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Pourquoi l’Afrique ne devait pas livrer Gbagbo à la CPI

Pour Mamadou Oumar Ndiaye, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais « Le Témoin », nombre de dirigeants africains sont toujours les pions de l’Occident. L’Afrique est décidément un continent maudit et dont les dirigeants actuels appartiennent à la pire espèce qui puisse exister sur terre ! Voilà donc le seul continent au monde dont d’anciens chefs d’Etat sont détenus actuellement à La Haye, aux Pays-Bas, en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour Pénale Internationale (CPI) devenue, par la force des choses, une Cour Pénale Africaine.

Bouc-émissaire de la CPI

En effet, les seules affaires instruites à ce jour par cette juridiction de Blancs pour juger des «Nègres » africains concernent sept pays du continent, à savoir l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Darfour, le Kenya, la Libye et la Côte d’Ivoire. Sept pays africains, et pas un seul d’une autre région du monde. Vous voyez comment on se fout de la gueule de l’Afrique ?

Le pire et le plus grand mépris, c’est que la plupart de ces Etats qui siègent au Conseil de sécurité des Nations-Unies et qui saisissent cette Cour de violations présumées des droits de l’homme voire de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité… ne sont pas signataires de la Charte de la même CPI !

Laquelle n’a donc pas le droit de juger leurs ressortissants qui appartiennent à une sorte de race aryenne qui serait supérieure à celle des êtres primitifs que nous serions. Ainsi, malgré les crimes abominables qu’ils commettent en Palestine, et les 1400 morts tués lors de l’opération Plomb durci à Gaza, en décembre 2008-janvier 2009 et malgré les conclusions accablantes du rapport Goldstone, ne vous attendez surtout pas à voir les dirigeants israéliens comparaître devant la CPI, encore moins à ce qu’ils soient emprisonnés à La Haye !

Non, encore une fois, un tel traitement de forçats et de galériens, on ne le réserve qu’à ces salauds d’Africains, surtout s’ils sont «Nègres » de surcroît, Arabes à la rigueur. Un Israélien à La Haye? Jamais! Quant à un Français, un Anglais ou un Américain, c’est tout simplement impensable! Ainsi fonctionne la «justice» internationale, à géographie variable et en fonction de la couleur de la peau… Selon que tu seras puissant ou misérable, disait La Fontaine. On pourrait ajouter: selon que tu seras Noir ou Blanc aussi…

Des Africains trahis par leurs propres frères

Hélas, comme du temps de la traite des «Nègres », lorsque c’étaient des Africains qui vendaient leurs propres frères aux négriers blancs, aujourd’hui encore, en plein XXIème siècle, la même pratique perdure. Ainsi, ce sont les dirigeants africains eux-mêmes, Nigeria en tête, hélas, qui ont livré l’ancien chef de l’Etat libérien, M. Charles Taylor, à la Cour Pénale internationale où il est détenu depuis. Une précision: c’est plus précisément le Tribunal spécial pour le Liberia qui a fait emprisonner Taylor, mais, pour nous, c’est tout comme.

C’est la «justice» des Blancs pour ces cons de «Nègres ». De même, c’est l’actuel président de la République de Côte d’Ivoire, M. Alassane Dramane Ouattara, président déclaré élu par la «communauté internationale» — en fait la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique — qui a remis son prédécesseur à la même CPI pour qu’il soit emprisonné à La Haye. Et à dix jours seulement des élections législatives en Côte d’Ivoire !

Curieuses élections législatives, du reste, puisque le chef du principal parti de l’opposition, détenu jusque-là à Korhogo, dans le nord du pays, est à présent livré à la justice des Blancs. Mais ce n’est pas tout puisque la plupart des dirigeants de ce parti, le Front patriotique ivoirien (FPI) sont soit en exil au Ghana, soit en prison, s’ils n’ont pas leurs avoirs gelés par le gouvernement du président Alassane Dramane Ouattara! Lequel vient aussi de jeter en prison trois journalistes ivoiriens.

Curieuse «victoire» aussi que celle de ce président Ouattara puisque acquise dans le nord de la Côte d’Ivoire contrôlé par ses milices armées, celles des Forces nouvelles, qui avaient refusé de désarmer et où, bien évidemment, ses partisans ont pu s’en donner à cœur joie, bourrant les urnes à volonté. Pas étonnant qu’il ait fait un triomphe dans ces contrées du Nord !

La mascarade ivoirienne

Il ne manquait plus dans ces conditions que les félicitations de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Et elles sont effectivement venues, ces félicitations! Président de la République sortant d’un pays dont la moitié Nord était occupée depuis septembre 2002 par une rébellion armée et financée par M. Alassane Dramane Ouattara, M. Laurent Gbagbo a demandé un recomptage des voix. Un crime aux yeux de la communauté internationale qui a réagi en envoyant les militaires français de la force Licorne bombarder son palais durant des jours et des nuits jusqu’à incendier le réduit dans lequel il s’était réfugié avec son épouse et ses enfants.

Après quoi, le président français Nicolas Sarkozy a organisé un simulacre d’arrestation par les Forces «républicaines» de Côte d’Ivoire composées de seigneurs de la guerre qui ont massacré des populations de l’Ouest ivoirien, plus précisément à Duekoué, dans leur marche vers la capitale économique ivoirienne. Des forces cette fois-ci entraînées, armées et transportées par la France, comme l’a notamment révélé Le Canard Enchaîné.

Et voilà qu’Alassane Dramane Ouattara, président à la légitimité douteuse, livre à la Cour pénale internationale, son adversaire politique, c’est-à-dire l’homme qui, à bon droit, a refusé de reconnaître sa victoire tirée par les cheveux! On dit que les affrontements post-électoraux de Côte d’Ivoire ont fait quelques 3000 morts. Soit. Mais il faut considérer que la moitié au moins de ces morts est imputable aux braves forces «républicaines» dont les chefs dirigent aujourd’hui la nouvelle armée de Côte d’Ivoire. Bien évidemment, la complicité de la France n’est pas à exclure.

Mais bon, M. Laurent Gbagbo au moins peut s’estimer heureux de se retrouver à La Haye puisque le pauvre Guide libyen Mouammar Kadhafi, lui, n’a pas eu cette chance. En effet, il a été tué au moment de son arrestation par des sbires du Conseil national de transition (CNT) qui dirige désormais la Libye, après que le convoi de véhicules dans lequel il avait pris place a été bombardé par des avions de l’Otan.

L’Otan, qui agissait en vertu d’un mandat de l’ONU, lui demandant d’instaurer… une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen. Apparemment, le convoi du Guide libyen volait dans les airs… Kadhafi connaissant beaucoup de choses sur les dirigeants occidentaux, pas question de risquer un procès devant la CPI !

Certes, son fils Seif El Islam a été arrêté mais les dirigeants du CNT ne sont pas franchement chauds pour le livrer à la CPI. Un simulacre de procès à Benghazi pour qu’il n’incrimine pas d’anciens collaborateurs de son père comme un certain Moustapha Abdeljalil, nouvel homme fort de la Libye «libérée», arrangerait beaucoup de monde !

En Afrique, l’Occident est roi

Pour en revenir à ces Africains qui livrent leurs frères à la CPI, c’est-à-dire la justice des Blancs, on apprend qu’un juge kényan vient de lancer un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar El Béchir déjà sous le coup de poursuites de la «justice internationale» c’est-à-dire de la CPI dont le fantasque procureur, Luis Moreno Ocampo, a lancé un mandat d’arrêt contre lui.

Prenant leur courage à deux mains, une fois n’est pas coutume, les chefs d’Etat membres de l’Union africaine ont refusé d’exécuter ce mandat. Il ne manque pas d’humour ce brave juge, ou alors il a la mémoire sélective, car dans son même pays, le Kenya, les affrontements post-électoraux de janvier 2008 avaient fait 1500 morts selon un bilan officiel publié le 25 mai entre partisans de Raila Odinga et de Mwai Kibaki.

Pour autant, aucun de ces deux dirigeants n’avait comparu devant la CPI puisque ces troubles particulièrement sanglants s’étaient conclus par… un accord de partage du pouvoir, le premier nommé devenant vice-président du second. Et ce, même si des seconds couteaux avaient été par la suite inculpés par l’inénarrable Luis Moreno Ocampo.

Laurent Gbagbo avait préconisé un scénario de sortie de crise à la kenyane, on lui avait répondu qu’une telle solution ne pouvait plus resservir! Et ce, alors qu’elle aurait pu, dès le départ, éviter au pays des Eléphants des milliers de morts… Que voulez-vous, la «communauté internationale» voulait à tout prix la peau de Gbagbo !

Reparlons des présidents africains qui avaient refusé d’exécuter le mandat d’arrêt contre leur collègue El Bachir du Soudan. Courageux, mais pas téméraires, il leur fallait bien donner des gages à leurs maîtres blancs, d’où la livraison du président Laurent Gbagbo dont même les chiffres de l’ONU ont reconnu qu’il avait obtenu près de 47 % des suffrages exprimés à la présidentielle de novembre dernier.

Autrement dit, c’est le président de presque un Ivoirien sur deux qui vient ainsi d’être livré comme un vulgaire malfaiteur à un procureur en fin de mandat qui, durant tout le temps qu’il a été en poste, n’a fait que pourchasser des Africains. Outre Gbagbo et Charles Taylor, les prisons de La Haye renferment en effet le sénateur et ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, ainsi que de pauvres diables congolais comme Thomas Lubanga et autres.

Bref, dans les prisons de la CPI à La Haye, on ne trouve ni Asiatiques, ni Latino-Américains, ni Nord-Africains, encore moins des Asiatiques, seulement des Africains. Il n’y a pas à dire, nos dirigeants sont de vrais salopards !

Mamadou Oumar Ndiaye

Directeur de la rédaction de l’hebdomadaire sénégalais Le Témoin

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Intégralité de la première audience de comparution du Président Gbagbo à la CPI

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, était hier lundi 5 décembre 2011, dans le box des accusés de la CPI (Cour pénale internationale) pour répondre aux questions d’ordre technique concernant l’ouverture de son probable procès.

Il avait troqué son éternelle chemise africaine pour une chemise blanche et une cravate.

Face à lui, à l’autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis Moreno- Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un mandat pour crimes contre l’humanité.

La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc prend la parole : « Je vous souhaite la bienvenue ».

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui l’entourent, aussi. Il boutonne sa veste.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Maintenant je voudrais m’adresser à monsieur Gbagbo et lui demander de bien vouloir se présenter. Je vous prie monsieur de vous lever. Je vous invite à nous dire quel est votre nom ainsi que votre date et lieu de naissance et votre profession actuelle.

Laurent Gbagbo : Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me donner la parole. Je m’appelle Laurent Gbagbo, je vois ici Laurent Koudou Gbagbo. Koudou c’est aussi mon nom. Mais officiellement sur mes papiers, c’est Laurent Gbagbo. Donc l’affaire indique bien qu’il s’agit de moi.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie, mais il nous faut connaître votre date de naissance et votre profession ?

