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Les « États Arabes», otages de leur « Ligue »

Les « États Arabes», otages de leur « Ligue » : Entre l’immobilisme, la subordination et l’attrape-nigaud, par DJERRAD Amar

Depuis sa création en 1945 par sept pays arabes, dont la Syrie, la «Ligue des États arabes» a pour objectif d’unifier la «nation arabe», de défendre les intérêts des États membres, de faire face à toute ingérence des puissances dans la région. Elle se voulait aussi une force de proposition et d’impulsion. Mais les divergences sont telles que ses actions et initiatives, même de paix, restent au mieux à effets modestes. Les 22 États membres connaissent des divisions liées aux vicissitudes des relations dues à la nature de leurs systèmes politiques souvent antinomiques.

Deux visions politiques s’affrontent à ce jour. L’une ‘pro-occidentale’ que mène l’axe monarchique, l’autre plus indépendantiste que mène l’axe républicain. Sur la trentaine de sommets organisés entre 1946 et 2011, dont 12 sommets en urgence – où les  résolutions les plus importantes concernent la Palestine – on ne relève aucun qui eut un impact signification. Le semblant d’unité apparait plutôt dans l’hostilité à Israël; quoi que… car, le dossier palestinien n’a pas vraiment unis les membres même lors de l’agression israélienne contre Gaza, le Qatar, pays hôte du sommet de 2009, avait tenté de mener un camp favorable au Hamas contre l’Autorité palestinienne, ou contre le Liban. Il y a aussi ce «lâchage» de la Syrie qui avait refusé, avec le Liban, d’adhérer à la convention sur le «terrorisme» qui ne distingue pas ceux qui  luttent pour la liberté et l’indépendance ; allusion au Hezbollah. Ajoutons la partition du Soudan, le chaos de la Somalie, l’invasion de l’Irak, l’agression du Liban et de la Libye et maintenant les provocations et menaces sur la Syrie. La ligue arabe a été non seulement d’aucune utilité, mais a joué un rôle négatif contre certains de ses propres membres.

La géniale maxime anonyme, (elle n’est pas d’Ibn Khaldoun) qui dit que  «les arabes se sont entendus pour ne pas s’entendre» est d’une réalité affligeante qui va plus loin puisque c’est la première fois qu’ils «s’entendent», dans la même année, mais pour…autoriser l’agression par l’Otan de la Libye ; suspendre, sanctionner et  menacer la Syrie. Une première dans l’art de se faire châtier par l’organisation censée protéger ses membres. Un grand progrès dans le…ridicule et l’abaissement!

Les peuples arabes savent que cette organisation a perdu son sens pour s’être laissée pervertir en un instrument au service du Grand Capital comme le sont toutes les organisations internationales, y compris droits de l’homme, l’AIEA. La plupart dépendantes des multinationales, leurs donatrices. L’ONU et ses institutions ne servent plus qu’à produire des alibis contre les pays ciblés ; que les ONG et les ‘journalistes’ font dans l’espionnage ; que la CPI s’utilise pour criminaliser les dirigeants indociles ; que le FMI sert à ruiner et gager les pays ; que la presse dite «mainstream» se consacre à la manipulation, la tromperie et le contrôle de l’opinion ; que l’OTAN se réserve pour l’agression et dévastation.

La Ligue arabe ne peut échapper aux plans des lobbies militaro-financiers, de quadrillage du monde pour mieux se servir. Ce sont ces lobbies qui commanditent les guerres, déstabilisent et assassinent et qui, après l’Irak, l’Afghanistan, le Liban et la Libye, bousculent à une confrontation avec l’Iran via la déstabilisation de la Syrie. L’Afrique en paie le prix le plus cher avec l’assassinat de 21 présidents depuis 1960 : de Sylvanus Olympio en 1963 président du Togo à Kadhafi.

Quel autre moyen le plus sûr pour  déstabiliser les États arabes – qui présentent un danger pour leurs intérêts et Israël ou seraient un mauvais exemple pour les monarchies vassales – que celui de le faire par les arabes eux-mêmes en leur faisant la guerre avec leurs propres citoyens! La Syrie reste le dernier «verrou» tenace pour sa résistance, dans la région.

L’État le mieux indiqué pour mener la tâche de manipuler et de piéger, tel un cheval de Troie, la Ligue Arabe – après l’éviction par leur peuple des deux renégats Moubarak et Ben Ali – est bien le Qatar en la personne de son Émir –  ce vague mestre des américano-sionistes, celui qui a renversé son père, – et ce, pour sa forte dépendance de l’Occident et ses prédispositions à la félonie. Ce Qatar qui offre aussi des possibilités d’actions militaires proches des zones convoitées. Il est assisté par la Turquie de Erdogan, un nouveau ottoman, chargée de servir de base pour les actions armées et subversives.

Le choix de la Libye, en priorité, est stratégique – car un carrefour entre le Moyen Orient (MO), l’Afrique et l’Occident et constituant de plus, une porte moins risquée pour l’Afrique -puis tactique car, pays riche, moins peuplé et moins puissante militairement, dont la chute donnerait d’une part, selon leur vision, un exemple aux autres africains et d’autre part plus d’ardeur pour faire abdiquer la Syrie ; le point d’achoppement des velléités occidentales et sionistes. Cette indomptable Syrie qui fait le poids dans l’équilibre des forces entre l’Occident et l’Asie que représente en particulier la Russie et la Chine, dans ce que l’on appelle  l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée à Shanghai en 2001 dont l’Iran est membre.

Ce complot de l’Occident que pilote les EU pour le contrôle des richesses du MO  – qui vise à neutraliser ces puissances adverses traditionnelles afin de les rendre plus dépendante et donc plus vulnérables –  semble trouver en la Ligue un allié de taille au moment où des États Arabes traversent une période d’incertitudes politiques que l’Occident n’arrive pas à décrypter. D’où ses ingérences pour récupérer ces «révoltes» incontrôlées – qui remettent en cause les fondements et structures politiques archaïques – dans le sens de leurs intérêts sinon en susciter d’autres ‘contrôlées’ pour ensuite intervenir et recomposer dans le sens souhaité en usant des fallacieux prétextes humanistes et nouvellement du grotesque «protection des populations civiles».

Ce masochisme de la Ligue arrange bien certains. Nietzsche disait bien que  «si la souffrance, si même la douleur a un sens, il faut bien qu’elle fasse plaisir à quelqu’un…». Ce sont bien les États-liges du Golfe – organisés dans le «Conseil de Coopération des États arabes du Golfe», qu’appui la Turquie de Erdogan- qui sont chargés d’engager le bellicisme diplomatique en dictant à la Ligue ce qui doit et ne doit pas se faire. Ces monarchies ont le même rôle dans les institutions et organisations arabes que les sionistes dans les organisations et gouvernements Occidentaux; celui de déstabiliser tous ceux qui présentent un danger «idéologique» pour les monarchies ou «d’intérêts» pour le Grand Capital. D’où ce  ‘Conseil’ des «six pétromonarchies»  – qui se voulait un « bloc commercial » – mais qui travaille en fait pour des objectifs sournois ceux de servir les intérêts stratégiques de domination américaine et sioniste. Son influence est telle que ce CCG est surnommé le «bureau politique» de la Ligue puisque les résolutions sont décidées avant même que cette Ligue se réunisse. Avec le CCG, les valeurs sont inversées dans le sens où ce sont les monarchies qui gouvernent leurs contrées sans légitimité, que celle que leur fournit leurs protecteurs occidentaux, qui prennent le bâton de pèlerin pour imposer la démocratie et la liberté aux ‘ républiques’. Et la Turquie ? Les analyses soutiennent qu’Obama aurait répondu favorablement aux dirigeants d’Ankara pour  un« sous-impérialisme néo-ottoman » contrôlé par Washington après les inquiétudes de la Turquie de la domination exercée au M.O par Israël et les USA.

Par la Ligue, on se permet désormais d’exclure, de sanctionner et de menacer d’une intervention militaire étrangère, les Etats membres dont les politiques ne concordent pas avec les vues et objectifs de l’Occident sur la région, dont la prédominance d’Israël, conformément au projet du «Grand Moyen-Orient». Ce projet, devant dissoudre le monde musulman dans les fondements euro-atlantistes, consiste à agiter les peuples – en mettant en conflit les arabes musulmans et les chrétiens, les musulmans sunnites et chiites, les ethnies  – ensuite, recomposer dans le sens désiré. Le grand capital n’ayant pas de limite géographique ou morale considère le MO, d’un intérêt vital, région qu’il faut dominer par tous les moyens.

Il a été déployé un monstrueux dispositif d’endoctrinement et d’actions psychologiques que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies à savoir Al jazeera et Al arabia. Leur matraquage médiatique, a  dérouté les plus éveillés.  Beaucoup ont épousé leur cabale médiatique qu’a légitimé la Ligue du méprisant Amr Moussa et que semble aussi accepter l’autre nouveau égyptien Nabil Al-Arabi puisqu’il ne fait que lire ce qu’on lui présente sous l’œil du ministre Qatari des AE. Pour avoir encore plus de légitimité, on instrumentalise même la religion en obtenant la caution de Cheikhs réputés qui décrètent des ‘fatwas’ scélérates rendant licites ou illicites les mêmes choses et comportements en fonction des objectifs attendus du pays concerné, en s’appuyant sur des interprétations orientées et calculées de certains préceptes de l’Islam, allant jusqu’à rendre licite l’agression de la Libye par l’Otan ou bien appelant carrément à un bain de sang en Syrie comme le fait l’imam sunnite syrien al-Aroor, réfugié en Arabie Saoudite. Voilà encore le sinistre Cheikh Al-Qardawi, le protégé de l’Émir du Qatar, l’auteur de la ‘fatwa’ autorisant l’invasion de la Libye et l’assassinat de Kadhafi, qui appelle maintenant les libyens à se… «Réconcilier» en même temps qu’il autorise les «opposants syriens» à faire appel à l’Otan. Cet «Islam» là, modulable au gré des intérêts des puissants du moment et de leurs chimères, est bien étrange !

