant prônée par le premier magistrat de la nation béninoise, chef de l’Etat, chef du gouvernement, son excellence le Docteur Thomas Boni YAYI, pour sauvegarder la paix que ces ainés ont préservé depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, nous espérons qu’il saura prendre en compte nos remarques  et saura trouver les solutions adéquates qui pour l’heure reste le report des élections, pour qu’elles soient mieux organisées afin d’être paisibles et transparentes.

Quant à Arifari BAKO, il mérite d’être interpellé par la justice de notre pays et d’être audité sur sa gestion afin de s’expliquer sur les multiples disfonctionnement émanants de sa responsabilité. Il en est de même pour madame BATCHABI responsable de la MIRENA.

Quant à Joseph GNONLONFOUN, s’il se laisse manipuler pour utiliser cette fausse liste entachée de fraudes et d’erreurs suicidaires, l’histoire retiendra son nom. Il lui faudra donc prendre ses responsabilités pour ne pas être frappé par la colère de Dieu et des mannes de nos ancêtres, qui  ont toujours veillé sur cette nation bénie qu’est notre cher et beau pays le Bénin.

Il nous faut préciser que ceci n’est qu’un bref résumé de tout ce qui s’est passé durant la réalisation de la LEPI car les agents recrutés pour cette réalisation ont vu , fait et entendu beaucoup de choses que nous nous gardons de dire pour préserver la paix de notre pays.

Après cette Déclaration il est possible que BAKO Arifari  monte au créneau, pour mentir comme il sait le faire au peuple Béninois. Il faudra juste que vous hommes des médias vous lui posez la question de savoir si toutes les cartes d’électeurs sont déjà disponibles. S’il répondait oui, demandez-lui ce que font encore ces milliers de jeunes au palais des sports du stade de l’amitié.  Pour vérification de sa crédibilité, demandez lui aussi combien d’agents sont passés de vie à trépas sur le terrain dans la réalisation de la LEPI ; s’il est honnête, il vous dira cinq. Et pourquoi donc l’opinion publique n’en a pas été informée ? Tout compte fait, les béninois peuvent aller constater de leurs propres yeux  que la production des cartes d’électeurs est loin d’être achevée avant la date buttoir.

Nous prenons à témoin ce jour, Mercredi 02 Mars 2011, Dieu, vous ici présents et tout ceux qui prendront connaissance de la présente déclaration.

Nos vies et celles de nos proches sont peut être en danger à partir de cette heure, nos jours sont peut être comptés mais l’intérêt souverain de la nation, de notre nation, passe avant tout autre chose…

Je vous remercie…

Ont Signé :

FANOU Serge

FANOU Boris

NOHOUM Djamal

DAMASSE  Narcisse

BENIN : L’intégralité de la décision de la Cour constitutionnelle qui consacre le report du 1er tour de l’élection présidentielle de 2011

La Cour constitutionnelle, du fait de l’amalgame qui entoure l’organisation de l’élection présidentielle de 2011, a dans sa décision EP 11-024 DU 04 MARS 2011 reporté au 13 mars 2011 le 1er tour de l’élection présidentielle.

Lire l’intégralité de cette décision.

La Cour Constitutionnelle,

VU la Loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin ;

VU la Loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour Constitutionnelle modifiée par la Loi du 31 mai 2001 ;

VU le Décret n° 94-012 du 26 janvier 1994 modifié par le Décret n° 97-274 du09 juin 1997 portant attributions, organisation et fonctionnement du Secrétariat Général de la Cour Constitutionnelle ;

VU le Décret n° 96-34 du 05 février 1996 portant création, organisation et fonctionnement du Greffe de la Cour Constitutionnelle ;

VU le Règlement Intérieur de la Cour Constitutionnelle ;

VU la Loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la liste électorale permanente informatisée ;

VU la Loi n° 2010-33 du 07 janvier 2011 portant règles générales pour les élections en République du Bénin ;

VU la Loi n° 2005-26 du 06 août 2010 portant règles particulières pour l’élection du Président de la République ;

VU le Décret n° 2011-032 du 10 février 2011 portant convocation du corps électoral pour l’élection du Président de la République ;

Ensemble les pièces du dossier ;

Ouï le Professeur Théodore HOLO en son rapport ; Après en avoir délibéré,

Considérant que par requête du 03 mars 2011 enregistrée à son Secrétariat Général à la même date sous le numéro 0530/068/EP, le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome saisit la Haute Juridiction d’une « demande de report de date » ;

CONTENU DU RECOURS

Considérant que le requérant expose : « … Par Décret n° 2011-032 du 10 février 2011, le Chef de l’Etat a convoqué le corps électoral pour l’élection du Président de la République pour le dimanche 06 mars 2011.

En prenant ce texte en considération la CENA a établi son calendrier. Ce qui lui a permis d’ouvrir la campagne le 18 février 2011. Mais il se fait qu’à ce jour l’impression de la liste électorale sur laquelle nous avions effectué des observations afin d’obtenir une liste fiable n’est pas totalement terminée. De plus, la localisation de certains bureaux de vote est encore problématique.

La distribution des cartes d’électeur est grippée dans certaines localités et souffre de beaucoup d’insuffisances dans d’autres.

C’est ainsi que, malgré vos deux correspondances ci-dessus citées en référence, nous n’avons pas pu y répondre par manque d’éléments.

Enfin, du fait de la désignation tardive et maintenant contestée des CEC etCEA, nous n’avons pas pu finir de mettre en place toutes les structures de base qui doivent réceptionner et mettre en place le matériel sensible.

Selon les derniers entretiens avec la Commission Politique de Suspension de la Mission Indépendante de Recensement Electoral National Approfondi, il apparaît que certains redressements des listes sont encore possibles. » ; qu’il demande en conséquence que la Cour « veuille bien ordonner un report à très bref délai afin de permettre que les derniers réglages puissent intervenir au niveau de toutes les institutions en charge desdites élections. » ;

INSTRUCTION DU RECOURS

Considérant qu’au cours de leur audition le 03 mars 2011, les responsables des deux organes en charge de la réalisation de la liste électorale permanente informatisée ont exprimé le souhait de se voir accorder un délai d’une semaine en vue de régler les problèmes liés à la distribution des cartes d’électeur et à la localisation des bureaux de vote ; que par ailleurs, en réponse à la correspondance de la Cour en date du 03 mars 2011, le Président de la République déclare : « …Je voudrais vous faire observer qu’en ce qui concerne la date du premier tour de l’élection présidentielle, j’ai épuisé mes prérogatives constitutionnelles, puisque le 06 mars 2011 est la date limite pour laquelle j’ai des prérogatives en vertu de l’article 47 alinéa 1er de la Constitution du 11 décembre 1990 qui dispose : ‘’ Le premier tour du scrutin de l’élection du Président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus avant la date d’expiration des pouvoirs du Président en exercice.’’