Laurent Gbagbo : Je suis né le 31 mai 1945, à Gagnoa en République de Côte d’Ivoire.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Merci beaucoup. Bien sûr, je constate que vous parlez le français, vous le parlez parfaitement.

Laurent Gbagbo : Oui, je ne parle que français, malheureusement !

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je crois qu’il est utile avant de commencer de clarifier la nature et la portée de cette audience. Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas aujourd’hui d’un procès, mais d’une audience de confirmation des charges. Aucun élément de preuve ne sera recueilli ni présenté. Il n’y aura pas non plus des questions touchant à la culpabilité ou à l’innocence de monsieur Gbagbo. La portée de cette comparution initiale est limitée à trois questions conformément à l’article 61-60/1 du statut de Rome et l’arrêt 121/ 1 du règlement de procédure des preuves qui définissent l’objet de la présente audience de la façon suivante : premièrement, la Chambre Préliminaire doit s’assurer que la personne ayant fait l’objet du mandat d’arrêt a été informé des crimes qui lui sont reprochés. Deuxièmement, que la Chambre Préliminaire doit s’assurer que cette personne a été informée de ses droits tels que garantis par le statut. Et enfin, la Chambre Préliminaire doit fixer une date à laquelle elle a l’intention de tenir une audience relative à la confirmation des charges. Par conséquent, la Chambre va aborder de manière consécutive les trois questions faisant l’objet de l’audience d’aujourd’hui. Premièrement, mes collègues et moi, avons besoin de savoir comme cela a été exigé par l’article 60 du statut de Rome, si vous avez été informé des crimes qui vous sont reprochés. Monsieur Gbagbo s’il vous plait ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame. J’ai été informé.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Est-ce que vous souhaitez qu’on vous relise les crimes qui vous sont reprochés dans le mandat d’arrêt ?

Laurent Gbagbo : Je pense que ce n’est pas nécessaire madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Monsieur Gbagbo, la Chambre doit aussi s’assurer que vous avez été informé de l’ensemble de vos droits tels qu’ils sont inscrits par le statut de Rome, notamment, l’article 67. Est-ce que vous avez été informé de vos droits ?

Laurent Gbagbo : Oui, madame.

Silvia Fernandez de Gurmendi : Je vous remercie. De toute façon, je voudrais répéter certains de ces droits, qui sont d’une importance particulière à ce stade de la procédure. Je vais rappeler que vous avez, entre autres, les droits suivants : vous avez le droit d’être informé, dans le plus court délai, et de façon détaillée, de la nature de la cause et de la teneur des charges dans une langue que vous comprenez et parlez parfaitement. Vous pouvez également disposer de l’assistance gratuite d’un interprète, si jamais le besoin se fait sentir et bénéficier de traduction nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’équité. Vous avez le droit à disposer du temps pour faciliter si nécessaire la préparation de votre défense et communiquer librement et confidentiellement avec les conseils de votre choix. Vous avez le droit de garder le silence et vous ne pouvez pas être forcé de témoigner contre vous-même ou de vous avouer coupable. Vous pouvez également faire des déclarations dans le cadre de votre réponse sans que cela ne se fasse sous serment. Finalement, outre toute autre communication, comme prévu par le statut, les procureurs doivent communiquer dès que cela est possible, les éléments de preuves en leur possession ou à leur disposition qui vous disculpent ou qui tendent à vous inculper ou à atténuer votre culpabilité ou qui pourraient entamer la crédibilité des éléments de preuves à charge. Monsieur Gbagbo, je m’adresse à vous une nouvelle fois pour savoir si vous avez des observations à formuler sur les conditions de votre remise à la Cour Pénale Internationale ainsi que sur les conditions de votre détention au siège de la Cour à La Haye depuis votre arrivée ?

Laurent Gbagbo : Madame, les conditions de ma détention à la Cour ici à La Haye sont correctes. Ce sont des conditions normales de détention et même plus humaines. Mais ce sont les conditions de mon arrestation qui en sont moins. J’ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises. Président de la République, la résidence du président de la République a été bombardée du 31 mars au 11 avril. C’est dans ces décombres-là le 11 avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères la bombardaient. C’est dans ces conditions-là que j’ai été arrêté. J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’Intérieur Tagro. J’ai vu mon fils aîné qui est encore détenu en Côte d’Ivoire. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi on l’a arrêté. Est-ce parce qu’il est mon fils ? J’ai vu mon médecin personnel qui était avec moi, le docteur Blé qui est encore à Korhogo. Je l’ai vu partir. J’ai cru même qu’il allait mourir. Dieu merci, il n’est pas mort. Tagro, mon ministre de l’Intérieur, a eu moins de chance. Je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès. Mais je veux dire que les conditions de mon arrestation sont celles-là. C’est l’armée française qui a fait le travail. Et elle nous a remis aux forces d’Alassane Ouattara qui n’étaient pas encore les forces régulières de Côte d’Ivoire. Puisque les forces régulières travaillaient avec moi. On nous a donc amené à l’hôtel du Golf qui était le siège de campagne de M. Alassane Ouattara le 11 avril. Et le 13 avril, l’Onuci nous a transférés moi et mon médecin personnel à Korhogo qui est à peu près à 600 km au Nord de la Côte d’Ivoire. J’étais logé dans une maison. Il y avait un lit, une moustiquaire, une douche. J’avais deux repas par jour à ma demande parce qu’on m’avait proposé trois. Généralement, je ne mange pas trois repas par jour. Je n’en mange que deux. Donc, le problème n’était pas là. Mais je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Les quelques rares fois où j’ai vu le soleil, c’est quand mes avocats sont venus. Ils ont vécu des difficultés. Maître Altilt est allé jusqu’à Korhogo. Il a fait deux jours dans cette ville. On l’a empêché de me rencontrer. Ça été tout le temps une bataille entre les avocats et mes geôliers. Je pense que ce n’est pas correct. Là aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens. J’essaie de décrire ce qu’il y a à dire. L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel et sans pouvoir sortir. J’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà . Je ne suis plus un jeune homme comme vous le voyez Madame. Je ne suis plus un jeune de 20 ans ou de 30 ans. J’ai aujourd’hui 66 ans. Aujourd’hui, j’ai mal à l’épaule, à tous les poignets. Quand je suis arrivé ici même, heureusement on m’a fait des radios, on me donne des médicaments. Voilà ce que je souhaitais dire. Sur mon transfert à La Haye, Madame je suis toujours surpris par certains comportements. Si on m’informe que je vais à La Haye, je monte dans l’avion et je viens à La Haye. Mais là encore on nous a trompé. On m’a appelé pour me dire que j’allais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire. On a attiré mes avocats là-bas. Pendant qu’on discutait, un juge d’application des peines est arrivé avec un papier que je n’ai d’ailleurs pas lu. ‘‘Voilà le mandat d’arrêt. Donc, immédiatement, il faut qu’on fasse une séance’’. Ils ont improvisé une séance alors que mes avocats n’étaient pas préparés à cela. Moi, non plus. Ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la Cour donne son autorisation à mon enfermement. Madame, je ne regrette pas le fait que je sois là . On va aller jusqu’au bout. Mais je dis qu’on peut faire les choses un peu plus normales. On n’a pas besoin de se cacher. J’ai dirigé ce pays pendant dix ans. Je n’ai pas fait cela. Lorsque cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention. Et puis un moment, j’ai vu qu’on dépassait ce lieu de détention. Je lui ai signalé cela. Il m’a dit ceci : ‘’on va à l’aéroport parce qu’il n’était pas éclairé. A partir de 18 h 30, il faut que l’avion s’envole’’. Je lui ai demandé où je partais en avion. Il n’a même pas eu le courage de me dire que je venais à La Haye. Il m’a dit que je venais à Abidjan. Alors, j’ai ri parce que j’avais compris. C’est comme cela que je suis venu sans rien à part mon pantalon et ma chemise. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien. Cela fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté, qui n’ont pas envie de comparaître. Si on m’accuse, c’est qu’on a des éléments de preuves pour m’accuser. Donc, je comparais. Je vais voir ces éléments de preuves. Je vais les confronter à ma vérité à moi et puis vous jugerez. Mais ce n’est pas bon que l’on essaie de jouer des petits tours de passe-passe. Madame, voilà ce que je voulais dire. Sur les conditions d’arrestation, de transport et de transfert. Voilà Madame. Ici, je vis normalement. Je n’ai pas de problèmes.

L’audience de confirmation des charges qui pèsent contre le Président Laurent Gbagbo, a été fixée au 18 juin 2012 par la Cour pénale internationale.

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo à la CPI

L’hypothèse tant redoutée par les ivoiriens depuis des semaines s’est produite. Le procureur d’Abidjan a reçu ce mardi un mandat du plaisantin et raciste argentin Moreno Ocampo demandant le transfèrement du président Laurent GBAGBO au Tribunal Pénal International. La justice de Côte d’Ivoire a décidé de livrer le Président Laurent GBAGBO au tribunal pénal international. Les événements se sont accélérés ces dernières 24h. En cours de journée, les avocats de Laurent Gbagbo ont été officiellement informés que le procureur d’Abidjan avait reçu un mandat de la CPI datant du 23 Novembre demandant à la justice ivoirienne de décider si oui ou non elle lui livrait Laurent Gbagbo. Cette dernière a décidé de le transférer à la Haye pour y être jugé.

Le président Laurent Gbagbo, accusé par Ocampo de je ne sais quoi a donc quitté mardi soir la Côte d’Ivoire pour la Haye.

Enquête sur les crimes en Côte d’Ivoire, le Communiqué de Katinan KONE, porte parole du président Laurent Gbagbo

Ce lundi 3 octobre 2011, la Cour Pénale Internationale a rendu public un communiqué  selon lequel, la Chambre Préliminaire III a autorisé  le Procureur de la République Près de cette Cour, à ouvrir une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Cote d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

Les juges ont par ailleurs demandé   au « Procureur de leur fournir toutes les informations supplémentaires qui sont à sa disposition sur les crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Suite à ce communiqué  de la CPI, le Président Laurent GBAGBO fait les observations suivantes:

A/ La Période couverte par l’enquête

L’autorisation de l’ouverture de  l’enquête donnée par la Chambre préliminaire ne concerne  que la période qui court à  partir du 28 novembre 2010. Le Président GBAGBO fait remarquer que  Cette période est celle demandée par monsieur Ouattara, partie prenante au conflit.

Le Président Laurent GBAGBO s’interroge sur la raison pour laquelle l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne concerne que la période demandée  par son adversaire, Monsieur Ouattara, alors que la chambre s’intéresse également aux crimes commis depuis 2002, qui est l’année de départ de la rébellion armée qui se réclame de Monsieur Ouattara. Pourquoi n’a-t-elle pas attendu d’avoir suffisamment d’informations sur le reste de la période de la crise pour laquelle, elle sollicite des informations supplémentaires.