Dans cette offensive, on remarque bien que ce sont les régimes «républicains» réfractaire et pas les monarchies, que l’on vise pour les rendre au moins obéissants en installant des gouvernements  composés souvent d’opposants, félons et renégats. Sinon des États dit «Islamiques» sous forme d’«Émirat» en soutenant les tendances rétrogrades, obscurantistes et violentes désignées par «terroristes islamistes», que l’occident dit combattre, mais qu’il instrumentalise, comme en Libye, selon ses désidératas.

Que constate-t-on en Libye ? Un CNT – installé par l’Otan «représentant légitime du peuple libyen» pour réinstaurer un État-lige – dans la panique et aux abois qui n’arrive pas à mettre en place un gouvernement représentatif et qui fait appel, à nouveau, à la «communauté internationale» pour l’aider à se débarrasser des mêmes rebelles qu’il a employés pour installer le chaos. Un CNT qui cherche à récupérer les cadres de l’ancien régime pour reconstituer un état et redémarrer car, impossible de le faire avec l’armée de miliciens ignorants que l’on a utilisé comme chair à canon pour détruire leur pays et qui sombrent dans le désœuvrement. Un CNT qui constate des Benghazi se retourner contre lui par des manifestants réclamant une “nouvelle révolution”. Des libyens, ayant vécu dans la Jamahiriya mieux que beaucoup d’européens par les facilités et les biens gratuits que permet le système, qui se retrouvent maintenant par leur perfidie et prétention, en abattant l’ «nourricier», avec rien; obligés de quémander la nourriture ou de s’adonner au pillage, au racket et au trafic d’armes. Un pays déstructuré et insécurisé aux mains de brigands et d’aventuriers qui ont tué des dizaines de milliers (entre 50 et 70 000 morts) de leurs compatriotes civils que l’Otan a aidés par les bombardements aux missiles. Un pays où le peuple, de tempérament vengeur et tribal, n’oubliera jamais le sang innocent versé et les viols commis. Un pays réduit à la mendicité et aux pénuries y compris d’argent après des dizaines d’années de vie dans l’aisance. Des milices au début ‘unies’ mais qui maintenant, divisées, se font la guerre. Des «révolutionnaires» -composés de prisonniers libérés, de frustrés, d’ignares, de paumés –  floués et livrés au pillage et à la rapine, qui deviennent une armée de chômeurs…en arme défiant la nouvelle autorité. Une autorité – composée en grande majorité d’opposants opportunistes et cupides, de tendances contradictoires sous tutelle de la NED/CIA et le MI6 ou de renégats-  qui n’arrive pas à s’installer sur le territoire libyen à cause de l’insécurité et des attentats. Un pays ou les libyens, habitués au bien-être et au confort, ne sauront jamais faire le travail réservé à la main-d’œuvre immigrée qui représentait plus de 50 % de la population active; oui comment demander à 2 millions de libyens de remplacer les 02 millions d’immigrés qui sont partis. Même les candidats à l’émigration ne s’y aventureront plus à cause de l’insécurité et des caisses vides. Un pays où l’on a cédé la place au désordre et où l’on a éveillé l’esprit de résistance avec la naissance d’un «Front de libération». L’État libyen, avec ses institutions, est bien cassé et pour longtemps ! «Mais que croyaient ces zozos du CNT ?»disait Allain Jules. Citons aussi Félix Houphouët-Boigny «on n’apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a perdu».

Dans le cas de la Libye, le sinistre Bernard-Henri Lévy «philosophe» du mal a été l’entremetteur chargé de faire sous-traiter par la France de Sarkozy cette «opération Libye» et la Ligue arabe servir de caution. Avant même que la Libye ne tombe, ce manipulateur sioniste franco-israélien avait déclaré, à l’Université de Tel Aviv, en compagnie deTzipi Livni, «si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad». Par affront, il a déclaré aussi lors d’une réunion du CRIF« c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques». Malgré les déclarations de Rasmussen, qui avait affirmé le mois d’octobre que l’alliance n’avait «… aucunement l’intention d’intervenir en Syrie…la seule façon d’avancer en Syrie … est de tenir compte des aspirations légitimes du peuple syrien…  nous avons pris la responsabilité de l’opération en Libye parce qu’il y avait un mandat clair des Nations unies, car nous avons eu un soutien fort et actif des pays de la région…aucune de ces conditions n’est remplie en Syrie », les choses ont évolué autrement.

Nous revoilà en Syrie avec les mêmes tactiques, mensonges et diversions avec l’usage des mêmes méthodes et procédés ! C’est-à-dire:

1/ Faire infiltrer les manifestations pacifiques et légitimes par des groupes chargés de détourner les revendications en révoltes contre le régime tout en chargeant d’autres embusqués de tirer sur les manifestants ; en même temps on active les cellules dormantes de passer à l’action armée

2/ Imputer les  exactions et crimes au «régime» en l’accusant de «tuer des civils qui manifestent pacifiquement».

3/ Tromper les opinions en leur faisant croire à un régime «dictatorial, répressif» pour le faire condamner par la «communauté internationale».

4/ Introduite auprès du CS des résolutions pour des sanctions économiques afin d’exacerber les choses et pousser le peuple à se révolter contre ses dirigeants.

5/ Faire admettre des «enquêteurs» et autres «journalistes» qui sont en fait des espions de guerre.

6/ Intervenir militairement sous des prétextes «humanitaire» en particulier «protéger les civils».

7/ Instaurer le chaos.

8/ Créer une entité, en lieu et place du gouvernement composée d’éléments à leur solde

9/ Traduire les responsables comme des criminels de guerre devant un Tribunal Spécial.

DJERRAD Amar

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Côte d’Ivoire – Libye : le message de l’Occident est passé, mais la riposte arrive !

Mouammar Kadhafi et Laurent Gbagbo à Abidjan le 27 juin 2007

Le message de l’Occident pour les Africains est, on ne peut plus clair. Quiconque osera développer ou chercher à développer son pays, pour qu’il soit affranchi des prêts usuraires des institutions financières de domination colonialiste, sera tué. S’il résiste, son pays sera rasé. Si le pays résiste, le peuple connaîtra un génocide. Car Afrique, ton développement précipitera mon effondrement. Alors je t’ordonne de demeurer pauvre et soumise, sinon je tue jusqu’au dernier de tes enfants afin que tu comprennes que tu n’as pas le droit d’être libre et développée.

Aussi simple que cela puisse paraître, tel est le message que l’Occident veut faire passer lorsqu’il a voté les résolutions à l’ONU pour massacrer les civils Ivoiriens et détruire la Libye afin d’y installer des imposteurs et des voleurs en lieu et place des bâtisseurs, fils du pays. Après quoi, le reste n’est que manipulation, corruption morale, lavage de cerveau et instrumentalisation en vue de faire passer ce message fondamental.

Mais avec les gros moyens qui accompagnent les efforts pour faire respecter cet édit méprisant et raciste, l’achat de conscience et la promotion des renégats qui sous-tend cet odyssée de la haine, plusieurs fils de l’Afrique qui ne pensent qu’à leurs ventres et à ceux de leurs proches, croient jouer juste, en collaborant par traîtrise et lâcheté.

Mais permettez-moi de leur dire qu’ils ont échoué. Car ni l’assassinat des anciens résistants, ni celle des aînés comme Kadhafi, ne peut nous influencer et déclencher un vent de lâcheté. Alors allez-y leur dire que l’arrestation et le massacre de tous les fils de Kadhafi a été la plus grosse erreur de leur fin de règne, de la fin de l’hégémonie occidentale !

Parce qu’en agissant ainsi, même les traîtres collabos qui leur servent de monture en Afrique, ont fini par comprendre que l’Occident ne s’est jamais civilisé, qu’il est demeuré raciste et barbare et que la faim comme la pauvreté lui font perdre la tête au point de manger même la monture qui est à son service pour conduire son odyssée de vol et de pillage.

Alors, ces traîtres fils de l’Afrique, ces montures de la honte pour le projet de vol et de pillage de l’Occident en Afrique deviennent de plus en plus hypocrites avec leurs maîtres blancs et nous encouragent en secret, dans notre engagement pour libérer notre continent agressé sauvagement par des prédateurs affamés.

C’est pourquoi notre riposte sera totale et aucune force armée ou nucléaire, aucun vestige de puissance économique avec tous ses réseaux d’influence, ne pourra résister à notre action. Oui, nous allons les vaincre et les contraindre à accepter leur statut de nouveau pauvre. Et s’ils insistent, leurs collabos en Afrique subiront un destin plus tragique que celui qu’ils ont imposé aux dignes fils de l’Afrique qui ont osé leur dire non !

Tous les piliers de leur croisade raciste seront brisés, rasés et jetés hors de l’Afrique.

Quand je parle de piliers, je parle des instruments économiques, financiers, diplomatiques et mystiques sur lesquels ils s’appuient pour infester l’Afrique.

Nous les connaissons, ils sont nos cibles primaires. Et nous nous donnons les moyens pour que de générations en générations, nous créions la chaîne de la résistance et de la libération contre l’invasion et le mépris raciste de l’Occident.

C’est pourquoi la Révolution Permanente vous prie, dignes fils d’Afrique, d’écrire, de vous mobiliser et de rejoindre chacun des fronts que nous avons ouverts pour la Libération de notre Continent agressé inutilement alors que nous leur avons tendu la main en leur disant que nous voulons les aider à stabiliser leurs modèles économiques, dans le respect de nos différences et de nos intérêts, des intérêts de nos peuples.