En conséquence, je m’en rapporte à la sagesse de la Haute Juridiction. » ;

ANALYSE DU RECOURS

Considérant que les articles 46 et 47 de la Constitution disposent respectivement : « La convocation des électeurs est faite par décret pris en Conseil des Ministres » ; « Le premier tour du scrutin de l’élection du Président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus avant la date d’expiration des pouvoirs du président en exercice. Le mandat du nouveau Président de la République prend effet pour compter de la date d’expiration du mandat de son prédécesseur. » ; que selon les articles 114 et 117, 2ème tiret de la Constitution : « La Cour Constitutionnelle ….est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics » ; « La Cour Constitutionnelle ….veille à la régularité de l’élection du Président de la République … » ;

Considérant qu’il découle des dispositions précitées que le mandat du nouveau Président de la République prend effet pour compter de la date d’expiration du mandat de son prédécesseur ; que le Président élu devant prêter serment le 06 avril 2011, ce délai est impératif et conditionne les autres délais ; que par ailleurs, le délai de convocation du corps électoral prévu à l’article 47, à savoir trente jours au moins…avant la date d’expiration des pouvoirs du Président en exercice ainsi que les articles 114 et 117 de la Constitution qui habilitent la Cour Constitutionnelle à, d’une part, réguler le fonctionnement des institutions et l’activité des pouvoirs publics, d’autre part, veiller à la régularité de l’élection du Président de la République, constituent deux normes constitutionnelles à valeur égale ; que bien qu’il n’existe pas de hiérarchie entre ces normes, la Cour est en droit, en sa qualité d’organe régulateur du fonctionnement des institutions, de privilégier dans le cas d’espèce les articles 114 et 117 de la Constitution pour garantir la régularité et l’organisation harmonieuse de l’élection présidentielle par la Commission Electorale Nationale Autonome ;

Considérant que dans le dossier sous examen et conformément aux dispositions de l’article 46 précité, le Président de la République, a, suite à la demande de réajustement de la date de l’élection présidentielle formulée par le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome, par Décret n°2011-32 du 10 février 2011, convoqué le corps électoral aux urnes le 06 mars 2011 pour l’élection présidentielle du Président de la République ;

Considérant qu’il ressort des éléments du dossier qu’à la date du 03 mars 2011, l’impression de la liste d’émargement des électeurs n’est pas totalement terminée, la localisation de certains bureaux de vote ainsi que la distribution des cartes d’électeur souffrent de beaucoup d’insuffisances ; que par ailleurs, la mise en place du matériel sensible se trouve hypothéquée du fait de la désignation tardive et de la contestation actuelle des membres de certaines Commissions Electorales Communales (CEC) et Commissions Electorales d’Arrondissement (CEA) ; qu’enfin à ce jour, il n’est pas encore procédé à la désignation et à la formation des membres des bureaux de vote ; que le délai entre le 03 mars et le 06 mars 2011 ne permet manifestement pas à la Commission Electorale Nationale Autonome d’accomplir les tâches indispensables pour un scrutin crédible ; qu’en conséquence, il échet pour la Cour conformément à l’article 114 de la Constitution d’autoriser le report de la date de l’élection du Président de la République du 06 mars 2011 au 13 mars 2011 et d’inviter le Chef de l’Etat à convoquer le corps électoral aux urnes pour cette nouvelle date ;

D E C I D E :

Article 1er : – Est autorisé le report de la date du premier tour de l’élection du Président de la République du 06 mars 2011 au 13 mars 2011.

Article 2 :- Le Président de la République est autorisé à convoquer le corps électoral pour le dimanche 13 mars 2011.

Article 3 : – La présente décision sera notifiée à Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Autonome, à Monsieur le Président de la République, aux candidats à l’élection présidentielle et publiée au Journal Officiel.

Ont siégé à Cotonou, le quatre mars deux mille onze,

Monsieur Robert S. M. DOSSOU, Président

Madame Marcelline C. GBEHA AFOUDA, Vice-Président

Messieurs Bernard Dossou DEGBOE, Membre

Théodore HOLO, Membre

Zimé Yérima KORA-YAROU, Membre

Madame Clémence YIMBERE DANSOU, Membre

Monsieur Jacob ZINSOUNON, Membre

Le Rapporteur,

Professeur Théodore HOLO.

Le Président,

Robert S. M. DOSSOU.-

Une élection n’est pas acceptable si l’on empêche des citoyens ayant le désir de voter d’exprimer leur vote !

Par des arguments, des comparaisons l’on justifie la non prise en compte de plus d’un million de Béninois ayant l’âge de voter et exprimant ce désir de participer au scrutin devant leur permettre d’élire le prochain Président de la République.

A analyser de près, les arguments avancés par ceux qui justifient cette situation, ils évoquent le comportement des politiciens ayant lancé des mots d’ordre en occultant malheureusement les dysfonctionnements qui ont émaillé le processus. La lecture juste et objective de la loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) montre que les délais légaux qui entourent le processus ont été manifestement violés.

Rien qu’à prendre l’article 30 qui réglemente la correction de la Liste Electorale Informatisée Provisoire (LEIP), l’on se demande si le processus prévu par le législateur a été respecté.

–      Présentation de la liste électorale informatisée provisoire par village ou quartier de ville, par arrondissement, par commune par circonscription électorale et par département ;

–      Affichage à plusieurs endroits du village ou du quartier de ville pendant quinze (15) jours ininterrompus ;

–      Réclamation des citoyens en rectification, inscription et radiation des électeurs frauduleux ;

–      Période de traitement des réclamations dans un délai de dix (10) jours ;

–      Saisine de la Cour constitutionnelle dans un délai de 5 jours.

Selon l’article 30 de cette loi, les délais statutaires à respecter en matière de réclamation sont imposés par la loi. Ainsi,  les réclamations doivent se faire dans un délai de 15 jours si l’on prend en compte la saisine de la Cour constitutionnelle.

Mais à quoi avons-nous assisté ?

Tous ceux qui sont au Bénin pendant la période même ceux qui aujourd’hui justifient la non prise en compte de nos compatriotes, reconnaissent que les délais n’ont  pas été respectés.

Et pourtant l’on justifie cette situation en prenant des exemples d’autres pays.

Cessons avec ces arguments car ailleurs la liste électorale ne se fait pas dans la précipitation et l’on ne viole pas les textes pour la réaliser. Les textes régissant la LEPI ont été manifestement violés au vu et au su de tout le monde y compris les Institutions chargées de garantir le droit de vote.

Sinon comment comprendre qu’aucun requérant ayant soulevé les réclamations (radiation de citoyens, rectification des erreurs dans les données ou changement de données) n’ait reçu la notification qu’impose le dernier alinéa de l’article 30 de la loi n° 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI).

La loi n’a-t-elle pas stipulé à l’article 30 alinéa 8 que « dans tous les cas, les réclamations (radiation de citoyens, rectification des erreurs dans les données ou changement de données) et portées au fichier électoral national doivent faire l’objet de notification au requérant, à toute personne concernée et à toutes les autorités administratives de son lieu de résidence pour information ».

Pour nous convaincre de cette volonté d’écarter des citoyens, l’on peut se référer au site web du CPS LEPI. Sur ce site (http://cpslepi-benin.info/telechargement.shtml), il est mentionné un commentaire fait par un citoyen à la rubrique « la libre tribune » du site. Monsieur KOUKPONOU G. Rémy raconte «  : Moi et ma petite famille avions été recensés pour la première phase. Mais nous n’avons vu personne au Recensement Porte à Porte. Nous nous sommes présentés à l’Enregistrement des Données Biométriques pour nous entendre dire que sans le RPP, nous ne pouvions pas être recensés après une journée entière de rang. En guise de réconfort moral on a pris nos noms et prénoms plus nos contacts téléphoniques. Inquiets de ne recevoir aucun appel, nous nous sommes déplacés au chef lieu de notre arrondissement, le 9ème de Cotonou et l’équipe en place nous a demandé de passer le vendredi 28 janvier 2011 après avoir enregistré nos nom et prénoms dans un cahier. Mais après un quart d’heure environ dans les rangs, on nous signale que l’enregistrement des données biométriques ne se fera que pour ceux qui avaient le ticket du RPP. On nous a apaisés en disant de ne pas nous inquiéter et que de toutes les façons, notre enregistrement se fera. Grande est alors ma surprise et mon désarroi d’apprendre de ma femme vers 13 heures ce jour mardi 1er février 2011 que les enregistrements sont définitivement terminés et qu’ils ne reprendront qu’après les élections présidentielles et législatives. Alors si cette information est vraie, dois-je comprendre que je ne peux pas être éligible et électeur pour les prochaines élections au moins et pour les dix prochaines années si par la faute des équipes d’enregistrement, moi et ma famille n’arrivions pas à nous faire recenser comme c’est le cas actuellement? »

Si ce commentaire est publié sur le site officiel de la CPS-LEPI cela veut dire que les acteurs du processus sont bien conscients de la situation. Ce que ce Monsieur a dit,  beaucoup de Béninois sont dans cette situation.

