Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: liberté de presse

BENIN : La liberté de presse… au nom des barbouzes…

Dynamique, plurielle, imaginative, protégée … et « libre ». Elle est là, incontournable, très présente dans la vie sociopolitique, cette presse béninoise, pourvoyeuse de fantasmes, de désillusion, de dégout et de frayeurs parfois. Jusque là rien de bien singulier. Au contraire, puisqu’il permet à de nombreux jeunes diplômés sans emploi de faire leurs premières armes dans la vie active même si cela se fait souvent sans contrat, sans salaire et généralement sans encadrement. Les promesses politiques se suivent depuis celle, mémorable, de 20.000 emplois l’an jusqu’au programme dit d’auto emploi en passant par la relève de qualité, les patriotes, ou les émergents, et toujours pas de perspective ni d’espérance. La presse à l’instar de toutes les autres activités ne pouvait pas se pourvoir en femmes et en hommes en dehors de ce vivier nourri à l’incertitude, au spleen sans fin, au désespoir. Ainsi va le Bénin du Changement, de l’émergence économique, de la prospérité partagée, de la refondation et des K.O électoraux.

C’est vrai que le début de mai est logiquement consacré à la liberté de la presse. Opportunément, l’événement ne résiste pas au concert habituel de conjectures sur la qualité de la presse. En fait, il n’y a pas grand-chose à dire sur la liberté de presse au Bénin de Yayi Boni. Un long fleuve de dégradation continue des conditions d’exercice de la profession. Rsf s’en est d’ailleurs fait une religion, en constatant l’irréversible rétrogradation de l’ancien modèle démocratique en Afrique à partir de 2006. Jamais le régime Yayi n’a dérogé à la tradition depuis lors. Désormais, l’enjeu se résume à l’ampleur de la chute. 1er en Afrique en 2005, 11ème en 2010. Or, après 2010, d’autres faits de prince se sont accumulés pour rendre la note 2011, l’année du K.O., particulièrement plus salée ; l’année où les professionnels des médias ont dû prendre le macadam pendant qu’un des leurs se bat pour sauver son œil abîmé (pour combien de temps encore ?) par la bêtise policière. Ne parlons pas de ce rédacteur en chef contraint de prendre le maquis à la suite d’une descente policière à son domicile. Des indices pour la prochaine annotation de Rsf.

Parlons justement de l’environnement des médias au Bénin ; c’est-à-dire du milieu de travail des journalistes et autres professionnels des médias. Les cognées de policiers, les agressions des gardes du corps de personnalités publiques, les persécutions fiscales, les pressions institutionnelles (par Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication interposée), les contrats gouvernementaux ; tout cela, on connaissait. Mais il y a du nouveau dans la place. Un nouveau produit, exceptionnel : les services de renseignements généraux désormais en posture de plus grand contributeur financier de la presse au Bénin, notamment la presse écrite. Plusieurs titres auraient déjà disparu n’eut été la rente subséquemment versée par des barbouzes, pour service rendu. Ne parlons pas des titres nés grâce à la générosité de quelques officiers, de conseillers à la présidence ou de pasteurs proches du palais de la Marina. Ce n’est pas pour rien que le docteur-président, en personne, se charge, régulièrement, de régler leurs comptes à ces patrons de presse trop portés sur l’« enrichissement rapide ».

Grâce donc à cette race d’écrivaillons entretenus par les « services », tous les titres sont possibles dans les kiosques à commencer par des annonces de K.O. au lendemain d’élections, en contradiction flagrante avec les résultats bruts sortis des urnes. L’effet d’annonce en prélude à l’effet de la proclamation. Tout comme on peut faire croire que certains épargnants grugés ont déjà été dédommagés. Wikileaks prend au moins la précaution de donner les sources de ses révélations. Ce qui n’est pas le cas des habitués des conférences de rédaction de la « grande maison ». Peut-être une autre forme de la liberté de presse.