La jonction des faits entre les deux périodes étant une évidence, il aurait été juste que la Chambre reçoive toutes les informations sur les deux périodes qui en fait, ne font qu’une seule, puisque la situation post électorale n’a été qu’une pique comme il y en a eu d’autres depuis la rébellion armée de 2002, dont tout le monde sait maintenant qu’elle agissait pour le compte du Président OUATTARA. L’alignement de la Cour sur la volonté d’une seule partie au conflit jette une suspicion sur sa décision. Cette suspicion se renforce lorsque l’on prend en compte les circonstances troublantes de l’ouverture de cette enquête

B/ Les circonstances de l’ouverture de l’enquête

Le Président Laurent GBAGBO tient à informer l’opinion publique nationale et internationale que l’autorisation d’enquête est intervenue le lendemain de la visite qu’a effectuée monsieur Michel MERCIER, le Garde des sceaux et Ministre de la Justice et des libertés du Gouvernement Français, le jeudi 29 septembre 2011. Au cours de cette visite, il a rencontré respectivement le Président de la Cour, Monsieur SANG HYAN SONG et Madame le Greffier en Chef, Madame Silvana ARBIA.

Cette visite est  intervenue immédiatement après celle effectuée par l’émissaire du Gouvernement Ivoirien, le ministre des droits de l’homme, qui s’est également rendu à la HAYE au siège de la CPI pour y rencontrer les responsables de cette Cour après avoir reçu préalablement par les autorités françaises. L’on se rappelle des déclarations qu’il a faites à la presse selon lesquelles, le transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI constituait la condition de la réconciliation  en Cote d’Ivoire et permettrait de dépassionner le débat sur les élections législatives.

Enfin, cette ouverture d’enquête intervient quelques jours seulement après la première rencontre que le Président Ouattara a  enfin daigné    accorder aux partis et groupements politiques qui sont proches du Président L. GBAGBO en vue de relancer le débat politique, condition sine qua non d’une vraie réconciliation.

Les visites de l’émissaire du Gouvernement ivoirien et de l’émissaire du Président SARKOZY, quelques jours seulement avant l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne peuvent nourrir que des suspicions sur la crédibilité de cette décision. Ces visites confirment le rôle politique que l’on veut faire jouer à la Cour. Le Président GBAGBO voit en la présence de l’émissaire du Président français à la HAYE, la manifestation visible de la pression politique que Monsieur SARKOZY exerce sur la Cour. Ce dernier continue d’utiliser le pouvoir d’Etat que le Peuple français lui a confié pour s’acharner contre lui et le peuple ivoirien.

Par ailleurs, Il faut bien s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir l’ouverture d’une enquête judicaire suffisamment politisée sur le débat politique qui semble s’amorcer en Cote  d’Ivoire. Le Président GBAGBO émet des doutes sérieux sur la volonté de ses adversaires à aller à la réconciliation nationale qu’ils disent pourtant rechercher.

En définitive, Le Président GBAGBO, reste  attaché  à la justice qui s’établit  sur la vérité des faits. Le Président GBAGBO tient à ce que le monde entier sache ce qui s’est passé  dans son pays. Il attend que l’on lui explique pourquoi, alors qu’il a été élu  démocratiquement en 2000, une rébellion armée dont l’on connait maintenant tous les parrains, a attaqué  son pays dans l’indifférence de la Communauté Internationale. Il voudrait savoir également pourquoi l’armée française a tué  les ivoiriens en 2004 et en 2011 dans le silence du monde entier.

Le Président GBAGBO  attend que la lumière soit faite sur tous ces crimes et tous les autres que l’on tente de cacher. Il attend que le droit soit dit et que justice soit rendue non pas seulement pour faire plaisir aux vainqueurs de la guerre illégale qui lui a été livrée; mais pour que enfin, la vérité soit définitivement connue sur la crise ivoirienne depuis 2002.  C’est à cette fin, qu’il a écrit au Secrétaire General de l’ONU, Monsieur BAN KI MOON, pour demander la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale à l’effet d’établir la réalité des tueries présumées des femmes d’ABOBO et d’en déterminer le cas échéant, les auteurs et les commanditaires. C’est pourquoi il dénonce l’activisme de ses adversaires déclarés qui vise à instrumentaliser la Justice pour l’écarter du débat politique, qu’il n’a de cesse de  réclamer même sous les bombes.

Etant engagé sans réserve dans le combat pour la souveraineté des peuples africains,  Le Président GBAGBO s’insurge  contre le fait que les juridictions ivoiriennes, expression de cette souveraineté soit dessaisies du simple fait de la volonté du Président SARKOZY, d’un dossier aussi important qui intéresse en premier chef le Peuple Ivoirien. Il est bon que l’opinion sache que le département des droits de l’homme de l’ONUCI émet aussi des réserves sur  l’éventualité d’un transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI, puisqu’il ne constitue pas une menace pour la paix sociale en Cote d’Ivoire.

Enfin, le Président Laurent GBAGBO  considère comme relevant de la diffamation, les propos relayés par certaine presse, notamment l’Agence France Presse (AFP) selon lesquels, la crise post électorale est née suit à son refus de reconnaitre la victoire de M.OUATTARA.  Ces propos le rendent responsable sans jugement et entame son honneur. Il tient à rappeler qu’il ne s’est pas autoproclamé  vainqueur de l’élection présidentielle. Il en a été reconnu vainqueur par une  décision souveraine du  Conseil Constitutionnel de son pays qui l’a investi également Président de la République. Il a instruit ses avocats d’analyser la possibilité de poursuites judiciaires contres les auteurs de telles affirmations.

Le Ministre KONE Katinan Justin,

Représentant et Porte-parole du Président GBAGBO

Lettre de Me Ceccaldi à Moreno Ocampo (CPI)

Paris, le 4 juillet 2011

Me Ceccaldi

A

Monsieur Louis MORENO OCAMPO

Procureur Unité des informations

et des éléments de preuve

Boîte 19519 2500 CM, La Haye PAYS-BAS

Objet : Affaire JAMARIHIYA ARABE LYBIENNE

Monsieur le Procureur,

La Jamahiriya Arabe Libyenne, dont j’assure la défense des intérêts, a pris connaissance par voie de presse de la décision rendue par la Chambre préliminaire au vu des conclusions que vous avez crû devoir unilatéralement tirer de vos investigations.
A titre préliminaire, elle entend dire qu’elle conteste avec force une enquête menée en fraude de ses droits, de ceux de ses dirigeants et de son Peuple.

Dans de telles circonstances, elle ne peut accepter d’être liée par une procédure attentatoire à son indépendance et à sa souveraineté et qui, au surplus, n’est pas le reflet impartial des faits.
A cet égard, il est clair qu’en vous affranchissant des règles de l’ordre juridique international, malgré les moyens considérables mis à votre disposition, vous avez décidé de vous conformer sciemment à l’environnement médiatique des faits dont vous étiez saisi.

A ce sujet, la Jamahiriya Arabe Libyenne affirme que vous avez repris à votre compte, et sans aucun esprit critique, la campagne médiatique de grande ampleur visant à la discréditer et à discréditer les Libyens.

L’alignement pur et simple de votre enquête sur cette entreprise de « diabolisation » d’un Etat libre, indépendant et souverain est contraire à l’esprit et à la lettre de l’acte fondateur de la Cour dont vous dirigez l’autorité de poursuite.

Il a pour résultat pratique de cacher ou de travestir certains faits et d’induire ainsi volontairement en erreur la communauté internationale sur les responsabilités réellement encourues.

Pour prendre l’exacte mesure de la portée effective et de l’amplitude des manquements de vos travaux à l’ordre international public, il est nécessaire de dégager les principes enfreints.
Ces principes sont ceux dégagés notamment par le Pacte international des droits civils et politiques et la Convention européenne des droits de l’homme auxquels s’est référé le Conseil de sécurité quand il a fallu élaborer le statut des tribunaux pénaux internationaux.

L’article 21 paragraphe 3 du statut de votre Cour fait, quant à lui, explicitement référence « aux droits de l’homme internationalement reconnus ».

Le droit à une procédure équitable est l’une des pierres angulaires de ces droits.
Votre posture, et à la suite celle de la Chambre préliminaire, me conduit à vous rappeler trois des garanties spécifiques du droit à une procédure équitable :

– droit à un juge impartial, ce qui suppose l’absence de parti pris ;

– droit à être informé, dans le plus court délai, de la nature de l’accusation ;

– droit d’interroger ou faire interroger les témoins à charge et obtenir la convocation et l’interrogation des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge.

Cette précision apportée deux séries de considérations seront formulées.

Première série de considérations. Votre saisine s’inscrit dans l’ordre public international, c’est-à-dire d’un ordre public commun aux Etats membres des Nations Unies.
La référence à l’ordre public international souligne l’intensité, par nature, des engagements et des obligations de votre Bureau à raison de l’exigence d’équité.

Deuxième série de considérations. Cette portée exigeante aurait dû se traduire doublement par une obligation de caractère positif, d’une part, de résultat, d’autre part.

– Une obligation de caractère positif. La résolution du Conseil de sécurité vous saisissant fixait l’objectif de l’enquête : elle devait être impartiale, équitable, contradictoire.

– Une obligation de résultat. Vous aviez peut-être le choix des moyens propres à fournir le résultat demandé, la poursuite des auteurs des crimes prévus et réprimés par le statut de Rome, mais si ce résultat n’a pas été atteint dans les formes requises, votre Bureau se trouve par la même en faute.

En d’autres termes, votre Bureau et vous-même, qui n’étiez investis que de compétences fonctionnelles strictement circonscrites à la réalisation de l’objet de votre saisine, avaient certes le choix des moyens mais sous la condition de satisfaire aux exigences du principe d’équité.

C’est donc à la lumière de ces obligations que ce qui peut être déduit de votre manière de faire sera analysé.

Les problèmes que posent prima facie votre enquête sont au nombre de deux.

Le premier, et vous n’y avez attaché aucune importance, c’est le problème de la nécessité et de l’existence de la protection des droits fondamentaux de l’ordre international public c’est-à-dire des normes acceptées et reconnues par la communauté internationale des Etats dans son ensemble en tant que normes à laquelle aucune dérogation n’est permise.

Sur ce point, je ne vois pas la possibilité d’une double éthique sélective, l’une applicable aux Etats puissants, l’autre aux Etats les plus faibles et qui divergeraient dans leur essence même et dans les valeurs qu’elles consacrent.

Le second problème qui, découle du précédent, est celui de l’opacité, du flou et de l’incertitude qui entourent les circonstances de votre enquête.

A cet égard, je vous rappelle que vous aviez l’impératif devoir d’éclaircir par un examen impartial et consciencieux les faits objet de votre saisine en procédant avec loyauté et dans le souci du respect du droit car, et vous le savez mieux que quiconque, « justice must not only be done it must also be seen to be done ».

Or, à la lumière de ce que révèle vos prises de position publiques il est de l’ordre de l’évidence que votre Bureau, et à la suite la Chambre préliminaire, a entériné purement et simplement les déclarations de prétendues ou supposées victimes sans exercer le moindre contrôle sur leurs motifs et leur exactitude.