Il n’est donc pas normal ni acceptable que l’on aille aux élections en excluant les citoyens.

Se faire élire dans une pareille situation c’est « voler » les élections avec toutes les conséquences que cela peut engendrer.  Jamais au grand jamais depuis le début de notre processus démocratique, nous sommes arrivés à une pareille situation où des citoyens en âge de voter et qui ont le droit de voter, qui le manifestent clairement se retrouvent exclus du vote par un processus appelé LEPI.

Ne doit-on pas assimiler la situation de ceux qui ont régulièrement voté et qui par le fait de la LEPI sont exclus du vote à la jurisprudence de l »effet-cliquet inaugurée par la Cour constitutionnelle dans sa décision DCC 10-049 du 5 avril 2010 ?

Selon cette Jurisprudence  l »effet-cliquet est un phénomène qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé, un mécanisme qui empêche un système de revenir en arrière et le force implicitement à aller de l’avant. L’effet cliquet a été utilisé par la jurisprudence du Conseil constitutionnel français pour procurer une protection particulière à certaines libertés, concernant par exemple la presse, les professeurs d’université ou la liberté d’association. Cette protection consiste à considérer comme inconstitutionnelles toutes les lois qui, au lieu de les rendre plus effectives, auraient pour objectif de revenir en arrière pour édicter un régime plus sévère ou restrictif.

En clair une loi appelée LEPI ne peut et ne doit pas empêcher le citoyen régulièrement électeur et ayant été enrôlé de ne pouvoir pas voter ou exprimer son vote.

Le droit de vote est un droit constitutionnel que la Cour constitutionnelle doit protéger.

Une analyse objective des résultats de la LEPI par département montre clairement les problèmes que pose la mise en œuvre de ce processus sans prendre en compte les exclus.

Cessons de jouer avec le peuple et réglons cette situation qui frise de l’injustice.

Où étions-nous lorsqu’on violait allégrement les délais constitutionnels pour en faire maintenant une condition lorsqu’il s’est agit de rectifier l’erreur d’exclusion des milliers de citoyens du processus électoral ?

Le délai constitutionnel pour la mise en place de la CENA ou de la mise à disposition de la LEPI est-il respecté ?

Le retard dans le processus (retard d’installation de la CENA, disponibilité de la LEPI) ne doit pas nous amener à repenser la date prévue pour le premier tour ?

Pourquoi cette rigidité s’il est clair pour tout le monde que des béninois en âge de voter sont exclus ?

Les citoyens qui sont exclus sont-ils des morts comme on semble l’affirmer ?

Non ! Le mort ne se manifeste pas.

Il faut qu’on cesse de vouloir se faire élire dans une pareille situation car le droit de vote est un élément fondamental de l’Etat de droit.

Serge PRINCE AGBODJAN

BENIN : Rapport général sur la Lépi

Quelle LEPI pour quelles Elections ?

Synthèse des fraudes et irrégularités ayant entachées la LEPI tout au long de sa réalisation

Le processus actuel ne nous permettra pas de sauvegarder les acquis de la démocratie chèrement acquise. C’est pour cette raison que nous jeunes de l’Association Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie (AJPED), membre de la société civile et qui avions participé à toutes les phases de la LEPI à savoir :

la cartographie censitaire

le Recensement porte à porte

l’enregistrement des données biométriques

l’établissement des cartes d’électeurs.

Avons décidé enfin d’attirer l’attention de toute la nation, en particulier de la classe politique , la communauté internationale et toutes les confessions religieuses, sur les risques que court notre jeune démocratie très enviée avec cette LEPI tronquée, bâclée, truquée et émaillée de fraudes, pour laquelle nous avons été complices. Nous redoutons déjà les dégâts que cela pourrait générer dans le futur. Tout a commencé au PLM Alédjo.

En effet, c’est lors du recrutement et de la formation des agents cartographes devant servir pour la cause de l’élaboration d’une bonne cartographie censitaire, fiable et juste que les choses ont commencé. Au lieu que ce soit ces agents recrutés suivant les règles de l’art, et ayant bénéficié d’une formation dans le sens de leur mission, ces derniers ce sont vus remplacés sinon dilués par des parents amis et copines des responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA. Ce qui engendra une cartographie mauvaise et douteuse, jetant les bases d’une fraude massive pour laquelle en son temps, l’honorable Epiphane QUENUM se prononça.

Si la cartographie censitaire avait respecté les normes préétablies par l’IGN, nous n’en serons pas arrivés à de pareils extrêmes car c’est au cours de cette dernière qu’on assistera à la création de nombreux quartiers fictifs dans la partie septentrionale du pays, quartiers qui sont destinés à servir la cause de l’assise de bases électorales frauduleuse pour des étrangers. Cette cartographie censitaire servira à un recensement porte à porte aussi inadéquat sinon pire. C’était, en effet le début des malversions et des nombreux laisser pour compte.

Recensement Porte à Porte

Après les multiples erreurs et fraudes constatées, lors de la cartographie censitaire, le désastre, l’amateurisme, la négligence et le faux, viennent une fois encore de s’installer.

Les agents cartographes qui malgré tout avaient acquis une certaine notion du terrain ont été une fois encore pour le plus grand nombre mis de côté. Cela donna lieu au recrutement de nouveaux agents, de façon arbitraire. Sans la moindre formation et sans suivi, ils sont libérés dans la nature pour la poursuite d’une importante cause sitôt transformée en une affaire politique et familiale.

Il va s’en dire que l’efficacité dans l’accomplissement de cette nouvelle phase, les nouveaux agents recrutés devraient être originaires des localités où ils allaient recenser. Car comme on le dit, nul autre ne peut mieux connaître votre maison que vous même. La CPS-LEPI et la MIRENA dans leur rôle de fraudeurs et de confectionneurs d’une LEPI bâclée ont envoyé dans les quartiers des agents recenseurs responsables d’un faux recensement. Ainsi, lorsque ces agents qui ne connaissent pas la localité, descendent dans un quartier pour le recensement, ils ont plusieurs sortes de comportements par exemple :

Quand ils arrivent dans une maison aux heures de travail et que tous les résidents sont des fonctionnaires, ils marquent la maison comme déjà prise en compte au lieu de revenir à des heures plus appropriées pour rencontrer les habitants.

Dans d’autres ménages où il n’y a que des locataires, il leur suffit de piocher une domestique ou une femme de ménage qui ignorant tout du processus de la LEPI donne dans le premier cas des informations erronées que ces agents sans formation, prennent en compte sans aucune vérification et dans le second cas, refuse de donner des informations par crainte de poursuites judiciaires et autres. Dans ce cas précis, les agents recenseurs au lieu de clarifier les choses et de rassurer ces femmes, marquent le ménage concerné comme déjà pris en compte.