De la refondation avant l’heure…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Liberté de la presse en danger en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara veut tuer des journalistes pro-Gbagbo

La liberté de la presse est gravement menacée en Côte d’Ivoire. Et ce, du fait d’Alassane Dramane Ouattara qui veut faire taire toute voix discordante dans le traitement de l’information et l’expression des opinions dans le pays. La chasse aux sorcières a commencé. Depuis mercredi 12 avril 2011, une liste de 17 journalistes a été établie à l’Hôtel du Golf. Selon nos sources, il s’agit des journalistes de la radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) et de la presse écrite, qui avaient mené la résistance en faveur du régime du Président Laurent Gbagbo. Après avoir fait arrêter son adversaire Gbagbo, Alassane Ouattara veut tuer tous les journalistes qui avaient dénoncé sa politique. Voulant profiter de l’absence des journaux sur le marché et de l’interruption du signal de la RTI susceptible de révéler au monde ses exactions, il a mis en mission son escadron de la mort pour éliminer, sans que cela ne soit su de la communauté internationale, tous ceux qui pourraient le gêner dans sa politique d’épuration en Côte d’Ivoire. Contrairement aux déclarations de bonnes intentions faites devant les cameras, déclarations selon lesquelles il n’y aura pas de chasse aux sorcières, Alassane Dramane Ouattara est en train de massacrer les Ivoiriens qui l’ont combattu, même démocratiquement, aux côtés de Laurent Gbagbo. Ses hommes, armés, passant de maison en maison, et tirant à bout portant sur des civils soupçonnés d’être patriotes, il est difficile pour les journalistes visés, de trouver un répit. Ces journalistes ne peuvent plus vivre chez eux. Leurs familles sont menacées. Certains d’entre eux en sont à leur troisième ou quatrième emménagement. Et souvent, il faut décamper dans la précipitation, sans bagage. Au lendemain du coup d’Etat qui a fait tomber Laurent Gbagbo, les hommes de Ouattara ont pénétré dans les locaux du quotidien Le Temps, du Temps Hebdo et du magasine Prestige Mag et ont pillé les bureaux. Ordinateurs, télévision écran Plasma, documents, cafetière… ils ont tout emporté. Cette politique de Ouattara était redoutée depuis longtemps. Au cours de la crise postélectorale, un agent du journal Notre Voie, quotidien proche de la Majorité présidentielle de Laurent Gbagbo, a été tué par des partisans de Ouattara. L’émetteur de la RTI a été plus d’une fois saboté et des agents en service sur ce centre, également tués, brûlés par les hommes de Ouattara. Voilà le drame que vivent les journalistes en Côte d’Ivoire. Alors que la politique de Laurent Gbagbo était de discipliner le milieu des journalistes et des métiers de la communication par la loi à travers les organes de régulation, Alassane lui, règle directement ses comptes par la violence et les exécutions sommaires. Et cela se fait sous l’onction de l’ONU et de la France qui ont fait le coup d’Etat et lui ont remis son adversaire Laurent Gbagbo, comme mouton de sacrifice. Les souffrances des Ivoiriens s’intensifient donc. Et il est dommage que les médias français et ceux au service de l’occident, taisent les tueries de Ouattara, homme politique qu’ils présentent même comme un ange. Ses nombreux rebelles, lourdement armés par la France, entrent dans les maisons des gens considérés comme gênants pour Ouattara, et les exécutent.  Est-ce donc cela, la démocratie que prône la France ? Est-ce admissible, en France, que lorsque le pouvoir change de main, le nouvel homme fort tue tous les journalistes non complaisants ? Dans quel pays démocratique au monde, l’opposition journalistique, la liberté de la presse n’existe pas ? La France a ouvert la porte au drame ivoirien. Que l’humanité ouvre les yeux. Sinon elle aura sur la conscience, les tueries ciblées d’Alassane Dramane Ouattara. Comme le génocide du Rwanda. Il faut donc secourir les journalistes ivoiriens, parce que Ouattara va les décimer au cours des deux mois qu’il s’est fixés pour pacifier la Côte d’Ivoire.

Germain Séhoué

Source : Le Temps