Au cas présent, le climat compassionnel dont on a entouré à dessein des témoins anonymes réputés toujours dignes, faibles, francs, infaillibles à balayé prudence, doute, objectivité, recoupements et vérifications. Ce mode opératoire présente de nombreux points communs avec d’autres exemples avérés de manipulations désastreuses de la vérité dans les domaines judiciaire ou politique puisque l’on y retrouve la même écoute complaisante des victimes, ou qui se prétendent telles, la même pression de l’opinion publique, les mêmes dérives médiatiques.

En face d’un tel déferlement, le seul moyen de vérifier si les informations sont vraies est de confronter les discours à des éléments objectifs d’appréciation, ce que vous avez privé la Jamahiriya Arabe Libyenne du droit de faire.

Dans ce contexte, un discours unique s’est imposé, crédibilisé, au cas présent, par la décision de la Chambre préliminaire.

Certes, la règle d’une enquête est de ne jamais exclure la possibilité que ce qui est dénoncé a effectivement eu lieu, elle a cependant pour corollaire de pouvoir étayer les accusations.

Votre bureau n’a pas, semble-t-il fait cet effort car sa méthode a, à l’évidence, consisté à prendre pour vrai, à la lettre et de manière répétitive, en respectant un scénario immuable, les récits anonymes qui lui ont été présentés.

La faiblesse de la méthode saute aux yeux : rien de fiable ne peut émaner d’un support reposant sur des données truquées qui, au surplus, font partie d’un plan d’ensemble.

Concernant la Jamahiriya Arabe Libyenne ce plan a été conçu sur la base de stéréotypes diabolisants, systématiquement repris par les médias et la communauté internationale.

A partir de cette dynamique de diabolisation la spirale corrélative de l’injustice vertueuse et du double standard s’est installé d’elle-même.

Or, si l’on reprend la chronologie et les faits, avec le recul qui s’impose, il est de l’ordre de l’évidence que les choses ne se sont pas vraiment produites comme l’affirment ceux, qui n’ont cessé d’attiser le feu en se faisant l’écho de fausses informations.

C’est pourquoi, la Jamahiriya Arabe Libyenne entend dès à présent prendre date en vous rappelant que le respect du contradictoire est un principe général du procès international dont le non-respect est une violation grave d’une règle fondamentale entraînant la nullité des actes accomplis (en ce sens Comité ad hoc CIRDI, 3 juillet 2002, Campania de Aguas del Aconquija SA et Vivendi Universal c/ Argentine, vol 125, pp 58-97, spéc p 86, 85 : le droit pour les parties d’être mises en condition de présenter leur argumentation est une règle fondamentale de procédure).

Au cas présent, votre « procédure », car c’est ainsi que vous qualifiez sur le plan formel vos actes, laisse en suspens une série de questions.

Première question : avez-vous dressé un plan d’action ? Ce plan a-t-il été validé par le Conseil de sécurité des Nations Unies et/ou par le secrétaire général ? Dans l’affirmative, à quelle date et sous quelle forme ? Dans la négative, pourquoi ?

Deuxième question : ce plan a-t-il fait l’objet d’une évaluation de faisabilité. Dans l’affirmative par qui ? Dans la négative, pourquoi ?

Troisième question : ce plan prévoyait-il un schéma d’enquête, de collecte de renseignements et d’éléments de preuves ? La sécurité et la continuité de la preuve étaient elles assurées ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ?

Quatrième question : comment vos agents et vous-même avez-vous eu accès aux plaignant(es) ? Sur quels critères de crédibilité avez-vous fondé votre choix des témoignages ?

Cinquième question : avez-vous bénéficié d’une assistance du prétendu Conseil National de Résistance (CNT) ? Dans l’affirmative laquelle ? Avez-vous été aidé, assisté ou accompagné par des membres de cette organisation et, d’une manière plus générale, par un organisme sous son contrôle ou en dépendant directement ou indirectement ?

Sixième question : les concours qui vous ont été prêtés avaient-ils pour seul but la manifestation de la vérité ou poursuivaient-ils également un objectif politique ? Dans l’affirmative lequel ?

Septième question : avez-vous enquêté sur les crimes commis dans les zones sous contrôle du CNT ? Dans l’affirmative entendez-vous poursuivre ses dirigeants et les auteurs de ces crimes ? Dans la négative, pourquoi ?

Ces questions font naître un doute légitime sur l’impartialité qui a présidé à votre enquête.
Il s’ensuit que la Jamahiriya Arabe Libyenne, ses dirigeants et son Peuple ont fait l’objet d’un traitement autant partial que discriminant.

En fait, l’expression dans les actes de votre Bureau d’un manquement au principe d’impartialité ne vous a pas permis d’aborder l’enquête de manière juste et équitable alors qu’à l’inverse votre légitimité aurait dû résulter de votre impartialité.

Enoncée dans les textes internationaux et notamment la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, la qualité d’impartialité est indispensable et inséparable de l’œuvre de Justice et de paix de l’article I-1 de la Charte des Nations Unies.

Comment s’étonner dès lors que, dans de telles circonstances de fait et de droit, la pratique de la justice internationale heurte la philosophie des textes qui l’inspire, a fortiori si ses acteurs agissent selon les souhaits ou avec l’accord des Etats puissants, dont les dirigeants continuent de bénéficier, quant à eux, d’une quasi impunité.

Dans le cadre de vos fonctions, vous n’ignorez pas que ces Etats visent à « verrouiller » la justice internationale en déconstruisant le droit tel qu’il s’était développé avec les principes généraux de la Charte des Nations Unies, les Conventions de Genève de 1949 et l’avancée majeure que représente leur Protocole additionnel I de 1977.

Leur but est d’instaurer ainsi dans le droit lui-même une justice à géométrie variable pour laquelle les guerres d’agression – celle déclarée à la Jamahiriya Arabe Libyenne en est une – menées par les pays occidentaux deviendraient, au choix, de la « légitime défense préventive » ou des interventions « humanitaires » pour lesquelles bombardements ou les fournitures d’armes à une partie, ne seraient plus des crimes.

Au cas présent il est de l’ordre de l’évidence que l’OTAN, sous l’impulsion, le commandement et l’égide des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, commet intentionnellement des actes en violation de l’article 85 du Protocole additionnel de 1977.
Je vous rappelle que cet article est ainsi rédigé :

«… 3. outre les infractions graves définies à l’article 11, les actes suivants, lorsqu’ils sont commis intentionnellement, en violation des dispositions du présent Protocole, et qu’ils entraînent la mort ou causent des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé, sont considérés comme des infractions graves au présent Protocole :

a) Soumettre la population civile ou des personnes civiles à une attaque.

b) Lancer une attaque sans discrimination atteignant la population civile ou des liens de caractère civil, en sachant que cette attaque causera des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou dommages aux liens de caractère civil, qui sont excessifs au sens de l’article 57, paragraphe 2 a….

c) Lancer une attaque contre des ouvrages ou des installations contenant des forces dangereuses, en sachant que cette attaque causera des pertes en vies humaines, des blessures aux personnes civiles ou des dommages aux personnes civiles ou des dommages aux liens de caractère civil, qui seront excessifs au sens de l’article 57.2.a.iii ;

d) Soumettre à une attaque des localités non défendues et des zones démilitarisées.
Sous réserve de l’application des Conventions et du présent Protocole les infractions graves à ces instruments sont considérées comme des crimes de guerre. »

De son côté l’article 8.2.b du statut de Rome définit le crime de guerre dans ces termes.
« 1. La Cour a compétence à l’égard des crimes de guerre, en particulier lorsque ces crimes s’inscrivent dans un plan ou une politique ou lorsqu’ils font partie d’une série de crimes analogues sur une grande échelle.

2. Aux fins du Statut, on entend par crimes de guerre :

a) Les infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949, à savoir les actes ci-après lorsqu’ils visent des personnes ou des biens protégés par les dispositions des Conventions de Genève :

i)L’Homicide intentionnel ;

(…)

b) Les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux dans le cadre établi du droit international, à savoir les actes ci- après :
i) Le fait de lancer des attaques délibérées contre la population civile en général ou contre des civils qui ne prennent pas directement part aux hostilités ;

ii) Le fait de lancer des attaques délibérées contre des biens civils qui ne sont pas des objectifs militaires ;

(…)

iii) Le fait de lancer une attaque délibérée en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines et des blessures parmi la population civile, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu.

(…)

xx) Le fait d’employer les armes, projectiles, matériels et méthodes de combat de nature à causer des maux superflus ou des souffrances inutiles ou à agir sans discrimination en violation du droit international des conflits armés, à condition que ces moyens fassent l’objet d’une interdiction générale et qu’ils soient inscrits dans une annexe au présent Statut, par voie d’amendement adopté selon les dispositions des articles 121 et 123 ».

D’autre part, vous ne pouvez ignorer que la définition actuelle de l’agression en droit est l’œuvre de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

D’autre part, vous ne pouvez ignorer que la définition actuelle de l’agression en droit international est l’œuvre de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

En effet, elle a adopté le 14 décembre 1974, à sa XXIXème session, la résolution 3314 qui a élaboré, en formulant une définition de l’agression, l’outil conceptuel permettant de l’identifier en tant que violation du principe – cristallisé par l’article 2 paragraphe 4 de la Charte – de prohibition de l’emploi de la force.

Aux termes de l’article 1 de cette résolution l’agression s’entend de « L’emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat, ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies ».

L’article 3 de la définition de l’agression annexée à la résolution 3314 énumère une série d’actes de force qui, constituent des actes d’agression qu’il y ait eu ou non une déclaration de guerre.

Les actes en question sont :

c) Le bombardement, par les forces armées d’un Etat, du territoire d’un autre Etat, ou l’emploi de toutes armes par un Etat contre le territoire d’un autre Etat ;

d) L’attaque par les forces armées d’un Etat contre les forces armées terrestres, navales ou aériennes, ou marine et l’aviation civiles d’un autre Etat ;

[…]

g) L’envoi par un Etat ou en son nom de bandes ou de groupes armés, de forces irrégulières ou de mercenaires qui se livrent à des actes de force armée contre un autre Etat d’une gravité telle qu’ils équivalent aux actes énumérés ci- dessus, ou le fait de s’engager d’une manière substantielle dans une telle action ».

Sur ces bases un constat s’impose :

L’intervention armée de l’OTAN contre la Jamahiriya Arabe Libyenne est une agression au sens de la Charte des Nations Unies et de la résolution 3314.

Cette guerre soumet la population civile d’un Etat libre, indépendant et souverain à des attaques systématiques et généralisées, qui atteignent la population civile et des biens de caractère civil alors que leurs auteurs ne peuvent ignorer que sont causés ainsi des pertes en vies humaines et des dommages aux biens.

Or, le chapitre titré zone d’exclusion aérienne de la résolution 1973 (2011), adoptée par le Conseil de sécurité le 17 mars 2011, est ainsi rédigé :

« 6. Décidé d’interdire tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya Arabe Libyenne afin d’aider à protéger les civils ».