Le comble est que la saison pluvieuse a été choisie pour le démarrage dans les premières aires opérationnelles. Cela fut d’ailleurs est une source de discorde entre les hommes politiques de notre pays. Cette saison avec son cortège d’inondations, d’enclavement des populations. Ces populations se retrouvant sans toît ou sans ressources, sont contraintes à l’exode rurale, comme ce fut le cas dans l’Ouémé Plateau et dans l’Atlantique-Littoral où les populations n’ont pas pu se faire recenser.

Dans le même temps les quartiers créés lors de la cartographie censitaire se sont vus attribuer une population constituée de personnes inexistantes en l’occurrence, des morts et des étrangers. . Il faut préciser qu’à cause de l’inondation dans certaines localités, les agents recenseurs n’avaient pas accès aux ménages. Le travail n’a donc été fait qu’à moitié et tous les ménages n’ont pas reçu la carte devant leur permettre de se faire enrôler.

Ayant reçu l’ordre de finir le recensement dans le temps c’est-à-dire, deux semaines et après avoir erré perdu quatre à cinq jours dans les aires opérationnelles, avant que ne démarre effectivement les opérations, les délais légaux n’ont pas pu être respectés. Au regard de ces quelques disfonctionnements énumérés, il avait été dit qu’une seconde chance serait donné aux personnes laissées pour compte .Ceci est restée une vaine promesse.

La base étant faussée, la 3ème phase qui concerne l’enregistrement des données biométriques n’augurait rien de bon.

Enregistrement des Données Biométriques

Il faut reconnaitre que c’est la phase la plus importante du processus de la LEPI car ceux qui ont été recensés au cours du RPP doivent être enregistrés dans les données d’où les deux sections à savoir :

1-les Opérateurs de Saisie (OPS) ;

2-les Opérateurs de Kit biométrique (OPK)

*Les opérateurs de saisie (OPS)

Le recensement des OPS, n’a pas pris en compte le critère capital qu’est la maîtrise de l’outil informatique. Or la phase de l’enregistrement des données biométriques pour laquelle ces OPS étaient recrutés, est la phase la plus sensible et la plus importante dans le processus de réalisation de la LEPI car ces OPS, sont chargés d’entrer les données recueillies lors du RPR dans la base des données appropriées.

Au cours de cette phase, qui s’est déroulée au CIC, il y avait trois vacations qui travaillaient entre 06H -14H, 14H-22H et 22H-06H. Ces OPS, non qualifiés qui étaient livrés à eux mêmes, ont entré des données erronées qui étaient :

Illisibles

Incomplètes

Modifiées

Pour ne dire que ça. De plus, certaines données étaient carrement ignorées quand elles présentaient des difficultés orthographiques et autres. Tout ceci entrainera plus tard la disparition des noms de personnes recensées, qui ne retrouveront pas leur nom dans l’enrôlement, ou qui se verront attribuer d’autres noms ou encore auront des noms mal écrits.

*Les OPK

En ce qui concerne les opérations d’enrôlement, les Opérateurs de Kits, OPK ont été recrutés de la même manière qu’il en a été pour les phases précédentes ce qui allongera la liste des irrégularités dont voici quelques unes.

Des agents ignorants qui n’ont aucune notion de l’utilisation des kits.

Des kits défectueux envoyés consciemment dans les premières aires opérationnelles afin d’y freiner les opérations d’enregistrement.

Le relèvement des empruntes digitales qui prend environ une trentaine de minute par doigt à cause de la défectuosité pré abordée. Puisqu’il faut prendre l’empreinte des dix doigts, il fallait donc passer près de cinq heures de temps par personne ce qui justifie le renvoie répétitif des personnes venues se faire enrôler. Il faut préciser que ce cas n’est pas généralisé car il n’a été plus observable que dans les premières aires opérationnelles c’est à dire l’Ouémé Plateau et l’Atlantique Littoral et quelque rares fois dans certaines localités du septentrion.

En ce qui concerne cette partie du pays, beaucoup d’irrégularités ont été observées. C’est ici même le goulot

d’étranglement car la cartographie censitaire biaisée qui s’est établie au Nord en dépassant les limites territoriales, a été soutenu par le recensement porte à porte des personnes inexistantes, ce qui a amené au cours de l’enregistrement des données biométriques de la dernière aire opérationnelle et précisément à Natitingou, Boukounbé, Ouaké, Mallanville, Niki et à Banikoara un gonflement des populations normales. Nous avons constaté avec amertume que des personnes viennent avec des fiches d’enregistrement sans connaître le nom inscrit sur celle-ci, ni la date de naissance, encore moins la provenance de cette fiche

Par ailleurs des personnes avoisinant la cinquantaine voire la soixantaine avaient sur eux des fiches de personnes ayant moins de 20 ans voire même moins de 18ans et sont pour la plupart des natifs des pays frontaliers. C’est ce qui a justifié en réalité le fort taux d’enregistrement dans le Nord et le gonflement de la population observée et qui d’ailleurs se justifie également par le fait que les kits défectueux utilisés dans les premières aires opérationnelles ont été changés avant l’entame des opérations dans le septentrion.

Nous reconnaissons avoir participé à toutes ces opérations sans pour autant en être coupable car les responsables de la CPS LEPI et de la MIRENA nous ont toujours rassuré sur ce que tout ce que nous faisions n’était qu’un début et qu’il n’était pas question que cela serve aux élections de Mars 2011, et qu’en plus les omis seraient pris en compte en son temps…

Impression des Cartes d’Electeurs

Après toutes ces opérations, il devait y avoir l’affichage des listes informatisées provisoires, selon l’article 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI ; ce qui n’a pas été effectuée dans les normes d’où le commencement de nos inquiétudes et interrogations après quoi nous avons reçu la confirmation que cette liste dont nous avons pris part à l’établissement sera utilisé pour les échéances électorales prochaines.

L’affichage devant permettre la réclamation des noms inscrits et la radiation des n’ayant pas droit, devait durer dix jours pour permettre les recours devant la cour constitutionnelle dans les cinq jours qui suivent. Mais tout a été le grand contraire, selon les articles 5 et 30 de la loi N°2009-10 portant RENA/LEPI les délais n’ont pas du tout été respectés. On en était là quand la CPS LEPI et la MIRENA ont décidé de faire le ratissage. Nous croyions tout au moins que ceux qui ont raté l’une ou toutes des trois premières étapes du processus et dont les noms avaient été enregistrés dans les cahiers auprès des délégués ou dans les arrondissements seraient pris en compte, mais tout s’est passé autrement.

Dans les aires opérationnelles Ouémé Plateau, Atlantique Littoral, Mono Couffo et Zou Collines, c’est qu’un montage de tromperies qui a été miroité pour tromper la vigilance des hommes politiques car dans le Nord, dans les villages frontaliers, la CPS LEPI et la MIRENA ont profité de l’occasion pour enrôler les étrangers qui n’avaient pas pu le faire auparavant. Ce qui accentue le fort taux de participation connue et tant proclamée.

Pour ce qui concerne la production des cartes d’électeurs et pour y avoir participé jusqu’à ce jour, nous pouvons affirmer qu’à ce stade il y a également d’énormes irrégularités.

