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Adame Ba Konaré sur RFI : “Kadhafi, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère”

L’historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, répond aux questions de RFI.

Rfi : La mort de Kadhafi a été vécue comme une libération par les libyens. Elle a été saluée à quelques rares exceptions près par de nombreux Etats de la planète. Est-ce que vous vous en félicitez ou vous déplorez cette mort ?

Adame Ba Konaré : Permettez-moi avant de répondre à votre question de formuler des vœux en tant que croyante pour le repos de l’âme du colonel Kadhafi et d’avoir une pensée pour sa veuve éprouvée. De la même façon, je présente mes condoléances à toutes les familles endeuillées par la tragédie libyenne. L’assassinat d’un chef d’Etat en exercice, de surcroît par le biais de puissances étrangères, n’est pas une affaire banale. On ne peut pas se réjouir de la mort d’une personne même s’il s’agit de son ennemi. Toute vie est sacrée. Moi, mon jugement d’historienne est qu’à cet égard, les évènements qui se sont succédé rappellent la pénétration coloniale européenne de la fin du 19ème siècle. En ce qui concerne la France que je connais particulièrement, c’est le même scénario. Au nom de la civilisation, de convoitise des richesses, des interventions militaires se sont toujours soldées par l’assassinat soit des grands résistants à la pénétration coloniale, soit des rois régnants. C’est la façon dont se sont passé les évènements qui nous laissent augurer que partout où il y aura des contestations, c’est le sentiment qu’on a ici, les vertus de généreuses nations entre guillemets voleront au secours comme par le passé, au nom de la démocratie cette fois-ci, pour sauver les pauvres africains de leurs méchants dirigeants. Dans les évènements qui viennent de se passer en Libye, je vois les prémices de la partition de la Libye, la désintégration de l’Afrique et de sa division en Afrique blanche et noire avec le risque de nouveaux tracés de frontières africaines. Mais aussi de la liquidation de l’Union africaine.

Rfi : Mais est-ce vous ne voyez pas dans l’intervention des puissances étrangère à travers l’Otan, le fait d’avoir prévenu probablement des massacres de civiles. C’est ce que Kadhafi avait annoncé sur Benghazi…

Adame Ba Konaré : C’est facile à dire. Malheureusement, cette intervention des forces de l’Otan n’était pas faite non plus de façon ordonnée. Ça été vraiment un acharnement contre des villes qui ont été pilonnées à longueur de journée. Je pense que les responsabilités sont absolument partagées.

Rfi : Si par exemple, l’Union africaine avait les mêmes moyens et intervenait, est-ce que ça vous choquerait de la même façon ?

Adame Ba Konaré : L’intervention des puissances étrangères et puis la façon dont le Colonel kadhafi est mort a choqué l’opinion africaine dans sa très grande majorité…

Rfi : Mais lorsque l’Union africaine et donc des pays africains interviennent de façon unilatérale, en Somalie par exemple, est-ce que cela vous choque ?

Adame Ba Konaré : Ce n’est pas le même cas de figure. On a déploré dans cette affaire, l’instrumentalisation des institutions internationales notamment par les anciennes puissances coloniales avec la complicité des Etats-Unis d’Amérique comme si ces puissances coloniales voulaient régler des comptes à Kadhafi. Donc, l’opinion africaine et moi avons, bien entendu, déploré également le dépassement du mandat de l’Otan. L’Otan est allé bien au-delà de la protection des civiles.

Rfi : Est-ce qu’il n’est pas finalement étrange pour certains de pleurer les conditions dans lesquelles est mort Kadhafi, quand on pense que pendant plusieurs décennies, il a lui-même exécuté tout ce qui pouvait s’opposer à lui. Il y a eu le massacre de plus de 1200 personnes dans la prison d’Abou Slim en 1996. Des gens pendus publiquement…

Adame Ba Konaré : Vous avez tout à fait raison de dénoncer tout ce que vous venez de dire. Ce visage du personnage qui a perpétré des actes répréhensibles, tel que le soutien aux mouvements terroristes, le manque d’ouverture démocratique, la personnalisation outrancière du régime. Mais, il y a l’autre visage de Kadhafi qui est quand même le nationaliste. C’est lui qui a mis à l’ordre du jour avec d’autres, bien sûr, le projet panafricaniste conduit par beaucoup de moyens même si ses méthodes étaient discutables. Mais avec la façon dont il a été fauché sous les balles des occidentaux, je crains qu’il ne soit devenu plus qu’une victime, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère jusqu’au bout comme il l’avait annoncé en martyr. Je ne crois pas du tout que l’Afrique va l’oublier.

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Comment l’Occident a fait main basse sur la Libye

Ils se disputent la carcasse comme des vautours.

Bien évidemment, l’OTAN et les médias qui lui sont soumis évitent à tout prix de comptabiliser le nombre de victimes, combattants ou civils, qui se chiffrent très probablement à plusieurs dizaines de milliers

Le ministère français de la Défense a affirmé qu’ils l’avaient eu avec un avion de combat Rafale qui a tiré sur le convoi. Le Pentagone dit de son côté qu’ils l’ont eu avec un Predator qui a tiré un missile Hellfire.

Après que le colonel Mouammar Kadhafi, blessé, ait cherché refuge dans une conduite de dérivation sous une autoroute – un écho sinistre du « trou » ou a été trouvé Saddam Hussein – il a été capturé par les « rebelles » du Conseil national de transition (CNT). Et puis dûment achevé.

Abdel-Jalil Abdel-Aziz, un médecin libyen qui a accompagné le corps de Kadhafi dans une ambulance et qui l’a examiné, dit qu’il est mort de deux balles, une à la poitrine, une à la tête.

Le CNT – qui a colporté des mensonges, encore des mensonges et rien que des mensonges pendant des mois – jure qu’il est mort dans « dans un échange de tirs ».

Ils sont nombreux à avoir pu faire cela. Cela peu avoir été Mohammad al-Bibi, un jeune de 20 ans arborant une casquette de baseball des New-York Yankees qui a posé pour le monde entier, brandissant le pistolet d’or de Kadhafi – son billet d’entrée peut-être pour ramasser la prime de 20 millions de dollars que l’on a fait miroiter pour capturer Kadhafi « mort ou vif ».

Cela devient de plus en plus curieux quand on se souvient que c’est exactement ce que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans sa visite éclair à Tripoli, avait annoncé 48 heures auparavant : Kadhafi devrait être « capturé ou tué ». Clinton a été comblée. Apprenant la nouvelle en consultant l’écran de son BlackBerry, elle a réagi avec toute la sémantique dont elle est capable : « Wow ! »

Et aux gagnants, le butin

Ils y ont tous mis la main : l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le Pentagone et le CNT. A la minute où une résolution des Nations Unies pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye a été votée, elle s’est transformée en feu vert pour un changement de régime. Le plan A a toujours été de capturer et de tuer Kadhafi.Un assassinat ciblé. C’est la politique officielle de l’administration Obama. Il n’y a jamais eu de plan B.

Laissez-moi vous bombarder, pour mieux vous protéger

Comme à propos de la R2P (« responsabilité de protéger » les civils), tous ceux qui ont des doutes devraient écouter l’explication fournie par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen : « l’OTAN et ses partenaires ont appliqué avec succès le mandat historique de l’Organisation des Nations Unies pour protéger le peuple de la Libye ». Celui qui veut vérifier sur le terrain ce qu’est la protection des civils par l’OTAN n’a qu’à sauter sur un camion pick-up et se rendre à Syrte, le nouveau Fallujah.

Les réactions ont été très instructives. Le bureaucrate du CNT, Abdel Ghoga, se l’est joué « Colisée dans l’Empire romain », en proclamant : « Les révolutionnaires ont eu la tête du tyran ».

Le président américain Barack Obama a déclaré qu’avec la mort de Kadhafi, « nous assistons à la force du leadership américain à travers le monde ». Cela revient à dire : « nous l’avons eu » comme on pouvait s’y attendre, considérant aussi que Washington a payé pas moins de 80% des coûts de cette opération de l’OTAN (plus de 1 milliard au total – que le mouvement Occupy Wall Street pourrait bien estimer avoir été plus utile pour créer des emplois aux États-Unis). Etrange, de dire à présent « nous l’avons fait », parce que la Maison Blanche a toujours affirmé que ce n’était pas une guerre, que c’était quelque chose de secondaire dont ils n’étaient pas en charge.

Il revenait à ce stratège de la politique étrangère, le majestueux vice-président américain Joe Biden, d’être nettement plus instructif qu’Obama : « Dans ce cas, l’Amérique a dépensé 2 milliards de dollars et n’a pas perdu une seule vie. C’est une indication pour savoir comment traiter avec les affaires du monde dans le futur, contrairement au passé. »

Monde, tu es prévenu pour ce qui est de savoir comment l’Empire va traiter avec toi à partir de maintenant !

Sentez mon amour humanitaire

Alors félicitations à la « communauté internationale » – qui comme chacun le sait est composée de Washington, de quelques seconds couteaux de l’OTAN, et des « puissances démocratiques » du Golfe Persique : le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU). Cette communauté, au moins, a adoré la fin. L’Union européenne (UE) a salué « la fin d’une ère de despotisme » – alors que hier encore ils caressaient le bas de la tunique de Kadhafi. Maintenant ils se renient eux-mêmes dans des éditoriaux sur le règne de 42 ans d’un « bouffon ».

Kadhafi aurait été l’invité le plus inopportun à la Cour pénale internationale à La Haye, car il aurait aimé rappeler tous les baisemains, les chaudes embrassades et la mendicité de l’Occident pour décrocher des affaires juteuses après avoir été promu « Mad Dog »(Ronald Reagan) et jusqu’à « notre bâtard ». Il se serait régalé en détaillant d’où venaient tous ces louches opportunistes qui se présentent désormais comme « révolutionnaires » et « démocrates ».

Quant à la notion de droit international, elle est tombée dans un drain aussi sale que celui où était Kadhafi, ou que la cache où était retranché le dictateur irakien Saddam, lequel au moins a eu droit à un procès factice devant une cour faite de pantins avant de rencontrer son bourreau. Oussama ben Laden a été tout simplement liquidé, un assassinat dans le meilleur style après une invasion territoriale du Pakistan. Kadhafi a été le suivant, liquidé dans un mélange de guerre aérienne et d’assassinat direct.

De puissants vautours encombrent le ciel. Basé à Londres, Mohammed El Senoussi, l’héritier du trône libyen (le Roi Idris a été renversé en 1969) est prêt pour se placer au premier plan, ayant déjà établi qu’il « était au service du peuple libyen, et que celui-ci décidera ce qu’il voudra ». Traduction : je veux le trône. Il est évidemment le candidat favori de la dynastie contre-révolutionnaire des Saoud.

Et que dire de ces think-tank de Washington, des ânes répétant que ce fut le « moment Ceausescu » du printemps arabe ? Si seulement le dictateur roumain avait amélioré les conditions de vie dans son pays – en termes de soins médicaux gratuits, d’éducation gratuite, de prêts incitatifs pour les jeunes mariés, etc – pour seulement une fraction de ce que Kadhafi a fait en Libye. Plus le fait que Nicolae Ceausescu n’a pas été destitué par les bombardements « humanitaires » de l’OTAN.

Seul un mort cérébral pourrait avoir avalé la propagande de l’attaque « humanitaire » de l’OTAN aux 40 000 bombes ou plus – qui ont dévasté l’infrastructure de la Libye en la faisant revenir à l’âge de pierre (Shock and Awe en version ralentie). Cela n’a jamais rien eu à voir avec le fameux R2P (Right To Protect, et le bombardement implacable des civils à Syrte le prouve.

Comme les quatre premiers membres du BRIC le savaient avant même le vote par l’ONU de la Résolution 1973, l’OTAN considère la Méditerranée comme son lac privé, et il s’agissait d’une guerre de l’Africom contre la Chine et pour la mise en place d’une base stratégique clé. Et les Français et les Britanniques escomptent bien obtenir des contrats juteux pour exploiter les ressources naturelles de la Libye à leur profit. Il était temps que l’Occident impose son discours sur le printemps arabe, après avoir été pris au dépourvu en Tunisie et en Egypte.