Ils nous agressent et nous tuent pour s’installer. Nous allons les désinstaller par tous les moyens en coupant tous les piliers de leur agression raciste et méprisante. Alors dites-leur qu’ils ont échoué dans leur tentative de nous faire peur pour nous faire taire !

A Très bientôt.

Hassane Magued

Bombardements humanitaires en Libye : Les crimes de guerre de Charles Bouchard

Bombardements humanitaires en Libye : Les crimes de guerre de Charles Bouchard par  Bernard Desgagné

Au rayon des crimes contre l’humanité, le Québec avait le faux héros Roméo Dallaire, marionnette de Bill Clinton chargée de laisser la voie libre à Paul Kagame et à ses conseillers militaires étasuniens, architectes du bain de sang qui commença le 1er octobre 1990 et qui se poursuit encore, 21 ans plus tard, au Rwanda et en République démocratique du Congo. Mais aujourd’hui, le Québec a son premier vrai grand criminel de guerre, le lieutenant-général Charles Bouchard, bourreau des Libyens.

En dépit des protestations vigoureuses et après de nombreuses tentatives ratées (par exemple, le 21 mars, le 25 avril et le 30 avril, cette dernière ayant causé la mort du plus jeune fils et de trois petits-enfants de Mouammar Kadhafi), Charles Bouchard a fait assassiner un chef d’État. Il peut, s’il le veut, nier effrontément son crime, mais les révélations du Canard enchainé sont accablantes. Chemin faisant, les tueurs aux ordres de Charles Bouchard ont massacré des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, peut-être même des millions, aujourd’hui dispersées dans le désert ou dans les pays voisins.

À titre de dirigeant militaire du Dominion of Canada, monarchie à laquelle les Québécois ont été intégrés de force et dont ils ne partagent pas les valeurs militaristes, Charles Bouchard a fait pleuvoir des bombes pendant six mois sur Tripoli, une ville moderne de plus d’un million d’habitants encore prospère récemment. Il a lâché aux trousses des Libyens de race noire une horde de chiens drogués, racistes et assoiffés de sang. Il a orchestré la destruction de Syrte, bijou méditerranéen incarnant la grande réussite économique et sociale que les Libyens et l’Afrique devaient à Mouammar Kadhafi.

L’horreur causée par l’OTAN en Libye

Un échantillon des crimes de guerre de Charles Bouchard

http://www.tagtele.com/videos/voir/75264

Une goutte de vérité dans un océan de mensonges radiocanadiens : Le reportage de Jean-François Bélanger sur les massacres commis à Taouarga par les rebelles racistes auquel l’OTAN a accordé un permis de tuer tous les civils qu’ils veulent.


Engagé par les psychopathes Obama, Cameron, Sarkozy et Harper, qui sont à la tête d’États voyous en faillite n’ayant plus que la guerre comme argument économique, Charles Bouchard les a aidés à faire main basse sur les fonds souverains de 150 milliards de dollars et les réserves connues de 60 milliards de barils de pétrole d’un pays riche. Le ratio de la dette sur le PIB de la Libye est de 3,3 %, soit l’un des moins élevés au monde, comparativement à 85,9 %, 88,5 %, 97,3 % et 101,1 % respectivement pour le Canada, le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, grands donneurs de leçon de démocratie par les bombes, qui ont décidé de coloniser militairement l’Afrique et le Moyen-Orient pour s’assurer de pouvoir continuer d’en piller les richesses au profit d’une petite clique de requins voraces, tout en maintenant leurs populations dans la servitude. La Libye, oasis de prospérité et phare pour le tiers-monde, sera désormais le royaume de la barbarie.

Kadhafi un grand héros

L’assassinat sauvage de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim par les terroristes à la solde de chefs d’État qui, hier encore, cachaient hypocritement leur projet de liquidation est une cicatrice de plus sur le visage balafré de l’Afrique, continent martyr. Les Africains sont nombreux à avoir pleuré à chaudes larmes la mort du guide, de l’Algérie à l’Afrique du Sud et du Sénégal au Kenya. Les voisins du sud, Mali, Niger et Tchad, de même que le reste de l’Afrique bénéficiaient grandement du dynamisme économique et des investissements de la Libye. Les Noirs étaient les bienvenues chez Kadhafi, un grand panafricaniste qui avait appuyé l’ANC et Mandela, bravant avec un coeur chevaleresque les protecteurs occidentaux des tenants de l’apartheid.

Vanessa Hessler, actrice, mannequin et amoureuse de Mouatassim Kadhafi, a été remerciée de ses services par Telefónica Germany pour avoir osé dire entre autres que « les Kadhafi étaient des gens très simples comme vous et moi ». Elle qui jouait la princesse Irina dans Astérix aux Jeux olympiques, avec le Québécois Stéphane Rousseau, peut aujourd’hui regarder, sur Internet, les derniers moments de l’élu de son coeur aux mains des bêtes sauvages lâchées sur la Libye par l’OTAN.


Les larmes et la colère des Africains paraissent incompréhensibles pour les esprits occidentaux encore trop nombreux à être dupes de la désinformation et à penser que les mauvais clients de Wall Street sont vraiment des dictateurs sanguinaires comme le prétend par exemple Radio-Canada. C’est à eux que je m’adresse surtout, à commencer par mes compatriotes québécois. Pour la plupart des Africains, ce que j’écris n’a rien d’une révélation. C’est l’évidence.

En Libye, la richesse était redistribuée sous l’oeil bienveillant de Kadhafi, qui n’avait rien d’un tyran : soins de santé gratuits, éducation gratuite, logements gratuits, généreuses primes aux études, aide pour les nouveaux mariés. Bref, tout le contraire du projet de désolidarisation sociale que nous propose l’Institut économique de Montréal et que met en œuvre la succursale de Power Corporation au pouvoir à Québec, notamment avec la hausse des frais de scolarité à l’université. Laissons un peu la parole à Mouammar Kadhafi lui-même, qui s’exprimait dans un journal libyen, le 5 avril 2011. Je cite la traduction de ce texte faite par Sam Hamod :

Depuis 40 ans, à moins que ce ne soit plus, je ne me souviens pas, j’ai fait tout mon possible pour donner aux gens des maisons, des hôpitaux, des écoles, et, quand ils avaient faim, je leur ai donné à manger. À Benghazi, j’ai même transformé le désert en terres arables, j’ai tenu tête aux attaques de ce cowboy, Reagan, quand il a tué ma fille adoptive orpheline. Essayant de me tuer, il a tué à la place cette pauvre enfant innocente.

Ensuite, j’ai épaulé mes frères et sœurs d’Afrique avec de l’argent pour l’Union africaine. 
J’ai fait tout mon possible pour aider les gens à comprendre le vrai concept de démocratie, qui consiste en des comités populaires dirigeant leur pays. Mais ce n’était jamais assez, comme me l’ont dit certains. Même ceux qui possédaient une maison de 10 chambres, des costumes et du mobilier neufs, n’étaient jamais satisfaits. Ils étaient si égoïstes qu’ils en voulaient toujours plus. Ils ont dit aux Zuniens et aux autres visiteurs qu’ils avaient besoin de « liberté », de « démocratie » et n’ont jamais réalisé qu’il s’agit d’un système de panier de crabes, où le plus gros bouffe les autres. Ils étaient seulement ensorcelés par ces mots, sans réaliser jamais qu’en Zunie, il n’y a pas de médicaments gratuits, ni d’hôpitaux gratuits, ni de logement gratuit, ni d’enseignement gratuit, ni non plus de nourriture gratuite, sauf quand les gens sont obligés de mendier ou de faire longtemps la queue pour avoir de la soupe.

[…]

Maintenant, je suis attaqué par la plus grande force de l’histoire militaire. Obama, mon petit-fils africain, veut me tuer, priver notre pays de liberté, nous priver de la gratuité de nos biens : logements, médecine, éducation, nourriture, et remplacer tout ça par la grivèlerie à la zunienne appelée « capitalisme. » Or, nous tous, dans le tiers monde, savons ce que cela veut dire. Cela signifie que les multinationales dirigeront le pays, dirigeront le monde, et le peuple souffrira. Voilà pourquoi il n’y a pas d’autre solution pour moi, je dois prendre mes dispositions. Et si Allah le veut, je mourrai en suivant Sa Voie, la voie qui a rendu notre pays riche en terres arables, avec de quoi manger et la santé, et nous a même permis d’aider nos frères et sœurs africains et arabes en les faisant travailler ici avec nous, dans la Jamahiriya libyenne.

Je ne désire pas mourir, mais si cela devait advenir, pour sauver cette terre, mon peuple, tous ces milliers de gens qui sont tous mes enfants, alors qu’il en soit ainsi.

Que ce testament soit ma voix dans le monde. J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l’OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison ; je me suis élevé contre l’Occident et ses ambitions colonialistes, et, avec mes frères africains, mes vrais frères arabes et musulmans, je me suis dressé comme un phare de lumière. Quand d’autres construisaient des châteaux, je vivais dans une maison modeste et dans une tente. Je n’ai jamais oublié ma jeunesse à Syrte, je n’ai pas stupidement dépensé notre trésor national, et comme Salah-al-Din, notre grand leader musulman qui sauva Jérusalem pour l’Islam, je n’ai guère pris pour moi-même.

En Occident, sachant pourtant la vérité, certains me qualifient de « fou », de « bizarre », ils continuent de mentir, ils savent que notre pays est indépendant et libre, et non pas sous emprise coloniale, que ma vision, ma conduite est et a été sincère et pour mon peuple, et que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour garder notre liberté.