Le texte est clair et ne prête pas à interprétation.

En ce qui la concerne le Jamahiriya Arabe Libyenne entend dire et affirmer avec force qu’à aucun moment elle ne s’est livrée à des actes de violence contre son peuple.
Le temps venu elle démontrera que sur ce point elle est l’objet d’une vaste instrumentalisation polico-médiatique qui a pout but de tromper, de faire croire un message mensonger afin, d’une part, d’induire volontairement en erreur la communauté internationale sur les responsabilités réellement encourues et de dissimuler, d’autre part, les objectifs réels poursuivis par les auteurs de l’agression.

Il reste que sur la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité les Etats, les coalitions d’Etats ou les groupements d’Etats ne remplissent aucune fonction exécutive mais doivent se conformer – les résolutions établissant un rapport vertical entre le Conseil de sécurité et leur cible – purement et simplement à celles qui leur sont adressées.

Dans ce contexte l’OTAN, et les Etats membres de l’OTAN, devait agir au titre d’une compétence liée, de sorte qu’il ne disposait d’aucune marge d’appréciation autonome et ne pouvait modifier les motifs, la portée et les effets de la résolution 1973 (2011) car, de même qu’elle n’est pas juge des motifs qui inspirent les résolutions du Conseil de sécurité, l’OTAN, et ses Etats membres, n’est pas juge du bien fondé des mesures et procédures y afférentes, instaurées par celui-ci.

Dans les faits, les motifs cachés du projet de résolution 1973 (2011) présentés par la France et le Royaume Uni, qui sont à l’origine des frappes en Libye, sont clairement révélés par les prises de position et les menaces qui caractérisent les interventions répétées des Représentants de la France, du Royaume Uni, et des Etats-Unis ce qu’annonçait déjà l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan RICE, en déclarant, avant l’adoption de la résolution précitée, que le Conseil de sécurité devrait envisager « d’aller au-delà d’une simple zone d’exclusion aérienne ».

En réalité, les déclarations récentes du Secrétaire Général de l’OTAN – Anders Fogh RASMUSSEN – révèlent explicitement la vraie nature de l’intervention armée d’une Organisation qui a sciemment choisi de se placer en marge de l’ordre international sans avoir ni la compétence voulue ni l’autorité nécessaire pour procéder ainsi qu’elle le fait.

Dans des interviews accordées à la presse occidentale, le Secrétaire Général de l’OTAN annonce tout à la fois que l’Organisation qu’il dirige a décidé, sans avoir mandat du Conseil de sécurité, de poursuivre « la mission autant qu’il le faudra » en prolongeant de trois mois pour ce faire sa « mission militaire » (sic) car, selon lui, « la question n’est pas de savoir si Kadhafi (resic) va tomber mais quand ».

Dans le même temps, la presse occidentale a révélé notamment que le Ministère britannique de la Défense a envoyé une « dizaine de conseillers » sur le sol libyen et que, toujours d’après des sources militaires britanniques : « Les anciens (!) membres des forces spéciales SAS conseillent les rebelles libyens autour de Misrata et informent le quartier général de l’OTAN à Naples sur les positions et les mouvements des forces loyales à Kadhafi. Les cibles potentielles sont ensuite confirmées par des avions de reconnaissance de l’OTAN ou des drones de l’US Air Force. Ces hommes sont sur place avec le soutien de la France, de la Grande Bretagne et de leurs alliés de l’OTAN, qui n’ont pas envie de les reconnaître officiellement (!!) mais les ont équipés (!!!) avec du matériel de communication ».

De son côté, la république Française ne fait preuve d’aucun scrupule en livrant des armes de fort calibre – obusiers, canons – et du matériel militaire offensif – blindés – aux rebelles.

Cette intervention de la France est d’autant plus irresponsable que l’on soit maintenant avec certitude qu’une partie de l’arsenal des rebelles alimente tant les éléments terroristes que l’armée algérienne affronte que l’organisation Aqmi dont les activités militaires, qui s’étendent du Niger à la Mauritanie, sont susceptibles à terme de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne.

Elle est également criminelle car il n’y a pas lieu de discuter ici du fait que si ces livraisons d’armes n’ajoutent rien à la sécurité des libyens, en revanche elles auront pour effet direct de renforcer la capacité opérationnelle des mouvements terroristes ce qui entraînera inéluctablement des pertes en vies humaines en Algérie, au Mali et au Niger ce dont la France est désormais comptable.

En grossissant le trait, on pourrait se demander si l’alibi de la protection de la population civile libyenne sur le plan de laquelle la France entend se placer pour justifier l’injustifiable ne s’avère pas inversement proportionnelle à la gravité des atteintes qu’elle porte, en procédant comme elle le fait, à la paix et à la sécurité de la région.

Selon la formule évangélique, elle « filtrerait le moustique et laisserait passer le chameau ».

La violation de la Charte des Nations Unies se déduit de ces données objectives. Deux éléments principaux la caractérisent :

– Le premier est qu’en utilisant à d’autres fins la résolution 1973 (2011) et les mesures y instaurées par le Conseil de sécurité, l’OTAN exerce ses interventions dans un but autre que celui qui lui a été conféré par cette résolution ;

– Le second élément a une autre portée qui est loin de représenter une réflexion abstraite.
En procédant ainsi qu’elle le fait, l’Organisation de défense de l’Atlantique Nord (OTAN) et ses Etats membres, transgressent volontairement la Charte des Nations Unies en substituant d’autorité une compétence qu’ils n’ont pas, à celle que la Charte confère à l’organe principal du maintien de la paix, le Conseil de sécurité.

Il en résulte que l’OTAN, sous la direction de fait et de droit des Etats-Unis, du Royaume Uni et de la France, outrepasse de façon arbitraire le périmètre d’application de la résolution 1973 (2011) alors qu’elle n’a ni le droit, ni le pouvoir, ni la légitimité de se substituer au Conseil de sécurité des Nations Unies, sauf à considérer que le recours à la force ou l’intervention militaire des grands et des puissants, quelles que soient les circonstances ou les prétextes invoqués, a aboli désormais de facto les principes de non recours à la force et d’égalité souveraine des Etats consacrés dans le droit international et par la Charte des Nations Unies.

Un tel comportement est aussi dangereux qu’illégitime car il est susceptible de déboucher, à terme, sur un renversement des valeurs du système des Nations Unies en érigeant en règle, d’une part, la politique du fait accompli, d’autre part, l’impunité des Etats puissants, l’une et l’autre étant contraire à l’essence même des buts et des objectifs que les Peuples des Nations Unies se sont assignés en adoptant la Charte de San Fransisco.

La relation directe qui existe entre la violation de la résolution 1973 et l’intervention de l’OTAN donne à celle-ci sa vraie nature : une guerre d’agression.

On ne discutera pas le fait que l’agression est un crime de guerre.

C’est selon les termes du Tribunal de Nuremberg « Le crime international suprême ne diffère des autres crimes que du fait qu’il les contient tous ».

L’Assemblée Générale des Nations Unies n’a rien dit d’autre en proclamant solennellement dans la résolution 2625 du 24 octobre 1970 « qu’une guerre d’agression constitue un crime contre la paix, qui engage la responsabilité en vertu du droit international ».

Je vous renvoie ici au 7ème préambule du statut de votre Cour qui réaffirme les buts et les principes de la Charte des Nations Unies, en particulier l’obligation pour tous les Etats de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Au cas présent, il résulte une relation évidente, étroite, voire indissoluble entre l’acte collectif d’agression commis par l’OTAN et ses Etats membres et les conséquences de cette agression : pertes en vies humaines, tentatives d’assassinat contre les dirigeants de la Jamahiriya Arabe Libyenne, assassinats de leurs proches, destruction des biens civils.

En l’espèce, les déclarations des responsables de l’OTAN, de son Secrétaire Général au Chef des opérations, et celles des dirigeants de ses Etats membres, du Président OBAMA au Président SARKOZY, il résulte que les Etats membres de cette organisation ont pour seul objectif non pas de protéger la population civile Libyenne mais de renverser par la force les Autorités d’un Etat libre, indépendant et souverain.

La programmation de l’intervention armée, la poursuite des opérations militaires, l’aide militaire et l’assistance opérationnelle apportées sans relâche aux rebelles est la preuve, d’une part, que l’action de l’OTAN et de ses Etats membres s’inscrit dans le cadre « d’un plan ou d’une politique » concertés, d’autre part, que les crimes contre les personnes et les biens commis à cette occasion sont la conséquence directe de la mise en œuvre de ce plan ou de cette politique.

La compétence rationae materiae de votre Cour résulte de ce constat et, de l’application mécanique aux faits, des éléments constitutifs des « crimes de guerre » définis par l’article 8 de son statut.

Je vous rappelle à cet égard que la résolution 1970 adoptée par le Conseil de sécurité le 26 février 2011 vous a saisi « de la situation qui règne en Jamahiriya Arabe Libyenne depuis le 15 février 2011 ».

Je vous rappelle également que la résolution 1973 (2011) adoptée par le Conseil de sécurité le 17 mars 2011 a souligné « que les auteurs d’attaques y compris aériennes et navales dirigées contre la population civile, ou leurs complices doivent répondre de leurs actes ».

Vous avez donc la compétence nécessaire et l’autorité voulue pour engager des poursuites, en vertu du mandat que vous a confié le Conseil de sécurité, contre les « Chefs militaires et autres supérieurs hiérarchiques » des Etats membres de l’OTAN dont « les forces placées sous leur commandement et leur contrôle effectifs, ou sous leur autorité et leur contrôle effectif » commettent au sens de l’article 8, des crimes de guerre en Jamahiriya Arabe Libyenne.

L’intervention militaire illicite des Etats membres de l’OTAN étant d’une ampleur et d’une durée telle que vous ne pouvez attribuer ces crimes, rationae personae, qu’aux dirigeants des Etats membres et notamment à ceux d’entre eux qui ont entraîné leur nation dans son déclenchement et sa poursuite.

Sur ce point, il est inutile de vous rappeler que l’article 271 du statut de votre Cour énonce en des termes d’une grande fermeté dans son paragraphe I que :

« 1. Le présent statut s’applique à tous de manière égale, sans aucune distribution fondée sur la qualité officielle. En particulier, la qualité officielle de Chef d’Etat ou de gouvernement, de membre d’un gouvernement ou d’un parlement, de représentant élu ou d’agent d’un Etat, n’exonère en aucun cas de la responsabilité pénale au regard du présent statut, pas plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif de la réduction de la peine ».

Je suis convaincu pour ma part que vous n’hésiterez pas à le faire car, à l’inverse, il ne serait certes pas téméraire de voir dans un quelconque renoncement de votre part une inacceptable dictature des Etats forts limitant votre indépendance alors que la paix et la sécurité internationales imposent qu’il ne doit exister aucune puissance, qui ne trouve au-dessus d’elle, pour prévenir un éventuel arbitraire, un corps de règles de droit qu’elle doit respecter.