Au premier abord, il a été servi au peuple béninois, que c’est l’ONIP qui a pris le marché de la réalisation des cartes d’électeurs .Cela n’est qu’un autre gros mensonge de la CPS LEPI et de la MIRENA. C’est une société ivoirienne du nom de SNEDAI qui a été responsabilisée pour le faire ; celle-ci vient dicter sa loi au bénin, en ayant pour chef d’équipe l’ONIP. La production de cette carte pour qu’elle soit fiable, doit suivre huit étapes à savoir :

La réception et le chargement des fichiers issus du CNT

L’impression des cartes par localité

Le contrôle qualité des impressions

Le Massicotâge des cartes imprimées

Le contrôle qualité des cartes massicotées

La lamination des cartes massicotées

Le contrôle de qualité et d’exhaustivité des cartes produites

Le conditionnement, empaquetage, colisage et livraison à l’ONIP

Depuis le démarrage des opérations le Jeudi 17 Février 2011 au Palais des Sports, du Stade de l’Amitié, c’est sous une très forte pression qui ne dit pas son nom que les opérations ont commencé vaille que vaille. Pour la bonne marche, nous a été demandé de terminer les opérations le mercredi 02 Mars 2011. C’est ainsi que nous avons reçu quelques fichiers électoraux des aires opérationnelles de l’Ouémé Plateau pour la production des cartes d’électeurs de cette zone. Ce qui a été fait dans le temps sans être achevée dans tous les arrondissements à cause des fichiers inexistants. Nous en étions à ce point quand nous avons reçu l’ordre d’entamer l’Atlantique Littoral qui a été dans son ensemble bâclée, parce qu’il nous a été demandé de le faire en trois jours, et nous n’avons pas pu terminer tous les arrondissements, ainsi, pour le plus grand nombre des résidants de cette aire opérationnelle, ne verront pas leur carte d’électeur.

C’est à ce moment qu’il nous a été demandé expressivement d’abandonner Zou- Collines qu’on devait entamer pour faire en premier lieu Borgou Alibori. Le temps de ranger les cartes en cours d’impression des autres aires opérationnelles. Il a été supprimée l’étape de contrôle qualité des cartes massicotées communément appelé Codage. Or c’est à cette étape que les cartes produites sont certifiées et codées afin d’acquérir une authenticité. La majorité des cartes arrivées à cette étape ont été détectées mal faite, et ont été reprises. Mais depuis le démarrage de l’impression des cartes d’électeurs du septentrion, le service décodage n’a contrôlé aucune carte ce qui nous fait constater :

L’impression des cartes sans photos et

L’impression sans code

Arrivée spécialement sur la commune de Tchaourou, le Directeur de Cabinet de BAKO Arifari qui avait fait un tour a demandé à ce que les cartes d’électeurs de Niki et de Tchaourou soient bien faites. C’est ainsi que Les appareils appelés LAMINEUSE qui servent à la lamination des cartes massicotées (plastification) ont été rapidement échangés contre près d’une cinquantaine d’autres lamineuses de couleur noire et de 130° en lieu et place des lamineuses grises de 125° degré habituellement utilisées à 100° jusque là. Ces nouveaux appareils apportés, n’ayant pas de possibilité de réglage sont directement utilisés à 130° ce qui confère naturellement de meilleures apparences et une meilleure qualité aux cartes imprimées. En ce qui concerne l’aire opérationnelle Mono Couffo, l’impression de ces cartes n’est pas encore achevée donc les résidants de ces deux aires opérationnelles ne peuvent commencer à avoir leur carte qu’à partir de Jeudi Prochain malgré les 450 personnes qui ont été recrutés les deux derniers jours pour renforcer les 1106 qu’il y avait. Ces nouveaux recrus n’ont reçu aucune formation.

NB : Lors de l’impression des cartes que nous avons eu à produire, nous avons constaté beaucoup de doublon. Lorsqu’on attire l’attention des ivoiriens de SNEDAI sur la question des doublons, ils répondent, je cite « pour un travail qui doit être réalisé pendant six mois au moins, Arifari BAKO demande que cela se fasse en trente jours, soit un mois ». Ils disent également que malgré qu’ils aient attiré l’attention de BAKO Arifari sur le fait que la situation pourrait dégénérer en des foyers de tensions plus tard, ce dernier répond que les élections seraient déjà passées…

Nous membres, fondateurs de l’Association des Jeunes Patriotes pour l’Enracinement de la Démocratie qui avions servi depuis la cartographie censitaire jusqu’à la production des cartes d’électeurs, sommes contre le hold-up qui s’organise pour prendre en otage la jeune démocratie béninoise, et c’est pour cela que nous dénonçons ce jour les magouilles dont la CPS LEPI et la MIRENA nous ont rendu acteurs. Pour cela nous démissionnons du système mafieux de production des cartes d’électeurs en cours actuellement au palais des sports du Stade de l’Amitié et prions le chef de l’Etat pour la sauvegarde des acquis démocratiques que les élections du 06 Mars soit reportées dans un délai d’au moins un mois afin que la CPS LEPI et la MIRENA passe à la correction des disfonctionnement et prennent en compte les populations laissées sur le carreau car les cartes délivrées pour les populations du septentrion sont sans code ,donc ne sont pas authentiques et ne pourront donc pas servir à leur détenteur plus tard. Comptant sur la bonne foi tant prônée par le premier magistrat de la nation béninoise, chef de l’Etat, chef du gouvernement, son excellence le Docteur Thomas Boni YAYI, pour sauvegarder la paix que ces ainés ont préservé depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, nous espérons qu’il saura prendre en compte nos remarques et saura trouver les solutions adéquates qui pour l’heure reste le report des élections, pour qu’elles soient mieux organisées afin d’être paisibles et transparentes.

Quant à Arifari BAKO, il mérite d’être interpellé par la justice de notre pays et d’être audité sur sa gestion afin de s’expliquer sur les multiples disfonctionnement émanants de sa responsabilité. Il en est de même pour madame BATCHABI responsable de la MIRENA. Quant à Joseph GNONLONFOUN, s’il se laisse manipuler pour utiliser cette fausse liste entachée de fraudes et d’erreurs suicidaires, l’histoire retiendra son nom. Il lui faudra donc prendre ses responsabilités pour ne pas être frappé par la colère de Dieu et des mannes de nos ancêtres, qui ont toujours veillé sur cette nation bénie qu’est notre cher et beau pays le Bénin.

Il nous faut préciser que ceci n’est qu’un bref résumé de tout ce qui s’est passé durant la réalisation de la LEPI car les agents recrutés pour cette réalisation ont vu , fait et entendu beaucoup de choses que nous nous gardons de dire pour préserver la paix de notre pays. Après cette Déclaration il est possible que BAKO Arifari monte au créneau, pour mentir comme il sait le faire au peuple Béninois. Il faudra juste que vous hommes des médias vous lui posez la question de savoir si toutes les cartes d’électeurs sont déjà disponibles. S’il répondait oui, demandez-lui ce que font encore ces milliers de jeunes au palais des sports du stade de l’amitié. Pour vérification de sa crédibilité, demandez lui aussi combien d’agents sont passés de vie à trépas sur le terrain dans la réalisation de la LEPI ; s’il est honnête, il vous dira cinq. Et pourquoi donc l’opinion publique n’en a pas été informée ? Tout compte fait, les béninois peuvent allez constater de leur propres yeux que la production des cartes d’électeurs est loin d’être achevée avant la date buttoir.

Nous prenons à témoin ce jour, Mercredi 02Mars 2011, Dieu, vous ici présent et tout ceux qui prendront connaissance de la présente déclaration.

Nos vies et celles de nos proches sont peut être en danger à partir de cette heure, nos jours sont peut être comptés mais l’intérêt souverain de la nation, de notre nation, passe avant tout autre chose…

Je vous remercie…

BENIN : Ces intellectuels tarés dont parlait le président Kérékou

Ces intellectuels tarés dont parlait le président Kérékou : au lieu de faire avancer le pays, ils le font reculer chaque jour que Dieu fait.