Kadhafi n’était pas du tout l’être diabolique que les médias du grand capital, de CNN à l’AFP, en passant par Radio-Canada, nous ont dépeint avec une invraisemblable malhonnêteté. Le meilleur exemple de cette diabolisation est sans doute l’attentat de Lockerbie, auquel aucun Libyen n’a participé, et encore moins Kadhafi. La vérité sur cet attentat se trouve dans « The New World Order Rule of Injustice », d’Edward Herman. Le reste de ce que les médias et les faux experts à gages racontent sur Kadhafi est de la même eau.

La sombre machination saute aux yeux et décrédibilise totalement les calomniateurs de Kadhafi lorsqu’on constate les crimes de masse commis par eux. Ils se sont d’abord voté un prétexte, les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, pour ensuite montrer leur vrai visage en massacrant les civils qu’ils disaient vouloir protéger et en s’efforçant d’assassiner le plus grand nombre possible de personnalités emblématiques de la Jamahiriya arabe libyenne. Malgré tout, beaucoup de gens conscients de la barbarie nord-atlantique tiennent, en avant-propos, à se dissocier obséquieusement de Mouammar Kadhafi pour préserver leur réputation.

En cette ère de fureur meurtrière, très peu de dirigeants et de personnalités ont eu le courage de défendre inconditionnellement le grand chef d’État qu’a été Mouammar Kadhafi. Hugo Chavez est l’un d’eux, même s’il se sait déjà dans le collimateur de Washington. Il pourrait subir le même sort que Kadhafi, mais, comme ce dernier, il donne à son peuple et à l’humanité toute entière l’exemple de ce qu’est la dignité, la liberté et le courage.

Pour avoir une idée plus complète de l’œuvre et de la pensée de Mouammar Kadhafi, je vous suggère de lire « Les vraies raisons de la guerre en Libye », un excellent survol que l’on doit à Jean-Paul Pougala et qui est daté du 28 mars 2011, ainsi que le Livre vert de Kadhafi lui-même. Personnellement, j’aurais échangé Pauline Marois et l’admirateur du Canada Gilles Duceppe n’importe quand pour un chef comme Kadhafi. (Le favori de Duceppe dans la course à la direction du BQ, Jean-François Fortin, est un grand partisan du bombardement de la Libye. Comme dirait Brassens, « quand on est con, on est con […] petit con de la dernière averse, vieux con des neiges d’antan ».)

La pluie de mensonges

L’aviation libyenne n’a jamais bombardé des civils. Les prétendues manifestations, filmées avec des téléphones cellulaires parkinsoniens, étaient des mises en scène orchestrées par la chaine qatarienne Al Jazeera, dont le directeur général collaborait avec la CIA tandis que les forces armées de son pays faisaient de la sous-traitance pour l’OTAN sur le terrain. Le prétexte de la protection des civils invoqué par l’OTAN est un gros mensonge, et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sont une preuve éclatante, s’il en fallait encore une, que cette institution internationale est complètement manipulée par les maitres du monde, au même titre que beaucoup d’ONG de façade, comme Human Rights Watch et Amnistie Internationale.

Les forces de sécurité libyennes n’ont jamais tiré sur des manifestants pacifiques. Il n’y a jamais eu de soulèvement populaire en Libye. Même Berlusconi a dit que ses homologues Cameron et Sarkozy bombardaient la Libye dans l’espoir que la population de Tripoli se révolte contre Kadhafi, ce qui ne s’est jamais produit, au contraire. Mais en fait, je pense que cet espoir était assez mince et qu’on prévoyait plutôt décimer les résistants jusqu’au bout.

Pour nous faire croire au scénario abracadabrant de la protection des civils, les médias menteurs ont dû, comme dans le cas de Laurent Gbagbo et de la Côte d’Ivoire, nous cacher une information cruciale : l’appui massif de la population au chef de l’État. Le 1er juillet 2011, 1,7 million de personnes sont descendues manifester dans les rues de Tripoli, ville de 1,1 million d’habitants. Plus d’un quart de la population libyenne a convergé vers la capitale pour manifester contre l’OTAN dans l’espoir que son appel serait entendu par la communauté internationale. Or, entre le 1er et le 3 juillet, que nous disait Radio-Canada à propos de la Libye ? Que les rebelles s’apprêtaient à lancer une offensive majeure en direction de Tripoli. Pas un mot sur la manifestation monstre du 1er juillet !

Un quart de la population de la Libye dans les rues de Tripoli pour appuyer Kadhafi. Un peuple victime d’un tyran agirait-il ainsi ? Par comparaison, les médias nous montrent des « scènes de réjouissance » de la supposée « libération », où des analphabètes tirent en l’air en criant Allah Akbar ou font crisser leurs pneus dans les rues, puis des plans rapprochés où l’on voit quelques dizaines de partisans apparemment enthousiastes. Rien qui nous permette de croire en une vraie ferveur populaire.


Les complices de Charles Bouchard

L’œuvre criminelle de Charles Bouchard est le résultat dramatique de l’immoralité la plus abjecte dans laquelle l’Occident s’est enfoncé, rongé par le matérialisme, la cupidité, le mensonge et la haine. Voyez ci-dessous la réaction de joie de Hillary Clinton, incarnation de cette immoralité, à l’annonce de l’assassinat de Kadhafi.

Charles Bouchard n’a pas agi seul, loin de là. Ses patrons, eux-mêmes des marionnettes du grand capital, sont aussi coupables que lui. Harper est un criminel, lui aussi, par exemple. Les hauts placés ont perpétré leurs crimes en toute connaissance de cause et en mentant effrontément à la population. Ils ont massacré les Libyens en sachant pertinemment qu’ils le faisaient pour installer au pouvoir une bande de terroristes fanatisés, qui n’ont pas mis de temps, après la « libération », à dire qu’ils allaient appliquer la charia. Dans sa grande hypocrisie, Ottawa s’est mis à raconter par la suite qu’il allait « militer pour les droits des femmes ».

Sur la scène du drame, Charles Bouchard a eu comme complice les tueurs à gages aux commandes des avions et les terroristes armés par l’OTAN, mais d’autres complices ont également joué un rôle crucial et ont directement participé aux assassinats sur le terrain. Non contents de mettre des idées dans la tête des contribuables occidentaux pour susciter leur consentement, les médias ont participé activement aux bombardements. C’est Charles Bouchard lui-même qui l’a avoué au propagandiste de guerre Michel Désautels, sur les ondes de Radio-Canada, le 31 octobre 2011. Voici l’extrait incriminant :

MICHEL DÉSAUTELS — Donc, s’il n’y avait pas de coordination [entre les rebelles et l’OTAN], il y avait en tout cas du renseignement qui circulait de part et d’autre.

CHARLES BOUCHARD — Bien sûr, les renseignements, euh… Mais les renseignements venaient de beaucoup de sources, dont les médias, qui étaient au sol et qui nous donnaient beaucoup d’information, au travers des intentions, et où étaient les forces terrestres.

Cette déclaration de Charles Bouchard est corroborée par les observations à Tripoli des journalistes indépendants Thierry Meyssan et Mahdi Nazemroaya, qui ont été menacés de mort par de faux journalistes. Essentiellement, les journalistes pointaient les cibles pour l’OTAN, notamment lors des tentatives d’assassinat. Ils pouvaient déposer des balises GPS pour marquer un emplacement exact, en vue d’une frappe ultérieure, ou encore communiquer au moyen d’un téléphone satellitaire avec le centre de commandement et de contrôle de l’OTAN, où le général Bouchard ordonnait les assassinats dans un délai de quelques minutes, puisque des avions d’attaque étaient constamment en vol, à distance de frappe. Ainsi, lorsque les faux journalistes constataient que Kadhafi se trouvait à un endroit, ils appelaient tout de suite Bouchard.

Entrevue avec Thierry Meyssan à la télévision syrienne où il décrit le comportement de certains faux journalistes. L’émission est en arabe, mais M. Meyssan répond aux questions en français.


Entrevue en direct sur Russian Television de Mahdi Nazemroaya, menacé de mort à Tripoli ainsi que Thierry Meyssan, par de faux journalistes occidentaux.

Reportage de Michel Collon

Reportage de Lizzie Phelan

Conférence de Lizzie Phelan


Une enquête doit avoir lieu

Au Parlement d’Ottawa, l’opposition n’a plus le choix et doit réclamer une enquête sur les allégations ci-dessus de crime de guerre commis par le lieutenant-général Charles Bouchard, commandant de l’opération Protecteur unifié, contre le gouvernement conservateur et contre les médias complices. Éventuellement, le premier ministre et le ministre de la Défense eux-mêmes devront être inculpés de crimes contre l’humanité si l’on arrive à faire la preuve qu’ils étaient au courant des cibles et des conséquences réelles des bombardements de la Force aérienne royale du Canada.

L’opposition doit faire vite, car les criminels s’emploient actuellement à effacer rapidement les traces de leurs méfaits. En Libye, tous les témoins gênants seront liquidés. Des exterminations massives auront lieu. Même la CPI participe à la traque en vue d’exterminer ceux qui pourraient révéler beaucoup de choses. Elle a servi un avertissement à Saïf al-Islam, le fils de Kadhafi qui essaie actuellement de sauver sa peau et qui sait pertinemment qu’il ne peut pas se rendre aux terroristes du CNT s’il ne veut pas finir comme son père et ses deux frères. La CPI a prévenu Saïf al-Islam qu’elle ferait « intercepter » l’avion s’il essayait de se rendre dans un autre pays par la voie des airs, ce qui veut dire essentiellement qu’elle fera abattre l’avion, donc qu’elle fera éliminer son illustre passager.