Écoutez les gémissements barbares

Bienvenue à la nouvelle Libye. Les milices islamistes intolérantes transformera la vie des femmes libyennes en un enfer. Des centaines de milliers de subsahariens – ceux qui ne pouvaient pas s’échapper – seront impitoyablement persécutés. Les richesses naturelles de la Libye seront pillées. Cette moisson de missiles anti-aériens volés par les islamistes seront une raison extrêmement convaincante pour que la « guerre contre le terrorisme » dans le nord de l’Afrique devienne éternelle. Il y aura du sang – le sang la guerre civile, parce que la Tripolitaine refusera d’être gouvernée par la Cyrénaïque.

Aux dictateurs qui subsistent un peu partout, prenez une assurance-vie de l’OTAN – Hosni Moubarak de l’Egypte, Zine el-Abidine Ben Ali de la Tunisie et Ali Abdallah Saleh du Yémen ont été assez intelligents pour le faire. Nous savons tous qu’il n’y aura jamais de R2P pour libérer les Tibétains et les Ouïghours, ou les gens dans ce goulag monstrueux qu’est le Myanmar, ou le peuple d’Ouzbékistan, ou les Kurdes en Turquie, ou les Pachtounes des deux côtés de la Ligne Durand impérialement établie.

Nous pouvons aussi croire que le monde aura vraiment changé le jour où l’OTAN imposera une interdiction de survol sur l’Arabie Saoudite afin de protéger les chiites dans la province orientale, et que le Pentagone lancera un tapis d’Hellfire sur les princes médiévaux et corrompus de la maison des Saoud.

Cela n’arrivera jamais. En attendant, voici la voie choisie par l’Occident : un bombardement de l’OTAN, et mille barbares sans loi qui pleurnichent. Vous êtes dégoûtés ? Offrez-vous un masque de Guy Fawkes [conspirateur catholique du 17e qui a voulu faire sauter le parlement anglais – N.d.T] et plongez dans cet enfer.

Pepe Escobar

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Asia Times – Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.atimes.com/atimes/Middle…

Traduction : al-Muktar

Assassinat de Mouammar Kadhafi par l’OTAN et les pseudo rebelles libyens, le Parti Communiste Congolais se prononce

Lettre ouverte adressée à Monsieur BAN KI-MOON Secrétaire  Général des Nations Unies.

Monsieur,

C’est avec amertume et indignation que l’Humanité vient d’assister au bombardement par l’OTAN du convoi de  Mouammar KADHAFI, son arrestation, son assassinat ignoble puis la mutilation de son cadavre. Quelle image de droit de l’homme avez-vous montré aux Nations ? Ayant  résisté  à l’agression de  son pays par l’OTAN, la Cour Pénale Internationale lancera un mandat d’arrêt contre le colonel Kadhafi, arrêté puis assassiné directement c à d l’impérialisme Américain, Britannique et Français sous la bénédiction de votre institution vient d’introduire une nouvelle notion de droit de l’Homme, ne pas juger les résistants  que vous qualifiez arbitrairement des terroristes ou des dictateurs.

Depuis l’accession de MANDELA au pouvoir, l’apartheid  est démantelé en Afrique mais le CNT, la branche rebelle de l’OTAN vient d’installer au nord de l’Afrique une nouvelle forme d’apartheid où les noirs Africains doivent connaitre un traitement inhumain et dégradant. Voulez-vous laissez l’apartheid en  LIBYE en échange de la politique des ETAS-UNIS d’Afrique que MOUAMMAR  KADHAFI voulait  installer pour notre continent ?

L’annonce de son décès à été confirmé par OBAMA, SARKOZY et CAMERON. L’OTAN vient d’annoncer la fin de sa mission en LIBYE. Ceci démontre que l’objectif  final de la mission de l’OTAN était l’assassinat du colonel KADHAFI. En droit de guerre lorsque vous arrêtez un ennemi, une fois ce dernier est assassiné entre vos mains cet acte constitue l’infraction de crime contre l’humanité. L’assassinat de KADHAFI fait partie de crime contre l’humanité qui porte la signature de votre Institution.

Nous voici en face de  la violation intentionnelle des  résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU  par l’OTAN. Qui  va encore respecter les résolutions de ce Conseil de Sécurité ?

Monsieur le Secrétaire Général,

Quel  rôle avez-vous attribué à l’armée Française en Afrique ?  La Côte d’ivoire et la Lybie définissent clairement ce rôle ; bombarder les résidences des Chefs d’Etats Africains puis arrêter ou assassiner ceux qui n’obéissent pas aux diktats de  l’Impérialisme ? Lorsque l’OTAN assassine un chef de l’Etat sous votre barbe ceci discrédite votre mandat.

OBAMA, SARKOZY et CAMERON sont  civilement  responsables de l’agression de la LIBYE puis de  l’assassinat de son président MOUAMMAR KADHAFI.  Monsieur SARKOZY  vient de nous revivre en image des exploits autrefois de l’armée Française en Algérie.  Dit – lui de remettre l’argent de KADHAFI utilisé  pour sa campagne électorale. Stop : que SEIF EL ISLAM ne soit pas tué comme son père, car nous avons besoin de sa présence pour connaitre le montant de la dette de SARKOZY envers la Lybie de KADHAFI.

Qui trompe qui ?

La crise  actuelle est l’effondrement du système capitaliste. Les dirigeants qui n’acceptent pas vos diktats et le pillage de leurs richesses tombent sous vos  balles.  Oui  KADHAFI, symbole de notre lutte anti-impérialiste, assassiné aujourd’hui par l’OTAN devient Héros du combat des peuples pour  la liberté. Les nations membres du Conseil de Sécurité portent entière responsabilité de la destruction des infrastructures en LIBYE et  de l’assassinat  de son Chef de l’Etat. Les missions criminelles de la France sous Sarkozy doivent être examinées systématiquement par la  Gauche Africaine et en tirer les conclusions responsables. La guerre coloniale contre l’Afrique est une manière de cracher sur les tombes de nos pères des indépendances Africaines. Ceci est  inacceptable. Notre Parti Politique  croit que nos actions en justice contre l’armée Française ne bénéficieront point votre appui mais auront un soutien des anti-impérialistes du monde entier. Karl Marx disait : «un peuple qui opprime un autre ne saurait être un peuple libre». Cessez  ces sales missions de la recolonisation de l’Afrique. Retenez bien, ce projet de la recolonisation de l’Afrique ne réussira point. Car les hommes libres et indépendants  à travers le monde participeront avec nous dans ce combat pour l’indépendance  réelle de l’Afrique.

L’histoire acquittera  le Colonel  MOUAMMAR KADHAFI

La guerre impérialiste menée par l’OTAN contre  la LIBYE vient de se solder par l’assassinat de son président. Il est nécessaire que nos lecteurs puissent connaitre  le portrait  de la LIBYE sous le règne de  KADHAFI et comparer  plus tard ce pays  sous domination des USA, de la France et de la Grande Bretagne.

Avec  le Colonel KADHAFI, l’éducation et les soins de santé étaient gratuits, l’eau et l’électricité à usage domestique étaient gratuites, les citoyens ne payaient pas l’impôt et la TVA n’existait pas. Les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêts. Pour créer une affaire privée on bénéficiait d’une aide financière de 20.000 dollars, si quelqu’un voulait acheter une voiture, les 50% du prix étaient  réglés par l’Etat, les libyens bénéficiaient d’un « crédit » de 20 ans sans intérêt pour construire leurs maisons, l’inflation «IPC» était de 6,3%, la croissance du «PIB» était de 8,5%, la dette extérieure était nulle. La Libye est le  dernier pays sur la liste des pays endettés. La dette publique est à 3,3% du « PIB » contrairement en France où elle est de 84,5%, aux Etats-Unis de 88 ,9% et au Japon à 225, 8%. Kadhafi est resté avec son grade de colonel jusqu’à sa mort, il s’est jamais autoproclamé « Général-Marchal » comme ailleurs. Le taux de chômage 30%  de la population active et les chômeurs étaient payés. Le coût de la vie en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France ou aux USA par  exemple, le prix d’une demi baguette de pain en France est environ 0,40 Euros, tandis que qu’en Libye il est 0,11 Euros. Voici le portrait de la Libye de KADHAFI que l’OTAN vient de détruire.

L’unique péché que le Colonel a commis est d’avoir  collaboré  avec l’impérialisme vers la fin de son règne car,  vous l’aviez proposé par ruse en vue  de privatiser les entreprises. Vous aviez changé  les indications sociales du peuple en une soit disant  révolution. Voyons voir  la suite de votre démocratie. Que représente aujourd’hui la Somalie après le passage des Yankées ? Ne transformez pas la  Libye en Somalie. La flamme de lutte pour l’Unité Africaine que KADHAFI a  semé  ne s’éteindra point. Nous allons poursuivre ce combat  jusqu’à la victoire finale.

Gloire eternel, Hommage au guide, le Colonel MOUAMMAR KADHAFI, symbole de l’Indépendance, de  la Liberté, et de la Souveraineté des peuples.

MOUAMMAR KADHAFI, te voici retrouvé sur le  chemin de Patrice Emery Lumumba, de Thomas SANKARA, de AGOSTINO  Neto, NKRUMA, des enfants de SOWETO, de Mzée Laurent Désiré KABILA, de MULELE… Dis leurs que l’Impérialisme est en perte de vitesse à cause de la crise du capitalisme  qui sévit chez lui.

La lutte continue.

Kinshasa, le 22 Octobre 2011

BOSWA ISEKOMBE Sylvère

Secrétaire Général

Le récit de l’assassinat de Mouammar Kadhafi

Le récit du Martyre de Mouammar Kadhafi

Medvedev et Kadhafi

International (LVO): De nouvelles informations de sources dignes de confiance rapportent les conditions dans lesquelles Mouammar Al Kadhafi serait entré dans le monde de l’éternité accompagné de son fidèle fils Mouatassim Al-Kadhafi et de leurs fidèles compagnons.

La source rapporte que suite aux bombardements incessants de l’O.T.A.N. et aux pillonages à l’arme lourde des mercenaires des pays de l’Organisation de l’Alliance de l’Atlantique Nord, détruisant toutes les maisons des quartiers de Syrte, le leader de la révolution libyenne et ses hommes ont décidé d’opérer un déplacement stratégique afin de prendre à revers les agresseurs.

Lors de leur déplacement, l’OTAN qui les avait déja repéré et qui avait concentré ses frappes sur la zone ou ils se trouvaient, avait détecté leur convoi. L’aviation des pays de l’OTAN a envoyé une bombe afin de lâcher sur eux un gaz qui a assommé tous les membres du convoi dont Mouammar AlKadhafi  et son fils Moutassim faisaient partie.

Le convoi immobilisé, l’OTAN a contacté les rebelles en leur ordonnant de se rendre d’urgence à tel endroit afin de capturer les personnes qui s’y trouvaient.

Lorsque les mercenaires de l’OTAN sont arrivé sur place, ils ont trouvé tous le monde inconscients. Ils ont abattu sur le coups les gardes de la protection raprochée de Mouammar Alkadhafi et ont emmenés ce dernier avant de commencer leur lynchage.

Lorsque Mouammar Al-Kadhafi, âgé de 69 ans, s’est réveillé, encore étourdi par les effets du gaz, il a demandé: « que se passe t il ? » recevant pour seule réponse des insultes et des coups, il leur a dit :  » c’est haram (péché) ce que vous faites »  mais les rebelles continuaient à le frapper.  Ils l’ont cogné avec une haine indescriptible en lui tirant les cheveux en lui donnant des coups de crosse, puis lui ont tiré une balle dans le ventre et une autre en pleine tête avant de le faire monter dans une ambulance, pendant qu’il agonisait, pour le transporter à Misrata afin de dire plus tard : « regardez-nous, à Misrata, nous sommes la ville qui a capturé et abattu Kadhafi Mouammar ». Mais le résistant Kadhafi ne leur en à pas laissé l’occasion et il est décédé dans l’ambulance avant de quitter syrte.

Pendant ce temps, Moutassim Al Kadhafi, étourdi par le gaz, est emmené dans une pièce d’une habitation civile alors qu’il est blessé d’une balle dans la jambe droite et une autre à l’epaule droite.