L’un d’eux a d’ailleurs promis mettre le pays à feu et à sang et il semble bien qu’il s’applique assidument afin de réaliser sa promesse.

Il est difficilement compréhensible qu’avec cette horde d’intellectuels et d’hommes de science à la tête de nos institutions, le pays soit aujourd’hui à ce stade et dans cette situation et ceci, par la faute d’une poignée de béninois.

En me remémorant cette affirmation du président Mathieu Kérékou qui a jeté un pavé dans la marre en affirmant que les cadres béninois étaient des intellectuels tarés, et en observant un peu la scène politique actuelle et l’état de la nation depuis 2006 où le technocratisme a pris corps avec l’arrivée de Boni Yayi au pouvoir, je me suis demandé si le général n’avait pas raison.

En observant les acteurs qui ont à charge le bon fonctionnement de l’appareil d’Etat, de nos institutions, il se trouve quelques uns de ces intellectuels qui ont raté le rendez-vous crucial au cours duquel ils devaient confirmer leur qualité d’intellectuels et tracer à ce titre à la nation le chemin du développement tout en consolidant les acquis et la paix sociale. Mais hélas!!

Gros plan sur ces intellectuels sur qui on a de grosses questions à se poser.

Robert Dossou

Principal acteur de l’imbroglio politique actuel, le roi Dossou est le Président de la cour constitutionnelle du Bénin. Depuis juin 2008, il s’est évertué à dépouiller l’assemblée nationale de ses prérogatives en s’arrogeant tous les droits. Par ses décisions ambiguës, il a largement contribué à vicier l’atmosphère et à radicaliser chacun des acteurs politiques. Si le 06 avril 2011, le pays n’avait pas un nouveau président, il en porterait l’entière responsabilité.

Mathurin Nago

Docteur en techniques alimentaires, le Professeur Mathurin Coffi Nago est le Président de l’assemblée nationale, le prolongement par continuité du gouvernement de Boni Yayi depuis 2007.

« Quand je dis pin pan, il répond pin pan », c’est comme cela que Boni Yayi a caricaturé la symbiose qui règne entre eux deux. Alors qu’il a été mis au perchoir pour faciliter à ses collègues le travail que le peuple leur a confiés, cet homme s’est amusé à hypothéquer et à empêcher l’assemblée de jouer pleinement son rôle de contrôle de l’action gouvernementale.

Nassirou Arifari Bako

Ha! le pauvre. Je suis tenu de le mettre dans cette liste.

Docteur en Sociologie et Anthropologie sociale, Superviseur de la Commission Politique de Supervision de la LEPI (CPS-LEPI).

A ce titre, il a concocté au peuple béninois une liste électorale, la liste électorale de tous les désordres et de tous les fantasmes, une liste qui fait grossir des localités et en diminue d’autres, une liste qui fait disparaitre tout un village, qui fait déplacer des quartiers d’un arrondissement à un autre, une liste qui fait déplacer les électeurs d’une dizaine de kilomètres de leurs  résidences, une liste  sur laquelle des bureaux de vote se retrouvent avec un seul électeur à certains endroits (ce qui ne garantit ni la sécurité de ces électeurs singleton ni le vote secret auquel ils sont appelés) ; c’est ça la liste bako baclée avec laquelle il demande au peuple d’élire un président. Une liste qui porte déjà en elle les germes de la contestation et du désordre post-électorale.

Albert Tévoédjrè

Je serai peut-être un peu plus respectueux avec lui mais je dois avouer que je me suis toujours demandé si cet homme aime réellement son pays et s’il pense à l’avenir. La réponse qui me vient le plus à l’esprit est non, cet homme n’aime en réalité pas son pays, ne l’a jamais servi (même s’il affirme le contraire à qui veut bien lire son livre le bonheur de servir) mais sert plutôt ses intérêts.

A la tête d’une institution fantoche de médiation, le professeur Tévoédjrè est le principal artisan de l’élection de Boni Yayi qui, l’a remercié avec ce machin de médiateur de la république dont on n’a jamais vu l’intérêt pour la nation béninoise.

C’est lui qui, bras dessus bras dessous a présenté Boni Yayi dans l’Ouémé et un peu partout dans le pays comme le messie, « Eureka j’ai trouvé le cheval gagnant », s’était-il écrié et d’ajouter pendant la campagne électorale de 2006 : « avec Yayi, Yanayi ».

Finalement, il est à croire que cet homme soit un homme de régression. Quand on se rappelle que c’est lui qui est allé sortir le caméléon de sa paisible retraite en 1996 et que c’est lui qui en 2006 a trouvé que le pays avait été détruit par le caméléon et a vendu au peuple le changement, on est en droit de se demander ce à quoi ont servi ses nombreux talents tant vantés si ce n’est qu’à arriérer le pays. L’heure a sonné de demander à cet homme ce qu’il a réellement apporté au pays depuis 50 ans qu’il est dans l’arène politique.

Ce ne sont pas les nombreux forums, colloques, séminaires organisés par lui sans le peuple à coup de milliards au Cic et un peu partout dans le monde qui ont fait reculer les bases de la pauvreté et du sous développement.

A lire l’article du journal « L’Indépendant » intitulé Présidentielle 2006 : Albert Tévoédjrè soutient Yayi Boni (Contre le poste de représentant du Bénin à l’ONU)

Amos Elegbe

L’homme de tous les pouvoirs. Toujours mouvancier, jamais opposant. Il a été de toutes les équipes de gestion du pays depuis l’avènement du renouveau démocratique en 1990.

Aujourd’hui avec Boni Yayi dont il est le conseiller politique, Amos Elegbe fait l’apologie yeux fermés et tête baissée du régime galeux en place au Bénin alors que tous les indicateurs sont au rouge. Cet éducateur puisqu’enseignant à l’Université a perdu depuis 2006 tout sens du réalisme. Il est assurément le meilleur adversaire politique de Boni Yayi puisqu’ayant largement contribué à rendre ce dernier impopulaire et indésirable par ses sorties lamentables et épouvantables. Les classement de Transparency international pour la corruption, de Doing Business pour le climat des affaires, de Reporters sans frontières pour la liberté de presse, le taux de croissance passé de 5,2 % à 2% en l’espace de 5 ans, la production cotonnière qui est passée de 400.000 tonnes à 150.000 tonnes, les milliards détournés à la faveur du sommet de la Censad, les marchés gré à gré offerts aux amis du régime, les exonérations fantaisistes, bref tout ce qu’il peut y avoir de pourri dans la gestion des affaires d’une cité sont venus pour mettre à nu toute la pourriture de ce régime. Et au lieu de se cacher, il se trouve des conseillers pour justifier cela et solliciter un second mandat.

Comme pour paraphraser l’autre, ils doivent justifier leurs très gras salaires.

L’impasse dans laquelle nous sommes actuellement a été créé par les trois (03) premiers hommes ci-dessus  cités et pour nous sortir de là, cela dépendra aussi d’eux et du Chef de l’État sortant Boni Yayi qui, ne jure que par la LEPI, une LEPI de fraude concoctée spécialement pour lui.

Lire les articles « BENIN : La LEPI de la honte !!! »

et  » Boni Yayi: Le bon, la brute et le truand »

Finalement qui veut frauder entre l’opposition et la mouvance ?

aymard

Entretien avec le Général Jean N’da : « La Lépi ou la lèpre ? »

Dans cet entretien réalisé par le quotidien le Matinal, le Général Jean N’da sort de son silence et se prononce sur la vie sociopolitique du pays. L’ancien Directeur général de la Gendarmerie sous le régime Kérékou donne ici son point de vue sur quelques sujets d’actualité et souhaite la paix au Bénin en cette période électorale. A propos de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), il la désigne par la lèpre.

