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Chantage à l’américaine à l’encontre des palestiniens

IRNA – Les Etats-Unis ne reculent devant rien pour faire plier les Palestiniens, coupables de l’avoir défiée en déposant au Conseil de sécurité de l’ONU la demande d’adhésion de leur État, comme l’indique cette décision de membres du Congrès US de bloquer une aide de 200 millions de dollars destinée aux Palestiniens.

Voyant que leur menace d’user du droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer la reconnaissance d’un Etat palestinien n’a pas dissuadé Mahmoud Abbas de déposer la demande d’adhésion, les Etats-Unis passent à l’étape suivante en bloquant une aide économique aux Palestiniens de 200 millions de dollars.

Ce sont des élus du Congrès, qui se sont chargés samedi de la sale besogne en bloquant cette aide.

Une source parlementaire US n’a pas hésité à affirmer que ce blocage intervient après la demande d’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU.

La même source de souligner que les élus américains, à l’origine de cette action pitoyable, ont décidé de geler cette aide en guise de protestation contre la demande d’adhésion d’un Etat palestinien aux Nations unies.

“L’aide sera bloquée jusqu’à ce que cette question soit résolue”, a-t-elle ajouté, confirmant au passage une information publiée par le journal britannique The Indépendant.

Décidément, les défenseurs du régime israélien sont très nombreux aux Etats-Unis, notamment au sein des instances élues, où les places dépendent du soutien des lobbies israéliens à l’instar de la puissante AIPAC, qui constitue pratiquement un passage obligé pour les candidats aux fonctions électives américaines.

Le président Obama a menacé d’utiliser le veto pour empêcher l’approbation de la demande à l’assemblée générale de l’ONU.

Mohamed Ishteya, négociateur palestinien et membre du comité central du Fatah, a estimé qu’“il n’est pas raisonnable de négocier des positions politiques avec l’argent” suite à la demande des Palestiniens de reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU.

Mohamed Ishteya a néanmoins reconnu que “cette décision mettra nos liens avec les Etats-Unis dans une situation embarrassante” tout en tablant toutefois sur un soutien des pays arabes et musulmans qui ont promis de venir en aide aux Palestiniens si les Etats-Unis coupaient leur aide aux Palestiniens.

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Vous voulez devenir le 193e Etat membre de l’ONU de plein exercice en moins d’une semaine ?

Vous voulez devenir le 193e Etat membre de l’ONU de plein exercice en moins d’une semaine ?

Pas de problème! Mode d’emploi

Les présidents Siir et Obama à l’ONU, 21 septembre 2011

Vous avez un territoire de plus de 620000km2 aux limites incertaines. Vous êtes le produit d’une guérilla sécessionniste (subdivisée en sous-guérillas emboîtées depuis un demi siècle), qui mêle des conflits religieux (islam/christianisme/animisme), des conflits sur la terre (agriculteurs sédentaires/éleveurs nomades), des affrontements inter-ethniques (Noirs/Blancs) et inter-tribaux (entre Dinkas, Nuers, Bari, Azandés, etc.). En un demi siècle, sans doute plus de 2,5 millions de morts, et 5 millions de déplacés ou réfugiés, dispersés dans toute la région. Vos quelques 8 à 9 millions d’habitants pratiquent une soixantaine de langues (nilo-soudanaises, nigéro-congolaises). Votre capitale (déterminée il y a très peu de temps) est une non-ville de 150 à 300000 habitants (les estimations ont été faites récemment à partir de photographies aériennes), où les administrations et les ambassades sont des conteneurs métalliques non climatisés, mais qui se louent à prix d’or.

Vos 800 km de frontières nord ne sont pas fixées précisément, et on s’y dispute encore, les armes à la main, villes, villages et ressources foncières et hydrauliques, et surtout pétrolières.

En alternance avec de longues périodes de guerre ouverte, et de conflits éclatés de plus ou moins basse intensité, vous avez négocié, en vain, avec le pouvoir central pendant des années. Du fait de la situation de conflit, et du sous-investissement du pouvoir central, vous être classé au fond de la liste des pays les plus pauvres de la planète. Les problèmes alimentaires et sanitaires sont majeurs. L’analphabétisme est un des plus élevés du continent, en particulier chez les femmes. Les ONG internationales tiennent une partie de la population à bout de bras. Heureusement, on a découvert chez vous il y a quelques années, d’importantes ressources pétrolières, que se disputent, avec des stratégies qui ressortent du billard à trois bandes (ou plus), principalement les compagnies chinoises et américaines. Et votre autorité de tutelle, le pouvoir central, essaie de réintégrer la « communauté internationale », et d’éviter des sanctions américaines: elle s’est finalement résolue à vous laisser mener votre vie hors de son giron.