Le temps joue également contre d’autres témoins importants, comme les journalistes mentionnés ci-dessus, qui pourraient être considérés comme des « menaces pour la sécurité nationale » et être liquidés ou mis au cachot.

Syrte en ruines


Prochaine chronique dans quelques jours :

Quelle démocratie sept mois plus tard pour les Ivoiriens « libérés » par les bombardements français et onusiens avec la complicité d’Ottawa ?


Enquête sur le terrain en Afrique de l’Ouest

Libye : La tombe de la mère de Kadhafi profanée

Pour ceux qui doutaient de la bestialité de ces « rats », pseudo rebelles libyens, ils sont servis. Les Salafistes ont encore frappé en Libye. Après les meurtres et assassinats ciblés de noirs sous supervision de l’OTAN, cette fois-ci, ils s’en sont pris aux morts comme l’a rapporté le quotidien algérien d’information « Réflexion ».

Un groupe de combattants Libyens fanatiques appartenant au courant djihadiste proche d’al Qaida a profané des tombes dans le cimetière de la tribu Kadhafa. Ils ont profané le caveau familial des Kadhafi dans la région de WadiJaraf proche de la ville de Sirte.

Ils ont entre autres, saccagé les tombes, déterré les défunts dont le corps de la mère du colonel Kadhafi, ainsi que celui de son oncle et deux autres membres de sa famille. Ces corps ont été tout simplement brûlés. La tombe de la mère de Kadhafi est celle qui a été la plus visée par ces extrémistes qui l’ont complètement détruite et dont ils ont extrait la terre avant de brûler les ossements.

Cet acte s’ajoute à d’autres actes commis par les éléments de cette secte qui ne se comptent plus parmi lesquels faire manger aux prisonniers pros Kadhafi de la viande de chien, assassiner froidement des personnes au motif que ce sont des noirs, exécuter des centaines de prisonniers, piller les maisons et brûler des zaouias. Dans l’histoire récente, seuls les GIA en Algérie avaient commis de telles profanations de sépultures, destruction des épitaphes et saccage des mausolées des saints.

Le nouveau logiciel de l’impunité

Le nouveau logiciel de l’impunité

In Le Nouveau Courrier N°338 Du 10 octobre 2011 par Théophile Kouamouo

Le concept d’impunité a été évoqué à maintes reprises en Côte d’Ivoire ou au sujet de la Côte d’Ivoire durant la semaine qui vient de s’écouler. Et pour cause : les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont ouvert la voie à des enquêtes sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits de l’Homme durant ce qu’il est convenu d’appeler la «crise post-électorale» et – peut-être – depuis le déclenchement de la rébellion dirigée par Guillaume Soro, le 19 septembre 2002.

Justifiant avant toute inculpation la déportation future du président Laurent Gbagbo à La Haye, Guillaume Soro, chef visible de l’insurrection qui a déclenché «le grand malheur» ivoirien, a affirmé qu’il ne fallait pas «laisser survivre l’impunité ». L’impunité des autres, pourraiton rétorquer à celui qui a tenu à affirmer qu’il a dirigé en personne l’attaque du 19 septembre 2002 à Abidjan, et qui a joué au général en costard lors des nombreuses et sanglantes purges internes à la rébellion et bien entendu, entre décembre 2010 et avril 2011, l’apothéose de sa dernière épopée militaire ayant été, si l’on en croit les proches du défunt, la torture et l’exécution d’un Ibrahim Coulibaly désarmé et, pour faire bonne mesure, de plusieurs de ses compagnons.

Le vocable «impunité» a également été utilisé à plusieurs reprises par l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, qui a publié un rapport où elle est apparue comme le procureur maladroit de Gbagbo, à qui elle a prêté des propos qu’il n’a jamais tenus, et comme l’avocat empressé d’Alassane Ouattara, qu’il ne faut surtout pas – ah bon ! – mêler aux crimes du «commando invisible» et dont les forces n’ont cédé aux crimes massifs que «très tardivement ». Comme en guise de légitime défense, a-t-on envie de suggérer pour en finir avec les sous-entendus indécents ! Quelques mois plus tôt, Florent De Geel, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), tentait de venir au secours du régime ivoirien en sous-entendant, sur SlateAfrique, qu’Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé qui terrorise Duékoué, n’avait rien à voir avec la hiérarchie officielle de l’armée de Ouattara et de Soro. Ce qui signifie que les tueries innommables de Duékoué ne sauraient être de leur fait.

Mardi dernier, les avocats Roland Dumas et Jacques Vergès se faisaient injurier, et voyaient leur livre «Sarkozy sous BHL» traité de chose «méprisable» par une meute de journalistes «vertueux» parce qu’ils affirmaient que Nicolas Sarkozy, qui assume de manière volubile la direction politique des opérations de l’OTAN en Libye, pourrait être responsable de «crimes contre l’humanité». Voyons donc, tout cela est «excessif» donc «insignifiant», raisonnaient les raisonneurs.

Et pourtant, l’armée française a souvent commis des crimes contre l’humanité en Afrique depuis la décolonisation.

Et pourtant, des forces soutenues par la France officielle ont commis, il y a moins de vingt ans, un génocide au Rwanda. Et pourtant, les organisations de défense des droits de l’Homme les moins compromises nous informent quotidiennement sur les crimes du CNT, qui font, sous le haut commandement de l’OTAN, dans les villes du Sud de la Libye, ce que le «monde libre» se glorifie d’avoir empêché à Benghazi. Un beau, bel et grand massacre !

Ces contradictions apparentes entre un idéal généreux et des pratiques réelles d’une perversité machiavélique constituent le socle du nouveau logiciel de l’impunité. Un nombre incroyable de «partenaires» venant des univers des ONG, des médias, de la diplomatie et du savoir convergent, dans une unanimité inédite, pour imposer une fausse évidence : l’Empire occidental incarnant le bien absolu, ses alliés et lui ne peuvent commettre le mal que par «mégarde», quand ceux à qui il fait la guerre ou qui s’opposent à lui sont d’une perversité «naturelle». Les morts civils causés par les frappes de l’OTAN sont des «bavures», mais l’obus «de Gbagbo» qui serait tombé, nous dit-on, sur un marché d’Abobo, est une «faute morale». Les résolutions 1973 et 1975 interdisent l’usage d’armes lourdes qui peuvent menacer des civils, mais devraient pouvoir autoriser le largage de bombes et de missiles en pleine ville, à Yopougon, à Syrte et partout où tous les civils sont assimilés à des «pro-Kadhafi», donc à de légitimes cibles militaires.

Le nouveau logiciel de l’impunité veut nous faire admettre que le fait que certains criminels contre l’humanité supposés soient pris dans les filets de la «justice internationale» alors que leurs alter ego y échappent effrontément est une bonne nouvelle. Pour mieux saisir l’absurdité d’un tel point de vue, transposons la querelle dans les limites d’un village atchan. Un fils de Mobio a volé les poules d’un fils de Kodo, et un fils de Kodo a volé les poules d’un fils de Mobio. Parce que le chef du village est persuadé que le fils de Kodo est «mauvais » et «a poussé à bout» son adversaire, lui seul doit être arrêté. Alors que le village s’interroge sur une telle logique, celui qui tient le rôle du sage du village tranche en disant qu’il aurait aimé que les deux soient arrêtés, mais que l’arrestation du fils de Kodo est une «avancée» de la lutte contre l’impunité.

Qui peut croire à ce mensonge éhonté ? Personne.

Mais puisque cette nouvelle chorégraphie douteuse se déroule au plan international, l’ignorance des uns et l’indifférence des autres entretiennent les pires absurdités. Jean Pierre Bemba est à la CPI pour des crimes que ses soldats, «loués» à Ange-Félix Patassé, auraient commis. Patassé est mort de sa belle mort, loin de toute angoisse. Bozizé, dont les «libérateurs» tchadiens ont commis des crimes équivalents, gouverne la République centrafricaine, tout juste troublé par de nouveaux bruits de

Bottes Charles Taylor est à La Haye pour avoir financé et soutenu une rébellion meurtrière en Sierra Leone. Blaise Compaoré a trempé dans les mêmes magouilles, mais puisque sa dernière expédition – en Côte d’Ivoire – a été «sanctifiée» par la France et les Etats-Unis, tout va bien pour lui. Ellen Johnson-Sirleaf a financé, nous apprend la Commission Vérité et Réconciliation de son pays, la rébellion sanglante de Charles Taylor, et ne devrait pas, pour cette raison et parce qu’elle est inéligible au regard de la Constitution, rempiler. Mais elle est l’alliée privilégiée des Américains dans la région. Du coup, le prix Nobel de la paix lui a été «offert», pour l’aider à mieux faire campagne.

Dans le monde qui vient, vous pourrez toujours commettre les pires atrocités. Il faudra tout simplement vous assurer d’être du «bon» côté.

Syrte dans la légende

Une légende est en train de naître qui va hanter les gens qui ont été propulsés au pouvoir à Tripoli. Dans Syrte, face à d’insurmontables défis, une poignée d’hommes a donné un exemple de bravoure qui finira par trouver sa place dans l’histoire arabe.

Lourdement bombardée pendant plusieurs semaines par l’OTAN et attaqué à l’arme lourde par ses supplétifs libyens, la ville de Syrte a farouchement résisté

Des semaines d’attaques de missiles et de bombes ont réduit le centre de la ville en ruines et tué un nombre inconnu de civils. Les photos qui ressemblent à celles du genre de Beyrouth montrent les dévastations. Les combattants défendant la ville semblent être condamnés. Ils ont le dos à la mer et sont entourés de trois côtés.