Lire son interview

Le Matinal : Bonjour mon Général et merci de vous faire connaître.

Le Général : Je suis le Général à la retraite Jean N’da. Je suis né vers 1949 à Katangniga dans la commune de Natitingou. En bref, j’ai occupé diverses fonctions, particulièrement celle de Directeur général de la Gendarmerie pendant 4 ans. J’ai été Directeur de cabinet du Ministre de la défense. Je suis actuellement à la retraite et j’ai préféré vivre à Natitingou .Les raisons qui ont fondé mon retour à Natitingou sont de deux ordres. D’abord, j’ai trouvé que c’était un cadre idéal de vie. J’aime l’espace et j’ai l’espace à Natitingou par rapport à une ville comme Porto-Novo, Cotonou et autres. Ensuite, il fallait que je revienne au bercail après le travail vivre avec nos parents qui nous ont envoyé à l’école. C’est pour çà que j’ai préféré donner ce bon exemple en vivant à Natitingou.

Général, et si vous faisiez la politique pendant ce repos paisible

En réalité je ne fais pas de la politique. Je ne veux ni être député, ni maire, encore moins un conseiller. Ce n’est pas mon problème. Mais étant entendu que je vis avec mes parents et je connais leurs problèmes, j’œuvre pour leur apporter quelques solutions. C’est pour cela que lorsqu’il y a des élections présidentielles, j’essaie d’apprécier les capacités de chacun des candidats et de négocier avec celui que je choisis pour le développement de ma localité. Et quand je discute, si l’intéressé est d’accord je me bats pour lui. C’est ainsi qu’en 2006, j’ai discuté avec le Président Me Adrien Houngbédji qui était d’accord avec mes propositions. Il était d’ailleurs le seul et je l’admire pour cela, qui a été capable de venir sillonner tous les arrondissements de l’Atacora. Mais cette fois-ci, j’ai discuté avec le Président Abdoulaye Bio Tchané qui est mon « petit frère ». Je le soutiens et on se comprend. Mais en réalité je ne fais pas la politique. J’ai une vision et un projet de société que je partage avec les candidats.

Quelle appréciation faites-vous de la gestion du pays ?

Pratiquement je n’aurais rien à dire, parce que tout candidat qui arrive au pouvoir, vient avec son projet de société. C’est dès le départ et au moment où il présente son programme d’actions, qu’on peut se prononcer pour dire qu’on n’est pas d’accord. Mais lorsque le candidat est élu, j’estime qu’il exécute son projet de société pour lequel le peuple l’a choisi. Donc avec l’actuel régime du Changement, nous n’avons pas le même projet de société depuis 2006 et j’estime que le Président Yayi Boni fait ce qu’il avait prévu de faire. Et je continue de croire que tous ceux qui l’ont soutenu, qu’ils s’appellent le Président Nicéphore Soglo, l’ancien Ministre d’Etat chargé de la coordination de l’action gouvernementale Bruno Amoussou, M. Fagbohoun, ils sont tous comptables de ce que fait le Président Yayi au pouvoir. C’est pourquoi je ne suis jamais d’accord lorsqu’ils marchent contre lui. Tout simplement parce qu’ils ont le même projet de société. J’étais parti avec le Président Houngbédji en 2006 avec cette vision qu’il n’y a de richesse que d’hommes et j’y croyais. J’ai échoué. Le Président Yayi a réussi et ce qu’il fait, c’est son projet de société. Par contre, il me parait essentiel de dire ceci. Il y a un certain François Decroset qui a été président d’une commission que la France a baptisée à l’époque et sous le Président François Mitterrand, (paix à son âme), « la probité de l’Etat ». Il a dit quelque chose qui me parait très important. A propos de l’efficacité du service public, il dit et je cite : « Il est donc indispensable de définir l’esprit du changement avant d’en préciser le contenu, de fixer les objectifs avant d’annoncer les mesures ». Il fallait expliquer ce qu’on appelle le Changement. Est-ce que c’est un changement climatique ? Est-ce que c’est un changement qui intervient entre le jour et la nuit ? Est-ce que c’est un changement parce qu’on vieillit tous les jours ? C’est quoi ce changement actuel ? Je ne connais vraiment pas. Je n’en apprécie ni les objectifs, ni le contenu, ni la définition. Et donc à partir du moment où je n’ai pas d’éléments d’appréciations, je ne peux pas en dire plus. Il y a changement pour ceux qui ne savent pas qu’il y a le jour et la nuit, le changement climatique, le changement de saison sèche et la saison pluvieuse, comme on dit ailleurs printemps, hiver, automne, etc. C’est toujours le changement. On peut s’amuser avec le changement et dire que lorsque la balle quitte un joueur pour un autre, c’est un changement. Quand le Général Kérékou s’en va et un autre vient, c’est aussi un changement. Mais qu’est ce que nous voulons dans le changement ? Nous voulons la qualité, puisque de la vie à la mort, c’est un changement. On a dit changement et voilà. Dès le départ, j’ai dit et je le reprécise qu’il n’y a de richesse que d’hommes. En réalité je dois être fier de ça, parce que le Président Houngbédji est un ami. Mais pour une autre raison qu’il connaît, j’ai dit je préfère Abdoulaye Bio Tchané. Voilà mon point de vue.

Quelle est cette raison mon Général ?

Non (sourire)

Et pourquoi, c’est un secret ?

Non et non. Je suis un Général et j’ai une certaine réserve.

Parlons à présent de l’émergence de notre pays. Pensez-vous que notre pays émerge réellement ?

Emergence, alors que moi je suis entre des montagnes de l’Atacora. On émerge d’une mer ou on immerge parce qu’on entre dans la mer. Moi je suis loin de la mer. Il faut encore là définir ce qu’on appelle émergence. Ensuite en donner le contenu, en fixer les objectifs et autres. Ils ne nous ont rien expliqué de tout cela. Ça peut créer des frustrations parce que, en réalité quand on dit émergence d’un pays, c’est par rapport à l’environnement et aux autres pays. Mais est-ce qu’on peut dire que nous avons dépassé les autres pays qui n’en parlent pas ? Alors que nous soutenons que la Cédéao, l’Uémoa, constituent un ensemble. Pourquoi faire croire que nous dépassons tous les autres pays de la sous région. Ou bien ça veut dire que le Bénin est devenu une mer et que nous allons en sortir ? Moi je ne sais pas ce que ça veut dire, parce qu’on ne m’a pas encore donné le contenu, ni la définition. On ne m’a pas donné les objectifs de l’émergence au Bénin non plus. Je regarde et j’apprécie sans oublier que l’émergence, ce sont les affaires Cen-Sad, Icc-Services, machines agricoles, etc. Moi j’ai connu l’immersion dans une école que j’ai faite et je vois l’immersion en tant que militaire comme des sous-marins, des navires capables d’aller sous l’eau. C’est mon point de vue.

Mon Général quelle est votre appréciation de l’organisation de l’élection présidentielle ? La réalisation de la Lépi et autres ?

Vous êtes sûr que vous dites Lépi ou Lèpre ?

Je parle bien de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi).