C’est la raison pour laquelle la Jamarihiya Arabe Libyenne attend de vous, et de votre Cour, qu’étant ainsi saisis des plaintes des victimes et des ayants droits des victimes des bombardements de l’OTAN, vous engagiez sans délai les poursuites nécessaires à la condamnation des responsables des crimes de guerre qui se déroulent quotidiennement sur son territoire.

La nature et l’objet de cette correspondance me conduisent naturellement à en communiquer les termes aux Etats membres du Conseil de sécurité aux Présidents de l’Union africaine et, de la Commission de l’Union africaine ainsi qu’au secrétaire général des Nations Unies.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de ma grande considération.

Marcel CECCALDI

Libye: l’opération psychologique de l’OTAN s’effondre, Kadhafi sort une nouvelle fois vainqueur

Une fois de plus un Kadhafi défiant et résolu sort vainqueur de ce bras de fer avec la force toute puissante de l’OTAN, qui inclut une campagne meurtrière de bombardements, suivie par le soutien au sol des forces spéciales de l’OTAN, incluant des militaires des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne de la France et du Qatar, qui ont appuyés les bandits d’Al Qaïda qui avaient investis Tripoli ce week-end.

Les « illustres » agences de presse du gouvernement qatari Al Jazeera ont été exposées, jusqu’aux fraudes maintenant exposées au grand jour de CNN, BBC, Reuters, AP, AFP, qui ont été prises la main dans le sac à perpétrer une campagne de propagande de guerre concertée afin de vaincre la résistance psychologique du peuple libyen, surtout celui de Tripoli. (légende le la photo sur l’article original): Photo prise cette nuit du fils de Kadhafi Saif Al-Islam, qui avait été « confirmé » capturé et prêt à être transféré à cette cour pénale illégale internationale; il est en fait bien libre et mène les efforts de repousser les assassins d’Al Qaïda soutenus par l’OTAN de Tripoli.

Des rapports que le fils de Kadhafi Saif Al-Islam avait été capturé par les rebelles libyens, ont émané des agences médiatiques partiales et cette information qui fut « confirmée » par la cour pénale internationale sponsorisée par les Fortune 500de ce monde, annonça même que Saif Al-Islam était prêt pour un transfert à la Hague. Il apparaît désormais que l’intéressé soit bel et bien libre et qu’il soit apparu devant des journalistes logés à l’hôtel Rixos au sud de Tripoli; il était accompagné de forces militaires libyennes loyalistes et il menait apparemment une contre-attaque d’envergure. Il apparaît de fait que les opérations de l’OTAN en Libye se terminent comme elles ont commencé: sur la base d’un paquet de mensonges éhontés (Please see March’s « Libya: Another War, Another Pack of Lies « )

Tout ce qui nous a été dit, des annonces d’Obama depuis son téléprompteur au boss de de la cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo qui déclara la capture « confirmée » de Saif Al-Islam, en passant par les médias de masse et au « conseil national de transition » libyen infesté d’agents d’Al Qaïda, tout cela est maintenant exposé au grand jour, des mensonges vérifiés de ce qui risque de devenir la plus grosse opération de guerre psychologique de l’histoire moderne. Al Jazeera, qui était déjà en train de programmer le narratif des « derniers jours de Kadhafi », est obligée de faire face à la réalité et aux preuves de plus en plus irréfutables que l’opération rebelle à Tripoli était une manœuvre de propagande et de guerre psychologique sur-gonflée et que la réalité s’affirme être que Kadhafi et le peuple libyen ont exposé ce gros bluff de l’OTAN.

Juste pour illustrer combien les médias occidentaux sont devenus absurdes au travers de leurs mensonges répétés se brisant sur le roc de la réalité, une tentative de sauver la face en regard de La « capture de Saif » fut effectuée devant les journalistes de l’hôtel Rixos, où Al Jazeera rapporta que les leaders des rebelles avaient eu la confirmation que Saif Al-Islam avait bien été capturé mais « qu’ils n’avaient aucune idée du comment il s’était échappé » (NdT: info relayé par le Figaro en France). Pour aider les médias, simplement suggérons le fait que Saif ne fut jamais appréhendé et que l’annonce de sa capture n’était en fait qu’un plan de déception afin de faire croire que le momentum de la bataille était définitivement du côté de l’OTAN. (Pour plus de mensonges du département d’état américain à travers les médias, veuillez consulter ce lien: « Libyan Rebels Lying Left and Right )

La cour pénale internationale « confirme » le mensonge vérifié que Saif Al-Islam a été capturé par les rebelles (NdT: voir la capture d’écran sur l’article original). Le procureur de la cour Luis Moreno-Ocampo déclare dans une bordée de mensonges que « nous avons l’information confidentielle émanant de plusieurs sources que noius avons en Libye qui confirme cette information ». Il continue: « Il est très important de notifier clairement qu’il y a une obligation de transférer Saif à la cour pénale internationale en accord avec la résolution des Nations-Unies. » Ceci renforcé par la déclaration du boss de l’ONU Ban Ki-Moon qui a dit que la « communauté internationale » se doit d’obtempérer avec la CPI. Nous voyons se dérouler devant nos yeux les exactions d’une organisation criminelle de menteurs et de dégénérés dans des proportions encore jamais atteintes.

Ce qui va suivre est incertain. Avec le président du Council on Foreign relations (CFR) Richard Haaset d’autres officiels demandant un débarquement urgent et une occupation de la Libye par les forces de l’OTAN, il semble que ces gens savaient à quel point de faiblesse était la position des rebelles dans Tripoli. Comme nous l’avons expliqué auparavant, la guerre de Libye va bien au-delà de l’appropriation des biens d’une nation, il s’agit d’établir plus avant l’ordre international Wall Street-City de Londres et sa primauté sur les états-nations. Un échec de l’OTAN en Libye compliquerait très certainement les opérations déjà planifiées contre la Syrie, l’Iran et sur la périphérie de la Russie et de la Chine.

Alors qu’il apparaît de plus en plus que la dernière chance de charge meurtrière de l’OTAN a échoué, avec tant d’enjeux sur la table, tout devient possible, du tapis de bombes à une invasion terrestre des forces de l’OTAN sous le déguisement d’une « mission de paix » de l’ONU ou aux forces d’occupation préconisées par Haas, ce sont des possibilités qui sont en cours de planification.

Ce que nous savons pour sûr, c’est que « l’élite » de la finance et de l’industrie est désespérée et aussi combien elle contrôle de manière absolue les médias de masse. Une telle campagne de désinformation et de propagande à cette échelle ne peut être possible que si chaque agence de presse de l’AP, Reuters, BBC, Guardian, Telegraph, New York Times, CNN, Al Jazeera aux autres (NdT: en France de l’AFP à tous les canards de masse, chaînes de télé et de radio; idem pour le reste de l’Europe…), est complètement compromise et assujettie aux intérêts de la finance et des corporations multinationales.

La liste qui suit montre qu’effectivement, beaucoup de ces « agences de presse » partagent des affinités et appartenances communes avec quelques uns des intérêts financiers et industriels sur terre, présentant un énorme conflit d’intérêt et ainsi produisant une duplicité sans équivoque.

Council on Foreign Relations

Chatham House (Major Corporate Members )

Chatham House (Corporate Members )

Chatham House (Corporate Partners )

Brookings Institution (page 20 of Annual Report )

Quand nous voyons les représentants de Reuters assis côte à côte de ceux de BP, Exxon, Chevron au sein des halls du CFR et de Chatham House et ensuite nous voyons des rapports de presse encensant les compagnies occidentales du pétrole qui remplacent les investissements chinois et russes en Libye, leur duplicité et leur manque totale d’indépendance devient plus qu’évident. Ces organisations médiatiques ne sont en fait que des agences de relation publique pour les entreprises du Fortune 500 et leur but collectif est de réaliser l’avènement d’un empire global d’une nation à l’autre. Pour l’heure, ils sont suffisamment obssédés par la Libye et des implications de la conclusion de l’affaire sur leur futures conquêtes planifiées, la prochaine sur la liste étant la Syrie.

Il serait sage pour ceux suivant le déferlement meurtrier de l’OTAN en Libye d’abandonner toute confiance en ces agences telles Reuters, AP, BBC, CNN, MSNBC, CBS, NBC, ABC (NdT: de la clique habituelle chez nous: TV, Radio, canards de masse…), ainsi que dans tous les « journaux réputés » qui gâchent espace et papier dans les porte-journaux de la nation, et dont les destinés sont liées inextricablement aux intérêts de la haute finance et de l’industrie multinationale, et qui fondent tout espoir sur une victoire de l’OTAN en Libye.

Au lieu de cela, il serait bon de vous investir dans des sources d’information alternative, ainsi que de vous motiver à rechercher par vous-même les informations les plus viables et solides. Prenons tous bonne note de la nécessité de boycotter et de remplacer tout ce qui touche de près ou de loin au cartel des Fortune 500, ceci incluant bien évidemment leur armée de menteurs professionnels connue sous le nom de « presse de masse » écrite et audio-visuelle.

Tony Cartalucci est rédacteur en chef du Land Destoyer Report

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Ni les Avocats ni le Droit ne rendront la liberté au président Gbagbo!

Ne provoquons pas une tempête dans un verre d’eau. Je veux bien me faire comprendre. Ne créons pas une fausse guerre juridique. Le droit a foutu le camp depuis le 11 avril 2011 de la Côte d’Ivoire. La Justice l’a suivi en prenant de son côté, la poudre d’escampette. Ce qui se joue sous nos yeux, est une affaire de muscles. Alors arrêtons de jouer le jeu de l’ennemi !

Je suis de très près comme vous, la situation du Président Laurent GBAGBO et de ses camarades de lutte. Des détentions sans accusation ou sur la base d’accusations complètement insensées, nous en sommes aujourd’hui à une affaire d’inculpation. Soi-disant pour crimes économiques. Cette farce grotesque ne m’a point surpris. Et je lui accorde très peu d’intérêt.

Mais je reste surtout préoccupé par le réveil et la levée de bouclier des Juristes de la Majorité Présidentielle. Cela est une excellente chose. Mais croyez-moi, ce qui se joue n’est pas une affaire de droit. C’est pourquoi je vous prie de me permettre d’insister : ni le droit encore moins les avocats ne sortiront le Président GBAGBO de prison.

La raison

Vous la connaissez tous. D’abord, Dramane OUATTARA ne croit pas en l’existence du droit comme il ne croit pas non plus en l’existence de Dieu. Il croit au Pouvoir. Il croit en l’énergie de domination, de conquête, d’élévation métaphysique. D’une part parce qu’il est bouddhiste. D’autre part, et presque fondamentalement, parce qu’il est un mystique membre des sectes qui enseignent la théorie des Maîtres du Monde.