Vous organisez donc en janvier 2011, avec la bénédiction des observateurs des organisations régionales et internationales, et surtout de quelques grandes puissances (et surtout des Etats-Unis, qui sont votre plus ferme soutien dans l’aventure), un référendum d’auto-détermination, qui obtient 98,83% de oui.

Vous proclamez votre indépendance le 9 juillet 2011. Venus parfois de très loin, de nombreux invités se pressent pour assister aux cérémonies, y compris le secrétaire général de l’ONU, M.Ban Ki-moon.

Vous avez tiré la carte Chance : avant même d’avoir proclamé votre indépendance, plusieurs Etats vous ont déjà reconnu (dont l’Allemagne, le Vatican, la Corée du Sud, le Soudan); mais aussi l’Union européenne, dont la diplomatie n’est pas toujours aussi réactive!

Vous tirez une deuxième carte Chance : en une semaine, une centaine de pays vous reconnaissent. Dans l’ordre les Etats-Unis sont les 4e, avec quelques heures d’avance sur la France, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne. Israël traîne un peu, puisque sa reconnaissance n’arrive que le lendemain, en même temps que celles du Koweït, du Bahreïn ou du Nigéria.

Vous tirez une troisième carte Chance : le jour même de votre indépendance, vous avez remis au secrétaire général de l’ONU, M.Ban Ki-moon, une demande formelle d’adhésion à l’ONU. Il l’a transmise immédiatement au Conseil de sécurité, qui vous répond positivement en quelques heures. Sans vote. Et qui redonne votre dossier à l’Assemblée générale. 5 jours après la proclamation de votre indépendance, soit le 14 juillet 2011, le président en exercice de la 65e Assemblée générale de l’ONU, le Suisse Joseph Deiss, propose un vote par acclamation. Vous êtes donc devenu, en 5 jours, le 193e Etat membre de l’ONU, de plein exercice. Néanmoins, vous devez attendre encore une douzaine de jours pour devenir le 54e Etat membre de l’Union africaine. C’est un peu long, d’accord. Mais vous entrez, dans la foulée, au FMI, à la Banque mondiale, au Commonwealth, etc. Et très bientôt à la Ligue arabe.

Vous êtes désormais la République du Soudan du Sud, capitale Juba, et vous pouvez vous occuper tranquillement de l’essentiel: le pétrole, son exploration, son exploitation et son évacuation.

Salva Kiir, Président du Sud soudan

Votre président, Salva Kiir Mayardit, dont tout le monde a admiré le chapeau pour l’occasion, a pris la parole devant la 66e Assemblée générale, vendredi 23 septembre 2011. Juste avant le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Qui est candidat, comme chacun sait, au titre de 194e Etat membre de l’ONU…

Les principales zones d’exploration pétrolière aux confins du Soudan et du Sud-Soudan en 2005
(source: Wikipedia.fr)

Jean-Paul Burdy

Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble

http://www.questionsdorient.fr/

NOTES:

 1/ Un des rares blogs sud-soudanais: http://paanluelwel2011.wordpress.com/

 2/ Le tableau des reconnaissances internationales du Soudan du Sud, sur Wikipedia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Reconnaissance_internationale_du_Soudan_du_Sud

Le Parti communiste d’Israël apporte son soutien inconditionnel à la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU

Le Parti communiste d’Israël apporte son soutien inconditionnel à la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU perçue comme « une contribution importante pour la paix »

Le Parti communiste d’Israël apporte son soutien inconditionnel à la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU perçue comme « une contribution importante pour la paix »

Communiqué du bureau politique du Parti communiste d’Israël

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L’appel palestinien à l’ONU, lancé le 20 septembre, pour que soit accordé à la Palestine le statut officiel d’Etat-membre, élève la campagne pour l’indépendance de la Palestine à un autre niveau.

Bien que la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien dans les frontières du 4 juin 1967 ne signifie pas la fin de l’occupation Israélienne, il s’agit néanmoins d’un pas politique important dans cette direction. L’adhésion de la Palestine à l’ONU contribuera grandement aux efforts pour mettre un terme à l’occupation et pour instaurer une paix juste entre Israël et Palestine.

Selon toutes les estimations, une grande majorité des 192 membres de l’ONU soutiendra l’admission de la Palestine en tant que membre à part entière, et une minorité – menée par les États-Unis – votera contre. On s’attend aussi à ce que les États-Unis utilisent leur veto, quand la question sera débattue au Conseil de Sécurité.

L’administration Obama, bien consciente de l’isolement d’Israël et des États-Unis à l’ONU, essaie de s’éviter cet embarras. Ainsi, elle fait ouvertement pression (directement et par l’intermédiaire de ses alliés) sur l’Autorité palestinienne, et particulièrement sur le président Mahmoud Abbas (Abu Mazen), afin qu’elle retire l’appel lancé auprès de l’ONU.