Est-ce que ça ne s’accorde pas un peu avec la lèpre ? Quand on veut faire de grandes choses, il faut y mettre du temps. Il faut vivre comme si on ne devrait pas mourir et non se hâter. Qui va lentement, va sûrement, dit-on. Cela veut dire le contraire également. Qui va vite, ne va pas sûrement. Pourquoi on est trop pressé ? On a fait des élections sans Lépi au Bénin. Le Président actuel est élu sans la Lépi et quand il dit qu’il faut nécessairement cet instruiment, cela me rappelle 1991 où les mêmes qui ont organisé les élections, ont parlé de la Cena en 1996. C’est parce qu’ils savent ce qu’ils avaient fait en 1991. Est-ce que le pouvoir actuel veut dire qu’en 2006 sans la Lépi, il y avait eu quelque chose ? Sinon, pourquoi avoir peur ? Pourquoi on a tant peur aujourd’hui de voter comme on le faisait avant ? Je ne sais pas pourquoi. Et si on a peur, c’est parce qu’on sait comment on a été élu.

Comment le Général prépare-t-il alors les élections ?

Je me bats pour le candidat Bio Tchané. Et c’est depuis 2009 que je suis en train d’œuvrer pour son arrivée au pouvoir. Je travaille en sous-marin. Je ne suis pas l’homme des meetings. J’ai mal quand je vois des ministres en veste et cravate ou en bazin riche, des conseillers, des députés en veste et cravate, en bazin riche et qui vont dire à nos parents à qui ils donnent casquettes et tee-shirts ou mille francs, « Votez pour telle personne ». Ils sont bien habillés avec des salaires mirobolants et vont donner des tee-shirts ou 2000 Fcfa au plus aux parents. Et quand ceux-ci votent, ils sont oubliés pendant cinq ans. C’est le même refrain à chaque élection. On se connaît tous et c’est mauvais. Dans l’Atacora par exemple, je pense qu’on se connaît. Il n’y a pas trois généraux dans l’Atacora. C’est Kérékou et moi. Les ministres, ça va et ça vient. On les voit quand ils sont là-bas. Quand ils reviennent, c’est malheureux. C’est malheureux lorsqu’on n’éduque pas nos enfants et ce n’est pas bon. Il faut avoir une vision du développement. Comment ? Kérékou est venu sans tambour ni trompette. En 1976, le goudron s’arrêtait à Bohicon et quand Kérékou partait, le goudron s’arrêtait à Porga et à Malanville. Il y avait même des autoroutes, des hôtels, des stades, tel que le stade de l’Amitié sans qu’on nous dise que ce sont les réalisations de Kérékou. C’était merveilleux. Et aujourd’hui ? On va donner des tee-shirts ou 2000 Fcfa à nos parents et on dit : « Mettez votre bulletin pour tel candidat ». Et dès qu’on met le bulletin, c’est fini. On repart sur Cotonou et on ouvre un compte bancaire. On vit seul à l’aise. Ce n’est pas bon pour nos parents. Il faut qu’on revienne souffrir avec eux. Ainsi on pourrait mieux aider à développer nos localités et ce serait pour le bien-être de nous tous

Un mot de fin pour clôturer l’entretien.

Ce que je vais dire de très profond, c’est que le Bénin a reculé par rapport aux années 60. A l’époque, quand Maga est candidat, c’est du Nord au Sud. Quand Ahomadégbé est candidat, c’est du Nord au Sud et quand Apithy est candidat, c’est du Nord au Sud. Aujourd’hui, des cadres, pas des moindres, se régionalisent. On revient à un pays d’ethnies. Ça c’est d’une part. La deuxième chose, c’est que j’ai honte quand je vois un cadre quitter un parti pour un autre à cause de l’argent. Qu’est-ce qu’on donne à nos enfants comme éducation ? J’ai vraiment honte de ces changements. Ou bien on ne rentre pas dans un parti et c’est plus libre. Ou bien, on est dans un parti et on est fidèle aux idéaux du parti, mais pas pour l’argent du parti. Pourquoi tant de personnes en transe à cause de l’argent ? Ce n’est pas bon pour l’avenir de notre pays. Il faut qu’on aime notre pays. Et pour le faire, il faut qu’on se fasse un idéal. L’idéal qui définit les hommes et non pas l’argent. On doit avoir cet idéal pour être ensemble. Je souhaite que la plupart de nos cadres reviennent vraiment à cet idéal. Avoir l’amour de son prochain, de la patrie et non pas l’amour de l’argent. Je souhaite pour finir, en tant que Général de gendarmerie, qui ne s’est préoccupé que de la sécurité et la paix, qu’il y ait la paix et l’amour dont je parlais tantôt, pendant et après les élections de 2011. Qu’on se dise que Houngbédji est mon parent, Yayi est mon parent, Abdoulaye Bio Tchané est mon parent et quel que soit le candidat, il est mon parent. Qu’on aille aux élections avec l’idée qu’on veut la paix et le développement du Bénin.

Inscription frauduleuse d’étrangers : Une nigérienne détentrice de carte d’électeur

Au cours d’une conférence de presse donnée hier au siège de l’Ong Vidolé à Cotonou, Christian Sossouhounto, 3ème adjoint au maire de Cotonou a énuméré un certain nombre de dysfonctionnements relatifs à la délivrance des cartes d’électeurs. Au nombre de ceux-ci, figure le cas d’une nigérienne frauduleusement autorisée à faire valoir son droit de vote au Bénin.

Mariama Tondou Gani, de nationalité nigérienne est détentrice d’une carte nationale d’identité nigérienne délivrée le 10 avril 2009, donc en cours de validité. Elle est également détentrice de la carte d’électeur N°9220139, délivrée par le Bénin. Face aux hommes des médias hier, le troisième adjoint au maire de Cotonou, Christian Sossouhounto, a expliqué que l’intéressée résidant dans le 11ème arrondissement, a sollicité dans la matinée d’hier, une attestation de résidence. Comme le veut l’usage, le Chef quartier lui demande sa carte d’identité. Celle-ci la lui remet. Mais après une brève lecture, il note que Mariama T. Gani est de nationalité nigérienne. Exprès, il lui demande si elle a pu retirer sa carte d’électeur. Sans hésiter, celle-ci s’empresse de l’exhiber à l’autorité locale. La carte d’électeur de l’intéressée ne fait pas mention du lieu de naissance. Pis, l’intéressée de sexe féminin s’est vue apposer sur la carte le sexe opposé. Ce cas n’est pas à en croire le conférencier, isolé. A l’appui de son argumentaire, il affirme que dans le quartier Minontchou dans le 2ème arrondissement, un Béninois a été retrouvé en possession de trois cartes d’électeurs. « Conduit au commissariat de Kpondéhou, on a pris le soin de photocopier les trois cartes d’électeur et de soumettre avec constat d’huissier, l’affaire au commissaire. Curieusement, on a constaté que ce dernier n’a pas semblé collaborer avec l’élu local », a t-il déclaré. Outre tout ceci, il a rappelé que dans le 6ème et 7ème arrondissement, des quartiers fictifs sont créés. « Le quartier bar Tito qui n’a jamais existé, un quartier dénommé 7ème arrondissement et un autre ayant pour nom 6ème arrondissement ont été créés de toute pièce pour faire délivrer des cartes d’électeur », a-t-il révélé. En dehors de ces dysfonctionnements, Christian Sossouhounto a rappelé des cas de famille entière qui peinent toujours à retrouver leur carte, des étrangers en voie d’être convoyés au Bénin pour voter et bien d’autres difficultés sur lesquels il est revenu. Par rapport au volet relatif aux microcrédits aux plus pauvres, la représentante de l’Un, Bintou Taro Chabi Adam, a fustigé la gestion faite des fonds alloués à ce programme. Pour elle, il s’agit d’une gestion opaque que seul un audit pourra permettre d’éclairer.

Hospice Alladayè (Stag)