Nous ne savons pas qui ils sont ni combien. Certains pourraient être des restes de l’armée libyenne et d’autres des civils qui ont pris les armes pour défendre leur ville. Nous ne savons pas pourquoi ils se battent. On nous dit qu’ils ne font que lutter pour leurs vies. On nous dit que ce sont des mercenaires… mais des mercenaires déposent les armes quand l’argent vient à manquer. On nous dit que ce sont des « loyalistes de Kadhafi ». Cela les discrédite immédiatement. Personne ne sait vraiment ce pour quoi ils se battent, mais que ce soit pour leur pays doit être une possibilité pour au moins certains d’entre eux.

Pourquoi cette guerre a-t-elle été lancée ? Le Kadhafi qui a maintenant été délogé est le même Kadhafi âgé qui est arrivé à Rome quelques années auparavant avec une photos de Omar al Mukhtar épinglée à sa tunique à sa descente d’avion. C’est le même Kadhafi qui a été accueilli chaleureusement à Paris par Sarkozy et, selon Saïf al-Islam, a généreusement financé sa campagne électorale. C’est le même Kadhafi qui a été congratulé par le toujours souriant Blair Tony à Tripoli. C’était avec le même Kadhafi que la compagnie Shell a été très heureuse de faire des affaires.

Entre toutes ces occasions et maintenant, il n’a pas changé. Il y a des années c’étaient les « chiens errants » – les dissidents libyens – qu’il disait vouloir chasser. Cette année, c’étaient « les rats » qu’il avait juré de poursuivre rue après rue – le fameux Zenga Zenga – et de maison en maison. C’est ce qui a donné aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France leur prétexte pour entreprendre une action militaire. Ce n’était pas censé être pour un changement de régime, mais c’est comme cela que ça a fini, et si ce n’était pas prévu dès le départ c’était inévitable une fois que ces trois puissances avaient décidé d’intervenir.

Quoi que pensent les Libyens de Mouammar Kadhafi, il n’y avait aucun signe d’une majorité appuyant le soulèvement contre lui. Comme Kadhafi l’a demandé le 6 octobre : « Le NTC, qui leur a donné une légitimité ? Comment ont-ils obtenu une quelconque légitimité ? Le peuple libyen les a-t-il élus ? Le peuple libyen les a-t-il nommés ? Si la légitimité, c’est seulement le pouvoir des bombes de l’OTAN et les flots de subventions, alors que tous les dirigeants du Tiers-Monde se méfient, le même sort les attend. Pour ceux qui reconnaissent comme légitime le conseil, méfiez-vous. Il y aura des conseils de transition créés un peu partout, qui vous seront imposés et vous feront tomber et un par un ».

Ce n’était ni une révolution populaire ni une guerre de libération. Ce n’était pas l’Egypte ou la Tunisie, où c’est le peuple qui a renversé le gouvernement. Ce fut une guerre de conquête par la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis, en coordonnation avec les groupes armés sur le terrain. Ces trois puissances ont transformé un soulèvement en une guerre civile, puis assuré la victoire d’un côté par l’utilisation massive de leur puissance de feu aérienne. Les soldats sur le terrain – les « loyalistes de Kadhafi » – étaient autant sans défense face aux missiles qui pleuvaient que les civils. S’ils avaient dû se débrouiller tous seuls, les « rebelles » aurait été rapidement dispersés.

Avec l’attaque déployée et le résultat quasi certain, les hauts ministres du gouvernement libyen ont commencé à faire défection. La métaphore habituelle, c’est les rats sautant d’un navire en perdition. Musa Kusa s’est envolé pour Londres et a raconté aux ervices de renseignements britanniques tout ce qu’il savait, ce qui ne devait pas être rien, vu que Musa Kusa est trempé jusqu’à son cou dans tous les crimes commis par Kadhafi au cours des quatre dernières décennies.

Mustafa Abdul Jalil était ministre de la Justice dans l’ancien régime. Il en est aussi sorti juste à temps. Désertant Kadhafi, il a ensuite accepté de diriger un conseil d’administration provisoire mis en place en collaboration avec les pouvoirs attaquants étrangers. Les gens qui font ce genre de choses sont généralement appelés des traîtres. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain a collaboré avec les nazis et aurait été exécuté à la libération, si ce n’était son âge avancé et ses faits de guerre en 1914-18.

William Joyce (« Lord Haw Haw ») a été exécuté juste pour cause de diffusion de propagande nazie contre son propre pays, la Grande-Bretagne. Quisling a agi en régent des nazis dans les territoires occupés en Norvège et il a été exécuté après la guerre pour trahison. Les puissances étrangères avec lesquelles Mustafa Abdul Jalil a collaboré ont attaqué son pays et tué des milliers de ses compatriotes, femmes et enfants. Sauf si le mot a perdu son sens, cela fait de lui un traître, lui également.

Sans couverture aérienne et sans défense au sol contre les attaques aériennes, l’armée libyenne – les « loyalistes de Kadhafi » – n’avait aucune chance. Il y a de nombreux parallèles dans la longue histoire des agressions occidentales sur les pays musulmans. En 1882, une flotte britannique a bombardé Alexandrie puis accusé des incendiaires et des brigands pour la destruction massive qu’elle avait causée. Les troupes débarquèrent pour rétablir l’ordre qui venait d’être détruit. Les Egyptiens ont essayé de défendre leur pays, mais contre la puissance de feu et l’organisation d’une armée européenne moderne, ils n’avaient aucune chance.

En 1898, environ 60 000 adeptes du Khalifa soudanais, le successeur du Mahdi, ont fait irruption dans une plaine en dehors de la ville de Omdurman en direction des lignes de combat britanniques. C’était leur pays et ils se sont battus pour lui avec énorme courage, mais contre des fusils Maxim alignés en rangées sur le champ de bataille, ils n’ont également eu aucune chance. Il y avait des exceptions à la règle. Dans le début des années 1880 le gouvernement soudanais a détruit le corps expéditionnaires de Hicks, mais c’était avant l’invention du fusil Maxim.

En 1896, une armée éthiopienne a anéanti toute une armée italienne à la bataille d’Adoua. Près de quatre décennies plus tard, une armée italienne a envahi l’Ethiopie à nouveau, devant endurer de sévères défaites avant qu’un armement supérieur et l’utilisation du gaz moutarde leur donnent la victoire. Poussé à l’exil, l’empereur Hailé Sélassié a déclaré à la Société des Nations : « C’était nous aujourd’hui. Ce sera vous demain ». En effet, c’est ce qui s’est produit.

En 1911, les Italiens ont envahi la Libye mais se sont abstenus de pénétrer à l’intérieur en raison de la résistance des tribus Sanusi et de la petite armée ottomane envoyée pour faire ce qu’elle pouvait – la Libye étant alors partie intégrante de l’Empire ottoman.

Dans les années 1920, l’Italie a lancé un programme à grande échelle pour vaincre les Libyens. Des milliers ont été déplacés de Jabal al Akhdar en Cyrénaïque et parqués dans des camps de concentration. La résistance était dirigée par un enseignant du Coran, Umar al Mukhtar qui a été capturé en 1931 et pendu au camp de concentration de Suluq. Maintenant, un siècle plus tard, les Libyens eux-mêmes ont ouvert la porte à une autre attaque étrangère contre leur pays.

Sans les interventions « humanitaires » des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, Kadhafi serait toujours à Tripoli, mais des milliers de personnes à présent mortes seraient encore en vie. Les bâtiments et l’infrastructure qui ont été détruits seraient encore debout. La Libye serait encore le pays le plus avancé en Afrique au lieu d’un pays qui a été ravagé par la guerre et qui doit maintenant se rétablir en conformité avec les prescriptions du « capitalisme du désastre ».

En tant qu’investissement, cette guerre n’était même pas risquée. La Libye est un grand pays avec une population relativement faible et presque pas de capacité de se défendre contre une attaque extérieure lancée par des États puissants. Ce pays est riche en pétrole, en réserves de change et en lingots d’or. L’attaque aurait-elle été envisagée si ce pays était pauvre ? Sa situation financière était beaucoup plus saine que celle des pays qui l’ont agressé.

L’idée que cela a été fait pour des raisons altruistes doit être rejetée immédiatement. Quelle que soit l’emballage humanitaire, des arrière-pensées se cachent derrière chaque guerre lancée par les puissances occidentales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au cours des deux derniers siècles. La guerre contre la Libye ne fait pas exception. À une époque de crise financière extrême, ces pays ne dépensent pas des milliards de dollars dans une guerre sans attendre un généreux retour sur investissement stratégique et commerciale.

Toutes ces semaines où Syrte était dévastée depuis les airs, où était le Conseil de sécurité, qui a ouvert la porte à l’attaque sur la Libye avec sa résolution de zone « no fly », mais n’a pris aucune responsabilité pour les conséquences ? Où était l’Union européenne, où était l’OCI, où était la Ligue arabe ? Où était l’indignation dans les médias, où étaient tous les gouvernements qui se sont donnés une « responsabilité de protéger » qui s’est transformée en un permis de tuer ? Ils étaient tous muets. Pas un mot d’inquiétude ou même de condamnation n’est sorti de leurs bouches. Ils ne voulaient parler que de la Syrie.

Les images de destruction maintenant sorties de Syrte donnent quelques indications sur ce que la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont fait. Combien de civils ont été tués, nous ne le savons pas, mais les estimations faites pour le pays dans son ensemble suggèrent un nombre de morts avoisinant des dizaines de milliers. Tel est le coût de « l’intervention humanitaire ». Tel est le prix que les Libyens ont dû payer pour leur propre « libération ».

Ils ne voulaient pas de cette guerre. C’étaient les gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France qui la voulait, pour des raisons qui leur sont propres et ils ont utilisé le soulèvement de Benghazi comme levier.