Mouatassim Kadhafi

Il se reveille, encore étourdi par les effets du gaz, et demande aux personnes devant lui :

« qui êtes-vous ? « 

Les rebelles lui répondent :

 » Ce n’est pas à toi de nous demander qui nous sommes, tu n’a pas d’ordre à nous donner »

Mouatassim, qui n’a pas compris qu’il a en face de lui les mercenaires de ses ennemis, leur répond :

 » Je suis le fils de Mouammar Alkadhafi, faites ce que vous voulez »

 Mais quelques minutes plus tard, les effets du gaz disparaissent, il reprends ses esprits, surgit les mains nues sur ses ennemis armés,  malgré ses blessures et c’est dans un combat d’une fureur incroyable que Moutassim Al-Kadhafi est encore plus grièvement blessé. Il n’avait pas d’arme, avait perdu beaucoup de sang et a quand même sauté avec une énergie surhumaine sur ses ennemis équipés d’armes de guerre et c’est dans ce combat inégale qu’il est tombé en héros, digne de son rang.

Dans une vidéo diffusée par la chaîne de télévision internationale Arrai TV,  on le voit en train de montrer à la caméra sa blessure à la jambe et à l’épaule droite. Ensuite il bois de l’eau et semble avoir perdu beaucoup de sang. Il s’allonge sur une sorte de banquette et semble très épuisé. Aucune assistance médicale d’urgence ne semble attendu pendant que le blessé agonise.

Les images suivantes le montrent, toujours à Syrte, décédé avec, cette fois, un trou en bas de la gorge d’une dizaine de centimètres de circonférences. Puis, ils est transporté dans une ambulance jusqu’à Misurata.

Lorsque l’information de leur capture et assassinat est rendue publique, la digne fille du Guide de la Révolution libyenne, Aisha Al-Kadhafi déclare :

« mon père n’est pas mort »

ce qui lance un doute au sein de l’opinion publique internationale, mais ce que voulais dire Aisha c’est que son père est devenu Martyre et, en Islam, les Martyres ne meurent jamais.

En effet, Allah swt dit dans le Saint coran :

« Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés. Ils sont ravis d’un bienfait d’Allah et d’une faveur, et du fait qu’Allah ne laisse pas perdre la récompense des croyants. » [ Coran 3:169-172 ]

C’est dans ce même esprit que les Comités verts et les Comités Révolutionnaires affirment que :

« Kadhafi est vivant et dirige toujours la résistance. »

L’épouse du défunt Mouammar Al-Kadhafi déclare, quand à elle, qu’elle est fière du Martyre de son mari tombé au combat comme il l’avait souhaité.

«  Il n’a jamais accepté que les américains installent leurs bases militaires sur la Terre de Libye et c’est pour ces raisons qu’il a été tué » déclare-t-elle,

ajoutant que :

«  S’il avait cédé comme les arabes corrompus des pays du golf, Mouammar Al-Kadhafi serait bien et n’aurait pas été combattu par tous ces pays.

Seif El Islam quand à lui a fait une déclaration sur la chaine Arrai TV, hier, en disant :

 » Nous continuons notre résistance. Je suis en Libye, je suis vivant, libre et ai l’intention d’aller jusqu’à la fin et je me vengerais, »

Nous présentons nos félicitations à toutes les familles et les proches des martyres de la Libye; et il nous plait de terminer cet article avec ce slogant, cher aux libyens et aux hommes libres, écrit avec le sang des martyres :

« Allah O Mouammar O Libya O Bes ! » ALLAH MOUAMMAR LA LIBYE ET C’EST TOUT

Nos recherches se poursuivent pour retracer fidèlement ce qui s’est passé et nous vous tiendrons informé du moindre détail en temps voulu inshaAllah

A suivre…

Hassan Alliby pour tous les opprimés, stcom.net

Massacrer les africains au nom de la démocratie : la fin qui justifie les moyens

Mouammar Kadhafi, celui que l’on a appelé ‘’le guide libyen’’ est mort, assassiné. Les images de sa dépouille malmenée, foulée aux pieds et exhibée comme celle d’un vulgaire bandit, resteront longtemps gravées dans notre mémoire collective. Des images dégradantes, déshonorantes, voire déshumanisantes d’africains, on en a vu ces dernières années. Certaines personnes, nullement choquées, en ont même applaudis ! De l’image de Laurent Gbagbo kidnappé, sa famille et ses collaborateurs faits prisonniers, en passant par celle des populations somaliennes fuyant la guerre, en proie à la pire des famines, jusqu’à celle de Kadhafi aujourd’hui, c’est à croire que les africains se complaisent dans le déshonneur.

La mort de Kadhafi est l’aboutissement d’une guerre injustifiée, menée de main de maître par l’organisation du traité de l’atlantique nord (OTAN), avec dans son sillage, les insurgés du CNT (conseil national de transition), qui  n’étaient en fait là que pour du vent. Des libyens massacrant d’autres libyens. C’est à ce schéma que les puissances occidentales ont bien voulu nous habituer. Certains libyens ont été entraînés, armés par l’OTAN, dans le but de tuer d’autres libyens.

Kadhafi est mort. Ceux qui l’ont tué s’en félicitent et se congratulent. De même, ceux qui l’ont naguère fréquenté et qui ont bénéficié de ses largesses, toute honte bue, saluent aussi sa mort. Kadhafi a été assassiné. C’est un crime, un crime signé OTAN. Kadhafi est mort, c’est l’avènement d’une Libye nouvelle, celle qui sera à tout jamais redevable aux occidentaux de la coalition de l’OTAN. Dans les bureaux feutrés de l’Elysée, en passant par ceux de Washington, le champagne coulera à flot, tout comme coulera à flot le pétrole libyen, de l’Afrique vers l’occident, ne  laissant au peuple libyen que l’illusion d’avoir acquis la liberté, passant sous silence le chaos et l’appauvrissement dans lesquels sera plongé ce pays pour les années à venir.

Hier la Côte d’Ivoire, aujourd’hui, la Libye. Des milliers d’africains sont massacrés et avec l’appui des occidentaux, au nom de la démocratie. Alors nous nous interrogeons: Si la démocratie qui est le pouvoir du peuple – tel que définit par ces occidentaux – préconise de massacrer ce peuple, pour s’imposer, alors il y a des raisons de s’inquiéter sur ce genre de démocratie, que ces mêmes occidentaux tentent insidieusement d’exporter en l’Afrique.

Dans cet exercice de réflexion, nous tenterons d’apporter quelques éclaircis à cette nébuleuse doctrine dont les moyens (guerres, tueries, massacres) justifient la fin (démocratie).

Ces 60 dernières années, l’Afrique est devenue un vaste champ de batailles. Disséminés un peu partout sur le continent, des foyers de conflits sont suscités, attisés et entretenus par les impérialistes occidentaux dont la devise est: « diviser pour mieux régner ». L’Afrique est devenue pour ces prédateurs un vaste laboratoire d’expérimentations, où ils viennent vendre et expérimenter leurs armes, donner de l’exercice à leurs soldats et assouvir leurs plus noirs envies. Pendant que le reste du monde s’emploi à rechercher des voies de développement plus accrues, l’Afrique est en proie à des querelles intestines à n’en point finir. Conséquences : des africains perdent chaque jour la vie, par centaines de milliers, voire par millions. Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes: RDC (4 millions de morts), Somalie (300 000 morts), Rwanda (800 000 morts), Côte d’Ivoire (3000 morts) ; Libye (60 000 morts), etc.

Résultat: au plan social et économique, les conséquences sont dramatiques. Le continent est en retard sur les autres malgré ses énormes potentialités. ‘’La main habile’’ africaine préfère s’expatrier et rester en occident. La situation est alarmante et l’Afrique ne semble pas avoir plus avancé qu’à l’époque de la traite négrière. En effet, un parallèle avec cette époque permet de constater que les conséquences de la traite et celles des guerres actuelles sont les mêmes pour le continent. Selon les historiens, la traite négrière: « c’est entre 20 et 100 millions d’hommes et de femmes, de surcroît jeunes et donc en âge de procréer, qui furent perdus pour le continent africain ». Puis ils ajoutent : « Cette déportation fut à l’origine d’un bouleversement majeur des structures politiques et économiques de l’Afrique ». Dès lors, l’Afrique ne pouvait pas résister à la conquête coloniale du XIXe siècle.

C’est en ce 21ème siècle, sous nos yeux, avec la bénédiction de certains africains, que l’histoire se répète. Les occidentaux sont en passe de rééditer la traite négrière,  ou la colonisation, peu importe le nom donné. Cette fois, la funeste machination revêt un caractère plus subtil, plus vicieux, mais les conséquences sont les mêmes: retard de l’Afrique, appauvrissement du continent, pertes en vies humaines incalculables, bouleversement majeur des structures politiques et économiques de l’Afrique.

Alors, question : qui meurt ? Ou Qui tue t-on ? Les occidentaux enlèvent à l’Afrique ce qu’elle a de plus cher : ses fils et ses filles. Car ils le savent bien : « il n’y a de richesse que d’hommes ». Des africains tuent d’autres africains avec la complicité des occidentaux qui n’hésitent pas, eux-mêmes, à participer au massacre quand cela leur chante. A ce jour, la Côte d’Ivoire continue de pleurer ses enfants, sortis mains nues pour défendre leur patrie et massacrés par l’armée française. Des milliers d’africains meurent chaque jour comme des mouches, du fait des conflits, orchestrés par les occidentaux.

A cette allure, c’est croire que la vie d’un africain n’a aucun prix, aucune valeur ! Or la déclaration universelle des doits de l’homme en son article premier stipule: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Mais en Afrique le caractère humain de l’homme et sa dignité semblent être niés. Les occidentaux quant à eux, n’hésitent pas à brandir, le cliché de l’africain sauvage et prompt à la vengeance bestiale. Comment présentent-ils l’Afrique à leurs concitoyens ? Un continent certes riche, mais peuplé d’imbéciles barbares, prêts à s’entre-tuer pour un oui ou pour un non. Les occidentaux sont venus avec leurs chars, leurs fusils, leurs hélicoptères, leurs avions de chasse, leurs missiles sophistiqués…, ils ont massacré des africains, armé certains africains pour que ceux-ci, en retour, tuent leurs frères, sans en éprouver le moindre remords.

Alors nous insistons: que vaut la vie d’un africain ? Mais surtout que vaut la vie d’un africain face à celle d’un occidental ? Pendant la guerre née la crise électorale en Côte d’Ivoire, l’armée française et les rebelles qu’elle a armé ont massacré des milliers ivoiriens. Mais Sarkozy, le président français, lors de sa visite en Côte d’Ivoire, n’en a eu cure. Il s’est plutôt préoccupé de deux ressortissants français, dit-on, enlevés. Les paroles qu’il a prononcé à cette occasion, doivent interpeller tous les africains: « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité. Ca ne serait pas juste, ça ne serait pas conforme à l’idée que je me fais de la morale ».

Lorsque des africains sont massacrés, cela est perçu comme allant dans le sens normal des choses. Par contre, dès qu’il y a des risques d’embrasement d’une situation dans un tierce pays africain, à quoi assistons-nous ? A l’évacuation immédiate des ressortissants occidentaux. Même les animaux de compagnie tels que les chiens et les chats font partie de cette opération d’évacuation ! Au Rwanda, nous avons pu le voir, peu avant le déclenchement du génocide: les images de ressortissants occidentaux systématiquement évacués, laissant les rwandais à leur malheureux sort. De même, lorsqu’un ressortissant occidental, ne serait-ce qu’un seul, est porté disparu ou kidnappé, c’est le branle-bas. Les média occidentaux, la diplomatie, les politiques, l’armée…, bref, tous les services, sont mis à contribution. Ciel et terre seront remués pour les retrouver. Alors, nous reposons la question : que vaut la vie d’un africain face à celle d’un occidental ?

Tant qu’il s’agit d’imposer la démocratie dans nos Etats jugés, selon ces  mêmes occidentaux, pas assez démocratiques, tous les moyens sont bons. La démocratie commande t-elle de tuer pour s’imposer ? Joseph Marat, journaliste ivoirien, s’interroge à son tour: « (…) Qui peut mesurer la dose de bon sens dans l’idée qu’il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie ? Tuer le peuple pour qu’advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n’a pas de sens ».