Ensuite, et cela est une démonstration de ce que j’ai déjà affirmé, Dramane OUATTARA a toujours évolué en marge du droit en Côte d’Ivoire. Alors Voltaïque, il s’est décrété Ivoirien en se faisant fabriquer un Certificat de Nationalité par le juge Zoro Bi de la Section de Tribunal de Dimbokro. Il a utilisé là une tactique qu’il va rééditer en 2010 en demandant à Youssouf Bakayoko d’aller annoncer un résultat imaginaire à l’Hôtel du Golf. Une fois que OUATTARA a trouvé quelqu’un d’apparence crédible pour lui produire du faux, il est en mesure de mettre en œuvre sa machine mafieuse internationale composée de journalistes véreux, d’hommes politiques de premier rang, de nationaux ivoiriens à l’âme corrompue.

Alors suivez-moi bien, ce qu’il faut à OUATTARA pour évoluer dans la vie, pour atteindre ses objectifs, c’est créer l’événement sur la base du faux. Une fois qu’il tient un bout de papier contenant du faux dans la main, il s’occupe du reste. Dans cette entreprise, tout se passe comme si les lois sont inexistantes. Mieux, OUATTARA ne cherche jamais à prouver ce qu’il brandit pour consolider son imposture car la preuve relève du domaine du droit et donc des lois.

Alors pour son Certificat de Nationalité grossièrement faux, son résultat électoral imaginaire, sa citoyenneté ivoirienne conçue à coup de millions et de pots de vins versés aux Politiques et aux hommes des média, OUATTARA nous a démontré qu’il est un objecteur de Loi et de Justice.

Il voulait un chef d’inculpation. Il en a un : le crime économique. Le reste est entre les mains de son réseau mafieux. Vous verrez bientôt le faux débat, complètement ahurissant, dénué de tout bon sens pour dire du faux droit destinés aux analphabètes qui le suivent. Du faux droit également, destiné à ceux qui regardent la Côte d’Ivoire de loin, parfois de très loin.

Les résultats

En marge des lois nationales et internationales, le Président GBAGBO sera jugé à guichet fermé. Pas de présence de journalistes ni de membres de sa famille. Il sera condamné sur le seul fondement de la volonté de OUATTARA de l’humilier, de lui ôter la vie, de souiller sa mémoire. Je touche du bois. Mais c’est cela le premier objectif de OUATTARA.

Le second objectif, c’est qu’il ne peut pas garder Laurent GBAGBO en Côte d’Ivoire comme prisonnier. L’homme politique est trop populaire et en passe de devenir une icône africaine de la lutte anticoloniale. Alors comme du temps de la traite des Noirs, il faut lui trouver une terre de déportation. C’est la Haye.

Pour gérer ce volet de la forfaiture hors-la-loi, il y a un certain Luis Moreno-Ocampo. Il est de la trempe du Sud Coréen Young-Jin Choi. Ils déforment la vérité. Ils déforment le droit. Ils mentent sans cligner de l’œil. Parce qu’ils ont été dressés pour faire ce genre de sales boulots. Dans leur méthode, il y a beaucoup de racisme. Ne regardez pas seulement la couleur de peau. Quiconque adhère à un projet qui vise à rabaisser une race différente de la sienne se fait raciste.

Alors Moreno-Ocampo Procureur formé pour emprisonner les Noirs d’Afrique, en marge du droit international, sur la foi de faux témoignages de témoins choisis parmi les hommes de OUATTARA pour témoigner contre GABGO ou pour enfoncer GBAGBO en jouant les repentis d’un certain régime GBAGBO, fera condamner le Président des Ivoiriens, tout juste pour créer un cadre judiciaire pour sa déportation, loin des terres ivoiriennes.

Ma conviction

Elle commence par une affirmation toute simple. Faire du juridisme par bonne éducation, par compétence technique, par réflexe d’homme civilisé, ne rendra pas la liberté au Président GBAGBO.

La raison est que l’humanité du 21ème siècle évolue en marge du Droit et de la Morale. Ceux qui prétendent être les Maîtres du Monde ont compris que les lois sont un obstacle à leurs entreprises immorales. Aucune loi internationale n’autorise la recolonisation d’un pays. Aucune Justice civilisée n’autorise l’arrestation et l’emprisonnement d’un homme tout simplement parce qu’il a gagné une élection. Aucune norme sociale n’autorise le massacre de civils en Libye pour installer des terroristes à la place du représentant légitime d’un peuple.

Alors ne soyons pas naïfs. Il faut forcer OUATTARA à libérer le Président GBAGBO. Vous n’avez peut-être pas bien compris le sens des proverbes africains que j’ai utilisés dans l’article 55ème de la Révolution Permanente. Je vous les communique de nouveau : « Si à ton époque, le coq devient une monture, eh bien utilise le comme un âne ». Ainsi parle le Sage. Et pourquoi pas faire comme les autres ? « Si vous arrivez dans un village en fête et que les joueurs de tambours se servent de pioches pour battre le cuir sans l’abîmer, vous aussi en dansant, marchez dans le feu, vous n’aurez rien ». Parce que dans un univers de paradoxe, seul le paradoxe est la règle. Cela s’appelle, les travers de l’histoire.

A la guerre comme à la guerre. Alors dès cet instant, il faut exiger puis obtenir dans le cadre de la Révolution Permanente, la libération sans délai du Président GBAGBO ! Cela est un appel lancé à tous les Ivoiriens, Patriotes et Combattants de la liberté de l’Afrique afin qu’ils se tiennent prêts pour le Mot d’ordre. Vive la Côte d’Ivoire libérée et restaurée !

A très bientôt.

Hassane Magued

Libye : Seif al-Islam Kadhafi dément avoir été arrêté par les rebelles

Seif al-Islam dans la nuit du 22 au 23 août 2011 devant des journalistes à Tripoli

Seif al-Islam, un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a démenti son « arrestation » en se présentant dans la nuit de lundi à mardi 23 août 2011 devant des journalistes à Tripoli et affirmé que « la capitale était sous le contrôle du régime ».

L’un des fils du Guide libyen, Seif Al-Islam Kadhafi, dans une allocution télévisée du 20 février 2011. 

« Je suis là pour démentir les mensonges », a-t-il indiqué aux journalistes qui l’ont rencontré dans le complexe résidentiel du dirigeant libyen de « Bab Al-Aziziya » à propos de l’annonce de son arrestation. Dans la nuit de dimanche à lundi 22 août 2011, le procureur de la « Cour pénale internationale (CPI) » Luis Moreno-Ocampo avait affirmé avoir reçu des informations confidentielles selon lesquelles, Seif al-Islam, qui fait l’objet d’un « mandat d’arrêt » de la « Cour » pour « crimes contre l’humanité » commis en Libye, avait été arrêté par les rebelles.

Le président du « Conseil national de transition (CNT) » libyen Moustapha Abdeljalil avait également affirmé dimanche disposer d’informations sûres que Seif al-Islam a été arrêté. Il est dans un lieu sûr sous garde renforcée en attendant qu’il soit déféré à la justice, avait-t-il indiqué.

GUERRE : SEIF AL-ISLAM KADHAFI PREND À CONTRE PIED LES MÉDIAS OCCIDENTAUX (22 AOÛT 2011)

Mohamed Kadhafi, un autre fils du colonel Mouammar Kadhafi, dont l’arrestation avait été annoncée dimanche 21 août 2011 par les « rebelles », est parvenu à s’échapper, a indiqué lundi 22 août 2011 une source haut placée au sein de la rébellion à Benghazi.

Seif al-Islam a rencontré trois journalistes dont celui de l’AFP dans le périmètre du complexe résidentiel où ils avaient été conduits à bord d’une voiture. Seif al-Islam est arrivé à bord d’un véhicule tout terrain devant un immeuble du complexe qui avait été bombardé par les Américains en 1986 puis la rencontre s’est déroulée sur un terrain vague. Deuxième fils du colonel Kadhafi et porte-parole officieux du régime, Seif al-Islam était souvent présenté comme le futur successeur de son père.

TRIPOLI ENCORE SOUS CONTRÔLE DES LOYALISTES

« Tripoli est sous notre contrôle. Que tout le monde soit rassuré. Tout va bien à Tripoli », a indiqué Seif al-Islam aux journalistes. « Vous avez vu comment le peuple libyen s’est soulevé pour combattre l’arrivée des + rebelles + » a-t-il lancé.

« L’Occident dispose d’une haute technologie qui a perturbé les télécommunications et a envoyé des messages au peuple faisant état de la chute du régime du colonel Kadhafi », a-t-il ajouté évoquant des « sms » envoyés dimanche 22 août 2011 à des habitants de Tripoli. C’est une guerre « technologique » et « médiatique » pour provoquer le « chaos » et la « terreur » en Libye, a-t-il poursuivi.

« Ils ont aussi fait infiltrer des bandes de saccageurs (dans la capitale) par la mer et à bord de voitures », a-t-il ajouté s’exprimant mardi 23 août 2011 aux toutes premières heures de la journée. Selon lui, les « forces loyales » au régime ont fait subir à la « rébellion » de lourdes pertes aujourd’hui aux « rebelles » qui prenaient d’assaut la résidence de son père.

Dans le « complexe résidentiel », Seif al-Islam était attendu par quelques dizaines de sympathisants qui brandissaient son portrait et celui de son père ainsi que des drapeaux libyens.

GUERRE : TRIPOLI N’EST PAS AUX MAINS DES REBELLES (22 AOÛT 2011)

« Quant à la télévision d’état libyenne prise par les rebelles, c’est encore du pipeau. Ils ont simplement bombardé les installations. Mais, en réalité, ces opérations de sabotage sont menées par les forces spéciales de l’+ OTAN +, constituées de beaucoup de qataris, pour que les blancs ne soient pas très visibles. Ces derniers opèrent la nuit, et tentent de kidnapper des journalistes comme Thierry Meyssan. Le peuple libyen est fort. Les gens n’ont pas paniqué ».

NOTE :

Le quatar est ce pays arabe du moyen orient qui rêve aux intérêts pétroliers sur la Libye promis parmi les occidentaux, le quatar contribue au sein de l’« OTAN » sur deux points : Militaire et Information. Les soldats quataris appuient au sol le « CNT » et les combattants islamistes d’« Al quaïda », ainsi La chaîne quatari « Al jazeera » participe à la « propangande » et à la « désinformation », pour le compte de l’« OTAN », pour semer le « chaos constructeur ».

Nerrati

Campagne de dénigrement et d’intoxication de “Jeune Afrique” contre Gbagbo

| Notre Voie – Dans sa récente parution, « Jeune Afrique » a consacré six pages au couple Laurent et Simone Gbagbo détenus dans le nord du pays depuis avril dernier.