Un pays qui avait une certaine stabilité est maintenant dans la tourmente. Les agences de nouvelles consultent le gouvernement à Tripoli, mais il n’y a pas de gouvernement à Tripoli. Le « Conseil national de transition » ne s’est toujours pas réuni au complet. L’incertitude, les remous et, éventuellement le déploiement d’une guerre de résistance sont déjà inscrites. L’histoire est écrite par les vainqueurs, nous dit-on, mais si ce triomphe occidental sur un autre fou du Moyen-Orient ne réussit pas à s’affermir, le jour peut encore venir où les Libyens construiront des statues pour commémorer la bravoure du petit groupe d’hommes qui a combattu jusqu’à la mort pour Syrte.

Jeremy Salt

* Jeremy Salt est professeur agrégé et spécialiste d’histoire et politique du Moyen-Orient à l’Université Bilkent à Ankara en Turquie.

17 octobre 2011 – Palestine Chronicle – Vous pouvez consulter cet article à :

http://palestinechronicle.com/view_…

Traduction : al-Mukhtar

La vengeance du colonel Kadhafi

Muammar Kadhafi a tenu parole : il n’a pas abandonné le pays et est mort en martyr sur la terre libyenne. Le 20 octobre 2011, il a été fait prisonnier près de la ville de Syrte. Les insurgés, exaltés de bonheur, ont d’abord humilié le « frère-leader » encore vivant, avant de le fusiller puis de bafouer son cadavre. Une telle brutalité a été saluée par les applaudissements des leaders des pays occidentaux.

Pourtant, les adversaires du colonel se réjouissent un peu tôt. Même en ayant liquidé Kadhafi, ils ne pourront prendre la Libye sous contrôle. Avant tout car au cours de la guerre civile, les groupuscules anti-gouvernementaux n’ont soutenu le Conseil national de transition que parce qu’ils avaient un ennemi commun. Désormais, une fois l’ennemi liquidé, « les représentants des formations armées de Misrata, Zintan, Tripoli et Libye orientale vont disputer le pouvoir au Conseil national de transition », écrivent les analystes de Stratfor. Et la majorité des leaders tribaux ne veulent pas, au-dessus d’eux, d’un quelconque pouvoir étatique. La situation « pré-Kadhafi » leur convenait à merveille, quand le pouvoir central était faible et que les chefs locaux possédaient tout contrôle sur leurs tribus et leurs terres. Un bloggeur russe a comparé les liens entre les tribus et Kadhafi à ceux qui existent entre les Bandar-Log et Kaa dans le conte Mowgli de Rudyard Kipling. – Kadhafi a, par la force, réprimé les chefs des tribus bédouines et les a contraints à se plier aux lois de l’État. Désormais, Kadhafi n’est plus, les « Bandar-Log » vont soulever tout le désert : et alors, le peuple libyen -en premier lieu la classe moyenne, qui s’est habituée, au cours de l’ère Kadhafi, à la stabilité et au confort- comprendra ce que c’est que la vie sans Kaa.

Mais les leaders occidentaux, qui triomphent aujourd’hui à propos de sa mort, goûteront également l’amertume de la victoire sur Kadhafi. Un certain nombre de dirigeants arabes ont déjà retiré leurs conclusions des événements libyens.

Conclusion première : le rapprochement avec l’Occident n’apporte rien de bon et ne fournit aucune garantie. L’Europe et les USA ont longtemps assuré les dictateurs proche-orientaux du contraire en agitant précisément l’exemple du colonel Kadhafi. Regardez, disait-on, il s’est repenti, il a rendu ses armes de destruction massive : et il peut à loisir, depuis lors installer tranquillement sa tente dans les jardins de l’Élysée. Désormais, le même exemple de Kadhafi ne prouve qu’une chose : malgré le repenti et la collaboration, l’Europe l’a « soufflé » en une seconde.

Conclusion deuxième : la modernisation de l’État et le développement du secteur socio-économique ne vont pas de pair avec l’accroissement de la loyauté de la population. Les Libyens ne vivaient pas mal du tout : et tout de même, ils ont été contaminés par le virus du « printemps arabe ». Eh bien, le mieux dans ce cas, jugeront les seigneurs arabes, est d’orienter toutes les ressources vers le renforcement de l’appareil répressif et d’écraser cruellement tout foyer de libéralisme dans le pays. Ce qui va, naturellement, à l’encontre de la stratégie de l’Europe et des USA visant à créer et renforcer dans les États arabes une classe moyenne, orientée vers les valeurs occidentales.

Ainsi, périssant au combat et perdant son pays, Mouammar Kadhafi a en tout cas asséné un coup à l’Occident et à tous ses ennemis en Lybie. Et ce sera là sa dernière, sa victorieuse parole.

Traduit par : Julia BREEN

Les maîtres-menteurs…

La poignée de main au condamné…

Les informations, relatives à la capture suivie de l’exécution sommaire de Mouammar Kadhafi, s’additionnent depuis le jeudi 20 Octobre.

Elles dévoilent, dans un crescendo barbare, la véritable nature des combattants autochtones qui ont pris part à la chute de la Jamahiriya arabe libyenne. Elles mettent également en lumière responsabilité pénale et la pratique cynique du mensonge d’État de gouvernants occidentaux ayant œuvré de concert à l’assassinat du Guide.

Barack Obama, le prix Nobel de la guerre interrogé dans l’émission télévisée The Tonight Show, a eu des paroles claires.(1)

Il s’est fait l’écho du discours tenu par ses alliés, mettant un point final à une guerre crapuleuse, se soldant par la mort de milliers de civils.

L’assassinat de chef d’état, la nouvelle doctrine occidentale…

Les mots du président américain sont sans équivoque. Répondant à  Jay Leno, il a péremptoirement déclaré qu' »à l’évidence, on n’aime pas voir qui que ce soit finir de la façon dont il a fini, mais je pense que cela envoie un message fort aux dictateurs à travers le monde« .

Cette déclaration est riche en enseignements, et pour qui sait lire entre les lignes, elle s’apparente à une menace non-voilée émanant du général en chef de l’action terroriste occidentale.

Est édictée de manière lapidaire et sibylline, la nouvelle doctrine de l’Axe du bien : L’Occident liquidera les dirigeants du Sud récalcitrants, refusant de le financer, selon des conditions unilatéralement par lui imposées. Les images d’un Kadhafi tabassé, vraisemblablement sodomisé à l’aide d’un bout de bois avant d’être abattu d’une balle dans la tête, sont de nature à inciter à la docilité tous ceux qui regimberaient à accepter les diktats édictés par Barack Obama et ses complices.

La résolution 1973 du 17 Mars 2011, légalisant l’action prédatrice de l’Otan et de ses alliés arabes (le Qatar ayant mis à la disposition des «démocrates» du CNT des centaines de combattants selon le chef d’état-major qatari, le général Hamad ben Ali al-Attiya) n’était qu’une vaste fumisterie.

Le dévoiement de la légalité internationale, mise au service des politiques de rapines occidentales, est une nouvelle fois éventé: le texte de la résolution onusienne ne prévoyait aucunement l’assassinat du guide, uniquement l’interdiction du survol de l’espace aérien libyen et la protection des populations civiles. Les bombardements répétés de sites d’où ne décollait aucun aéronef militaire et qui n’étaient à l’évidence que de simples bâtiments susceptibles d’abriter Mouammar Kadhafi, ne laissaient pas la place au doute. La volonté de Barack Obama et de ses alliés, David Cameron et Nicolas Sarkozy, était limpide comme de l’eau de roche : le chef d’Etat libyen devait mourir.

De la peine de mort en droit international…

Les révélations du Canard enchaîné, sont autant de clous enfoncés dans le cercueil où repose à présent la vérité mensongère des vainqueurs.(2)

Localisé à Syrte à la mi-octobre et pris au piège dans un quartier de la ville le 19 du même mois, Kadhafi était, selon un colonel du Pentagone échangeant des informations avec un officiel des services secrets français, « impossible à manquer ».

Selon ce même officier, laisser Kadhafi en vie serait «une véritable bombe atomique». Nul n’ignore l’effet dévastateur d’un témoignage, devant une cour internationale, établissant les liaisons troubles entre le Guide, la CIA ou les services secrets français, voire les financements irréguliers accordés à certains hommes politiques occidentaux de premier plan.

Pour toutes ces raisons ordre est donné d’arrêter, au moyen de drones américains, de mirages F1CR et 2000-D français, la colonne de 75 véhicules quittant la ville. Les bombes et missiles n’ayant pas suffi à « neutraliser » la cible, comme on dit dans le jargon, les forces spéciales françaises faciliteront sa « livraison » à des combattants libyens enragés. Le « travail » sera achevé de la manière que l’on sait…

Messieurs Obama, Cameron et Sarkozy,  menteurs patentés, pourront afficher la mine grave de circonstance, condamner le lynchage et regretter que la justice internationale ne soit pas passée ou encore juger la réputation du CNT ternie, les faits sont là : l’assassinat politique étant proscrit par le droit international, ils se retrouvent passibles des juridictions internationales.

La légitimation de la violence…

Il indiscutable que la légalité ressort grandie de cette séquence !

Camoufler un meurtre politique sous le vernis juridique d’une résolution de l’ONU décrédibilise, si besoin était, une nouvelle fois l’ordre juridique international. Celui-ci apparait pour ce qu’il est en vérité : une des armes permettant  à l’Occident de maintenir son hégémonie. La loi du plus fort, règle non-écrite, régissant aujourd’hui encore les relations internationale risque de déboucher sur une légitime course à l’armement émanant des pays du sud. L’Occident concevant les rapports internationaux uniquement sous l’angle de la violence, une plus grande violence des États vivant sous sa menace est inévitable et clairement souhaitable.