Certes, la démocratie est une forme d’organisation sociale, mise en place par l’homme. D’une part, comme toute œuvre humaine, elle ne peut se targuer d’être parfaite, car la perfection, reconnaissons-le, n’est pas de ce monde. D’autre part, le fait qu’elle est présentée aujourd’hui comme le meilleur des systèmes parmi tant d’autres, fait qu’elle n’est pas à l’abri des démons occidentaux qui n’hésitent pas à en dévoyer le but et s’en servir comme prétexte pour assouvir leurs intérêts personnels. Lorsqu’il s’agit de l’Afrique et des africains, plus aucune loi,  plus aucune règle,  plus aucun bon sens n’existent. Pour leur survie et leur hégémonie, les occidentaux appliquent une bonne vieille loi, celle de la jungle où : « les plus forts mangent les plus faibles », sans le moindre remords.

Africains, africaines, sachez-le: pour ce siècle présent à venir, l’Afrique est le continent de l’avenir. Ces occidentaux, mieux certains africains ont compris cela. Sinon comment expliquer leur acharnement sur le continent ? Quand ils se font passer pour les ‘’sauveurs de l’humanité’’ ? La traite négrière, l’esclavage, la colonisation ont été des signaux d’alarmes pour les africains. Mais ces derniers ne semblent pas y avoir prêté attention. Parler aujourd’hui de dignité, de liberté et de souveraineté de l’Afrique, paraît aux yeux de certains comme un conte de fées. Le plus triste, c’est que ces derniers croient dur comme fer, lorsque les occidentaux, la main sur le cœur, parlent de démocratie et des droits de l’homme. En ce 21ème siècle pensez-vous que les occidentaux sont devenus meilleurs ? Ils ont certes tiré les leçons du passé. Et ce qu’ils ont retenu, c’es qu’il faille utiliser désormais des méthodes moins brutales, moins barbares, mais plus subtiles, pour continuer à exploiter l’Afrique et les africains. Pour ce faire, mettre en avant la démocratie, et les droits de l’homme, est devenu leur leitmotiv.

Les aides, supposées être apportées par les puissances occidentales, ont-elles aidé l’Afrique ?

L’Inde, la Chine, le Brésil et certains pays asiatiques, naguères au même niveau de développement économique que la plupart des pays africains, rivalisent aujourd’hui avec les puissances occidentales, pendant que l’Afrique reste derrière, en bon dernier, trainant sa misère et son lot quotidien de morts. En ce 21ème siècle, sous nos yeux, l’histoire semble se répéter : Après l’esclavage, la traite négrière, la colonisation…, le Néocolonialisme bat son plein et les africains perdent leur temps et leur énergie, dans des querelles intestines, s’enfonçant d’avantage dans le sous-développement et la pauvreté. Le temps qu’ils se réveillent, il sera peut-être, déjà trop tard.

Alors comme le dit si bien Malick Seck Noel : « Ils pourront désormais regarder leurs enfants et en toute confiance, leur promettre un avenir pire que le leur, car eux n’ont été que les larbins de la France, leurs enfants en seront les esclaves… ».

Il appartient donc aux africains de prendre leur destinée en main. Personne d’autre, mieux qu’eux-mêmes, ne viendra leur rendre leur dignité. C’est aujourd’hui et maintenant que la lutte, sans merci, doit s’engager. Elle ne doit s’arrêter que lorsque la victoire sera totale, car ceci est une lutte d’usure. Qu’ils, se le tiennent donc pour dit : « Seuls leur détermination, leur conviction, leur courage et leur foi  auront raison des ennemis de l’Afrique ».

Avec Mouammar Kadhafi,  nous avions en commun ces ennemis de l’Afrique. Alors disons à notre ami Kadhafi, combattant pour l’Afrique, paix à ton âme et que la terre te soit légère !

Marc Micael

Mouammar Kadhafi assassiné par les Etats-Unis et l’OTAN

Mouammar Kadhafi assassiné par les Etats-Unis et l’OTAN

Le meurtre sauvage jeudi du dirigeant libyen évincé, Mouammar Kadhafi, sert à souligner le caractère criminel de la guerre que les Etats-Unis et l’OTAN mènent depuis ces huit derniers mois.

L’assassinat qui fait suite à un siège de plus d’un mois de Syrte, ville côtière libyenne qui fut la ville natale de Kadhafi et le centre de son soutien. L’attaque perpétrée contre cette ville de 100.000 habitants a détruit pratiquement tous les bâtiments et résulte en un nombre incalculable de civils tués, blessés et frappés de maladie et qui sont privés de nourriture, d’eau, de soins médicaux et d’autres produits de première nécessité.

Apparemment Kadhafi se déplaçait dans un convoi de véhicules pour tenter d’échapper au siège de la ville, une fois le dernier bastion de résistance tombé aux mains des « rebelles » soutenus par l’OTAN. Les avions de l’OTAN ont attaqué le convoi jeudi matin à 8 heures 30, laissant un bon nombre de véhicules en proie aux flammes et l’empêchant d’avancer. Ensuite, des miliciens anti-Kadhafi armés sont intervenus pour porter le coup de grâce.

La mort de Kadhafi semble faire partie d’un massacre plus large qui aurait coûté la vie à un certain nombre de ses proches collaborateurs, de combattants fidèles et de ses deux fils, Mo’tassim et Saif al-Islam.

Alors que les détails des meurtres demeurent quelque peu flous, des photographies et des vidéos filmées sur des téléphones portables et publiées par les « rebelles » soutenus par l’OTAN montrent clairement un Kadhafi blessé aux prises avec ses ravisseurs et criant alors qu’il est entraîné vers l’arrière d’un véhicule. Son corps dénudé et sans vie est ensuite exhibé, couvert de sang. Il est évident qu’après avoir d’abord été blessé, peut-être lors des frappes aériennes de l’OTAN, l’ancien dirigeant libyen a été capturé vivant pour ensuite être exécuté sommairement. Une photographie le montre avec à la tête une blessure par balle.

Le corps de Kadhafi a ensuite été emmené dans la ville de Misrata où il aurait été traîné dans les rues avant d’être déposé dans une mosquée.

Le sort réservé à sa dépouille est politiquement significatif en ce qu’il a été saisi par une faction de la milice de Misrata qui opère sous sa propre autorité et qui n’a aucune loyauté envers le Conseil national de transition (CNT) de Benghazi que Washington et l’OTAN ont sacré comme étant le « seul représentant légitime » du peuple libyen.

Et donc, cet événement macabre, que le président Barack Obama a salué dans la roseraie de la Maison Blanche comme l’avènement d’une « nouvelle Libye démocratique », ne fait que révéler en réalité les failles régionales et tribales qui plantent le décor pour une période prolongée de guerre civile.

Les Etats-Unis comme la France, revendiquent le mérite de leur rôle dans le meurtre de Kadhafi. Le Pentagone a affirmé jeudi qu’un drone prédateur américain avait tiré un missile hellfire sur le convoi du dirigeant libyen évincé tandis que le ministre français de la Défense a dit que des avions de combat français l’avaient bombardé.

Les Etats-Unis et l’OTAN avaient effectué plusieurs frappes aériennes sur la résidence caserne de Kadhafi à Tripoli ainsi que sur d’autres maisons où ils croyaient qu’il se cachait depuis le lancement en mars de la guerre brutale contre la Libye. L’une de ces frappes de fin avril avait coûté la vie à son plus jeune fils et à trois de ces jeunes petits-enfants.

Washington avait déployé des avions de surveillance ainsi qu’un grand nombre de drones pour essayer de retrouver Kadhafi alors que des agents du renseignement américain, britannique et français, des soldats des opérations spéciales et des « contractors » militaires (engagés par des sociétés privées) opérant au sol participaient également à la chasse à l’homme.

Deux jours à peine avant le meurtre de Kadhafi, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, était arrivée pour une visite inopinée à Tripoli à bord d’un avion militaire lourdement armé. Une fois sur place, elle a demandé qu’on le capture « mort ou vif. »

Selon l’Associated Press, Clinton a déclaré « sans mâcher ses mots que les Etats-Unis aimeraient voir l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi mort.

« « Nous espérons qu’il pourra bientôt être capturé ou tué pour que vous n’ayez plus à le craindre plus longtemps », a dit Clinton à des étudiants et à d’autres personnes lors d’un genre de réunion publique dans la capitale. »

L’AP a poursuivi en remarquant: « Jusqu’ici, les Etats-Unis évitaient généralement de dire qu’il fallait tuer Kadhafi. »

Mais, en réalité, Washington est en train de poursuivre une politique ouverte de meurtre d’Etat. Dans ce cas précis, ils ont ouvertement préconisé et fourni tous les moyens pour faciliter le meurtre d’un chef d’Etat avec lequel le gouvernement américain avait noué d’étroites relations politiques et commerciales au cours de ces huit dernières années.

Le corps meurtri du fils de Kadhafi, Mo’tassim, qui a aussi été capturé vivant puis exécuté, a été exposé à Misrata. Pas plus tard qu’en avril 2009, il avait été chaleureusement accueilli par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

Dans son discours prononcé jeudi dans la roseraie de la Maison Blanche, Obama s’est vanté de ce que son gouvernement avait «liquidé » les dirigeants d’Al Qaïda, en prenant le ton d’un parrain de la mafia, avec le charisme en moins. Parmi ses dernières victimes, figurent deux citoyens américains, le mois dernier, Anwar Awlaki, l’imam américain d’origine yéménite, et deux semaines plus tard, son fils Abdulrahman âgé de 16 ans et né à Denver. Tous deux avaient été inscrits sur une « liste de personnes à tuer » (« kill list ») par un sous-comité secret de la sécurité nationale (National Security Council subcommittee) et assassiné par des missiles hellfire. Abdulrahman a été déchiqueté en même temps que son cousin de 17 ans et sept autres amis alors qu’ils étaient en train de dîner.

Le meurtre de Kadhafi est l’apogée d’une guerre criminelle qui a tué un nombre incalculable de Libyens et laissé la plus grande partie du pays en ruines. Cette opération avait été lancée sous le prétexte de protéger des civils et était fondée sur une fausse affirmation que Kadhafi était en train de préparer un siège de la ville de Benghazi dans l’Est pour massacrer ses adversaires. Cette opération s’est terminée par le siège de Syrte orchestré par l’OTAN lors duquel des milliers ont été tués et blessés durant la répression de toute opposition aux « rebelles ».

Dès le début, toute l’opération a été orientée vers la recolonisation de l’Afrique du Nord et poursuivie pour le compte des intérêts pétroliers des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Italie et des Pays-Bas.

Alors que durant la décennie passée Kadhafi avait gagné la faveur des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et d’autres puissances occidentales, en signant des contrats pétroliers, des accords sur les armes et autres pactes, l’impérialisme américain et ses homologues en Europe continuaient de considérer son régime comme un obstacle à leurs objectifs dans la région.

Parmi les principales préoccupations de Washington, Londres et Paris figurent les intérêts économiques croissants de la Chine et de la Russie en Libye et plus généralement en Afrique. La Chine a développé un commerce bilatéral s’élevant à 6,6 milliards de dollars, principalement dans le secteur pétrolier, alors que 30.000 travailleurs chinois étaient employés dans un large éventail de projets d’infrastructure. Entre-temps, la Russie a développé d’importants accords pétroliers, des ventes d’armes s’élevant à des milliards de dollars et un projet de 3 milliards de dollars pour relier Syrte à Benghazi par rail. Il y avait aussi eu des discussions sur l’ouverture à la flotte russe d’un port méditerranéen près de Benghazi.

Kadhafi avait provoqué la colère du gouvernement de Nicolas Sarkozy en France de par son hostilité au projet d’une union méditerranéenne, destinée à reconditionner l’influence de la France dans les anciennes colonies du pays et au-delà.

De plus, d’importants conglomérats énergétiques américains et d’Europe occidentale toléraient de plus en plus mal ce qu’ils considéraient être des clauses difficiles exigées par le gouvernement Kadhafi, ainsi que la menace de voir la société pétrolière russe Gazprom  bénéficier d’une part importante de l’exploitation des réserves du pays.