Tout le récit de « Jeune Afrique » constitue, en réalité, une campagne de dénigrement et d’intoxication dont l’objectif est d’éliminer politiquement le président Gbagbo pour le compte des nouveaux tenants du pouvoir ivoirien. A défaut de l’avoir fait physiquement pendant les bombardements de sa résidence par l’armée française. Cette campagne est la preuve que même en détention, Laurent Gbagbo fait peur à ses adversaires politiques.
Combien a coûté cette campagne de dénigrement et d’intoxication de « Jeune Afrique » à l’endroit du président Laurent Gbagbo, renversé par l’armée française le 11 avril 2011, et détenu dans le nord du pays ? En tout cas, l’affaire a dû rapporter gros à l’hebdomadaire. Car ses envoyés spéciaux n’y sont pas allés de mains mortes dans leur mission de salir l’image du président Gbagbo. Ils ont d’abord noirci l’image du président Gbagbo avant d’intimer pratiquement l’ordre au procureur Luis Moreno-Ocampo de le traduire devant la cour pénale internationale (CPI). Ils ont ensuite tenté de discréditer le célèbre homme politique et avocat togolais Joseph Koffigoh qui s’est constitué pour la défense du président Gbagbo.

Même en détention Gbagbo fait peur

L’objectif visé par les commanditaires de cette campagne de dénigrement et d’intoxication est d’éliminer politiquement le président Gbagbo, à défaut de l’avoir fait physiquement en avril dernier. Car même en détention, Laurent Gbagbo fait peur à ses adversaires politiques. Ceux-ci pensent à tort que c’est l’élimination du président Gbagbo de l’échiquier politique national qui leur assurera la pérennité au pouvoir. Mais hélas, cette campagne est vaine. Une fois de plus. Dans sa mission de salir l’image de Gbagbo, « Jeune Afrique » sert à ses lecteurs du déjà entendu. Et qui avait en son temps produit l’effet contraire escompté par les auteurs de ces inepties. Voilà ce qu’écrit « Jeune Afrique » au sujet de la santé de Gbagbo : « En bonne forme physique, mais sujet depuis longtemps à des crises d’épilepsie, il est suivi par le docteur Christophe Blé, son médecin personnel, chaque jour à ses côtés ».

Cette histoire imaginaire d’épilepsie avait été utilisée, sans succès, en 1992 alors qu’Alassane Dramane Ouattara était Premier ministre sous Houphouët, par les mêmes qui sont aujourd’hui assis au palais présidentiel. En effet, « Le Patriote », quotidien pro-Ouattara, avait écrit, dans les années 90, la même chose. Le directeur de publication de ce journal s’appelait Hamed Bakayoko, actuel ministre d’Etat, ministre de l’intérieur du régime Ouattara. Mais cette campagne d’intoxication s’était évanouie parce que les Ivoiriens savaient que c’était de l’affabulation. Alors, que « Jeune Afrique » fasse sien ce même dénigrement gratuit ne peut émouvoir personne. En tout état de cause, les ivoiriens ont vu, pendant la campagne électorale, le président Gbagbo tenir de grands meetings dans tout le pays sans éprouver le moindre malaise, là où des épileptiques auraient piqué plusieurs fois leur crise.

Le cynisme d’un confrère

Mais « Jeune Afrique » pousse son cynisme jusqu’à écrire : « Au début de sa captivité, Gbagbo se considérant toujours comme le chef de l’Etat, demandait à ses geôliers le programme de ses audiences quotidiennes… ». Histoire de faire croire que le président Laurent Gbagbo n’est plus en possession de toutes ses facultés. Plus loin, l’hebdomadaire écrit à propos de la rencontre du président ivoirien déchu avec ceux les Elders (les anciens), qu’il aurait dit à Koffi Annan ceci : « C’est toi qui nous a mis dans cette situation ». Lui reprochant d’avoir privilégié la tenue des élections sans désarmement. Comment quelqu’un qui n’est pas en possession de ses facultés mentales peut-il avoir un raisonnement aussi lucide ? Mieux comment un homme qui aurait perdu ses facultés mentales peut-il dire au procureur de la République qu’il ne relève pas d’une juridiction ordinaire et lui oppose son statut d’exception, en sa qualité d’ancien chef d’Etat, membre du Conseil Constitutionnel ? Visiblement, on se rend compte que « Jeune Afrique » se mélange les pédales.
Toujours dans sa volonté de dénigrer Laurent Gbagbo, Jeune Afrique écrit : « les membres du camp Ouattara ont pioché dans leur garde-robe pour lui fournir des vêtements ». Il ajoute même que « pour accueillir ses premiers visiteurs, Gbagbo revêtait d’une chemise en jean appartenant au commandant Issiaka Ouattara dit Watao ». On ne peut quand même pas dire que quelqu’un qui a été Président de la République serait sans vêtements. Et si tel était le cas parce que tout aurait été détruit par les bombardements de l’armée française sur la résidence officielle du chef de l’Etat, on ne peut pas non plus soutenir que les membres de sa famille tant biologique que politique n’ont pas les moyens de lui fournir des vêtements. En fait, le seul mérite de cette révélation, vraie ou fausse de « Jeune Afrique », c’est qu’elle montre à l’évidence que la Côte d’Ivoire vit, depuis le 11 avril dernier, sous une dictature. Sinon, comment comprendre qu’un homme qui n’est qu’en résidence surveillée, et qui n’est même pas inculpé, soit privé de visite au point que ses parents ne puissent pas lui fournir des vêtements. C’est seulement sous les régimes dictatoriaux qu’une chose pareille est possible.

Opération discrédit de Koffigoh

En outre « Jeune Afrique » tente de discréditer l’avocat togolais Joseph Kokou Koffigoh qui s’est constitué pour la défense du président Gbagbo. La publication le présente comme l’ami de longue date de Gbagbo. En insinuant qu’il se serait réinscrit au barreau de son pays uniquement pour défendre son ami. Cela voudrait dire, selon « Jeune Afrique », que si le dossier Gbagbo est évacué, Joseph Koffigoh devrait déposer, à nouveau, la toge. C’est vraiment malheureux de vouloir lier la vie professionnelle d’un homme comme Koffigoh à l’affaire Gbagbo parce qu’on n’éprouve de la haine pour ce dernier. Enfin, « Jeune Afrique » intime pratiquement l’ordre au procureur argentin Luis Moreno-Ocampo à traduire le président Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale (CPI). « Le procureur Luis Moreno-Ocampo fera tout pour envoyer Gbagbo devant la cour pénale internationale », écrit l’hebdomadaire. Dans la pensée de « Jeune Afrique » et de ses commanditaires, il faut anéantir politiquement Laurent Gbagbo de la scène ivoirienne à défaut de l’avoir éliminé physiquement en avril dernier. Et pour eux, cela passe par sa condamnation et son emprisonnement hors des frontières de la Côte d’Ivoire. Notamment dans les geôles de la cour pénale internationale (Cpi). Mais malheureusement pour eux, les choses ne passeront pas aussi facilement comme ils le veulent.

Boga Sivori

bogasivo@yahoo.fr

Mandat d’arrêt contre Kadhafi : Un remède pire que le mal ?

Le grand boss de la CPI, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo, peut enfin être satisfait : il aura réussi à donner la chasse à un gibier d’une espèce rare : le colonel Kadhafi.

Au moment où le procureur demandait aux juges de la CPI, le 16 mai 2011, un mandat d’arrêt contre le Guide libyen, son fils Séif et Abdallah Al-Senoussi, il était lui-même convaincu que trois possibilités se présentaient à ladite requête : les juges de la CPI pouvaient tout simplement la rejeter ; ils pouvaient l’accepter, en demandant cependant des informations supplémentaires ; ou alors, lesdits hommes de loi pouvaient la juger recevable et accéder à la requête de leur chef.

C’est désormais fait, c’est la dernière possibilité qui a été adoptée, et depuis hier, 27 juin 2011, la CPI, au cours d’une audience publique à la Haye, a annoncé la délivrance d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité qui vise Mouammar Kadhafi, son fils Séif ainsi que le chef des renseignements libyens, Abdallah Al-Sénoussi.

Cette décision du Tribunal pénal international tombe bien mal à propos pour un Kadhafi qui en avait déjà assez de se démener sur deux fronts :

primo, celui politico-diplomatique, où il est au plus mal. L’Union Africaine ne lui a pas apporté le soutien qu’il attendait. Plus, s’y trouvent des chefs d’Etat qui ont ouvertement demandé son départ de la Libye ; des présidents qui, de longues années durant, ont bénéficié de ses largesses, s’ils ne l’ont pas tous lâché, peinent à trouver les mots pour traduire en public leur sympathie pour lui. Les dirigeants du monde arabe, du moins ceux qui restent encore intacts, ne semblent pas faire du sort du dirigeant libyen leur préoccupation principale. Les autres, malmenés par la tempête du jasmin, ont simplement d’autres chats à fouetter. Les Occidentaux, eux, même sans l’avouer, veulent tout simplement sa peau. Les forces de l’Otan, qui pilonnent inlassablement les forces du Guide, depuis de longues semaines, en réalité, n’ont pas d’autres objectifs à elles assignés ;

secundo : le front militaire. Kadhafi est épuisé ; lui-même l’a reconnu, il y a quelques jours, lorsqu’il affirmait qu’il avait le « dos au mur ». On dit des troupes ennemies du Guide qu’elles seraient, ces jours-ci, à quelques dizaines de kms de Tripoli. Assurément s’il ne s’était agi que d’affronter les rebelles libyens pompeusement gratifiés du qualificatif d’insurgés, on peut le parier, le Guide en aurait fait une bouchée. Mais il y eut cette fameuse résolution 1973 de l’Onu qui contraignit Kadhafi à subir très légalement les foudres d’une coalition bien décidée à lui faire rendre gorge.

Et voilà que la Cpi, elle aussi, s’invite dans la danse et ouvre le front judiciaire, que tous les chefs d’Etat redoutent. Le Guide libyen, d’homme acculé qu’il était devient désormais un homme traqué.

Mais alors, un constat s’impose, que l’on se doit de faire en toute lucidité : l’émission des mandats d’arrêt de la CPI intervient à un moment où Kadhafi semble lâcher du lest : le Guide aurait volontairement renoncé à prendre part aux négociations du comité des chefs d’Etat médiateurs, négociations qui se tiendront dans les prochains jours à Pretoria. A supposer que Kadhafi l’ait décidé ainsi, visiblement l’homme recherche quelque chose : il peut avoir décidé de mettre balle à terre.

Et alors, le mandat de la Cpi tombe bien mal. Un fauve blessé, traqué et auquel on ne laisse aucune issue se révèle hautement plus dangereux que ce qu’il serait en temps normal. Un Kadhafi cerné de toutes parts, comme il l’est, désormais, peut décider de faire tout le mal dont il est capable avant de succomber. S’il cède à la logique du « je suis déjà mort, puisque je dois mourir », il peut faire sienne la philosophie du « cabri mort n’a pas peur de couteau ». Et alors il se peut qu’il se réfugie dans quelque bastion difficilement prenable (du déjà vu ailleurs) et, avant de se faire coincer, ait tout le loisir de faire tout le mal dont il est capable, histoire d’assouvir jusqu’à son désir d’une revanche posthume.

C’est à cela aussi qu’expose une traque acharnée de ce Guide qui ne dédaigne pas de mourir en martyr. Malheureusement, le vin est tiré, il faut le boire. Et au goût, il se peut qu’il s’apparente plus au vinaigre qu’au millésime d’un excellent cru.

Jean Claude Kongo

L’Observateur Paalga