Il ne s’agit pas de promouvoir l’usage des armes, mais le constat de la nécessité d’un rééquilibrage des rapports internationaux qui entraînera mécaniquement le développement des capacités militaires des pays du Sud.

Démocratie imposée et chaos généralisé…

La pérennisation de la prédation occidentale, débouche invariablement sur  l’instauration de régimes corrompus, mais amis parce que serviles, et une instabilité au mieux larvée, le plus souvent réelle et couteuse en vie. L’exemple libyen est à ce titre un cas d’école. Le CNT, création monstrueuse datant de 2005, est ce qu’il est convenu d’appeler un ramassis de brigands portant babouches.

Ses leaders,  à l’opposé de l’image dépeinte par le comique troupier BHL, ont  prouvé leur mépris des valeurs démocratiques. L’imposition de la charia, première mesure gouvernementale, imposée en dehors de toute consultation populaire est un exemple édifiant de leur inclinaison pour la démocratie.

On peut comme M. Juppé se réjouir que « le nouveau pouvoir libyen puisse être une opportunité fantastique pour nous, nos entreprises« , mais qu’en sera-t-il pour le citoyen de base ?

Les personnalités trustant les premières places dans l’organigramme du CNT donnent une indication de ce que réserve l’avenir au peuple libyen.

Mustapha Abdeljalil, son président, ancien ministre de la justice de Kadhafi de 2002 à 2007, confirma la peine de mort des infirmières bulgares.

Mahmoud Jibril, numéro 2 du CNT, est un pion étasunien, diplômé d’une université américaine, il est l’auteur d’une thèse sur la politique américaine en Libye.

C’est quelqu’un qui comprend le point de vue américain dit de lui Gene Cretz, ambassadeur américain à Tripoli. Il aura certainement à cœur la défense des intérêts du petit peuple…

Autre exemple emblématique, Abdel Hakim Belhaj,  gouverneur militaire de Tripoli, démocrate convaincu à ses heures perdues, est un militant islamiste ayant fait son djihad en Afghanistan, puis pourchassé par la police libyenne. Arrêté par la CIA, il fut remis en 2004 aux autorités libyennes, à l’époque bénie où Kadhafi n’était pas un dictateur sanguinaire dont il fallait à tout prix se débarrasser, mais un allié dans la sainte guerre contre le terrorisme…

Entre concussion avec les milieux politico-affairistes occidentaux, fondamentalisme religieux et accointances avec certaines mouvances terroristes, le nouveau pouvoir libyen offre toutes les garanties, il y donc matière à se réjouir !

Affirmer que l’avenir de la Libye est radieux est une ineptie qui a pourtant été répétée ad libitum par les membres de la coalition criminelle ayant bombardé et massacré, de façon involontaire et désinvolte, des populations civiles pendant plus de 8 mois…

Juge et partie…

Les dénégations pathétiques d’Alain Juppé affirmant que l’opération en Libye n’avait fait aucune victime collatérale, démontrent aux citoyens français et aux populations africaines ce que représente la vie humaine aux yeux des  bouchers qui nous gouvernent.(3)

Mouammar Kadhafi n’était certes pas un parangon d’humanisme, mais aucun décompte, aussi fantaisiste qu’il puisse être, ne pourra le rendre responsable d’autant de victimes civiles que M. Georges Bush, ci-devant défenseur du monde libre et ancien président des Etats-Unis. La très sérieuse revue The Lancet affirmait dans une de ses publications en date de 2006 que l’aviation et l’occupation américaine étaient responsables de la mort de 655.000 irakiens. Comparaison n’est pas raison, il est vrai, mais force est de constater que la justice et la légalité internationale, ne s’appliquent de préférence qu’aux dirigeants arabes et africains, l’Occident se contentant de distribuer certificats de bonne conduite provisoires et admonestations, lorsqu’il ne s’agit pas tout simplement de sentence de mort.

Sujet  hors-droit international, il en est législateur et juge de l’application. Sa mission de défenseur des peuples oppressés est une escroquerie intellectuelle et morale qui ne supporte pas l’examen de l’histoire et des faits.

Il est la source principale, directe ou indirecte de l’oppression et de la guerre à l’échelle planétaire. 

Les hauts mur…

Son humanisme intéressé est une injure, chaque jour renouvelée, aux principes universels qu’il a privatisés pour mieux les travestir.

Avant-hier la Côte d’Ivoire, hier la Libye, aujourd’hui la Syrie, demain l’Iran…

Chaque destruction, chaque pays dévasté, chaque peuple martyrisé par les bombes de l’Occident ou ses supplétifs locaux est le rappel de sa conception barbare des rapports entre États. La Lybie est entrée grâce à lui dans une ère de violences et de troubles dont nul ne peut prévoir combien de temps elle durera.

Cette énième déstabilisation pour convenances personnelles d’un État souverain est une nouvelle pierre dans son jardin. Puissent les peuples du Sud se saisir de ces pierres pour construire les hauts murs qui, à l’avenir, les protègeront de l’Occident criminel.

 Ahouansou Séyivé

Ancien militant du Parti socialiste français

Animateur du blog (Alternatives et Cohérence)


(1)Le mardi 25 octobre 2011.
(2)In le Canard Enchaîné du 26 octobre 2011.
(3)Invité de la matinale de France-Inter, le mercredi 26 octobre 2011, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, ne peut s’empêcher de mentir, comme à son habitude…

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Le Colonel a été assassiné, et alors ?

Il était en guerre contre la haine raciale, l’arrogance fasciste, le négationnisme occidental. Il est tombé au Champ d’honneur. Dans la pure dignité qui caractérise un guerrier moudjahiddine. Que Allah l’accueille auprès de lui ! Et fortifie les guerriers qui lui succèdent pour mener la lutte jusqu’à la victoire finale ! Amin !

Après les honneurs que nous venons de rendre au Guide de la Révolution libyenne, que nous reste-t-il à faire ?

Pleurer et nous rouler dans le sable comme des frères et sœurs affectés par le meurtre gratuit, méchant et raciste d’un des leurs ou juste jouer les veuves et les veufs en portant le deuil, cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la visite des amis et parents qui nous soutiennent dans la douleur ?

J’ai jusqu’ici pensé que tous ceux qui menaient le combat, qui par leur plume qui par leur voix ou encore par leur engament politique, étaient sur la même longueur d’onde. Parce que moi, je me considère en guerre et au front.

Et lorsqu’au front, un guerrier tombe, on lui rend hommage et on reprend le combat fût-il un guerrier de premier rang.

Alors quel est ce spectacle de pleurnichards qui se roulent dans la boue à travers tout le Continent africain pendant que l’ennemi prépare un nouvel assaut plus sanglant et plus destructeur ?

Qui sont ces guerriers qui n’ont pas compris que dans une guerre, ce sont des hommes qu’on tue et non des personnages de jeu vidéo ?

Qui sont ces guerriers qui veulent porter le deuil en restant cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la compassion du monde ?

Qui sont ces guerriers qui veulent pleurer sur les toits du monde pour dénoncer une bataille gagnée par l’ennemi comme s’il avait faussé les règles du jeu ?

La guerre qu’ils ont déclarée à l’Afrique n’est pas un jeu ! C’est une guerre de destruction, de meurtres, d’assassinats, d’appauvrissement, de pillage où aucune règle, aucune loi de la guerre n’est respectée !

Alors que dénoncez-vous ? Et à l’attention de qui ? Comme si vous attendiez qu’un législateur multinational, qu’un censeur suprême viendrait pour sanctionner ceux qui ont tué le Colonel en leur appliquant les sanctions prévues dans un certain Code de la guerre !

Vous m’avez attristé par votre abattement car je m’attendais à autre chose que des pleurs.
Je m’attendais à vous voir prendre l’engagement de poursuivre la lutte et redoubler d’ardeur au combat, jusqu’à la victoire finale ou jusqu’à ce que l’ennemi abdique après avoir été contraint de prendre conscience qu’on ne transforme pas des peuples avec des bombes et le massacre de civils.

Mieux, jusqu’à ce que l’ennemi comprenne que les peuples d’Afrique n’ont point besoin et ne rêvent pas de vivre comme ses enfants : déshumanisés, faisant le culte de l’argent roi, n’accordant aucune valeur à l’être humain et résolument, follement, stupidement tournés vers le gain matériel au mépris de la Morale qui devrait sous-tendre les relations humaines.

C’est cela qui devrait être notre posture, notre engagement, notre conviction après l’assassinat du Colonel. Non le contraire. Encore moins des pleurs de défaitistes.

Alors la lutte se poursuit en Libye et bien d’autres fronts s’ouvriront bientôt.

Cameroun, je t’ai prévenu ! C’est pourquoi j’ai dit à l’aîné de ne pas leur donner le prétexte de ton agression. Mais il ne m’a pas compris parce qu’il n’a plus d’oreille pour écouter.

Guinée Equatoriale, Angola, Soudan du « Nord », ils vous ont dans leur viseur avec le doigt sur la gâchette.

Dans une telle ambiance, dans un tel décor, en attendant qu’ils lancent leur « Machin » appelé Conseil de sécurité de l’ONU contre vous, contre vos frères, contre nos peuples, je ne veux plus entendre quelqu’un d’autre pleurer !

C’est pourquoi, âmes sensibles, je vous prie de vous abstenir de vous rendre au front. Car lorsque vous y serez, lorsque vous y êtes, c’est pour tenir tête, pour gagner à chaque épreuve, en rage de vaincre. Toute autre posture ne fera que saper le moral des troupes. Alors soyez forts, car ils nous ont imposé une guerre que nous sommes obligés de gagner au risque de périr et laisser la postérité sans héritage !

A très bientôt.

Hassane Magued