Des facteurs politiques se sont ajoutés à ces motifs économiques et géostratégiques. Le rapprochement de Kadhafi vers l’Occident avait permis à Washington et à Paris de cultiver certains éléments au sein du régime qui étaient prêts à collaborer à une mainmise impérialiste du pays. Faisaient partie de ceux-ci, des figures telles Mustafa Abdul Jalil, l’ancien ministre de la Justice de Kadhafi, à présent le président du CNT soutenu par l’OTAN, et Mahmoud Jibril, l’ancien responsable pour le développement économique qui est actuellement le chef du conseil exécutif du CNT.

Avec les soulèvements populaires survenus en Tunisie et en Egypte – aux frontières occidentales et orientales de la Libye – les Etats-Unis et les alliés de l’OTAN ont vu une occasion de donner suite à un projet qui avait été développé depuis un certain temps déjà pour un changement de régime en Libye. Disposant d’agents qui travaillaient sur le terrain ils ont décidé d’exploiter et de détourner les manifestations anti-Kadhafi pour fomenter un conflit armé.

Afin de se préparer à une prise de contrôle impérialiste directe, ils ont suivi une procédure bien établie, calomniant le dirigeant du pays et promouvant l’idée que seule une intervention extérieure pourrait sauver les civils innocents d’un massacre imminent.

La soi-disant destruction imminente de Benghazi a été utilisée pour obtenir le soutien à la guerre impérialiste de toute une couche de personnes jadis de gauche, de libéraux, d’universitaires et de défenseurs des droits de l’homme, qui ont pesé de tout leur poids moral et intellectuel en faveur d’un exercice d’agression impérialiste et de meurtre.

Des figures telles le professeur d’histoire du Moyen-Orient de l’université du Michigan, Juan Cole, qui avait émis des critiques limitées envers l’invasion de l’Irak par le gouvernement Bush, étaient devenues de fervents promoteurs de la mission « humanitaire » du Pentagone et de l’OTAN en Libye. De représentants d’une couche sociale de la classe moyenne supérieure ils sont devenus une nouvelle base pour l’impérialisme, et se sont totalement compromis, politiquement et moralement. Ils n’ont absolument pas été gênés par le non respect de la loi durant toute cette entreprise et l’accumulation de preuves de meurtre et de torture d’immigrants et de Libyens noirs aux mains des soi-disant rebelles.

Leur tentative de décrire le changement de régime en Libye comme étant une révolution populaire devient de plus en plus grotesque au fur et à mesure que les jours passent. Le régime fantoche instable qui est en train de prendre forme à Benghazi et à Tripoli a été mis en place par un bombardement incessant et massif de l’OTAN, par le meurtre et la violation systématique du droit international.

La Libye sert d’avertissement au monde entier. Tout régime qui entraverait les intérêts américains, qui contreviendrait aux grandes entreprises ou qui ne se soumettrait pas aux puissances de l’OTAN peut être renversé par la force militaire et voir ses dirigeant assassinés.

D’ores et déjà, les médias américains qui ont organisé une célébration hideuse du bain de sang devant Syrte, hurlent pour que l’OTAN répète son intervention libyenne en Syrie. Clinton, quant à elle, a averti jeudi les dirigeants pakistanais qu’un soutien insuffisant à la guerre américaine en Afghanistan impliquerait qu’ils en paieraient « chèrement le prix. »

Il n’y a pas de doute que de futures opérations sont en projet avec des guerres plus grandes qui se précisent, entraînant des conséquences catastrophiques. Le gouvernement Obama a déjà averti l’Iran que tout restait « envisageable » en ce qui concerne un complot fabriqué pour l’assassinat à Washington de l’ambassadeur saoudien. Et, étant donné que l’intervention libyenne visait en grande partie à contrer l’influence chinoise et russe dans la région ainsi que mondialement, la Chine et la Russie elles-mêmes sont perçues comme de futures cibles.

Les événements sanglants de Libye et les motifs économiques qui les sous-tendent fournissent une nouvelle leçon quant au caractère véritable de l’impérialisme. La crise qui s’empare du capitalisme mondial représente une fois de plus une menace de guerre mondiale. La classe ouvrière ne peut confronter cette menace que par la mobilisation de sa force politique indépendante en se réarmant avec le programme de la révolution socialiste mondiale afin de mettre un terme au système capitaliste qui est la source du militarisme.

Bill Van Auken

World Socialist Web Site

Libye : Le terrorisme occidental a encore frappé

Le terrorisme le plus ancien au monde vient une nouvelle fois de frapper. Il a frappé en Libye et cette fois-ci, c’est Mouammar Kadhafi – paix à son âme et condoléances aux familles éplorées – qui en est la victime après que des milliers de ses compatriotes ont été tués, des villes rasées, des dizaines voire des centaines de personnes renvoyées en exil. Ce terrorisme, c’est celui que le monde occidental exerce sur les peuples préalablement affaiblis depuis que la cupidité l’a poussé hors de ses frontières dans le dessein avoué de s’emparer de leurs ressources.

La pulsion de mort, les européens l’ont exercée entre eux pendant longtemps. Avant de l’exporter chez les autres, ces peuples barbares, qui cachent leur barbarie sous le sophisme outrageusement appelé civilisation, se sont entretués. Ils se sont bouffés entre eux au travers de multitudes guerres. Dans l’histoire de l’humanité, aucun peuple n’a exalté autant la pulsion de mort et de destruction que les européens. Ils l’ont exalté au point de la porter sur la scène mondiale avec deux grandes guerres entre 1914-1918 et 1939-1945. Ce n’est qu’à la suite de cette dernière que ces sociétés avaient conclu la paix et décidé de sécuriser leur peuple tout en déplaçant cette pulsion de mort chez les autres. Dès lors, la paix est installée en Europe et plus globalement en Occident tandis que les canons ne cessent de tonner ailleurs sous l’impulsion du terrorisme occidental.

Les peuples qui luttent contre l’exploitation et pour leur indépendance ne connaîtront plus jamais la paix. Des Amérique en Asie en passant par l’Afrique, des torrents de sang coulent parce que l’Occident doit avoir la paix et jouir des biens qu’il vole chez les autres. Que de guerres ! Que d’agressions !

Ce vieux terrorisme qui permet à l’Occident de s’enrichir et de dominer le monde, s’est abattu sur les Indiens dans leur Amérique natal aussitôt découverte par Christoph Colomb en octobre 1492. Ce peuple inoffensif, croyant en la vertu de l’hospitalité, a accueilli la mort sans s’en rendre compte dès le départ. Avant qu’il se réveille et veuille combattre les envahisseurs, il est totalement détruit. Son espace est occupé et radicalement transformé. Les autochtones sont rayés de la carte par le terrorisme occidental.

Ayant besoin de main-d’œuvre et de serviteurs pour combler le vide semé en Amérique et dans les colonies, les terroristes avaient jeté leur dévolu sur l’Afrique. Pendant quatre (4) siècles, les africains n’auront plus jamais la paix. Des guerres, des pillages, des incendies de villes et de villages, des razzias, des rapts nocturnes et autres actes du genre étaient déclenchés contre les africains. Dans le genre du terrorisme, l’occident, inventif, est allé jusqu’à utiliser de nouvelles armes de destruction massive à l’instar de l’alcool , grisant ainsi des millions de personnes qui s’étaient réveillés dans les fers dans les cales de bateaux. Des rois, des princes, des hommes, des enfants, des jeunes, des femmes enceintes s’étaient retrouvés enchaînés et conduits dans « l’univers concentrationnaire » des îles et des Amériques.

Ce terrorisme opéré la bible à la main, la « science » en bandoulière et les canons au point a décimé l’Afrique et l’a plongée dans la déchéance avec des séquelles psychologiques indélébiles. Espérant se disculper, on inventa le roi africain qui volontairement vendit ses propres sujets et on minora le coût démographique de cette terreur de masse.

Etant entendu que le terrorisme européen s’est doté d’armes redoutables à la fois pour commettre ses crimes et s’accorder une immunité, la récidive survient. C’est ainsi qu’après le terrorisme esclavagiste, une nouvelle terreur s’est abattue sur l’Afrique avec la colonisation. Soumettant des millions et des millions d’africains à son service exclusif, l’Europe s’est imposée en Afrique à coup de massacres coloniaux, des guerres de tout genre, des coups de fouet, des impôts de tout genre. Les européens coupèrent des têtes, des pieds et des mains aux noirs dans leur propre pays . Ce terrorisme avait poussé des millions d’africains à fuir leurs villes et villages pour s’abriter dans des forêts où il les suit pour les massacrer.

Face à ces massacres incessants, des masses africaines s’étaient organisées pour lui barrer la router. Mais, peine perdue. De nouveaux massacres furent commis. Toutes les figures de la résistance contre ce terrorisme avaient été présentées comme des terroristes (comme Mandela le fut jusqu’en 2008) et tuées. A titre d’exemple, pour atteindre les plus dignes résistants sur le sol du Cameroun, la France, championne en terrorisme coloniale dressa des camps de concentration où elle parqua des populations .

Qui peut ignorer ce que l’Europe et ses cousins germains occupant l’Amérique avaient fait et font encore en Asie et surtout dans les pays arabo-musulams ? Que de guerres ! Que d’agression ! Que de pillages !

C’est ce terrorisme là qui a frappé la Libye depuis le mois de février 2011. Ce terrorisme occidental a frappé et a détruit l’un des rarissimes pays les plus prospères sur le continent africain. Il a atteint son dirigeant Mouammar Kadhafi.

Mais le terrorisme occidental a des partisans y compris au sein des peuples qui en sont les victimes. Pourquoi ? Parce que les terroristes occidentaux recrutent sous le coup de la propagande sous le manteau puant des mythes de « droits de l’homme », de la « liberté » et de la « démocratie » et font miroiter à leurs collaborateurs locaux des bribes de pouvoir. Au nom de ce pouvoir colonial manifestement sans pouvoir, des hommes et des femmes s’allient à la terreur et livrent leurs propres terres et les peuples dont ils sont issus à la mort de masse, au pillage et à la misère chronique. Ils installent et consolident la dépendance mortelle et le sous-développement dans des territoires qu’ils gouvernent en leur qualité de satrapes. Comme la terreur occidentale n’élève à l’honneur que celles et ceux qui lui sont soumis, ces satrapes se font adoubés par leurs gourous qui les accueillent dans leur palais et leur rendent visite dans les satrapies.

Kadhafi est assassiné. Mais, le terrorisme occidental n’a pas triomphé. Il a vaincu un résistant comme ce fut le cas avec l’assassinat de Nasser, de Sylvanus Olympio, de Lumumba, de Biko, et plus loin de Behanzin, de Samory et de tant d’autres résistants anonymes massivement tués. Ce terrorisme n’a pas triomphé et ne triomphera jamais pour la simple et bonne raison que la résistance qui lui est opposée ne se réduit pas à une personne, aussi immense fut-elle. Elle est systémique et populaire. Si c’était une question d’individus, l’assassinat des précurseurs comme Samory, Behanzin…aurait découragé tant d’autres.

Au final, n’est-il pas un acte héroïque de mourir en résistant que vivre à genou devant des maîtres qui n’en sont pas ? Plutôt mourir et rejoindre Olympio, Nasser, Nkrumah, Sékou Touré, Lumumba, Sankara, Nyerere, Biko, Malcolm, King…que vivre sous la férule des terroristes comme Obama, Sarkozy et Cameron et leurs chiens de chasse. Se faire capturer et livrer à une parodie de justice par ce trio historiquement insignifiant aurait été le plus insoutenable des affronts que Kadhafi aurait eu à subir. Mieux vaut rejoindre les ancêtres que vivre en prisonnier et comparaître devant le tribunal de la terreur sous les oripeaux de l’ONU, avec comme procureur la marionnette Moreno Ocampo accompagné des qatari et quelques libyens ayant un appétit fou de représenter localement le pouvoir colonial .

1-Observations sur la traite des nègres, Carl Wadström, 1794-1995

2-Les fantomes du roi leopold : un holocauste oublié, Adam Hochschild, 1998.