Le gouvernement de Netanyahu, qui est de plus en plus isolé dans le monde, fait un travail systématique pour attiser les tensions et déclencher des conflits à Gaza et en Cisjordanie. Dans le cadre de ces efforts, la Police israélienne entraîne les colons, afin qu’ils soient prêts à participer activement aux conflits que le gouvernement prépare.

Le bureau politique du Parti communiste d’Israël réaffirme que c’est le droit naturel du peuple Palestinien que de fonder son propre État, de le faire reconnaître internationalement et de se voir accordée l’adhésion pleine et entière à l’ONU. Ce droit s’appuie également sur le plan de partition de l’ONU du 17 novembre 1947, sur d’innombrables résolutions de l’ONU, et sur la déclaration du président Obama en 2010, concernant la fondation d’un État palestinien en septembre 2011.

Le Bureau politique appelle les organisations du Parti et la Jeunesse communiste d’Israël à prendre une part active aux actions publiques organisées par les organisations pour la paix visant à soutenir la déclaration d’un État palestinien indépendant et à faire pression sur ceux qui refusent sa reconnaissance, l’administration Obama et le gouvernement Netanyahu, afin qu’ils soient contraints de changer d’avis.

Manipulations américaines à l’ONU contre la reconnaissance de l’Etat palestinien

Le courrier international

Le directeur du quotidien panarabe Asharq Al-Awsat dénonce les pressions de Washington pour inciter des Etats membres du Conseil de sécurité à se prononcer contre la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Le siège symbolique apporté par la délégation palestinienne à l’ONU, New-York, le 15 septembre 2011.

L’Allemagne, la Colombie et les Etats-Unis, bien sûr, menacent de voter contre la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour le reste, c’est le flou qui domine. Le Conseil de sécurité comporte quinze membres, et si neuf d’entre eux donnent leur accord, la Palestine deviendra un Etat. A moins évidemment que la représentante américaine, Susan Rice, ne lève la main pour opposer son veto.

C’est très simple de lever la main, mais l’administration américaine aimerait quand même ne pas y être contrainte. Il lui suffit de convaincre suffisamment de pays pour faire capoter le vote sans avoir besoin de recourir à ce geste embarrassant.

Les Etats-Unis font donc pression sur trois pays au moins, à savoir la Bosnie, le Nigeria et le Gabon. En effet, la Bosnie [un Etat à majorité musulmane] refuse pour l’instant de promettre qu’elle votera pour la création de l’Etat palestinien. Choquant ! Choquant comme l’attitude du Hamas iranien – pardon, palestinien –, qui a critiqué, de concert avec Benyamin Nétanyahou, le voyage du président de l’Autorité [palestinienne Mahmoud Abbas] à New York et a mis en doute sa fonction. Heureusement que le Hamas n’a pas de droit de veto au Conseil de sécurité.

Puis il y a notre ami le Nigeria. Malgré tous les liens que nous [les musulmans] avons avec lui dans le cadre de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et de l’Union africaine, il n’a pas non plus décidé s’il voterait en faveur des Palestiniens ou des Israéliens.

Nous ne nous faisons pas d’illusions. Nous savons que le projet d’un Etat palestinien ne se réalisera pas. S’il ne bute pas sur le nombre de votes, il butera sur le veto américain. Il n’en reste pas moins que c’est une des batailles les plus importantes qu’ait connues l’ONU. Elle mettra tout le monde face à cette réalité : l’idée d’un Etat palestinien fait l’objet d’un quasi-consensus international. Un consensus qui ressemble à celui qui existait pour mettre un terme au régime raciste des Blancs en Afrique du Sud.

L’administration de Barack Obama sait qu’elle se retrouvera dans une situation embarrassante si elle entre dans l’Histoire comme celle qui a privé les Palestiniens de leur Etat. Un Etat qu’elle avait pourtant promis de soutenir. Tout le monde regardera la scène au Conseil de sécurité, le 23 septembre. Si les Palestiniens réussissent à rassembler les neuf voix nécessaires, mais que Washington oppose son veto, une vague de colère montera contre les Etats-Unis. Et ce au moment où ils ont précisément besoin d’avoir de bonnes relations avec les pays de la région, en pleine transition.

La bataille agite également l’Assemblée générale, où, depuis hier [20 septembre] et pendant neuf jours, les 193 Etats du monde sont réunis pour débattre. Parmi eux, 116 sont quasiment acquis au vote en faveur des Palestiniens. Pour le camp arabe, il est important de rassembler le plus grand nombre possible de pays européens. Ceux-ci se diviseront en fonction des intérêts qu’ils ont avec Washington et Tel-Aviv.

Ce sera une occasion d’étaler puissamment le soutien international aux Palestiniens. Cela augmentera l’embarras d’Israël et des Etats-Unis. Ce peuple qui jouit du soutien de la majorité des peuples, comment peut-on lui refuser un siège dans cette organisation censée représenter à égalité les nations du monde ?