3-Maurice Delauney, haut-commissaire au Cameroun, reconnait l’édification de camp de concentration, avec cette citation terrible, (voir le Canard Enchainé du 27/04/2011 « Une guerre Française cachée pendant 40 ans » page 3) : « J’avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se passait ! J’avais fait un camp à Bangou (Cameroun) avec des barbelés, des miradors ». Voir aussi, le film : Cameroun (Autopsie d’une indépendance) sur http://www.dailymotion.com/video/xf0o5a_cameroun-autopsie-d-une-independanc_webcam

Komla KPOGLI

Secrétaire Général de la J.U.D.A

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A)

Kadhafi annoncé mort par le CNT, dernier Boulet de Sauvetage d’une situation désespérée

Le Conseil de transition libyen comme à son habitude a annoncé ce jour la mort du Guide de la révolution Libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi.

Que reste-t-il à faire après avoir épuisé tous les moyens – moyens politiques, militaires, juridiques – pour faire tomber le régime de Kadhafi ? rien sinon que la propagande médiatique.

Les « illustres » agences de presse du gouvernement qatari Al Jazeera épaulées par BBC, Reuters, AP, AFP, …sont mises à contribution pour perpétrer une campagne de propagande de guerre  afin de vaincre la résistance psychologique du grand peuple libyen.

La manipulation des faits et des réalités en Libye a toujours été une arme utilisée depuis huit (08) mois pour déstabiliser et démoraliser les résistants libyens, ardents défenseurs de la souveraineté de leur pays. Ainsi donc, selon le CNT, « Kadhafi a été tué alors qu’il était aux mains des révolutionnaires ».

Le CNT a perdu toute crédibilité en nous gavant de ce genre d’infos-intox abondamment et honteusement relayées par les grandes chaînes de télévision arabes et occidentales ; des informations qui se sont avérées mensongères.

Le CNT ne sait plus où donner la tête puisque même à Tripoli, ses forces sont mises en difficulté chaque jour et en danger permanent. Face à son illégitimité et son incompétence notoire, le CNT recherche désespérément une porte de sortie à cette guerre que ses concepteurs avaient pensée très courte, une guerre éclair…

Regardez correctement l’image, visualisez la vidéo et vous pourrez remarquer oh ! combien les falsificateurs d’images ont étalé eux aussi leurs incompétences. Diffuser avec brio et élégance ce genre d’images mal élaborées revient à dire clairement que le CNT et son bras armé des basses besognes l’OTAN, ont perdu le nord.

Pauvres traîtres revenez sur terre.

Halte à l’intoxication !

Le gangstérisme international d’Etat en Libye

L’humanité a connu des guerres, celles de 1915 et 1945, les guerres indigènes, les guerres eugénistes. Depuis quelques décennies, elle s’acclimate avec un nouveau genre de guerre : les guerres de gangsters : deuxième guerre du Golfe, Guerre de Yougoslavie, Guerre du Kosovo, Guerre en Afghanistan, Guerre des Etats-Unis en Philippines en 2001, Guerre en Irak, Attaque de la Côte d’Ivoire par la France via ses suppôts régionaux en 2002, Conflit alimenté en Haïti en 2004, ainsi de suite puis, en 2011 fin du coup d’Etat contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire et actuellement sous nos yeux la Guerre en Libye. Les Etats en faillite sont obligés de faire du gangstérisme d’Etat, s’attaquer aux pays faibles et de taille moyenne qui refusent de laisser mourir leurs peuples pour faire vivre l’Occident.

La désinformation, arme de guerre

Que se passe t-il en Libye ? difficile au citoyen lambda de répondre convenablement à cette question puisque la presse a décidé d’aller à l’encontre de la liberté qui est censée la caractériser et qu’elle est censée exprimer en intoxiquant les citoyens avec l’uniformatisation des articles de presse déformés. Nous assistons à la falsification de l’histoire, à l’embrigadement et au formatage des esprits des citoyens du monde, un travail savamment réalisé par les grands médias qui pratiquent depuis du journalisme de caniveaux.

La première dans cette catégorie de minable chaîne d’information est bel et bien France 24 qui, coiffe les autres minables telles que France 2, BFM TV, i-TV,… Sur le dossier ivoirien, cette chaîne française s’est démerdée pour faire plaisir à ses bailleurs et actionnaires en désinformant largement les Français qui ne voyaient qu’en Gbagbo un immonde dictateur et en Ouattara un gentil démocrate. La presse française sous Sarkozy, c’est la nullité qui est célébrée, le degré zéro du journalisme quoi et ceci, donne raison à l’écrivain et penseur Russe Léon Tolstoï qui écrivît que : « l’activité journalistique est un bordel intellectuel ». La presse écrite se fait elle aussi l’écho de ce type galeux de journalisme. Un exemple de ce genre nauséabond de journalisme est bien Jeune Afrique ou pour certains Jeune à fric, un hebdomadaire d’inféodés et de corrompus qui, le 05 septembre 2011 titrait après la prise de Tripoli par les pseudo rebelles, « l’Afrique humiliée mais l’Afrique libérée » après avoir selon ses propres termes titré en Février 2009, « Au secours, Kadhafi arrive » après l’accession du Guide à la tête de l’Union Africaine. Cette presse propagandiste nous annonce tous les jours sinon toutes les minutes que les rebelles libyens ont pris telle ville ou qu’ils sont aux portes de telle autre. Depuis qu’ils nous annoncent cela, ces rebelles armés par l’Occident et les pétromonarchies du Golfe devraient déjà être à Paris puisque depuis sept (07) mois, ils ne font qu’avancer mais hélas, la réalité est toute autre. Ces « rats » et autres drogués ne finissent pas de compter leurs morts. L’euphorie des premiers jours étant tombée, place au désenchantement. Toutes leurs forces ou ce qu’il leur reste de combattants sont dispersées sur tous les fronts où ils tombent comme des rats. Drôle de révolution ! les révolutionnaires sont vus comme les occupants et les populations pour lesquelles ils auraient pris les armes les accueillent avec les armes, des attentats suicides, des manifestations comme celle de Samedi dernier à Tripoli où le vaillant peuple libyen a montré sa solidarité envers son guide et demandé son retour dans la capitale.

Kadhafi a été accusé dès le départ de « massacres » de la population civile à Benghazi. Et pourtant, depuis lors, aucune télévision n’a diffusé la moindre image de ces massacres qui auraient fait 6.000 morts en quelques semaines. Aucun de ces grands canaux d’information qui s’amusait à qualifier Kadhafi de « fou tyran » n’avait pris la peine de mentionner la résolution de l’Union Africaine (UA) qui s’est prononcée contre toute intervention militaire en Libye, condamné les premiers bombardements et appeler à des négociations et pourtant, la feuille de route de l’UA avait été acceptée par Kadhafi qui ne voulait pas voir détruire son pays.

La résolution 1973 du Conseil de Sécurité n’a jamais mentionné des bombardements de villes ou un Coup d’Etat contre un régime disent-ils dictatorial mais qui a fait ses preuves plus que ceux très très « démocratique » de l’Occident. Elle visait plutôt une interdiction de vol, la No-Flight Zone parcequ’il avait été abondamment relayé par les médias menteurs que Kadhafi pilonnait la ville de Benghazi. Alors même que la résolution stipule explicitement qu’elle vise à instaurer une zone d’exclusion aérienne en vue de protéger les populations civiles, la France a été la première à ouvrir le bal en décidant unilatéralement de lancer des frappes aériennes contre les forces gouvernementales libyennes dans la région de Benghazi. Ça doit se savoir, s’écrire et se dire afin que les falsificateurs de l’histoire n’écrivent pas autre chose dans les livres d’histoire. Il paraîtrait selon le nain de l’Elysée que l’homme noir ne serait même pas suffisamment rentré dans l’histoire.

Détrousser la Libye pour enrichir les multinationales

La crise économique pousse l’Occident vers les pays riches en pétrole, en minerais et en richesses de toute nature. J’avais déjà dans un article précédent (ici ou ) abordé cette question. Nous aurons entre le Conseil National de Transition – Conseil National des Traitres libyens – et les pays affamés de l’Occident des accords secrets (s’ils n’existent pas déjà) qui consacreront la disparition des fonds souverains libyens ; ces fonds seront injectés dans le circuit financier pour soulager le Trésor de ces pays y compris le Trésor américain ; la FED étant devenue par une gymnastique subtile le plus gros détenteur d’emprunt de l’Etat américain devant la Chine et le Japon. L’Occident est donc en quasi faillite. La dette anglaise  fait par exemple 270% du PIB. Pour résoudre cette crise et palier cette situation, l’Occident préfère la fuite en avant. La course aux armements est donc devenue pour elle, le seul moyen de créer des emplois via les entreprises telles que Dassault, créer une menace constante pour les pays concurrents en déstabilisant les faibles et moyens Etats pour maintenir les équilibres géostratégiques. Les armements disponibles, il faudra bien les utiliser et pour justifier les guerres, tous les alibis sont bons surtout face à un public occidental qui a l’air de ne guère se soucier des autres peuples, ils vont gober la préparation. De l’alibi d’épuration ethnique (utilisé contre Slobodan Milosevic) à la protection des civils (utilisé contre Kadhafi) en passant par les armes de destruction massive (utilisé contre Saddam Hussein), le chemin est vite trouvé. En pleine crise, les budgets militaires des pays tels que les Etats-Unis, la France ou la Grande Bretagne ont connu une hausse alors que ceux affectés au volet social et autre subissent des coupes régulières comme quoi la précarité et la décadence sont aux portes de l’Occident.

Avant même la disparition des fonds souverains libyens dans les banques européennes et américaines, un vaste chantier après guerre s’ouvre ; celui de la reconstruction puisque toutes les infrastructures de ce beau pays sont sciemment détruites parce qu’ils savent que leurs entreprises reviendront pour les construire. « Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars…. Les entreprises, dont certaines sont déjà à l’œuvre, savent pouvoir compter sur l’aide du gouvernement français ». Cela ne vient pas de moi mais de Thierry Courtaigne, directeur général de Medef International, au lendemain d’une réunion sur la Libye tenue mardi au siège du Medef à Paris en présence de nombreux directeurs de groupes du Cac 40 comme Alcatel, Bouygues ou encore Total. Quatre vingt (80) d’entre elles se sont par ailleurs rendues en Libye ce mercredi.

Sacrée guerre humanitaire !!!

aymard

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Me. Marcel Ceccaldi : Le Fonds monétaire africain est le tombeau de Kadhafi

A côté de ses autres collègues, tel Jacques Vergès, Marcel Ceccaldi est aussi au barreau de Paris l’un des avocats dont la réputation est devenue mondiale. Issu d’une célèbre famille corse dont certains ont été membres du gouvernement en France, il a choisi lui le barreau qu’il assume avec bonheur. Naturellement éloquent sur fond d’un quinquagénaire débonnaire et charmeur, Marcel Ceccaldi parle de tout avec une aisance qui laisse pantois son premier auditeur.

Défendre en même temps Daddis Camara de Guinée, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire ou Mouammar Kadhafi de Libye, cela n’est pas donné à n’importe qui. C’est pourtant ce à quoi cet avocat s’adonne en ce moment. Cela a fait dire de lui qu’il défendait les causes difficiles, ou celles qui sont perdues d’avance. Lui, réplique par ailleurs qu’il est un homme de conviction, cette conviction qui le pousse à s’engager toujours plus loin, toujours en profondeur.

Du Cameroun qu’il visite pour la première fois, selon lui «invité par un client pour une affaire privée», alors qu’on le croyait en exploration, Me Ceccaldi refuse qu’on dise de ce pays qu’il est une dictature car, d’après l’avocat, «on n’organise pas des élections dans une dictature». Me Marcel Ceccaldi a accepté l’invitation à lui faite par la rédaction de Mutations.

Maître Ceccaldi où se trouve Kadhafi en ce moment ?

On me pose souvent cette question. Je donne toujours la même réponse : si je savais où se trouve le colonel Kadhafi, vous vous en doutez, je ne vous le dirais pas. Mais reportez vous seulement à la personnalité de Kadhafi. On peut lui attribuer tous les défauts de la terre, il a au moins une qualité. Il est ce qu’il est, il revendique ce qu’il est. Il a toujours dit, il l’a encore dit récemment, «Je suis né sur cette terre de Libye, et je mourrai sur cette terre de Libye». Vous savez donc où il se trouve, il est en Libye.

Comment se porte Laurent Gbagbo ?

Laurent Gbagbo vit en ce moment des conditions difficiles. Contrairement à ce qui est dit ou à ce qui a été dit, il n’set pas détenu dans la résidence présidentielle de Korhogo, mais dans une petite maison dont on nous dit qu’elle servait de résidence à Guillaume Soro. Il ne peut pas en sortir, il est en détention, la porte est fermée à clé ; il n’a que deux pièces à sa disposition. Lui qui est un homme d’action, lui qui a besoin d’avoir une activité physique, il est obligé de tourner autour de la table de la petite pièce qui lui sert de salle à manger pour pouvoir faire un peu d’exercices.
Je vais vous donner un fait précis : Laurent Gbagbo a demandé l’autorisation d’être transporté deux fois par semaine à la résidence présidentielle où il y un grand parc, afin de pouvoir marcher à l’intérieur de ce parc. Cela lui a été refusé. Alors quand on vous dit qu’il est dans la résidence présidentielle, il y a loin, la coupe aux lèvres. Vous savez, ça fait partie des mensonges et des travestissements de la vérité dont on est habitué concernant la Côte d’Ivoire depuis le second tour de l’élection présidentielle, voire depuis le coup d’Etat de 2002, et même celui de 1999.

Et Daddis Camara, avez-vous de ses nouvelles ?

Daddis Camara est à Ouagadougou actuellement. Il a pris position dans l’élection présidentielle qui s’est tenue dans son pays la Guinée ; il a, à cette occasion, fait part de son soutien au président Alpha Condé. Il va retourner en Guinée, et je crois qu’il a l’intention de créer un parti politique, car rien ne se pose objectivement, ni tant en droit que sur le plan judiciaire à son retour en Guinée Conakry. J’allais dire concernant le retour de Daddis Camara, que sa présence serait nécessaire afin de mieux stabiliser le pays. Vous avez pu voir il y a quelques semaines que le président Condé avait fait l’objet d’une tentative d’assassinat. Contrairement à ce que la presse occidentale, surtout la presse française à écrit à l’époque, cette tentative d’assassinat n’avait pas pour instigateur les partisans de Daddis Camara, mais ceux du général Konaté. Là, vous avez une nouvelle preuve du travestissement des faits auxquels se livre la presse occidentale en général et la presse française en particulier, concernant les évènements qui secouent l’Afrique.

Vous arrivez au Cameroun pour la première fois dans un contexte particulier : il y a élection présidentielle. Vous défendez des causes assez délicates ; Paul Biya est présenté comme un dictateur ; est-ce que vous vous apprêtez à le défendre?

Ecoutez, c’est quand même extraordinaire ! La prochaine fois, quand j’aurais un déplacement à titre professionnel, j’arrive pour la première fois au Cameroun, je suis ici simplement parce que j’ai un client qui est président d’une société camerounaise ; il m’a saisi du litige qui l’oppose à une société néerlandaise. Selon vous, à chaque fois que je dois regarder le calendrier électoral d’un pays, à chacun de mes déplacements en Afrique, pour pas qu’on m’accuse d’intervenir au moment où se déroule les scrutins électoraux, je vais quand même avoir quelques difficultés à me promener dans ce continent !

Vous me dites qu’on présente le président camerounais comme un dictateur. Vous remarquez quand la contradiction de votre propos : il y a une élection présidentielle en cours dans ce pays, et on présente le président de ce pays comme un dictateur ! Quand il y a un régime dictatorial, en général il n y a pas de d’élections ; moi c’est l’observation que j’ai faite. Quand vous dites cela, en réalité je vois à quoi vous faites référence. Vous faites références à ce qui s’écrit dans les journaux en France sur le Cameroun, et en particulier aux propos de Mme Hilary Clinton, qui, à mon sens, a encore perdu une bonne occasion de se taire. Parce qu’il y a des règles en matière des relations internationales entre Etats. Lorsqu’on a un message à faire passer, on s’adresse au chef de cet Etat, surtout si celui-ci à été démocratiquement élu. Personne ne peut contester que les élections présidentielles antérieures au Cameroun, n’avaient pas été des élections démocratiques, parce que cela signifierait que, chaque fois qu’il y eu une élection qui se déroule en Afrique, on considérait que prima fascié, que cette élection n’est pas démocratique.

A ce moment là, il vaut mieux ne pas organiser d’élections. Cela ne m’étonne pas d’Hilary Clinton. D’abord parce que Hilary Clinton, c’est la femme de son mari ; d’autre part, parce qu’elle est Américaine. S’il y a une nation qui ne connaît pas les règles de politesse et de courtoisie élémentaires, c’est bien les Etats-Unis. Ils considèrent qu’ils sont le centre du monde et que les autres n’existent pas. En effet, pour ce qui est du Cameroun notamment, Mme Clinton avait perdu une bonne occasion de se taire ! Pourquoi ? Parce que, cela signifie que les Etats-Unis ont décidé, depuis l’affaissement du bloc soviétique, d’être la super puissance mondiale qui a dorénavant la vocation de dicter ses règles à l’ensemble de la planète. Et bien ce n’est pas le cas. Concernant cette attitude et cette politique, il faut s’y opposer parce que les peuples ont une conscience politique ; ils ont leur culture ; ils sont issus d’une civilisation spécifique. Les modèles qu’on veut imposer d’outre Atlantique, ne correspondent pas toujours aux consciences collectives des peuples, particulièrement ceux d’Afrique. Que les Américains fassent preuve d’un peu plus de modestie, d’équité et de respect envers d’autres peuples.

J’aimerais que, les critiques que les Américains portent sur un certain nombre de pays, en particulier des pays africains, qu’ils exercent des critiques aussi acerbes à l’égard d’Israël. Si un pays africain faisait ce qu’Israël fait aux Palestiniens, en politique de colonisation forcée, en politique de transfert des populations, avec une constitution qui érige en citoyen israélien, tout Juif, cet Etat, s’il est par hasard africain, n’existerait plus sur la carte du globe. Imaginez que quelque part en Afrique, en France, en Europe ou ailleurs, un seul Etat ait une telle constitution discriminatoire comme celle d’Israël, imaginez ce qui se dirait de ce pays-là. Que les Américains, pour être respectables et respectés, et non seulement craints, fassent preuve de la même rigueur envers Israël, à ce moment-là, on pourra dialoguer d’autre manière avec eux.

Seriez-vous disposé à vous constituer un jour en faveur de Paul Biya ?

Je n’ai aucune raison de le faire ! C’est comme si vous me demandiez, «seriez-vous prêt à vous constituer pour le président Sarkozy?» Vous savez qu’en ce moment, il est dans l’oeil du cyclone. Je n’ai aucune raison. Le Cameroun est un pays qui a des institutions, vous avez des élections qui se déroulent en ce moment, avec une pluralité de candidatures. Avoir cette approche prémonitoire, c’est extrêmement dangereux, parce que cela donne du grain à moudre aux instruments de propagande et de désinformation. Vous l’avez vu, au moment de l’affaire libyenne, vous aviez en face des instruments de propagande qui sont absolument exceptionnels ; ils travestissent les faits. A partir du moment où vous posez de telles interrogations dans cette forme et de cette manière, à partir du fait que depuis 25 ans, des élections ont lieu au Cameroun, comment pensez vous que le Cameroun soit confondu à un régime dictatorial ?

Et le cas libyen ?

Mettez trois choses en parallèle : la Libye, la Syrie et le Yemen. Tous les jours, il y a des morts au Yémen. Le pays est au bord de la guerre civile. Vous avez suivi la déclaration hier (ndlr mercredi le 21 septembre) d’Obama à propos du Yémen ? Qu’a-t-il dit ? Est-ce qu’il a parlé de solution politique pour la Syrie ? Et pour la Libye ? La solution politique pour la Libye est celle qui avait été arrêtée par l’Union africaine, avec sa feuille de route qui avait été acceptée par le régime libyen lui-même. Elle n’avait pas été acceptée par les rebelles libyens. Ces derniers ne pouvaient que refuser la feuille de route de l’Union africaine, puisqu’ils avaient le soutien militaire des Etats, de la France et de la Grande Bretagne.

On réclame une solution politique au Yémen, en Syrie, mais en Lybie, on décide de la solution militaire ! Premier point, vous ne voyez pas les conséquences en Libye ? Deuxième point : refus d’une solution politique au Moyen Orient. L’exercice du droit de véto concernant le droit à l’indépendance des Palestiniens. En vertu de quoi exercez-vous un véto pour interdire à un peuple d’avoir un Etat ? Si la Palestine existe, si les Palestiniens existent, ils ont le droit à être reconnus comme un Etat. Et on exerce le droit de véto concernant les Palestiniens, on préconise une solution politique pour le Yémen, on attaque la Libye. Sans savoir d’ailleurs les conséquences de cette agression armée. Est-ce cela la démocratie pour donner des leçons aux autres ? J’en doute.

Les élections sont-elles suffisantes pour gage de démocratie ?

Vous avez raison. On peut avoir une expression démocratique, mais le mode de scrutin par exemple anti-démocratique. L’expression de la démocratie, c’est permettre l’expression de tous les courants représentatifs de l’opinion publique, qui doivent avoir la possibilité de s’exprimer à l’intérieur des assemblées élues. Prenez l’exemple de la France. Est-ce que vous croyez que c’est un pays d’expression démocratique ? D’institution démocratique ? Le mode de scrutin n’est pas démocratique, parce que d’un côté, vous avez des mouvements politiques qui représentent 6% ou 5% des suffrages exprimés, qui sont représentés à l’Assemblée nationale ou au Sénat, donc qui sont investis du pouvoir législatif.

D’un autre côté, vous avez un mouvement qui représente plus de 15% de l’électorat, qui en raison du mode de scrutin, n’a de représentation ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat. En matière de démocratie, je me méfie des schémas. Un modèle démocratique, on ne le met pas dans un ordinateur, on n’appuie pas sur une touche en disant : voilà ce que c’est que l’expression de la démocratie. Ce sont les peuples en définitive qui définissent quelles sont leurs règles de la démocratie. Ce n’est pas le législateur. Pour que la démocratie soit vivante, encore faut-il que les règles déterminées par le législateur soient en phase avec les aspirations du peuple. Ces aspirations sont à la fois de l’ordre de l’objectif, des conditions matérielles, votées pour le candidat qui donne le plus de garantie, qui pourra assurer la sécurité matérielle des citoyens et de l’avenir de leurs enfants. Il y a aussi des aspirations de l’ordre de l’affectif et du subjectif, en disant : c’est ce candidat qui est le plus proche des valeurs auxquelles les peuples ou certaines composantes des peuples croient.

Revenons sur les trois personnalités que vous défendez. Elles sont présentées par la communauté internationale comme des “blocages’’ pour l’avancée de la démocratie. Des dictateurs en somme.

Concernant Laurent Gbagbo, je vais vous rappeler un certain nombre de choses qui ont été oubliées. Je vous rappelle dans quelle condition cette élection présidentielle s’est déroulée. Je le ferais en me référant à un rapport des Nations unies de mars 2010, intitulé «Etat de la situation en Côte d’Ivoire.» Dans ce rapport, les Nation unies mentionnent que la Côte d’Ivoire n’est pas une pays unifiée, qu’en particulier, tout le nord du pays échappe à l’administration centrale, que celle-ci n’a pas accès aux finances publiques, que les forces de sécurité du pouvoir central n’ont pas accès aux régions du Nord, et quant elles y ont accès, elles se trouvent en position de faiblesse par rapport aux forces dites «nouvelles», à l’époque, qui, dit le rapport, sont plus entrainés et ont plus d’argent que les forces régulières.

Pour vous donner l’approche de la situation de la Côte d’Ivoire et celle du Nord par rapport au Sud, jusqu’en 2010, le Burkina-Faso depuis 2002, exportait le cacao. Or, tout le monde le sait, ce pays n’a jamais produit de cacao ! Ce cacao venait donc d’où ? Naturellement de la Côte d’Ivoire. Le produit de la vente de ce cacao a servi à financer en particulier les «Forces nouvelles». Les régions aurifères et diamantifères du pays se trouvaient sous le contrôle des «Forces nouvelles». Malgré cela, l’Onu a imposé des élections présidentielles. J’ai dit à Laurent Gabgbo à l’époque, au mois de décembre, «vous avez eu tort. Vous auriez du refuser d’aller au scrutin, vu que l’Onu n’a pas fait ce qu’elle devait faire, car la sécurisation était du ressort de l’Onuci. Et l’Onuci ne l’a pas fait».

Concernant le résultat des élections, le 29 novembre, le lendemain du deuxième tour de la présidentielle, Gérard Latortue, ancien premier ministre Haïtien, et observateur de l’élection, reconnaissait «que le scrutin s’était globalement bien déroulé, à l’exception de quelques violences dans le Nord, que le taux d’abstention était plus élevé qu’au premier tour, mais qu’ils espéraient qu’il atteindrait les 70%.» Ce même jour, la Commission électorale indépendante, dont le président était Bakayoko, proclame les résultats de la diaspora. D’autre part, il annonce aussi le taux de participation, qui officiellement, s’élevait à 70,45%. L’information est reprise par l’ensemble des médias, en particulier par France 24. Si vous vous reportez à le presse ivoirienne de ce jour-là, vous avez des gros titres comme : «Où sont passés les abstentionnistes ?».

Le mardi 30 novembre, vous avez le rapport des observateurs de l’Union africaine, qui parlent des violences exercées dans le Nord, et concluent qu’il «appartiendra aux autorités compétentes de juger si ces violences ont eu une influence sur le scrutin» ! Violences, il s’agissait des : séquestrations des personnes, homicides, bureaux fermés et empêchement des gens à voter. Le lendemain, dans le journal “Le Monde’’ que l’on peut penser être sérieux, produit un grand article du genre : «Le second tour de l’élection est marqué par un taux d’abstention plus élevé qu’au premier tour \[…] et d’ailleurs, le taux d’abstention était particulièrement élevé dans les régions où le candidat Bédié avait obtenu de meilleurs résultats.»

Jeudi matin 1er décembre, un communiqué de la Cedeao, demande à la Commission électorale indépendante de produire ses résultats ou de les renvoyer au Conseil constitutionnel qui vise les violences exercées dans le Nord. L’après midi même, Bakayoko, qui appartenait à la coalition Bédié-Ouattara, proclame les résultats, retient et affirme que le taux de participation du second tour a été de 81%. Par quelle miracle du Saint-Esprit ou par quel maraboutage est on est passé d’un taux de participation de 70,45%, chiffre prononcé officiellement le 29 novembre, à 81% pour le 1er décembre ?

Gbagbo, Kadhafi et Daddis sont-ils des obstacles à la démocratie ?

Concernant Laurent Gbagbo, lorsqu’il a été élu, vous avez eu des élections législatives qui ont été organisées. Elections au cours desquelles le parti de Bédié et celui d’Ouattara n’ont pas participé. Ensuite vous avez eu des élections municipales qui ont été remportées par l’opposition. Après cela, il y a eu des élections régionales, qui ont été remportées par le parti de Gbagbo. Il y a eu à la suite de tout cela, une conférence de réconciliation nationale. En juillet 2002, un gouvernement d’union nationale a été mis sur pied, où était représentés des membres du parti de Bédié, et des membres su Parti de Ouattara. Quand la presse internationale présente Gbagbo comme un dictateur, vous en connaissez beaucoup vous, des dictateurs de ce genre ? Pas un seul organe de presse poursuivi durant tout le mandat de Laurent Gbagbo, pas un journaliste emprisonné ou poursuivi. En réalité, quand vous avez des instruments qui se mettent en route, le premier facteur c’est la propagande et les médias. On baptise de dictateur ce qui n’est pas dictateur.

Et la France-Afrique ?

Votre question me permet de rebondir sur ce que j’ai dit sur l’intervention Onusienne et française en Côte d’Ivoire. S’il n y avait pas cette république des mallettes, est-ce qu’on n’aurait pas pu adopter une autre solution en Côte d’Ivoire ? Parce que la “république des mallettes», c’est privilégié des intérêts personnels au détriment de l’intérêt général

Un avocat français qui défend trois chefs d’Etats africains peut-il être hors de ce réseau ?
Les réseaux de la France-Afrique, moi je ne les connais pas. Je ne suis pas instrumentalisé par un grand group français, je ne suis affilié ni directement, ni indirectement à aucun groupe de pression. Si je vous disais que pas une seule fois, à l’occasion de la crise ivoirienne, j’ai été approché d’une manière directe ou indirecte, par des autorités françaises, vous me croirez ?. Si je vous disais qu’à l’occasion de l’affaire Libyenne, je n’ai pas été approché une seule fois par les autorités, je vous dirais que pour la Côte d’Ivoire comme la Libye, je n’ai jamais été accosté par un média français. Aucun média français ne m’a téléphoné. Si vous regardez ce que j’ai fait dans l’affaire libyenne, de façon volontaire, j’ai décidé de ne m’adresser qu’aux médias africains, parce que j’estimais que l’attitude des médias français n’était pas une attitude de journalistes. Le journaliste doit porter l’information au public, et les journalistes français ne l’ont pas fait.

Vous gagnez beaucoup de vos célèbres clients ?

Concernant Gbagbo, je suis allé à Abidjan, puis à Korhogo, où il se trouve, je l’ai fait à mes frais. Parce que je considère que Laurent Gbagbo doit être défendu. Lorsque j’ai défendu devant le tribunal de Luxembourg des sociétés ivoiriennes, dont les avoirs avaient fait l’objet des mesures de gèle de la part des autorités européennes, j’ai été honorée par ces sociétés. Vous savez, je ne suis pas tombé de la dernière pluie. Comme je sais comment les choses fonctionnent, dans un pays démocratiques, je prends soin concernant toute ma comptabilité, d’être tout à fait clair. Ce qui rentre est déclaré parce que je connais les méandres de la démocratie, pour vous faire taire, on vous attaque à titre personnel. Et en général, les gens prêtent le flanc sur le plan fiscal à ces attaques. Moi je fais en sorte d’être inattaquable sur ce plan là. Et je peux même vous dire concernant mes honoraires, que j’ai perçu pour la Libye, que j’ai fait une lettre à mes banques. Mais je vous rassure, mes honoraires sont inférieurs aux honoraires que perçois Tony Blair quand il tient une conférence de presse, bien moins élevés que ceux que réclame Condolessa Rice pour une conférence de presse. Et enfin, ça n’a rien à voir avec ce que reçoit Bill Clinton, quand il accepte une invitation à dîner.

Les Occidentaux ont attaqué la Libye pour faire main basse sur ses biens ?

C’est tout à fait clair. Il ya plusieurs problèmes en cascade qui se posent. Vous avez remarqué que Mouammar Kadhafi avait l’intention de créer un fonds monétaire pour l’Afrique. Pour des institutions comme le “Breton Woods’’, cela était la plus mauvaise des idées. Concernant l’aide que le régime de Kadhafi apportait à l’Afrique, c’était supérieur à celle du Fonds Monétaire International. A partir du moment où l’Afrique gérerait son fonds monétaire, ce qui lui permettait d’être maître de sa destinée économique, vous aviez à l’égard du monde un renversement. L’Afrique devenait maîtresse de ses ressources, ainsi que de l’affectation de ses ressources.

A partir du moment où vous avez créé un fond distinct avec sa propre monnaie, et bien vous avez nécessairement un affaiblissement du dollar. Qui dit affaiblissement du dollar, dit affaiblissement marquée de l’économie américaine. Je reviens sur la déclaration d’Hillary Clinton, qui n’était pas anodine. C’est le Cameroun qui avait accepté de recevoir l’institution de ce fonds. Vous comprenez mieux maintenant la déclaration d’Hilary Clinton sur ce pays. Les Américains ont la mémoire longue. En ce qui concerne les ressources énergétiques, la Libye avait une politique de diversification. L’autre point c’est la France. Le président cherche à gagner sur le plan international, la crédibilité qu’il a perdue sur le plan national. En attaquant la Libye, il s’offrait cet air de Napoléon.

Comment vous faites pour entrer dans la vie de ces trois ex-chefs d’Etat ?

Je connais l’Afrique, et Laurent Gbagbo, je le côtoie depuis 2001 ; ce sont des Sénégalais qui ont fait le pont, parlé de moi à Daddis Camara, et concernant la Libye, la aussi ce sont des Africains qui ont parlé de moi. Mais cette fois-ci, il y avait eu beaucoup de procédures. J’ai d’abord rencontré des Touaregs à Djerba, en Tunisie, ensuite je suis allé à Tripoli.

Ça je vous l’affirme. Je peux me tromper, mais J’en suis convaincu. Je suis l’une des personnes qui lui ont proposé de recompter les voix. Il aurait fallu que cette demande soit entourée de plus de vigueur diplomatique, et médiatique. Médiatiquement, c’était difficile, puisque de l’autre côté, il était littéralement bombardé. Lui-même l’a dit d’ailleurs à Tabo Mbeki, qui était le premier médiateur envoyé par l’Union africaine. Il a dit au président de la Cedeao, que dans la mesure où le recomptage donnerait la victoire à Alassane Ouattara, il en accepterait le verdict. Donc j’en suis convaincu.

Certaines puissances créent des guerres pour imposer des chefs d’Etat ?

Les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye portent atteinte à l’ordre international public. Voilà ce que dit l’article 2 de la charte des Nations unies : «Les membres de l’organisation s’abstiennent dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale, soit contre l’indépendance politique de tout Etat, soit à toutes autres manières incompatibles avec les buts des Nations unies».

C’est ainsi que des mesures restrictives qui pourraient être instaurées comme le fait régulièrement l’Union européenne contre un Etat, font partie de ce qui constitue une violation de la Charte. A la suite de cet article, il y a eu un certain nombre de résolutions de l’assemblée générale des Nations unies, qui rappellent des principes de non intervention et de non ingérence. Les Nations unies ont adopté une résolution en 1974, à l’unanimité qui définit ce qu’est en droit international “l’agression armée’’. Au terme de l’article 1 de cette résolution, qui est la résolution 3314, l’emploi de la force par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat ou de tout autre manière avec la charte des Nations Unies est une agression au sens de la résolution 3314. Et l’article 3 de cette résolution, énumère les actes de force. Le bombardement par des forces armées d’un Etat du territoire d’un autre Etat ou de l’emploi de toutes armes, par un Etat contre le territoire d’un autre Etat. Les blocus des ports ou des côtes d’un Etat parles forces armées d’un autre Etat. Je vous demande de vous reporter à la deuxième guerre en Irak. Souvenez-vous à l’époque, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont essayé d’obtenir une résolution des Nations Unies, concernant une intervention armée en Irak.

Que pensez-vous des deux leaders politiques Paul Biya et John Fru Ndi?

Je ne sais pas grand-chose du Cameroun. C’est la première fois que je vienne ici. Ne croyez pas que je fasse la gueule de bois. Toute fois il y a un fait assez insolite que j’ai remarqué. J’ai vu que la Cour suprême a permis à deux candidats de se présenter aux élections présidentielles, alors qu’ils ne payaient pas d’impôts. Cela m’a un peu frappé. Je me suis demandé comment on pouvait se présenter à une élection dans un pays sans avoir de revenus. Je suppose que ces deux candidats ont une voiture, et qu’ils y mettent du carburant.

Comment arrivez-vous à conclure que le Cameroun est une démocratie?

N’attendez pas que je mêle ma voix à ceux qui se servent comme alibi de la démocratie, pour imposer par la force leur position dans un continent dont l’Europe a besoin pour son développement, et qui a besoin de l’Europe. Parce que quand on se sert comme cheval de Troie de la démocratie, pour servir des intérêts qui ne sont ni ceux de l’Etat qu’on sert, ni ceux de l’Etat dans lequel on intervient, ne me parlez pas de démocratie. Je refuserais de hurler avec les loups.

Entretien mené par la rédaction Mutations